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Bonnes adresses parisiennes - Page 4

  • Le Bistroy Les Papilles : questions sur le prix du vin

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    Sous l'affiche de La Grande Bouffe, film anticonsumériste, on s'attable au Bistroy les Papilles. Un midi de l'année dernière, nous avions très bien mangé. Menu du marché (31 euros). Ouvrons une bouteille de Fleurie 2008 de Jean Foillard. Complètement à côté de la plaque, on ne ressent rien. C'est marrant avec Foillard : parfois c'est terrible, parfois effacé.

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    Velouté de patate douce, très bien réussi. Et en plus, il y a le cérémonial.

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    Passons à la suite. Crozes-hermitage 2009 d'Emmanuel Darnaud. Concentré mais sur le fruit tout de même, il se dégage plus d'entrain de cette bouteille là.

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    Tiens, tiens, ce plat ressemble vraiment à celui qu'on avait manger l'an dernier. Paleron braisé aux petits légumes. Encore une fois, il y a un très joli travail.

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    Dans le menu, on a même droit à un petit morceau de fourme d'Ambert avec son pruneau au vin rouge. Miam.

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    Panna cotta à l'ananas et émulsion de caramel, un peu plus décevante en bouche : on dirait qu'elle se cherche. Même si encore, la réalisation est parfaite.

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    Bilan : un très bon repas. Bon d'accord, le fait que le plat soit le même que l'année précédente relève sans doute du hasard.

    Mon gros souci est ailleurs : le prix du vin. 40 euros chaque bouteille : rien de très scandaleux si on compare avec les coefficients multiplicateurs dans d'autres restos (2, 3 voire plus). Mais ici on n'a pas de coefficient, on a un droit de bouchon puisque la boutique fait caviste-épicerie. Ce qui fait : 33 euros la bouteille + 7 de droits de bouchon. 33 euros le Fleurie de Foillard à emporter ? Pas donné. A en croire les étiquettes, le rosé de Peyrus est 6 euros plus cher que chez Augé (sur une quille à 18 euros, c'est un sacré pourcentage...) et la Cuvée Marie de Charles Hours (Jurançon) dépasse 20 euros (11 et des brouettes au Bon Marché) : ces prix sont-ils bien ceux que je paie pour ramener les bouteilles chez moi ? Hé beh... Bref, c'est vraiment une belle adresse pour manger mais le prix du vin est incompréhensible.

  • Chez Camdeborde, un samedi midi

    Samedi 11h45, début de la file d'attente devant le Comptoir du Relais pour être sûr d'avoir une table. Je ne vais pas revenir sur "Comment ça marche Camdeborde ?", j'ai déjà tout expliqué ici. Un quart d'heure plus tard, début du spectacle. En guest, la Sagesse de Gramenon dans sa version 2009 (40 euros, pas de droit de bouchon puisque ce n'est pas un caviste mais coeff multiplicateur de 2 voire un peu plus). Assez dure tout au long du repas (14,5°), elle nécessite un séjour en cave. Il faisait trop chaud déjà, on aurait mieux fait de prendre un peu de Loire. Malgré tout un beau potentiel semble poindre. Dans le même millésime, j'ai été plus séduit par la Mémé.

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    Mes partenaires de tablée ont tapé dans les entrées (10 euros) et les plats du jour (entre 15 et 20). Saumon mariné à l'oseille : tout le monde s'est exclamé mais j'avoue ne pas avoir été subjugué par l'oseille. On dirait que j'ai tort tellement les autres sont conquis.

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    Sans doute avais-je trop la tête à mon pâté en croûte maison. Une croûte extraordinaire, un côté épicé envoûtant, un viande légère, des légumes d'exception... Pas besoin d'autres commentaires.

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    Les coquins ont choisi un truc facile, hamburger au fois gras. Mais au lieu d'avoir une lamelle de foie gras dégueu posée sur le steak surgelé, ici on met le foie directement dans la viande et après on façonne les steaks. Tout le monde est emballé.

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    Quant à moi, je me régale d'un plat extraordinaire, peut-être l'un de mes préférés : des pieds de porc panés. Tout est là : la purée et son jus de viande, le coeur de sucrine, un pané cramé, herbacé, viandard... Superbe.

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    Côté dessert (6-8 euros) : crème au fruits rouges, faisselle béarnaise, guariguette à la faisselle, crème brûlée incroyablement fondante (au thym).

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    Peu d'adresses remportent autant l'unanimité. Pour son dépucelage, Thomas est conquis.

  • Nouveau déjeuner chez Fulvio

    17 euros : entrée, pâtes et 1/4 de vin, ça se passe comme ça chez Fulvio. Bon, je l'ai trouvé un peu moins en forme que les autres jours bien que ces raviolis aux artichauts et tomates avaient de la gueule.

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    C'est encore et toujours du côté des desserts qu'on s'explose le bide et le portefeuille (10 euros).

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    Et enfin, nouvelle vidéo de la panna cotta. Pour bien faire comprendre à quoi doit ressembler la texture de cette crème cuite. Il nous l'avait dit, le tout est à base d'un gélifiant naturel. Lequel ?...

    Et trois derniers mots sur le vin : aucun intérêt malheureusement. En tout cas, pour celui qui est dans la formule : il sort d'immondes magnums que la vigne a pissés. Son seul avantage est d'être servi frais pour masquer le désastre. A la carte, il a un peu plus de gueule mais les prix s'envolent. Franchement, c'est plus que dommage.

  • Proche des yeux et proche du coeur

    Si je n'y vais pas souvent, c'est parce que j'attends les passionnés pour m'y accompagner (Omar, Mathilde...). Pourtant ce restaurant éthiopien à quelques centaines de mètres de chez moi est solide comme un roc. Il y a bien quelques années qu'il se pose là, on fait tourner la boutique en famille et ça dépote.

    Cap évidemment sur le menu Bäyyä Aynätu, c'est-à-dire la grande assiette (poulet, ragoût de boeuf, viande hachée, épinards, fromage frais, oeuf mariné...) que l'on râcle avec le pain local, injera. Très parfumé sans être trop épicé et j'ajoute qu'il ne faut pas avoir peur de manger avec les mains. Plus on est nombreux moins c'est cher (de 20 à 15 euros) et c'est très, très copieux.

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    Avec ça, il ne faudrait pas prendre la bière St Georges (Kombolcha Brewery en Ethiopie ; blonde légère un peu rude) mais plutôt du vin : car on gonfle encore plus vite avec les bulles même si c'est bien plus marrant. Par contre, interdiction absolue de passer à côté du café, dont les grains sont torréfiés à la minute : c'est un des meilleurs cafés bus à Paris. Sans aucun doute.

