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  • Bordeaux : le Bar-Cave, joli petit moment

    A Bordeaux, il est assez difficile de trouver une cave à manger un peu accueillante. On consulte ses guides bien-aimés, sur papier et sur la toile. Et on trouve le Bar-Cave, petite adresse du chef Jean-Pierre Xiradakis, dans la même rue que La Tupina.

    Ce week-end là, on était à Bordeaux pour un mariage entre Blaye et Bourg. Donc le midi, je me jette directement sur un blanc de Blaye, le Château des Tourtes. Assez enivrant, je le goûterais bien à nouveau, au salon des Vignerons Indépendants.

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    Quant à l'assiette, si elle est trop salée, elle a pas mal de répondant, tel cet oeuf aux cèpes à moins d'une dizaine d'euros. Les frites d'en face étaient assez excitantes. Une adresse agréable.

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    Bar-Cave, 34 Rue de la Porte de la Monnaie, 33 000 Bordeaux, 05 56 31 12 33

  • L'Anjou pur jus

    Après Les Copains d'Abord et Les Copines Aussi, le domaine des Sablonnettes produit un P'tit Blanc (cépage chenin) qui ma foi remplit tout à fait sa fonction. Christine et Joël Ménard, à Rablay-sur-Layon, font dans l'Anjou pur jus de soif tel qu'on voudrait en boire plus souvent. Fruité sans être envahissant, tendu sans pour autant être vert.

    Celui-là, c'était descendu avant de partir à Châtillon. Et pour une fois, c'est aussi l'étiquette qui m'a tapé dans l'oeil : renseignements pris, il s'agirait de dessins de Denis Huneau.

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  • ll Prezzemolo : encore un Italien !

    Tiens, allez, encore un petit Italien dans le quartier. Mais faut dire qu'entre les pizzas d'Al Taglio, les pâtes de l'Osteria et le fulgurant Fulvio, il ne reste plus beaucoup de place.

    Il Prezzemolo dans la jolie rue de Commines. Partis pour une pizza, nous nous retrouvons avec des pâtes. Un genre de carbonara à ma façon (mais avec des asperges : ça je leur pique leur truc)...

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    ... et un autre plat à la boutargue (ou poutargue selon les envies) qui, inutile de le rappeler, est constituée d'oeufs de mulets séchés. Miam...

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    Verdict : c'est bon et copieux. Mais ça ne vaut pas les autres cités en début de post.

    Il Prezzemolo 13, Rue Commines 75003 Paris. Entre 15 et 20 euros le plat, pas donné-donné.

  • La crème glacée dont les tannins fondent

    Ester Kitchen parle pas mal de la glace au sésame noir de La Mère de Famille, dans le IXe arrondissement. Vu notre attachement pour cette petite graine depuis nos voyages en Asie et passant ce mardi devant la vitrine de la vieille confiserie, je n'ai pas pu résister. Les deux boules à trois euros, presque un prix d'ami.

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    Certains vont dire beurk ! je les entends déjà. Tant pis pour eux, ils vont à nouveau passer à côté de quelque chose d'assez ahurissant. Oui on dirait du bitume, du ciment : le sésame noir n'allait pas donner quelque chose de jaune ou de rouge.

    En bouche, la crème glacée se confond avec un parfum éloquent de sésame noir. Son côté pâteux (qui pourrait rappeler le tahiné de sésame doré) entraîne en fait une réaction gustative proche d'un vin rouge : la glace a quelque chose comme des tanins qui viennent recouvrir la base des dents. Peu courant mais aussi assez addictif.

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  • La tarte aux mirabelles de Mme Maigret

    A Paris, souvent on s'échange les potins futiles. Ou on égrène les people qui habitent son quartier. J'ai maintes fois croisé Vincent Delerm venu rendre visite à son père Philippe, la fille d'un ancien président de la République, Romain Duris, le réalisateur Olivier Marchal, des comédiens de second rang ou quelque actrice oscarisée désormais résidente aux Etats-Unis.

    Mais j'ai appris récemment qu'une vraie star résidait à deux pas de chez moi. Quelqu'un de mondialement connu, une personnalité inter-générations comme disent les pubards. Quelqu'un qui va paraître has been à la majorité, mais tant pis.

    Au 130 du boulevard Richard-Lenoir réside le commissaire Maigret. Aucune plaque, aucun graffiti ne vient saluer la mémoire du personnage de Georges Simenon, génie de l'écrit. Pourtant, on ne compte plus les romans-épisodes où le célèbre enquêteur rentre dîner chez lui, à deux pas de chez moi.

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    Pourquoi Simenon a-t-il situé le domicile de Maigret ici ? Je n'en ai aucune idée. A quoi pouvait ressembler cette maison ? Aucune idée. Ce que je sais, c'est que notre homme était fin gastronome. Aux fourneaux du 130, Mme Maigret le régalait de plats (presque oubliés) comme un ris de veau ou une tarte aux mirabelles.

    Dans un de mes livres de chevet, Room Service, Sébastien Lapaque et Yves Camdeborde interprètent la tarte aux mirabelles qu'aurait pu servir Mme Maigret. Une pâte bien présente (200g de farine, 1 oeuf, 100 g de sucre, du sucre vanillé, 100 g de beurre), un appareil pointu (500 g de mirabelles, 3 oeufs, 120 g de sucre, 50 g de poudre d'amandes, 80 g de farine, 50 cl de lait, épices). Et une touche finale à imiter : fabriquer un caramel parfumé (100 g de sucre, 2 cl d'eau, 10 g de beurre, épices) qu'on laissera durcir sur un papier avant de réduire en miettes et de le saupoudrer sur la tarte encore tiède.

    Ma proximité géographique avec Maigret, ma proximité de Lorrain avec la mirabelle, ma proximité intellectuelle avec le duo d'écrivain-cuisinier : tout concourt à me lancer à l'assaut de cette tarte.

    Après avoir laissé l'appareil épaissir comme un sabayon ou une béchamel (exercice périlleux mais la recette complète est dans le livre), la tarte cuit une demi-heure au four. Je n'ai utilisé que la moitié du caramel, je ne voulais pas surcharger le dessert. Le résultat est assez surprenant à l'oeil. Déjà, la pâte me semble parfaitement cuite.

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    Encore plus fort, le fruit me semble vraiment attirant.

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    Vraiment vraiment attirant. Les petites taches noires proviennent du mélange d'épices (une pincée de cannelle suffit aussi) utilisée dans le caramel.

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    Bref, visuellement cela semble réussi.

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    Moi qui n'aime pas les vins sucrés, j'ouvre même un muscat de Rivesaltes de la Coume du Roy (2006). Il se trouve être plus excitant que je l'imaginais : le sucre n'est pas trop explosif. Une certaine acidité, voire une amertume revigorante règne encore.

    Avec ce joli vin, goûtons la tarte. Tout cela s'annonce assez sympa. Résultat : plouf, plouf, plouf... Pour une fois, je ne vais pas mettre en cause mon four, il a bien fonctionné. La pâte est trop épaisse (au moins un quart de la tarte) et la mirabelle s'efface trop. En revanche, l'appareil se révèle assez goûtu, le tout n'est pas trop sucré et je suis sûr que j'aurais dû mettre tout le caramel (qui d'ailleurs était la révélation de cette recette). Mais l'ensemble est trop lourd.

    Note pour plus tard : refaire de même sans la pâte et avec des abricots bien acides. Ou alors laisser cela à des pros. La cuisine et encore plus la pâtisserie, ce n'est pas pour les amateurs. Mme Maigret, pardonnez-moi...

  • Tout est bon dans le cochon, surtout le vin

    Un soir où traînait cette bouteille achetée chez Versant Vins (10 euros), je l'ai ouverte. Pour voir ce qu'elle avait dans le ventre et voir si le mien aimait ça.

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    D'aucuns diraient "tiens, encore une cuvée marginale". Oui mais ici façonnée par trois génies : le couple Dard et Ribo (par qui je suis venu au vin naturel, notamment grâce à leur crozes-hermitage blanc) allié à Hervé Souhaut dont je kiffe grave le saint-joseph.

    Ce vin de l'Ardèche, 100 %, devient Lard, des Choix : un jeu de mots qui vaut ce qu'il vaut. Mais le jus qui s'écoule dans la bouteille vaut bien plus. Structuré sans être lourd, suave mais puissant. Un beau vin de raisin. Et ça, j'aime.

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  • MasterChef sur TF1 ce soir : l'occasion de reparler d'Yves Camdeborde

    Ce soir à 20h45, TF1 diffuse le premier épisode de son grand concours culinaire, MasterChef. Le concept pas forcément novateur (car déjà organisé depuis 1992 sur la BBC) correspond un peu à une Nouvelle Star de la cuisine. 18 000 candidats amateurs se présentent avec une recette personnelle et une centaine est retenue. Selon l'AFP, MasterChef sera diffusé pendant 10 à 12 semaines tous les jeudis. Le vainqueur empochera 100 000 euros, six mois de cours de cuisine chez Lenôtre et un livre avec ses recettes.

    Si j'en parle aujourd'hui, ce n'est pas pour faire de la pub à TF1, loin de là. Mais simplement parce que le jury me semble cette fois de grande qualité : Frédéric Anton (chef trois étoiles du Pré Catelan), Sébastien Demorand (journaliste) et Yves Camdeborde (chef du Comptoir du Relais).

    Comme beaucoup de passionnés de bouffe, nous n'avons pas attendu une émission de TF1 pour aller chez Camdeborde. Et nous n'avons pas besoin de la télé pour nous émerveiller...

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    Le Comptoir de l'Odéon il y a quelques dizaines d'années...

    Pour ceux qui n'auraient pas suivi, le Comptoir du Relais d'Yves Camdeborde est en quelque sorte un 3 étoiles sans les étoiles. Ni le cérémonial un peu daté, ce qui permet d'alléger l'addition.

    Depuis des années, la presse spécialisée a salué Camdeborde, à La Régalade puis au Comptoir, comme le pape de la "bistronomie" : une cuisine aux plats classiques de bistrot alliée à des produits et des techniques dignes des plus grandes tables. Vu sa popularité (bien avant l'émission déjà), il faut s'y prendre à l'avance pour réserver, chaque soir de semaine, ce fameux menu imposé à 50 euros. Avec Olivier, nous avions attendu sept mois avant de dégoter cette table en janvier dernier. Avec un sublime lièvre à la royale et un plateau de fromage, royal lui aussi.

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    Cette version troizétoiles du Comptoir du Relais se cantonne aux soirs de semaine. Le reste du temps (le midi en semaine, les week-ends et durant la période estivale), le lieu se transforme en brasserie gourmande. Pas de menu imposé, une carte variée, des vins au verre plutôt abordables. Toujours avec le souci de privilégier les bons produits, les bonnes cuissons et un amour certain du terroir français. Mes deux derniers repas de midi ont vu défiler poireaux vinaigrette, parmentier de queue de boeuf, baba au rhum et oeufs mayo, carpaccio de tête de veau, riz au lait crémeux.

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    Enfin, à gauche de la salle principale, notre homme a repris une ancienne crêperie pour en faire un fast-food gourmand, L'Avant-Comptoir. Superbes paninis, sandwichs et crêpes, planches de tapas à la française (saucisson Ibaïona de chez Ospital, charcuteries béarnaises du frère Camdeborde,...) avec des petits vins rigoureusement choisis (2 euros le verre de blanc de Loire d'Olivier Lemasson : introuvable à ce prix-là dans ce quartier-là). Un bel endroit pour un apéro entre amis ou pour patienter avant d'avoir une table au resto d'à côté.

    Alors pour une fois ce soir, on va jeter un oeil sur TF1 pour voir ce qu'il en est. En espérant garder encore un peu pour soi cette adresse déjà extrêmement courue. Pour pouvoir y retourner bien vite et, après les agapes, aller toréer les voitures du boulevard Saint-Germain, à la manière d'Antoine Blondin.

  • Un midi d'août dans un Pré Verre

    J'ai déjà dit ô combien le menu du soir du Pré Verre était épatant pour 28 euros.

    Et je tiens à souligner combien celui de midi est plus qu'épatant. Les jours de semaine ainsi que le samedi midi (ce qui est plutôt rare), la formule à 13,50 euros comporte entrée, plat, un verre de vin et un café. Seul inconvénient, le menu imposé. Il faut faire confiance au chef.

    La cuisine, c'est comme tout : l'irrégularité mène le monde. Si certains jours le menu est bon, d'autres il est extra. Il suffit d'un peu de chance. Aujourd'hui, jour de chance.

    Ce midi donc, une salade de concombres au curry pour commencer. Pas cet infâme poudre jaune mais une subtile crème aux épices. Les concombres en fait, c'est bon. En plat, la poitrine de veau aux épices. Ses pâtes alsaciennes, quelques morceaux de betteraves, du cumin, quelques lentilles. En bouche l'évidence. Le rosé qui l'accompagnait (aucune mention, ni de l'origine ni du producteur : dommage pour une maison qui s'y connait si bien en vin) se révèle fruité et long.

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    Ma curiosité m'autorise un dessert : la tarte au poivron et fruits de la passion (+ 7 euros). Passé le goût surprenant du poivron associé au sucré, on finit la tarte très vite. Mais tu aimes ça ? Oui ! Pourquoi ? Parce que c'est bon.

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    Ce qu'on aperçoit à peine sur la photo, ce sont les pommes granny smith en forme de frites et saupoudrées de jus de citron et basilic. Un délice à reproduire très très vite.

    Le Pré Verre, une institution au 8 rue Thénard, 75005 Paris, 01 43 54 59 47 (téléphone à apprendre par coeur pour qui veut choisir sa table).

  • Une nouvelle planque livrée à regret

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    Au milieu du passage Choiseul, on ne boit que de la bière, mais de la japonaise.

    Ici pas de sushi, mais les vrais plats comme là-bas. Les traditionnels kari rice (riz au curry) et le tonkatsu (filet de porc pané) sont un peu les blanquettes et les entrecôtes du Japon. Pour qui rechigne au poisson cru, il suffit de venir ici pour "manger (vraiment) japonais".

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    Non je plaisante, la carte est aussi en français. Mais il y a décidément beaucoup de Japonais qui fréquentent cette adresse. D'ailleurs il se peut que vous tombiez sur un serveur ayant un peu de mal avec la langue de Molière. Et alors ?

    On vient avant tout pour l'assiette. Ici une côte de porc au miso. Qui n'a rien à voir avec les soupes sans goût servies dans les restaurants japonais tenus par des Chinois : le miso est une pâte fermentée de soja et non d'obscurs cubes blancs. Et oui, c'est délicieux.

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    Si vous avez encore peur, pour une première fois dites simplement tonkatsu ! Et tout ira bien.

    En plus, ce n'est pas très cher : menu à 10 ou 12 euros, possibilité d'emporter le bento du jour. A noter encore que le groupe Issé, qui possède ce restaurant, en a ouvert bien d'autres dans le pâté de maisons. Toujours avec un grand souci de qualité : on en reparlera quand je testerai les autres.

    Momonoki, 68 passage Choiseul, 75002 Paris, 01 42 96 48.

  • La bande des Quatre fait de la "Lèches"

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Un vin naturel est vivant. Lorsque j'avais ouvert il ya quelques mois une bouteille de Les Lèches (grenache-chardonnay), il était parfait. Classé en VdP de l'Ardèche, le jus de Jocelyne et Gérald Oustric (domaine du Mazel) est tout comme il faut pour que l'amateur de vin y trouve son compte : avoir envie de boire le vin, non pas de disserter autour. Sans conteste le meilleur domaine du coin.

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    La semaine dernière, nouvelle bouteille et tout était là : le grenache, son fruit, son croquant allié au chardonnay donnait encore un vrai parfum de bien-être. Mais pétillant. Il a fallu secouer la bouteille, il aurait fallu la carafer. On aurait dit du soda. D'un millésime à l'autre (ici le 2009 sans doute), le vin n'est pas le même. Tant mieux, c'est d'ailleurs ce qu'on lui demande.

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    Verdict de la bande des Quatre : moi j'adore ! Les autres aussi je crois...

  • La bande des Quatre se baptise à la Cuvée Marie

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Est-il encore besoin de présenter Charles Hours ? Son jurançon sec 2007 nous avait ravi chez Camdeborde. Je ne dirais jamais assez mon amour de ces vins de cette appellation. Ma préférence va avant tout au sec, j'ai des souvenirs émus des 2004 et 2006. Quant au 2008, il semblait encore un peu vert mais plus ouvert après une nuit de repos dans le fond de la bouteille.

    Nous l'avons choisi pour les fromages de chèvre et je pense qu'on a bien fait.

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    Verdict de la bande des Quatre : si on peut regretter de l'avoir ouvert trop tôt, on ne regrette jamais vraiment d'avoir ouvert un Charles Hours.

  • Le cheverny à la cocaïne

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    J'avais déjà mentionné ici tout le bien que je pensais du cheverny rouge 2009 d'Hervé Villemade. Quelle belle année, même dans cette petite cuvée.

    Je n'avais jamais évoqué son blanc. Puissance aromatique, fruité, précision = envoûtant. Ces dernières semaines, nous en avons descendu une dizaine de bouteilles. Un régal sans doute additionné d'un peu de cocaïne : sinon je ne vois pas pourquoi nous sommes accros...

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    Verdict de la bande des Quatre : un jour on se tapera une horizontale de tout Villemade. Et les blancs, et les rouges, et les àbulles... Tout !

  • La bande des Quatre pleure la grosse déception du week-end

    Si la bande des Quatre a sorti tant de bouteilles le week-end du 15 août, c'est que nous sommes allés rencontrer quelques vignerons.

    Ayant goûté récemment un chapelle chambertin, j'embarque tout mon petit monde sur un cousin, le mazis chambertin. Nous faisons un petit tour chez Dufouleur, propriétaire et négociant à Nuits-Saint-Georges. Nous y avions fait nos première armes il y a 10 ans de cela. Tiens, une petite promo sur le mazis (57 euros) ! Profitons en ! On demande même si on doit carafer ce millésime 2000, on n'est jamais sûr de rien. On nous répond que oui, les papilles salivent.

    La bouteille a subi une dégustation presque militaire. Reposée à température cave, elle a été goûté dès l'ouverture (un petit côté astringent mais une certaine profondeur), puis carafée et bue en extérieur en soirée (quelque chose s'était évaporé). Craignant que les températures fraîches de la nuit qui tombait ne paralyse le vin, nous l'avons fini en intérieur (pire que tout, il tournait au vinaigre).

    La désolation pour un vin qui promettait tant. D'où vient le problème ? Pas assez reposé en cave ? Carafe ? Vin bien en-dessous de la moyenne ?

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    Verdict de la bande des Quatre : déçus, déçus, déçus...

  • La bande des Quatre proclame l'ouverture du chassagne

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Nous quémandions tellement un vieux millésime, mais Thibault Morey-Coffinet n'avait plus rien. Il a fini par aller faire un tour dans sa "réserve" pour en sortir un 2006 (tu parles d'un vieux millésime...) et nous a offert cette bouteille. Un chassagne-montrachet 1er cru les Farendes.

    Nous n'avons pas pu nous en empêcher : il a fallu l'ouvrir le même week-end. Une finesse rare, déjà moins vert que les 2008 goûtés au domaine. Plus la température du verre s'élève, plus les arômes se révèlent : cela semble être un théorème des blancs de Bourgogne.

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    Verdict de la bande des Quatre : on y retourne quand ? J'en veux encore...

  • La bande des Quatre passe la ligne de démarcation à Meursault

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Joint par téléphone, le propriétaire de Buisson-Charles ne pouvait pas nous recevoir : il partait en vacances le matin même de ce jour d'août. Reporté à l'année prochaine. Ce qui fera une bonne raison pour redescendre en Bourgogne, comme s'il en fallait une.

    Thomas avait ce Meursault 2005 vieilles vignes dudit propriétaire. Un enchantement : un Meursault fleuri, pointu, pas trop gras. J'aurais aimé boire le carton tout entier, mais il ne restait en fait qu'une seule bouteille en cave. Interdiction d'y toucher. Et m*** !

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    Verdict de la bande des Quatre : sans doute la révélation de notre petit week-end. Tout le monde a hâte de redescendre à Meursault.

  • La bande des Quatre a retrouvé son chenin

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    A force de parler ch'nin par ci, ch'nin par là, il faut en boire. Philippe Foreau du Clos Naudin, vouvray sec pétillant, méthode traditionnelle sur une base de 2004. Supplante tous les champagnes bas de gamme pas chers voire tous les champagnes bas de gamme chers... Suivez mon regard. Nous en avions déjà bu avec Olivier, conquis par sa bulle quasi aristocratique et son faible degré alcoolique qui permet d'en boire une caisse.

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    Verdict de la bande des Quatre : bu et approuvé. Ah dis donc, ça change...

  • La bande des Quatre ne boit que du Drappier

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    La Grande Sendrée de Drappier est un peu le leitmotiv des douze derniers mois. On en a bu pas mal, des 2004 comme ici pour le diplôme de Manu ou des 2002, des 2000. Ici on reste à nouveau sur 2000, une année assez extra. Un champagne très fin, très vineux mais encore accessible : pour ceux qui n'aime pas le blanc de noirs (cuvée Brut Nature), on n'est pas encore dans le tout vineux.

    Evidemment le 2000 plus reposé que le 2004 s'ouvre plus facilement. Malheureusement, il faut absolument les acheter directement à Urville car une telle bouteille atteint désormais presque 50 euros chez Lavinia.

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    D'ailleurs, la visite chez Drappier, à Urville était programmée pour cet été... Et nous y sommes bien allés le 13 août dernier : nous en reparlerons bientôt dans le détail.
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    Verdict de la bande des Quatre, conquise avant même d'ouvrir la bouteille : encore !

  • La bande des Quatre chez le garagiste

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Jean-Luc Thunevin (sic) est le pape des vins de garage. Sorte de mode des années 1990-2000, ils sont produits en très petite quantité (de quoi tenir dans un garage). Rendements limités, vins travaillés mais relativement concentrés, il a suffit que le grand manitou Robert Parker s'en mêle pour que leur côte décolle.

    Ce n'est pas le genre de vins que j'affectionne. Je les imagine bodybuildés, comme confiturés. Mais avec son Valandraud, Thunevin a bousculé une hiérarchie bien établie et cela ne peut pas faire de mal au Bordelais. Et comme je ne crois que ce que je bois, Thomas en a ouverte une.

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    C'est le petit vin de Thunevin, cuvée Bad Boy. Le propriétaire voulait selon le Figaro "qu'il soit meilleur que les vins plus chers". Pari réussi. Concentré (l'opposé total de Le Puy) mais pas lourd, fort en bouche, peut-être pas extraordinairement fin, il est bien meilleur que nombre de vins de Bordeaux goûtés récemment. Voire que nombre de vins de Bordeaux tout court.

    Verdict de la bande des Quatre : c'est un vin qui a des couilles !

  • La bande des Quatre aime le vin si joli qu'on buvait en Arbois

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Jacques Brel ne nous aurait pas démenti : un vin d'Arbois (avec une raclette, même au mois d'août), c'est le paradis. Thomas avait cette bouteille en cave, un chardonnay d'Arbois, domaine Rijckaert, millésime 2006 et enfin lieu-dit "En Chante-Merle". On retrouve cette touche d'oxydation propre au Jura dans un monocépage chardonnay. Unanimité une nouvelle fois, même si Arbois me ramène inévitablement aux extraordinaires vins de Ludwig Bindernagel dont j'ai dû citer le nom plusieurs fois cette soirée-là.

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    Verdict de la bande des Quatre : descendu d'un trait, il n'y a pas meilleur jugement.

  • Pour changer, la bande des Quatre boit du Drappier

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août... Et avec ce petit post, on arrive à la fin du catalogue.

    Notre petite virée chez Drappier s'est terminée par plein d'achats, dont deux bouteilles pour notre week-end. Deux cuvées peu courantes, il faut savoir les débusquer chez cette maison de champagne de l'Aube.

    Le Brut Nature (que l'on commence à trouver partout à Paris) est pourtant une cuvée assez restreinte ; sa version Sans ajout de soufre est totalement marginale. 100 % pinot noir comme sa grande soeur, il faut s'entourer de précaution pour la conserver (30 euros chez les cavistes, 10 de moins à Urville). Quel délice ! la bulle nette s'efface relativement vite. Aucune odeur désagréable d'oxydation, de réduction comme sur certains vins sans soufre. Le jus de la champagne à l'état pur. Nous nous sommes tous forcés à ne pas le boire trop vite.

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    Seconde micro-cuvée bue en apéritif, le Carte d'Or millésime 1995, récemment dégorgé. Carte d'Or correspond à l'entrée de gamme de Drappier et cette cuvée était millésimée dans les années 1990. Aujourd'hui, avec la Grande Sendrée, Charles de Gaulle, Millésime Exception, la panoplie s'est enrichie et Carte d'Or est devenue exclusivement BSA comme disent les puristes (brut sans année).

    Le jus est frais puisqu'il vient d'être dégorgé en 2010. Il n'a donc pas été embouteillé puis dégorgé en 1995, comme un vin qu'on aurait simplement laissé vieillir sans plus du tout y toucher. Une belle vivacité, un régal de complexité pour une "petite" bouteille vieillie et travaillée (aux alentours de 30 euros, départ cave).

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  • La bande des Quatre : ave Melonix !

    Ce long week-end du 15 août a été propice à quelques décapsulages et débouchonnages du côté de Châtillon-sur-Saône, chez Thomas avec Manu et Olivier. Par-ci par-là, je vais tenter de me rappeler ce que la bande des Quatre a dit de chaque bouteille. Et tenter de publier tout cela avant la fin du mois d'août.

    On commence avec le Melonix (cépage melon de bourgogne), le vin de table d'un des rois du muscadetJo Landron au domaine de la Louveterie. Moins d'acidité qu'un muscadet classique, plus gras, presque un Meursault tant on croque dans une huile ou un beurre de très noble origine.

    C'est l'un des archétypes du vin dit naturel ("l'homme est juste intervenu pour cueillir et surveiller" explique Jo Landron) : agriculture bio, vendanges manuelles, pas de chaptalisation, pas de filtration, pas d'ajout de SO2...

    Verdict de la bande des Quatre : le vin est vraiment réussi, il "se boit comme trop facilement". Mais d'accord, la photo est foirée...

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  • La bande des Quatre aimerait se noyer dans Le Puy

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Complètement différent des vins de Thunevin, le Château Le Puy en Côtes de Francs n'a rien de cette trop forte concentration qui me laisse de marbre. Un jus de la treille, digeste, facile à boire. Surtout un des plus vieux domaines bordelais, sinon le plus vieux, à travailler en bio (depuis 1610) et la meilleure vente de Lavinia.

    Ici le problème, c'est le millésime. J'ai des souvenirs émus du 2004 mais le 2002 reste assez banal. Il a déjà le mérite de me faire boire à nouveau du bordeaux. En magnum en plus. Et c'était pas gagné d'avance...

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    Verdict de la bande des Quatre : un rouge léger, très agréable à boire. Mais un millésime sans doute plus difficile qu'un autre... D'ailleurs nous avons ouverts un second bordeaux 2002 d'un autre viticulteur du coin (un des satellites de Saint-Emilion). Là aussi, le millésime n'avait pas rendu grâce à la bouteille.

  • La bande des Quatre aurait des actions à Chablis

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    Je ne me souviens plus trop de ces deux bouteilles de Chablis. Souvenirs embrumés, bouteilles ouvertes à la va-vite entre deux autres. Manu, Olive, Thomas : des remarques ?

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  • Urville : le melchisedech chez Drappier, un champagne XXXXXXXL

    Lors de notre visite chez Drappier à Urville, chacun remarque ces immenses caisses de bois à côté des cartons de 6, des caisses de jéroboams ou nabuchodonosors... C'est quoi ? Des cercueils ?

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    Remontés dans la salle de dégustation de Drappier, la réponse trône contre un pan de mur. Devant nous 30 litres et 58 kilos accueillent l'équivalent de 40 bouteilles de champagne. Son nom : melchisedech ("roi de justice") du nom d'un pesonnage de la Bible. Cet énorme contenant, le plus gros de la Champagne, est uniquement produit par Drappier.

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    Le vigneron ne travaille pas ce contenant de manière classique. Déjà, la prise de mousse se fait directement dans la bouteille qui est ensuite remuée et dégorgée à la main. Ou avec une grue ?

    Un autre souci maintenant : le prix. Sachant que cet obus n'est évidemment pas produit en série comme les 75 cl. Que sa forme et l'épaisseur du verre sont évidemment étudiées pour résister à la pression du champagne (forcément plus importante que dans une bouteille classique). Prix départ cave : autour de 3 000 euros, avec l'entrée de gamme (Carte d'Or) inside. Facture déjà grevée par le coût de production de la bouteille qui s'élève à elle seule à 1 500 euros.

    Alors attribut bling-bling ou véritable oeuvre d'art ? Peut-être un peu des deux. Une vingtaine est vendue chaque année. Pour mariages, anniversaires, événements d'entreprises ou des baptêmes de bateaux.

  • Urville : une visite chez Drappier

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    Drappier, c'est la marque de champagne qui monte. Le Figaroscope l'avait décrétée "nouveau snobisme" il y a un an. Facile à dire. Ce qui est vrai c'est qu'à Paris (en province ça commence aussi) tout caviste sérieux en propose une ou deux quilles. Nous en buvons depuis pas mal de temps maintenant et ce samedi d'août fut notre seconde visite dans cette maison, à Urville.

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    Pas besoin d'expliquer qu'ici, à quelques kilomètres de Bar-sur-Aube, on est dans la côte des... Bar. Y règne le pinot noir qui rend les champagnes vineux. Ce qui n'empêche pas de trouver quelques perles sans pinot noir, nous y reviendrons. Les grandes maisons de champagne viennent ici chercher de beaux raisins qui maquillent leurs cuvées. Ou pire encore, qui font office de médicaments pour les grains sabotés plus au nord. Ici le raisin est souvent mieux travaillé et aussi moins cher. Car ce terroir est moins connu et par là, le champagne plus accessible.

    Chez Drappier, on reste dans une petite maison qui se transmet de génération en génération. Un million et demi de bouteilles par an. Sept fois plus pour Veuve Cliquot. A mon sens, le champagne est mieux construit qu'ailleurs, la gamme plus diversifiée peut encore nous surprendre.

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    Les prix commencent à 20 euros l'entrée de gamme (Carte d'Or) et ne montent pas très vite. Les plus grosses cuvées (hors bouteilles vieillies) doivent se chiffrer à 35-40 euros.

    Les cavistes proposent souvent le Brut Nature (100 % pinot noir) : extra-brut, sans cette liqueur d'expédition qui adoucit le champagne.

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    Le seul souci, c'est qu'il faut venir ici à Urville (ou aux caves Augé à Paris) pour se procurer des bouteilles inédites. Le régal du Brut Nature Sans ajout de soufre, la cuvée Quattuor (blanc de blancs, avec chardonnay et cépages originaux : petit meslier, arbane, pinot gris), le blanc de blancs millésimé, les gros contenants à petits prix (110 euros le jéroboam de millésime 2000)...

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    Je ne vais pas revenir ici sur chaque bouteille goûtée ni sur chaque bouteille achetée. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler souvent et nous en reparlerons à chaque fois qu'un bouchon sautera. Le mieux est de suivre le tag pour se donner une idée de la gamme de Drappier dans le verre.

  • Chassagne-Montrachet : visite à Morey-Coffinet

    Si la bande des Quatre a sorti tant de bouteilles le week-end du 15 août, c'est que nous sommes allés rencontrer quelques vignerons.

    Premier arrêt en Bourgogne, 10 heures à Chassagne-Montrachet. Tous les matins devraient être comme celui-là : calme et promis à de belles choses.

    La dégustation dans les caves, ça a de la gueule mais c'est aussi pour épater le client. Normal. Je n'ai pas de religion sur les conditions de dégustation des vins d'un domaine, que tout soit léché, mis en scène ou se déroule dans un joyeux bordel. Tant qu'on ne me passe pas du Usher dans les oreilles.

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    Morey-Coffinet a l'avantage d'avoir bien mûri. Depuis quelques années, c'est un des domaines reconnus en Bourgogne. Et pourtant les prix, commençons par là, sont loin de côtoyer la stratosphère. Un chassagne 1er cru se négocie entre 27 et 33 euros selon le climat.

    Pour ce qui est des blancs, nous n'avons pas pu goûter la Dent de Chien (un des terroirs particuliers de Chassagne) dont tout le monde dit tellement de bien. Mais nous avons tout de même acheté une bouteille. A laisser dormir en cave. Tous les vins goûtés l'ont été dans le millésime en 2008 sauf le premier.

    Encore une dernière précision : à l'image de ce blog, il ne s'agit pas de véritable compte-rendu de dégustation. Je ne me lance jamais à la recherche du cuir de Russie ketchupé reniflé dans un sous-bois d'aubépines après la pluie de mars. Ce sont simplement quelques notes et impressions sur le coefficient de buvabilité du vin, répondant à la seule question qui m'intéresse : est-ce que ça me plait ?

    * Le bourgogne simple, générique, régional, chardonnay (comme vous voudrez) en 2009, acide comme je l'aime et déjà bien prêt à boire. Ma mère à qui j'ai envoyé une bouteille ne jure plus que par lui. A 7 euros, c'est l'affaire des affaire. A côté, le chassagne villages sur la retenue fait moins d'effet. Passons donc directement aux chassagnes 1er cru.

    Romanée : un délice.

    * Caillerêts : bizarrement un peu plus fumé

    * Farendes (les plus vieilles parcelles si j'ai bien noté) : superbe nez qui laisse augurer du meilleur. Plus léger en bouche. A conserver en cave. Le gentil vigneron nous avait aussi fait cadeau d'un 2006, ouvert très vite après. Un joli nectar.

    * En Remilly : plus fumé encore et par là plus pointu.

    * Blanchot : un délice bis.

    * Bâtard-Montrachet : le grand cru cru, le grand monsieur de la maison. Une complexité hors norme, mais il faudra attendre cinq ans encore. Le prix à payer pour un rêve presque accessible (70 euros).

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    Concernant les rouges, le bourgogne générique 2009 est un peu plus fermé et nécessite, comme dans la majorité des bouteilles jeunes, un passage en cave. Les chassagnes 1er cru (en rouge donc) nous ont fait forte impression. Evidemment, on n'a pas la complexité des pommards ou des chambertins. Mais une vraie curiosité, vendue deux fois moins cher.

    Conclusion : ce domaine englobe tout Chassagne-Montrachet et offre les bouteilles parmi les moins chers de l'appellation à mon avis. Morey-Coffinet tient une belle palette de blancs pour introduire à la complexité de la Bourgogne. Pour comprendre la Bourgogne. Pour comprendre enfin que dans un même millésime, ici 2008, les climats En Remilly, Farendes,... avec leurs différences de sols, d'ensoleillement ou de pente font des vins extraordinairement différents avec le même raisin.

  • Je n'aime pas le kir mais j'aime bien la crème de cassis

    C'est à Nuits-Saint-Georges qu'elle m'est apparue. Dans la petite rue commerçante, face au gros parking. Tout le monde connaît. La ferme Fruirouge vend pas mal de produits, pas forcément donnés. Mais quelle qualité... En tout cas pour cette crème de cassis. J'en ai fait un kir, un vrai à l'aligoté pour la goûter. D'habitude je n'aime pas ça, mais là... Et la crème se boirait presque pure. L'alcool n'est pas omniprésent même avec ses 15°, à l'inverse du fruit. Ce qui permet de l'utiliser pour tout : pâtisserie, coulis de fruits rouges, sauces pour viande, biberon des enfants...

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  • Pommard : ça fleurit chez Rebourgeon-Mure

    Tout au fond de la cave du XVIIe, à la lueur d'une bougie, le cérémonial attise la curiosité. Les étiquettes des bouteilles sur la table aussi.

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    A vrai dire, nous étions venus sur les conseil du suppléments Vins de Marianne, qui parle du simple bourgogne rouge produit ici comme d'un vin "au goût de pommard". Ce qualificatif qui semble tant alléchant que louche nous a décidé à vérifier par nous-même.

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    L'accueil est cordial, les explications sont précises et teintées d'une bonne culture historique nécessaire en Bourgogne. Tout comme ses ancêtres qui cultivaient déjà la vigne il y a près de 500 ans, Daniel Rebourgeon-Mure chérit ses volnays et ses pommards.

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    Encore une fois, on ne va pas se la jouer grand dégustateur et chercher le cuir de Russie après la pluie dans du jus de raisin fermenté. Mais juste quelques impressions.

    Le fameux bourgogne cuvée Maison-Dieu enveloppe la bouche. A un peu plus de 5 euros la bouteille, c'est effectivement un vin d'un grande tenue. On retrouve ce soin pour les "petites" cuvées dans le volnay villages qui nous a presque plus parlé que ses grands frères 1er crus. Le pommard 1er cru Grand Epenots mérite comme toute la gamme de rester un peu en cave, les beaunes étant encore plus en retrait. Mais lorsqu'on va les ouvrir, je m'attends à un festival...

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    Ce qui m'attire ici aussi, c'est le souci de digestibilité de ces vins. Ils coulent de manière cohérente et évidente. Sans doute de grands bourgognes. A petit prix, car je n'ai rien vu qui dépasse la trentaine d'euros. Deux caisses m'ont été livrées à Metz, il faudra un peu attendre pour les dégustation. Tant mieux, le vin restera en cave et je ne manquerai pas d'en parler ici à chaque fois.

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  • Nuits-Saint-Georges : Bertrand Machard de Gramont promet

    Plusieurs personnes nous avaient dit "allez-y !" et notre amour pour Nuits a fait le reste. Seulement, il faut connaître. Prendre la route de la ferme Fruirouge (dont la crème de cassis est une merveille) et tourner à droite vers Villars-Fontaine et Curtil-Vergy. Et voir que la France viticole offre des paysages superbes.

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    Chez Bertrand Machard de Gramont, nous avons goûté toutes les cuvées. Avant toute chose, cap sur les petites. Le bourgogne aligoté : "Le blanc, c'est facile à faire, nous explique-t-on. On presse et c'est bon". Et là, c'est même très bon mais à mon avis, il y a un peu plus de travail que cela... Pareil pour les simples bourgognes rouges : ces vins m'enchantent. A 7 à 9 euros la bouteille, un tel rapport qualité/prix se déniche rarement. Rendez-vous au salon des Vignerons Indépendants de novembre pour en ramener quelques cartons.

    Sur les rouges encore, on revisite le terroir de Nuits-Saint-GeorgesLes Vallerots (jeunes vignes), Les Allots (mon préféré, plus féminin, un bourgogne de grande classe), Les Hauts Pruliers (plus condensé, quelqu'un a parlé de vin de combattant) et le vosne-romanée (large, un peu sur la retenue, nécessitant un peu de cave).

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    Puis le 2009 sur fût. Je pense qu'on atteint l'exceptionnel. Sur Les Vallerots, Les Allots et le vosne. Une bouche déjà presque nette, une profondeur sans pareil. Je les attends avec impatience.

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    Comme à chaque visite chez un vigneron, on ne fait pas état d'un compte-rendu exhaustif de dégustation, mais seulement d'impressions. Les bouteilles seront décrites au fur et à mesure de leur débouchonnage.

  • Le carpaccio de tête de veau du grand Camde

    Yves Camdeborde sera bientôt la star d'une émission culinaire sur la première chaîne. Nous en reparlerons ici. Mais pour l'instant, la star chez lui c'est encore et toujours l'assiette.

    Ce samedi midi, on s'est régalé. Plus une place de libre à 12h30. Avec toujours beaucoup de Japonais qui sont toujours dans les bons coups, ils ont bien raison.

    J'ai déjà expliqué la différence entre brasserie et gastro chez Camde. Au mois d'août, repos pour le gastro : c'est tout brasserie et tous les jours. Une aubaine.

    Poitrine de veau braisée rôtie tandoori (17 euros). Une viande grillée et fondante qui sent le jus de viande (et pas un jus de chaussette industriel) avec des haricots blancs fermes et pas pâteux.

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    Pour ma part, j'ai tapé dans les entrées. Pour goûter chaque fois à autre chose. Ici les oeufs mayonnaise (5 euros). Absolument parfaits. C'est pas compliqué : il faut un oeuf et de la mayonnaise. Mais en fait c'est très compliqué. Mais on n'est pas n'importe où. On ne pourrait pas les rêver meilleurs : mayo nappante, oeufs pas trop fermes donc frais et bien cuits, quelques croûtons pour y donner du croquant et une sucrine pour la légèreté.

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    Si nous sommes allés au Comptoir du Relais aujourd'hui, j'avoue que c'est pour goûter un plat et un seul. Le carpaccio de tête de veau (17 euros). Yves Camdeborde parlait de ce plat dans un joli livre : "Beurk, c'est bon", de Julien Fouin et Blandine Boyer (éditions du Rouergue, 2009).

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    Dans ce livre sur les produits tripiers et autres plats rebutants (qui insuffle, et je n'ai pas peur de le dire, une vraie philosophie de la vie), le chef explique que le carpaccio de tête de veau est le plat qui au départ dégoûte tout le monde, mais l'assiette retourne en cuisine toujours vide. Faisons le test.

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    Tête de veau coupée à la trancheuse, la gélatine est enlevée à 80 % pour ne garder que le maigre de la viande. Par-dessus une compotée de câpres et de légumes. L'assiette arrive tiède, parfait pour mêler en bouche toutes les saveurs.

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    Résultat du test quelques minutes plus tard...

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    Bien évidemment, c'est réussi. L'assiette est vide. Mais y avait-il du suspense ?

    J'en oublierais presque le bon vin. Un saumur-champigny et saumur blanc de Thierry Chancelle, domaine de l'Epine. Trois euros le verre : vous en trouvez où du si bon comme ça, à Odéon ?

    En dessert, poêlée de cerise et glace au lait de brebis + riz au lait très crémeux au caramel (7 euros). Tout est dit.

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