Avertir le modérateur

  • Le dimanche, c'est maki-jaja

    IMG_2345.JPG

    Quelques makis pour faire passer le blues du dimanche soir. Et quelques quilles pour les accompagner. Le Brut Nature de Drappier : valeur sûre, l'un des meilleurs accords possibles avec les sushis même sans poisson. Le mâcon-cruzille 2009 de Guillot-Broux : un domaine que je connaissais sur le bout des doigts il y a quelques années et qui fait toujours de belles bouteilles. Le Vin est une Fête 2009 d'Elian Da Ros : jolie petite bouteille, pleine, présente, cacaotée.

    IMG_2342.JPG
    IMG_2353.JPG
    IMG_2346.JPG
  • Mon voisin sur la Lune est revenu sur Terre

    Il y a parfois des chansons qui font autant d'effet qu'une bouteille bien mûrie. On sous-estime le côté politique chez Adamo, il suffit pourtant d'écouter les paroles avec un verre de La Lune de Mark Angeli à portée de main.

    ''Tu ne me remets pas / Je vois que je t'importune / Tu étais bien crois-moi / Mon voisin sur la lune.

    T'es vraiment élégant / Dans ton beau costume / Et tellement différent / Des rêveurs que nous fûmes.

    Du temps aux cheveux longs / Nous voulions changer d'air / Du temps où nous avions / Tout un monde à refaire.

    Mon voisin sur la lune / Est revenu sur terre / Pour gagner de la thune / Et pour faire des affaires

    Il a vendu la lune / Et son père et sa mère / Mon voisin sur la lune / A vraiment su y faire.

    Tu crachais sur l'argent / Et l'usine de ton père / La vie apparemment / T'a fait faire marche arrière.

    Funambule, coeur vaillant, / Allumé, visionnaire / Défenseur des perdants / Des révolutionnaires

    Alors, t'en as eu marre / De lutter pour des prunes / Ramasser sans espoir / Des cailloux sur la lune.
    [...]

    Te voilà président / Tu es dans la finance / T'es pressé, on t'attend / Je te retiens pas, et bonne chance.

    J'avais tant de choses à te dire / Mais ton temps c'est de l'argent / Et à part des souvenirs / J'ai rien d'intéressant [...]"

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Grignotage insolite

    A la Cave de l'Insolite, petit grignotage avant d'entamer la soirée. Sur ma gauche, pour s'ouvrir le gosier, le remarquable Les Années Folles de Jean-Pierre Robinot. Moins docile que le Boisson Rouge d'Emile Hérédia, c'est un vrai pineau d'aunis (avec un peu de chenin, ce qui donne se côté un peu plus tendu) qui respire l'été. Très agréable, pas si sucré, plus sur la groseille amère que sur la rose, et ça... A noter, l'étiquette sublime : Tokyo by night...

    IMG_2325.JPG

    Sur ma droite, on change de catégorie. Vinisum du Casot des Mailloles (2006) à base de grenache évidemment, mais avec aussi pas mal de syrah cette fois. C'est franc, droit, ça s'ouvre timidement au bout de 30 minutes. C'est assurément une réussite à qui on n'a pas laissé le temps de tout nous donner. Le dernier verre nous a ravi. Evidemment, on regoûtera plus intelligemment.

    IMG_2328.JPG
  • Jeanne A. ou le concept-vore

    IMG_2312.JPG

    Bar-tabac-pompe-à-essence-épicerie-librairie-bistro-pmu... C'est un peu ça Jeanne A., la rôtisserie d'Astier : traiteur-restaurant-épicerie-caviste-droguerie... On est un peu perdu mais on s'attable avec entrain.

    IMG_2313.JPG

    Les vins au verre ne sont pas donnés, normal on est à Paris. 7 euros le vouvray sec du domaine Huet. La sélection hésite entre le classique (Ormes de Pez...) et le plus pointu (Hours...). En général, on n'a pas à se plaindre mais ce n'est pas ici qu'on viendra chercher l'insolite. Ce qui est horripilant par contre, c'est cette succession de Mouton-Rothschild un peu fake utilisés pour la déco.

    IMG_2315.JPG

    Côté assiette, ça se défend même si c'est un peu cher (entre 14 et 18 euros l'assiette). Poulet pattes noires bien juteux, gigot un peu trop cuit. Le gratin dauphinois, on dirait un truc pour mamie.

    IMG_2318.JPG
    IMG_2320.JPG

    En dessert, le patron a gentiment offert un peu de melon au basilic (mariné dans un sirop). C'est vraiment très bon, le basilic aime les fruits.

    IMG_2324.JPG

    Jeanne A., 42 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris, 01 43 55 09 49.

  • Vendredis du Vin n° 36 : une pépite pour la Pipette

    Aujourd'hui, c'est vendredi et c'est plutôt cool. Non pas parce que c'est le week-end mais parce que Philippe (la Pipette aux 4 Vins) nous a trouvé un superbe thème : racontez-moi un vin du siècle dernier. D'accord, ça va nous vieillir un peu mais ça va surtout être l'occasion de sortir des dinosaures comme dirait Antonin. J'aurais pu ouvrir un de mes 1981 ou parler d'un vin de voile de chez Plageoles version 1999. Mais remontons simplement à la semaine dernière : samedi, j'ai bu un truc à la fois majestueux diplodocus et terrible tyrannosaure. Et cela grâce à Sébastien P. dont je raconte l'histoire depuis deux jours. Caviste engagé dans la banlieue de Metz, Sébastien a décidé de mettre la clé sous la porte. Promis, après ce post, j'arrête d'en parler : là, je vais simplement témoigner de sa générosité. Samedi dernier donc, entre autres bouteilles, nous avons un peu fait les fonds de cave. Pas de quoi de retourner la tête, juste quelques centilitres d'un nectar pâtiné. Ouvert depuis quelques mois déjà, le grenache avait subi une évolution incroyable depuis sa vendange. Commençons par quelques chiffres : cette année-là, 14 hl à l'ha, puis 24 mois en cuve de vinif et 76 ans passés en fûts de chène jusqu'à la mise en bouteille en 2001, lorsque le nouveau siècle pointait son nez. Oui, si on fait le calcul ça nous ramène loin : un maury de la Coume du Roy millésime 1925.

