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  • Le beaujolais sur la côte

    Jusqu'au week-end dernier, je n'avais jamais ouvert de beaujolais de Christophe Pacalet, un neveu de Marcel Lapierre. Son côte-de-brouilly est incroyablement représentatif de ce terroir. Car un côte-de-brouilly, c'est un côte-de-brouilly. Ce n'est pas un brouilly, ce n'est pas un fleurie, ce n'est pas... Bref... Au risque d'être redondant, il me faut une fois de plus crier mon amour pour ce genre de vins, un amour évidemment renforcé par l'utilisation parcimonieuse du soufre, pour produire un vin à 100 % sur le fruit, un vin qu'on ait envie de boire. Tiens, je vais tenter de réunir toutes les petites soeurs. Chez Augé, entre 10 et 13 euros la boutanche.

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  • Un petit tour à Venise

    Le mois dernier, j'ai changé d'avis sur Venise.

    Il y a quelques années, je l'avais connue durant le carnaval avec un temps pourri et bien sûr, une masse de touristes sans comparaison. C'était superbe et enchanteur mais question miam-miam et glou-glou, j'étais passé à côté du sujet. Le mois dernier, je l'ai rencontrée vraiment, authentique et bien portée sur la bouffe. Petits restos oubliés, épiceries fines du tonnerre, torréfacteur de génie, gorgonzola dont on lèche l'emballage, pâtisseries inoubliables... Et du vin, du vin, du vin... Le prosecco, le spritz, Angiolino Maule, les bouteilles à l'effigie de Mussolini, le vin naturel slovène... D'ailleurs mention spéciale pour Al Merca, merveilleux bar à merveilleuses quilles naturelles tout près du Rialto...

    Pour ceux qui prévoient de faire un petit tour gastro et bistro dans la Sérénissime et qui sont à la recherche d'adresses, le récapitulatif de cette folle semaine se trouve par ici.

  • Le Stube

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    Pas mal de blogs vantent Le Stube, je vais un peu dégraisser le mammouth. C'est bon, donc ça mérite que j'en parle ; hormis peut-être la currywurst qui ne casse pas trois pattes à un canard. Le gros problème, c'est que c'est cher. 15 euros ce plateau (currywurst, salade de pommes de terre plutôt réussie, et gâteau au pavot bien sympathique) avec une bière, y a pas à dire ça vaut pas le Bistro Paul Bert.

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    Le Stube, 31 rue de Richelieu, 75 001 Paris, 01 42 60 09 85.

  • Petit luxe anti-crise #17 : le café, c'est un peu comme le vin

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien. Encore un petit luxe consacré au café... Sans doute est-ce parce que je me lève tôt en ce moment que j'ai besoin de carburant...

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    Chez Verlet on peut acheter son café et le ramener à la maison, mais on peut aussi boire des grands crus voire des cafés hors du commun (3,80 euros l'expresso). L'autre jour, je me suis organisé mon petit match perso, et rien à voir avec le foot ni le catch... En haut, le Blue Mountain de Jamaïque. On ne présente plus ce poids lourd, sans doute le cru le plus célèbre au monde.

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    En bas, le Kopi Luwak, d'Indonésie, dont les journaux font leurs choux gras : c'est le café le plus cher du monde à cause de sa rareté et d'un processus de récolte très particulier. Les grains de café sont d'abord avalés et... évacués par une petite civette très friande de cette gourmandise : reste à (re)cueillir les excréments, à laver les grains et à les torréfier comme pour un café classique.
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    Alors verdict ? Déjà, comme tous les cafés de cette enseigne, ça n'a rien à voir avec le petit noir qu'on croyait connaître... L'analogie avec le vin saute à la bouche : comme pour la vigne, il est désormais acquis que, pour le café, existent de superbes terroirs et des grands crus tout à fait exceptionnels. Et à coup sûr, ces deux-là font partie de cette catégorie.

    Le Blue Mountain est puissant, corsé, boisé. Le Kopi Luwak fait plutôt penser à des fruits rouges, avec une belle acidité tout en conservant ce côté fruité. Après deux gorgées, on pense irrémédiablement à l'opposition bordeaux-bourgogne. Pour l'amateur de pinot noir que je suis, c'est évidemment l'indonésien qui me transporte.

    Cafés Verlet, 256 rue Saint-Honoré, 75 001 Paris, 01 42 60 67 39.

