Avertir le modérateur

  • Alfred : un morceau de France à croquer

    Je peux déjà tuer le suspense. C'est l'un des meilleurs restaurants qu'il nous ait été donné de faire à Paris. De ceux qu'on compte sur les doigts de la main.

    Olivier et moi avions donc commencé l'apéro chez lui, avec le grand Charles. C'est à lire juste en-dessous.

    ***

    Arrivés chez Alfred, nous sommes gais. Prêts à soulever la fourchette, un peu canailles. Comme ces rues du Palais-Royal sous la Révolution.

    Nous sommes déjà conquis par l'endroit : le rez-de-chaussée s'est mué en bar à vin sympathique mais déjà bu (il y a quelques années). Le restaurant, Alfred, le vrai, est comme le foyer d'un théâtre parisien. Quelques tables, pas trop de bruit, le chef qui serre la main dès l'entrée avant de repartir en cuisine, tablier sur pantalon rouge.

    Il faut déjà préciser que ni Olivier ni moi ne connaissons par ailleurs le patron, William Abitbol, ni aucun des serveurs ou cuisiniers. Tout juste l'avions nous croisé à Toulouse lors d'un meeting politique en 2003 à l'époque où il donnait dans la chose publique.

    Ah oui, tiens... Deuxième chose : si pressés de rentrer, nous n'avons même pas jeté un coup d'oeil sur la carte.

    P30-04-10_23.53.JPG

    J'entends déjà les commentaires de ceux qui seront arrivés à tout déchiffer. "Bah là là, c'est pas donné". Et bien non, c'est pas donné.

    Un verre de blanc de cheverny de Villemade en ouverture, on se précipite sur la bouteille de rouge. Même A.O.C., même producteur. Halte là, dit la serveuse, j'ai le Syrah 2007 du Haut-Musiel à vous proposer. En côtes-du-Rhône. D'habitude peu enclin à suivre ce genre de recommandations, j'ai hésité. Olivier aussi. Arrive vite un verre de rouge, juste pour le goûter. Pour savoir si ça nous plait...

    Bingo ! Un goût de fruits rouges fin et poivré. Une petite révélation. Et bien oui, allons-y. Une quarantaine d'euros sur table, 15 dans le commerce quand on en trouve.

    P30-04-10_21.33.JPG

    Nous attaquons direct le filet de boeuf Simmenthal. Bien bien cuit, absolument fondant : privilège des belles races bovines. Le dauphinois de céleri appellerait bien du rab.

    P30-04-10_21.23.JPG

    Et voilà que le chef passe derrière nous, un fond de sauce aux morilles dans la casserole en cuivre. "Vous en voulez pour finir vos filets de boeuf ?". Ben tiens ! En un instant, il est transfiguré.

    Après s'être mis à papoter avec le patron, celui-ci confesse la difficulté de trouver les bons produits. Camdeborde avait déjà soulevé le même souci.

    William Abitbol explique le coût des viandes, le fait que dans la majorité des restaurants les morilles viennent des pays de l'Est et non de France.

    P30-04-10_21.38.JPG

    Le pire, on l'a appris bouche bée, c'est le problème des fonds de veau. Ils ne doivent être gardés qu'un seul jour. Directive européenne, selon le patron. Quand on fait soit même son fond de veau, avec un vrai veau et pas de la poudre, on comprend facilement le gâchis s'il faut en foutre la moitié à la poubelle. Pourquoi ne pas pouvoir le garder juste une journée de plus ?

    Il faudra creuser par ailleurs la question. En tout cas le fond de veau d'Alfred est évidemment l'un des meilleurs jamais goûté.

    Son autre must, la crème au chocolat. Un poil froide, un poil dure donc. Mais délicieusement agrumée. Pour qu'elle ne soit pas seule, cap à nouveau sur le Haut-Musiel. Le blanc cette fois, 100 % grenache.

    Re-bingo ! Il éclipse presque la mousse. Goûtée une semaine plus tard avec des makis, la bouteille se révèle vraiment une idée pure du vin blanc, accessible, fin, cristallin tout en étant bien présent (15 euros chez quelques trop rares cavistes). Un moment de rêve dans la continuité, donc encore plus fort.

    P30-04-10_22.28.JPG

    Et c'est à ce moment-là, celui où on ne s'y attend pas, que la dernière note sublime pointe le bout de son nez. William Abitbol toujours lui, empli de générosité, sort une Chartreuse Verte VEP (vieillissement exceptionnellement prolongé). Un verre d'habitude, c'est 15 euros sur table. Le patron l'a offert.

    P30-04-10_23.25.JPG
    P30-04-10_23.26.JPG

    Un moment de grâce, de patrimoine français, tout conjugué. N'est-il pas meilleure définition du vin ou des spiritueux, et de la gastronomie en général ? Plus rien ne semble désespérant après cela. L'addition rend plus léger de 85 euros ce qui, je le répète, n'est pas accessible à tout le monde. Mais par rapport à tant d'autres choses chères, tape-à-l'oeil et sans intérêt, bling-bling comme la mode dit, on peut penser que ça va. Il suffit de considérer que ce que l'on met dans son estomac est bien plus important que la marque de son téléphone portable.

    Alfred, chez William Abitbol, 52 Rue de Richelieu, 75 001 Paris, 01 42 97 54 40.

  • Le champagne du général

    Le grand Charles avait du goût pour les vins de l'Est. Le beaujolais de Jules Chauvet, j'en ferais bien mon ordinaire. C'était un autre siècle. Question champagne, la Boisserie se fournissait chez Drappier, une maison que connaissait bien son aide de camp, le colonel De Bonneval.

    Petit hommage donc que ces rares bouteilles de Drappier pour un vin baptisé simplement Cuvée Charles de Gaulle. Je crois que c'est à Colombey-les-Deux-Eglises qu'il s'en vend le plus, tellement elle est introuvable ailleurs. Sauf à Urville.

    Aussi incroyable que ça puisse paraître, c'est bon, c'est très bon. Drappier n'est pas là pour amuser la galerie ou surfer sur une vague. Assemblage de pinot noir et chardonnay, c'est un vin fin et élégant. On n'est peut-être pas dans la Grande Sendrée, mais c'est une des meilleures cuvées de la maison.

    P30-04-10_19.26.JPG

    Pour l'accompagner, on a sorti un joli jeu : un bon pain de campagne, du caviar d'oursin Kaspia assez extra et un pâté aux truffes Maison de la Truffe bien moins excitant.

    Avec un before comme ça, on pouvait gaiement finir la soirée chez Alfred. Ce sera à lire juste au-dessus.

  • Ardèche, à r'boire

    Bu comme ça sur un coup de tête. Descendu très vite cette cuvée Larmande du domaine de Mazel (une dizaine d'euros au Vin se Livre). Des vins de table originaire d'Ardèche, donc pas vraiment en Cotes du Rhône... Un plaisir intact, car très peu (sinon pas du tout) de soufre. Un autre jus de fruit. Son blanc Les Lèches m'avait laissé un souvenir encore plus extra. A reboire pour mieux le commenter.

    P22-04-10_08.40[01].JPG
  • Pour les Parisiens, le tracteur est un objet insolite

    P27-04-10_11.56.JPG

    Durant la manif des tracteurs, ce midi, boulevard Voltaire à Paris.

    P27-04-10_11.47[01].JPG

    Si beaucoup sortent leur téléphone, d'autres saluent les agriculteurs voire applaudissent. Personne ne semble les traiter de ploucs. Tant mieux. Les Parisiens aiment-ils les agriculteurs comme d'autres les pompiers ? Ou bien est-ce parce qu'ils n'ont pas l'habitude d'en voir ?

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Boire tue, vivre aussi

    Benoit avait convié tout le monde à manger une bonne Morteau. Je crois qu'on a un peu trop bu pour un lundi. Boire Tue alors ? Non, en fait pas plus que le reste. Par contre la vaisselle le lendemain, ça oui.

    P26-04-10_22.32.JPG

    J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de Pascal Simonutti (à relire ici). Un vin de copains, qu'il présente aussi sous l'étiquette Vin de Bagnole. Vin de provoc' surtout, pour se moquer de notre société hygiéniste. Avec une belle couche de dépôt. Un jus qui vit.

  • Le Villaret : un peu désuet, diront certains. Comme le bon goût, leur répondrai-je.

    Il y a toujours et partout des gens pour dire du mal de Paris. Le métro, le monde, la pollution... pour ne rester que dans les clichés. Qui se vérifient souvent.

    Même si on n'aime pas Paris, il faut se rendre compte qu'elle brille non pas par ses lumières à la conqui scintillent au début de chaque heure et durant cinq minutes seulement. Mais par certains de ses restaurants.

    Bien sûr, l'énorme majorité ne vaut pas le coup, 99 % pour schématiser. Reste le dernier 1 % (qui rejoint sans doute la théorie de Sébastien Lapaque qui l'applique aux vignerons de talents) : ce 1 % de belles adresses écrase tout qu'il s'agisse de la province, du métro qui pue, des gens au comportement révoltant... et donne envie de vivre dans la capitale.

    Dans 1 % des restaurants parisiens se cache le sentiment d'appartenir à l'élite gastronomique mondiale. Au premier rang, le Villaret. Et en plus, on est très loin des 3 étoiles Michelin à 350 euros l'addition. Hors vin.

    ***

    Le Villaret, il faut y aller quand on a quelque chose à fêter. Non pas que ce soit extrêmement cher : le menu du soir en semaine est à 32 euros, le week-end il monte à 50. Mais c'est si bon, qu'il ne faut pas s'habiter à cette cuisine tous les jours.

    Le menu change tous les jours selon le marché mais surtout l'humeur, l'ingrédient le plus important de la cuisine à mon avis. Une cuisine bien dans son terroir. Ce jour-là, j'ai tout misé sur Abba. Euh non, sur les abats.

    En fait, l'intitulé des plats parlent d'eux mêmes. Pas besoin de commentaire, juste d'une fourchette et d'un couteau. Et de se taire un peu, ça change.

    Entrées : pâté de tête maison aux asperges vertes. Ou tarte fin aux sardines.

    P19-04-10_20.40[01].JPG
    P19-04-10_20.41.JPG

    Plats : langues d'agneau aux olives et salsifis. Ou croustillant de bar aux carottes.

    P19-04-10_21.05[01].JPG
    P19-04-10_21.05.JPG

    Ce qui saute tout de suite en bouche outre la fraicheur des produits, même pour un lundi, et leur goût assez unique, c'est la perfection de la cuisson des légumes. C'est souvent le parent pauvre ailleurs, le truc qu'on oublie, qui n'intéresse pas. Sans doute pas assez noble. Pourtant une bonne carotte pas flinguée par la cuisson te relève un plat, mon pote...

    Dessert : unanimité sur le tatin de mangue.

    P19-04-10_21.37.JPG

    Je peux dire aussi que quand j'ai vu arriver le plateau de fromages sur la table d'à côté, je m'en suis voulu... Aie.

    P19-04-10_21.28.JPG

    Et avec ça... Yves Cuilleron fait un Saint Joseph blanc 2008 Lyseras. J'adore ça. Vu les plats commandés ça pouvait aller avec tout. Un vrai régal.

    La carte des vins est aussi longue que Guerre et Paix. Un peu dommage qu'il n'y ait pas plus de bouteilles abordables comme ce Saint Joseph (autour de 30 euros) car ça grimpe très vite, très très vite.

    P19-04-10_20.36[01].JPG

    L'un des restaurants de l'année. Au même titre que Camdeborde ou Alfred (dont je reparlerai). Mais un peu planqué, pas sur la grande place publique, pas à Odéon. Ce qui n'a pas de prix (enfin si justement. Et souvent c'est même moins cher, ah ah...)

    Le Villaret, 13 rue Ternaux, 75011 Paris, 01 43 57 89 76.

  • Petit apéro d'anniversaire

    Ce qu'il y a d'emmerdant avec les soirées anniversaire, c'est qu'on sort des bouteilles sympas qui, chacune prise indépendamment de l'autre, mériterait son petit commentaire. Sauf que le lendemain, les mélanges aidant, on a comme qui dirait oublié la subtilité de telle ou telle. Reste l'énumération quand il s'agit de descendre les cadavres au vide-ordures.

    P18-04-10_16.20[01].JPG

    Une petite trilogie de Ludwig Bindernagel. Le crémant du Jura extra-brut Délire des Lyres un peu sur la réserve, le QV d'étoiles en Pesus 2005 reste ma découverte de l'année et le Pinot Noir 2006 est excellent. Pas de surprise.

    P18-04-10_16.21.JPG

    Le vouvray de Catherine et Pierre Breton, tant pétillant que tranquille, a eu pas mal de succès. Pas de surprise.

    P18-04-10_16.21[01].JPG

    La Petite Gâterie du domaine des Griottes en Anjou (disponible chez Crus et Découvertes, rue Paul Bert 75 011). Petit bonheur gustatif et portatif. Y a du dépôt, c'est pas filtré. La soirée était bien, on en a mis plein l'étiquette. Pas de surprise.

    P18-04-10_16.22.JPG

    Le bordeaux de paysans. La Vrille Têtue bordeaux supérieur 2006 relégué en vin de table. Pourquoi ? ... En tout cas pour 7 euros au Vin se livre (75 012), un d-é-l-i-c-e ! Vous reprendrez bien un coup de bordeaux ? Oui, pour une fois.

    Puis les quelques autres bouteilles de blanc sont plutôt passées à la trappe de l'oubli. Une deuxième chance un autre jour ?

  • Ces lasagnes...

    Je disais déjà il y a six mois que ce restaurant faisait les meilleures pâtes fraiches de ce côté-ci des Alpes. Qu'il ne fallait pas trop en parler de manière à ce que je le garde pour moi tout seul, en bon égoïste.

    Je disais d'ailleurs que les lasagnes étaient à se damner. Vous ne trouvez pas ?

    P16-04-10_21.00.JPG

    Je le dis ici, le vin n'est malheureusement pas à la hauteur. Un petit blanc de Campagnie, cépage greco di tufo, suffit.

    Osteria dell' Anima, 37 rue Oberkampf, 75 001 Paris, 01 43 38 40 03.

  • On commence à respirer dans le vignoble

    Il était temps. Sauf que certains ne sont motivés que par l'appât du gain...

     

    Aux primeurs 2009, les vins bios surfent sur une "lame de fond" mondiale
    Par Chantal VALERY

    SAINT-EMILION (Gironde), 3 avr 2010 (AFP) – Les vins bios et biodynamiques se sont taillé une part de choix sur le marché des primeurs 2009 à la faveur d'un engouement mondial pour la viticulture sans pesticide, d'une "véritable lame de fond irréversible" qui semble les mettre à l'abri de la crise. Au coeur du vignoble de Saint-Emilion, les visiteurs français et étrangers se pressaient à Château Fonroque, grand cru classé, pour déguster le millésime 2009 de 38 propriétés biodynamiques de toute la France et d'Allemagne à l'occasion de la semaine des primeurs, qui s'achève ce week-end à Bordeaux. […] "Le côté baba cool, post-soixante-huitard, c'est révolu", déclare à l'AFP Christophe Ehrhart, vigneron et président du domaine Josmeyer en Alsace, "on sent maintenant un vrai frémissement pour la biodynamie", qui vise à "amener l'équilibre du terrain dans la bouteille". […] "Ce mouvement de fond est à pondérer pays par pays", ajoute Thierry Valette, propriétaire de Clos Puy Arnaud dans les côtes de Castillon (Gironde). Il y a des marchés qui "frémissent" comme le Japon et les Etats-Unis où le "green" est à la mode, et d'autres qui restent hermétiques comme la Chine ou la Russie, "en pleine mutation industrielle pour lesquels la pollution n'est pas le premier souci". […] Le bordelais "se met à bouger", estime M. Valette : 5% des crus prestigieux expérimentent la viticulture bio ou biodynamique. Il y a, selon lui, à peine 4 % de viticulteurs bios dans le monde et moins de 1 % de biodynamiques. "Très clairement, la viticulture n'est pas entrée assez tôt dans ce créneau porteur", souligne Laurent Gapenne, président de la fédération des grands vins de Bordeaux. "Il y a un décalage entre la demande du consommateur et la prise de conscience de la filière", juge aussi M. Valette, convaincu que certains crus bios et biodynamiques "écrasent au niveau gustatif énormément de grandes marques". […]

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Merci.

    Chaque jour qui passe, grâce aux réseaux sociaux desquels, je l'avoue, je ne suis pas un ardent défenseur, vous êtes de plus en plus nombreux à lire ces quelques lignes, à lire le Morgon.

    Merci donc.

    Même si au départ, ce petit carnet de vie s'adressait à mes très proches, je ne vois rien de mal à ce que plus de 100 personnes (des VU comme on dit dans le milieu) le consultent quotidiennement. Certes le Morgon n'a pas la même fréquentation que TF1.fr mais ça tombe bien, il n'en a jamais eu l'intention. Je visais trois amis par jour. Et surtout je m'en foutais. Bon là, il y en a trente fois plus. Tant mieux si ça intéresse quelqu'un.

    Certains d'entre vous laissent des commentaires très sympathiques, ainsi Bernard aujourd'hui qui a réagi à la belle phrase de Guy Debord.

    Merci donc.

    Et pour vous remercier encore, je me permets juste de rappeler cette phrase fondatrice de René Fallet, dans Le beaujolais nouveau est arrivé

    "Tu comprendrais, si tu avais pour deux sous de sensibilité, si tu avais un peu de morgon dans les veines, si les filles ne t'avaient pas bouffé le coeur en bourguignon. Tu comprendrais que ta place n'est pas à l'hôtel de la Faucille et du Marteau réunis, mais là ! Là ! Là, dans ma maison. Dans ma modeste demeure, ouverte à tous les zéphyrs de l'amitié."

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Sibardise = gourmandise

    Ce n'est pas un grand vin, mais un jaja de soif presque noble. Par la Sibardise, ici 2006, Fréd Cossard du domaine de Chassorney étiquette Marc Sibard des caves Augé, lui donne l'immortalité. Une cuvée spéciale pour une cave spéciale.

    P11-04-10_20.42.JPG

    Moi j'aime. C'est du bourgogne passe-tout-grain. Moi j'aime. C'est fait par un tailleur sur mesure. Moi j'aime. C'est même pas 8 euros la bouteille. Moi j'aime. C'est aux caves Augé. Moi j'aime.

    Et comme dit l'étiquette : "Indice de torchabilité 100/100"

  • Languedoc et son ami Roussillon chez Augé

    Avec Olivier, le coeur nous en disait ce samedi. On a filé une petite heure aux caves Augé, goûter les mises de 2009 et quelques cuvées antérieures. Grand bien nous en a pris sous le soleil d'avril.

    P10-04-10_16.41.JPG

    Domaine du Possible (Loïc Roure), Le Temps des Cerises (Axel Prüfer), Bruno Duchêne... Les connaisseurs comprendront qu'on s'est bien amusé.

    Mon coup de coeur va aux vins du Casot des Mailloles (Ghislaine Manier et Alain Castex) notamment leur vin blanc de grenache, le Blanc du Casot. A tout de même 35 euros la bouteille. Mais à ce prix-là, c'est du jamais bu pour cette région. Les vignobles sont autant en pente que mon gosier : difficile à travailler, la vigne va chercher loin cette perfection.

    PS : pour les envieux, le calendrier des prochaines dégustations aux caves Augé se trouve ici.

  • Jeudi 17h55, rillettes et vin blanc

    Tout est dans le titre. Un beaujolais blanc gouleyant du domaine de Botheland (Rémi Dufaitre en fait...) et un pot de rillettes d'oie-canard d'Alain Grèzes : le meilleur apéro possible en rentrant du travail. Point à la ligne, rien à ajouter. On ne se prend pas la tête et c'est bon.

    P08-04-10_17.59[01].JPG

    Des conserves Alain Grèzes, j'en fais des conserves...

  • Cette bouteille est sous-estimée

    De Ludwig Bindernagel, je nomme la QV d'Etoiles en Pesus 2005.

    Le domaine les Chais du Vieux Bourg m'enchante. Je me prosterne devant cette bouteille de Jura et un si beau travail d'artisan. J'en demande des quintaux. J'en boirais à la barrique directement.

    P06-04-10_20.07[02].JPG

    Si je ne me trompe pas il s'agit d'un assemblage de 70 % de chardonnay et le reste de savagnin. 14° pour mettre le tout en avant. Un nez immensément complexe à rendre accroc, une bouche un poil oxydée, des fruits secs, de la pomme je ne sais pas, j'adore. Une folle complexité : ce qui fait les meilleurs vins, j'ai vraiment l'impression de me répéter, tant pis. Car c'est si bon ! Avec une poêlée de Saint-Jacques ou une volaille de Bresse. Ou tel quel.

    Une dernière chose, le prix : 18 euros aux Caves de l'Insolite. La dernière fois, j'ai dit à Michel que la bouteille en valait le double.

    www.bindernagel.fr

  • Queue du bon

    Certaines planques sont si planquées qu'on oublie d'y aller. Cela faisait bien trois ans que je n'avais pas mis le gosier chez Quedubon, près des Buttes-Chaumont. Non pas que ce soit très éloigné de chez moi, mais Paris m'attire toujours plus vers le centre, la Crémerie ou Zen. Revenu dans le haut-Belleville prendre un apéro la semaine dernière, Quedubon à deux rues de là s'est rappelé à mon bon souvenir.

    J'y suis enfin retourné le lundi suivant avec mon oncle Gaston et son copain Micha. Rien n'avait changé, sauf l'assiette de jambon disparue et le Cours Toujours du domaine du Possible (Loïc Roure) envolé. Restent une bien belle carte et d'autres vins alléchants.

    P05-04-10_20.11.JPG

    La cuvée L'Antidote de Jean-Christophe Comor, version 2009 donc encore un peu jeune (24 euros). A mis du temps à s'ouvrir, mais quel jolie bouche en fin de compte. Pour aller avec ça, non seulement le produit est de qualité, mais la cuisine en a aussi à revendre. Ainsi cette fondante langue de boeuf sauce ravigote en carpaccio (10 euros). Près de 20 ans que je n'en avais plus mangé... Un de mes derniers blocages d'enfant : malade après en avoir ingéré, j'ai jusqu'à ce jour refusé d'en manger à nouveau. Blocage levé.

    P05-04-10_20.32[01].JPG

    Les plats ont encore élevé le niveau. De l'épaule d'agneau au safran (20 euros) à la queue de boeuf compotée au vin rouge (18 euros), ce n'est que crescendo. La queue parfaitement cuite, fondante, aérée, goûtue avec une purée qui a le droit de s'appeler purée. De plus en plus rare.

    P05-04-10_20.32.JPG
    P05-04-10_20.31.JPG

    Quedubon,
    22 rue du Plateau, 75 019 Paris, 01 42 38 18 65.
  • Une cuvée Gigi pour la petite Inés

    (Si, si... Inés avec un "é")

     

    Chez Andrea et Cyril, à qui je vais voler la recette de l'empanada version galicienne, ce dimanche de Pâques est agréable comme une fin d'après-midi ensoleillée.

    P04-04-10_19.31.JPG

    La cuvée Gigi de Georges Descombes, beaujolais de la plaine (9 euros aux Caves de l'Insolite) dont je ne sais pas grand chose est un joli régal de fruits au corps tout de même puissant. Rien à voir avec Yvon Métras. Mais tout de même plaisant. Pas besoin forcément d'un côte-du-rhône avec un plat du sud.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Entre copains 3 commentaires
  • Yvon Métras, le maitre-étalon du beaujolpif

    La catégorie "Beaujolais joli" n'a jamais aussi bien porté son nom. J'adore les vins d'Yvon Métras. Que dire ? Je les adule. J'en boierais matin, midi et soir. Et entre les repas. C'est  ce côté léger, discret, présent, fruité qui rend les choses envoûtantes. Son fleurie bu la semaine dernière est un rêve éveillé. Son "vulgaire" beaujolais est fait de soie. Avec une pizza qui se respecte, celle d'Al Taglio dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pense, c'est un repas heureux.

    IMG_5631.JPG
  • Il faut (malheureusement) de tout pour faire un monde

    On ne peut pas être abonné quotidiennement à l'enchantement, au savoir-faire ou à la qualité. Il faut parfois redescendre des nuages. Se remettre à manger des plats cuisinés pour comprendre qu'ils sont flasques, trop salés et parfois très sucrés. Manger de la mauvaise conserve, de la boîte sans attrait. Pour encore savoir mesurer l'exceptionnel. Comme hier soir à la Crémerie (lire ci-dessous).

    Si on était tous les jours à manger des merveilles, on s'y habituerait et on trouverait le truc normal. Alors au boulot, mal manger est plus facile. Pas le temps de cuisiner, on s'approche du distributeur. Presque pour se punir d'avoir si bien mangé hier soir.

    Au menu choisi par nos soins en toute connaissance de cause, pour voir à quoi ça ressemble : sandwich poulet je-sais-pas-quoi de Sodebo (on se souvient surtout du dégoût), flan mastoc et soda aux agrumes. Soda évidemment trop sucré, mais ça allait...

    midi repas après cremerie.JPG
    Lien permanent Imprimer Catégories : Beurk ! 2 commentaires
  • Be Crémerie, be happy

    Les lecteurs vont sans doute être saoulés sans avoir bu. Je repasse souvent les mêmes plats dans les mêmes crémeries. Et bien oui, quand l'adresse est bonne, peut-être que j'en tente d'autre, mais cela n'empêche pas de retourner dans les premières. Comme à la Crémerie. Ah ça change...

    Le paradis dans l'assiette. Une burrata à l'huile parfumée, une tranche de salaisons espagnoles, un camembert et des babas au rhum. Là dessus, un énième Saint-Romain Combe Bazin 2005 du domaine de Chassorney. Le paradis dans le verre. Vraiment. Fait partie de ses vins pour lesquels on n'a pas assez de mots (30 euros). Ajoutez à celle une cuvée Griottes du domaine des Griottes, à base de cabernet-franc et sauvignon (15 euros). Miaaam, glouuu... Il ne reste plus rien dans l'assiette du coq.

    En parlant avec Serge, le patron, Olivier et moi apprenons qu'un très célèbre chef français était là, à notre place, il y a deux jours. Pas franchement le genre de mecs qu'on affectionne, mais un phare il faut le reconnaître. Il a goûté la burrata. "Addictive" selon lui. Oui, c'est exactement cela. Addictive, la Crémerie...

    cremerie.JPG

    La Crémerie, ma planque.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu