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  • Vendredi du Vin n°39 : le vin qui aimait les femmes

    Le vin qui aimait les femmes... Le thème lancé par Jacques me fait de suite réfléchir à un beau repas à préparer amoureusement pour deux personnes. Question plat, peu de réflexion : un risotto aux truffes. Si ce n'est pas la saison de ce champignon, l'assiette vaut surtout par un superbe riz, le carnaroli de chez Acquerello, affiné un an. Ferme, délicat et incroyablement léger : aucune sensation de trop plein, même avec 100 grammes par tête.

    Pour fleurir la soirée, et c'est là que réside l'intérêt de ce Vendredi du Vin, il faut un vin qui va la séduire. Pour le choix du domaine, ce n'est pas trop compliqué. Par contre, il faut choisir une cuvée qui accroche, quelque chose de pas courant. Rustique et envoûtant, le Soula 2001 du Casot des Mailloles d'Alain Castex et Ghislaine Magnier. Trouvé chez Franck. Bien sûr, c'est plus accessible après 2 heures de carafe. Avec cette note caractéristique de griotte liée au grenache, le fruit à peine émoussé par les 10 ans d'âge. C'est incroyablement digeste et pur pour 14,8°. Fort, avec de la matière, mais pas lourd : un véritable nuage. C'est tout à fait son type de vin.

    Si facile à boire qu'il n'aurait pas dépareillé avec un dessert aux fruits rouges. Le lendemain midi, après 20 heures de carafe, il restait deux verres d'un très grand vin.
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    Je finirai en citant Antonin : "Le Casot quand y en a plus, y en a plus. Et on se dit merde... Y en a plus !"

  • Le supplément vin de L'Aberration

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    Il y a quelques jours, je gueulais contre Libération coupable à mes yeux de s'être vendu à la RVF pour faire son supplément vin se voulant dans l'air du temps. Raisin sur le gâteau, il est intitulé "le vin grandeur nature". Donc, on se dit que ça cause de vin naturel, ça tombe bien c'est tendance, c'est "bobo" parait-il. Alors bien sûr, la RVF évolue grâce à Sylvie Augereau mais l'alliance RVF-Libé continue à me faire sourire.

    J'ai mis un peu de temps à commencer à le feuilleter. Il faut dire qu'il y a de belles choses (Sylvie Augereau explique bien les différences entre bio/biody/naturels, des articles sur le domaine Lapierre, Zind-Humbrecht, Elodie Balme, sur Jeanne la caviste de Versant Vins...) ou des trucs déjà plus attendus (oui, certains grands bordeaux aussi sont en bio et encore un papier sur Chapoutier). Bef pour les néophytes de belles choses, pour les amateurs rien de très neuf.

    A côté de cela, on signale les dates des foires aux vins de la grande distribution. Mais pourquoi une telle différence entre le vin vanté dans les articles et ceux de la GD ? On avait presque oublié que ce supplément arrivait pile au moment des foires aux vins. Et ça ne loupe pas : la RVF y va de ses bons conseils. Au moins, ça change un peu ; on ne classe plus les vins par enseigne mais par région. Tout de même, c'est un peu fourre-tout. Sans compter les pages de pub pour les interprofessionnelles, puisqu'il faut bien vivre.

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    Et juste en face, je vois quoi ? Du morgon dans les veines cité dans la partie "les sites d'informations et les blogs". Ici même, Camilo m'en avait parlé. Bon, voilà j'ai pas l'air con : gueuler dessus et être cité dedans. Evidemment, c'est plutôt sympathique. Merci Libé-RVF. Ce qui me flatte vraiment, c'est d'être là en très bonne compagnie. A côté d'autres blogs bien sympathiques (dont celui de Jean-Charles Huon), de Sébastien Lapaque pour son livre sur Marcel Lapierre, ou de Jacques Néauport pour un superbe Petit traité de dégustation (dont on reparlera plus tard). 

    Mais cela ne me rend pas aveugle : il manque une nouvelle fois Olif dans cette revue de blogs. Je ne veux pas être le censeur de service, je ne veux pas être celui qui dit qu'il manque tel ou tel, ou que tel ou tel n'y a pas sa place. Mais franchement, dans un supplément axé sur le vin naturel, faire une revue de blogs  sans Olif, c'est comme faire du vin sans raisin... Que le Bettane et Desseauve ne le cite pas, tout le monde comprend. Mais qu'il ne soit pas ici, je ne le comprends pas.

    Dans sa revue de presse, Coluche s'intéressait à France-Soir (le fameux journal "à grand tirage, parfait pour allumer le feu") mais citait aussi les articles du "Bigarreau" et de "L'Aberration" : la critique n'a pas vieilli.

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    P.S. : Sur la critique de l'édito de DemorandJacques a déjà tout dit.

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  • Le Zerda, le meilleur couscous de Paris ?

    Présenté par la presse parisienne du miam-miam comme l'adresse incontournable du couscous à Paris, le Zerda répond présent. Semoule fine, bouillon bien sympathique, viande assurément moelleuse et très parfumée. On y a très bien mangé : interdit de faire la fine bouche, on est obligé de faire les fines gueules. Le tout accompagné d'une bière marocaine un peu amère, la Casablanca, qui vole un peu les codes du film mythique.

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    Est-ce vaiment le meilleur couscous de Paris ? Je n'en sais rien. Et les journalistes qui l'ont écrit, qu'en savent-il ? Il nous aurait fallu tous les goûter (ceux des rades, ceux des brasseries, ceux des restos spécialisés) à un instant t puis comparer, puis donner des notes, puis faire des classements... A la rigueur, je veux bien me rappeler de quelques couscous mangés à Paris ; alors là, oui, c'est le meilleur. Mais le meilleur de ceux que j'ai mangés et selon mes souvenirs. 

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    Ce qui est sûr, c'est que le couscous, un des plats préférés des Français, est plus que malmené à Paris. Il y a quelques années, on se pressait Chez Omar rue de Bretagne, pour "le meilleur couscous de Paris". Hormis des merguez d'exception, on avait été fichtrement déçu. Moralité : arrêtons de faire des classements, ce n'est pas ça la cuisine. L'assiette dépend avant tout du professionnalisme et de l'humeur du cuisinier, sans compter de la disposition du client à recevoir une telle assiette, faut bien l'avouer. Meilleur couscous, faut bien avouer que ça ne veut rien dire.

    Ce soir, c'est simplement (et c'est déjà beaucoup) un très bon couscous. Ajoutons que ce n'est pas donné (19 euros mon Zerda). Hormis la bière intéressante, il y a une belle carte de vins algériens, tunisiens et marocains : si on reste dans le conventionnel, ce sont tout de même des cuvées qu'on ne voit pas partout. A tous ces vins forts, moi j'aurais besoin de quelque chose de plus léger, de la bière ou un cabernet-franc.

    Enfin et pour être franc, la cuisine du Maghreb n'est pas celle à laquelle j'attache la plus grande importance. Sans doute ai-je tort, mais je lui préfère et de loin celle du Machrek : Liban, Syrie ou Palestine. Cela joue aussi sans doute dans le fait que couscous et tajines me font moins vibrer qu'un houmous réussi.

    Le Zerda, 15 Rue René Boulanger, 75 010 Paris, 01 42 00 25 15.

  • Joyeux vinniversaire !

    Lorsqu'un blogueur déboule à la maison pour une dégustation et qu'il fête son anniversaire le jour même, on prend le soin de mettre au frais un champagne Drappier Carte d'Or certes, mais millésimé 1995. Elevage de 15 ans (dégorgé en février 2010) qui n'est pas du tout intrusif, le jus est bien vivace. Les réactions ont été très positives parmi les connaisseurs. Déjà à l'époque...

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    Autre bouteille assez inconnue, ce vin blanc du Portugal Mux Branco 2009 du domaine Muxagat Vinhos do Douro. Elle nous a été offerte par Raphaël Gonzalez (Clos des Cîmes) car le producteur portugais fait partie de sa belle association Jeunes vignerons d'Europe. Raphaël m'avait laissé un moyen mnémotechnique pour retenir le nom du cépage : "il suffit de se souvenir de Rabbi Jacob : le cépage, c'est le rabigato". C'est puissant mais enveloppant, pas du tout sucré. Moi, j'ai beaucoup aimé ce blanc ensoleillé pas putassier ni trop amer. Goûté deux jours plus tard, il est assagi, comme un miel sans sucre selon le mot du Bicéphale Buveur qui l'a déjà goûté.

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    Autre blanc que j'aime particulièrement, Les Moyens du Bord, de La Grange Aux Belles. Autour de la table, le débat s'est enflammé sur ce nez de pomme verte caractéristique de pas mal de vins blancs naturels. Moi, j'avoue que cela ne me dérange pas : c'est vif, propre, parfumé et effectivement assez particulier. A 17 euros le magnum chez Morapio y Papeo, c'est un vin de copain des plus sympathiques. Goûté deux jours plus tard, lui aussi s'est calmé sur sa pomme verte mais subsiste le caractère pointu du chenin. Me reste à ouvrir le petit frère en rouge.

    N'oublions pas un côte-roannaise 2005 d'un de mes chouchous, Lapandéry. Tout à la fois croquant et complexe, il n'a pas convaincu que moi... On est totalement dans le vin anti bling-bling. A quand la verticale 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 ? Et d'ailleurs, j'y ajouterai une surprise !

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    Et sinon, côté dégustation proprement dite, y avait ça...

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  • Morapio y Papeo : la nouvelle perle naturelle du XIXe arrondissement

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    Si on m'avait dit que c'était brésilien ou latino-américain, je l'aurais cru volontiers. Seulement, Jérémy alias "le dénicheur" m'avait mis la puce à l'oreille. "Je te conseille vivement les sardines Ramon Peña ! Et ses sauces japonaises (de chez Workshop Issé). J'ai passé une très bonne soirée dans cette belle cave à manger."

    Premier petit tour un après-midi pour voir à quoi à ressemble. Sur les étagères, Hommage à Robert 06 de Gilles Azzoni, huile de tournesol de Laurent Cazottes (peut-être le seul à en avoir à Paris), jolies boîtes de sardines effectivement... Bref, y a moyen de s'amuser ici. 

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    Ce fut donc un rapide retour avec Olivier ce soir. En plus, on y croise des connaissances du Verre Volé ou de Lavinia, venues voir comment on boit dans le XIXe. Ce qui fait que les bouteilles s'enchaînent. Un verre de Bois Sans Soif d'Olivier Lemasson (menu pineau et romorantin) et on enquille avec une quille du grand Jean-Christophe Comor. Et oui, on découvre qu'il y a encore des cuvées de chez lui qu'on n'a jamais goûtées. Même si on a déjà sifflé (et plusieurs fois) la rareté Au Hasard et Souvent, on est passé à côté de l'Amourvèdre 2010. On se rattrape ce soir : c'est engageant, parfumé, délirant de fruit, tout le contraire d'un jus fermé. On a adoré, à 13 euros la bouteille (plus un petit droit de bouchon : 5 euros je crois, soit bien moins que dans d'autres bars à vins). 

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    Vu qu'on est parti pour faire n'importe quoi, on continue dans les inconnues de Comor : son blanc A Bouche Que Veux-Tu. Cette vieille expression qu'on retrouve chez Brassens ("Je suis un voyou") signifie "abondamment" : c'est ainsi qu'il faut la boire cette cuvée... Mi rolle, mi ugni-blanc, un sacré caractère. Gras, profond, tendu, nerveux. C'est un vrai régal qui me frappe plus qu'Analespse : j'ai l'impression que c'est plus onctueux, plus caressant sans oublier d'être vivifiant. C'est bon maintenant ? On a enfin bu toute la gamme ? 

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    Puis une quille du domaine Picatier, l'Intro c'est-à-dire leur "petit" gamay. C'est tout à fait fringant et comme toutes les bouteilles de rouge de ce soir, c'est descendu à une vitesse sidérante. Idem pour l'avant-dernière Hommage à Robert 06 (peut-être l'avant-dernière de toute la France).

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    Dans l'assiette un sacré travail sur les salaisons et un très bel artichaut mariné. Mention aussi pour les sardines Bordier au chili, travaillées en rillettes. 

    Morapio y Papeo, 5/7 rue de Chaumont, 75 019 Paris, 01 53 19 63 34.

  • De la vie dans la bouteille

    On n'en finira pas de le répéter : le vrai vin, celui sans artifice, vit dans la bouteille. Comme le conventionnel, il évolue mais sans doute de manière plus complexe. Ainsi, on me disait de cette bouteille goûtée en début d'année, que ça partait dans tous les sens, que ça ne ressemblait à rien. Aujourd'hui, elle est riche, évoluée, parfumée et toujours un peu grenadinée. A même pas 8 euros à la Cave des Papilles, c'est le jackpot. Bran 2005 (syrah) de Gilles Azzoni. Des fruits, des fleurs et du raisin surtout.

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  • La Bourgogne raisonnée

    J'avais croisé ce domaine chez Versant Vins, dans le IIIe arrondissement, sans acheter la bouteille. Hautes-côtes-de-nuits 2007 de Naudin-Ferrand. Coincidence, quelqu'un me l'a offerte récemment. Allez, on l'ouvre. Quelques recherches avant sur le site internet du domaine qui explique dans le détail son travail et sa philosophie : le respect du raisin fait les belles bouteilles. Oui, on n'est pas raciste : pas forcément besoin d'être en bio, ou biodynamie pour arriver à un beau résultat. 

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    Et dans le verre ? C'est pur, droit, ça se tient plus que bien. Après l'avoir un peu laissé respirer, on en tire de splendides arômes, bien plus complexes qu'un "simple" hautes-côtes. Bien sûr, on va me dire que c'est plus classique que Prieuré-Roch...

  • La bière, un des révélateurs de la complexité du conflit israélo-palestinien

    Ce qu'il y a d'intéressant dans le vin et les alcools en général, c'est qu'ils racontent autre chose que des beuveries sous la lune. Je pense sincèrement que les boissons fermentées ou distillées témoignent de l'histoire, de la géographie, de la géologie, de la climatologie ou des traditions d'un lieu ; et c'est en ça que leur étude et leur dégustation sont passionnantes. Elles peuvent aussi raconter la guerre et la complexité d'une situation géopolitique.

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    A chacun de mes voyages à Jérusalem (comme partout dans le monde d'ailleurs, mais peut-être un peu plus ici), les journées s'avèrent physiquement harassantes et intellectuellement exigeantes. Réflexe relaxant chaque soir : s'ouvrir une bonne bière sur la terrasse de notre hôtel. On jouit d'une vue imprenable sur les soubresauts de l'actualité lorsqu'on surplombe le quartier musulman et tout le centre historique de la ville dite "trois fois sainte" : à ma gauche, le Dôme du Rocher et dans la crevasse, au centre, l'esplanade du mur des Lamentations...

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    ...et sur la droite, les bulbes sombres du Saint-Sépulcre.

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    Mais où la boire ou l'acheter cette bière ? A Jérusalem-Ouest, hors les murs, à l'ouest de la Ligne verte de 1967, c'est-à-dire côté israélien, on se procure facilement les israéliennes Maccabee, Goldstar, Nesher ou Salomon. Assez industrielles, je les trouve ennuyeuses mais pas chères ; bref, on ne s'y attarde pas.

    Pour s'amuser un peu question bière, il faut passer de l'autre côté, côté palestinien. Dans les restos pas donnés de Jérusalem-Est, repaires des responsables d'O.N.G. ou des journalistes étrangers, on croise la palestinienne Taybeh. Combien ai-je vu de soirées finir à coups de Taybeh pression au Jerusalem Hotel, le Café de Flore local ? Plus la nuit avance, plus tu crois pouvoir résoudre le conflit à toi tout seul, juste en buvant des pintes...

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    Ironie du sort à Jérusalem-Est, quand on n'a plus de récipients neutres et propres pour servir la bière palestienne, on utilise des verres à l'effigie de la cousine israélienne. S'ils font exprès de nous perdre en changeant le contenant, on n'est pas rendu.

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    Je m'arrête un peu sur la Taybeh, du fait de son caractère plus artisanal que les autres. Elle est produite en Cisjordanie, dans le village chrétien de Taybeh, au nord de la capitale Ramallah. Son goût est infiniement plus noble que les autres bières disponibles dans le coin : épicé, acide, rafraichissant, digeste. Son gros problème réside dans le fait qu'elle est produite de l'autre côté du mur de séparation, ce qui rend toute exportation à l'étranger périlleuse alors que les israéliennes se trouvent sans trop de souci à Paris. Aberration supplémentaire : elle est exportée plus ou moins aisément en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et même aux Usa. En France ? Nada ! Et après on nous dit que nous sommes un pays pro-palestinien ? Si un importateur aux reins solides m'entend, j'ai tous les contacts à disposition.

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    Retour dans la vieille ville de Jérusalem. Dans les quelques échoppes du quartier juif ouvertes le soir et qui vendent de l'alcool, on ne trouve que les bières israéliennes et les étrangères que tout le monde connait. Dans les quartiers chrétien et arménien, on achète une israélienne à six shekels (un peu plus d'un euros) et de la Taybeh deux fois plus chère : et oui, il faut lui faire passer le mur et les quantités produites ne sont pas les mêmes... Quand les rayons sont bien achalandés, on trouve parfois l'américaine Budweiser ou la danoise Carlsberg. Plus on se rapproche du quartier musulman, plus la boisson devient rare. Rue Al-Wad, une des grandes artères du souk, on peut encore trouver une jordanienne sans alcool hyper maltée. Inutile de retenir son nom, elle est infâme. Avant de rentrer à la maison pour boire un coup à la face du monde, il faut avoir dégoté les bonnes adresses et se faufiler dans ce labyrinthe qu'est Jérusalem.

    Nul besoin de s'intéresser aux grandes théories pour comprendre la complexité de l'actualité, la vie quotidienne l'illustre à merveille. Pour les curieux, Julien Boudisseau et moi avons tenté de raconter précisément tous ces "détails qui piquent la curiosité" (pour reprendre le mot de Chateaubriand) dans un ouvrage intitulé Ici à Jérusalem publié il y a deux ans.

    Les photos ont été prises par Julien ou moi en 2008, 2009 et 2010.

  • La soirée aux pinards introuvables (2)

    C'était un peu la soirée de Sébastien Fleuret. Eva nous a sorti deux quilles de son frigo. Déjà, le rosé pétillant Sitting Bulles, le pétnat avec des bulles fines. C'est vineux et engageant : une bouteille ne suffit pas. 

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    Toujours chez Sébastien Fleuret, cet Allez les Verres est en fait un vin rouge (cabernet-franc bien sûr). On n'y retrouve pas les arômes parfois caricaturaux du cabernet (poivron) et ça coule comme un truc rare, comme un supporter de foot qui serait sympathique. Ce que j'adore vraiment, c'est qu'il s'agit là encore d'une cuvée confidentielle mais qui se tient, et même bien plus que ça ! Et évidemment, Eva a tout expliqué ici.

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    Juste avant, un coup de blanc tout de même, le Petits Sylphes 2010 de Raphael Gonzales et Elodie Aubert. J'en avais déjà mis une couche ici, la tablée presque totalement composée de néophytes du Clos des Cîmes est conquise.

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    Quant à la bouteille apportée par Jacques, le 7 sous Riz (syrah) 2007 du domaine des Causse Marines (Patrice Lescarret). C'est extrêmement pointu, à ne pas mettre entre toutes les langues. Très long en bouche, nous aurions sans doute encore gagné des étoiles dans les papilles à le carafer plus longtemps. 

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    En tout cas, on s'amuse comme on s'était amusé lors de cette soirée-là.

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  • Toulouse : Emile, le classicisme du Sud-Ouest

    Dans ma bouche, ce n'est pas forcément une insulte. Au contraire, quand c'est aussi bien exécuté. Quelques heures seulement après un grignotage au Bibent, cap encore sur le sud-ouest. Normal... Je me souviens du cassoulet d'Emile englouti lorsque j'étais encore étudiant, au début de mon intérêt pour le miam-miam. J'en garde un souvenir ému. Verdict ? Oui, très bon. On saute au plafond ? Pas forcément, mais c'est très bon.

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    Pour ma part, une pomme de ris de veau cuit en cocotte, un plat rassurant. Au moment de la photo, il en reste encore deux fois pareil dans ladite cocotte.

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    On avait guère le temps, donc point de dessert et seulement une demi-bouteille. C'est vrai qu'Emile ne brille pas par sa carte des vins, même s'il y a de sacrés progrès comme les gaillacs de Causse Marines (Patrice Lescarret) ou évidemment le madiran 2006 de Montus (Alain Brumont). Ce n'est pas forcément mon style de vin, ce n'est pas du morgon c'est sûr. Ce qui ne m'empêche pas de reconnaître que c'est bien bon. J'imaginais quelque chose d'un peu plus lourd ; non c'est assez fin. Il faut dire qu'en choisissant cette demi-bouteille, je savais où je mettais les pieds. 

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    Emile, 13 place St-Georges, 31 000 Toulouse, 05 61 21 05 56.

  • Toulouse : Le Bibent, by Monsieur Christian Constant

    Un très court séjour (et au pas de course) à Toulouse m'a tout de même permis de faire une halte dans cette mythique brasserie toulousaine reprise par Christian Constant à la tête d'une belle adresse parisienne ici et d'une autre tout aussi charmante juste à côté. En réalité, il faut ajouter le Violon d'Ingres, encore à Paris. Ce chef ancien troizétoiles au Crillon a formé toute la génération montante, qui d'ailleurs est montée peut-on dire. Bien montée d'ailleurs, rien qu'à en juger les noms : Yves Camdeborde, Thierry Faucher, Thierry Breton, Eric Frechon...

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    En plus de ses adresses à Paris, le maître a repris les jolis lambris du Bibent et lui a donné un coup de jeune. Ce samedi midi, il est là à régler et peaufiner les détails. La petite tête posée sur la chemise rose, c'est lui, un genre de Chri-Chri d'amour.

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    Bon d'accord, je ne peux qu'aimer sa cuisine. Mais dans l'assiette, ça dit quoi ? Sur la place du Capitole, dans un décor de théâtre, la salade du jour (12 euros) est sublime : mesclun, foie gras, cèpes frais le tout excité par de l'huile de truffe. Juju m'a dit qu'il n'avait jamais mangé pareille salade.

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    Le fromage vient de chez Xavier, le meilleur fromager toulousain et sans doute, l'un des meilleurs de France. Sa boutique à quelques pas de là regorge de véritables merveilles. Xavier écrase nombre de faux fromagers parisiens.

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    En face, la puissante tarte au chocolat, mais si je ne m'abuse on la trouve aussi à Paris dans les 3 adresses du chef. A noter, une jolie boule de crème-mascarpone imitation glace.

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    A cette envolée d'amour, je dois mettre tout de même un sérieux bémol. Bibent en occitan signifie "bien boire" et certes, il y a de belles bouteilles. Mais on aurait pu imaginer des choses un peu plus pointues que mon jurançon Geyser 2009 du domaine Cauhapé (5 euros le verre) et surtout des prix à la bouteille bien plus bas (le morgon 2010 de Lapierre à plus de 50 euros).

    Le Bibent, 5 place du Capitole, 31 000 Toulouse, 05 61 23 89 03.

  • Le p'tit ch'val dans le mauvais temps...

    Oui, sale temps pour les chevaux d'Antonin. On ne va pas refaire le coup du Haut-Brion 2002 car les deux bordeaux ouverts ce soir-là avaient quelque chose de grisâtre. Pourtant, il y en avait un comme on aime et dans lequel on continue à croire. C'est L'Homme-Cheval de Dominique Léandre, qui ne se monte pas du col. Mais plouf, fermé et réduit. Quand ça sent la ferme ça ne me dérange pas mais là oui, ce fut un peu dur. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais je l'ai connu plus caressant. Mais bon, c'est un 2010 : moi je lui pardonne. 

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    Le problème vient plutôt de l'autre, une vieille carne de 1988, Le Petit Cheval, un saint-émilion-grand-cru. Le second vin de Cheval-Blanc a triste mine. Je ne sais pas qui a fait les vendanges cette année-là ou si le chai était un peu laissé à l'abandon, mais en tout cas, le canasson est mort malgré un nez superbe.

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    Alors celui-là, j'espère qu'on ne va pas nous reprocher de l'avoir trop attendu. Décidément, ces jeunes cons ne font vraiment pas les choses bien. Par contre, on connait Brassens qui lui connaissait Paul Fort et on sait comment se consoler : en musique.

  • Revue de quilles

    Lors de soirées, de fêtes, de repas, d'apéros, d'après-sieste, seul, à 15, au verre ou à la bouteille, en août ou en septembre, on a goûté pas mal de choses ces dernières semaines. Faisons un peu le tri.

    Le Prosecco di Valdobbiadene Animae est en réalité le premier prosecco naturel (sans soufre ajouté). Oui, ça en impose sur la table. Une belle bouteille qui a de la gueule, c'est sûr, mais il reste un fond de sucre trop présent pour moi. Je fais partie de cette secte baptisée Extra-Brut ou Brut Nature selon les cuvées. C'est disponible (quand il n'y a pas de rupture de stock) aux Caves de Lamarck pour 18 euros. 

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    Pour le même prix (au Verre Volé), je lui préfère et de loin cette bouteille-là. Le pétillant Mont-Blanc 2006 du domaine Belluard en Savoie, méthode traditionnelle issu d'un cépage du coin, le gringet. Elevage de 4 ans sur lattes, le côté beurré est présent mais ce n'est pas offensant. C'est extrêmement vif, proche de 12° et très rafraichissant. On pourrait le servir comme un gouleyant champagne low-cost.

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    Le "petit" gamay de Claude Courtois (10 euros aux Papilles) est un régal une fois carafé plusieurs heures et intelligemment. Pur. 

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    Le Petit Jo de la Roche Buissière, ma première bouteille de ce domaine. 60 % syrah, 40 % grenache, vinif et élevage sans soufre, seulement un peu de SO2 à l'assemblage (15 mg/l) : tout est expliqué au verso, bien ! Si on ressent un peu de chocolat au début, cette sensation se fait la malle après un coup de carafe pour en faire un vin de copain qui coule plus que bien. Une des très belles surprises du moment, un rapport qualité-prix franchement sympathique (8 euros au Verre Volé).

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    C'est l'une de mes bouteilles favorites chez Gilles Azzoni, Hommage à Robert 2006. Naturel de chez naturel. On a toujours un peu de grenadine mais un peu plus vieillie que lors des précédentes bouteilles. J'aime beaucoup. Et seulement 8 euros chez une nouvelle petite cave, Morapio y Papeo dont l'adresse m'a été donnée par Jérémy "le dénicheur". On en reparlera.

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    Cacous 2010 d'Alain Allier dans le Gard. Du jus, du jus, du jus... Une dizaine d'euros au Verre Volé.

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    Je suis tombé sur cette bouteille par hasard chez Nysa. A près de 30 euros, j'aurais mieux fait de m'abstenir. C'est totalement plat et même un peu extrait comme parfois chez les De Montille. Ce bourgogne 1995, l'une des rares bouteilles faites par le père que j'ai eu la chance de boire : j'en attendais un truc démentiel, la déception a été à la hauteur.

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    Eva en a parlé ici avec le fromage. Et comment ! Tu l'ouvres, ça pétille et c'est bien oxydé, parfait avec le fromage donc. Le fruit étant par contre toujours là, c'est extrêmement refraîchissant. Ok, ça ne ressemble à rien. Puis, après 2 heures de carafe, la bulle s'est calmée mais le vin ne ressemble toujours à rien, sinon à du chenin pétillant oxydé fruité et buvable. Les ennemis du vin naturel vont gueuler, autour de la table on a trouvé cela tout simplement divin. Le Panier de Fruits 2008 de la Coulée d'Ambrosia de Jean-François Chené (une bonne quinzaine d'euros au Verre Volé ou aux Papilles).

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  • La bière, ça se fait aussi avec du merlot

    Sous ce titre un rien provocateur, se cache une superbe bouteille un peu cachée chez les très bons cavistes spécialisés dans la bière : le mien s'appelle La Cave à Bulles, à côté du Centre Pompidou. L'autre jour, la discussion portait sur les liens entre vin et bière et forcément la conversation dévia vite vers la superbe brasserie bruxelloise Cantillon

    Si je suis un piètre buveur de bière hormis quelques Orval, j'ai décidé de m'y atteler en fréquentant assidûment les bons lieux. Autre exception, Cantillon trouve grâce à mes yeux depuis fort longtemps, mais surtout pour son 100 % lambic bio (bière de fermentation spontané au goût très paticulier, entre le cidre et le xérès). Je me marre souvent devant les yeux écarquillées et les papilles désorientées de ceux qui y goûtent pour la première fois. Sucre totalement absent et amerture vraiment marquée, contrebalancée avec une acidité pas écoeurante du tout. On considère souvent Cantillon comme la Romanée-Conti des bières belges. Et souvent, je m'arrêtais là.

    Il faut préciser que Cantillon a de bonnes relations avec certains vignerons français, ce qui permet de récupérer un peu de raisin pour faire des trucs qui sortent de la norme. Ainsi, du moût de merlot bordelais macère en barrique avec du lambic pendant 2 à 3 ans. Un coup de liqueur d'expédition pour assurer les bubulles et ça donne la Saint Lamvinus (13 euros les 75 cl chez le caviste français). 

    A l'aveugle, Saint Lamvinus, c'est un blanc pétillant avec une sacré rondeur. On peut dire que c'est léger (forcément 5°, c'est de la bière tout de même). L'amerture est moins présente que dans le 100 % lambic bio mais l'acidité se renforce. C'est-à-dire qu'on peut l'imaginer à l'apéro pour s'exciter les papilles ou sur une entrée. Ce serait surtout excellent avec les fromages ! Et pourquoi pas une viande rouge ? En la buvant en apéro comme une bière classique, c'est tout un repas à la Saint Lamvinus qui me vient en tête. Bref, je débute ma réconciliation avec le merlot... 

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    La même chose existe avec du muscat, toujours en laissant le sucre de côté. Et on va m'en vouloir de vendre la mèche, mais le ligérien Olivier Lemasson a participé à la cuvée Zwanze 2010 en offrant du moût de pineau d'Aunis.

    L'histoire de cette cuvée est intéressante. Cantillon la sortait d'habitude en bouteilles et la vendait 6 euros à Bruxelles dans sa boutique. Mais comme pour le marché immobilier ou la dette grecque, la spéculation jouait à fond : ces bulles encore plus rares se retrouvaient sur internet à 80 euros la quille. La bonne décision de la brasserie fut de stopper carrément la vente en bouteilles et de ne l'offrir qu'à la tireuse dans de (trop) rares débits de boisson, surtout en Belgique. En France, c'est introuvable. Sauf à aller faire un tour à La Cave à Bulles en cette fin de semaine... Non, je n'ai rien dit.

  • Beaune : le Comptoir des Tontons travaille les produits bourguignons

    Un trop petit séjour en Bourgogne m'a enfin permis de découvrir THE adresse de Beaune pour les amateurs de miam-miam. Le Comptoir des Tontons est à la fois un sympathique caviste et un vrai restaurant où les bons produits de la région sont mis en avant. On se croirait presque à Paris tant la carte fait dans le nème-droppingue sur la provenance des escargots, des légumes, du fromage : moi ça ne me dérange pas du tout, au contraire. Pourquoi gueuler alors qu'il est élémentaire de nous expliquer d'où provient ce que l'on va manger ?

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    Pour cela, cap sur le menu "Escapade en Bourgogne" à 30 euros. Cinq plats en "petite" portion, comme écrit sur la feuille du jour. Soufflé à l'ami du chambertin, bien foutu même si pour moi le fromage c'est brut. Le petit pot d'à-côté est fulgurant : escargots au jus d'herbe très peu gras, presque croquants, bien assaisonnés. Débarassés de leur habituel beurre, les escargots prennent un parfum champêtre.

    Pour accompagner l'entrée, un verre de chablis Rosette 2009 des De Moor. Tenace, sur l'acide plutôt que le gras trop souvent rencontré dans cette appellation que je ne porte pas spécialement dans mon coeur (oui, on a tous des idées reçues). Mais à sept euros le verre, c'est un peu dommage de charger à ce point la mûle l'addition. Sinon, l'adresse a quelques très belles références naturelles, notamment le gamay de Prieuré-Roch (et moins chères à la bouteille : à 18 euros contre 25 à Paris).

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    Le boeuf bourguignon en "petite" portion est bien présent dans l'assiette. Viande fondante, sauce nappante, légumes frais et croquants : c'est simple, on se régale. Ce plat est-il vraiment préparé avec du vin de Bourgogne ? Difficile à dire après cuisson...

    Dans le verre en tout cas, c'est bien un beaune rouge 2009 de la maison Camille Giroud qui travaille surtout avec le négoce (7 euros là encore). C'est assez charmeur dès la première gorgée, dès le nez même. C'est plutôt classique et j'ai le sentiment d'une extraction un poil poussée. Mais ce que j'ai goûté ne m'a pas laissé indifférent. J'ai d'ailleurs acheté une bouteille de premier cru pour voir ce que ça peut donner. A suivre...

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    Belle tranche de chaource sur du pain d'épeautre, le tout passé au four. On l'imagine mollasson, c'est en fait bien croquant. 

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    Glace vanille avec sirop de cassis surmonté d'un superbe pain d'épice moelleux et corsé. Ce qui parait simple, voire simpliste, est en réalité un dessert plutôt casse-gueule si tu n'as pas les bons ingrédients et la bonne humeur à portée de main.

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    Le Comptoir des Tontons, 22 rue du faubourg Madeleine, 21 200 Beaune, 03 80 24 19 64. 

  • Des vins vivants chez Vivant (logique...)

    Retour chez Pierre Jancou (Vivant) avec Guillaume. Tout au long de cette belle soirée, les quilles s'entrechoquent. Commençons par l'ancêtre, Ancestral 2003 de'Julien Courtois. Une très belle cuvée sur laquelle on a peu d'informations. Cabernet ? Gamay ? Dans le verre, ça ressemble à un gamay. Il lui faut une bonne heure pour s'ouvrir. Avec la mozzarela fumée tiède, il était un peu fermé. En fin de repas, il avait quelque chose de vieux monsieur encore fringant, comme si sous la cravate en tricot et la chemise en tweed, battait un coeur d'anarchiste. Bref, très complexe.

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    Au milieu des agapes, nous avons fait une infidélité à l'Ancestral. Direction Gilles Azzoni et Fable 2010 (70 % syrah et 30 % grenache). Vin un peu plus canaille, sur le fruit, gouleyant, pour se rincer la bouche. Qu'est-ce que c'est bon... Pierre en parle pas mal dans son guide des vins à lui.

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    C'était pour accompagner l'andouillette de Daniel Thierry, à Sainte-Savine à côté de Troyes. Ici pochée et snackée. Chez Racines, on s'en souvient, c'était tout juste pochée. C'est un produit toujours aussi parfait, quelle que soit la cuisson.

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    Autre curiosité. Nous avons goûté le champagne blanc de blancs d'Ulysse Collin extra brut. Un jus superbe, complexe, à goûter à nouveau. En tout cas, une belle découverte.

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  • Le Réveil du Xe, pour commencer la journée du bon pied

    Le samedi midi, on a parfois besoin de quelque chose qui tient au corps. Pas forcément la superbe adresse à la cuisine très fine sur laquelle se pament tous les guides et critiques. Juste un bon petit bistro de quartier, tourné vers le Cantal. Sans trop de prétention, qui ne se la raconte pas, qui ne se monte pas du col. 

    C'est ma deuxième visite en 2 ans et je trouve que le Réveil du Xe a de jolis produits. Ce jambonneau froid a une belle gueule, la truffade assez grasse et la planche de fromage sur la table d'à-côté me paraissait bien sous tous rapports.

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    Côté vin, on a connu bien mieux il faut le dire. Il y a beaucoup de références au verre mais on ne consulte que des A.O.C. sur la carte. Ce qui laisse présager quelque chose d'assez nul. Je choisis un verre de morgon. Résultat : pas si mauvais, mais bon y a pas de quoi se relever la nuit. Je m'attendais vraiment à pire, c'est une adresse tout à fait honnête.

    Le Réveil du Xe, 35 rue du Château d'eau, 75 010 Paris, 01 42 41 77 59.

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