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"Nul n'est censé ignorer la Loire"

"Les vins se moquent bien de ces méandres administratifs. Ils expriment leur terroir et leurs producteurs voient dans les refus d'agrément en appellation d'une commission-couperet la reconnaissance de leur singularité. Ce sont des vins de paysan, au sens le plus noble du terme."

Il est sûr que ces quelques lignes écrites sur Olivier Cousin par Pierre Jancou dans Vin Vivant (éditions Alternatives) prennent aujourd'hui un goût amer. Certes le vigneron ligérien a désormais l'habitude d'auto-(dé)classer ses jus en vin-de-table-vin-de-france mais là, c'est une véritable mascarade.

Je m'explique : pour avoir écrit "Anjou Olivier Cousin" sur ses cartons de quilles déclassées, notre ami se voit demander 30 000 euros par la Répression des fraudes car il aurait "fait du tort à son appellation". C'est bon ? On peut rigoler ? Non mais franchement... Tout est expliqué dans le détail ici par Sylvie Augereau.

Du coup, on se mobilise pour signer une petite bafouille à destination du procureur. A ce stade, 73 personnes l'ont déjà fait sur Glougueule : il faut continuer, ça sert à ça la bloglouglou ! On pourrait titrer la lettre avec le bon mot de Sylvie justement, "nul n'est censé ignorer la Loire !"

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Malheureusement, ce genre problème dépasse Olivier Cousin ; il n'est pas le seul vigneron à être dans le pétrin. J'ai en tête le témoignage d'une star du vin naturel qui racontait être harcelée par les commissions d'agrément et tout le Politburo du pinard-bien-dans-les-clous à partir du moment où on ne vinifiait pas comme tout le monde. Contrôles multiples sur toutes les cuvées, pressions diverses, menaces, déclassement, amendes...

On ne le répètera jamais assez, le véritable moyen d'assurer son soutien à un vigneron, à l'image de ce qu'on a fait pour Olivier B. est d'apprendre le geste qui le sauve : lever le coude plutôt que de baisser les bras, selon le mot d'Iris. Oui, buvons les vins d'Olivier Cousin ce "Gaulois qui fait du vin qui conserve et réjouit le corps et le coeur de l'homme" (selon le mot de Jancou, encore), buvons les vins des vignerons frondeurs, buvons ces vins singuliers en voie de disparition.

Boire un verre de vin sera bientôt un acte politique similaire (voire supérieur) au fait de glisser un bulletin dans l'urne pour une élection primaire ou secondaire. Comment ?... C'est déjà le cas ?

Commentaires

  • Moi , consommateurs de vins d'Anjou ! il y a pertinence aux propos de mr Olivier Voisin . Il travaille en indigène,
    dans le sens qu'il utilise les matières du lieu . défendre une identification dans un besoin qualificatif , est un signe
    d'homme libre et de bon sens ; il est bon de penser qu'il y a meilleur se soi .

Les commentaires sont fermés.

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