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  • Divine purée by Pierre Jancou

    Divine purée, ça pourrait être un nom de parfum si on décidait de lancer une marque qui sente le terroir. "Mes pommes de terre, on n'est pas allé les chercher à Rungis !" C'est le cri du coeur de Pierre Jancou qui explique la genèse de sa purée aux truffes servie avec un filet de poulette parfaitement cuit. Il se fournit chez Annie Bertin Ille-et-Vilaine, la reine des légumes. Pourquoi la purée de ce midi est-elle si jaune ? On y ajoute un oeuf ? Non c'est la variété particulière de pommes de terre de la maraichère, bien adaptée à la cuisson. La suite se passe de commentaires.

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    Le reste n'est pas en reste : cochonnaille italienne hors norme avec son blanc Quartz 2008 de Claude Courtois (Hélène tombe sous le charme), boudin de folie (sans doute de chez Christian Parra ?) à convertir tous les allergiques au sang, avec un minervois lui aussi bien saignant (aucune lourdeur, un fruit frais doublé d'une sacrée matière aux parfums envoûtants de fruits rouges, c'est le Rouge Fruit du Petit domaine de Gimios) jusqu'aux délicieuses framboises en dessert.

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    Plutôt marrant : une collègue me confie le lendemain avoir fait le soir même exactement le même repas chez Vivant.

  • Le Tue-Boeuf, ce n'est pas du boeuf

    Au lendemain de la folie beaujolais, cap sur La Caillère 2002 de Puzelat, goûté chez Jérémy alias "le dénicheur". Superbe couleur, nez particulièrement provoquant, on s'attend à une truc terrible, bouche assez mignonne mais finale un peu passée. C'est dommage, mais je suis certain qu'on n'y verrait que du feu sur un canard sauvage aux oranges amères. Tout de même, c'est une sacrée bouteille. 

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    Ah oui, pourquoi "le dénicheur" ? Parce que grâce à lui, il y a sans doute autant de bouteilles d'Eric Callcut dans mon couloir que chez tous les cavistes parisiens réunis.

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  • Vendredis du Vin n°40 : une fleur fleurit à Fleurie

    "Tu as bien fait de passer, Debedeux, tu vas refleurir." C'est en ces termes fleuris que toute la clique du Café du Pauvre accueille Debedeux, l'un des dirigeants de la Bang-Bang Aéronautique, qui n'en peut plus de sa vie de cadre encostardé. C'est le début du Beaujolais nouveau est arrivé, dont le vigneron s'appelle René Fallet (celui à qui j'ai aussi volé l'expression "du morgon dans les veines"). Ce beaujolais-là se déguste aussi mais c'est plutôt en tournant les pages qu'en vidant les verres. Quoique, pour l'instant, personne ne nous empêche de boire un coup en lisant...

    vendredis du vin,beaujolais,fleurie,julie balagny

    Le beaujolais, ça sert à ça : à refleurir. A donner le sourire, ce n'est pas ici qu'on viendra dire le contraire. Pour Olif, j'ai révisé mes Gammes en Beaujolais : j'ai cherché une bouteille pour refleurir en automne. J'aurais pu choisir la partition morgon, cela aurait été plutôt facile. Le 2001 de notre regretté Marcel en magnum ouvert par Jérémy (lors du dernier repas à la Cave de l'Insolite canal historique), le 2007 en mag aussi, le 2008 avec une raclette, le 2009 avec ou sans soufre, le 2010 bu récemment, les plus vieux sifflés avant ce blog, la cuvée éponyme au Troquet... Bon cela aurait été un peu trop attendu.

    On va ouvrir autre chose. Un régnié ? Le 2007 de Descombes ouvert la semaine dernière était particulièrement savoureux. Le chiroubles de Karim Vionnet ? Le moulin-à-vent d'Isa et Bruno Perraud ? Le brouilly de Descombes encore ? Le côte-de-brouilly de Pacalet ? Un saint-amour ou un juliénas plus difficiles à trouver au naturel ? Un "simple" village comme celui de Métras ? Ou encore le primeur de P-U-R bu l'année dernière quelques jours avant la date officielle ? Tout ça pour dire qu'ici, on en boit du beaujolpif. Mais dis donc, il manque un cru à cette énumération joyeuse...

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    C'est au contact de la vigne que l'ancienne parisienne Julie Balagny refleurit. Avant Fleurie, ce fut dans le Gard (avec Terre des Chardons). Puis vient l'incroyable année 2009 et son arrivée au pied des pieds de gamay, le plus beau cépage qui soit. On est à mille lieux des clichés. Biodynamie, intense travail à la pioche dans la vigne, respect du raisin en vinif avec pour résultat le fleurie En Rémont 2009, grand vin de terroir qui démonte toutes les idées reçues sur le beaujolpif. S'il est déjà très accessible sur des arômes de fruits croquants et épicés, il faudrait pouvoir l'attendre encore un peu afin d'apercevoir cette grande classe du gamay un peu vieilli ; celui-là en a tout le potentiel. D'ordinaire coquelicot ou pivoine, le beaujolais se fait ici rose pourpre qui continue à fleurir. 

    "Beaujol dit qu'il est fier d'être né en France. Une boutanche pareille, c'est kif-kif la Joconde ou la Victoire de Samothrace." (René Fallet)

  • Deux OBNIs, objets bourguignons non identifiés

    Ces jours-ci, on collectionne la Bourgogne déroutante, rebelle, celle qui n'a pas peur de sortir des chemins bien délimités. On peut dire que ce sont là des bouteilles de luxe : introuvables, hors normes et produites tel des oeuvres d'art. Sauf que question prix, on n'est qu'à 35 euros pièce. C'est déjà pas mal, mais pour de telles émotions c'est relativement peu. 

    La première verse dans les hiéroglyphes. Que lit-on ? C'est du vin de table, millésime 2010 et produit à 1465 bouteilles par Prieuré-Roch. D'où le côté hiéroglyphe. L'ouverture d'un bouteilles de Henry-Frédéric Roch est toujours un moment particulier, où le coeur bat plus vite. C'est synonyme de cette idée de pureté qui caractérise les plus grands vins. Celle-là, je l'ai trouvée à Beaune, chez Magnum.

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    Sur l'étiquette, on aura compris à peu près la même chose. La cuvée s'appelle 10 Clou (sans S à la fin de clou) et aujourd'hui encore, je me demande bien pourquoi. On l'ouvre un soir sur une terrasse dominant Paris. Un jus extrêmement délicat, soyeux, très arrondi mais tout de même bien relevé par l'acidité : aucune lourdeur, plutôt une sensation de bien-être. Il faut bien l'avouer, cela ne ressemble en rien à la Bourgogne stricte. Sur internet, personne n'en parle. Seule info disponible sur ce site qui a fait une petite visite chez Prieuré-Roch : il s'agirait de vieilles vignes de chardonnay poussant du côté de Ladoix avec 6 grammes de sucres résiduels, d'où la rondeur. Une vinification en dehors des clous. (Et si quelqu'un a des infos, je les ajoute.) 

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    La seconde est une bouteille hors du commun, le bourgogne aligoté 2008 d'Alexandra Couvreur. C'est la fille de Michel, l'homme qui a révolutionné notre approche du whisky. L'aligoté se dégote chez Augé : son prix (35 euros) en fait sans doute l'aligoté le plus cher au monde. Mais "il faut oublier l'étiquette, il met une claque à tous les chassagnes". Ce n'est pas qu'une phrase toute faite pour vendre un produit, c'est la réalité. C'est une bouteille à la "ni, ni" : ni sucrage, ni soufrage, ni collage, ni réfrigération, ni filtration. Là, j'en connais certains qui vont gueuler, parler de déviance etc. Raisin sur le gâteau, un rendement à 10 hectolitres par hectare, autant dire : rien. L'aligoté que tu mets dans ton kir, il fait combien niveau rendement ? Dès l'ouverture, un nez envoûtant puis une attaque franche, un palais ravi mais une finale un peu courte. Il lui faut de l'ouverture et se réchauffer (je ne pense vraiment pas qu'il faille la boire à 11°C comme indiqué) pour atteindre la plénitude d'un grand petit vin ou d'un petit grand vin, je ne sais pas. D'un grand vin tout simplement. Parfois, il faut regarder plus loin que le bout de son nez. C'est sans conteste l'un des plus beaux moments de 2011.

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  • Les premiers savennières de Clément Baraut

    Récemment, au détour d'une conversation de comptoir dans une bonne maison du XIXe arrondissement, j'ai eu la possibilité de goûter au premier millésime (2010) de Clément Baraut, viticulteur itinérant qui semble avoir rangé son vélo pour signer ses propres bouteilles. Il aurait même acheté quelques ares à La Coulée de Serrant, à vérifier. N'étant pas un spécialiste du coin, j'ai trouvé qu'il s'agissait de très, très beaux jus, à la fois acide et mûrs ainsi que me l'a fait remarqué Greg. Le vin venait d'être mis en bouteille, il s'annonce très prometteur. 

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    Au dos de chaque bouteille, on inscrit désormais la quantité de SO2 total, 50 mg à gauche et 20 à droite, on peut y aller ! La Pipette avait dressé un joli portrait de notre homme en 2008.

  • Deux repas arrosés ce dimanche

    A midi, un coup de champagne classe. La dernière bouteille de Grande Sendrée 2000, la cuvée qui n'a jamais été aussi fine.

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    Avec l'estomac de cochon farci, le saint-émilion naturel du Château Meylet année 1990. Un peu éteint au début mais qui se revigore par la suite, il devient un vin de grande classe, digeste et dégraissant. Le prototype du "vin fin", vocable qu'utilisaient à l'époque les bonnes épiceries.

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    Question digestifs, on a sorti trois jolies et sacrées bouteilles. La poire de la distillerie Maucourt en Moselle (on en reparlera) et celle de chez Manguin à Avignon. Si désormais je connais bien la première, j'avoue que la seconde est une très belle surprise. Jamais entendu parler de Manguin malgré mes séjours dans ce coin de la France. C'est incroyablement fruité et acéré, sans avoir le feu de l'alcool. A côté, le roi du cognac, celui de la famille Estève toujours aussi caressant. 

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    Le soir même, Thomas apporte un petit bourgogne qui coule vraiment très bien (bourgogne La Taupe 2008 de Hubert Chavy). Un cran au-dessus évidemment (mais pas de photo), ce fut le volnay 2007 de Rebourgeon-Mure qui me semble maintenant bien mûr.

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    En guide de dessert, les pruneaux à l'armagnac de Dartigalongue dont j'ai expliqué ici la prouesse gustative, à base de vrai sirop, de vrai armagnac et de vrais pruneaux. Effectivement, ça change tout. Facilité du sucre, amerture du pruneau gorgé et acidité apportée par l'alcool : c'est incroyable...

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  • Des vins de raclette bien singuliers

    Chez Audrey, un petit coup de chinon 1981 de chez Couly-Dutheil. Bon c'est sûr, avec la raclette on a connu des choses plus ton sur ton, mais on s'amuse un peu. C'est terrrrrrriblement fumé, un peu éteint (logique) mais bon, je pensais que ça allait être bien pire. On ne peut pas dire qu'il s'agisse d'une bonne surprise, on a eu du mal à finir la bouteille mais on va dire que ça allait.

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    Evidemment, le morgon 2008 de Marcel Lapierre à côté de ça ne nécessite aucun commentaire.

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    La bouteille décevante de la soirée, c'est le blanc (auxerrois 2009) de Oury-Schreiber, vigneron phare en Moselle française. J'ai trouvé un gros manque d'acidité. Vu que j'avais le palais bien endolori après tout cela, il faudra le regoûter à jeun.

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  • Le kir vraiment royal

    Petit secret de fabrication. A la Vigne d'Adam à Metz, le kir classique n'est pas fait avec un vin blanc sorti d'un cubi à un euro le litron. Déjà, c'est un vrai aligoté avec une crème Vedrenne. Mais ce n'est pas n'importe quel aligoté : il provient de Bouzeron, le village bourguignon dédié à ce cépage et surtout c'est celui d'Aubert et Patricia de Villaine, les co-gérants de la Romanée-Conti. François fait son kir avec le millésime 2005 qu'il ne trouve pas spécialement à son goût. Bah ouais, rien que ça ! On fait les choses bien ici. 

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  • Le régnié vieilles vignes 2007 de Georges Descombes

    Vous vous attendez à un commentaire ? Bah, on ne le présente plus. Non vraiment, vous voulez que j'en parle ? Moi je préfère le boire. Alors si vous en avez une en cave, on peut s'arranger...

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  • Quand certains attachés de presse harcèlent les blogueurs

    La plupart du temps, les journalistes ou les blogueurs ne répondent pas aux mails des agences de relation presse (sauf quand ça les intéresse vraiment et les plus honnêtes le disent clairement). Dès lors comment capter l'attention de la personne à qui le courrier est destiné ? Multiplier les mails et faire dans la surenchère. Exemple pour une dégustation à venir dont j'ai reçu les communiqués de presse.

    1 / Premier mail, tout à fait normal : on donne le programme de la dégustation et la date. J'avoue que j'ai lu ça en diagonale comme à chaque fois et que bon, ça ne m'intéresse pas. Je décide de laisser ce pince-fesses à d'autres et me disant que ma réponse est superflue.

    2 / Deuxième mail : "sauf erreur (toujours possible !), vous n'avez pas répondu à notre invitation". En effet... Mais ne vous en faites pas, je ne dois pas être le seul. Autre moyen de me faire saliver, passer la brosse à reluire. Il parait que je figure parmi "les meilleurs dégustateurs et les plus ouverts". (Soupir)... et je ne réponds toujours pas. 

    3 / Troisième mail, là on envoie les chars. Dans l'objet du mail : "Vous allez venir !". Forcément, on se dit que maintenant, on va répondre. Un truc clair et précis, genre 'ben non". Franchement, qu'est-ce que c'est que ces manières ? Ils se croient où ? Peut-être suis-je fainéant ou malpoli, mais cette multiplication de courriers et la manière de relancer me fait frémir. Je ne fais toujours rien, ils se croient où ? Si j'avais vraiment voulu venir, j'aurais déjà répondu non ?

    4 / S'en suit un quatrième mail "comment vous convaincre ? Vous ne nous avez toujours pas répondu, venez au moins pour vous faire votre propre opinion. Et étonner vos clients..." Mouais, mes "clients" apprécieront. S'ils croient que là je vais répondre...

    ? / Est-ce le dernier mail ? Non, je ne pense pas : il y en aura bien un le jour J pour me laisser une dernière chance. Moralité, je n'aimerais pas être à leur place et oui, j'aurais peut-être mieux fait de répondre "bonjour, non désolé, pas disponible, merci, au revoir" au premier mail pour éviter tout ce cirque.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 11 commentaires
  • Première petite fête pour TFPDMJC

    Pour la sortie de notre petit coffret de recettes de cuisine, Franckie et moi avons réuni quelques amis et quelques quilles. Mention spéciale pour trois bouteilles naturelles qui envoient du lourd : Classe 2010 de Jeff Coutelou (en magnum), le Saint-Véran 2009 d'Isa Perraud (en magnum) et Les Joues Rouges 2010 de Jean-François Chéné (en magnum).

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    On a fini au rhum du Nicaragua, le Mombacho vieilli 8 ans. Classe !

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  • Vous voulez manger un samedi midi chez Yves Camdeborde ?

    Un déjeuner le samedi midi au Comptoir du Relais se prépare. Soit on prend place dans la file d'attente à 11h50 pile et dix minutes plus tard, on est à table. Soit on se prépare mentalement à faire une longue queue, on y va vers 14h30 et on attend une heure avant d'être assis. Il suffit de le savoir. Ce jour-là, on n'a pas pu faire autrement, c'était le second choix. Et dans la bonne humeur.

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    Après, on déroule. Le marcillac des Causse Marines (Patrice Lescarret) à 19 euros ; le vin le moins cher de la carte nous met en joie avec toute cette nourriture canaille.

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    Grignotage régressif avec cet oeuf mayo d'anthologie (5 euros).

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    Et cochon de lait rôti aux lentilles (23 euros si je me souviens bien) archi fondant, subtilement épicé. Un très grand plat.IMG_3117.JPG

    Et pour ceux qui ne connaissent pas Yves Camdeborde dans le détail, j'ai déjà tout expliqué ici.

  • Selosse millésime 2002 : déjà Napoléon perce sous Bonaparte

    Cette année, Augé a avancé sa traditionnelle dégustation des champagnes de vignerons à la mi-octobre. J'ai l'impression qu'il y avait un peu moins foule cette année.

    Mais les vignerons sont là et avant tout Anselme Selosse qui nous enchante avec l'Initial et son rosé (j'avoue être moins partisan des lieux-dits). C'est un monde à part, cinq coudées au-dessus de tout le monde. Ce n'est pas une nouveauté. Par contre, ce qui est une nouveauté c'est son millésimé 2002 qui attend encore et ne sera mis en vente que l'année prochaine. Bon, il a tout de même apporté quelques bouteilles, pour faire goûter. Et déjà Napoléon perce sous Bonaparte, tel un grand bourgogne pétillant. Bien sûr, il n'est pas à son apogée. Mais celui-là, on l'attend de pied ferme.

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    Juste à côté, Olivier Collin de la maison Ulysse Collin. Marc Sibard nous avait mis l'eau à la bouche à coup de magnum de Blanc de blancs base 2005. Le base 2007 se révèle presque aussi superbe, j'en ai désormais six à la maison.

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  • Lengue : le bar à tapas japonais

    Rendons gloire à EvaMarilyneFranckie et Laurent pour avoir insister. "Mais si, vas-y, c'est toooop !" Oubliez tous les clichés que vous avez sur la bouffe japonaise : sushis préparés par des chinois, soupe miso obligatoire et sans goût, saumon surgras, j'en passe. Ici c'est un izakaya, un bar à tapas japonais. Me revient en mémoire celui de Shinjiku à Tokyo qui accompagnait chaque bouchée de whisky dans une ambiance boui-boui avec encostardés en goguette. Chez Lengue, c'est plutôt ambiance classe avec beaucoup de Japonais en salle et en cuisine. Et un seul sushi sur la carte...

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    Le menu dégustation monte à une trentaine d'euros mais s'avère un peu trop dans les clous pour nous. Misons sur la carte. Et ça déroule. Poulpe au wasabi. Fin, frais, fringant. La bête est comme contente d'être là, certes relevée mais c'est très équilibré.

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    Petite assiette de hokkis (coquillages) au ponzu (sauce soja à l'agrume, souvent yuzu) revigorante.

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    Le poisson de saison, incroyablement ouvert et cuisiné. C'est un samma, véritable poisson d'automne dont la chair cuite au sel se révèle extrêmement savoureuse. Olivier s'est régalé.

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    Marmite d'huîtres au miso, qui arrive brûlant et qui pourtant se vide à la vitesse de l'éclair. L'huître se compacte, prend presque la forme et le goût de la moule : c'est une manière de la cuisiner pour la faire manger à ceux qui la refusent crue.

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    La petite star de Lengue, c'est cette petite assiette de california rolls cuits. Oui, des sushis passés à la poêle. Donc là encore, quiconque n'aime pas le poisson cru peut y aller ! C'est terriblement fondant, notamment au niveau du riz : d'habitude, on a quelque chose de basique, sans trop de goût et qui respire le renfermé. Là, c'est tout le contraire.

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    Le hic, parce qu'il en faut un, concerne la carte des vins. Beaucoup de commentateurs sont contents d'une carte faite de bouteilles rassemblées grâce aux ventes aux enchères et bradées sur table, à condition de ne pas faire de réclamation si elles arrivent bouchonnées. Dans les faits, cela nous limite à de gros bordeaux dont le prix avoisine 100 euros. Certes, c'est souvent une bonne affaire, mais là je n'ai pas du tout envie de ça. Juste avant, quelques pages égrènent des bouteilles plus jeunes et (une tout petit peu) moins chères. Mais il n'y a rien de très excitant.

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    Avec tous ces produits marins, j'aurais voulu quelque chose de vivifiant. On se rabat donc sur la bière (la classique Kirin mais aussi la plus rare et plus amère Yebisu) et sur le saké chaud (superbe mais c'est un peu mon manège à moi : il me fait tourner la tête).

    Lengue nous rend service pour deux choses : convertir les quelques rares nippophobes à cette cuisine simple et goûteuse. Ou lors d'un repas dans une autre configuration, partager un beau moment en amoureux, à condition de réserver et de se pointer tôt.

    Lengue, 31 rue de la Parcheminerie, 75 005 Paris, 01 46 33 75 10.

  • Le carton de la discorde

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    Après avoir fait trembler la Répression des Fraudes, le fameux carton d'Olivier Cousin continue à "faire du tort à son appellation". L'objet du délit étant ainsi exposé, en plein centre de Paris, à la portée de tous, même des plus jeunes, sans aucun message d'avertissement et en plein centre de Paris (chez Crus et Découvertes, rue Paul-Bert), j'en viens à me poser cette question évidente : mais que fait la police ?

    Les plus intrépides en tirent des bouteilles de gamay enchanteur (11 euros), on en reparlera. Et pendant ce temps, la pétition s'allonge. Ah ces jeunes, avec leur internet...

  • Te fiche pas de moi, je cuisine !

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    À l’heure des produits surgelés sans âme, des sandwichs sous vide sans goût ou des plats à emporter sans éclat, il est plus que jamais nécessaire de retourner derrière les fourneaux. Et ça n’a rien d’une corvée ! Franckie pour les dessins et ma pomme pour les textes, nous avons pas mal réfléchi. Le résultat est beau comme un camion : ça s'appelle Te fiche pas de moi je cuisine ! et on le trouvera dès mercredi 12 dans toutes les bonnes librairies. Allez, un peu d'autopromo !

    De quoi s'agit-il ? D'un coffret de 60 fiches illustrées (50 recettes, 10 fiches de conseils) à destination des étudiants et de tous les curieux en général. On a essayé de faire un objet à la fois pratique dans la forme et aussi intelligent que possible dans le fond.

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    Pratique, déjà. Nous avons délimité 6 thèmes, chacun avec sa couleur appropriée, pour coller à tous les moments de la vie quotidienne. A chaque fois, 8 recettes : 

    Pour un quotidien qui bouge : le club sandwich, l'empanada, un taboulé, une salade niçoise, un gâteau au sirop, un far breton, un brownie et des sablés.

    Pour un moment convivial : un cake salé, une tortilla, une quiche lorraine, une pizza, des lasagnes à la bolognaise, un chili con carne, un riz au lait et une mousse au chocolat.

    Pour une bouffe rapide : du guacamole, des crêpes, un cordon-bleu, un hamburger, un croque-monsieur, du pain perdu, un gâteau au vin blanc et des cookies.

    Pour un plat qui impressionne : des chips maison, un tartare de la mer, des champignons à la grecque, un risotto, un osso bucco, un bifteck à la cambodgienne, une panna cotta et un cheesecake.

    Pour un repas copieux : des croquettes au jambon, des galettes de pommes de terre, des gnocchis au pesto, des pâtes carbonara, du hachis parmentier, une tartiflette, une tarte à la confiture et des muffins.

    Pour un menu léger : un gaspacho, une soupe de légumes, une moussaka légère, un poisson en papillote, des tomates farcies végétariennes, une compote de pommes, un crumble et un smoothie.

    Ajoutons à cela deux fiches cocktails (avec ou sans alcool) pour pimenter un peu les moments conviviaux. Et vu qu'il s'agit de plaquettes plastifiées, cuisiner devient bien plus simple : plus besoin d'ouvrir un gros livre qui craint les taches de gras ! 

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    Aussi intelligent que possible, ensuite. Ici, pas de recettes à base de cordon-bleu sous vide, de Nutella ou de pâtes feuilletées pleines de je-sais-pas-quoi. Tant qu'à retourner en cuisine, on fait tout maison, de la pâte à pizza à la purée de pommes de terre ! On cuisine responsable, voire tout simplement logique, en suivant un principe de base : les saisons ! C'est meilleur pour la planète, pour le goût des fruits et des légumes et pour le portefeuille.

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    Et tout comme un bon repas va souvent de pair avec le vin, on donne aussi quelques conseils dans ce domaine.

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    Volontairement, ce coffret de fiches-cuisine qui s'adresse aux étudiants comme à tous les curieux se veut un peu exigeant parce qu'on ne réchauffe pas de produits tout préparés et qu'on n'utilise pas de micro-ondes. Mais au final, faire la cuisine soi-même c'est plus économique, bien meilleur, en réalité assez simple et assez marrant !

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    Finissons sur le plus important : se faire plaisir et faire plaisir. Car, qu'il s'agisse d'une pizza ou d'un homard, la cuisine est avant tout l'occasion d'un moment de plaisir partagé. D'ailleurs, quelle plus grande preuve d'amour que de cuisiner pour quelqu'un ? Alain Chapel, un des plus grands cuisiniers du siècle passé écrivait que "la cuisine, c'est beaucoup plus que des recettes. Des produits d'abord et avant tout, et des émotions sans doute, qui s'enracinent dans des paysages, des visages, un quotidien familier, un bonheur plus ample que la table". C'est tout cela qu'on a essayé de faire passer.

    Te fiche pas de moi, je cuisine ! de Franckie Alarcon et Guillaume Nicolas-Brion, aux éditions Milan, 10,90 euros. Dans toutes les bonnes librairies à partir du 12 octobre. Pour les infos, c'est ici et pour tout contact c'est

  • Gaya Rive Gauche et les crevettes du Mozambique

    Je vous ai donc épargné le titre "la mer de Pierre Gagnaire" qui, il faut le reconnaître, ne veut rien dire. Commençons tout de suite avec ces huîtres de David Hervé au wasabi et kombu. Là oui, on peut dire que c'est marin cette gelée !

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    En plat, les fameuses crevettes du Mozambique, les Black Qwehli ! Charnues, fondantes, torrides : le top, tout simplement. Et certifiées AB pour couronner le tout. Pour les accompagner un velouté de poivron rouge et un sorbet pastèque. Marrant. Là j'ai tout mélangé et déjà mangé, il y en a bien plus dans l'assiette à l'origine. Mais tu m'aurais fait une plancha de crevettes, avec cette cuisson-là, sans le tralala, j'aurais été le plus heureux des hommes...

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    En face un très bon turbotin et surtout des tempuras de haricots à tremper dans une pâte de sésame, vraiment merveilleux.

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    Très jolis desserts à suivre. Lait de coco, aloé vera, tapioca, purée de potimarron à la canelle, le tout remonté d'un citron vert... Long à énumérer, long à déguster : c'est fichtrement bien foutu !

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    ...et une tarte aux quetsches très légère et plus classique.

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    Côté vins, on est clairement à la traîne : on s'ennuie. Bouteilles pas données et une teinte un peu sudiste alors que j'aurais voulu un bon coup de muscadet avec tout ça. Côté addition, forcément un "unétoilemichelin" qui plus est annexe de Gagnaire, c'est quelque chose comme 75 euros à la carte.

    Gaya Rive Gauche par Pierre Gagnaire, 44 rue du Bac, 75 007 Paris, 01 45 44 73 73.

