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  • Miam-miam next door

    A l'inverse du film pour ados, mon appart n'a pas vue sur la chambre d'Elisha Cuthbert. Mais sur le resto Asianwok. Certes moins sexy mais quand on veut bien manger sans aller loin, c'est mieux.

    Alors oui c'est un truc de bobos. Son plus gros problème c'est qu'il touille tout. Les chefs et le patron semblent japonais, la carte à dominante vietnamienne et cambodgienne, des incartades en Corée, des plats japonais... Bref du grand n'imp.

    Mais dans l'assiette c'est vraiment très bon, copieux et pas très cher. L'exemple du bon resto en bas de chez soi. Hier à la va-vite raviolis japonais (gyoza), nems au porc, une grosse soupe aux pâtes udon (ça c'est japonais) et des nouilles sautées au boeuf au satay (c'est un peu Thaïlande, un peu Chine). Une Kirin pression, la bière japonaise. 33 euros, merci au revoir, je remonte me coucher, faut se lever tôt demain, je bosse à 3h.

    Et par la vitrine, une occasion de jeter un coup d'oeil sous un autre angle à notre rue Oberkampf alors que les étals se vident.

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    Asian Wok, 63 rue Oberkampf, 75011 Paris, 01 43 57 63 24.

  • C'était, je crois, en novembre

    Avec le vénéré Hubert de Montille, Yvonne Hegoburu est une des stars du documentaire Mondovino de Jonathan Nossiter. Son domaine de Souch irrigue Paris de son jurançon sec avant tout. Pas encore eu l'occaze de goûter le moelleux.

    Un vin tranchant, pointu donc une forte personnalité (18 euros à la Cave du Daron). Il ne lui manquait que cette extraordinaire focaccia pommes de terre-truffe. L'adresse ? En bas de chez moi.

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    C'était un soir de novembre dernier. Mes souvenirs quant à la date et quant au vin ne sont peut-être plus trop présents. Mais l'alliance avec la foccacia était une merveille. Et pour une fois ce fut en solitaire.

  • C'est beau une ville la nuit

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    Metz, un soir d'un jour de Noël.

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  • Carte des vins de Noël 2009

    Au glouglou du 24, un corbières blanc 2008 de la Treille Muscate (déjà un peu plus ouvert), le jurançon sec cuvée Marie 2007 de Charles Hours (génial sur un foie gras, bien mieux qu'un liquoreux), un minervois 2008 La Nine de Jean-Baptiste Sénat, une eau-de-vie de lie-de-vin sélection de grains nobles 1998 de Binner...

    Vu la qualité et la finesse des vins cités ci-dessus, l'Hermitage 1988 de la Cave de Tain a énormément déçu la tablée. On ne fait pas d'un âne un cheval de course.

  • Après Noël le 18, voici Noël le 23

    On ne se lasse pas de fêter Noël en avance. Cette fois à Metz aux Vignes d'Adam. On va tenter de lister en images les faits marquants de la soirée.

    Déjà Audrey attendant sa purée...

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    ...puis des plats goûtus et bien travaillés (entre 15 et 25 euros)...
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    ...la fameuse purée (ah non, c'était la première fournée, donc pas celle qu'attend Audrey)...
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    ...un Guilhem du domaine Terre Inconnue (millésime oublié, mais pas les 14° qui passent tout de même très bien), 38 euros à la carte (coeff multiplicateur de 2,5). Vite vidée à quatre, la bouteille se sent seule...
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    ...là, juste sur la gauche à côté de nous dînait Marcel Lapierre. Pas en bouteille, le vrai, THE star...
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    Ah non ça ce sont les lampadaires en fait, fait avec des troncs d'arbre. Logiquement, c'est un truc que je n'aime pas. Mais bizarrement ici ça marchait. Et puis il y a aussi les jolis desserts (une dizaine d'euros). Rarement nougat glacé m'avait fait si forte impression.
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    Bref et ça se voit, le chef est en cuisine et aime ça. Il est content d'être là et semble vouloir faire partager un truc. Le décor un peu hôpitalier mais assez hospitalier tranche avec l'extérieur classique de maison lorraine.

    Dans l'assiette, il y a de bons produits, des idées pour les mettre en valeur, une ligne directrice et pas d'écarts par rapport à la saison. Une jolie carte du pif qui aimerait davantage s'engouffrer vers les vins naturels (faut pas hésiter !). Bien sûr quelques points à revoir comme le grand intérêt de Manu et d'Audrey pour les tables voisines... Mais à l'impossible nul n'est tenu. Un des meilleurs restos de Metz sans nul doute.

    La Vigne d'Adam, 50 rue Général de Gaulle, 57050 Plappeville, 03 87 30 36 68.

  • L'importance d'aller chez Constant

    Christian Constant est le vrai pape de la gastronomie française. On en entend relativement peu parler. Pourtant c'est le parrain de tous, de Camdeborde, de Faucher, de Jégo. Près du Champ-de-Mars et de la Tour Eiffel, il a acheté tout un bout de trottoir, dans le fond de la rue Saint-Dominique. Se succèdent son étoilé Le Violon d'Ingres, Les Cocottes (qui a donné lieu a l'un des premiers billets de ce blog) et ce qui nous intéresse aujourd'hui, le Café Constant, son bistro.

    Pas de surprise en fait, sauf que le patron était là pour superviser les choses et pour casser la graine ensuite. Sympathique un dimanche juste avant les fêtes, il aurait pu se la couler douce en attendant que la caisse se remplisse.

    Pas de surprise donc. Les oeufs mimosa sont mythiques (11 euros), la caille au foie gras appropriée (16) et les profiteroles grandioses (7). Avec là dessus, un chinon 1997 du domaine Lenoir. J'en avais aussi parlé dans un post disant que ça ne m'avait pas fait forte impression. Ici ce fut terrible, sans doute parce qu'on avait laissé au vin le temps de prendre de la bouteille avant de le mettre dedans. Un glouglou génial. Comment peut-on produire ce gens de trucs à Chinon ? Je n'ai pas la culture des vins de Loire mais commence à tourner casaque au fur à mesure des boutanches dégoupillées.

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    On pourra faire deux objections assez recevables : la cuisine est ce qu'il y a de plus soignée mais un peu grasse et le prix notamment des entrées un chouia élevé. Je répondrai oui tout à fait. C'est une cuisine du Sud-Ouest, on n'est pas là pour manger de la salade. Et allez grignoter deux tapas dans n'importe quelle brasserie merdique de ce quartier de Rachida et regardez l'addition. A ce niveau de prix et de cuisine, c'est une affaire.

    Café Constant, 139 Rue Saint-Dominique, 75 007 Paris, 09 75 82 08 07.

     

  • Selosse, le boss et Drappier, mon préféré

    Bien sûr, on avait les pieds gelés.

    Bien sûr, le champagne était trop frais.

    Bien sûr, on s'est (re)tapé la verticale Drappier. Avec Charline, aussi pétillante que les vins de de son papa.

    Bien sûr, on s'est tapé la verticale Vouette et Sorbée. Avec Bertrand Gautherot qui racontait son percheron qu'il a choisi polonais.

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    Bien sûr, on s'est tapé la verticale Selosse. Enfin, ce qui était dispo. Anselme Selosse a sorti le VO, l'Initial, le millésimé 1999 et l'extraordinaire liqueur de champagne qu'il ne vend pas aux particuliers.

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    Bien sûr, c'était aux caves Augé.

    Euh... ah oui, on a aussi goûté le champagne Beaufort. Mieux vaut attendre un peu avant de le boire pour le 2005. Et un vrai régal en réserve 2006. C'est d'ailleurs lui que j'ai choisi. Déjà pour son rapport qualité/prix inégalable (23 euros). Et pour son caractère inédit, tellement loin des pétillants à la "Moët-et-Glandon", comme dirait Gautherot. J'en ai pris trois et n'attends que de le regoûter.

    Euh... en fait, Olivier sera d'accord j'en suis sûr, je crois qu'il y a aussi tous les Selosse que je rêve de regoûter.

  • Le noter pour l'oublier

    Ce resto-là on l'oublie. Juste avant les fêtes il avait ce côté arbre de Noël trop gras. Dans le décor et dans l'assiette.

    Pourtant, les produits Micouleau nous étaient familiers à l'époque de nos chères études à Toulouse. Peut-être ne supportent-ils pas le voyage à Paris. Ou alors avons-nous effectivement grandi...

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    Aux produits du Sud-Ouest, restaurant Micouleau, 86 rue Saint-Dominique, 75 007 Paris.

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  • Noël le 18 décembre

    On fête la fête une semaine avant l'heure. L'occasion de s'échanger quelques cadeaux, de manger de bons petits trucs et d'en boire de tout aussi bons.

    T'as eu quoi pour Noël ? Une superbe étiquette de bouteille de vin, fin XIXe, représentant "Le Vin de Monsieur" et spécifiant bien la teneur en alcool : "XI°". Comme l'arrondissement. Ma boule à thé, même un peu design, faisait pâle figure.

    Puis on a enchaîné sur les huîtres Gillardeau. Avec le Corbières blanc de la Treille Muscate (11 euros). Le vin a mis du temps à s'ouvrir. C'était un 2008, il n'avait pas les attributs du millésime qui me reste encore en bouche, mais dont j'ai oublié la date. Le 2006 je crois. Le 2007 étant lui un poil trop visqueux. Le 2008 me paraît déjà un peu oxydé. Il me reste trois autres quilles pour m'en convaincre. En tout cas l'alliance avec les huîtres était parfaite. Le seul souci (mais en est-ce un ?) c'est que les Gillardeau étaient vraiment au top. Le vin semble fade à côté. Alors que seul il en impose bien.

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    Suivent foie gras, époisses et fourme d'Ambert. Bref parfait avec un petit liquoreux me direz-vous. Mais tout le monde sait que je ne porte pas dans mon coeur le monbazillac ou le sauternes. Mais je sauve le jurançon. Là j'avais opté pour un ovni en demi-bouteille (11 euros au producteur). Une tuerie qui s'accorde avec tout et mieux, qui sublime tout.

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    Il s'agit d'un Blanc de Noir 2001 de chez Binner, Cuvée Excellence. Là il faut s'expliquer.
    - Vin d'Alsace
    - Cépage pinot noir, le cépage des grands bourgognes et des quelques alsaces rouges
    - Sauf que celui-là était vignifié en blanc, sans les peaux de raisins en quelque sorte
    - Et en surmaturité
    = un pinot noir blanc moelleux.

    Bref un vin hors du commun. Par sa rareté, par son originalité, par la mentalité du vigneron qui ose. Et par son goût indéfinissable, à s'enfiler à la petite cuillère.

    Avec le foie gras et ma petite confiture mangue-vanille (recette de Christine Ferber, Alsacienne elle-aussi), ce fut un mélange évident. Mais encore plus sublimant avec le coulant de l'époisses. Un véritable accord de maître. De ceux que doivent rechercher les grands chefs.

    Encore une chose. La couleur de ce vin. Je l'ai mis sur la page d'un livre pour faire ressortir la couleur de l'ambre. J'aurais même dit orange, le vin du Modem, le vin de Bayrou.

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    Le livre en question a le tort d'être le dernier opus de Tariq Ramadan. En pleine discussion sur l'identité nationale, je me suis dit qu'associer ce livre à ce vin ne pouvait qu'élever le débat. Sans doute respecte-t-il son identité alsacienne (pinot noir, surmaturité) mais son côté déviant le rend un peu à part. Une jolie voix dissonante.

    Qui allait parfaitement aussi avec le dessert, un Ispahan de Pierre Hermé. Le meilleur dessert du monde sans chocolat.

  • Chez mon dealer, c'est lugubre

    Pour les trois Martiens qui ne seraient pas au courant (parce qu'ils habitent sur une autre planète), il neige aujourd'hui. Même à Paris.

    Quelques rares jours par an, l'atmosphère change. Les gens sont au courant et beaucoup prennent leur voiture. Mais roulent plus doucement. Les gens sont au courant et beaucoup, comme moi, prennent le métro. Mais marchent plus doucement. Bref il y a foule. Et la ville s'écoule plus doucement. C'est pas du genre "whaouahouah c'est magique, c'est Noël, ressers-moi du vin chaud !". Avant la tombée de la nuit, l'atmosphère est plutôt satinée.

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    Une journée pas trop ordinaire donc, faite pour se balader un peu si on a de bonnes chaussures. En arrivant (comme souvent) dans le 3e arrondissement, au nord du Marais, je me dégèle les arpions dans le marché des Enfants Rouges près du square du Temple. Peut-être le lieu le plus accueillant de Paris, l'un des plus cachés et malgré cela l'un des plus branchés. Ce qui explique le prix du kilo de tomate.

    Mais on préfère s'en tenir à L'Estaminet des Enfants Rouges, au petit Coréen Taeko ou aux Enfants Rouges, rue de Beauce. Et au milieu coule Versant Vins, petit caviste bien meilleur que Julien, pas loin d'ici, rue Charlot.

    Jeanne tient son petit stand avec beaucoup de délicatesse. Même quand il fait trois degrés comme aujourd'hui. Pas de chauffage d'appoint, des mitaines pour tapoter sur son Mac. C'est avant tout l'un des rares cavistes chez qui je suis à peu près sûr de trouver les vins de Catherine Marin-Pestel, alias la Grande Catherine comme l'a surnommé un blog sympa.

    Cette ancienne cadre du Louvre, docteur en littérature, a tout quitté pour les Corbières. Mon rêve ? Sans doute. En tout cas, pourquoi pas faire un jour un vin blanc aussi exceptionnel que le sien ? Non, en réalité c'est trop dur. Je préfère boire le sien. Sa cuvée La Vagabonde, AOC Corbières, est une alliance hors du commun entre macabeu et marsanne. Sec, fruité, aérien. Une bouteille ne suffit jamais. Il y a quelques années il était déjà sublime à quelques euros de moins. Aujourd'hui, même à ce prix (11 euros), La Vagabonde reste le plus grand vin blanc de France. J'assume.

    Revenons-en à Versant Vins. Je prends quatre Vagabondes. Pour demain, pour samedi, pour Noël. Le lieu accueillant comme toujours. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'endroit. Qui se retrouve la tête à l'envers. Le marché des Enfants Rouges n'est que l'ombre de lui-même. D'ailleurs il n'est qu'ombres. Surtout quand on connaît les couleurs de l'endroit dès qu'un rayon de soleil se pointe. Ou dès qu'il fait cinq degrés. Mais là il fait trois degrés et les Enfants sont gris. Rassurons-nous car on le goûtera ce week-end : le vin sera sans doute aussi bon.

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  • Axel Prüfer et ses grenaches

    Grenache. Un mot qui donne soif. Raison de plus si ce sont les vins étonnamment légers de Axel Prüfer. Avec une finale qui prend son temps avant de s'estomper. Un grand vin de copains.

    L'homme a quitté sa RDA natale pour le Languedoc. Son histoire, son domaine Le Temps des Cerises et cette cuvée Les Lendemains qui chantent (14 euros au Verre Volé) le classent forcément sur l'échiquier politique. Fou des vins de Prüfer le radical, Sébastien Lapaque qui rappelons-le sévit au Figaro écrit : "Buvons ses vins avant qu'il ne demande l'asile politique à Cuba." Promis.

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  • Soirée raclette, on racle tout

    Pour sa pendaison de crémaillère, Manu nous a fait mettre le cap sur Sainte-Marie-aux-Chênes. Frontière Moselle/Meurthe-et-Moselle. On n'a pas salopé les murs, on n'a pas chié dans ses bottes et on n'a pas vomi par terre. Pourtant on avait beaucoup mangé. Et bien. Et je dis pas ça parce que Manu lira ce post. De toute façon une raclette, c'est bon. Même au lendemain d'une tartiflette.

    J'avais ramené un des magnums de riesling de Binner acheté au Salon des Vignerons indépendants. Qu'on n'a pas bu. Manu, j'espère que tu ne l'as pas fait gelé sur la terrasse...

    Puisque je te tiens, ton champagne c'était quoi ? Je crois que toute la tablée a bien apprécié, on n'avait pas l'impression de boire du Perrier, ce qui est le plus grand problème du champagne.

    Un peu de blanc, un Orvieto, joli vin d'une jolie ville italienne. Que la raclette écrase. Mais quel vin n'est pas écrasé par la raclette ?

    Avec le dessert, je m'étais trimballé le pétillant/frizzante/perlant Maria Bonita des Foulards rouges. Même avec un coup dans le nez, il s'ouvre bien.

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    Et il se boit bien aussi. J'ai déjà dit tout l'amour que je porte à ce vin dans cette note.

    Là encore évidemment, il se goûtait bien. Une sacrée régularité dans ce vin, c'est agréable. J'aurais prendre en photo son côté troublard, ce sera pour la prochaine.

    Ce fut une bien belle soirée.

  • Un après-midi dans les vignes et les gaufres

    De Trêves on oublie que Karl Marx y est né et de Cologne on ne connaît que l'eau. Marrant donc qu'entre ces deux grandes villes allemandes, le long de la Moselle, s'étende le plus beau vignoble du pays. On y trouve les meilleurs rieslings d'Allemagne, donc du monde diront certains.

     
    A Bernkastel-Kues, petite ville au coeur du raisin, nous voulions rendre visite au Dr. Loosen, l'un des vignerons les plus prisés. De Robert Parker aux alterno-buveurs. Mais comme chez les nobles bourguignons ou les aristos bordelais, porte est close si on ne prend pas rendez-vous deux semaines avant. On se console avec le caviste du coin, Rieslinghaus Porn, Hebegasse 11. Rien de cochon là-dedans, juste un caviste-bar à l'allemande. Tout ce qu'il y a de plus platonique.
     
     
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    On essaye le Bernskasteler Lay du Dr. Loosen, sa belle cuvée trocken (sec). Joli nez, bouche parfumée, pas assez froid, pas très long en bouche malheureusement. A re-boire, en plus froid. Et il faudra manger quelque chose en accompagnement. Le caviste trop heureux de tomber sur des Franzosen nous saoule autant que ses vins. On était là pour ça, on achète quelques bouteilles ; on rajoute du demi-sec, des vendanges tardives et des sélections de grains nobles. Je ne vais pas vous sortir les noms allemands. Retenons juste qu'en Moselle les vins sont classés selon la teneur en sucre des cuvées. Et on ne redira jamais assez notre préférence pour les vins secs. Mais il faut goûter à tout.

    Dans les rues, c'était le marché de Noël, la fête à l'allemande, bon enfant. Un mélange retrouvé de simplicité et de générosité.

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    Et qui dit simplicité et générosité dit bière et currywurst. La meilleure de la ville ? Sans doute mais on n'a goûté que celle-ci. Je vais tenter de vous retrouver l'adresse. C'est peut-être Currywurst-Treff, sur la Römerstrasse, mais pas sûr, je ne l'ai pas notée. Autour de trois tables, un homme s'active seul en cuisine pour servir sa grosse saucisse blanche au ketchup-curry. Sourit et se laisse prendre en photo.
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    Une petite bière avant tout. Normal, on est en Allemagne. "Bitte ein Bit" comme dit le slogan publicitaire élevé au grade de devise nationale. Quant à la currywurst, je crois me souvenir que notre homme n'avait que ça à la carte. On prend la spezial, avec les frites. Normal aussi.
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    Et il y a les irréductibles estomacs qui ne sont jamais contentés. "Non, moi je me réserve pour la raclette de Manu ce soir..." Encore perdu une occasion de me taire. A voir les gamins croquer dans les gaufres on comprend combien ils ont eu raison de se payer cette bonne tranche de pâte et de vie.

    Conclusion de cette virée : peut-être est-ce gras, peut-être est-ce sucré, sans doute n'est-ce pas très évolué... mais trouvez-moi tout de même le consulat d'Allemagne le plus proche que je demande l'asile gastronomique !
  • A revoir, à reboire

    Il faut beaucoup se tromper pour avoir raison une seule fois. Pareil pour les bouteilles, il faut en tester beaucoup pour tomber sur un canon. Certaines ne laissent pas un souvenir impérissable. Sans doute mal dégusté, mauvaise bouteille, mauvaise humeur. Plein de raisons. C'était, souvenons-nous, le cas de la bière Cantillon. C'est le cas aussi de ces deux quilles-là.

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    * Cuvée Zéro de Conduite, du domaine des Foulards Rouges. Un vendanges tardives de muscat petit grain dans le Roussillon (12 euros). Ces vins sont sucrés, bien trop pour les boire tout seul. un joli vin à reprendre avec un dessert qui en a.

    * Jacquère, domaine Dupasquier. Ce blanc de Savoie, cépage Jacquère, est ce qu'on appelle un vin blanc, voire transparent. Goûté avec la sublime tartiflette, version Bruno Doucet de La Régalade. Accord parfait sans doute, mais il manquait un peu de longueur au vin. Je sais que c'est sans doute l'un des meilleurs domaines de la région. Il faut que je goûte les autres cuvées.

  • Les matinales ça n'aide pas

    Vous l'aurez remarqué, le blog est un peu en suspens... Normal, se lever tous les jours à 2h du matin pour aller au travail ne facilite pas les idées heureuses comme dirait Jean-Christophe Comor.

    Mais pour pallier ce manque, un joli week-end s'annonce en Allemagne et Moselle. Avec des visites chez des vignerons, une pendaison de crémaillère et d'autres bouteilles débouchées pour d'autres occasions.

    C'est donc à suivre ici tout prochainement.

  • Un voyage au Japon, c'est pas si cher en fait

    C'est un quartier que les fous du Japon connaissent sur le bout des baguettes. Le quartier japonisant de Paris. Mais il faut savoir que la rue de l'Echelle constitue le prolongement de la rue Sainte-Anne par-delà l'avenue de l'Opéra. Ce qui signifie que Zen est un peu à l'écart de la meute. On est presque rue Saint-Honoré, déjà un autre monde.

    Ce nom-là, Zen, est un peu pourri. Passons.

    Ah oui mais il y a le décor aussi. Déroutant. Ce vert granny smith, comment dire... je n'en suis pas un inconditionnel. On se demande encore dans quel mauvais film on s'est embarqué. Heureusement, on avait été prévenu : "ne pas se fier au décor". En plus d'être vert, il est aseptisé, presque digne d'une hôpital à la D&Co. Mais bon on s'assoit, on est là pour ça. Passons bis.

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    C'est bizarre, les clients ne sont que des Japonais. Encore plus bizarre, les serveurs ne sont pas des Chinois comme dans presque tous les restos japonais ; eux aussi sont des Japonais... Comme là-bas dis, tout en retenue. Notre homme en tablier attend gentiment à côté de nous qu'on ait posé la carte pour rappliquer. Et remercie, s'excuse, s'excuse, remercie, s'excuse, remercie. Et s'excuse de remercier. Le niveau sonore est celui d'un resto groenlandais, malgré la salle comble. Arrivent des gyoza (5 euros pour 5 merveilleux raviolis frits) et du kara-agé (4 euros les quelques bouchées de poulet frit).

    Puis la grosse affaire. L'unagi (18 euros la brochette d'anguille sur du riz, sauce soja caramélisée). Rien que de l'écrire j'ai la bave aux lèvres. Mais je comprends que ça ne plaise pas à tout le monde, cette texture gélatineuse, à la fois proche du poulet mais dont l'odeur rappelle au glouton qu'il s'agit bien d'un poisson. La sauce sirupeuse ajoute à l'aspect rondouillard de la chose ; d'ailleurs c'est servi sur du riz dans un bol. Une spécialité d'Osaka si je me souviens bien.

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    Katsudon ramen (14 euros). Bon pour ceux qui sont pas au jus (merde, faites un effort !) : il s'agit d'un des plats le plus courants au Japon, qu'on ne mange d'ailleurs pas forcément dans un bouillon (dans ce cas-là on enlève ramen et ça s'appelle simplement katsudon). Du sublime porc pané (demi-sel sans doute, en tout cas le seul qu'on mange comme ça à Paris), avec quelques tranches de lard, des pâtes, le tout dans un gros bouillon donc. Il y en avait pour deux ou trois.

    Là-dessus une Kirin pression, l'équivalent de notre Kronenbourg. En plus noble s'il vous plaît.

    Merci, au revoir, à très bientôt.

    Zen, 8 rue de l'Echelle, 75 001 Paris,  01 42 61 93 99.

  • Queue de boeuf façon Marcel Proust

    "Le boeuf froid aux carottes fit son apparition, couché par le Michel-Ange de notre cuisine sur d’énormes cristaux de gelée pareils à des blocs de quartz transparent. [...] Et, en effet, Françoise, surexcitée par l’ambition de réussir pour un invité de marque un dîner enfin semé de difficultés dignes d’elle, s’était donné une peine qu’elle ne prenait plus quand nous étions seuls et avait retrouvé sa manière incomparable de Combray. « Voilà ce qu’on ne peut obtenir au cabaret, je dis dans les meilleurs : une daube de boeuf où la gelée ne sente pas la colle, et où le boeuf ait pris parfum des carottes, c’est admirable ! Permettez-moi d’y revenir », ajouta-t-il en faisant signe qu’il voulait encore de la gelée."

    Plutôt que la madeleine d'A la recherche du temps perdu, mon intérêt se porte sur le boeuf en gelée d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

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    Joli plat d'été, je le fais alors que l'hiver arrive. Pas très complexe, un poil long à désosser cette foutue queue de boeuf. Mais c'est autre chose que du paleron. L'idée vient d'un livre de recettes liées aux grands écrivains, Room Service, chez Actes Sud. La partie bouffe étant écrite par Yves Camdeborde et la partie écrivains par Sébastien Lapaque. Recettes un peu abruptes, alors que les textes littéraires sont (presque) plus gourmands. Je veux dire que les descriptions de Lapaque donnent faim. On salive des paupiettes à la Gabriel Fouquet rien qu'en lisant quelques lignes sur Antoine Blondin. On n'a qu'une envie, c'est de descendre à la cave avec Rabelais, même si ici il n'est pas question de nourriture solide.

    Cette gelée là n'était pas aussi bien réussie que chez Proust. Un poil trop liquide. Mais l'alliance des saveurs (carottes, poireaux, queue moutardée, pied de veau) est sensationnelle. Je l'ai goûtée chaude hier soir, c'était parfait. Donc on va oublier la gelée, surtout en hiver. Et on fait pareil mais on mange le tout bien chaud, surtout en hiver.

    Et Rabelais alors ? Avec ça on boit quoi bordel ? Un vin nouveau, cépage pinot noir. Celui de l'excellentissime domaine de Chassorney, de Frédéric Cossard, mon domaine chouchou du sud de la Bourgogne. Je n'ai bu que trois vins de chez eux, mais les ai bus souvent et n'ai jamais été déçu. Plus que ça : toujours été charmé. Voici à quoi devrait ressembler la Bourgogne : un fruit de noble lignée dans lequel on croque.

    On croirait une bouteille de limonade à la grenadine. Presque, mais surtout moins sucré. Un côté acide désagréable sur tout vin nouveau, qui s'estompe dans le verre. Un vin de pique-nique.

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    Enfin pour finir ce post-fleuve, je copie Sébastien Lapaque qui cite un très bel autre extrait du livre de Proust. Qui résume l'importance qu'il faudrait tout le temps donner à la qualité de chaque produit, avant de le cuisiner.

    "Comme elle attachait une importance extrême à la qualité intrinsèque des matériaux qui devaient entrer dans la fabrication de son oeuvre, elle allait elle-même aux Halles se faire donner les plus beaux carrés de rumsteck, de jarret de boeuf, de pied de veau, comme Michel-Ange passant huit mois dans les montagnes de Carrare à choisir les blocs de marbre les plus parfaits pour le monument de Jules II".

  • INFO EXCLUSIVE MORGON : Michel Drappier et Sébastien Lapaque chez Lavinia

    En passant chez Lavinia ce jour, j'ai dégoté mon premier scoop, ma première INFO MORGON. Vu que je ne l'ai vue nulle part ailleurs, je considère que c'est un scoop ok ?

    Bref, en tout cas c'est une bonne nouvelle : l'un des plus grands écrivains français, Sébastien Lapaque, accompagné de l'un des plus grands vignerons français, Michel Drappier (des champagnes du même nom) seront présents pour une rencontre dédicace chez Lavinia à Paris le samedi 19 décembre, de 15h à 19h.

    Sébastien Lapaque dédicacera sa nouvelle édition du Petit Lapaque des vins de copains et son roman Les Identités remarquables chez Actes Sud.

    Et Michel Drappier... euh... il dédicacera ses bouteilles ?

    Bon, toutes les infos seront logiquement postées sur le site www.lavinia.fr

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