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  • Neolokal : la gastronomie turque, digne et militante

    Je reviens te chercher 
    Je savais que tu m'attendais 
    Je savais que l'on ne pourrait 
    Se passer l'un de l'autre longtemps 
    Je reviens te chercher 
    Ben tu vois, j'ai pas trop changé 
    Et je vois que de ton côté 
    Tu as bien traversé le temps 

    Jamais je n'aurais imaginé entendre une chanson de Bécaud dans un restaurant d'Istanbul. Moi je trouve ça branché, Bécaud, indémodable. Alors pourquoi pas ?

    Ce soir, j'ai l'impression que la chanson a été écrite pour ce moment précis, pour ce repas chez Neolokal. Je me mets en tête que c'est le chef Maksut Aşkar qui chante Je reviens te chercher. Il ne parle pas à une femme, mais à la cuisine turque. Depuis la fermeture de son restaurant précédent, il a compris qu'il ne pourrait pas se passer d'elle longtemps. Il n'a pas trop changé, il est toujours assez jeune (il a commencé sa carrière en 2000). Et que dire d'elle, de cette cuisine turque, qui traverse le temps... Sans doute qu'à un moment de sa vie, peut-être, le chef aurait voulu lui faire la guerre, la changer, la transformer. Non, aujourd'hui il vaut mieux faire la paix, c'est-à-dire affronter les tempêtes et les joies à venir ensemble. (Plus j'y pense, plus ça fonctionne cette chanson de Bécaud sur ce repas. Mais je m'égare un peu...)

    A Istanbul, les joies, on peut les prévoir : un emballement exponentiel des touristes pour cette ville, des échanges culturels toujours plus grands, un ancrage vers l'Europe et le monde. Les tempêtes, aussi, arrivent : la cuisine turque, même bien conservée, n'est plus vraiment à la fête. Comme à Paris où on mange très mal dans 95 % des endroits, ce n'est pas la joie à Istanbul. Une passionnante blogueuse turque, Olga Irez, a récemment fait le point sur ce problème (pour les anglophones, c'est ici). Les raisons ? Quinze millions d'habitants, des fast-foods partout, des traditions qu'on oublie, l'appât du gain rapide, des soucis politiques, le manque de temps, d'argent... Les mêmes symptômes que chez nous, normal nous sommes dans le même bateau, sinon cousins. 

    La cuisine turque traverse le temps, mais va-t-elle continuer à le traverser ? Mehmet Gürs (restaurant Mikla) et d'autres dont le chef Maksut Aşkar s'emploient à la sauver. Ingrédients choisis avec soin, lutte pour endiguer la disparition de certains fromages, inventivité sans casser les codes, éloignement des modes mondialisées, finesse des dressages. C'est un renouveau, malheureusement pas encore global, mais il faut des toujours des hérauts pour montrer le chemin. Voici à quoi ressemble la gastronomie turque, digne et militante :

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    Cette photo devrait se suffire à elle-même. Pour cette entrée, le chef est revenu chercher un haddock à l'ancienne.

    Mais il faut expliquer un peu plus avant, car un surdoué du dressage n'est pas forcément un surdoué de la cuisine. Mais quand les deux vont de pair... Le restaurant Neolokal porte bien son nom, c'est réjouissant. Une cuisine moderne avec des ingrédients locaux. Ce qui est encore plus réjouissant, c'est qu'il donne aussi à lire. Je m'explique. La carte arrive, brute, comme dans tout resto. Puis une carte des vins 100 % turque. Enfin et surtout, des pages photocopiées pour expliquer les plats. Chacun y est décrit, d'où ça vient, pourquoi le chef a fait ainsi et pas autrement. Le repas est remis dans son contexte turc. C'est un véritable tour d'horizon de la cuisine traditionnelle et une ouverture vers sa réinterprétation. 

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    Ce qui donne pour notre plat en photo : "Le haddock est fumé selon une vieille recette stambouliote mise au point par un de nos ancêtres grecs, du nom de Yako Abi, sur les îles des Princes. Et nous servons le haddock avec des cubes de betteraves infusés au raki, du zeste de citron, du pain craquant, un peu de tarama et de la poudre d’œufs de mulet gris, appelée poutargue".

    Époustouflant. Tout se répond. Aucun aliment n'est travaillé au hasard. À n'en pas douter, c'est l'un des plats de l'année.

    La grande découverte de ce plat, sinon son évident équilibre, c'est cette alliance raki-betterave. Il parait que c'est assez commun en Turquie, où il n'est pas rare de verser un peu de jus de betterave dans son raki. Jamais vu... Ce chef-d'oeuvre absolu d'accord mets-alcool me laisse pantois. Si simple, si complexe. Comment fait vraiment le chef ? Les dés infusent dans le raki pur ? Ou cuisent quand même un peu à la vapeur de raki ? On reste sur le mystère, on savoure ce petit rien, ce grand tout. Toute une tradition dans un gramme.

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    Ailleurs sur les feuillets accompagnant le menu, on apprend que telle recette typique du sud de l'Anatolie, faite traditionnellement de bœuf ou d'agneau, intègre ici les deux. Ou que les fromages de la recette sont en voie de disparition. Neolokal travaille notamment avec Ark of Taste, version Slow food de l'Arche de Noé qui voudrait sauver les produits oubliés.

    Suit une autre œuvre graphique. Le chef est revenu chercher le "katmer et tirit", un montage de pâte et de bœuf cuit dans un jus de canard. Encore un classique anatolien. 

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    Pour finir, le chef est revenu chercher le tilleul. C'est le symbole de la fidélité... Fidélité à la cuisine turque ? Sans doute. Ici, le chef en a fait un parfait, avec un peu de crème au citron et de la poudre craquante d'amandes amères. 

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    Il est toujours difficile de faire passer le goût d'un plat avec des mots. Pour vous donner une idée du goût des assiettes, il faut se dire que c'est aussi bon que beau. C'est dire. 

    Question prix, les entrées tournent autour de 10 euros (souvent moins), les plats de 18 et les desserts de 5. Soit bien moins qu'un restaurant parisien, c'est certain. Et moins que les restaurants stambouliotes renommés.

    ***

    L'architecture du lieu éblouit. Certes, on ne la mange pas. Mais un petit mot quand même.

    Neolokal est situé au fond du Salt Galata, l'ancien bâtiment de la Banque ottomane reconverti en galerie d'art. De la rue, aucune pancarte n'indique la direction. Il faut connaître. C'est un leitmotiv dans pas mal d'endroits merveilleux d'Istanbul : pour vivre heureux, vivons cachés. La cuisine se trouve au rez-de-chaussée. La prochaine fois, on choisira sans doute un couvert au bar.

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    On passe obligatoirement devant pour monter à l'étage, en salle. La vue est sans doute moins saisissante que chez Mikla (sis au 17e étage d'une tour) mais dîner avec la mosquée de Soliman le Maginifique comme partenaire de table est plutôt agréable...

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    ***

    Un bémol puisqu'il en faut toujours un : le vin.

    L'identité du restaurant fait que la carte est 100 % turque. Très bien. Seulement, les buveurs de vin naturel restent sur leur faim. Pas même un vin bio ? Non, répond le sommelier. Nous sommes alors partis sur un blanc qui s'avère un peu quelconque pour nos palais habitués à un taux de soufre moindre.

    Le problème du vin et des alcools est un vaste sujet en Turquie. Fait indéniable, les vignerons turcs ont donc fait d'énormes progrès. Mais je n'ai pas encore rencontré de vignerons turcs décidant de bannir le soufre de leur vin. Il y a des bouteilles prometteuses comme ce Barbare mais la question du soufre reste posée. Bref, un sommelier ne peut pas inventer un vin turc sans soufre.

    ***

    C'est tout le dilemme d'un cuisinier aujourd'hui. Etre fier de ses racines, vouloir les prolonger sans faire la même chose que les autres. Maksut Aşkar a moins de problème que d'autres car c'est avant tout un artiste. Ses dressages en témoignent mais aussi sa rigueur dans le choix de ses produits locaux, qui collent parfaitement à l'identité de son restaurant. En tout cas, c'est ce qui ressort de ses assiettes. Je ne connais pas le chef, il était d'ailleurs au festival Omnivore à Paris quand j'ai eu la chance de dîner chez lui.

    ***

    Et n'oublions pas les magnifiques toilettes...

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    NeolokalSALT Galata, Bankalar Caddesi, Karaköy 34420 İstanbul 00 90 212 244 00 16 ou 00 90 551 447 45 45.

    ENGLISH VERSION : Neolokal, a Turkish cuisine, worthy and activist

    I come back to pick you up
    I knew you were waiting for me
    I knew we couldn't
    Do without each other for too long
    I come back to pick you up
    Well you see , I haven't changed too much
    & I see that as for you ,
    You've well resisted the time
    (Je reviens te chercher, French crooner Gilbert Bécaud's song) 


    I never imagined listen to a Gilbert Bécaud's song in an Istanbul restaurant. But I have always thought that this dead French crooner is trendy. So why not?

    Tonight I feel that the song was written for this moment, for this meal at Neolokal. I put myself in mind that the chef Maksut Askar was singing this French song. But he does not talk to a woman, but to the Turkish cuisine. Since the closure of his previous restaurant, he realized he could not live without it for long. He has not changed too much, it's still quite young (he started his career in 2000). And we can say that Turkish cuisine has resisted the effects the time... Probably once in his life, perhaps, the chief wanted to make war wiht the Turkish cuisine, to change it, to transform it. No, today it is better to make peace (as the song says). That is to say weather together the storms and joys to come. (The more I think, the more this song works with this meal. But I digress...)

    In Istanbul, we can predict the next joys : there will be more and more tourists in this city, ever greater cultural exchanges, more and more meetings from Europe and the whole world. The storms also arrive: Turkish cuisine, even well preserved, is not really in a good condition. As in Paris where we eat very ugly things in 95% of places, there is no common joy about food in Istanbul. A Turkish blogger, Olga Irez, recently reported on this problem. The reasons? Fifteen million people, fast food everywhere, traditions we forget, the lure of quick profits, political concerns, lack of time, money ... the same symptoms as we have in France. Of course we are in the same boat, we are cousins.

    The Turkish cuisine resists the effects of time but are you sure it will go on ? Mehmet Gürs (Mikla restaurant) and others as Maksut Askar are working to save it. Carefully chosen ingredients, struggles to save old cheeses, creativity without breaking the rules, distance from globalized trends, wonderful presentation in the plates... This is a renewal yes, but unfortunately not at every corner. We should always have heroes to show the path. Look at this Turkish cuisine, it's like this plate : worthy and activist !

    This photo should be sufficient in itself. For this entrée, the chef "came back to pick" a old-way haddock.

    But I must explain a little further. A cooker good in presentation is not necessarily a good cooker, full stop. But sometimes we have both ! Neolokal has its right name : modern cuisine with local ingredients. And it also provides to read. Let me explain. The menu arrives, as in any restaurant. Then a 100% Turkish wine menu. Last but not least some sheets to explain all the dishes. Each is described, where it comes from, why the chef did so, and so on. The meal is explained in its Turkish context. It is a true overview of traditional cuisine and an opening towards its reinterpretation.

    So for our picture it says: "Smoked haddock according to an old recipe from Istanbul developed by one of our Greek ancestors, named Yako Abi on the Princes' Islands. We serve with cubes of beet infused with raki, lemon peel, crisp bread, a little taramasalata and mullet-egg powder called bottarga."

    Mind blowing. Everything responding. No food is worked at random. Without a doubt, this is one of the dishes of the year.

    The great discovery of this dish, otherwise its obvious equilibrium, is this alliance between raki and beet. It seems that it is quite common in Turkey to put a little beet juice in his raki. Ever seen ... This absolute masterpiece leaves me speechless. So simple, so complex. What really made the chef? Did the beet infuse in pure raki? Or cooked with a little "steam raki"? Always the mystery. A little nothing, a great whole. A tradition in a gram.

    Elsewhere on the leaflets with the menu, we learn that one another recipe is typical of southern Anatolia, traditionally made of beef or lamb : here incorporates both. Or that some cheeses are endangered. Neolokal notably working with Ark of Taste, Slow food version of Noah's Ark, which would save the forgotten products.

    Follows another graphic work. The chef came back for the "katmer and tirit", paste and cooked beef in a duck jus. Another Anatolian classic.

    Finally the leader came back for a linden parfait. It is the symbol of loyalty ... Loyalty to the Turkish cuisine? No doubt. The chef made it perfect, with a little lemon cream and crunchy powder of bitter almonds.

    It is always difficult to explain the taste of a dish with words. To give you an idea of the taste of the dishes, we must say that this is as good as beautiful.

    What about prices ? Entrées are around 10 euros (often less), the dishes 18 and desserts 5. Cheaper than a Parisian restaurant, for sure. And cheaper than some other Istanbul famous restaurants.

    ***

    The architecture of the place is awesome. Of course, we do not eat it. But you have to notice. Neolokal is located in Salt Galata, the old building of the Ottoman Bank converted into an art gallery. From the street, no sign indicates the direction. You have to know the place. This is the same for some other wonderful restaurants in Istanbul. To live happy, live hidden. The kitchen is on the ground floor. The dining room upstairs. The view is probably less striking than at Mikla (located on the 17th floor of a tower), but dinner with the Mosque of Suleyman as table partner is rather pleasant ...

    ***

    The downside, as there is always one : wine. Identity of the restaurant makes the wine list 100% Turkish. Very good. But the natural wine drinker remains unsatisfied. Not even organic wine? No, says the sommelier. We are then left with a white wine but our palates are accustomed to a lower sulphites content.

    The problem of wines and spirits is a big topic in Turkey. It's true, Turkish growers have done tremendous progress. But I don't konw any Turkish wines without sulphites. There are good bottles as Barbare Wines ones but the question of sulphites remains. It's true for this place : a sommelier can not invent a Turkish wine without sulphites

    ***

    This is the dilemma of a today chef. Being proud of his roots, wanting to extend them without doing the same as others. Maksut Askar has fewer problems than others because he is an artist. His dressings demonstrated its rigor. But also in the choice of its local products, which fit the identity of his restaurant. I do not know the chef, he attended the Omnivore festival in Paris when I had dinner at Neolokal.

    ***

    And don't forget the wonderful toilets...

  • Un barbare pas si étranger

    Là où je suis, en Turquie, on ne disserte pas sur la qualité des verres. On prend ce qu'il y a. Ah, il ne reste plus que des verres dédiés au thé turc ? Bon, ben tant pis.

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    Xavier Vignon, dont j'apprends l'existence grâce à cette bouteille, est un consultant (un flaïingouaïnemékeur comme on dit en bon français) travaillant dans les merveilleuses côtes-du-rhône et à l'étranger. Après une rencontre avec un entrepreneur turc, ils décident de faire un bébé. Ils l'appellent Barbare. Non pas parce qu'il est méchant, mais à cause d'une colline située à côté des vignes.

    En biodynamie - moitié syrah, un quart grenache, un autre mourvèdre. Un barbare, étymologiquement, c'est un étranger. Avec ces trois cépages, avec un consultant français, avec un vignoble en Turquie européenne (la Thrace), on n'est pas très loin de la maison et dans le verre, on se situe tout à fait en Méditerranée. Pas si barbare que cela, donc. Mais vous et moi n'avons sans doute pas bu assez de vins turcs pour se dire oui, je reconnais bien ce terroir turc.

    Par contre, vous et moi avons assez bu de vin pour dire que 1/ mes mezze de ce soir n'allaient pas spécialement bien avec le vin (préférez un bon plat d'hiver), 2/ sa force s'était faite soyeuse après une nuit de repos (ou un long passage en carafe).

    Et puisque moi j'en ai bu un peu quand même du vin turc, j'ajoute : 3/ il s'agit sans doute d'un des meilleurs vins rouges du pays. Pour une dizaine d'euros. Allez, un bémol. Je dirais que le soufre ne laisse pas encore le vin évoluer à sa guise. On l'aimerait un peu plus libre. Dommage, car on sent les possibilités d'un jus assez unique. Il me reste quelques semaines pour goûter les autres cuvées.

    ***

    ENGLISH VERSION : A not so stranger wine called "Barbare"

     
    Here in Turkey, nobody focuses on the quality of the glasses. We take what we have. We have only Turkish tea glasses ? Fine.
     
    I hear about Xavier Vignon for the first time here. He is a flying winemaker working in the wonderful Côtes-du-Rhône and abroad. After meeting with a Turkish contractor, they decided to make a baby. They call it Barbare. Not because it is evil but because of a hill next to the vineyards.

    Biodynamic wine - half syrah, grenache a quarter, another mourvèdre. A barbarian, etymologically, is a stranger. With these three varieties, with a French consultant, with a vineyard in European Turkey (Thrace), it is not far from France... And in the glass it's a Mediterranean style. Not so barbaric. But we have probably not had enough of Turkish wines to say : "yes, I recognize this Turkish terroir".

    But we have drunk enough wine to say 
    1 / my mezze tonight are not especially well with wine (please prefer a good winter meal)
    2 / her strength becomes silky overnight (or long decanting).

    But let's be clear : I know some Turkish wines so I can add :
     3 / it is probably one of the best Turkish red wines. For ten euros. A problem all the same ? I would say that sulfites do not let the wine live. We would like it a little more free. Too bad, because we feel the possibilities of a rather unique juice. I have a few weeks to try other Turkish wines.

  • C'est dès aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies

    Tronches de vin 2, la suite du guide des vins qu'ont d'la gueule ! Après la première édition publiée en 2013, nous sommes maintenant 6 blogueurs pour dresser le portrait de 120 nouveaux vignerons !

    Juste une chose : l'une de nos belles réussites est d'y faire figurer pas mal d'artisans qui n'ont jamais eu les honneurs d'un guide. Trop jeunes, trop planqués, trop hors-système ! 

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    Et quelques infos supplémentaires ici !

    ***

    ENGLISH VERSION : Today this wine guide in all good bookshops

    "Tronches de vin 2" ! After the first edition published in 2013, we are now 6 bloggers who have written about 120 new winemakers !

    Let me underline the fact that some winemakers never had been in a wine guide. Too young, too hiden, too off-beaten tracks !

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  • Où mater un vigneron à poil ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    C'est page 178, bande de gros cochons ! Ah bon, vous ne me croyez pas ? Attendez de l'avoir dans les mains.

    Sinon, pour celles et ceux portés sur la gent féminine, sachez qu'il y a aussi un cortège de jolies vigneronnes et quelques décolletés...

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 eurosde bons bordeaux, des conseils pour bien choisir beaujolais et muscadet et une idée pour régler le conflit israélo-palestinien

    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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  • Où confronter vin israélien et bière palestinienne ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Page 94 contre page 144 !

    Mais plutôt que de les opposer, on peut les réunir. Pour l'apéro, quelques bières 100 % palestiniennes bien fraîches avant d'attaquer quelques mezze (ou une belle volaille de Bresse et un selles-sur-cher) accompagnés d'un chenin israélien... Et on réglait le conflit israélo-palestinien dans le verre ?

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros, de bons bordeaux et des conseils pour bien choisir beaujolais et muscadetRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Où changer d'idée sur le beaujolais et le muscadet ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 16, 54, 62, 138, 152...

    J'entends encore trop souvent que ces vins-là sont indignes d'un buveur. Faisons l'analogie : on connait des restaurants qui sont dégueulasses, condamne-t-on pour autant tous les restaurants ? Comme partout, il y a des gens qui font bien leur travail. Certes, ils ne sont pas très nombreux ; leurs vins n'en sont que plus appréciables.

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros ainsi que de bons bordeauxRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Où dénicher de bons vins de Bordeaux ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 14, 18, 58, 102...

    Et bien oui, cela existe encore. Des vignerons valeureux qui, non contents d'offrir des nectars admirables, n'obligent pas le buveur à avoir recours aux services d'un organisme spécialisé dans les prêts à la consommation. 

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros.

    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Où trouver des vins naturels à moins de 5 euros ?

    Réponse archi simple : dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 132, 138, 152...

    Certains tristes sires considèrent qu'il faut mettre forcément le prix dans un vin, d'autres s'offusquent que le mieux est toujours le plus cher. Non, on trouve aussi quelques jajas bien faits et bien buvables, qui ne pètent pas plus haut que leur cul, pour une poignée d'euros ! Il existe encore des vignerons qui, pour plein de raisons, n'assassinent pas sur la facture. J'espère même pour eux que le vin va finir par être vendu plus cher.

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    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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  • Y a des litres qui font pas le litre

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    C'est une "parabole-express" du Christ, lue dans l'évangile selon René Fallet (c'est-à-dire Le Braconnier de Dieu).

    Au moment où Jésus redescend sur Terre pour boire un gorgeon, il tombe en extase devant une bouteille d'un litre de saint-pourçain. Ça se vide si vite qu'il lance ce fameux "y a des litres qui font pas le litre" : ça part tellement vite qu'en réalité, il y a forcément moins d'un litre dans la bouteille... Avant de pester qu'aucun évangéliste n'est dans le coin pour noter son bon mot.

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    Le sylvaner 2012 de Jean-Pierre Rietsch (en bouteille d'un litre) est lui aussi un litre qui fait pas le litre. On prend la bouteille, on se dit qu'un litre tout de même c'est beaucoup. Puis on ouvre et le contenu de la bouteille s'évapore, comme par enchantement. Habituellement, le sylvaner chez moi c'est direction la choucroute. Pas celui-là.

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    À ce propos, qui veut militer avec moi pour le retour aux bouteilles d'un litre ? Litre était à l'époque synonyme de quille, de bouteille. Bref n'oublions pas que le vin est une boisson, qu'il est fait pour être bu.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Alsace bien-aimée 0 commentaire
  • Et si on parrainait un enfant au Nicaragua ?

    Au Nicaragua, le vin et surtout le rhum sont sans doute sympathiques, mais ne nous voilons pas la face. Il s'agit du pays le plus pauvre des Amériques après Haïti. 

    Pendant deux semaines, j'ai suivi sur le terrain les actions de Lorrnica, une association humanitaire française qui oeuvre là-bas. Pas de grosse structure, pas de permanent, que du bénévolat... C'est artisanal et c'est une goutte d'eau ; mais l'océan est fait de gouttes d'eau. Ce qui fait que l'argent va en totalité à des projets concrets : aider à construire des maisons, améliorer les écoles, aider les malades. Un chantier parmi d'autres : voyez ce bidonville à La Paz Centro, près de la capitale Managua. Il faudrait tout de même des murs solides et un vrai toit de tôle avant la saison des pluies, non ? 

    Entre deux verres, on peut aussi aller consulter le site de l'association Lorrnica ou sa page Facebook. On peut également donner de son temps, faire un don ou parrainer un enfant.

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  • Se laver les mains avec du rhum Flor de Caña 18 ans d'âge ? Une manière de ne pas oublier le toucher dans la dégustation

    Une photo comme celle-là, on en a vu des milliers. Une dégustation. L'immense majorité d'entre nous a déjà participé à ce genre de truc mené par un type, une nana, plus ou moins qualifié(e). Que ce soit de vin, de rhum comme ici, ou de tout autre alcool, le processus est souvent le même : on regarde, on met le nez dedans, on goûte. Et on passe à la cuvée suivante.

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    Il manque l'ouïe - pas facile, je laisse les maîtres-dégustateurs plancher sur le sujet. Il reste aussi le toucher pour que les 5 sens soient réunis. Certains s'amusent avec le "toucher de bouche", la sensation tactile que leur procure le vin en bouche. Mouais. J'utilise rarement ma bouche pour toucher des trucs - ou disons plutôt que ce n'est pas l'endroit idoine pour en parler.

    Mais lorsque la distillerie nicaraguayenne Flor de Caña propose de goûter son rhum élevé 18 ans, elle t'incite à "toucher" le rhum. Par les papilles ? Non, franco, avec... les mains ! Il faut prendre son verre et s'en mettre un petit coup sur les mains. Puis se les frictionner. Comme avec un vulgaire gel antibactérien. Ok, ça coûte un peu plus cher mais je suis certain que les microbes sont tout aussi dézingués.

    Question goût, le fait d'oindre ton corps de rhum n'apporte pas grand chose : lorsque tu portes tes mains à ton nez, l'odeur de peau prend le dessus. Tu touches le liquide, c'est une sensation agréable. C'est une autre manière d'entrer en contact avec un liquide que tu vas ingurgiter. Dans ce cas précis, c'est surtout une manière de montrer que tous les sucres ont été bouffés par les ans. C'est-à-dire que tes mains ne sont absolument pas collantes. C'est pour souligner la grandeur de ce rhum élevé 18 ans. On ferait la même expérience avec un rhum moins réussi ou plus bas de gamme, ça collerait sévère.

    Pourquoi ne pas ajouter cette étape dans nos futures dégustations ?

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    Flor de Caña (fleur de canne à sucre) jouit d'une très bonne réputation en Amérique latine et dans les pays où ce rhum est exporté. Je considère que c'est avant tout un moyen pour le Nicaragua de s'affirmer, notamment face à Cuba : dans cette région du monde comme ailleurs, chaque pays se doit de posséder sa propre marque de bière et/ou d'alcool. Question de fierté nationale et surtout d'identité.

    Force est de constater que ce n'est pas un rhum fait à la va-vite. Par exemple, on ne travaille pas selon la méthode de la solera, où le distillat le plus récent vient nourrir un mélange de distillats plus vieux encore en élevage. Ainsi, pour beaucoup d'autres rhums, on se retrouve avec un "mélange d’âges", l’âge moyen de la quille augmentant progressivement et lors de l'embouteillage, on y accole un âge qui se révèle approximatif. Non, chez Flor de Caña, tout le rhum 18 ans d'âge a exactement passé 18 ans en fûts (technique du slow-aged rhum). Ou 5 ans, ou 7 ans selon les cuvées. Pas de tromperie sur la marchandise.

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    Comme partout, les cuvées de base (5 ans) s'entend bien avec les sodas à base de noix de cola. Le 7 ans aussi, même si un peu de glace pilée ou un filet d'eau font mieux prendre conscience de sa grande valeur. Les 12, 18 et 25 ans bien plus rares, rhums d'orfèvres qui, s'ils lavent bien les mains, s'avèrent des alcools de méditation. 

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    Ici, la visite se fait à l'américaine avec nana sexy portant un chapeau de cow-girl qui t'emmène en petit train d'un endroit climatisé à l'autre. On se croirait chez Disney. Qu'on ne se méprenne pas, on n'est pas chez le petit artisan ; on trouve Flor de Caña partout au Nicaragua, dans n'importe quelle pulperia d'un bled paumé. Mais on n'est pas non plus chez Havana Club qui inonde le monde entier... Un entre-deux.

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  • Le vin naturel nicaraguayen existe, je l'ai rencontré

    Nul n'est prophète en son pays. Jésus râlait parce qu'on le prenait pour un blaireau à Nazareth. Don Rufo Centeno peste que les Nicaraguayens s'intéressent peu au vin. Ou alors aux bodybuildés chiliens, argentins, américains.

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    Don Rufo dit être le seul vigneron du Nicaragua. Difficile à vérifier. Du vin d'hibiscus, du vin de cajou, le tout industriel, ça on en a vu. Mais du vrai vin, du vin de raisin produit dans le pays, nulle part. Le vigneron esseulé ne vend ses quelques milliers de bouteilles que dans des endroits bien ciblés de la capitale Managua ou dans les grandes villes d'à-côté, Esteli et Matagalpa.

    Notre homme et sa femme habitent à Condega, dans le nord montagneux du pays. Le chauffeur de taxi a du mal à trouver la maison, elle ne semble pas extrêmement connue dans le voisinage. Il reçoit chez lui, dans son salon, entre un présentoir de bouteilles qui partent dans tous les sens et un autre de crèmes de beauté, face à la télé. Il explique qu'il a pas mal voyagé dans les autres pays d'Amérique, qu'il a des copains vignerons au Venezuela par exemple, qu'ils essaient de constituer un réseau.

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    Les vignes se trouvent à quelques kilomètres de là, sises entre les plantations de tabac et celles de café. "On met déjà bien assez de produits chimiques dans les champs de tabac, donc moi je ne mets rien d'autre que du raisin dans mes vins" tranche Don Rufo. Il travaille surtout le cépage isabelle, que l'on retrouve dans toute l'Amérique latine et plus généralement dans les régions tropicales. 

    En bouche, ça change brutalement de ce que l'on connait. UN vin chaud, sucré, mais qui coule. Le rosé demi-sec fait une belle impression ; extrêmement parfumé, le premier verre en appelle un second. Certes, nous n'allons pas chercher les arômes de fruits rouges et autres foutaises. Certes, ce n'est pas un grand cru cultivé sur un terroir millénaire où les hommes ont appris de leurs erreurs au cours des ans. Espérons par contre que l'on soit au début de quelque chose.

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    Ce vin n'est même pas disponible à Granada, la sublime ville touristique du sud du pays. Alors n'imaginez pas en trouver en France... J'ai pourtant essayé d'en apporter. D'en mettre deux dans la valise. On aura remarqué sur les photos précédentes que la mise en bouteille est très artisanale. Bien avant de prendre l'avion, les quilles n'ont pas supporté les 200 bornes en voiture entre Condega et Granada. Les 35 °C y sont sans doute pour quelque chose aussi. Résultat : le bouchon a explosé tel un champagne mal fermé. Le verre en lui-même n'a rien, mais le jaja s'est gentiment vidé sur mes slips. 

    Ah ces vins naturels, ils ne voyagent pas... Dommage pour ceux qui comptaient sur une expérience latino-naturelle après mon retour en France.

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