Avertir le modérateur

Cheval-Bla​nc et Yquem, deux mythes à mourir d'ennui

Je vais dire ici tout le bien que je pensais de la cave du Bon Marché avant le ravalement des dernières semaines. Située dans un arrondissement plus-chic-tu-meurs, elle pratiquait pourtant les prix parmi les plus bas de la capitale sur certaines belles bouteilles. Car en plus des grands crus attendus, la sélection se faisait particulièrement pointue voire déjantée :  les vins d'Elian Da Ros, ceux de Romain Paire et de Prieuré-Roch. Ou encore un Ebrescade à point (2004) de Richaud à moins de 25 euros. Du plus classique aussi, mais du joli comme les bourgognes de De Montille ou l'aligoté de De Villaine. Bref, à chaque passage, on avait envie d'y fureter. Voilà, c'est fait. Les gestionnaires de la cave, les responsables du magasin, les agences de comm' pieds-z-et-poings-liés-à-leurs-clients et les buveurs de bordeaux peuvent stopper la lecture de ce billet.

Car je vais maintenant dire tout le mal que je pense de la cave du Bon Marché après les travaux. L'espace s'avère désormais assez clinique et l'éclectisme qui tendait vers le naturel a pris la poudre d'escampette. C'est joli les grands bordeaux mais on n'en achète pas. C'est joli les étiquettes prestigieuses des autres régions mais idem. Pire, je vais vous dire : on ne les boit pas, on ne les boit plus. Le plus sidérant fut la soirée d'inauguration de la cave à laquelle on m'avait gentiment invité. photo(2).JPG

Je plante le décor de cette fin d'après-midi de décembre. Outre ma pomme et des copains blogueurs privilégiés, sont réunis des journalistes, des professionnels du vin habitués de ce genre de sauteries. Il n'y a pas de pointures, il faut l'avouer. Des pique-assiettes alors ? C'est vous qui le pensez, moi je n'ai rien dit. Je dis ça, mais je ne connais pas tout le monde. Et, pourvu d'une bonne dose d'auto-dérision, je m'y inclus, mais pour cette soirée seulement car je fuis ce genre de pince-fesses d'habitude. Mais là, l'apriori était favorable. Tout commence avec un petit speech (plutôt intéressant) du boss de la cave dans le caveau des grands crus, ces fameux vins que plus personne ne peut boire.

Sauf nous, ce soir-là. Car nous accompagnent un commercial de Cheval-Blanc et la maîtresse de chai d'Yquem. Au sujet du premier, cru d'une immense réputation, tout le monde avait tartiné l'an dernier au sujet de la rénovation de leur chai par un architecte prestigieux. J'aurais préféré qu'on me parle de vin, mais bon... Quant aux liquoreux du château d'Yquem, je le précise pour ceux qui vivent sur la planète des buveurs de Vittel, ces vins sont sans aucun doute les plus célébrés dans le monde. Ce soir, ce n'est pas du lourd, c'est de l'énorme, de l'incommensurable. Du jamais bu pour nos jeunes palais de Français moyens. Enfin, si, on en avait déjà bu. Sans un grand souvenir.

Pour régaler ou intriguer les amateurs confirmés et les professionnels présents, le Bon Marché aurait mieux fait de nous faire découvrir des "petits" vins "accessibles" que le magasin propose à la vente. On aurait voulu des trucs un peu originaux. Au lieu de cela, on préfère fêter le truc en laissant les gens de Cheval et d'Yquem ouvrir des vins d'exception. Enfin, l'exceptionnel, c'est surtout leur prix : tout cela nécessite un coup de fil à Cetelem avant le passage en caisse. Parait qu'un mythe n'a pas de prix... Ben si, en fait. Et je vais vous les donner pour tenter de démontrer l'incongruité de la chose.photo(1).JPG

On nous assied en rang d'oignons sous des néons agressifs. On commence avec Y de Yquem 2006, c'est à dire le blanc sec (sans sucre) du château. Perso, je le trouve hyper vert, un peu rude à avaler. Je ne finirai pas la quille à moi tout seul, j'ai déjà du mal avec mon seul verre de dégustation. Prix T.T.C. chez un caviste : autour de 120 euros. Je me marre. Il s'agit bien d'une bouteille de 75 centilitres, pas d'un magnum ni d'un jéroboam, mais une bouteille classique.

Cap sur les rouges avec le second vin de Cheval-Blanc, le Petit Cheval en 2006 lui aussi. On en avait déjà bu. Âpre et rude à nouveau et surtout, on dirait qu'un cépage supplémentaire entre dans sa composition : le bois. Forcément, il est vinifié dans 100 % de barriques neuves. Chez les naturels, on appelle ça "faire une pipe à Pinocchio" (copyright Vincent). Chez le caviste, on débourse un peu plus de 150 euros pour une simple bouteille. Je me marre (bis).

Suit le frérot un peu plus vieux, le Petit Cheval 2001. On nous dit qu'il s'agit de "l'archétype de ce qu'on sait faire dans le Bordelais". Ben dis donc, faudrait tout de suite arrêter de faire du vin alors. Parce que c'est pas gégé. En entendant cela, on se demande vraiment où sont les rires enregistrés. Le 2001 est certes plus léger (heureusement, d'ailleurs) mais ennuyeux à mourir. Plus de 200 euros la quille. Je me marre (ter).

Voici les grands vins. Enfin... les "grands"... Façon de parler.
 
Il est mignon le Cheval-Blanc 2006 à l'amertume exécrable (et Dieu sait que j'aime l'amertume) qui monte à 620 euros les 75 centilitres (là aussi, on parle toujours du prix d'une bouteille normale). Je me marre, mais là ça tire sur le rire jaune.
 
Puis, tel un destroyer qui vient tout sauver, voici Cheval-Blanc 2000. Enfin, on le pensait. D'accord, s'il fallait vraiment en sauver un ce soir-là, je veux bien le mettre de côté. Mais franchement, c'est par politesse. Je l'avoue, je trouve que ça se laisse boire, que ça pourrait presque être intéressant à table mais aucun de mes sens n'a été transporté. C'est limite si je ne m'en veux pas à moi-même : "tu dois avoir le palais sacrément déviant pour ne pas apprécier un vin à 1200 euros". Il n'y a pas de faute de frappe, il faut bien lire 1200 euros. 1, 2, 0, 0. Quatre chiffres. Soit un vin qui coûte plus d'un smic net, un vin dont le centilitre coûte plus de 15 euros... En le buvant, je m'ennuie et vu le prix du vin, je ne me marre plus du tout.

 oursibn.JPG

Pour ajouter à l'absurdité de la soirée, le Bon Marché avait prévu quelques grignotages pour accompagner les bouteilles. Des trucs pas mauvais mais pas transcendants non plus. À ce stade, à celui du Cheval-Blanc 2000 (1200 euros la quille, je le répète), arrive une petite bouchée homard-oursin. Avec ce gros rouge, c'est du grand n'importe quoi. Oui, j'aime bien les accords mets/vin à la con mais là ça dépasse l'entendement. J'aurais préféré rester à jeûn. Ou qu'on reparte sur Y de Yquem. Tu me diras, il y avait déjà eu une bricole sucrée avec un des premiers rouges.

Du blanc maintenant : le grrrrrand Yquem, le vrai, avec du sucre dedans et tout, et tout. La version 2007 est plutôt jolie, c'est celui-là en fait le vin à sauver ce soir. Mais bon, hein, on n'est pas non plus transporté. Paraît qu'il n'est pas encore en place ; alors pourquoi le proposer à la vente ? Parker lui met 98/100 avec ce mot "magique". A 550 euros la bouteille, c'est une aberration.

Yquem 2005 s'avère crémeux avec pas mal de sucre : bref, tout ce que je déteste. Il laisse d'ailleurs un sale petit goût en bouche assez inexplicable . L'accord avec le pata negra pourrait me faire exploser de rire. Entre 600 et 700 euros la quille, je ne rigole plus, mais alors plus du tout.

Enfin un Yquem un peu plus vieux, le 1996 qui se montre champignonné, donc je dirais joli mais là encore assez ennuyeux. A 300 euros, on casse les prix, c'est presque abordable... Non évidemment, je déconne.

yquem.jpg

Conclusion. On pourra dire que mon palais est déviant à force de boire du vin naturel et que je ne suis pas habitué aux grands vins. Mais après en avoir goûté quelques-uns aujourd'hui (ou d'autres à d'autres moments), Cheval-Blanc et Yquem ne sont pas pour moi des "grands" vins.

Oui, j'ai un vrai problème avec eux ; je n'ai pas envie de me resservir un verre. A cause de leur goût intrinsèque et de leur prix totalement délirant. On pourra me taxer à chaque fois de mauvaise foi. Ma foi, je m'en fous. S'il y en a certains que ça fait vibrer, tant mieux, je les laisse acheter ces bouteilles. Si des Chinois, des Indiens ou des Brésiliens le font, on ne peut pas leur en vouloir, on a fait pareil à une époque. Et ça leur passera avant que ça me reprenne.

Le vin est une boisson, et par cette nature, il est fait pour être bu, avalé et donner les idées heureuses. Ici, je me sens loin de tout ça. Une armée des ombres faite de buveurs, de néophytes, d'amateurs, de connaisseurs, de professionnels en a conscience, elle est justement en train de sortir de l'ombre. En tant qu'amateurs-blogueurs, nous avons aussi une responsabilité. J'irais même jusqu'à paraphraser un vieux barbu : les blogueurs n'ont fait qu'interpréter diversement le monde du vin, il s'agit maintenant de le transformer. Quitte à être les idiots utiles du système qui en accouchera.

Aparté. Pour se rincer la bouche, on est allé faire un tour dans une maison choisie, le Coinstot Vino. Le talentueux Guillaume Dupré nous a dégoté le Bibonade de Jeff Coutelou, un vin louche par rapport aux canons de l'orthodoxie vinicole. Un compliment, donc. Vendange en sûrmaturité d’une parcelle complantée avec 20 cépages différents et vinifiée sans aucun intrant chimique, il fout une claque à Yquem pour une raison particulière : il donne le sourire. A moins de 20 euros sur table. De plus, il nous a fait parler pendant une bonne demi-heure, à peine le temps mis pour siffler la bouteille. On le sait d'ailleurs, c'est le test ultime : le meilleur des vins est vidé avant les autres. Ce soir, il n'y avait pas photo. Et c'est un vin qu'a d'la gueule !

photo(3).JPG

C'est mon opinion et je la partage.

Commentaires

  • Merci Guillaume pour ce billet. Le jour de mon anniversaire (et je ne déboucherai pas d'Yquem ou de Cheval Blanc... de toute façon je n'en ai pas), on ne pouvait pas me faire plus beau cadeau que cette lecture !

  • Moi aussi je partage ton opinion. Rien à redire.
    Mais est-ce qu'ils ont toujours les bonnes bouteilles dont tu parles au début de ton article ?

  • Fais gaffe, Guillaume, la pipe à Pinocchio, c'est déposé. Par meszigues…
    Bravo en tout cas pour l'idée d'avoir sorti du jambon pour une soirée de dégustation de vin (hors Jerez…)!

  • Merci JC et Erix ! Et réparé Vincent !

  • Merci, Guillaume, c'était vrai, mais c'était pour rire…

  • :)

  • J'irais même jusqu'à paraphraser un vieux barbu : les blogueurs n'ont fait qu'interpréter diversement le monde du vin, il s'agit maintenant de le transformer. Quitte à être les idiots utiles du système qui en accouchera.

    Qui s'est ce vieux barbu jeune homme ?

  • Salut Guillaume

    Au moins tu y va franco ! ;-0

    Globalement d'accord avec toi meme s'il ne faut pas mettre tous les grands vins ni Bordeaux dans le meme panier.
    Tant mieux pour ces domaines, s'ils arrivent a bien vendre et s'ils trouvent des clients a ce prix

    Je ne connais pas Cheval Blanc, on dira que le temps est sans doute son allié. J'apprecie Yquem sans transport mais j'aurais aimé gouter le 2007 qui est parti pour longtemps parait il. j'ai bcp apprecie le Y 2004 plein d'une grande finesse et d'une grande élegance.

    Quant a Coutelou, c'est ma decouverte de la semaine (Sauvé de la citerne, 7). C top pour 6/12€ ! Ce soir j'ouvre la 3e cuvee du domaine, ce sera vigne Haute.

    Allez santé ! prosperité !

  • Je partage votre point de vue sur ces "grands" vins qui n’ont de grand que le prix et sur ces "petits" vins qui n’ont de petit que le prix aussi. Par ailleurs, je pense que moi aussi, j’aurais été perturbé par ces alliances avec des mets improbables… Par contre je ne suis pas du tout d’accord avec votre appréciation de YQUEM. C’est un vin magnifique, un grand vin de caractère qui ne me laisse jamais indifférent. J’ai goûté les 25 derniers millésimes et n’ai jamais été déçu. Le prix est élevé, certes. Mais n’oublions pas que le rendement est inférieur à 10 Hl/Ha et que le coût de production est élevé (bien plus que Cheval Blanc qui est pourtant vendu plus cher). Pour moi, Yquem est un bon rapport qualité/prix. Enfin, je suis surpris que vous n’ayez pas au moins été séduit par le charme de Sandrine Garbay, Maître de Chai de Yquem ;-)

  • En effet, je partage "en partie" ce doux billet mais attention, ce auquel j'adhère moins, c'est cette approche très parigo parisienne de fustiger Bordeaux en ne citant toujours que les 2 ou 300 farcies qui vivent sur une autre planête et donc de mettre les 9400 autres viticulteurs bordelais dans le même sac. J'ai connu cette mode parisienne durant mes années viticoles qui était de casser du Bordeaux pour faire bien (surtout chez les cavistes et restaurateurs). Il faut avoir la même approche avec toutes les autres appellations françaises (pour ne pas citer Bourgogne qui à moins de 40€ n'est pas capable de te faire autre chose que de la m...) ou même les vins étrangers comme les grands californiens où là même Cetelem ne ferait pas le poids car ils sont limités en durée et montant du crédit accordé pour de la simple consommation. Alors oui à la critique face à la débilité de certains grands crus bordelais mais non, la plus grande appellation en AOC au monde ne fait pas que de la merde inaccessible réservée aux chinois.

  • Martin, vous venez de mettre dans le même sac tous les vignerons bourguignons. Ils sont nombreux à faire de jolis vins pour moins de 40€...

  • J'attends avec impatience le billet qui nous expliquera que la musique classique c'est à mourir d'ennui, que la fanfare municipale qui joue la BO de Mission Impossible fout une claque à Bach et Haendel pour une raison bien particulière : elle donne le sourire.

    Oui, il faut mépriser l'avidité de ceux qui vendent ces vins à des prix incroyables que seuls acceptent encore les nouveaux riches chinois (et encore...). Oui il faut mépriser tous ces magasins qui ne pense le vin que comme un sac à main Vuitton.

    Comme la musique classique, le classicisme bordelais fait chier beaucoup de monde. Les deux sont souvent entourés d'un snobisme insupportable. Mais ça me parait tout de même absurde de dire si péremptoirement qu'ils sont intrinsèquement chiants.

  • Pierre,

    Je pense qu'il est n'est pas malhonnête d'écrire que la région bordelaise, comme la région champenoise, sont globalement sinistrées, et ce depuis au moins les années 70 (et même bien avant, en réalité).
    On trouve dans cette région une majorité de vignerons businessmen, plus intéressés par la maximisation des profits que par la qualité.
    Souvent les domaines ont été acquis par des investisseurs sans vergogne, qui entendent bien faire pisser la vigne et les dollars.

    Gros budgets marketing, exportations, millésimes identiques d'une année sur l'autre quelque soit le climat, vins techniques, sans personnalité, sans âme. C'est bien ce qu'est devenu le Bordeaux aujourd'hui, en immense majorité (évidemment, il reste quelques bons vignerons bordelais, mais bien moins que dans d'autres régions en proportion).

    C'est aussi une région qui a entièrement été "parkerisée", d'où les dérives (goûts boisés, vins épais et lourds, d'une concentration extrême). C'est le domaine des oenologues rois, ou la chimie a entièrement remplacé les vraies valeurs (whatever it means).

    Ca n'est pas forcément beaucoup mieux dans les autres régions, mais c'est tout de même dans le Bordelais qu'on trouve le moins de vignerons pratiquant une agriculture et une vinification raisonnées, respectueuse de la nature et des consommateurs.

    Pour avoir moi même goûté certains de ces prétendus Grands crus, je peux aussi dire qu'à chaque fois j'ai été étonné qu'il y ait encore des gens pour les acheter à ces prix-là, sans parler du scandale des seconds vins.

    Il y a bien autant de scandales en Bourgogne (certains "grands crus" bien inférieurs à certains villages, etc.), mais il y a tout de même encore là-bas un nombre significatifs de producteurs sérieux, y compris de jeunes vignerons. On ne trouve pas le même état d'esprit à Bordeaux, à de trop rares exceptions près.

    Vous avez tout à fait raison : le Bordeaux n'est pas intrinsèquement chiant.
    Il se trouve qu'il l'est, factuellement, pour des raisons historiques.
    Il n'y a pas de malédiction particulière dans cette région, juste le poids d'un passé écrasant.
    Quand on veut produire des vins essentiellement destinées à l'exportation, on doit respecter des standards, se plier à des règles et des goûts internationaux, produire des vins qui peuvent rester en container en plein soleil dans un port pendant des jours, etc.
    Quand on veut produire des vins très chers, en très grande quantité (ce qui est tout de même une particularité bordelaise), on doit passer dans un mode industriel qui ne peut respecter les clients. C'est un positionnement que le bordelais a pris il y a très longtemps.
    Le vin y est une industrie depuis longtemps, tout à fait à l'image de la plupart des vignerons américains.


    Cordialement,

  • Après avoir lu ce post et les commentaires, je pense qu'il faut différencier les GCC et les autres vins de Bordeaux. Je pourrais vous enmener rencontrer des vignerons bordelais qui n'ont pas l'ego surdimensionné, qui en bavent tous les jours mais gardent la foi, font des vins de qualité, pas formatés, vendus à un prix juste et qui pâtissent de la politique menée par les GCC. Et ils sont nombreux! Pour les GCC c'est différent, depuis le millésime 1982 et l'effet Parker, le discours est : c'est GCC, c'est demandé, donc c'est cher et si c'est cher, c'est que c'est bon...même en 1997 ou 2007! Le problème c'est que de moins en moins de clients adhèrent au discours et que les GCC font de la fuite en avant en cherchant toujours le prochain pigeon à plumer pour satisfaire leur ego démesuré et remplir grassement le portefeuille. Au final les GCC deviennent de plus en plus des pièces de musée detenus par des buveurs d'étiquettes ou alors des warrants pour investisseurs qui espèrent faire une plus value dans quelques années. Le vrai amateur de Bordeaux, qui connait et boit Bordeaux depuis des lustres - et qui souvent a acheté des 1ers GCC à 50 francs la bouteille - n'achète plus faute de moyens ou dégouter par la politique des prix pratiqués par les Chateaux. Et puis maintenant sans Parker qui prend de la distance (The Wine Advocate a été vendu en partie à des Singapouriens) et les Chinois qui commencent à tousser sur les prix, à qui les GCC vont vendre leur salade ? Les Brésiliens ? Pas encore assez de riches et beaucoup de taxes à l'import. Les Millennials américains ? Avec $40.000 de dettes à la sortie de l'université, oui ils consomment beaucoup de vins mais à $12.00 la bouteille! (ça c'est pour répondre au Directeur Commercial de Chateau Margaux qui va lancer un 3ème vin sur le marché en 2013) Et comme les négociants ne veulent plus faire les banquiers (acheter et porter les allocations primeurs) on voit de plus en plus de GCC qui font la grimace et qui vont essayer de vendre en direct...d'où les dégustations comme celle-ci où on en mets plein la vue au Bobo qui veut épater la galerie dans ces prochaines soirées en disant "cette bouteille vaut 1200.00 euros!" (mais qui serait incapable de faire la différence entre Chateau Mouton-Rothschild et Mouton-Cadet). Donc déguster un Yquem 2007 (grand millésime en liquoreux mais pas en rouges et blancs à Bordeaux) est une hérésie totale, c'est comme ouvrir une bouteille de La Tâche après 5 ans. Et oui Y de Yquem ou Petit Cheval, c'est pas la qualité du Premier Vin et même si qualitativement c'est bon, on paye largement pour l'étiquette. Bref à vouloir enfler leurs clients par tous les moyens, bientôt les GCC se boiront entre propriétaires de GCC...histoire de savoir qui peut avoir l'égo le plus gros!
    (pour info je déguste, achète et vends des vins de Bordeaux 365j par an aux USA)

  • Quoi? DMDLV n'était pas dans ma blogroll???!!!! Quelle honte!! Juste merci et bravo pour ce billet.
    Fabrice

  • Je crois qu'il y a la même proportion d'abus dans toutes les catégories de vins.

    Quand on vous sert un vin qui est reparti en fermentation, qui sent les brets et qui est réduit, en vous disant que "c'est trop top" parce qu'il n'y a pas de sulfite, et qu'accessoirement, c'est 35 euros, je me sens aussi mal que lorsque je bois ces ennuyeuses bouteilles de champagne à 70 euros (au moins celle ci à un gout correct).

    Cette situation a lieu dans beaucoup de cavistes/bar à vin, j'ai même vu des gens s'extasier sur des arômes qui sont purement des défauts oenologiques (parfaitement faisables sur des vins industriels). Et nous savons tous ici que les vins natures sont souvent plus cher que la moyenne (a raison !).

    Je voulais simplement, ici, souligner que le phénomène qui a fait monter les GCC à ces hauteurs invraisemblables est aussi en train de se développer sur les vins natures. Et c'est un scandale AU MEME TITRE.

    Merci pour cet article, et à bientôt!

  • C'est certain qu'il ne suffit pas qu'un vin soit prétendument nature pour qu'il soit bon, ça serait trop facile.
    Même remarque pour le bio.
    Il est également vrai, que travailler en nature peut imposer des contraintes supplémentaires en termes de propreté. Si tout cela n'est pas respecté cela peut conduire à des problèmes. Pour faire du nature il faut avoir "le cul propre" (discussion avec William du Sévéro, un jour de dégustation durant lequel nous avions les mêmes doutes sur un vin "nature").
    On est aussi d'accord, qu'il y a des phénomènes de modes, dont il convient de se méfier, y compris dans le nature (par exemple les vins blancs trop oxydatifs, etc.).
    Tout cela étant dit, il reste que c'est quand même chez les vignerons natures ou raisonnés (point n'est besoin d'être extremiste) qu'on trouve aujourd'hui les vins qui offrent le plus d'émotions et de plaisir, tout en respectant la nature et la santé de celui qui les boit, et en général à des rapports qualité / prix corrects (entre 8 et 20 eur la bouteille).
    Cdt, Eric.

  • Oh je suis parfaitement d'accord, Eric. (surtout sur la propreté en cave)
    Et pas plus tard qu'hier j'ai bu, honte à moi dans la même soirée, un Danjou Banessy et le rouge d'Overnoy, et je me suis ré-ga-lé.

    Simplement, ce qui a fait d'Yquem ou Cheval Blanc ce qu'il sont, c'est 20 ans de sensas'! De poudre au yeux.
    Et je remarque simplement que ce même "sensas'" commence à émerger en vins natures et fausse les qualité comme les prix. Et qu'il faut faire attention.

    J'en profite pour ajouter que les quelques fois ou j'ai été admiratif et prêt-à-payer sur bordeaux c'était sur des St Estèphe.

    Bonne journée à tous.

  • Les derniers paragraphes de ce brillant article par Michel Bettane et Thierry Desseauve expliquent bien, je trouve, le risque évoqué dans les derniers commentaires, dont Cheval Blanc et Yquem ont été les drapeaux il y a 20 ans.

    http://bonvivantetplus.blogspot.fr/2013/01/le-vin-bio-de-la-redemption-limposture.html

  • monsieur,
    en tant que fondateur du forum LPV (La Passion de la Vittel), je m'insurge contre vos propos calomnieux. nous autres buveur d'Eau savons ce qu'est le Chateau Yquem. c'est un truc un peu comme du Jurançon mais plus cher. nous en avons d'ailleurs acheté une caisse pour la naissance du petit dernier. Pour preuve, je tiens à votre disposition notre dossier de surendettement.
    Minéralement vôtre

  • Je ne partage pas mais j'aime l'expression "le cépage supplémentaire : le bois".

  • Bonjour,

    Parler d'un prix pour justifier d'un goût ? Ou l'inverse ?

    Quel manque d'objectivité pour une personne soi disant "avertie", quel gâchis...

  • Le rapport prix/plaisir est pourtant fondamental Abdelkrim... A moins que vous ne voliez les bouteilles ;-)
    Oui c'est sans doute vulgaire de parler de prix, mais le plus vulgaire c'est de vendre des bouteilles à un tel prix.

  • merci d'avoir remis les choses à leur place,
    il faut se fier à son palais et à ses propres sensations...

  • Dommage d'utiliser un si beaux repas pour nous fournir des commentaires aussi imprécis et peu en rapport avec la réalité de ces vins, un concentré d'à priori et de haine. Un Cheval Blanc bien conservé, c'est un moment inoubliable pour quiconque a un palais digne de ce nom, un moment rare qui se paie au prix fort, mais dont on ne regrette jamais 1€.

Les commentaires sont fermés.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu