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Beaujolais joli

  • Où changer d'idée sur le beaujolais et le muscadet ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 16, 54, 62, 138, 152...

    J'entends encore trop souvent que ces vins-là sont indignes d'un buveur. Faisons l'analogie : on connait des restaurants qui sont dégueulasses, condamne-t-on pour autant tous les restaurants ? Comme partout, il y a des gens qui font bien leur travail. Certes, ils ne sont pas très nombreux ; leurs vins n'en sont que plus appréciables.

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros ainsi que de bons bordeauxRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Les vins nouveaux de 2011 ont fait leur Pâques

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    Traditionnellement, on dit que les dix crus du Beaujolais doivent "faire leur Pâques". C'est-à-dire qu'il faut attendre que les fêtes chrétiennes de la mi-avril soient passées pour que les vins puissent être appréciés à leur juste valeur. Mais pourquoi ne pas faire de même pour le beaujolais nouveau et pour le vin nouveau en général ?
     
    Cette semaine, j'ouvre deux vins de 2011 qui étaient disponibles sur le marché dès le troisième jeudi de novembre de l'année dernière. Je simplifie : mon beaujolais nouveau, je l'ai conservé quelques mois. Autre précision : il n'y a pas de soufre ajouté dans ces deux quilles puisqu'elles sont généralement sifflées dans les deux mois après la mise en bouteille. Et ajoutons encore que nous sommes en présence de vignerons extrêmement consciencieux.
     
    A ma gauche, le charmant beaujolpif nouveau d'Isabelle et Bruno Perraud (domaine des Côtes de la Molière) baptisé Brut de Cuve. A ma droite Octobre, le vin nouveau des Foulards Rouges de Jean-François Nicq (Roussillon). Nos deux amis ont superbement bien passé l'hiver et le début du printemps, rien à redire. Nez exhubérant, bouche fruitée et jus présent pour le premier ; nez un peu effacé mais le vin s'avère terriblement glouglou pour le second. Moralité : n'hésitez pas à conserver un peu vos bons vins nouveaux.
     
    L'idée m'était venue d'une bouteille de Pfifferling orpheline puis débouchée presque un an après la mise. Quelle joie se fut.
  • Troyes : les bons ingrédients d'un pique-nique

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    Pour réussir un pique-nique à Troyes, direction le marché des Halles. On y trouve tout. Chez le spécialiste de la chose (Ozérée), voici deux beaux fromages du coin : un champ-sur-barse (un genre de petit chaource, au lait cru, moulé à la louche et non pasteurisé)...

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    ...et un Pierre-qui-Vire (chèvre bio fabriqué dans le monastère éponyme dans le Morvan).

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    Ajoutons à cela les pains du Fournil d'Isaline, à l'autre bout du marché.

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    Et des chocolats d'un très bel artisan (un M.O.F. d'ailleurs), Pascal Caffet. Avec de belles choses, notamment aux agrumes ou aux fruits de la passion...

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    ... et un splendide "troyen" (ganache au champagne, c'est le rectangulaire au lait)

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    Et une quille incroyable, évidemment dégotée chez Aux Crieurs de Vin, au coeur du marché. Un délicieux Roche Noire 2005 de Philippe Jambon (un vin introuvable). C'est puissant et gouleyant à la fois, dense et digeste, un vin de contrastes. C'est tout simplement délicieux, je me répète. Pour paraphraser Christian Authier qui parlait des vins d'Eric Callcut, les gobelets en plastique n'ont pas réussi à éteindre le feu des vins de Jambon.

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  • Christian Ducroux, il se décarcasse

    Les deux juments Ewan et Kaïna labourent les sols sans les tasser et "favorisent l'activité microbienne". Elles sont aussi chargées de transporter la vendange. On aperçoit le logo Demeter, on est donc en biodynamie. Mais Christian Ducroux va plus loin. Plutôt que le cuivre autorisé, il pulvérise du fenugrec et d'autres tisanes sur sa vigne. Bien évidemment, pas de chaptalisation, pas d'ajout de soufre et pas de filtration. Et un chiffre : un rendement de 18 hectolitres à l'hectare, autant dire rien du tout dans ce joli Beaujolais. Pas de doute : pour réaliser un si merveilleux régnié, il y a énormément de travail à la vigne comme au chai. 

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    Pierre Jancou raconte l'histoire de Christian Ducroux dans Vin Vivant (aux éditions Alternatives). Le vigneron ne fait pas directement partie de l'école de Jules Chauvet même s'il l'a rencontré. C'est tout seul qu'il s'essaie à ne pas sulfiter. Depuis la fin des années 1970, il s'interdit le SO2. Pas de chaptalisation non plus, on le répête. En 1980, il entend parler de biodynamie sur France Culture : il se renseigne, il lit beaucoup et il s'y met. 

    Dans le verre, le régnié 2010 s'avère fin et léger. Sur des fruits rouges avec une belle amertume en finale. Avec une belle charcuterie, on oublie tout, la crise comme les élections-piège-à-cons. C'est exactement le genre de vin qui me fait vibrer : voici l'essence même du bojo. C'est le beaujolais tel qu'il devrait être tout le temps et tel qu'il est trop rarement. Il faut préciser que cela faisait longtemps, très longtemps, que j'en voulais. Or, les vins de Christian Ducroux sont introuvables. C'est là où le bat blesse : c'était la première fois que je voyais cette bouteille et donc la première fois que j'en buvais. Antonin l'a dénichée à Strasbourg chez un caviste hors du commun semble-t-il, Terres à Vins. 

  • Le foie gras au beaujolais nouveau

    Non mais c'est quoi encore ce titre ? Et surtout, les fêtes sont passées ! Et franchement, le beaujolais nouveau, ça fait belle lurette que c'est fini ! Et bien, vous avez tout faux... Le foie gras, ça peut très bien se manger en juillet et le beaujolais nouveau se boire en août. 

    Intéressons-nous d'abord au foie gras fait maison. Bien sûr, il y a la recette de Michel Guérard mais là, je voudrais parler de la méthode de cuisson classique. Prenons un joli foie gras frais (ici il vient des Landes, de l'excellente maison Dupérier - à Paris, je l'achète chez G. Detou, rue Tiquetonne, à près de 60 euros le kilo) que nous déveinons, que nous salons (ici avec du sel de Maldon), que nous poivrons (pas avec du poivron, mais avec du poivre sauvage de Madagascar, baptisé voatsiperifery) et on le fait mariner avec un peu d'alcool. Simplissime et trrrrrès classique.

    Question alcool, les hors-série des magazines de cuisine nous donnent de véritables bonnes idées qu'il faut suivre à la lettre : marinade dans le sauternes, dans le porto, ou dans le porto, ou aussi dans le sauternes, ou dans le sauternes parfois, mais certains font preuve d'inventivité et recommandent le porto. Je suis méchant, car d'autres disent d'utiliser mon armagnac chéri. Mais reconnaissons-le : quelle prise de risque...

    Moi, j'aime bien les trucs qui vont un tout petit peu plus loin. Non, on n'est pas là pour révolutionner le monde, on veut simplement faire avec autre chose. Tino Miccuci du superbe restaurant Cantino à Metz, se sert parfois d'un whisky 23 ans d'âge. Et le foie est transcendé. Ah oui, tant qu'à faire : on évitera de le faire mariner dans un alcool imbuvable bas-de-gamme. Cela semble logique, mais mieux vaut le rappeler.

    Moi, j'ai déjà expliqué ici que j'aime boire du beaujolais avec le foie gras. Alors, tant qu'à faire pourquoi ne pas utiliser ce vin dans la recette directement ?

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    On n'a l'impression que le foie saigne, mais ce n'est que du gamay... Cela va, j'espère, lui donner des notes rondes, fruitées et surtout épicées, pour répondre au poivre. J'ai donc ajouté 5 centilitres de ce que j'avais à portée de main, du beaujolais nouveau. Mais du vrai, du bon : le Brut de Cuve des Côtes de la Molière d'Isabelle et Bruno Perraud. Le foie doit ensuite reposer une nuit au frais et le lendemain, direction le four à 100°C dans un bain-marie pendant une heure. Puis quatre jours de réfrigérateur. 

    Le 31 décembre, nous avons sur la table un pavé très marbré et un peu oxydé par endroits (ce qui n'a jamais tué personne). La faute n'est pas à la méthode de cuisson mais au fait que je n'ai pas assez pressé le foie dans la terrine. Conséquence : l'air et la graisse se sont engouffrées par endroits.

    En bouche, compte tenu de la très bonne qualité des ingrédients, le résultat est assez extra ; on retrouve très subtilement les notes douces et épicées du gamay. Le foie gras n'est pas du tout agressif, on a préservé le bon goût de l'animal tout en le relevant un peu. Il n'y a pas à dire : c'est vraiment délicieux. (Oui, j'ai le droit de m'envoyer des fleurs).

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    Pour l'accompagner, évidemment un verre de Brut de Cuve. Ou à côté le très pur Le Mont 2007 d'Alexandre Jouveaux (trouvé chez Franck Bayard), grand vin banc du mâconnais, avec sa très fine acidité (et peu oxydatif) qui vient couronner ce mets de fête.

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  • Le Repaire de Cartouche, une des plus belles cartes de vins de la capitale

    Certains restaurants mini-mythes sont si bien installés qu'ils oublient presque de faire parler d'eux. Quand en plus ils sont situés à côté de la maison, on s'est dit cent fois qu'il fallait y aller. Pour le Repaire de Cartouche, c'est désormais chose faite.

    En vue de faire honneur à la cuisine conviviale de ce mois de décembre, Olif a slalomé entre les quilles.  Il est allé piocher dans l'immense carte des vins à prix remarquables, vaste terrain de jeu pour adultes consentants. Avant de nous faire tout deviner à Eva, Antonin et ma pomme.

    Evidemment, sur la quille de blanc, on a eu du mal à trouver. Puissant, long, avec une oxydation classe. On a éliminé la Loire, le Jura (trop évident) et l'Alsace, on est parti en Côtes-du-Rhône avant de remonter plus au nord. Bref, on ne savait pas du tout. Réponse : La Grande Bruyère 2007 de Philippe Jambon : c'est du chardonnay produit entre le nord du Beaujolais et le sud de la Bourgogne (40 euros). Hé beh... C'est l'un des 12 sages de Pierre Jancou.

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    Concernant le rouge, le gamay te saute à la tronche. Bon, ça c'est fait. Et en plus je lui donne près de 5 ans ! Bingo, un 2006 ! Mais ça vient d'où ? Du beaujolais ? J'avais évidemment pensé à Métras... mais bon, ce n'est pas ça. Aie... A force d'avoir revisité toute la carte du Tendre Gamay et toute la carte de France aussi, on a fini sur l'Ardèche. Et en Ardèche, c'est évidemment Hervé Souhaut (Romaneaux Destezet), cuvée la Souteronne, en magnum s'il vous plait  (52 euros sur table). Avec ses vieux ceps (60 à 80 ans) et ses 5 ans de bouteille, c'est certainement l'un des plus beaux gamays jamais bus. 

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    Face à ces deux bombasses, le Tout'en Bulle de Gramenon apporte une touche rafraichissante avec sa petite dose de sucre (25 euros).

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    Signalons l'accord parfait avec le clafoutis au dattes qui s'avère extrêmement léger.

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    Le Repaire de Cartouche, 8 boulevard des Filles du Calvaire, 75 003 Paris, 01 47 00 25 86.

  • Accord mets/vins "à la con" n°1 : que boire avec le foie gras ?

    Jouons avec les accords mets/vin "à la con" !

    En ce décembre, c'est fête obligatoire, donc c'est foie gras obligatoire. Alors qu'on pourrait en manger toute l'année, on se cantonne à tout bouffer entre le 24 décembre et le 1er janvier. On l'arrose aussi de sauternes bas de gamme ou de porto pas mieux balancé. On ajoute un chutney de figues, de la confiture par définition hyper sucrée. Bref, plus besoin de dessert, je l'ai prise en entrée ma dose de sucre.

    Bon, ça c'est le classique du classique. Cette tradition elle aussi à la con est déjà bien battue en brèche pour la raison principale que l'on vient de citer : la dose de sucre trop élevée dès l'entrée. Certains demandent des moelleux plus tendus genre jurançon ou montlouis. Mouais... On l'a compris, moi je ne suis pas très sucre dans le vin. Et pire, je ne comprends pas pourquoi on s'échine à mettre du saccharose sur le joli foie.

    Car moi je l'accompagne de beaujolais. Pas du morgon, pas du très lourd, pas du gamay vieilli mais un jeune gars gouleyant. Pourquoi ? N'en déplaise aux producteurs de cette gourmandise, le foie gras, c'est gras. Comme la charcuterie (trop) salée que l'on s'enfile avec ravissement lors d'un pique-nique. D'ailleurs, à ce moment-là aussi on boit du beaujolais, c'est-à-dire un vin de copain, un vin d'amitié, un vin rouge jeune et épicé, pas lourd, qui dégraisse l'oesophage et fait couler la charcut'. Pourquoi en serait-il différent avec le foie gras ? Parce que le foie gras, c'est cher et qu'il faut le respecter ? Une chose est sûre, votre mets de choix sera bien plus respecté avec un bojo de belle naissance qu'un "so terne" de supermaché. Ainsi les jus d'Yvon Métras, et comme ils ont subi l'inflation, vous la paierez plutôt cher la bouteille. Alternative moins dépensière et tout aussi conviviale, le beaujolais-village de Karim Vionnet.  

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    Et pour ceux que mes rouges chiffonnent trop avec le gras foie, je leur rappelle qu'il existe du bojo blanc.

  • Accord mets/vins "à la con" n°6 : comment se simplifier la vie pour les fêtes ?

    Jouons avec les accords mets/vin "à la con" !

    Avec le foie gras, c'est entendu on peut boire du beaujolais. Avec les huîtres sur lesquelles j'ai ajouté un peu de pied de porc, bien sûr il y a le nuits-saint-georges mais c'est pas donné ; or, on peut boire aussi du beaujolais. Avec la dinde de Noël que la petite-nièce aura laissé trop cuire, il faut un truc qui hydrate la bouche à nouveau, donc on peut boire du beaujolais. Avec le fromage, je n'aime que le blanc et que le blanc sec, alors on peut boire du beaujolais (blanc). Avec le joli dessert aux fruits rouges, faudrait un truc qui ait la banane et qui sente les fruits rouges : on peut boire du beaujolais. Si j'aime bien les jeunes grenaches avec le carré de chocolat en dessert, on peut aussi tenter les épices du gamay et alors, on peut boire du beaujolais.

    Bref, pour vos fêtes de fin d'année, ne vous faites plus chier avec les accords traditionnels : buvez du beaujolais à tous les repas et sur tous les plats, vous vivrez heureux ! Il faut juste faire attention à sa provenance. Evidemment on va préférer les vins d'Isabelle et Bruno, de Georges, de Pierre, de Marcel, de Julie, de Cyril, d'Yvon, de Christophe, de Karim...

  • Le beaujolais écrase Lynch-Bages

    Un dimanche midi de décembre chez Eva, il y eut de très belles bouteilles.

    Question bubulles, c'est par Cantillon qu'on s'ouvre le palais : le 100 % Lambic bio et le Rosé de Gambrinus (kriek acide et fruitée et sans sucre). 

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    L'Effraie (domaine de Bellivière, Eric Nicolas), rondouillard mais bien présent avec les foies gras.

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    Continuons avec O7 d'Alexandre Jouveaux. Malheureusement, un peu en retrait aujourd'hui. C'est plutôt dommage, je misais pas mal dessus.

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    Mais pas aussi en retrait que Lynch-Bages 1995. 

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    Par contre, la bouteille qui a fait l'unanimité est ce chef-d'oeuvre d'Isabelle et Bruno Perraud, intitulé Côte de la Molière, dans sa version 2009. Les chiffres donnent le tournis pour du gamay : 12 hectolitres à l'hectare et élevage de 8 mois en fûts de chêne sans aucun produit malveillant. Du pur bonheur !

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    Fin du repas de midi : 18 heures.

  • Le Grunge Tasting, avec Pierre Pitiot l'antisarkozyste primeur du Beaujolais

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    Au sein du domaine de l'Astrolabe, à Bully dans le sud du Beaujolais, Pierre Pitiot cultive 1,30 hectare de vignes et un hectare de cerisiers. Cette année, il a vinifié une cuvée primeur baptisée fucks@rkozy.com

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Créé en 1998 sur un terroir argilo-granitique et argilo-calcaire, le domaine faisait 6 hectares et demi jusqu'à l'année dernière. Mais des difficultés financières m'ont obligé à le réduire pour devenir salarié en parallèle. Je travaille en agriculture biologique avec une forte sensibilité pour la biodynamie sans avoir eu jusqu'à présent le courage de passer complètement le cap. Pour info, le millésime 2011 est à moins de 400 grammes de cuivre métal par hectare.

    Ma philosophie de travail de la vigne et du vin est "less is more" : j'essaie d'intervenir le moins souvent possible avec les outils les moins "violents". Je laboure sur quelques centimètres avec un chenillard pour lutter contre l'asphyxie du sol. J'essaie de ne pas rogner les vignes, les traitements sont faits à la sulfateuse à dos. Respecter et entretenir au maximum l'écosystème autour de la vigne, ça me permet d'avoir un sol vivant où la population d'insectes "ravageurs" pour la vigne s'autorégule. 

    En vinification, j’utilise le moins de soufre possible. Sur une cuve à problème, il m'est arrivé d'aller jusqu'à 2 milligrammes par litre mais c'est le maximum pour moi. 2011 est fait absolument sans soufre donc 100 % raisin. Pendant les vinifications, je suis le plus soft possible pour le vin : pas de chauffage, peu de remontage, un petit foulage au pied en début de macération, pas de saturation des cuves en CO2 et bien entendu, pas de levures en sachet... Le vin est mis en bouteilles par gravité sans filtration et sans dégazage. Au final, il se conserve mieux et on peut le "personnaliser" au moment du service en secouant plus ou moins.  

    Depuis deux ans, j'ai décidé de travailler sans aucun chiffre ni analyse avant vinification : mon nez est mon seul outil. Il me semble dommage de se fier à des chiffres. En plus de comporter une marge d'erreur, cela fausse notre jugement et donne place à des interprétations erronées en ce qui concerne l'équilibre d'un vin.

    Ta cuvée fucks@rkozy.com a fait de toi l'antisarkozyste primeur du Beaujolais...

    L'antisarkozysme, j'assume. A mon avis, ce type a fait plus de mal à la France que le baco, le noah (cépages interdits) et le phylloxéra réunis. Cette politique de diviser pour régner est insupportable. Sa collusion affichée avec les patrons de média m'horripile. Il me semble que peu de gens sont dupes de ce qui se passe à la tête de ce pays et pourtant peu de choses bougent. C'est dommage, parce que la démocratie en plus d'être un super concept marketing veut vraiment dire le pouvoir au peuple. 

    Je suis adepte des circuits courts qui favorisent l'emploi local. Il faut absolument arrêter la consommation de masse et considérer que consommer est un acte militant. Acheter en grande et moyenne surface, c'est donner de l'argent à un système qui a mon avis nous opprime moralement et physiquement tout en anesthésiant notre capacité de jugement. 

    Après, il y a un autre truc qui me révolte : c'est ce système complètement décadent de l'A.O.C. Il favorise le négoce en nivelant la qualité par le bas. Faire croire au consommateur qu'une A.O.C. lui garantit une authenticité tient au mieux de la bêtise, mais le plus souvent c'est un mensonge. La traçabilité apportée est illusoire, la constante gustative un mythe. Pour moi, seul l'avis de mon consommateur final compte, qu'il soit novice ou non. Son avis m'intéresse, le reste n'est que de la paperasse pour bien-pensants.  

    Docn oui, le vin c'est grunge ! Le vin n'a de saveur que dans son partage et on ne peut pas dire que ce soit la valeur montante de notre société. Moi je trouve ça assez grunge.   

    Peux-tu nous présenter une des cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre

    Je viens avec ma cuvée Il était une soif 2009 issue de vignes en agriculture biologique depuis 10 ans sur un coteau argilo-calcaire de Theizé orienté sud-est à près de 500 mètres d'altitude. Les vignes sont issues de sélection massale avec une moyenne d'âge de 90 ans. Sur cette parcelle, la roche mère est rarement à plus de 30 centimètres de la surface : il s’agit vraiment de conditions extrêmes pour la vigne qui ne donne qu'une quinzaine d'hectolitres à l'hectare. Sur cette cuvée, j'ai essayé de faire un vin de garde en laissant le gamay exprimer ses notes épicées : muscade, pivoine, clou de girofle... C'est une bouteille  qui permet de d'entrevoir la filiation entre le gamay et ses cousins pinot noir, petite serine et mondeuse.

  • Vendredis du Vin n°40 : une fleur fleurit à Fleurie

    "Tu as bien fait de passer, Debedeux, tu vas refleurir." C'est en ces termes fleuris que toute la clique du Café du Pauvre accueille Debedeux, l'un des dirigeants de la Bang-Bang Aéronautique, qui n'en peut plus de sa vie de cadre encostardé. C'est le début du Beaujolais nouveau est arrivé, dont le vigneron s'appelle René Fallet (celui à qui j'ai aussi volé l'expression "du morgon dans les veines"). Ce beaujolais-là se déguste aussi mais c'est plutôt en tournant les pages qu'en vidant les verres. Quoique, pour l'instant, personne ne nous empêche de boire un coup en lisant...

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    Le beaujolais, ça sert à ça : à refleurir. A donner le sourire, ce n'est pas ici qu'on viendra dire le contraire. Pour Olif, j'ai révisé mes Gammes en Beaujolais : j'ai cherché une bouteille pour refleurir en automne. J'aurais pu choisir la partition morgon, cela aurait été plutôt facile. Le 2001 de notre regretté Marcel en magnum ouvert par Jérémy (lors du dernier repas à la Cave de l'Insolite canal historique), le 2007 en mag aussi, le 2008 avec une raclette, le 2009 avec ou sans soufre, le 2010 bu récemment, les plus vieux sifflés avant ce blog, la cuvée éponyme au Troquet... Bon cela aurait été un peu trop attendu.

    On va ouvrir autre chose. Un régnié ? Le 2007 de Descombes ouvert la semaine dernière était particulièrement savoureux. Le chiroubles de Karim Vionnet ? Le moulin-à-vent d'Isa et Bruno Perraud ? Le brouilly de Descombes encore ? Le côte-de-brouilly de Pacalet ? Un saint-amour ou un juliénas plus difficiles à trouver au naturel ? Un "simple" village comme celui de Métras ? Ou encore le primeur de P-U-R bu l'année dernière quelques jours avant la date officielle ? Tout ça pour dire qu'ici, on en boit du beaujolpif. Mais dis donc, il manque un cru à cette énumération joyeuse...

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    C'est au contact de la vigne que l'ancienne parisienne Julie Balagny refleurit. Avant Fleurie, ce fut dans le Gard (avec Terre des Chardons). Puis vient l'incroyable année 2009 et son arrivée au pied des pieds de gamay, le plus beau cépage qui soit. On est à mille lieux des clichés. Biodynamie, intense travail à la pioche dans la vigne, respect du raisin en vinif avec pour résultat le fleurie En Rémont 2009, grand vin de terroir qui démonte toutes les idées reçues sur le beaujolpif. S'il est déjà très accessible sur des arômes de fruits croquants et épicés, il faudrait pouvoir l'attendre encore un peu afin d'apercevoir cette grande classe du gamay un peu vieilli ; celui-là en a tout le potentiel. D'ordinaire coquelicot ou pivoine, le beaujolais se fait ici rose pourpre qui continue à fleurir. 

    "Beaujol dit qu'il est fier d'être né en France. Une boutanche pareille, c'est kif-kif la Joconde ou la Victoire de Samothrace." (René Fallet)

  • Le régnié vieilles vignes 2007 de Georges Descombes

    Vous vous attendez à un commentaire ? Bah, on ne le présente plus. Non vraiment, vous voulez que j'en parle ? Moi je préfère le boire. Alors si vous en avez une en cave, on peut s'arranger...

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  • Le son du Marcel un soir de juillet

    Certains dégustateurs cherchent le cuir de Russie dans un sous-bois après la pluie sans oublier de s'exciter sur des arômes de ketchup. Ou quelque connerie du même genre. D'autres nous apportent un magnum de morgon 2001 de Marcel Lapierre : merci Jérémy, pour la bouteille et pour t'être prêté à cet exercice à haut risque.

    Pour être franc, Jérémy m'a dit que ce n'était pas le meilleur magnum de Marcel qu'il ait débouché. Pour être franc, il a sans doute raison. Pour être franc, tout de même quelle tranche d'histoire, quels privilégiés nous fûmes ce soir-là à la Cave de l'Insolite ! Pour être franc, nous l'avons bu trop frais. Pour être franc, une fois consumé, c'était assez terrible.

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  • Saint-Bojo, priez pour nous

    Le beaujolais-villages 2009 du vinificateur itinérant Cyril Alonso (P-U-R), je l'ai bu deux fois en quelques jours. La première, à la maison : il lui a fallu une journée pour retrouver ses arômes. Il était un peu assoupi ou bien ne voulait-il pas se livrer tout de suite, à la manière d'autres beaujolais 2009 qu'il faut savoir appréhender... Après une petite journée d'ouverture, ouf, on retrouve le raisin caractéristique. La seconde fois, à la Cave de l'Insolite (quelques semaines avant sa fermeture), il m'a tout de suite explosé à la face. Fruit, buvabilité, classe. "Au nom du vice, du verre et du vin d'esprit". Oh oui, amène !

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    Bien sûr que ça n'intéresse qu'elle, mais j'annonce que ma mère devrait récupérer quelques quilles de Osez, osez Rosé Fine... Et oui, les vins de P-U-R voyagent jusqu'à Metz. La mission civilisatrice continue !

  • Le morgon de Michel Guignier (1)

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    Grâce à Antonin, on s'est procuré à prix propriété un peu de morgon 2010 (cuvée "à l'ancienne") de chez Michel Guignier (les Améthystes). Ouvert un midi, il est un peu rêche. Le soir, le fruit s'est ouvert et ça coule bien. Je mise beaucoup sur les magnums de 2009... A suivre.

  • Parfois on est déçu aussi

    Et c'est normal. Ca fait juste un peu c*** quand ça tombe sur le beaujolais. Château Cambon 2005, le négoce mis en place à l'époque par Lapierre. Très rond, pas très tendu, assez passe-partout. Et m***...

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  • Le beaujolais sur la côte

    Jusqu'au week-end dernier, je n'avais jamais ouvert de beaujolais de Christophe Pacalet, un neveu de Marcel Lapierre. Son côte-de-brouilly est incroyablement représentatif de ce terroir. Car un côte-de-brouilly, c'est un côte-de-brouilly. Ce n'est pas un brouilly, ce n'est pas un fleurie, ce n'est pas... Bref... Au risque d'être redondant, il me faut une fois de plus crier mon amour pour ce genre de vins, un amour évidemment renforcé par l'utilisation parcimonieuse du soufre, pour produire un vin à 100 % sur le fruit, un vin qu'on ait envie de boire. Tiens, je vais tenter de réunir toutes les petites soeurs. Chez Augé, entre 10 et 13 euros la boutanche.

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  • Pur Jus de raisin

    Qu'est-ce qui peut me mettre autant l'eau à la bouche que goûter un beaujolais nature que je ne connais pas ? Je réfléchis. Je ne sais pas... Le Pur Jus de Xavier Bénier (même pas 9 euros chez Versant Vins), je l'ai ouvert hier avec les pizzas d'Al Taglio : ce genre de repas, c'est vraiment quand j'ai la flemme de faire à bouffer. Bouche sur les fruits rouges comme attendu mais finale un peu rêche. Bon il est midi, on va se faire un ciné après, on ne va pas siffler toute la bouteille, on pourrait mais on va pas, on va en laisser pour ce soir. Bonne idée : le soir même, le côté rêche s'est fait la malle, on est bien sur le fruit. Pas de publicité mensongère donc. J'ai hâte de goûter les cuvées au-dessus.

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  • Quand c'est bon, c'est Cambon

    C'est le petit négoce du regretté Marcel Lapierre. C'est en tout point extra. A La Bonne Franquette, à Montmartre, nous avons été invité à goûter quelques beaujonouvo naturels. Cambon relègue les autres bien, bien loin... Mais est-ce une suprise ? Sans doute pas. Foillard m'a semblé bien meilleur qu'à midi, Lapalu sur la réserve. Quand à celui de Chermette, je n'arrive décidément pas à me passionner pour lui.

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    Par contre, nous avons goûté les 2009 de Jean-Claude Lapalu, notamment le brouilly et le beaujolais villages le "rang du merle" : un ravissement et une sacré puissance. Il faudra en retrouver.

    Ce soir-là, Olivier et moi avons papoté avec le grand vigneron alsacien Seppi Landmann. Rendez-vous est pris pour une visite à Soultzmatt, sans doute en décembre.

  • Beaujolais nouveau : la première quille que j'ai prise dans mes bras

    Ce matin, 11h, premier achat d'un millésime 2010. Celui de Karim Vionnet dont décidément je parle beaucoup en ce moment.

    C'est un peu la guerre pour pouvoir en acheter. Le caviste des Babines dit "bien connaître Karim" donc il a eu droit à... 24 bouteilles. "Parce qu'au départ, il ne voulait même pas m'en donner". Karim Vionnet vend beaucoup aux japonais qui ont tout compris ; il ne reste pas grand-chose pour le marché local qui préfère Nicolas ou la grande distribution. Sur les 24 bouteilles des Babines, j'en ai pris deux (16 euros en tout) et j'en ai vu une d'ouverte pour la dégustation. A 11h15, il n'en reste que 21...

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    Petite précision légale glanée aux Babines : sur ces étiquettes est mentionné beaujolais "primeur" plutôt que beaujolais "nouveau". En France comme au Japon, on n'aurait pas le droit de vendre du beaujolais nouveau après le 31 décembre. Sous la dénomination "primeur", aucun souci...
  • La soupe au beaujolais

    On a déjà parlé des légumes de Joël Thiébaut. Il me restait un chou-fleur graffiti, tout violet. Et une bouteille de beaujolais 2009 de Karim Vionnet, l'une de ses meilleures (alors que le primeur 2010 m'a un peu déçu).

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    Pour le chou, direction la cocotte. Pour une belle texture, ni trop liquide, ni trop veloutée et encore moins purée, le secret réside dans le dosage de l'eau : pour 500 grammes de légumes, autant d'eau, c'est-à-dire 500 ml de liquide. On porte à ébullition, on met un couvercle, on baisse le feu à petits bouillons et on laisse comme ça 20 à 30 minutes selon la résistance du légume. Le fort mais fruité beaujolais rehausse un peu ce plat douceâtre : car le chou graffiti presque sucré donne une soupe enveloppante pas très épicée.

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  • Le beaujolais nouveau va vite arriver

    Mettons à jour le programme de notre chère capitale en ce qui concerne les vins nouveaux. Coup d'envoi jeudi 18 pour ceux qui auraient oublié.

    * aux Caves Augé, la traditionnelle mais non moins exceptionnelle dégustation tirée du fût avec Jean Foillard en bonne place. Mais aussi d'autres vins naturels nouveaux : ceux de Frédéric Cossard (domaine de Chassorney en Bourgogne), deJean-François Nicq (Foulards Rouges en Roussillon), Noëlla Morantin (Loire), et ceux de mon préféré, le grand Eric Pfifferling (Mas de l'Anglore dans le Rhône).

    * Puisqu'on est presque dans la même maison, citons Lavinia qui mise aussi mise sur Jean Foillard.

    * à La Bonne Franquette, à Montmartre, on est sur les starting blocks et on proposera aussi des new beaujolpif (ChermetteLapierreLapalu, Foillard encore...). J'y serai.

    * aux Caves Fleury, on a tout compris. Avec les primeurs de Karim Vionnet, Marcel Richaud et de Thierry Puzelat. Il faut absolument que j'y passe.

    * à la cave Les Babines, en bas de chez moi, Karim Vionnet aussi sera à l'honneur. Enfin pourrais-je dire... Ainsi que Damien Coquelet et France Gonzalvez que j'avoue ne pas connaître.

    * sans oublier la soirée de Vicky Wine, l'amoureuse de Fleurie.

    * ... à suivre.

  • Encore 14 dodos avant le beaujo nouveau

    Comme disent les mauvais journalistes, le compte-à-rebours a commencé, c'est la dernière ligne droite et la tension est palpable. Deux semaines à attendre, c'est long. Mais le 18 novembre, à côté des bouteilles imbuvables qui garniront les comptoirs, quelques résistants oeuvreront pour servir un authentique beaujolais nouveau. Le programme commence à s'affiner :

    * aux Caves Augé, la traditionnelle mais non moins exceptionnelle dégustation tirée du fût avec Jean Foillard en bonne place. Mais aussi d'autres vins naturels nouveaux : ceux de Frédéric Cossard (domaine de Chassorney en Bourgogne), de Jean-François Nicq (Foulards Rouges en Roussillon), Noëlla Morantin (Loire), et ceux de mon préféré, le grand Eric Pfifferling (Mas de l'Anglore dans le Rhône).

    * Puisqu'on est presque dans la même maison, citons Lavinia qui mise aussi mise sur Jean Foillard.

    * à La Bonne Franquette, à Montmartre, on est sur les starting blocks et on proposera aussi des new beaujolpif (Chermette, Lapierre, Lapalu, Foillard encore...).

    * Le Verre Volé fait souvent la fête le jeudi soir à côté du canal Saint-Martin. Pas de raison que ce soit différent cette année.

    * ...

    Mais au fait, il sera comment le beaujolpif cette année ? Il aura un goût de banane ? Mise au point qu'on ne cesse de répéter : le goût de banane totalement artificiel provient d'une levure exogène, la 71B, rajoutée pendant la fermentation... Les vins naturels mis à l'honneur sur le Morgon préfèrent les levures indigènes, liées au terroir et bien conservées à la vigne comme à la cuve.

    Pour le 2010, le maître Karim Vionnet explique dans cette vidéo que loin de la densité du 2009, le 2010 sera fruité et gouleyant. Un vrai bon primeur que Le Morgon va célébrer sur le oueb avant et pendant cette journée bénie ! A travers tout Paris, on ne dégustera que du bon ! Et un peu de mauvais aussi, pour se rappeler que le bon est vraiment bon.

  • Du soufre et du sans soufre : un petit exemple

    Un exemple n'a jamais valeur d'affirmation mais simplement d'illustration. Je ne suis pas un ayatollah du vin sans soufre, j'aime goûter la différence.

    L'exemple du jour concerne une fois de plus Marcel Lapierre et son morgon dans sa version 2009. Il y a quelques semaines chez Yves Camdeborde, j'ai goûté le "sans soufre ajouté" comme il faudrait dire. Je parlais d'un vin qui avait peut-être un peu de mal à s'ouvrir mais qui s'avérait "évident".

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    Ce midi avec Julien, place à la version "légèrement sulfitée". En effet, le vin sans soufre doit être conservé à moins de 14°C pour éviter toute déviance. Et on sait très bien que la chaîne du froid peut être rompue. En sulfitant (mais bien moins que la moyenne des autres vignerons), le domaine Lapierre permet à ses vins de voyager plus facilement. Ils peuvent être vendus à des cavistes qui n'ont pas forcément les moyens de conserver ce genre de bouteilles. Et surtout ils peuvent être achetés par des clients qui rencontrent souvent le même souci.

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    Version "légèrement sulfitée" donc (17 euros chez Cavavin Oberkampf). Si Julien a apprécié, je suis bien plus réservé. J'ai retrouvé l'aspect fruité et gouleyant, ce côté "évident", mais pas avec la même intensité et pas aussi rapidement. Cette bouteille met encore plus de temps à s'ouvrir, 2009 étant vraiment un millésime à part. En conclusion : même si mon choix impose un certaine discipline, il se porte ici et sans contestation possible sur le sans soufre.

  • Jamais déçu par Karim Vionnet

    Pour le côté parfumé, délicat et digeste, vive le Vin de KaV ! L'admirable chiroubles 2008 de Karim Vionnet (14 euros à la Cave des Papilles). Je ne pense pas qu'il m'en voudra si je dis qu'il est l'un des fils spirituel de Marcel Lapierre... Son nectar présent, fleuri, subtil supporte le meilleur des qualificatifs : agréable. C'est-à-dire qu'une gorgée en appelle une autre. Mais bordel, c'est ça le vrai beaujolais ! Ce n'est pas compliqué tout de même... Cela fait tout juste quelques mois que j'ai bu ma première quille de Vionnet et j'ose l'avouer : je préfère ses vins à tous les autres du coin ! Quand l'élève dépasse le maître... à mon goût, en tout cas.

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    P.S. : sur cette vidéo que j'ai honteusement volée à mtk1999, Karim Vionnet nous parle du primeur 2010 (le "beaujolais nouveau" qui arrivera le mois prochain). Sous-titré en japonais...

  • Où trouver les vins de Marcel Lapierre à Paris ?

    Cette fin de semaine clôt un bien triste moment pour les amateurs de vins naturels. La disparition de Marcel Lapierre nous rappelle cette phrase de Sébastien Lapaque (en exergue de ce blog depuis son lancement) : "Plus jamais nous ne boirons aussi jeunes".

    Alors profitons de chaque moment pour déboucher des quilles et précipitons-nous justement sur les vins de Marcel Lapierre. A Paris, on en trouve relativement facilement. Voici quelques adresses où j'en ai vus, achetés et bus ces dernières semaines. La liste n'est évidemment pas exhaustive... Tout d'abord les caves Augé et la Grande Epicerie de Paris (c'est-à-dire le Bon Marché où le morgon est à 15,50 euros, sans doute le prix le plus bas de la ville). Mais aussi quelques boutiques un peu plus planquées comme Cavavin Oberkampf (en photo). Pour en boire au restaurant, direction le Comptoir du Relais de Camdeborde.

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    En bon Lorrain, je n'oublie pas Metz et La Vigne d'Adam qui en propose aussi sur table ou à emporter. Plus d'infos sur le site du domaine Marcel Lapierre.
  • Siné intronise le roi du morgon

    On sait tous que Siné a dessiné l'étiquette de la cuvée Raisins Gaulois de Marcel Lapierre. Par contre, on a quelque peu oublié cet extrait pourtant culte d'un vieux numéro de Groland MagZine où le dessinateur lève son verre en l'honneur du roi du morgon.

    La vidéo est visible en streaming sur le site du domaine Marcel Lapierre. Il suffit de cliquer sur l'étiquette...

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    Merci à Nicolas Esprime de nous avoir retrouvé cette vidéo.

  • Joli échange autour de Marcel Lapierre sur Europe1

    Mercredi 13 au soir, Pierre-Louis Basse est revenu sur la mort de Marcel Lapierre avec Sébastien Lapaque au cours de l'émission Bienvenue chez Basse sur Europe1. Un bel échange sur l'homme, le goût de ses vins et leur côté "intellectuel".

    Je retiens deux formules. "Marcel Lapierre était un homme d'hier et d'après-demain" (Lapaque) et "Lorsqu'on a goûté le morgon de Lapierre, on est un autre homme" (Basse).

    A retrouver sur

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    à partir de 59"40.

  • Marcel Lapierre : la presse en parle enfin

    Sur le web du vin, les hommages à Marcel Lapierre ont fusé dès l'annonce de sa mort : BourgogneLive a d'ailleurs synthétisé ces réactions ici.

    Comme le souligne 20Minutes Lyon, "la nouvelle s’est répandue plus vite aux Etats-Unis qu’en France". En effet, c'est le New York Times sous la plume d'Eric Asimov qui a rendu le premier et le plus vibrant hommage au "vigneron rigoureux qui expérimentait sans cesse". Il faisait des beaujolais "tout en nuance", "se différenciant beaucoup des autres vignerons" de cette région selon Kermit Lynch. Et l'article de finir sur cette citation de Marcel Lapierre : "j'essaye seulement de faire le vin que faisaient mon père et mon grand-père. Mais j'essaye aussi de le faire un peu mieux". Quant au site web de Decanter, il insiste lui aussi sur les hommages rendus par les internautes sur Facebook ou Twitter.

    En France, il aura fallu un peu plus de temps aux médias traditionnels français pour se réveiller. Honneur d'abord à la presse régionale. Lyon Mag parle de "l'enchanteur du morgon". Un bon mais court article de 20Minutes Lyon fait témoigner Daniel Bulliat, président de l’appellation beaujolais-villages : "c’était un vigneron mythique avec de vraies convictions". Le blog de LibéLyon annonçait aussi la nouvelle plus tôt que les médias traditionnels.

    Car il aura fallu attendre quelques heures bien longues avant que l'AFP ne réagisse pour saluer la mémoire d'un des "pionniers en France de la viticulture biologique". Dépêche reprise par le Parisien et Libération qui ne crache jamais sur un jeu de mots (plus ou moins bien réussi selon les cas) : "le biojaulais perd son père". La version anglaise du texte de l'AFP se retrouve en Allemagne, au Japon et jusqu'en Australie sur le site du quotidien Sydney Morning Herald.

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  • Marcel Lapierre, un révolutionnaire

    Tout comme Jacques Berthomeau, retrouvons sur notre étagère le livre que Sébastien Lapaque a consacré à Marcel Lapierre ("Chez Marcel Lapierre", éditions Stock, 2003).

    Lorsque j'essaye de me souvenir quel jour, quel mois ou quelle année j'ai découvert le morgon de Marcel Lapierre, j'ai autant de mal que lorsque je m'interroge sur ma rencontre avec les livres de Balzac, de Bernanos ou de Simenon. Je crois que j'ai toujours connu Illusion perdues, Les Grands Cimetières sous la lune et Le Bourgmestre de Furnes. Même sensation avec le vin de Marcel Lapierre. Je n'arrive plus à me figurer qu'il fut un temps où je n'avais jamais dégusté ses morgons, avec leur robe de belle intensité, leur nez pur et aromatique, leurs tanins soyeux, leur bouche longue et souple... Il s'est effacé de ma mémoire. Je n'arrive pas à me souvenir de l'époque où je tenais la landonne de Guigal, le saint-estèphe de Haut-Marbuzet et les bourgognes de Jadot pour de grands vins... Je l'ai refoulée. C'était un temps où j'ignorais qu'il existait des viticulteurs qui labouraient leur terre, qui n'utilisaient ni pesticides ni produits de synthèse et produisaient de beaux vins grâce à une vinification sans soufre. [...] J'ai découvert que Marcel Lapierre n'était pas le dernier vigneron à travailler à l'ancienne, comme les gazettes l'écrivent quelques fois, mais le premier à avoir appliqué à la lettre les prescriptions de Jules Chauvet, vrai père de la viticulture moderne. Celles-ci, que je dirai, ont été à l'origine d'une véritable révolution dans le vignoble français - le meilleur restant à venir. Car rien n'est jamais perdu pour toujours.

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