  • Le magret de canard tombé du ciel

    Avec le Beurre Noisette et l'Os à Moëlle, Afaria hisse haut les couleurs de la belle gastronomie dans ce sud du XVe arrondissement où on s'aventure rarement, à moins d'habiter ou de travailler à côté. Dans cette auberge basque qui s'échappe un peu en Asie (pourquoi ?), les entrées et les plats sont joliment troussés. Magnifique saumon en entrée mais surtout incroyable magret de canard à se partager (18 euros par tête). Je m'explique.

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    Déjà, on lui laisse son os. On le fait revenir à la poêle puis il cuit au four sur des sarments de vigne. Pour les plus farfelus, la recette se trouve ici. Le petit truc du jour, c'est une sauce badigeonnée sur le dessus du magret, à base de vinaigre balsamique et de pâte de coings. Je parie que les végétariens deviendraient viandards. Et je ne veux aucun commentaire du style "dis donc, c'est rosé !" car ça se mange comme ça, point.

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    Et pour pousser tout ça dans le gosier, on ouvre un vin fort mais qui coule. La Griffe 2009 du domaine de Villeneuve de Stanislas Wallut. Riche mais incroyablement buvable, notamment grâce à un léger reste de gaz carbonique qui m'enchante, un vin du sud bien naturel.

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  • "Nul n'est censé ignorer la Loire"

    "Les vins se moquent bien de ces méandres administratifs. Ils expriment leur terroir et leurs producteurs voient dans les refus d'agrément en appellation d'une commission-couperet la reconnaissance de leur singularité. Ce sont des vins de paysan, au sens le plus noble du terme."

    Il est sûr que ces quelques lignes écrites sur Olivier Cousin par Pierre Jancou dans Vin Vivant (éditions Alternatives) prennent aujourd'hui un goût amer. Certes le vigneron ligérien a désormais l'habitude d'auto-(dé)classer ses jus en vin-de-table-vin-de-france mais là, c'est une véritable mascarade.

    Je m'explique : pour avoir écrit "Anjou Olivier Cousin" sur ses cartons de quilles déclassées, notre ami se voit demander 30 000 euros par la Répression des fraudes car il aurait "fait du tort à son appellation". C'est bon ? On peut rigoler ? Non mais franchement... Tout est expliqué dans le détail ici par Sylvie Augereau.

    Du coup, on se mobilise pour signer une petite bafouille à destination du procureur. A ce stade, 73 personnes l'ont déjà fait sur Glougueule : il faut continuer, ça sert à ça la bloglouglou ! On pourrait titrer la lettre avec le bon mot de Sylvie justement, "nul n'est censé ignorer la Loire !"

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    Malheureusement, ce genre problème dépasse Olivier Cousin ; il n'est pas le seul vigneron à être dans le pétrin. J'ai en tête le témoignage d'une star du vin naturel qui racontait être harcelée par les commissions d'agrément et tout le Politburo du pinard-bien-dans-les-clous à partir du moment où on ne vinifiait pas comme tout le monde. Contrôles multiples sur toutes les cuvées, pressions diverses, menaces, déclassement, amendes...

    On ne le répètera jamais assez, le véritable moyen d'assurer son soutien à un vigneron, à l'image de ce qu'on a fait pour Olivier B. est d'apprendre le geste qui le sauve : lever le coude plutôt que de baisser les bras, selon le mot d'Iris. Oui, buvons les vins d'Olivier Cousin ce "Gaulois qui fait du vin qui conserve et réjouit le corps et le coeur de l'homme" (selon le mot de Jancou, encore), buvons les vins des vignerons frondeurs, buvons ces vins singuliers en voie de disparition.

    Boire un verre de vin sera bientôt un acte politique similaire (voire supérieur) au fait de glisser un bulletin dans l'urne pour une élection primaire ou secondaire. Comment ?... C'est déjà le cas ?

  • Quand le vin naturel est le fil rouge d'un roman

    L'écrivain Jérôme Leroy publie demain un polar dont on n'a sans doute pas fini de parler. Le Bloc (éd. Gallimard) raconte l'arrivée au pouvoir d'un parti d'extrême-droite. Evidemment, on l'attend et certes, l'idée de départ n'est pas gaie. Mais dans cette atmosphère d'agonie propre aux livres de Jérôme Leroy, il y a toujours quelque chose à quoi se raccrocher.

    Dans un précédent roman La Minute prescrite pour l'assaut (éd. Mille et une nuit, 2008), c'est le vin qui permet de rester en vie. Et pas n'importe lequel... Le personnage principal rencontre sa nouvelle amie grâce au Brut Nature zéro dosage de Drappier et ils font l'amour sur une plage en compagnie du chablis des De Moor. Quelqu'un autre passe en contrebande le cheverny rouge de Villemade qu'il a acheté chez mon ancien caviste, Michel, rue de la Folie-Méricourt aujourd'hui fermé, chez qui on goûte le morgon de Marcel Lapierre. On se soigne au pouilly-fumé de Didier Dagueneau et on arrose ses repas avec le mâcon de chez Valette, les Glaneurs des Foulards rouges et un irouléguy et d'une poire Williams de chez Brana. Le départ vers le sud ne se fait pas seul : on emporte à nouveau le cheverny de Villemade et les blancs de Dagueneau.

    Lorsqu'on referme La Minute, on se dit que c'est marrant d'être à ce point en terrain connu, en ce qui concerne le vin et en ce qui concerne le reste.

  • Quand la Bourgogne s'amuse dans les Corbières

    Frédéric Cossard ne s'occupe pas que des vignes du Chassorney, à Saint-Romain, ni que de ses pommard et puligny de compét'. Quand il a soif de raisin sudiste, il s'en va chercher du raisin dans les Corbières et nous rapporte La Boîte du Gros Siam, comme ici en 2007. Un pur grenache vinifié à la Cossard... ça donne quoi ?

    Une bouteille d'exception ! Le 2007 a une couleur déjà assez évoluée, sombre au centre et avec des reflets presque œil-de-perdrix. Un nez dévastateur, sur le fruit, une bouche classe avec une finale amère, presque torréfiée. On n'est pas sur la même griotte (caractéristique du grenache) qu'à Banyuls par exemple : on sent le sol pauvre, mais les tanins doux et en somme de la retenue. Au fur et à mesure on gagne en amertume (en fait, c'est à cause de la nourriture assez grasse avec laquelle on l'accompagne) et en groseille aussi, on dirait : oserais-je dire que ça pinote ? A l'aveugle, on serait évidemment complètement paumé. C'est surtout incroyablement léger et digeste pour un "Gros".

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    Le seul problème de cette bouteille, c'est qu'il faut mettre la main dessus. Allez, je suis sympa, je dis où j'ai trouvé la mienne : chez VinNouveau et pour 10 euros, une paille pour un tel mastodonte !

  • De l'utilité des blogs indépendants sur le vin

    A cette interrogation légitime, voici une réponse quelque peu anachronique par Alain Braik. On est en 1983 et celui que Marcel Lapierre surnomme "L'Ingénieur Liberté" écrit à Jacques Néauport :

    "Et je trouverais d'un cynisme misérable de déguster un bon vin inconnu sans lui faire la réputation qu'il mérite, condamnant ainsi le vigneron à subir une injustice terrible. Il faut au contraire avoir le panache et la fierté de faire à un vin la réputation qu'il mérite."

    Ce paragraphe est extrait de l'ouvrage Les Raisins de la Raison (éditions Jean-Paul Rocher, 1998) dans lequel on suit le cheminement de l'éditeur Braik à qui Néauport a confié le texte de Réflexions d'un amateur de vins. Braik refuse les logiques commerciales et les circuits traditionnels de distribution ; il tente l'invention d'un nouveau modèle. L'édition artisanale, en quelque sorte. 

    Lien permanent Imprimer Catégories : Bibinographie 0 commentaire
  • Petit luxe anti-crise #19 : la générosité de la charcuterie Ronceret

    Oui, oui d'accord... Chaque lundi, je reprends les petits luxes anti-crise ! C'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

    C'est une adresse que les gourmands se refilent sous le manteau, comme si on était honteux ou comme si des puissances extérieures au bon goût nous occupaient. Souvent le passant qui n'est pas dans la confidence passe devant Ronceret en regardant à peine la vitrine. Faut dire que ce coin de la place Voltaire est bien achalandé question barbacque avec pas moins de 4 boucheries-charcuteries sur quelques dizaines de mètres (dont une chevaline de l'autre côté de la place). 

    Pourtant, notre charcutier-traiteur est assez réputé, mais pas très médiatique. Médailles pas en toc et diplômes obtenus à la force des bras ornent les murs. A l'intérieur, on quitte Paris pour une auberge de province rassurante. Je n'ai pas encore goûté les plats cuisinés ; dans une telle boutique, je m'intéresse plus à la charcuterie qu'au traiteur. Jambon à l'os, jambon fumé, andouille, andouillette... Et surtout les pâtés et le fromage de tête maison (moins de 20 euros le kilo, soit quelques euros la belle tranche). On voit d'ailleurs que toute la tête est là, avec la belle ligne blanche formée par l'oreille.

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    Voici une belle maison qui prépare elle-même ses terrines. On ne se contente pas de prendre le camion frigorifique direction Rungis et une fois revenu à la maison, d'ouvrir le plastique. Il y a un vrai travail d'artisan, voire d'artiste. Une adresse rare.

    Ronceret, 138 rue de la Roquette, 75 011 Paris, 01 43 79 71 19.

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