Avertir le modérateur

Bonnes adresses parisiennes - Page 5

  • Olive

    1.JPG

    Dans ce coin du Ve arrondissement, la mosquée de Paris fait un peu d'ombre aux autres restaurants tant son salon de thé est tendance. Mais juste en face se cache une petite perle, un restaurant coréen. Qui plus est chrétien, comme quoi les religions peuvent faire bon ménage. Il s'appelle Olive.

    2.JPG

    Menu à 15,50 à midi (même le samedi) avec une petite entrée, un bon plat et quelques litchis pour ne pas alourdir le bide. Et tout commence toujours par une petite soupe miso.

    3 (1).JPG

    En apéro, j'ai demandé un Bokbunja (de la brasserie Bohae), c'est-à-dire un vin de framboise. C'est le résultat d'une fermentation de framboises noires et d'un vieillissement maîtrisé. Malgré l'amerture, il reste une belle dose de sucre résiduel. C'est assez drôle de voir combien les vins d'autres fruits que le raisin sont rarement secs. Ceci dit, ça glisse bien car la framboise noire a un goût plutôt particulier. Sucré et somme toute amer, ça glisse bien en fait.

    3 (2).JPG
    3 (3).JPG

    En entrée, Bindae Teuk (petite crêpe) et Mandou (raviolis grillés). Ce qui respire en premier lieu, ce sont la fraîcheur de la farce et la cuisson à la minute. Les raviolis sont parmi les meilleurs qu'on ait goûtés (et depuis la Chine il y a trois ans, on s'en est enfilé des caisses).

    3 (4).JPG
    3 (5).JPG
    On continue à la bière Hite, c'est tout de même plus facile. Blonde et légère.
    3 (6).JPG

    Le plat d'Olive, il a bien fallu noter l'orthographe : Dweji Boulgogui Bibimbap (riz nappé de légumes et porc sauce piquante).

    3 (9).JPG

    Petite digression sur le bibimbap, plat national coréen. C'est un mélange de plein de choses et il y a plein de recettes. Pas un, mais des bibimbap. Ainsi mon plat, le bien célèbre Dolsot Bibimbap arrive dans un grand pot en terre bien chaud avec le riz, les légumes, la viande de boeuf et l'oeuf cru. A côté les condiments (haricots, racine de lotus en saumure...) et la sauce. A sa guise, on ajoute les condiments et on mélange. Comme si le consommateur donnait sa propre touche finale au plat.

    3 (7).JPG3 (8).JPG3 (10).JPG3 (11).JPG

    Je n'ai pas encore dit combien ce plat m'avait ravi, moi qui avais l'habitude plus jeune du bol de riz avec un oeuf cru par-dessus. C'est bizarrement dans un resto coréen que je retrouve un parfum d'enfance (ici amélioré, il va sans dire).

    En dessert, le fameux marron gélatiné (crème de marron et agar-agar), avec un peu de thé vert gélatineux et de pâte d'haricot rouge (azuki). Et une glace aux marrons. Très digeste : c'est à mon avis l'un des points essentiels de la cuisine coréenne.

    3 (13).JPG
    3 (14).JPG

    Bref la Corée mange évidemment autre chose que les kimchis... Et malgré la ressemblance avec la Grande Poste d'Alger, la dernière photo a bien été prise par la vitre d'Olive. Le restaurant cette fois.

    3 (12).JPG

    Olive, 5 rue Daubenton, 75 005 Paris.

  • Le banh-mi vietnamien, la première petite claque de 2011

    C'est à peu près la seule chose que j'ai retenue de la lecture du nouveau magazine Fricote : l'adresse de cette petite gargote à la façade noire rue Volta. Pas d'enseigne, pas de nom, rien. Autour, quelques rues étroites forment le plus ancien quartier chinois de Paris de sinistre réputation question miam-miam.

    IMG_1326.JPG

    Intérieur étroit et petit foutoir mais on s'y est très vite senti à l'aise. Le temps de commander le banh-mi.

    IMG_1324.JPG

    Le banh-mi, c'est en quelque sorte le jambon-beurre vietnamien. Héritage colonial oblige, il est justement composé d'une demi baguette de pain taillée dans le sens de la longueur et remplie de concombre, carottes râpées, persil plat (ou coriandre ?) et de morceaux de viande (porc, poulet ou boeuf). Le tout arrosé d'une sauce bien brune, pimentée ou non.

    IMG_1322.JPG

    On paye (4 à 5 euros pièce), on ressort et on croque. Petit moment d'extase. Point fondamental du sandwich : il faut que l'ingrédient principal, à savoir le pain, réponde présent. Ici, il est frais, d'il y a quelques heures. Une croûte croustillante et une mie moelleuse. Les carottes bien vinaigrées et le persil ne semblent pas avoir végété trop longtemps dans le frigo. Le porc est fondant, le concombre croquant et la sauce napante. Enfin de la street food excitante à Paris. Malgré le froid et le sandwich ingurgité, on se sent plus léger.

    IMG_1329.JPG

    Le Banh-Mi, 7 rue Volta, 75 003 Paris.

  • Un vrai bon plat de pâtes quand il neige

    Les bonnes adresses il faut y retourner, c'est assez logique comme raisonnement. Quand il neige à Paris et que j'ai envie d'un plat de pâtes, j'ai à portée de main un resto véritablement italien, d'ailleurs accolé à un autre transalpin pas terrible : les imbéciles se trompent encore souvent de porte. Menu du midi à 11,50 euros avec E+P ou P+D. Le P signifiant évidemment pasta toute fraîche. Une du jour (ici lasagnettes gorgonzola roquette super crémeuses) ou les lasagnes aux trois viandes (un des meilleurs plats de pâtes réalisé en France, je l'ai déjà dit).

    IMG_1020.JPG
    IMG_1022.JPG
    Osteria dell' Anima, 37 rue Oberkampf, 75 001 Paris, 01 43 38 40 03.
  • La Cave à Montreuil : mouais...

    A l'époque, c'était considéré comme le meilleur restaurant de Montreuil. Depuis, la gentrification (l'arrivée des bobos pour simplifier) encore plus poussée a fait fleurir d'autres adresses encore plus haut-de-gamme. Force est de constater que la majorité de l'assiette est bonne (16 euros le moindre plat tout de même). Ainsi le bar entier de Franckie ou ma bavette. Seulement les légumes de l'un paraissaient sortir du congélo et le gratin dauphinois de l'autre ne semblait pas tout à fait catholique. Côté cave, les prix des bouteilles un peu élevé : 13 euros pour Atmosphères de Jo Landron, alors qu'elle est à 10 au centre de Paris, à la Cave des Papilles. Donc sentiment mitigé.

    IMG_0982.JPG

    La Cave est Restaurant, 45 rue de Paris, 93 100 Montreuil sous bois, 01 42 87 09 48.

  • Vous prendrez bien un peu de "viande" végétale ?

    IMG_0980.JPG

    Même si on y sert du poulet, du jambon ou du boeuf, le restaurant Tien Hiang est strictement végétarien. Est-ce la tête de pont d'une opération commando pour convertir les viandards aux bienfaits du soja ? Je m'explique. Toutes les "viandes" sont en réalité végétales, c'est-à-dire confectionnées à base de protéine de soja texturé. Sans oeuf et sans produit non végétarien. Les plats traditionnels asiatiques sont donc reproduits (presque) à l'identique avec du faux boeuf, du faux porc... On peut commencer le voyage par le plus facile : des raviolis pékinois, les fameuses jiaozi. Un peu lourd dans la pâte mais plutôt fin dans la farce.

    IMG_0975.JPG

    Le lok lak est un plat cambodgien que j'affectionne beaucoup pour en avoir préparé à Battambang lors d'un cours de cuisine. C'est un genre de bifteck local au poivre servi avec du riz. Ici le "boeuf" se découvre bien blanc et même pané. Avec oignons, salade, vermicelles de riz. Extraordinairement léger en fin de compte. Mais question goût, heureusement que la panure ajoute du répondant et que le plat est servi avec une sauce un peu relevée.

    1.JPG
    2.JPG

    Dans la marmite de pâtes au saté (un ensemble assez goûteux), on trouvait une belle dose de "boeuf" brun-gris et de "jambon" un peu plus blanc. Les bouchers apprécieront.

    3.JPG
    4.JPG

    Pour résumer, le palais est un peu désorienté et ça ne lui fait pas de mal. C'est une découverte, une expérience. Le soja et son ami tofu, c'est sûr, il faut les apprécier. Ici ces produits souvent fades sont apprêtés différemment et grâce à la panure ou à l'assaisonnement, ils arrivent à décoller. Sans doute que les estomacs les plus précautionneux, les moins adeptes de ce végétarisme poussé, risquent de faire la fine bouche. Il est sûr aussi que l'indéniable impression de légèreté qui domine à la fin du repas ne nous fera pas abandonner la viande, tant que celle-ci est consommée de façon raisonnable et intelligente.

    Tien Hiang, 92 rue du Chemin-Vert, 75 011 Paris, 01 43 55 83 88.

  • Le Beurre Noisette : peu de beurre, pas de noisette mais de superbes plats

    P1160945.JPG

    J'en rêvais depuis combien ? 3, 4 ans ? Ce qui était sûr, c'est que ça allait nous changer du docu d'hier soir. Aucun risque de trouver au Beurre Noisette des conserves ou des surgelés de chez Métro : je ne pense pas que l'huître rôtie au pied de porc et chorizo se vende par paquets de 12.

    2.JPG

    C'en est tellement beau qu'on hésite à croquer dedans. C'est est tellement bon qu'on hésite à changer la commande, à demander de remplacer le plat par quatre autres huîtres. Tièdes, avec une tranche du maigre de pied de porc, des filaments de chorizo et quelques pointes de vert (courgette ?). Le tout cuit dans un bouillon iodé. Peut-être un de mes plats préférés cette année. Et je trouve cela terriblement beau.

    3.JPG

    Bien sûr, la poitrine de porc est très réussie. Avec un petit arbois pupillin 2007 pluôt léger la Rouge-Queue (cépage melon) de Philippe Bornard (un joli domaine dont je cherche à goûter le savagnin).

    4.JPG

    Mon plat nous a semblé bien plus extra. Un parmentier de haddock au chou vert. L'écume dont je ne suis pas fan apporte tout de même un côté léger fort agréable. Les petites chips apportent le croquant.

    5.JPG

    Mais tout l'intérêt de l'assiette réside dans cette alliance de chou vert et de haddock (par définition il est fumé - sinon c'est de l'églefin - mais sans goût trop prononcé ni trop salé). Comme dans toute brandade traditionnelle, je n'y ai pas vu de pomme de terre. Un plat formidable dans sa conception et sa réalisation. Question vin, le marestel 2006 de chez Dupasquier. Une vraie découverte que l'on s'est empressé d'aller goûter au salon des vignerons indépendants juste à côté.

    6.JPG

    Côté dessert, crème chocolat / mousse aux marrons. Là aussi très gourmand.

    7.JPG

    Pour moi, le baba au rhum à imbiber soi-même. Avec la bouteille de Saint-James ambré 10 ans à dispo sur la table. Mais comme nous en parlions juste avant, les desserts (même dans les très bons restos comme ici) nous déçoivent souvent. Si on considère que c'est comparable, ils sont un niveau en-dessous des plats.

    8.JPG
    P1160955.JPG

    Le Beurre Noisette, 68 rue Vasco de Gama, 75 015 Paris, 01 48 56 82 49. A midi E+P ou P+D 22 euros. La complète à 30.

  • Café Cartouche : du vin à Bercy

    Bercy n'est pas qu'un ministère austère. Bercy n'est pas qu'un palais omnibeauf. Avant 1850, ce quartier voyait arriver les vins en vrac non soumis aux taxes de l'époque. On déchargeait, on mettait en bouteille, on envoyait dans la capitale : c'était un genre de grand Rungis du pinard. Pas forcément de la grande qualité, mais il y avait une histoire et une ambiance. Autour, on festoyait et régnait l'ivresse, vite surnommée "la fièvre de Bercy". De cette époque, il ne reste que quelques noms de rue, comme celle de Pommard aujourd'hui défigurée.

    1.JPG

    C'est dans la parallèle, que Rodolphe Paquin, le proprio du Repaire de Cartouche dans le XIe, a ouvert son petit bistrot bien planqué. Je voulais y aller depuis longtemps, je n'ai pas été déçu. C'est le seul endroit du coin qui fasse encore un peu vivre cette tradition vinicole. Ce soir-là, une semaine avant le beaujolais nouveau, j'avais choisi un Fleurie d'Yvon Métras version 2008. A ouvrir une demi-heure avant la dégustation. Une force tranquille, à la fois fin et puissant, fruité et présent. Un de mes vins préférés (32 euros sur table, une vingtaine chez les bons cavistes).

    2.JPG

    J'ai pris la totale, EPD, entrée plat dessert. 6 + 15 + 6 euros. On s'en sort encore bien : pour un petit bistro comme celui-ci, la cuisine est d'un sacré niveau. Notamment pour les entrées. Un nougat de poulet, une terrine de cerf. Rodolphe Paquin, roi des terrines : ça c'est un titre qui ne rigole pas... Si je ne m'abuse, il les vend même au Verre Volé.

    4.JPG
    3.JPG

    En plat, paleron et chou farci à la grouse. Pour une fois, j'ai gagné : la grouse, un genre de coq sauvage chassé en Ecosse, me laisse une forte impression. L'un des meilleurs plats de l'année. Un chou merveilleusement cuit : ferme, fondant, brûlé sur la tranche, sur lequel s'appuie une farce de porc et grouse enfermé dans une crépine. Finesse.

    5.JPG
    6.JPG

    Question dessert, un ton en-dessous comme souvent. Petit macaron de grosses fraises alors que ce n'est plus vraiment la saison et un sablé tatin plutôt intéressant mais qui ne faisait pas grimper au rideau.

    8.JPG
    7.JPG

    Café Cartouche, 4 rue Bercy, 75 012 Paris, 01 40 19 09 95.

  • La Cantine du Troquet toujours au rendez-vous

    L'été dernier, Olivier et moi avions pas mal apprécié la totale, le menu dégustation à 30 euros ; c'est sans doute le meilleur rapport qualité-prix de Paris. Cette fois, nos estomacs étaient moins avides de sensation fortes. En un mot : raisonnables.

    IMG_0782.JPG

    Tout commence avec un superbe vin, l'aligoté des Maréchal, vignerons à Bligny. Servi trop froid, il n'a pas exprimé tout de suite son potentiel. Comme pour le domaine Chanzy, cette bouteille est la preuve de la vivacité de ce cépage réservé aux pisse-kirs. Il souffre d'un certain mépris. L'aligoté ça peut être bon ! Encore faut-il trouver les bons vignerons et accepter de mettre quelques euros de plus que pour les plus classiques...

    1.JPG

    Ne les laissez pas passer ces grands aligotés, il y aura toujours plus de splendeur dans ces bouteilles-là que dans les Premiers crus des négociants, j'en suis vraiment persuadé. Le prix joue aussi (22 euros sur table) : à combien serait monté un chassagne ?

    3.JPG

    A suivre : un espadon à la plancha pour Olivier, des saucisses confites lentilles et un salmis de palombes pour moi. Etant donné que je crie toujours "Au diable, les accords mets-vins !" je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Car la sauce au vin rouge et au sang de la palombe aurait vraiment préféré un bon rouge du sud. J'avais trop envie de blanc, tant pis pour ma gueule.

    6.JPG
    5.JPG
    4.JPG

    En dessert, figues rôties et sa quenelle de chocolat pour la fille.

    7.JPG
    Et frometon pour les garçons. Une tome des Pyrénées et une confiture de cerises noires bien accrocheuse : je ne sais pas d'où elle vient, mais n'oublions pas que le patron, Christian Etchebest, est basque donc ceci explique cela. L'accompagnent deux verres de bandol blanc, domaine de la Ray-Jane, la petite découverte de la soirée. J'avais déjà entendu parler de ce domaine, je vais mener l'enquête... En sortant, Olivier et moi nous sommes mutuellement avoués qu'on aurait dû commander la bouteille entière.
    8.JPG

    La Cantine du Troquet, 101 Rue de l'Ouest, 75014 Paris, 01 45 40 04 98. Pas de résa.

  • Que boire avec le couscous ? Du vin naturel !

    Au Tagine, j'étais sûr de faire un bon repas et de révéler une bonne adresse. D'ailleurs je ne l'ai pas vue dans beaucoup de guides ni sur beaucoup de blogs. Je savais que j'allais avoir raison, mais je ne savais pas à quel point... L'adresse m'avait été soufflée au détour d'une conversation chez Michel, aux Caves de l'Insolite. Certes elle n'est pas planquée car on est entre République et Bastille. Mais c'est une petite rue et une façade quelconque. Il faut vraiment mettre l'oeil sur la carte en vitrine pour que les papilles s'emballent : Dard et Ribo, Gramenon, Hervé Souhaut... à prix relativement doux.

    IMG_0749.JPG

    Ce midi, cap sur Il Fait Soif de Maxime Laurent. Un petit régal de fruit et de force. Arrêtons les réflexes : pourquoi un Sidi Brahim, vin de supermarché, avec le couscous ? C'est vrai que souvent il n'y a pas d'autre choix.

    IMG_0750.JPG

    C'est pas le tout de proposer du vin naturel, encore faut-il que la bouffe suive... Et là, bingo ! Je l'ai peut-être déjà dit, je ne suis pas du genre à considérer que la cuisine marocaine (ou du Maghreb en général) est la meilleure au monde. Je lui préfère celle du Proche-Orient sans doute parce que je la connais mieux, ou encore celle de l'Asie que je connais encore mieux. Mais au Tagine, j'ai été assez bluffé. Le couscous boulette (9 euros) est frais, la semoule ne colle pas et les briouats à la viande (7 euros) craquent sous la fourchette.

    IMG_0751.JPG
    IMG_0753.JPG

    Arrive ensuite l'un de mes péchés mignons, la brick à l'oeuf (6 euros). Peut-être la seule chose que je sauverai de la cuisine d'Afrique du nord. Celle-ci est extra, craquante une nouvelle fois (je soupçonne Le Tagine d'utiliser une pâte filo faite maison), l'oeuf coule, la garniture n'est pas amalgamée : elle est d'une fraîcheur absolue. Un régal !

    IMG_0758.JPG
    IMG_0759.JPG

    Les superbes assiettes proviennent de Fès, au Maroc.

    Le Tagine, 13 rue de Crussol, 75 011 Paris, 01 47 00 28 67.

     

  • Parfois, je pense à toi Joseph

    La banlieue parisienne (c'est-à-dire toutes les villes qui entourent Paris et pas seulement celles qui font l'actualité) est souvent terne question bouffe. Quand je m'y promènerai désormais, j'aurais le Saint-Joseph en tête. Car à La Garenne-Colombes, à l'ouest des Hauts-de-Seine et assez loin des faux-semblants de Neuilly, on sait vivre. Au Saint-Joseph, les viandes viennent du boucher star Hugo Desnoyer et certains clients s'obstinent à demander leur entrecôte "mal cuite".

    1.JPG

    Question pif, les vins naturels sont là. Avant tout, un verre de faugères du Mas des Capitelles de Jean Laugé (5 euros). Pour tout dire, hormis Léon Barral, je ne voyais pas où le faugères pouvait nous mener. Cette cuvée Vieilles Vignes (carignan, mourvèdre, syrah) confine au sublime : un vin naturel à la Lapierre, à la fois gouleyant et profond, à la fois fruité et corsé. Je le devine non filtré, avec peu de soufre ajouté. Une vraie découverte.

    Passons à l'assiette. Le menu du midi servi certains soirs (le samedi, c'est une aubaine) à 26 euros se révèle travaillé, copieux, un porte-étendard d'une belle cuisine française. On choisit la terrine aux châtaignes absolument extra, rustique mais goûtue. L'échine de porc ibérique et ses grosses frites maison me font envie. Quant à son dessert, j'aurais laissé de côté les financiers pour me concentrer sur la crémeuse glace au nougat. Un sans-faute une nouvelle fois, elle est forte dans le choix de ses plats.

    Pour ma part, j'ai été bien inspiré en entrée avec une rémoulade de crabe renversant.

    2.JPG

    Le paleron aux carottes m'a déçu. Le morceau, assez énorme il faut le dire, n'était pas assez paré à mon goût : il restait de gros morceaux de gras qui auraient pu être facilement enlevés. La viande n'était peut-être pas assez cuite pour être totalement fondante et les carottes l'étaient sans doute trop. Par contre, je garde en mémoire le bon goût de boeuf, un truc de viandard.

    3.JPG

    C'est surtout le dessert qui m'a laissé bouche bée : un canelé bordelais façon baba. Un genre de dessert fusion. On emprisonne le canelé dans un pot en verre et on arrose de liquide. Sans doute y a-t-il un peu de rhum, mais il ne gâche pas tout. On dirait quelque chose comme du jus de canelé si ça existe... La pâtisserie bordelaise toute mouillée perd son croustillant mais bizarrement elle gagne en douceur et surtout en moelleux. C'est assez original comme idée, surprenant comme réalisation et incroyable comme résultat. Sans doute un de mes desserts préférés de l'année.

    IMG_0693.JPG
    IMG_0697.JPG
    Quelqu'un a-t-il compris l'allusion à la chanson de Moustaki dans le titre ?

    Le Saint-Joseph, 100 boulevard République, 92250 La Garenne Colombes, 01 42 42 64 49.

  • Ce midi je me suis fait Deux Amis

    Je n'aime pas trop fréquenter les restos de ma rue ; j'ai l'impression que j'aurai toujours le temps d'y aller, alors je peux repousser le moment. Celui-là fait exception. Déjà il marche bien ce qui attise forcément ma curiosité et surtout il y a des choses qui résonnent : Michel des Caves de l'Insolite m'en avait parlé, le patron serait un ancien du Chateaubriand...

    Au café des Deux Amis de l'époque, j'y allais pour me jeter des demis et des petits jaunes à 2 euros. C'était avant que le nouveau proprio rachète le lieu, lave un peu les murs et surtout refasse les chiottes. C'était un vieux bistrot de Paris dans son jus avec ses habitués et ses prix d'avant-guerre. Aujourd'hui, le lieu s'est donc boboïsé, ou gentrifié comme disent les savants.

    IMG_0671.JPG

    On y a perdu l'ambiance de quartier mais on gagne un très bon resto. Qu'est-ce qui est le plus important ? Je ne sais pas en fait. Ce qui est plus énervant par contre, c'est lorsqu'on perd un vieux bistrot pour y faire de la bouffe de merde, les exemples ne manquent pas. Mais ici ce n'est pas le cas.

    IMG_0672.JPG

    La carte des vins est naturelle et bien pensée : logique quand on fait face à l'annexe caviste du Verre Volé. Mais la sélection va assez loin (les Champs Libres, les Lèches du Mazel...). Dans les verres, l'Echappée Belle du domaine du Bout du Monde d'Edouard Laffitte et le Verre des Poètes d'Emile Hérédia. Jamais déçus (4 à 5 euros le verre).

    Côté assiette, les rollmops s'entendent très bien avec la purée de betteraves (5,5 euros). Les graines de courge apportent du croquant, le tout sublimé par une superbe huile d'olive, fruitée mais aussi amère. Un très bon cru.

    IMG_0673.JPG

    Le perdreau arrive avec son risotto de betterave (16 euros). Encore de la betterave : normal c'est la saison et c'est moi qui ai choisi, j'adore ça. D'aucuns pourront dire que ce n'est pas assez cuit, mais c'est comme ça que j'aime le gibier. Grillé pour le croquant, rosé pour son côté rassurant et un peu cru aux entournures pour goûter vraiment la viande. Absolument parfait. Même les billes de plomb sur lesquelles j'ai failli me casser une dent. Au moins ce n'est pas de l'élevage en batterie.

    IMG_0675.JPG
    IMG_0677.JPG
    Aux Deux Amis, 45 rue Oberkampf 75011 Paris, 09 77 78 53 26. Reste à tester la formule du midi en semaine (16 ou 19 euros).
  • Le Café suédois n'est pas une adresse "girly"

    Les serveuses efficaces, le mobilier Ikea qui tire sur le rose et surtout les clientes : tout laisse à penser que le Café suédois est une adresse réservée aux filles. En fait, pas du tout. Qu'est-ce qui empêcherait un homme (d'ailleurs il y en avait d'ailleurs un ce jour-là, attablé seul en plus) de prendre un thé épicé (2 euros) ou la tarte du jour (4 euros) ?

    IMG_0662.JPG

    C'est aussi idiot que de dire que les femmes préfèrent le vin blanc et les hommes le rouge. Je connais plein de filles qui ne boivent que du rouge et moi je me mets à préférer le blanc.

    Cette cuisine finement épicée (cannelle, clous de girofle...) me parle assez. J'adore le bouquin de recettes publié récemment par le Café suédois : on y trouve plein de biscuits de Noël, des pains aux épices et quelques tartes. Il me le faut pour les longues soirées d'octobre et de novembre. Une révélation aussi : plutôt que du sucre vanillé aromatisé à l'extrait de vanille, les Suédois utilisent du sucre vanillé avec de vraies gousses... A suivre.

    IMG_0663.JPG

    Le Café suédois occupe le rez-de-chaussée et la cour de l'institut culturel suédois, l'un des plus bels hôtels particuliers du Marais : rien que l'endroit vaut le déplacement.

    IMG_0665.JPG
    L'après-midi repose donc sur ce sentiment d'être un initié dans ce quartier désormais trop couru. Même si l'adresse connaît un fort succès depuis quelques années, ce n'est pas la folie du Loir dans la Théière (qui a beaucoup moins d'âme).
    IMG_0666.JPG
    Le Café suédois, 11 rue Payenne, 75003 Paris, 01 44 78 80 20.
  • Le Passage, à l'abri de Paris

    J'avoue que c'est l'un de mes endroits préférés à Paris : tout comme la sublime Crémerie, je me verrais bien l'acheter. Ne manque qu'un portefeuille bien garni. Encore faudrait-il que le proprio veuille vendre. Trêve de plaisanterie. Le Passage, c'est un café-restaurant comme on en voit peu à Paris car sa qualité principale détonne : il est accueillant... Et bien planqué pour lire, prendre son temps ou parler aux gens.

    IMG_0645.JPG

    Des plats simples, une déco pleine de tendresse.

    IMG_0641.JPG

    Calme le matin ou l'après-midi, il réunit tout le quartier pour le déjeuner (même si cela ne s'est pas vu sur la première photo). Pour tout dire, ce resto ne semble pas avoir d'attaché de presse, de chef médiatique ou d'adresse prestigieuse : bref tous les guides le snobent. Moi-même, j'avais un peu peur en y entrant : je me doutais bien que je n'allais pas faire le repas de ma vie. Mais dans les faits, je m'attendais à bien pire, j'ai été agréablement surpris.

    Dans le menu à 12,50 euros, la bavette est bien moelleuse, les pommes de terre aguichantes. Le dessert, gratin aux pommes du jardin, bizarrement léger. Bien sûr ce n'est pas de la grande cuisine mais c'est plein de bonne volonté... De plus en plus rare.

    IMG_0646.JPG
    IMG_0647.JPG
    Je n'ai pas bu de vin ce jour, d'ailleurs il ne me semble pas exceptionnel. Une Pelforth blanche à la pression ou un jus de gingembre feront très bien l'affaire. Dernière chose : pour éviter que l'adresse ne se répande trop (et donc que le prix de mon futur achat ne monte), je préfère ne pas dire où se situe ce Passage...
  • Kagayaki : le gentil teppanyaki

    Pour les fans de teppanyaki (la plancha japonaise), on avait testé et approuvé Azabu : plein de finesse. Ce n'est pas mentir que de dire que Kagayaki est un niveau en-dessous. Mais on ne peut pas avoir tous les jours la tête et le portefeuille à l'exceptionnel.

    Comme dans les retaurants au Japon, Kagayaki déborde de petites attentions. Dès le début, plutôt qu'une serviette il faut revêtir un tablier aux armes de la maison.

    IMG_0626.JPG

    Avec chaque plat (de 10 à 20 euros), une petit salade et une bonne soupe miso. Classique mais le miso (ce soja fermenté bien brun, en sauce sur la salade ou dans la soupe) diffère des contrefaçons qui pullulent à Paris.

    IMG_0629.JPG
    IMG_0630.JPG

    Passons aux choses sérieuses. Une envie de viande entraîne le choix du pavé de boeuf. Tout comme au Bistrot Paul Bert, le chef vient vers nous pour recommander une cuisson saignante avant de passer derrière la table.

    Et voici le résultat : une viande goûteuse presque légère. Le teppanyaki a caressé le boeuf ; il ne semble pas l'avoir martyrisé. "C'est meilleur comme ça, hein ?"

    IMG_0635.JPG
    Kagayaki, 79 boulevard Beaumarchais 75003 Paris, 01 48 87 61 88.
  • Le Panthéon, la Mairie, un Café

    IMG_0608.JPG

    Le Café de La Nouvelle Mairie... Si je réfléchis bien, ça fait bien trois ou quatre ans que je voulais y aller. Et là, ce matin, bingo. L'idée qui revient. Et je n'ai pas été déçu du voyage. C'est marrant : juste à côté du Panthéon, un très beau bar qui sert des nourritures de qualité pas trop chères et qui regorge de vins naturels. Mais que demande le peuple ? Une photo du comptoir ? Non désolé, pas cette fois.

    IMG_0609.JPG

    Côté ardoise, ça défile. La burrata aux figues de Soliès est assez extra pour son côté vinaigré et pour cette alliance formidable. Evidemment, ma préférée reste celle de La Crémerie dans l'arrondissement voisin. Mais là pour 9 euros, on mange quelque chose dont on se souvient. Quelle belle assiette...

    IMG_0611.JPG

    Une saucisse-aligot (13 euros) un tout petit peu plus commune mais assez savoureuse. Ainsi qu'une tarte aux cèpes et son saladier de mache-mesclun (9 euros). C'est bon.

    IMG_0614.JPG
    IMG_0616.JPG

    Côté vin, ça valse bien. Du Brut Nature de Jean-Christophe Garnier à l'ardoise : un vin quasiment introuvable ailleurs. Il fallait en prendre toute une bouteille, dur dur... Je lui ai préféré le bandol blanc du Château Sainte-Anne (6 euros au verre) et le rouge du Temps des Cerises, cuvée Fou du Roi de ce génie qu'est Axel Prüfer (4 euros). Le bandol blanc (j'avais goûté le cousin Tempier ici) est toujours assez lourd. Le rouge est fulgurant. Encore...

    IMG_0610.JPG

    Bref, un potentiel nouveau repaire. Quelques tickets restos et à bientôt.

    Le Café de la Nouvelle Mairie, 19 rue des Fossés Saint-Jacques 75005 Paris, 01 44 07 04 41. Mais les horaires sont assez pourris je crois, genre fermé samedi et dimanche.

  • La Gazzetta, toujours aussi extra

    Chacun a ses adresses chéries. On y va beaucoup un moment, puis plus du tout. D'ailleurs on ne sait pas vraiment pourquoi. Puis on y revient un jour, et rien n'a changé. C'est un peu le résumé de mon histoire d'amour avec la Gazzetta. Déjà, je ne suis pas loin de considérer que c'est le plus joli restaurant de Paris. Le plus romantique ou en tout cas, le plus chic. Mais bon, la photo ne lui rend pas vraiment hommage.

    IMG_0499.JPG

    Je n'y vais que le midi, pour le menu passé de 14 à 16 euros toujours concocté par le même chef, Petter Nilsson. Trois petites entrées fofolles mais à s'en pourlécher les doigts. Toujours un quelque chose de liquide genre gazpacho à ceci ou à cela. A côté, un tartare de mulet et sa quenelle de patate douce. Et une part de pizza blanche au lard de Colonnata et à la seiche. A tomber à la renverse.

    IMG_0503.JPG
    IMG_0507.JPG

    Et un plat à choisir parmi quelques propositions. Il y a quelques années, on choisissait entre 2. Désormais 4 possibilités. Ce jour, la version végétarienne. Une crème de maïs aux girolles et aux racines. A tomber par terre.

    IMG_0508.JPG
    IMG_0519.JPG

    Et sous le flot de légumes, on tombe sur cette jolie carotte. Sans doute un coup de Joël Thiébault, le maraîcher des meilleurs restos.

    IMG_0516.JPG

    Pour aller jusqu'au bout, on prend un dessert hors formule. Une brioche perdue et sa glace de ricotta. Ah... On est bien.

    IMG_0520.JPG

    La Gazzetta, 29 Rue de Cotte, 75012 Paris, 01 43 47 47 05

  • Mon ami Aki

    Quand on sort d'un resto japonais de la rue Sainte-Anne (comme Kunitoraya1), on a parfois envie d'une petite douceur et souvent d'un café. La boulangerie à l'angle de ladite rue et de sa cousine Thérèse, porte le même nom que le resto en face, Aki, le spécialiste des omelettes japonaises (okonomiyaki).

    Aki Boulangerie, ce sont des desserts connus et japonisés. C'est très bon et plutôt original. Au choix, le tiramisu au matcha, la tarte azuki-matcha (haricot rouge-thé vert en français), éclair au matcha ou encore un roulé au matcha. Bref faut aimer le matcha... Moi j'adore.

    IMG_0307.JPGIMG_0436.JPG

    Aki Boulangerie, 16 rue Saint Anne, 75001 Paris

  • Le Bistrot Paul Bert aime le morgon

    Le morgon de Jean Foillard, je ne sais pas pourquoi mais je n'y suis jamais vraiment arrivé. Là je vais déclencher une bronca. Pourtant désormais pas mal de restos en proposent, on en voit même dans les boui-bouis qui viennent de se convertir au vin naturel et tous adorent. Peut-être suis-je trop braqué sur Karim Vionnet ou Marcel Lapierre. Peut-être que certains de ces restos ou bars ne font pas l'effort de bien conserver ces vins : les vins naturels doivent être gardés à moins de 14°C. Il est probable que souvent ce ne soit pas le cas, ce qui donne un vin passé voire vinaigré.

    Au Bistrot Paul Bert, rien de la sorte. J'ai donc un peu changé d'avis ce soir en goûtant un superbe morgon 2008 bien dans le fruit et plutôt long en bouche. Un vin bien ouvert... Il faudrait demander à tout commerce qui sert du vin naturel de le respecteur un peu plus.

    Ah oui, donc on est ce soir chez Paul Bert. Rien que pour le menu à 34 euros (entrée, plat, dessert). Ce qui change un peu des admirables menus de midi (16 euros) goûtés une fois ici et une autre fois là.

    IMG_0478.JPG

    Le menu à 34 euros envoie du bon. Tartare de mulet avec une huile d'olive saisissante : on pourrait presque dire qu'elle fait le plat à elle toute seule. Une chose est sûre, on la sauce.

    IMG_0475.JPG

    En  face de moi, l'omelette aux cèpes. Je n'y ai pas goûté, mais ça fait clairement envie.

    IMG_0480.JPG

    Arrive le gros morceau, l'entrecôte. Et là, je me suis dit que j'avais le mauvais choix. Sans doute n'avons-nous jamais mangé une aussi bonne viande à Paris.... Sauf chez Azabu, mais c'est complètement différent. Noisettée, fondante, vigoureuse, viandarde. Un délice. Sur le menu, est bien précisée le mode de cuisson à choisir  : "bleu, saignant ou mal cuit". Ici, saignant. Ouf, on a évité la rage du chef...

    IMG_0482.JPG

    Et que dire des frites qui l'accompagnaient... La photo, pour une fois, parle toute seule.

    IMG_0484.JPG

    Pour ma part, c'était donc un agneau rosé et ses petits légumes. Délicieux et surtout parfaitement cuit. J'ai tout mangé, même si l'estomac avait un peu de mal, c'est assez copieux. Autre souci : la viande d'à-côté me faisait du rentre-dedans, mais j'ai résisté, j'ai fini l'agneau.

    IMG_0486.JPG

    Pour le dessert, cap sur les bulles. You are so bubbly du couple Chaussard, pétillant naturel rosé composé de plein de cépages. Un côté cidré, brut sans être trop sucré. Il s'agissait de titiller un peu le palais, c'était parfait.

    IMG_0491.JPG
    IMG_0489.JPG

    D'un côté, le soufflé au chocolat bien mousseux.

    IMG_0493.JPG

    De l'autre, la tarte à la mirabelle croustillante et tout simplement lorraine. Ce qui fait que cette cuisine ne peut que me parler...

    IMG_0495.JPG

    Bistrot Paul Bert, 18 rue Paul Bert, 75011 Paris, 01 43 72 24 01.

  • La Crémerie : deux vins étincelants

    J'ai l'impression de mieux goûter les vins à la Crémerie plutôt que chez moi. Si j'achète une bouteille et que je la ramène à la maison, la dégustation ne sera pas aussi réussie. C'était le cas pour la Chute Derain, le pétillant naturel des Derain en Bourgogne : une fois à la maison, d'accord il est très bon. Mais mon souvenir du même vin bu à la Crémerie est plus vivace.

    J'ai un peu peur qu'il m'arrive un jour la même chose avec les deux bouteilles de ce soir. Thomas a eu beaucoup de chance : lui qui vient régulièrement à Paris (mais pas tout le temps non plus) est tombé sur un jour béni à la Crémerie.

    Un premier vin extra (une trentaine d'euros) : le savagnin 2000 d'Emmanuel Houillon-Pierre Overnoy. La bouteille avec le bouchon de cire jaune, puisque la cire beige c'est du chardonnay. Selon les infos, les dates diffèrent : quand Houillon a-t-il pris la suite d'Overnoy ? 1999 ? 2001 ? Bref... Ce vin est une vraie bombe. Puissante, indéfiniment longue : je l'avoue, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour une complexité sans pareil. Elles sont vraiment rares les quilles comme ça. J'ai été subjugué, j'en viens même à me dire que jamais je n'avais goûté un vin blanc de cette classe.

    IMG_0457.JPG

    Il faut dire que j'adore le cépage savagnin. Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde : ce côté oxydé ou passé déroute beaucoup. Peut-être aussi parce qu'il n'est pas réalisé avec tant de classe que cette bouteille-là. La particularité ? La technique de l'ouillage. J'avoue que je m'y perds un peu : une âme charitable saura sans doute m'aider. Ici, vu sa complexité et son goût surnaturel, je pense qu'il s'agit du savagnin non ouillé. Mais j'ai peut-être totalement tort... Je m'explique.

    Houillon-Overnoy font-ils des vins ouillés ou non ouillés ? Ou les deux ? Selon les infos que je recueille, Overnoy dit que pour lui, le chardonnay c'est forcément ouillé. Soit. Mais rien n'est précisé sur la bouteille. Peut-être que certaines années on fait du "ouillé" et d'autres du "non ouillé" ? Et le savagnin, on en trouverait des "non ouillés" mais aussi des "ouillés" durant plusieurs années. Ça se complique encore. Et surtout comment les reconnaître sur l'étiquette qui ne donne que peu d'indications ? Il y a bien un bon connaisseur du Jura qui pourra m'expliquer la chose...

    S'il est très important de savoir ce que l'on boit, il est aussi très important de le boire tout simplement. Et bien, ce savagnin avec la burrata et un morceau de comté, c'est le paradis.

    IMG_0458.JPG

    Thomas a eu beaucoup de chance avec le premier vin et pourtant il n'est pas comme moi, partisan absolu du savagnin. Il leur préfère les rouges de Bourgogne, on ne peut pas non plus lui donner tort. Et là, on a été servi. Je ne connaissais pas les vins de Catherine et Claude Maréchal, je m'en mords les doigts de ne pas en avoir bu avant. Même après le savagnin, le volnay a terrassé nos palais (une trentaine d'euros aussi, y a pas de surprise). Le parfum de la Bourgogne et l'aristocratie de Volnay dans la bouche. Un délice. A goûter absolument les autres cuvées moins célèbres, comme les chorey, savigny ou bourgogne générique.

    IMG_0459.JPG
    IMG_0462.JPG

    Pour l'accompagner, le seul plat chaud de la Crémerie, le tian de légumes. Préparé du jour avec les légumes du marché Saint-Germain tout proche, avant de confire plusieurs heures au four.

    IMG_0464.JPG

    Cette soirée-là, nous avions commencé avec le morgon 2009 de Lapierre puis un verre à l'Avant-Comptoir de Camdeborde avant d'atterrir à la Crémerie. Nous sommes rentrés à la maison en vélib, en sillonnant le centre de Paris. Sains et saufs.

    IMG_0470.JPG
    La Crémerie, ma planque.
  • L'Avant-Comptoir met de bonne humeur

    Juste à côté du restaurant d'Yves Camdeborde, se dresse une petite échoppe, l'Avant-Comptoir. J'avais déjà dit qu'il s'agissait d'un repaire pour l'apéro. En voici un exemple et quelques photos.

    IMG_0445.JPG

    Un verre de mâcon blanc du domaine Valette (4 euros) et deux de rouge Vin de campagne d'André Bourguet, viticulteur du côté de Béziers (2 euros), jouent les starters. Pas besoin de faire la pub du blanc. Le rouge est tannique et poivré, mais accompagne bien les tapas à la française du chef.

    IMG_0443.JPG

    A noter aussi, le très acide (moi j'adore) aligoté de Bouzeron du domaine Chanzy. On en reparlera.

    IMG_0451.JPG
    Côté nourriture, plein de petites choses qui font à peine grimper l'addition. On s'en est sorti à 28 euros à 3, avec le vin et une brochette foie gras-poivrons, des croquettes au jambon Ibaïona, un croque de queue de boeuf et sa crème au raifort, du boudin noir chaud, un croustillant de pieds de porc. J'en oublie peut-être. Beurre Bordier et cornichons à volonté. On a presque fait un repas, mais il fallait garder de la place pour la Crémerie.
    IMG_0447.JPG
    IMG_0452.JPG

    L'Avant-Comptoir, 3 carrefour de l'Odéon, 75006 Paris, 01 41 01 01 01.

  • Le radis et la boutargue

    On peut bien sûr aller chez Kunitoraya 1 pour ses soupes udon. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un plat japonais à base de pâtes de blé et d'un super bouillon (aux algues en bas, au curry japonais en haut). C'est bon et pas très cher (moins de 10 euros l'assiette roborative) ; le seul souci est d'arriver à trouver un siège libre en vitrine, car c'est bien l'endroit le plus sympathique.

    IMG_0433.JPG

    Si c'est votre jour de chance, profitez-en pour commander ce plat, le karasumidaikon. De l'émincé de radis saupoudré de boutargue grillée (oeufs de mulet séchés). Un délice.

    IMG_0431.JPG

    Kunitoraya 1, 39 rue Sainte-Anne, 75001 Paris, 01 47 03 33 65.

  • ll Prezzemolo : encore un Italien !

    Tiens, allez, encore un petit Italien dans le quartier. Mais faut dire qu'entre les pizzas d'Al Taglio, les pâtes de l'Osteria et le fulgurant Fulvio, il ne reste plus beaucoup de place.

    Il Prezzemolo dans la jolie rue de Commines. Partis pour une pizza, nous nous retrouvons avec des pâtes. Un genre de carbonara à ma façon (mais avec des asperges : ça je leur pique leur truc)...

    IMG_0311.JPG

    ... et un autre plat à la boutargue (ou poutargue selon les envies) qui, inutile de le rappeler, est constituée d'oeufs de mulets séchés. Miam...

    IMG_0313.JPG

    Verdict : c'est bon et copieux. Mais ça ne vaut pas les autres cités en début de post.

    Il Prezzemolo 13, Rue Commines 75003 Paris. Entre 15 et 20 euros le plat, pas donné-donné.

  • La crème glacée dont les tannins fondent

    Ester Kitchen parle pas mal de la glace au sésame noir de La Mère de Famille, dans le IXe arrondissement. Vu notre attachement pour cette petite graine depuis nos voyages en Asie et passant ce mardi devant la vitrine de la vieille confiserie, je n'ai pas pu résister. Les deux boules à trois euros, presque un prix d'ami.

    IMG_0256.JPG

    Certains vont dire beurk ! je les entends déjà. Tant pis pour eux, ils vont à nouveau passer à côté de quelque chose d'assez ahurissant. Oui on dirait du bitume, du ciment : le sésame noir n'allait pas donner quelque chose de jaune ou de rouge.

    En bouche, la crème glacée se confond avec un parfum éloquent de sésame noir. Son côté pâteux (qui pourrait rappeler le tahiné de sésame doré) entraîne en fait une réaction gustative proche d'un vin rouge : la glace a quelque chose comme des tanins qui viennent recouvrir la base des dents. Peu courant mais aussi assez addictif.

    IMG_0258.JPG
  • MasterChef sur TF1 ce soir : l'occasion de reparler d'Yves Camdeborde

    Ce soir à 20h45, TF1 diffuse le premier épisode de son grand concours culinaire, MasterChef. Le concept pas forcément novateur (car déjà organisé depuis 1992 sur la BBC) correspond un peu à une Nouvelle Star de la cuisine. 18 000 candidats amateurs se présentent avec une recette personnelle et une centaine est retenue. Selon l'AFP, MasterChef sera diffusé pendant 10 à 12 semaines tous les jeudis. Le vainqueur empochera 100 000 euros, six mois de cours de cuisine chez Lenôtre et un livre avec ses recettes.

    Si j'en parle aujourd'hui, ce n'est pas pour faire de la pub à TF1, loin de là. Mais simplement parce que le jury me semble cette fois de grande qualité : Frédéric Anton (chef trois étoiles du Pré Catelan), Sébastien Demorand (journaliste) et Yves Camdeborde (chef du Comptoir du Relais).

    Comme beaucoup de passionnés de bouffe, nous n'avons pas attendu une émission de TF1 pour aller chez Camdeborde. Et nous n'avons pas besoin de la télé pour nous émerveiller...

    P08-01-10_21.36.JPG
    Le Comptoir de l'Odéon il y a quelques dizaines d'années...

    Pour ceux qui n'auraient pas suivi, le Comptoir du Relais d'Yves Camdeborde est en quelque sorte un 3 étoiles sans les étoiles. Ni le cérémonial un peu daté, ce qui permet d'alléger l'addition.

    Depuis des années, la presse spécialisée a salué Camdeborde, à La Régalade puis au Comptoir, comme le pape de la "bistronomie" : une cuisine aux plats classiques de bistrot alliée à des produits et des techniques dignes des plus grandes tables. Vu sa popularité (bien avant l'émission déjà), il faut s'y prendre à l'avance pour réserver, chaque soir de semaine, ce fameux menu imposé à 50 euros. Avec Olivier, nous avions attendu sept mois avant de dégoter cette table en janvier dernier. Avec un sublime lièvre à la royale et un plateau de fromage, royal lui aussi.

    P08-01-10_21.45[02].JPG
    P08-01-10_22.14.JPG

    Cette version troizétoiles du Comptoir du Relais se cantonne aux soirs de semaine. Le reste du temps (le midi en semaine, les week-ends et durant la période estivale), le lieu se transforme en brasserie gourmande. Pas de menu imposé, une carte variée, des vins au verre plutôt abordables. Toujours avec le souci de privilégier les bons produits, les bonnes cuissons et un amour certain du terroir français. Mes deux derniers repas de midi ont vu défiler poireaux vinaigrette, parmentier de queue de boeuf, baba au rhum et oeufs mayo, carpaccio de tête de veau, riz au lait crémeux.

    IMG_0088.JPG

    Enfin, à gauche de la salle principale, notre homme a repris une ancienne crêperie pour en faire un fast-food gourmand, L'Avant-Comptoir. Superbes paninis, sandwichs et crêpes, planches de tapas à la française (saucisson Ibaïona de chez Ospital, charcuteries béarnaises du frère Camdeborde,...) avec des petits vins rigoureusement choisis (2 euros le verre de blanc de Loire d'Olivier Lemasson : introuvable à ce prix-là dans ce quartier-là). Un bel endroit pour un apéro entre amis ou pour patienter avant d'avoir une table au resto d'à côté.

    Alors pour une fois ce soir, on va jeter un oeil sur TF1 pour voir ce qu'il en est. En espérant garder encore un peu pour soi cette adresse déjà extrêmement courue. Pour pouvoir y retourner bien vite et, après les agapes, aller toréer les voitures du boulevard Saint-Germain, à la manière d'Antoine Blondin.

  • Un midi d'août dans un Pré Verre

    J'ai déjà dit ô combien le menu du soir du Pré Verre était épatant pour 28 euros.

    Et je tiens à souligner combien celui de midi est plus qu'épatant. Les jours de semaine ainsi que le samedi midi (ce qui est plutôt rare), la formule à 13,50 euros comporte entrée, plat, un verre de vin et un café. Seul inconvénient, le menu imposé. Il faut faire confiance au chef.

    La cuisine, c'est comme tout : l'irrégularité mène le monde. Si certains jours le menu est bon, d'autres il est extra. Il suffit d'un peu de chance. Aujourd'hui, jour de chance.

    Ce midi donc, une salade de concombres au curry pour commencer. Pas cet infâme poudre jaune mais une subtile crème aux épices. Les concombres en fait, c'est bon. En plat, la poitrine de veau aux épices. Ses pâtes alsaciennes, quelques morceaux de betteraves, du cumin, quelques lentilles. En bouche l'évidence. Le rosé qui l'accompagnait (aucune mention, ni de l'origine ni du producteur : dommage pour une maison qui s'y connait si bien en vin) se révèle fruité et long.

    IMG_0061.JPG

    Ma curiosité m'autorise un dessert : la tarte au poivron et fruits de la passion (+ 7 euros). Passé le goût surprenant du poivron associé au sucré, on finit la tarte très vite. Mais tu aimes ça ? Oui ! Pourquoi ? Parce que c'est bon.

    IMG_0063.JPG

    Ce qu'on aperçoit à peine sur la photo, ce sont les pommes granny smith en forme de frites et saupoudrées de jus de citron et basilic. Un délice à reproduire très très vite.

    Le Pré Verre, une institution au 8 rue Thénard, 75005 Paris, 01 43 54 59 47 (téléphone à apprendre par coeur pour qui veut choisir sa table).

  • Une nouvelle planque livrée à regret

    P02-07-10_12.04.JPG

    Au milieu du passage Choiseul, on ne boit que de la bière, mais de la japonaise.

    Ici pas de sushi, mais les vrais plats comme là-bas. Les traditionnels kari rice (riz au curry) et le tonkatsu (filet de porc pané) sont un peu les blanquettes et les entrecôtes du Japon. Pour qui rechigne au poisson cru, il suffit de venir ici pour "manger (vraiment) japonais".

    P02-07-10_12.04[03].JPG

    Non je plaisante, la carte est aussi en français. Mais il y a décidément beaucoup de Japonais qui fréquentent cette adresse. D'ailleurs il se peut que vous tombiez sur un serveur ayant un peu de mal avec la langue de Molière. Et alors ?

    On vient avant tout pour l'assiette. Ici une côte de porc au miso. Qui n'a rien à voir avec les soupes sans goût servies dans les restaurants japonais tenus par des Chinois : le miso est une pâte fermentée de soja et non d'obscurs cubes blancs. Et oui, c'est délicieux.

    P02-07-10_12.23.JPG

    Si vous avez encore peur, pour une première fois dites simplement tonkatsu ! Et tout ira bien.

    En plus, ce n'est pas très cher : menu à 10 ou 12 euros, possibilité d'emporter le bento du jour. A noter encore que le groupe Issé, qui possède ce restaurant, en a ouvert bien d'autres dans le pâté de maisons. Toujours avec un grand souci de qualité : on en reparlera quand je testerai les autres.

    Momonoki, 68 passage Choiseul, 75002 Paris, 01 42 96 48.

  • Le carpaccio de tête de veau du grand Camde

    Yves Camdeborde sera bientôt la star d'une émission culinaire sur la première chaîne. Nous en reparlerons ici. Mais pour l'instant, la star chez lui c'est encore et toujours l'assiette.

    Ce samedi midi, on s'est régalé. Plus une place de libre à 12h30. Avec toujours beaucoup de Japonais qui sont toujours dans les bons coups, ils ont bien raison.

    J'ai déjà expliqué la différence entre brasserie et gastro chez Camde. Au mois d'août, repos pour le gastro : c'est tout brasserie et tous les jours. Une aubaine.

    Poitrine de veau braisée rôtie tandoori (17 euros). Une viande grillée et fondante qui sent le jus de viande (et pas un jus de chaussette industriel) avec des haricots blancs fermes et pas pâteux.

    IMG_0087.JPG

    Pour ma part, j'ai tapé dans les entrées. Pour goûter chaque fois à autre chose. Ici les oeufs mayonnaise (5 euros). Absolument parfaits. C'est pas compliqué : il faut un oeuf et de la mayonnaise. Mais en fait c'est très compliqué. Mais on n'est pas n'importe où. On ne pourrait pas les rêver meilleurs : mayo nappante, oeufs pas trop fermes donc frais et bien cuits, quelques croûtons pour y donner du croquant et une sucrine pour la légèreté.

    IMG_0088.JPG

    Si nous sommes allés au Comptoir du Relais aujourd'hui, j'avoue que c'est pour goûter un plat et un seul. Le carpaccio de tête de veau (17 euros). Yves Camdeborde parlait de ce plat dans un joli livre : "Beurk, c'est bon", de Julien Fouin et Blandine Boyer (éditions du Rouergue, 2009).

    beurk.jpeg

    Dans ce livre sur les produits tripiers et autres plats rebutants (qui insuffle, et je n'ai pas peur de le dire, une vraie philosophie de la vie), le chef explique que le carpaccio de tête de veau est le plat qui au départ dégoûte tout le monde, mais l'assiette retourne en cuisine toujours vide. Faisons le test.

    IMG_0094.JPG

    Tête de veau coupée à la trancheuse, la gélatine est enlevée à 80 % pour ne garder que le maigre de la viande. Par-dessus une compotée de câpres et de légumes. L'assiette arrive tiède, parfait pour mêler en bouche toutes les saveurs.

    IMG_0095.JPG

    Résultat du test quelques minutes plus tard...

    IMG_0097.JPG

    Bien évidemment, c'est réussi. L'assiette est vide. Mais y avait-il du suspense ?

    J'en oublierais presque le bon vin. Un saumur-champigny et saumur blanc de Thierry Chancelle, domaine de l'Epine. Trois euros le verre : vous en trouvez où du si bon comme ça, à Odéon ?

    En dessert, poêlée de cerise et glace au lait de brebis + riz au lait très crémeux au caramel (7 euros). Tout est dit.

    IMG_0098.JPG
    IMG_0100.JPG
  • La Crémerie, comme toujours

    P19-06-10_21.31[01].JPG
    Il est où le soleil ? Ben, il est de ce côté-ci de la vitre, à l'intérieur de la Crémerie. Tout de même, ce n'est pas très compliqué. Et ce n'est pas faute d'en avoir parlé souvent. Comme toujours, la fameuse burrata.

    P19-06-10_19.54.JPG

    Et comme toujours le superbe blanc de Frédéric Cossard du domaine de Chassorney. Le St-Romain Combe Bazin, un des derniers 2005 de dispo chez Serge à La Crémerie.

    Ici mention spéciale au trois taramas. Un classique, un au crabe et un troisième au piment d'Espelette (15 euros). Un vrai délice ! C'est fini, je ne mange plus d'autre tarama...

    P19-06-10_19.54[01].JPG

    Cette fois, petit changement. Avec la sublime prune d'Ente (la phase avant le pruneau) marinée dans je ne sais plus quel alcool, rien de mieux que la chute de reins. Ou La Chute Derain (16 euros) plutôt, pétillant de bourgogne d'une finesse si exceptionnelle qu'on se croirait face à un champagne.

    P19-06-10_21.00.JPG
  • La panna cotta de Fulvio

    Le critique Périco Légasse, il y a maintenant une paire d'années, le proclamait haut et fort : Fulvio, c'est le meilleur restaurant italien de Paris. Nous ne trancherons pas le débat, nous ne les avons pas tous testés. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit du meilleur (pour l'instant). Ah, ah, ah.

    P18-06-10_1<mce:script type=

    Fulvio est sarde, son restaurant aussi. C'est plus facile de faire les choses que l'on connaît bien. Donc pas de pizzas ici. Mais la pasta sublimée. Avec des noms difficiles à retenir, à retranscrire ici. La meilleure solution est d'y aller. Comme souvent.

    A midi, formule à 17 euros avec entrée, plat et gros pichet de vin.

    Finesse, maître-mot de cette entrée du jour. Avec la mortadelle en vedette. "Si je cuisine, c'est pour retrouver les goûts de l'enfance nous glisse le patron (qui me fait penser au prêtre grec orthodoxe qui ferme chaque soir la porte du Saint-Sépulcre à Jérusalem). Et ce qui me rappelle l'enfance en ce moment, c'est la mortadelle".

    P18-06-10_12.16.JPG

    La pasta attendue comme le messie. Raviolis aux asperges, artichauts et ricotta. OMG, comme disent les jeunes.

    P18-06-10_12.44.JPG

    Pour tenter le démon jusqu'au bout, direction la panna cotta. Aujourd'hui aux griottes. Je n'ose me souvenir de son prix prohibitif, mais quel souvenir gustatif. Enfin, enfin, enfin... Combien d'années m'a-t-il fallu attendre pour enfin goûter une véritable panna cotta ? Et pas ce sous-produit laitier à la sensation pas très pure, avec sa texture gélatineuse, tremblottante, sèche. Ici, j'ai dans la bouche une "crème cuite". Enfin. Et évidemment, je vais y retourner pour demander au chef son secret. Gélatine du feu de Dieu ? Agar-agar ? Poudre à flan ? Colle de poisson ? Le talent ?

     
    P18-06-10_13.04.JPG

    Fulvio, 4 rue de Poitou, 75003 Paris, 01 42 71 62 80.

  • Rien que pour mes Papilles

    Encore une adresse sans vin. Car ce midi-là, il fallait aller bosser l'après-midi. Pourtant, les jolies étagères m'ouvraient les bras.

    P16-06-10_12.24.JPG
    P16-06-10_12.24[01].JPG

    Alors on s'est concentré sur le menu du marché. 22 euros, pas donné. Mais grande, grande qualité. Avant tout, la star, ce paleron (morceau de l'épaule du boeuf, parfait pour le pot-au-feu) aux légumes nouveaux. Cuit durant une dizaine d'heures aux dires du chef. Généreusement fondant, joli jus de viande, légumes croquants. Et surtout, à l'oeil il se révèle plus qu'appétissant. Assez sublime. Oubliant l'importance de la psychologie dans la bouffe, la vue est un sens souvent laissé de côté par les cuisiniers.

    P16-06-10_12.28.JPG
    P16-06-10_12.29.JPG
    Pour les cuistots, le site web du restaurant propose une version de ce plat à l'agneau. Attention, ça prend du temps pour la cuisson...
    Suit l'un des meilleurs riz au lait de la capitale. Bien crémeux, surmonté de confiture de cerises noires et de grains de sésame doré. Et voilà une recette que j'ai piquée...
    P16-06-10_12.54.JPG

    Le menu du soir est plus complet, encore plus cherché ; j'avais eu l'occasion d'y goûter il y a quelques années. Un bien bel endroit. La prochaine fois, promis, on regardera mieux le vin : mais de ce que j'ai déjà pu apercevoir les grands noms du naturel sont là.

    Les Papilles, 30 Rue Gay-Lussac, 75 005 Paris, 01 43 25 20 79.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu