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08 avril 2015

Le raki dans les cocktails aussi

Boisson bénie, mise à l'amende en ce moment, le raki est en train d'être mis en cocktail dans certains restaurants qui comptent. Je continue à le préférer pur, mais une incartade ne fait pas de mal.

Le plus réussi l'associe à la vodka et à la menthe, chez Yeni Lokanta, un très bon resto - aux tarifs plus élevés et à la cuisine un poil moins soignée que Neolokal.

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360 se trouve au 8e étage d'un bâtiment de l'avenue Istiklal. Ici on a tout misé sur la vue, car les cocktails ne sont vraiment pas terribles, gorgés de glaçons. On a juste eu la bonne idée de l'associer au jus de betterave, même si c'est paraît-il assez courant en Turquie. 

Enfin, l'idée est venu de faire à la maison un cocktail raki/eau pétillante. J'ai testé ce mélange sans trop y croire. J'avais raison, c'est pas terrible non plus. Bref, comme toute chose quand elle est bien sélectionnée, un bon raki se suffit à lui-même.

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ENGLISH VERSION : cocktails with raki

Blessed drink, fined now, raki is an important part of coktails in some Istanbul trendy restaurants. I still prefer it pure, but let's try.

The most successful meeting is with vodka and mint at Yeni Lokanta, a very good restaurant - with higher prices and less amazing than Neolokal.

The bar 360 is located on the 8th floor of a building in Istiklal Avenue. Here everything is about the panoramic view because the cocktails are not terrible, too many ice. But they had the good idea to associate raki with beet juice, it seems quite common in Turkey.

Finally, the idea has come to make a cocktail at home : raki / sparkling water. I tested this mixture without much hope. I was right, it's not terrible either. In short, like everything else when it is selected, a good raki is sufficient in itself.

09:26 Publié dans Ailleurs dans le monde, Alcools cools | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : istanbul2015, turquie, raki, istanbul | | |  Facebook

07 avril 2015

Le Consulat de France à Istanbul a des problèmes avec l'orthographe

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Avenue Istiklal, les Champs-Élysées d'Istanbul, un après-midi de mars. Près de la place Taksim, le Consulat de France expose la carte de son café, sottement baptisé Café Français. Ce n'est pas le pire.

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La carte décline une "tarte aux Fruits de Bois", une autre "aux caramel maison", un mystérieux "chocolat au Croissant", une "crêpe aux épinars", une autre "aux Saucisses et aux avec Champignons", un "fromage jaune" qui fait moyennement envie, un "souffle" qui a perdu son accent, un "éclair en Chocolat-à la Fraise"...

Et mon préféré, ce fantastique "gâteau Fait à la Maison".

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Ah oui, ce café est aussi abrité par l'Institut Français où l'on peut prendre des cours de... français !

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ENGLISH VERSION : French consulate in Istanbul has problems with spelling

The menu of the French consulate Café Français in Istanbul has several spelling mistakes. Quite difficult to translate the mistakes into English. But it's the place where foreigners can have... French lessons ! 

09:00 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : istanbul, istanbul2015, turquie | | |  Facebook

06 avril 2015

Comment présenter le poisson frais ?

Ce poissonnier de Kadiköy expose les branchies à l'air libre. On préférera donc l'écarlate au terne. On regardera aussi l'œil bien brillant, on sentira aussi l'odeur pas trop prononcée.

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Et pourquoi les poissonniers français ne s'en inspireraient pas ?

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ENGLISH VERSION : How to display fresh fish?

This fishmonger Kadikoy displays the gills in the open air. Therefore we chose scarlet rather than colourless. We also have look at the shining eye. We also don't want a bad-smelling fish.

Perhaps French fishmongers could think about it...

19:34 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : istanbul, istanbul2015, turquie | | |  Facebook

17 mars 2015

Neolokal : la gastronomie turque, digne et militante

Je reviens te chercher 
Je savais que tu m'attendais 
Je savais que l'on ne pourrait 
Se passer l'un de l'autre longtemps 
Je reviens te chercher 
Ben tu vois, j'ai pas trop changé 
Et je vois que de ton côté 
Tu as bien traversé le temps 

Jamais je n'aurais imaginé entendre une chanson de Bécaud dans un restaurant d'Istanbul. Moi je trouve ça branché, Bécaud, indémodable. Alors pourquoi pas ?

Ce soir, j'ai l'impression que la chanson a été écrite pour ce moment précis, pour ce repas chez Neolokal. Je me mets en tête que c'est le chef Maksut Aşkar qui chante Je reviens te chercher. Il ne parle pas à une femme, mais à la cuisine turque. Depuis la fermeture de son restaurant précédent, il a compris qu'il ne pourrait pas se passer d'elle longtemps. Il n'a pas trop changé, il est toujours assez jeune (il a commencé sa carrière en 2000). Et que dire d'elle, de cette cuisine turque, qui traverse le temps... Sans doute qu'à un moment de sa vie, peut-être, le chef aurait voulu lui faire la guerre, la changer, la transformer. Non, aujourd'hui il vaut mieux faire la paix, c'est-à-dire affronter les tempêtes et les joies à venir ensemble. (Plus j'y pense, plus ça fonctionne cette chanson de Bécaud sur ce repas. Mais je m'égare un peu...)

A Istanbul, les joies, on peut les prévoir : un emballement exponentiel des touristes pour cette ville, des échanges culturels toujours plus grands, un ancrage vers l'Europe et le monde. Les tempêtes, aussi, arrivent : la cuisine turque, même bien conservée, n'est plus vraiment à la fête. Comme à Paris où on mange très mal dans 95 % des endroits, ce n'est pas la joie à Istanbul. Une passionnante blogueuse turque, Olga Irez, a récemment fait le point sur ce problème (pour les anglophones, c'est ici). Les raisons ? Quinze millions d'habitants, des fast-foods partout, des traditions qu'on oublie, l'appât du gain rapide, des soucis politiques, le manque de temps, d'argent... Les mêmes symptômes que chez nous, normal nous sommes dans le même bateau, sinon cousins. 

La cuisine turque traverse le temps, mais va-t-elle continuer à le traverser ? Mehmet Gürs (restaurant Mikla) et d'autres dont le chef Maksut Aşkar s'emploient à la sauver. Ingrédients choisis avec soin, lutte pour endiguer la disparition de certains fromages, inventivité sans casser les codes, éloignement des modes mondialisées, finesse des dressages. C'est un renouveau, malheureusement pas encore global, mais il faut des toujours des hérauts pour montrer le chemin. Voici à quoi ressemble la gastronomie turque, digne et militante :

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Cette photo devrait se suffire à elle-même. Pour cette entrée, le chef est revenu chercher un haddock à l'ancienne.

Mais il faut expliquer un peu plus avant, car un surdoué du dressage n'est pas forcément un surdoué de la cuisine. Mais quand les deux vont de pair... Le restaurant Neolokal porte bien son nom, c'est réjouissant. Une cuisine moderne avec des ingrédients locaux. Ce qui est encore plus réjouissant, c'est qu'il donne aussi à lire. Je m'explique. La carte arrive, brute, comme dans tout resto. Puis une carte des vins 100 % turque. Enfin et surtout, des pages photocopiées pour expliquer les plats. Chacun y est décrit, d'où ça vient, pourquoi le chef a fait ainsi et pas autrement. Le repas est remis dans son contexte turc. C'est un véritable tour d'horizon de la cuisine traditionnelle et une ouverture vers sa réinterprétation. 

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Ce qui donne pour notre plat en photo : "Le haddock est fumé selon une vieille recette stambouliote mise au point par un de nos ancêtres grecs, du nom de Yako Abi, sur les îles des Princes. Et nous servons le haddock avec des cubes de betteraves infusés au raki, du zeste de citron, du pain craquant, un peu de tarama et de la poudre d’œufs de mulet gris, appelée poutargue".

Époustouflant. Tout se répond. Aucun aliment n'est travaillé au hasard. À n'en pas douter, c'est l'un des plats de l'année.

La grande découverte de ce plat, sinon son évident équilibre, c'est cette alliance raki-betterave. Il parait que c'est assez commun en Turquie, où il n'est pas rare de verser un peu de jus de betterave dans son raki. Jamais vu... Ce chef-d'oeuvre absolu d'accord mets-alcool me laisse pantois. Si simple, si complexe. Comment fait vraiment le chef ? Les dés infusent dans le raki pur ? Ou cuisent quand même un peu à la vapeur de raki ? On reste sur le mystère, on savoure ce petit rien, ce grand tout. Toute une tradition dans un gramme.

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Ailleurs sur les feuillets accompagnant le menu, on apprend que telle recette typique du sud de l'Anatolie, faite traditionnellement de bœuf ou d'agneau, intègre ici les deux. Ou que les fromages de la recette sont en voie de disparition. Neolokal travaille notamment avec Ark of Taste, version Slow food de l'Arche de Noé qui voudrait sauver les produits oubliés.

Suit une autre œuvre graphique. Le chef est revenu chercher le "katmer et tirit", un montage de pâte et de bœuf cuit dans un jus de canard. Encore un classique anatolien. 

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Pour finir, le chef est revenu chercher le tilleul. C'est le symbole de la fidélité... Fidélité à la cuisine turque ? Sans doute. Ici, le chef en a fait un parfait, avec un peu de crème au citron et de la poudre craquante d'amandes amères. 

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Il est toujours difficile de faire passer le goût d'un plat avec des mots. Pour vous donner une idée du goût des assiettes, il faut se dire que c'est aussi bon que beau. C'est dire. 

Question prix, les entrées tournent autour de 10 euros (souvent moins), les plats de 18 et les desserts de 5. Soit bien moins qu'un restaurant parisien, c'est certain. Et moins que les restaurants stambouliotes renommés.

***

L'architecture du lieu éblouit. Certes, on ne la mange pas. Mais un petit mot quand même.

Neolokal est situé au fond du Salt Galata, l'ancien bâtiment de la Banque ottomane reconverti en galerie d'art. De la rue, aucune pancarte n'indique la direction. Il faut connaître. C'est un leitmotiv dans pas mal d'endroits merveilleux d'Istanbul : pour vivre heureux, vivons cachés. La cuisine se trouve au rez-de-chaussée. La prochaine fois, on choisira sans doute un couvert au bar.

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On passe obligatoirement devant pour monter à l'étage, en salle. La vue est sans doute moins saisissante que chez Mikla (sis au 17e étage d'une tour) mais dîner avec la mosquée de Soliman le Maginifique comme partenaire de table est plutôt agréable...

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***

Un bémol puisqu'il en faut toujours un : le vin.

L'identité du restaurant fait que la carte est 100 % turque. Très bien. Seulement, les buveurs de vin naturel restent sur leur faim. Pas même un vin bio ? Non, répond le sommelier. Nous sommes alors partis sur un blanc qui s'avère un peu quelconque pour nos palais habitués à un taux de soufre moindre.

Le problème du vin et des alcools est un vaste sujet en Turquie. Fait indéniable, les vignerons turcs ont donc fait d'énormes progrès. Mais je n'ai pas encore rencontré de vignerons turcs décidant de bannir le soufre de leur vin. Il y a des bouteilles prometteuses comme ce Barbare mais la question du soufre reste posée. Bref, un sommelier ne peut pas inventer un vin turc sans soufre.

***

C'est tout le dilemme d'un cuisinier aujourd'hui. Etre fier de ses racines, vouloir les prolonger sans faire la même chose que les autres. Maksut Aşkar a moins de problème que d'autres car c'est avant tout un artiste. Ses dressages en témoignent mais aussi sa rigueur dans le choix de ses produits locaux, qui collent parfaitement à l'identité de son restaurant. En tout cas, c'est ce qui ressort de ses assiettes. Je ne connais pas le chef, il était d'ailleurs au festival Omnivore à Paris quand j'ai eu la chance de dîner chez lui.

***

Et n'oublions pas les magnifiques toilettes...

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NeolokalSALT Galata, Bankalar Caddesi, Karaköy 34420 İstanbul 00 90 212 244 00 16 ou 00 90 551 447 45 45.

ENGLISH VERSION : Neolokal, a Turkish cuisine, worthy and activist

I come back to pick you up
I knew you were waiting for me
I knew we couldn't
Do without each other for too long
I come back to pick you up
Well you see , I haven't changed too much
& I see that as for you ,
You've well resisted the time
(Je reviens te chercher, French crooner Gilbert Bécaud's song) 


I never imagined listen to a Gilbert Bécaud's song in an Istanbul restaurant. But I have always thought that this dead French crooner is trendy. So why not?

Tonight I feel that the song was written for this moment, for this meal at Neolokal. I put myself in mind that the chef Maksut Askar was singing this French song. But he does not talk to a woman, but to the Turkish cuisine. Since the closure of his previous restaurant, he realized he could not live without it for long. He has not changed too much, it's still quite young (he started his career in 2000). And we can say that Turkish cuisine has resisted the effects the time... Probably once in his life, perhaps, the chief wanted to make war wiht the Turkish cuisine, to change it, to transform it. No, today it is better to make peace (as the song says). That is to say weather together the storms and joys to come. (The more I think, the more this song works with this meal. But I digress...)

In Istanbul, we can predict the next joys : there will be more and more tourists in this city, ever greater cultural exchanges, more and more meetings from Europe and the whole world. The storms also arrive: Turkish cuisine, even well preserved, is not really in a good condition. As in Paris where we eat very ugly things in 95% of places, there is no common joy about food in Istanbul. A Turkish blogger, Olga Irez, recently reported on this problem. The reasons? Fifteen million people, fast food everywhere, traditions we forget, the lure of quick profits, political concerns, lack of time, money ... the same symptoms as we have in France. Of course we are in the same boat, we are cousins.

The Turkish cuisine resists the effects of time but are you sure it will go on ? Mehmet Gürs (Mikla restaurant) and others as Maksut Askar are working to save it. Carefully chosen ingredients, struggles to save old cheeses, creativity without breaking the rules, distance from globalized trends, wonderful presentation in the plates... This is a renewal yes, but unfortunately not at every corner. We should always have heroes to show the path. Look at this Turkish cuisine, it's like this plate : worthy and activist !

This photo should be sufficient in itself. For this entrée, the chef "came back to pick" a old-way haddock.

But I must explain a little further. A cooker good in presentation is not necessarily a good cooker, full stop. But sometimes we have both ! Neolokal has its right name : modern cuisine with local ingredients. And it also provides to read. Let me explain. The menu arrives, as in any restaurant. Then a 100% Turkish wine menu. Last but not least some sheets to explain all the dishes. Each is described, where it comes from, why the chef did so, and so on. The meal is explained in its Turkish context. It is a true overview of traditional cuisine and an opening towards its reinterpretation.

So for our picture it says: "Smoked haddock according to an old recipe from Istanbul developed by one of our Greek ancestors, named Yako Abi on the Princes' Islands. We serve with cubes of beet infused with raki, lemon peel, crisp bread, a little taramasalata and mullet-egg powder called bottarga."

Mind blowing. Everything responding. No food is worked at random. Without a doubt, this is one of the dishes of the year.

The great discovery of this dish, otherwise its obvious equilibrium, is this alliance between raki and beet. It seems that it is quite common in Turkey to put a little beet juice in his raki. Ever seen ... This absolute masterpiece leaves me speechless. So simple, so complex. What really made the chef? Did the beet infuse in pure raki? Or cooked with a little "steam raki"? Always the mystery. A little nothing, a great whole. A tradition in a gram.

Elsewhere on the leaflets with the menu, we learn that one another recipe is typical of southern Anatolia, traditionally made of beef or lamb : here incorporates both. Or that some cheeses are endangered. Neolokal notably working with Ark of Taste, Slow food version of Noah's Ark, which would save the forgotten products.

Follows another graphic work. The chef came back for the "katmer and tirit", paste and cooked beef in a duck jus. Another Anatolian classic.

Finally the leader came back for a linden parfait. It is the symbol of loyalty ... Loyalty to the Turkish cuisine? No doubt. The chef made it perfect, with a little lemon cream and crunchy powder of bitter almonds.

It is always difficult to explain the taste of a dish with words. To give you an idea of the taste of the dishes, we must say that this is as good as beautiful.

What about prices ? Entrées are around 10 euros (often less), the dishes 18 and desserts 5. Cheaper than a Parisian restaurant, for sure. And cheaper than some other Istanbul famous restaurants.

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The architecture of the place is awesome. Of course, we do not eat it. But you have to notice. Neolokal is located in Salt Galata, the old building of the Ottoman Bank converted into an art gallery. From the street, no sign indicates the direction. You have to know the place. This is the same for some other wonderful restaurants in Istanbul. To live happy, live hidden. The kitchen is on the ground floor. The dining room upstairs. The view is probably less striking than at Mikla (located on the 17th floor of a tower), but dinner with the Mosque of Suleyman as table partner is rather pleasant ...

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The downside, as there is always one : wine. Identity of the restaurant makes the wine list 100% Turkish. Very good. But the natural wine drinker remains unsatisfied. Not even organic wine? No, says the sommelier. We are then left with a white wine but our palates are accustomed to a lower sulphites content.

The problem of wines and spirits is a big topic in Turkey. It's true, Turkish growers have done tremendous progress. But I don't konw any Turkish wines without sulphites. There are good bottles as Barbare Wines ones but the question of sulphites remains. It's true for this place : a sommelier can not invent a Turkish wine without sulphites

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This is the dilemma of a today chef. Being proud of his roots, wanting to extend them without doing the same as others. Maksut Askar has fewer problems than others because he is an artist. His dressings demonstrated its rigor. But also in the choice of its local products, which fit the identity of his restaurant. I do not know the chef, he attended the Omnivore festival in Paris when I had dinner at Neolokal.

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And don't forget the wonderful toilets...

16:50 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : istanbul, istanbul2015, turquie, neolokal | | |  Facebook

16 mars 2015

Un barbare pas si étranger

Là où je suis, en Turquie, on ne disserte pas sur la qualité des verres. On prend ce qu'il y a. Ah, il ne reste plus que des verres dédiés au thé turc ? Bon, ben tant pis.

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Xavier Vignon, dont j'apprends l'existence grâce à cette bouteille, est un consultant (un flaïingouaïnemékeur comme on dit en bon français) travaillant dans les merveilleuses côtes-du-rhône et à l'étranger. Après une rencontre avec un entrepreneur turc, ils décident de faire un bébé. Ils l'appellent Barbare. Non pas parce qu'il est méchant, mais à cause d'une colline située à côté des vignes.

En biodynamie - moitié syrah, un quart grenache, un autre mourvèdre. Un barbare, étymologiquement, c'est un étranger. Avec ces trois cépages, avec un consultant français, avec un vignoble en Turquie européenne (la Thrace), on n'est pas très loin de la maison et dans le verre, on se situe tout à fait en Méditerranée. Pas si barbare que cela, donc. Mais vous et moi n'avons sans doute pas bu assez de vins turcs pour se dire oui, je reconnais bien ce terroir turc.

Par contre, vous et moi avons assez bu de vin pour dire que 1/ mes mezze de ce soir n'allaient pas spécialement bien avec le vin (préférez un bon plat d'hiver), 2/ sa force s'était faite soyeuse après une nuit de repos (ou un long passage en carafe).

Et puisque moi j'en ai bu un peu quand même du vin turc, j'ajoute : 3/ il s'agit sans doute d'un des meilleurs vins rouges du pays. Pour une dizaine d'euros. Allez, un bémol. Je dirais que le soufre ne laisse pas encore le vin évoluer à sa guise. On l'aimerait un peu plus libre. Dommage, car on sent les possibilités d'un jus assez unique. Il me reste quelques semaines pour goûter les autres cuvées.

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ENGLISH VERSION : A not so stranger wine called "Barbare"

 
Here in Turkey, nobody focuses on the quality of the glasses. We take what we have. We have only Turkish tea glasses ? Fine.
 
I hear about Xavier Vignon for the first time here. He is a flying winemaker working in the wonderful Côtes-du-Rhône and abroad. After meeting with a Turkish contractor, they decided to make a baby. They call it Barbare. Not because it is evil but because of a hill next to the vineyards.

Biodynamic wine - half syrah, grenache a quarter, another mourvèdre. A barbarian, etymologically, is a stranger. With these three varieties, with a French consultant, with a vineyard in European Turkey (Thrace), it is not far from France... And in the glass it's a Mediterranean style. Not so barbaric. But we have probably not had enough of Turkish wines to say : "yes, I recognize this Turkish terroir".

But we have drunk enough wine to say 
1 / my mezze tonight are not especially well with wine (please prefer a good winter meal)
2 / her strength becomes silky overnight (or long decanting).

But let's be clear : I know some Turkish wines so I can add :
 3 / it is probably one of the best Turkish red wines. For ten euros. A problem all the same ? I would say that sulfites do not let the wine live. We would like it a little more free. Too bad, because we feel the possibilities of a rather unique juice. I have a few weeks to try other Turkish wines.

14:03 Publié dans Ailleurs dans le monde, Côtes du Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : istanbul, istanbul2015, turquie | | |  Facebook

13 mars 2015

C'est dès aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies

Tronches de vin 2, la suite du guide des vins qu'ont d'la gueule ! Après la première édition publiée en 2013, nous sommes maintenant 6 blogueurs pour dresser le portrait de 120 nouveaux vignerons !

Juste une chose : l'une de nos belles réussites est d'y faire figurer pas mal d'artisans qui n'ont jamais eu les honneurs d'un guide. Trop jeunes, trop planqués, trop hors-système ! 

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Et quelques infos supplémentaires ici !

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ENGLISH VERSION : Today this wine guide in all good bookshops

"Tronches de vin 2" ! After the first edition published in 2013, we are now 6 bloggers who have written about 120 new winemakers !

Let me underline the fact that some winemakers never had been in a wine guide. Too young, too hiden, too off-beaten tracks !

10:18 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

12 mars 2015

Où mater un vigneron à poil ?

Dans Tronches de Vin 2 !

C'est page 178, bande de gros cochons ! Ah bon, vous ne me croyez pas ? Attendez de l'avoir dans les mains.

Sinon, pour celles et ceux portés sur la gent féminine, sachez qu'il y a aussi un cortège de jolies vigneronnes et quelques décolletés...

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On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 eurosde bons bordeaux, des conseils pour bien choisir beaujolais et muscadet et une idée pour régler le conflit israélo-palestinien

Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

08:19 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

11 mars 2015

Où confronter vin israélien et bière palestinienne ?

Dans Tronches de Vin 2 !

Page 94 contre page 144 !

Mais plutôt que de les opposer, on peut les réunir. Pour l'apéro, quelques bières 100 % palestiniennes bien fraîches avant d'attaquer quelques mezze (ou une belle volaille de Bresse et un selles-sur-cher) accompagnés d'un chenin israélien... Et on réglait le conflit israélo-palestinien dans le verre ?

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On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros, de bons bordeaux et des conseils pour bien choisir beaujolais et muscadetRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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10 mars 2015

Où changer d'idée sur le beaujolais et le muscadet ?

Dans Tronches de Vin 2 !

Pages 16, 54, 62, 138, 152...

J'entends encore trop souvent que ces vins-là sont indignes d'un buveur. Faisons l'analogie : on connait des restaurants qui sont dégueulasses, condamne-t-on pour autant tous les restaurants ? Comme partout, il y a des gens qui font bien leur travail. Certes, ils ne sont pas très nombreux ; leurs vins n'en sont que plus appréciables.

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On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros ainsi que de bons bordeauxRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

09 mars 2015

Où dénicher de bons vins de Bordeaux ?

Dans Tronches de Vin 2 !

Pages 14, 18, 58, 102...

Et bien oui, cela existe encore. Des vignerons valeureux qui, non contents d'offrir des nectars admirables, n'obligent pas le buveur à avoir recours aux services d'un organisme spécialisé dans les prêts à la consommation. 

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On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros.

Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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08 mars 2015

Où trouver des vins naturels à moins de 5 euros ?

Réponse archi simple : dans Tronches de Vin 2 !

Pages 132, 138, 152...

Certains tristes sires considèrent qu'il faut mettre forcément le prix dans un vin, d'autres s'offusquent que le mieux est toujours le plus cher. Non, on trouve aussi quelques jajas bien faits et bien buvables, qui ne pètent pas plus haut que leur cul, pour une poignée d'euros ! Il existe encore des vignerons qui, pour plein de raisons, n'assassinent pas sur la facture. J'espère même pour eux que le vin va finir par être vendu plus cher.

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Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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06 mars 2015

Y a des litres qui font pas le litre

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C'est une "parabole-express" du Christ, lue dans l'évangile selon René Fallet (c'est-à-dire Le Braconnier de Dieu).

Au moment où Jésus redescend sur Terre pour boire un gorgeon, il tombe en extase devant une bouteille d'un litre de saint-pourçain. Ça se vide si vite qu'il lance ce fameux "y a des litres qui font pas le litre" : ça part tellement vite qu'en réalité, il y a forcément moins d'un litre dans la bouteille... Avant de pester qu'aucun évangéliste n'est dans le coin pour noter son bon mot.

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Le sylvaner 2012 de Jean-Pierre Rietsch (en bouteille d'un litre) est lui aussi un litre qui fait pas le litre. On prend la bouteille, on se dit qu'un litre tout de même c'est beaucoup. Puis on ouvre et le contenu de la bouteille s'évapore, comme par enchantement. Habituellement, le sylvaner chez moi c'est direction la choucroute. Pas celui-là.

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À ce propos, qui veut militer avec moi pour le retour aux bouteilles d'un litre ? Litre était à l'époque synonyme de quille, de bouteille. Bref n'oublions pas que le vin est une boisson, qu'il est fait pour être bu.

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04 mars 2015

Et si on parrainait un enfant au Nicaragua ?

Au Nicaragua, le vin et surtout le rhum sont sans doute sympathiques, mais ne nous voilons pas la face. Il s'agit du pays le plus pauvre des Amériques après Haïti. 

Pendant deux semaines, j'ai suivi sur le terrain les actions de Lorrnica, une association humanitaire française qui oeuvre là-bas. Pas de grosse structure, pas de permanent, que du bénévolat... C'est artisanal et c'est une goutte d'eau ; mais l'océan est fait de gouttes d'eau. Ce qui fait que l'argent va en totalité à des projets concrets : aider à construire des maisons, améliorer les écoles, aider les malades. Un chantier parmi d'autres : voyez ce bidonville à La Paz Centro, près de la capitale Managua. Il faudrait tout de même des murs solides et un vrai toit de tôle avant la saison des pluies, non ? 

Entre deux verres, on peut aussi aller consulter le site de l'association Lorrnica ou sa page Facebook. On peut également donner de son temps, faire un don ou parrainer un enfant.

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03 mars 2015

Se laver les mains avec du rhum Flor de Caña 18 ans d'âge ? Une manière de ne pas oublier le toucher dans la dégustation

Une photo comme celle-là, on en a vu des milliers. Une dégustation. L'immense majorité d'entre nous a déjà participé à ce genre de truc mené par un type, une nana, plus ou moins qualifié(e). Que ce soit de vin, de rhum comme ici, ou de tout autre alcool, le processus est souvent le même : on regarde, on met le nez dedans, on goûte. Et on passe à la cuvée suivante.

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Il manque l'ouïe - pas facile, je laisse les maîtres-dégustateurs plancher sur le sujet. Il reste aussi le toucher pour que les 5 sens soient réunis. Certains s'amusent avec le "toucher de bouche", la sensation tactile que leur procure le vin en bouche. Mouais. J'utilise rarement ma bouche pour toucher des trucs - ou disons plutôt que ce n'est pas l'endroit idoine pour en parler.

Mais lorsque la distillerie nicaraguayenne Flor de Caña propose de goûter son rhum élevé 18 ans, elle t'incite à "toucher" le rhum. Par les papilles ? Non, franco, avec... les mains ! Il faut prendre son verre et s'en mettre un petit coup sur les mains. Puis se les frictionner. Comme avec un vulgaire gel antibactérien. Ok, ça coûte un peu plus cher mais je suis certain que les microbes sont tout aussi dézingués.

Question goût, le fait d'oindre ton corps de rhum n'apporte pas grand chose : lorsque tu portes tes mains à ton nez, l'odeur de peau prend le dessus. Tu touches le liquide, c'est une sensation agréable. C'est une autre manière d'entrer en contact avec un liquide que tu vas ingurgiter. Dans ce cas précis, c'est surtout une manière de montrer que tous les sucres ont été bouffés par les ans. C'est-à-dire que tes mains ne sont absolument pas collantes. C'est pour souligner la grandeur de ce rhum élevé 18 ans. On ferait la même expérience avec un rhum moins réussi ou plus bas de gamme, ça collerait sévère.

Pourquoi ne pas ajouter cette étape dans nos futures dégustations ?

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Flor de Caña (fleur de canne à sucre) jouit d'une très bonne réputation en Amérique latine et dans les pays où ce rhum est exporté. Je considère que c'est avant tout un moyen pour le Nicaragua de s'affirmer, notamment face à Cuba : dans cette région du monde comme ailleurs, chaque pays se doit de posséder sa propre marque de bière et/ou d'alcool. Question de fierté nationale et surtout d'identité.

Force est de constater que ce n'est pas un rhum fait à la va-vite. Par exemple, on ne travaille pas selon la méthode de la solera, où le distillat le plus récent vient nourrir un mélange de distillats plus vieux encore en élevage. Ainsi, pour beaucoup d'autres rhums, on se retrouve avec un "mélange d’âges", l’âge moyen de la quille augmentant progressivement et lors de l'embouteillage, on y accole un âge qui se révèle approximatif. Non, chez Flor de Caña, tout le rhum 18 ans d'âge a exactement passé 18 ans en fûts (technique du slow-aged rhum). Ou 5 ans, ou 7 ans selon les cuvées. Pas de tromperie sur la marchandise.

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Comme partout, les cuvées de base (5 ans) s'entend bien avec les sodas à base de noix de cola. Le 7 ans aussi, même si un peu de glace pilée ou un filet d'eau font mieux prendre conscience de sa grande valeur. Les 12, 18 et 25 ans bien plus rares, rhums d'orfèvres qui, s'ils lavent bien les mains, s'avèrent des alcools de méditation. 

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Ici, la visite se fait à l'américaine avec nana sexy portant un chapeau de cow-girl qui t'emmène en petit train d'un endroit climatisé à l'autre. On se croirait chez Disney. Qu'on ne se méprenne pas, on n'est pas chez le petit artisan ; on trouve Flor de Caña partout au Nicaragua, dans n'importe quelle pulperia d'un bled paumé. Mais on n'est pas non plus chez Havana Club qui inonde le monde entier... Un entre-deux.

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02 mars 2015

Le vin naturel nicaraguayen existe, je l'ai rencontré

Nul n'est prophète en son pays. Jésus râlait parce qu'on le prenait pour un blaireau à Nazareth. Don Rufo Centeno peste que les Nicaraguayens s'intéressent peu au vin. Ou alors aux bodybuildés chiliens, argentins, américains.

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Don Rufo dit être le seul vigneron du Nicaragua. Difficile à vérifier. Du vin d'hibiscus, du vin de cajou, le tout industriel, ça on en a vu. Mais du vrai vin, du vin de raisin produit dans le pays, nulle part. Le vigneron esseulé ne vend ses quelques milliers de bouteilles que dans des endroits bien ciblés de la capitale Managua ou dans les grandes villes d'à-côté, Esteli et Matagalpa.

Notre homme et sa femme habitent à Condega, dans le nord montagneux du pays. Le chauffeur de taxi a du mal à trouver la maison, elle ne semble pas extrêmement connue dans le voisinage. Il reçoit chez lui, dans son salon, entre un présentoir de bouteilles qui partent dans tous les sens et un autre de crèmes de beauté, face à la télé. Il explique qu'il a pas mal voyagé dans les autres pays d'Amérique, qu'il a des copains vignerons au Venezuela par exemple, qu'ils essaient de constituer un réseau.

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Les vignes se trouvent à quelques kilomètres de là, sises entre les plantations de tabac et celles de café. "On met déjà bien assez de produits chimiques dans les champs de tabac, donc moi je ne mets rien d'autre que du raisin dans mes vins" tranche Don Rufo. Il travaille surtout le cépage isabelle, que l'on retrouve dans toute l'Amérique latine et plus généralement dans les régions tropicales. 

En bouche, ça change brutalement de ce que l'on connait. UN vin chaud, sucré, mais qui coule. Le rosé demi-sec fait une belle impression ; extrêmement parfumé, le premier verre en appelle un second. Certes, nous n'allons pas chercher les arômes de fruits rouges et autres foutaises. Certes, ce n'est pas un grand cru cultivé sur un terroir millénaire où les hommes ont appris de leurs erreurs au cours des ans. Espérons par contre que l'on soit au début de quelque chose.

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Ce vin n'est même pas disponible à Granada, la sublime ville touristique du sud du pays. Alors n'imaginez pas en trouver en France... J'ai pourtant essayé d'en apporter. D'en mettre deux dans la valise. On aura remarqué sur les photos précédentes que la mise en bouteille est très artisanale. Bien avant de prendre l'avion, les quilles n'ont pas supporté les 200 bornes en voiture entre Condega et Granada. Les 35 °C y sont sans doute pour quelque chose aussi. Résultat : le bouchon a explosé tel un champagne mal fermé. Le verre en lui-même n'a rien, mais le jaja s'est gentiment vidé sur mes slips. 

Ah ces vins naturels, ils ne voyagent pas... Dommage pour ceux qui comptaient sur une expérience latino-naturelle après mon retour en France.

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09 février 2015

Une salle de bain dont les murs sont faits de bouteilles de vin

Nous sommes au Nicaragua. A l'extrême nord-est, à la frontière avec Honduras et Salvador. Presque le bout du monde.

Précisément, le village s'appelle Jiquilillo et un Américain un peu roots a décidé de monter ici un hôtel. Enfin, un hôtel... On est bien loin d'un resort en Floride. Comme beaucoup l'affichent, l'endroit se veut respectueux de l'environnement. Des cabanes en bambou ont fleuri sur le parc qui donne sur une immense plage, paradisiaque disent certains. Les promoteurs immobiliers ne sont sans doute plus très loin mais ils n'ont pas encore commencé à œuvrer. 

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Nate, le patron, travaille avec le village. Il envoie les (rares) touristes le visiter, achète local, finance les ateliers éducatifs des enfants. Et tout un tas d'autres choses.

Certains râlent parce que le confort est sommaire. Mais a-t-on réellement besoin d'eau chaude lorsqu'il fait 34°C à l'ombre et quand on connait le prix de l'acheminement de l'électricité jusqu'ici ? Par exemple, l'accès au wifi coûte 350 dollars par mois. Alors, tout bonnement, il n'y en a pas.

Dans la salle de bain ouverte, les touristes venus en majorité de villes des Usa, d'Allemagne ou de Norvège s'amusent des toilettes sèches. Et surtout de la décoration... Plutôt que de cimenter comme un con, recyclons nos vieilles quilles de pinard et encastrons-les dans le mur ! Ben, pourquoi pas ? 

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Les blanches et les brunes, ce sont des bouteilles de bière. Les vertes, les bouteilles de vin. Ici, le soleil donne. Assis sur la cuvette, tu bronzes comme un martien.

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 On voit aussi un peu à travers, il ne faut pas être trop pudique.

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Rancho Ezperanza, Jiquilillo, Nicaragua.

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14:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

08 février 2015

Allez, on reprend le rythme du blog...

C'est pas le tout de voyager !

Tout d'abord #teasing 

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05 décembre 2014

"Comment une femme peut vinifier de si bons vins ?" : la cave Bossetti prise en flagrant délit de machisme

La cave Bossetti, située à Paris, dans le Marais, est un endroit que j'apprécie pour la diversité de ses crus, la richesse de ses bourgognes, sa connaissance de la chartreuse, son intérêt pour le vin naturel au milieu de bouteilles plus classiques. Ajoutons à cela que les prix sont souvent plus serrés qu'ailleurs. Le tableau ainsi brossé est idyllique.

Puis ce matin, dans ma boite aux lettres électronique, je reçois leur newsletter annonçant les dégustations à venir. On y parle de la venue à Paris du très célèbre domaine Lamarche, de Vosne Romanée, en Bourgogne. En ces termes

"L'attente fut longue, 2 années sans voir les Lamarche aux Caves Bossetti c'est dur, c'est cruel, c'est moche, c'est pire que de boire cul sec une petite récolte Nicolas, pire encore qu'une journée sans Chartreuse ; pire qu'un 30 Février un jour de grêle. Alors c'est peu dire si leur venue nous met en joie ! Merci les filles ! (Comment une femme peut vinifier de si bon Vins ?)"

Si, si. La preuve en image.

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Leur mail est visible aussi par tout un chacun en cliquant sur ce lien.

Les fautes d'orthographe me font tellement mal aux yeux que je me permets de rétablir l'incroyable dernière phrase... "Comment une femme peut vinifier de si bons vins ?" 

Euh... Trait d'humour mal compris ? Bavure malheureuse ? Volonté de provoquer ? Phrase exprimée à dessein ? Je ne sais pas : demandez (entre autres) à Lalou Bize-Leroy, Catherine Marin-Pestel, Elodie Balme, Laurence Joly, Véronique Souloy, Noëlla Morantin, Isabelle Perraud, Eve Maurice...

Allez, ça suffit, je n'ai même pas besoin de répondre à une phrase aussi idiote. 

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Je ferme cette parenthèse et m'en retourne à mes houmous et araks.

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Visite d'un kibboutz qui fait du vin : on est loin du folklore

Nombreux sont ceux que le kibboutz fait fantasmer. Souvent, on me demande ce que c'est, en quoi ça consiste, si j'en ai déjà vu, à quoi ça ressemble...

Voici un kibboutz.

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Rien de très sensationnel à première vue...

Un kibboutz (une assemblée, en français) c'est un système d'organisation collectiviste propre à Israël, car sioniste, c'est-à-dire visant à établir une présence juive sur la terre d'Israël. Pour simplifier, c'est un village plus ou moins gros où les gens décident de vivre ensemble, de résoudre les problèmes du quotidien en commun, de travailler pour le bien de l'assemblée. Tous rêvent d'égalité.

Rêvaient, devrait-on dire...

La chose remonte au début du XXe siècle, bien avant les questions actuelles sur la colonisation de la Cisjordanie. L'influence des kibboutzim en Israël a été fondamentale au milieu du siècle dernier. Ainsi l'histoire du Premier ministre Ben Gourion est totalement associée au kibboutz de Sde Boker. Mais au fur et à mesure, la modernité s'en est mêlée. Ils se sont raréfiés. Ou bien les règlements internes ont changé. Un exemple parmi d'autres, mais un symbole fort : les enfants ont désormais le droit de dormir dans la maison de leurs parents. Il y a plusieurs décennies, le dortoir des enfants se trouvait séparé. De plus, une véritable "privatisation" des kibboutzim a éloigné le fameux rêve d'égalité : chacun gagne désormais un salaire différent car on travaille pour soi, plus pour la communauté.

Résumer la complexité du kibboutz en quelques lignes est illusoire et ce n'est pas le lieu. Ceux que ça intéresse iront lire le polar de Batya Gour, Meurtre au kibboutz, la meilleure introduction à ce milieu particulier.

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Si les kibboutzim se sont développés dans les villages, leur taille peut varier, allant de quelques maisons à une véritable petite ville, comme le kibboutz Tzora (Tzora Vineyards). Il se trouve à l'ouest de Jérusalem, au pied des monts de Judée. Plutôt étendu, habité par 800 personnes, il est totalement privatisé depuis 2008.

Mais en 1993, il a été le premier kibboutz à produire son propre vin. L'idée de départ est de fuir le système des coopératives qui nuit à la qualité du vin, à quelques exceptions près évidemment. On veut faire du bon vin ? Alors on y met les moyens. Avant tout, on bichonne ses propres vignes. Notez que l'entrée de la salle de dégustation de Tzora Vineyards est plutôt bien entretenue par rapport au reste des locaux du kibboutz, les photos l'attestent. 

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Le nom de Tzora reste attaché à celui de Ronnie James, le père de la viticulture israélienne moderne, celui qui a introduit ici l'idée révolutionnaire de terroir. Son élève Zeev Dunie (Sea Horse Winery), une future Tronche de Vin, a même dédié une cuvée de chenin à James. "C'est une façon de remercier l'artiste qui a donné, à moi et à d'autres, beaucoup de moments de plaisirs".

Aujourd'hui, la maison a confié sa stratégie au français Jean-Claude Berrouet, ancien vinificateur de Petrus. "On veut copier la France ou l'Italie, indique clairement la maîtresse des lieux, pas le Nouveau-Monde". Tant dans le style de l'endroit que dans celui des vins.

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Et dans le verre ? Nous sommes loin des vins sur-extraits, sur-boisés, sur-chiants qui se déversent souvent chez les cavistes israéliens. Il faut l'avouer : ce que l'on sait du vin israélien, couplé au prétendu folklore du kibboutz, laissait imaginer quelque chose d'insipide. Qu'il est bon d'avoir tort. Les bouteilles s'avèrent assez fameuses, intéressantes et gustativement au point. Certes, nous sommes loin des trucs bizarroïdes qui, je l'avoue, flattent mon palais... Mais reconnaissons que la production de Tzora, c'est bon.

Ainsi, les cuvées "de base" baptisées Judean Hills, c'est-à-dire Monts de Judée (assemblage chardonnay à plus de 80% et sauvignon pour le blanc ; cabernet, merlot, syrah, petit verdot pour le rouge) se montrent classes et maîtrisées. Une vraie bonne bouteille.

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Shoresh fait passer à un cran au-dessus en terme de complexité viticole. Il s'agit là d'un terroir bien délimité. En réalité, c'est un ensemble de parcelles en altitude, aux caractéristiques géologiques différentes mais qui s'associent dans un lieu délimité. Seulement du sauvignon pour le blanc ; cabernet, syrah et merlot pour le rouge. L'hôte donne l'impression d'une cuvée plus aboutie, plus recherchée, plus complexe. On ne peut pas dire que Shoresh pète plus haut que son cul, mais les goûts et les couleurs ne se discutant pas, notre goût se porte plutôt sur les cuvées de base Judean Hills.

Allez, j'en rebois une gorgée. Je change un peu d'avis sur le rouge : frais et soyeux, il n'a aucune lourdeur et finit par emporter mon approbation. 

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Vient ensuite Misty Hills, la grande cuvée de rouge avec 60 % de cabernet et le reste de syrah. Restons sur la finesse et la tendresse du précédent.

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Le gewurztraminer est souvent employé en Israël, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Ici, un entre-deux, comme un résultat attendu : un peu lourd et pâteux, le vin manque d'acidité pour contrecarrer le sucre. Mais bon, il ne s'en sort pas si mal. Je suis dans un bon jour.

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Pour résumer, on est bien loin d'un vin de hippies qui ne pensent qu'à fumer, d'un vin de gauchistes voulant retrouver la terre ou d'un vin d'ultra-sionistes voulant coloniser la Palestine biblique. Nous sommes loin d'un quelconque folklore.

Et question prix ? Là encore, on comprend que le rêve d'égalité, de bon vin accessible à tous, s'est envolé. L'idée est de faire un grand vin. La cuvée de base, Judean Hills, se monte à une vingtaine d'euros à la propriété, comme chez le caviste. Chacune des cuvées au-dessus prend une petite dizaine d'euros supplémentaire. C'est peu face aux grands crus bordelais, c'est beaucoup par rapport à l'image que l'on se fait du kibboutz et beaucoup aussi par rapport au coût de la vie. Le salaire médian en Israël tourne autour de 1330 euros bruts par mois, avec de grosses disparités.

Un seul problème, la vigne... Elle est assez éloignée du chai, à une bonne dizaine de kilomètres, autour d'Abu Gosh, pour ceux à qui ça parle. L'entreprise, puisqu'il faut l'appeler ainsi, devrait bientôt déménager. C'est la route que l'on reprend pour rentrer à Jérusalem, via Bet Shemesh et Ein Kerem. Dans les monts de Judée, par beau temps (donc souvent), on voit jusqu'à Tel Aviv. Et on comprend qu'Israël soit une terre d'élection pour le vin, même si le pays a trop souvent manqué de vinificateurs de grand talent.

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17 novembre 2014

Retour à Cana, en Galilée, là où Jésus aurait changé l'eau en vin

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"Ils n'ont plus de vin". C'est la seule phrase de tout le Nouveau Testament que Marie prononce au discours direct. Cela se passe à Cana, en Galilée, lors d'un mariage. Le truc tombe comme un couperet. Je traduis dans un langage actuel : "on est vraiment dans la merde ! Y a plus rien à picoler, alors qu'on était venu se mettre minable à peu de frais, le mariage n'étant qu'un prétexte".

Le temps semble s'arrêter. Jésus aurait alors dit d'apporter des jarres de pierre, d'y mettre de l'eau et d'y puiser quelques louches. 

"Le maître d'hôtel ayant goûté de cette eau qui avait été changée en vin, et ne sachant d'où venait ce vin, quoique les serviteurs qui avaient puisé l'eau le sussent bien, il appela l'époux. Et lui dit : tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a beaucoup bu, il en sert alors de moindre ; mais pour vous, vous avez réservé jusqu'à cette heure le bon vin". (Jn 2,9-10 dans la traduction de Lemaître de Sacy)

Les noces de Cana représentent un monument de la foi chrétienne. Déjà, c'est chronologiquement le premier des prétendus miracles de Jésus. Et tout le monde a entendu parler de Cana : ici, lors d'une noce dont on sait peu de choses, Jésus aurait changé l'eau en vin. C'est en quelque sorte une continuité de la vie par d'autres canaux, limite... une résurrection ! Grâce au vin. Mais je laisse les exégètes, les archéologues et les piliers de bistrots méditer sur ce soi-disant miracle.

Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Cana s'appelle désormais Kafr Kana. Si elle est toujours située en Galilée, le pays s'appelle Israël. Nous sommes à quelques kilomètres au nord de Nazareth. Comme dans beaucoup de villes du coin, le relief accidenté rend les routes sinueuses. Le conducteur qui passe dans le coin se concentre sur la circulation. Ce qui fait qu'on peut passer devant l'église orthodoxe sans la voir.

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Et ça serait con. En plus d'être le lieu d'un des miracles les plus célèbres, c'est peut-être l'un des endroits les plus calmes de Terre Sainte.

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Elle est bâtie sur les lieux supposés de la noce. Je pourrais aussi parler de l'église catholique de l'autre côté de la rue mais la sobriété catholique fait tâche à Cana, village où l'on célèbre le vin, le bon vin, l'abondance de bon vin.

Selon les orthodoxes, cette jarre exposée en vitrine aurait servi lors des fameuses noces. Cette course aux reliques relève d'une malsaine compétition entre catholiques et orthodoxes, afin de savoir qui aura la plus grosse - ou dans le cas présent, la plus vieille jarre. C'est le jeu. D'un autre côté, je n'étais pas invité aux noces, donc il ne me reste qu'à croire les orthodoxes sur parole.

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A son pied, comme une offrande, on trouve des petites boutanches. Mais d'où viennent-elles ? Réponse dans la petite guitoune à l'entrée, qui fait office de magasin de souvenirs. Il s'agit de vin produit par le monastère.

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Plus précisément, c'est un "vin béni, fait avec du raisin". Ouais... On se dit qu'on pourrait débourser 6 euros pour se payer une quille. Si ça se trouve, c'est sans soufre ajouté. Rappelons que pour le vin de messe, l'Eglise demande de prendre un "vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères"...

Devant notre intérêt, cette soeur orthodoxe propose de faire goûter le divin breuvage. Uuuurgghhhhh... En bouche, ce n'est que du fruit ; habituellement, je n'ai aucun souci avec ça. Le problème, c'est qu'on ne sent que le sucre ! On l'imagine servi aux pré-pubères lors d'une communion. On se demande même s'il y a vraiment de l'alcool dedans ; on pencherait presque pour un jus de grenade sans amertume.

Bref, on ne va pas au paradis direct, c'est peu dire. J'ai économisé 6 euros.

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Tentons notre chance une rue plus loin. Les marchands du temple ont flairé le filon. Comme partout me direz-vous. Tous vendent le "vin des noces de Cana".

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Les bouteilles-souvenirs s'affichent toujours plus vulgaires. On veut fuir.

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Existe aussi la version sans alcool, pour que la fête soit plus folle. Non c'est plutôt pour l'eucharistie... L'idée, c'est d'éviter que Frère Picolo se murge au cours de la célébration ? On fuit.

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Les moines de Crémisan, dont le travail est plus que respectable, font aussi une cuvée Noces de Cana. Bien que le vignoble se trouve vers Bethléem, à 150 kilomètres au sud.

En résumé : dommage pour le vin...

Aujourd'hui, cette petite ville du nord d'Israël est composée essentiellement d'Arabes israéliens où les chrétiens sont minoritaires. Kafr Kana s'avère d'ordinaire plutôt calme. Mais la semaine dernière, le conflit latent entre juifs et arabes a repris le dessus et les incidents se sont multipliés. Cana est décidément loin de Kafr Kana.

(La fresque de la première photo est de Fernando Manetti. Je l'ai croisée l'autre jour dans l'église de la Visitation, à Ein Kerem)

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27 octobre 2014

Donne la vie à tes bouchons préférés !

Les Israéliens sont férus de design culinaire. Je me rappelle par exemple d'une incroyable idée, croisée l'année dernière : le presse-agrumes qui avait la forme du Dôme du Rocher. Malheureusement, ce n'était qu'un prototype.

Du côté de la gare de Jérusalem (la fameuse "First Station", auparavant désaffectée, aujourd'hui réaffectée en une ribambelle de petits restos et magasins bobos), j'ai croisé ces bouchons en liège...cork1.jpg

Une entreprise un peu farfelue, Monkey Business, a eu l'idée de donner vie aux bouchons de tes bouteilles adorées. Petit lapin, taureau, robot, souris... Tout est désigné en Israël et fabriqué en Chine. Chaque panoplie revient à près de 5 euros.

Et maintenant que tu as l'idée, rien n'empêche de le faire toi même...

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22 octobre 2014

Sous la douche, tu es plutôt chardonnay ou merlot ?

J'y crois pas !! Y a un mec qui a oublié sa bouteille de blanc sous la douche...

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À y regarder de près, il ne s'agit pas de vin. Mais de savon... aromatisé au vin ! Un savon au vin... Euh, au chardonnay, soyons précis. Si, si c'est écrit en hébreu, en anglais : "aromatic soap chardonnay wine". Le tout accompagné d'un joli paysage de vignes. C'est fabriqué par Life, une boîte israélienne qui fait dans les produits d'hygiène un peu bas de gamme.

Pour ceux qui préfèrent le rouge, une parapharmacie de Jérusalem (côté Ouest) propose aussi la version au merlot. 15 shekels, soit 3 euros les 70 ml.

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Côté ingrédients, on a connu des savons plus "naturels". Dans ce qui suit, un charabia pour chimiste, je ne retrouve pas la mention du chardonnay. J'imagine qu'il est caché sous le terme de "fragrance". Ah zut, moi qui pensais que c'était produit avec les moûts d'un joli meursault...

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Et sous la douche, ça sent bon ? Mouais... C'est vert, un peu aigre même. Comme un raisin récolté bien avant la maturité. À ce prix-là, ça n'allait pas sentir le Roulot.

08:14 Publié dans Ailleurs dans le monde, Bourgogne ça cogne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jérusalem | | |  Facebook

21 octobre 2014

Du morgon et du houmous dans les veines

Habituellement, ce blog s'intitule simplement Du morgon dans les veines

Mais j'ai décidé de faire une pause. Ailleurs, pour voir autre chose.

Donc d'ici septembre 2015, il n'y aura plus beaucoup de morgon qui coulera. Il sera remplacé par le houmous puisque je pars faire un tour en Israël et Palestine.

Mais ici aussi, comme partout, il y a du bon à boire et du bon à manger partout, cela devra faire l'objet de quelques articles.

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16 octobre 2014

La pause

Je ferai le tour du monde pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde veulent bien me lâcher la grappe

Au quotidien, chacun soupire sur sa routine. Des milliers de frustrations se transforment en rancoeur. Beaucoup les expriment, certains les gardent pour eux avant d'exploser, d'autres font semblant de les oublier. Faut dire que la société dans laquelle il nous est donné de vivre et que l'on façonne tous les jours n'est pas des plus agréables - d'autres expriment cela bien mieux que moi, je pense par exemple à Jérôme Leroy.

J'encourage donc chacun à faire une pause. On pourrait ainsi commencer avec ce ravageur gamay de Laurent Saillard, un grand "petit" vin qui donne les idées claires.

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Mais j'encourage tout le monde à faire aussi une vraie pause. Partir, ailleurs, loin ou moins loin, dans le but de voir autre chose, de se mettre en danger (intellectuellement), de sentir d'autres parfums, de changer ses habitudes. À mon tour, plutôt que de parler, de me plaindre, de râler, j'ai décidé de faire une pause.

Ce sera ailleurs, pendant un bon paquet de mois. Forcément, le blog sera un peu délaissé mais comme il y a du vin, de la bière, de l'alcool et de la bonne bouffe (presque) partout sur cette terre, ça devrait donner prétexte à quelques articles.

Et puis, après, la pause prendra fin et on reviendra au quotidien. Enfin, on verra.

D'ici là, j'aime continuellement relire cet extrait du dernier livre de Christian Authier (De chez nous, 2014). Le sédentaire qu'il est a bien croqué l'idée de cette pause ailleurs que désirent ceux qui préfèrent les "contraintes choisies aux conventions qui humilient". Et, heureux hasard, il en a même deviné le lieu, qui se dévoilera sans doute lors des prochains articles.

"D'un naturel sédentaire rétif aux voyages qui bouleversent les repères bien établis, je ne peux m'empêcher de considérer les voyageurs comme une espèce aussi curieuse qu'admirable. Madagascar, Buenos Aires, la Patagonie, Israël, l'Ethiopie ou la Turquie : leurs destinations n'obéissent pas au nomadisme qu'imposent désormais bien des professions et des carrières mondialisées ou les distractions avariées du tourisme de masse. Mes amis s'installaient à l'étranger plutôt pour suivre leurs goûts, leurs envies de découvertes, leurs rêves d'enfant, leurs mythologies personnelles. Aucun ne se pliait aux devoirs du rendement, de la productivité, du profit, de la technique et de la vitesse.
[...]
Pour Constantin et tant d'autres, la France n'est pas une zone gardée par des miradors et des papiers d'identité, une raison sociale ou un code-barres. Non, notre France s'incarne dans un panel d'attitudes, de pensées, de réflexes, de mots, de songes, de fidélités, d'espérances, dans une alchimie faite de motifs paradoxaux et d'heures secrètes que presque personne ne mentionne. Elle peut se porter en bandoulière autour du coeur, dans la promesse des retrouvailles et le souvenir de ce qui a été et qui sera. Ici et ailleurs, au Tibet, à Jérusalem ou Constantinople, nous sommes chez nous".

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02 octobre 2014

Damien Jaspard, talentueux vigneron planqué (et quel dommage !)

Marieulles-Vezon. Ici nous sommes loin, bien loin, des pseudo-branchitudes new-yorkaise, londonienne, parisienne. Et même messine, car oui, nous sommes à 20 kilomètres au sud de Metz et oui, il y a une branchitude messine. Comme partout.

Damien Jaspard n'a pas de site internet, pas de blog pour faire le buzz, pas de mention dans les guides de vin (pour l'instant), pas de parking bien aseptisé devant son chai de dégustation puisque de toute façon, il n'a pas de chai de dégustation… On ne vient pas par hasard chez Damien Jaspard, les visites sont en grande majorité le fait de familiers du domaine. Dans la cuisine familiale, c’est souvent Andrée, 85 ans, la virevoltante grand-mère de Damien qui accueille les curieux. De ses vieilles armoires lorraines, elle ne sort pas le dernier verre Baccarat mais un godet du quotidien qui ne suffit pas à banaliser les vins plein de fraîcheur du petit-fils.

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Loin des chapelles et des dogmes, le jeune homme s'intéresse de près à la biodynamie qu'il adapte à son terroir. Un vigneron local nous confiait récemment que Damien passe vraiment pour un original dans le coin : pensez donc, il fait tout à la main...

Il produit 7000 à 8000 bouteilles chaque année. Le Petit Gris de Vezon n’a rien à voir avec les escargots : il s’agit d’un clairet obtenu par une macération de pinot noir de deux semaines. Couleur rosé soutenu, sans aucune extraction, c'est le vin de copain par excellence.

Côté blanc, il travaille l’auxerrois, cépage local habituellement sans grand intérêt. Georges, le père, avait conservé une barrique du millésime 2008. Elle a mûri plusieurs années avant que le fils la mette en bouteilles. C’est la cuvée Flores qui fait entrer la Moselle française dans une autre dimension.

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Ces quilles modestes et atypiques nous rappellent que le vin est une boisson et qu'une boisson, c'est fait pour être bu. Elles s'échangent contre une ridicule poignée d'euros (3,5 euros pour le gris, 5 pour le blanc). Le problème, c'est que vous ne pouvez les trouver qu'à Marieulles. Aucun point de vente, ni local, ni parisien, ni new-yorkais, ne propose les vins de Damien Jaspard. Il est criminel de ne pas pouvoir les faire découvrir au plus grand nombre.

Amis cavistes du coin, ou d'ailleurs, si j'étais vous...

10:50 Publié dans Moselle éternelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : damien jaspard, marieulles, vezon, moselle, lorraine | | |  Facebook

12 septembre 2014

Esquisse : on est à mille lieues d'un brouillon

Rarement d'aussi jolies chiottes auront été aperçues dans tout Paris. Comment ça, c'est subalterne ? Tu rigoles ou quoi ? Patron de resto, montre-moi tes toilettes, je te dirais qui tu es. On devrait toujours aller visiter les commodités d'un restaurant avant d'y manger. Ben, voilà, dans ce resto-là, j'ai envie de boulotter. 

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Revenons à la salle. Thomas en salle justement et Laetitia en cuisine, aidée par Valérie, viennent de nous sortir une adresse des plus réjouissantes. Bizarrement, elle n'est pas dans les incontournables de la rentrée du Figaroscope ou autre je-ne-sais-quel-canard-vendu-aux-annonceurs. Mais 1/ ça va pas tarder et 2/ de toute façon, ce genre de canards ne s'intéresse qu'au nouveau Plaza de Ducash.

Esquisse, revenons-y, c'est le truc qu'on aimerait en bas de chez soi - c'est con, je déménage. Ici, on fait dans le simple, donc c'est très compliqué. Prenez cette terrine de pied de porc. Un charcutier - il en reste peu de véritables - se contente d'ouvrir le cellophane d'une barquette achetée à un grossiste. Ce n'est pas grave il parait, puisque la majorité des restos fait pareil. Pas Esquisse. Et dépiauter des pieds de porc ça prend du temps. Monter une gribiche aussi. Alors un peu de respect, diantre !

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Ce soir-là, il y avait du lapin aux dattes. Gros miam !

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Et pour arroser le tout, un des trésors de la cave : un morgon 2003 vieilles vignes de Thévenet. C'est con, vous auriez dû venir. Parce que le verre ne ment pas, c'est tout de même l'un des meilleurs vins du monde, le morgon. Les dégustateurs en costard inventent des instruments pour mesurer le printemps et mettre des mots sur tout, mais pour prendre conscience de la beauté des choses, il fallait simplement boire la quille, à ce moment-là.

Il en reste peut-être dans la cave... En tout cas, à ce que j'ai pu voir, il y a bien d'autres réjouissances au menu.

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Et les desserts ? Fichtrement bien troussés.

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Pour les curieux, les cartes du jour. On était à la fin août, à peine quelques jours après l'ouverture et, chose admirable, l'affaire était déjà bien en place. Et qu'on se le dise, les prix sont loin d'être délirants pour un tel niveau de cuisine.

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Le point fort de Thomas, c'est de présenter quelques digestifs hors du commun, comme ce whisky de cette maison alsacienne qu'on aime tant, Uberach, mais cette fois vieilli en fût de vin du Jura, de chez Ganevat. Franchement, c'est grandiose.

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Les soirées peuvent finir tard, autour d'un verre. Pour cela, il faut entrer au restaurant comme tu es dans la vie, avec le sourire, l'envie d'être là, la curiosité qui point. A l'image des patrons.

photo.JPGEsquisse, 151 bis rue Marcadet, 75 018, Paris, 01 53 41 63 04.

19:06 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

10 septembre 2014

Afrique du sud : le vin naturel n'exploite pas les travailleurs agricoles noirs

Fin août, Envoyé spécial, l'émission de reportages de France2, traitait de l'exploitation des ouvriers agricoles sud-africains noirs par les propriétaires blancs.

Voici le résumé du reportage encore disponible ici, sur le site de l'émission. "Des producteurs essentiellement blancs, dix neuf ans après la fin de l'apartheid en Afrique du Sud. Quant  aux ouvriers viticoles, essentiellement noirs, leur salaire minimum est de dix euros par jour. La société sud-africaine a-t-elle réellement changé dans ces campagnes reculées ? Héloïse Toffaloni et Vincent Barral ont emprunté la route des vins à l’époque des vendanges. Ils ont suivi des vacanciers français et ont découvert, hors des circuits touristiques, le revers de la carte postale : des ouvriers mal payés, mal logés et des professionnels du vin qui semblent parfois regretter le temps de l'Apartheid". 

Est-ce partout, tout le temps le cas ?

Craig Hawkins, vigneron au domaine de Lammershoek, à une heure de bagnole du Cap, produit un vin naturel des plus admirables. Ici, le climat très sec et chaud ressemble un peu à la Sicile. Aidé par Carla, la fille des proprios Paul et Anna, ainsi que par Jürgens, son assistant, Craig s’occupe d’un domaine qui s’étend sur 70 hectares avec de la vigne, des oliviers, des poulets et du bétail. Tout est fait comme l’on aime : cultures en bio, levures indigènes, pas d’élevage bois trop prononcé. Craig recherche la pureté du fruit. Il se permet seulement deux intrants : des doses minimales de SO2 et… de la musique ! Oui, au fil des années, Craig a équipé son chai de hauts-parleurs dernier cri rachetés à un D.J. retraité pour mettre de la bonne humeur au travail. On avait par exemple fortement apprécié son chenin El Bandito 2010 qui a macéré sur peaux durant deux ans !

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Craig est un vigneron hors norme, à tous points de vue. Je lui ai demandé son avis sur l'exploitation des ouvriers agricoles en Afrique du sud.

"C'est une question très sensible ici. Elle résulte de notre passé peu glorieux, mais qui se trouve maintenant derrière nous. Cependant, l'exploitation des ouvriers agricoles continue dans certains endroits d'Afrique du Sud. La fin de l'Apartheid n’a que 20 ans et le changement de générations est tout juste en cours. Et ce problème n'est pas si différent que dans d'autres pays : Chine, Moyen-Orient, Inde, Etats-Unis, Chine et même au Canada. Le problème, c'est qu'on regarde toujours l'Afrique du sud avec le même prisme : en faisant tout le temps référence à son passé.

En Afrique du sud, le salaire minimum est le même que vous soyez noir, blanc, bleu ou rose : c’est ainsi. Si vous prenez le salaire moyen et que vous le convertissez en euro, cela fait peu. Mais il faut ensuite convertir le prix du pain et cela fait peu aussi : tout doit être pris en compte.

Notre domaine compte 15 travailleurs à temps complet. Nous couvrons leurs dépenses en ce qui concerne le logement et l’eau et les aidons aussi fortement pour l'électricité. C'était le choix de Paul quand il a emménagé ici il y a 20 ans : que la ferme soit fondée sur le principe de l'égalité.

L'exploitation des travailleurs n'existe pas sur notre domaine, ni même dans la majorité des autres domaines. Mais c’est vrai, elle continue dans quelques endroits isolés en Afrique du sud. On doit mettre la pression sur notre gouvernement. Lui veut que le pays reste pauvre et peu éduqué : c'est le meilleur moyen de rester au pouvoir.

En résumé, on travaille très dur pour élever le niveau de vie des gens qui nous entourent. On a ainsi converti une vieille grange en crèche pour les enfants de 1 à 5 ans, pour qu’ils soient correctement nourris, qu’ils reçoivent une éducation, ce qui constitue un bon début dans la vie. La solution est de développer la communauté autour de soi ; c’est le seul moyen pour l’Afrique du sud d’aller de l’avant, vu qu’on ne peut pas se reposer sur le gouvernement, du moins pas encore. C’est triste mais c’est la vérité.

C’est malheureusement quelque chose qui ne peut pas être s’effacer d’un coup ; le pays a un long et lourd passé".

(photo : Cassie du Plessis)

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04 septembre 2014

"De chez nous" : toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la fronde

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Lors d'une nuit déjà avancée, il y a quelques années, je croise Sébastien Lapaque entre La Crémerie et Le Moose. Les habitués du Carrefour de l'Odéon situent bien. Sourires, poignées de main. "Viens boire un coup avec nous !" À ses amis, il me présente ainsi : "c'est Guillaume, il est de chez nous". La soirée finira bien plus tard, magnums de bourgueil Les Perrières 2006 (de Catherine et Pierre Breton) et d'Au Hasard et souvent (Jean-Christophe Comor) faisant foi.


Cet écrivain que je tiens comme les plus grands parmi nos contemporains n'a que ce qualificatif à la bouche, depuis des années. Untel ou un autre est "de chez nous". Mais ça peut être un mort aussi, une bouteille, une idée, un moment... Christian Authier, poussé par Sébastien, a décidé d'écrire là-dessus. De tenter de définir ce qui est "de chez nous".

Il y a Germaine Tillion, figure incontournable de l'histoire de France. Il y a Jean-Pierre Melville. Il y a les écrivains que trop peu de gens lisent comme Bernard Chapuis et Stéphane Hoffmann. Il y a des vignerons et leurs quilles, Eric Callcut et Comor à nouveau. Il y a des anonymes.

Il y a aussi des idées, des débats, des symboles, des moments, une "chose qui échappe aux mots". Christian Authier ne passe pas sous silence la complexité de l'histoire et celle de l'homme : les extrémistes de droite et les communistes qui se rassemblent à Londres en 1940, les héros de la France Libre qui devient des ordures pendant la guerre d'Algérie. La mainmise des financiers sur nos vies, les épineuses questions communautaires. Ni ce qu'est devenu le football. L'écrivain aborde aussi les voyages dans un long passage extrêmement touchant, on en reparlera très bientôt. Qu'il définisse ici un élément tangible, ailleurs un concept humain, "De chez nous" est un manuel de survie.

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J'imagine que certains esprits étroits verront quelque chose de nationaliste derrière ce titre. Splendide bêtise. En réalité, ce n'est pas un livre sur la France. Car la réalité de la France s'avère trop souvent le règne du pognon sur la poésie, ou celui de la vulgarité sur les beaux chenins de Loire. Ce n'est pas un livre sur la nationalité, ni l'exception culturelle. C'est un livre sur l'histoire, le courage, la littérature, le cinéma, la bêtise, le vin naturel, bref sur tout ce qui fait un être humain.

Me revient une autre phrase de Sébastien, justement, mise de côté pour des moments comme ça : "Aimer la France, c'est toujours aimer autre chose que la France".

"De chez nous", Christian Authier, Stock, sortie fin août 2014.

"Si tant de choses qui nous étaient chères se sont évanouies, nous savons qu'elles reviendront, ici ou ailleurs. Il se pourrait que la France que nous portons dans nos cœurs disparaisse. Un temps ou pour toujours. Ce n'est pas grave. Nous irons la reconstruire. Au Québec, au Brésil, sur une île. Qu'importe. Nous ne nous rendrons pas. Nous vivrons dans les marges, là où on ne nous dérangera pas pendant que nous sifflerons des mélodies légères. Le vent glissera sur nos cheveux de réfractaires aux soifs contemporaines, n'exigeant pas d'avoir tout, tout de suite, préférant les contraintes choisies aux conventions qui humilient".

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15:11 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

29 août 2014

La nature choisit son camp (la preuve en image)

C'est un seul et même arbre sur cette photo, un figuier, quelque part dans le sud de la France. On le voit mal, mais le figuier est entouré de vignes ; il se trouve précisément entre deux parcelles distinctes, dont les propriétaires n'ont pas la même philosophie. 

La parcelle de gauche appartient à un vigneron qui traite ses vignes à grands renforts de produits chimiques et qui taille son figuier : voici l'intervention vulgaire de l'homme.

La parcelle de droite appartient, elle, à un vigneron qui ne traite pas avec des cochonneries et qui laisse le figuier vivre sa vie : voici le respect de la nature.

Choisis ton camp camarade !

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Notre vigneron explique. "Comme il est régulièrement taillé car il avance, ça le gène et il décide d'aller de l'autre coté. C'est la preuve que la nature choisit son terrain. En plus, à gauche il n'y a qu'une demi récolte annuelle alors que sur mon coté, je fais bien les trois..."

11:09 Publié dans Clin d'oeil, Languedoc et son ami Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeff coutelou | | |  Facebook

28 août 2014

Racines : un dessert et une bouteille tous deux formidables

Le retour à Paris se fait dans la grisaille. Pour la chasser, rien de tel que de repenser à un repas du tout début de l'été.

Quoi de plus simple qu'une quenelle de ganache ? Je dis ça, je ne suis pas pâtissier. Là, en plus, on y a ajouté les addictives amandes des Pouilles que l'ami Giuseppe Manzaro ramène en France et dont certains chefs se disputent le stock. Le tout associé à un caramel parfait, voici enfin un magnifique dessert de bistro.

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Les plats sympathiques n'ont pas su rivaliser avec cette fin de repas. Ou alors c'est moi qui devient plus dessert qu'auparavant. Pour accompagner le tout, un magnifique bourgogne, le saint-romain 2012 de Sarnin-Berrux. Archétype du vin classe, sans concession mais taquin aussi un peu. Un bourgogne quoi. 

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Racines, 8 Passage des Panoramas, 75002 Paris, 01 40 13 06 41. On en avait déjà parlé : ce n'est pas l'adresse la moins chère de la ville (euphémisme), mais c'est un endroit plein de trouvailles.
 
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