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Salons et autres dégustations

  • Deux salons du vin naturel incontournables ce week-end à Paris

    Galanterie oblige, priorité à Versant Vins et son salon absolument extra, baptisé Maîtresses de Chai organisé samedi et dimanche par ma copine Jeanne au marché des Enfants Rouges. Que des vigneronnes... (en plus de toutes les jolies filles du marché !).

    A ma gauche, j'annonce : Marie Lottin (Château Bas, Coteaux-d'Aix), Isabelle Perraud (Cotes de la Molière, Beaujolais), Anne Paillet (Autour de l'Anne, Languedoc), Laurence Joly (La Roche Buissiere, Rhône), Nathalie Banes (Beaujolais), Ariane Lesne (coteaux du Vendômois), Catherine Montanet (domaine Montanet Thoden, Bourgogne)...

    Déjà la 8ème édition... Chapeau bas !

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    Et il y a de la concurrence dans l'air : le grand Paco nous livre ses vignerons dès vendredi 17h, à Ivry. Les Papilles résistent !

    A ma droite (rien de politique), j'annonce : Alban Michel (Sabots D'Hélène, Corbières et accessoirement le seul mec à avoir mis sa langue dans ma bouche), Fabien Jouves (Mas de del Perié, Cahors), Helda Rabaut (Chinon), Paul Fouassier (Sancerre), Vincent Alexis (Château Barouillet, Bergerac), Julien Merle (Beaujolais), Frédéric Renou (Domaine Landra, Ventoux), Aline Hock (Les Mathouans, Roussillon), Charline Labet (Jura), Paolo Brunelli (Vignale di Cecilia, Vénétie), Serge Scherrer (domaine Agarrus, Cévennes), Vincent Caillé (Muscadet), Julien Albertus (domaine Kumpf, Alsace), Laurence Alias (la Closerie des Moussis, Bordeaux)...

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    C'est vrai que j'annonce rarement les événements ici, mais pour un chouette week-end comme celui-ci, on fait des exceptions. En plus, avec la ligne 4, en marchant un peu, c'est direct.

    Déjà qu'on n'a plus d'essence, faudrait pas venir à manquer de carburant we week-end !

    Maîtresses de Chai, Versant Vins, marché des Enfants Rouges, 39 rue de Bretagne, 75003 Paris, de samedi 15h au dimanche 17h.

    Les Papilles résistent, Cave d'Ivry, 40 rue Marat, 94 200 Ivry-sur-Seine, vendredi de 17h à 22h, samedi de 10h à 20h, dimanche de 10h à 19h.

  • Le salon des vins de Rue89, c'est mieux que Meetic

    Imagine près de 800 personnes kolé seré dans un seul et même lieu ce dimanche. C'est autre chose que les speed datings dans un bar miteux avec un mec (ou une nana) qui a menti sur sa photo de profil et sur le reste...

    Note aussi qu'en ce jour, tous seront réunis pour boire un coup de vin (naturel). C'est-à-dire un truc qui symbolise la sociabilité et la joie de vivre, le partage et l'échange...

    Parmi tous ces gens, les stars seront ces vignerons merveilleux, hommes ou femmes, drôles, intéressants et excentriques. Si t'en ramenais un/e à la maison, ça clouerait le bec à ton père qui continue à boire du jaja industriel...

    Et si tu insistes bien, j'en connais un qui sera ravi de ton montrer son S&X...

    L'organisateur a même prévu un (bon) plan avec 2 filles ; l'une qui cuisine, l'autre qui parle de jus (de raisin fermenté).

    Comme pour toute party, il faut penser aux befores et aux after : cela va se passer au Lapin Blanc dans les deux cas. Il suffit de suivre la foule...

    Bref, ce week-end, je te propose plein de rencontres, et ce, sur un seul site. Non, ce n'est pas sur Meetic. C'est du bien réel, c'est à La Bellevilloise pour le Salon des Vins de Rue89 ! C'est dimanche, et pour les travailleurs du dimanche, c'est aussi lundi. Tout le programme est ici.

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    Et plutôt que parler de cul, je te propose une dernière rencontre, et pas des moindres, une rencontre avec l'Histoire. Tu n'es pas sans savoir que La Bellevilloise, c'est l'endroit où Jaurès haranguait les foules. Il a prononcé pas mal de discours au premier étage, là justement où se tient le salon. Il est mort il y a 100 ans, à quelques semaines près. Donc si tu aimes les grands hommes...

  • Les vignerons ouvrent leurs pépites au salon du vin de Rue89 "Sous les pavés, la vigne"

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    Au début du XXe siècle, on se pressait à La Bellevilloise pour écouter les discours de Jean Jaurès. Dimanche et lundi, au salon Sous les pavés, la vigne, ce sera presque tout autant politique : on s'y pressera pour boire du vin naturel et rencontrer les femmes et les hommes qui le produisent. Car on ne l'oublie pas : boire du vin naturel est un acte de résistance.

    Au fait, on boira quoi précisément ? Comme pour tout salon, les vignerons apportent leurs quilles connues et reconnues. Et parfois, ils font un pas de côté offrant au public leurs essais, leurs trouvailles, leurs trésors. Du jamais bu, on en boira ce week-end.

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    Dans le désordre, nous avons... Jean-Christophe Comor (domaine les Terres Promises) ouvre son cinsault 2012 uniquement commercialisé en magnum. Ça s'appelle Autrement et Encore ; c'est la suite de Au Hasard et Souvent. Quant à Mathias Marquet, il s'amuse avec Blast, son liquoreux sans soufre. Hâte de voir à quoi ça ressemble... L'incroyablement talentueux Ivo (L'Escarpolette) a dans ses bagages un pur grenache, qui selon lui fait penser aux vins d'Eric Pfifferling : autant dire qu'il met la barre haut, le coquin... Les De Moor présentent à la dégustation D'autres vallées 2011, issue de vendanges tardives. Jean-Pierre Rietsch aligne ses magnums de crémant extra-brut 2009 et peut-être le sylvaner vieille vigne désormais mythique. 

    Chez les moins connus... Le domaine des Bodines a son crémant du Jura rosé 100% pinot noir, le domaine de Rousselin son rosé moelleux (Rosé des Vents). Le domaine de la Pépière vient avec la cuvée 3, une nouveauté 2009. C'est celle qui repose le plus longtemps sur lies, 3 ans comme son nom l'indique. Le domaine de Soleyane va faire exploser mes papilles amoureuses de l'oxydatif avec son jus de cuve oublié depuis 2008. Les 600 bouteilles s'annoncent comme un grand vin du Bugey. Anne Paillet expose (et ouvre) sa cuvée Bob dit l'Anne (ah, ah, ah) à base de cabernet et de cinsault dont elle tire à peine 800 bouteilles. 

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    Alors que son moulin-à-vent vient d'être refusé à l'agrément, Isabelle Perraud (Côtes de la Molière) arrive avec un truc chelou comme on les aime : La Molière en Sauvignon 2011. C'est un blanc limité à 100 bouteilles de 50 cl (vente à l'unité ! En fait, il n'y en a plus que 99, j'en ai réservé une, tu te souviens Isa ?) issus de vignes de Vauxrenard avant d'être élevé de 20 mois dans un fût de bière inox de 25 litres ! Bien évidemment, c'est sans soufre ajouté, sans additif, sans filtration, sans cochonnerie.

    Il y aura aussi du bordeaux, comme quoi on n'est pas raciste... Olivier Techer (Gombaude-Guillot) ouvre son Pom'n'roll 2011 qui cette fois a eu droit à l'A.O.C. Pomerol ! Dominique Léandre-Chevalier fait boire Le Blanc de Noir, vin blanc realisé à partir de raisins toujours destinés au rouge (cépage cabernet-sauvignon) : du jamais vu à Bordeaux ! Et le 100% ProVocateur, un petit verdot en sélection massale, une rareté. Et Les Trois Petiotes s'amusent avec En Attendant Suzie, cuvée réalisée exclusivement en 2009 (70 % malbec, 20 % merlot, 10 % cabernet-franc, élevée 24 mois en barriques de 3 ans) et réalisée complètement sans électricité... à la main et à la bougie !

    Dans la besace d'Antoine Gruner, le Dealer de Vin spécialisé dans le naturel italien, il y a les merveilleux Tenuta Grillo. Nous avions adoré le Prattoasciutto 2004 chez Rap, un vin hors du commun qu'Antoine ouvre dimanche. Il annonce aussi un blanc 2006 de longue macération. De Serbie, les Bongiraud nous font découvrir une cuvée 100% zacinjak, un cépage autochtone, la dernière vigne au monde de ce raisin !

    Côté champagne, Francis Boulard est dans la place avec deux quilles qui nous ravissent à chaque fois : Les Rachais Nature 2007 et le Millésime 2006 Vintage. Pierre Charlot fait péter son 100 % pinot meunier millésime 2009, élevé un an en barrique et non dosé. Benoit et Mélanie Tarlant nous gratifient d'une grosse exclu ! Bam ! Si, si, c'est le nom de la cuvée (première fois qu'elle va vraiment être dégustée à Paris) à base de pinot blanc, arbanne, petit meslier. Et la superbe cuvée Louis 1999 à ne pas rater. Enfin, mon chouchou, Olivier Collin (domaine Ulysse Collin) qui fait, à mon avis, les plus grands champagnes jamais goûtés à ce jour qui arrive avec Les Roises (3060 cols) issu d’une vieille vigne de 0,60 ha  en plein cœur de Congy...

    Et forcément, j'en oublie ! Pour profiter de tout cela, il faut donc venir dimanche et lundi à La Bellevilloise... Moi, je trépigne.

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    Allez, flagrant délit de copinage avec Antonin qui coordonne ce salon ! 

    J'ai 5 entrées gratuites à offrir à 5 personnes différentes (prix normal 10 euros pièce). Le règlement du jeu est déposé chez Me Kahusaque, huissier à Genève. Sérieusement, je ne veux pas faire de favoritisme, alors les copains pas besoin de jouer : les places iront aux gens avec qui je n'ai jamais bu un verre. Pour gagner, il suffit de mettre dans les commentaires plus bas, votre nom et celui la cuvée vous fait envie. Puis envoyez-moi un courrier électronique auquel je répondrais si vous faites partie des 5 heureux gagnants. Sinon, toutes les infos pratiques sur le salon, c'est ici.

    A noter enfin que 4 des 5 auteurs de Tronches de Vin (dont ma pomme) et les deux éditrices seront dans le coin ! Dédicace prévue vers 15h le dimanche à l'espace livres. Qu'on se le dise !

  • Retour sur In Vin Bio Veritas, le salon du vin bio en Auvergne

    Jenzat, 512 habitants, son église romane Saint-Martin, sa maison du luthier et son premier In Vin Bio Veritas. Si l'on peut désormais placer ce bled sur la carte de France du vin naturel, c'est grâce au salon du vin bio de Jean-Marc Imberdis, ancien libraire à Vichy, aujourd'hui caviste en ligne sur Le Vert et le Vin. C'était samedi dernier, il pleuvait, puis le soleil a pris sa place, tout comme Tronches de Vin qui a écoulé quelques exemplaires. 

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    Parmi les vignerons invités, du lourd, voire du très lourd. Par exemple, les magnifiques cornas de Mathieu Barret... 

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    ... ou Cuatro Manos 2011, le malbec argentin de Vincent Wallard qui te fait perdre les idées reçues sur l'Argentine vu que toi à la base tu détestes ça et que tu adores le beaujolais... (Vincent est aussi passionnant sur le vin argentin que sur les trancheuses Berkel, plus d'infos sur demande).

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    ...ah le régional de l'étape... Patrick Bouju. On en reparlera tout bientôt, tellement c'est bon...  

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     ...Eva approuve le bojo des Perraud qui a accompagné notre repas de midi...

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    ...le Mas Coris produit un superbe rosé (La Coulée Douce) et Véronique nous gratifie du plus beau crachoir de toute l'Histoire des salons du vin... 

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    ...Je n'ai pas de photos de deux très belles découvertes bordelaises : Valérie et Denis Godelu (Domaine des 3 Petiotes, présenté dans Tronches de Vin) ainsi que Pascale Choime et Laurence Alias (Les Closeries des Moussis, on en reparlera aussi très bientôt comme quoi je ne fais pas que c*** sur les bordeaux). 

    Le lendemain, profitant de l'hospitalité de Jean-Marc, nous avons pris le petit-déjeûner face à la vallée qui va de Gannat à Saint-Pourçain avec une confiture de raisin. Une confiture de contrebande, à base d'un cépage interdit, le noah. En confiture aussi il goûte bien...

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    Bref, le week-end a fait quelques envieux et c'est normal. Alors l'an prochain, vous savez où aller. 

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  • Tronches de Vin passe le week-end en Auvergne

    C'est la valse des salons du pif en ce moment. Tiens, par exemple demain à Jenzat, entre Vichy et Moulins, c'est In Vio Bio Veritas, organisé par le très sérieux caviste en ligne Le Vert et le Vin. Y aura qui ? Y aura qui ? Patrick Bouju, Clusel-Roch, Le Picatier, Gombaude-Guillaud, Isabelle Perraud, Mas Coris... Les copains, quoi ! Et pas mal de choses qu'on ne connait pas, dont un domaine bio de l'Allier que j'ai hâte de découvrir : Terres de Roa.

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    Ah oui, Eva et ma pomme y serons pour présenter Tronches de Vin ! Si j'étais vous et que j'étais dans le coin, je passerais ! Si j'étais vous et que je n'étais pas dans le coin, je ferais un détour !!!
  • Plappevignes, deuxième !

    Me voici pris en flagrant délit de copinage.

    Les 24 et 25 novembre, à Plappeville à côté de Metz, plein de parfaits vignerons ont répondu à l'appel de François Adam. Il y a un peu de changement par rapport à la liste de l'année dernière, on ajoute notamment les copains Sarnin-Berrux. L'intégralité des vignerons présents, c'est ici et c'est assez impressionnant. 

    Joli guest, Cantino assure le miam. Si vous n'êtes toujours pas convaincu, j'ajoute que la régionale de l'étape, Miss GlouGlou, viendra dédicacer son opus.

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    Vous faites ce que vous voulez, on ne peut forcer personne à avoir bon goût. Mais moi j'y serai. 

  • Le Grunge Tasting, c'est demain soir !

    C'est vraiment l'événement glouglou à ne pas râter de ce début de semaine. Et ils sont nombreux à l'avoir compris : on en parle ici, , ailleurs, à cet endroit, par là encore, sans oublier ça, et celà, et sur les réseaux sociaux aussi d'ailleurs. Bref, il va y avoir du monde et du beau.

    On va boire quoi ? Les vins de Didier, d'Ivo, de Luc, de Mathias, d'Olivier et ceux de Pierre. Et  une guest star qui nous fera goûter sa dernière merveille. Alors rendez-vous à L'Hédoniste, à Paris, entre les métros Sentier et Les Halles, de 18h à 22h.

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     Sur Twitter, cherchez #grungetasting !

  • Le Grunge Tasting, avec Pierre Pitiot l'antisarkozyste primeur du Beaujolais

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    Au sein du domaine de l'Astrolabe, à Bully dans le sud du Beaujolais, Pierre Pitiot cultive 1,30 hectare de vignes et un hectare de cerisiers. Cette année, il a vinifié une cuvée primeur baptisée fucks@rkozy.com

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Créé en 1998 sur un terroir argilo-granitique et argilo-calcaire, le domaine faisait 6 hectares et demi jusqu'à l'année dernière. Mais des difficultés financières m'ont obligé à le réduire pour devenir salarié en parallèle. Je travaille en agriculture biologique avec une forte sensibilité pour la biodynamie sans avoir eu jusqu'à présent le courage de passer complètement le cap. Pour info, le millésime 2011 est à moins de 400 grammes de cuivre métal par hectare.

    Ma philosophie de travail de la vigne et du vin est "less is more" : j'essaie d'intervenir le moins souvent possible avec les outils les moins "violents". Je laboure sur quelques centimètres avec un chenillard pour lutter contre l'asphyxie du sol. J'essaie de ne pas rogner les vignes, les traitements sont faits à la sulfateuse à dos. Respecter et entretenir au maximum l'écosystème autour de la vigne, ça me permet d'avoir un sol vivant où la population d'insectes "ravageurs" pour la vigne s'autorégule. 

    En vinification, j’utilise le moins de soufre possible. Sur une cuve à problème, il m'est arrivé d'aller jusqu'à 2 milligrammes par litre mais c'est le maximum pour moi. 2011 est fait absolument sans soufre donc 100 % raisin. Pendant les vinifications, je suis le plus soft possible pour le vin : pas de chauffage, peu de remontage, un petit foulage au pied en début de macération, pas de saturation des cuves en CO2 et bien entendu, pas de levures en sachet... Le vin est mis en bouteilles par gravité sans filtration et sans dégazage. Au final, il se conserve mieux et on peut le "personnaliser" au moment du service en secouant plus ou moins.  

    Depuis deux ans, j'ai décidé de travailler sans aucun chiffre ni analyse avant vinification : mon nez est mon seul outil. Il me semble dommage de se fier à des chiffres. En plus de comporter une marge d'erreur, cela fausse notre jugement et donne place à des interprétations erronées en ce qui concerne l'équilibre d'un vin.

    Ta cuvée fucks@rkozy.com a fait de toi l'antisarkozyste primeur du Beaujolais...

    L'antisarkozysme, j'assume. A mon avis, ce type a fait plus de mal à la France que le baco, le noah (cépages interdits) et le phylloxéra réunis. Cette politique de diviser pour régner est insupportable. Sa collusion affichée avec les patrons de média m'horripile. Il me semble que peu de gens sont dupes de ce qui se passe à la tête de ce pays et pourtant peu de choses bougent. C'est dommage, parce que la démocratie en plus d'être un super concept marketing veut vraiment dire le pouvoir au peuple. 

    Je suis adepte des circuits courts qui favorisent l'emploi local. Il faut absolument arrêter la consommation de masse et considérer que consommer est un acte militant. Acheter en grande et moyenne surface, c'est donner de l'argent à un système qui a mon avis nous opprime moralement et physiquement tout en anesthésiant notre capacité de jugement. 

    Après, il y a un autre truc qui me révolte : c'est ce système complètement décadent de l'A.O.C. Il favorise le négoce en nivelant la qualité par le bas. Faire croire au consommateur qu'une A.O.C. lui garantit une authenticité tient au mieux de la bêtise, mais le plus souvent c'est un mensonge. La traçabilité apportée est illusoire, la constante gustative un mythe. Pour moi, seul l'avis de mon consommateur final compte, qu'il soit novice ou non. Son avis m'intéresse, le reste n'est que de la paperasse pour bien-pensants.  

    Docn oui, le vin c'est grunge ! Le vin n'a de saveur que dans son partage et on ne peut pas dire que ce soit la valeur montante de notre société. Moi je trouve ça assez grunge.   

    Peux-tu nous présenter une des cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre

    Je viens avec ma cuvée Il était une soif 2009 issue de vignes en agriculture biologique depuis 10 ans sur un coteau argilo-calcaire de Theizé orienté sud-est à près de 500 mètres d'altitude. Les vignes sont issues de sélection massale avec une moyenne d'âge de 90 ans. Sur cette parcelle, la roche mère est rarement à plus de 30 centimètres de la surface : il s’agit vraiment de conditions extrêmes pour la vigne qui ne donne qu'une quinzaine d'hectolitres à l'hectare. Sur cette cuvée, j'ai essayé de faire un vin de garde en laissant le gamay exprimer ses notes épicées : muscade, pivoine, clou de girofle... C'est une bouteille  qui permet de d'entrevoir la filiation entre le gamay et ses cousins pinot noir, petite serine et mondeuse.

