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Bonnes adresses en province - Page 2

  • Collioure : la seule faute du 5ème Péché, servir le vin trop froid

    Le hasard fait bien les choses. Quelques jours avant de dîner au 5ème Péché, à Collioure, je discutais avec un vigneron qui pestait contre le fait que ce restaurant servait le vin bien trop froid. Il menaçait même d'en retirer ses vins : j'étais donc prévenu. Le gros problème avec le vin naturel, c'est qu'il faut le conserver bien au frais. Quand on n'a pas de cave, direction le réfrigérateur. Forcément, blanc comme rouge se retrouvent glacés. A la maison ça passe, au resto c'est bien embêtant. Impossible de prendre tout de suite la mesure d'un vin. De plus, ce soir-là nous ne savions pas tout à fait ce que nous allions boire : nous avons d'abord commandé le rouge, puis rétropédalage : pourquoi pas un coup de blanc avant ? Tant mieux : ainsi, le rouge sera à bonne température. Enfin, on le croyait...

    Côté blanc, comme l'année dernière, le Coume Marie de la Préceptorie de Centernach. 2010, un millésime de plus que l'an passé. Jolis grenaches blancs, totalement annihiliés par la température de service. Même l'étiquette en a pris un coup...

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    Pour l'accompagner, le menu du chef à 34 euros très orienté poissons. On ne peut pas lui en vouloir. Tataki de thon à la betterave et aux oeufs de saumon : un peu surchargé, ça n'en est pas moins délicieux.

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    Tentons le rouge avec le poisson. Et alors ? On a envie de rouge ce soir. En tapant dans les vins naturels, on est sûr de ne pas avoir quelque chose de trop lourd. Direction la Pascole 2009 de Bruno Duchêne (40 euros). Bien souple, bien coulant, mais là encore même réchauffé, le vin semble avoir les jambes engourdis.

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    Côté plat, un cabillaud dans sa sauce japonaise. Hum, ok, la photo est floue. Et le cabillaud ? Mouais... Mais par contre, nous tombons de la chaise en goûtant cette sauce brune. Quelle vivacité, quelle fulgurance, c'est extraordinaire. On tente de décoder : ça sent le homard, le gingembre et la citronnelle. De suite, nous alpaguons la serveuse et la pressons de questions. "Oui, c'est exactement ça !" Nous avons le tiercé dans l'ordre. Le cabillaud est presque superflu : en soupe, ç'aurait été presque plus percutant !

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    Enfin en dessert, une nouvelle fois, une grosse claque : la crème catalane aux artichauts. Evident, quel bel adjectif que ce mot "évident" pour un plat que personne n'attendait... L'artichaut se cache en dessous de la crème.

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    Le 5e PéchéMasashi Iijima, 18 Rue de la Fraternité, 66 190 Collioure, 04 68 98 09 76.

  • Collioure : Cocoliberis toujours bien présent

    Tout comme l'année dernière, Cocoliberis se distingue par la fraîcheur de ses poissons. Pêche fraiche, locale ou plus éloignée : on s'en régale. Bonite et limande. Un peu trop de choses, trop d'artifices sur l'assiette : le bon poisson se suffit à lui seul, arrêtez d'encombrer nos estomacs.

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    Et avant cela, nous avons picoré quelques anchois et boquerones (anchois cuits dans le vinaigre) qui avaient une sacrée belle gueule.

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    Côté vin, là par contre ça pêche, mais dans l'autre sens du terme. Le domaine Picquemal, cuvée Terres Grillées, ne laisse pas un souvenir impérissable.

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    Face à la mer et à tout Collioure, c'est une de mes adresses fétiches.

    Cocoliberis, 20 rue Jean Bart, 66190 Collioure, 04 68 54 63 15.

  • En attendant Collioure

    Départ ce soir pour Collioure. C'est marrant combien ce bled suscite l'enthousiasme chez toute personne avec qui j'en parle. Bon, rien qu'à voir le programme, on comprend pourquoi... Miam-miam au 5ème Péché, sur la terrasse d'un joli resto de poissons ou au Xadic Del Mar à Banyuls, coucou au domaine de la Tour Vieille, au Traginer ou au Casot des Mailloles, quelques anchois, un coup de vinaigre, une bière sur la plage, une bouteille secrète dans mes bagages... Et si quelqu'un a d'autres adresses, je suis preneur.

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  • Chez Sébastien P. on déguste de belles choses

    Ce samedi, en arrivant chez Sébastien P. je savais déjà qu'il allait fermer boutique. Il m'avait prévenu que désormais les contraintes étaient trop lourdes. Sa cave-épicerie va rester ouverte jusqu'en juin-juillet et il va continuer ses casse-croûtes oenologiques du samedi. Ce samedi 28, il y a même une superbe dégustation de vins argentins bien foutus. Le jour où nous y sommes passés, nous ne pensions pas manger chez Sébastien mais juste acheter quelques quilles. Le côté convivial de ses apéros nous a rattrapé et nous nous sommes rassemblés autour de la grande table avec d'autres connaisseurs voisins : on n'est pas vraiment entre "bobos parisiens". Et nous y sommes restés... quatre heures.

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    Et en quatre heures, on a eu le temps de se familiariser avec de nouvelles choses comme cette cochonaille et fine gelée au riesling (un genre de fromage de tête) de Frédéric Riffaud (MOF charcutier installé au Luxembourg). Et évidemment quelques bouteilles. Dont cette incroyable Petits Sylphes (ugni blanc, grenache blanc et un peu de chasselas) : un truc absolument introuvable, quelques centaines de bouteilles selon Sébastien. Les vignerons s'appellent Elodie Aubert et Raphaël Gonzales du Clos des Cîmes. Vendange manuelle, pressurage direct, on fonctionne évidemment aux levures indigènes, mise de soufre à la bouteille. Vin absolument superbe, fort, plein, que je déboucherai à nouveau en automne quand il aura bien pris place dans la bouteille. Avis aux cambrioleurs, j'en ai donc une dans ma cave.

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    Puis un petit trousseau du Jura, le Trousseau des Corvées du domaine de la Tournelle dont Sébastien est un fervent défenseur. Après Uva et le vin jaune 2002, je suis d'accord.

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    Finissons par un Ciel Liquide de Jean-Philippe Padié. Le fort vin du Roussillon tranche avec le Jura précédent et fait vraiment l'unanimité autour de la table par son côté bien concentré sans être lourd, et déjà évolué (2006). Un joli domaine que je ne connaissais pas, on a donc raflé du rouge et du blanc. Bonne pioche. Et à reboire dans le détail.

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    Et voilà, ça se passe (passait) comme ça chez Sébastien P.

  • Sébastien P., un caviste engagé obligé de fermer sa boutique

    Je connais Sébastien P. depuis l'ouverture de sa cave-épicerie située en banlieue de Metz il y a un an et demi environ. Avec La Vigne d'Adam et Cantino, il est de ceux qui ont contribué à dépoussiérer Metz dans le domaine des commerces de bouche : il faut dire que depuis l'ouverture du centre Pompidou, ça grignote et ça glougloute de mieux en mieux dans cette jolie ville.

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    Chez Sébastien transpire une approche du vin qui tranche avec ce qui se faisait à Metz jusqu'alors : déjà, et je ne peux que m'en réjouir, la sélection est clairement orientée vins naturels. Mais sans en faire des caisses, sans vraiment communiquer dessus, comme si cela était... naturel ! A cela, il ajoute un petit côté "événementiel" en proposant des dégustations à domicile ou des casse-croûtes oenologiques dans sa boutique le samedi matin. Son but ? Fidéliser des clients certes, mais aussi faire découvrir les vins qu'il aime au plus grand nombre. Il y a une sorte de mission civilisatrice inhérente au métier de caviste indépendant qui perpétue le vin dans sa dimension historique, géographique, géologique, climatique... Il est le relais des vignerons, celui qui les fait vivre, représentant d'un commerce qu'on espère le plus vertueux possible. Dans sa cave, la table d'hôtes ou les canapés vintage ajoutent à la convivialité du lieu : on reste debout ou on s'assoit, on boit un coup, on échange avec les autres clients, on déconne souvent, le tout sur une musique choisie... Chez Sébastien, on ne fait pas qu'échanger des liquides contre du liquide. Et à Metz, c'est nouveau : les cavistes à la papa sont ringardisés et de toute façon leurs bouteilles, hormis quelques unes chez Vénus Vins, ne faisaient pas envie. A l'inverse, Sébastien trouve une seconde vie au mauzac de Plageoles une fois vidé...

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    Encore faut-il que les clients adhèrent au projet. Aux premiers mois sans salaire succèdent les mois où Sébastien ne se verse qu'une indemnité de stagiaire tout en mettant les comptes dans le rouge. Oui, c'est bel et bien la crise et les banquiers frileux ne veulent plus mettre de l'huile dans les rouages. Le lieu est-il mal situé ? C'est sûr que dans cette banlieue de Metz, entre un kebab et une pizzéria, cette grande avenue en voit passer des voitures. Encore faut-il qu'elles s'arrêtent. D'accord, c'est pratique pour les clients fidèles qui peuvent remplir le coffre aisément... Mais sur cette route qui mène à une grande zone commerciale, on est loin, bien loin, du centre ville.

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    Il faut donc du cran pour tenir, pour remplir cette mission au prix de beaucoup de travail. Et de souffrance sans doute aussi. Les problèmes s'accumulant et l'horizon ne se débouchant pas, il faut savoir s'arrêter à temps. Mieux vaut fermer boutique maintenant plutôt que dans quelques mois, quand la situation aura empiré et que les conséquences financières seront bien plus lourdes. Sébastien a donc pris la décision ô combien difficile de fermer Le Vin à Portée de Main d'ici au début de l'été et il s'y tient avec dignité. Chez lui, le stock de bouteilles diminue à vue d'oeil. Bien sûr, avec son passé de sommelier, il n'aura pas beaucoup de mal à retrouver un bon poste dans un bel établissement qu'il va vouloir faire évoluer dans un sens "naturel".

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    On ne va donc pas rejouer l'affaire Olivier B. ; d'ailleurs Sébastien n'a plus beaucoup de quilles à écouler. C'est juste un témoignage : cette histoire est symptomatique des temps qui courent. On ne prend plus son temps pour aller chez l'artisan du coin de la rue, le caviste, le boucher ou le boulanger. On fait son pain soi-même avec plus ou moins de réussite, tout le monde croit que le boeuf se limite désormais à une entrecôte sous vide et le vin s'achète en la grande distribution. Sébastien : "Que les cavistes indépendants soient en concurrence avec des chaînes comme Nicolas, on l'accepte. Qu'on soit en concurrence avec la grande distribution, on l'accepte. Mais qu'est-ce qu'on peut faire quand nos concurrents se nomment Décathlon ou Apple ? En ce moment, tout le monde achète un vélo ou un iPhone. Forcément il ne reste plus beaucoup d'argent pour le reste". Au lieu d'être vertueux et noble, le commerce qui cartonne aujourd'hui est laid, vulgaire et court-termiste. Des histoires semblables à celle de Sébastien j'en ai déjà entendues à Paris de la part de gens qui ont une longue expérience et une grosse réputation.

    S'il y a une part de raisons conjoncturelles dans l'affaire, le problème est éminemment politique, au sens large c'est-à-dire noble. Un bon caviste est dépositaire d'un savoir-faire, c'est un acteur du lien social et un fournisseur de souvenirs. C'est aussi la transmission d'un héritage. L'Etat pourrait peut-être prendre ça en compte, lui qui est si prompt à dicter des lois "protectrices" dans tout domaine. Mais au lieu de réfléchir aux problèmes majeurs et à la transmission (d'un savoir, d'une méthode de travail, d'un patrimoine), le petit manitou préfère voir les échéances à court terme (sa réélection) en dressant une partie de la France contre l'autre.

    C'est, parait-il, Léopold Sédar Senghor qui avait lancé cette phrase devenue proverbe : "quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle". Quand c'est un caviste qui met la clé sous la porte, c'est une succession de bons moments (passés et à venir) qui passe à l'as. Et ça, franchement, ça fait chier tout le monde.

  • Metz : la burrata est arrivée

    Preuve que la mode tisse sa toile, la burrata arrive à Metz chez le très intéressant fromager Conrad (rue Ladoucette, près de la place Saint-Jacques, 03 87 36 11 00). Elle a une belle gueule même si elle manque de coulant.

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  • Saint-Malo : Larnicol et ses "kouignettes"

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    Dans cette célèbre chocolaterie, on fait un kouign-amann en mini, ce sont les "kouignettes". C'est bien beurré et ça se décline en divers parfums. Mais ce n'est pas aussi excitant que chez Grain de Vanille.

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    Maison Larnicol, 6 Rue Saint-Vincent, 35 400 Saint-Malo. Et plein d'adresses dans l'ouest de la France.

  • Saint-Malo : Tanpopo et son bento breton

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    Sur la petite place de la Poissonnerie, le repas de midi chez Tanpopo est limité à 10 couverts et plus précisément 10 bentos : "le menu du soir (38 euros) nous prend beaucoup de temps et on préfère se concentré là-dessus" précise le patron avant de jeter un oeil à sa femme (japonaise) qui oeuvre déjà. J'aime bien les restaurateurs qui refusent du monde quand il y a de la place. Buvons un petit coup de saké chaud Suishin (junmai) à 15 euros la petite carafe, pas donné.

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    Arrive la bête.

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    Dans le sens des aiguilles d'une montre, en commençant par en bas à droite. Le saumon mariné aux navets nouveaux et huile de pistache.

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    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas mangé de saumon aussi peu gras au resto, on devine à peine les nervures blanches. Ce qu'on remarque bien par contre, ce sont les oeufs de poissons volants qui surnagent : ça fond et ça croque. Je connais des milliers de traiteurs et des dizaines de milliers de clients qui devraient tirer des leçons d'un tel bout de poisson.
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    De gauche à droite, seiche (super tendre) aux algues, omelette japonaise aux petits légumes et boulette de riz aux crevettes.

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    Les beignets de poulets sur un fond de chou fleure la belle origine de la volaille. Les goûts ne sont pas assez présents, je me rappelle les parfums d'Azabu. Je gueule un peu, ça va, on est à Saint-Malo pas à Paris ni à Tokyo, et en plus, tout le monde n'a pas mangé le saumon qui est extra.

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    Lamelles de boeuf aux pommes de terres nouvelles.

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    Le condiment à base de feuille de moutarde est absolument incroyable, long en bouche comme un arbois 2000. Mais pas le même goût. Sorti d'on ne sait où, ce n'est pas notre couple de restaurateur qui le confectionne. A retrouver.

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    Suit un bol de nouilles udon au tofu frit et gingembre. Rassurant ainsi que pêchu.

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    En dessert, une petite chantilly aux fraises du coin surmontée (chez moi en tout cas) d'une meringue à la forme suggestive.

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    L'intérêt de ce dessert réside dans son coeur de glace au Calpis (ou Calpico) maison. Au Japon, je buvais des litres de cette boisson à base de lait fermenté : version glace, ça glisse aussi très bien.

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    Derrière ce bento plutôt copieux (20 euros), le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a du travail en cuisine et que les produits sont de très bonne facture.

    Tanpopo, 5 place Poissonnerie, 35 400 Saint-Malo, 02 99 40 87 53.

  • Saint-Malo : un bar-cave à vins naturels

    De ce que j'ai pu en voir de l'extérieur, on retrouve les copains : Ganevat, Axel Prüfer, domaine Viret... Je n'ai pas eu le temps de goûter à la cuisine mais je suppose qu'avec des boutanches comme ça c'est une adresse qui compte.

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    Les Buveurs de Lune, 3 rue des Orbettes, Saint-Malo, 02 99 40 82 33.

  • Saint-Malo : La Duchesse Anne, le conservatoire de la sole meunière

    Voici un restaurant en voie de disparition. C'est le maître d'hôtel, des sanglots dans la voix, qui nous raconte toute l'affaire à la fin du repas. Il venait de l'expliquer à un habitué, nous avons prêté l'oreille puis avons demandé des détails. Les proprios veulent passer la main : le fils ne voulant pas reprendre l'affaire, il ne s'agirait pas de se vendre au plus offrant. "On ne voudrait pas d'une brasserie comme en face..." Le grand restaurant de Saint-Malo est donc à la recherche d'un "patron" pour faire tourner la boutique. Ce qui est sûr pour l'instant, c'est que le resto va finir la saison. Après, c'est l'inconnu.

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    C'était donc le moment idoine pour aller faire un tour dans ce conservatoire de la cuisine française, sacrément orienté poissons. C'est terriblement classique, du costume du maître d'hôtel à la carte des vins : on n'est pas chez Vivant, on n'est pas chez Ze Kitchen Galerie, pas même chez Olivier Roellinger : ici pas de burrata, pas de yuzu, pas de Frédéric Cossard, pas d'Axel Prüfer...

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    A la place : une raie au beurre blanc, un homard à l'armoricaine facturé au poids ou les vins de Hugel. Comme ce riesling 2005 cuvée Jubilée, la cuvée haut de gamme en sec (34 la demi bouteille sur table). A l'ouverture, il manque de pep's, d'acidité et surtout de fraîcheur. Une fois rafraichi, on est sur un bel objet mais habitué aux pinards qui partent dans tous les sens, je m'ennuie un peu. C'est classique, vraiment très classique.

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    En entrée, une bisque d'étrilles impecc (12 euros).

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    Commence le récital de la sole meunière.

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    Je vois deux avantages au fait de lever les filets juste avant de servir : la bête tient bien à la cuisson et tous les parfums de la carcasse ont le temps de s'allier au beurre. Vous en connaissez beaucoup des restaurants qui servent encore la sole meunière ainsi ? Avec le cérémonial et la qualité du poisson, c'est sans doute un plat en voie de disparition, lui aussi. Sous la dent, c'est la classe.

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    25 euros pour un plat d'anthologie, franchement on ne peut pas dire qu'ils abusent, surtout quand ça ne déraille pas sous la fourchette. Sole façon Duchesse Anne, des filets sous un lit de champignons. C'est exquis aussi.

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    Je suis peu habitué à ces restaurants hors du temps, macaronnés, figés (dans ce cas-là, c'est un compliment). Souvent je les imagine un peu poussifs : ici, c'est un peu comme si une adresse prestigieuse faisait enfin bien à manger sans se la raconter.

    La Duchesse Anne5 place Guy Lachambre, Saint-Malo, 02 99 40 85 33.

  • Cancale : la Table de Stéphanie sur le port de la Houle

    C'est marrant, ces cartes de restaurants qui ne proposent presque pas de viande : ici à peine 3 plats. L'air du large...

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    Bien sûr, ce n'est pas Olivier Roellinger même si ici aussi on cuisine avec ses épices. Ainsi la solette à la poudre Gallo. C'est bien exécuté, pas trop cher et surtout bien plus avenant que dans les restaurants touristiques d'à côté (je mets le Breizh Café à part). Les vins de ce resto qui avaient été relevés sur un forum n'ont rien de transcendental. Ils sont surtout un peu chers (5 euros le verre de muscadet, 7,50 celui de pouilly-fuissé...)

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    La Table de Stéphanie, 28 quai Gambetta 35260 Cancale.
  • Cancale, 5ème et dernière étape du Roellinger Tour : une douceur à Grains de Vanille

    Quelques explications sur le Roellinger Tourc'est par ici.

    Allez, pour la route, une petite pâtisserie chez Grain de Vanille, qui dépend aussi d'Olivier Roellinger.

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    On se pose dehors pour un pain d'épices citron-pistache et un petit kouign-aman aux framboises.

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    Et je reviens sur les merveilleuses glaces goûtées la veille au soir au Coquillage. La vanille maison est, je l'ai déjà dit, incroyablement pure : c'est le qualificatif parfait. A noter que tous ces desserts sont relativement peu sucrés. A chaque bouchée, on est vraiment sur un parfum plus que sur une sentation moelleuse. Bon par contre, on est aussi sur la sensation beurrée. Normal, c'est la Bretagne.

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  • Cancale, 4ème étape du Roellinger Tour : une visite à l'Entrepôt

    Quelques explications sur le Roellinger Tourc'est par ici.

    Heureusement que les poudres d'Olivier Roellinger s'achètent désormais à Paris, sinon mes valises auraient été chargées au retour de Cancale. Dans cet entrepôt-laboratoire, on trouve les mêmes produits que dans la capitale (à l'exception peut-être des huiles, vinaigres spéciaux...) mais ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas y jeter un oeil. C'est ici qu'il cuisinait à l'époque des troizétoiles du petit livre rouge.

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  • Cancale, 3ème étape du Roellinger Tour : le petit-déjeuner magique aux Rimains

    Quelques explications sur le Roellinger Tourc'est par ici.

    Après un bon repas, il y a pire comme endroit pour se réveiller. Quand je disais que Cancale était devenu un petit paradis...

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    Bon, on mange quoi ? Croissant, feuilleté à la rhubarbe, jambon fermier, tome de Bretagne... On ne fait pas dans le All-Bran. Le beurre au lait cru de Pascal Beillevaire est encore là, on va finir par manquer de pain.

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    Et ce petit yaourt ? Le P'tit Gallo nature, grosse star de la laiterie bio La Janaie en Ille-et-Vilaine, fondant à souhait. Tout chez Roellinger respire le développement durable, le bio, le locavore, le respect des espèces de poissons en voie de disparition... Comme quoi c'est bien plus que bobo, c'est bourgeois aussi. C'est inévitable surtout.

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    Et par la fenêtre passe un joli bateau. Bon, ça c'est la minute poétique, mon côté grands espaces, grande prairie...

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    Tiens, mais c'est marrant, y a des privilégiés qui prennent le petit-déj dans le jardin. Salauds ! Mais ce sont les journalistes japonaises croisées hier soir. Mais... mais... tu as vu qui leur sert le café ???... J'y crois pas...

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    Sur ma photo de paparazzi, on ne voit pas grand-chose. Pourtant c'est bien Olivier Roellinger lui-même qui sert le café, raconte ses mélanges d'épices, disserte sur l'importance du Mexique dans l'histoire de la vanille, insiste sur la méthode de production de son vinaigre breton (avec vieilles pommes et vieux cidre), tente de faire comprendre le rôle de la lune dans les marées, lève le voile sur l'acide malique contenu dans les pommes, explique la tradition du trou normand... Derrière notre fenêtre ouverte, je prête l'oreille sans rien dire, comme on écouterait derrière une porte. Les Japonaises mesurent la chance qu'elles ont d'entendre les secrets de la cuisine bretonne qu'une écrasante majorité de Français ne connait pas. Un moment d'exception, à l'image d'une répétition d'un opéra de Puccini à la Fenice.

  • Cancale, 2ème étape du Roellinger Tour : un dîner au Coquillage

    Attablé face à la baie du Mont-Saint-Michel, je repense au nombre de fois où j'ai cassé les pieds de tout le monde avec la cuisine d'Olivier Roellinger. J'attendais de m'asseoir au Coquillage depuis le jour où le chef a lâché les trois étoiles Michelin. Le petit livre rouge a d'ailleurs replâtré les fissures en lui en collant une pour ce nouveau lieu. On ne va pas revenir sur l'affaire ; l'important c'est de mettre un frein à toute cette pression, de faire ce que l'on aime, de laisser sa patte dans l'histoire gastronomique en osant les épices, de gagner aussi (et enfin) un peu d'argent. Et surtout de continuer à faire plaisir. Et même mieux : faire plaisir à beaucoup plus de monde qu'avant.
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    Menu "Grand Choix de la Baie" (54 euros) sans la bibine. Un apéritif ? Du Veuve Cliquot rosé ? Désolé, ma religion me l'interdit. Du Larmandier-Bernier Premier Cru Tradition ? Et comment ! Beaucoup de chardonnay, un peu de pinot noir pour relever la chose. La bulle est fine dès le départ mais il faut attendre que la moitié du verre soit vidée pour que les arômes se développent. Un vin facile à boire et pourtant très soigné. Question pif, la carte alterne entre quilles naturelles (Dominique Derain notamment) et d'autres plus classiques. Pour nous, un plus classique : le pouilly-fumé tradition 2009 du domaine Serge Dagueneau et filles (oncle et cousins de Didier Dagueneau). Bien exécuté et parfait sur ce qui va suivre.

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    On n'est pas arrivé ici sans avoir pris quelques renseignements. Le beurre ne vient pas de chez Jean-Yves Bordier comme on pouvait s'y attendre mais de chez Pascal Beillevaire, fromager affineur en Loire-Atlantique (avec quelques boutiques à Paris). C'est la première très grosse claque de ce repas, peut-être la plus pénétrante. C'est absolument divin, crémeux, nature, maternel. Les cuisiniers ont ajouté quelques grains de poivre noble de Madagascar dans la seconde petite motte : c'est le paradis. Le dosage est parfait, le poivre n'apparait qu'en fin de bouche. Alors qu'on s'attendait à trouver un beurre demi sel, on a un beurre demi poivre : c'est fulgurant.

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    La grosse différence avec Bordier, c'est que ce beurre de Pascal Beillevaire est au lait cru. Evidemment, ça change tout. J'ai toujours beaucoup aimé le travail de Bordier (notamment le beurre nature et celui aux algues, je suis moins fanatique des autres goûts) mais là, il faut avouer que ça se tartine presque comme de la confiture, on oublie que c'est du beurre. On l'a vite croqué, on a demandé du rab et on s'est à nouveau déchaîné sur celui au poivre.

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    Question amuse-bouche, la rillette de sardine et le biscuit au radis ne font pas le poids face au maquereau mariné. En croquant un grain de poivre disposé dans un verre (comme d'autres décorent leur table avec des fleurs), je finis mon champagne et on peut se lancer dans les choses sérieuses.

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    "Petites pommes de terre des champs du vent et lieu fumé le long du four à pain". C'est évident mais les produits excitent encore les papilles plusieurs jours après. Le lieu fumé est un modèle du genre, mais dans la catégorie "insurpassable". Impossible que cette même espèce de poisson serve à confectionner les Captain Iglo...

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    Pour ma pomme, "les huîtres creuses et plates de Cancale, certaines natures d’autres avec nos épices et aromates". C'est-à-dire trois "nature" (en bas), trois au confit de cédrat (au milieu) et trois à la gelée de pomme justement (en haut). Je me suis concocté mon propre ordre : on commence par les "nature" évidemment pour se prendre un bon bol d'iode. On continue sur la pomme plus légère, plus facile à avaler. Et on finit sur le cédrat.

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    Deuxième claque pour ma part : les huîtres plates, sur la droite de l'assiette. Je m'adresse au maître d'hôtel, l'interpelle pour qu'il m'en dise plus sur le producteur, il reste assez stoïque et explique juste qu'effectivement, elles sont bien meilleures et finit par se lâcher en disant "ce n'est pas le même prix..." Les fournisseurs cancalais de Roellinger question huîtres sont assez nombreux : il y a les parcs Saint-Kerber (avec la Tsarskaya), Annick Prodhomme, Tony Daniel. Tout début mai, se pose évidemment la question de l'huître diploïde ou triploïde : le chef assure qu'ils ne servent pas de triploïdes.

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    Passons au plat. "Ormeaux en persillade et beurre salé". Troisième claque : étant donnée la rareté de la bête, je n'en remangerai sans doute pas avant longtemps, il fallait donc se faire plaisir. Trois énormes ormeaux, champignons japonais, tombée de chou et une délicieuse purée bien emmitouflée dans la coquille de l'ormeau.

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    Du fait de la consistance de la chair, le serveur apporte un couteau bien rigide pour découper les ormeaux. C'est un peu comme une seiche ou du poulpe mais ici, c'est bien plus moelleux : la cuisson est particulièrement réussie.

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    Evidemment, quatrième claque, on va arrêter de les compter : "blanc de barbue, poivres des Mondes et parfum de cumbavas", un plat qui porte vraiment la signature Roellinger. Le poivre des Mondes correspond à son mélange traditionnel et la superbe sauce au cumbava (ou combava, ou combawa) provient d'une émulsion réalisée avec sa fameuse huile. C'est divin... Que toutes mes futures assiettes de poisson soient désormais assaisonnées de la sorte !

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    L'estomac désormais bien rempli, nous n'avons pas oublié qu'au début du service nos yeux se sont baladés sur le plateau de "fromages de Bretagne et de Normandie sélectionnés par Valentine, chutney et condiments". Une assiette pour deux est amplement suffisante (12 euros). Sur la droite, de longs filaments d'une tome de Bretagne affinée un an et accompagnée du vinaigre celtique du chef. A gauche, camembert et livarot A.O.C. donc au lait cru. Tout en haut tout à gauche, un bleu breton bien fort.

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    Et au milieu, la curiosité : un cheddar aux orties relativement doux. A ce que j'ai cru comprendre, il serait fait dans le coin par une Anglaise en mal de pâte cuite.

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    Bon allez, dernière claque. "La roulante des gourmandises rassurantes et étonnantes préparée par Mathieu". En plus simple, le chariot de desserts qui fait que tout le monde se retourne, immanquablement.

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    Même si franchement, on n'a plus très faim on choisit un peu de tout.

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    J'annonce.... Le petit Paris-Brest vert, c'est en réalité le Paris-Cancale. C'est pratique, on court moins et on remplace la crème au pralin par de la pistache. Aaahhh... Puis verrine à l'orange sanguine, tout à fait mon truc quand c'est servi en plat et non en verrine. La tarte au chocolat (et au beurre) est incroyablement régressive. Je voudrais demander au pâtissier comment il fait... Ah ? Il met du beurre ? Pas croyable... Je me moque mais c'est excellent. Enfin, un genre de gâteau au chocolat blanc qui désormais m'empêche de pester contre le chocolat blanc.

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    Sur l'autre assiette, on retrouve le Paris-Cancale. Et une profiterole à la glace vanille maison : alors là j'en reste estomaqué, c'est incroyablement pur. On reparlera de cette glace. Un petit gâteau au moka, une guimauve. Alors, dis comme ça on pourrait croire que c'est facile, que Buffalo Grill peut faire la même chose. Mais voilà : je ne cours ni après le moka ni après la guimauve. Et pourtant aujourd'hui, je ferais tout aujourd'hui pour me retaper ces desserts. Finissons avec le mille-feuilles vanillé... Bon, pas la peine de préciser quoi que ce soit, on a compris.

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    J'ai pris la carte des digestifs en me disant qu'un joli calva pourrait clore tout ça. Mais j'ai préféré revenir sur un vin jaune 2002 du domaine de la Tournelle pour retrouver un côté fruits secs en bouche et préparer le terrain au sherry qui attend aux Rimains.
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    Repas tout poisson puis tout dessert (tout beurre aussi). Il y a bien quelques plats de viande en embuscade (ris de veau ou pavé de boeuf) mais franchement, ce serait dommage de passer à côté du poisson à Cancale.Résultat ? On s'est pris une ribambelle de claques, c'est assez rare au cours d'un même repas. Et encore, tout cela est tempéré par une chose : on cuisine avec ces épices depuis quelques temps, leur goût nous est familier. J'imagine alors les uppercuts qui attendent ceux qui ne connaissent rien à l'univers Roellinger.
  • Cancale : un caviste très pointu

    Je connais bien des villes de 5 000 habitants qui respireraient différemment si un caviste aussi pointu y ouvrait une boutique. La Cave du Sommelier est une annexe cancalaise de la maison rennaise dirigée par Eric Macé. Drappier, Marc Pesnot, Claude Maréchal... de jolies quilles naturelles malheureusement un peu plus chères qu'ailleurs (28 euros le Carte d'Or de Drappier), mais quel choix !

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    La Cave du Sommelier, 1 place Jean Bart, 35 260 Cancale, 02 99 89 92 50.

  • Cancale : une galette dans la ville haute

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    Manger en voyage, ce n'est pas très compliqué : quand on ne connait pas trop le coin, on demande à des gens de confiance de vous indiquer un resto. Un indice laisse pressentir le bon plan : cette crêperie est située dans le haut Cancale, loin du touristique port de la Houle. A la carte, ni une, ni deux, on opte pour le cidre fermier de Yvon et Pascale Dufour (8 euros). Il fait chaud, ça se boit très bien. On est vraiment sur le fruit plus que sur le sucre, à l'opposé de nombreux cidres imbuvables : c'est un vrai beau travail.

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    Question solide, crêpe à la saucisse cancalaise, faite par la maison Viabif sur la place de l'Eglise. C'est assez fin, pas très gras. Bon, la saucisse, plus l'oeuf, plus le fromage, plus le beurre... mais ça passe bien.

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    En dessert, la "typique" : une crêpe au caramel mais vraiment caramélisée. Il suffit d'attendre 3 minutes et la fourchette fait toc-toc sur le caramel. Bien sûr, il faut un bon couteau et aimer le beurre.

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    Plutôt que les repas sur le port avec vue sur mer inexistante (car à Cancale, à midi c'est marée basse et pour voir la mer faut manger à 8h du matin), mieux vaut grimper quelques rues pour cette petite maison.

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    Crêperie La Cancalaise, 3 rue Vallée Porçon, 35 260 Cancale, 02 99 89 71 22.

  • A suivre : Cancale et Saint-Malo

    Le temps d'un petit week-end ouvert sur la Manche, on a crapahuté à Cancale et Saint-Malo où je n'avais plus mis les pieds depuis quoi ? 15 ans ? Au moins... A l'époque, je ne mangeais pas d'huitres et ne connaissais pas Olivier Roellinger. Depuis, je me suis rattrapé. Donc bientôt Roellinger, une créperie, Roellinger bis, une pâtisserie, Roellinger ter, la Duchesse Anne qui vit ses dernières heures, un bento à Saint-Malo, des caramels mous, du cidre, du saké chaud...

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  • Le nouveau restaurant de Pierre Jancou ouvre lundi 11

    Voilà c'est dit. On va essayer d'y passer chez Vivant...

  • Beauvais : le Palais Bleu et le mien comblé

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    Juste avant la Vénétie, cap sur Beauvais pour décoller avec une compagnie aérienne à bas coût. Alors il faut en profiter : ça s'appelle Le Palais Bleu et ça a une sacré gueule. Dix-sept euros le gigot et quel gigot, quelle tranche ! Avec des légumes du coin, des endives bien braisées, des haricots superbes... Seule cette tomate cerise jure en février.

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    Avec ça, une bière du coin, l'acidulée Bernache, bière blanche sur lie, puissante avec ses 7 degrés. Franchement, ça met en joie avant d'affronter le vol.

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    Le Palais Bleu, 75 rue Saint-Pierre, 60 000 Beauvais, 03 44 45 06 52. C'est pas compliqué, c'est juste au pied de la cathédrale.

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  • Metz : chez Thierry Saveurs et Cuisine

    Autant le dire tout de suite, c'est un des restaurants les plus en vue de Metz. Il faut souvent réserver le midi pour avoir une table. Atmosphère feutrée et réunion de notables. Le souci, c'est que le menu du jour en semaine (23 euros pour E+P+D) n'a pas fait grosse impression parmi les trois convives. Manu et Hélène l'ont choisi : soupe et plat relativement bons sans être à grimper au rideau. Le problème provient de la panna cotta immangeable. D'ailleurs, ils n'ont pas fini leur assiette à cause de cette texture grumeleuse très, très lourde. Pourtant une panna cotta, ce n'est vraiment pas difficile : on en reparlera.

    Ayant senti venir le coup, je prends juste un plat (et une assiette de fromage assez chère) : les bouchées à la reine "lorraines" et "comme autrefois" avec ris de veau et crêtes de coq et tout le tintouin. Sur l'assiette ça part dans tous les sens avec la bouchée déjà recouverte de reine et de la sauce en rab' dans le saucier... Mais dans la bouche, c'est franc et assez savoureux. Bref, un sentiment mitigé en claquant la porte. Ah oui, question vins on a affaire à du sur-extrait, de la tisane de parquet, du bien souffré avec la part belle aux vins du Nouveau Monde mais l'espèce de pinot gris argentin se laissait boire. A trois sans abuser, on a évité le mal de crâne de justesse.

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    Juste en face, je préfère (et de loin) Cantino avec son cappuccino de truffes ou son brie aux truffes. Mais bon, on n'y mange pas que de la truffe...

  • Metz : le menu bistrot de la Vigne d'Adam

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    Un an presque jour pour jour après notre première visite, nous sommes retournés chez François Adam patron de la Vigne du même nom. Quand il neige à gros flocons, le menu bistro est tout indiqué pour tous les 5. J'annonce : crème de potiron aux châtaignes + pintadeau à la crème et aux champignons + superbe plateau de fromages + ganache à l'orange.

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    Tout est vraiment bien troussé comme l'année dernière, rien à ajouter (certains ont trouvé la ganache un peu lourde... c'est du détail). Ah si, autre chose : le vin est bien plus craquant que l'autre fois. Nous avons fait tout le repas avec le domaine de Montgilet sis à Juigné-sur-Loire, aux portes d'Angers. Avec les entrées, le chenin 2007 extrêmement pur est si bon que j'en ai pris un carton pour Noël. Puis le rouge anjou-villages Brissac 2001 (en magnum) qui s'est finalement ouvert sur les notes poivrées du cabernet-franc. C'est tout à fait le genre de vins qui me transporte...

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    Encore une chose : l'année dernière dans ce restaurant, notre voisin de table s'appelait Marcel Lapierre.

    La Vigne d'Adam, 50 rue Général de Gaulle, 57050 Plappeville, 03 87 30 36 68.

  • Le ventre de Metz

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    Le marché couvert de Metz est une institution. Pour l'intérieur et l'extérieur le samedi matin, mais aussi pour le seul intérieur toute la semaine. En forme de U, il fait penser à un mini-Versailles : commencé avant la Révolution, il ne sera terminé qu'un siècle plus tard. Bâti avec la pierre de Jaumont caractéristique de la ville, le marché correspond au ventre de Metz.

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    Ainsi la maison Nicolas. Rien à voir avec le vin : c'est une boucherie très courue. Le Pudlo et le Routard lui décernent souvent leurs récompenses respectives. A lui seul, Nicolas représente un petit quart de la surface du bâtiment. La grande diversité des produits (nécessaire à choucroute, gibiers en saison, morceaux de viande assez introuvables) et la politique de prix bas font s'allonger les files d'attente chaque matin.

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    D'autres boucheries, charcuteries ou volaillers évoluent dans le marché couvert. Souvent les prix plus élevés que chez Nicolas sont proportionnels à la qualité des produits. Mais pas toujours : chez le fromager, le superbe Délice de Pommard d'Alain Hess culmine à 7 euros, soit deux fois plus qu'à Beaune... On trouve aussi des primeurs, une épicerie fine et deux petits coins où se restaurer comme le Bar à Soupes ou Chez Mauricette (qui ne suscitent de ma part aucun intérêt particulier). On découvre aussi LA poissonnerie du centre-ville, oui la seule : Schaller. Metz, capitale de région comptant plus de 100 000 habitants, ne compte en son centre qu'une seule poissonerie. Ah ça, si vous cherchez une charcuterie, aucun souci... à chaque coin de rue.

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    Et pour ceux qui ont faim mais pas de plan de la ville, c'est tout simple : rendez-vous au pied de la cathédrale.

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  • Metz : le Pampre d'Or répond toujours présent

    J'y étais l'été dernier, j'y retourne avec Thomas et Olivier. Rien n'a changé ; seul le menu du midi a pris deux euros de plus. La cuisine de marché, c'est comme la vie : irrégulier. Y a des hauts, y a des milieux et y a des bas. J'avoue que le menu de l'été dernier m'avait plus impressionné. Ceci dit, c'est toujours bien bon. Petites entrées de saison (crème de potiron, mousse de chevreuil, bouchée aux fines herbes) puis paleron de boeuf vraiment bien troussé.

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    Question vin, on n'a pas fait de folie. Le givry de Remoissenet cuvée Le Préféré du Roi Henri IV. 35 euros sur table tout de même. Chose intéressante, un 2004. Je fais d'habitude peu de cas des vins de négociants : celui-ci ne déroge pas à la règle. Agréable, sans plus. Je ne m'en souviens plus en fait et ce n'est évidemment pas un compliment.

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    Pour finir, une tarte aux pommes : jolie mais relativement anodine. J'avoue que je suis vraiment dur avec les desserts dans les restos...

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    Le Pampre d'Or, 31 place de Chambre, 57000 Metz, 03 87 74 12 46.

  • Cantino 2 : le retour

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    Quand on aime une adresse et qu'on a peu l'occasion d'y aller, il faut foncer. Chez Cantino on y était il y a quelques jours et là on y retourne... Et alors ? Il suffit de prendre autre chose. Autre chose à boire : un crozes-hermitage blanc 2009 de chez Fayolle. Servi (comme toujours) trop froid à mon goût, il est bien sec et gras mais court en bouche je trouve. Je ne sais pas ce que j'ai, je dois avoir la grippe et d'ailleurs je tousse comme papy, j'ai l'impression que les vins que je bois en ce moment manquent un peu de longueur.

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    Et autre chose à manger. J'ai insisté pour que Thomas prenne les superbes pommes de terre à la truffe, il a préféré l'escabèche de foie gras. Pas si con.

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    Salade de confit de canard. Et moi j'ai bien pris autre chose : le saumon gravlax. Un poil grassouille mais bon aujourd'hui le saumon... Avec une marinade bien pensée et l'huile qui l'accompagne assez ébouriffante.

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    Et puis allez on se lâche sur le dessert : un brie truffé. Rien à redire. Les prix dans les mêmes eaux que la dernière fois.

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    Cantino, 8 rue des Piques , 57 000 Metz, 03 87 36 19 01.

  • Le Cantino à Metz : bien plus qu'une cantine

    La vitalité actuelle de Metz provient sans nul doute de l'ouverture du Centre Pompidou. En ce qui concerne l'assiette, la bouffée d'air frais vient de Cantino. Lorsqu'il était un pur-bar-à-vins-cave-à-grignoter j'aimais déjà bien cet endroit, bien planqué dans une petite rue au pied de la cathédrale. Aujourd'hui il a gagné en standing. Le chef à l'aise connaît son répertoire, ça fait du bien de manger dans des endroits droits comme ici.

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    Les vins proviennent de La Vigne d'Adam où on mange vraiment très bien. Aujourd'hui, j'ai une petite réserve sur le chablis ; mais il faut dire que je crois que je n'aime pas ça le chablis. Hormis celui du couple De Moor. Le saint-joseph 2008 de Stéphane Montez (domaine du Monteillet), tannique mais déjà bien ouvert, un régal.

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    Salade tiède de confit de canard (9 euros). Tout à fait sympathique.

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    Et puis la grosse claque (15 euros). Cette poêlée de pommes de terres rattes surmontées d'un cappuccino à la truffe. J'adore cette alliance de la rusticité et de la finesse. Fondant, crémeux et surtout pas lourd : c'est parfaitement exécuté. Si bon que mon estomac ne demande pas de dessert.

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    Cantino, 8 rue des Piques , 57 000 Metz, 03 87 36 19 01.

  • Quelques jours à Metz

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    Quelques jours de repos à Metz vont me permettre de partager quelques bons restaurants, une charcuterie de rêve, un feu dans la forêt lorraine en décembre, une escapade à Strasbourg, une autre dans le sud de l'Alsace... A suivre.

  • Dijon : comment réussir un pique-nique ? (2)

    Choisissez un bon jour de marché, genre le mardi. Prenez la direction des Halles de Dijon. Où que vous soyez, marchez un peu : vous finirez par tomber dessus.

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    Dans les Halles, furetez. Je voulais absolument les charcuteries de la ferme des Levées, mais le stand était vide. Comme à Beaune, misez sur le fromage avec la ferme de Ligny et sa cancoillotte maison.

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    A la Fromagerie de Saunière, choisissez un saunière. Logique. C'est un fromage à pâte molle au lait entier de vache qui peut être sec ou demi-sec, salé ou non.

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    Trouvez de quoi acheter un bon pain. Sortez des Halles vers l'est, trouvez la rue de la Chouette. Toujours pas de vin à midi ? Non, on est vraiment très raisonnable. Alors à la Rose de Vergy, achetez le superbe jus de cassis bien acide et pas trop sucré des Nectars de Bourgogne d'Emmanuelle Baillard. J'y ai aussi acheté un pain d'épices à Julien qui ne jure désormais que par celui-là.

    Sortez de la boutique, prenez tout de suite à droite et vous atterrirez sur un joli square derrière le Palais des Ducs de Bourgogne. Les choses sérieuses peuvent commencer.

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  • Dijon : un lundi soir chez David Zuddas

    Sur David Zuddas, on a entendu tout et son contraire. Cuisine moléculaire, cuisine simple, cuisine michelinée, cuisine plaisir, ouais vous verrez le lundi le chef n'est pas là... et j'en passe. Le plus simple est encore d'aller y faire un tour. Tout se passe face aux Halles de Dijon dans son restaurant DZ'Envies. Ce lundi soir justement, un regard vers le fond de la pièce suffit pour voir que le chef est bien là.

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    Après le vélo et le pique-nique sans vin, il nous fallait un beau remontant. A la carte nous attend un truc extra (36 euros) : le Saint-Aubin Le Ban 2008 des Derain. Vérification faite chez Augé, on le trouve aussi à Paris, ouf (une vingtaine d'euros à prix caviste : donc Zuddas ne fait pas dans l'excès). Rien à voir avec un bourgogne classique insipide : le parfum saute aux yeux, au nez, à la gueule... Un terroir un peu oublié vaut amplement les plus célèbres quand un parfait vigneron fait le travail.

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    Dans les faits, ça diffère peu de L'Auberge bourguignonne hier. Sauf que dans la bouche, c'est plus fin, plus goûtu. En un mot, meilleur. Hier c'était bon, là c'est vraiment très bon. J'annonce : jambon persillé sans gras et une sauce persillée presque crémeuse, boeuf bourguignon de noix de joue de boeuf troooop boooon (viande fondante, sauce concentrée) et panna cotta elle aussi extra crémeuse, aux fruits rouges (28 euros en tout, à la carte en plus).

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    Voulant savoir ce que le chef avait dans le ventre, je commande pour ma part la "formule 5 envies" (35 euros).

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    On commence avec le foie gras. Encore du foie gras, toujours du foie gras. En septembre à Dijon, je m'attendais à autre chose. En plus à la mangue, moi qui ne suis pas partisan du condiment sucré avec le foie gras. Sauf que le foie est tip top et, prise indépendamment, la pâte de mangue est une petite merveille fruitée. J'ai demandé au serveur où se trouvait mon bien aimé savagnin dans le plat, il n'a pas su me le dire, je n'ai pas su le deviner.

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    Arrive le siphon de fèves. Encore un argument pour les détracteurs de Zuddas qui voient ici une cuisine branchouille voire moléculaire. Que je sache, le bourguignon n'a rien de moléculaire... Passons. La fève, c'est difficile surtout ici en réduction, en purée. Zuddas l'a réussie crémeuse (troisième fois) et légère. Un vrai régal.

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    L'oeuf parfait est effectivement parfait. Le bouillon de légumes est sympa mais ce sont les bourgeons de cassis et les petites girolles qui font tout. J'ai levé la tête et dit qu'il s'agissait du meilleur oeuf que j'avais jamais mangé. Un plat presque bête mais qui restera gravé dans ma mémoire.

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    Le porc fermier avec son chorizo exaltant et ses dés de seiches excitants. J'avais déjà dit à Collioure combien ces accords terre-mer étaient risqués. Zuddas l'a réussi : l'encre de seiche (travaillée avec une sauce soja ?) qui vient caresser le porc rosé avec la pointe de mon couteau me rend fou.

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    En voyant arriver le dessert, on pense à une énième version de l'Ispahan de Pierre Hermé. Visuellement à la rigueur, mais en fait non. Pas de litchi, des fraises à la place des framboises et surtout une glace splendide au poivre de Sichuan, épice désormais célèbre aux grains plutôt doux. C'est crémeux (quatrième...) et épicé. Certains vont faire la grimace, moi je me régale.

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    David Zuddas réussit le tour de force de faire une bonne bouffe du terroir avec des plats emblématiques et, en parallèle, il laisse libre cours à ses envies et exprime son talent. Le grand écart n'est pas si grand en fait.

    DZ'Envies, 12 Rue Odebert (face aux Halles), 21000 Dijon, 03 80 50 09 26

  • Dijon : une caviste vraiment naturelle

    Amis Dijonnais, courez chez Audrey Kocévar !

    Caviste naturelle (n'ayons pas peur des mots), elle a ouvert sa boutique depuis à peine un mois. Sa sélection est pointue ; on ne retrouve pas ici les choses insipides que j'ai eu l'occasion de voir chez d'autres cavistes dijonnais ou beaunois. D'ailleurs, c'est une sacrée plaie : dans les régions viticoles, les cavistes sont souvent assez inintéressants. Il faut s'éloigner de la vigne pour trouver de belles bouteilles. Normal en quelque sorte, car quand on habite dans le coin, il suffit de prendre sa voiture ou d'avoir une remorque à son vélo et d'aller faire le tour du vignoble... Mais bon.

    Ici on dépasse évidemment la Bourgogne : Sébastien Riffault à Sancerre, Château-Meylet à Bordeaux, je me souviens avoir vu du Richaud à Cairanne. Et surtout mon amour du moment Pierre Overnoy-Emmanuel Houillon à des prix tout doux : 13 euros le chardonnay, 20 le savagnin et 24 le macvin assez rare. J'en ai acheté : la honte ! Venir en Bourgogne pour acheter du vin du Jura...

    J'allais presque oublier de préciser que sa superbe cave voûtée méritait à elle seule le déplacement...

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    Du Vin au Vert, 6 boulevard de la Trémouille, 21000 Dijon, 03 80 72 52 27.

    A signaler aussi l'autre caviste naturel de Dijon, Au Gré du Vin, 106 rue Monge, 21000 Dijon, 03 80 65 90 62. Bien entendu (et comme à chaque fois), nous y sommes allés sans parler du Morgon ou sans dire quoique ce soit, et l'accueil fut excellent.

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