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  • Mélac, fidèle au poste, mais pas les assiettes

    Quelqu'un disait qu'il était aussi saoulant que ses vins. C'est vrai, ça s'est encore vérifié ce samedi. Cela faisait bien trois ans que je n'y avais plus mis les pieds, chez Mélac. Rien n'a changé sauf les prix qui ont subi un légère inflation (normale)... et les assiettes. C'est là où ça fait mal. Olivier pense un peu la même chose : ce n'est plus aussi bon qu'avant, plus aussi généreux dans les portions. Ah, souvenez-vous de cette entrecôte de porc (si, si, entrecôte de porc). Hormis les assiettes de fromages et de charcuterie qui sont encore irrésistibles. Question vin, le Domaine des Trois Filles, celui que produit le patron dans les Corbières, dans sa version 2005 est bien moins à la hauteur que ne l'était le 2002, nectar irrésistible qui soulevait les tablées au resto comme à la maison.

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    La carte des vins a d'ailleurs bizarrement subi un nivellement par le bas, supprimant de belles références difficiles à trouver, comme les vins de Michel Gendrier. Malgré tout, malgré la vie qui passe, on y retournera gaiement car on y est déjà tellement allé.

    Mélac, 42 rue Léon Frot, 75 011, 01 43 70 59 27. Au métro Charonne, où j'ai habité un an.

  • Chez Jeannette, pour le décor

    Chez Jeannette, repaire bobo-mais-encore-un-peu-popu-donc-très-bobo de la rue du Faubourg Saint-Denis, il faut y aller pour le décor. La bière au comptoir n'est qu'un joli prétexte. Par contre les fromages in vitro ne me disent rien, la carte semble sans intérêt et la barbe de trois jours obligatoire si on veut s'asseoir. Et pourtant, j'y vais souvent. Mais jamais pour manger, ni boire autre chose. Et pourquoi... Ben, je sais pas. C'est déroutant, c'est Paris.

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  • Là, je vous livre (presque) ma planque

    Parfois, je suis sympa. Comme ici : le plus joli resto de Paris, La Crémerie. Avec Olivier, c'est devenu notre cantine. Maintenant, la burrata, on la réserve, sinon on est trop déçu (22 euros pour deux). Ce jour-là, on a abandonné les assiettes de charcuterie (18 euros) pour ce sublime thon de l'île d'Yeu (15 euros).

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    Olivier a bien tenté de demander au gentil patron d'où venaient le frometon et la poiscaille. "De chez des gens qui n'ont pas pignon sur rue". Pas de dessert, on a été sage.

    Sau f sur le vin. Re-Combe Bazin, re-Frédéric Cossard, re-Domaine de Chassorney, re-bourgogne blanc. Comme dimanche dernier (28 euros + 8 de droit de bouchon). Servi un peu froid, mais ça se réchauffe. Parfait avec tout. Le mec ou la nana qui boit ça comprend que le vin est fait avec du raisin. On l'a presque oublié.

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    La Crémerie... Euh non, je donne pas l'adresse. Je la garde.
  • La cuvée du patron, pour la 12 !

    Quand un menu fait 12,50 euros, avec entrée + plat + dessert + 1/4 de vin, on peut avoir peur. Bien sûr, il y a les superbes formules de superbes bistrots, comme le Pré Verre ou l'Avant-Goût, dont on a déjà parlé ici. Ce qui m'énerve, c'est que de telles pépites ne fourmillent pas dans chaque rue de Paris. La majorité est composée de troquets minables. Ce Kurde-là, Dilan, rue Mandar, est un tout petit cran au-dessus. C'est gras, copieux, pas transcendant. Les 25 cl de rouge n'ont que peu de goût, mais ça ne brûle pas l'œsophage. C'est déjà ça.

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    Dilan, 11 rue Mandar, 75 002 Paris. 01 40 26 81 04

  • Lundi soir, suite du feuilleton Ze Kitchen Galerie

    Non, cette fois, ce n'était pas pour manger. Dommage.

    Mais juste pour apprendre cette info, en arrivant au travail :

    GaultMillau : William Ledeuil (Ze Kitchen Galerie) "cuisinier de l'année"

    PARIS, 26 oct 2009 (AFP) - Le chef du restaurant parisien Ze Kitchen Galerie (VIe), WilliamLedeuil, a été élu "cuisinier de l'année" par l'édition 2010 du guide gastronomique GaultMillau, à paraître jeudi.

    Le chef, qui vient d'ouvrir un deuxième établissement parisien, KGB (pour Kitchen Galer ie Bis), "invente des passerelles et courbe l'espace-temps en rapprochant les continents", chez lui "chaque convive est en partance", estime le guide.

    William Ledeuil, ancien chef de Guy Savoy, "connaît tout de la grande cuisine française", écrit le guide. "Il y ajoute une science des herbes et des épices, plus particulièrement d'Asie du Sud-est, qui donne autant de mystère que d'originalité à un bouillon, un wok de légumes ou même de simples pâtes", ajoute-t-il.

    Le guide recense au total 3.560 restaurants et 1.580 hôtels. (GaultMillau 2010 - 1.440 pages - 29 euros)

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    Pour ceux qui suivent, et c'est le billet précédent, là juste en-dessous, on a donc mangé à Ze Kitchen Galerie samedi, deux jours avant cette annonce. Le bouillon les pâtes, tout est déjà expliqué.

    Samedi soir, j'avais bafouillé trois mots à William Ledeuil. Quand je lui parlais des médias où on l'entendait peu, alors qu'on y voyait tout le temps ses restaurants, il donnait la plus belle réponse : "mon métier, ce n'est pas la communication. Mon métier, c'est d'être en cuisine."

  • Les deux bouteilles du dimanche soir

    Comme nous étions quatre, comme c'était la saison, l'idée : le risotto aux girolles. Alors pour tout dire, soit les champignons n'étaient pas à la hauteur, soit il vaut mieux le faire avec des cèpes, en tout cas c'était un peu fadasse. Et ce n'est pas ma belle huile de noisettes de l'Huilerie Beaujolaise qui dira le contraire.

    Par contre, question jaja, que du pinard qui tape. Une bouteille bien sombre mais qui se rallume une fois débouchée. Un Drappier Millésime Exception 2002. Heu, c'est du champagne, mais c'est pas non plus du champagne. Oubliée cette sensation de brûlure d'estomac. Avec une betterave crapaudine crue, et une petite crème de lentille, ce fut parfait (pour un dimanche soir).

    Fréd Cossard et son Combe-Bazin 2005 (30 euros chez Lavinia). Au goulot déjà plus clair. C'est comme cela qu'on l'aime la Bourgogne et le bourgogne. Fruité, brut, incisif, tranchant. C'est donc du blanc, AOC Saint-Romain. Mais ça on a presque oublié. Il tend vraiment vers quelque chose de génial ce domaine de Chassorney, à quelques encablures de Meursault et des vignes de Montrachet. Du vin de raisin. Du vin de raison, aussi. Le risotto, même aux girolles, n'était pas à la hauteur.

    Et si je me rappelle bien d'une bouteille ouverte il y a deux ans, peut-être même que sa cuvée Bigotes à quelques euros de moins lui était supérieur : privilège des grands domaines de réussir mieux les petites cuvées.

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  • Samedi soir, Ze Kitchen Galerie

    Alors, pour la galerie, je voulais absolument que l'on re-mange ici, comme on l'avait fait il y a un an à deux. Et surtout pour faire découvrir cette cuisine épatante à deux autres personnes. Un chef voyageur donc curieux, William Ledeuil, qui revisite des classiques avec le savoir-faire et les épices asiatiques, en sublimant des produits plus ou moins quotidiens. Des plats longs à expliquer, tant les épices et les condiments entrent en jeu. Un court billet sur un petit blog ne peut absolument rien résumer.

    Petite parenthèse. Conquis après le premier repas ici, je faisais un petit tour dans la sublime épicerie japonaise Issé Workshop, près de la Bourse (on aura l'occasion d'en reparler) quand le patron s'est enflammé : "William Ledeuil, c'est un révolutionnaire". Il a compris avant tout le monde l'importance de l'acide dans notre civilisation du sucré. Le retour au vin naturel face à ceux de Michel Rolland et Robert Parker correspond au même phénomène.

    Retour à Ze Kitchen Galerie. Tout est absolument impeccable, sauf qu'à chaque fois je me trompe de plats. Bien sûr le king crabe en tempura est bon (20 euros), bien sûr, le canard de Challans et foie gras est extra (35 euros). Betterave crapaudine, patate douce, aaaah... Là j'avais déjà un peu grignoté dans mon assiette.

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    Avec, comme à chaque fois chez William Ledeuil, un vin d'Alsace, ici pinot blanc 2007 de chez Ostertag. Deux bouteilles (31 euros l'une) à quatre. Au moins demain matin, on n'aura pas mal au crâne. (Ai-je rêvé ou j'ai vu un Gérard Bertrand à la carte ? Allo, William, qu'est-ce qui se passe ? On s'en reparle ?)

    Mais ce qu'il y a de plus terrible ici, c'est donc que je me trompe dans mes choix. Une fois de plus, les macaronis aux champignons (20 euros) sont... sont... En fait, après ce plat, il ne reste plus qu'à se pendre, car ça va être très dur de vivre toute une vie en ne mangeant pas ce plat à chaque repas. Et le bouillon, idem (20 euros).

    J'ai aussi goûté les huîtres... "Je mange la mer" disait Evelyne (20 euros).

    Quant aux desserts, là c'est bon, je choisis bien. Et je peux même balancer l'intégralité de l'intitulé : Glace chocolat blanc, sauce pistache, thé vert, wasabi. Si, si, sur une seule et même assiette (11 euros). La tuerie de chaque automne. Le plat qui assomme, un peu comme les macaronis. Des plats qui incitent à s'intéresser à la cuisine.

    Les filles ont penché pour les figues rôties et framboise (10 euros). L'alliance parfaite. Rien d'autre à ajouter. Ah, si une petite glace raisin-gingembre.

    Conclusion. Ma mère refuse d'aller boire une dernière bière pour ne pas s'enlever "les goûts de la bouche" et me demande "quand est-ce qu'on y retourne ?"

  • Samedi soir, le Ritz Bar

    Pour tout dire, on voulait aller tâter de l'exceptionnel. Le bar Hemingway tant qu'à faire, celui qui fait la renommée du Ritz, au rez-de-chaussée de cette grande maison. Plus de place ? Oui, c'est vrai, y a du monde. Ou nos chaussures n'étaient-elles pas assez cirées ? En tout cas, le vrai mythe du palace, le barman Colin Field, nous dévie vers le Ritz Bar, bar branché frérot du précédent. Un peu kitsch comme tous les endroits luxe. Assez sombre et rouge, comme celui sur le Bund, à Shanghaï - mais j'ai oublié son nom.

    Pour comprendre le truc, comme beaucoup de restaurants, il faut aller au petit coin. "T'arrives la-dedans, ça brille. C'est que de la glace et de la dorure, dis donc. Tu croiras la caSerne d'Ali-Baba" comme dirait Coluche. Mate le robinet.

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    Mais venons-en à l'idée principale, les cocktails(30 euros).&nb sp;Accompagnés d'eau et de sa tranche de concombre, très rafraichissant, dans des verres noirs opaques (au secours !). Et des chips maison, donc peu salées, des amandes extra, des olives sympa. A volonté, sans avoir besoin d'en redemander.

    Pour l'homme, un strawberitz (vodka, fraise, perrier, basilic). Aérien. Pas de tache verte, un léger goût d'herbe. Apportez m'en un cubi. Un cocktail de génie, comme on pouvait s'y attendre.

    Les filles, Geneviève, Evelyne, ont préféré le Serendipity, elles ont eu raison une fois de plus. Peut-être était-il moins bon, à mon goût que celui d'au-dessus, mais il touchait plus juste. Une jolie évidence. Quelque chose qu'on a l'impression de connaître, sans le connaître. Ou "que l'on cherchait, sans savoir qu'on le cherchait", comme dit le maître. Que d'ailleurs on va laisser parler :

     

     

  • Un vin naturel, c'est quoi bordel ?

    «Ce n'est pas à nous d'écrire vin bio sur les étiquettes, c'est aux autres d'indiquer vin chimique», s'amusait un jour Jean-Claude Chanudet à propos du beaujolais qu'il produit avec Marcel Lapierre au Château Cambon.

    C'est la conclusion d'un très bel article de Sébastien Lapaque, dans le Figaro, en avril dernier. Il explique de manière concise ce qu'est un (vrai) vin.

    C'est ici sur le site du Figaro, et ça prend 2 minutes et 07 secondes pour changer sa vision du vin.

  • Le millésime 2009, bientôt dans les bacs

    J'arrive après la bataille, mais je le note tout de même. Le millésime 2009 serait exceptionnel. Tout le monde le dit. En Champagne, à Bordeaux (tiens, y font encore du pif à Bordeaux ?), dans le Beaujolais, partout. Sauf peut-être dans le Languedoc-Roussillon, où cela serait "plus hétérogène". Hiver pluvieux, printemps sympa, été chaud comme il se doit. Bref les conditions climatiques sont réunies. C'est un truc de coopérative, ça, la météo. Car, encore une fois, il faut le répéter, le vin ce n'est pas seulement l'interaction entre la météo, un terroir et un homme : c'est avant tout un homme qui aime ce qu'il fait. Frédéric Cossard (dont nous déboucherons une bouteille dimanche soir), les frères Puzelat, Lenoir... pour ne citer que ceux qui retiennent mon attention cette semaine (et sans pour autant les boire).

  • Un petit test pas plus con qu'un autre

    Ce matin, on presse une orange banale, de supermarché. Couleur éclatante, ils l'ont cirée ? A côté, on presse une orange bio, achetée aussi dans un petit supermarché. Couleur moins franche, plus pâle. Le premier jus comparé au second se révèle très sucré. Le second sent enfin l'agrume, avec ce côté acide qui annonce la saison automne-hiver. Depuis la révélation pour les vins blancs, complétée sur ce thème par un simple repas chez William Ledeuil (Ze Kitchen Galerie, à Paris), c'est une évidence : l'avenir de la cuisine est dans l'acide.

  • Le pot aux roses de feu le cochon

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    C'est le plat vedette du bistro (et c'est pas péjoratif, au contraire) de Christophe Beaufront, L'Avant-Goût, sous la place d'Italie, dans le XIIIe. La vraie recette est même cadeau ici. Goûté une fois sur place, c'est divin. Plus ou moins facile à refaire. C'est pas la première fois que ma cuisine s'enivre d'épices, de cochon, de fenouil. Mais là, avec de la viande demi-sel, et j'insiste, c'est tout de même meilleur. Suffit de suivre la recette qui dit bien "porc demi-sel". Bon, on a allégé le truc, pour le rendre mangeable à deux. Des travers de porc parce que c'est marrant, et un kakos (demi-sel lui aussi) déniché ce matin au marché. Un kakos, c'est le jarreton du porc. Avec ça un riesling, même un gewurztraminer sec. Là, je m'imagine la cuvée Béatrice du Kaefferkopf de Binner... Ah... Ah oui, car je l'ai pas dit clairement, mais c'est un grouik aux épices tirant un peu sur l'Asie (cannelle, gingembre, badiane, etc). Parfait donc avec l'Alsace. Sauf que pas de vin non plus ce midi, faut aller bosser. Bref, on en fera trois assiettes, avec ce qui reste dans la cocotte. A manger séparément, la faute aux horaires décalés. Sinon dimanche soir dans une grosse semaine, on en fera une autre tournée. Avec un coup de blanc cette fois.

    L'Avant-Goût, Christophe Beaufront, 26 rue Bobillot, 75013 Paris, 01 53 80 24 00. La formule du midi à 14 euros (samedi inclus !) est bigrement sympa : soupe, plat, un verre de vin intelligent et un café. Mais il ne faut pas mentir : la carte est clairement un niveau au-dessus.

  • Le génie de Génin (on l'a déjà faite celle-ci ?)

    C'était le premier jour froid de la saison. Il nous fallait, à Julien et moi, la gueule affable d'un mec bien, qui réchauffe. Jacques Génin, 133 rue de Turenne, dans le haut Marais, à côté de la maison. Le "fondeur en chocolat" dont tout le monde parle (et France2, et le Figaro, et Régal, pour ne citer que les plus récents). Aujourd'hui attablé avec des Japonais biens mis (pléonasme). "Ah oui, commente le serveur, là c'est sûr, on a de la presse à un niveau national désormais". Jeudi après-midi, effectivement, ça défile. L'objectif ? Ce bel adjectif "envoûtant" reprend tout son sens avec les petits chocolats fondants, les caramels au beurre. Vous m'en mettrez un quintal et demi, merci. Ses confections sont bien moins tape-à-l'oeil que tant d'autres. C'est une cuisine de la bouchée où il ne faut pas, à l'inverse de ce que j'ai fait (j'avais froid), engloutir trop vite l'éclair au chocolat (6,5 euros sur table). Un chocolat présent mais pas imposant, un sens de la mesure, de la retenue. On a affaire à quelqu'un d'important.  En le voyant arrivé, ce fut encore plus évident : j'aurais dû évidemment prendre le millefeuille (7 euros), monté à la minute, proposé classique, au chocolat, aux fruits de saison (framboises en ce moment),... On se redresse, on réajuste son col de cravate, même si on n'a pas de cravate. Un nuage vanillé. Sur un seul feuilletage, j'ai compté 16 mini-couches à la louche. Pas d'alcool ici, il était 15h, mais un café (4,5 euros, aussi cher que chez Carette, chez ces blaireaux du Trocadéro, c'est nul). Et une jolie parenthèse.

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    Son site, où pour le moment il n'y a rien, c'est ici http://www.jacquesgenin.com Pourtant, ça va faire près d'un an que c'est ouvert.

  • A combien de mètres des Champs-Elysées ?

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    Ce soir, chez Olivier, ce fut une bonne soirée. On était trois, mais ses parents nous on aidés. Il y avait cette terrine de canard, et du saucisson, de chez Divay, rue Poncelet.

    Il y avait ces deux fines de Cheverny, fermentées par l'homme à qui Jean-François Deniau avait confié des raisins, Michel Gendrier. Il y avait les Deux Montille, bourgogne rouge ci-dessous nommé.

    On a refait le monde ; problèmes de privilégiés s'il en est. Bref, une bonne soirée. Bon, c'est sans intérêt ces rimes en "é".

    Tout a commencé sur un joli blanc de Cheverny, puis son frérot en rouge. Gendrier fait du vrai beau travail, en bio, en biodynamie même. Pourquoi on ne le trouve pas ailleurs qu'à la Cave du Moulin Vieux, rue de la Butte-aux-Cailles dans le XIIIe ? C'est le mystère du mois d'octobre.

    Quant au bourgogne, je trouve qu'on reste un peu sur sa soif. Normal, on voit Montille sur l'étiquette ; on s'attend au vin du siècle.  D'un autre côté, avec un négoce de cette qualité, on attend vraiment au tournant le "vrai" domaine.

    Et puis je ne vais pas non plus raconter toute la soirée, vous n'aviez qu'à être là.

  • Deux infos d'hier

    * Deux gourdes achetées au Bon Marché. Un médoc. Que quoi ? Ca faisait bien dix ans que j'avais plus acheté de médoc. J'avais même oublié que ça existait. Celui-là est chaudement recommandé par le joli hors-série de Marianne, écrit par Eric Conan et Périco Légasse (celui qui reçoit les bafouilles de Jean-Pierre Treiber). Château Tour-Haut-Cassan, cru bourgeois, 2003 (17 euros). Des mots comme ça (médoc, cru bourgeois) qui laissent supposer qu'on va boire du liquide de refroidissement... Mais non, paraît-il que ce "bordeaux de paysan" explose tout. On verra. J'y ai ajouté un bourgogne générique rouge 2007, Maison Deux Montille (18 euros). A savoir une entreprise qui ne connaît pas la crise, cette petite affaire de négoce que les enfants d'Hubert ont monté. Déquillée demain avec Olivier ? Sans doute, si on arrive à l'extraire de la journée de la sécurité intérieure. Faudra qu'il en dise plus sur cette mascarade hortefionne...

    * Enfin un reportage d'Envoyé Spécial qui mérite de s'y attarder. Diffusé jeudi 1er décembre, "le vin est-il encore un produit naturel ?" Bien sûr, on joue le petit producteur de vin naturel contre le gros industriel. Comme tous les reportages sur la malbouffe, on n'a plus envie de se nourrir après avoir éteint la télé. Mais, et c'est souvent l'objet de ce blog, il faut reconnaître la supériorité gustative de nombre de vins naturels sur des vins classiques (et, en tout cas, sur l'immense majorité des vins de supermarché). Donc même si les ficelles médiatiques sont parfois un peu grosses, comment ne pas être d'accord avec les propos des dégustateurs privilégiés à La Robe et le Palais (75001), au tout début du reportage ? On peut encore le visionner sur le site de France2. En espérant que le lien court encore. Je mettrai ce reportage en ligne, ici, quand quelqu'un l'aura enfin piraté.

  • Le fameux gâteau au vin blanc

    Il restait un fond de vin blanc. Malheureusement il était trop sucré. Et pour cette recette-là, opter plutôt pour un bien sec. Car il y a déjà pas mal de saccharose. A chaque fois, je me dis qu'un jour, promis, je le ferai au muscadet. Faut que je me tienne mes propres promesses.

    L'idée est de retrouver le cake de nos grand-mères, avec un goût suranné allié à une texture très moelleuse. Conservable 5 jours. Parfait pour tremper dans le thé, parait-il. Mais moi j'aime pas cet acte régressif.

    Le coup de génie a pour parrain Bruno Doucet, le majestueux chef de La Régalade, bistro gourmand au fin fond du XIVe arrondissement. L'ancienne adresse mythique d'Yves Camdeborde.

    Les munitions, pour de vrais gourmands :

    - 300 g de farine
    - 300 g de sucre
    - 3 oeufs
    - 1 sachet de levure
    - 20 cl d'huile d'arachide
    - 25 cl de vin blanc...très sec

    On mélange le tout, direction le moule à cake beurré et fariné, au préalable. Le four à 180°C, durant une bonne demi-heure.

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    Avant de prendre la photo, j'ai rajouté de la fève tonka, ma nouvelle drogue. Ce qui explique les petits grains noirs.

  • Comment bien entamer la semaine

    Pour tromper l'ennui du dimanche après-midi, j'avais fait une soupe de potimarron. Sympa, veloutée, attirante. Mais bon, le-dit légume aurait passé trop de temps à gamberger dans le frigo, cet ennemi du vivant. Seul, sans personne à qui parler, il a verdi. Et pour les papilles, ça s'est révélé pas du tout aux pommes. Mais bon.

    J'ai pris les devant, sorti les sardines au citron et au muscadet, de la conserverie la Belle Iloise, à Quiberon, achetée chez G. Detou, mon dealer. Le fumet était bien différent, heureusement. Logiquement, j'ai sorti un vin très sec, en accord avec le muscadet, m ais pas du tout adéquat question terroir. Résultat : un blanc du côté de Gaillac (8,70 euros au Bon Marché). Un Causse Marines, les Greilles 2007, situé à Vieux, dans le 81. Un vignoble bio, où la mention "contient sulfites" n'apparaît pas. La morale de l'affaire ? Demain, pas de mal au crâne.

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    Au dos de la bouteille, à l'instar de la femme enceinte qui boit de l'alcool, il y a une tête de furet barrée d'un gros trait noir. A quoi cela fait-il allusion ? Help !

    Ces quatre sardines de belle facture ont bien supporté l'alliance Quiberon-Gaillac (500 km à vol d'oiseau), car le Gaillac a fait son travail, malgré cette circonstance aggravante qu'était la télé allumée sur la sixième chaîne. Un dîner marrant le dimanche soir. Un pied de nez à la grisaille du lundi. Et c'est ça qui compte.

    Note au benêt : oui, le Bon Marché, dans le 7e arrondissement de Paris, c'est cher. Voire très cher. Voire très, très, très cher. Normal, c'est un autre monde. Sauf pour le pinard. Il y a toujours 1 à 2 euros de moins, voire beaucoup plus en période de promotion, par rapport à tous les cavistes de la capitale. Le bon plan du moment.

  • Ebrescade 2004 - partie 2

    Ce midi, il faut finir les restes. On repart avec une petite portion de hachis porc-mentier et le fond de l'Ebrescade 2004 de Richaud.

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    De la première, j'en attendais tellement peu que je l'ai faite réchauffer au micro-onde ; en plus, ça lui évite de s'encrasser à celui-là. C'était bon, et moins liquide qu'hier.

    Quant au reste de la bouteille, il était enfin à son top niveau. Sans doute pas équivalent au 2005 bu à Châtillon, mais bien présent, fruité et soyeux, comme tous les vins de Richaud. Le degré alcoolique s'était estompé. Le servir à température ambiante (une toute petite vingtaine de degrés) a beaucoup aidé. La nuit fait plus que porter conseil, elle apporte plus de goût.

  • La fève tonka, ou comment je succombe à la mode

    Revenu de G. Detou avec mon petit bocal de fèves tonka (3,5 euros), une question me turlupine. Car c'est bien joli, c'est à la mode sur les blogs de cuisine Le problème, c'est que l'odeur de vanille, de caramel, de cacao, de... est terriblement envoûtante.

    Nom de Dieu, qu'est-ce qu'on boit quoi avec un truc pareil ? On sirote quoi avec un dessert à la fève tonka, ou parfumé de fèves tonka ? Merci d'être original en répondant autre chose que Porto ou Rivesaltes. Je n'accepterai pas non plus Maury, ni Banyuls. Surtout quand on sait que l'écrasante majorité de ses vins n'ont aucun intérêt.

    Moi, j'aurais une idée, mais c'est pas évident. Un vieil Irouléguy blanc, de chez Brana. Comme celui qu'on a ouvert l'autre soir avec Olivier, un 2001 si mes souvenirs sont bons (la cave des Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, les avait planqué derrière les 2005, il fallait avoir l'oeil, 15 euros). Son goût de rancio, ce côté madérisé, aurait pu s'accomoder d'une petite madeleine saupoudrée de fève tonka.

    L'épicerie G. Detou, à Paris, n'a pas besoin de moi pour sa pub. Il suffit de googliser comme un grand.

  • Ebrescade 2004 - partie 1

    Ce samedi soir, j'ai voulu faire les choses simples mais un peu originales. Un hachis porc-mentier© (copyright sur le jeu de mots, merci) à base de palette de porc et de vraie purée. Pour exciter un peu le cochon, une star. Marcel Richaud, Cairanne rouge 2004, lieu-dit l'Ebrescade (au Bon Marché, 26 euros). En gros, la meilleure cuvée d'une star des Côtes-du-Rhône.

    Cairanne blanc à midi, Cairanne rouge le soir, merci à ceux qui suivent.

    Degré alcoolique bien élevé (15,5°). Il fut meilleur une fois passé en carafe. Mais pas carafé assez longtemps et servi trop froid. Bam ! Les deux erreurs qui font plonger le sommelier. Le vin était sympa. Mais à voir avec l'un de ces moments de pur extase, de ceux qui m'ont incité à ouvrir ce blog.

    C'était il y a quelques semaines, à Châtillon-sur-Saône, avec Thomas et Olivier. Il faut dire qu'on n'en était pas à la première quille, qu'on avait déjà salué le Beaujolais blanc de Valette et le Tavel de Pfifferling, le meilleur vin du monde. Le Richaud de ce soir-là, c'était un Ebrescade aussi, mais un 2005 (au Verre volé, 26,5O euros). Voilà peut-être aussi pourquoi. Il était extraordinaire. On ne réfléchissait plus au parfum de cuir de Russie ou au sous-bois après la pluie. D'ailleurs, on n'y a jamais réfléchi à ces conneries. On buvait du bonheur partagé. A rivaliser avec ce que l'on peut imaginer des meilleurs vins rouges.

    Pour revenir à mon hachis de samedi soir, c'était de la bouillie. Purée trop liquide. J'ai eu la main trop lourde sur la crème, le beurre, le lait tiède. Le passage au four lui a fait perdre les eaux.

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  • Cot-cot, glou-glou

    Samedi midi, déjeuner aux Cocottes avec ma poulette. Le bistrot design de Christian Constant. Déjà longtemps qu'il me faisait les yeux doux celui-là. Je l'avais pas oublié, le papa des papes Camdeborde, Jégo, Thierry Breton (non, pas l'ex-ministre...) et tous ces doux noms qui sentent le ris de veau aux girolles. J'ai faim.

    Le resto doit être bien classé dans le GDRJ (Guide du routard japonais), car ils sont là en masse. Des gens de bon goût, vous dis-je... Avec une poignée de papis et mamies du 7ème, 12h30 sonne et c'est déjà complet. Note au benêt : arriver tôt.

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    Alors oui, c'est bon. Et ça tombe bien, c'est ce qu'on demande à un resto. Et pour le quartier (grosso modo au pied de la Tour Eiffel), c'est pas cher, si je compare aux escrocs des alentours. 15 euros la cocotte du jour, le poulet au citron-gingembre, ou 16 la daurade au fenouil. Ah, ce fenouil compoté. Monsieur Constant, si vous lisez ces lignes, merci de laisser la recette dans les commentaires.

    Question jaja, la carte ne brille pas par ses prix bas. Mais les fillettes semblent attirantes, comme dirait Roman Polanski. D'ailleurs, on en trouve encore beaucoup des fillettes à Paris ? Faudrait que je mène l'enquête. Prix : 20 euros les 50 cl, donc, pour du Cairanne blanc. Le vigneron ? Pas précisé. Ou alors j'ai oublié. Mais il y a des mots comme ça, comme Cairanne blanc, qui se suffisent. On a l'impression de gagner au loto sans avoir joué. Au premier verre, on se dit qu'on a eu raison sur toute la ligne. Avec l'entrée, le jambon ibaïona de chez Ospital (toujours les mêmes, ça devient lassant, 12 euros). Avec les plats. Et la dernière gorgée qui vient se faufiler avant la fabuleuse tarte au chocolat copyrightée (8 euros). Bref, un repas comme on en recherche sur ce blog : le bon vin au bon endroit pour un bon moment.

    Les Cocottes de Christian Constant, 135 rue Saint-Dominique, 75007 Paris. 01 45 50 10 31. Pas de réservation, venir tôt je me répète !

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