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  • Gilles Azzoni, le vin rock and roll

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    Le compte-rendu de la 31ème édition des Vendredis du Vin par Eva cite un des vins de Gilles Azzoni. Plus précisément, c'est Stéphanie de 1mets10vins qui parle de la cuvée Brân 2007. J'ai repensé à ce vigneron dont j'ai d'ailleurs bu ledit pif en magnum, un samedi de novembre. Mais me revient surtout en mémoire une autre bouteille, la L06 Hommage à Robert, bue elle aussi le mois dernier. 7 euros à la Cave des Papilles si je me souviens bien. Quelques semaines après l'avoir bue, j'en ai encore l'eau à la bouche... ou le diabolo-grenadine à la bouche plutôt. Oui, ce n'est sans doute plus du vin. Enfin, si justement : c'est du vrai vin. Rien à voir avec le genre de choses infâmes sans goût (ou alors bois et vanille) qu'on nomme désormais vin. Le Raisin et l'Ange, l'un de mes vins de l'année : il faudrait que je pense à retrouver un carton pour la mi-décembre.

    Comprenne qui pourra.

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  • Salon des vignerons indépendants : rendez-vous à Champerret fin mars

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    Une fois de plus, je n'ai pas vu tout ce que je voulais voir. Une fois de plus, je me suis limité à trois ou quatre vignerons et à quelques-unes de leurs cuvées. Côté dégustation, c'est bien l'usine : la chaleur, le monde, le bruit. Et surtout, même en préparant bien le truc, on commence au blanc, mais on tombe sur un pommeau, avant d'aller au rouge, puis de revenir à un blanc qui traîne là... Rien ne vaut la visite dans la vigne. Mais au moins, le grand mérite de ce salon des Vignerons indépendants est de rapprocher vigneron et public.

    Question contenant, de plus en plus de domaines travaillent en bio-biodynamie-naturel, la liste s'allonge. Quelques grands noms du naturel sont fidèles au poste comme Binner et je découvre les autres comme Lapandéry. C'est aussi le but d'un salon comme celui-là, même si l'association n'insiste pas beaucoup dessus : faire découvrir et surprendre.

  • Petit luxe anti-crise #6 : le muscadet qui pétille

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

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    Bon d'accord. A proprement parler, ce n'est pas un muscadet. Souvent dans les titres on simplifie. Pour être clair, il s'agit d'un pétillant méthode traditionnelle produit par un des rois du muscadet, Jo Landron qui vinifie évidemment dans le 21. L'homme de l'Amphibolite Nature et du Fief du Breil. Cette cuvée-là s'appelle Atmosphères. Je l'ai goûtée il y a quelques jours, j'y suis revenu très vite. On est sur de la folle blanche (80 %) et du pinot noir (20 %). Ce qui signifie acidité et force, le tout sur des vignes de 10 à 30 ans. Vinifié sans abus de soufre.

    Après ces considérations de mec qui fait semblant de s'y connaître, entrons dans le coeur du truc. Je l'ai servi hier soir en apéro. "Ah tiens du champagne un dimanche soir !" me dit-on quand j'ouvre la bouteille. Oui, dans le geste tout y est : la collerette à enlever, le bouchon qui saute, le jus qui arrose. En bouche, sans savoir de quoi il s'agit, on peut aussi se faire avoir. Bien sûr, il n'a pas la longueur et la complexité de certains champagnes (heureusement d'ailleurs). Mais par rapport aux mauvaises bulles de grande distribution, il est clairement un cran au-dessus. "Même que je préfèrerais ça au champagne !". Et un cran en-dessous question prix : 7 euros chez le producteur. Oui, 7 euros.

    Le seul souci, c'est qu'il n'y a que 12 000 bouteilles par année. Il faut les trouver. Jusqu'à ce soir au salon des Vignerons indépendants Porte de Versailles à Paris. Ou à la Cave des Papilles, pour quelques euros de plus.

  • Salon des vignerons indépendants : un peu de pommeau

    Nom de code : K41. Les jolis cidres bruts du Père Jules. Vraiment bluffants. Mais il faut dire qu'on les trouve facilement chez les bons cavistes. Plus rare, bien plus rare le pommeau élevé "plus de 5 ans" (mélange de jus de pomme et de calvados). L'alcool a complètement disparu, pas la pomme. On dirait un jus de fruit, juste un peu plus corsé que d'habitude. Du grand art.

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    Selon les conseils du chef, on le sert très frais sans glaçon (14 euros sur le stand). Une vidéo comme je les aime explique plein de choses.
  • Salon des vignerons indépendants : mon coup de foudre

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    La famille Lapandéry vinifie de père en fils en côte-roannaise. Je ne suis pas tombé dessus par hasard, il faut dire que j'avais déjà croisé leurs bouteilles chez Augé. Une fois arrivé au salon des vignerons indépendants, on y file car on ne connaît pas et c'est sans doute intéressant. Je n'imaginais pas à quel point.

    Sur le petit stand, j'ai été accueilli par le jeune fils qui "aimerait bien voyager avant de revenir dans le vignoble familial". Grand bien lui fasse. Je ne connaissais pas trop la gamme de la maison et pire, je ne l'avais jamais goûtée. Ce n'est pas très compliqué. 1) une A.O.C. côte-roannaise 100 % gamay et 2) un vin de pays d'Urfé (que c'est beau ce nom) un joli pinot noir. Point barre.

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    Ont défilé dans mon verre les quatre derniers millésimes pour l'A.O.C. Le dernier, 2009, est déjà d'une extrême buvabilité, c'est assez incroyable. Que va-t-il en advenir dans deux ans ? 2008 est très fruité, je l'avais un peu zappé, en fait il m'intéresse bien. 2007 est très fin, presque aristo. 2006 est bien plus évolué, il fait déjà un peu vieux millésime tout en gardant de la fraîcheur. Me manque juste le 2005 qu'on ne goûte plus, il n'y en a presque plus. J'irai en acheter demain, cela fera une belle verticale.

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    Le pinot noir 2008 est emballant. Léger, virevoltant et évidemment très fin après tout ce gamay. On n'est évidemment pas dans les grand bourgognes mais il y a quelque chose.

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    Lapandéry, c'est la conjonction de plusieurs choses qui ne laissent pas indifférent l'amateur de vin. Un domaine familial, le sourire du vigneron, la défense d'une appellation peu connue, une vinification naturelle, des prix peu élevés (6 euros). Ajoutons à cela qu'ils possèdent de vieux millésimes dans tous formats (je vais m'en réserver un pour dans quelques mois).

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    C'est tout à fait le genre de vin qui me botte, à l'instar du morgon. Un rouge gouleyant, pas trop lourd, bien pensé et bien exécuté. Un régal.

  • Salon des vignerons indépendants : le muscadet, c'est bon

    Jo Landron et son équipe habitent durant quelques jours au S14, il faut en profiter pour siffler un peu de muscadet. J'ai souvent bu leur amphibolite nature et trouvé qu'il manquait quelque chose, sans doute un terroir un peu plus présent. Les autres bouteilles me plaisent toujours autant.

    * Plus présent, le Clos La Carizière (7 euros). Vraiment typé muscadet sans l'acidité dérangeante habituellement.

    * Le Fief du Breil 2009 est superbe, très frais. Un immense muscadet. Rien à voir avec ce qu'est (malheureusement) ce vin trop souvent (11 euros).

    * Le muscadet nouveau 2010 ("grains de Raisins") est sublime, quoi qu'il semble contenir un poil de sucre résiduel. J'avais goûté le millésime précédent, un régal aussi. Sans doute pas très cher.

    * Pour le coup, la révélation de cette dégustation, la cuvée Atmosphères est pleine de bulles fines et pas très terroir. Un joli pétillant libre, un "vin mousseux de qualité" type méthode traditionnelle. Bien sec, bien droit, ce qui vient sans doute des 20 % de pinot noir (et 80 % de folle blanche). Je suis certain qu'à l'aveugle beaucoup penseraient à du champagne. 7 euros, le prix est ridicule.

    Pas de trace du Melonix, mais je n'ai pas demandé non plus. Et pas de photos pour l'instant, on verra tout cela dimanche ou lundi.

  • Salon des vignerons indépendants : cherchez le Marestel

    Sur le stand Dupasquier (K48), on boit la Savoie version nature. Je l'avoue tout de suite, les rouges ne m'intéressent pas. Je l'avoue ensuite, les premiers blancs ne m'intéressent pas beaucoup plus. Le cépage jacquère a beau posséder un joli nom, en bouche c'est plutôt décevant.

    Non, mon intérêt se focaliste sur l'altesse, cépage de l'A.OC. Roussette de Savoie. Sur le stand, on le vend à 7 euros la bouteille. Mais pour goûter un truc vraiment extra, il y a un mot de passe à donner : Marestel. Du nom d'un cru bien spécifique. Et on prononce "marétel". C'est Jull, lecteur assidu qui m'en a parlé le premier. Jull, merci, tu as bien raison. J'ai bu le 2006 ce midi au Beurre Noisette et au salon le 2007.

    Le vin est superbe presque gras mais encore acide. Un grand cru sans nul doute. Mais il ne figure pas sur la liste proposée au stand, aussi il faut le demander. "Marétel"... (10 euros mais il n'y en a pas beaucoup).

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    Situé à Jongieux en Savoie, les Dupasquier vivent dans le hameau d'Aimavigne. Pas mal.

  • Salon des vignerons indépendants : ça commence bien (ou pas)

    Le salon se déroule se week-end Porte de Versailles, à Paris. Comme toujours, il y a pas mal de monde, la cohue à l'entrée mais après tout le monde se disperse. Ce vendredi midi, on y voyait déjà certains affalés contre le mur et moqués par les passants encore sobres. Comme chaque année, il y a de tout, du très bon et du très pas bon. Mais au moins comme chaque année (sans oublier mars à Champerret) le public qui n'en a pas forcément l'habitude est au contact du vigneron. Et ça, ça n'a pas de prix...

    Voici une très courte vidéo pour tenter de faire comprendre l'immensité de la chose. Pour tenter de faire comprendre qu'il faut préparer sa venue au salon des vignerons indépendants !

    Le truc qui me fait bondir par contre, c'est le prix des sandwichs sur les stands de bouffe. Pour un pain raplapla et un pâté sorti d'on ne sait où il en coûte 7,5 euros. On croit rêver. D'ailleurs c'est pas possible, j'ai dû rêver ou tout simplement mal lire... En tout cas à éviter. Mieux vaut manger avant ou après. Au Beurre Noisette par exemple, c'est à deux pas.

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  • Salon des vignerons indépendants : ma liste de courses "naturelles"

    A ceux qui ne connaissent pas encore les lieux, je leur en conjure : préparez votre venue au salon des vignerons indépendants de la Porte de Versailles ! Baladez-vous sur leur site, épluchez les bouteilles présentes, faites votre choix et décidez de votre parcours. Les vignerons sont si nombreux, les visiteurs si exaltés et la chaleur si élevée pour un mois de novembre que rien ne permet de garder la tête froide sur place. Sans compter les verres de vin ingurgités...

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    Certes, dans tout ce barnum, coexistent le très bon et le mauvais. J'ai dressé ma petite liste de vins dits naturels mais je n'oublie pas qu'il y en a aussi de plus classiques qui peuvent intéresser (Machard de Gramont, le très bon cognac Estève, Rolet dans le Jura...)

    * les vins de Loire de Catherine et Pierre Breton

    * toute la gamme alsacienne de Binner

    * les bons muscadets de Jo Landron

    * le saumur de Thierry Chancelle

    * les vins catalans atypiques du domaine de l'Ausseil

    * la Savoie de Dupasquier

    * les superbes bouteilles varoises des Terres Promises de Jean-Christophe Comor

    * et d'autres bonnes choses encore : les côte-roannaise de Lapandéry (dont on me dit beaucoup de bien) le château Massereau à Barsac, le saumur de Didier Sanzay, le cahors bio du Clos Siguier, les rivesaltes du domaine de Rancy, les vins corses de Torracia et Leccia, le cidre du Père Jules...

  • Le Beurre Noisette : peu de beurre, pas de noisette mais de superbes plats

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    J'en rêvais depuis combien ? 3, 4 ans ? Ce qui était sûr, c'est que ça allait nous changer du docu d'hier soir. Aucun risque de trouver au Beurre Noisette des conserves ou des surgelés de chez Métro : je ne pense pas que l'huître rôtie au pied de porc et chorizo se vende par paquets de 12.

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    C'en est tellement beau qu'on hésite à croquer dedans. C'est est tellement bon qu'on hésite à changer la commande, à demander de remplacer le plat par quatre autres huîtres. Tièdes, avec une tranche du maigre de pied de porc, des filaments de chorizo et quelques pointes de vert (courgette ?). Le tout cuit dans un bouillon iodé. Peut-être un de mes plats préférés cette année. Et je trouve cela terriblement beau.

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    Bien sûr, la poitrine de porc est très réussie. Avec un petit arbois pupillin 2007 pluôt léger la Rouge-Queue (cépage melon) de Philippe Bornard (un joli domaine dont je cherche à goûter le savagnin).

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    Mon plat nous a semblé bien plus extra. Un parmentier de haddock au chou vert. L'écume dont je ne suis pas fan apporte tout de même un côté léger fort agréable. Les petites chips apportent le croquant.

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    Mais tout l'intérêt de l'assiette réside dans cette alliance de chou vert et de haddock (par définition il est fumé - sinon c'est de l'églefin - mais sans goût trop prononcé ni trop salé). Comme dans toute brandade traditionnelle, je n'y ai pas vu de pomme de terre. Un plat formidable dans sa conception et sa réalisation. Question vin, le marestel 2006 de chez Dupasquier. Une vraie découverte que l'on s'est empressé d'aller goûter au salon des vignerons indépendants juste à côté.

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    Côté dessert, crème chocolat / mousse aux marrons. Là aussi très gourmand.

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    Pour moi, le baba au rhum à imbiber soi-même. Avec la bouteille de Saint-James ambré 10 ans à dispo sur la table. Mais comme nous en parlions juste avant, les desserts (même dans les très bons restos comme ici) nous déçoivent souvent. Si on considère que c'est comparable, ils sont un niveau en-dessous des plats.

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    Le Beurre Noisette, 68 rue Vasco de Gama, 75 015 Paris, 01 48 56 82 49. A midi E+P ou P+D 22 euros. La complète à 30.

  • Les chemins de JP Géné

    Récemment, j'ai (enfin) goûté le dessert phare d'un pâtissier d'un coin de province que je connais bien. Il y a quelques années, à l'occasion d'un gros événement dans la région, il avait créé cette petite douceur toujours disponible dans sa boutique. Je suis persuadé qu'il a contribué à réveiller gastronomiquement ce coin de France et qu'il peut faire d'excellentes choses. Mais visuellement déjà, sa pâtisserie semblait inspirée (pour ne pas dire plus) d'une autre mondialement connue et, elle, parfaitement exécutée. Question goût, ça ne tenait pas la route non plus. A plus de 4 euros, on pouvait vraiment s'attendre à mieux.

    Je me suis dit : "à mon tout petit niveau, je vais en parler, faire un post normal où je vais forcément descendre ce dessert et ce genre de méthode même si parallèlement je pense que notre homme a un gros potentiel". Et puis j'ai lu l'extraordinaire livre de JP Géné, le critique gastronomique du Monde2. Il y explique ne jamais s'en prendre à une marque ou à qui que ce soit dans ses articles : publicité positive ou publicité négative, l'important pour la marque est qu'on parle d'elle. Par ailleurs, il y a tellement de bons artisans à défendre qu'il ne faut pas gaspiller son énergie.
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    Extrait. "Puis il y eut le cas Bolino. Toujours dans Libé où j'avais tiré un coup de bazooka contre le <<hachis parmentier>> Bolino, une infâme mixture sous plastique dont les auteurs avaient eu l'audace de m'envoyer un échantillon. Quelques jours après la publication, courrier de la maison Bolino. Je m'attendais à des protestations indignées vu le costard que j'avais taillé. Au contraire, sur papier à lettres de qualité, ils me remerciaient d'avoir cité leur marque dans mon article. Peu importait ce qu'on en disait, l'essentiel était d'en avoir parlé. J'ai su dès lors que rien ne servait de déglinguer et que la meilleure arme à l'égard des malfaisants était le silence."

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    Le reste est tout aussi passionnant : l'enfance, la montée à Paris, les voyages, les débuts de critique, le journalisme d'aujourd'hui...

    Mes chemins de table, JP Géné, Hoëbeke, 18 euros.

    MISE A JOUR : si Bolino c'était dégueu, la pub télé est extraordinairement représentative des années 80. J'ai aussi un faible pour le design des pots Bolino de l'époque...


  • Vendredi du Vin n°31 : un bordeaux frondeur

    Un vin qui dit fuck au système ? Un vin rock'and'roll qui fait un gros doigt aux institutions ? Lorsque la présidente Eva a lancé l'idée, j'ai tout de suite pensé au domaine de la Vrille Têtue qui se situe à Saint-Vincent-de-Paul, juste au sud de Saint-André-de-Cubzac. Du côté de Bordeaux donc, c'est-à-dire dans un des vignobles les plus codifiés, les plus institutionnels, bref un vignoble bourgeois.

    Loin, très loin des fameux grands crus dont tout le monde parle mais que personne ne boit, Jean-Jo et Pascal Brandeau (le père et le fils) s'habillent une année de la pastille verte bordeaux supérieur, une autre année de la bleue vin de table. Une année A.O.C., une année niet : c'est selon les "humeurs" du comité d'agrément. Sans doute n'ont-ils pas utilisé assez de copeaux de bois, sans doute n'ont-ils pas assez micro-oxygéné... Dans notre ère technologique réglée au laser, la déviance est une qualité. Le domaine de la Vrille Têtue l'est (têtu) et continuera de travailler en bio et sans intrants de synthèse, qu'importe les pressions.

    photo volée sur le site du domaine de la Vrille Têtue par ailleurs très drôle et très bien fait

    Prenons le cas du fameux millésime 2006, dont la bouteille a été vite sifflée lors de mon apéro d'anniversaire il y a 6 mois. Qu'y a-t-il de si extravagant dans la bouteille ? Ben du bordeaux classique. Merlot, cabernet-sauvignon, cabernet franc. Mais considéré comme "atypique" par Quali-Bordeaux, organisme qui distribue (ou pas) les A.O.C. Donc couleur bleue, vin de table. Sur l'étiquette, les vignerons poussent une gueulante : "On marche sur la tête. Ce vin, sans doute le meilleur de ces dernières années, a été refusé par le comité d'agrément. Il est donc classé : Vin de table français. A vous de juger". Une amie amatrice de bordeaux en a apprécié le contenu. Moi-même qui ne boit que très rarement du merlot, j'ai vraiment aimé : non seulement il possède une rusticité étonnante, engageante mais surtout il est profond, long, naturel. Aux classiques bordelais morts-nés, on ne peut que préférer ce vin qui a un peu de poil sous les bras.

    On peut rigoler de tout cela, mais c'est grave. C'est à chaque fois un pas vers une standardisation du goût qui remet en cause le travail des vignerons artisans. Voici comment les Brandeau résument tout cela sur leur site internet : "L'AOC, Appellation d'Origine Controlée, est de moins en moins le signe d'une appartenance à un terroir, mais bien plutôt l’assujettissement servile à des études de marché, il faut le dire, au service d'un petit nombre de <<gros>> et de négociants... Pour être <<bon>>, il faudrait abdiquer toute personnalité et se couler dans le moule... ne pas faire de vagues, et surtout, se taire..."

    Des buveurs de bordeaux de supermarché à 4 euros se plaignent aussi de son prix trop élevé. Forcément, il faut 1) avoir le réflexe d'aller chez un bon caviste (ici la superbe cave-libraire Le Vin se Livre à Paris), 2) ne pas avoir peur de la mention vin de table et 3) mettre près un peu plus que le prix habituel (7,5 euros chez le caviste mais seulement 5 ou 6 si on commande directement à la propriété). Boire un vin qui a une véritable personnalité et défendre la diversité du monde est à ce prix. Et malgré tout, si les Brandeau ont vendu toutes les bouteilles de 2006, c'est qu'il doit bien y avoir une raison...

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    PS : promis, pour le prochain Vendredi du Vin, je ne parlerai pas de bordeaux !
  • Les vins du mercredi soir

    Lors d'une petite raclette avec Emilie, Hélène, Julien, Antoine :

    * Muscat ça gazouille 2008 de chez Binner. Acheté au cours de l'été dernier à la propriété (à peu près une vingtaine d'euros), transbahuté, gardé au chaud (hurgh...) dans la cuisine : le muscat gazouillait moins (dommage) et apparaissait un peu oxydé comme tous les vins de chez Binner. Mais on n'était pas du tout en présence d'un vinaigre. Un vin fort titrant 13,5° mais pas sucré (même si psychologiquement, muscat = sucré) car vinifié en sec. Et en plus, la forme du magnum alsacien tout en longueur impressionne toujours.

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    * Le beaujolais primeur 2010 de Karim Vionnet. J'étais très heureux de l'acheter, il faut dire que j'aime beaucoup ses vins, je ne cesse de le répéter. Mais celui-là m'a déçu, un manque de profondeur et de fruité.

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    * Le Bulles Rosé de Villemade. Ouvert en fin de soirée, après avoir déjà bien bu, ce n'est pas la meilleure idée. Même pas tenu au frais, c'est pire. Seulement, il est toujours extra, même conservé dans ma cuisine depuis l'été. Un vin envoûtant pour une dizaine d'euros chez le caviste.

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    Et toutes les autres bouteilles dont les photos n'existent pas...

  • Petit luxe anti-crise #5 : les marrons glacés de La Mère de Famille

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

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    Je le dis tout de suite : je n'aime pas ça. Ou alors en brisure dans un faux tiramisu ou dans un gâteau au chocolat amélioré. Mais d'autres adorent les marrons glacés.

    Par contre, ce que j'aime bien moi dans cette confiserie, c'est qu'elle a une saison bien définie. De novembre à janvier en gros. Pas question de trouver un marron glacé digne de ce nom en avril : le composant principal ne se cueille qu'à l'automne. Donc dès que les mois raccourcissent, direction la superbe confiserie La Mère de Famille pour mater celui qui est considéré comme le meilleur marron glacé de la capitale (selon les classements assez intelligents du Figaroscope).

    Il y a quelques années, je crois me souvenir qu'ils affichaient le prix au kilo ; sans doute jugé prohibitif, on n'a plus droit qu'au prix aux 100 grammes. Comme si ça changeait quelque chose, comme si mentalement ça passait mieux. Alors que c'est peut-être pire. On tourne autour de 10 euros désormais. Les 100 grammes oui. Ce qui fait que la petite perle revient à quelque chose comme 2,5 euros. Il faut dire que partout ailleurs le prix est aussi très élevé, le marron glacé reposant sur une qualité et un processus de fabrication traditionnel complexe et les deux se paient. Chaque automne, je n'en achète qu'un seul ; moi je n'aime toujours pas ça.

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    A La Mère de Famille, 35 rue du Faubourg Montmartre, 75 009 Paris, 01 47 70 83 69.
  • La Bourgogne au naturel

    Samedi, les vignerons naturels de Bourgogne et les fanatiques de leurs bouteilles avaient rendez-vous chez Augé. Petit compte-rendu succint.

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    Pour résumer, Olivier et moi avons été subjugués par les blancs plutôt que par les rouges dont les derniers millésimes nécessitent un peu de cave sans doute. Nous avons goûté les 2007, 2008 et 2009. Le chablis d'Alice et Olivier de Moor est vraiment au top en 2008 je trouve (en version "Chitry", "L'Humeur du Temps" très accessible ou "Rosette" meilleur mais plus exigeant). La gamme de Claude Maréchal nous a aussi bien plu : de l'aligoté sublime jusqu'au royal pommard.

    Celui qui a confirmé tout le bien qu'on pensait de lui, c'est le domaine Luc et Lise Pavelot. Chez Olivier, nous avions vidé deux bouteilles de pernand-vergelesses rouge 2008, un bon bourgogne bien taillé. Chez Augé, le PV blanc 2009 est absolument superbe, déjà prêt à boire. Le corton-charlemagne 2007 est une merveille, sans doute l'un de mes blancs préférés, mais si rare. Un vraie réussite ici, profond et buvable ; que de belles qualités. En rouge, je suis passé direct au corton, grand vin lui aussi, à laisser mûrir.

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    Nous avons retrouvé un de nos chouchous, Dominique Derain. On avait bu son gevrey-chambertin ou son saint-aubin Le Ban. Nous les avons goûté à nouveau émerveillés. Et lorsque s'est approché le saint-aubin blanc le 2008 1er Cru En Remilly, nous avons littéralement décollé. Ce n'est pas possible que le même cépage chardonnay puisse à la fois enfanter de vulgaires vins (difficiles même à pisser) et des joyaux comme celui que nous avons entre les mains... Il ne peut y avoir qu'un grand artiste derrière ce vin.

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    Il a ensuite fallu reprendre le travail, il a donc fallu s'arrêter là. Sauf que ni Olivier ni moi ne pouvons passer à côté de Chassorney. Un nom magique pour nous tellement nous en avons descendues de ses bouteilles. Et elle ne sont pas toutes racontées ici... Magistrale finale donc que de conclure avec une petite horizontale de Frédéric Cossard. Grâce à sa femme, nous avons goûté les superbes Bigotes, Bedeau et saint-romains. Olivier et moi sommes les défenseurs (et surtout les buveurs) les plus acharnés du saint-romain combe-bazin blanc ; le 2009 nous a semblé tout à fait à la hauteur du mythique 2005. Avant de prendre rendez-vous pour une visite l'été prochain, nous avons goûté au petit négoce de Cossard. Il faut dire que ce genre de puligny, volnay ou chassagne-montrachet ne ressemble pas à quelque chose de classique. Peut-on même parler de négoce quand les vignes sont suivies voire cultivées depuis de longues années par le vigneron qui achète sur pieds avant de vinifier lui-même ? Olivier et moi gardons un souvenir ému du puligny, un vin immense.

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  • Une daurade façon osso-buco

    Cette recette, je l'ai honteusement volée à Pascale Weeks. J'avais l'habitude de suivre son blog dans ma cuisine il y a quelques années, puis j'ai abandonné et maintenant j'y reviens timidement : j'aime bien sa simplicité tout de même assez exigeante. J'y trouvais de bonnes recettes mais aujourd'hui il y a trop de communiqués de presse ou de billets sponsorisés.

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    Cette recette de daurade au four est d'une simplicité presque enfantine. Il suffit de faire une gremolata, le condiment traditionnel de l'osso-bucco en hachant persil et zestes d'agrumes, en ajoutant de l'huile d'olive et en assaisonnant. On badigeonne les filets de poisson  avec ce mélange et on enfourne 20 minutes à 200 degrés. Tout est expliqué dans le détail ici. Je me suis un peu compliqué la tâche en achetant chez un bon poissonnier une vraie daurade grise pêchée en Bretagne (9 euros le kilo) et en levant moi-même les filets. Avec l'arête centrale, la tête et un peu de vin blanc, on prépare un joli fumet pour un futur risotto piscicole.

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    Et on boit quoi ? Je ne suis pas un fanatique des vins gras avec le poisson, surtout avec la tonne d'huile d'olive que j'ai mise dans le plat. Donc un blanc bien acide, un bourgogne aligoté nouveau (2010 donc) mis en bouteille par le grand Frédéric Cossard et acheté la veille aux caves Augé.

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  • Quand c'est bon, c'est Cambon

    C'est le petit négoce du regretté Marcel Lapierre. C'est en tout point extra. A La Bonne Franquette, à Montmartre, nous avons été invité à goûter quelques beaujonouvo naturels. Cambon relègue les autres bien, bien loin... Mais est-ce une suprise ? Sans doute pas. Foillard m'a semblé bien meilleur qu'à midi, Lapalu sur la réserve. Quand à celui de Chermette, je n'arrive décidément pas à me passionner pour lui.

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    Par contre, nous avons goûté les 2009 de Jean-Claude Lapalu, notamment le brouilly et le beaujolais villages le "rang du merle" : un ravissement et une sacré puissance. Il faudra en retrouver.

    Ce soir-là, Olivier et moi avons papoté avec le grand vigneron alsacien Seppi Landmann. Rendez-vous est pris pour une visite à Soultzmatt, sans doute en décembre.

  • Le beaujolais nouveau, c'est aussi un livre

    Si ce blog s'appelle Du Morgon Dans Les Veines, c'est grâce au roman de René Fallet, Le beaujolais nouveau est arrivé. Sorti en 1975, il raconte les aventures de trois soiffards (Poulouc, Camadule, Captain Beaujol) qui mettent le grappin sur le cadre plus si dynamique que cela (Debedeux). Ou comment l'amitié et le vin peuvent triompher du buziness et de la prétendue modernité. Un roman désaltérant, profond, humain, bien plus philosophique qu'il n'y parait à la première lecture.

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    Une des scènes mythiques est la descente à la cave des quatre compères bien décidés à siffler en un soir toute la collection de bouteilles de Debedeux. Considérant désormais que le vin est fait pour être bu et non pas pour être amassé, il a décidé d'ouvrir ses trésors à ses amis. En extase devant les grands crus, certains en oublient le tire-bouchon (ils étaient "outillés comme des putains sans cul"). Première quille à tomber entre leurs main, un clos-vougeot. Extrait.

    Le bruit du bouchon lui coupa la parole. Les traits de Camadule s'illuminèrent quand il versa avec tendresse le vin dans les quatre verres. Il trempa les lèvres dans le sien, se fendit d'un sourire d'enfant fourré jusqu'au cou dans ses souliers de Noël : "Messieurs, le bonheur existe, je viens de le rencontrer". [...] Jamais épouse et mère méritante, jamais père au sourire si doux, jamais amante ardente, échevelée, bavante, ne furent traités avec autant d'égards et de piété que ne le fut cette bouteille de clos-vougeot. [...] "Beaujol dit qu'il est fier d'être né en France. Une boutanche pareille, c'est kif-kif la Joconde ou la Victoire de Samothrace. Du bien de chez nous. Je me mets à la place des Boches qui se sont tant battus pour devenir Français."

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    Au chapitre V, René Fallet aborde le beaujolais nouveau. Et ça swingue.

    Ce Te Deum éclatait sur Paris, sur toutes les grandes villes, roulait dans leurs artères, chantait Montmartre et Contrescarpe, défilait dans la rue Saint-Denis, tintait louis d'or sur tous les zincs où se pressait le peuple pour voir et toucher le divin enfant de l'année. [...] La fête est revenue pour quelques jours, fête tuée par l'armée des pisse-vinaigre mais ressuscitée en cachette par les chante-la-joie increvables comme elle. [...] Le beaujolais nouveau est arrivé ! Coquinet de la cuisse, un poil canaille, sans soutien-gorge, il était arrivé dans les arrière-gorges, un rien pute, léger et court vêtu, un brin muguet, un brin de fille, un doigt de Dieu, un doigt de cour. Il coulait source dans les hommes, il ne repartirait qu'en leur laissant au coeur le plus clair de la vie, la vertu d'un sourire. [...] Les députés quittaient la Chambre en volée de moineaux, les flics jaillissaient des cars de police, les prisonniers s'évadaient, suivis de leurs gardiens assoiffés et braillant "Le beaujolais nouveau est arrivé !" [...] On perçait les tonneaux en une émouvante défloraison. Quel goût aurait-IL ? Serait-IL fruité ? Souple ? N'aurait-IL pas perdu son grain ? Après le dépucelage venait la première communion entre LUI et son copain l'homme.

    Et ça continue comme ça des pages entières.

  • Le tour de France des vins nouveaux

    C'est bien l'amateur de morgon qui le répète : il n'y a pas que le beaujolais nouveau dans la vie. Loire, Rhône, Bourgogne... tous ont droit à leurs vins primeurs. Si vous n'en êtes pas persuadés, direction les caves Augé où cinq grands vignerons font boire leurs 2010. Grouillez-vous, ça boit jusqu'à épuisement des stocks. Soit bien avant 19h, heure officielle de la fermeture.

    Comment ça marche ? Cette nuit, Jean Foillard (Beaujolais), Noëlla Morantin (Loire)Jean-François Nicq (Roussillon), Fréd Cossard (Bourgogne) et Eric Pfifferling (Rhône) ont tracté leur tonneau de 200 litres jusqu'au boulevard Haussmann. Depuis 11h, on goûte le vin au cul du fût (ici l'Octobre Rouge 100 % syrah de Jean-François Nicq des Foulards Rouges) et on le met aussi en bouteille directement, pour le vendre.

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    Chacun goûte ce qu'il veut, dans l'ordre qu'il veut. Allez, on partage la trouvaille : c'est le 100 % grenache de l'Anglore d'Eric Pfifferling, sans doute l'un des meilleurs vignerons en France actuellement. Quelle couleur...

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    Entrons dans le vif du sujet avec quelques commentaires. A savoir : tous les vins tournent autour de la dizaine d'euros, 8 pour l'aligoté.

    * Le bourgogne aligoté primeur de Fréd Cossard (domaine de Chassorney) : acide, frais, rare. "On ne fait qu'une barrique... et tout le monde en veut. On vend tout en une journée et c'est fini" assume Cossard.

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    * le gamay primeur 2010 de Noëlla Morantin. Une belle surprise. Souriant à l'image de la vigneronne.

    * le beaujolais nouveau 2010 de Jean Foillard. On le voit chez tous les bons cavistes mais pour ma part je le trouve nettement en-dessous des vins classiques de Foillard, nettement en-dessous de ses vins élevés plus longtemps. Ainsi le morgon 2008 m'avait ravi au Bistrot Paul Bert.

    * Octobre Rouge de Jean-François Nicq des Foulards Rouges. Une belle surprise car l'année dernière je l'avais trouvé en retrait. On est vraiment sur le fruit, avec une finale plus ample qu'attendu.

    * Terre d'Ombre 2010, le primeur d'Eric Pfifferling de l'Anglore. Est-il encore besoin de répéter mon amour pour ce bonbon de grenache ?

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    Résultat : dans mon petit carton, 3 Cossard et 3 Pfifferling. H-E-U-R-E-U-X ! Et j'ai pris la même chose pour Olivier qui va me remercier éternellement.

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  • Beaujolais nouveau : la première quille que j'ai prise dans mes bras

    Ce matin, 11h, premier achat d'un millésime 2010. Celui de Karim Vionnet dont décidément je parle beaucoup en ce moment.

    C'est un peu la guerre pour pouvoir en acheter. Le caviste des Babines dit "bien connaître Karim" donc il a eu droit à... 24 bouteilles. "Parce qu'au départ, il ne voulait même pas m'en donner". Karim Vionnet vend beaucoup aux japonais qui ont tout compris ; il ne reste pas grand-chose pour le marché local qui préfère Nicolas ou la grande distribution. Sur les 24 bouteilles des Babines, j'en ai pris deux (16 euros en tout) et j'en ai vu une d'ouverte pour la dégustation. A 11h15, il n'en reste que 21...

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    Petite précision légale glanée aux Babines : sur ces étiquettes est mentionné beaujolais "primeur" plutôt que beaujolais "nouveau". En France comme au Japon, on n'aurait pas le droit de vendre du beaujolais nouveau après le 31 décembre. Sous la dénomination "primeur", aucun souci...
  • Le vin nouveau est arrivé

    Ca y est ! C'est le jour J : Le 18 novembre, date légale de mise en vente du beaujolais nouveau. Mais aussi des autres vins primeurs : les loire nouveaux, les bourgogne nouveaux, les rhône nouveaux... Comme quoi, même quand on boit du morgon, on n'est pas raciste.

    C'est un bon prétexte pour boire un coup ce jeudi. Comme toujours, évitons les vins déjà morts et testons les vins vivants, naturels, sans soufre, non filtrés. La journée va nous emmener aux caves Augé, à la Bonne Franquette et ailleurs... A suivre jeudi et vendredi sur ce petit blog !

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • La soupe au beaujolais

    On a déjà parlé des légumes de Joël Thiébaut. Il me restait un chou-fleur graffiti, tout violet. Et une bouteille de beaujolais 2009 de Karim Vionnet, l'une de ses meilleures (alors que le primeur 2010 m'a un peu déçu).

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    Pour le chou, direction la cocotte. Pour une belle texture, ni trop liquide, ni trop veloutée et encore moins purée, le secret réside dans le dosage de l'eau : pour 500 grammes de légumes, autant d'eau, c'est-à-dire 500 ml de liquide. On porte à ébullition, on met un couvercle, on baisse le feu à petits bouillons et on laisse comme ça 20 à 30 minutes selon la résistance du légume. Le fort mais fruité beaujolais rehausse un peu ce plat douceâtre : car le chou graffiti presque sucré donne une soupe enveloppante pas très épicée.

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  • Le beaujolais nouveau va vite arriver

    Mettons à jour le programme de notre chère capitale en ce qui concerne les vins nouveaux. Coup d'envoi jeudi 18 pour ceux qui auraient oublié.

    * aux Caves Augé, la traditionnelle mais non moins exceptionnelle dégustation tirée du fût avec Jean Foillard en bonne place. Mais aussi d'autres vins naturels nouveaux : ceux de Frédéric Cossard (domaine de Chassorney en Bourgogne), deJean-François Nicq (Foulards Rouges en Roussillon), Noëlla Morantin (Loire), et ceux de mon préféré, le grand Eric Pfifferling (Mas de l'Anglore dans le Rhône).

    * Puisqu'on est presque dans la même maison, citons Lavinia qui mise aussi mise sur Jean Foillard.

    * à La Bonne Franquette, à Montmartre, on est sur les starting blocks et on proposera aussi des new beaujolpif (ChermetteLapierreLapalu, Foillard encore...). J'y serai.

    * aux Caves Fleury, on a tout compris. Avec les primeurs de Karim Vionnet, Marcel Richaud et de Thierry Puzelat. Il faut absolument que j'y passe.

    * à la cave Les Babines, en bas de chez moi, Karim Vionnet aussi sera à l'honneur. Enfin pourrais-je dire... Ainsi que Damien Coquelet et France Gonzalvez que j'avoue ne pas connaître.

    * sans oublier la soirée de Vicky Wine, l'amoureuse de Fleurie.

    * ... à suivre.

  • Petit luxe anti-crise #4 : boire un beaujolais nouveau avant la date officielle

    Le beaujolais nouveau 2010 existe, je l'ai rencontré. C'était samedi 13 novembre, bien avant le jeudi 18, jour où il va débouler sur les comptoirs. A la différence du 2009 plus lourd, il est déjà facilement accessible, voluptueux, léger, fruité, gouleyant. Pas forcément grandiose mais rafraîchissant. De toute façon, on ne lui en demande pas plus. Mais attention : j'ai choisi un véritable vigneron qui travaille de manière artisanale et naturelle. Loin des trucs imbuvables à 3 euros la bouteille, j'ai mis 8 euros dans ce premier beaujolais nouveau de l'année. Et il les valait. Une belle entrée en matière.

    Le petit luxe du jour, c'est donc ce sentiment égoïste d'appartenir à l'élite du pinard. Egoïste, pas tout à fait : autour de la table samedi, nous étions quelques amis à boire avant la date officielle. Depuis 1985, la date légale de mise en vente des vins nouveaux correspond au troisième jeudi de novembre. Interdiction est faite par les services des douanes d'en écouler avant ce jour. Pour éviter de mettre mon dealer dans la panade, je vais garder pour moi la provenance de ce joli cadeau.

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

  • Café Cartouche : du vin à Bercy

    Bercy n'est pas qu'un ministère austère. Bercy n'est pas qu'un palais omnibeauf. Avant 1850, ce quartier voyait arriver les vins en vrac non soumis aux taxes de l'époque. On déchargeait, on mettait en bouteille, on envoyait dans la capitale : c'était un genre de grand Rungis du pinard. Pas forcément de la grande qualité, mais il y avait une histoire et une ambiance. Autour, on festoyait et régnait l'ivresse, vite surnommée "la fièvre de Bercy". De cette époque, il ne reste que quelques noms de rue, comme celle de Pommard aujourd'hui défigurée.

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    C'est dans la parallèle, que Rodolphe Paquin, le proprio du Repaire de Cartouche dans le XIe, a ouvert son petit bistrot bien planqué. Je voulais y aller depuis longtemps, je n'ai pas été déçu. C'est le seul endroit du coin qui fasse encore un peu vivre cette tradition vinicole. Ce soir-là, une semaine avant le beaujolais nouveau, j'avais choisi un Fleurie d'Yvon Métras version 2008. A ouvrir une demi-heure avant la dégustation. Une force tranquille, à la fois fin et puissant, fruité et présent. Un de mes vins préférés (32 euros sur table, une vingtaine chez les bons cavistes).

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    J'ai pris la totale, EPD, entrée plat dessert. 6 + 15 + 6 euros. On s'en sort encore bien : pour un petit bistro comme celui-ci, la cuisine est d'un sacré niveau. Notamment pour les entrées. Un nougat de poulet, une terrine de cerf. Rodolphe Paquin, roi des terrines : ça c'est un titre qui ne rigole pas... Si je ne m'abuse, il les vend même au Verre Volé.

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    En plat, paleron et chou farci à la grouse. Pour une fois, j'ai gagné : la grouse, un genre de coq sauvage chassé en Ecosse, me laisse une forte impression. L'un des meilleurs plats de l'année. Un chou merveilleusement cuit : ferme, fondant, brûlé sur la tranche, sur lequel s'appuie une farce de porc et grouse enfermé dans une crépine. Finesse.

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    Question dessert, un ton en-dessous comme souvent. Petit macaron de grosses fraises alors que ce n'est plus vraiment la saison et un sablé tatin plutôt intéressant mais qui ne faisait pas grimper au rideau.

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    Café Cartouche, 4 rue Bercy, 75 012 Paris, 01 40 19 09 95.

  • Petit luxe anti-crise #3 : les copeaux de bonite séchée

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

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    C'est à Nara, ancienne capitale du Japon au VIIIe siècle, que j'ai découvert il y a quelques années les okonomiyaki. Le jeune cuisinier faisait cuire avec dextérité un plat entre la crêpe et l'omelette, garnie avec ce qu'on veut. Ce qui revient souvent par contre, ce sont les copeaux de bonite séchée  ajoutés en toute fin de cuisson. Puisqu'ils sont très très fin, ils se mettent à danser sous l'effet de la chaleur. A frétiller, à chanter. Quand le restaurateur joue le côté théâtral, le client est ébahi. On a l'impression de manger quelque chose d'encore vivant.

    Mais de quoi s'agit-il ? La bonite est un poisson assez gros, de plusieurs kilos, à rapprocher du thon. Mais elle n'est pas aussi menacée que son cousin rouge. Les Japonais l'utilisent râpé (katsuobushi : les copeaux de bonite) dans l'un des fondamentaux de leur gastronomie, le dashi, c'est-à-dire le bouillon qui sert à préparer entre autres la soupe miso. On en trouve aussi comme garniture dans les sandwichs japonais, les onigri (pour les goûter direction Naniwa-Ya, rue Sainte-Anne, à Paris). A l'ouverture du sachet, le goût de poisson est très fort mais il s'atténue lorsqu'on le cuisine

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    Revenu justement de la rue Sainte-Anne avec un petit paquet de 25 grammes (environ 2,50 euros), je décide de l'associer avec un oeuf au plat. Pour donner à ce dernier un goût fumé. Même avec la dose énorme que j'ai balancée, ce n'était ni extrêmement salé ni trop fort en goût. Il faut par contre que la surface de l'omelette soit chaude, voire cuite, pour que les copeaux s'agitent. Je ne suis pas certain que cela fonctionne avec des oeufs bien baveux.

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    Le lendemain midi, je me suis dit qu'une vidéo expliquerait mieux la chose. J'ai pris un oeuf battu cette fois. Et quand il était bien chaud, plouf une poignée de copeaux de bonite. Ah tout le cholestérol que je m'envoie pour ce blog...

    La bonne solution serait plutôt de faire une belle omelette pour deux à l'ancienne, de retourner une moitié sur l'autre et de saupoudrer de copeaux la partie que l'on vient de replier. Ainsi on a tout : une omelette cuite, le coeur encore baveux et les copeaux qui dansent sur le dessus.

    En vente chez K-Mart, 8 rue Sainte-Anne, 75 001 Paris, 01 58 62 48 74. Et puis ça change de Kioko.

  • La Cantine du Troquet toujours au rendez-vous

    L'été dernier, Olivier et moi avions pas mal apprécié la totale, le menu dégustation à 30 euros ; c'est sans doute le meilleur rapport qualité-prix de Paris. Cette fois, nos estomacs étaient moins avides de sensation fortes. En un mot : raisonnables.

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    Tout commence avec un superbe vin, l'aligoté des Maréchal, vignerons à Bligny. Servi trop froid, il n'a pas exprimé tout de suite son potentiel. Comme pour le domaine Chanzy, cette bouteille est la preuve de la vivacité de ce cépage réservé aux pisse-kirs. Il souffre d'un certain mépris. L'aligoté ça peut être bon ! Encore faut-il trouver les bons vignerons et accepter de mettre quelques euros de plus que pour les plus classiques...

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    Ne les laissez pas passer ces grands aligotés, il y aura toujours plus de splendeur dans ces bouteilles-là que dans les Premiers crus des négociants, j'en suis vraiment persuadé. Le prix joue aussi (22 euros sur table) : à combien serait monté un chassagne ?

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    A suivre : un espadon à la plancha pour Olivier, des saucisses confites lentilles et un salmis de palombes pour moi. Etant donné que je crie toujours "Au diable, les accords mets-vins !" je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Car la sauce au vin rouge et au sang de la palombe aurait vraiment préféré un bon rouge du sud. J'avais trop envie de blanc, tant pis pour ma gueule.

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    En dessert, figues rôties et sa quenelle de chocolat pour la fille.

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    Et frometon pour les garçons. Une tome des Pyrénées et une confiture de cerises noires bien accrocheuse : je ne sais pas d'où elle vient, mais n'oublions pas que le patron, Christian Etchebest, est basque donc ceci explique cela. L'accompagnent deux verres de bandol blanc, domaine de la Ray-Jane, la petite découverte de la soirée. J'avais déjà entendu parler de ce domaine, je vais mener l'enquête... En sortant, Olivier et moi nous sommes mutuellement avoués qu'on aurait dû commander la bouteille entière.
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    La Cantine du Troquet, 101 Rue de l'Ouest, 75014 Paris, 01 45 40 04 98. Pas de résa.

  • Une bière pour rendre les makis un peu sexy

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    Thomas m'avait ramené cette bouteille d'un congrès chez les Ch'tis. Une autre, une autre... Je suis toujours assez méfiant question bières parfumées, mais là... Peu de sucre, juste une tige de fraise pour parfumer sans envahir. Certains gueuleraient parce qu'on n'a pas le triptyque habituel : arôme puissant, sucre et donc douceur. Pas moi, au contraire. Acide, un peu amère et peu sucrée : bienvenue chez les suhis... Oui ça peut paraître débile comme accord mets-bière mais c'est pas si bête, vu qu'on n'est pas face à une bière habituelle.

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    Brasserie Artésienne, à Auchy-les-Mines.

  • Que boire avec le couscous ? Du vin naturel !

    Au Tagine, j'étais sûr de faire un bon repas et de révéler une bonne adresse. D'ailleurs je ne l'ai pas vue dans beaucoup de guides ni sur beaucoup de blogs. Je savais que j'allais avoir raison, mais je ne savais pas à quel point... L'adresse m'avait été soufflée au détour d'une conversation chez Michel, aux Caves de l'Insolite. Certes elle n'est pas planquée car on est entre République et Bastille. Mais c'est une petite rue et une façade quelconque. Il faut vraiment mettre l'oeil sur la carte en vitrine pour que les papilles s'emballent : Dard et Ribo, Gramenon, Hervé Souhaut... à prix relativement doux.

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    Ce midi, cap sur Il Fait Soif de Maxime Laurent. Un petit régal de fruit et de force. Arrêtons les réflexes : pourquoi un Sidi Brahim, vin de supermarché, avec le couscous ? C'est vrai que souvent il n'y a pas d'autre choix.

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    C'est pas le tout de proposer du vin naturel, encore faut-il que la bouffe suive... Et là, bingo ! Je l'ai peut-être déjà dit, je ne suis pas du genre à considérer que la cuisine marocaine (ou du Maghreb en général) est la meilleure au monde. Je lui préfère celle du Proche-Orient sans doute parce que je la connais mieux, ou encore celle de l'Asie que je connais encore mieux. Mais au Tagine, j'ai été assez bluffé. Le couscous boulette (9 euros) est frais, la semoule ne colle pas et les briouats à la viande (7 euros) craquent sous la fourchette.

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    Arrive ensuite l'un de mes péchés mignons, la brick à l'oeuf (6 euros). Peut-être la seule chose que je sauverai de la cuisine d'Afrique du nord. Celle-ci est extra, craquante une nouvelle fois (je soupçonne Le Tagine d'utiliser une pâte filo faite maison), l'oeuf coule, la garniture n'est pas amalgamée : elle est d'une fraîcheur absolue. Un régal !

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    Les superbes assiettes proviennent de Fès, au Maroc.

    Le Tagine, 13 rue de Crussol, 75 011 Paris, 01 47 00 28 67.

     

  • Encore 14 dodos avant le beaujo nouveau

    Comme disent les mauvais journalistes, le compte-à-rebours a commencé, c'est la dernière ligne droite et la tension est palpable. Deux semaines à attendre, c'est long. Mais le 18 novembre, à côté des bouteilles imbuvables qui garniront les comptoirs, quelques résistants oeuvreront pour servir un authentique beaujolais nouveau. Le programme commence à s'affiner :

    * aux Caves Augé, la traditionnelle mais non moins exceptionnelle dégustation tirée du fût avec Jean Foillard en bonne place. Mais aussi d'autres vins naturels nouveaux : ceux de Frédéric Cossard (domaine de Chassorney en Bourgogne), de Jean-François Nicq (Foulards Rouges en Roussillon), Noëlla Morantin (Loire), et ceux de mon préféré, le grand Eric Pfifferling (Mas de l'Anglore dans le Rhône).

    * Puisqu'on est presque dans la même maison, citons Lavinia qui mise aussi mise sur Jean Foillard.

    * à La Bonne Franquette, à Montmartre, on est sur les starting blocks et on proposera aussi des new beaujolpif (Chermette, Lapierre, Lapalu, Foillard encore...).

    * Le Verre Volé fait souvent la fête le jeudi soir à côté du canal Saint-Martin. Pas de raison que ce soit différent cette année.

    * ...

    Mais au fait, il sera comment le beaujolpif cette année ? Il aura un goût de banane ? Mise au point qu'on ne cesse de répéter : le goût de banane totalement artificiel provient d'une levure exogène, la 71B, rajoutée pendant la fermentation... Les vins naturels mis à l'honneur sur le Morgon préfèrent les levures indigènes, liées au terroir et bien conservées à la vigne comme à la cuve.

    Pour le 2010, le maître Karim Vionnet explique dans cette vidéo que loin de la densité du 2009, le 2010 sera fruité et gouleyant. Un vrai bon primeur que Le Morgon va célébrer sur le oueb avant et pendant cette journée bénie ! A travers tout Paris, on ne dégustera que du bon ! Et un peu de mauvais aussi, pour se rappeler que le bon est vraiment bon.

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