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  • Venise : la vigne sur la lagune

    Au pied du campanile des ruines de l'église Santa Caterina, la vigne était mourante ; elle est aujourd'hui en train d'être replantée. On est sur l'île de Mazzorbo, juste avant Burano, c'est-à-dire à plusieurs dizaines de minutes de bateau du centre de Venise. Paysage romantique à souhait.

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    Donc dans la lagune, il n'y a pas que sur Sant'Erasmo (où est produit l'Orto di Venezia dont on reparlera) que pousse désormais la vigne.
  • Venise : Vini Da Gigio

    A fur et à mesure du temps que nous passons à Venise, les bons restos s'enchaînent. Alors que, comme beaucoup, on avait peur de mal y manger...

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    Entrons dans la bonbonnière de Vini Da Gigio, un petit resto plein de Français : pour une fois ils ne se sont pas trompés. Je passe vite sur les 50 cl de pinot gris 2009 pas si mal du domaine Cecchetto, sur les jolies polpette et sa polenta blanche et sur les quelques tranches de San Daniele. Tout cela est bien sympa...

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    ... mais n'a pas grand-chose à voir avec les extraordinaires plats de pâtes. En face, artichauts qui baignent avec la pasta dans une sauce exquise, à s'en lécher les doigts...

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    Pour ma part, j'ai eu raison de prendre les taglioni alla granseola, c'est-à-dire aux araignées de mer. La transparence de la chair vient jurer avec le rouge de la tomate, douce, pas trop amère. D'ailleurs la tomate et les herbes ne viennent pas flinguer la finesse de la chair fragile de l'araignée. C'est beau, c'est fin, c'est frais... Un des meilleurs plats mangés à Venise.

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    Vini Da Gigio, fondamenta San Felice 3628/a, Cannaregio, 041 5285140.

  • Venise : petit arrêt à Adelaide

    Autre adresse planquée, la petite Adélaïde avec sa verrière extraordinaire. Ce soir-là, autour des tables ne se serrent que des habitués dont un énorme chien. Pas un touriste hormis nous, alors qu'on n'est tout de même pas dans les confins de Venise.

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    A l'ardoise, une majorité de vins bios pas chers (2,50 euros). Tentons deux petits blancs tranquilles en 2008. Le premier, un Durello du domaine Fongaro. Acide et fruité sur des fruits jaunes, très très facile à boire.

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    Le Bianco del Tabor San Raffaele du domaine Montetabor à Illasi, près de Vérone, pas très loin de chez Angiolino Maule. Il est plus élevé, presque plus lourd, il appelle  un repas, un poisson noble.

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    Osteria All'Antica Adelaide, Cannaregio 3728, 041 5232629.

  • Venise : et au milieu surgit un tableau

    Cet après-midi, visite du Ca' Pesaro. C'est la galerie d'art moderne de la ville et sur le papier, hormis la visite d'un joli palais, je n'y vois rien de très excitant. Jusqu'à ce sublime tableau d'Angelo Morbelli (1853-1919). Peu amateur de peinture, je ne connaissais pas l'existence de ce type. Mais quelle puissance, quelle maîtrise, quel réalisme. Et quelle raisonnance : lorsque Morbelli peint "Il Natale dei rismati" (le Noël des Oubliés), on est en 1903...

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    L'interdiction stricte de prendre des photos dans les musées vénitiens m'oblige à montrer cette mauvaise reproduction qui ne rend pas hommage à l'original.

  • Venise : grignotage dans un bistro au hasard

    A la recherche de polpette (boulettes), de tartines et de spritz, j'entre dans un bistro au hasard (chose que l'on déteste). Je n'ai plus l'adresse précise mais on est juste en face de l'église sur le très calme Campo San Giacomo dall'OrioSanta Croce). Tout vibre, bouge, virevolte dans le bistro. Et ça a une sacrée gueule...

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  • Venise : de la friture au bord du canal

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    C'est l'un des secrets les mieux gardés de la Venise gastronomique. Pourtant, c'est tout à côté du couru Nono Risorto et en plein sur l'autoroute Rialto-Ferrovia. Il suffit de repérer l'ardoise du midi, de rentrer, de dire "scartosso di pesce" et de ressortir plus léger de 10 euros.

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    Avec notre trouvaille en main, on fait marche arrière, on passe le porche et on prend à gauche au pied de l'église. On se pose face au canal.

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    Roulements de tambour.

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    Que cache ce carré de polenta blanche ?

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    La friture de la lagune admirablement légère : calamars, micro-poulpes, bar, mini-crevettes extrêmement raffinées, dés de poivrons... Superbe repas vénitien pour ce midi.

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    Vecio Fritolin, Calle della Regina 2262, Santa Croce, Venezia, 041 522 28 81.
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  • Venise : Trinquer avec Mussolini ?

    Venise, une petite épicerie de la calle del Capeler (sestiere San Polo) à côté du célèbre marché aux poissons. La vitrine alléchante expose des vinaigres balsamiques exceptionnels de chez Leonardi. Rien que ces flacons donnent envie d'entrer, on ne s'en prive pas. L'intérieur se révèle décevant ; en fait, les produits semblent plutôt bas de gamme.

    L'oeil est aussitôt attiré par ces bouteilles placées en haut d'une étagère. "Tiens, tu as vu les étiquettes du pinard là-haut ? C'est marrant, le vigneron a mis le Che et Bob Marley sur ses boutanches, c'est un peu débile non ? Putain, mais attends... Au milieu, là... Mais, c'est... c'est... c'est Mussolini ! C'est pas possible... Onore alla patria, Honneur à la patrie... C'est pas possible... une bouteille à l'effigie de Mussolini..."

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    Et bien si, c'est possible. C'est bien le Duce en uniforme militaire, entre le révolutionnaire latino-américain et le reggaeman jamaïcain. On n'en croit pas nos yeux.

    De retour en France, je lance une petite recherche. Derrière ces quilles plus que douteuses se cache (à peine) un dénommé Alessandro Lunardelli, patron d'une exploitation viticole fondée en 1967 dans le Frioul. De petit vigneron, il est devenu patron d'un gros négoce qui produit 100 000 bouteilles chaque année et 15 types de vins différents. C'est en 1995 qu'il a eu l'idée de mettre des têtes connues sur l'étiquette. Son site internet est on ne peut plus clair : "Ce sont des bouteilles de vin de très grande qualité dont les étiquettes nous rappellent la vie des personnages célèbres de l'histoire italienne et mondiale : Che Guevara, l'empereur François-Joseph, Antonio Gramsci, Hitler, Karl Marx, Mussolini, Napoléon et Sissi. Depuis lors, de nombreux médias à travers le monde se sont intéressés à notre entreprise à la fois pour l'originalité de notre idée et la qualité de nos vins. Aujourd'hui, la moitié des bouteilles produites par notre domaine est dédiée à ces séries historiques qui sont devenues des objets cultes (sic) pour les collectionneurs".

    Plus loin sur le site internet, défilent un grand choix d'étiquettes : pas moins de 22 pour Mussolini et 26 pour Hitler et d'autres dirigeants nazis avec tout le toutim (croix gammées, salut hitlérien, slogans bien connus...). Sans compter Staline, Lénine, Tito ou Franco noyés parmi des bikers, la Joconde ou des filles à poil. D'ailleurs le fait que le nobre de motifs politiques l'emporte de manière écrasante sur les dessins plus anodins n'en finit pas de donner la nausée. Pour qui a encore envie d'acheter une bouteille, le procesus est simple mais pas courant : on clique d'abord sur l'étiquette avant de faire son choix parmi les vins disponibles. Preuve s'il en fallait encore une, que le contenant passe avant le contenu.

    On perd son italien devant tant de bêtise. En s'essayant à un marketing sordide, notre homme réutilise l'Histoire à ses fins pour s'attirer la faveur de buveurs idiots. Ce type de raisonnement dit tout de la société capitaliste actuelle : le faux vigneron est prêt à tout pour vendre, prêt à tout pour faire un coup, il n'a aucune mémoire, aucun respect. Son objectif : l'argent. Le véritable amateur de vin se dit que si Lunardelli est obligé d'aller si loin pour qu'on parle de lui, c'est que son pinard doit lui aussi être répugnant.

    Certains convoquent la liberté d'expression pour laisser faire. A mon sens, le problème est plus concret : c'est un nouvel avatar de la prise en otage quotidienne de l'Histoire. Et de la prise en otage quotidienne de l'une des plus belles réussites de l'humanité, à savoir le vin.

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    Il y a deux ans, ces bouteilles avaient été repérées dans un supermarché de Lombardie et retirées de la vente sous la pression médiatique. Mais le domaine continue à produire ce genre de bêtises et à deux pas du très couru pont du Rialto, le touriste peut s'en procurer.

  • Venise : Encore un cappuccino

    Je suis toujours autant sidéré par le cappuccino. Entre son prix (1,20 euro) et sa bonne gueule. Ici avec un croissant à la farine intégrale et au miel, dans l'une des meilleures adresses de Venise : le planqué Caffe del Doge.

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  • Venise : pique-nique bio sur le balcon

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    Les chambres de notre petit hôtel donnent sur un peu de flotte, un luxe pour Venise. Alors on a décidé d'en profiter. Bon d'accord, on ne voyait pas grand-chose, il fait frisquet et il faut rentrer la bouffe à l'intérieur pour pouvoir prendre des photos un tant soit peu correctes.

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    A ceux qui, un soir, veulent reposer leurs jambes éreintées par les ponts et qui n'ont pas forcément de cuisine à disposition, direction Pantagruelica, la meilleure épicerie de la ville (Campo San Barnaba 2844, Dorsoduro). Notamment pour ce gorgonzola au lait cru. Un truc énorme. Je n'en avais jamais goûté un pareil. Moi désormais, j'aime le gorgonzola. Enfin, ce gorgonzola. Il ne ressemble à rien de commun : fondant, persillé, crémeux...

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    Pour l'accompagner, le roi du vin naturel dans ce coin de l'Italie : Angiolino Maule, du domaine de la Biancara à Gambellera. On m'avait soufflé son nom ici. A Venise, j'ai d'abord beaucoup cherché cette bouteille chez tous les cavistes compétents, j'ai posé des questions. Mais personne ne connaît alors que le domaine n'est qu'à 90 bornes d'ici. Bref il y a encore des lacunes dans la lagune.

    Jusqu'à la visite chez Pantagruelica. Quand je disais que c'est la meilleure épicerie de Venise... Nez-à-nez avec le Pico 2004. Classé en vin de table car 100 % garganega, un des cépages qui entrent dans la composition du soave

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    La vaaache... Oui, "stratosfeeeeeriiiiiico" même. Nez dévastateur, le reste ne peut qu'être au niveau. Bouche caractéristique des vins naturels, on pense tout de suite à Overnoy/Houillon, comme si la petite oxydation avait traversé les Alpes.

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    Le lendemain, il gagne en finesse, laisse sa force de côté, oublie l'oxydation, s'alsacifie pourrait-on dire. Goût de pêche mûre, blette mais pas pourrie, incroyablement fin, bouche qui parfois laisse penser à un whisky alors que le nez évoque le cognac, un peu comme un Overaged de Michel Couvreur.

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    Quand Antonin du Guide Vindicateur m'a demandé quelques jours plus tard quel était mon vin italien de l'année, je n'ai pas beaucoup hésité...
  • Venise : l'ouverture officieuse du Carnaval

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    Tant qu'à faire, vu qu'on était dans le coin pour l'ouverture officieuse du carnaval, il fallait bien qu'on aille voir à quoi ça ressemble. C'est officiellement ce soir le Grand Toast à Venise où locaux et touristes trinquent au petit rouge local imbuvable qui coule des fontaines de la piazzetta San Marco, au pied du Palais des Doges. Atmosphère familiale et bon enfant mais question pinard, il faut marcher un peu plus loin pour retrouver de vrais bistros où boire un bon coup...
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  • Venise : le tiramisu au poids (et au poil)

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    Tira mi su : "tire-moi vers le haut" ou "emporte-moi au ciel".

  • Venise : la trattoria Della Marisa

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    Là où finit Venise, entre la gare et le Ghetto, règne Marisa. Sa trattoria a beau être citée dans pas mal de guides touristiques, peu d'étrangers remontent toute la ville pour y déjeûner. Ici on est à la maison, ce n'est pas un troizétoiles car on sait être généreux dans l'assiette, dans l'ambiance, dans le sourire.

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    Entrée (pâtes), plat et légumes, un quart de vin, une bouteille d'eau et un café = 15 euros et pas de coperto. Si c'est pas un bon plan...

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    Le menu change tous les jours, comme dans nos familles où on ne mange pas la même chose deux jours de suite. Les pâtes aux tomates restent un peu en retrait, par contre celui au ragù (la vraie bolognaise) explose dans la bouche comme un tavel de Pfifferling, l'un des meilleurs plats mangés à Venise.

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    Plat et légume, un saint-pierre (rien que ça) pané, quelques petits pois et des pommes de terre aux poivrons. Et le vino della casa surpasse encore une fois les horribles cuvées du patron des brasseries parisiennes.

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    Trattoria della Marisa, Fondamenta di San Giobbe 652b, Cannaregio, Venezia, 0417 20211.

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  • Venise : le meilleur café de Venise à 0,90 euro

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    Peu de touristes s'y arrêtent même si l'adresse est partout. Et malgré le fait que ce torréfacteur (l'un des derniers de Venise) soit situé sur l'autoroute piétonne entre le Rialto et la gare (Ferrovia). En tout cas, un petit voyage chez Costa-Rica, ça ne coûte pas très cher. Pour le meilleur café de la ville à n'en pas douter, l'espresso della sposa, de l'épouse, amer et presque salé, entre les sacs en toile de jute, c'est 0,90 euro. Faudrait penser à exporter le (bon) café en France non ?

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    Costa Rica, Rio Terà San Leonardo 1337, Cannareggio, Venezia.
  • Venise : un café, un croissant

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    Cette culture du café vite bu et des croissants fourrés, c'est ça l'Italie mon pote. Mais là je m'interroge : pourquoi le cappuccino atteint-il des prix stratosphériques en France ? Ici à Venise, qui n'est tout de même pas la ville la moins chère de la botte, le cappuccino du bistro de quartier c'est 1,20 euro...

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  • Venise : deux boissons locales

    En Vénétie, il n'y a pas que le spritz... Ainsi la bière, comme partout. Sauf qu'on aurait pu imaginer que les marketeurs avaient juste écrit"Venezia" sur un breuvage infâme. En fait, non, pas ici. Chez Nono Risorto, adresse que les habitués partagent avec les touristes, la Birra Venezia est un peu plus intelligente que ça. Une production qui n'a rien à voir avec les grands noms question quantité pour ce breuvage de fermentation haute et qui plus est, sans conservateur. Un joli goût acidulé plus percutant qu'une lager traditionnelle.

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    Quant au sgroppino, c'est la version shakée du colonel (sorbet citron et vodka) avec un peu de prosecco. Bien doux et pas complètement con, à la fois dessert et digestif.

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  • Venise : deux versions de la glace artisanale à la pistache

    A ma gauche, Lo Squero près de l'Accademia (Fondamenta Nani 99, Dorsoduro). Fondante, assez sucrée, bien verte (du colorant ?), au terrible goût de pistache, presque trop fort. A déguster dans un cadre idyllique : juste en face, au bord du canal et au pied de l'église san Trovaso.

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    A ma droite, Alaska juste au nord des Frari (Calle Larga dei Bari 1159, Santa Croce). Plus blanche, avec des morceaux de pistache qui semble torréfiés, douce et de consistance plus salivaire et moins chère que la précédente. On la mange où on peut. Mais pas grave : c'est sans doute ma préférée.

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  • Venise : le marchand de légumes sur l'eau

    Manque de place, certains primeurs tanguent.

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  • Venise : Al Merca, le bar à vin naturel tel qu'on le rêve

    Mais c'est quoi cet attroupement ? Une manif anti-Berlusconi ?

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    Ouais, si tu veux mon pote. C'est l'anti bling-bling à l'italienne : ça s'appelle Al Merca. Un bar entre 4 planches, t'es obligé de boire dehors, c'est juste un comptoir en fait et toutes les classes sociales s'y pressent. Et ils servent quoi ? Du spritz comme partout à Venise mais aussi des vins naturels italiens absolument incroyables. Le bar qu'on voudrait avoir en bas de chez soi à Paris, à Metz, à Hong-Kong... Les Vénitiens ont décidément beaucoup de chance.

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    Un bar à vins naturels ? Avec tous ces jeunes ? Et oui, les jeunes Vénitiens semblent avoir plutôt bon goût question quilles.

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    J'étais alors à la recherche des superbes pinards d'Angiolino Maule (La Biancara), lorsque je tombe sur son rouge qui trône sur l'ardoise d'Al Merca. J'avoue ne pas forcément connaître les autres, de toute façon c'est le "non filtrato" qui me fait les yeux doux.

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    Roule, ma poule pour le Rosso Masieri dudit Maule.

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    Je n'avais jamais bu de merlot comme ça... Son petit côté pétillant s'assagit vite. Nez de fruit rouge amer, extraordinaire buvabilité. Bref un vin de copain comme on en fait rarement mais comme les amateurs de vins naturels en boivent beaucoup. Même s'il est un peu plus fin, un peu plus évolué. Une belle rencontre.

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    Je suis retourné plusieurs fois chez Al Merca pour goûter à nouveau le Rosso Masieri, boire un spritz ou tester d'autres quilles hors du commun. Comme les blancs naturels dont le choix est encore plus impec'.

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    Ainsi le cépage Ribolla Gialla du superbe domaine Radikon (tout à l'est de l'Italie) nous a clairement emballé malgré (grâce à ?) ses 6 euros. Une couleur de cidre bien fermenté, un nez explosif, une bouche typée Jura.

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    "Les Italiens sont des Français de bonne humeur" aurait dit Jean Cocteau. Il a dû venir boire un coup chez Al Merca pour lancer une phrase aussi perspicace.

    Al Merca, Campo Bella Vienna 213, San Polo. A 30 mètres du Rialto et pourtant aucun touriste...

  • Venise : l'authentique bar à vin vénitien

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    Cantina Do Mori est un bacaro, un bar à vins traditionnel comme on en rencontre encore à Venise. Les cuivres au plafond, les cicchetti (tapas locaux) à disposition et les grosses bonbonnes de vins fins où on peut venir remplir sa propre bouteille. Ou en boire quelques verres autour de 3-4 euros.

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  • Venise : depuis le temps qu'on vous le dit...

    Juste au pied du pont du Rialto, ce caviste a tout compris. Parmi les bouteilles très classiques en vente dans sa boutique, fleurissent des étiquettes distinguant certains vins. "C'est bien meilleur sans soufre ajouté ! Santé !"

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  • Venise : l'église Saint-François-de-la-Vigne

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    L'église si joliment nommée San Francesco della Vigna rappelle que des vignes étaient plantées sur ces terres avant qu'elles ne deviennent franciscaines. A l'intérieur, le magazine Géo en poche, il suffit de traverser la nef, de prendre à gauche, de mettre 20 centimes d'euros dans la fente et on se paye un Bellini rien que pour soi.

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  • Venise : les bonnes adresses de la Calle del Cafetier

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    Du côté du Castello, on aime le café. Entre l'église San Francesco della Vigna (quel joli nom) et la grande basilique san Giovanni e Paolo Calle, voici la calle del Cafetier. Et ça tombe bien, au 6661A voici un des meilleurs torréfacteurs de la ville. Je n'ai pas son nom ; pas besoin, il suffit de lever le nez. On boit son noir bien serré au comptoir, on repart avec des paquets de café géniaux ou des machines innovantes.

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    Juste à côté, une excellente pâtisserie (Gnata Giovanni, 6645) qui sert comme partout le café au comptoir. On vient surtout pour les fritelle veneziane, un genre de beignet aux raisins secs que l'on mange surtout au moment du Carnaval. Une drogue impossible à s'en défaire (1,50 euro).

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    Et une version au sabayon (zabayone). C'est un goût d'amande qui explose en bouche.

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  • Venise : initiation à Puccini et au Campari à la Fenice

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    Sous les dorures de la Fenice, ma gorge se noue. Venu visiter le théâtre maudit, j'assiste par hasard à une répétition. Et pas un truc d'opérette : La Bohème de Puccini, rien de moins. Nous sommes mi-février et l'opéra sera à l'affiche pour le Carnaval de Venise tout le mois de mars. Sur scène, la soprano coréenne Lilla Lee (dans le rôle de Mimi) obéit aux doigts du chef d'orchestre sans baguette qui ne prend appui que sur la pianiste à sa droite. Le metteur en scène caché dans la salle surveille tout son petit monde. Une demi-heure de musique éblouissante dans un endroit hors-du-commun.

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    13 heures sonnent, la troupe s'en va, nous aussi. Ce n'est pas parce qu'on est estomaqué qu'il ne faut pas remplir nos estomacs. On se dit qu'on va finir la visite fissa, sortir dans la rue et s'enfiler la première part de pizza venue. Mais en suivant le mouvement, on atterrit au foyer de la Fenice, à l'étage en-dessous. C'est la cantine améliorée des théâtreux, où mange la troupe lors des répétitions. Quelques touristes égarés s'y arrêtent, la majorité passe son chemin. Et comme souvent, la majorité a bien tort.

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    A côté des chanteurs et du metteur en scène, on se paie un très bon grignotage pour une poignée d'euros avec les cicchetti, les tapas locaux. Quelques bouchées de sandwichs au pain de mie sans croûte (les tramezzini) ou des carrés de foccacia. C'est bon, frais, avenant, excitant... Nos gorges et nos estomacs se dénouent très facilement.

    C'est aussi l'occasion de parler enfin du spritz, l'apéro star de toute la Vénétie et réalisé ici dans les règles. Une multitude de dosages existe bien que la plupart des bistrots oublie le prosecco (le vin pétillant local) pour se tailler une marge plus importante. La recette de base : 1/3 d'apéritif amer (Campari, Aperol, ou Cynar), 1/3 de prosecco et 1/3 d'eau gazeuse. Question apéritif amer, c'est comme le rock and roll, il y a des chapelles et chaque chapelle a ses disciples. A chacun selon ses goûts. Le moins répandu, le corsé Cynar (prononcez "tchinar"), une liqueur à base d'artichaut ; le célèbre Campari le plus plus amer et assez alcoolisé (25°). Attention à ne pas oublier le troisième, le très populaire Aperol, bien plus rond et moins fort (11°) donc plus facile à boire, ce qui explique son succès. Ici tentons les extrêmes : le brun Cynar et l'Aperol plutôt orange. Le Campari quant à lui est bien rouge. Reconnaître un spritz à l'oeil nu, c'est en réalité très facile.

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    Parenthèse hors des temps modernes dans l'enceinte du plus bel opéra du monde.

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  • Venise : le café, ça se prend dans les bonnes pâtisseries

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    Chaque matin, un petit café à la Pasticceria Rizzardini. Depuis 1742, combien d'espressi ont-il servi ?

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    Et combien de nosea (3,5 euros), le cookie qui me rend fou ? Farine, beurre, cacao, potiron, noisette. A rendre accro.

    Nosea ? Boooon...

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    Pasticceria Rizzardini, Campiello dei Meloni 1415, San Polo, Venezia, 041 52 23 835.

  • Venise : un apéro chez Da Carla

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    Chez Da Carla, bien planquée dans une ruelle tout près de la place Saint-Marc, c'est devenu un peu guindos mais on s'en fout, on n'en a fait qu'à notre tête : on y va seulement pour l'apéro. La patronne ne comprend pas trop, mais c'est l'hiver, la ville n'est pas encore surchargée de touristes, le restaurant attend les clients, elle accepte.

    Puisqu'à Venise, tout bon repas commence avec du prosecco, allons-y. Pour ne pas s'enfiler une bouteille à deux dès l'apéro, on fait dans le pichet du patron de 50 centilitres. Et souvent on s'arrête là, car l'habitude du vin naturel fait que nos estomacs ont désormais du mal à digérer les liquides industriels. A suivre, les ciccheti, les tapas locaux. Pour 15 euros, l'assiette on est assez excité même si ce n'est pas non plus l'ambiance sympa de la mortadelle truffée de Padoue. Mention spéciale pour les tramezzini, ce toast au pain de mie sans croute avec jambon (ou thon) et oeuf dur.

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    Da Carla, Corte Contarina 1535A, San Marco, Venezia, 041 523 7855.

  • Padoue : une vraie "bolognese"

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    Ici on est chez L'Anfora et on ne rigole pas avec la tradition. La sauce bolognaise que l'on connait en France n'est qu'une lointaine cousine de la vraie bolognese italienne, appelée ragù (alla bolognese). Peu de tomate donc peu de sauce et surtout de la viande qui mijote. Le résultat donne quelque chose comme ça...

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    Ou sinon les fameuses pâtes à l'encre de seiche.

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    Et pour accompagner cela, à nouveau un valpolicella della casa. Un vin bien bon pour la cuvée du patron. D'ailleurs il s'y connaît pas mal en vin, la carte est étoffée et les références sérieuses. Et tiens, y a même un muscadet de Jo Landron. A la fin du repas, je vais voir le patron et lui demande comment est-ce qu'il connaît ce vigneron français ? Il me répond dans un français hésitant mais le sourire aux lèvres : "je le connais... parce que c'est bon !"

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    L'Anfora, Via dei Soncin 13, Padoue, 049 656629.
  • Padoue : une virée sous le marché couvert

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    A Padoue, la ville de Saint-Antoine et de Giotto, j'ai très faim le soir. Direction le marché couvert avant que ça ne ferme, vers 18h30. Dedans, dehors, tout fait envie. On achète et on croque.

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    Ou alors direction le petit bar à vins du coin, la bien nommée Enoteca il Tira-Bouchon très facile à trouver sous le marché couvert car fréquentée par un grand nombre d'étudiants qui adorent le pif. Ici un Franciacorta (pétillant à la champenoise produit à l'est de Milan) de chez Gatti. Un petit régal avec un panino à la mortadelle truffée (5 euros le verre et 3 euros le panino).

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  • Trévise : seiches, poulpes et calamars sur le marché aux poissons

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