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Bonnes adresses parisiennes - Page 3

  • Gaya Rive Gauche et les crevettes du Mozambique

    Je vous ai donc épargné le titre "la mer de Pierre Gagnaire" qui, il faut le reconnaître, ne veut rien dire. Commençons tout de suite avec ces huîtres de David Hervé au wasabi et kombu. Là oui, on peut dire que c'est marin cette gelée !

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    En plat, les fameuses crevettes du Mozambique, les Black Qwehli ! Charnues, fondantes, torrides : le top, tout simplement. Et certifiées AB pour couronner le tout. Pour les accompagner un velouté de poivron rouge et un sorbet pastèque. Marrant. Là j'ai tout mélangé et déjà mangé, il y en a bien plus dans l'assiette à l'origine. Mais tu m'aurais fait une plancha de crevettes, avec cette cuisson-là, sans le tralala, j'aurais été le plus heureux des hommes...

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    En face un très bon turbotin et surtout des tempuras de haricots à tremper dans une pâte de sésame, vraiment merveilleux.

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    Très jolis desserts à suivre. Lait de coco, aloé vera, tapioca, purée de potimarron à la canelle, le tout remonté d'un citron vert... Long à énumérer, long à déguster : c'est fichtrement bien foutu !

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    ...et une tarte aux quetsches très légère et plus classique.

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    Côté vins, on est clairement à la traîne : on s'ennuie. Bouteilles pas données et une teinte un peu sudiste alors que j'aurais voulu un bon coup de muscadet avec tout ça. Côté addition, forcément un "unétoilemichelin" qui plus est annexe de Gagnaire, c'est quelque chose comme 75 euros à la carte.

    Gaya Rive Gauche par Pierre Gagnaire, 44 rue du Bac, 75 007 Paris, 01 45 44 73 73.

  • Le magret de canard tombé du ciel

    Avec le Beurre Noisette et l'Os à Moëlle, Afaria hisse haut les couleurs de la belle gastronomie dans ce sud du XVe arrondissement où on s'aventure rarement, à moins d'habiter ou de travailler à côté. Dans cette auberge basque qui s'échappe un peu en Asie (pourquoi ?), les entrées et les plats sont joliment troussés. Magnifique saumon en entrée mais surtout incroyable magret de canard à se partager (18 euros par tête). Je m'explique.

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    Déjà, on lui laisse son os. On le fait revenir à la poêle puis il cuit au four sur des sarments de vigne. Pour les plus farfelus, la recette se trouve ici. Le petit truc du jour, c'est une sauce badigeonnée sur le dessus du magret, à base de vinaigre balsamique et de pâte de coings. Je parie que les végétariens deviendraient viandards. Et je ne veux aucun commentaire du style "dis donc, c'est rosé !" car ça se mange comme ça, point.

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    Et pour pousser tout ça dans le gosier, on ouvre un vin fort mais qui coule. La Griffe 2009 du domaine de Villeneuve de Stanislas Wallut. Riche mais incroyablement buvable, notamment grâce à un léger reste de gaz carbonique qui m'enchante, un vin du sud bien naturel.

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  • Le Zerda, le meilleur couscous de Paris ?

    Présenté par la presse parisienne du miam-miam comme l'adresse incontournable du couscous à Paris, le Zerda répond présent. Semoule fine, bouillon bien sympathique, viande assurément moelleuse et très parfumée. On y a très bien mangé : interdit de faire la fine bouche, on est obligé de faire les fines gueules. Le tout accompagné d'une bière marocaine un peu amère, la Casablanca, qui vole un peu les codes du film mythique.

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    Est-ce vaiment le meilleur couscous de Paris ? Je n'en sais rien. Et les journalistes qui l'ont écrit, qu'en savent-il ? Il nous aurait fallu tous les goûter (ceux des rades, ceux des brasseries, ceux des restos spécialisés) à un instant t puis comparer, puis donner des notes, puis faire des classements... A la rigueur, je veux bien me rappeler de quelques couscous mangés à Paris ; alors là, oui, c'est le meilleur. Mais le meilleur de ceux que j'ai mangés et selon mes souvenirs. 

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    Ce qui est sûr, c'est que le couscous, un des plats préférés des Français, est plus que malmené à Paris. Il y a quelques années, on se pressait Chez Omar rue de Bretagne, pour "le meilleur couscous de Paris". Hormis des merguez d'exception, on avait été fichtrement déçu. Moralité : arrêtons de faire des classements, ce n'est pas ça la cuisine. L'assiette dépend avant tout du professionnalisme et de l'humeur du cuisinier, sans compter de la disposition du client à recevoir une telle assiette, faut bien l'avouer. Meilleur couscous, faut bien avouer que ça ne veut rien dire.

    Ce soir, c'est simplement (et c'est déjà beaucoup) un très bon couscous. Ajoutons que ce n'est pas donné (19 euros mon Zerda). Hormis la bière intéressante, il y a une belle carte de vins algériens, tunisiens et marocains : si on reste dans le conventionnel, ce sont tout de même des cuvées qu'on ne voit pas partout. A tous ces vins forts, moi j'aurais besoin de quelque chose de plus léger, de la bière ou un cabernet-franc.

    Enfin et pour être franc, la cuisine du Maghreb n'est pas celle à laquelle j'attache la plus grande importance. Sans doute ai-je tort, mais je lui préfère et de loin celle du Machrek : Liban, Syrie ou Palestine. Cela joue aussi sans doute dans le fait que couscous et tajines me font moins vibrer qu'un houmous réussi.

    Le Zerda, 15 Rue René Boulanger, 75 010 Paris, 01 42 00 25 15.

  • Morapio y Papeo : la nouvelle perle naturelle du XIXe arrondissement

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    Si on m'avait dit que c'était brésilien ou latino-américain, je l'aurais cru volontiers. Seulement, Jérémy alias "le dénicheur" m'avait mis la puce à l'oreille. "Je te conseille vivement les sardines Ramon Peña ! Et ses sauces japonaises (de chez Workshop Issé). J'ai passé une très bonne soirée dans cette belle cave à manger."

    Premier petit tour un après-midi pour voir à quoi à ressemble. Sur les étagères, Hommage à Robert 06 de Gilles Azzoni, huile de tournesol de Laurent Cazottes (peut-être le seul à en avoir à Paris), jolies boîtes de sardines effectivement... Bref, y a moyen de s'amuser ici. 

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    Ce fut donc un rapide retour avec Olivier ce soir. En plus, on y croise des connaissances du Verre Volé ou de Lavinia, venues voir comment on boit dans le XIXe. Ce qui fait que les bouteilles s'enchaînent. Un verre de Bois Sans Soif d'Olivier Lemasson (menu pineau et romorantin) et on enquille avec une quille du grand Jean-Christophe Comor. Et oui, on découvre qu'il y a encore des cuvées de chez lui qu'on n'a jamais goûtées. Même si on a déjà sifflé (et plusieurs fois) la rareté Au Hasard et Souvent, on est passé à côté de l'Amourvèdre 2010. On se rattrape ce soir : c'est engageant, parfumé, délirant de fruit, tout le contraire d'un jus fermé. On a adoré, à 13 euros la bouteille (plus un petit droit de bouchon : 5 euros je crois, soit bien moins que dans d'autres bars à vins). 

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    Vu qu'on est parti pour faire n'importe quoi, on continue dans les inconnues de Comor : son blanc A Bouche Que Veux-Tu. Cette vieille expression qu'on retrouve chez Brassens ("Je suis un voyou") signifie "abondamment" : c'est ainsi qu'il faut la boire cette cuvée... Mi rolle, mi ugni-blanc, un sacré caractère. Gras, profond, tendu, nerveux. C'est un vrai régal qui me frappe plus qu'Analespse : j'ai l'impression que c'est plus onctueux, plus caressant sans oublier d'être vivifiant. C'est bon maintenant ? On a enfin bu toute la gamme ? 

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    Puis une quille du domaine Picatier, l'Intro c'est-à-dire leur "petit" gamay. C'est tout à fait fringant et comme toutes les bouteilles de rouge de ce soir, c'est descendu à une vitesse sidérante. Idem pour l'avant-dernière Hommage à Robert 06 (peut-être l'avant-dernière de toute la France).

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    Dans l'assiette un sacré travail sur les salaisons et un très bel artichaut mariné. Mention aussi pour les sardines Bordier au chili, travaillées en rillettes. 

    Morapio y Papeo, 5/7 rue de Chaumont, 75 019 Paris, 01 53 19 63 34.

  • Des vins vivants chez Vivant (logique...)

    Retour chez Pierre Jancou (Vivant) avec Guillaume. Tout au long de cette belle soirée, les quilles s'entrechoquent. Commençons par l'ancêtre, Ancestral 2003 de'Julien Courtois. Une très belle cuvée sur laquelle on a peu d'informations. Cabernet ? Gamay ? Dans le verre, ça ressemble à un gamay. Il lui faut une bonne heure pour s'ouvrir. Avec la mozzarela fumée tiède, il était un peu fermé. En fin de repas, il avait quelque chose de vieux monsieur encore fringant, comme si sous la cravate en tricot et la chemise en tweed, battait un coeur d'anarchiste. Bref, très complexe.

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    Au milieu des agapes, nous avons fait une infidélité à l'Ancestral. Direction Gilles Azzoni et Fable 2010 (70 % syrah et 30 % grenache). Vin un peu plus canaille, sur le fruit, gouleyant, pour se rincer la bouche. Qu'est-ce que c'est bon... Pierre en parle pas mal dans son guide des vins à lui.

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    C'était pour accompagner l'andouillette de Daniel Thierry, à Sainte-Savine à côté de Troyes. Ici pochée et snackée. Chez Racines, on s'en souvient, c'était tout juste pochée. C'est un produit toujours aussi parfait, quelle que soit la cuisson.

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    Autre curiosité. Nous avons goûté le champagne blanc de blancs d'Ulysse Collin extra brut. Un jus superbe, complexe, à goûter à nouveau. En tout cas, une belle découverte.

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  • Le Réveil du Xe, pour commencer la journée du bon pied

    Le samedi midi, on a parfois besoin de quelque chose qui tient au corps. Pas forcément la superbe adresse à la cuisine très fine sur laquelle se pament tous les guides et critiques. Juste un bon petit bistro de quartier, tourné vers le Cantal. Sans trop de prétention, qui ne se la raconte pas, qui ne se monte pas du col. 

    C'est ma deuxième visite en 2 ans et je trouve que le Réveil du Xe a de jolis produits. Ce jambonneau froid a une belle gueule, la truffade assez grasse et la planche de fromage sur la table d'à-côté me paraissait bien sous tous rapports.

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    Côté vin, on a connu bien mieux il faut le dire. Il y a beaucoup de références au verre mais on ne consulte que des A.O.C. sur la carte. Ce qui laisse présager quelque chose d'assez nul. Je choisis un verre de morgon. Résultat : pas si mauvais, mais bon y a pas de quoi se relever la nuit. Je m'attendais vraiment à pire, c'est une adresse tout à fait honnête.

    Le Réveil du Xe, 35 rue du Château d'eau, 75 010 Paris, 01 42 41 77 59.

  • L'autre petit secret de la rue des Quatre-Vents

    Je me souviens de ce pub canadien à l'époque où j'étais étudiant dans la rue derrière. C'était il y a à peu près 7 ans et nous y mangions des poutines, ce terrible plat canadien, amalgame de frites, de fromage et de sauce régressive.

    Plus tard, on est revenu y boire de bonnes bières. En juin 2010 précisément, on arrive ici et on trouve quelques vins au comptoir. Dard et Ribo, Foillard, Villemade... Tiens, du vin naturel dans un pub ? Assez marrant. Bien sûr, la sélection n'est pas aussi pointue qu'à La Crémerie juste en face mais ce n'est pas le but non plus.

    Ce mercredi, retour au Moose. J'y apprends que celui qui a soufflé au patron du lieu la bonne idée de mettre à disposition des clients quelques quilles buvables n'est autre que Sébastien Lapaque. Ce jour-là, ce magnum de bourgueil 2006 Les Perrières de Catherine et Pierre Breton me fait un effet boeuf !  

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    The Moose, 16 rue des Quatre-Vents, 75 006 Paris, 01 46 33 77 00.

  • Les jolis vins de la Crémerie

    Mon amour pour cette adresse ne se dément pas, surtout que cela faisait bien un an que je n'y avais pas foutu les pieds. 

    Serge commence à nous ouvrir un truc super pâle et qui pétille. C'est quoi ? Le 2010 des Foulards Rouges, cuvée La Soif du Mal. C'est incroyablement fin, rafraichissant car ça cisaille le palais. Qui aurait pu croire à l'aveugle que ce genre de jus poussait dans le Roussillon, au pied du massif des Albères ?

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    Suit la syrah d'Hervé Souhaut (Romaneaux-Destezet), la syrah pure et digeste telle que je me la figure et que je ne la trouve que très rarement.

     

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    Bref, un retour gagnant.

  • Repas du soir, espoir...

    On n'est pas là pour se baffrer. Un morceau de jambon, s'il est bien fait, suffit à nous donner le sourire et à prolonger la vie de quelques minutes. C'était l'idée des petits luxes anti-crise qu'au fur et à mesure j'ai abandonné et j'ai bien tort. Mais je vais m'y remettre.

    Lors de ce repas de fin de semaine, une tranche d'andouille de Vire et un petit pâté de veau à la sauge de chez Gilles Vérot, immense charcutier des beaux quartiers parisiens. Cette belle andouille me rappelle une autre andouillette, toute aussi charmante. Et un éclair au chocolat de Jacques Génin, à côté de chez moi. Alors, d'accord y a pas le 5 fruits et légumes mais on s'amuse... A-t-on besoin d'autre chose, sinon un bon petit vin ? Ce fut un fond de 7, rue de la Pompe de Jeff Coutelou, parfait sur le salé et le chocolaté.

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  • La Compagnie de Bretagne : la crêpe cher payée

    C'est une adresse prestigieuse, dans une perpendiculaire au boulevard Saint-Michel. On retrouve pas mal de touches Roellinger dans les assiettes (et ça j'aaaaaime), de superbes produits bretons, du beurre de Pascal Beillevaire aux cidres et vinaigres de la Ferme des Landres. Ce sont sans doute les meilleurs produits de Bretagne. J'ajoute encore que les assiettes sont bien troussées et que cet enchevêtrement de mets fins donne un résultat incomparable. Ici la complète et celle au pralin. C'est vraiment bon...

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    ... mais c'est vraiment très cher ! C'est une de ces adresses dont on dit "faut pas déconner !" 11,50 euros la complète. Et le pralin, 6 ou 8 euros, je ne sais plus. Pourquoi est-ce si cher ? Le Fooding nous donne un élément de réponse : on paie le décor ("les rideaux" dirait Curnonsky) imaginé par un "architecte de renommée internationale". C'est cela qu'on nous facture :

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    Alors non. A la limite pour une beurre salé puis une beurre sucré (4 euros chacune), pour s'exclamer sur le sublime beurre de Pascal Beillevaire, je le répète. C'est bien con, j'étais parti avec pas mal d'a priori favorables.

    La Crêperie de Bretagne, 9 rue de l'Ecole de Médecine, 75006 Paris. 

  • Le dessert incontournable du Siffleur de Ballons

    Retour au Siffleur de Ballons pour grignoter un petit morceau. Notamment cet exceptionnel gâteau de riz "façon grand-mère". Cinq euros seulement pour un dessert authentique loin des cochonneries habituelles dont le prix au kilo avoisine celui du caviar. Evidemment, il est déjà entamé au moment de la photo...

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    Sur la photo c'est un montlouis de Xavier Weisskopf un peu frais. Sinon avec le plat, ce fut Grand Largue 2009 de Philippe Wies, vigneron à Maury. Malheureusement un peu fermé ce soir-là mais chaleureux : c'est dommage, ses vins sont souvent assez bluffants. On y reviendra vite !

  • Le dernier repas à la Cave de l'Insolite

    "Alors ce dernier repas chez Michel ? Vous avez bu de jolis vins ?" Combien de fois ai-je entendu ces questions depuis quelques jours... Considérant que cela ne se raconte pas mais que cela se vit, je ne voyais pas trop l'intérêt d'en remettre une couche sur la fermeture de la Cave de l'Insolite. Mais beaucoup insistent pour connaitre les quilles qui ont été sifflées ce soir-là. Déjà, la majorité d'entre elles provienait de ce que les clients ont ramené : Michel n'avait heureusement plus trop de stock. L'ambiance était différente de l'avant-dernier repas qui a vu défiler les quilles comme dans un bowling : un dernier repas, c'est forcément plus triste.

    Alors pour ceux que ça intéresse, voici les bouteilles bues le 29 juillet dernier, rue de la Folie-Méricourt, qui vient par ailleurs de perdre une part de sa folie. Promis, après cet article, j'arrête d'embêter tout le monde avec ce lieu. Par contre, on ne va pas s'apesantir sur les notes de dégustation, ça m'ennuie ce soir. En résumé, c'était une soirée particulière où on a particulièrement bien bu, surtout grâce à Jérémy qui avait apporté une partie de sa cave perso. Commençons par Les Chamois du Paradis 2004 de Jean-François (Fanfan) Ganevat. Une claque.

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    Nedjma 2008 de Gilles Azzoni. Assagi et bien coulant. J'ai fêté mes 30 avec ses 2010, c'est une bouteille qui me tient à coeur.

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    Les Hauts de Gramenon 1999 : il met du temps à s'ouvrir, mais au fur et à mesure de la soirée et au fur et à mesure que l'on y revient, il se démarque comme l'une des quilles du jour.

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    Le clou de la soirée : le morgon 2001 de Marcel Lapierre, en magnum s'il vous plait. Encore un cadeau de Jérémy. Quel doux bruit...


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    Grande classe, Jérémy a même le tire-bouchon adéquat.

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    Bilan du Lapierre 2001 : un peu sur sa réserve, dommage. Il devait être un peu triste, lui aussi, ce soir-là. A côté, le beaujolais 2010 de Métras, bu juste avant, semble être un gamin, un p'tit mec, un peu chien fou.

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    On a grignoté un peu : toujours cette superbe ravigote avec les foies de volailles ou un dernier coup de mozza. Tout en oubliant de photographier mon vin de voile 1999 du domaine Plageoles. Zut, car c'était une bien belle bouteille, mais elle aussi était un peu en retrait ce soir.

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    Il a bien fallu digérer la fermeture de l'Insolite. Quel autre digestif que l'absinthe de la Muse Verte ? La bouteille s'endormait sur l'étagère, elle a connu une belle fin. Nous aussi : c'est étourdissant de bonheur (dans notre malheur). Comment ça, on n'a pas de glaçons ? Attends, y a le bac à glace... Mode d'emploi.

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    Evidemment, je ne peux pas m'empêcher de finir sur une note triste. Evidemment aussi, la chanson de Brel est infiniment plus triste que notre réalité. Il n'y a pas mort d'homme, ce qui n'empêche pas de se sentir un peu orphelin.

  • Son auberge était ouverte aux gens sans feu ni lieu

    Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, je rappelle que depuis hier soir, Michel Moulherat et Giuseppe ont définitivement baissé le rideau de la Cave de l'Insolite, à Paris. La rue de la Folie-Méricourt n'aura plus le même parfum.

    Et ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les autres. La preuve...

    * Antonin : « Michel transpire la générosité ; la Cave de l'Insolite avait d'ailleurs ceci d'insolite qu'on s'y sentait comme chez un très bon ami, aussitôt à l'aise. Reste que je n'ai toujours pas compris son histoire de légionnaire ! A bientôt, Michel. » 

    * Bruno« Ma cave référence et pourtant je suis caviste en banlieue, Michel est un exemple, si un vigneron me visite et me dis être chez Michel je ne goute même pas. Tristesse :-( » 

    * Camilo« Au Japon il existe un concept de patrimoine culturel vivant. Si cela avait été le cas chez nous, jamais les tauliers de "l'Insolite" n'auraient pu fermer. C'est, outre la bonne humeur provoquée par la maison, de la culture que l'on perd à travers cette fermeture. »

    * David« Rendez-vous avait été pris pour partager les bouteilles à la Cave de l’Insolite avec la jeune garde des blogs viniques. Ca a dégusté avec une ferveur que seuls les pochtrons ou les passionnés peuvent avoir. Avec une abnégation hors du commun, n'hésitant pas à regoûter, le tout sans filet (les crachoirs, c'est pour les chochottes). Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique. Nous avons bu du très bon, du Bois-Moisset, du Labet, du Boyat, du Blanchard, du Guillot-Broux... Mais aussi du Morgon de Guignier (celui de Villié Morgon), et bien d'autres, dans un enchaînement de malade, le tout avec le gentil brouhaha des amateurs qui trinquent et qui deviennent au fil des heures de moins en moins amateur mais de plus en plus trinqueur. Une adresse de cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne. »  

    * Denis« Je n'ai eu qu'une brève discussion avec lui sur le marché auprès d'un stand de vin. C'est une personne très généreuse et très passionnée qui donne envie tout de suite de se frotter au vin. C'est triste que nous ne puissions pas garder ce genre d'endroit pointu et pas si insolite que ça. Vers quoi allons-nous ? Vers quelle consommation du vin ? Est-ce vraiment ça que nous voulons ? »

    * Eva« Chez Michel, c’est un peu comme chez un bon copain, on s’y sent tout de suite chez soi, on ouvre quille sur quille sans trop réfléchir, on rigole, on parle fort, on rigole encore, on mange une chartreuse monstrueuse, on amène ses propres quilles, on les fait goûter à Michel, on rigole encore, on se ressert… Et on n’arrive jamais à partir. Alors bonne continuation Michel, en espérant que Guillaume trouve vite une autre deuxième maison. »

    * Franckie : « Moi je suis juste resté scotché sur les bouteilles de légionnaire à chaque fois que je suis venu ! Moi je trouvais ça important, je les ai jamais vu ailleurs, et je me suis dit que ça reflétait bien Michel ces bouteilles. »

    * Frédéric : « Merci à Michel pour son sens de l’accueil, sa gouaille et sa grande sympathie. Dommage que le lieu ferme, on se vraiment comme chez soi là-bas. Bon courage au bonhomme pour la suite. »

    * Hélène : « Un lieu magique qui nous a fait voyager jusque dans les racines des vignes provinciales. Un endroit où le temps s arrete et où Paris reverdit ! Merci Mitch. »

    * Henri : « Un endroit hors du temps, comme à la maison. Une cuisine avec des produits simples mais travaillé avec une grande complexité. Un personnage. »

    Hubert : « J'en retiendrai le côté intelligemment improvisé et sympa tant par l'accueil que le cadre ; l'ambiance "grande table paysanne au coeur de Paris nous a séduits. » 

    * Jeff « Moi qui ai été le premier vigneron a faire une livraison chez Michel avant l'ouverture, ça me faitvraiment un vide.... mais Michel va rebondir, il y a toujours de la place pour les personnes généreuses comme lui.... quant à Giuseppe, il m'a promis de venir presser quelques olives avec moi cet automne.... encore du bonheur à partager... »

    * Jérémy : « Michel et la fermeture de l'Insolite c'est comme le meilleur jouet du monde qu'on offre à un enfant et qu'on lui retire du jour au lendemain. Michel, c'est le génie et la folie réunis. Et cette cave est d'une convivialité avec son ilot central lieu d'échange et de partage. Bref, on aura du mal à trouver aussi bien. Et espérons que ne pullulent pas les tables à manger dans cette merveilleuse cave prochainement. Vivement aussi que nous connaissions la nouvelle adresse ou le nouveau repère de Michel ! »

    Ju : « Généreux, humainement et culinairement. »

    Juju : « Son accueil, pas de sectarisme, l'huile d'olive de Giuseppe, sa grosse voix, sa phrase : "tiens, goûte ça, c'est super !'' »

    Maréva : « Tellement sympathique une fois la glace brisée - venu faire la fête avec nous. Et si c’était ça, savoir recevoir : que les gens se sentent chez eux ? »

    * Mathilde et Olivier : « Ce samedi-là, nous avons rejoint Guillaume à la Cave de l'Insolite. Le ciel de ce mois de juin était bas et lourd et nous y avons trouvé un havre de paix. Michel, celui dont on nous avait dit le plus grand bien n'était pas là et c'est Giuseppe qui nous a accueilli à bras ouverts : il a cet accent méditerranéen capable réchauffer tous les cœurs. Et c'est avec une parfaite générosité qu'il nous a fait partager sa connaissance de produits rares parce qu'exigeants, ceux qui forment le goût et qui élèvent l'âme. Je ne me souviens pas de ce que nous bu ce jour-là, mais une chose est sûre, après 15 heures nous n'avions aucune envie de repartir. »

    * Omar-Régis : « La chute du dernier dinosaure, ce grand et exceptionnel Monsieur qu'est Michel. J’apprends avec tristesse la fermeture de chez Michel, même si c’était inévitable. La résistance prend un grand coup sur la tête. Le moral doit rester au beau fixe car ce n’est pas la fin mais reculer pour mieux sauter. A un de ces quatre chez le nouveau Michel pour déguster les meilleurs vins de France et parler de la bataille de Diên Biên Phu en chantant "c’est pour la France, pour notre vieille Légion, nous défendrons la France même si nous tombons.’’ »

    * Samia : « Cette soirée à l'Insolite a été une découverte pour moi, j'ai passé un très bon moment et bien que je n'aie pas eu l'occasion d'avoir une grande conversation avec Michel, le peu que nous avons échangé m'a permis d'apprécier sa générosité et sa convivialité. Le naturel qui le caractérise m'a mise très à l'aise... moi si réservée ! J'espère avoir très vite des nouvelles sur les suites de son aventure et le retrouver pour le meilleur. » 

    * Slybud« Wahou la claque, j'aurais du y aller plus souvent ! Découvert par hasard en poussant la poussette de mon fils au hasard d'une garde partagé temporaire à deux numéros, j'ai vite franchi le pas de la porte. Les rares fois où ce fut l'occasion, je suis reparti de là avec des vins et des cépages dont je ne soupçonnais même pas l'existence avant, formaté que j'étais à lire la RVF et Michel et Thierry. Bref, c'est vraiment dommage que des lieux comme ça n'arrivent pas à exister. M... à Michel pour la suite ! »

    Stéphanie : « Des hommes au coeur gros comme ça, il n'y en a plus beaucoup, et que je lui dois pour l'instant parmi mes meilleurs souvenirs viniques et amicaux de cette moitié d'année 2011. Michel, c'est ça pour moi : un fabricant d'émotions. »

    * Thomas : « Le soir des 30 ans de Guillaume, à propos de la saucisse à tartiner allemande (schmirrwurst), j'ai dit : ''quand c'est gras et salé, c'est forcément bon''. Main sur le coeur, dans son t-shirt troué, Michel a répondu : '''c'est tellement vrai !'' avant de me faire un gros bécot. »

    * ...

    Poux ceux qui veulent témoigner, n'hésitez pas ! Envoyez-moi un mot, une phrase, un roman et cela viendra rejoindre les autres. Une dernière fois et à ceux qui n'y sont jamais allés, je voudrais leur faire comprendre ce qu'était la Cave de l'Insolite. Pour cela, j'ai convoqué un moustachu qui joue de la guitare et qui semble avoir connu quelque chose de similaire.

  • Cet été, c'est mon caviste qui m'abandonne...

    Ces Vendredis du Vin tombent relativement mal pour moi : je n'ai pas le coeur à rire aujourd'hui, ni à partager les superbes découvertes d'un caviste extraordinaire. Car les superbes découvertes, pfffuit, et le caviste extraordinaire, pfffuit aussi : ils s'envolent. J'en ai déjà pas mal parlé : mon caviste, ma cantine, mon repaire, ma deuxième maison ferme. Et pas que pour l'été. Michel Moulherat ferme définitivement sa Cave de l'Insolite. De caviste, il avait fait évoluer un peu la chose en faisant des trucs incroyables à grignoter pour accompagner ses vins. Il y a eu mes 30 ans, un repas orgasmique avec les copains blogueurs, tant d'apéros, tant de quilles, tant de repas en petits comité...

    Je suis un peu orphelin. Alors, ces jours-ci j'en profite. Dîner hier avec Stéphanie et Eva. Et en compagnie de Mathias Marquet, vigneron du Château Lestignac. Superbe pâté de tête, chartreuse énorme (saucisse de Montbéliard, chair à saucisse, le tout recouvert de chou), bouteilles terribles : j'entrerai dans le détail de tout cela un peu plus tard, je n'en ai aujourd'hui ni le temps, ni l'envie. Ni l'envie tant ma gorge est serrée. Ni le temps, car ce soir nouveau repas de prévu chez Michel avec Jérémy qui nous a mis de côté un magnum de morgon de Lapierre 2001. C'est pour faire passer la pilule.

    Pour faire saliver les absents et ceux qui ne connaitront jamais l'endroit, voyez juste en-dessous quelques photos d'hier soir.

  • A la Cave de l'Insolite : l'avant-dernière soirée

    Ce jeudi chez Michel à la Cave de l'Insolite avant changement de gérant. Comme il n'a plus beaucoup de bouteilles, on en a nous-mêmes apportées quelques-unes. Stéphanie nous a sortir le nouveau Drappier Brut Nature rosé. Ce qui permet de convertir à ce champagne à la mode les plus récalcitrants dont je suis.

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    Invité de marque, Mathias Marquet le vigneron du Château Lestignac (Bergerac) qui nous a ouvert son blanc, les abeilles des collinettes. Pur sauvignon corsé, il n'a pas fait long feu.

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    Fromage de tête.

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    Laurent Herlin, cuvée Tsoin-tsoin, le bourgueil en macération carbonique. C'est un peu âpre bizarrement ce soir, mais ça file droit avec la charcuterie. Je ne connais pas le reste, je ne demande qu'à connaître.

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    Mention spéciale pour la ravigote du chef. Avec ses petits grains de coriandre fraiche... Ce sont ces genres de trucs, de petits détails qui font que Michel et l'Insolite surpassaient tous les autres endroits.

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    Je l'ai dit à la tablée, je ne suis pas objectif avec ce domaine. Soula IX du Casot des Mailloles. Surprenant, car après un coup de carafe ça goûte déjà super bien. Hormis un nez d'ammoniac qui s'évapore, la bouche est terriblement envoûtante.

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    Monstrueuse chartreuse, je reprends le qualificatif d'Eva. De la chair à saucisse, de la Montbéliard, le tout recouverte d'un superbe chou vinaigré.

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    Deux quilles maison de Jean-Philippe Padié dans le Roussillon. A choisir entre les deux, le blanc : à l'aveugle, on l'aurait pris pour un très grand vin. Les gens autour de la table étaient médusés par sa complexité. "Alors ça, c'est vraiment très bon..." Quelle belle phrase.

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    Quelqu'un a ouvert ça... Calvados Réserve de Julien Frémont. Je ne l'ai jamais bu et pourtant on m'en dit beaucoup de bien. Grand mal me fait de ne pas en avoir ouvert plus tôt, car c'est tout bonnement extraordinaire. Après une soirée comme ça, les papilles ne sont plus vraiment là mais il m'a cru n'y déceler aucun sucre, une folle longueur et un goût de reviens-y qui n'est que trop rarement l'apanage du calva.

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    C'était chez Michel, à la Cave de l'Insolite.

  • Hélène, les garçons et l'andouillette

    Pour le 31ème anniversaire d'Hélène, rendez-vous est pris avec Olivier et Thomas chez Racines. Depuis le temps qu'il fallait le faire ce resto... Niché dans le passage des Panoramas, l'ancien repaire de Pierre Jancou, avant qu'il ne parte ouvrir Vivant, n'a rien perdu de ses vins naturels. Pour commencer, champagne ! Agrapart, cuvée Les 7 crus. Le chardonnay rend évidemment la chose très classe et le dosage de 7 grammes n'est pas du tout embêtant, même si on est désormais habitué à l'extra-brut. C'est droit, plein, le champagne de fête. Unanimité...

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    Pour l'accompagner, burrata ou soupe verte au tourteau. C'est frais, les morceaux de carapace dans la soupe le prouvent, et bien bon mais il n'y a tout de même pas de quoi se pâmer.

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    Là où il y a de quoi se pâmer, c'est quand on passe à l'andouillette servie par la maison. Elle arrive de Sainte-Savine, à côté de Troyes. L'immense artisan qui est derrière s'appelle Daniel Thierry. Première chose, aucune odeur désagréable caractéristique de l'andouillette. C'est presque décevant mais cela permet de plonger dedans sans le sourire narquois des autres convives. Deuxième chose, elle est pochée et non pas grillée : quelle douceur, quelle cuisson ! Mention supplémentaire pour l'écrasé de pommes de terre absolument sublime... C'est le plat le moins cher de la carte, 17 euros : ruons-nous dessus ! Enfin, dernière chose : elle est belle ! Oui, cette andouillette m'a tapé dans l'oeil. Au lieu de nous bourrer le mou avec ses poires ou ses pommes, Cézanne aurait mieux fait de peindre une andouillette. Quel philosophe génial osera nous gratifier d'une "Esthétique de l'andouillette" en trois tomes ?

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    De son côté, Hélène préfère s'exciter (à raison) sur la poularde et les légumes d'Annie Bertin.

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    Pour accompagner le plat, le pinot noir de Loire La Pierre aux Chiens 2010 de Christian Venier est un poil trop léger et trop jeune ce soir, dans la chaleur ambiante.

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    Fromage, maestro !

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    On cherchait enfin un rouge pour finir sur une note puissante mais pas trop rude non plus. J'ai vu une étiquette et j'ai fait le test : j'ai dit "Occhipinti !" et Olivier a tout de suite réagi à la manière d'un vieux slogan publicitaire : "Occhipinti ! Oh oui !" Un genre de réflexe pavlovien quand il entend ce nom de domaine sicilien. Du rouge, du rouge, du rouge, mais pas du trop lourd. Siccagno 2007 à base du capage sicilien, le nero d'avola : ou comment le vin devient sexy... Arianna Occhipinti y est pour beaucoup.

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    Racines8 passage des Panoramas, 75002 Paris, 01 40 13 06 41. A peu près 60 euros par tête, mais on n'a pas pris les pinards les moins chers.

  • Les Deux Amis : ça swingue dans l'assiette

    Retour aux Deux Amis neuf mois après mon premier repas. Je n'ai aucune excuse, c'est en bas de chez moi, je devrais donc y aller plus souvent : mais voilà, le côté hyper branché m'en éloigne un peu. Il y a neuf mois c'était l'automne, aujourd'hui c'est l'été et ça se sent dans l'assiette. Le samedi midi, il n'y a désormais plus de plat, seulement des tapas (de 3 à 8 euros). Gazpacho de betteraves gouleyant.

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    Burrata bien crémeuse avec un petit poisson fumé. Assemblage incongru.

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    Saumon mariné (dans un mélange de sel et de sucre pour qu'il rende son eau) sur un risotto aux oignons exigeant. Et bluffant.

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    Et avec ça ? Un coup de blanc ? J'aurais dit oui, mais là je penche plutôt pour un rouge léger. Le P'tit Rouquin d'Olivier Lemasson (Vins Contés). C'est le gamay issu de vignes d'une quarantaine d'années : ferme et fondant, terriblement parfumé, il me fait vraiment une grosse impression. A 7 euros la bouteille chez le caviste, c'est vraiment une affaire.

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    En dessert ? Ricotta, abricot, framboises. Vu comme ça, on s'était dit que c'était juste pour finir sur une note sucrée. Après la première bouchée, on se prend une belle claque. Le dessert part dans tous les sens : abricot assez mûr, framboises acidulées et ricotta travaillée à la vanille avec un peu de croquant sur le dessus. Et on a fait mariner le tout dans quelques gouttes d'huile d'olive... C'est absolument terrible, l'un des meilleurs desserts de l'année.

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    Aux Deux Amis45 rue Oberkampf, 75 011 Paris, 01 58 30 38 13.

  • Les Fines gueules un mercredi

    A quatre jours d'intervalle, retour aux Fines Gueules avec Olivier cette fois. On va y passer un peu plus de temps. Ouvrons le bal avec le bourgogne aligoté des De Moor. Mais pas n'importe quelle cuvée : une bouteille que je ne connaissais pas du tout, la Plantation 1902. J'ai trouvé que c'était plus dur, moins cajoleur que les autres cuvées du couple. Mais plus classe. Oui, classe et aligoté dans la même phrase, c'est possible. Une découverte en tout cas.

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    Planche de charcuterie bien enveloppée. Il y a du répondant jusque dans la moutarde. Mention spéciale aux tranches de magret fumé.

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    Avec le temps, va tout s'en va. Même les plus chouettes souvenirs, ça t'as une de ces gueules... Certes, mais quand Edouard Laffitte est aux commandes, on boit pour se souvenir justement. Je n'ouvre pas assez de quilles du domaine du Bout du Monde, comme si c'était déjà devenu un "classique". Ce 2007 (du carignan en macération carbonique si j'ai bien suivi) prouve que les jolis vins naturels peuvent se garder une paire d'années (et bien plus). Edouard Laffitte fait partie de ces vignerons qui redonnent ses lettres de noblesse au Roussillon souvent mal aimé.

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    Et on mange quoi ? Olivier opte pour du veau dans un jus aux truffes, avatar de mon plat de samedi dernier.

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    Cap sur le fameux tartare et ses pommes grenailles (17 euros, le plat le moins cher de la carte). Pour un bon tartare, il faut évidemment de la viande de premère qualité (ici de chez Hugo Desnoyer) et un bel assaisonnement. Le plus, c'est de glisser des copeaux de parmesan entre les morceaux de viande. Sans contestation possible, c'est le meilleur tartare dégusté à Paris.

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    Petite assiette de fromages. C'est toujours très, très cher une assiette de fromages dans les restos. Chez les bons fromagers aussi d'ailleurs. Le fromage est le nouveau produit de luxe. 10 euros, il faut vraiment que ça dépote. Le reblochon joue ce rôle : on dirait qu'il a été oublié dans la cave. Terrible longueur en bouche. N'espérez pas aller draguer après.

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    Les Fines Gueules, 3 rue Croix des Petits Champs, 75 001 Paris, 01 42 61 35 41.

  • Putain, ça fait chier !

    Le thème des Vendredis du Vin de ce mois de juillet ("cet été n'abandonnez pas votre caviste") prend une tournure toute particulière pour moi. L'affaire couvait depuis quelques mois et on peut désormais en parler librement.

    Michel Moulherat va fermer sa Cave de l'Insolite, rue de la Folie-Méricourt, à Paris. Voilà, c'est dit. Comme un sparadrap qu'on retire d'un coup sec, le dire sans trop de précaution me semble plus facile. Je ne vais pas faire ici faire de longues tirades. Mais Michel, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est l'honnête caviste, comme jadis il y avait l'honnête homme. Le site Vendredi Matin en fait d'ailleurs une belle présentation en vidéos. Bien sûr, j'en ai déjà moi-même pas mal parlé : un repas ici ou un repas mon trentième anniversaire, une "rencontre orgasmique" avec les copains-bloggeurs... Et des bouteilles achetées au hasard et souvent avant d'en rendre compte sur ce blog.

    Les raisons de cette fermeture ? Il y en a plein, mais retenons celle qui a aussi entrainé la fermeture de la cave de Sébastien à Moulins-les-Metz : nous vivons dans un système avide d'argent et de nourritures standardisées (le premier entraîne le second). Même les meilleurs ne peuvent pas résister. Mais Michel n'est pas triste, attention : une nouvelle page va s'écrire. Ailleurs. Dans la bouche des habitués ou des récents convertis revient pourtant une expression peu amène : "Putain, ça fait chier !" Bonheur dans notre malheur, on ne va pas voir une énième boutique de fringues s'implanter dans le quartier : Armand et Axel, deux frangins passés par les bonnes maisons du XVe arrondissement de la capitale (L'Os à Moëlle, Le Beurre Noisette) vont reprendre la baraque et évidemment, on leur souhaite bon vent. Quant à Michel, rendez-vous pour la der des der, le 30 juillet, pour un "Salut Légionnaire !" Punto e basta.

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  • Deux fois plus de piments : ce n'est pas de la pub mensongère !

    On ne pouvait pas dire qu'on n'était pas prévenu. Rue Saint-Sébastien, se planque Deux fois plus de piments, un petit restaurant chinois dont les horaires d'ouverture peuvent varier.

    Première chose, le public est étonnamment jeune et totalement chinois. On est tout de suite rassuré. Deuxième chose, c'est très bon. Et troisième chose, c'est très, très, TRES épicé. Je me souviens d'un restaurant de Pékin, entre la Cité Interdite et le quartier commercial de Wangfujing, qui sert une splendide cuisine du Hunan, la province natale de Mao. Autant le dire, moi je suis plutôt à ranger dans la catégorie chochotte, même si ça progresse. De la soupe de nouilles froides jusqu'au poulet superbement cuit avec quelques légumes. Pas de grand vin avec ça, tout juste de la bière. Et de l'eau, beaucoup d'eau et de la mie de pain !

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    La table sur notre droite n'a pas fini ses assiettes et la jolie jeune fille a absorbé plusieurs litres d'eau durant le repas.

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    La table sur notre gauche s'est embarquée dans la soupe de boeuf pimenté et n'a mangé que le boeuf. Tu m'étonnes...

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    Deux fois plus de piments, 33 rue St-Sébastien, 75011 Paris, 01 58 30 99 35. Une expérience assez incroyable.

  • Les Fines Gueules un samedi

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    Stéphanie vient d'inciter Eva et Laurent à aller faire un tour aux Fines Gueules. Rien que le mot m'enchante... Souvenirs de deux ou trois repas pris il y a quelques années, avec notamment un beau tartare. Le restaurant ne semble pas avoir trop changé.

    On commence avec deux verres de blanc, comme ça pour se rincer la bouche et on n'ira pas plus loin. Le Touche Mitaine 2009 de Xavier Weisskopf (le Rocher des Violettes) et la cuvée vieilles vignes 2005 du domaine Baud dans le Jura. J'ai un petit faible pour le premier.

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    Côté bouffe, on a été raisonnable. Quoique... En tout cas, on n'a pris qu'un seul plat. Veau de Corrèze aux truffes (26 euros). Je crois me souvenir que la viande vient de chez Desnoyer. C'est un plat vraiment très bien ficelé. Quand l'assiette est de cette qualité, de quoi d'autre a-t-on besoin ?

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    Et toujours ces magnifiques couteaux Perceval 9.47, l'apanage des grandes maisons.
  • Des raviolis orange-cannelle chez Fulvio

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    Au hasard d'un déjeuner chez Fulvio, une incongruité dans l'assiette, goûtée avec Audrey et Nico : les raviolis orange-cannelle. C'est sucré-salé mais pas non plus très sucré. Le romarin amène son petit côté amer et la crème le doux. C'est déstabilisant mais c'est très bon... mais déstabilisant.

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  • Le Vin au Vert : encore une cave à manger ?

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    Rendez-vous ce midi avec Olivier dans une cave à manger ouverte depuis 2 ans et qui, il faut l'avouer, m'avait échappé. C'est en cherchant des renseignements sur la cuvée Au Hasard et Souvent de Jean-Christophe Comor (Les Terres Promises) que le nom est arrivé dans la conversation. "Vas-y, tu vas voir, c'est bien foutu." Ouais, encore une cave à manger de plus...

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    Sur place, il faut dire que la sélection de bouteilles est particulièrement excitante. Comor donc, domaine Léonine, Karim Vionnet, des magnums de Villemade, de beaux champagnes, whiskies... C'est une de mes théories (qui un jour sera battue en brèche) : quand on fait autant d'efforts sur le vin à disposition des clients, le resto en fait aussi forcément aussi sur la bouffe. La logique veut qu'on ne peut pas accompagner ces quilles de cochonneries sur la table. Quand on voit ces noms dans un endroit, on est sûr de bien manger. Théorème qui vaut ce qu'il vaut, jusqu'au jour où je tomberai sur un attrape-gogo.

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    On va tuer le suspense : Le Vin au Vert vérifie mon théorème. Olivier et moi avons passé un beau moment : un verre de l'Antidote à la main, le moment ne peut être que beau. Qui disait des vins de Comor qu'ils entretiennent l'amitié ? C'est en tout cas, l'Antidote "aux poisons quotidiens" comme précise l'étiquette (10 euros la bouteille, à emporter). Et dans l'assiette alors ? Je ne peux malheureusement pas citer le charcutier qui a exécuté ce morceau de bravoure qu'est la saucisse de campagne... Dommage, il aurait fallu lui rendre hommage. C'est bigrement bien foutu, artisanal, goûteux et beau. Oui, c'est beau. Cette couleur ocre qui se dandine sur la purée maison, je trouve ça digne d'une nature morte avec des pommes à la con. Belle saucisse, purée maison, quelques feuilles de salade : c'est avant tout très bon mais c'est surtout simple et c'est ça que l'on recherche. Pas d'éraflures d'épices sorties de pots de 5 kilos, pas de sauce nimportenaouak, pas de frou-frou sur l'assiette. J'ai commandé une saucisse-purée, j'ai une saucisse purée !

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    Pareil pour le fondant au chocolat maison. Pas de sauce anglaise, pas de chantilly, pas de boule de glace vanille qui vient tout casser. J'ai commandé un fondant, on m'apporte un fondant. Point. Certains vont peut-être gueuler de ne pas avoir leur traditionnelle fioriture, mais moi je préfère un produit seul et content d'être là à une assiette moyenne mais remplie à ras-bord. Et puis, il faut dire la vérité... Vous aimez vraiment le côté sirupeux de la crème anglaise, le régressif de la glace vanille ou l'industriel de la chantilly ? Si c'est fait maison d'accord, à la rigueur mais franchement, ça apporte quoi au fondant au chocolat ?

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    Alors Le Vin au Vert, une énième cave à manger ? Non, c'est bien plus intelligent que cela.

    Le Vin au vert, 70 rue de Dunkerque, 75009 Paris, 01 83 56 46 93.

  • Qui a fumé la mozzarella ?

    Avec Omar, pour la fin de ses examens, nous avons poussé la porte de la Cave de l'Insolite pour un bon grignotage. On s'ouvre l'appétit avec la vivacité du chenin pétillant de Jean-Pierre Robinot (Fêtembulles). C'est droit, peu bullé, flamboyant. Il fait lourd, ça rafraîchit.

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    Giuseppe, le cuistot de Michel, nous sort de je-ne-sais-où une mozzarella entourée de speck. Jusque-là, on est en terrain connu...

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    Et puis quand on soulève le jambon fumé, on s'arrête quelques instants : qu'est-ce que c'est que ce truc ?... Une mozzarella fumée à la paille ! Elle ressemble trait pour trait à celle que nous connaissons mais sa peau est fumée, presque brûlée. Ce n'est pas non plus de la scamorza qui, elle, est séchée puis fumée. Non, c'est autre chose. Dans la bouche, la juxtaposition des goûts est surprenante, du fondant avec un peu de piquant rustique. C'est incroyablement bon, est-il besoin de le préciser ? Pour compléter le côté fumé, on aurait aussi pu penser à ouvrir un vieux pinot noir.

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    Allez, je suis sympa, je redonne l'adresse une énième fois : la Cave de l'Insolite30 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris, 01 53 36 08 33.

  • Quand le vin n'a rien à cacher

    Suite de mon samedi 100 % Cave de l'Insolite, avec Giuseppe qui m'a vu franchir la porte au moins trois fois aujourd'hui. Pour l'apéro, avec Manu et Laurent passés en coup de vent, deux superbes quilles. Tout d'abord le rosé pétillant de Jean-Pierre Robinot (L'Opéra des Vins - les Années Folles). Droit, sec, plein de pineau d'aunis et une goutte de chenin - à l'aveugle et une fois le mystère levé, ça met en déroute des pétillants à 30 ou 40 euros la bouteille. Suivez mon regard... Une très, très belle bouteille, parfaite pour l'été.

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    Puis c'est moi qui ai apporté ce vin à mon caviste. Et oui, à l'Insolite, ça marche dans tous les sens. Côte de Poquelin 2010 du domaine des Côtes de la Molière (Isabelle et Bruno Perraud). Dégotée chez un autre très bon caviste, le Paradis de Benjamin. Voici un gamay au rendement de folie : 18 hectos à l'hectare et je passe sur toutes les mentions liées à la vinification. Un des clients prend la bouteille, lit toute l'étiquette et me dit que c'est bien, voilà un vigneron qui dit tout, joue la transparence. Je lui réponds tout simplement : "oui, ici il n'y a rien à cacher". On est sur un jus de fruit 100 % nature. Forcément au nez, l'odeur de réduction caractéristique : quelques tours dans le verre et ça disparait. En bouche, on a un jus léger (11°), un vin qui coulerait bien après la sieste, sur des charcuteries et même sur un dessert. Le gros souci de ce soir, c'est qu'il n'y a que 75 centilitres et à 5 autour du bar, quelques minutes suffisent pour nous laisser orphelins.

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  • Un nouveau repas insolite

    Quand le temps est lourd, tout devrait commencer par une bière. Samedi midi, avec deux Olive et Mama, l'acidité de la Cantillon Gueuze 100 % Lambic Bio rafraichit la tablée installée au calme, à la Cave de l'Insolite. Souvent considérée comme la Romanée-Conti des bières belges, elle ne ressemble à rien sinon à l'amorce d'un simple mais beau repas.

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    Oh, c'est tout simple, il suffit de bons produits. Tomates-mozza, speck ou poire de boeuf snackée et des petits légumes.

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    Et sur l'assiette un coulommiers terrible, l'un des derniers (sinon le dernier) à être fermier et au lait cru. Dévastateur de finesse : comme tous les grands fromages, son nez peut rebuter mais en bouche, c'est simplement la grande classe. Il faut vraiment que je retrouve son pedigree.

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    Et avec ça on boit quoi ? Il fait si chaud qu'on va tabler sur un truc frais, un rosé. Mais oui, c'est la saison, faut pas avoir peur du rosé. Il suffit de bien le choisir. Et c'est assez facile car il y en a relativement peu de buvables. Ici, le Osez Osez Rosé Fine 2010 de Cyril Alonso (P-U-R), le vinificateur itinérant. Attention, c'est du lourd : ça se passe à Cairanne avec quatre cépages (mourvèdre, carignan, cinsault, grenache) et des vignes de 45 ans. Unanimité autour de la table où on entend d'ailleurs plusieurs fois "dis donc, c'est bon ça !". Un rosé pointu et droit, qui coule dans l'estomac. Même pas besoin d'aller faire la sieste, c'est dire.

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    MàJ : Jacques Berthomeau s'intéresse ici au QR imprimé sur la bouteille.

  • Sans nom

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    Avec Vivant situé pas très loin, l'adresse de ce premier semestre, c'est sans aucun doute Nanashi (traduction française : "sans nom"). A la tête de cette cantine, une chef japonaise passée par Rose Bakery : Kaori Endo. J'ai l'impression de la connaître un peu même si je ne la connais pas personnellement, tant avec Franckie nous écumons ses livres de cuisine. Et à lire ces lignes, Franckie doit être jaloux.

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    Tout est calme à Paris en ce jour quasi férié. La grande salle se remplit discrètement.

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    Test fondamental, le pain arrive : il a une bonne gueule. Le reste devrait suivre. A boire ? Vous avez quoi au verre ? Plus de Petite Gâterie des Griottes ? Ah ben, mettez-moi Trinch des Breton.

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    Onigiri, pour patienter. Superbe bouchée marine, iodée et sésamée (ça se dit ?). 3 euros, miam-miam.

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    Le bento poisson du jour (13 euros) : espadon cuit à la perfection (chaud, vraiment cuit mais pas dur ni sec), pois chiche et riz rouge avec quelques morceaux de fond d'artichauts. A côté, carottes, champignons, verdure, olive... Sans oublier de très bons concombres : c'est la saison... En face de moi, le bento boeuf. Un repas très équilibré et en définitive, assez copieux.

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    Malgré tout, on fait une place au dessert. Et là clairement on a trop mangé. Tant pis, car voici le meilleur cheesecake goûté à Paris, sans hésitation. Mieux que le bon Glou, mieux que le trop célébré Schwartz, mieux que partout ailleurs. Fondant, vanillé, doux : les puristes pourraient objecter que manque un peu l'aigreur de la crème. C'est sans doute la vanille qui vient arrondir les angles.

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    Et enfin, le cake matcha-chocolat blanc-framboises. C'est pas compliqué, la recette je la connais par coeur car elle figure dans un des livres de Kaori Endo. J'ai déjà dû l'exécuter chez moi une dizaine de fois. Je suis heureux de voir que ma version se rapproche de celle du restaurant.

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    Nanashi, 31 rue de Paradis, 75 010 Paris, 01 40 22 05 55. Et une autre adresse rue Charlot. Avec des heures d'ouverture sympas, quand on est en plein après-midi à la recherche d'un salon de thé ou d'une part de cheesecake.

  • Grignotage insolite

    A la Cave de l'Insolite, petit grignotage avant d'entamer la soirée. Sur ma gauche, pour s'ouvrir le gosier, le remarquable Les Années Folles de Jean-Pierre Robinot. Moins docile que le Boisson Rouge d'Emile Hérédia, c'est un vrai pineau d'aunis (avec un peu de chenin, ce qui donne se côté un peu plus tendu) qui respire l'été. Très agréable, pas si sucré, plus sur la groseille amère que sur la rose, et ça... A noter, l'étiquette sublime : Tokyo by night...

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    Sur ma droite, on change de catégorie. Vinisum du Casot des Mailloles (2006) à base de grenache évidemment, mais avec aussi pas mal de syrah cette fois. C'est franc, droit, ça s'ouvre timidement au bout de 30 minutes. C'est assurément une réussite à qui on n'a pas laissé le temps de tout nous donner. Le dernier verre nous a ravi. Evidemment, on regoûtera plus intelligemment.

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  • Jeanne A. ou le concept-vore

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    Bar-tabac-pompe-à-essence-épicerie-librairie-bistro-pmu... C'est un peu ça Jeanne A., la rôtisserie d'Astier : traiteur-restaurant-épicerie-caviste-droguerie... On est un peu perdu mais on s'attable avec entrain.

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    Les vins au verre ne sont pas donnés, normal on est à Paris. 7 euros le vouvray sec du domaine Huet. La sélection hésite entre le classique (Ormes de Pez...) et le plus pointu (Hours...). En général, on n'a pas à se plaindre mais ce n'est pas ici qu'on viendra chercher l'insolite. Ce qui est horripilant par contre, c'est cette succession de Mouton-Rothschild un peu fake utilisés pour la déco.

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    Côté assiette, ça se défend même si c'est un peu cher (entre 14 et 18 euros l'assiette). Poulet pattes noires bien juteux, gigot un peu trop cuit. Le gratin dauphinois, on dirait un truc pour mamie.

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    En dessert, le patron a gentiment offert un peu de melon au basilic (mariné dans un sirop). C'est vraiment très bon, le basilic aime les fruits.

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    Jeanne A., 42 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris, 01 43 55 09 49.

  • Un petit coup de volvic au déjeuner

    Nous devions manger à l'Ami Jean mais le disjoncteur venait de rendre l'âme. A quelques pas de là, l'Affriolé. C'est branchouille mais le couteau 9.47 de Perceval sur la table laissait entendre qu'on allait bien manger. Et bien boire ? On a fait les fous-fous en prenant de la Volvic : 2/3 de pinot noir vinifié en blanc et 1/3 de chardonnay, le tout classé en vin de pays du Puy de Dôme. A oublier.

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    Côte miam-miam, c'est pas donné-donné mais c'est bien exécuté-exécuté. Splendide maquereau au vin blanc qu'il faudrait débarasser de ses artifices à la betterave.

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    Et encornets bien tendres sur une petite lasagne de légumes. C'est bien fichu, bien bon mais très (trop) technique, un poil trop tarabiscoté, l'assiette part dans tous les sens.

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    L'Affriolé, 17 rue Malar, 75007 Paris, 01 44 18 31 33.

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