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  • Ça parait bête...

    "Et une nourriture non pas 'spécial otages' mais 'spécial montagnes afghanes', donc pas grand-chose, et toujours la même chose. Ça parait bête, la nourriture, mais c’est vital. Et là, on ne pouvait pas s’accrocher à ça." Hervé Ghesquière, sur le tarmac de Villacoublay ce jeudi.


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  • Le vin 4x4 s'adapte à tous les terrains

    Selves. Voici le chenin de Nicolas Carmarans, l'ancien boss du Café de la Nouvelle Mairie, haut lieu du nature à Paris. Il ne reste pas beaucoup d'un tout petit poil minuscule de sucre résiduel (SR pour les intimes). Allez, à fond dnas le pléonasme. Rien ou presque : tout cela en fait le partenaire particulier des papilles du dimanche midi. On le boit sans soif à l'apéro, on le boit même sur un parmentier de maquereaux comme ce midi. Sa puissance au nez et en bouche est telle qu'elle s'accorde avec tout de l'entrée au poisson jusqu'au dessert. Bon malheureusement, je n'en avais qu'une. Et même un dernier verre sur la pizza du soir colle parfaitement. C'est dire...

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  • La soirée aux pinards introuvables

    Chez Olivier, tout commence par du blanc. Celui du Casot du Mailloles, le 2009 laissé à l'abandon toute une saison dans mon appart. Le "No Sulfites" a bien survécu : il est taquin même s'il manque un peu de peps. Dans les bons jours, c'est assurément le meilleur blanc du monde. Ne cherchez pas, cette bouteille n'existe pas (ou alors, prenez votre temps). Celle-là arriva directement de Banyuls l'année dernière.

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    La star de ce soir est une autre bouteille. Un ovni, objet vinicole non identifié. Après l'avoir repéré chez Jérôme Leroy, j'ai dû mener ma propre enquête. Je peux le révéler ce soir, la piste m'a mené au Vin au Vert, à Paris.

    Voici la cuvée Au Hasard et Souvent. Je vais essayer d'expliquer les choses clairement. Le vigneron n'est autre que Jean-Christophe Comor du domaine Les Terres Promises dans le Var. C'est le papa de l'Antidote, d'Analepse ou d'Apostrophe. Bref, un de mes vignerons fétiches. Au Hasard et souvent, c'est un magnum artisanal : le nom de la cuvée est écrit à la main.

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    C'est un objet rare, il n'en pousse que 400 magnums par an. Celui là porte le numéro 358. C'est quoi ? Du rouge. Du gros qui tache ? Non, pas vraiment. C'est comme si le Beaujolais s'était décalé de quelques centaines de kilomètres vers sud. Et pour cause : les plus vieux carignans du domaine travaillés en macération carbonique associés à des mourvèdres élevés de manière plus traditionnelle, dans un foudre de 18 hectolitres. Dit comme ça, ça ne ressemble à rien.

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    Il faut donc le boire pour le croire. C'est un jus exquis. Nous l'avons un peu assomé de fraîcheur à l'ouverture : il faisait si chaud dehors que nous voulions nous désaltérer. Mais au fur et à mesure de la soirée, il se stabilise et acquiert la gueule d'un vin surprenant. Un jus de fruit relevé. Une mâche incroyable, un vrai nectar qui coule rapidement : les termes sont un peu antinomiques, mais ça me fait penser à ça. Autour de la table, un invité s'écrit "quelle belle surprise !". C'est surtout un jus qui soude l'amitié : je ne sais plus qui disait ça des vins de Comor, mais je trouve la phrase fort à propos. C'est exactement le genre de vins que j'aime. De l'entrée au dessert, c'est un régal que l'on sert.

    Le nom de la cuvée est un hommage au journal de Sébastien Lapaque, publié chez Actes Sud l'année dernière. Le jour où on a bu ce vin, il faisait bien trop chaud, je le répète. On va vite le regoûter en scandant quelques phrases de Sébastien. A suivre donc.

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    En "dessert", cette cuvée inconnue des Foulards Rouges. Jean-François Nicq a sorti d'on-ne-sait-où ce 100 % grenache primeur à l'automne 2010 (j'imagine...). C'est désormais assagi même si on devine le côté rugueux derrière. Un style différent du précédent évidemment, mais je trouve que le côté groseille marche bien avec le dessert. C'est Franck Bayard qui m'a donné les infos sur cette cuvée complètement inconnue.

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    Blanc du Casot, Au Hasard et Souvent, 100 % grenache primeur des Foulards Rouges : une chose est sûre, on n'est pas allé les chercher chez Carrefour ni chez Leclerc.
  • Les coquins d'abord

    "Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique". David, alias Bicéphale Buveur nous a gratifié d'une de ses formules tranchantes. Mais en tant que demi-hôte, je me devais de faire le boulot du scribe et de narrer cette soirée par le miam et le glou.

    Nous partîmes 5-6 mais par un prompt renfort, nous nous vîmes une quinzaine en arrivant à la Cave de l'Insolite ce vendredi. C'est mon adresse mythique pour ceux qui n'auraient pas suivi, celle qui me fera venir les larmes aux yeux quand mes petits-enfants m'obligeront à leur en parler. Dans l'ordre alphabétique, sont présents : Antonin, David, Emilie, Eva, Franckie, Laurent, Maude, Olivier, Samia, Sébastien, Stéphanie. J'espère n'avoir oublié personne. Puis plein d'autres gens se sont greffés ; d'autres beaux garçons, d'autres jolies filles. Michel a préparé des terrines, des fricassés de coquillages, un porcelet de 7 heures avec des artichauts épineux et de superbes fromages (un salers à tomber). 

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    Question quilles, on a fait mentir le joli mot des provinciaux expliquant que si ça bouchonne à Paris, ailleurs ça débouchonne. A Paris aussi, ça débouchonne. Et en plus, on est venu (et on repart) en métro.

    Le savigny-les-beaune 2008 de Sarnin-Berrux. Bam ! On part fort. C'est à la fois emmerdant et pas du tout emmerdant de commencer la soirée avec la meilleure bouteille : on l'apprécie vraiment mais on aurait peut-être préféré finir là-dessus. Très légèrement oxydatif, ça n'a dérangé personne et certainement pas moi. C'est une très, très belle bouteille.

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    Autre belle découverte de la soirée, même si on descend quelques crans en-dessous question renommée de l'appellation. D'ailleurs ici pas d'appellation, c'est un Vin de France. La Lunotte, cuvée Trio (sauvignon, menu pineau) de Christophe Foucher dans le 41. Cette bouteille en a scotché plus d'un. J'ai entendu des exclamations : "Alors ça... C'est vraiment très bon !". Incisivif mais tout de même puissant.

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    Je n'y suis jamais vraiment arrivé avec les quilles de Jean-Paul Brun (Terres Dorées) : ce soir, c'est pareil. Trop tendu.

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    En guest, Olivier B. Il y a quelques moi, je trouvais que ça n'avait pas pris toute son aise dans la bouteille : ce soir, c'est rond et frais, presque gras, mais un beau gras. Là aussi, franchement une réussite. Autour de la table on applaudit, même ceux qui ne savent pas encore qui est Olivier B.

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    Ah oui, ça c'est le sous-verre d'Eva. J'ai une théorie là-dessus. On nous traite souvent de geeks du vin. Là, on voit pourtant la supériorité que l'on accorde au verre, toute sa prédominance. On s'en contrefout des téléphones smarts, en fait. Comme l'a suggéré le grand vigneron Raphaël sur un rézosocial a posteriori : heureusement qu'il n'était pas en mode vibreur.

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    A l'instar des conducteurs ne respectant pas le code de la route, on passe au rouge.

    Une très belle bouteille apportée par David, le Noir de Rouge de Boyat. Le gamay du Beaujolais nord ou de Bourgogne sud, au choix : c'est à Leynes, à côté de Mâcon. Fruit, fruit, fruit : ma devise. Peut-être ma bouteille de la soirée avec la Lunotte (Sarnin-Berrux, je savais déjà que c'était top).

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    La Lunotte en rouge. Plus rustique, plus chaude aussi lors de la température de service. A goûter à nouveau, il y a un gros potentiel.

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    Ajoutons là-dessus le magnum de morgon biotradition 2009 de Michel Guignier (Améthystes). Cuvée insolite de 400 quilles, élevage 14 mois en fût de chêne sur lie fine. J'avoue l'avoir trouvé un peu rêche (sans doute l'élevage) et j'avoue aussi que j'étais le seul dans ce cas : tout le monde a apprécié le côté fruité et la profondeur typique de ce cru. Pour ma part, Je devais être dans un mauvais jour question morgon ; et oui, ça arrive. A regoûter donc, car j'y crois à ce morgon.

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    On en était presque à goûter ça... Le pinard de la Légion étrangère. Que Michel connait bien, qu'Omar (absent ce jour-là) connait trop. Je me comprends. Mais de toute façon, Michel ne nous aurait jamais laissé y toucher. Collector.

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    C'est à ce moment-là, heureux hasard, que survient Philippe Maffre, vigneron de son état du côté de Gaillac. Je suis vraiment enchanté de le croiser ici car j'ai fêté mes 30 ans avec son rouge. J'ai dû lui répéter cet exploit une quinzaine de fois.

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    On ne va pas en rester là et cap sur son Bois-Moisset Rosé. Pas assez froid, il est tout de même présent, bien dans la course. Une très belle apreté, un côté revigorant après tous les liquides ingérés. J'en ai marre des rosés avec une pointe de sucre : ici, je n'ai pas ce souci. Je trouve que c'est un jus de grande classe.

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    Bon, je m'arrête là. J'ai dû oublier une ou deux bouteilles au passage. Pour le reste, pour l'ambiance, pour des renseignements plus précis sur la dégustation, pour la recette de la fricassée de palourdes, pour le sourire de Philippe Maffre, pour les pottins, pour savoir qui couche avec qui... vous n'aviez qu'à être là.

    Dernière chose. Bizarrement, les photos des quilles et de la bouffe sont nettes et celles des humains plutôt floues. Preuve qu'ils bougent beaucoup, qu'ils sont contents d'être là. J'ai vraiment l'impression que l'endroit leur a plu. Je cite encore David : "une cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne". C'est sûr que des adresses comme ça à Paris ne courent pas les rues. Et qu'en adviendra-t-il dans le futur ? On retient son souffle mais c'est un autre débat. Pour ce qui est des photos de nos tronches, elles se trouvent ici, sur le blog du Bicéphale Buveur. J'en ajoute juste une dernière, pour saluer le patron.

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    Le titre du post, c'est une mini référence à Brassens qui picole. Encore une bonne idée d'Antonin.
  • Vendredis du Vin n°37 : le gâteau au vin blanc

    Manger et boire... On est en terrain connu pour ces 37e Vendredis du Vin ! Merci à Nathalie Merceron, blogueuse sur Saveur Passion de nous avoir soufflé ce thème. Le manger, le boire : on va essayer d'associer les deux. Et quoi d'autre que mon gâteau favori pour le petit-déjeuner... D'ailleurs, ce matin encore, il trônait sur la table avant qu'Olive ne s'en saisisse pour rassasier ses collègues.

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    Un gâteau certes, une tronche de cake d'ailleurs. Oui mais dans un genre un peu particulier puisque lui-même associe le boire et le manger : c'est un gâteau au vin blanc. Pas de beurre, un peu d'huile, une belle masse de farine, de la levure, des oeufs, du sucre. Et 25 cl de vin blanc (la recette détaillée est ici). Quel vin blanc ? Plutôt sec parce qu'on ajoute beaucoup de sucre par la suite. Je serais assez porté vers le muscadet ou tout simplement des fonds de bouteilles, pour éviter de gaspiller ce qui reste après une soirée avec la bloglouglou. En tout cas, il faut suivre ce théorème de la cuisine au vin qui vaut pour les coqs au gevrey, les poulardes au jaune, les daubes, etc : ne jamais cuisiner avec un vin qu'on ne voudrait pas boire. Bien sûr, je ne vais pas faire mon gâteau au Saint-Romain Combe Bazin 2005 de Frédéric Cossard ; mais à l'inverse, je ne choisis pas un pinard de supermarché à deux balles (de toute façon, je n'en achète pas).

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    N'en déplaise à certains, aucune chance de finir bourré après avoir abusé de ce gâteau. Après 40 minutes au four à 180°C, il ne doit pas rester grand-chose des molécules d'alcool. Par contre, la cuisine se remplit d'un parfum d'antan assez sympathique. Comme il faut toujours citer ses sources et puisque je ne suis évidemment pas l'inventeur génial de cette recette, rendons hommage à Bruno Doucet, le chef de la Régalade à Paris. A chaque fois que ce nom me revient à l'esprit, je me dis qu'il faut vraiment que j'y retourne.

    Et avec ça on boit quoi ? Si on le mange le matin, ça sera du café. Mais si c'est pour le goûter ? Faut-il boire le même vin qui a servi à faire le gâteau ? Bof... Le ton sur ton, c'est souvent lasssant. Un moelleux ? Un vin doux ? Un liquoreux ? Non, je tenterais bien un vin de copain acide, pour contrebalancer le côté sucré (le ton sur ton, c'est souvent lassant - bis). Le gâteau est humide, grassouillet et un peu sucré. Prenons un muscadet là encore ! Sec, tranchant et minéral. La Bohème (cuvée Equinoxe, sans soufre) de Marc Pesnot par exemple, qui aurait très bien pu servir d'ingrédient pour le gâteau. Mais vu que ce "vin naturel sans intervention vulgaire" est difficile à trouver et très bon, on le boit !

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  • Soutenons le Japon avec la Cave de l'Insolite

    Les opérations de solidarité avec le Japon ne doivent pas s'arrêter. Dans une grosse semaine, c'est la Cave de l'Insolite qui apporte sa pierre à l'édifice. Le samedi 2 juillet, à partir de midi, sera servi un repas japonais accompagné de vins naturels, la spécialité de la maison, sélectionnés par Michel et Giuseppe. J'ai entendu parler de sushis, de makis et d'autres belles choses. Des petits tracts viennent tout juste d'être imprimés.

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    Le déjeuner est réalisé en partenariat avec l'association d'échanges culinaires franco-japonais Enrichir Paris. La recette de la journée sera reversée à Creative Action Links, une association d'artistes de Sendai qui fournit une aide directe aux victimes du séisme et du tsunami. Plus d'infos ici mais c'est en japonais. Pour tout contact, un petit mail. Sinon, rendez-vous directement à la Cave de l'Insolite, 30 rue de la Folie-Méricourt, 75 011 Paris, 01 53 36 08 33.

  • Des raviolis orange-cannelle chez Fulvio

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    Au hasard d'un déjeuner chez Fulvio, une incongruité dans l'assiette, goûtée avec Audrey et Nico : les raviolis orange-cannelle. C'est sucré-salé mais pas non plus très sucré. Le romarin amène son petit côté amer et la crème le doux. C'est déstabilisant mais c'est très bon... mais déstabilisant.

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  • Le Vin au Vert : encore une cave à manger ?

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    Rendez-vous ce midi avec Olivier dans une cave à manger ouverte depuis 2 ans et qui, il faut l'avouer, m'avait échappé. C'est en cherchant des renseignements sur la cuvée Au Hasard et Souvent de Jean-Christophe Comor (Les Terres Promises) que le nom est arrivé dans la conversation. "Vas-y, tu vas voir, c'est bien foutu." Ouais, encore une cave à manger de plus...

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    Sur place, il faut dire que la sélection de bouteilles est particulièrement excitante. Comor donc, domaine Léonine, Karim Vionnet, des magnums de Villemade, de beaux champagnes, whiskies... C'est une de mes théories (qui un jour sera battue en brèche) : quand on fait autant d'efforts sur le vin à disposition des clients, le resto en fait aussi forcément aussi sur la bouffe. La logique veut qu'on ne peut pas accompagner ces quilles de cochonneries sur la table. Quand on voit ces noms dans un endroit, on est sûr de bien manger. Théorème qui vaut ce qu'il vaut, jusqu'au jour où je tomberai sur un attrape-gogo.

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    On va tuer le suspense : Le Vin au Vert vérifie mon théorème. Olivier et moi avons passé un beau moment : un verre de l'Antidote à la main, le moment ne peut être que beau. Qui disait des vins de Comor qu'ils entretiennent l'amitié ? C'est en tout cas, l'Antidote "aux poisons quotidiens" comme précise l'étiquette (10 euros la bouteille, à emporter). Et dans l'assiette alors ? Je ne peux malheureusement pas citer le charcutier qui a exécuté ce morceau de bravoure qu'est la saucisse de campagne... Dommage, il aurait fallu lui rendre hommage. C'est bigrement bien foutu, artisanal, goûteux et beau. Oui, c'est beau. Cette couleur ocre qui se dandine sur la purée maison, je trouve ça digne d'une nature morte avec des pommes à la con. Belle saucisse, purée maison, quelques feuilles de salade : c'est avant tout très bon mais c'est surtout simple et c'est ça que l'on recherche. Pas d'éraflures d'épices sorties de pots de 5 kilos, pas de sauce nimportenaouak, pas de frou-frou sur l'assiette. J'ai commandé une saucisse-purée, j'ai une saucisse purée !

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    Pareil pour le fondant au chocolat maison. Pas de sauce anglaise, pas de chantilly, pas de boule de glace vanille qui vient tout casser. J'ai commandé un fondant, on m'apporte un fondant. Point. Certains vont peut-être gueuler de ne pas avoir leur traditionnelle fioriture, mais moi je préfère un produit seul et content d'être là à une assiette moyenne mais remplie à ras-bord. Et puis, il faut dire la vérité... Vous aimez vraiment le côté sirupeux de la crème anglaise, le régressif de la glace vanille ou l'industriel de la chantilly ? Si c'est fait maison d'accord, à la rigueur mais franchement, ça apporte quoi au fondant au chocolat ?

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    Alors Le Vin au Vert, une énième cave à manger ? Non, c'est bien plus intelligent que cela.

    Le Vin au vert, 70 rue de Dunkerque, 75009 Paris, 01 83 56 46 93.

  • Yo ! Yo !

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    Le domaine s'appelle Yoyo, mais on ne joue pas avec. La vigneronne s'appelle Laurence Manya et avec sa Tranchée, le grenache souple et gouleyant prend l'allure d'un beaujolais corsé. A Banyuls, Manu nous avait recommandé cette bouteille pour l'apéro. En suivant la voie tracée par le Casot des Mailloles, les quilles deviennent de plus en plus excitantes dans ce finistère.

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  • Le rouge naturel de Savoie, ça envoie

    La mondeuse 2009 de Jean-Yves Péron (18 euros à la Cave de l'Insolite). Ouvert un jour sans, mais la bouteille en a tout de même à revendre. Un beau fruit, une belle concentration et de beaux amers. Qu'est-ce que ça doit être dans un jour avec... A reboire.

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  • Une soirée avec la bloglouglou

    Quand on accueille chez soi Eva, Stéphanie, Antonin et Jacques, et tout en connaissant les pinards qui patientent au frais, on ne sert certainement pas des pâtes au beurre. Pour avoir les idées tranquilles le jour J, mieux vaut tout faire la veille. Et décortiquer les pois chiches pour le houmous. Et cuire la macreuse quatre heures durant dans la cocotte avant de la monter en parmentier.

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    Vu que la bouffe n'est que subsidiaire ce soir, concentrons-nous sur les bouteilles. Je ne livre ici que mon appréciation et mes souvenirs, forcément un peu flous pour ce qui est la fin de la soirée...

    * L'Opéra des Vins de Jean-Pierre Robinot (Vignes de l'Ange Vin) en apéro. On le répète, aucun lien avec Eva. Pineau d'aunis pétillant (un poil de chenin en sus, disent certains). C'est du 2010 mais chut! faut pas le dire. Sec, acide, pétillant, ça tranche. Une bien belle bouteille.

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    * Cairanne blanc 2009 de Marcel Richaud. C'était un peu la star de la soirée, celle qui nous a réunie autour de la table. Ce qui n'empêche pas la grosse déception, décidément je ne m'y fais pas aux blancs de Richaud. Lourd, alcooleux, peu vif, peu flatteur. Sentiment personnel : zut...

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    * Chemin de la Brune 2010 d'Eric Pfifferling (domaine de l'Anglore), mon vigneron fétiche. Un tavel qui n'en a pas le nom, un rosé de pressurage direct. Goûté il y a quelques semaines, il m'avait paru terne. Là ça y est, il a pris sa place dans la bouteille. Vif, piquant, très accessible. Très joli aussi.

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    * 100 % pur jus du domaine Viret. Pas trouvé des masses d'infos là-dessus : c'est pour Antonin que je l'ai dégotée celle-là, à la Cave de l'Insolite. Goûté il y a quelques jours, ça m'avait paru à tomber. Ce soir, ça tombe à plat. Un goût de sardine à l'huile, comme dit Laurent. Zut (bis)...

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    Antonin nous a fait un joli cadeau empoisonné en nous ramenant 2 bordeaux 2009. Les deux sont plutôt vanillés mais j'avoue que le Haut-Gay est clairement un niveau au-dessus du Beaulieu. Ce genre de vins n'est pas mon truc, je ne vais pas m'appesantir.

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    * Bon, le vrai cadeau pas empoisonné d'Antonin, il est là : Henri Milan cuvée sans soufre 2010, non collé, non filtré, tout le toutim. Depuis le temps que je l'attends... Et bien ? Rien, plat. Goûté à nouveau deux jours après l'ouverture, plat toujours. Mais qu'est-ce qu'il se passe ce soir, bordel ? Sans doute la preuve que ces vins sont vivants. Pourtant, je suis convaincu que c'est un très grand domaine avec de très belles quilles : je ne vais pas m'arrêter à ça.

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    * Gaillac Bois Moisset 2009 de Sylvie Ledran et Philippe Maffre. J'aime bien cette bouteille, étincelante certains soirs. Là, c'est bien plus calme. Plat.

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    * Jacques Berthomeau a ramené deux nouveaux vins de la caves d'Embre & Castelmaure. Il en a déjà parlé longuement : Faut pas rouler les mécaniques 2010 et Vavavoum, même année. Deux rouges, le goût des Corbières. Comme souvent chez Castelmaure, c'est bien fait pour pas cher, le tout avec une jolie étiquette. Mais ça ne laisse pas un souvenir impérissable ; de toute façon, ce n'est pas le but.

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    * Le Feu 2009 de Belluard. Ah enfin ! A mon avis, c'est LA bouteille de la soirée (via Stéphanie). Le cépage gringet en Savoie fait des merveilles quand c'est Belluard qui s'y colle. Même après tous ces rouges, c'est net et surtout très classe. J'en redemande.

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    * Voici maintenant l'énigme de la soirée. Le Morillon blanc 2008 de Jeff Carel, apporté par Jacques. Un chardonnay de l'Aude récolté botrytisé. Fort, pas énormément sucré... On est complètement désarçonné. Une puissance qui écrase tout, une vinifation qui ne semble rien laisser au hasard, un verre assez flatteur. Mais je ne saurais pas dire si ça me plait ou non. Le genre de bouteille assez rare qui change de l'ordinaire.

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    * C'était mon chouchou, avec le dessert. Hormis le fait que les sucres ont tous été bouffés, que la pression était telle qu'on en a mis la moitié à côté et que la bouche est incroyablement rustique (plutôt un compliment chez moi), faut bien dire qu'il n'en avait plus beaucoup dans la culotte mon poiré. Pas d'étiquette pour un jus qu'on se refile sous le manteau : c'est avec ce poiré et leur cidre que le domaine des Patrets, à Mahéru, au nord d'Alençon réalise un excellent calvados domfrontais. Un jus rafraichissant, mais avec les sucres grignotés, c'est forcément moins facile que prévu.

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    * Enfin, tentons à nouveau le Vin de Méditation du domaine de la Tour Vieille. Goûté à Collioure, j'en étais sorti assez déçu avec Hélène et Thomas allant dans mon sens. Avec la bloglouglou à qui, au début, je n'ai pas fait part de ma déception, nous arrivons à la même conclusion : c'est bon, et par rapport à d'autres banyuls c'est même très bon, mais absolument pas sensationnel.

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    Mais qu'est-ce qu'ils avaient les vins ce soir ? La météo était-elle trop chaude, le temps à l'orage ? Question biodynamie, nous sommes en "jour feuilles" : voilà, on est tout simplement dans un mauvais jour.

    Qu'on se rassure, tout n'a pas été bu. Sinon plus personne n'aurait retrouvé le chemin qui mène à ses pénates. Le reste de rouge va finir dans une daube et le reste de blanc dans un gâteau. Par contre, ce qu'on ne voit pas sur les photos, ce sont les digestifs courageusement testés par Antoninwhisky de Michel Couvreur vieilli en fût de vin jaune, rhum-gingembre maison ou encore pastis palestinien (arack sabat extra de Bethléem). Et soyons exhaustif en disant que me reste sur les bras une bouteille de Piège à Filles (Pascal Potaire du domaine des Capriades), apportée par Eva, qui sera bue bien vite.

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    Lien permanent Imprimer Catégories : Entre copains 6 commentaires
  • Qui a fumé la mozzarella ?

    Avec Omar, pour la fin de ses examens, nous avons poussé la porte de la Cave de l'Insolite pour un bon grignotage. On s'ouvre l'appétit avec la vivacité du chenin pétillant de Jean-Pierre Robinot (Fêtembulles). C'est droit, peu bullé, flamboyant. Il fait lourd, ça rafraîchit.

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    Giuseppe, le cuistot de Michel, nous sort de je-ne-sais-où une mozzarella entourée de speck. Jusque-là, on est en terrain connu...

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    Et puis quand on soulève le jambon fumé, on s'arrête quelques instants : qu'est-ce que c'est que ce truc ?... Une mozzarella fumée à la paille ! Elle ressemble trait pour trait à celle que nous connaissons mais sa peau est fumée, presque brûlée. Ce n'est pas non plus de la scamorza qui, elle, est séchée puis fumée. Non, c'est autre chose. Dans la bouche, la juxtaposition des goûts est surprenante, du fondant avec un peu de piquant rustique. C'est incroyablement bon, est-il besoin de le préciser ? Pour compléter le côté fumé, on aurait aussi pu penser à ouvrir un vieux pinot noir.

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    Allez, je suis sympa, je redonne l'adresse une énième fois : la Cave de l'Insolite30 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris, 01 53 36 08 33.

  • Al Raparou : la belle surprise d'Argelès

    On ne va pas jouer les snobs ni faire dans le délit de sale gueule... Oh puis si, tiens. Franchement de l'extérieur, Al Raparou, ça sentait le restaurant pourri, abandonné, kitsch, mal foutu, pas cher mais aussi pas bon.

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    Autant le dire tout de suite, on a eu tout faux. Sauf qu'effectivement, ce n'est pas cher : 38 euros à 3 pour bières et picorage. L'endroit est d'une gentillesse désarmante : le patron accueille les touristes de la même manière que les habitués, on croit rêver.

    Celui qui va se laver les mains avant de passer à table comprend que, dans l'assiette, la partie va devenir intéressante : la cuisine est au centre du restaurant, avec une immense plancha pour les spécialités locales. Chaque personne qui aperçoit la bête se fend d'un "dis donc, elle est pas mal leur cuisine..." Quand les commandes arrivent, on se dit qu'on a dégoté une belle adresse : les charcuteries ne semblent pas sortir d'une barquette plastifiée (certains morceaux ne sont pas découpés très droit), le patron nous fait goûter à un fromage de tête local et l'aïoli comme la mayonnaise n'ont pas une gueule de sauces en tubes. Preuve que l'endroit se défend très bien : le pain de campagne est superbe.

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    Sur les tranches de pain, du fromage "mescla" (ou mezcla) : un genre de manchego assez pâle à contours noirs et à base de chèvre, vache, brebis. Un délice.

    Al Raparou, 17 rue Alembert, 66 700 Argelès-sur-Mer, 04 68 81 22 46.

  • Cadaques : un resto choisi au hasard n'est pas forcément un mauvais resto

    Dans le paradis de Dali devenu le Saint-Trop' catalan, il faut se mettre au centre du village, face à la mer, au milieu de la zone touristique. Et regarder alentour. Autour de nous, que des restaurants bondés de touristes. Sur la droite, un petit bras de terre accueille quelques tables qui surplombent la mer. Mais si, regardez c'est tout à gauche sur la photo... Il suffit de quelques minutes pour y accéder. Là au moins, on sera un peu plus planqué.

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    C'est donc un restaurant choisi au hasard, pour sa situation. Parce qu'il n'est pas totalement dans la zone touristique et que le point de vue y est plus que sympathique. A bien y réfléchir, c'est sans doute la plus belle vue sur le centre de Cadaques.

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    La bière est, elle aussi, sympathique. Il s'avère que ce petit restaurant fait attention à ce qu'il sert. Les fromages viennent de Gérone toute proche. Un chèvre frais, un genre de bleu bien fermenté...

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    Des petites boulettes de poulpes revenues dans une sauce à la viande.

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    Des anchois très marinés (moins frais que chez Manu, à Banyuls) mais ça goûte bien.

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    Enfin, un carpaccio de veau (bio) à se damner. Décidément, on est plutôt loin du "spot touristique" tout en étant dans une zone bondée. Ce n'est pas l'extase gastronomique mais ce n'est certainement pas un attrape-gogos. Ce qui prouve que, dans le coin, on n'a pas besoin de s'appeler El Bulli pour faire de bons tapas.

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    Es Cau, 16 Riba Pitxot, 691 321 238 / 654 037 707.

  • Collioure : les vins du domaine de la Tour Vieille

    Le domaine de la Tour Vieille nous a été chaudement recommandé par plusieurs personnes. Arrivés à Collioure, on passe boire un petit coup de blanc sec, les Canadells (grenache gris, grenache blanc, macabeu et vermentino, puis faibles rendements et élevage long). Dur mais, ma foi, bien sympathique.

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    Les éloges portaient plutôt sur le Vin de Méditation, un banyuls (VDN, vin doux naturel) réalisé en solera. Chaque année depuis 1952, on ajoute le nouveau millésime au précédent : le vieux vin éduque le plus jeune. Un véritable phénomène culturel. On nous avait sorti les plus grands qualificatifs : "vin fabuleux", "vin anti suicide"... Nous avons monté quelques marches pour prendre un peu de hauteur et surplomber la petite ville.

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    On débouche la bouteille et là, grosse déception. Oui, c'est bon, très bon mais on est loin d'être subjugué. Le sucre est fondu pour laisser place à une grande finesse, on est heureux d'être là, le vin aussi. Mais on n'est loin d'être subjugué. Hélène, Thomas et moi sommes d'accord.

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    On redescend. Peut-être qu'au niveau de la mer ça sera mieux. Surtout ça nous permettra de mieux voir la couleur du nectar, un joli tabac très classe. Ah, c'est très beau dans le verre. Bon, il y a une forte lumière jaune, faut dire. A la lumière naturelle, c'est plutôt un rouge ocre nuancé. Dans tous les cas, on est bien, on boit un très bon vin. Mais toujours pas subjugué.

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    Bouchée puis réouverte et finie à Paris avec des fous de vins. Oui, on est en toujours à dire que c'est bon, très bon. Mais qu'on n'est pas dans le vin "anti suicide". Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Peut-être n'avons nous pas les clés pour l'apprécier à sa juste valeur : mais là, nous sommes 8 à l'avoir goûté... (50 euros les 50 cl, prix domaine).

  • Collioure : une bière catalane face à la mer

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    Au pied de notre hôtel, Le Triton, attablez-vous au bar de la plage, le Saint-Elme. L'occasion de goûter une bière catalane, Cap d'Ona. Il y a la blanche mais surtout, la sidérante Especiale (4 euros les 33 cl en terrasse).

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    La brasserie Cap d'Ona est dirigée par Gregor Engler dont la famille, originaire de Moselle (comme moi), a ouvert sa première brasserie en 1838. Gregor l'a transposée à Argelès en 1998. Aux bières typiques (au miel de romarin, au muscat de Rivesaltes, au romarin) succèdent les pures malts bios ou les bières de saison. Nous avons mis le cap sur une spécialité donc, la Especiale, une blonde devenue quelque peu ambrée à cause de l'ajout de vin de Banyuls à 17°. C'est absolument délicieux, rafraîchissant grâce à de très beaux amers sans sucre. Thomas et moi en avons fait la découverte de notre séjour.

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  • Banyuls : Manu, fidèle au poste

    Cette petite escapade à Collioure et Banyuls permet de vérifier que les bonnes adresses sont toujours bien dans leurs baskets. Ainsi El Xadic del Mar tenu comme l'an dernier par Manu Desclaux, un ex du Verre Volé à Paris. Non seulement ses assiettes sont appétissantes mais surtout, elles sont terriblement bonnes.

    Compression de poulpe à la manière d'un saucission (origine Sardaigne). Hélène sera d'accord avec moi, c'est le plat du week-end. Fraîcheur, assaisonnement, iode, texture fondante : tout est dit.

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    Quelques anchois marinés ou crus.

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    Une planche de charcuterie et de fromages du coin. Ah tiens, un peu de lard de Colonnata aussi.

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    Mozzarella aux figues de vigne encore un peu vertes.

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    Pour accompagner les victuailles, direction le Casot des Mailloles. Faute de voir Ghislaine et Alain en chair et en os, on va les rencontrer en liquide. El Nino 2010, leur vin de raisin griottes (22 euros). Il s'ouvre très rapidement, les tannins fondent pour laisser place à un jus vif. Au fur et à mesure, la bouteille continue à se révêler. C'est pur, fringant, complexe. Un jouet pour adultes.

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    Ce n'est pas parce qu'on est rassasié qu'il ne faut pas commander de dessert.

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    Ouh là, mais on ne voit rien ! C'est quoi ça ?

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    C'est une série de petits suisses bretons, distribués par Jean-Yves Bordier. Bien blancs, crémeux, rassurants. Dans le petit pot vert, c'est une confiture liquide (ou un sirop) à la rose produite à Banyuls. C'est absolument divin, comme un morceau de ciel qui te tomberait sur la tête. Et oui, il y avait un verre de rouge sur la photo d'avant... C'est un banyuls cette fois, le fameux vin "sucré", le fameux vin "cuit" (qui n'a jamais vu une casserole ni un four de sa vie). C'est un vin qui transperce : droit comme un i, alcooleux juste sur les bords, le sucre n'est que résiduel. C'est admirable de précision pour les gens qui, comme moi, ne courent pas après le sucre dans le vin. Cuvée Pineil 2008 du domaine de la Casa Blanca à Banyuls.

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    El Xadic Del Mar, 11 avenue du Puig del Mas, 66 650 Banyuls, 04 68 88 89 20.

  • Banyuls : le Casot des Mailloles, artisans vignerons

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    Ghislaine Magnier et Alain Castex sont partis en week-end, la porte est close. Dommage pour Thomas et Hélène qui n'auront pas la chance, à l'inverse de ma pomme l'année dernière, de rencontrer ces véritables stars.

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  • Collioure : sur la plage abandonnée

    A partir de 23 heures, il suffit de dépasser un restaurant haut perché, Le Neptune, et d'aller se planquer dans une petite crique. Il n'y a plus personne, il fait nuit noire. Héléne a fait les yeux doux à Cocoliberis pour qu'ils nous prêtent un seau avec des glaçons. Laissons quelques minutes au Quattuor de Drappier (quatre cépages blancs dont trois oubliés) pour se refroidir et on embraye.

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    Jamais cette bouteille ne nous a fait tant d'effet. Face à nous, Collioure a entendu des refrains d'Adamo expliquant que la neige qui tombe est synonyme de tragédie ou des couplets d'Eddy Mitchell vantant les grandes prairies. Ne comprenant pas le sens caché des choses, quelques voisins ont gueulé.

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  • Collioure : la seule faute du 5ème Péché, servir le vin trop froid

    Le hasard fait bien les choses. Quelques jours avant de dîner au 5ème Péché, à Collioure, je discutais avec un vigneron qui pestait contre le fait que ce restaurant servait le vin bien trop froid. Il menaçait même d'en retirer ses vins : j'étais donc prévenu. Le gros problème avec le vin naturel, c'est qu'il faut le conserver bien au frais. Quand on n'a pas de cave, direction le réfrigérateur. Forcément, blanc comme rouge se retrouvent glacés. A la maison ça passe, au resto c'est bien embêtant. Impossible de prendre tout de suite la mesure d'un vin. De plus, ce soir-là nous ne savions pas tout à fait ce que nous allions boire : nous avons d'abord commandé le rouge, puis rétropédalage : pourquoi pas un coup de blanc avant ? Tant mieux : ainsi, le rouge sera à bonne température. Enfin, on le croyait...

    Côté blanc, comme l'année dernière, le Coume Marie de la Préceptorie de Centernach. 2010, un millésime de plus que l'an passé. Jolis grenaches blancs, totalement annihiliés par la température de service. Même l'étiquette en a pris un coup...

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    Pour l'accompagner, le menu du chef à 34 euros très orienté poissons. On ne peut pas lui en vouloir. Tataki de thon à la betterave et aux oeufs de saumon : un peu surchargé, ça n'en est pas moins délicieux.

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    Tentons le rouge avec le poisson. Et alors ? On a envie de rouge ce soir. En tapant dans les vins naturels, on est sûr de ne pas avoir quelque chose de trop lourd. Direction la Pascole 2009 de Bruno Duchêne (40 euros). Bien souple, bien coulant, mais là encore même réchauffé, le vin semble avoir les jambes engourdis.

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    Côté plat, un cabillaud dans sa sauce japonaise. Hum, ok, la photo est floue. Et le cabillaud ? Mouais... Mais par contre, nous tombons de la chaise en goûtant cette sauce brune. Quelle vivacité, quelle fulgurance, c'est extraordinaire. On tente de décoder : ça sent le homard, le gingembre et la citronnelle. De suite, nous alpaguons la serveuse et la pressons de questions. "Oui, c'est exactement ça !" Nous avons le tiercé dans l'ordre. Le cabillaud est presque superflu : en soupe, ç'aurait été presque plus percutant !

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    Enfin en dessert, une nouvelle fois, une grosse claque : la crème catalane aux artichauts. Evident, quel bel adjectif que ce mot "évident" pour un plat que personne n'attendait... L'artichaut se cache en dessous de la crème.

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    Le 5e PéchéMasashi Iijima, 18 Rue de la Fraternité, 66 190 Collioure, 04 68 98 09 76.

  • Collioure : Cocoliberis toujours bien présent

    Tout comme l'année dernière, Cocoliberis se distingue par la fraîcheur de ses poissons. Pêche fraiche, locale ou plus éloignée : on s'en régale. Bonite et limande. Un peu trop de choses, trop d'artifices sur l'assiette : le bon poisson se suffit à lui seul, arrêtez d'encombrer nos estomacs.

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    Et avant cela, nous avons picoré quelques anchois et boquerones (anchois cuits dans le vinaigre) qui avaient une sacrée belle gueule.

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    Côté vin, là par contre ça pêche, mais dans l'autre sens du terme. Le domaine Picquemal, cuvée Terres Grillées, ne laisse pas un souvenir impérissable.

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    Face à la mer et à tout Collioure, c'est une de mes adresses fétiches.

    Cocoliberis, 20 rue Jean Bart, 66190 Collioure, 04 68 54 63 15.

  • Le morgon de Michel Guignier (1)

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    Grâce à Antonin, on s'est procuré à prix propriété un peu de morgon 2010 (cuvée "à l'ancienne") de chez Michel Guignier (les Améthystes). Ouvert un midi, il est un peu rêche. Le soir, le fruit s'est ouvert et ça coule bien. Je mise beaucoup sur les magnums de 2009... A suivre.

  • En attendant Collioure

    Départ ce soir pour Collioure. C'est marrant combien ce bled suscite l'enthousiasme chez toute personne avec qui j'en parle. Bon, rien qu'à voir le programme, on comprend pourquoi... Miam-miam au 5ème Péché, sur la terrasse d'un joli resto de poissons ou au Xadic Del Mar à Banyuls, coucou au domaine de la Tour Vieille, au Traginer ou au Casot des Mailloles, quelques anchois, un coup de vinaigre, une bière sur la plage, une bouteille secrète dans mes bagages... Et si quelqu'un a d'autres adresses, je suis preneur.

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  • Le whisky made in Ecosse-Jura-Bourgogne

    Avec Stéphanie, nous venons d'échanger pas mal de mails sur le whisky japonais Nikka. Sa dégustation d'hier soir m'a grandement fait saliver et m'a rappelé que question whisky ma cave était vide depuis quelques semaines. Seulement voilà, celui sur lequel je lorgne depuis plusieurs semaines est en rupture chez les cavistes. Ce n'est pas du Nikka cette fois, rien à voir, même s'il me faudrait crier mon amour pour le Yoichi 10 ans (oui, pas très original). Non, c'est le clerach single malt (distillat brut du whisky) de Michel Couvreur élevé 3 ans en fût de vin jaune. L'idée de Michel Couvreur c'est que l'origine du whisky compte très peu dans le résultat final, l'important c'est le vieillissement. Donc ici on est en présence d'un truc de malade, à cheval entre l'Ecosse (pour la distillation), le Jura (pour les fûts de vin jaune) et la Bourgogne (Bouze-les-Beaune) où a eu lieu le vieillissement dans ces fûts.

    J'avais une dernière chance d'en trouver : il a suffi de quelques stations de métro (merci Paris) et me voilà aux Caves du Roy. Joli endroit au-dessus de Barbès, avec de belles quilles et tenu par un homme qui m'a l'air de bien connaître le produit. "Ah tiens, ça tombe bien, j'ai eu Michel Couvreur au téléphone hier, il m'a dit qu'il allait embouteiller fin juin. Ah vous en voulez tout de suite ? Ah ben il ne me reste que du 50 cl et avec boîte en bois..." Tant pis je ne suis pas très caisse en bois et tant mieux j'en ai trouvé ! On dirait un peu cadeau pour la fête des pères sauf que c'est pour moi et que je n'ai pas d'enfant.

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    On ne va pas lancer le débat mais ce côté non filtré me plait bien... Qui a dit whisky naturel ? Bref, maintenant c'est bien au chaud à la maison. Et on va bientôt voir ce que ça dit.
  • Le dimanche, c'est PF

    Dimanche, c'est souvent poulet-frites. Pourquoi ça ne deviendrait pas le jour du pouilly-fuissé ? Et ok, on vire le poulet-frites. Le lundi peut arriver, on l'attend, on a moins les boules. Celui du domaine des Côtes de la Molière est particulièrement vivifiant. Nature, ça gazouille à l'ouverture mais après quelques minutes, c'est évaporé. Droit, franc, le pouilly est toujours un peu aristo pour moi, mais là il se détend du string. Un vin fin et un de mes terroirs préférés.

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  • Un bar à vin plutôt intéressant à côté de chez DSK

    J'ai compté sur Google Map, il y a 127 mètres de distance entre le 153 Franklin Street et le 211 West Broadway. De la résidence de DSK au bar à vins Vino Vino, deux minutes de marche suffisent. Vu qu'il va y avoir du monde aujourd'hui encore dans ce quartier (presse, curieux, touristes français...), c'est peut-être l'occasion de déguster certains vins pas forcément très répandus en France (à moins d'avoir un bon caviste sous la main).

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    Question bouffe ou ambiance, je ne m'avancerais pas car je n'y ai jamais mis les pieds chez Vino Vino. Mais sur la carte, on trouve des choses bien intéressantes : le champagne Blanc de blancs 1er Cru de Larmandier-Bernier, le grolleau 2009 des Copains d’Abord (domaine des Sablonnettes), le duras 2006 de Robert Plageoles à Gaillac et last but not least le très bon vin du Mas au Schiste, à Saint-Chinian (Jean-Marie Rimbert, ici version 2006). Il n'y a pas de prix mentionné pour les bouteilles mais bon, on est à TriBeca...
    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Je me suis fait Viret

    Après le déjeuner et l'apéro à la Cave de l'Insolite (15 euros mais il n'y en a plus), je rapporte à la maison un 100 % Pur Jus du domaine Viret. C'est la petite cuvée de ce domaine connu travailler en cosmoculture. Encore un peu flou pour moi, une biodynamie reposant pas mal sur l'eau... Mais dans la bouteille, c'est du jus, du raisin, ça tire sur un beaujolais bien relevé. J'ai trouvé ça bien excitant même sur une pizza.

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    Pas beaucoup d'infos sur le site internet du domaine. On parle simplement d'un "vin d'échanges" : "le principe est simple. Nous mettons en place dès la vendange une cuvée, nous sélectionnons une parcelle en fonction du vin à élaborer, les vendanges sont réalisées ensemble, toujours suivie d'un bon repas et pour la vinification c'est la responsabilité de Philippe Viret. Ensuite l'embouteillage et la création de l'étiquette sont toujours l'initiative de nos amis oenophiles." Certes, certes... Mais dans le détail, c'est assez peu clair.

  • Quand le vin n'a rien à cacher

    Suite de mon samedi 100 % Cave de l'Insolite, avec Giuseppe qui m'a vu franchir la porte au moins trois fois aujourd'hui. Pour l'apéro, avec Manu et Laurent passés en coup de vent, deux superbes quilles. Tout d'abord le rosé pétillant de Jean-Pierre Robinot (L'Opéra des Vins - les Années Folles). Droit, sec, plein de pineau d'aunis et une goutte de chenin - à l'aveugle et une fois le mystère levé, ça met en déroute des pétillants à 30 ou 40 euros la bouteille. Suivez mon regard... Une très, très belle bouteille, parfaite pour l'été.

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    Puis c'est moi qui ai apporté ce vin à mon caviste. Et oui, à l'Insolite, ça marche dans tous les sens. Côte de Poquelin 2010 du domaine des Côtes de la Molière (Isabelle et Bruno Perraud). Dégotée chez un autre très bon caviste, le Paradis de Benjamin. Voici un gamay au rendement de folie : 18 hectos à l'hectare et je passe sur toutes les mentions liées à la vinification. Un des clients prend la bouteille, lit toute l'étiquette et me dit que c'est bien, voilà un vigneron qui dit tout, joue la transparence. Je lui réponds tout simplement : "oui, ici il n'y a rien à cacher". On est sur un jus de fruit 100 % nature. Forcément au nez, l'odeur de réduction caractéristique : quelques tours dans le verre et ça disparait. En bouche, on a un jus léger (11°), un vin qui coulerait bien après la sieste, sur des charcuteries et même sur un dessert. Le gros souci de ce soir, c'est qu'il n'y a que 75 centilitres et à 5 autour du bar, quelques minutes suffisent pour nous laisser orphelins.

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  • Un nouveau repas insolite

    Quand le temps est lourd, tout devrait commencer par une bière. Samedi midi, avec deux Olive et Mama, l'acidité de la Cantillon Gueuze 100 % Lambic Bio rafraichit la tablée installée au calme, à la Cave de l'Insolite. Souvent considérée comme la Romanée-Conti des bières belges, elle ne ressemble à rien sinon à l'amorce d'un simple mais beau repas.

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    Oh, c'est tout simple, il suffit de bons produits. Tomates-mozza, speck ou poire de boeuf snackée et des petits légumes.

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    Et sur l'assiette un coulommiers terrible, l'un des derniers (sinon le dernier) à être fermier et au lait cru. Dévastateur de finesse : comme tous les grands fromages, son nez peut rebuter mais en bouche, c'est simplement la grande classe. Il faut vraiment que je retrouve son pedigree.

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    Et avec ça on boit quoi ? Il fait si chaud qu'on va tabler sur un truc frais, un rosé. Mais oui, c'est la saison, faut pas avoir peur du rosé. Il suffit de bien le choisir. Et c'est assez facile car il y en a relativement peu de buvables. Ici, le Osez Osez Rosé Fine 2010 de Cyril Alonso (P-U-R), le vinificateur itinérant. Attention, c'est du lourd : ça se passe à Cairanne avec quatre cépages (mourvèdre, carignan, cinsault, grenache) et des vignes de 45 ans. Unanimité autour de la table où on entend d'ailleurs plusieurs fois "dis donc, c'est bon ça !". Un rosé pointu et droit, qui coule dans l'estomac. Même pas besoin d'aller faire la sieste, c'est dire.

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    MàJ : Jacques Berthomeau s'intéresse ici au QR imprimé sur la bouteille.

  • Sans nom

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    Avec Vivant situé pas très loin, l'adresse de ce premier semestre, c'est sans aucun doute Nanashi (traduction française : "sans nom"). A la tête de cette cantine, une chef japonaise passée par Rose Bakery : Kaori Endo. J'ai l'impression de la connaître un peu même si je ne la connais pas personnellement, tant avec Franckie nous écumons ses livres de cuisine. Et à lire ces lignes, Franckie doit être jaloux.

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    Tout est calme à Paris en ce jour quasi férié. La grande salle se remplit discrètement.

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    Test fondamental, le pain arrive : il a une bonne gueule. Le reste devrait suivre. A boire ? Vous avez quoi au verre ? Plus de Petite Gâterie des Griottes ? Ah ben, mettez-moi Trinch des Breton.

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    Onigiri, pour patienter. Superbe bouchée marine, iodée et sésamée (ça se dit ?). 3 euros, miam-miam.

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    Le bento poisson du jour (13 euros) : espadon cuit à la perfection (chaud, vraiment cuit mais pas dur ni sec), pois chiche et riz rouge avec quelques morceaux de fond d'artichauts. A côté, carottes, champignons, verdure, olive... Sans oublier de très bons concombres : c'est la saison... En face de moi, le bento boeuf. Un repas très équilibré et en définitive, assez copieux.

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    Malgré tout, on fait une place au dessert. Et là clairement on a trop mangé. Tant pis, car voici le meilleur cheesecake goûté à Paris, sans hésitation. Mieux que le bon Glou, mieux que le trop célébré Schwartz, mieux que partout ailleurs. Fondant, vanillé, doux : les puristes pourraient objecter que manque un peu l'aigreur de la crème. C'est sans doute la vanille qui vient arrondir les angles.

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    Et enfin, le cake matcha-chocolat blanc-framboises. C'est pas compliqué, la recette je la connais par coeur car elle figure dans un des livres de Kaori Endo. J'ai déjà dû l'exécuter chez moi une dizaine de fois. Je suis heureux de voir que ma version se rapproche de celle du restaurant.

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    Nanashi, 31 rue de Paradis, 75 010 Paris, 01 40 22 05 55. Et une autre adresse rue Charlot. Avec des heures d'ouverture sympas, quand on est en plein après-midi à la recherche d'un salon de thé ou d'une part de cheesecake.

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