    P1190460.JPG

    Un nez à croquer encore jeune, le sucre me semble fondu et absolument pas lourd, une certaine vivacité qui t'accroche encore malgré l'élevage, une longueur évidemment interminable : c'est un bonbon aristocratique. Complètement dépassé par ce qu'on a dans le verre, on est transposé loin, très loin. Deux ans avant, par exemple, la naissance de ma grand-mère. Et surgit une pensée pour Bill Haley (qui, lui, est né cette année-là) et son "carpe diem" version rock. Rien d'autre à ajouter.

  • Un petit coup de volvic au déjeuner

    Nous devions manger à l'Ami Jean mais le disjoncteur venait de rendre l'âme. A quelques pas de là, l'Affriolé. C'est branchouille mais le couteau 9.47 de Perceval sur la table laissait entendre qu'on allait bien manger. Et bien boire ? On a fait les fous-fous en prenant de la Volvic : 2/3 de pinot noir vinifié en blanc et 1/3 de chardonnay, le tout classé en vin de pays du Puy de Dôme. A oublier.

    IMG_2305.JPG

    Côte miam-miam, c'est pas donné-donné mais c'est bien exécuté-exécuté. Splendide maquereau au vin blanc qu'il faudrait débarasser de ses artifices à la betterave.

    IMG_2308.JPG

    Et encornets bien tendres sur une petite lasagne de légumes. C'est bien fichu, bien bon mais très (trop) technique, un poil trop tarabiscoté, l'assiette part dans tous les sens.

    IMG_2309.JPG

    L'Affriolé, 17 rue Malar, 75007 Paris, 01 44 18 31 33.

  • Léoville Poyferré 1957

    IMG_2296.JPG

    Si, si... ce titre n'est pas une blague. Les buveurs de morgon, habitués aussi à la Loire et au Languedoc, ceux qui cassent du sucre sur le dos des bordeaux, ne sont pas racistes en réalité. C'est Antonin qui nous a fait ce joli cadeau. C'est toujours intéressant de goûter ce genre de bouteilles. Cela nous conforte dans notre palais ou nous ouvre de nouvelles possibilités. Faut dire que je ne suis pas d'accord quand on dit que c'est imbuvable : il restait, au début au moins, un peu de fruit, ce petit truc qui s'est vite évaporé pour ne laisser que quelque chose de flétri puis de vinaigré. A voir nos têtes à Eva et moi à la fin de la vidéo, on peut en conclure qu'effectivement un vieux bordeaux c'est chiant. Ou alors ça devient excitant quand on en fait une belle daube aux joues de boeuf ou un bon vinaigre, justement.

  • Chez Sébastien P. on déguste de belles choses

    Ce samedi, en arrivant chez Sébastien P. je savais déjà qu'il allait fermer boutique. Il m'avait prévenu que désormais les contraintes étaient trop lourdes. Sa cave-épicerie va rester ouverte jusqu'en juin-juillet et il va continuer ses casse-croûtes oenologiques du samedi. Ce samedi 28, il y a même une superbe dégustation de vins argentins bien foutus. Le jour où nous y sommes passés, nous ne pensions pas manger chez Sébastien mais juste acheter quelques quilles. Le côté convivial de ses apéros nous a rattrapé et nous nous sommes rassemblés autour de la grande table avec d'autres connaisseurs voisins : on n'est pas vraiment entre "bobos parisiens". Et nous y sommes restés... quatre heures.

    P1190451.JPG

    Et en quatre heures, on a eu le temps de se familiariser avec de nouvelles choses comme cette cochonaille et fine gelée au riesling (un genre de fromage de tête) de Frédéric Riffaud (MOF charcutier installé au Luxembourg). Et évidemment quelques bouteilles. Dont cette incroyable Petits Sylphes (ugni blanc, grenache blanc et un peu de chasselas) : un truc absolument introuvable, quelques centaines de bouteilles selon Sébastien. Les vignerons s'appellent Elodie Aubert et Raphaël Gonzales du Clos des Cîmes. Vendange manuelle, pressurage direct, on fonctionne évidemment aux levures indigènes, mise de soufre à la bouteille. Vin absolument superbe, fort, plein, que je déboucherai à nouveau en automne quand il aura bien pris place dans la bouteille. Avis aux cambrioleurs, j'en ai donc une dans ma cave.

    P1190442.JPG

    Puis un petit trousseau du Jura, le Trousseau des Corvées du domaine de la Tournelle dont Sébastien est un fervent défenseur. Après Uva et le vin jaune 2002, je suis d'accord.

    P1190447.JPG

    Finissons par un Ciel Liquide de Jean-Philippe Padié. Le fort vin du Roussillon tranche avec le Jura précédent et fait vraiment l'unanimité autour de la table par son côté bien concentré sans être lourd, et déjà évolué (2006). Un joli domaine que je ne connaissais pas, on a donc raflé du rouge et du blanc. Bonne pioche. Et à reboire dans le détail.

    P1190453.JPG

    Et voilà, ça se passe (passait) comme ça chez Sébastien P.

  • Sébastien P., un caviste engagé obligé de fermer sa boutique

    Je connais Sébastien P. depuis l'ouverture de sa cave-épicerie située en banlieue de Metz il y a un an et demi environ. Avec La Vigne d'Adam et Cantino, il est de ceux qui ont contribué à dépoussiérer Metz dans le domaine des commerces de bouche : il faut dire que depuis l'ouverture du centre Pompidou, ça grignote et ça glougloute de mieux en mieux dans cette jolie ville.