  • Le Grunge Tasting avec Ivo Ferreira, la meilleure crapule du Languedoc

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    Après un passage par les restaurants étoilés, Ivo Ferreira est devenu vigneron à Montpeyroux, au coeur des terrasses du Larzac, au nord-ouest de Montpellier. Sur les sols arides du domaine de l'Escarpolette, il cultive 3 hectares et demi de vignes. 

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ? 

    J'ai pour habitude de dire que je travaille de manière naturelle et pourtant ancestrale ! Mon domaine est partagé en une quinzaine de parcelles elles-mêmes situées dans cinq villages différents : une sacrée mosaïque de terroirs, d'altitudes et de cépages ! J'en fait cinq cuvées de rouge, une de blanc et un tout petit peu de liquoreux. Mes vignes sont travaillées et uniquement traitées avec des minéraux, la plupart du temps par poudrage. Les sols sont labourés légèrement en surface une fois par an au début du printemps. Mes vins sont faits sans aucun ajout de produit œnologique et mes cuvées haut de gamme sont sans sulfite ajouté.

    Travailler de la sorte, c'est un acte rebelle ?

    Aujourd'hui, faire du vin est devenu facile et accessible au commun des mortels. Avec l'aide des conseillers viticoles et d'un bon labo oenologique, on peut arriver à faire un vin sans défaut. Mais où est l'authenticité, l'expression du vigneron, son caractère ? Pour moi c'est une évidence et je ne saurais pas faire autrement. Je recherche une sorte de pureté, d'expression du terroir et du millésime ; pour y parvenir, je ne fais aucune concession et je ne suis aucune recette établie... Juste de l'instinct et beaucoup d’attention.

    Peux-tu nous présenter une de tes cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre ?  

    Le blanc de l'Escarpolette ! C'est la première année que j'en fais. Bien sûr, je le trouve bien bon mais surtout ce sont les premières parcelles que j'ai récoltées cette année, une récolte mémorable...  C'est un assemblage de muscat et de macabeu qui subit une macération jusqu’à la fin des sucres, un peu comme en rouge. Du coup, on a un nez très, très exotique avec une bouche fraiche et tranchante. Le contraste surprend et j'aime ça !

  • Le Grunge Tasting avec Mathias Marquet, l'utopiste de Bergerac

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    A Sigoulès en Dordogne, Mathias Marquet produit les vins du Château Lestignac : des blancs secs et des blancs moelleux, un bonbon de rosé et évidemment des rouges, le tout réparti sur une quinzaine d'hectares de vignes en conversion bio. Il est aussi un des vignerons-blogueurs les plus en vue de la toile.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ? 

    L'idée est assez simple finalement : faire du bon vin issu de raisins. Cela peut même paraitre simpliste et les moyens pour y arriver sont finalement assez réduits : il faut une terre saine, le travail en biodynamie est là pour y aider. Dans cette philosophie, on pioche les outils pour retrouver nos sens que l'on a laissés entre les mains des manufactures d'engrais ou de produits phytosanitaires et des ingénieurs agronomes.

    La biodynamie, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est d'abord une philosophie qu'il faut s'approprier sans dogmatisme. On ne va pas récupérer nos oreilles attentives qu'on a confiées aux chimistes pour les confier à d'autres gourous dogmatiques aussi biodynamiques soient-ils. C'est donc une observation issue d'expériences diverses et variées. Qu'est-ce qui pousse sur ma parcelle hormis la vigne ? Quand est-ce que cela pousse ? Ma terre est-elle compacte et pourquoi ? Pourquoi est-elle élastique ici et pas ailleurs ? Comment mon sol réagit-il aux pluies ? Comment la matière végétale réagit-elle ? Quel est le temps d'humification du broyat de sarment ? Etc.

    Vient ensuite la période des solutions. L'idée est alors d'essayer beaucoup de techniques et d'outils pour qu'ils puissent aller dans le sens d'une complète autonomie des sols. La préférence va toujours à la facilité : on préfère le fumier des vaches qui gambadent le long de nos parcelles, on préfere des semis de plantes qui se resèment. On préfère faire le boulot à la main plutôt que de passer trois plombes à chercher chez X fournisseurs l'outil qui va bien aller. Ainsi, on va vers des sols qui s'autofertilisent. Le broyat de sarment permet de fournir 50 à 70 % des besoins nutritifs de la plante. Pour les 50 à 30 % restants, on essaie de faire bosser les vers de terre, grâce à des solutions comme la bouse de corne qu'ils apprécient beaucoup. Donc plus ça va, plus on se dirige vers une grosse fainéantise sur le travail, une non-intervention que l'on pousse le plus possible. Moins on intervient, mieux on se porte. On ne coupe pas l'herbe hormis en fin de saison. on travaille deux fois les sols dans l'année. Pour moi la biodynamie, c'est demander à la plante de se démerder toute seule, en lui envoyant seulement des messages au bon moment.

    Et le terroir ? Pour moi, c'est une photo prise à un instant t. C'est l'image d'une année pour le vin, l'image d'une vie de cochon pour un saussisson, d'une vie de poulet, d'une vie de canard, etc. Il peut y avoir de belles photos retouchées grâce à Photoshop : on va apprécier les couleurs, la mise en scène mais personnellement j'ai toujours aimé les photos volées, aussi floues soient-elles car elles expriment à la fois un moment et un regard. Pour moi, si le terroir doit être mis en bouteille, c'est dans son entité entière. Je suis prêt à boire des vins plus durs ou des vins plus acides si je ressens le terroir. Je me fous completement des arômes : les "petits fruits rouges" ou les "agrumes", on s'en contrebalance ici. Ce qui nous intéresse, c'est que le vin ait une personnalité.

    Tout ça pour dire qu'on fait du vin en mettant des raisins dans une cuve et après ça fermente. Des fois bien, des fois mal. Puis quand c'est fini, on met en bouteille. Avec un peu de soufre, parfois sans, ça dépend de la gueule du pinard. Voilà : du raisin et que du raisin. Je veux boire du terroir, c'est ce que j'aime. Je ne demande pas que tout le monde aime. Enfin un minimum, c'est mieux quand même pour casser la croûte. Mais j'avoue que ça m'énerve franchement quand j'entends des petits vignerons (petits par la taille de leur structure) parler de terroir et utiliser les mêmes produits que l'industrie du vin. Autant les gros ils font du coca et il en faut malheureusement : ça plait ou pas, chacun son truc, il y aura toujours des péquenots pour aller acheter. Ce n'est pas une critique contre ces gens-là, ni contre les producteurs ni contre les consommateurs : c'est un constat. Mais les petits qui font pareil jettent le doute sur chacun d'entre nous : ils travestissent la notion de terroir. Boire tel ou tel vin avec une belle gomme arabique et une bonne claque de soufre, ça m'énerve d'autant plus si on me l'a vendu, avant de tremper mes lèvres innocentes dans le verre corrompu, comme provenant "d'un petit vigneron". Et je sais qu'on va me resservir le couplet sur la "sécurisation du parcours vinicole", c'est-à-dire qu'il faudrait éviter de "rater sa cuve" déjà que "c'est pas facile, mon pauvre monsieur, il y a déjà suffisamment de risques comme ça pour ne pas en prendre d'autres" afin d'assurer au vigneron sa récolte... Nanana... Toute cette crotte pèse autant que "c'est pas avec le bio qu'on nourrira la planète" : pour moi c'est pareil. On se plaint du désintéressement des gens pour les vins, on se plaint que les Français boivent de moins en moins. Pourtant si on écoute les neuneulogues, le vin n'a jamais été aussi bon qu'aujourd'hui : c'est bizarre quand même ! 

    En disant cela, tu passes vraiment pour l'utopiste de Bergerac ! Le vin c'est donc forcément un truc de rebelles...

    Penser qu'un artisan doit forcément bosser proprement, c'est sûrement utopiste. Pour moi, le vin ce n'est pas grunge même si certains vins le sont. Le vin, c'est même plutôt chiant. Si si... Viens avec moi un week-end sur un salon, tu verras : parler de vin me fatigue... On a vite fait le tour pour moi. D'une part, je n'ai pas les mots pour parler avec un amateur, je ne sais pas "démocratiser" comme on dit. Ensuite, la seule question qui vaille c'est "j'aime ou j'aime pas". Je parle pour moi bien sûr. Il y a des gens qui adorent parler des vins, les décrire... Et je les respecte mais moi ce n'est pas ma came. Enfin quelques minutes, le temps de parler du vin qu'on vient de boire : y passer deux plombes a tendance à me gonfler, surtout quand c'est mon propre vin !

    Ensuite je dirais que je vois le vin naturel comme un concert en live. J'adore aller voir un groupe de musique jouer sur scène : on va à un concert pour une rencontre, sentir une émotion. Le CD peut être génial mais lorsqu'on appuie sur play, c'est la même chanson qui est jouée à chaque fois. J'aime le vin naturel pour le rendez-vous qu'il nous donne à chaque fois, manqué ou réussi... J'aime les vins rebelles, les vins grunges mais j'aime aussi les grands classiques de Bordeaux lorsqu'ils sont bien faits, comme j'aime les Gymnopédies de Satie ou la Septième Symphonie de Beethoven. Mais ça peut être grunge de boire un Lafite à la bouteille sur un skate tout comme écouter la Septième à fond les ballons dans une 205 GT Turbo !

    Peux-tu nous présenter une des cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre

    Solelhas : une belle femelle d'un an à peine. Elle est aimable, vous caresse le bout de la langue avant de partir en tension comme une cordelette aux jarrets de Nafissatou. Elle est ardente, d'où son nom : solelhas signifie "plein soleil" en occitan. Son pays, c'est le silex. La lumière tape dessus et rejaillit par dessous la grappe, ce qui permet aux raisins d'être ramassés en surmaturation, botrytisés à 70 %. Ensuite, on laisse dame nature finir les sucres : ça donne un vin inclassable, un ovni à mes yeux !

  • Le Grunge Tasting, avec Olivier Techer et son "rock and Pomerol"

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    A Pomerol, au sein de la propriété familiale, Olivier Techer cultive une dizaine d'hectares pour élaborer les vins bios du château Gombaude-Guillot.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Gombaude-Guillot est dans la famille depuis 1868. Prenant la suite de son père en 1983, ma mère, ingénieur agronome de formation, a cherché à se rapprocher du magnifique terroir du plateau de Pomerol. Elle a donc peu à peu supprimé les traitements qui lui semblaient superflus, en leur préférant des méthodes plus naturelles, comme l'enherbement. Finalement en 1992, elle s'est rendue compte qu'elle était dans le cahier des charges A.B. et elle a demandé la certification en 1997 : Gombaude-Guillot est donc un des précurseurs de la viticulture biologique dans le Bordelais. De plus, nous travaillons en biodynamie depuis 2005 sans être certifiés ; pour nous, cela reste une démarche personnelle et difficilement certifiable. Les rendements sont relativement faibles (37 hectolitres par hectare en moyenne sur les dernières années). Au chai, le seul intrant est le soufre mais nous l'utilisons le moins possible et la quantité varie en fonction de l'état sanitaire du raisin. Sur 2010 par exemple, nous n'avons pas sulfité la vendange. Nous travaillons uniquement en levures indigènes et nous collons (si nécessaire seulement) au blanc d'oeuf bio. Nos vins entrent-ils dans la catégorie "naturels" ? Je ne sais pas, nous essayons juste de faire parler le terroir, sans mettre dans nos vins toute la panoplie des artifices à la mode. Mais n'oublions pas que sans l'homme, il n'y a pas de vin. Je m'inscris tout à fait dans le prolongement de ce que mes parents ont fait et et continuent de faire. Gombaude-Guillot est un très bel outil et je compte bien continuer dans ce sens !

    Pour le Grunge Tasting, on t'a présenté comme le producteur du "rock and Pomerol"... Tu es un peu le rebelle de Pomerol ?

    Dans ma jeunesse, j'ai chanté dans un groupe de métal et plus jeune encore, j'aimais beaucoup Nirvana, comme tous les gosses de mon âge. Mais j'évite de mettre des poils et des cheveux gras dans mes cuves... Ici à Bordeaux, tout est tellement figé que si vous faites un pas de travers, vous êtes un rebelle. Alors mon père, lui, c'est un guérillero. Moi je me contente de le soutenir, je suis encore un débutant.

    Peux-tu nous présenter une de tes cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre ?

    Château Gombaude-Guillot 1998 : un grand bordeaux dans un grand millésime à Pomerol. Puissance, velouté, équilibre, finesse et prêt à boire. C'était l'année de mes 18 ans, de la Coupe du monde de football et j'ai participé aux vendanges.

  • Le Grunge Tasting avec Didier Michaud, l'underground du Médoc

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    Pour élaborer les vins du Château Planquette, Didier Michaud cultive 1,70 hectare de vignes (principalement du cabernet-sauvignon et du merlot, additionnés de petit verdot) sur les communes de Saint-Yzans-de-Médoc et Couquèques dans le nord du Médoc.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Je veux faire le vin que j'aime : sincère et sans compromis. Les rendements ? Bas, 30 hectolitres par hectare. L'agriculture raisonnée ? Même les bios ne sont pas toujours raisonnables... Le bio justement ? Comme ouvrier agricole, j'ai remué pas mal de bidons à tête de mort dans ma vie. Chez moi, je ne pourrais pas regarder un client dans les yeux si je savais qu'il y a ce genre de truc dans son verre, même en infime quantité. Mais cette mention va perdre en grande partie le peu de sens qui lui restait quand le vin va rentrer dans la réglementation européenne très peu contraignante car elle autorise l'oenologie corrective. Donc pas sûr que je continue à la revendiquer. La biodynamie ? Je ne pratique pas. Le soufre ? C'est un vaste débat. Il y a pas mal de de blabla ; mais pour faire court, je ne me l'interdis pas. J'ai 2 milligrammes par litre de SO2 total sur le 2008 mis en bouteille après pas loin de trois ans d'élevage en barriques. Et je mets toujours mes analyses en ligne. Le vin naturel ? On y a catalogué mes vins à l'insu de mon plein gré !

    Pour toi, l'underground du Médoc, le vin c'est un truc de rebelle ?

    Dans le rebelle il y a souvent un côté provoc', ce n'est pas mon cas. Mais on se retrouve catalogué comme tel quand on veut bosser propre et honnête : je trouve ça étrange.

    Peux-tu nous présenter une des cuvées que tu vas nous faire goûter au Grunge Tasting le 12 décembre ?

    Je n'aime pas parler de mes vins, je trouve ça égocentrique... Il y aura du 2008, le seul millésime que j'ai en ce moment à la vente : il a été mis en bouteille au mois de juillet. Il y aura aussi quelques bouteilles de 2003 classé en vin de table. Ce sont deux années complètement opposées : j'aime bien déstabiliser !

  • Le Grunge Tasting avec Luc Charlier, le sans-culotte du Roussillon

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    Médecin de formation, ancien collaborateur à la revue In Vino Veritas et formateur en oenologie, Luc Charlier a créé en 2005 le domaine de la Coume Majou. Son vignoble d'une dizaine d'hectares s'étend sur Saint-Paul-de-Fenouillet, Estagel et Tautavel, à l'est de Perpignan.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Je suis un littéraire (je parle 6 langues et j'ai étudié le latin et le grec) que ses parents ont obligé à faire une formation scientifique (bac + 14 !). La vigne est une passion et passe par les principes suivants : le moins de chimie possible, le respect de la planète, des petits rendements, une propreté absolue (mais pas stérilité !), une technique maîtrisée là où il faut, pas d’ésotérisme (Steiner, le père de la biodynamie, est un leurre et une tricherie). Et élaborer le vin qui me plaît et trouver la clientèle qui partage ces goûts, pas l’inverse. Il n’y a pas de vin sans soufre mais, moins on en utilise, mieux cela vaut.

    Pour toi, le sans-culotte du Roussillon, le vin c'est quelque chose de fondamentalement rebelle ?

    Jacques Berthomeau a publié – un peu à mon incitation – une photo en kilt, révélant que je ne porte pas de slip. Mon affinité avec les sans-culotte s’arrête là. Je serais plutôt d’obédience trotskiste, sans la réthorique pseudo-révolutionnaire. Mon coup de gueule c'est plutôt contre la grand-distribution : celle-ci tue l’agriculture, partout et toujours. Mais on se passe aussi très bien de vin : c’est un produit de culture, de plaisir, d’échange et pas un produit de grande consommation. En même temps, c’est un truc d’enfant gâté, de bobo, de snob, de happy few. Grosse contradiction.

    Quelle cuvée vas-tu nous faire goûter au Grunge Tasting le 12 décembre ?

    Je vais mettre en avant la Cuvée Majou 2008. C’est mon coeur de gamme (entre 4 000 et 8 000 bouteilles par an). Elle renferme les meilleurs grenaches du domaine et des fantastiques vieux carignans. C’est le vin que je voulais élaborer et il ressemble à un Châteauneuf-du-Pape qui aurait de l’élégance en plus. Si on n’aime pas cette cuvée – et c’est le droit de chacun – on n’adhère pas à mes goûts en matière de vin. Son prix également me paraît correspondre à une réalité raisonnable. Suivant le millésime, il tourne entre 12 et 18 euros TTC pour les particuliers. Vu le rendement ridiculement bas (autour de 15 hectolitres par hectare), je pense que c’est bon marché. Personnellement, j’éprouve rarement du plaisir à boire des vins de moins de 7-8 euros (le muscadet est souvent une exception) et il ne m’arrive jamais de payer plus de 20 euros (sauf pour des liquoreux allemands de sommet de gamme).

  • Vendredis du vin n°41 : quelles bubulles pour un mariage ?

    Stéphanie a placé ces 41èmes Vendredis du Vin sous le signe du romantisme : quelles bulles conseilleriez-vous à un ami qui vous demande "tiens, toi qu'aimes bien le pinard, t'as bien une idée de vins pour notre mariage ?". Connaissant les coquins de la bande, on ne devrait pas trop parler champagne ce vendredi mais petites quilles insolites. Et puis c'est cher le champagne : on peut pas forcément mettre 15, 20 voire 30 euros multipliés par X bouteilles... Oui, on croit que c'est un thème facile, mais en fait, point du tout.

    Moi je n'ai pas peur, je commence par sortir un beau cliché.  Qui dit romantisme, dit Italie non ?

    Etre romantique et italien, ça ne suffit pas pour des bubulles de mariage... Il faut que la bibine plaise au plus grand nombre, notamment à mamie ; à 75 piges, elle n'y connait toujours rien en jaja mais à force d'en siffler, elle a des goûts très arrêtés. Et un jaja qui plairait pas à mamie, ça ferait capoter toute la cérémonie. Malheureusement pour satisfaire le plus grand nombre, il faut faire des concessions. Moi j'aurais adoré un truc très rêche, tendu comme un string de mariée, genre un muscadet naturel qui frizzantait encore, mais au fond, pourquoi pas un peu de sucre résiduel dans le verre ? Et j'avoue que oui, au fond, un tel vin me plairait bien pour le vin d'honneur : rien de tel pour se réveiller, comme après la sieste. D'ailleurs souvent durant la cérémonie à l'église ou à la mairie, il m'arrive de m'assoupir : ça serait parfait donc. 

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    Italien avec des bulles et un fond de sucre. Certains auront sans doute deviné là où je vais en venir. Et bien non, ou en tout cas pas tout à fait. Car plaire au plus grand nombre ne signifie pas pour autant abandonner toute originalité. Je serais plutôt du genre "je vous ai trouvé un petit vin rien que pour vous, certes il va scotcher l'assemblée mais surtout aucun risque de retrouver cette bouteille au mariage de Gégé et Muriel l'année prochaine". En allant trifouiller dans les recoins de la Botte, on est sûr de faire dans l'original. Vu que c'est un peu planqué, vu que la bouteille est peu connue, vu que le vigneron n'emploie pas des armées de commerciaux pour matraquer les clients dans le monde entier, le prix ne devrait pas être très élevé. Hé oui, on a beau être romantique, le terre-à-terre nous rattrape : je le répète, on n'a malheureusement pas le budget pour remplir les gosiers de Vieilles Vignes Françaises de Bollinger. D'ailleurs, même pour Kate et Willy, je crois me souvenir qu'on s'est arrêté au R.D. et c'est déjà pas mal. Tout ça pour dire que ma quille coûte 8 euros chez un bon caviste.

    Cessons de saliver, entrons enfin dans le vif du sujet. Vous avez deviné, c'est bien un moscato d'asti. Enfin presque... Vu qu'il n'est pas produit sur l'aire d'appellation, il n'a pas droit à ce doux nom. Pourtant tout est identique dans la vinif. Oui, pour votre mariage, je vous ai apporté un bonbon transalpin classé en vin de table : c'est le Muscatin de Morando Silvio. Comme son nom le laisse présager, ça vient donc d'Italie, du Piémont et c'est précisément produit à 25 kilomètres au nord-est d'Asti. Comment ça bosse là-bas ? On n'est pas en bio mais on tend à s'en approcher.

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    Et dans le verre ça dit quoi ? Comme souvent dans le moscato d'asti, la bulle est très fine, pas du tout agressive. Le nez est sacrément riche sur les fruits blancs bien mûrs. En bouche, le sucre arrive de suite puis s'évapore laissant place à une acidité joyeuse. Oui, c'est la fête autant dans la bouche que sur les visages des mariés : aucune lourdeur en ce jour heureux ! Et joli coefficient de torchabilité car c'est incroyablement digeste. Le vin est là pour réveiller les papilles tout en enveloppant tendrement les palais. Pour que je recommande un vin italien, pas certifié bio et un poil sucré, croyez-moi, c'est qu'il est bien bon... On peut dire que ça fonctionne avec le vin d'honneur à condition de l'accompagner d'un buffet de merdouilles aux fruits un peu acides genre un canapé pamplemousse-poisson ou pourquoi pas un roulé au roquefort. Et ça fonctionne merveilleusement bien avec le dessert qui ne sera pas au chocolat (car l'an prochain chez Gégé et Muriel, je suis certain qu'on va se farcir un truc au chocolat en plus de la pièce montée imbouffable).

    Evidemment, on va me tomber dessus à bras raccourcis en gueulant que le Piémont, c'est pas à la porte à côté, à moins de faire son mariage vers Nice. Certes, donc je vous sors mon argument-bon plan : on trouve ce vin chez le restaurateur-caviste François Adam, à Plappeville à côté de Metz. Et comme le hasard fait bien les choses, il organise ce week-end son premier salon du vin joliment baptisé Plappevignes. Morando Silvio sera là avec son Muscatin et tous ses autres vins. Qu'on se le dise !
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    Et je finirai par dire que plutôt que Tozzi, je préfère Brassens qui raconte le thème et la quille du jour bien mieux que n'importe qui.
     
  • Plappevignes : de parfaits vignerons tiennent salon à côté de Metz

    C'est à Sébastien Lapaque que je chipe cet amer constat que faisait déjà Pline l'Ancien dans le livre XIV de son Histoire naturelle : "notre époque a connu peu d'exemples de parfaits vignerons". C'est pourquoi il faut les mettre en avant.

    Côté miam-miam à Metz, les Lorrains sont gâtés : un joli marché couvert, les charcuteries d'Eric Humbert, Cantino et plein d'autres réjouissances à découvrir. Et côté vins ? C'est un peu le désert depuis la fermeture d'un caviste engagé. Seul résiste François Adam en proche banlieue.

    Le patron du très bon restaurant La Vigne d'Adam (j'en ai parlé ici et ) vend dans sa cave attenante les jolis vins qu'il sert à table. Pour mieux les faire connaître et mieux les partager, il a fait le pari de monter un salon du vin. Comme ça, à partir de rien d'existant. Il a appelé les vignerons qui ont vite répondu présents. Aidé par quelques bénévoles, il a façonné Plappevignes qui se tient le week-end prochain dans la salle des fêtes de son petit village, Plappeville, à 5 kilomètres de Metz. Moi, j'ai déjà mon billet de train.

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    Une première chose qui est fondamentale : les estomacs ne vont pas crier famine puisque c'est Cantino qui s'occupe de la popote... Et ça, ça dépote mon pote. On pourra aussi s'y procurer les créations de Rémy Bousquet.

    D'accord, mais qu'est-ce qu'on va y boire ? Des vignerons du coin ? Oui, mais il n'y en a qu'un : Pascal Oury, le seul représentant de l'A.O.C. Moselle sur le salon. Alors il va sans doute y avoir plein d'Alsaciens vu que ce n'est pas loin ? Non, il ne s'agit pas d'un salon d'amateurs monté avec des copains vignerons qui habitent 200 bornes à la ronde.

    On va boire quoi alors ??! Des noms bien connus ici : le domaine de Montgilet (en Anjou), les beaujolais du domaine Lapierre et du Château-Cambon ainsi que les grands vins d'Henri Milan (Provence). Hé ouais... Rien que ça. On n'est pas vraiment dans la catégorie petits joueurs.

    Nous sommes aussi impatients de retrouver Philippe Gimel à Saint-Jean-du-Barroux (Rhône), les Clos des Boutes de Sylvain Boutée (Costières-de-Nîmes), Stéphane Aladame et Capitain-Gagnerot (Bourgogne), Frédéric Sigonneau du domaine de l'R (Chinon), Rijckaert (à la fois dans le Jura et vers Mâcon), le domaine de Cazaban (Aude) et La Badiane (Provence). 

    Ne passons pas à côté de ceux que nous ne connaissons pas et qui vont sans doute nous ravir. Château Cornélie (Médoc), domaine du Plo notre-Dame (Minervois), Mas d'Espanetdomaine de l'Ermitage du Pic, château de Joncquièresdomaine d'Erianedomaine Rocaudy (Languedoc), domaine Coudoulis (Gard), Morando Silvio (Piémont, Italie), Prunier Bonheur, Phillippe Garrey, domaine des Roches (Bourgogne), domaine des Balmettes, domaine des Mathouans (Roussillon), château de Gaudou (Cahors), la Chapelle de Loyse (Beaujolais) et les champagnes Hénin Delouvin.

    Il faut saluer le travail de François : je suis vraiment impressionné par le panel de vignerons qu'il a pu réunir. C'est peut-être l'aune d'une aire vinique nouvelle en Moselle

    Plappevignes, Salon de Vignerons. Samedi 26 et dimanche 27 novembre de 10h à 19h à la salle des Fêtes de Plappeville. C'est 6 euros l'entrée mais 1 euro est reversé à l'association Noël de Joie.

    Et concernant les saillies de Pline l'Ancien qui sont encore d'actualité, on y reviendra bientôt.

  • Selosse millésime 2002 : déjà Napoléon perce sous Bonaparte

    Cette année, Augé a avancé sa traditionnelle dégustation des champagnes de vignerons à la mi-octobre. J'ai l'impression qu'il y avait un peu moins foule cette année.

    Mais les vignerons sont là et avant tout Anselme Selosse qui nous enchante avec l'Initial et son rosé (j'avoue être moins partisan des lieux-dits). C'est un monde à part, cinq coudées au-dessus de tout le monde. Ce n'est pas une nouveauté. Par contre, ce qui est une nouveauté c'est son millésimé 2002 qui attend encore et ne sera mis en vente que l'année prochaine. Bon, il a tout de même apporté quelques bouteilles, pour faire goûter. Et déjà Napoléon perce sous Bonaparte, tel un grand bourgogne pétillant. Bien sûr, il n'est pas à son apogée. Mais celui-là, on l'attend de pied ferme.

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    Juste à côté, Olivier Collin de la maison Ulysse Collin. Marc Sibard nous avait mis l'eau à la bouche à coup de magnum de Blanc de blancs base 2005. Le base 2007 se révèle presque aussi superbe, j'en ai désormais six à la maison.

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  • Deux superbes rouges

    J'ai du mal à suivre les saisons du vin. Alors que le bon goût classique exigerait le contraire, il faut dire qu'en hiver je suis plutôt petits blancs et grands rouges en été. Ce soir, chez Vindicateur, deux très très belles bouteilles. J'ai enfin goûté au Trévallon 2005. Un nez transcendantal. Forcément, il fallait des couilles à la bouche pour que les papilles soient au niveau : un poil moins réussie, cette bouche. Peut-être ai-je vraiment un souci avec le cabernet-sauvignon ? (cette grande cuvée rouge étant mi-cabernet, mi-syrah). Mais c'est vraiment une très belle bouteille. Incroyable jeunesse, elle est d'une fraîcheur incroyable et peut sans doute patienter quinze ans sans souci. Un grand vin et une première très belle rencontre avec ce domaine.

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    Autre bouteille remarquable, le Clos Syrah Léone 2002 du domaine Peyre Rose en Languedoc. Une force formidable, un joli velouté. Grande classe bio.

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  • Mais d'où leur vient cette infinie douceur...

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    Nicholas Sikorski parle autant de langues qu'il existe de cuvées de Nikka. Français, anglais, japonais, coréen... Ce spécialiste du whisky japonais travaille à La Maison du WhiskyStéphanie et moi avons eu droit à un cours privé à l'étage de la boutique du carrefour de l'Odéon. Un moment rare.

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    Stéphanie a déjà raconté la petite histoire de NikkaMasataka Taketsuru est envoyé en Ecosse en 1919 pour étudier la chimie. Les atomes crochus, ce sera surtout avec une prénommée Jessie (surnommée Rita) qu'il les travaillera avant de prêter main forte à une distillerie de whisky. A son retour au Japon, il crée successivement plusieurs distilleries dont celle de Yoichi en 1934. Aujourd'hui, Nikka est la marque emblématique du whisky japonais. Autour de moi, j'ai l'impression qu'on est passé du "si, si, ça existe..." au "ah oui, je connais, c'est bon d'ailleurs". Pour Nicholas, ce n'est ni la mode ni le film Lost in Translation qui ont fait la réputation de ce breuvage et de Nikka en particulier : ça commence à prendre parce que ce sont avant tout de très bons whiskies. Bien sûr, la production est plus confidentielle que les grandes marques écossaises ou irlandaises.

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    Il y a aujourd'hui deux distilleries Nikka : celle de Yoichi, sur l'île de Hokkaido au nord de l'archipel et celle de Miyagikyo. Cette dernière se situe dans la région de Sendai frappée par le tremblement de terre puis le tsunami en mars dernier. Sur le coup, il n'y a eu quelques dégâts minimes. Quant aux conséquences de Fukushima, Nicholas se veut aussi très rassurant. En parcourant l'histoire ancienne et plus récente de Nikka, il nous sert quelques centilitres des 6 cuvées à goûter aujourd'hui.

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    Commençons par la gamme pure malt Taketsuru, qui porte le nom du fondateur de Nikka. Ils proviennent chacun d'un assemblage (blend) des deux distilleries Nikka. Le 12 ans (40°) me semble particulièrement fruité et léger, à l'image de certains whiskeys irlandais que j'affectionne. Il est très, très facile d'accès.

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    Le pure malt Taketsuru 17 ans (43°) est vieilli en fût de sherry d'où sa robe plus foncée. Plus classique et toujours aussi peu agressif. Revient alors le couplet qu'on entend parfois : "vraiment, le whisky Nikka, c'est un whisky pour les femmes". Je ne suis absolument pas d'accord : ce n'est pas parce que je suis un homme que je ne recherche pas des choses légères et fruitées, à plus forte raison quand on dépasse 40°. Il y a un imaginaire yankee qui nous fait croire que le bourbon bien corsé c'est pour les vrais mecs. C'est aussi idiot que de dire que les femmes préfèrent le vin blanc : autour de moi, elles préfèrent le rouge à 80 %.

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    Le pure malt Taketsuru 21 ans (43°) possède une complexité exceptionnelle. J'y trouve les arômes de vin jaune (à la Michel Couvreur) et des senteurs plus asiatiques (encens, bois précieux...) mais le tout sur une très grande finesse. Là encore, on n'est pas du tout dans le démonstratif : le nez d'ailleurs, très ample, parle tout seul. Elu plusieurs fois meilleur pure malt au monde.

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    Voyons maintenant le travail de chacune des distilleries. La première : Miyagikyo, celle qui n'est pas très éloignée de Sendai. Son single malt 10 ans (45°, en échantillon ou en bouteille) est très charmeur, très simple sans être simpliste. Sa finesse va être explosée par le suivant.

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    Place à la star, le single malt 10 ans (45°) de la distillerie Yoichi. Celui que j'ai rapporté de Tokyo puis de Séoul il y a quelques années. C'est terriblement plus rustique, plus fort que le précédent. Le feu de l'alcool est bien plus présent mais après la seconde gorgée (ben quoi ? on profite...) l'incendie se calme et la bouteille gagne en noblesse. C'est le whisky Nikka auquel je suis le plus habitué mais après avoir goûté les autres, j'avoue ma préférence pour plus de légèreté. Tout change et c'est heureux. Attention, je dis "fort" mais on n'est pas non plus dans le distillat intorchable : c'est une puissance noble.

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    Enfin, dernière quille ouverte, le Nikka from the Barrel. Une sacrée réussite et peut-être ma cuvée préférée aujourd'hui. Voici un blend affiné en fût de bourbon à partir des deux single malts de chaque distillerie et d'un whisky de grain qui adoucit les précédents. Immensément long en bouche, un côté fruité qui n'enlève pas la marque de l'élevage : tout s'équilibre malgré 51,4° au compteur. Et on ne devrait pas dire ça car il n'y a aucune influence sur le goût, mais le design de la bouteille est particulièrement élégant.

     

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    En réalité, des cuvées Nikka, il en existe une multitude. Il suffit de descendre au rez-de-chaussée et de baver sur la masse de bouteilles. Des opérations spéciales, des millésimées, des spéciales millésimées... La liste est assez longue.

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    Au sous-sol, nous jettons un coup d'oeil sur les autres spiritueux (arak, calvados, vodka, gin, saké...) à chaque fois choisis pour leurs qualités gustatives. Ces bouteilles sont souvent introuvables ailleurs, LMDW en étant parfois l'importateur exclusif. Revenus à l'étage, nous poursuivons la discussion sur les méthodes de travail de Nikka : dans la distillerie Yoichi, on continue à chauffer les alambics au charbon lors de la première distillation. N'ayant pas l'uniformité d'un autre mode de chauffe, la flamme modèle le distillat et exalte les parfums. Un peu comme une pizza au feu de bois... Nicholas nous glisse aussi le nom de Ichiro Akuto qui essaie de lancer son whisky 100 % japonais (des céréales au chêne pour les fûts de vieillissement) alors que souvent, rien que la matière première arrive de l'étranger. Question accords mets-whisky, nous réfléchissons aux crevettes sur les bouteilles les plus fines ou au whisky vieilli en fût de sherry sur une viande rouge...

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    On mesure la chance qui est la nôtre à deviser des mérites au demeurant assez peu connus du Japon en matière de whisky. Jusqu'au moment où Nicholas reprend les choses en main : "ici c'est La Maison du Whisky, mais on veut se démarquer de cet esprit whisky et montrer qu'il existe d'autres spiritueux. C'est pourquoi cette boutique à Odéon s'appelle LMDW Fine Spirits... Et tant qu'on est là, vous voudriez goûter quelque chose d'autre que du whisky ?" Ben tiens...

    Première (nouvelle) étape. L'alcool blanc dans le verre me parle. En bon Lorrain qui n'y faisait pas trop attention, j'ai toujours mis un signe d'égalité entre kirsch et tord-boyaux. Ici, rien de tout ça. Cet alcool de cerises sauvages (ciliegie selvatiche) est gigantesque. Une fraîcheur, une ouverture, un fruit mais de l'amer aussi. Epoustouflant. C'est italien, ça vient de la région de Venise et notre homme s'appelle Vittorio Gianni Capovilla. LMDW dit qu'il s'agit de la meilleure eau-de-vie de cerise au monde : c'est certain.

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    Commence la série des mezcal Del Maguey. Des quoi ? Un cousin de la téquila obtenu par distillation d'un type d'agave, le maguey, qui diffère des agaves à téquila. On est au Mexique, au sud du pays, dans la région d'Oaxaca. Ce qui signifie que ce n'est pas du tout ma culture de spiritueux. On est loin du whisky, du kirsch ou de l'armagnac. Quoique...

    Le mezcal, comment ça marche ? On coupe les agaves, on les cuit, on presse pour obtenir du jus qui va fermenter et on distille au feu de bois. Tout est fait de manière artisanale par des familles qui respectent des traditions plusieurs fois centenaires ; de plus, aujourd'hui beaucoup de mezcal sont certifiés bios. Arrive sur la table la crema de mezcal (40°) : certains vont être tentés par l'analogie avec la crème de whisky mais je les stoppe tout de suite, car la crème de mezcal c'est tout à fait buvable. En ajoutant du sirop d'agave au mezcal, on obtient un liquide qui tire sur le jambon fumé... sucré ! C'est complètement délirant sur mon palais de néophyte. Je suis tellement déconcerté que je n'ai absolument pas le droit de dire que ce n'est pas bon. Bien sûr, de prime abord, je pourrais le rejeter en disant que tout de même, le jambon fumé sucré c'est rude. Mais non, il y a une mâche particulière, une sentation de bien-être qui m'interpelle. Ce n'est pas parce que je ne connais pas et que ça ne ressemble pas aux canons de beauté qui sont les miens que ce n'est pas bon. Suis-je assez clair ?

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    La révélation arrive avec la version sans sucre dont je n'ai pas de photos. C'est le mezcal classique, ici 100 % Tobala (45°) : intense, profond, long et pointu. Le côté fumé rappelle de vieux pinots noirs, le Clos des Corvées 1999 de Prieuré-Roch pour ne citer que lui. Nicholas dit qu'il recherche de plus en plus cette cinquième saveur appelée umami au Japon : ni salé, ni sucré, ni amer, ni acide, c'est la sensation de ce qui est délicieux. A le voir servir et goûter le mezcal suivant, on se dit qu'il l'a trouvée au Mexique. Le mezcal Pechuga (49°) est un truc hors norme, difficile à raconter et à appréhender. Sans doute faudrait-il aller faire un tour sur place pour comprendre quelque chose : lors de la troisième distillation, on ajoute dans l'alambic du riz, des fruits et du blanc de poulet (pechuga). Les arômes sont d'une infinie complexité, ça part dans tous les sens : on est là encore désemparé. Fruits frais, moins de sensation de fumé, plantes vertes... Une longueur intermintable, une vraie suavité. Le résultat là aussi est immense. A la heuteur de sa rareté : 650 bouteilles par an.

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    Manquent à l'appel les photos du rhum de mélasse de l'archipel d'Okinawa (assez rustique) et du shochu Nakanaka (trrrèèès subtil). On savait bien que les spiritueux ne s'arrêtent pas au rayon d'un supermarché. Mais ici, on est ébloui par la classe de chaque bouteille que l'on soit familier du whisky ou novice en matière de mezcal. A l'étage nous dégustons le Japon, le Mexique, l'Italie, et au sous-sol nous lorgnons sur la vodka de Pologne, l'arak du Liban (dont un qui m'a particulièrement tapé dans l'oeil : l'arak El Massaya vieilli en amphore), le whisky d'Australie, la cachaca du Brésil, la liqueur de café du Venezuela, le rhum du Nicaragua... Aucune bouteille n'est choisie par hasard : chacune correspond à la volonté de mettre en avant un travail artisanal et la sauvegarde d'un patrimoine local. C'est un nouveau planisphère qui se dessine, à l'image d'une Carte du Tendre des spiritueux.

    Ce petit tour du monde me fait penser aux voyageurs du (bon) goût qu'ils soient dénicheurs de cafés rares ou de vins inconnus Ou de musiques. Cette dégustation terminant sur l'Amérique centrale m'a fait penser à Bernard Lavilliers. Et à cette chanson sur (et avec) Cesaria Evora. Comme si, sous l'aspect brut de ces alcools, il n'y avait en réalité que de la finesse. Chacun titre à plus de 40° voire plus de 50° mais jamais l'oesophage ne plie, jamais l'estomac ne se recroqueville : c'est l'apanage des grands spiritueux que de procurer une puissante et noble caresse. Mais d'où leur vient cette infinie douceur... Reste à trouver un rhum du Cap-Vert pour accompagner la chanson.

    Dernière chose. Cette dégustation a été organisée par l'attachée de presse des whiskies Nikka en France, je l'avoue. Pour moi, c'est assez rare : ce dot être la seconde fois en près de deux ans après La Bonne Franquette. Lorsque je suis sûr du produit, je n'ai pas de scrupules. Je n'ai jamais défendu les "petits" vins de Bordeaux qui veulent faire "djeun's" avec leurs apéros, ni une coopérative qui travaille mal ou un mastodonte de l'empaquetage de tomates sans goût. Et j'ai encore moins de scrupules quand cela permet de faire de belles rencontres.

  • Vendredis du Vin n° 36 : une pépite pour la Pipette

    Aujourd'hui, c'est vendredi et c'est plutôt cool. Non pas parce que c'est le week-end mais parce que Philippe (la Pipette aux 4 Vins) nous a trouvé un superbe thème : racontez-moi un vin du siècle dernier. D'accord, ça va nous vieillir un peu mais ça va surtout être l'occasion de sortir des dinosaures comme dirait Antonin. J'aurais pu ouvrir un de mes 1981 ou parler d'un vin de voile de chez Plageoles version 1999. Mais remontons simplement à la semaine dernière : samedi, j'ai bu un truc à la fois majestueux diplodocus et terrible tyrannosaure. Et cela grâce à Sébastien P. dont je raconte l'histoire depuis deux jours. Caviste engagé dans la banlieue de Metz, Sébastien a décidé de mettre la clé sous la porte. Promis, après ce post, j'arrête d'en parler : là, je vais simplement témoigner de sa générosité. Samedi dernier donc, entre autres bouteilles, nous avons un peu fait les fonds de cave. Pas de quoi de retourner la tête, juste quelques centilitres d'un nectar pâtiné. Ouvert depuis quelques mois déjà, le grenache avait subi une évolution incroyable depuis sa vendange. Commençons par quelques chiffres : cette année-là, 14 hl à l'ha, puis 24 mois en cuve de vinif et 76 ans passés en fûts de chène jusqu'à la mise en bouteille en 2001, lorsque le nouveau siècle pointait son nez. Oui, si on fait le calcul ça nous ramène loin : un maury de la Coume du Roy millésime 1925.

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    Un nez à croquer encore jeune, le sucre me semble fondu et absolument pas lourd, une certaine vivacité qui t'accroche encore malgré l'élevage, une longueur évidemment interminable : c'est un bonbon aristocratique. Complètement dépassé par ce qu'on a dans le verre, on est transposé loin, très loin. Deux ans avant, par exemple, la naissance de ma grand-mère. Et surgit une pensée pour Bill Haley (qui, lui, est né cette année-là) et son "carpe diem" version rock. Rien d'autre à ajouter.

  • Nul n'est censé ignorer la Loire

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    Du beau monde chez Augé pour l'énooorme journée Loire mais ce n'est pas non plus la foule des grands jours. Quoi ? Certains Parisiens auraient profité d'un week-end ensoleillé pour quitter la capitale alors que la Loire se jettait dans la Seine ce samedi là ? Ils sont trop cons.

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    Y avait quoi comme quilles ? Reprendre toute la liste serait fastidieux. D'ailleurs après un repas chez Camdeborde, Mathilde et Olivier sont rentrés faire la sieste. Thomas et moi, courageux, avons affronté chenins et cabernets. On n'a pas tout bu, c'était impossible, bien trop de monde. Déjà on a laissé de côté ceux qu'on a déjà bien biberonnés, ceux qu'on connaît bien (Simonutti, Villemade, Olivier Lemasson des Vins Contés). Le reste ? Mention spéciale pour les blancs de René Mosse que je n'avais jamais goûtés et le domaine de Bellivière (Eric Nicolas) même si ce n'est pas donné-donné.

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    Les bouteilles qui sortent du lot : Selves (chenin de Nicolas Carmarans en Auvergne), Le Vin des Poètes d'Emile Hérédia (que l'on boit lui aussi depuis des années) et belle surprise avec les montlouis de Frantz Saumon.

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    Mais ce n'est pas forcément ce que j'ai acheté. Ne voulant pas surcharger le vélib, on y a mis : un Selves, un Sables de Stéphane Bernaudeau. Thomas a ajouté un vouvray des Breton (La Dilettante) et un Boisson Rouge du domaine de Montrieux (Hérédia). J'ai aussi ignoré la Loire en prenant un rosé de Christophe Peyrus (pic-saint-loup). Forcément, ça tanguait un peu, c'était difficile à manoeuvrer. En passant devant l'Elysée, on a eu de la peine pour le grand manitou qui ne sait pas ce qu'est le vin (ni la France à vrai dire) puisqu'il n'en boit pas.

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    Ah oui, tiens je n'ai décrit que 5 bouteilles dans mon carton. Evidemment, il y en avait une sixième et c'est du Gramenon. Du côtes-du-rhône, j'ai encore ignoré la Loire. C'est potentiellement un truc de malade. "Ouais, ils ne font pas trop de pub là-dessus, il n'y en a pas beaucoup..." me dit-on chez Augé.  Résultat : 30 euros la bouteille. C'est quoi ? Des vieilles vignes de syrah ? Une cuvée insolite de pinot noir ? Ou du chenin ? Non, rien à voir avec la Loire ni avec le vin d'ailleurs : une huile d'olive vierge produite par le domaine Gramenon. Pas encore ouverte, donc à suivre.

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  • En mai, le festival des canettes

    Paris est prise de dégustatite aigüe. C'est fou le nombre de cavistes, de restaurants ou d'espaces en tous genres qui organisent des dégustations en ce joli mois de mai.

    Samedi, l'énoooorme journée Loire chez Augé. C'est gratuit et tout le monde est là. Eva, la spécialiste de la Loire, donne le programme.

    Samedi toujours, vers Montparnasse, la cave Balthazar accueille les vins d'André Ostertag.

    Samedi encore, la cave des Babines près de République accueille quelques quilles des domaines Le Sang des Cailloux, Fondrèche, Fiefs vendéens et du vigneron Jean-Christophe Garnier.

    Samedi et dimanche, les Maîtresses de Chai de la cave Versant Vins dans le Marais. Bon là, c'est 10 euros l'entrée mais c'est très, très intéressant. Eva toujours...

    Dimanche, le restaurant Septime accueille Frédéric Cossard, Eric Pfifferling, Emmanuel Lassaigne et bien d'autres. Je n'ai pas vu de droit d'entrée mais on lit assez mal l'affiche.

    Samedi 28 mai, c'est PACA et Corse chez Augé à nouveau. Domaine Tempier et Château Sainte-Anne à Bandol, Jean-Christophe Comor (Terres Promises), Arena et Clos Canarelli en Corse... Entrée libre.

    Dimanche 29 mai, chez Quedubon, vivent les vins libres ! avec domaine Plageoles, Antoine Arena encore, Benoit Courault, Juilien Guillot, Le Picatier, Laurent Cazottes, de l'huile, du café... Plus d'info sur ce pdf.

    On dirait que Bossetti n'a pas remis son calendrier à jour : dommage, il y a souvent de belles choses. Et vu qu'aucune agence de communication intelligente (termes antinomiques) n'a eu l'idée de rassembler tout ça et d'envoyer des communiqués, on est obligé de consulter régulièrement tous les sites, ce qui fait qu'on en oublie et qu'on passe sans doute à côté de belles dégustations.

  • Le Rhône avait rendez-vous avec la Seine

    Alsace-Jura-Savoie il y a deux semaines, Rhône aujourd'hui... Aux Caves Augé, ça s'enchaîne.

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    Pas eu le temps de tout goûter mais tout le monde était là. Allez, je les cite tous : La Vieille Julienne (Châteauneuf du Pape), la Ferme Saint Martin (Ventoux/Beaumes), Jean-Michel Stéphan (Côte-Rôtie), Hervé Souhaut de Romaneaux Destezet (Saint Joseph), Thierry Allemand (Cornas), Gérald Oustric du Mazel (Ardèche), Gramenon (Côtes du Rhône), domaine Auguste Clape (Cornas), Dard et Ribo (Crozes/Saint Joseph) et le king, Eric Pfifferling du domaine de l'Anglore (Tavel).

    Mes bras alourdis par le muscadet n'ont pu porter qu'un carton. Une Mémé 2009 de Gramenon que je n'ai jamais goûtée et 5 quilles du vin qui m'a tapé dans l'oeil aujourd'hui, le Chemin de la Brune 2010 de l'Anglore évidemment : autre rosé, encore plus fruité, plus direct, plus léger. Il n'a pas l'A.O.C. Tavel, il n'en est pas loin. Le Tavel 2010, encore un peu fermé, ne sera dispo que vers mai-juin.

    Et dans deux semaines, c'est bojo à gogo ! Qui m'aime me suive !

  • Salon des Vignerons indépendants porte de Champerret : ma liste de courses

    Porte Champerret, ça va bientôt repartir... Comme chaque semestre au Salon des Vignerons indépendants, y a du pas tip-top, du bon et du très bon. Il y a surtout bien moins de vignerons que porte de Versailles en novembre, ce qui ne veut pas dire que l'atmosphère soit plus respirable. Donc il faut avoir sa petite liste déjà prête avant d'y aller. Voici la mienne, assez naturelle il faut le dire.

    Les bourgueils du domaine des Mortiers (F12), la Corse avec le domaine Leccia (E39), les montlouis de François Chidaine (F2), le muscadet et l'Atmosphères de Jo Landron (J31), les cahors du Clos Siguier (J39), les savennières du domaine aux Moines (J24), les Fiefs vendéens du domaine Saint-Nicolas de Thierry Michon (A 28)

    Sans oublier les cidres et le calvados du Père Jules (D6) ainsi que deux superbes cognacs : Paul Giraud (A14) et la famille Estève (J15).

  • Alsace-Jura-Savoie chez Augé

    Petit tour rapide cet après-midi à la dégustation "Gla, Gla" aux Caves Augé. Tout le monde est là : Binner, Dupasquier, Schueller... J'ai un peu palabré au sujet des rieslings d'André Ostertag (le cru Fronholz assez terrible et la vendange tardive gewurtztraminer Fronholz à se réconcilier avec les VT) et de la gamme de Ganevat que je n'avais bue (chardonnays époustouflants, savagnin 2005 encore un peu lourd, vin jaune extrêmement fin). Mon état physique ne m'a pas permis plus. Prochain rendez-vous dans deux semaines avec le Rhône.

  • Retour du salon Saveurs : une pêche plutôt bonne

    Je l'ai déjà dit : sur les salons, il faut savoir ce que l'on veut. Sinon, porté par le hasard, on tombe très vite dans le n'importe quoi et on en paie le prix, souvent très élevé. J'ai très vite fait le tour du salon Saveurs : une heure top chrono, de l'entrée à la sortie. Dont la moitié chez Laurent Cazottes. Le reste se décompose comme suit.

    * Les rillettes de sardines au beurre de baratte de La Perle des Dieux en Vendée (6 euros le filet de 3 conserves).

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    * les terrines d'agneau pré-salé et les rillettes de porc de la Conserverie Saint-Christophe (entre 5 et 8 euros).

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    * Les rillettes (décidément...) de poisson de La Paimpolaise : ormeaux, bar sauvage, langoustine... (autour de 5 euros).
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    * L'extraordinaire vinaigre balsamique de la famille Leonardi, un de la bande à Cazottes. Vieilli 4 ans, les 20 cl à 20 euros. Rien à voir avec un balsamique classique. On a l'impression de boire un parfum : à goûter absolument ! A la manière des grands crus, Emmanuel Delmas les a dégustés dernièrement.

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  • Le salon Saveurs ce week-end

    Sur les salons qui fleurissent avant les fêtes, il faut beaucoup chercher pour dénicher les bons producteurs ou les bons vignerons. Je passe pas mal de temps à éplucher les longues listes d'où extraire seulement quelques noms. Pour le salon Saveurs de la porte de Champerret ce week-end, on a affaire à pas mal de tartuffes. Mais aussi à de très grosses pointures qui viennent présenter des produits hors du commun.

    * Le beurre de Jean-Yves Bordier

    * les sardines et rillettes de la Perle des Dieux

    * les tartinades de La Paimpolaise

    * les terrines de viande la Conserverie Saint-Christophe (poule, porc, agneau de pré-salé...)

    * les alcools, liqueurs et sirops Combier, inventeur du triple sec

    * les eaux-de-vie de Laurent Cazottes (et son huile de tournesol)

    * les charcuteries Conquet.

    Et même s'il n'y a pas de vignerons, franchement c'est déjà pas mal.

  • Salon des vignerons indépendants : rendez-vous à Champerret fin mars

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    Une fois de plus, je n'ai pas vu tout ce que je voulais voir. Une fois de plus, je me suis limité à trois ou quatre vignerons et à quelques-unes de leurs cuvées. Côté dégustation, c'est bien l'usine : la chaleur, le monde, le bruit. Et surtout, même en préparant bien le truc, on commence au blanc, mais on tombe sur un pommeau, avant d'aller au rouge, puis de revenir à un blanc qui traîne là... Rien ne vaut la visite dans la vigne. Mais au moins, le grand mérite de ce salon des Vignerons indépendants est de rapprocher vigneron et public.

    Question contenant, de plus en plus de domaines travaillent en bio-biodynamie-naturel, la liste s'allonge. Quelques grands noms du naturel sont fidèles au poste comme Binner et je découvre les autres comme Lapandéry. C'est aussi le but d'un salon comme celui-là, même si l'association n'insiste pas beaucoup dessus : faire découvrir et surprendre.

  • Salon des vignerons indépendants : un peu de pommeau

    Nom de code : K41. Les jolis cidres bruts du Père Jules. Vraiment bluffants. Mais il faut dire qu'on les trouve facilement chez les bons cavistes. Plus rare, bien plus rare le pommeau élevé "plus de 5 ans" (mélange de jus de pomme et de calvados). L'alcool a complètement disparu, pas la pomme. On dirait un jus de fruit, juste un peu plus corsé que d'habitude. Du grand art.

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    Selon les conseils du chef, on le sert très frais sans glaçon (14 euros sur le stand). Une vidéo comme je les aime explique plein de choses.
  • Salon des vignerons indépendants : mon coup de foudre

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    La famille Lapandéry vinifie de père en fils en côte-roannaise. Je ne suis pas tombé dessus par hasard, il faut dire que j'avais déjà croisé leurs bouteilles chez Augé. Une fois arrivé au salon des vignerons indépendants, on y file car on ne connaît pas et c'est sans doute intéressant. Je n'imaginais pas à quel point.

    Sur le petit stand, j'ai été accueilli par le jeune fils qui "aimerait bien voyager avant de revenir dans le vignoble familial". Grand bien lui fasse. Je ne connaissais pas trop la gamme de la maison et pire, je ne l'avais jamais goûtée. Ce n'est pas très compliqué. 1) une A.O.C. côte-roannaise 100 % gamay et 2) un vin de pays d'Urfé (que c'est beau ce nom) un joli pinot noir. Point barre.

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    Ont défilé dans mon verre les quatre derniers millésimes pour l'A.O.C. Le dernier, 2009, est déjà d'une extrême buvabilité, c'est assez incroyable. Que va-t-il en advenir dans deux ans ? 2008 est très fruité, je l'avais un peu zappé, en fait il m'intéresse bien. 2007 est très fin, presque aristo. 2006 est bien plus évolué, il fait déjà un peu vieux millésime tout en gardant de la fraîcheur. Me manque juste le 2005 qu'on ne goûte plus, il n'y en a presque plus. J'irai en acheter demain, cela fera une belle verticale.

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    Le pinot noir 2008 est emballant. Léger, virevoltant et évidemment très fin après tout ce gamay. On n'est évidemment pas dans les grand bourgognes mais il y a quelque chose.

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    Lapandéry, c'est la conjonction de plusieurs choses qui ne laissent pas indifférent l'amateur de vin. Un domaine familial, le sourire du vigneron, la défense d'une appellation peu connue, une vinification naturelle, des prix peu élevés (6 euros). Ajoutons à cela qu'ils possèdent de vieux millésimes dans tous formats (je vais m'en réserver un pour dans quelques mois).

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    C'est tout à fait le genre de vin qui me botte, à l'instar du morgon. Un rouge gouleyant, pas trop lourd, bien pensé et bien exécuté. Un régal.

  • Salon des vignerons indépendants : le muscadet, c'est bon

    Jo Landron et son équipe habitent durant quelques jours au S14, il faut en profiter pour siffler un peu de muscadet. J'ai souvent bu leur amphibolite nature et trouvé qu'il manquait quelque chose, sans doute un terroir un peu plus présent. Les autres bouteilles me plaisent toujours autant.

    * Plus présent, le Clos La Carizière (7 euros). Vraiment typé muscadet sans l'acidité dérangeante habituellement.

    * Le Fief du Breil 2009 est superbe, très frais. Un immense muscadet. Rien à voir avec ce qu'est (malheureusement) ce vin trop souvent (11 euros).

    * Le muscadet nouveau 2010 ("grains de Raisins") est sublime, quoi qu'il semble contenir un poil de sucre résiduel. J'avais goûté le millésime précédent, un régal aussi. Sans doute pas très cher.

    * Pour le coup, la révélation de cette dégustation, la cuvée Atmosphères est pleine de bulles fines et pas très terroir. Un joli pétillant libre, un "vin mousseux de qualité" type méthode traditionnelle. Bien sec, bien droit, ce qui vient sans doute des 20 % de pinot noir (et 80 % de folle blanche). Je suis certain qu'à l'aveugle beaucoup penseraient à du champagne. 7 euros, le prix est ridicule.

    Pas de trace du Melonix, mais je n'ai pas demandé non plus. Et pas de photos pour l'instant, on verra tout cela dimanche ou lundi.

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