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  • Daily Syrien, ou la difficulté de trouver un bon falafel à Paris

    En ces temps troublés, il est bon de se souvenir que la Syrie est le berceau de toutes les cuisines du Proche-Orient, Alep en étant le point stratégique. Cette région du globe a connu plusieurs conflits militaires ou religieux... mais aussi des conflits plus culturels, ainsi cette guerre du falafel : tous les pays du Proche-Orient se disputent la paternité de ces boulettes de pois chiche souvent fourrées dans un sandwich. Et à Paris, les quelques restaurants syriens, libanais, palestiniens ou israéliens ne brillent pas autant que la coupole du Dôme du Rocher... Comme beaucoup de Parisiens ou de touristes, j'ai longtemps erré rue des Rosiers où L'As du Fallafel est devenu, bon an mal an, la référence parisienne. Va savoir pourquoi.

    Puis mes séjours à Jérusalem ont changé la donne. A Bethléem plus précisément, où, face à la basilique de la Nativité, Afteem (Manger Square, 00 972 2 2747940) sert le nec plus ultra du falafel avec le pain cuit chez le boulanger... Evidemment, chaque retour en France se fait dans la tristesse de ne pas retrouver l'équivalent. J'en suis venu à bouder L'As qui en définitive se révèle plus que banal quand on a eu la chance de goûter ce mets de choix dans sa région d'origine. Bref, je ne mangeais plus que des falafels maison, confectionnés avec la poudre bio de Naturalia, additionnée d'eau et frite. Faute d'être l'éclate, c'était un bon succédané, moins onéreux que dans le Marais. Enfin ça, c'était avant. Avant l'arrivée de cette échoppe : le Daily Syrien, curieux mélange de maison de la presse et d'ambassade gastronomique du Proche-Orient. 

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    Le patron viendrait du sud de la Syrie, juste à côté de la frontière israélienne. N'ayez pas peur, on n'est pas dans Hatufim. Ici, on ne parle que de bouffe : c'est frais et c'est extrêmement bon. 

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    A emporter ou à table (ici l'assiette des mezze).

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    Labneh, le fromage frais un peu aigre, sommet insurpassable de la gastronomie du Croissant fertile. 

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    Même le houmous n'est pas lourd, pas saturé de tahiné, pas suitant d'huile. C'est dire...

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    Tiens, je n'ai pas goûté ce taboulé. Au fait : le taboulé proche-oriental n'a rien à voir avec notre semoule indigeste. Là-bas, la base est constituée d'herbes fraîches, d'où cet alléchant vert.

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    J'allais oublier la douceur. Le mouhalabieh, cet entremets pour lequel on dénombre sans doute 50 orthographes et 50 recettes différentes. Léger, sans forcer sur l'eau de fleur d'oranger, il appelle son petit frère même si la cuisine qui a précédé tient au corps.

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    Question boisson ? C'est un peu le désert de Judée... Alors un thé à la menthe.

    Daily Syrien, 55 rue du Faubourg-Saint-Denis, 75 010 Paris, 09 54 11 75 35.

  • Frenchie To Go et la street food hors de prix

    Je n'aime pas payer un sandwich 12 euros. Même s'il s'agit du Reuben's de Frenchie To Go, avatar street-food d'une maison réputée ou du moins, dirons-nous, tendance. Je ne sais d'ailleurs pas ce que vaut la maison-mère, je n'y ai pas (encore) mangé. A vue de nez, ça me fait pourtant très envie. Bon, ce sera pour une autre fois.

    Venons-en à ce samedi de juin où vers 14h le ventre se mit à gargouiller. Me trouvant à quelques pas de la rue du Nil, j'en profite pour tester l'annexe de la fameuse adresse. La salle comble ne laisse plus guère le choix : il faut se poser sur le banc de la petite place voisine, au croisement de la rue d'Aboukir et de celle du Caire. Pas de problème, au contraire ; j'aime bien le calme du coeur du Sentier le week-end. Et dans le sachet ? Ce Reuben's semble appétissant.

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    L'origine de se sandwich se trouve aux Etats-Unis, sans doute dans les delicatessen new-yorkais mais les recettes changent au gré des traditions. Ici pastrami, cheddar, coleslaw : rien à dire question produits, c'est bon voire succulent. Je m'en prends par contre à la cuisson du pain qui rend la chose luisante de gras, même si ça ne se voit pas trop ci-dessus. C'est fait pour tenir au corps ? C'est l'importation d'une street-food U.S. ? En tout cas, en bouche, c'est assez malvenu.

    Quant au jus de fruits, on nous a vendu un procédé révolutionnaire que l'on ne trouve que chez Frenchie. Ouais, ok, ça me plait bien. À 4 euros, c'est joliment gingembré.

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    Mais tout de même... L'addition se monte 32 euros à deux, la preuve en photos. On peut cliquer dessus pour zoomer. On se croirait dans cet extrait de La Vérité si je mens où José Garcia se fout de la gueule d'un sandwich acheté rue Richer où tu te bouffes les doigts en deux bouchées. C'est pareil, c'est hors de prix et même si c'est bon. Et même si le produit est choisi. Et même si le chef est vertueux. Et même si c'est Paris. Et même si... On m'objectera qu'un kebab pourri vendu dans la rue voisine se révèle tout autant, voire plus cher (au poids) étant donné la piètre qualité de la matière première. Pas faux. Mais à 12 euros le sandwich, convenez que ça fait cher.

    Dieu sait, s'il existe et s'il lit mes articles, que ça ne me gène en aucune façon de dépenser mon salaire dans les restaurants ou le vin. Mais là, ça m'embête vraiment. Voici donc à quoi ressemble la street food parisienne haut de gamme (ce qui m'apparait antinomique) copiée sur New York ou Londres. Moi, je n'en ai guère envie. Pour avoir les autres prix, là aussi on peut cliquer.

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    Ah oui, autre chose : c'est le genre d'adresse que les blogueurs bouffe encensent. On les lit "séduits" par cette "adresse déjà culte" où "il m’a fallu du temps pour me remettre de mes émotions" ! Allez, les filles et les mecs, avoir lu une note dissonante ne vous a pas fait de mal, hein ?

     Frenchie To Go, 5-6 Rue du Nil, 75002 Paris, 01 40 39 96 19.

  • L'iconoclaste Michel Couvreur est mort

    C'est Whisky Mag qui se fait le messager de la bien triste nouvelle. Depuis la Bourgogne, Michel Couvreur élevait son whisky sur des chemins de traverse. Hors des sentiers battus et rebattus, il prônait l'importance du vieillissement (en Bourgogne) plutôt que l'origine du grain (l'Ecosse). 

    Chaque bouteille était admirable, et donnait à boire autre chose qu'un simple alcool. Je ne peux évidemment pas oublier ce clerach vieilli en fin de vin jaune. Et j'ai encore en mémoire ce que j'écrivais ici sur l'une de mes premières dégustations du célèbre Overaged.

    "Rien que l'ouverture avec un tire-bouchon et son bouchon en liège, ça te pose le bonhomme. C'est un révolutionnaire : selon lui, le terroir est insignifiant. Ce qui est important, c'est l'élevage. Distillé en Ecosse, le whisky est vieilli dans des fûts sélectionnés à côté de Beaune. Sans doute Michel Couvreur passe-t-il pour un fou auprès des amateurs de whisky... Personnellement, je n'y connais pas grand-chose, lui préférant le whiskey irlandais. Mais cette bouteille est d'une finesse hors norme, d'un volume incroyable et d'une buvabilité extrême. Un genre de vin naturel fait avec des grains... à plus de 40° évidemment".

    Il est celui qui m'a fait boire (un peu) de whisky. Et ce n'était pas gagné d'avance.

  • Boire un verre en terrasse à Montmartre ? Heu t'es sûr ?

    Encore une adresse que logiquement nous devrions fuir. Un peu comme La Guêpe. Ici, ça s'appelle L'été en pente douce. Plantons le décor : la pente n'est pas douce, je la connais bien, c'est juste à côté de chez moi, ça monte sec. Et c'est ouvert en toute saison... Bref, on s'en fout du nom du resto qui doit faire joliment parisien, car on est en plein hémisphère droit du coeur de Montmartre : on est sur la butte, tout en haut de la rue Muller.

    Chez le voisin, les crêpes s'envolent à 6 euros. Qu'on soit d'accord : ce sont des crêpes au sucre, un truc ultra pointu fait à base de farine, de lait, d'oeuf et de sucre. On se comprend...

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    Donc, question : qu'est-ce que je fous là ? Réponse : je n'en sais rien. Ah si, je suis faible. Un dimanche soir, je voulais un Perrier en terrasse. Oui, la honte mais j'en avais envie, e basta. Je m'installe ici : terrasse plus que sympathique, mobilier flashy, pas mal de touristes, quelques locaux qui vont au plus proche, comme moi. Bref, je n'étais pas très à l'aise. Et après un premier coup d'oeil sur la carte, premier soulagement : je ne laisserai pas un smic pour deux consos, les prix semblent raisonnables. Euh, on est à Paris, à Montmartre qui plus est, donc quand je dis "raisonnable" il ne faut pas omettre les guillemets. 

    Mais surtout que vois-je à la carte, émergeant des cochonneries industrielles, un cidre de Julien Frémont, la cuvée Argile à 11 euros la bouteille sur table Le choix est vite fait. "Bonjour, le cidre et deux verres s'il vous plait".

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    Que demande le peuple ? Ah oui, l'adresse exacte. La voici.

    L'été en pente douce, 23 rue Muller, 75018 Paris.

  • Mode d'emploi d'une soirée florentine réussie

    Tout d'abord, éviter le centre ville de Florence, la rive droite de l'Arno. Trop d'attractions, donc trop de touristes. La rive gauche bien plus appaisée concentre moins de musées, mais n'en est pas moins elle aussi un musée à ciel ouvert. Les itinéraires des groupes s'arrêtent au Palazzo Pitti, aux Jardins Boboli et à la Piazzale Michelangelo - d'où effectivement on a la plus jolie vue sur Florence... et sur le grand parking de voitures atenant.
     
    Je propose d'aller plus au sud, dans le quartier Arcetri, à 20 minutes à pied du Ponte Vecchio. Oui, ça monte. Pour l'hébergement, direction Casa di Mina, magnifique villa florentine, qui te ne coûtera pas un rein (70 euros la double). Puis en début de soirée, une petite balade. En sortant de l'endroit, prendre à droite, puis à droite au rond-point et enfin, à gauche. Arrivée dans la Via Di San Leonardo, une rue pavée à l'écart du monde. Elle slalome entre les propriétés majestueuses et les champs. On est toujours au centre de l'une des plus belles villes du monde, mais au calme, et seul. Nous voici devant la petite église San Leonardo in Arcetri.

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    Allez, on continue cette petite marche, sur la droite on descend la rue en longeant les majestueux remparts. Tout en bas, tout au pied des murailles, il suffit de ne pas les franchir, de rester en dehors de la ville ancienne et de s'attabler à Enoteca Fuori Porta.

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    Auparavant, vous aurez pris le soin d'appeler pour réserver une place en terrasse, l'une de ces quelques tables qui donnent sur la rue descendant de la Piazzale Michelangelo justement. Pour manger avec les Italiens, choisissez un horaire tardif (21h) car si vous arrivez vers 19h, vos compagnons seront Français, Norvégiens, Américains... Bref plutôt que celle du coca-cola et des guides du Routard, nous préférons la compagnie des autochtones venus ici pour s'amuser à cette heure déjà un peu tardive. Deux minutes après la photo précédente, tout était complet.

    L'assiette très belle, très fraiche, aiguise l'appétit. On commence par des gnocchis italiens (c'est-à-dire hors du commun), puis on rétrograde vers la charcuterie fine d'un boucher choisi et la petite mozzarella aux légumes grillés. Puis une envie de tagliatelles al ragù, la vraie bolognaise, un plat englouti si vite qu'il a manqué du temps pour dégainer l'appareil photo et immortaliser la chose.

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    Et on boit quoi ? Ah, mon pauvre enfant... Que la vie est dure. On se fait plaisir, à petits prix comme toujours en Italie. Comme souvent dans les belles maisons transalpines, on trouve à la fois des choses classiques et du hors norme. Damijan, Gravner, Radikon... Certains choix peuvent s'avérer impossibles.

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     Comment trancher ? En suivant cette intuition : buvons ce que l'on a le moins de chance de retrouver en France. Dans ce cas, c'est facile : le vin de Saša Radikon, le fils de Stanko, grand maître du vin orange. Cette bouteille, un pinot grigio ramato 2010, je ne l'avais jamais bue. On avait bien tâté du fiston Radikon à Venise, mais pas la même cuvée, et la claque c'est maintenant.

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    La couleur, tout droit sortie d'une palette d'un peintre italien, laissait déjà présager quelque chose d'exceptionnel. Avons-nous déjà vu telle couleur en France ?

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    Le nez rassemble des trésors oxydatifs ; la bouche les oublie, préférant la gourmandise d'un fruit mûr. C'est vraiment une immense bouteille, sans doute la plus exceptionnelle (bis !) bue en 2013... A 36 euros sur table, on demanderait son rond de serviette dans ce petit resto sans prétention.

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    Là, je suis sympa, je donne les éléments pratiques (hôtel, itinéraire, resto, bouteille...). Mais le plus extraordinaire réside dans l'atmosphère ravie de ce soir. Et rien évidemment ne peut transcrire cette ambiance. Après un tel coup derrière la tête, une seule possibilité : se résigner à entrer dans la vieille ville car débarrassée de la foule, puis prendre à gauche, puis prendre à droite, puis longer les rives de l'Arno, puis...

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  • Existe-t-il des restaurants identiques en France ?

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    Mais regardez-moi le panorama depuis la terrasse de ce restaurant qui domine les collines toscanes... La photo, je l'ai prise à table, de ma chaise, là où j'ai mangé. Et mon appareil ne rend pas hommage à la chose.

    Un coup d'oeil maintenant sur cette carte digne des plus grands attrape-touristes connus. Nous sommes toujours à San Gimignano, au coeur de la Toscane, ceci explique donc cela. Le menu en 4 langues, le petit panneau annonçant fièrement que le restaurant est mentionné dans le Guide du routard... Tout aurait dû nous faire fuir. Mais voilà, nous sommes en Italie.

    Et tiens, juste un exemple : en Italie, pour indiquer que les plats sortent du congélo, on juxtapose un petit astérisque à leur intitulé. Et on n'a pas attendu tel docu d'Envoyé Spécial pour le faire.

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    Comme jaja, cap sur le p'tit bio local. Certes, il ne transpire pas le vin naturel, certes ce n'est pas la plus grande bouteille jamais bue, loin de là même. On se soucie peu du nom d'ailleurs. Attention, ce n'est pas non plus une piquette imbuvable, c'est honnête... surtout à 9 euros sur table ! Non, je n'ai pas oublié de chiffre devant ou derrière le 9, c'est bien un seul et unique 9. C'est-à-dire moins de 10 euros pour un vin bio qu'on irait, le coeur guilleret, jusqu'à qualifier d'agréable. Le tout, je le rappelle, face à l'une des plus belles régions d'Italie.

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    Et dans l'assiette ? Les charcuteries exquises proviennent du sanglier et d'une azienda agricola à un kilomètre de là.

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    Les pâtes à la truffe faites maison ne sont pas extraordinaires. Rappelons d'ailleurs cette évidence, à l'heure où les restaurants gueulent partout "fait maison, fait maison !" : ce n'est pas parce que c'est fait maison que c'est bon. En tout cas ici, il y a de la bonne volonté. 

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    Les desserts eux s'avèrent joliment troussés. Surtout le tiramisu, plutôt que le panforte local. Bref, c'est pas mal du tout ce resto à touristes, même si on est loin d'un gastro - ça tome bien, ce n'est justement pas le sujet. La cuisine, comme le vin, est plutôt agréable.

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    Facture ? 55 euros à deux, vin compris. Franchement ? Que demande le peuple ?

    Ben justement, le peuple demande la même chose dans l'Hexagone ! Le peuple réclame l'égalité entre l'Italie et la France. Pourquoi cantonner ce genre d'adresses à la Botte ? Le peuple veut pouvoir faire pareil chez nous ! Le peuple veut se restaurer dans des endroits merveilleux (San Gimigano, la Carcassonne toscane). Le peuple veut profiter d'un décor qui ne soit pas indirectement facturé comme dans les additions françaises (la vue). Le peuple veut savoir d'où viennent les produits (du coin ou de loin, surgelés ou pas). Le peuple veut des produits du coin, justement (ces charcuteries). Le peuple veut des assiettes aguichantes (le tiramisu). Le peuple veut du vin agréable, on se répête (cette vernaccia bio). Enfin, pour se payer tout ça, le peuple ne veut pas hypothéquer son petit appart ou vendre son rein gauche (je le rappelle, on a payé 55 euros à 2). Le peuple demande, le beurre, l'argent du beurre, la crémière, la vue sur les maisons aux alentours et un p'tit coup de blanc bien frais pour faire passer le tout.

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    Bien sûr, mon titre est volontairement provocateur. Je sais bien qu'il existe des restaurants identiques chez nous ; par exemple La Tour Cassée à Valvignières. Mais franchement, combien sont-ils dans les lieux sacrifiés sur l'autel du tourisme de masse ?

    La Vecchia Mura, Via Piandornella 15, 53 037 San Gimignano, 00 39 0577 940270. Vous n'allez pas faire le resto de votre vie mais pensez quand même à demander la terrasse.

  • Le grand p'tit blanc de San Gimignano (au naturel)

    Cette quille n'a rien à voir avec les bouteilles ultra-soufrées et un peu strictes que le touriste pressé achète trop rapidement dans les innombrables wine shops de San Gimignano. Quand toutes les bouteilles se ressemblent, c'est qu'il n'y a plus grand-chose d'intéressant à boire. Notons juste en passant : j'ai été sidéré par le nombre de cavistes, ici. A croire que les touristes et les locaux ont la descente pentue.

    Ce qui m'a mis sur la trace de Canneta, ce sont leurs importateurs US, Jenny Lefcourt et François Ecot. Nouvelle parenthèse à propos de ce dernier : il y a quelques semaines, Jeanne la boss de Versant Vins m'a fait boire un sublime magnum de bourgogne... On en reparlera. Revenons en Toscane. A voir les références de Jenny et François (Meylet, Binner, Claude Courtois, Anglore...), on se dit qu'on peut leur faire confiance.

    Une fois à San Gimignano, bon courage pour mettre la main sur Canneta. Encore une fois, il faut se rendre soit chez les vignerons, soit dans la seule épicerie digne de ce nom Antica Latteria (Via San Matteo 19, enoantlat@libero.it). On trouve ce p'tit blanc à 7 euros. Enfin "petit"... Un bijou, oui.

    Une fois débouchée dans la campagne toscane, face aux tours de la célèbre cité, le jus est ébouriffant de plaisir. Glouglou comme on l'aime, certes sans grande prétention mais idéal pour tout : les apéros, les sorties au grand air, les repas qui demandent des bouteilles plus prestigieuses. Car avec 90 % de vernaccia et 10 % d'autres cépages (malvaisie, riesling, sauvignon), le vin se fait caméléon, à la fois citronné, frizzante, porté par de jolis amers. Du vrai vin, quoi. Du vin, quoi. 

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    N'ayons pas peur de parler sous. C'est le genre de vin au prix pas exorbitant que la France a un peu de mal à faire, même si ça existe aussi évidemment. Notre couple de vignerons, Valeria et Stefano ont quitté les lumières de la ville, répondant à leurs idéaux "un peu hippies" (ils le disent) du retour à la terre. Labellisés bio depuis 1988, il n'y a pas de secret. A voir la bubulle et le côté troublard dans le verre, on se dit que les doses de soufre doivent être minimales.

    On sent que cuvée "d'au-dessus" est élevée plus longtemps, c'est un style que certains aiment. Ce n'est pas trop mon cas, même si on a là aussi (et pour 9 euros) une bien belle bouteille. La quille s'appelle La Lune et Les Tours, ça tombe bien : ce soir là, il y avait les tours de San Gimignano et la lune à portée de main.

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    Alors, youpi tralala, c'est mignon, tu vas en Italie, tu trouves une belle bouteille, youpi tralala. Et tu rentres à la maison, parce que bon, faut bien rentrer. Et tu tombes sur un os : où vais-je dégoter à nouveau ma petite quille de blanc ? Ma mère en raffolerait, je suis sûr. Or, si nos vignerons participent au salon Millésimes Bio, à Montpellier, je n'ai pas l'impression que leurs vins soient distribués dans l'Hexagone. Et ça, c'est moche. Avis aux amateurs professionnels. Tout est .

  • Ce saucisson ne passe pas à la machine à laver !

    Comme le Port Salut, c'est écrit dessus : il ne faut pas laver ce saucisson à l'eau ! Ne pas utiliser de fer à repasser non plus ! Par contre, utiliser des couteaux fourchettes. Et c'est produit avec du cochon...

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    L'entreprise sise à Poggibonsi, la ville un peu moche à côté de San Gimignano, s'amuse sur l'étiquette. Mais en bouche, cette finocchiona, saucisson toscan aux graines de fenouil, cloue le bec. Viandard mais parfumé, encore mou mais peu gras (enfin, j'me comprends...), il possède un certain pouvoir addictif.  

    Comme beaucoup de produits dénichés dans cette adresse de San Gimignano : D! Vineria. Bon, le catalogue des vins ne présente pas la fine fleur du naturel mais les produits à becqueter (charcuteries, légumes en bocaux, pecorinos...) sont tous locaux et bios. Et très, très bons. Sans doute les meilleurs trouvés dans cette ville bien touristique. En plus, le midi, le proprio propose quelques tartines alléchantes. 

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    D! Vineria, Piazza dell' Erbe 1, +39 0577 943041, San Gimignano, Toscane.

  • Arabica ou orge ?

    Le caffè italiano tel qu'on le connait se fait un peu de mouron, sa suprématie est remise en cause par le café d'orge. C'est identique au café classique... mais avec de l'orge !

    Ici à Florence, le cappuccino d'orge revigore le gourmet de passage. Son bon goût de céréales, son lait aérien (comme partout en Italie) et son prix dérisoire (2 euros) nous rappellent que le cappuccino qu'on boit en France devrait être considéré comme un crime contre l'entente franco-italienne.

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    Souvent bio, l'orge est un dérivatif intéressant, plus local que le café classique (forcément). Mais surtout un goût différent. Alors, pourquoi pas les deux ? Pas sûr d'en trouver par chez nous par contre. Sauf chez RAP évidemment, qui propose la version soluble et parfois moulue ou en dosettes.

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