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14 avril 2014

Vietnam : au restaurant, le poulet est encore vivant

A Hoi An, à la terrasse d'un resto. Rien de plus classique. On va prendre des bières, quelques légumes et des assiettes de poulet grillé aux feuilles de citronnier. Rien de plus classique.

Ah bon, c'est un poulet entier qui est servi ? D'accord, on ne va en prendre qu'un seul, alors. Rien de plus classique. Deux minutes plus tard, un serveur arrive avec une branche de citronnier aux feuilles vert pétant ; au moins, ce n'est pas du congelé comme à Paris. Là, on est dans l'un-peu-moins-classique.

Et ce qui ne l'est carrément plus du tout, c'est que 5 minutes après, un serveur arrive sur sa moto, un poulet sur les genoux. Vivant. Il part en cuisine. Cot-cot. 

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On entend quelques cris puis plus rien. Il faut maintenant le saigner au niveau de la gorge, l'échauder, le plumer avant de le découper. La serveuse nous prévient qu'il y aura un peu d'attente. Euh, pas de problème... On oint la bête d'une préparation un peu grasse mélangée aux feuilles écrasées au mortier. Ouais, un poulet rôti, quoi...

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Ce n'est pas la première fois qu'on tue ta bouffe au restaurant avant de te la servir. On sait que cela existe pour les poissons ou les crustacés à choisir vivants dans les aquariums. On verra plus tard au Vietnam ou en Chine qu'on fait de même pour les grenouilles. Mais là, on reste interloqué : un poulet arrive vivant et on le tue en cuisine ! Un poulet... Pas un petit animal, pas un truc dont il est facile de lever les filets avant de le cuire... Un poulet !

C'est chose impossible en France avec nos normes d'hygiène drastiques. Retour de bâton : chez nous, on s'oblige au congelé, au sous-vide, au sans aspérité, au sans vie. Oui, on a presque oublié que le poulet est vivant, qu'il faut le tuer pour le manger.

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Puis direction le coup de barbecue animé grâce au sèche-cheveu monté sur un pied, pour une bonne dizaine de minutes de cuisson.

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Pour un résultat splendide, gourmand, ultra-frais (on peut difficilement faire plus frais). Huit euros le poulet dans ces conditions. 

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Restaurant Huy Huy, à Hoi An. Tu suis la rive du fleuve après le Brother Café. Et je t'ai photographié l'adresse exacte pour ne pas me tromper.

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Le lendemain, on se balade dans le coin en vélo et effectivement, on aperçoit des petits enclos où gambadent à peine une dizaine de volailles. 

11:04 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, poulet | | |  Facebook

12 avril 2014

U Café, la pépite de Hoi An

Cuisine bio, personnel japonais, vue merveilleuse, calme enchanteur... Pas besoin de photos de la bouffe ou de la boisson, celle de la terrasse suffit.

Pour atteindre le U Café, ce n'est pas très compliqué. Il suffit de suivre les berges de la rivière à Hoi An. Les touristes s'arrêtent aux premiers mètres et au Brother Café. Ah les cons...

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Derrière le café, commence la campagne autour de Hoi An.

Ville du centre du pays, miraculeusement conservée après la guerre, Hoi An est aujourd'hui sacrifiée sur l'autel du tourisme. Bizarrement, sa beauté transparait tout de même. Mais la campagne environnante vaut à elle seule un séjour d'une semaine.

U Café, Thanh Nam, Cam Chau, Hội An +84 510 3501 118.

14:03 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, hoi an | | |  Facebook

26 mars 2014

À quoi reconnait-on un repas vietnamien réussi ?

Pendant.

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Après.

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Au Vietnam, la réussite d'un repas entre amis se juge au nombre de cartons de bière commandés et à la quantité de canettes jetées sous la table.

09:25 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, bière | | |  Facebook

Où manger les meilleurs nems du Vietnam ?

Certes le titre est en rien provoquant. Sont-ce vraiment les meilleurs nems du Vietnam ? On a vraiment envie de répondre un grand oui. Parfum d'Automne coordonne des maisons d'hôtes au rapport qualité-prix indéniable. Elles-mêmes proposent des cours de cuisine avec une jeune femme francophone qui connait son affaire. Les meilleurs nems, ce sont donc ceux que l'on fait à la main, chez soi, avec de bons ingrédients frais (pléonasme au Vietnam). Ici le résultat.

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Et les nems roulés avant cuisson.

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La farce : porc cru, crevettes crues, beaucoup d'herbes fraîches et deux œufs. Tu me roules tout cela avant de les plonger deux fois dans la friture. Une bonne sauce d'accompagnement avec vinaigre, jus de citron et nuoc mam (on ne lésine pas sur sa qualité). Résultat : les meilleurs nems de ta vie.

Notez qu'au Vietnam, il existe deux sortes de nems. Les nems frits (ce que l'on appelle nems en France) et les nems frais (nos fameux rouleaux de printemps, expression plus ou moins répandue sur place).

09:17 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vietnam, hanoi, nems | | |  Facebook

Quelle est la meilleure bière vietnamienne ?

Le Vietnam n'est pas la Belgique, ni l'Allemagne. Ni même l'Italie, ni la France. Ben oui, le Vietnam, c'est le Vietnam. Ceci étant dit, on est bien avancé. Certes la tradition brassicole vietnamienne n'est pas celle de la Vieille Europe. Mais voilà, on en boit beaucoup et pas mal de marques locales se disputent le marché. L'écrasante majorité est constituée de bières type lager, c'est-à-dire blondes, désaltérantes, sans goût trop prononcé. Après une journée de marche, après une journée à 35°C ou pour éviter de boire de l'eau, ces bières sont les bienvenues. Tour d'horizon.

Halida. On la trouve surtout à Hanoï. Par rapport à toutes les bières goûtées, on lui reconnait un peu plus de caractère, notamment sur les amers même si ça reste évidemment très accessible. Sans doute la meilleure.

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Larue. Prononcez "Larou". Encore un vestige colonial qui tombe en ruine... Le goût de bière reste deux secondes en bouche avant de se transformer en eau. 

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333. En vietnamien, on dit "ba-ba-ba". Même bu au Métropole, le palace d'Hanoï, c'est la cata. Aucun goût si ce n'est de l'eau. 

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Hanoi Beer. Surtout bue... vers Hanoï ! Ce n'est pas mal du tout, un caractère trempé mais pas trop... C'est ce qu'on demande à une lager. On lui préfère Halida mais ça se joue à un cheveu.

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Bia Saigon. Bu dans le centre du pays et vers... Saïgon (Hô Chi Minh ville) ! S'avère assez fine avec ses petits amers qui disparaissent malheureusement assez vite. En outre, elle est plutôt bon marché. Une bonne lager.

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Quant à la Tiger, pas besoin de mettre une photo. Elle n'a rien dans la canette si ce n'est de la tristesse.

09:09 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vietnam, bière | | |  Facebook

Un chef français possède 4 restaurants à Hanoï

Didier Corlou est la personne incontournable pour qui s'intéresse aux restaurants à Hanoï. Il possède pas moins de 4 adresses : le restaurant gastronomique, un bar à vin, un vietnamien traditionnel et un autre un peu plus dans le vent. Je ne me suis arrêté que dans les deux derniers et c'était un régal. Frais, goûteux, pétillant, surtout en ce qui concerne la Porte d'Annam.

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Mais cette impression qu'il a un peu trop tiré sur la corde m'ennuie. C'était bon certes, mais au Vietnam, en général on mange extrêmement bien partout. Donc ce n'est pas si extraordinaire non plus. 

Un autre truc m'a mis la puce à l'oreille, me faisant douter de la qualité intrinsèque de la chose. Je m'en suis rendu compte en inspectant le poivre vendu dans la boutique en-dessous de La Verticale. Par exemple, le poivre blanc de Kampot (...venu du Cambodge). Grains de tailles différentes, parfois rachitiques, parfois noirs... Le tri n'est pas aussi contraignant que chez Olivier Roellinger, la qualité est bien moindre. Bref je ne sais plus quoi penser de notre homme.

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24 mars 2014

Faut-il aller manger dans un palace à Hanoï ?

Chaque ville du monde possède son palace mythique. Hanoï ne déroge pas à la règle ; ici, c'est Le Métropole. Le cadre est pas mal, un vieux bâtiment colonial, même s'il n'y a pas de quoi grimper aux rideaux. Au moins, on y trouve le calme. Et un bon restaurant vietnamien aux prix tout ce qu'il y a de parisien. Soit de 20 à 30 euros le plat. C'est énorme pour le Vietnam, c'est le prix du luxe et ça marche. Le resto est fréquenté assidûment. 

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De très jolies grosses crevettes avec une bonne sauce. Le produit s'avère assez extra mais c'était à quoi cette sauce ? Oui, c'est bon. Mais les souvenirs s'émoussent. On doit donc pouvoir s'en passer de ce palace. 

Le Metropole, 15 Ngo Quyen, Hoàn Kiếm, Hanoi, +84 4 3826 6919.

23:35 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

21 mars 2014

Quelques instantanés sur les marchés de Hanoï

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C'est dans toute la ville que les marchés se tiennent quotidiennement. Les touristes vont évidemment au marché central, je lui ai préféré tous ceux qui se trouvent derrière la gare centrale.

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Hanoï : le classicisme étriqué de la Badiane

Quelle place pour une adresse gastronomique dans une ville tant marquée par la nourriture de rue ? La strite foude (en bon inegliche) est partout à Hanoï et elle est d'une grande qualité. Il faut donc trouver sa place quand on ouvre un restaurant en dur.

Benjamin Rascalou, chef français passé par Taillevent avant d'ouvrir en 2008 La Badiane, s'est forgé une identité : une cuisine fusion, mêlant les traditions françaises et les produits vietnamiens. Forcément, cela a un coût bien plus élevé que la nourriture de rue, avec un menu relativement raisonnable à 12 euros le midi. Le soir, les prix s'envolent, avec la dégustation à 55 euros. Une somme faramineuse dans le pays. Le salaire minimum au Vietnam c'est 39 euros, et le salaire moyen c'est 91 euros selon le Moci. Ce n'est pas un resto pour le péquin vietnamien moyen.

Et cela tombe bien, ce n'est sans doute pas l'idée des patrons. C'est un restaurant qui est souvent salué dans les guides touristiques, sur TripAdvisor (qui a un réel impact dans cette partie de l'Asie) ou par les expatriés. On l'aura compris, c'est un peu aseptisé. 

Parlons plutôt des assiettes, des très belles entrées. Un genre de rouleau de printemps (ce que l'on appelle "nem frais" au Vietnam) au crabe. C'est beau, c'est bon.

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Idem pour ces asperges de Dalat, il y a là une vraie recherche du produit local. Oui, on peut râler : les adresses sont un peu trop chiadées, un peu trop tape-à-l’œil, un peu trop "je-suis-un-cuistot-français-et-je-vais-vous-le-montrer"... C'est peu de le dire.

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Autant les entrées ont convaincu, autant la suite est plus bancale. Ainsi cette brandade de crabe, avec trop de pommes de terre. On se tue à le répéter, il n'y a pas de patate dans la brandade, bordel ! Dans la bouche, pas d'étincelles.

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Je passe totalement à côté des desserts. A moins que ce soit la cuisine qui soit totalement passée à côté des desserts... Même pour les glaces maison pourtant bien réussies dans d'autres restaurants de la ville.

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Déjà l'intitulé "glace au mojito" aurait dû me faire fuir. Seulement, c'était l'un de mes premiers repas au Vietnam, le décalage horaire m'avait évidemment mis une torgnole... Un dessert affreux.

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Le lieu est très agréable, car calme. Ici on oublie la folie pétaradante du centre-ville. Cela, couplé avec les bonnes entrées, suffit-il à venir déjeuner ici ? Franchement non. Il y a plein d'autres restaurants en ville.

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La Badiane, 10 Nam Ngu street, Hoan Kiem, Hanoï, +84 (4) 39 42 45 09.

10:36 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam, hanoi, la badiane | | |  Facebook

20 mars 2014

Vietnam : on boit quoi quand on mange du chien ?

Thịt chó. C'est simple : pour savoir où manger du chien au Vietnam, il suffit de scruter les inscriptions des devantures des restaurants ou des stands des bouchers itinérants. Ou, encore plus simple, de jeter un coup d’œil sur les étals. 

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Quelques précisions avant d'aller plus loin.
 
Trouver du clébard à grailler à Hanoï n'est pas chose aisée. En 5 jours de balade, j'ai compté les points de vente sur les doigts d'une main et demi. Au Vietnam, on ne mange pas de chien à tous les coins de rue. On lui préfère poulets, poissons et surtout légumes.
 
Le chien, c'est assez cher. Bien plus coûteux que le porc ou le poulet. Donc personne ne t'en glissera subrepticement dans des nems. En France, on ne te fourgue pas en douce du foie gras dans ton sandwich au pâté.
 
C'est une viande calorique, consommée plutôt l'hiver. Et en général par les hommes. Les Vietnamiennes croisées ne semblent pas goûter ce mets. Soyons précis, ce n'est pas tant le chien qui les rebute que l'odeur de cette terrible sauce à la crevette fermentée accompagnant traditionnellement le chien.
 
Ici on ne mange ton Médor chéri, ni celui du voisin mais des bêtes destinées à la consommation. A de rares exceptions près, comme toujours ; des cas de transmission de rage après la cuisine de viande de chiens errants existent. Ajoutons qu'il y a beaucoup à redire sur les conditions d'élevage des chiens au Vietnam, au point que des campagnes de boycott surgissent régulièrement. Un peu à l'image de ce qu'il se passe avec la viande de poulet ou de bœuf dans notre beau pays... 
 
Cependant, manger du chien appartient à la culture de cette partie de l'Asie. A la fin de chaque mois lunaire, cela permettrait de chasser les mauvais esprits. Certains trouvent ces pratiques culinaires ignobles mais franchement, qui sommes-nous pour juger ?

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Revenons à nos toutous. La scène se passe dans une maison d'hôtes derrière la gare d’Hanoï. La cuisinière vietnamienne esquisse un sourire et s'interroge. "Ah bon ? Vous voulez goûter du chien ? D'habitude les étrangers n'aiment pas ça du tout..." 
 
Une voyageuse française en face de moi me prend carrément à partie. "Vous allez manger du chien ??? Bon, je ne vais plus vous adresser la parole... Vous vous rendez compte, le meilleur ami de l'homme !". Et le cheval, cette fameuse "plus noble conquête de l'homme", on en mange bien ? J'ai toujours pensé que la curiosité n'était pas un vilain défaut.  
 
Quelques minutes plus tard, l'hôte arrive dans sa cuisine, un sac plastique bien rempli sous le bras. Une bonne dizaine d'euros pour 500 grammes de viande grillée. Pas donné pour un budget vietnamien.

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Vendue avec la viande, la sauce à la crevette fermentée emporte tout sur son passage. Voilà une des choses les plus épouvantables qu'il m'ait été donné de respirer dans ma vie. On goûte, ça picote, on la mange pour faire comme les locaux mais le cœur n'y est pas. Et là, je parle bien de la sauce, pas de la viande.

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Et la viande donc ? Voici quelques bouts de cuisse de chien.

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Ensuite, quelques morceaux de poitrine de chien (assez carbonisée en vérité). Et sur la droite de l'assiette, du boudin de sang de chien mélangé à des haricots.

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Verdict ? Franchement, c'est plutôt bon. L'odeur n'est pas trop forte, le goût navigue quelque part entre le bœuf et l'agneau, en plus tenace peut-être. La sauce à la crevette fermentée dénature la chose, on l'écarte rapidement. La cuisinière dit de croquer en même temps dans le blanc de la citronnelle pour accompagner la viande. Mais on aurait bien vu une salade verte à la place. 

Le souci fondamental de cette expérience, c'est la cuisson. Grillée, la viande possède une mâche coriace. La cuisse, le meilleur morceau, aurait gagné à être braisée. Une bonne daube de chien, ça ne vous dit pas ? Le boudin s'avale sans souci même si le haricot est trop présent. Encore une fois, on mélange cette viande noble à un ingrédient qui l'est moins pour gagner en poids. 
 
Et on boit quoi avec ça ? On aurait pu penser à un vin rouge avec du répondant. Un genre de rottweiler imposant sur ses quatre pattes. Un truc du Languedoc ou du Roussillon, bien élevé, sans macération carbonique. Allez, nous sommes à plus de 9000 kilomètres de ces régions, buvons local plutôt. Faisons comme les Vietnamiens qui aiment manger cette viande avec de l'alcool fort. 

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On sert ce Rượu Táo Mèo, un "calvados vietnamien". Une aberration sémantique pour les Normands et les autres, d'où les guillemets. Littéralement, on parle de "vin de pomme-chat". Ces fruits, une variété de pommes sauvages provenant de la région de Sapa dans le nord montagneux, macèrent dans de l'alcool.

A l'instar de la viande de chien, c'est, disons, agréable. Soyons honnêtes : on n'y reviendrait pas tous les jours non plus.

09:44 Publié dans Ailleurs dans le monde, Alcools cools | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vietnam | | |  Facebook

19 mars 2014

Bientôt, on va parler Vietnam et Chine

A suivre, quelques pistes pour explorer le Vietnam...

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...ainsi que pas mal de restos à Canton et Hong Kong.

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Encore un peu de patience.

22:10 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

18 mars 2014

Échapper à la médiocrité

"Lui avait la modestie de ne pas rêver d'un destin grandiose tout en sachant qu'il s'efforcerait d'échapper à la médiocrité, au morne défilé des jours qui se ressemblent dans leur grisaille peuplée de vaines habitudes".

Christian Authier, Soldats d'Allah, Stock.

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Ça vient de sortir. Moi, si j'étais vous, j'irais faire un tour chez mon libraire.

22:06 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

Un lubrifiant naturel

Certains jus te font oublier la fatigue. De retour d'un voyage en Asie (on en reparlera bientôt), on fait une petite halte chez En Vrac, au marché de l'Olive. Victime d'un décalage horaire de 7 heures... Le hasard nous fait découvrir ce Jus Brifiant, un pétillant naturel à base de gamay fait du côté de Montlouis par Julien Prével. Le verre pue amoureusement le coing - qu'on ne se méprenne pas, c'est un compliment chez moi. C'est frais, un peu citronné aussi. D'ailleurs le niveau de liquide dans la bouteille descend aussi vite que la cote de popularité de François Hollande. On est bien. Et c'est 13 euros à emporter.

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On est bien malgré l'amateurisme qui règne ce dimanche chez En Vrac. Autant le choix des bouteilles nous ravit, autant les rayons du soleil qui fouettent les quilles naturelles c'est moyen. Autant les prix ne nous semblent pas excessifs, autant l'assiette fait grise mine. Autant le service semble cool, autant il est à côté de la plaque, n'ayant pas grand-chose au frais alors que la météo est au rosé, ou ne sachant pas nous renseigner sur ce qu'il y a en stock. Autant les conserves sont d'exception, autant le lait utilisé provient du hard-discounter Dia. Autant le café est servi dans des tasses L'Arbre à Café, autant le serveur recharge la machine avec du Lomi (ce qui est très bien aussi, mais ce n'est pas L'Arbre à Café). Bref difficile d'y voir clair et le décalage horaire n'y est pour rien.

Malgré tout, le vin, superbe, fluidifie le retour à Paris.

12 février 2014

Le vin naturel géorgien existe, je l'ai rencontré

La Kakhétie, tu ne connais pas ? Les Français sont décidément nuls en géo. Imagine : au nord la Tchétchénie, à l'est l'Azerbaïdjan, au sud l'Arménie. Bref le coeur du Caucase, berceau de la civilisation du vin.

Continuons notre exploration du vin naturel des pays un peu oubliés. Après l'Espagne (pays pas trop oublié, je l'admets), la Croatie, l'Afrique du Sud, le Liban ou la Slovénie, voici donc la Géorgie

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C'est la cuvée 2010 du collectif Our Wine (ex Cheveni Gvino) mené par Soliko Tsaishvili. Ce vin qui se veut blanc mais s'avère en réalité orange-marron est issu d'un cépage du coin au nom imprononçable : rkatsiteli. A vos souhaits. J'aurais dû l'écrire phonétiquement. Si un géorgeophone peut m'aider d'ailleurs...

Orange-marron donc. Un autre truc attire l'oeil : cette incroyable couche de levure blanche en bas de la quille. Si on secoue la bouteille, si on tente par exemple de l'ouvrir avec une chaussure, le vin devient bien troublard. Après cela, bon courage pour tenter de comprendre quoi que ce soit. A l'aveugle, évidemment tout le monde parierait sur un rouge tant les tanins semblent présents. J'oubliais une donnée ma foi fondamentale : la macération sur peaux a pris... 6 mois ! Et en amphores s'il vous plait. Mais sa suavité fait prendre ce blanc-orange-marron pour un rouge fin et de jolie extraction. Car le jus coule extrêmement facilement et ce, sans forcément une grande oxydation. Un vin qui ne ressemble à rien et Dieu sait que c'est un compliment.

D'aucuns diront que les vins géorgiens, c'est devenu hyper hype à Paris. Mouais. On va se calmer tout de suite. Déjà, cette phrase ne veut rien dire. Ensuite, si on est quelques-uns à s'y intéresser, je vous rassure : la majorité des buveurs préfère encore acheter son Baron de Lestac au supermarché du coin. Ouf. Il est vrai que Paris est de moins en moins raciste, qu'elle s'ouvre aux vins étrangers. Evidemment, direction les bons cavistes pour s'en procurer comme Le CaveLa Cave des Papilles ou le site Vinisat. Notons au passage que Thierry Puzelat a fait beaucoup pour l'importation de ses vins.

Enfin et surtout, il serait bien dommage d'oublier le rôle prépondérant de La Maison du Whisky qui avait une longueur d'avance sur beaucoup de boutiques. C'est là où j'ai dégoté cette bouteille pour la première fois. D'ailleurs, cet article du jour a plus d'un an de maturité lui aussi. Alors la mode, quand elle dure plus d'un an, ce n'est plus la mode, c'est devenu le quotidien. Et question vins comme on les aime, le repaire de l'Odéon se pose là avec sa belle panoplie de bouteilles estampillées TripleA, ce groupement de vignerons (aussi agriculteurs, artisans, artistes) parti du nord de l'Italie avant de rayonner dans la région.

07 février 2014

De la gélatine à plus de 100 euros le kilo !

On oublie toujours de regarder le prix des ingrédients au kilo. A ce niveau-là, on pourrait s'acheter une tranche du plus noble des jambons. Ou un produit de la mer qui nous éblouira. Ou des chocolats d'un grand maître.

Ici on parle de gélatine alimentaire, la cochonnerie qu'on met dans les gâteaux, crèmes, entremets... Cochonnerie je disais, ça tombe bien, elle est d'origine porcine. Et on ne la prépare évidemment pas avec de l'échine de porc Ibaiona, mais plutôt avec les résidus de la carcasse : les os, les cartilages, peut-être un peu de gras. 

Dans le supermarché d'en-bas de chez moi, celui qui vend déjà le basilic à près de 150 euros le kilo, on trouve donc cette gélatine marque Vahiné à 107,65 euros le kilo. Il n'y a pas de fautes de frappe, la photo n'a pas été retouchée.

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On peut me rétorquer qu'il en faut des opérations complexes pour transformer la carcasse en gélatine, qu'on n'achète jamais un kilo entier de gélatine, qu'on peut lui préférer des gélifiants d'origine végétale... Certes, mais ce produit et son prix ne sont pas inventés. Une nouvelle fois, un tel prix pour un ingrédient aussi bas de gamme ne semble pas gêner la grande distribution ; Vahiné semble détenir un quasi monopole sur ces ingrédients de pâtisserie un peu pointus. Et il n'y a pas de raison que ce soit moins cher dans un autre magasin Carrefour.

Alors oui, Vahiné c'est gonflé... Surtout, au niveau du prix. 

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25 janvier 2014

Le vin, c'est meilleur dans une grosse bouteille

C'est un match poids lourd contre poids plume. Goliath contre David. Sur ma gauche, un jéroboam. Sur ma droite, une bouteille, tout ce qu'il y a de plus classique... 3 litres face à 75 centilitres...

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Dans chaque quille, le même vin : le morgon 2012 de Mathieu Lapierre, le fils de Marcel

Petite digression. Ce soir, c'est mon retour à La Cave de l'Insolite. Je n'y étais plus revenu depuis l'époque Michel (la grande époque, quoi) et ce dernier repas en août 2011 où nous avions ouvert un magnum 2001 de Lapierre

Deux ans et demi plus tard donc, on débouche une bouteille normale et un mastodonte. Résultat, les deux jajas n'ont pas du tout la même gueule... Marrant non ? 

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La différence est flagrante dans le verre. Dans la bouteille classique, le nez est étriqué, les parfums un peu serrés. Dans le jéroboam, le vin s'avance plus souple, comme content d'être là : il déteint sur les buveurs, il donne le sourire. 

Explications. Tu l'as d'ailleurs déjà remarqué chez ton caviste préféré : le prix de deux bouteilles de 75 centilitres n'est jamais tout à fait égal au prix du magnum (1,5 litre), ce dernier étant toujours un peu plus cher. Déjà, il y a la théorie des économies d'échelle : une bouteille courante coûte moins cher à produire qu'un gros contenant moins répandu. 

Mais surtout, plus la bouteille est grosse, mieux le vin se conserve. C'est logique, la surface de vin au contact de l'air est bien moins importante dans un jéroboam que dans une bouteille. Ce soir, on en a fait l'expérience.

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Bon, soyons juste, cela dépend aussi de chaque bouteille. En réalité, ce test montre surtout que le vin naturel est un produit vivant. Ceci dit, avant je ne buvais qu'en magnum ; maintenant, je ne bois plus qu'en jéroboam !

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20 janvier 2014

Un chenin sud-africain au naturel et macéré sur peaux pendant... 2 ans !

Le vin naturel sud-africain existe, je l'ai rencontré. Et c'est un bandit de grand cheNin.

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Ici orange, le chenin de El Bandito millésime 2010 a cette particularité d'avoir été macéré deux ans sur peaux. Oui, tu l'as lu dans le titre, il n'y a pas de faute de frappe : c'est bien deux ans. Soit 24 mois. Ou 730 jours. Un vin "classique", disons un vin blanc que toi et moi buvons habituellement, un vin blanc quoi, c'est entre 1 et 2 jours à peine, au pire. Tu imagines le décalage, le fossé, l'abîme. 

Autant dire qu'on est sur un autre continent du vin. Bonjour la planète Mars. Dès l'ouverture, on comprend que l'on a affaire à une bouteille qui va marquer. Il pourrait paraître rugueux au début,  mais les tanins disparaissent très vite. Ils laissent la place à une délicatesse sans fin, avec une toute petite pointe oxydative vraiment pas prenante. C'est fou cette impression de croquer dans la peau brute du raisin. Un verre en appelle un autre, aucun écœurement comme parfois avec ces vins dits oranges. 

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Le vigneron, Craig Hawkins, semble déjà être notre ami. "On travaille dur pour essayer de démontrer que quelque chose d'autre est possible en Afrique du sud. Ce chenin 2010 est une première étape".
 
Le domaine Lammershoek est situé à une heure de voiture du Cap, un peu dans les terres. Là-bas, le climat très sec et chaud, un peu comme la Sicile ou le sud de la France. Pour ceux qu'intéressent les considérations géologiques, les vignes ont 46 ans et repose sur un terrain en pente : c'est du granite décomposé recouvert d'une couche sableuse. Les sols sont particulièrement vieux, peut-être les plus vieux au monde en ce qui concerne la vigne. Dans cet environnement très sec, où aucune irrigation ne vient perturber le travail de la nature, on vendange tôt pour garder l'acidité dans le raisin.
 
Pourquoi cette macération de deux ans ? C'est sans doute l'un des vins blancs où le processus est le plus long. Un record du monde ? Craig ne sait pas précisément. "J'aime les vins blancs de longue macération, pourtant, curieusement, c'est la première fois que j'en fait. Je faisais ces vins pour moi, pour voir jusqu'où ça va en terme d'extraction et de potentiel de garde". Et ce 2010 ? Il peut durer "forever".

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Et grain de raisin sur le gâteau, lors de la mise, Craig a même laissé traîner quelques fruits dans quelques bouteilles. Sur la photo, le grain bien sombre récupéré au fond de la quille provient du fameux chenin macéré deux ans. Les chanceux auront donc la fève. 

lammershoek,craig hawkins,afrique du sud

Ce trésor se trouve au paradis des vins naturels d'ailleurs, Le Cave, pour 44 euros tout de même. Le temps a un prix.

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07 janvier 2014

Ulysse Collin égale Jacques Selosse

Des pépites dorment dans certaines caves. C'est sûr, je ne parle pas de Lafite 61 ni de La Tâche, n'importe quel millésime, bouteilles qui me feraient hypothéquer ma maison. Non, cultivons la simplicité. Il existe des bouteilles achetées il y a deux ou trois ans et oubliées volontairement en cave. Après un certain laps de temps, notre esprit lui aussi les oubliées. On les redécouvre par un heureux hasard. Ah bon, il t'en reste une ?...

En octobre 2011 chez Augé, la première fois où nous avons rencontré Olivier Collin (champagne Ulysse Collin), le coup de foudre fut immédiat. L'autre Olivier et moi partîmes avec le carton de Blanc de blancs extra-brut 2007. Seulement, si moi j'ai très vite tout bu, Olivier en a laissé à la cave.

Depuis, la Seine a coulé sous le Pont Mirabeau. Depuis, j'ai brossé le portrait d'Olivier (Collin) dans Tronches de Vin et bu les autres quilles au hasard et souvent : le blanc de blancs devenu Les Perrières, l'introuvable Les Roises (autre parcelle gourmande) et Les Maillons, le blanc de noir magnifiquement épicé. Depuis, j'ai même tenu le stand d'Olivier (Collin) au salon Rue89 un après-midi de 2013.

Et donc, le 1er janvier, vers 00h15, l'autre Olivier a trifouillé dans sa cave pour récupéré un 2007. Rien n'était prévu et c'était temps mieux.

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A voir le sourire béat des chanceux qui mirent leur nez au-dessus de leur verre, on se dit que l'affaire était entendue. Que notre intuition était vérifiée : les champagnes Ulysse Collin dépassent ce que la région peut produire de mieux. Dans Tronches de Vin, je lançais l'hypothèse qu'un jour Olivier Collin égalerait le maître Anselme Selosse (domaine Jacques Selosse). Comment ne pas en être convaincu avec le 2007 dans le verre ?

Des l'ouverture, il respire la classe. La fine bulle laisse la place à quelque chose comme un grand vin de Bourgogne. De toute façon, preuve en est que la tablée réclame un autre verre. Puis un magnum. 

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Alors, forcément : bonne année !

19:07 Publié dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : olivier collin, ulysse collin, anselme selosse, jacques selosse, champagne | | |  Facebook

30 décembre 2013

Plutôt que de faire des quenelles, mangez-en !

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Personne ne viendra taxer cette quenelle-là d'antisémite. Les Romains en faisaient déjà et on l'appréciait aussi à la table du Roi-Soleil. C'est Charles Morateur, un pâtissier vivant au XIXe siècle près de Lyon, qui instaura la quenelle moderne. Eau/lait, farine, beurre, oeufs, brochet... Les recettes et les accompagnements varient selon l'histoire et les envies.

Plus jeunes, nous nous sommes tous régalés de quenelles en boîte, en réalité absolument détestables : mouillées, pâteuse, fadasses... Quelques années plus tard, nous restons sur un apriori négatif. Et à Paris, on l'avait un peu oubliée la quenelle, il faut bien l'avouer. Pourtant, quand c'est bien fait, on s'écarte vite de l'image du plat de mamie. 

J'ai misé sur les Giraudet, dont le patron ne goûte guère la fameuse actualité de la quenelle et on le comprend. J'ai acheté les traditionnelles, au brochet, dans la boutique parisienne face au marché Saint-Germain. Avec une béchamel maison additionnée d'eau et d'huile d'olive grecque (pour donner une sauce plutôt liquide) et quelques champignons taillés finement, c'est un régal après 20 minutes à four chaud.

Et finalement, si c'était cette quenelle-là qui était anti-système ? Qu'y a-t-il de plus révolutionnaire que le retour à l'ancien ?

16 novembre 2013

Naplouse : la recette du knaffeh expliquée pas à pas

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Qu'on l'appelle kenafeh, kanafe, kneffeh, künefe... Qu'on y mette des "a", des "e", un seul ou plusieurs "f"... Qu'on le mange au Liban, en Syrie, en Palestine... On parle à chaque fois du même dessert. Un genre de mozzarella chaude avec de la semoule par-dessus, le tout sucré. C'est la grande douceur de Naplouse qui en est la capitale palestinienne. Dans la vieille ville, ce sont les hommes de la famille Shantir (pâtisserie Al-Aqsa, près de la mosquée An-Nasir) qui sont considérés comme les Pierre Hermé du knaffeh. Ils nous expliquent la recette.

D'abord, on beurre une grande plaque qui va sur le feu. 

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On étend une belle couche de semoule.

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On ajoute le fromage. Ici c'est de du chèvre préalablement dessalé. Il donne un goût très caractéristique, bien plus prononcé qu'un "vulgaire" fromage de vache.

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On le chauffe sur le gaz à feu vif.

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Au cour de la la cuisson, on le badigeonne de sirop ce qui évite d'obtenir une consistance trop sèche.

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C'est prêt.

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La petite assiette ne vaut même pas un euro.

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Les magnifiques couleurs tendant sur le jaune-orangé, son goût fort, son sucre envoûtant tranchent avec tout ce qu'on a goûté dans la région, notamment avec le knaffeh pourtant réputé que l'on trouve dans la vieille ville de Jérusalem (Jaffar's Pastry, Rue Khan el Zeit près de la porte de Damas).

Dans la capitale palestinienne, les couleurs font moins envie, l'ensemble est bien plus fade, ça sent le chimique. Mais cela reste un pis aller : on ne peut pas faire le chemin à Naplouse tous les jours.

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Naplouse : le célèbre magasin d'épices survit

On se faufile dans les ruelles de la vieille ville de Naplouse pour tomber sur cette caverne d'Ali Baba. Le cliché littéraire correspond totalement à la réalité. Rappelons-nous qu'on a découvert l'Inde pour ses épices, que le poivre était synonyme de très grande richesse, que Venise en a bien profité... Cette boutique devrait faire la fortune de la famille Braik installée ici depuis 1936.

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Et à Jérusalem ou à Bethléem, ce magasin croulerait sous les groupes de visiteurs. A Naplouse, l'affaire n'est évidemment pas gagnée d'avance, les touristes n'étant pas légion.

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Pourtant, les épices y sont à proprement parler extraordinaires quand on les compare avec celles des échoppes de Jérusalem ou de Bethléem justement. Comme toute maison qui se respecte, le zaatar est mélangé (thym, sumac, sésame) selon une recette familiale. Le sumac est incroyablement odorant... Toutes viennent de Cisjordanie, pas de Chine ni de Turquie.

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15 novembre 2013

Cisjordanie : aujourd'hui, le Bon Samaritain fait du vin sans soufre

Les Samaritains produisent du vin rouge. "The best arak in the world" nous lance même Husney Kahen, le directeur du Musée Samaritain posant fièrement devant les attributs de sa charge religieuse. Oups, il confond vite arak et vin mais il faut comprendre que même lui n'en boit que très peu, tant la production est minime. Et pour cause, plutôt réservé aux fêtes religieuses, ce vin reste difficile à se procurer.

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Les Samaritains, combien de divisions ? Beaucoup de gens pensent qu'ils n'existent que dans la célèbre parabole de l'évangile selon Saint-Luc. C'est en réalité la plus petite communauté religieuse au monde, seulement 700 âmes. Depuis le premier millénaire avant Jésus-Christ, les Samaritains prient sur le mont Garizim (au-dessus de Naplouse) qui est un peu leur Jérusalem. Considéré par Israël comme les premiers israélites, ils ont un statut envié (passeport israélien, cartes d'identité palestinienne et jordanienne) mais reconnaissent souffrir quotidiennement de la colonisation israélienne qui grignote la Samarie, la région entre la Judée et la Galilée. Il faut dire que Naplouse est un foyer traditionnel du terrorisme palestinien, même si aujourd'hui la ville est calme.

Là-haut, sur le mont Garizim s'est développé un village où les traditions, notamment religieuses, persistent. Certes on vit entre soi mais c'est un village semblable à ceux des alentours : des maisons on ne peut plus classiques, des magasins et un soldat israélien qui garde la route qui monte au village... Sans oublier ce musée qui expose le quotidien des Samaritains aux rares touristes et une épicerie qui vend de l'alcool. Les jeunes de Naplouse viennent d'ailleurs ici pour s'approvisionner : la ville grande palestinienne en contrebas est très conservatrice, la vente d'alcool y est interdite. Les soiffards viennent donc faire leur course au plus proche, chez les Samaritains. 

Et ce vin alors ?

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Je t'entends rire sous cape, te foutre un peu de la figure des Samaritains. Ce n'est pas très gentil. Bien sûr on s'attend à une immonde piquette. Et bien, ce n'est pas le cas. Bu sur plusieurs jours, le vin gagne à être aéré. Il est extrêmement fruité (arômes de fruits noirs), possède une belle acidité volatile (moi je trouve ça beau !) et s'avère très digeste. Je suis prêt à parier qu'il y a très peu, voire pas de soufre ; on retrouve assez la patte connue des vins naturels. C'est normal, c'est un vin qui n'a pas vocation à être conservé mais bu sur le fruit chaque année lors du sacrifice rituel. Bon, après... Je ne te cache pas qu'il manque un vrai vigneron derrière tout cela.

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Cépages ? Conduite des les vignes ? Type de vinification ? Vous n'avez peut-être pas bien lu : le patron du musée confondait déjà arak et vin, ce n'est pas auprès de lui que j'ai pu trouvé des infos. Une fois rentré en France mes tentatives n'ont pas plus abouti. Si un lecteur peut aider...

18:03 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, naplouse, samaritains, cisjotour | | |  Facebook

14 novembre 2013

Hébron : où manger du chameau ?

Nous nous trouvons juste en face de la dernière usine de céramique artisanale d'Hébron appartenant à la famille Natsheh. Ici notre boucher ne fait que dans le chameau, la "vitrine" en témoigne.

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C'est la seule adresse de Cisjordanie où on pourra en déguster. Malheureusement, il m'a manqué du temps et un appareil de cuisson.

08:37 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cisjotour, hébron, cisjordanie | | |  Facebook

13 novembre 2013

Bethléem : la maison du pain

Au détour d'une rue du souk de Bethélem, une boulangerie vend des galettes de pain semi complet pour quelques centimes d'euros. Béthléem, بيت لحم, la maison du pain en arabe. Les chrétiens ajoutent que ce n'est pas un hasard si Jésus (étant lui-même le pain) est né ici.

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14:50 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, palestine, bethléem, cisjotour | | |  Facebook

12 novembre 2013

Jérusalem : Ezra Kedem, le Passard israélien

Ezra Kadem cultive son jardin. Comme Voltaire, comme Alain Passard. Des monts de Judée provient plus de la moitié des légumes (cultivés en biodynamie) servis dans son restaurant Arcadia, dans le centre-ville de Jérusalem-Ouest. Le reste, il l'achète à des paysans avec qui il entretient une relation on ne peut plus régulière. Alors qu'Israël, malgré ses richesses naturelles, subit de plein fouet la malbouffe, ici les légumes ont un goût de reviens-y. Pour preuve ce carpaccio d'aubergine, plat désormais mythique de mon Panthéon culinaire.

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Ezra Kadem est avant tout un homme facile d'accès. Comme sa cuisine pourrait-on dire. D'ordinaire, en septembre et en octobre, le restaurant est fermé. Mais c'est vrai que j'ai un peu insisté et surtout, j'ai eu de la chance : il ouvrait pour un dîner privé, un anniversaire pour une tablée d'une demi-douzaine de personnes. Il a accepté ce jour-là que nous venions à deux manger au restaurant, nous aussi. Moment magique s'il en est : le fleuron de la gastronomie israélienne (quasi) privatisée. Une soirée au calme et comme serveur, le chef lui-même. Il vient s'enquérir de notre avis sur le vin, sur chaque plat avant d'apporter là une assiette supplémentaire, là un entremets en plus. Dès la fin de l'entrée, l'estomac crie assez.
 
Mais revenons au début. À côté de l'aubergine, quelques coupelles avec une huile d'olive de belle naissance, quelques épices et surtout ce houmous sur la gauche, la deuxième claque de la soirée. Le chef nous livre son secret : en fait ce n'est pas du houmous, car il n'y a pas de pois chiche. Certes le goût prononcé du tahiné nous a induit en erreur ; l'ingrédient principal, c'est du fromage blanc battu. Additionné d'un peu d'huile de curcuma, il donne un antipasto de haut vol. Avec un pain maison à se damner... ce qui à Jérusalem est un comble. 
 
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A côté, les gnocchis aux crevettes et différents tartares de poisson (mérou, bar...).
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La viande du moment, c'était l'agneau. En côtes ou en selle cuite amoureusement en cocotte, c'est déjà beaucoup trop pour nos deux estomacs. Bien sûr, c'est parfaitement cuit mais surtout la petite salade chaude de pois chiche/féculents/légumes verts confine au merveilleux.

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En dessert aussi, nous avons eu droit à du rab. 

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 Pour couronner le repas, une infusion du jardin à tomber à la renverse de fraîcheur et d'équilibre.

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J'allais en oublier le vin. C'était aussi une belle surprise même si évidemment on reste dans le classique. La carte de vins israéliens est somme toute longue même si on reste très souvent sur un travail avec des levures exogènes et une belle tripotée de soufre. La Sea Horse Winery produit un très joli chenin (cuvée James) qui scintille parfaitement avec tout le repas. Aucune lourdeur, une sacrée classe.
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Arcadia, Agripas 10, Jérusalem-Ouest. Les photos sombres ne rendent pas hommage au travail du chef. Encore une fois, pour se faire une idée, il faudra venir sur place...

15:34 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, jérusalem, jerusalemtour, ezra kedem, arcadia | | |  Facebook

Un dîner à l'American Colony Hotel, le palace de Jérusalem-Est

Peut-on vraiment utiliser le mot de palace, ici à Jérusalem-Est ? Avec la chambre qui commence à 300 dollars, on répond oui. Le lieu est en tout cas un havre de paix (au sens propre comme au figuré, ce qui est rare dans le coin) que les hautes sociétés palestinienne, israélienne, étrangère fréquentent régulièrement. La presse internationale, les responsables d'O.N.G. et les experts de tout poil ont fait du petit patio leur QG officieux. Voire officiel tel Tony Blair qui, lorsqu'il était médiateur pour le conflit, avait loué tout un étage. Plus poétiquement, Chagall, Le Carré, Mandela avaient leurs habitudes ici. C'est tout de même plus joli que le massif King David Hotel, son homologue à Jérusalem-Ouest.
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La cuisine palestinienne est remarquable. Les assiettes commencent à 20 euros tout de même, mais rappelons que partout en ville, les prix n'ont rien à envier à ceux de Paris. Depuis quelques années, plutôt que les bombes, ce sont les tarifs des restaurants qui ont explosé.

On rigole moins quand on a ces légumes fourrés au riz dans l'assiette. C'est l'un des plats palestiniens les plus répandus, le premier qui m'ait été donné de manger dans une famille de Jérusalem il y a plusieurs années. Ici il est magnifié. Les légumes (courgettes, aubergines, feuille de vignes - nous sommes mi-septembre) ont le goût de légumes, la sauce tomate apporte une remarquable acidité.

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En dessert, une tarte aux pommes bien troussée pour le prix d'un mauvais dessert à Paris (7 euros). 
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Le havre de paix est aussi culinaire : enfin, une adresse paradoxalement assez simple et loin de la malbouffe. Et comme la Taybeh à la pression n'est pas plus chère qu'ailleurs...

Arabesque, restaurant de l'American Colony Hotel, 1 Louis Vincent Street, Jérusalem-Est.

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11 novembre 2013

Jérusalem : la cuisine des femmes palestiniennes

Le centre Melia aide les femmes palestiniennes depuis 1926. En haut du quartier chrétien, dans Frères Street, une boutique propose des broderies réalisées dans les villages de Cisjordanie. A côté, l'association gère aussi le restaurant Bint-al-Balad ("la fille du pays"). Chaque matin, des femmes cuisinent pour le repas du midi, l'endroit étant fermé le soir comme beaucoup d'autres dans la vieille ville.

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Kubbeh (fameuses croquettes à la viande), feuilles de vigne farcies au riz, plats du jour... Tout est réalisé à la main, puis congelé quand il y a du surplus. Bref, on est à la maison et ici à Jérusalem, ça n'a pas de prix. Loin des fast-foods débitant de la bouffe industrielle à la tonne, c'est l'un des restaurants-révélation du séjour.

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L'addition ? Encore une fois, ce n'est pas donné mais à part une assiette de houmous, rien n'est donné dans cette ville. Seulement, on se répète, ici la bouffe ne sort pas du Métro israélien et l'argent n'est pas dépensé en vain.
 
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Bint al Balad, Frères Street, quartier chrétien, vers la Porte Neuve.

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Jérusalem : un apéro avec la jeunesse palestinienne

En remontant de la porte de Damas, tout le monde s'arrête au Jerusalem Hotel. C'est normal : il est dans tous les guides, le patio est agréable, la bière palestinienne Taybeh à la pression et la nourriture correcte. C'est l'endroit parfait pour rencontrer des membres d'ONG ou les journalistes que l'on ne croise pas à l'American Colony. C'est-à-dire qu'on n'y rencontre pas les chefs, mais les sous-chefs. Le problème, c'est que pour un papotage avec l'autochtone, on fait mieux. Et mieux, c'est un tout petit peu plus loin dans Nablus Road, à l'étage d'une vieille maison ottomane datant de 1905. 

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Ancien siège du Parti communiste local, Al-Mihbash a perdu cette vocation politique pour devenir un hôtel-restaurant. Ici, très peu voire pas du tout d'étrangers. Seule la jeunesse palestinienne aussi dorée que le Dôme du Rocher se paie du bon temps. Déjà, elle a la chance d'habiter à Jérusalem, ce qui est bien plus simple pour trouver du travail. Ensuite, à voir les consommation et les narguilés se succéder, on soupçonne qu'elle n'est pas à plaindre.
 
La carte brasserie fait la part belle à la cuisine palestinienne. Et c'est étonnement frais, notamment ce taboulé à la libanaise ou les pizzas au zaatar. Dans le verre, Taybeh à la pression aussi (on ne redira jamais assez que c'est là qu'elle est la meilleure) ou le vin des moines de Crémisan, à côté de Bethléem.

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Al Mihbash, 1 Nablus Road, Jérusalem-Est.

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Jérusalem : ah bon, ça ne voyage pas le vin naturel ?

A pied jusqu'au métro. Puis RER. Puis la navette Orly-Val. Puis à pied jusqu'au comptoir d'enregistrement. Puis tapis roulant. Puis, confiée à la compagnie Pegasus Airlines, je l'imagine transbahutée d'un chariot à un tapis roulant avant de voyager en soute. Puis rebelote, car escale à Istanbul. Récupérée à l'aéroport Ben-Gourion à Tel Aviv, elle est revenue sur mon dos. Puis taxi collectif jusqu'à la porte de Jaffa à Jérusalem. Puis à pied à travers la vieille ville pour un premier coucou de nuit au mur des Lamentations et au Dôme du Rocher. Puis taxi privé pour rejoindre mon hébergement. Dans la chambre, elle s'est reposée 3 jours à température ambiante (il faisait 33 degrés dehors, pas beaucoup moins dedans, avec une forte amplitude thermique la nuit).

Tout ça pour dire qu'elle a bien bourlingué la boutanche de Noëlla Morantin. C'est le gamay 2012 baptisé Mon Cher que j'ai apporté à Jérusalem (coquelicot sur un rocher, comme disait l'autre - ok, c'est plutôt des roses sur l'étiquette). C'était ma seule concession à la saine obligation de boire local ; je voulais voir si le cœur de Mon Cher allait s'accorder avec mon amour pour cette ville.

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Émerveillée d'être offerte à un paysage si différent des bords de Loire, elle n'avait même pas pris le temps de se refroidir. Malgré les 23 degrés de ce début de soirée, les verres moutarde n'ont pas suffit à banaliser les splendides arômes de fruits rouges. Certes, ça bubullait un peu au début, mais c'est parfois le cas à Paris.

Son fabuleux voyage, les différences de pression, de température, d'altitude (Jérusalem se trouve à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer dans les monts de Judée)... Rien n'a entaché le potentiel de ce vin. C'était ma foi fort glouglou et tempérait le côté fumé du houmous. Le lendemain matin, j'ai refait la photo collector avec la bouteille bien vide.

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Cette petite parenthèse ligérienne entre le houmous et l'arak est maintenant terminée.

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10 novembre 2013

Jérusalem : une assiette en céramique arménienne

Il y a ce qu'on met dans l'assiette et il y a l'assiette elle-même. J'ai vraiment eu un coup de foudre pour le magasin de céramiques Sandrouni. Le patron parle joliment français et fait visiter le petit atelier où tout est fait à la main. C'est forcément un peu plus cher que tout ce qui est vendu dans la vieille ville, mais là on ne sait pas vraiment d'où ça vient.

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Sandrouni, Rue du Patriarcat arménien, face à la cathédrale arménienne Saint-Jacques.

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