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La Crémerie : deux vins étincelants

J'ai l'impression de mieux goûter les vins à la Crémerie plutôt que chez moi. Si j'achète une bouteille et que je la ramène à la maison, la dégustation ne sera pas aussi réussie. C'était le cas pour la Chute Derain, le pétillant naturel des Derain en Bourgogne : une fois à la maison, d'accord il est très bon. Mais mon souvenir du même vin bu à la Crémerie est plus vivace.

J'ai un peu peur qu'il m'arrive un jour la même chose avec les deux bouteilles de ce soir. Thomas a eu beaucoup de chance : lui qui vient régulièrement à Paris (mais pas tout le temps non plus) est tombé sur un jour béni à la Crémerie.

Un premier vin extra (une trentaine d'euros) : le savagnin 2000 d'Emmanuel Houillon-Pierre Overnoy. La bouteille avec le bouchon de cire jaune, puisque la cire beige c'est du chardonnay. Selon les infos, les dates diffèrent : quand Houillon a-t-il pris la suite d'Overnoy ? 1999 ? 2001 ? Bref... Ce vin est une vraie bombe. Puissante, indéfiniment longue : je l'avoue, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour une complexité sans pareil. Elles sont vraiment rares les quilles comme ça. J'ai été subjugué, j'en viens même à me dire que jamais je n'avais goûté un vin blanc de cette classe.

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Il faut dire que j'adore le cépage savagnin. Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde : ce côté oxydé ou passé déroute beaucoup. Peut-être aussi parce qu'il n'est pas réalisé avec tant de classe que cette bouteille-là. La particularité ? La technique de l'ouillage. J'avoue que je m'y perds un peu : une âme charitable saura sans doute m'aider. Ici, vu sa complexité et son goût surnaturel, je pense qu'il s'agit du savagnin non ouillé. Mais j'ai peut-être totalement tort... Je m'explique.

Houillon-Overnoy font-ils des vins ouillés ou non ouillés ? Ou les deux ? Selon les infos que je recueille, Overnoy dit que pour lui, le chardonnay c'est forcément ouillé. Soit. Mais rien n'est précisé sur la bouteille. Peut-être que certaines années on fait du "ouillé" et d'autres du "non ouillé" ? Et le savagnin, on en trouverait des "non ouillés" mais aussi des "ouillés" durant plusieurs années. Ça se complique encore. Et surtout comment les reconnaître sur l'étiquette qui ne donne que peu d'indications ? Il y a bien un bon connaisseur du Jura qui pourra m'expliquer la chose...

S'il est très important de savoir ce que l'on boit, il est aussi très important de le boire tout simplement. Et bien, ce savagnin avec la burrata et un morceau de comté, c'est le paradis.

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Thomas a eu beaucoup de chance avec le premier vin et pourtant il n'est pas comme moi, partisan absolu du savagnin. Il leur préfère les rouges de Bourgogne, on ne peut pas non plus lui donner tort. Et là, on a été servi. Je ne connaissais pas les vins de Catherine et Claude Maréchal, je m'en mords les doigts de ne pas en avoir bu avant. Même après le savagnin, le volnay a terrassé nos palais (une trentaine d'euros aussi, y a pas de surprise). Le parfum de la Bourgogne et l'aristocratie de Volnay dans la bouche. Un délice. A goûter absolument les autres cuvées moins célèbres, comme les chorey, savigny ou bourgogne générique.

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Pour l'accompagner, le seul plat chaud de la Crémerie, le tian de légumes. Préparé du jour avec les légumes du marché Saint-Germain tout proche, avant de confire plusieurs heures au four.

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Cette soirée-là, nous avions commencé avec le morgon 2009 de Lapierre puis un verre à l'Avant-Comptoir de Camdeborde avant d'atterrir à la Crémerie. Nous sommes rentrés à la maison en vélib, en sillonnant le centre de Paris. Sains et saufs.

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La Crémerie, ma planque.

Commentaires

  • Puisque tu m'as orienté pour une autre raison vers la Crèmerie, j'en profite pour (tenter de) t'apporter quelques éclaircissements sur la manière (trouble?) de procéder d'Emmanuel Houillon. Que ce soit trouble (le vin comme la façon), on s'en fiche un peu, faut bien le dire. Les vins du domaine Overnoy-Houillon sont tous ouillés, hors les rares et exceptionnels vins jaunes. Les mises se font par petits volumes, barrique par barrique, donc les vins ne sont jamais complètement les mêmes, tout en étant jamais complètement différents non plus. Impossible (à ma connaissance) de savoir quelle mise on a pu avoir. Du moment que c'est bon, voire plus ...! Manu a repris officiellement le domaine en 1999, il me semble. Mais comme les élevages sont longs à très longs, on peut trouver des millésimes antérieurs étiquetés sous son propre nom, même s'ils ont été vendangés et vinifiés par Pierre (en collaboration avec lui, de toute façon). Depuis, pour clarifier les choses et profiter (logiquement) de l'aura de Pierre, les vins sont étiquetés Maison Pierre Overnoy, Gaec Houillon.
    En espérant avoir été utile...

  • Merci Olif ! Comme quoi le vin, c'est tout sauf simple...

  • Bonjour !
    En cherchant un peu dans la complexité Houillon-Overnoy, je suis tombé sur votre page intéressante. Comme vous avez la chance de bien connaître le domaine, auriez-vous un peu d'info sur ceci :
    il n'y a pas longtemps, j'ai eu la chance de pouvoir acheter une bouteille avec cire jaune (donc savagnin normalement ?), de 50 cl, du millésime 2004, qui n'est donc pas un vin jaune (pas en clavelin), mais pas non plus une 75cl.. Est-ce ouillé ou pas ?
    Merci !

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