    P1190449.JPG

    Chez Sébastien transpire une approche du vin qui tranche avec ce qui se faisait à Metz jusqu'alors : déjà, et je ne peux que m'en réjouir, la sélection est clairement orientée vins naturels. Mais sans en faire des caisses, sans vraiment communiquer dessus, comme si cela était... naturel ! A cela, il ajoute un petit côté "événementiel" en proposant des dégustations à domicile ou des casse-croûtes oenologiques dans sa boutique le samedi matin. Son but ? Fidéliser des clients certes, mais aussi faire découvrir les vins qu'il aime au plus grand nombre. Il y a une sorte de mission civilisatrice inhérente au métier de caviste indépendant qui perpétue le vin dans sa dimension historique, géographique, géologique, climatique... Il est le relais des vignerons, celui qui les fait vivre, représentant d'un commerce qu'on espère le plus vertueux possible. Dans sa cave, la table d'hôtes ou les canapés vintage ajoutent à la convivialité du lieu : on reste debout ou on s'assoit, on boit un coup, on échange avec les autres clients, on déconne souvent, le tout sur une musique choisie... Chez Sébastien, on ne fait pas qu'échanger des liquides contre du liquide. Et à Metz, c'est nouveau : les cavistes à la papa sont ringardisés et de toute façon leurs bouteilles, hormis quelques unes chez Vénus Vins, ne faisaient pas envie. A l'inverse, Sébastien trouve une seconde vie au mauzac de Plageoles une fois vidé...

    P1190454.JPG

    Encore faut-il que les clients adhèrent au projet. Aux premiers mois sans salaire succèdent les mois où Sébastien ne se verse qu'une indemnité de stagiaire tout en mettant les comptes dans le rouge. Oui, c'est bel et bien la crise et les banquiers frileux ne veulent plus mettre de l'huile dans les rouages. Le lieu est-il mal situé ? C'est sûr que dans cette banlieue de Metz, entre un kebab et une pizzéria, cette grande avenue en voit passer des voitures. Encore faut-il qu'elles s'arrêtent. D'accord, c'est pratique pour les clients fidèles qui peuvent remplir le coffre aisément... Mais sur cette route qui mène à une grande zone commerciale, on est loin, bien loin, du centre ville.

    P1190441.JPG

    Il faut donc du cran pour tenir, pour remplir cette mission au prix de beaucoup de travail. Et de souffrance sans doute aussi. Les problèmes s'accumulant et l'horizon ne se débouchant pas, il faut savoir s'arrêter à temps. Mieux vaut fermer boutique maintenant plutôt que dans quelques mois, quand la situation aura empiré et que les conséquences financières seront bien plus lourdes. Sébastien a donc pris la décision ô combien difficile de fermer Le Vin à Portée de Main d'ici au début de l'été et il s'y tient avec dignité. Chez lui, le stock de bouteilles diminue à vue d'oeil. Bien sûr, avec son passé de sommelier, il n'aura pas beaucoup de mal à retrouver un bon poste dans un bel établissement qu'il va vouloir faire évoluer dans un sens "naturel".

    P1190459a.jpg

    On ne va donc pas rejouer l'affaire Olivier B. ; d'ailleurs Sébastien n'a plus beaucoup de quilles à écouler. C'est juste un témoignage : cette histoire est symptomatique des temps qui courent. On ne prend plus son temps pour aller chez l'artisan du coin de la rue, le caviste, le boucher ou le boulanger. On fait son pain soi-même avec plus ou moins de réussite, tout le monde croit que le boeuf se limite désormais à une entrecôte sous vide et le vin s'achète en la grande distribution. Sébastien : "Que les cavistes indépendants soient en concurrence avec des chaînes comme Nicolas, on l'accepte. Qu'on soit en concurrence avec la grande distribution, on l'accepte. Mais qu'est-ce qu'on peut faire quand nos concurrents se nomment Décathlon ou Apple ? En ce moment, tout le monde achète un vélo ou un iPhone. Forcément il ne reste plus beaucoup d'argent pour le reste". Au lieu d'être vertueux et noble, le commerce qui cartonne aujourd'hui est laid, vulgaire et court-termiste. Des histoires semblables à celle de Sébastien j'en ai déjà entendues à Paris de la part de gens qui ont une longue expérience et une grosse réputation.

    S'il y a une part de raisons conjoncturelles dans l'affaire, le problème est éminemment politique, au sens large c'est-à-dire noble. Un bon caviste est dépositaire d'un savoir-faire, c'est un acteur du lien social et un fournisseur de souvenirs. C'est aussi la transmission d'un héritage. L'Etat pourrait peut-être prendre ça en compte, lui qui est si prompt à dicter des lois "protectrices" dans tout domaine. Mais au lieu de réfléchir aux problèmes majeurs et à la transmission (d'un savoir, d'une méthode de travail, d'un patrimoine), le petit manitou préfère voir les échéances à court terme (sa réélection) en dressant une partie de la France contre l'autre.

    C'est, parait-il, Léopold Sédar Senghor qui avait lancé cette phrase devenue proverbe : "quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle". Quand c'est un caviste qui met la clé sous la porte, c'est une succession de bons moments (passés et à venir) qui passe à l'as. Et ça, franchement, ça fait chier tout le monde.

  • Ars-sur-Moselle : une visite chez Daniel Stapurewicz

    Pour fêter à notre façon la toute nouvelle AOC Moselle, un petit tour chez le pionnier du bio en Moselle française : Daniel Stapurewicz. Nous sommes accueillis par sa femme. Alors que les gros domaines de la région commencent à y réfléchir ou à se convertir, ce jeune retraité de l'électro-mécanique s'active sur un hectare et demi d'auxerrois, de pinot gris et de pinot noir pour sortir quelques milliers de bouteilles chaque année. Du blanc bien sûr, un peu de rosé qui part vite et surtout le pinot noir qui cartonne. Etonnés d'un tel engouement, Thomas et moi pensions encore que Moselle signifiait blanc et que le consommateur en était resté là. Mais non, le goût évolue et pour s'y conformer, le seul cépage que l'on plante désormais, c'est du pinot noir.

    Les vignes sont éparpillées entre Ars, Ancy et Dornot mais le carrefour principal se trouve près de la source dite de la Joyeuse, un coin où j'ai passé une bonne partie de mon enfance. Chez Daniel Stapurewicz, la vinification me semble tout à fait bien tenue, certifiée Ecocert depuis 2002, enherbement maîtrisé, pas d'intrant ni de levure dans la cuve et un minimum de sulfitage. "Ah oui, je peste toujours contre mon mari qui ne veut pas mettre de soufre dans ses bouteilles" en rit sa femme. "Car vous savez, lui est dans le bio depuis bien longtemps, avant que ce soit la mode : déjà son petit potager était bio. Alors quand il s'est agit de faire du vin, il ne pouvait pas en être autrement".

    IMG_2299.JPG

    Toutes mes photos de la cave étant floues, on ne va pas aller bien loin. Le fameux pinot noir n'était pas encore prêt, la bouteille qui nous a bien excité, c'est l'auxerrois (6 euros), un cépage du coin que l'on faisait pisser de partout et qui donnait des vins même pas bons à mettre dans la choucroute. Ici on le découvre léger, fruité, presque long, pas emmerdant, pas hautain : bien sûr ce n'est pas un grand cru non plus. Mais il fait son job et bien plus : on ne devrait pas trop avoir mal au crâne le lendemain. Grâce à lui, nous allons enfin pouvoir commencer à boire l'AOC Moselle (sur les étiquettes à partir de 2011).

    Dégusté aussi un autre soir avec la bande parfois sévère du Vindicateur : personne n'a fait la moue et a salué le travail du vigneron.

    Domaine La Joyeuse, Daniel Stapurewicz, 3 rue Jeanne-d'Arc, 57 130 Ars-sur-Moselle, 03 87 60 69 48.

  • Metz : barbecue et canon fronsac

    Le Château Moulin 2006 (canon fronsac) de Bénédicte et Grégoire Hubau (Moulin Pey Labrie) qui accompagne le barbecue. Voici un bordeaux que je peux boire, fruité, fin, élégant (trop sans doute pour un barbecue), pas trop lourd, presque léger sur la fin, pas trop cher non plus quoique ça grimpe (30 euros le magnum prix caviste). Enfin, on commence à s'amuser avec du merlot bordelais, même si on retrouve Michel Rolland comme oenologue de la famille.

    P1190467.JPG
  • Un peu de Lèches

    Thomas l'avait depuis un an dans son frigo... J'entends déjà les cris d'horreur. Peut-être que mieux vaut ça qu'un appart où il fait chaud comme chez moi. On l'ouvre tous les deux, plein de bubulles en bouche. Une fois le gaz carbonique barré, on a un joli vin droit et fruité. Evidemment, il était un peu froid et il a été bu un peu vite. On aurait dû l'attendre un peu.

    IMG_2290.JPG
  • Metz : servir de la charcuterie nulle est un crime imprescriptible

    Pour diverses raisons que je ne nommerai pas, nous nous sommes attablés dans ce restaurant de Metz. Un classique, assiette campagnarde, c'est-à-dire du lourd : cochonailles, terrine, pommes de terre rôties. Oh, ce n'est pas très cher (heureusement) mais le niveau est au ras des pâquerettes. Sur une planche de charcuterie, c'est vraiment très facile de tout rater : la terrine maison qui effectivement était maison tant elle a un souci de texture et de goût, les saucissons qui ressemblent à de la semelle, les pommes de terre totalement absentes, la feuille de salade et la ciboulette sorties d'on ne sait où... Oui, rater une telle assiette, aligner des morceaux de cochon de supermarché, c'est très facile. A Metz, royaume de la charcuterie, patrie d'Eric Humbert, où il ne reste plus qu'une poissonnerie en centre-ville, c'est absolument criminel. Et pourtant l'endroit fait bar à vin (références si peu chères que ça en est suspect, comme ce savigny 2000 à 18 euros) en tentant de donner dans le classieux. Comme dirait l'autre, il faudrait revenir aux fondamentaux.

    IMG_2270.JPG
    Lien permanent Imprimer Catégories : Beurk ! 0 commentaire
  • Metz : la burrata est arrivée

    Preuve que la mode tisse sa toile, la burrata arrive à Metz chez le très intéressant fromager Conrad (rue Ladoucette, près de la place Saint-Jacques, 03 87 36 11 00). Elle a une belle gueule même si elle manque de coulant.

    IMG_2264.JPG
  • Le chenin haute couture

    Un dimanche midi avec bien trop de soleil, Les Sables de Stéphane Bernaudeau aident à mieux passer la journée sans penser au lendemain. Achetée la veille chez Augé, c'est une bien belle bouteille, pas encore tout à fait en place mais elle me faisait trop envie. Signe particulier donc : rafraichissante et incroyablement fine. C'est ciselé, du chenin haute couture.

    P1190425.JPG

    Pour être aussi plein et pour l'être déjà, le vin a dû faire sa malo (fermentation malolactique) mais ce n'est pas gênant du tout : une belle part d'acidité résiste, profonde et presque aristocratique. Evidemment, c'est le vin naturel à 200 %...

  • Une quille insolite

    La fine bulle rouge du Jura : si ma mémoire est bonne, c'est du trousseau. Ou alors est-ce du ploussard : si quelqu'un a plus d'infos... Un peu rêche et serré mais le fruit finit par craquer sous la dent. TouTanKhordon du domaine Foret, insolite de chez insolite.

    P1190424.JPG
  • Le Bistroy Les Papilles : questions sur le prix du vin

    IMG_2253.JPG

    Sous l'affiche de La Grande Bouffe, film anticonsumériste, on s'attable au Bistroy les Papilles. Un midi de l'année dernière, nous avions très bien mangé. Menu du marché (31 euros). Ouvrons une bouteille de Fleurie 2008 de Jean Foillard. Complètement à côté de la plaque, on ne ressent rien. C'est marrant avec Foillard : parfois c'est terrible, parfois effacé.

    P1190374.JPG
    P1190379.JPG

    Velouté de patate douce, très bien réussi. Et en plus, il y a le cérémonial.

    P1190381.JPG
    P1190382.JPG
    P1190386.JPG
    P1190390.JPG

    Passons à la suite. Crozes-hermitage 2009 d'Emmanuel Darnaud. Concentré mais sur le fruit tout de même, il se dégage plus d'entrain de cette bouteille là.

    P1190400.JPG

    Tiens, tiens, ce plat ressemble vraiment à celui qu'on avait manger l'an dernier. Paleron braisé aux petits légumes. Encore une fois, il y a un très joli travail.

    P1190392.JPG
    P1190396.JPG
    P1190398.JPG

    Dans le menu, on a même droit à un petit morceau de fourme d'Ambert avec son pruneau au vin rouge. Miam.

    P1190403.JPG

    Panna cotta à l'ananas et émulsion de caramel, un peu plus décevante en bouche : on dirait qu'elle se cherche. Même si encore, la réalisation est parfaite.

    P1190405.JPG
    P1190407.JPG

    Bilan : un très bon repas. Bon d'accord, le fait que le plat soit le même que l'année précédente relève sans doute du hasard.

    Mon gros souci est ailleurs : le prix du vin. 40 euros chaque bouteille : rien de très scandaleux si on compare avec les coefficients multiplicateurs dans d'autres restos (2, 3 voire plus). Mais ici on n'a pas de coefficient, on a un droit de bouchon puisque la boutique fait caviste-épicerie. Ce qui fait : 33 euros la bouteille + 7 de droits de bouchon. 33 euros le Fleurie de Foillard à emporter ? Pas donné. A en croire les étiquettes, le rosé de Peyrus est 6 euros plus cher que chez Augé (sur une quille à 18 euros, c'est un sacré pourcentage...) et la Cuvée Marie de Charles Hours (Jurançon) dépasse 20 euros (11 et des brouettes au Bon Marché) : ces prix sont-ils bien ceux que je paie pour ramener les bouteilles chez moi ? Hé beh... Bref, c'est vraiment une belle adresse pour manger mais le prix du vin est incompréhensible.

  • Nul n'est censé ignorer la Loire

    P1190367.JPG

    Du beau monde chez Augé pour l'énooorme journée Loire mais ce n'est pas non plus la foule des grands jours. Quoi ? Certains Parisiens auraient profité d'un week-end ensoleillé pour quitter la capitale alors que la Loire se jettait dans la Seine ce samedi là ? Ils sont trop cons.

    P1190366.JPG

    Y avait quoi comme quilles ? Reprendre toute la liste serait fastidieux. D'ailleurs après un repas chez Camdeborde, Mathilde et Olivier sont rentrés faire la sieste. Thomas et moi, courageux, avons affronté chenins et cabernets. On n'a pas tout bu, c'était impossible, bien trop de monde. Déjà on a laissé de côté ceux qu'on a déjà bien biberonnés, ceux qu'on connaît bien (Simonutti, Villemade, Olivier Lemasson des Vins Contés). Le reste ? Mention spéciale pour les blancs de René Mosse que je n'avais jamais goûtés et le domaine de Bellivière (Eric Nicolas) même si ce n'est pas donné-donné.

    P1190361.JPG

    Les bouteilles qui sortent du lot : Selves (chenin de Nicolas Carmarans en Auvergne), Le Vin des Poètes d'Emile Hérédia (que l'on boit lui aussi depuis des années) et belle surprise avec les montlouis de Frantz Saumon.

    IMG_2249.JPG

    Mais ce n'est pas forcément ce que j'ai acheté. Ne voulant pas surcharger le vélib, on y a mis : un Selves, un Sables de Stéphane Bernaudeau. Thomas a ajouté un vouvray des Breton (La Dilettante) et un Boisson Rouge du domaine de Montrieux (Hérédia). J'ai aussi ignoré la Loire en prenant un rosé de Christophe Peyrus (pic-saint-loup). Forcément, ça tanguait un peu, c'était difficile à manoeuvrer. En passant devant l'Elysée, on a eu de la peine pour le grand manitou qui ne sait pas ce qu'est le vin (ni la France à vrai dire) puisqu'il n'en boit pas.

    IMG_2250.JPG

    Ah oui, tiens je n'ai décrit que 5 bouteilles dans mon carton. Evidemment, il y en avait une sixième et c'est du Gramenon. Du côtes-du-rhône, j'ai encore ignoré la Loire. C'est potentiellement un truc de malade. "Ouais, ils ne font pas trop de pub là-dessus, il n'y en a pas beaucoup..." me dit-on chez Augé.  Résultat : 30 euros la bouteille. C'est quoi ? Des vieilles vignes de syrah ? Une cuvée insolite de pinot noir ? Ou du chenin ? Non, rien à voir avec la Loire ni avec le vin d'ailleurs : une huile d'olive vierge produite par le domaine Gramenon. Pas encore ouverte, donc à suivre.

    IMG_2252.JPG
  • Chez Camdeborde, un samedi midi

    Samedi 11h45, début de la file d'attente devant le Comptoir du Relais pour être sûr d'avoir une table. Je ne vais pas revenir sur "Comment ça marche Camdeborde ?", j'ai déjà tout expliqué ici. Un quart d'heure plus tard, début du spectacle. En guest, la Sagesse de Gramenon dans sa version 2009 (40 euros, pas de droit de bouchon puisque ce n'est pas un caviste mais coeff multiplicateur de 2 voire un peu plus). Assez dure tout au long du repas (14,5°), elle nécessite un séjour en cave. Il faisait trop chaud déjà, on aurait mieux fait de prendre un peu de Loire. Malgré tout un beau potentiel semble poindre. Dans le même millésime, j'ai été plus séduit par la Mémé.

    IMG_2220.JPG

    Mes partenaires de tablée ont tapé dans les entrées (10 euros) et les plats du jour (entre 15 et 20). Saumon mariné à l'oseille : tout le monde s'est exclamé mais j'avoue ne pas avoir été subjugué par l'oseille. On dirait que j'ai tort tellement les autres sont conquis.

    1.JPG

    Sans doute avais-je trop la tête à mon pâté en croûte maison. Une croûte extraordinaire, un côté épicé envoûtant, un viande légère, des légumes d'exception... Pas besoin d'autres commentaires.

    IMG_2224.JPG
    IMG_2229.JPG

    Les coquins ont choisi un truc facile, hamburger au fois gras. Mais au lieu d'avoir une lamelle de foie gras dégueu posée sur le steak surgelé, ici on met le foie directement dans la viande et après on façonne les steaks. Tout le monde est emballé.

    2.JPG

    3.JPG

    Quant à moi, je me régale d'un plat extraordinaire, peut-être l'un de mes préférés : des pieds de porc panés. Tout est là : la purée et son jus de viande, le coeur de sucrine, un pané cramé, herbacé, viandard... Superbe.

    IMG_2234.JPG

    Côté dessert (6-8 euros) : crème au fruits rouges, faisselle béarnaise, guariguette à la faisselle, crème brûlée incroyablement fondante (au thym).

    IMG_2236.JPG
    IMG_2239.JPG
    IMG_2241.JPG
    IMG_2242.JPG

    Peu d'adresses remportent autant l'unanimité. Pour son dépucelage, Thomas est conquis.

  • La recette pour bien commencer le week-end

    Réunissez 5 amis autour de la table (même une table basse pourrie de chez Casto qui n'a jamais vu un arbre de sa vie). Apportez quelques flûtes et quelques verres Inao tout simples (on ne va pas trop se la raconter non plus). Deux burratas de la coopé italienne du coin, quelques cochonnailles et quelques desserts signé Conticini (amenés en vélib, donc un peu en purée). Et on envoie la cavalerie.

    Tarlant Zéro. Fin, beurré, brioché. Très, très belle bouteille à 25 euros prix caviste. Evidemment, la tablée connaissant mieux Drappier, elle a plus l'habitude de s'exciter sur les 100 % pinot noir (prix propriété) que sur les "un tiers/un tiers/un tiers" (les deux pinots et le chardonnay).

    P1190413.JPG

    La Bohème "équinoxe" de Marc Pesnot. Déjà bu l'autre jour, ce muscadet est vidé à une vitesse sidérante.

    P1190415.JPG

    La vedette de la soirée, sans contestation possible. Le gamay 2007 (classé en bourgogne-grand-ordinaire) du domaine Prieuré-Roch. Dénichée chez Vivant et emportée à la maison. Pour dire la vérité, j'aurais mieux fait de jouer à l'égoïste et de la garder pour moi mais d'un autre côté, les bouteilles comme ça faut les partager ! Le gamay pinote comme une star, on retrouve le côté fumé du Clos des Corvées 1999, en moins complexe. Quoique... Cette bouteille met une claque à beaucoup de volnays ou de pommards de supermarchés ou de mauvais cavistes. Même si ce n'est pas le même cépage que les villages célèbres, la Bourgogne est là et bien là.

    P1190416.JPG
    P1190417.JPG

    Belle bouteille aussi, découverte par Thomas. Jours de vigne du domaine de Cabazan en Côtes de Lastours. Par rapport au précédent, on aurait pu croire à un vin lourd, charpenté, vanillé : on est plutôt sur le fruit, sur une matière pas trop envahissante. Bien !

    P1190418.JPG

    Pour conclure, pour accompagner le dessert, voici un grand vin d'Alsace. Gewurztraminer Kaefferkopf Vendanges tardives 2003 de chez Binner. Autant le dire tout de suite, nous détestons d'habitude les VT. Et nous pesons nos mots : c'est lourd, sucré, pâteux, sucré, sans goût, sucré, on vomit tout le lendemain etc. Et c'est sucré aussi. Mais rien de tout ça ici. Comme le modère Thomas, on s'y attendait, on connait Binner, on sait que c'est bon. Hé ouais... Au nez et en bouche, c'est un vin de litchi bien tendu, pas trop sur le sucre. Car on a quoi ? Un millésime de canicule, un immense terroir de granite et grès carbonatés (aujourd'hui classé en Grand Cru), un vignoble avec de l'herbe et sans engrais, une vendange manuelle en octobre, des raisins confits par le soleil, une fermentation en foudres de chêne centenaires sans levure ni chaptalisation et enfin, très peu de filtration. C'est la recette d'une bonne VT.

    P1190420.JPG
  • Nouveau déjeuner chez Fulvio

    17 euros : entrée, pâtes et 1/4 de vin, ça se passe comme ça chez Fulvio. Bon, je l'ai trouvé un peu moins en forme que les autres jours bien que ces raviolis aux artichauts et tomates avaient de la gueule.

    IMG_2198.JPG

    C'est encore et toujours du côté des desserts qu'on s'explose le bide et le portefeuille (10 euros).

    IMG_2199.JPG

    Et enfin, nouvelle vidéo de la panna cotta. Pour bien faire comprendre à quoi doit ressembler la texture de cette crème cuite. Il nous l'avait dit, le tout est à base d'un gélifiant naturel. Lequel ?...

    Et trois derniers mots sur le vin : aucun intérêt malheureusement. En tout cas, pour celui qui est dans la formule : il sort d'immondes magnums que la vigne a pissés. Son seul avantage est d'être servi frais pour masquer le désastre. A la carte, il a un peu plus de gueule mais les prix s'envolent. Franchement, c'est plus que dommage.

  • Catherine Bernard, une leçon d'humilité

    Ah, retrouver le goût soyeux et puissant d'un pic-saint-loup... Derrière son étiquette Vin de Pays de l'Héraut, cette bouteille de Catherine Bernard me fait renouer avec les belles quilles de Christophe Peyrus que mon oncle m'a fait découvrir il y a quelques années. Je me rappelle à nouveau ô combien j'aimais les vins de cette petite montagne proche de Montpellier. Le vin de Catherine Bernard (2010) est joliment aguicheur, droit et coule bien.

    IMG_2183.JPG

    Le livre qui l'accompagne (aux merveilleuses éditions du Rouergue) est une leçon d'humilité. Partie d'un job de journaliste (hum, hum...), elle se mue en vigneronne sur une toute petite parcelle. Elle raconte tout de A à Z : les premiers pas dans les vignes, l'achat de matériel, la question du bio, les moqueries des voisins, les listes de courses pour nourrir les vendangeurs, les questions techniques liées à la vinification... Toutes les interrogations sont formulées sans ambage et dans le détail : utiliser des produits chimiques ? si oui, quelle dose ? quelle type de cuve utiliser ? Et là, je mets des levures ? Vinifier c'est faire des choix, quitte à se tromper. Voilà en tout cas une belle introduction au métier de vigneron qui casse les idées reçues : c'est une réponse aux urbains qui, sur leur nuage, pensent qu'ils vont quitter leur boulot, venir à la campagne pour faire du vin et se reposer. Non, le vin n'est pas simple et même pour ceux qui le font, il garde ses mystères.

    P1190412.JPG
  • Proche des yeux et proche du coeur

    Si je n'y vais pas souvent, c'est parce que j'attends les passionnés pour m'y accompagner (Omar, Mathilde...). Pourtant ce restaurant éthiopien à quelques centaines de mètres de chez moi est solide comme un roc. Il y a bien quelques années qu'il se pose là, on fait tourner la boutique en famille et ça dépote.

    Cap évidemment sur le menu Bäyyä Aynätu, c'est-à-dire la grande assiette (poulet, ragoût de boeuf, viande hachée, épinards, fromage frais, oeuf mariné...) que l'on râcle avec le pain local, injera. Très parfumé sans être trop épicé et j'ajoute qu'il ne faut pas avoir peur de manger avec les mains. Plus on est nombreux moins c'est cher (de 20 à 15 euros) et c'est très, très copieux.

    IMG_2188.JPG

    Avec ça, il ne faudrait pas prendre la bière St Georges (Kombolcha Brewery en Ethiopie ; blonde légère un peu rude) mais plutôt du vin : car on gonfle encore plus vite avec les bulles même si c'est bien plus marrant. Par contre, interdiction absolue de passer à côté du café, dont les grains sont torréfiés à la minute : c'est un des meilleurs cafés bus à Paris. Sans aucun doute.

    IMG_2197.JPG

    Ethiopia (ex Reine de Saba), 89 rue du Chemin Vert, 75011 Paris, 01 49 29 99 68 / 67.

  • La bouteille réconfortante du dimanche soir

    C'est l'une des premières bouteilles avec laquelle j'ai atterri dans le vin-avec-moins-de-soufre-que-d'habitude. A l'époque, ça coûtait quelques euros, aujourd'hui les prix s'envolent. Il suffit d'aller rencontrer Jo Landron chez lui dans le muscadet ou sur un salon de dégustation à Paris et on s'en tire à 9 euros. Amphibolite, ce sont les petites roches résiduels après que l'océan se soit barré : ça rend la chose assez minérale, parfois saline.

    IMG_2182.JPG

    C'est tout simple mais revigorant avant de débuter la semaine. Ce 2010 est moins pointu que sur d'autres millésimes où j'avais vraiment le souvenir de choses plus tranchantes. Là il est plus souple, à table il accompagne plus de plats.

  • En mai, le festival des canettes

    Paris est prise de dégustatite aigüe. C'est fou le nombre de cavistes, de restaurants ou d'espaces en tous genres qui organisent des dégustations en ce joli mois de mai.

    Samedi, l'énoooorme journée Loire chez Augé. C'est gratuit et tout le monde est là. Eva, la spécialiste de la Loire, donne le programme.

    Samedi toujours, vers Montparnasse, la cave Balthazar accueille les vins d'André Ostertag.

    Samedi encore, la cave des Babines près de République accueille quelques quilles des domaines Le Sang des Cailloux, Fondrèche, Fiefs vendéens et du vigneron Jean-Christophe Garnier.

    Samedi et dimanche, les Maîtresses de Chai de la cave Versant Vins dans le Marais. Bon là, c'est 10 euros l'entrée mais c'est très, très intéressant. Eva toujours...

    Dimanche, le restaurant Septime accueille Frédéric Cossard, Eric Pfifferling, Emmanuel Lassaigne et bien d'autres. Je n'ai pas vu de droit d'entrée mais on lit assez mal l'affiche.

    Samedi 28 mai, c'est PACA et Corse chez Augé à nouveau. Domaine Tempier et Château Sainte-Anne à Bandol, Jean-Christophe Comor (Terres Promises), Arena et Clos Canarelli en Corse... Entrée libre.

    Dimanche 29 mai, chez Quedubon, vivent les vins libres ! avec domaine Plageoles, Antoine Arena encore, Benoit Courault, Juilien Guillot, Le Picatier, Laurent Cazottes, de l'huile, du café... Plus d'info sur ce pdf.

    On dirait que Bossetti n'a pas remis son calendrier à jour : dommage, il y a souvent de belles choses. Et vu qu'aucune agence de communication intelligente (termes antinomiques) n'a eu l'idée de rassembler tout ça et d'envoyer des communiqués, on est obligé de consulter régulièrement tous les sites, ce qui fait qu'on en oublie et qu'on passe sans doute à côté de belles dégustations.

  • Jo Landron s'est lancé dans le sancerre rosé...

    Cette importante brasserie de Saint-Malo (assez peu avenante au demeurant) a dû un peu trop forcer sur le chouchen pour écrire un truc aussi incroyable sur sa carte : le vigneron Jo Landron qui officie dans le muscadet, se serait mis à faire du sancerre rosé pour le compte du domaine Vacheron... Faute de frappe ? Publicité mensongère ? Enorme info qui m'a échappé ?

    IMG_2178.JPG
  • Saint-Malo : Larnicol et ses "kouignettes"

    IMG_7637.JPG

    Dans cette célèbre chocolaterie, on fait un kouign-amann en mini, ce sont les "kouignettes". C'est bien beurré et ça se décline en divers parfums. Mais ce n'est pas aussi excitant que chez Grain de Vanille.

    IMG_7638.JPG

    IMG_7648.JPG

    Maison Larnicol, 6 Rue Saint-Vincent, 35 400 Saint-Malo. Et plein d'adresses dans l'ouest de la France.

  • Saint-Malo : Tanpopo et son bento breton

    IMG_7652.JPG

    Sur la petite place de la Poissonnerie, le repas de midi chez Tanpopo est limité à 10 couverts et plus précisément 10 bentos : "le menu du soir (38 euros) nous prend beaucoup de temps et on préfère se concentré là-dessus" précise le patron avant de jeter un oeil à sa femme (japonaise) qui oeuvre déjà. J'aime bien les restaurateurs qui refusent du monde quand il y a de la place. Buvons un petit coup de saké chaud Suishin (junmai) à 15 euros la petite carafe, pas donné.

    IMG_7713.JPG

    Arrive la bête.

    1.JPG

    Dans le sens des aiguilles d'une montre, en commençant par en bas à droite. Le saumon mariné aux navets nouveaux et huile de pistache.

    IMG_7716.JPG
    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas mangé de saumon aussi peu gras au resto, on devine à peine les nervures blanches. Ce qu'on remarque bien par contre, ce sont les oeufs de poissons volants qui surnagent : ça fond et ça croque. Je connais des milliers de traiteurs et des dizaines de milliers de clients qui devraient tirer des leçons d'un tel bout de poisson.
    IMG_7732.JPG

    De gauche à droite, seiche (super tendre) aux algues, omelette japonaise aux petits légumes et boulette de riz aux crevettes.

    IMG_7718.JPG

    Les beignets de poulets sur un fond de chou fleure la belle origine de la volaille. Les goûts ne sont pas assez présents, je me rappelle les parfums d'Azabu. Je gueule un peu, ça va, on est à Saint-Malo pas à Paris ni à Tokyo, et en plus, tout le monde n'a pas mangé le saumon qui est extra.

    IMG_7719.JPG

    Lamelles de boeuf aux pommes de terres nouvelles.

    IMG_7720.JPG

    Le condiment à base de feuille de moutarde est absolument incroyable, long en bouche comme un arbois 2000. Mais pas le même goût. Sorti d'on ne sait où, ce n'est pas notre couple de restaurateur qui le confectionne. A retrouver.

    IMG_7727.JPG

    Suit un bol de nouilles udon au tofu frit et gingembre. Rassurant ainsi que pêchu.

    IMG_7738.JPG

    En dessert, une petite chantilly aux fraises du coin surmontée (chez moi en tout cas) d'une meringue à la forme suggestive.

    IMG_7740.JPG

    L'intérêt de ce dessert réside dans son coeur de glace au Calpis (ou Calpico) maison. Au Japon, je buvais des litres de cette boisson à base de lait fermenté : version glace, ça glisse aussi très bien.

    IMG_7752.JPG

    Derrière ce bento plutôt copieux (20 euros), le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a du travail en cuisine et que les produits sont de très bonne facture.

    Tanpopo, 5 place Poissonnerie, 35 400 Saint-Malo, 02 99 40 87 53.

  • Saint-Malo : un bar-cave à vins naturels

    De ce que j'ai pu en voir de l'extérieur, on retrouve les copains : Ganevat, Axel Prüfer, domaine Viret... Je n'ai pas eu le temps de goûter à la cuisine mais je suppose qu'avec des boutanches comme ça c'est une adresse qui compte.

    IMG_7695.JPG

    Les Buveurs de Lune, 3 rue des Orbettes, Saint-Malo, 02 99 40 82 33.

  • Saint-Malo : La Duchesse Anne, le conservatoire de la sole meunière

    Voici un restaurant en voie de disparition. C'est le maître d'hôtel, des sanglots dans la voix, qui nous raconte toute l'affaire à la fin du repas. Il venait de l'expliquer à un habitué, nous avons prêté l'oreille puis avons demandé des détails. Les proprios veulent passer la main : le fils ne voulant pas reprendre l'affaire, il ne s'agirait pas de se vendre au plus offrant. "On ne voudrait pas d'une brasserie comme en face..." Le grand restaurant de Saint-Malo est donc à la recherche d'un "patron" pour faire tourner la boutique. Ce qui est sûr pour l'instant, c'est que le resto va finir la saison. Après, c'est l'inconnu.

    IMG_7560.JPG

    C'était donc le moment idoine pour aller faire un tour dans ce conservatoire de la cuisine française, sacrément orienté poissons. C'est terriblement classique, du costume du maître d'hôtel à la carte des vins : on n'est pas chez Vivant, on n'est pas chez Ze Kitchen Galerie, pas même chez Olivier Roellinger : ici pas de burrata, pas de yuzu, pas de Frédéric Cossard, pas d'Axel Prüfer...

    IMG_7524.JPG

    A la place : une raie au beurre blanc, un homard à l'armoricaine facturé au poids ou les vins de Hugel. Comme ce riesling 2005 cuvée Jubilée, la cuvée haut de gamme en sec (34 la demi bouteille sur table). A l'ouverture, il manque de pep's, d'acidité et surtout de fraîcheur. Une fois rafraichi, on est sur un bel objet mais habitué aux pinards qui partent dans tous les sens, je m'ennuie un peu. C'est classique, vraiment très classique.

    IMG_7527.JPG

    En entrée, une bisque d'étrilles impecc (12 euros).

    IMG_7531.JPG

    Commence le récital de la sole meunière.

    IMG_7538.JPG
    IMG_7543.JPG
    IMG_7544.JPG
    IMG_7545.JPG
    IMG_7546.JPG
    IMG_7547.JPG
    IMG_7549.JPG

    Je vois deux avantages au fait de lever les filets juste avant de servir : la bête tient bien à la cuisson et tous les parfums de la carcasse ont le temps de s'allier au beurre. Vous en connaissez beaucoup des restaurants qui servent encore la sole meunière ainsi ? Avec le cérémonial et la qualité du poisson, c'est sans doute un plat en voie de disparition, lui aussi. Sous la dent, c'est la classe.

    IMG_7551.JPG
    IMG_7553.JPG

    25 euros pour un plat d'anthologie, franchement on ne peut pas dire qu'ils abusent, surtout quand ça ne déraille pas sous la fourchette. Sole façon Duchesse Anne, des filets sous un lit de champignons. C'est exquis aussi.

    IMG_7555.JPG
    Je suis peu habitué à ces restaurants hors du temps, macaronnés, figés (dans ce cas-là, c'est un compliment). Souvent je les imagine un peu poussifs : ici, c'est un peu comme si une adresse prestigieuse faisait enfin bien à manger sans se la raconter.

    La Duchesse Anne5 place Guy Lachambre, Saint-Malo, 02 99 40 85 33.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu