La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

20 août 2014

Grèce : Anna, à l'ombre de la ville blanche de Skopelos

Anna, ce pourrait être l'équivalent d'Agnanti mais sans la vue. Cuisine impeccable, de saison, fraîche, enjouée. Pourtant, mon coeur est resté à Glossa.

Poulpe flambé à l'ouzo. 

1.jpg

Anchois marinés et écrasé de fèves.

2.jpg

Tzatziki (merveilleux).

4.jpg

Vin bio grec, sympatoche.

5.jpg

6.jpg

Parions plutôt sur une exquise bière de l'île de Santorin, Volkan, additionnée de miel et d'essences d'agrumes. Sur le papier, je le concède, ça peut paraître totalement idiot. Dans le verre, c'est une autre affaire : une vraie réussite.

7.jpg

8.jpg

Anna, dans le vieux quartier de la "capitale" Skopelos-Chora, île de Skopelos, 0030 24240 24734. A quelques rues au-dessus du port touristique, un peu vers le nord, au coeur de la ville blanche.

09:52 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, anna, skopelos | | |  Facebook

19 août 2014

Grèce : Agnanti t'en met plein la vue et plein l'assiette

Alors, certes, on ne mange pas les rideaux la vue.

1.jpg

Mais il faut avouer que certains cadres sont plus agréables que d'autres. Surtout quand la cuisine est on ne peut plus fraîche, faite maison, simple et pas simpliste, talentueuse. Le resto rêvé ? Sans doute.

Le court intitulé des plats sonne comme des appels à se mettre à table. Boulettes de viande sauce tomate, pita maison.

3.jpg

Anchois marinés maison et gelée de citron.

2.jpg

Feuilleté de feta au vin doux de Samos.

4.jpg

Encornets frits.

5.jpg

Imam baladi (littéralement, "l'imam s'est évanoui tellement c'est bon"). Plat tiède voire froid, à base d'aubergines et de tomates confites : une ratatouille en plus turc et en plus fondant. 

6.jpg

Sardines sur pita maison.

7.jpg

Le tout accompagné d'une Septem, bière non pasteurisée issue d'une microbrasserie située sur l'île d'Eubée, le grand morceau de terre plus au sud, vers Athènes. Loin des bières du sud, souvent qualifiées de pisse d'âne pour leur goût neutre, cette Thursday's Red Ale offre un rafraîchissement croquant, presque sur le fruit. Très haute qualité.

8.jpg

9.jpg

Glace aux citrons bios du jardin.

10.jpg

Gâteau d'amandes, glace à la cannelle. La photo ne transcrit pas le fondant, voire le mouillé hallucinogène de ce dessert. Agnanti devait me filer la recette... On s'en reparle.

11.jpg

Pour y aller, c'est simple. De Loutraki où arrivent les bateaux qui font la navette Volos-Skopelos, monter quelques kilomètres jusqu'à Glossa, le village en hauteur. Enfiler les petites rues sur la gauche, c'est ce bâtiment, face à la mer.

12.jpg

Agnanti, village de Glossa, île de Skopelos, 37003, Grèce, 0030 24240 33606 ou 0030 24240 33076.

10:03 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, skopelos, agnanti, volos, septem, bière | | |  Facebook

06 août 2014

Un petit tour sur une île grecque

Embarquer pour les Sporades, le temps d'un week-end. Criques paradisiaques, touristes locaux et deux restaurants à la fois simples et sublimes.

D'ici là, pendant les trois heures de bateau entre Volos et Skopelos, relire un roman d'un amoureux de la Grèce, Jérôme Leroy.

IMG_7558.jpg

L'histoire sordide de la France au tournant du siècle dernier, au moment où il ne reste pas beaucoup de possibilités pour échapper à la spectaculaire économie de marché et à son corollaire du quotidien, la vulgarité du monde. Il subsiste, même s'ils sont confinés, le vin naturel, les voyages, l'art.

"Il ne s'agissait pas là, pourtant, d'une attitude élitiste, d'un goût spécieux pour les marges inconnues du patrimoine. Non, pour autant que je m'en souvienne, il y avait plutôt chez moi une angoisse sincère et assez commune devant un monde où disparaissaient les différences, les couleurs, les atmosphères. L'art me semblait un moyen de résistance, un refuge ultime." (Jérôme Leroy, Monnaie Bleue, éd. La Table Ronde)

09:07 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

02 août 2014

Les trésors de la cave de Jeff Coutelou

En juin dernier, Jeff Coutelou nous a fait découvrir sa vigne à Puimisson, près de Béziers. On a souvent parlé de ses bouteilles, ici, dans Tronches de Vin ou au bistro.

IMG_7129.jpg

Jeff nous a aussi ouvert les portes de sa cave. Comme un inventaire des stocks. Voici par exemple son premier pétillant (2007). Parfaite entrée en matière.

IMG_7163.jpg

Roberta (2003), sauvignon avec un poil de su-sucre, super fringant, aucune lourdeur.

IMG_7212.jpg

Voici le BL02 (2002), jamais commercialisé. A base de sauvignon et muscat, l'une des premières expériences sans soufre. Très, très bon.

IMG_7333.jpg

Le blanc 1999, seule bouteille un peu en retrait.

IMG_7224.jpg

Et son premier millésime, le 1993, avec une syrah encore joliment épicée. J'ai beaucoup, beaucoup aimé cette bouteille.

IMG_7113.jpg

Mais il n'y a pas que les vieux millésimes...

Les 2013 goûtés une fois sur fûts et une autre fois juste après la mise en bouteille sont explosifs. Notamment Sauvé de la Citerne, même s'il faut encore laisser le mourvèdre vivre sa vie. Et il a refait Les Copains, dont la dernière référence datait de 2003 ! Le cinsault y fait des merveilles.

IMG_7269.jpg

A suivre dans les semaines qui viennent chez ton caviste préféré !

IMG_7116.jpg

06:23 Publié dans Languedoc et son ami Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

La Cave Saint Martin, le genre d'adresses qui peut te faire regretter de vivre à Paris

Un village médiéval, une rivière où les derniers touristes se baignent, terrasse en surplomb. C'est l'épicerie-cave-à-manger-bistro-restaurant de compét'.

1.jpg

Ne s'arrêtant pas au décor, Raimond Lecoq, néerlandais d'origine, porte haut les couleurs de l'épicerie dans ce coin du Languedoc.

IMG_7262.jpg

Charcuteries, plat du jour, anchois absolument exceptionnels (ils viennent d'une conserverie basque espagnole, Nardin)...

2.jpg

3.jpg

4.jpg

5.jpg

Question jaja aussi, de très belles choses ! Mention Spéciale à Hélène Bassas et Stéphane Deligny (Domaine les Hauts de Bonaguil) qui produisent un Canta Maniac, hommage à Alain Castex (Casot des Mailloles). Alors tant qu'à faire on a pris l'original aussi... Des rosés sublimes, avec où sans les bulles.

IMG_7235.jpg

IMG_7248.jpg

Et François Dhumes, sa Tête de Bulles chère à mon cœur.

IMG_7240.jpg

L'accent est mis aussi sur les quilles du coin, sans les coeffs délirants qu'on peut trouver dans la capitale. Florilège.

IMG_7252.jpg

IMG_7253.jpg

IMG_7255.jpg

IMG_7256.jpg

La vie, c'est simple en fait.   

IMG_7258.jpg

La Cave Saint Martin, 26, avenue du Roc de l'Estang 34460 Roquebrun,  04 67 24 56 49.

05:58 Publié dans Bonnes adresses en province | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook

30 juillet 2014

Octopus : allez-y au lieu de rester plantés devant l'ordi !

Comme souvent, les photos d'un blogueur ne rendent pas hommage à l'intelligence des assiettes. Le texte non plus, vous me direz. Je ne déroge pas à la règle, mais j'ai des excuses : dîner tardif, lumière crépusculaire, nullité de l'appareil photo et avant tout nullité du photographe (à savoir moi-même).

De toute façon, les photos ne remplacent pas les moments vécus. Alors pour vivre, direction Octopus, le restaurant de Rachel et Fabien Laurent. Tourteau, gambas, ris de veau, les vins des copains, la sympathie des patrons. Tout s'avère évident, à point, réussi.

Sauf mes photos. 

IMG_7165.jpg

IMG_7167.jpg

IMG_7175.jpg

Comme quoi, on peut parler de certaines villes autrement que sous le prisme de l'actualité politique.

Octopus, 12, rue Boieldieu, 34 500 Béziers, 04 67 49 90 00.

22 juillet 2014

Sébastien Benoit-Poujad, vigneron acharné

L'aramon lui tournant la tête
Elle murmura quand tu voudras
Fernandel, "Félicie aussi"


L'aramon, c'était la pépite des vins du Languedoc et, en même temps, la cause de leur perte. Ce cépage hyper productif a fait la fortune des grandes familles de Béziers et d'ailleurs, mais à force de le faire pisser sans contrôle, de miser exclusivement sur les rendements, on a tué la poule aux œufs d'or.

L'aramon, c'était le petit vin facile, celui du quotidien, qu'on boit parce qu'il faut boire, parce que l'eau ce n'est pas terrible. 

L'aramon, ce vin frais, léger, fruité est, chez Fernandel, enfin élevé à quelque chose d'un peu plus noble, quelque chose comme un allié objectif de la drague. C'est forcément à cette chanson qu'on pense quand on rencontre Sébastien Benoit-Poujad (domaine de La Banjoulière, à Puimisson au-dessus de Béziers) et qu'on boit son aramon.

sébastien benoit-poujad,languedoc,jeff coutelou,puimisson

Le sien (cuvée La Prairie) fait vraiment tourner la tête, plutôt à la manière de Piaf en réalité. Car voilà, l'aramon quand c'est bon, c'est très bon. Fringant, fruité, ni futile, ni fortuit. Catégorie vin de soif, vin des copains, jaja dont chaque gorgée soude l'amitié. D'ailleurs, chaque lampée en appelle une autre : c'est, je ne me répéterai jamais assez, la définition même du bon vin.

sébastien benoit-poujad,languedoc,jeff coutelou,puimisson

Sébastien ne fait pas que de l'aramon. Il travaille aussi le grenache en blanc et le carignan en rouge. Avec des doses de soufre minimales voire inexistantes. C'est Jeff Coutelou qui lui ouvre la voie. C'est vrai : quelques heures passées sur le domaine nous donnent envie de crier haut et fort que les vins bien faits ont dans ce coin de France une gueule particulière.

sébastien benoit-poujad,languedoc,jeff coutelou,puimisson

En plus, le cas de ce vigneron est un peu à part, dans la bande des natures. Au fil des années, le domaine familial n'a fait qu'augmenter de surface. Quoi de plus logique dans cette région où la productivité, et elle seule, mène la danse. Avoir un (trop) petit domaine, c'est se vouer à ne plus exister.

Aujourd'hui, le domaine de La Banjoulière s'étend sur 50 hectares. Et 50 hectares, c'est énorme, surtout quand on est seul, aidé seulement par la famille. Sébastien passe toute la semaine dans ses vignes, il ne s'arrête pas. Forcément il n'a pas le temps de publier la photo de ses cuisses sur Instagram. Ni la possibilité matérielle de convertir l'ensemble du domaine en "naturel". Qu'importe, les choses doivent se faire progressivement. Pour l'heure, la majorité de la production est vendue à la coopérative en bio.

Sauf les trois cuvées natures qui évidemment ne représentent qu'une infime part de la production.

Mais cet "infime" est tout, là où se cache l'avenir. Désormais, Sébastien peut faire le vin tel qu'il le décide. Il ne met pas encore son nom sur les étiquettes, seulement celui du domaine ; ça ne devrait pas tarder, on a toujours envie de connaître le vrai nom du vigneron quand le vin est bon. Il dessine lui-même les étiquettes, avec grand talent. Il choisit le nom des cuvées. Grâce à Jeff, il fait son vin. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour lui, ou pour le visiteur qui a passé ne serait-ce qu'une heure sur le domaine, ça veut dire beaucoup.

Forcément, il se pose des questions. On lui fait des remarques pas toujours flatteuses. C'est normal, il fait différent. Jeff et Sébastien sont les seuls vignerons de leur coin à nous servir des vins comestibles et qui, plus est, très bons. Autour, c'est la panoplie du petit chimiste dans les vignes. Certains râleurs avancent que 50 ha pour un domaine naturel, c'est trop ; habituellement un vigneron naturel, c'est un petit artisan barbu, pas lavé depuis 13 jours et qui a 0,23 hectare de vignes... C'est idiot de catégoriser ainsi. Le problème est clair : passer d'un coup 50 hectares en naturel demande un travail de titan. Pour l'instant, Sébastien mène sa barque et les choses se font comme le vin, naturellement.

Sébastien, tu n'as pas à rougir de ces cuvées. Au contraire. D'où qu'ils viennent, les commentaires blessants ne sont que l'œuvre des jaloux. A Paris, je te montrerai le sourire des gens qui boivent ton vin. Buvez, partagez, célébrer les vins de Sébastien Benoit-Poujad ! Ah ben si vous n'en trouvez pas chez votre caviste préféré, c'est normal : Sébastien n'est pas dénichable partout, c'est peu de le dire. Amis cavistes, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Tous à Puimisson !

09 juillet 2014

Coinstot Vino, le restaurant couteau-suisse

Couteau-suisse, parce que selon le moment, tu as telle ou telle envie, tel ou tel besoin, telle ou telle soif. Selon l'heure, l'humeur, la compagnie, on cherche des trucs différents et c'est pas mal d'avoir sous la main un resto couteau-suisse. On connait le bar à vin, la cave à manger, le bar-tabac-pompe-à-essence. Ben le Coinstot Vino, c'est un peu tout cela, sauf qu'il ne font pas encore pompe à essence. Sous la verrière mi-délabrée, mi-inusable, c'est-à-dire 100% parisienne, il y a comme une gueule d'atmosphère.

Si tu cherches un apéro, un moment d'après-la-sieste, un truc qui sent le printemps, tiens j'ai l'impression de lever mon verre avec Léo Ferré dans le passage...

photo 1.JPG

Si tu veux boire un coup d'italien pas classique, un truc qui bubulle, un machin qui met du rouge au joue alors que c'est du blanc...

2a.JPG

Ou si, à l'inverse, tu veux frapper fort, méditer, réfléchir sur la vie de Pasolini, éclairer un détail d'un film de Ettore Scola, il y a des grands, grands vins italiens en stock...

6.JPG

Si tu désires l'équivalent en français, c'est-à-dire un truc qui te transporte mais ne t'oblige pas à siphonner les comptes de l'UMP pour te le payer...

8.JPG

Si tu cherches à épater ta tribu de foodistas, si tu veux leur expliquer qu'en fait rien ne vaut un produit bien né, bien élevé et servi avec l'accompagnement idoine, sans trop de fioriture (ici un délicieux bœuf séché de chez Manu Chavassieux, si ma mémoire est bonne)... 

4.JPG

Si tu cherches à résumer toute la complexité du monde en une pizza, en saison on ajoute des lamelles de truffe à une pâte craquante...

5.JPG

Ou si, plus simplement, tu veux un calzone, la meilleure pizza de Paris (selon un classement personnel unilatéral, simplement)... 

photo 3.JPG

Si tu veux boire du gamay, parce qu'il y a toujours une bonne raison de boire du gamay...  

photo 2.JPG

Si tu cherches à exciter (la curiosité) lors d'un rendez-vous galant, rien de mieux pour emballer qu'un joli rosé pétillant (en précisant bien que ce n'est pas toi sur le dessin)...

photo 4.JPG

Si tu veux en mettre plein la vue à tonton René qui ne jure que par son champagne de Champagne, parce que bon, c'est la Champagne et que le champagne forcément c'est bon... Ben tonton René va vite être à court d'arguments avec ça...  

photo 1.JPG

Si tu dînes avec un inconditionnel des vieux millésimes, qu'on est en plein hiver et qu'on te sert un plat de gibier, ou en plein été et qu'on te sert une belle viande, il doit bien y avoir une pépite de planquée...

photo 2.JPG

Si tu cherches une belle viande rouge, celle qui par exemple a accompagné la bouteille précédente samedi dernier...

photo 3.JPG

Si tu cherches une équipe sérieuse et joviale, qui s'y connait et saura te conseiller...

1a.JPG

Si tu cherches les toilettes les plus inspirées de la capitale, parce c'est important aussi la lecture aux toilettes... 

photo (9).JPG

Bref, au quotidien, en plus de toutes les bêtises susdites, si tu cherches un resto tel qu'il devrait être, c'est-à-dire une cantine choisie qui épouse le bon moment, direction le Coinstot Vino.

Et c'est quelle direction ? Coinstot Vino, 26 passage des Panoramas, 75 002 Paris, 0144820854.

11:13 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

07 juillet 2014

Allegra : la meilleure pâte à pizza de Paris

Le Figaroscope et de nombreux blogs ressortent régulièrement leurs classements du meilleur jambon-beurre, de la meilleure tarte au citron, du meilleur œuf-mayo de Paris. Comme tout classement, c’est subjectif, soumis à caution et plutôt marrant. Ça permet de faire croire qu’on connait Paris, qu’on su(b)it le buzz, qu’on est fin gourmet.

Or, pour que le plat soit le meilleur, il faut que les ingrédients soient les meilleurs. Oui, c’est très con comme réflexion, mais on l’oublie trop souvent. Et pourquoi je ne me lancerais pas, moi aussi, dans de genre de classements à la con ? Mais en insistant sur telle ou telle partie de l'assiette. Et oui, on ne se pose jamais la question de savoir de quel producteur vient le beurre du jambon-beurre ? Où a poussé le citron de la tarte au citron ? Quel est le prénom de la poule bien élevée qui a pondu l’œuf de l’œuf-mayo ? Mes classements seront tout aussi subjectifs, tout aussi soumis à caution et je l’espère, encore plus marrants.

Prenez la pizza. C’est ma seule concession aux amoureux du football. La pâte constitue, je ne sais pas moi... 75% de la masse du plat. Les ingrédients ont beau être fantastiques, si la pâte est rachitique, le moment au resto devient soporifique. 

Alors de manière totalement subjective, j'annonce que la meilleure pâte à pizza de la capitale se déniche ici, chez Allegra. On utilise la farine Manitoba, de blé tendre italien type 0, bien connue des Italiens. Pour faire simple, voire simpliste : c'est la rolls des farines pour pizza avec l'une des plus hautes forces boulangères existantes (sa capacité à gonfler), soit W360. Forcément, ça se voit dans l'assiette.

photo 2.JPG

Je ne dis pas que c'est la meilleure pizzeria de Paris, je pencherais plus pour Coinstot Vino (véritable resto-couteau-suisse, on va en reparler très bientôt) que pour Allegra. Mais question pâte, c'est vraiment bath. Et c'est ouvert tous les jours. Et si je veux y boire un verre de blanc d'Arianna Occhipinti à 16h18, c'est possible.

photo 1.JPG

Allegra, 70 rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris, 0142081681.

21:32 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook

04 juillet 2014

Emmanuelle Riva plutôt que Patrice Evra

1.JPG

J'aimerais que mon œil pétille autant que celui d'Emmanuelle Riva. J'aimerais avoir la diction à la fois parfaite et si particulière d'Emmanuelle Riva. J'aimerais avoir la mémoire sans anicroche d'Emmanuelle Riva.

Savannah Bay, de Marguerite Duras, c'est justement une pièce sur la mémoire, donc sur la vieillesse, la mort et avant tout, sur le temps qui passe. C'est toute l'histoire de l'art occidental, cette volonté de vouloir saisir le temps qui passe.

Madeleine discute avec une jeune femme (sans doute sa petite fille) de la mort de sa fille il y a quelques décennies à Savannah Bay, au Siam.  Morte car "trop de bonheur". Souvenirs, oublis, mensonges, humour, beaucoup de tristesse. Mais entre les lignes, c'est le temps qui passe, et donc la vie, qui transparaît.

2.JPG

Dans le rôle de Madeleine, Emmanuelle Riva est étincelante. Son talent hors norme évincerait presque celui d'Anne Consigny. On se croirait en plein "Hiroshima mon amour" (scénario de Duras déjà). Hier, j'ai retrouvé Emmanuelle Riva, identique à son rôle dans le chef-d'œuvre sauf qu'elle a 87 ans. Non, la vieillesse n'est pas un naufrage.

Alors ce soir, plutôt que s'exciter sur 22 couillons qui tapent dans la baballe, direction le théâtre de l'Atelier. Il reste des places pour Le Square à 19h, et Savannah Bay à 21h.

3.JPG

11:24 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

02 juillet 2014

Le vin naturel peut-il être vendu en supermarché ?

C'est bien la première fois que l'on me surprendra à parler des foires aux vins sur ce blog. Mes lecteurs réguliers connaissent mon aversion pour la grande distribution. A cause d'elle nous avons perdu le goût des petits pois, à cause d'elle nous avons oublié la véritable recette de la sauce bolognaise, à cause d'elle nous mangeons des poulets sortis de L'Aile ou la Cuisse. Presque un crime contre l'humanité à chaque rayon.

Sans parler des foireux vins vendus en super- et hypermarchés. En 2013, pour une bouteille de 75 centilitres d'un vin d'appellation, les Français ont dépensé en moyenne 3,31 euros ; à ce niveau-là, le vigneron s'efface derrière les produits de synthèse visant à augmenter les rendements. C'est une moyenne, évidemment. Durant les foires aux vins, nombreux sont les passionnés à courir les bonnes affaires. Tel Yquem soldé, tel Cheval bradé, tel Mouton égorgé... Jamais je n'en dis une ligne dans mon espace de liberté.

Et les attachées de p(a)resse devraient le savoir, le souci, c'est qu'elles ne lisent pas les blogs. Cela ne leur pose pas de problème de m'envoyer des infos sur les foires aux vins de septembre prochain. Oui, l'automne se prépare en été. J'en ai reçu plein, de la part d'enseignes où je ne vais qu'acheter du papier toilette.

J'ai ainsi reçu celui de Franprix. Et je vois ça sur la page 7. Notre morgon chéri, celui du domaine Marcel Lapierre, le "pape" du vin naturel, est présent chez Franprix pour la prochaine foire.

photo 1.JPG

Pour ceux qui ne connaissent pas : les vins de Lapierre, aujourd'hui produits par son fils Mathieu, je les ai maintes fois célébrés ici même.

Pour ceux qui ne connaissent pas : Franprix, c'est le "réseau de 900 magasins d’ultra-proximité" du groupe Casino. Il se concentre sur l'Île-de-France, mais on trouve aussi des points de vente à Lille, Lyon ou Marseille à ce que je lis ici. Bref, on est loin de l'artisanat.

Pour ceux qui ne connaissent pas : en vente chez Franprix, le vin n'est pas du tout hors de prix. Mieux que ça. 16,90 euros alors que c'est 16 euros prix propriété, c'est-à-dire quand tu te déplaces à Villié-Morgon et qu'il en reste en stock pour l'acheter. A Paris, chez Augé, le 2011 est à 18,25 euros. Chez Lavinia, le 2013 crève le plafond avec 24 euros. Forcément, la grande distribution fait ce qu'elle sait faire le mieux, à savoir jouer la carte du prix le plus bas. Et on ne peut pas dire ici que c'est au détriment de la qualité.

J'entends déjà quelques mauvaises langues maugréer que les vins du fils ne sont pas ceux du père (je ne suis pas du tout de cet avis, je pense préférer ceux de Mathieu), que le domaine Lapierre produit trop de bouteilles pour être artisanal (le gamay s'étend sur 15 hectares, ce qui n'est pas latifundiaire), que c'est sans doute la cuvée un poil sulfitée qui sera vendue (sans doute), que sans doute aussi chacun des 900 Franprix n'aura pas 500 bouteilles à vendre (sans doute aussi). Mais on n'est pas plus avancé.

En réalité, le problème dépasse complètement Lapierre et Franprix. C'est un cas parmi d'autres, d'autres vins naturels ont déjà été vendus en supermarché.

La question se pose plutôt du point de vue éthique.

Le vin naturel est à 99, sinon à 100 % un vin artisanal, c'est assez difficile à nier. On pourra me demander : à partir de quand n'est-on plus artisanal ? A partir de combien d'hectares de vigne ? A partir de combien de bouteilles ? Il est impensable et idiot de fixer un seuil, mais ce qui est certain, c'est que les producteurs de vin naturel n'ont pas les moyens de fournir les centrales d'achat de la grande distribution tout au long de l'année. Il peut s'agir d'événements ponctuels comme cette foire aux vins. Certains chefs de rayon arrivent aussi ponctuellement à faire entrer tel ou tel domaine dans leur supermarché, ou telle enseigne travaille mieux qu'une autre, selon nos critères. Pourtant, on ne voit quasiment jamais de vin naturel en grande distribution.  

Le vigneron peut-il l'accepter ? Peut-être ne le sait-il pas. Sans doute a-t-il besoin d'écouler son stock. Mais je parle d'éthique, ai-je dit. La place d'un vin artisanal serait dans un point de vente artisanal, c'est-à-dire un caviste indépendant. Bien sûr, ça, c'est la théorie et tout le monde est d'accord. Mais dans la pratique ? Dans ce cas concret ? Le supermarché va permettre à un plus grand nombre de gens d'être en contact avec le vin naturel, une sorte de démocratisation du vin naturel... Vraiment ? Notre jaja adoré serait plus facile d'accès entre les couches et le Destop ? D'autres vont râler : on ne conserve pas un vin naturel à plus de 14°C sous les néons d'un linéaire ! Mais combien de cavistes (même les sérieux) respectent ces recommandations ? 

Les questions éthiques ne trouvent pas de réponses faciles. Le débat est posé. Ceux qui veulent profiter de l'offre verront fleurir les renseignements pratiques sur les autres blogs ou dans les magazines ; beaucoup se feront les relais des communiqués de presse sans se poser de questions. Pour ceux qui préfèrent justement se poser des questions, je regrette de ne pas pouvoir apporter de réponse claire.

MISE à JOUR : bien que je n'ai pas contacté Mathieu Lapierre, car ce problème dépasse le cas Lapierre/Franprix, il a tenu à m'adresse ce commentaire.

"Je viens d'apprendre cette nouvelle par vous. Vendant à 16 euros départ cave, je ne peux pas les attaquer. Cependant, j'ai marqué les bouteilles en 2012 car cela est arrivé en 2011 et je vais pouvoir savoir qui joue ce jeu à nouveau. Si quelqu'un a une bouteille, merci de m'envoyer une photo de la contre étiquette. Soyez sùur que la personne n'aura plus jamais une bouteille, je manque déjà de vin."

11:01 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : marcel lapierre | | |  Facebook

28 mai 2014

Il existe encore des restaurants qui prennent des risques

Et si c'était par la fin que tout commençait ? C'est-à-dire le dessert. 

Ce n'est pas de ma faute si cet accord mets/vin m'a littéralement laissé sur les fesses à la fin du repas. A ma décharge, je ne suis pas le seul à avoir ressenti cette extase gastronomique. Olivier m'accompagnait, il pense pareil.

"Vous boirez quoi avec votre dessert ?
- Bah, je ne sais pas, quelque chose de léger, de pétillant avec un poil de sucre...
- Vous me laissez faire ?"

A-t-on eu tort d'écouter notre hôte ? D'ailleurs, qu'est-ce qui se cache sur cette photo ? Un dessert oui, mais encore ?

première.JPG

Procédons point par point.

Premier indice : on est à La Robe et Le Palais, c'est écrit sur le verre. Pour les chanceux qui connaissent, je m'arrête là. Pour les chanceux qui ne connaissent pas, je les envie : car la découverte de cette adresse moitié caviste, moitié cave à manger, moitié restaurant (3 moitiés donc) va les enchanter. C'est beau de pouvoir encore s'enchanter.

Et dans l'assiette donc ? On aperçoit un dessert, on devine un paris-brest. Fait maison, pas sorti d'un catalogue de Brake. L'un des plus appétissants de la ville, même si on ne peut pas oublier de mentionner celui de Chez Michel. Ce paris-brest apparaît particulièrement gourmand, le côté torréfié cassant agréablement le gras de la crème. Et quelle gueule franchement...

aaa.JPG

Mais dans le verre ? Un liquoreux de Loire ? Un sauternes ? Un hongrois ? Un vin demi-sec polonais élevé en peau de vache retournée et qui macère sur peaux depuis l'arrivée au pouvoir de Jaruzelski ?

Non.

Un whisky. Enfin, un truc approchant.

bbb.JPG

Un alcool titrant à 44,4 degrés, mélange de 60 % de gnôle de bière et de 40 % de gnôle de malt. A la façon d'un whisky, même s'il est sans doute élevé moins longtemps. C'est la brasserie alsacienne Uberach qui produit cette friandise. On les connaissait pour leurs bières et leurs spiritueux déjà, mais jamais nous n'avions goûté telle folie. L'année dernière, 13 magnums ont été produits. Ce soir, nous avons torché le 9ème.

La force de l'alcool, elle aussi, aide à casser le gras de la crème, c'est ça la trouvaille. Vu que ni le dessert ni le spiritueux ne comptent trop de sucre, ça se renvoie la balle style Nadal-Djokovic. Un grand moment. Le truc un peu saugrenu devient évident. Ils sont peu nombreux les restaurants où on vous fait sortir des clous.

c.JPG

Remontons le repas dans le sens antichronologique. Le magret de canard si bien cuit...

 3.JPG

...accompagne parfaitement une autre trouvaille liquide, le cornas de Mickaël Bourg. Je vois déjà les tenants du vin de grand-papa hurler : "mais boire un cornas dès sa mise sur le marché, c'est une hérésie !" Il en faudra plus pour nous décontenancer ; un bon vin, c'est bon jeune, c'est bon vieux. Et là, on est servi. Aucune lourdeur, belle buvabilité. Attention, je n'ai pas dit que c'était glouglou non plus. C'est jeune, fringant, élégant, limite dandy.

4.JPG

En début de repas, nous avons commencé avec la bouteille qui sonne le début de l'été. Quelque chose de furtif, le rosé de Noëlla Morantin. Du cabernet-sauvignon. Oui, sauvignon. Pas franc. Un bonbon.

1.jpg

En entrée, la stracciatella. Non ce n'est pas une glace mais un fromage di bufala (de bufflonne) venant des Pouilles. Comme la burrata. D'ailleurs, ça tombe bien, il s'agit de la crème contenue dans le cœur de la fameuse burrata. On la relève avec une bonne huile d'olive et quelques zestes de citron, c'est le paradis. Le repas peut commencer.

2.JPG

La Robe et le Palais, 13 rue des Lavandières Sainte-Opportune, 75 001 Paris, 01 45 08 07 41. En plus, le portefeuille ne fait pas la gueule en sortant, on se cantonne aux prix parisiens avec, cerise sur le gâteau, des bouteilles très accessibles.

15 mai 2014

Plaidoyer pour le respect des saisons en pâtisserie

Autant le dire tout de suite, le respect des saisons en pâtisserie est quasi inexistant. Bam. Au revoir, j'aurais pu m'arrêter à cette première phrase. Mais je vais m'expliquer un peu tout de même.

mich1.JPG

Si je considère ma boulangerie de quartier : c'est bien simple, à 90 % les produits viennent des congélos d'un industriel. A Paris peut-être plus qu'ailleurs, c'est une véritable catastrophe. Bien sûr, il y aura toujours quelqu'un pour me dire qu'un mec ou une nana, dans son coin, travaille bien, c'est-à-dire qui fait lui-même (ou elle-même) ses pâtisseries. Certes, c'est l'arbre qui cache la Forêt-Noire (rires).

Si je considère le pâtissier le plus proche de chez toi, Paris ou province, là, logiquement c'est son cœur de métier. Si lui me roule dans la farine, je ne saurais plus à quel saint-Honoré (rires) me vouer.

Cependant une question me préoccupe : mon bel artisan a beau faire sa pâte à tarte maison, son feuilletage maison pour ses croissants maison, sa crème pâtissière maison, son gâteau basque maison, que sais-je encore... S'il ne respecte pas les saisons, à quoi bon s'échiner au travail ? En cuisine, il est admis que le produit est meilleur gustativement, financièrement (c'est-à-dire à tous points de vue) lorsqu'il était frais et de saison. Le chef étoilé qui servirait de la tomate en décembre serait sommé de donner des explications. A l'heure d'Internet, il serait lynché sur les réseaux sociaux.

Mais on ne leur dit rien aux pâtissiers... 

Maintenant, si je considère les stars de la pâtisserie, aïe, je soufre encore plus ! Christophe Michalak est un pâtissier connu et reconnu. Un peu le chouchou des médias et des linéaires de librairies. C'est un pâtissier qui fait la tendance aussi, quelqu'un qui est suivi, qui a de l'influence. Sur son compte Twitter, l'autre jour, le 10 mai précisément, il faisait la pub du gâteau en vente ce jour-là au TakeAway, sa boutique-laboratoire du Xe arrondissement. Cela porte le doux nom de "Fantastik Ramène ta fraise !"

mich2.JPG

Avec de la fraise donc (mouais, ce sont les premières), de la framboise (c'est tôt, mais bon, l'hiver fut peu rigoureux), des myrtilles et des mûres (ce n'est carrément pas la saison, on est début mai). Personne ne hurle au scandale, moi si. J'ai envoyé un petit tweet au chef pâtissier, pas de réponse. Ils seraient intouchables ces grands noms de la pâtisserie ?

Le nom de Pierre Hermé est mondialement connu, il est même synonyme de grandeur de l'art culinaire français. Il a inventé un macaron rose/litchi/framboise baptisé Ispahan. C'est sans doute l'invention pâtissière la plus célèbre de ces 20 dernières années, sinon plus. Et oui, c'est joli, 

ispahan.JPG

(capture du site internet Pierre Hermé

Le problème, c'est quand tu le proposes à la vente en décembre... Et personne ne vient râler, c'est un comble ! Interrogé par mes soins, le service de presse de Pierre Hermé répond laconiquement :

"L'Ispahan est la création emblématique de la Maison Pierre Hermé Paris et, est en effet, disponible durant toute l'année dans nos boutiques. Pour assurer une qualité permanente et irréprochable de cette création, nous assurons la livraison quotidienne de framboises fraîches. Je me permets également de vous faire parvenir notre dossier de presse..." blablabla.

Je ne mens pas : courrier électronique du 14 mai 2014. Donc aucun souci à utiliser des framboises fraîches au milieu de l'hiver. Elles viennent sans doute de l'autre bout du monde ou d'une serre dédiée qui doit être sacrément grande pour fournir des framboises toute l'année. Ou sans doute y a-t-il une technique géniale, brevetée, secrète pour obtenir des framboises en hiver et respecter l'environnement en même temps. Ce qui viendrait flinguer mon papier.

Allons plus loin, quitte à se faire des amis. Ces pâtissiers stars répondent avant tout à des logiques commerciales. En inventant un nouveau dessert, il s'agit aussi de laisser son nom dans l'Histoire culinaire à l'instar du saint-honoré (guéguerre entre Chiboust et Julien) ou l'opéra (guéguerre entre Dalloyau et Lenôtre). On peut considérer que Pierre Hermé y est arrivé avec l'Ispahan. Alors, à cause de la courte saison des framboises, imaginez que ce gâteau star d'un pâtissier star ne soit disponible que quelques mois par an... Quel manque à gagner pour le chiffre d'affaires !

Or, Pierre Hermé et Christophe Michalak, pour ne citer qu'eux, ont une responsabilité morale. Notre goût, nos envies voire nos réflexes culinaires en pâtisserie sont aujourd'hui influencés par eux. Ils ne peuvent pas être à ce point célèbres et s'en laver les mains. C'est à eux avant tout que revient la mission d'éduquer les simples consommateurs de pâtisserie que nous sommes. Si Pierre Hermé lui-même brouille nos repères saisonniers, qui va s'en préoccuper ?

Alors, pour ma tarte de saison, je ronge mon frein en allant chez Terroirs d'Avenir acheter des fruits de saison eux aussi. Je fréquente aussi la boutique de Philippe Conticini, un mythe, (La Pâtisserie des Rêves) et surtout celle de Claire Damon, la relève, (Des Gâteaux et du Pain) dont on ne parle pas assez. Je suis moins sensible à leurs créations mais Hugo & Victor font sacrément gaffe eux aussi. Et il y en a sans doute plein d'autres.

09:42 Publié dans Beurk !, Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook

13 mai 2014

Decoret : la cuisine, c'est bien plus que des assiettes

"Réaliser une cuisine simple, basée sur des produits de choix, des cuissons justes, un bon assaisonnement, une présentation soignée, le tout dans un lieu propre". C'est la réponse faite par Jacques Decoret lorsqu'on lui demande ce qu'il conseille aux cuisiniers du dimanche. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il se l'applique à lui-même. Avec un niveau de poésie supplémentaire.

Le "lieu propre", il l'a trouvé en ce chalet Napoléon III au centre de Vichy. À l'époque, la véranda noire fit parler d'elle, joute locale semblable à ce qui s'est passé pour la pyramide du Louvre. Aujourd'hui, elle fait partie du paysage. Mieux, c'est dans son intérieur qu'on goûte la cuisine du chef. Ouverture, espace, lumière. À l'image de ce qu'il se passe dans l'assiette.

1.JPG

Amuse-bouche en deux services. Sardine en escabèche.

2.JPG

Velouté de pois cassés aux foies blonds. Le cœur commence à s'emballer. C'est tout de même marrant combien à la maison tu foirerais ce genre de plat. Ici, c'est aérien.

3.JPG

Un foie gras froid de canard des Landes, asperges blanches crues, pâte d’orange et poivre noir. Superbe assiette. Passée la coque qui joue sur l'habituel accord foie gras/sucre, la présence d'asperges revitalise un superbe foie.

4.jpg

Omble chevalier servi avec coulis de cresson de fontaine, pomme granny et huile d’amandes grillées. Le "produit de choix" n'a pas besoin d'autre chose qu'une "cuisson juste". Je note aussi tout au long du service, la magnificence des assiettes, souvent des Bernardaud.

5.JPG

Mousseline de choux fleurs et semoule de blé pour une daurade royale sauvage cuite à l’étouffée. On retrouve une influence Passard mais avec un sens du dressage assez peu commun, cette "présentation soignée". La photo ne rend pas honneur à ce grand plat.

6.JPG

Agneau basse température, hibiscus, jus de viande. L'accord qui explose... Agneau hibiscus... Fallait y penser : c'est fait, c'est merveilleux. Le fameux "bon assaisonnement".

7.JPG

Les fromages d’Auvergne.

8.JPG

Pré-dessert : riz au lait à la mangue. On le dit et on le répète : le riz au lait bien fait mérite sa place même sur les tables étoilées, c'est un dessert de roi. La glace verte, c'était du persil sans doute.

9.JPG

Un tube chocolat craquant remplie de mousse chocolat lactée pour lier avec la noisette et la glace café blanc. J'ai eu plus de mal à comprendre où le chef voulait en venir. Ça croque, ça mousse, ça crème la bouche. Mais sans doute trop technique. En ce qui concerne la glace au café blanc, j'avoue mon ignorance ; par contre, vous m'en mettrez plusieurs litres à emporter, merci.

10.JPG

Fours secs et lait de poule. Ah, le lait de poule. Plat campagnard, du Bourbonnais et d'ailleurs, c'est un peu l'universelle panacée d'avant la pénicilline. Surtout quand on y ajoutait un peu de goutte. Il soignait toutes les maladies. Je crois me souvenir que René Fallet en donne la recette dans "La Soupe aux Choux", magnifique livre qui vaut mieux que son film. 

11.JPG

Côté vins, nous n'étions pas en reste grâce à la sublime carte de millésimes prêts à boire, qu'ils soient naturels ou moins. Le bourgogne aligoté 2007 de Roulot était une affaire, le trousseau 2009 des Tissot une trouvaille et le pinot noir 2012 des Tricot une véritable pépite.

Revenons à la "simplicité" de la cuisine dont on parlait au début, elle n'est qu'apparente. Car il n'y a rien de plus compliqué que la simplicité. Decoret, c'est une conjugaison qu'on aurait envie de réciter. Le terroir auvergnat, les échappées, la tradition, la modernité, le respect de la matière brute, les envolées du dressage... tout se conjugue allègrement. Dans son livre de recettes, Alain Chapel disait que la cuisine c'était bien plus que des recettes, des moments de partage en résumé. Au restaurant aussi, la cuisine c'est bien plus qu'une assiette qu'on t'apporte. Il faut arriver à comprendre le travail et la poésie derrière chaque plat. Souvent, il n'y a ni l'un ni l'autre. Parfois, il y a les deux et tu te dis que tu es vraiment vernis, comme aujourd'hui.

Un dernier point me marque : l'incroyable légèreté de ce repas malgré le nombre de plats. Évidemment, on n'a plus faim en sortant mais on se sent vraiment léger. Rarement pareil repas nous a fait ressentir cela. Comme si le travail d'esthète continuait dans le ventre.

Maison Decoret, 15 rue du Parc, 03200 Vichy, 04 70 97 65 06.

20:45 Publié dans Bonnes adresses en province | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

05 mai 2014

Inventaire de quelques quilles de la Botte qui m'ont botté dernièrement

Morando Silvio, on le connaissait pour son Anarchico. Le revoilà avec Bastardo. Forcément, ça ne va pas plaire aux caciques classiques. Avec cortese et un peu de syrah "pour donner la couleur". Une friandise certes, mais avec une sacrée tenue.

1.JPG

Le nouveau venu dans la troupe, même si on avait déjà goûté ses vins il y a quelques mois, c'est Massimo Coletti, présent en chair et en bouteilles. Ses prosecco et pétillants au naturel s'avèrent d'une remarquable tenue.
2après1.JPG
 
La quille qui met tout le monde d'accord, toujours chez Massimo, c'est la cuvée Giuse. Un peu expérimentale, il s'agit d'un croisement de cépages. Cette année, on en compte entre 100 et 200 bouteilles. Patrick B. a réalisé une monographie sur le domaine, à lire d'urgence.
 
2.JPG
 
Viennent ensuite deux vignerons présents aussi dans "Résistance Naturelle", le film que Jonathan Nossiter consacre aux vignerons italiens qui travaillent (mieux que) bien. On reparlera du film dans les jours qui viennent.
 
Intéressons-nous d'abord à Stefano Bellotti, vigneron piémontais de la Cascina degli Ulivi. On connaissait les premières cuvées (Semplicemente Vino), les rouges magnifiques dont Mounbe dans sa version 2006. Aujourd'hui, c'est le vin orange A Demûa (millésime 2009) avec cinq cépages : timorasso, riesling italico, verdea, bosco, chasselas doré. Le tout vinifié selon le système de la macération de peau cher à mon cœur pendant 40 jours. Le mieux, c'est qu'il a su garder son côté glouglou.
 
Autre grosse claque chez Bellotti : un truc hallucinogène avec un poil de sucre en bouche puisque c'est une vendange tardive de sauvignon et traminer aromatique avant un élevage en tonneaux de 5 hl pendant 11 mois. Tu peux discourir comme tu le veux sur la chose, l'important c'est d'y goûter, pardi ! La Merla Bianca en version 2006
 
3.JPG
 
Autre domaine cité dans le film : Pacina. Voici enfin des rouges de Toscane on ne peut plus buvables... Et que dire de leur passito (vin de passerillage, c'est-à-dire dont les raisins sont mis à pourrir sur des paillasses). Le jus est couleur café, la bouche aussi. L'équilibre sucre-amertume est splendide. C'est un très grand vin de méditation, peut-être la plus belle bouteille du salon. La Sorpresa 2007.
 
4.JPG
 
Et il y en a eu... Comme ces vins siciliens, dont les blancs ont ému l'assemblée. Encore une fois, toutes les explications sont ici.
 
5.JPG
 
...ou cette cuvée de Catavela. On connait bien cette malvasia macérée elle aussi... Comme tous les vins de Denavolo, c'est hors norme et extrêmement bon. Maiiiiis... Tu as repéré le petit trait vert ? Ici, c'est terrrrriiible dans le verre. Mais, chut ! Je n'ai pas le droit d'en parler car ça n'existe pas.
 
6.JPG
 
Tout cela était avalable au salon des vins de Rue89. T'es con, t'aurais dû venir. C'est pas comme si je ne t'avais pas prévenu.

7.JPG

08:53 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

27 avril 2014

Comment définir un Parisien ?

Le poète Léon-Paul Fargue, malheureusement tombé dans l'oubli depuis quelques temps, avait ciselé cette phrase dans son ouvrage, "Le Piéton de Paris", cri d'amour dédié à sa ville.

"Le Parisien aime les livres, goûte la peinture, connait les restaurants dignes de porter ce nom".

On était en 1939. Je ne sais pas si c'est toujours le cas pour les livres et la peinture, je m'interroge aussi grandement sur les restaurants.

En tout cas, on notera la perspicacité du propos, en ce qui concerne la définition d'un bon restaurant. Quant à la définition du Parisien, on espère qu'elle est toujours valable, sans trop y croire.

fargue.jpg

(image extraite d'un bel article sur le blog Paris secret et insolite,
elle-même récupérée sur un numéro de Marianne Magazine de 1939) 

09:30 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

26 avril 2014

Le meilleur fish and chips de Paris ?

Les jours passent, les choses changent, les restaurants évoluent ; ça s'appelle la vie. Avant Versant Vins, c'était un caviste. Puis il est devenu Versant Faim, ce qui signifie qu'on pouvait y manger aussi. Après un imbroglio autour d'une possible fermeture administrative le jeudi soir (et un autre autour d'un possible changement de proprio), les choses prennent une nouvelle voie aujourd'hui. Jeanne conserve toujours la cave mais elle a épuré le manger. L'adresse devient un peu monomaniaque, et alors ? Ici on ne fait pas dans le burger comme partout. On fait dans le fish and chips et surtout, on ne le fait pas comme partout ! C'est sans doute le meilleur de ce côté-ci du Channel. Enfin, on dit ça, on s'en fout des classements.

photo 2.JPG

L'idée ? Travailler des filets de poissons sauvages et frais ! Forcément le résultat est tout différent des mauvais pubs ou des restaurants qui n'en méritent pas le nom. Côté frites, les pommes de terre sont elles aussi fraîches, épluchées à la main, cuites dans de jolis bains de friture. Là encore, c'est logique... Mais combien le font à Paris ? Mention spéciale à la sauce tartare, un lèche-doigt sublime.

Et le prix ? Jugez-en vous mêmes. Dans ce coin de Paris, le marché des Enfants Rouges, anciennement bobo, aujourd'hui carrément bourgeois, l'addition est on ne peut plus serrée. Et pour ceux qui n'aiment pas le poisson, on fait aussi du poulet, des terrines maison et de jolies assiettes de fromages.

photo 1.JPG

J'oubliais : Versant Vins/Faim, c'est une cave aussi, pour ceux qui n'auraient pas suivi. Là aussi bouteilles choisies, vignerons naturels, prix serrés. Business as usual. La Peur du Rouge (domaine Le Temps des Cerises), un vieux blanc de Jérôme Lenoir, un Vouvray de Pinon, un Bois Sans Soif d'Olivier Lemasson comme moi ce jour-là... Pour le fish and chips, le choix est large.

Versant Vins/Faim, 39 rue de Bretagne, dans le marché des Enfants-Rouges.

16:43 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : versant vins, loire | | |  Facebook

25 avril 2014

Le salon des vins de Rue89, c'est mieux que Meetic

Imagine près de 800 personnes kolé seré dans un seul et même lieu ce dimanche. C'est autre chose que les speed datings dans un bar miteux avec un mec (ou une nana) qui a menti sur sa photo de profil et sur le reste...

Note aussi qu'en ce jour, tous seront réunis pour boire un coup de vin (naturel). C'est-à-dire un truc qui symbolise la sociabilité et la joie de vivre, le partage et l'échange...

Parmi tous ces gens, les stars seront ces vignerons merveilleux, hommes ou femmes, drôles, intéressants et excentriques. Si t'en ramenais un/e à la maison, ça clouerait le bec à ton père qui continue à boire du jaja industriel...

Et si tu insistes bien, j'en connais un qui sera ravi de ton montrer son S&X...

L'organisateur a même prévu un (bon) plan avec 2 filles ; l'une qui cuisine, l'autre qui parle de jus (de raisin fermenté).

Comme pour toute party, il faut penser aux befores et aux after : cela va se passer au Lapin Blanc dans les deux cas. Il suffit de suivre la foule...

Bref, ce week-end, je te propose plein de rencontres, et ce, sur un seul site. Non, ce n'est pas sur Meetic. C'est du bien réel, c'est à La Bellevilloise pour le Salon des Vins de Rue89 ! C'est dimanche, et pour les travailleurs du dimanche, c'est aussi lundi. Tout le programme est ici.

salon_des_vins.jpg

Et plutôt que parler de cul, je te propose une dernière rencontre, et pas des moindres, une rencontre avec l'Histoire. Tu n'es pas sans savoir que La Bellevilloise, c'est l'endroit où Jaurès haranguait les foules. Il a prononcé pas mal de discours au premier étage, là justement où se tient le salon. Il est mort il y a 100 ans, à quelques semaines près. Donc si tu aimes les grands hommes...

11:08 Publié dans Salons et autres dégustations | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

24 avril 2014

Tu n'as jamais mangé de foetus de canard ?

C'est la chose la plus fofolle qu'il m'ait été donné de manger. Forcément, c'est au Vietnam. Certes devant une assiette de chien, on ne fait pas son malin. Mais là, c'est bien pire. On hésite, on se demande se qu'on fait là, on pousse des "urgh"... On tâte timidement l'affaire du bout de la fourchette.

IMG_4692.jpg

Je te présente hột vịt lộn. En français, on dit "balut". On en mange aussi dans d'autres pays du sud-est asiatique. Mais c'est quoi ? Ben tu n'as pas reconnu sur la photo ? Les gros yeux, le petit bec ? En fait, c'est un œuf de cane couvé entre deux et trois semaines. Le poussin est donc bien formé...

Au marché de Hanoi, on vend l'unité autour de 15 centimes d'euro alors que des œufs "normaux" (de poule) c'est 25 centimes la boîte de dix. C'est un en-cas très prisé.

IMG_4647.jpg

On rentre à la maison, on le fait cuire près de 25 minutes à l'eau bouillante. On casse le truc comme un œuf dur.

IMG_4686.jpg

On enlève toute la coquille pour laisser apparaître le balut, somme tout un peu figé.

IMG_4687.jpg

On casse délicatement l'ensemble à la fourchette et au couteau. L'aspect est peu ragoûtant certes mais il se dégage en bouche un délicieux goût déjà un peu viandard avec le côté rassurant de l’œuf. C'est très bon, il faut le reconnaître.

IMG_4691.jpg

Et retour à la photo du début. En plus, c'est extrêmement riche en protéines. 

IMG_4692.jpg

11:15 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, balut, oeuf | | |  Facebook

Le Nam Hai est souvent considéré comme le meilleur palace d'Asie

Et cette photo pourrait effectivement te le faire croire.

11.jpg

Nous sommes sur la plus grande (et sans doute la plus belle) plage du pays qui s'étend sur 20 kilomètres. C'est d’ailleurs ici, à côté de Hoi An, que les Américains ont débarqué. Tout a bien changé.

Une chambre au Nam Hai coûtant presque un smic français (et on a connu bien mieux pour 5 fois moins cher), on se rabat sur les cocktails au bord de la piscine. Après quelques dizaines de kilomètres en vélo, tu es un peu crado, tu pues sous les bras, il faut vraiment négocier pour qu'on te laisse t'installer là-bas, tout au bout de la rangée de parasols, face à la mer.

1.jpg

Ce cocktail signature, le Nam Hai Star (rhum macéré avec du sésame, jus de concombre, sirop de gingembre) tire un peu trop sur le pimenté et le porte-feuille (7,50 euros).

2.jpg

C'est sûr, si tu considères le cadre (l'hôtel est régulièrement cité comme le meilleur resort d'Asie) et les prix parisiens, c'est donné de chez donné.

Mais il y manque une âme. Et le Vietnam, c'est autre chose que cela tout de même.

3.jpg

La carte des vins est assez catastrophique. Allez, on bouge.

09:02 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, hoi an, nam hai | | |  Facebook

23 avril 2014

Lẫu : le pot-au-feu vietnamien, version express

Tu prends les aliments que tu as sous la main : poissons, viandes, légumes. Tu coupes fin.

IMG_5216.jpg

Un bouillon bien parfumé et frémissant, des pâtes de riz à portée de main.

IMG_5221.jpg

Tu plonges le tout dans la marmite, pendant quelques minutes. Puis tu te sers.

La vie, ce n'est pas si compliqué.

IMG_5229.jpg

Le mieux étant de manger ce plat aux ingrédients extra-frais, en terrasse, au Vietnam, alors qu'il fait encore 25°C vers 20h.

IMG_5237.jpg

Et je te donne même l'adresse de l'endroit idoine, à Hoi An.

IMG_5238.jpg

Et c'est huit euros pour deux le repas ultra-complet avec les bières et tout.

fin.jpg

20:28 Publié dans Ailleurs dans le monde, Recettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, hoi an | | |  Facebook

Le Cao Lầu, plat du terroir vietnamien

Le Cao Lầu, c'est le plat typique du terroir de Hoi An. Oui, les Vietnamiens aussi ont un terroir, et en ont conscience, quelle question... Ce plat, on ne peut le faire qu'ici. La pâte a cuit dans de l'eau additionnée de cendres provenant du bois de l'île de Cham (au large de la ville), donnant ainsi au féculent une couleur d'un pâle moutarde. Les légumes et les herbes viennent normalement du village de Tra Que où tout est bio. On ajoute un peu de viande.

4.jpg

Et donc on ne peut que le manger ici. À toutes les adresses du centre ville historique pollué par le tourisme (et encore, ça va, c'est mignon Hoi An, ce n'est pas la Grande Motte...), on préfère le Secret Garden qui porte bien son blase. Planqué. Au détour d'une rue à touristes, il faut zieuter la pancarte annonçant le restaurant. Arrivés à 14h, on est seul. On grignote le plat excitant pour 1,70 euro et vu le cadre, on en profite pour souffler.

3.jpg
La version ultime du mets se trouve pourtant ailleurs. Tu enfourches ta bicyclette et tu prends la direction de l'est. Quelque part entre les rizières et les étangs. Rien que ce coin mérite 3 jours d'exploration à vélo, un vrai paradis.

Tu t'arrêtes chez Water Coconut Homestay. C'est une maison d'hôtes, tout en finesse (30 euros la nuit, pas de quoi se ruiner). Il faut demander à la femme du proprio de te préparer un Cao Lầu. Magie des ingrédients ? Magie de la cuisine familiale ? Magie de l'amour dans la casserole ? Jamais ce plat délicieux n'aura été aussi joliment apprêté. La photo ne lui rend pas un juste hommage.

5.jpg

Secret Garden, accès par 60 Le Loi St. ou le  130 Tran Phu St. ou encore le 71 Phan Chu Trinh St., + 845103911112, Hoi An centre.

Water Coconut HomestayHamlet No.3, village de Cam Thanh Village, +84935927343

20:07 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vietnam, hoi an | | |  Facebook

16 avril 2014

Petit quizz : sauras-tu reconnaître ces herbes vietnamiennes ?

Pour se divertir, jouons un peu. Toutes ces herbes ont été photographiées au Vietnam, dans le village de Tra Que, dont toutes les cultures végétales ont été converties au bio.

Alors, c'est quoi ?

1 - ?

IMG_4988.jpg

2 - ?

IMG_4990.jpg

3 - ? 

IMG_4991.jpg

4 - ?

IMG_4993.jpg

5 - ?

IMG_4995.jpg

6 - ?

IMG_5002.jpg

7 - ?

IMG_5004.jpg

 et question subsidiaire : 8 - ?

IMG_5062.jpg

Réponses :

1 : basilic citron

2 : fleurs de basilic citron

3 : pok choi (à ne pas confondre avec pak choi, aux feuilles plus longues)

4 : cive en fleur

5 : pak choi

6 : coriandre vietnamienne

8 : basilic thaï

et 9 : feuilles de patates douces

Quel est ton score ? A moins de 8/8, un voyage au Vietnam est obligatoire !

11:10 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, tra que, hoi an | | |  Facebook

Vietnam : un village entier converti au bio

Pour qui cherche une idée dans le but d'attirer les touristes dans son joli village français, qu'il se penche sur le cas de Tra Que, charmante bourgade à trois kilomètres de Hoi An, dans le centre du Vietnam. Ici on s'est spécialisé dans les légumes et les herbes cultivés selon les principes de l'agriculture biologique, un cas unique dans le pays.

1.jpg

Organisé à la manière d'une coopérative, le village fournit aussi les matières premières aux quelques restaurants qui se sont opportunément montés. Car il faut dire que les touristes adorent ! Disons la vérité, entre la foule qui visite Hoi An (la ville voisine, classée au patrimoine de l'Unesco) et les quelques personnes qui s'arrêtent à Tra Que, il y a encore un fossé. Mais les touristes sont là tout de même.

Et on y mange quoi dans ces restaurants ? Des apéros au basilic citron...

2.jpg

...des banh xeo extra-frais, un genre de crêpes salées...

3.jpg

...des nems légers à la carotte...

4.jpg

5.jpg

...des crevettes aux herbes...

6.jpg

...des salades de papaye aux crevettes...

7.jpg

...du poisson cuit en feuille de bananier... et plein d'autres choses à des prix on ne peut plus serrés. C'est sans doute l'endroit du Vietnam où on mange le mieux, si on ajoute à cela la douceur du climat et les produits de la mer qui se trouve à 2 kilomètres.

8.jpg

Tous les restaurants du coin (ici Tra Que Water Wheel) proposent des cours de cuisine qui durent une bonne partie de la journée : tour au marché de Hoi An, tests de reconnaissance des herbes aromatiques à Tra Que, cours de cuisine, dégustations...  

9.jpg

Je le répète, on pourrait l'imaginer attrape-touristes. Pour l'instant, ce n'est pas le cas, l'endroit est encore relativement préservé. Le sera-t-il encore dans l'avenir étant donné le nombre de personnes qui passent par Hoi An ? Bon, ben, il va falloir que j'y retourne...

11:06 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hoi an, vietnam, tra que, bio | | |  Facebook

14 avril 2014

Vietnam : au restaurant, le poulet est encore vivant

A Hoi An, à la terrasse d'un resto. Rien de plus classique. On va prendre des bières, quelques légumes et des assiettes de poulet grillé aux feuilles de citronnier. Rien de plus classique.

Ah bon, c'est un poulet entier qui est servi ? D'accord, on ne va en prendre qu'un seul, alors. Rien de plus classique. Deux minutes plus tard, un serveur arrive avec une branche de citronnier aux feuilles vert pétant ; au moins, ce n'est pas du congelé comme à Paris. Là, on est dans l'un-peu-moins-classique.

Et ce qui ne l'est carrément plus du tout, c'est que 5 minutes après, un serveur arrive sur sa moto, un poulet sur les genoux. Vivant. Il part en cuisine. Cot-cot. 

1.jpg

On entend quelques cris puis plus rien. Il faut maintenant le saigner au niveau de la gorge, l'échauder, le plumer avant de le découper. La serveuse nous prévient qu'il y aura un peu d'attente. Euh, pas de problème... On oint la bête d'une préparation un peu grasse mélangée aux feuilles écrasées au mortier. Ouais, un poulet rôti, quoi...

2.jpg

Ce n'est pas la première fois qu'on tue ta bouffe au restaurant avant de te la servir. On sait que cela existe pour les poissons ou les crustacés à choisir vivants dans les aquariums. On verra plus tard au Vietnam ou en Chine qu'on fait de même pour les grenouilles. Mais là, on reste interloqué : un poulet arrive vivant et on le tue en cuisine ! Un poulet... Pas un petit animal, pas un truc dont il est facile de lever les filets avant de le cuire... Un poulet !

C'est chose impossible en France avec nos normes d'hygiène drastiques. Retour de bâton : chez nous, on s'oblige au congelé, au sous-vide, au sans aspérité, au sans vie. Oui, on a presque oublié que le poulet est vivant, qu'il faut le tuer pour le manger.

3.jpg

Puis direction le coup de barbecue animé grâce au sèche-cheveu monté sur un pied, pour une bonne dizaine de minutes de cuisson.

4.jpg

Pour un résultat splendide, gourmand, ultra-frais (on peut difficilement faire plus frais). Huit euros le poulet dans ces conditions. 

5.jpg

Restaurant Huy Huy, à Hoi An. Tu suis la rive du fleuve après le Brother Café. Et je t'ai photographié l'adresse exacte pour ne pas me tromper.

6.jpg

Le lendemain, on se balade dans le coin en vélo et effectivement, on aperçoit des petits enclos où gambadent à peine une dizaine de volailles. 

11:04 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, poulet | | |  Facebook

12 avril 2014

U Café, la pépite de Hoi An

Cuisine bio, personnel japonais, vue merveilleuse, calme enchanteur... Pas besoin de photos de la bouffe ou de la boisson, celle de la terrasse suffit.

Pour atteindre le U Café, ce n'est pas très compliqué. Il suffit de suivre les berges de la rivière à Hoi An. Les touristes s'arrêtent aux premiers mètres et au Brother Café. Ah les cons...

IMG_5262.jpg

Derrière le café, commence la campagne autour de Hoi An.

Ville du centre du pays, miraculeusement conservée après la guerre, Hoi An est aujourd'hui sacrifiée sur l'autel du tourisme. Bizarrement, sa beauté transparait tout de même. Mais la campagne environnante vaut à elle seule un séjour d'une semaine.

U Café, Thanh Nam, Cam Chau, Hội An +84 510 3501 118.

14:03 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, hoi an | | |  Facebook

26 mars 2014

À quoi reconnait-on un repas vietnamien réussi ?

Pendant.

IMG_5206.jpg

Après.

IMG_5231.jpg

Au Vietnam, la réussite d'un repas entre amis se juge au nombre de cartons de bière commandés et à la quantité de canettes jetées sous la table.

09:25 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, bière | | |  Facebook

Où manger les meilleurs nems du Vietnam ?

Certes le titre est en rien provoquant. Sont-ce vraiment les meilleurs nems du Vietnam ? On a vraiment envie de répondre un grand oui. Parfum d'Automne coordonne des maisons d'hôtes au rapport qualité-prix indéniable. Elles-mêmes proposent des cours de cuisine avec une jeune femme francophone qui connait son affaire. Les meilleurs nems, ce sont donc ceux que l'on fait à la main, chez soi, avec de bons ingrédients frais (pléonasme au Vietnam). Ici le résultat.

1.jpg

Et les nems roulés avant cuisson.

2.jpg

La farce : porc cru, crevettes crues, beaucoup d'herbes fraîches et deux œufs. Tu me roules tout cela avant de les plonger deux fois dans la friture. Une bonne sauce d'accompagnement avec vinaigre, jus de citron et nuoc mam (on ne lésine pas sur sa qualité). Résultat : les meilleurs nems de ta vie.

Notez qu'au Vietnam, il existe deux sortes de nems. Les nems frits (ce que l'on appelle nems en France) et les nems frais (nos fameux rouleaux de printemps, expression plus ou moins répandue sur place).

09:17 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vietnam, hanoi, nems | | |  Facebook

Quelle est la meilleure bière vietnamienne ?

Le Vietnam n'est pas la Belgique, ni l'Allemagne. Ni même l'Italie, ni la France. Ben oui, le Vietnam, c'est le Vietnam. Ceci étant dit, on est bien avancé. Certes la tradition brassicole vietnamienne n'est pas celle de la Vieille Europe. Mais voilà, on en boit beaucoup et pas mal de marques locales se disputent le marché. L'écrasante majorité est constituée de bières type lager, c'est-à-dire blondes, désaltérantes, sans goût trop prononcé. Après une journée de marche, après une journée à 35°C ou pour éviter de boire de l'eau, ces bières sont les bienvenues. Tour d'horizon.

Halida. On la trouve surtout à Hanoï. Par rapport à toutes les bières goûtées, on lui reconnait un peu plus de caractère, notamment sur les amers même si ça reste évidemment très accessible. Sans doute la meilleure.

IMG_4464.jpg

Larue. Prononcez "Larou". Encore un vestige colonial qui tombe en ruine... Le goût de bière reste deux secondes en bouche avant de se transformer en eau. 

IMG_4467.jpg

333. En vietnamien, on dit "ba-ba-ba". Même bu au Métropole, le palace d'Hanoï, c'est la cata. Aucun goût si ce n'est de l'eau. 

IMG_4498.jpg

Hanoi Beer. Surtout bue... vers Hanoï ! Ce n'est pas mal du tout, un caractère trempé mais pas trop... C'est ce qu'on demande à une lager. On lui préfère Halida mais ça se joue à un cheveu.

IMG_4589.jpg

Bia Saigon. Bu dans le centre du pays et vers... Saïgon (Hô Chi Minh ville) ! S'avère assez fine avec ses petits amers qui disparaissent malheureusement assez vite. En outre, elle est plutôt bon marché. Une bonne lager.

IMG_5180.jpg

Quant à la Tiger, pas besoin de mettre une photo. Elle n'a rien dans la canette si ce n'est de la tristesse.

09:09 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vietnam, bière | | |  Facebook

Un chef français possède 4 restaurants à Hanoï

Didier Corlou est la personne incontournable pour qui s'intéresse aux restaurants à Hanoï. Il possède pas moins de 4 adresses : le restaurant gastronomique, un bar à vin, un vietnamien traditionnel et un autre un peu plus dans le vent. Je ne me suis arrêté que dans les deux derniers et c'était un régal. Frais, goûteux, pétillant, surtout en ce qui concerne la Porte d'Annam.

IMG_4421.jpg

IMG_4465.jpg

Mais cette impression qu'il a un peu trop tiré sur la corde m'ennuie. C'était bon certes, mais au Vietnam, en général on mange extrêmement bien partout. Donc ce n'est pas si extraordinaire non plus. 

Un autre truc m'a mis la puce à l'oreille, me faisant douter de la qualité intrinsèque de la chose. Je m'en suis rendu compte en inspectant le poivre vendu dans la boutique en-dessous de La Verticale. Par exemple, le poivre blanc de Kampot (...venu du Cambodge). Grains de tailles différentes, parfois rachitiques, parfois noirs... Le tri n'est pas aussi contraignant que chez Olivier Roellinger, la qualité est bien moindre. Bref je ne sais plus quoi penser de notre homme.

08:41 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, hanoi, didier corlou | | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu