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Le Villaret : un peu désuet, diront certains. Comme le bon goût, leur répondrai-je.

Il y a toujours et partout des gens pour dire du mal de Paris. Le métro, le monde, la pollution... pour ne rester que dans les clichés. Qui se vérifient souvent.

Même si on n'aime pas Paris, il faut se rendre compte qu'elle brille non pas par ses lumières à la conqui scintillent au début de chaque heure et durant cinq minutes seulement. Mais par certains de ses restaurants.

Bien sûr, l'énorme majorité ne vaut pas le coup, 99 % pour schématiser. Reste le dernier 1 % (qui rejoint sans doute la théorie de Sébastien Lapaque qui l'applique aux vignerons de talents) : ce 1 % de belles adresses écrase tout qu'il s'agisse de la province, du métro qui pue, des gens au comportement révoltant... et donne envie de vivre dans la capitale.

Dans 1 % des restaurants parisiens se cache le sentiment d'appartenir à l'élite gastronomique mondiale. Au premier rang, le Villaret. Et en plus, on est très loin des 3 étoiles Michelin à 350 euros l'addition. Hors vin.

***

Le Villaret, il faut y aller quand on a quelque chose à fêter. Non pas que ce soit extrêmement cher : le menu du soir en semaine est à 32 euros, le week-end il monte à 50. Mais c'est si bon, qu'il ne faut pas s'habiter à cette cuisine tous les jours.

Le menu change tous les jours selon le marché mais surtout l'humeur, l'ingrédient le plus important de la cuisine à mon avis. Une cuisine bien dans son terroir. Ce jour-là, j'ai tout misé sur Abba. Euh non, sur les abats.

En fait, l'intitulé des plats parlent d'eux mêmes. Pas besoin de commentaire, juste d'une fourchette et d'un couteau. Et de se taire un peu, ça change.

Entrées : pâté de tête maison aux asperges vertes. Ou tarte fin aux sardines.

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Plats : langues d'agneau aux olives et salsifis. Ou croustillant de bar aux carottes.

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Ce qui saute tout de suite en bouche outre la fraicheur des produits, même pour un lundi, et leur goût assez unique, c'est la perfection de la cuisson des légumes. C'est souvent le parent pauvre ailleurs, le truc qu'on oublie, qui n'intéresse pas. Sans doute pas assez noble. Pourtant une bonne carotte pas flinguée par la cuisson te relève un plat, mon pote...

Dessert : unanimité sur le tatin de mangue.

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Je peux dire aussi que quand j'ai vu arriver le plateau de fromages sur la table d'à côté, je m'en suis voulu... Aie.

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Et avec ça... Yves Cuilleron fait un Saint Joseph blanc 2008 Lyseras. J'adore ça. Vu les plats commandés ça pouvait aller avec tout. Un vrai régal.

La carte des vins est aussi longue que Guerre et Paix. Un peu dommage qu'il n'y ait pas plus de bouteilles abordables comme ce Saint Joseph (autour de 30 euros) car ça grimpe très vite, très très vite.

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L'un des restaurants de l'année. Au même titre que Camdeborde ou Alfred (dont je reparlerai). Mais un peu planqué, pas sur la grande place publique, pas à Odéon. Ce qui n'a pas de prix (enfin si justement. Et souvent c'est même moins cher, ah ah...)

Le Villaret, 13 rue Ternaux, 75011 Paris, 01 43 57 89 76.

Commentaires

  • Le Villaret a été en effet une TRES bonne adresse.

    Selon moi, ce n'est plus le cas.
    La nouvelle équipe mise sur des plats à la mode, vite et mal préparés et une carte des vins malhonnête sans intérêt.
    Dommage.

    Sinon je suis bien d'accord avec votre théorie du 1%.

    NB : j'y suis allé la dernière fois il y a un peu moins de 2 ans.

  • Merci Erix. Je n'ai pas connu le Villaret de l'époque. Je sais juste qu'ils proposaient un menu à 50 euros tous les jours, donc forcément la qualité n'est plus la même quand on passe à 32 euros (crise oblige ?). Mais des plats à la mode ? langues d'agneau ? Fromage de tête maison ? Je ne trouve pas que ça soit si à la mode que ça...

  • L'ancien patron était quelqu'un de très connu dans le milieu de la gastronomie à Paris.
    Il adorait les bons vins et la bonne bouffe, simple, avec des produits de qualité mais finement préparés.

    Malheureusement, le Villaret comme Le Square Trousseau font partie de ces restaurants qui sont repris pour leur image de qualité et qui sont ensuite exploités dans le but d'augmenter les profits au détriment du client.

    Les plats que tu cites sont ceux qu'on voit dans la plupart des bons restaus, comme le Baratin, Le Repaire de Cartouche, Le Dirigeable, pour n'en citer que quelques uns.

    La dernière fois que j'y suis allé avec des clients américains j'ai tout simplement eu honte.
    Les plats, qui se voulaient savants étaient mal préparés (notamment une entrée immonde à base de foie gras), les viandes pas terribles, sans parler des sauces râtées et pas à bonne température (du réchauffé sans doute), le pain pas frais.

    Et surtout la carte des vins. Une immense liste de Bourgognes de négociants super chers et pas bons, des Bordeaux parkerisés sans intérêts et très chers, aucun des vins qui avaient faits le succès mérité de cette adresse de légende. Bien difficile de trouver un truc à boire, mais bon la carte va avec les plats.

    La déception est à la hauteur du plaisir connu avant.

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