  • Le Rhône avait rendez-vous avec la Seine

    Alsace-Jura-Savoie il y a deux semaines, Rhône aujourd'hui... Aux Caves Augé, ça s'enchaîne.

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    Pas eu le temps de tout goûter mais tout le monde était là. Allez, je les cite tous : La Vieille Julienne (Châteauneuf du Pape), la Ferme Saint Martin (Ventoux/Beaumes), Jean-Michel Stéphan (Côte-Rôtie), Hervé Souhaut de Romaneaux Destezet (Saint Joseph), Thierry Allemand (Cornas), Gérald Oustric du Mazel (Ardèche), Gramenon (Côtes du Rhône), domaine Auguste Clape (Cornas), Dard et Ribo (Crozes/Saint Joseph) et le king, Eric Pfifferling du domaine de l'Anglore (Tavel).

    Mes bras alourdis par le muscadet n'ont pu porter qu'un carton. Une Mémé 2009 de Gramenon que je n'ai jamais goûtée et 5 quilles du vin qui m'a tapé dans l'oeil aujourd'hui, le Chemin de la Brune 2010 de l'Anglore évidemment : autre rosé, encore plus fruité, plus direct, plus léger. Il n'a pas l'A.O.C. Tavel, il n'en est pas loin. Le Tavel 2010, encore un peu fermé, ne sera dispo que vers mai-juin.

    Et dans deux semaines, c'est bojo à gogo ! Qui m'aime me suive !

  • Solidarité avec le Japon : gavons-nous de fèves de soja

    Les fèves de soja, je pensais bien les connaître. Il y a deux ans dans un gourbi de Tokyo, un bar à whisky et à brochettes du quartier de Shinjiku, j'ai admiré cette consistance proche de la salive et au goût un peu, disons, passé. C'était natto, des fèves de soja fermentées. Fallait tout de même s'accrocher. Il faut que je retrouve mes photos, ça va être long.

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    Aujourd'hui, je me rends compte que je suis complètement passé à côté des edamame. Heureusement que Franckie, mon poisson-pilote dans la cuisine japonaise, a insisté à plusieurs reprises pour que j'aille manger chez Foujita. Edamame, ce sont les graines de soja pas encore tout à fait mûres qu'on fait bouillir à même le haricot avant de les saler. C'est bien meilleur que les chips, à tout point de vue... (Je suis nul, y en aurait même chez Picard). Le bol arrive sur la table dès qu'on s'asseoit, ça ne fait partie d'aucun menu, un peu comme des cacahuètes.

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    Bon, et sinon ? C'est bigrement bien foutu Foujita par rapport à des restaurants de sushis chinois classiques. Il faut se mettre au comptoir et voir le maître débiter les commandes. En général, on peut dire que le poisson est super fondant (gras donc). La seiche est incroyablement bien cuisinée et le sushi d'oursin décortiqué à la minute.

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    Foujita, 41 rue Saint-Roch, 75 011 Paris, 01 42 61 69 39.

    (Les menus de midi, même le samedi tournent autour de 14 euros, le sushi d'oursin 5 euros pièce est évidemment hors menu).

  • Se muscler les bras grâce au muscadet

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    Petit tour par le salon des Vignerons indépendants de la porte de Champerret. J'en profite pour reconstituer mon stock de muscadet pétillant chez Jo Landron, comme toujours. En plus de quelques Amphibolites Nature à prix propriété cette fois, j'ai ramené deux cartons de 6 Atmosphères. Dans le métro, dans la rue et jusqu'à mon appart, je me suis un peu musclé les bras grâce au muscadet. Qui a dit que l'alcool faisait grossir ?

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  • Vendredis du Vin n°34 : un VINstantané

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    Un été à Banyuls, au Casot des Mailloles : du bric-à-brac d'Alain et Ghislaine ont surgi ces "vins fermiers" qui ont éclipsé tous les autres jus de raisins fermentés goûtés jusqu'alors. Ceux qui connaissent me comprendront. Ceux qui ne connaissent pas doivent s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre, ces purs grenaches changent leur vie.

  • Salon des Vignerons indépendants porte de Champerret : ma liste de courses

    Porte Champerret, ça va bientôt repartir... Comme chaque semestre au Salon des Vignerons indépendants, y a du pas tip-top, du bon et du très bon. Il y a surtout bien moins de vignerons que porte de Versailles en novembre, ce qui ne veut pas dire que l'atmosphère soit plus respirable. Donc il faut avoir sa petite liste déjà prête avant d'y aller. Voici la mienne, assez naturelle il faut le dire.

    Les bourgueils du domaine des Mortiers (F12), la Corse avec le domaine Leccia (E39), les montlouis de François Chidaine (F2), le muscadet et l'Atmosphères de Jo Landron (J31), les cahors du Clos Siguier (J39), les savennières du domaine aux Moines (J24), les Fiefs vendéens du domaine Saint-Nicolas de Thierry Michon (A 28)

    Sans oublier les cidres et le calvados du Père Jules (D6) ainsi que deux superbes cognacs : Paul Giraud (A14) et la famille Estève (J15).

  • Le vin naturel slovène existe, je l'ai rencontré

    Tout commence dans une épicerie très fine de Venise où le mois dernier, je cherchais à me procurer les vins naturels d'Angiolino Maule. Le vendeur de cette boutique-là ne connait pas, je lui explique qu'il s'agit d'un vin non filtré, non collé et sans trop de soufre ajouté. Il me dit : "Vous devriez goûter ça, le merlot de chez Radikon. C'est aussi un genre de vin naturel. Ils sont à 50 mètres de la frontière slovène". Réponse un peu candide : "Ah bon, à la frontière slovène ? Si loin ? Aux confins de l'Italie ?..." Réponse plus assurée de mon vendeur dont le visage s'illumine : "Mais vous savez, ils produisent du très bon vin même en Slovénie. Bien sûr, il y a Radikon qui administrativement est en Italie mais il y a aussi Klinec de l'autre côté de la frontière".

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    Je n'ai pas acheté cette bouteille de merlot à 60 euros mais j'ai décidé de partir à la conquête du vin slovène. Première halte : Al Merca où on avait déjà bu du Radikon. Bingo ! Le Pinot Grigio (pinot gris) de Klinec à 5 euros le verre. Un peu semblable au Ribolla Gialla de Radikon (une couleur de Chanel N°5, un nez de poire blette, une bouche explosive, un côté Jura prononcé avec une belle oxydation). Le Klinec est un poil en dessus du Radikon mais il gagne en buvabilité car plus rond.

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    Quelques pas plus loin, le Rialto Biocenter (Campo de le Becarie 366, San Polo) offre la Malvazija (malvoisie d'Istrie) et le Rebula (l'équivalent slovène du Ribolla Gialla) de chez Klinec. C'est-à-dire deux superbes blancs produits à base de ces cépages du coin. Couleur intensément dorée, plutôt strict et acide pour le premier, plutôt chaud et présent pour le second.
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    Tout est expliqué sur l'étiquette, ça change. "Le vin est biologique, les levures autochtones, il a été élevé deux ans en cuves d'acacia, il n'est pas filtré donc gros dépôt, il ne contient pas d'additif chimique et pour finir il comprend 25 mg/L de SO2 total".

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    Reste à en trouver en France, c'est pas gagné.

  • Petit luxe anti-crise #16 : il est bon ton café, gringo

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

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    Il y a bien un mois que je n'avais plus fait de petits luxes. Allez, on se reprend...

    Donc oui mon café, il est bon tu m'étonnes. Je le prends chez l'un des derniers torréfacteurs de la capitale, dénicheur de grands crus qui plus est. Eric Duchaussoy des Cafés Verlet fait le job dont je rêve : parcourir la planète à la recherche d'un super produit. Il les propose en grains, moulus gros, moulus moyen ou moulus fin. Ce jour-là pour 8,50 euros, j'ai choisi la Birmanie (le Chaung Gwe) pour son côté épicé et citronné.

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    Mis à chauffer dans la petite cafetière italienne ramenée de Venise, franchement ça change du Nespresso...

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  • Séisme au Japon : une soirée de soutien au marché des Enfants Rouges

    La très intelligente cave Versant Vins annonce la tenue d'une soirée exceptionnelle au profit des associations d'aide aux sinistrés du Japon. Ce sera mercredi 30 mars de 18h30 à 21h30 au restaurant Taeko et la cave fournira le vin. En prime, le flyer. Viendez !

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  • Le cheverny a la cote

    Lors du repas de midi, ouverture du cheverny de Villemade dans sa toute dernière mouture, la 2010. La tablée est conquise à l'unanimité et ne se prive pas pour le dire. What else ?

  • Où trouver de la bonne bidoche argentine ?

    Jeudi, je suis passé chez Carnar, l'importateur de viande argentine. Direct from la pampa. Tous ceux qui ont posé un orteil à Buenos Aires me cassent les pieds avec la viande argentine, super fondante, super goûteuse, super pas grasse, super tout... Les boeufs ont de la place pour gambader et cela n'aurait rien à voir avec un ruminant bien de chez nous. J'étais enclin à le croire, je n'ai pas été déçu.

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    Le seul souci, c'est qu'il faut acheter un gros morceau (minimum un kilo pour 31,50 euros). Pas grave, on en coupe quelques-uns, on congèle le reste. Ou alors on attend d'être une grande tablée. Certes c'est plus cher qu'un boeuf lambda chez un boucher lambda, mais c'est une sacrée expérience. La viande est effectivement comme tous le disaient : hyper fondante, hyper goûteuse, hyper pas grasse, hyper tout. Je ne vais pas dire que c'est le meilleur boeuf du monde, j'adore tellement le wagyu japonais, mais ça envoie.

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    On boit du rouge avec ça, mais pas n'importe quoi. On alterne un bandol 2007 du Château Sainte-Anne (met du temps à s'ouvrir, assez puissant mais joliment équilibré)...

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    ...avec un vin de Gilles Azzoni (Le Raisin et l'Ange), Hommage à Robert L09 acheté chez Crus et Découvertes. Carafé depuis le midi, il apparait assez fumé mais coule vraiment très facilement. Moins grenadine que le L06.

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  • Stop à l'inflation sur les prix des vins au verre !

    Les mecs qui surfent sur la vague du vin naturel pour s'en mettre plein les fouilles, ça me met dans une colère noire... En me baladant hier dans mon arrondissement chéri, je tombe sur un bar à vin récemment ouvert, en lieu et place d'un rade bien dans son jus que j'aimais beaucoup. Bon déjà, ça me met en rogne. Ils ont renouvelé la carte, devenue nature et tout et tout, genre Drappier, Landron, Hours, etc. Qui va s'en plaindre ? Pas moi. Bon, je me calme un peu. Et pourtant, en y regardant de plus près, on décèle vite le foutage de gueule.

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    Oui vous lisez bien :

    - 6 euros le verre de muscadet amphibolite nature de Jo Landron (11-12 euros la bouteille chez un bon caviste),

    - 4,50 euros le saumur-champigny de Bourdin (7,50 euros la bouteille aux Caves Augé)

    - et le pompon est décroché par les 8 euros que coûte un verre, un seul verre, du jurançon sec (cuvée Marie) de Charles Hours. Au Bon Marché, chez les riches, c'est 11 euros les 75 cl... Le verre correspond presque au prix TTC de la bouteille.

    Evidemment, je n'ai pas poussé la porte et je n'ai rien dépensé. Et ça se veut nature, proche des gens, du bon vin, des valeurs d'amitié, de solidarité... S'ils voulaient chasser les gens des bistros, ils ne s'y prendraient pas autrement.

  • Une petite Sauvageonne bien vivante

    Les vins du domaine des Griottes sont de purs produits libertaires. J'en parlais hier avec un caviste qui me disait qu'il est pratiquement impossible de servir ça au resto tant la tablée croira boire un vin frelaté. Habitués qu'ils sont à la micro-oxygénation, ces consommateurs ne comprennent pas que certains vins sont encore vivants. Démonstration avec le sauvignon de Patrick Desplats et Sébastien Dervieux, la jolie cuvée Sauvageonne.

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    Ouverture jeudi midi : pétillement caractéristique des vins naturels sans soufre du tout (ici pas de mention "contient des sulfites"), nez alcoolisé et bouche bien plaisante. Direction frigo. Rebu jeudi soir au sortir du frigo : arômes emprisonnés par le froid mais nez encore extrêmement ouvert et la bouche gagne en présence. Toujours aussi pétillant. En se réchauffant, les arômes décuplent. Re-frigo. Rebu vendredi midi avec de merveilleuses rillettes d'oie de chez Thiol. La couleur s'est durcie, le pétillement apaisé, la finesse décuplée : le vin a grandi. Le nez est toujours là, toujours explosif.

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    Enfin le soir même, bu à température ambiante, il se cognacise. Une couleur terriblement "brune" vient renforcer l'idée. A chaque gorgée, on retrouve à la fois minéralité, maturité et puissance de ce sauvignon mais avec des arômes qui évoluent terriblement. Jamais ça ne vire au vinaigre ou au jus de fer rouillé. C'est rare de voir un sauvignon jouer une telle palette d'expressions et de sentiments. Evidemment, ça peut en désarçonner certains mais que c'est bon...

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    Dix euros chez Crus et Découvertes, 75 011.

  • Ludwig a encore frappé

    Aux Caves de l'Insolite, on s'ouvre un crémant du Jura 2007 Délire des Lyres du maître Ludwig Bindernagel. Elevé sur lattes deux ans, tu vois le truc... Après 10 minutes dans le verre, la bulle se fait discrète et la bouche finement taillée. Le crémant extra existe, je l'ai rencontré... 14 euros prix caviste. Tout est bon chez Ludwig, ceci est un appel : il me tarde de le rencontrer.

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  • Goûter au Café suédois

    Entre mecs au Café suédois, endroit faussement girly, on se tape un joli gâteau citron-basilic qui ressemble à mon gâteau au sirop en étant un peu moins humide. Citron et basilic, la belle affaire...

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  • Les emplettes du mardi chez Crus et Découvertes

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    Cela faisait quelques semaines que je n'avais pas fait de petits luxes anti-crise, je répare un peu ce manque aujourd'hui. Avec 4 bouteilles à moins de 10 euros, 36 euros les 4 pour être précis. Mes pas fatigués m'ont conduit au hasard vers la rue Paul-Bert cet après-midi et je suis entré chez Crus et Découvertes. Je l'atteins rarement, m'arrêtant à l'Insolite : à chaque fois c'est pareil je fais des découvertes de crus.

    - Sauvageonne, domaine des Griottes. Le sauvignon du domaine, peut-être le vin le plus cher du lot, 10 euros. "Bien minéral" selon Mickael, talentueux caviste.

    - Fable 2009, Le Raisin et l'Ange, Gilles Azzoni. "Dominante syrah avec un peu de grenache, plus dur, on mange avec".

    - Hommage à Robert 2009, toujours Gilles Azzoni. "Encore un peu tendu car jeune mais tout de même assez glouglou, pas aussi évolué et évolutif que le 2006"

    - le cheverny blanc 2010 de Hervé Villemade. "Croquant, ça va être bien pour ce printemps".

    Ouais, faudrait juste qu'il revienne le printemps. Et qu'il ne soit pas aussi triste que chez Hugues...

    Crus Et Découvertes, 7 rue Paul Bert, 75011 Paris.

  • "La fin du monde, ce n'était pas ce nuage nucléaire..."

    "La fin du monde, ce n'était pas ce nuage nucléaire venu d'elle ne savait quelle centrale kazakh qui devait arriver au-dessus de Paris d'ici une semaine ; la fin du monde, c'était un couple regardant une émission de téléréalité dans un lit du Val-de-Marne plutôt que de faire l'amour".

    Jérôme Leroy, La Minute prescrite pour l'assaut (éd. Mille et Unes Nuits, 2008)

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  • Dard et Ribo macht Kinder froh – und Erwachsene ebenso

    Avant de voir le Rhône arriver à Paris dans deux semaines, je reviens à mes premières amours, Dard et Ribo. Leurs vins avec ceux de Marcel Lapierre sont de ceux qui m'ont éduqué au vin naturel : je leur en serai à jamais reconnaissant. Mais à force de boire autre chose pour découvrir autre chose, on leur tourne un peu le dos. Il faut dire aussi que les prix ont pris quelques euros. Il faut désormais en débourser 25 pour une bouteille de crozes-hermitage blanc 2009 au Verre Volé. C'est vrai qu'il est parfois plus facile de se rabattre sur le Lard des Choix.

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    Au début, le nez n'est pas terrible mais la bouche est déjà suprenante, longue, acide, nette, précise, droite... Puis le nez s'ouvre, c'est le festival. On a beau avoir un souvenir des millésimes précédents, on n'a l'impression de ne jamais avoir bu de crozes. Le lendemain, tout ce qui aurait pu gêner les anti-naturels (tout petit picotement et toute légère oxydation) a disparu pour faire place à un grand vin reconnu unanimement.

    Comme Olif m'a piqué le jeu de mots que je voulais faire ("la vie en crozes", "Dard et Ribo c'est beau la vie"), j'ai mis la version allemande du slogan. Ce qui donne quelque chose comme : Haribo rend les enfants heureux et les parents aussi. Bon là, oui c'est un peu moyen, disons que c'est surtout les parents qui sont heureux.

  • Alsace-Jura-Savoie chez Augé

    Petit tour rapide cet après-midi à la dégustation "Gla, Gla" aux Caves Augé. Tout le monde est là : Binner, Dupasquier, Schueller... J'ai un peu palabré au sujet des rieslings d'André Ostertag (le cru Fronholz assez terrible et la vendange tardive gewurtztraminer Fronholz à se réconcilier avec les VT) et de la gamme de Ganevat que je n'avais bue (chardonnays époustouflants, savagnin 2005 encore un peu lourd, vin jaune extrêmement fin). Mon état physique ne m'a pas permis plus. Prochain rendez-vous dans deux semaines avec le Rhône.

  • Le Troquet pour les mendiants

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    J'escomptais y faire un repas extra mais j'avoue qu'on était un poil déçu en sortant du Troquet avec Manu. Non pas que ce ne soit pas bon ou qu'il n'y ait pas de très bonnes idées, mais le plat est vraiment léger. En entrée, les saucissons d'Ospital rendent les hommes heureux

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    Mais ce sont les joues de porc qui déçoivent. En tant que spécialiste autoproclamé des joues de porc, j'imaginais apprendre quelque chose, trouver une épice, un goût, une technique, une association. Et là, rien. Une sauce à peine réduite avec quelques pois chiches, c'est chiche.

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    Côté vins par contre, coexistent de très belles choses et d'autres moins exceptionnelles. On a donc tapé dans les très belles choses : sancerre 2008 de Paul Prieur bien sympathique et le mythique morgon MMIX (2009) cuvée Marcel Lapierre., un peu en retrait ce soir, trop chaud sans doute. Une chose à noter : par rapport à de nombreux autres restaurants, le Troquet ne matraque pas l'amateur de vin. Le Lapierre est à 47 euros pour un prix caviste parisien à plus de 30.
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    Notons encore que les desserts assez terribles sauvent le repas. Face à moi, le clafoutis a une sacrée gueule.

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    Mon riz au lait aux fruits mendiants frôle l'exceptionnel dans l'idée et la réalisation. Non seulement c'est bon mais il y a de l'Histoire et une tradition derrière, celle des fruits secs que l'on rattache aux ordres monacaux mendiants (avant le concile de Trente) : la figue pour la robe grise du franciscain, l'amande pour le fominicain, la noisette pour le carme et le raisin pour l'augustin. Un très beau plat.

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    Le Troquet, 21 rue François Bonvin, 75 015 Paris, 01 45 66 89 00.

  • La plus belle boulangerie de Paris

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    Dans L'Express, Michael Steinberger cite Steven Kaplan, historien du pain qui considère que15 % des boulangeries françaises font du bon pain. Je pense que la réalité est encore en-dessous. En tout cas, à Paris on n'a pas trop de souci, il suffit de bien connaître. Ainsi la boulangerie qui monte, qui monte. Du Pain et des Idées. Et un décor aussi.
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    Alors que ma préférence va ici au Pain des Amis, un extraordinaire campagne, leurs baguettes sont régulièrement primées à gauche, à droite, dans des concours certes marketinguement intéressants mais dont on se fout en réalité.

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    Mais regardez-moi ces viennoiseries. Escargot pralinées, citron-nougatine, pistache-chocolat et les plus beaux chaussons aux pommes du monde.

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    Du Pain et des Idées, 34 rue Yves Toudic, 75 010 Paris, 01 42 40 44 52.

  • Le Père-Lachaise a oublié Antoine Blondin

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    A voir la file d'attente devant sa tombe au Père-Lachaise ce dimanche, il semble n'y en avoir que pour Annie Girardot. Beaucoup plus grave, le cimetière a complètement oublié un écrivain majeur du XXe siècle, auteur d'Un singe en hiver et des Enfants du Bon Dieu : Antoine Blondin. L'amoureux du vin, du tour de France, du monde d'avant. "Longtemps, j'ai cru que je m'appelais Blondin, mon véritable nom est Jadis".

    Sa tombe située dans la 74e division n'est pas indiquée sur le plan à l'entrée et le promeneur solitaire doit vadrouiller entre les sépultures pour trouver celle qu'il recherche. "Depuis 30 ans, je cache ma renommée dans les bars à vin" s'amusait Blondin. Et depuis 20 ans, il se planque en contrebas du chemin Léger, face au mur d'enceinte, loin des honneurs dus.

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  • Whisky-chenin

    Le soir de ce déjeuner d'anthologie, il faut bien manger et boire un coup car ce n'est pas tous les jours qu'Omar est de la partie. Après un petit détour chez Augé, notre choix s'est porté sur le Chinon plein de chenin (2005) du domaine Les Roches de Alain et Jérôme Lenoir (22 euros). Un beau vin bien sec, une toute autre approche du chenin que celles des Noëls. C'est ô combien agréable de voir qu'un même raisin bien travaillé entraîne des résultats différents, loin des vins de cépages aseptisés, standardisés, trafiqués que veut nous faire avaler l'industrie du pinard. En fait, la première chose qui arrive en tête après la première gorgée, c'est qu'avec une telle acidité le chinon semble taillé pour la garde : la bouteille a été ouverte bien trop tôt. Les commentaires de dégustations vont s'arrêter là malheureusement, mon palais en ayant vu de belles depuis ce midi. Dernière chose : Omar a tout compris, il cherche l'indication "Contient des sulfites" et ne la trouve pas. Et sourit.

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    Après le repas, un petit Michel Couvreur ne fait jamais de mal. J'ai enfin imité Olivier et acheté le Overaged. Cire noire et bouchon en liège, forcément y a du dégât sur la table. Mais dans le gosier... Cette bouteille, on devrait l'exhiber aux passants que l'on croise au hasard dans les rues pour leur expliquer que le whisky ne brûle pas forcément l'oesophage. D'ailleurs, comme pour le champagne, je n'ai jamais compris le goût de certains à s'enfiler des boissons qui font mal aux tuyaux avant de grignoter le bide : les whiskies de Michel Couvreur comme les champagnes de Drappier, ça ne fait pas mal à la gorge...

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  • Retour en terre (in)connue

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    Retour dans le superbe restaurant dont je m'obstine à taire le nom. A force de mettre des photos, certains vont reconnaître tout de même. On fait tout pareil que jeudi dernier mais cette fois avec Olivier et Omar. A nouveau, on s'est vraiment régalé. Et "quels vins !" s'écrit aujourd'hui encore Olivier... A peine assis, nous voyons nos verres se remplir de savagnin du domaine Foret. Avec un reste de pressé de lapin. Je ne te raconte même pas...

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    On fait quelques pas vers l'ouest avec le saint-aubin de Sarnin-Berrux. Hormis le Petit Têtu, je n'avais pas bu grand-chose de ce domaine. Assez percutant, ce joli blanc. C'est vrai qu'Olivier et moi avons habitué notre palais au saint-romain de Cossard, mais franchement ça se biberonne plutôt pas mal. Surtout qu'on avait déjà du champagne dans le cornet, je rappelle.

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    A suivre, un saucisson chaud. C'est pas un Jésus mais franchement on dirait l'Apparition. Les yeux des autres tables dévorent la bête mais ce sont nos palais et nos estomacs qui vont s'en charger pour de vrai. Deux légumes, un bol de choucroute et c'est parti.

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    Un peu de rouge avec ça tout de même ? Et comment ! Une cuvée désormais introuvable. De mon bien-aimé Casot des Mailloles à Banyuls, voici Taillelauque V. C'est-à-dire 2005 mais on est en Vin de Table ici. Grenache, carignan, mourvèdre si je ne m'abuse. C'est l'apothéose : quel nez ! Cyrano fait pâle figure à côté... J'en suis encore amoureux quelques jours après. Un premier côté tannique qui s'efface vite après le passage en carafe pour donner un jus miraculeux, sur l'algue et la groseille, sur le cuir, ou sur je-ne-sais-plus... Les 14,5° filent aussi vite que les Parisiens dans le métro et sur les lèvres, un seul mot : "Encore !" D'ailleurs Olivier qui veille jalousement sur la bouteille n'arrête pas d'en redemander, comme si on allait nous le piquer. Il a raison, on n'est jamais trop prudent. Je connaissais le vin naturel, celui-ci fait partie des vins surnaturels.

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    Et non, pas de chance, même après le fromage, je ne donnerai pas l'adresse...

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  • Le champagne des hommes et des dieux

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    J'avais mis une grosse chaussette à ski sur la bouteille pour tenter de piéger Olivier : "D'accord, c'est du champagne. Bon déjà une chose est sûre, ce n'est pas du Drappier car on connaît tout chez eux..." Perdu. C'est la Cuvée de Clairvaux élaborée par Drappier avec, comme toujours, une majorité de pinot noir. J'avoue l'avoir trouvé moins brut que d'autres champagnes de la maison mais j'ai réfléchi deux minutes : question bulles, mon palais est tellement habitué au Brut Nature Zéro Dosage donc tout autre me parait "sucré".

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    Fanatiques de cette maison de champagne, nous n'avions jamais entendu parler de cette cuvée, pas même lors de nos visites à Urville. J'ai mené ma petite enquête, voici l'histoire.

    Drappier possède un superbe réseau de caves très anciennes dont une partie a été construite au XIIe siècle par les moines cisterciens de Clairvaux à 10 kilomètres d'Urville. Aujourd'hui, c'est l'Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux qui s'occupe de restaurer l'abbaye de Saint-Bernard et d'y animer la vie culturelle. L'Etat et les collectivités territoriales ont traîné les pieds mais elles commencent à jouer leur rôle. Cependant, il est toujours nécessaire de trouver un peu d'argent. Michel Drappier a accepté de produire une cuvée dédiée pour aider l'association à financer ses projets tout en rendant hommage à l'histoire, aux hommes et aux dieux. Pour les chercheurs d'insolite et les amoureux des abbayes, nulle autre solution que de se déplacer dans l'Aube et de visiter les lieux pour pouvoir acheter cette cuvée. Mais allez, je donne notre bon plan, car heureusement pour notre quotidien il faut dire que Paris est magique et le Comptoir des Abbayes bien achalandé... J'y suis passé par hasard l'autre jour et bingo !

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    Le Comptoir des Abbayes, 4 rue Fléchier, 75 009 Paris, 01 48 78 49 25. Et une boutique à Strasbourg.
  • Noëls en mars

    Avec un petit tartare de saumon du poissonier star de la rue, Charly pour ne pas le nommer, on ouvre avec Omar ce Noëls de Montbenault 2009 de Richard Leroy. Fort, très fort, 14°. Encore un peu solaire, sans doute aurait-on dû le garder quelques années encore. Là ça déconstruit le palais et entraîne tout sur son passage. On croyait boire un vin de Loire pourtant. Une terrible force, du volume, de la matière mais quel équilibre...

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    Et on a fait n'importe quoi car deux heures après ce fut au tour du sylvaner Rosenberg 2008 de Barmès-Buecher. J'avais peur qu'il soit transparent après les Noëls mais il nous a fait très, très belle figure.
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  • Pfifferling dans Libération

    Tavel ou la fraîcheur du nectar du Gard. C'est avec ce titre pas forcément très clair que Libération publie ce matin un joli article sur mon chouchou du Rhône, Eric Pfifferling (domaine de l'Anglore). Déjà qu'on a du mal à trouver ses vins, ça ne va pas aider...

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    Olivier Bertrand revient sur les débuts d'Eric Pfifferling dans la mécanique et l’apiculture. « Les abeilles le sensibilisent à la question des traitements, au goût, aux parfums, à la consistance d’un produit ». Avant qu'une tante propose à Eric de reprendre les quatre hectares de vigne qui appartenaient à un arrière-grand-père et qui étaient laissés à l'abandon. Il sort du raisin pour la coopérative, puis à partir de 2002 pour son propre compte. « Il se sent de nouveau éleveur, travaille du vivant. Il laboure ses vignes, limite les traitements au cuivre et au soufre, se prive de ce dernier dès qu’il peut. Il récolte ensuite le raisin avec le souci de garder le fruit intact ».

    Et côté dégustation, ça dit quoi ? « Chez Pfifferling, dans ce pays trop ensoleillé, cela donne des vins digestes, plein de fruits et de fraîcheur. Avec une trame enchanteresse. [...] Ses vins s’arrachent désormais, il semble lui-même épanoui. […] Il entraîne à présent de jeunes comparses, essaime à nouveau ».

    Ouf ça va, l'article n'en fait pas trop sur sa plus grande réussite : le rosé en A.O.C. Tavel. C'est déjà ça... Sur le web, Libé a réservé l'article aux abonnés.

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