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    Ethiopia (ex Reine de Saba), 89 rue du Chemin Vert, 75011 Paris, 01 49 29 99 68 / 67.

  • Encore un peu de saucisson chaud

    Ce mercredi, ce n'est pas parce qu'il fait chaud à Paris qu'on n'a pas besoin de gras et de température élevée dans l'assiette. Avec Franck, un petit tour par la Cave de l'Insolite, ma seconde maison. Saucisson chaud aux légumes de printemps. Avec un petit verre de maccabeu dont je n'ai pas noté le nom. C'est vif, naturel à n'en plus pouvoir, parfait pour ces plats post-printemps et pré-été. Promis, je vais retrouver le nom.

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  • Vivant, acte II

    Après le dîner de la semaine dernière, retour chez Vivant avec Olivier cette fois. La Berkel de 20 ans d'âge trône toujours sur le comptoir...

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    ...et les saucissons patientent au plafond.

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    Pour se mettre en jambe, comme à l'accoutumée, cap sur le trebbiano d'Emilie-Romagne, l'apéritif perlant (frizzante) qui fait son chemin de sites en blogs (4 euros le verre). C'est le petit blanc qui fait voler en éclats nos idées préconcues sur le vin italien, celui qui ferait mal au crâne car on y fait pisser la vigne... C'est vrai qu'en Italie on fait très souvent du très mauvais vin. Rassurons-nous, en France c'est exactement la même chose, voire pire. Ici, c'est tout l'inverse. Levons le voile sur le contenant. Jancou me présente la bouteille tant célébrée : le vigneron s'appelle Vittorio Graziano et il se situe à Castelvetro di Modena entre Modène et Bologne. Son vin IGT Emilia "Ripa del Bucamante" est promis à devenir la star de la future cave de Vivant.

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    Le mur du fond a été peint en noir, il attend qu'on vienne y inscrire l'interminable liste des vins en cave. Pour l'instant, seule une petite ardoise renseigne le client sur quelques références. Mais il ne faut pas hésiter à demander directement au boss de dénicher une quille insolite, ce qu'Olivier et moi avons fait pour accompagner notre plat. Il est revenu de la cave avec une vieille connaissance : Claude Courtois, dans un millésime plus très récent : le Plume d'Ange 2004.

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    Jancou nous regarde et lance "Ah ben ça, c'est pas du pipi de chat..." Ni de la pierre à fusil : c'est-à-dire qu'on n'est pas du tout sur les arômes désormais typiques du (mauvais) sauvignon. On est ici sur un vin riche qui a de la classe, sans aucune lourdeur ni mauvaise acidité : le sauvignon peut donner des choses incroyables qui perdurent dans le temps. Rappel : c'est produit en SologneCourtois fait d'autres vins blancs terribles. Sur l'addition, cette bouteille ne sera facturée que 25 euros.

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    A noter que quelques Or Norme de Courtois (100 % sauvignon typé Jura) sommeillent aussi en cave.

    Avec Plume d'Ange, un osso bucco sur son lit de risotto. Olivier se tartine la moëlle, goûte la viande, tâte le riz avant de s'extasier. "Je n'ai jamais mangé un osso bucco aussi extra". Le risotto entouré d'un peu d'huile d'olive est à tomber. Son secret ? Le bouillon qui vient cuire le riz est réalisé avec un ingrédient dont la destination habituelle est plutôt la poubelle que la casserole : les croûtes de parmesan.

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    Comme si on n'en avait pas eu assez, re-parmesan. Cette fois, pas de croûte mais un fromage élevé 36 mois avec du miel et du poivre de Sarawak (Bornéo).

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    Une bouteille de blanc à la main et toujours désireux de faire partager ses amours liquides ou solides, Jancou se penche vers nous et verse gracieusement encore un peu d'or dans les verres. "Goûtez-moi ça et dites-moi ce que c'est." Le piège, la belle affaire... On se dit qu'il doit y avoir de la Loire là-dedans avant de partir pour l'Italie, connaissant la carte du tendre du patron. Le nez très fruité pourrait faire penser à un pinot gris de Vénétie ou à un vieux muscat sec, la bouche étant plus puissante que ce qu'on se représente de la Loire. Evidemment, ce n'est pas ça et évidemment, notre langue est donnée au chat. C'est Originel 2002 (menu pineau) de Julien Courtois, l'un des fils de Claude. Des rendements de 20 hectos à l'hectare font un vin extrêment subtil et complexe.

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    Voguons vers le dessert. Laissons carte blanche au chef. Il arrive avec le pétillant d'Andrea Calek dont on avait apprécié la Babiole à Noël dernier. Cette cuvée-là, c'est Blonde.

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    C'est étourdissant, léger. Une bouteille pour la sieste, l'été dans le hamac.

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    Face à elle... roulements de tambour. Voici Caroline (du nom de la jument), le jus liquoreux du domaine des Griottes sans ajout de soufre... Ce qui est plutôt casse-gueule pour les liquoreux et qui explique le prix élevé de la bouteille. C'est déroutant par rapport à tout ce qu'on a bu ce soir car bien plus sirupeux, sucré, concentré mais attention, ça reste vraiment très équilibré. Si tous les liquoreux étaient faits comme ça, on éviterait quelques barres dans la tête le lendemain. C'est un travail d'orfèvre qu'il faudrait regoûter pour lui seul et pas forcément en fin de soirée.

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    Il faut bien manger donc Olivier s'entiche de l'ananas-mangue-menthe poivrée.

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    Je me tourne vers la crema fritta, un dessert italien traditionnel. Un genre de crème patissière bien plus farinée, puis cuite, puis frite avec une chantilly à la fleur d'oranger. Miam, miam.

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    Et voilà... L'addition nous amène autour de 60 euros par tête, avec un verre en apéro, une petite planche de salaisons, la Plume d'Ange, l'osso bucco, le parmesan (les verres de Julien Courtois, c'est pour la maison), le verre de Blonde (ou de Caroline) et le dessert. Mais de cette cuisine, on s'en souvient... N'est-ce pas le plus important ?
  • Vivant devrait ouvrir une cave-épicerie en septembre

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    A force de pester contre les jeux de mots du Figaro, je n'avais pas lu l'article jusqu'à la fin. Et pourtant Pierre Jancou, qui vient d'inaugurer son nouveau restaurant Vivant, rue des Petites-Ecuries à Paris, y livre une info qui risque d'en intéresser plus d'un. Moi en tout cas, ça m'intéresse : il devrait ouvrir une cave-épicerie en septembre, à côté de Vivant, pour vendre des vins naturels et certains produits italiens. On va scruter le pâté de maison d'ici là.

  • Vivant.

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    Pour écrire ce billet, j'ai cherché un titre accrocheur, des jeux de mots à la con, des idées tarabiscotées, un style intrigant... Mais tout cela ne ressemble pas à la cuisine dont je vais parler (et que j'adore). Ici on fait dans l'efficace, on ne se la raconte pas, tout est clair. Le produit, le produit, le produit. Loin du Figaro qui sort des calembours à la Libé, je vais parler de Vivant de manière toute naturelle.

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    On ne vas pas récapituler le CV du boss, Pierre Jancou. Mais regarder autour de nous et mater le lieu. Faïence art nouveau c'est ça ? Sur un blog, quelqu'un a parlé d'atmosphère lisboète. J'ajouterai plus précisément celle du quartier Alfama, au coeur de la ville. Le joli soleil de fin de journée, les (nouveaux) habitués qui sirotent un jus naturel en terrasse complètent le tableau. Vivant, c'est avant tout un lieu, un écrin. La bonne charcuterie, le bon fromage, ça ne se mange pas avec de l'argenterie au Crillon, mais dans des lieux qui ont de la gueule.
     
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    Excitons-nous les papilles avec ce petit verre de trebbiano d'Emilie-Romagne, la nouvelle star des apéros dans le quartier. L'amateur de vin naturel comprend vite qu'il joue à domicile. C'est troublard, ça a du poil aux pattes et de l'amertume : pour moi, ce sont des compliments. Et quel verre, quel verre...

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    Passons au solide. Que c'est beau une carte sans intitulés à rallonge : quatre ou cinq mots pour décrire un plat e basta. Quand on est sûr de soi, de ses assiettes et de ses produits, on peut le faire. Autre chose, le nème-dropingue que certains reprochaient à Jancou est quasi inexistant ici.

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    Bon, nous on a choisi. Et ça va défiler. Reste à trouver une quille en adéquation. Pierre Jancou possède une sacrée cave, là, sous nos pieds. Mais toutes les références ne sont pas encore sur l'ardoise. Bientôt, bientôt...

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    Je vais enfin goûter le beaujolais d'Isabelle et Bruno Perraud. Le Moulin-à-Vent 2009. Un pedigree qui laisse rêveur : un rendement de 23 hectolitres à l'hectare et 2 mg/litre de SO2 total. Autant dire qu'après une demi-heure d'ouverture, il livre une force fruitée incomparable.

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    Allez, à table. Burrata aux câpres de Pantelleria. Moi qui ne jure que par celle de la Crémerie, je dois réviser mon jugement. On a le bon goût de crème qui dévaste tout et enrobe le palais. Elle est fichtrement mieux assaisonnée. Quant aux câpres, je les préfère brutes, après avoir avalé le fromage.

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    Faisons un peu travailler le patron sur sa splendide Berkel, l'attraction du comptoir.

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    Pour une petite planche de "salaisons d'auteurs". De gauche à droite, c'est italien. Coppa, saucisson (fait à partir de la selle, si j'ai bien compris) et lard (fait à partir de la joue, si j'ai bien compris). De gauche à droite, c'est fondant, goûteux et splendide.

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    Dans l'assiette ou sur la planche, il ne reste plus grand-chose. Mention spéciale à la baguette - sortie d'on ne sait où - extrêmement fraîche et croustillante à 21 heures.

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    Les gnocchis aux herbes folles. On retrouve le goût poivré de la roquette et un peu du pissenlit. Ce qui frappe surtout, c'est la souplesse. Si on a appris à se déshabituer des gnocchis durs de l'industrie agro-alimentaire, on apprécie vraiment de voir ce plat servi comme en Italie.

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    Pierre Jancou m'a conseillé le merlu de Saint-Jean-de-Luz avec ses fèves. Il a oublié de parler des mini navets et surtout de ces mini radis au goût concentré. On fait aimer les légumes à n'importe qui avec ce plat. Quelle est cette petite sauce piquante (pas relevée, pas forte, piquante...) qui vient renforcer la chose ? Un glaçage au beurre à ce que j'ai compris. Et la croûte du merlu, je ne savais pas que c'était si bon.

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    Une fois le poisson dans l'estomac, on fait une petite pause pour apprécier les fèves. On met les couverts sur l'assiette comme si on avait terminé, on respire, on boit un coup, on respire, on mange un morceau de pain. Et on en reprend. C'est absolument divin.

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    Petite assiette de fromages italiens et corsés. Corsés, pas corses.

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    Mention spéciale pour ce taleggio un peu rondouillard, je croyais que le taleggio était complètement carré... Crémeux et fermier, c'est la marque de fabrique de la maison on dirait.

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    En dessert, ganache à l'orange. Je ne suis pas un inconditionnel de ce dessert, mais ici le cacao est étonnament adouci par l'orange.

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    Ananas, mangue et menthe poivrée. Ouh là là... Ici on réconcilie les gens avec les fruits. C'est splendide, rafraîchissant, pointu.

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    Alors, une conclusion. Bien sûr, c'est un repas assez exceptionnel et surtout, c'est le genre de restaurant qui me botte. Le bon produit n'a pas besoin d'intitulé interminable et un condiment, une sauce légère, une épice lui suffisent pour que ça virevolte dans la bouche. Mais la cuisine, c'est aussi un "bonheur plus ample que la table" comme disait Alain Chapel : j'ai surtout été marqué par l'extraordinaire énergie que déploie Pierre Jancou pour parler de ses produits. Il veut faire partager un amour. J'ai aussi senti quelques tablées peu réceptives, manger les salaisons en disant que c'est bon mais sans trop réfléchir. J'ai aussi vu une bouteille d'Eric Callcut pas vidée... (j'en reparlerai). J'avais envie de me lever et de dire "bon attendez les enfants... Vous avez la chance d'être ici, prenez-en conscience. Laissez vos soucis au seuil et laissez-vous un peu guider. Comparez avec ce que vous ingérez habituellement..." Pierre Jancou fait un travail de défricheur, il réfléchit pour nous à ce qu'on se met dans le ventre. Et ce qu'on se met dans le ventre ne serait-il pas l'acte le plus important de la vie ? Donc oui, allez chez Vivant mais en étant disponible, ouvert et réceptif à ce que vous dira Jancou sur les vins de Claude Courtois, du Mazel, sur telle charcuterie, tel fromage qui ne sont pas là par hasard. Et lorsqu'on est disponible, ouvert et réceptif, on se prend une grosse claque. Comme Monsieur Eddy le chantait il y a quelques années : "c'était le rock, et pour moi tout changeait..."

    Vivant, 43 rue des Petites-Ecuries, 75 010 Paris, 01 42 46 43 55.

  • Fulvio le midi, c'est ça

    Petit post pour Juju. A midi, chez Fulvio, c'est 17 euros, l'assiette d'antipasti et un plat de pâtes (ici raviolis chèvre-miel). Avec deux verres de vin. Boum, boum.

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    Et en supplément, un tiramisu et une mousse au chocolat super fondante.

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    Fulvio, ça cartonne toujours autant.

  • L'Hédoniste : pas de tromperie sur la marchandise

    Quand un resto s'appelle L'Hédoniste, il a plutôt intérêt à assurer. Ouvert il y a quelques mois, il est bien connu sur le ouèb pour avoir accueilli les dégustations organisées par Eva et Antonin. C'est d'ailleurs avec eux et d'autres (dont Stéphanie) qu'on s'est mis à table ce vendredi.

    Tataki de thon, cochon rosé, fromages, riz au lait, pastilla sucrée... C'est bigrement réussi, bien bon, parfait dans les cuissons, plutôt joli dans l'assiette, vivifiant dans un quartier misérable question resto mais malheureusement un peu cher (notamment les desserts, 12 euros si ma mémoire ne me fait pas défaut).

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    Evidemment, les grosses attractions de la soirée se présentent sous la forme de flacons en verre de 75 centilitres. Déjà parce que la carte des vins est bien riche et intelligente, et que le boss nous a laissé amener deux quilles. Allez, on commence...

    Pour bien se caler la bouche, le montlouis sec le Rocher des Violettes de Xavier Weisskopf. Assez excitant.

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    J'ai apporté le masieri blanc 2009 de Angiolino Maule, l'homme du vin naturel en Vénétie (bouteille à 14 euros chez RAP à Paris). Un poil décevant par rapport au Pico 2004 bu à Venise. Forcément...

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    Cairanne rouge 2009 de Marcel Richaud. Dans le mille, franc et buvable malgré 15°. Pas une suprise...

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    Montpeyroux 2008 du domaine d'Aupilhac en Languedoc. Plus apre, plus lourd mais on sent une certaine finesse pointer. Ouvert trop tôt et bu trop vite. J'aime vraiment 2008 en Languedoc...

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    Stéphanie a apporté ce vouvray moelleux 2005 de Vigneau-Chevreau. Inconnu au bataillon. D'habitude, j'ai du mal mais là il faut reconnaître que c'est assez top car le sucre semble s'être fondu dans la bouteille. En résulte un jus pas trop lourd. A noter, le nez qui part dans tous les sens...

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    Le patron nous a carafé quelques décilitres d'un vin exceptionnel. Bon, tout le monde n'est pas de mon avis mais pour moi, c'est franchement le vin de la soirée. Cette couleur annonce quoi ? un liquoreux ? Un vin d'Alsace ? Un pouilly-fumé ? Euh... très fumé alors...

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    Et bien non, on ne rigole pas, c'est bien un pouilly-fumé. Alexandre Bain donne envie de se jeter à l'eau : totalement atypique, un nez exceptionnel, une force alcoolique peut-être trop présente, une bouche proche du whisky... Atypique ai-je dit. Je crois que c'est la cuvée domaine, qu'au dessus existe Mademoiselle M... Je pense que je l'M déjà...

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    Enfin, pour l'anniversaire du boss, l'ouverture d'un blanc de noirs de chez Fleury. Le champagne 100 % pinot noir, c'est tout à fait mon truc. Une bulle qui s'estompe vite, un côté vineux, une bouche ample... Tout à fait mon truc, je le répête.

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    Bref, on s'amuse bien...

    L'Hédoniste14 rue Léopold Bellan, 75 002 Paris, 01 40 26 87 33.

  • Mon caviste fait à becqueter

    Puisqu'un autre Guillaume a trouvé, cette fois je peux le dire : la Cave de l'Insolite, rue de la Folie-Méricourt, fait désormais à manger. Et ça me parle tout à fait. Euh, attends... Plus que ça : c'est mon truc ! Petite burrata qui se descend bien, fameux boudin aux topinambours et pêches, assiette de fromage exemplaire. Les vins ? Bien sûr, il y en a partout et ça tourne tout le temps. C'est ma planque hors-du-temps.

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    Le bleu de Termignon (fromage exceptionnel mais en voie de disparition, comme le thon rouge, les baleines, les tigres...) m'a laissé le cul par terre, bien plus que celui de chez Boursault.
  • Retour chez Glou

    C'est ma troisième ou quatrième fois dans ce resto, et bizarrement je n'ai pas publié beaucoup le concernant. C'est bon, pas donné-donné, mais ça a une sacrée belle gueule. Comme l'assiette de bellota, à une quinzaine d'euros.

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    L'onglet aux petits légumes et wasabi manque un peu de peps.

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    Manu et Laurent semblent avoir été convaincus par le burger de l'Aubrac, plat le plus cher de la carte (23 euros) mais aussi celui que toutes les tablées choisissent.

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    Le cheesecake (8 euros) a enfin la tronche, le goût, l'âme d'un cheesecake. Hormis chez Zen, les cheesecakes m'ont toujours cassé les pieds au resto. Là, c'est autre chose...

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    Bon, parlons un peu vins tout de même avec une jolie (demi) surprise. En choisissant ce vin du Larzac, pas le moins cher de la carte mais surtout pas le plus cher, je savais qu'on tapait juste puisque je connaissais la réputation de cette cuvée L'Infidèle du Mas Cal Demoura version 2008. Difficile au début, mais après le passage de la jolie carafe, il fait vraiment partie des plus beaux languedocs jamais ouverts. La table d'à-côté ne sait pas quoi boire, nous pose des questions et finalement nous copie : ils sont autant conquis.

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    Le Mas Cal Demoura est aux Vignerons indépendants. A suivre...

  • Fulvio encore : j'ai presque recueilli le secret de la fameuse panna cotta

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    Je pense que Manu va nous casser les oreilles très longtemps avec Fulvio. "Fuuulvio ! Oui bon d'accord, peut-être que c'est un peu cher, mais bon j'ai même oublié combien j'avais dépensé tellement c'était bon..." Je ne peux pas trop lui donner tort ; après y avoir mangé un midi ici et un midi là, je teste enfin le soir.

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    Bon même si la carte des vins monte très vite et très haut et que l'écriture n'est pas son fort, Fulvio nous a trouvé ce rouge de Sardaigne. Cépage cannonau, c'est-à-dire... le grenache sarde ! Fallait pas chercher plus loin ! Le Sabbie 2005, vin bio. Fort mais finalement assez ouvert. "Complesso ma equilibrato". Le seul souci, c'est que les verres de Fulvio, lourds, encombrants et canelés, ne facilitent pas la dégustation (50 euros).

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    Bon allez, question miam-miam, c'était vraiment miam-miam. l'assiette Fulvio (25 euros, moi je me rappelle), un pur délice de salaisons, copeaux de céleri et de parmesan, de la mozzarella... Ca cale un peu le ventre après les vouvrays de Catherine et Pierre Breton qu'on venait de descendre.

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    J'ai choisi les linguine à l'encre de seiche... avec des morceaux de seiche qui feraient même saliver les anti-seiches.

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    Manu a opté pour les raviolis à la truffe blanche d'Alba déjà goûtées ici. Il a bien eu raison le coquin, car avec ces branchettes de romarin, on ne s'en relève pas... Entre 25 et 30 euros le plat de pâtes.

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    En dessert, la panna cotta sinon rien. Quoi, j'ai tort peut-être ? Bam, 12 euros...

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    Pour comprendre l'intérêt de cette panna cotta, l'un des meilleurs desserts goûtés cette année et depuis longtemps, il faut faire une analogie avec le risotto. Tout comme le risotto n'est pas une platrée de riz, la panna cotta n'est pas une crème brulée amorphe. Dans les deux cas, faut que ça bouge... Et là, ça bouge dans l'assiette. Désolé d'avoir eu l'idée de la vidéo lorsque le dessert était presque englouti... On la refera.

    En sortant, nous avons tiré les vers du nez du patron. J'avais dit que je le ferai, alors je lui ai demandé. "Vous la faites avec quoi votre panna cotta ? C'est pas de l'agar-agar, ni de la gélatine, ni de la poudre à flan, ni de la colle de poisson... Alors c'est quoi ?Fulvio a tout de suite expliqué qu'il s'agissait d'un agent gélifiant végétal mais sans aller plus loin. Par contre, il nous a raconté l'histoire de son huile d'olive (avant c'est sa mère qui la lui faisait, aujourd'hui il la prend chez Métro à 18 euros le litre tout de même), décrit tous les investissements dans sa cuisine : 50 000 euros pour monter ses meubles sur roulettes pour faciliter le nettoyage...

  • Alfred : le classicisme n'a jamais été aussi bien réussi

    C'est une adresse dans laquelle on ne se vautre pas, on s'y love, on s'y planque. Au Palais-Royal, il reste encore une alternative au très prout-prout Grand Véfour. L'an dernier, nous y avions fait un repas exceptionnel.

    Tout commence avec l'Orto di Venezia, le seul vin produit à Venise, sur l'île de Sant'Erasmo par un français, Michel Thoulouze (50 euros sur table). Je l'ai trouvé un peu simple car servi trop froid : on le voit à la buée sur les verres. La table a bien aimé de coup de trique bien sec (coquins !) mais je m'attendais à plus de complexité. Un peu déçu, les autres pas du tout. A reboire.

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    Pour 4, une petite terrine maison. E-N-C-O-R-E ! Grasse mais pas lourde, complète, rustique (10 euros). Quand le talent d'un chef présent en cuisine change tout... C'est simple, c'est net. C'est totalement différent des choses insipides servies dans 1001 restos. Rien qu'en la regardant, on sent qu'elle dépote cette terrine.

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    Direction le boeuf Simmenthal et son dauphinois de céleri, le plat qu'on avait pris l'année dernière. Manu m'a semblé bluffé par la qualité de la viande : et ça se paie (32 euros).
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    Les 3 autres ont choisi la géline de Racan, volaille noire tourangelle à l'élevage exceptionnellement long (210 jours). Sa chair blanche terriblement fondante, au goût de noisette, se vautre dans le bouillon qui en ressort forcément transcendé. Simplicité et classicisme, mais porté au paroxysme (28 euros). Un grand plat.

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    J'ai complètement oublié de prendre la photo du vin rouge qui nous a accompagné. Le syrah 2007 du Haut-Musiel de Popelin. Bu l'an dernier, rebu depuis, aujourd'hui il n'a plus le même goût : des arômes vanillés assez redoutables l'emportent sur son côté épicé.  Donc un peu déçu aussi (32 euros). Pour le dessert, on va prendre le frérot, le rosé du Haut-Musiel en 2009 (26 euros). Grenache, syrah et counoise : si tous les rosés étaient taillés de la sorte, on en sifflerait plus. Rond mais présent, il accompagne bien le dessert (10 euros).

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    Une tarte aux pommes bien sympathique.

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    La fameuse mousse au chocolat. A nouveau un peu déçu. Mais bon, la cuisine n'est pas régulière comme un métronome. Et peut-être étais-je de mauvaise humeur...

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    En digestif (pas offert cette fois, mais une grosse dose tout de même) : une chartreuse V.E.P. verte et un calvados du Père Jules.

    Bilan : un dîner un cran en-dessous du précédent... Et merde. Mais c'est la vie. Bon, on l'a assez dit tout de même : ça reste top, Alfred.

    Alfred, 52 rue de Richelieu, 75 011 Paris, 01 42 97 54 40.

  • Un vouvray et un mauzac à l'Avant Comptoir

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    Avant le repas chez Alfred, pause à l'Avant Comptoir d'Yves Camdeborde. Un vouvray sec sec sec de Nathalie et Christian Chaussard (You are So Fine) et un mauzac tranquille (Plageoles of course) au nez terrible de fruits jaunes que Manu et Laurent semblent avoir apprécié. Les croquettes de jambon de Louis Ospital par-dessus et moi aussi, les mots me manquent...

  • Le Stube

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    Pas mal de blogs vantent Le Stube, je vais un peu dégraisser le mammouth. C'est bon, donc ça mérite que j'en parle ; hormis peut-être la currywurst qui ne casse pas trois pattes à un canard. Le gros problème, c'est que c'est cher. 15 euros ce plateau (currywurst, salade de pommes de terre plutôt réussie, et gâteau au pavot bien sympathique) avec une bière, y a pas à dire ça vaut pas le Bistro Paul Bert.

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    Le Stube, 31 rue de Richelieu, 75 001 Paris, 01 42 60 09 85.

  • Solidarité avec le Japon : gavons-nous de fèves de soja

    Les fèves de soja, je pensais bien les connaître. Il y a deux ans dans un gourbi de Tokyo, un bar à whisky et à brochettes du quartier de Shinjiku, j'ai admiré cette consistance proche de la salive et au goût un peu, disons, passé. C'était natto, des fèves de soja fermentées. Fallait tout de même s'accrocher. Il faut que je retrouve mes photos, ça va être long.

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    Aujourd'hui, je me rends compte que je suis complètement passé à côté des edamame. Heureusement que Franckie, mon poisson-pilote dans la cuisine japonaise, a insisté à plusieurs reprises pour que j'aille manger chez Foujita. Edamame, ce sont les graines de soja pas encore tout à fait mûres qu'on fait bouillir à même le haricot avant de les saler. C'est bien meilleur que les chips, à tout point de vue... (Je suis nul, y en aurait même chez Picard). Le bol arrive sur la table dès qu'on s'asseoit, ça ne fait partie d'aucun menu, un peu comme des cacahuètes.

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    Bon, et sinon ? C'est bigrement bien foutu Foujita par rapport à des restaurants de sushis chinois classiques. Il faut se mettre au comptoir et voir le maître débiter les commandes. En général, on peut dire que le poisson est super fondant (gras donc). La seiche est incroyablement bien cuisinée et le sushi d'oursin décortiqué à la minute.

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    Foujita, 41 rue Saint-Roch, 75 011 Paris, 01 42 61 69 39.

    (Les menus de midi, même le samedi tournent autour de 14 euros, le sushi d'oursin 5 euros pièce est évidemment hors menu).

  • Où trouver de la bonne bidoche argentine ?

    Jeudi, je suis passé chez Carnar, l'importateur de viande argentine. Direct from la pampa. Tous ceux qui ont posé un orteil à Buenos Aires me cassent les pieds avec la viande argentine, super fondante, super goûteuse, super pas grasse, super tout... Les boeufs ont de la place pour gambader et cela n'aurait rien à voir avec un ruminant bien de chez nous. J'étais enclin à le croire, je n'ai pas été déçu.

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    Le seul souci, c'est qu'il faut acheter un gros morceau (minimum un kilo pour 31,50 euros). Pas grave, on en coupe quelques-uns, on congèle le reste. Ou alors on attend d'être une grande tablée. Certes c'est plus cher qu'un boeuf lambda chez un boucher lambda, mais c'est une sacrée expérience. La viande est effectivement comme tous le disaient : hyper fondante, hyper goûteuse, hyper pas grasse, hyper tout. Je ne vais pas dire que c'est le meilleur boeuf du monde, j'adore tellement le wagyu japonais, mais ça envoie.

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    On boit du rouge avec ça, mais pas n'importe quoi. On alterne un bandol 2007 du Château Sainte-Anne (met du temps à s'ouvrir, assez puissant mais joliment équilibré)...

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    ...avec un vin de Gilles Azzoni (Le Raisin et l'Ange), Hommage à Robert L09 acheté chez Crus et Découvertes. Carafé depuis le midi, il apparait assez fumé mais coule vraiment très facilement. Moins grenadine que le L06.

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  • Goûter au Café suédois

    Entre mecs au Café suédois, endroit faussement girly, on se tape un joli gâteau citron-basilic qui ressemble à mon gâteau au sirop en étant un peu moins humide. Citron et basilic, la belle affaire...

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  • Les emplettes du mardi chez Crus et Découvertes

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    Cela faisait quelques semaines que je n'avais pas fait de petits luxes anti-crise, je répare un peu ce manque aujourd'hui. Avec 4 bouteilles à moins de 10 euros, 36 euros les 4 pour être précis. Mes pas fatigués m'ont conduit au hasard vers la rue Paul-Bert cet après-midi et je suis entré chez Crus et Découvertes. Je l'atteins rarement, m'arrêtant à l'Insolite : à chaque fois c'est pareil je fais des découvertes de crus.

    - Sauvageonne, domaine des Griottes. Le sauvignon du domaine, peut-être le vin le plus cher du lot, 10 euros. "Bien minéral" selon Mickael, talentueux caviste.

    - Fable 2009, Le Raisin et l'Ange, Gilles Azzoni. "Dominante syrah avec un peu de grenache, plus dur, on mange avec".

    - Hommage à Robert 2009, toujours Gilles Azzoni. "Encore un peu tendu car jeune mais tout de même assez glouglou, pas aussi évolué et évolutif que le 2006"

    - le cheverny blanc 2010 de Hervé Villemade. "Croquant, ça va être bien pour ce printemps".

    Ouais, faudrait juste qu'il revienne le printemps. Et qu'il ne soit pas aussi triste que chez Hugues...

    Crus Et Découvertes, 7 rue Paul Bert, 75011 Paris.

  • Le Troquet pour les mendiants

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    J'escomptais y faire un repas extra mais j'avoue qu'on était un poil déçu en sortant du Troquet avec Manu. Non pas que ce ne soit pas bon ou qu'il n'y ait pas de très bonnes idées, mais le plat est vraiment léger. En entrée, les saucissons d'Ospital rendent les hommes heureux

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    Mais ce sont les joues de porc qui déçoivent. En tant que spécialiste autoproclamé des joues de porc, j'imaginais apprendre quelque chose, trouver une épice, un goût, une technique, une association. Et là, rien. Une sauce à peine réduite avec quelques pois chiches, c'est chiche.

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    Côté vins par contre, coexistent de très belles choses et d'autres moins exceptionnelles. On a donc tapé dans les très belles choses : sancerre 2008 de Paul Prieur bien sympathique et le mythique morgon MMIX (2009) cuvée Marcel Lapierre., un peu en retrait ce soir, trop chaud sans doute. Une chose à noter : par rapport à de nombreux autres restaurants, le Troquet ne matraque pas l'amateur de vin. Le Lapierre est à 47 euros pour un prix caviste parisien à plus de 30.
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    Notons encore que les desserts assez terribles sauvent le repas. Face à moi, le clafoutis a une sacrée gueule.

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    Mon riz au lait aux fruits mendiants frôle l'exceptionnel dans l'idée et la réalisation. Non seulement c'est bon mais il y a de l'Histoire et une tradition derrière, celle des fruits secs que l'on rattache aux ordres monacaux mendiants (avant le concile de Trente) : la figue pour la robe grise du franciscain, l'amande pour le fominicain, la noisette pour le carme et le raisin pour l'augustin. Un très beau plat.

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    Le Troquet, 21 rue François Bonvin, 75 015 Paris, 01 45 66 89 00.

  • Retour en terre (in)connue

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    Retour dans le superbe restaurant dont je m'obstine à taire le nom. A force de mettre des photos, certains vont reconnaître tout de même. On fait tout pareil que jeudi dernier mais cette fois avec Olivier et Omar. A nouveau, on s'est vraiment régalé. Et "quels vins !" s'écrit aujourd'hui encore Olivier... A peine assis, nous voyons nos verres se remplir de savagnin du domaine Foret. Avec un reste de pressé de lapin. Je ne te raconte même pas...

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    On fait quelques pas vers l'ouest avec le saint-aubin de Sarnin-Berrux. Hormis le Petit Têtu, je n'avais pas bu grand-chose de ce domaine. Assez percutant, ce joli blanc. C'est vrai qu'Olivier et moi avons habitué notre palais au saint-romain de Cossard, mais franchement ça se biberonne plutôt pas mal. Surtout qu'on avait déjà du champagne dans le cornet, je rappelle.

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    A suivre, un saucisson chaud. C'est pas un Jésus mais franchement on dirait l'Apparition. Les yeux des autres tables dévorent la bête mais ce sont nos palais et nos estomacs qui vont s'en charger pour de vrai. Deux légumes, un bol de choucroute et c'est parti.

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    Un peu de rouge avec ça tout de même ? Et comment ! Une cuvée désormais introuvable. De mon bien-aimé Casot des Mailloles à Banyuls, voici Taillelauque V. C'est-à-dire 2005 mais on est en Vin de Table ici. Grenache, carignan, mourvèdre si je ne m'abuse. C'est l'apothéose : quel nez ! Cyrano fait pâle figure à côté... J'en suis encore amoureux quelques jours après. Un premier côté tannique qui s'efface vite après le passage en carafe pour donner un jus miraculeux, sur l'algue et la groseille, sur le cuir, ou sur je-ne-sais-plus... Les 14,5° filent aussi vite que les Parisiens dans le métro et sur les lèvres, un seul mot : "Encore !" D'ailleurs Olivier qui veille jalousement sur la bouteille n'arrête pas d'en redemander, comme si on allait nous le piquer. Il a raison, on n'est jamais trop prudent. Je connaissais le vin naturel, celui-ci fait partie des vins surnaturels.

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    Et non, pas de chance, même après le fromage, je ne donnerai pas l'adresse...

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  • Saucisson chaud et arbois 2002

    J'inaugure un nouveau truc : porter une adresse aux nues et ne pas dire où c'est. Il y a encore quelques mois, on ne pouvait pas y manger. Et comme c'était dommage : car ce midi, le patron nous a sorti de sa manche ce saucisson chaud aux légumes dits oubliés.

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    Pas de Joël Thiébaut, pas de nème-dropingue. Non, juste des bons produits qui proviennent de copains du chef des lieux, de mecs qui se battent, qui bossent tout aussi bien que les stars (voire mieux) et qui ont du mal à vendre leurs produits d'exception. Sur le même sujet, on parlera bientôt de poires au vin goûtées ce midi aussi.

    Donc un saucisson chaud gouleyant comme un beaujolais, des radis, des pommes de terres, des endives et une betterave jaune super poivrée. J'ai à nouveau faim. Voici l'archétype une bonne adresse : un "honnête homme" en cuisine, des produits fulgurants, une cuisine toute simple. Evidente... un mot qui revient souvent sur ce blog. L'ambiance est décontractée du slibard, on papote avec les autres attablés bien chanceux, on rit aux blagues un peu lourdes ("Bon, on boit un coup ou on s'encule ?" Réponse : "Euh, là j'ai plutôt soif en fait...").

    Je ne vais pas la jouer comme d'autres aiment à faire leur numéro du genre "on devrait pas vous donner cette adresse, on aimerait vraiment se la garder pour soi mais on vous la donne quand même". Non, pas moi. Cette adresse, je me la garde. Bon, d'un autre côté, j'en parle ici bien assez souvent pour d'autres raisons...

    Et l'un de ces raisons, c'est cet arbois 2002 du domaine Foret avec sa couleur déjà brique comme un vieux bourgogne. Le patron a trouvé que le vin était "fané". Franchement, des fanés comme ça, on en boirait bien tous les jours. Un vin de vigneron, comme expliquait un client de manière ma foi tout à fait logique. J'ai aussi acheté un truc que je n'avais jamais vu, du domaine Foret toujours : la cuvée Tou Tan Khordon (ou Toutankhordon), le pétnat jurassien à base de ploussard (10 euros). On va se marrer je pense...

  • "Vivant" : le nouveau bistro de Pierre Jancou

    C'est l'adresse de ce printemps, celle qui va faire parler d'elle et celle qui peut potentiellement devenir le nouveau repaire des amateurs de vin naturel. Pierre Jancou (ancien patron de la Crémerie et de Racines) va ouvrir Vivant dans quelques semaines au 43 rue des Petites-Ecuries (75 010). Je suis passé devant la vitrine cet après-midi : bon, pour l'instant, ça s'active... Le superbe décor rappelle celui de la Crémerie, les vins naturels seront évidemment à la hauteur et la cuisine centrée sur les bons produits (et l'Italie) : l'endroit s'annonce bigrement intelligent. J'ai hâte.

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    Duex blogs en parlent déjà : Merci Pour l'Adresse et Food Intelligence de l'excellent Bruno Verjus.
  • Un plat aux Délices d'Aphrodite

    On y était il y a quelques années, la moussaka ne nous avait pas emballé même si elle était bien au-dessous de beaucoup de restaurants grecs un peu gastros. Et pour cause, je trouve qu'il n'y a pas assez de canelle, l'épice qui fait tout dans la moussaka. Ce soir, lahanodomades avgalemono. Soit feuilles de chou farcies à l'agneau à la sauce avgalemono, une sorte de vinaigrette à l'oeuf et au citron.

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    Ah voilà ! Là on a un plat extra digne de la réputation du bistro de Mavrommatis (18 euros). Mais bon, les moussakas d'à côté semblent à nouveau un peu pâles et les desserts banals. Donc un sentiment toujours mitigé.

  • 17h, apéro chez Camdeborde

    A L'Avant-Comptoir, on peut tout se permettre. Revenu d'Italie le gosier plein de pinot gris vénétien, je continue sur ma lancée avec ce vin hors-norme et introuvable : le pinot gris des frères Puzelat (Clos du Tue-Boeuf). Evidemment classé en Vin De France. Festif, acidulé, taillant dans le marbre.

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    Et avec ça un tataki de thon (albacore) avec un sublime chutney.

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    La vie n'est pas très compliquée, faut juste avoir un Camdeborde sous la main. Et tout ça pour le prix d'un mauvais sauvignon dans un bar pseudo branché du coin.

  • Petit luxe anti-crise #14 : une crêpe à l'Avant-Comptoir

    Les petits luxes anti-crise ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien. (Et pas de petit luxe la semaine dernière : il faut aussi savoir arrêter de consommer).
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    Samedi midi, petit détour par chez Yves Camdeborde, comme souvent, pour voir ce qui change et surtout ce qui ne change pas. Pour s'approprier une énième fois les lieux avant notre second repas du soir (car il y en a eu un premier et qu'il y en aura un troisième, un quatrième...) qui se tiendra le 21 mars prochain. A suivre ici évidemment.

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    Dans la galette de sarrasin, j'aurais pu mettre artichauts-parmesan. J'ai préféré une horreur gastronomique, rôti de boeuf-gruyère (4 euros). Miam-miam. Avec le banh-mi de l'autre jour, on dirait que la street food s'excite enfin à Paris. Bon, pour l'instant on se limite à deux adresses.

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    L'Avant-Comptoir d'Yves Camdeborde ? Mais tout le monde sait où c'est...
  • Chez Glou, les filles ont de la poitrine (de porc)

    Depuis que l'adresse est ouverte, j'ai dû y aller au moins trois fois. Et je n'en ai jamais parlé. On va réparer de suite cette erreur. Voici donc Glou, joli resto ouvert par le très bon Julien Fouin, ex-rédacteur en chef de Régal. Quand il était à la tête de ce magazine, ce dernier était passionnant. Aujourd'hui je l'achète toujours mais je n'ai jamais retrouvé la même verve, les mêmes superbes reportages, les mêmes bonnes idées...

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    Chez Glou, il faut demander la table à l'étage, devant la fenêtre pour manger face au musée Picasso. Ou alors on s'y prend à la bourre comme ce soir là et on se retrouve sur la table d'hôtes. Pas mal non plus en fait, convivial. Question vins, de jolis choix un peu pointus et assez originaux avec des bouteilles qu'on trouve très très difficilement ailleurs. Ainsi ce Gavi (vin de Ligure, pas très loin d'Asti dans le Piémont, 30 euros) de la Cascina Degli Ulivi. Version 2006, 100 % cortese (cépage du coin), tout en bio, sans sulfite ajouté. Odeur de terre au nez en bouche qui finit par s'évaporer pour laisser un côté ample de très grande tenue. J'aime, je like, comme on dit sur Facebook. Choisi par Olivier, le vin m'a fait grosse impression.

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    Il a été très vite bu et aussi vite remplacé par l'un des rouges les moins chers de la cartes (20 euros) le Hého de Serge Bâtard (domaine Les Hautes Noëlles) à Saint-Léger-les-Vignes dans le coin du muscadet. Evidemment pas aussi expressif que le précédent, mais un joli vin bien fait qui après aération finit par être présent à table (cabernet-franc, grolleau et un poil de gamay). Une jolie découverte aussi.

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    On a un peu mangé tout de même (de 15 à 22 euros le plat je crois). Les filles ce soir-là avaient une sacrée poitrine (de porc) dans l'assiette, en face des rigatone à la truffe blanche (ouh les coquins) et moi j'ai foncé dans le tartare. Bon, bien frais mais sans plus. Je suis nostalgique de celui des Fines Gueules dans le IIe, qui lui en avait de la gueule. J'adore Glou, mais je dois bien me rendre à l'évidence : les viandes sont un cran en-dessous des autres produits (huîtres, thon fumé, jambon, rigatone aaaahhh, reblochon fermier à 8 euros... et vins).

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    Glou, 101 rue Vieille du Temple, 75003 Paris, 01 42 74 44 32.
  • Juveniles : il manque un petit truc

    Je n'ai jamais tellement compris l'engouement pour cette adresse. Bon d'accord, on y mange bien, de belles bouteilles ornent l'étagère et l'ambiance sympathique. Mais il y manque quelque chose je trouve. J'y ai déjà fait un repas il y a pas mal d'années. Notre avis n'a pas changé : de bons produits, de bonnes idées (ces lasagnes endives-noix-stilton) mais une carte de vins en demi teinte (très orientée Nouveau Monde, il y a beaucoup d'étrangers il faut dire) et des prix bien parisiens. Ce samedi-là, saucisse Conquet purée et ces belles lasagnes donc : j'aimerais adhérer à 100 % mais je n'arrive pas.

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    Juveniles, 47 rue de Richelieu, 75 001 Paris, 01 42 97 46 49.
  • Fulvio, le meilleur sarde de Paris et le meilleur italien tout court

    Dès qu'on quitte notre immeuble vers 12h30, nos pas mènent immanquablement chez Fulvio, le meilleur restaurant italien de Paris : maintenant on n'a plus peur de le dire. On s'accroche à la formule à 17 euros avec belle assiette d'antipasti (extras quand ils sont cuisinés comme la poêlée de légumes), des raviolis asperge-artichaut au beurre de sauge avec un petit pichet de rouge.

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    Pour ma part, j'ai enfin essayé un plat à la carte. Les raviolis à la truffe blanche d'Alba, c'est-à-dire à ma drogue. Une sauce immense, crémeuse, nuageuse, duveteuse. Quant à l'alliance avec les brins de romarin... Ahhhhhh.... 24 euros, c'est pas gratuit non plus.

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    Et puis allez, tant qu'on est là, cap sur la panna cotta, comme la dernière fois. Euh... oui, son prix est bien de 10 euros. Mais à tous ceux qui croient qu'il s'agit d'un dessert tendance, il faudrait ajouter que dans 90 % des restos, elle est ratée. Alors voici l'étalon-mètre de la panna cotta. Légère, vraiment crémeuse en texture et en bouche, vanillée avec de la vraie vanille, tremblotante. Une vraie panna cotta, tout simplement.

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    Et puis tout même, parlons vins, c'est le seul accroc chez Fulvio. Le vin servi dans la formule est sorti de gros magnums. Il n'est pas mauvais mais sans âme. Un peu comme beaucoup de vins italiens, un peu putes aguicheuses sans beaucoup de profondeur. Ah si on avait eu droit aux merveilles de chez Occhipinti... Bon, j'avoue aussi que je n'ai pas jeté un oeil dans la vraie carte des vins.

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