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  • L'Auberge Flora, un peu décevante

    Pas trop loin de ma casa, Flora Mikula (ex-Les Saveurs de Flora) a ouvert son hôtel-restaurant-auberge. L'Auberge Flora donc. Pour faire complètement provincial, manque le côté bar-tabac-pompe-à-essence-dépôt-de-pain. Tiens, c'est une idée. J'y ai donc mis les pieds l'autre samedi midi, chez cette chef assez médiatique, un peu lorraine, un peu polonaise, sympathique donc.

    A deux, on a mangé comme quatre. Notons qu'officiellement, le week-end, c'est brunch. Dans les faits, c'est un vrai menu (28 euros) avec plein de trucs à grignoter, un poulet rôti décevant et des desserts bien vus. Résultat ? Forcément un peu mitigé. 

    On commence par un verre de cidre Ecusson Rosé, un truc de supermarché (compris dans le prix). J'ai bien tenté de le faire remplacer par un verre de bière industrielle, mais non. Il faut dire que ce jour-là c'était début de canicule, alors je l'ai bu. Et ça m'a un peu changé. Mais franchement, c'est à l'image d'une carte des vins (et des bières, et des cidres) qui ne casse pas trois pattes à un canard, hormis un joli chinon de Nicolas Réau. Bref, ami buveur de vins comme on les aime, passe ton chemin.

    Arrive un peu de charcuterie fort bonne (finocchio et mortadelle), un peu superflue par rapport à ce qui va suivre.

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    Voici l'immense plateau de tapas maison. Il se monte à trois étages auxquels on ajoute quelques mini-assiettes autour. Je sais bien que c'est la mode des tapas dans le quartier mais ceux-là ne partent pas en quenouille et tout est fait maison. Rillettes de lapin aux fleurs de câpres et citron confit, houmous, tarama, terrine de queue de boeuf au foie gras, gaspacho, légumes à la grecque...

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    Faut avouer que ça part dans tous les sens et qu'il y en a bien trop (on ne va pas s'en plaindre, tant les portions deviennent de plus en plus chiches ailleurs). Faut aussi avouer que c'est assez réussi mais on est un peu perdu ; où le chef veut-il en venir ? Un midi d'automne avec des degrés en moins et des potes en plus, là je dis pas.

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    Question plat, le poulet rôti au thym est un peu aux abonnés absents et les pommes de terre, pas mieux. Sec, bizarrement grillé, pas forcément heureux d'être là parmi nous. Un peu à l'image de mon estomac, car à force d'être gavé d'entrées, il a du mal à suivre.

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    Et j'en remets une couche sur la chaleur qui incite plus à la vulgaire tomate-mozza, magnifique quand elle est bien réussie. Bref, ce poulet, non.

    Reste toujours une place pour les desserts, surtout quand ils sont joliment troussés. Je vais chipoter, dire qu'ils s'avèrent un poil trop régressif. Mais les fruits avaient le goût de fruits et désaltéraient bien l'homme. A nouveau, parions que la crème chocolat-violette fera un tabac... en automne !

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    Je suis donc plutôt mitigé sur notre affaire du jour. On n'est pas trop bê-bête, on sait bien qu'il faut laisser à une adresse le temps de s'installer et au soleil celui d'abandonner ses rayons trop puissants. Et revenir hors week-end. Mais cela n'aura sans doute pas d'effet sur la carte des boissons, c'est vraiment dommage.

    L'Auberge Flora, 44 boulevard Richard-Lenoir, 75 011 Paris, 01 47 00 52 77.

  • René Fallet contre les vins "trafiqués"

    Tout le monde a visionné La Soupe aux Choux, oubliant que ce mauvais film était une adaptation d'un roman éponyme de René Fallet. Tout le monde n'est pas sérieux, c'est entendu. Vraiment, il aurait mieux valu s'en tenir au livre - qui ne commence pas comme le film et ne se termine pas non plus de la même façon.

    Nous sommes ici vers la fin de l'histoire. L'extraterrestre baptisé La Denrée vient de multiplier les louis d'or du Glaude Ratinier. Fort de cette manne, le paysan bourbonnais en dépense une bonne part en vins d'exception ("des bordeaux, des bourgognes et même du champagne"). Faut dire que ça le changera du petit bleu. Une fois à la maison, il goûte ses acahts avec son compère le Bombé.

    On avait sauté sur le tire-bouchon. On avait goûté une bouteille, puis deux, puis trois. Chérasse avait repoussé l'offre de "casser la gueule" à une quatrième.

    - Ca vaut pas le coup, le Glaude.
    - Pourquoi ? C'est du supérieur, non ?
    - Je dis pas, mais ça me barbouille. J'aime autant mon petit pinard qui vient de l'Hérault.  Pas toi ? Il est plus gouleyant, plus fruité.
    - J'étais en train de me dire la même chose. Ca me tape derrière la tête, alors que ça m'y fait jamais avec mon douze degrés du Var.
    - On doit rien y connaître, mais j'y connais quand ça me dévore.
    - Moi aussi. Je me demande ce qu'y foutent là-dedans pour valoir des deux mille balles et plus.
    - C'est sûrement trafiqué si tu veux mon idée. [...]

    A son âge du moins, l'argent, non content de ne pas faire le bonheur, ne servait pas à grand-chose. Il en avait toujours eu assez pour s'offrir un litre, et même deux, et du bon qu'on n'avait pas à s'envoyer de l'aspirine après l'avoir sifflé !

  • Pierre Overnoy dans ma cuisine

    Quand l'immense Pierre Overnoy n'aime pas trop la tournure que prend une barrique, il refuse de la commercialiser de manière classique. En résulte un "vin exclusivement pour la cuisine".

    C'est quoi ? Un blanc sur l'oxydation bien sûr, on est dans le Jura. Un pré-vinaigre comme pourrait le dire Périco Légasse. C'est surtout un vin caméléon. Il pourrait jouer le jaune dans le poulet aux morilles, devenir vrai vinaigre dans la salade, être un peu les deux pour décupler la force d'une ravigote. Ou faire un joli petit canon avec le comté, si on décide de le boire malgré tout.

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    Assurément une très belle bouteille, 15 euros à l'épicerie du Verre Volé. Oui car cette bouteille-là, comme toutes les autres, on l'a payée.

  • Chez Michel : le Paris-Brest, mais pas seulement...

    Certaines adresses défraient la chronique (aujourd'hui, on utiliserait cet horrible mot "buzz"), puis on les oublie. Moi j'y vais plutôt quand justement, on les a oubliées. D'où un peu de retard à l'allumage, souvent.

    Chez Michel par exemple, un bistro breton qui en impose. On résume vite pour ceux qui n'ont pas suivi : Thierry Breton, qui est vraiment breton, copain de Camdeborde, lui aussi porte-étendard de la bistronomie, fait Paris-Brest en courant et Paris-Brest en gâteau (sans doute le plus renommé de la capitale). On va l'évacuer tout de suite, puisque c'est ce que tout le monde attend. Oui, commençons par le dessert, ça changera.

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    C'est extrêmement bien réalisé, fondant et léger. C'est beau, c'en est même sexy. Mais il faut dire que celui de Conticini a quelque peu dynamité le genre. Chacun fera son choix entre la gourmandise folle et le classicisme parfaitement réalisé. Notons ici qu'on est plutôt sur les arômes de torréfaction que sur le sucre, ce qui va très bien avec ce qui suit...

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    Le livre de cave de Chez Michel est extrêmement jouissif. Le Blanc du Casot 2001 (Casot des Mailloles, Alain Castex) à un peu plus de 40 euros sur table ! Hormis le fait que cette bouteille est introuvable, n'oublions pas que les derniers millésimes chez un caviste parisien tournent autour de 35 euros. A quelques pièces de plus au resto pour un millésime un peu ancien, c'est une aubaine.

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    Seule une oxydation renforcée pourrait nous faire croire qu'il a subi les affres du temps. Mais la fraîcheur est là. Et le côté glouglou aussi malgré 14,5°. C'est un grand vin caméléon, qui accompagne le repas de l'entrée jusqu'au Paris-Brest. Oui, soyons hérétiques jusqu'au bout.

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    Tartare d'huîtres de Part-Ar-Coum. Là aussi, c'est jouissif.

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    Le pigeonneau de Paul Renaud cuit en cocotte repose sur une échine Ibaïona. C'est ça, la cuisine : un produit magnifique, un cuisinier sachant cuire et un condiment. On ne peut pas tricher. Quelle assiette !

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    Quelques fromages de Bretagne bien appétissants.

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    Pour dire la vérité, en ce qui concerne Chez Michel, je n'ai pas eu de retard à l'allumage. J'y suis allé, il y a bien 3 ou 4 ans, en plein buzz donc, avant que la carte n'évolue. Du menu à 30 euros et des brouettes de l'époque, je ne me souviens plus très bien. La table ne m'avait pas fait autant d'effet que ce soir.

    Mais côté prix aujourd'hui, on est passé à 50 euros par personne pour ce repas de ce soir (hors vin, bien entendu). Malgré tout ce que je viens de dire plus haut, j'avoue que c'est un peu cher (hors vin, bien entendu - bis). Bien sûr, je me suis régalé, la cuisine est impeccable et non seulement je n'ai plus faim en sortant, mais je suis gavé, mon ventre va exploser. Faut dire que je me suis lâché sur le fromage. Cependant, la pilule passe mal, ces 50 euros sont un peu difficile à digérer. On n'est pas chez Camdeborde à Odéon où pour un prix équivalent, c'est la totale. Peut-être y en a-t-il trop dans l'assiette. Si on m'avait enlevé le fromage du ventre et de l'addition, j'aurais été plus serein, je pense. Mais quelles assiettes...

    Pour remédier à ce souci du prix, il faudra tester Casimir, l'annexe, la porte à côté.

    Chez Michel, 10 Rue de Belzunce, 75 010 Paris, 01 44 53 06 20.

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