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Bibinographie

  • Propos sur les œufs au vin

    "Là-bas, c'était les rondeurs de poitrine de la montagne bourbonnaise,
    ses fraîcheurs de lycéenne".

    René Fallet, Les Vieux de la vieille, Denoël (1958).FullSizeRender (7).jpg

    Ce matin-là, dans le cimetière de Thionne (Allier), Blaise Poulossière se recueille sur la tombe de sa femme disparue depuis 6 mois. Le personnage du roman de René Fallet semble triste d'avoir perdu sa compagne, mais il regrette encore plus sa virtuosité derrière les fourneaux. Pour preuve, il ne lui parle que de cuisine. "C'est moi qu'à présent je fais cuire la soupe, le lard et le ragoût. [...] L’œuf, des fois je le mange à coque, ou sur le plat, ou bien au vin. Au vin, tu les faisais mieux que moi, ma  pauvre vieille". Il pleure avant tout un savoir-faire perdu.

    Je lisais ce roman un soir, en rentrant du boulot, et le lendemain matin, je découvre cet opuscule, Délices du Bourbonnais, atterri comme par miracle sur ma table à manger. Coïncidences de la vie.

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    Il s'ouvre avec une devise : "recherchons, sauvegardons, transmettons". Rien que du très connu : pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient. Oeuvre d'une association joliment baptisée Une mémoire pour l'avenir, sise à Bellerive-sur-Allier, l'ouvrage égrène les manières de préparer pâté aux pommes de terre, pompes aux grattons, pot au feu d'oie et autres recettes de ce coin de France. Rien de compliqué, rien de luxueux ; tout juste des recettes du quotidien et de quelques jours de fête.

    Et la recette des œufs au vin. Ailleurs en France, on se la raconterait ("œufs en meurette !"), on montrerait son rang social ("sauce bourguignonne!"). Non, ici on fait simple. Des œufs au vin. Et surtout du "bon vin".

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    Moi, j'ai faim.

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  • Un petit guide chic et festif du gin tonic

    Pris en flagrant délit de faire de la pub pour les éditions Marabout. Pourtant, leurs catalogues de recettes imprimés en Espagne, c'est pas trop mon truc (je suis poli). Mais comme on n'est jamais à l'abri d'un miracle, elles viennent de confier un sujet passionnant à un spécialiste passionnant.

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    Ce Petit guide chic & festif du gin tonic, écrit par Stanislas Jouenne, donne la tête aux bêtises.

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    Tout le monde a dans l'idée que le gin tonic c'est dégueulasse et tout le monde a bien raison.

    Avait.

    Pendant des années, on a coupé du mauvais gin avec du très mauvais tonic (merci Schweppes). Y a pas de secret, ça ne pouvait rien donner de bien.

    Dans les années 2000, on a assisté à une renaissance. Certains diront que c'est grâce à la puissance de frappe de Bombay Sapphire dès 1987, à l'instar de Starbucks qui aurait ouvert la voie à la "troisième vague" du café... Ce serait vite oublier la quête effrénée du meilleur gin qui s'est emparée de distilleries artisanales à travers le monde. Résultat : des produits haut-de-gamme, relativement différents les uns des autres et n'ayant rien à voir avec l'idée qu'on se faisait du gin. On peut citer le Français Citadelle, l'Anglais Sipsmith ou mon chouchou - je sais, je ne suis pas très original - l'Allemand Monkey47.  Pour honorer ces gins-là, pour ne pas les flinguer avec du mauvais, se sont développés en parallèle des tonics aux arômes naturels de quinine. Et ça fait toute la différence avec la marque citée plus haut.

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    Bien sûr, dans ce petit ouvrage, on retrouve ce qu'on n'aime pas chez Marabout. Le manque d'explications, la mise en page molle, le côté grande distrib'. Mais si on ne s'en tient qu'au texte, on fait le plein de conseils (quel gin pour quel tonic, l'importance des préliminaires, une concision qui nous fait croire qu'être barman c'est simple...) et de recettes (gin tonic citron muscade, french negroni, punch basilic...).

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    On trouve même deux recettes de cuisine façon tapas et leur accord avec un cocktail. Je n'ai pas vraiment compris ce que ça venait faire là, pourquoi 2, pourquoi pas plus. En fait, j'aurais préféré qu'on me parle d'une crème fouettée montée au gin pour accompagner un bon saumon ou quelque chose dans le genre, un truc où le gin soit vraiment partie prenante. Moi, j'en mets dans ma tarte aux poires. Bref.

    En tout cas, c'est simple mais c'est très bien foutu. C'est bon pour un début, ça vaut les 7 euros que j'ai déboursés. Ceux qui voudront aller plus loin et lire la prose de Stanislas plus avant se délecteront de Cocktails, le guide de l'expert, Histoire, techniques, 70 recettes originales chez Flammarion.

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  • Faut-il encadrer le vin naturel ?

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    C'est le débat de ce début 2016. Faut-il décider une fois pour toutes de ce qu'est le vin naturel ? Faut-il y accoler un label identifiable par tous ? Il suscite une attente forte auprès des consommateurs, paraît-il.

    Le Manifeste du vin naturel avait déjà posé le débat, dans toute sa complexité. Avouons-le, ici, nous sommes peu friands d'une règlementation. Mark Angéli avait déjà résumé la chose. Après avoir descendu son Rosé d'un Jour, on arrivait à lire cette phrase de E.E. Cummings sur le dos de l'étiquette : "Tant que nous aurons des lèvres et des voix pour embrasser et pour chanter, qu’importe qu’un fils de pute invente un instrument pour mesurer le printemps."

    Fidèles à nous-mêmes, nous sommes partisans de tourner la tête ailleurs. Et cela tombe bien, on a autre chose à faire dans la vie. Boire un coup, par exemple. Ou aller à Brême, voir le crépuscule tomber sur le port.

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    "Il était indifférent à la politique. Lui, ce qui l'intéressait, c'était de décrire le crépuscule qui tombe sur le port de Brême."

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  • Une oraison funèbre pour Marcel Lapierre

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    "Encore une fois, on n'est pas étonné d'observer que les Français des temps qui sont les nôtres, en cette matière comme dans d'autres, ne savent plus au juste ce qu'est la France. La France, ce n'est pas les vignerons hommes d'affaires vedettes des foires aux vins falsifiées. La France, ce n'est pas les vins modelés par des fermenteurs à rotors, de l'osmose inverse, de la micro-oxygénation, des ajouts de tanins, des enzymes ou des levures synthétiques. La France de Marcel Lapierre, du vin de Marcel Lapierre, c'est l'esprit rebelle, la fraternité bruyante, la subtile gourmandise, le gout délicat et l'anarchisme foncier qu'il aura incarnés mieux que personne durant trois décennies, en gros entre 1980 et 2010, dont on se souviendra longtemps".

    On a les morts qu'on mérite. Dans son recueil d'oraisons funèbres publié cette semaine, Jérôme Leroy se met dans la peau d'un Bossuet du début des années 2010. Il passe en revue Thierry Roland, Ben Laden, Amy Winehouse ou Marcel Lapierre. En tant que miroirs de l'époque, ou en tant qu'anti-miroirs, chacun raconte à sa manière la fin du XXe siècle ou le début du XXIe, l'avènement du bling-bling, du simplisme ou du vide. Et avant tout, le temps qui passe.

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  • Un accord Galette des Rois/livre... car comme il y a une pâtisserie de saison, il peut y avoir une lecture de saison

    J'avais déjà râlé il y a quelques temps sur Christophe Michalak qui utilise des myrtilles et des mûres en mai et sur Pierre Hermé qui nous sert des framboises toute l'année sur son Ispahan. C'est pourtant l'évidence même : puisqu'il y a un roulement des saisons pour les fruits et légumes, puisque les bons cuisiniers l'intègrent comme contrainte quotidienne, il n'y a pas de raison pour que les pâtissiers dérogent à cette règle naturelle.

    C'est pourquoi je fréquente assidûment la pâtisserie Des Gâteaux et du Pain, de Claire Damon. Il faut ajouter que, de toutes les pâtisseries parisiennes goûtées (faites moi confiance), c'est le plus haut niveau d'inventivité et de réalisation. Le tout couplé à un parfait respect des saisons. En ce moment, à la mi-janvier, les fruits se font rares. Hormis les agrumes... Cela donne : cheesecake au pamplemousse, tarte au citron, gâteaux aux poires, noisettes, chocolat. De la vraie pâtisserie hivernale.

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    Et de la galette des Rois, même si là, on a plus de latitude avec les saisons. Je suis un bon cobaye, je ne cours pas après les galettes. Le feuilletage m’écœure vite, la frangipane me lasse, la tradition m'ennuie. J'avoue que je ne suis pas resté insensible à cette galette polonaise : feuilletage caramélisé (ça change), crème vanille-amandes (gourmand) et fruits confits (tout le monde a l'impression d'avoir la fève). D'ailleurs, il n'y a pas de fève dans cette galette, il faut l'ajouter soi-même. Quelques clients habitués à qu'on leur fasse tout rechignent un peu. Pourtant, c'est un bon système pour éviter de tomber sur la fève au moment de la découpe. Le tout s'avère assez extra. 

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    Et avec ça, qu'est-ce qu'on lit ?

    Oui, parce que le pinard c'est sympa mais les traditionnels pétillants avec la galette, on a déjà donné. Accompagnons la galette d'un bon livre, qui fasse autant voyager que les épices de Claire Damon. D'ailleurs, la lecture ne peut-elle pas, elle aussi, suivre les saisons ? C'est vrai, le livre n'est pas périssable heureusement et le lecteur garde sa liberté. Mais lire le très rohmérien Adieu aux espadrilles d'Arnaud Le Guern à la fin des vacances d'été vous plonge directement dans l'ambiance.

    Idem avec Gaspard, Melchior et Balthazar de Michel Tournier, ouvert en ce début janvier. C'est vrai, on ne sait rien des Rois Mages. L'écrivain a décidé de leur inventer un passé afin d'expliquer ce qui les mène à Bethléem. Pour rappeler que l’Épiphanie n'est pas qu'une galette.

    "Le poète l'a dit : l'eau qui stagne immobile et sans vie devient saumâtre et boueuse. Au contraire, l'eau vive et chantante reste pure et limpide. Ainsi l'âme de l'homme sédentaire est un vase où fermentent des griefs indéfiniment remâchés. De celle du voyageur jaillissent en flots purs des idées neuves et des actions imprévues.  [...] A ce propos, j'ai répugné à faire partir mes compagnons et mes esclaves sans leur donner d'explication. Je leur ai parlé d'une visite officielle à un grand roi blanc des rivages orientaux de la mer, et j'ai cité un peu au hasard Hérode, roi des Juifs, dont la capitale est Jérusalem. C'était trop de scrupules. Ils m'ont à peine écouté. Pour ces hommes qui sont tous des nomades sédentarisés - et malheureux de l'être -, partir trouve sa justification en soi-même. Peu importe la destination".

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  • Le vin naturel contre les robots

    Le thé était une rareté,
    le café avait un goût d’eau sale,
    les cigarettes étaient en nombre insuffisant.
    Rien n’était bon marché et abondant, à part le gin synthétique.
    George Orwell, 1984

     

    En réalité, j'ai compris ce que vous voulez. Vous voulez d'un monde où tous se ressemblent. D'un univers standardisé où pas un poil ne dépasse, c'est ça qui vous excite, l'égalitarisme poussé à son paroxysme. Que le soleil soit de la partie en août, qu'il neige à Noël. Sinon vous râlez, vous perdez vos repères.

    Vous voulez d'un monde où tout le monde pense pareil. Une espèce de consensus mou ou, au contraire, une simili dictature qui extermine toute pensée singulière, toute pensée tout court. Vous désirez ardemment un monde aseptisé, où vous n'aurez pas peur. Les tomates doivent être bien rondes, bien rouges, même en plein hiver. Et je ne parle pas que de la bouffe. 1984 ne vous a pas servi de leçon.

    Quant au vin, la question est définitivement réglée. Champagne pour les grandes occasions - ça tombe bien, il a le même goût tous les ans. Du liquoreux avec le foie gras, du porto avec le melon en entrée, le vin-super-que-me-fait-parvenir-le-grand-oncle-de-ma-belle-soeur-qui-a-un-filon-en-or mais vous savez à peine où il est produit... Et j'en passe. Des réflexes pavloviens. Et partout des vins trafiqués que l'on fait passer pour des produits d'exception. Dans vos têtes, dans vos verres, rien ne vit. Le "gin de la Victoire" que buvait Winston Smith avait le même goût de mort.

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    Alors le milieu du vin naturel, avec ses contradictions, ses différences, son joyeux bordel, son flou plus ou moins artistique, vous n'aimez pas. Ou vous ne le connaissez pas vraiment. Antonin Iommi-Amunategui essaie pourtant de vous l'expliquer*. Avec la facilité d'écriture qu'on lui connait, il questionne, donne la parole, tente de définir, dresse des perspectives. Il remet de la vie dans cet univers du vin que beaucoup perçoivent, à raison, comme très ennuyeux. Le vin naturel contre les robots.

    Mais de toute façon, vous ne lisez plus. Farenheit 451 ne vous a pas servi de leçon. Et pourtant, à l'instar des voyages, la littérature et le vin constituent des écoles de la vie, c'est-à-dire des zones de véritable libre-échange, un reflet de la complexité du monde et de la complexité des êtres.

    La question n'est pas de savoir si le vin naturel est meilleur ou s'il est déviant (terme affreux et inutilisable en l'espèce). La question, c'est : arrivons-nous trop tôt ou trop tard ?

    La vie était la lumière des hommes ;
    et la lumière luit dans les ténèbres,
    et les ténèbres ne l’ont point comprise.
    Jean 3:4

     

    *Manifeste pour le vin naturel, Antonin Iommi-Amunategui, éditions de l'Epure-Marie Rocher.

     

    ***

    ENGLISH VERSION Manifesto for a natural life

    I actually understood what you want. You want a world where we all look alike. A standardized world where not a hair exceeds, that's what excites you, egalitarianism at its climax. The sun in August, snow during Christmas. If not, you lose your bearings.

    You want a world where everyone thinks the same. Something like a soft consensus or on the contrary a almost-dictatorship that exterminates any singular thought, any thought. You yearn for a sanitized world, where you will not be afraid. Tomatoes must be perfectly round, bright red, even in winter.

    READ THE FULL ARTICLE IN ENGLISH HERE !

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  • Un polar pour comprendre la Grèce d'aujourd'hui

    Les conseils littéraires de Jérôme Leroy sont d'or. Quand il nous enjoint de lire Petros Markaris, on lui emboîte le pas.

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    L'affaire se passe à Athènes, en 2010. On retrouve des financiers décapités au moment où des tracts appellent à la désobéissance bancaire - que plus personne ne rembourse ses emprunts ! Tout au long du livre, Markaris éclaire le quotidien de cette Grèce tant aimée : les vieux qui n'ont plus les moyens de se payer leur indispensable café, les coupes dans les salaires, la difficulté de partir en vacances, la peur de la retraite, les relations tendues avec le reste de l'Europe... Liquidations à la grecque (éditions du Seuil) constitue le premier volet de la Trilogie de la crise.

    Le polar est souvent un miroir de la société, c'est entendu. Le livre de Markaris rejoint une réflexion de Jérôme Leroy, encore lui, glanée dans L'Ange gardien (Gallimard). 

    "Parfois, Hélène Rieux ou d'autres reprochent à Martin Joubert d'écrire des romans noirs. Martin Joubert répond en général qu'il n'a jamais eu le désir particulier d'écrire des romans noirs, juste celui de parler de son temps. Ce n'est pas sa faute tout de même, si le simple fait d'écrire un roman aujourd'hui en racontant honnêtement ce qui se passe, ça devient naturellement un polar. Ce n'est tout de même pas sa faute si c'est le réel qui est devenu un roman noir".

  • C'est dès aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies

    Tronches de vin 2, la suite du guide des vins qu'ont d'la gueule ! Après la première édition publiée en 2013, nous sommes maintenant 6 blogueurs pour dresser le portrait de 120 nouveaux vignerons !

    Juste une chose : l'une de nos belles réussites est d'y faire figurer pas mal d'artisans qui n'ont jamais eu les honneurs d'un guide. Trop jeunes, trop planqués, trop hors-système ! 

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    Et quelques infos supplémentaires ici !

    ***

    ENGLISH VERSION : Today this wine guide in all good bookshops

    "Tronches de vin 2" ! After the first edition published in 2013, we are now 6 bloggers who have written about 120 new winemakers !

    Let me underline the fact that some winemakers never had been in a wine guide. Too young, too hiden, too off-beaten tracks !

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  • Où mater un vigneron à poil ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    C'est page 178, bande de gros cochons ! Ah bon, vous ne me croyez pas ? Attendez de l'avoir dans les mains.

    Sinon, pour celles et ceux portés sur la gent féminine, sachez qu'il y a aussi un cortège de jolies vigneronnes et quelques décolletés...

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 eurosde bons bordeaux, des conseils pour bien choisir beaujolais et muscadet et une idée pour régler le conflit israélo-palestinien

    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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  • Où confronter vin israélien et bière palestinienne ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Page 94 contre page 144 !

    Mais plutôt que de les opposer, on peut les réunir. Pour l'apéro, quelques bières 100 % palestiniennes bien fraîches avant d'attaquer quelques mezze (ou une belle volaille de Bresse et un selles-sur-cher) accompagnés d'un chenin israélien... Et on réglait le conflit israélo-palestinien dans le verre ?

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros, de bons bordeaux et des conseils pour bien choisir beaujolais et muscadetRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Où changer d'idée sur le beaujolais et le muscadet ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 16, 54, 62, 138, 152...

    J'entends encore trop souvent que ces vins-là sont indignes d'un buveur. Faisons l'analogie : on connait des restaurants qui sont dégueulasses, condamne-t-on pour autant tous les restaurants ? Comme partout, il y a des gens qui font bien leur travail. Certes, ils ne sont pas très nombreux ; leurs vins n'en sont que plus appréciables.

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros ainsi que de bons bordeauxRendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Où dénicher de bons vins de Bordeaux ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 14, 18, 58, 102...

    Et bien oui, cela existe encore. Des vignerons valeureux qui, non contents d'offrir des nectars admirables, n'obligent pas le buveur à avoir recours aux services d'un organisme spécialisé dans les prêts à la consommation. 

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros.

    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Où trouver des vins naturels à moins de 5 euros ?

    Réponse archi simple : dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 132, 138, 152...

    Certains tristes sires considèrent qu'il faut mettre forcément le prix dans un vin, d'autres s'offusquent que le mieux est toujours le plus cher. Non, on trouve aussi quelques jajas bien faits et bien buvables, qui ne pètent pas plus haut que leur cul, pour une poignée d'euros ! Il existe encore des vignerons qui, pour plein de raisons, n'assassinent pas sur la facture. J'espère même pour eux que le vin va finir par être vendu plus cher.

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    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

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  • "De chez nous" : toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la fronde

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    Lors d'une nuit déjà avancée, il y a quelques années, je croise Sébastien Lapaque entre La Crémerie et Le Moose. Les habitués du Carrefour de l'Odéon situent bien. Sourires, poignées de main. "Viens boire un coup avec nous !" À ses amis, il me présente ainsi : "c'est Guillaume, il est de chez nous". La soirée finira bien plus tard, magnums de bourgueil Les Perrières 2006 (de Catherine et Pierre Breton) et d'Au Hasard et souvent (Jean-Christophe Comor) faisant foi.


    Cet écrivain que je tiens comme les plus grands parmi nos contemporains n'a que ce qualificatif à la bouche, depuis des années. Untel ou un autre est "de chez nous". Mais ça peut être un mort aussi, une bouteille, une idée, un moment... Christian Authier, poussé par Sébastien, a décidé d'écrire là-dessus. De tenter de définir ce qui est "de chez nous".

    Il y a Germaine Tillion, figure incontournable de l'histoire de France. Il y a Jean-Pierre Melville. Il y a les écrivains que trop peu de gens lisent comme Bernard Chapuis et Stéphane Hoffmann. Il y a des vignerons et leurs quilles, Eric Callcut et Comor à nouveau. Il y a des anonymes.

    Il y a aussi des idées, des débats, des symboles, des moments, une "chose qui échappe aux mots". Christian Authier ne passe pas sous silence la complexité de l'histoire et celle de l'homme : les extrémistes de droite et les communistes qui se rassemblent à Londres en 1940, les héros de la France Libre qui devient des ordures pendant la guerre d'Algérie. La mainmise des financiers sur nos vies, les épineuses questions communautaires. Ni ce qu'est devenu le football. L'écrivain aborde aussi les voyages dans un long passage extrêmement touchant, on en reparlera très bientôt. Qu'il définisse ici un élément tangible, ailleurs un concept humain, "De chez nous" est un manuel de survie.

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    J'imagine que certains esprits étroits verront quelque chose de nationaliste derrière ce titre. Splendide bêtise. En réalité, ce n'est pas un livre sur la France. Car la réalité de la France s'avère trop souvent le règne du pognon sur la poésie, ou celui de la vulgarité sur les beaux chenins de Loire. Ce n'est pas un livre sur la nationalité, ni l'exception culturelle. C'est un livre sur l'histoire, le courage, la littérature, le cinéma, la bêtise, le vin naturel, bref sur tout ce qui fait un être humain.

    Me revient une autre phrase de Sébastien, justement, mise de côté pour des moments comme ça : "Aimer la France, c'est toujours aimer autre chose que la France".

    "De chez nous", Christian Authier, Stock, sortie fin août 2014.

    "Si tant de choses qui nous étaient chères se sont évanouies, nous savons qu'elles reviendront, ici ou ailleurs. Il se pourrait que la France que nous portons dans nos cœurs disparaisse. Un temps ou pour toujours. Ce n'est pas grave. Nous irons la reconstruire. Au Québec, au Brésil, sur une île. Qu'importe. Nous ne nous rendrons pas. Nous vivrons dans les marges, là où on ne nous dérangera pas pendant que nous sifflerons des mélodies légères. Le vent glissera sur nos cheveux de réfractaires aux soifs contemporaines, n'exigeant pas d'avoir tout, tout de suite, préférant les contraintes choisies aux conventions qui humilient".

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  • Un petit tour sur une île grecque

    Embarquer pour les Sporades, le temps d'un week-end. Criques paradisiaques, touristes locaux et deux restaurants à la fois simples et sublimes.

    D'ici là, pendant les trois heures de bateau entre Volos et Skopelos, relire un roman d'un amoureux de la Grèce, Jérôme Leroy.

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    L'histoire sordide de la France au tournant du siècle dernier, au moment où il ne reste pas beaucoup de possibilités pour échapper à la spectaculaire économie de marché et à son corollaire du quotidien, la vulgarité du monde. Il subsiste, même s'ils sont confinés, le vin naturel, les voyages, l'art.

    "Il ne s'agissait pas là, pourtant, d'une attitude élitiste, d'un goût spécieux pour les marges inconnues du patrimoine. Non, pour autant que je m'en souvienne, il y avait plutôt chez moi une angoisse sincère et assez commune devant un monde où disparaissaient les différences, les couleurs, les atmosphères. L'art me semblait un moyen de résistance, un refuge ultime." (Jérôme Leroy, Monnaie Bleue, éd. La Table Ronde)

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  • Emmanuelle Riva plutôt que Patrice Evra

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    J'aimerais que mon œil pétille autant que celui d'Emmanuelle Riva. J'aimerais avoir la diction à la fois parfaite et si particulière d'Emmanuelle Riva. J'aimerais avoir la mémoire sans anicroche d'Emmanuelle Riva.

    Savannah Bay, de Marguerite Duras, c'est justement une pièce sur la mémoire, donc sur la vieillesse, la mort et avant tout, sur le temps qui passe. C'est toute l'histoire de l'art occidental, cette volonté de vouloir saisir le temps qui passe.

    Madeleine discute avec une jeune femme (sans doute sa petite fille) de la mort de sa fille il y a quelques décennies à Savannah Bay, au Siam.  Morte car "trop de bonheur". Souvenirs, oublis, mensonges, humour, beaucoup de tristesse. Mais entre les lignes, c'est le temps qui passe, et donc la vie, qui transparaît.

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    Dans le rôle de Madeleine, Emmanuelle Riva est étincelante. Son talent hors norme évincerait presque celui d'Anne Consigny. On se croirait en plein "Hiroshima mon amour" (scénario de Duras déjà). Hier, j'ai retrouvé Emmanuelle Riva, identique à son rôle dans le chef-d'œuvre sauf qu'elle a 87 ans. Non, la vieillesse n'est pas un naufrage.

    Alors ce soir, plutôt que s'exciter sur 22 couillons qui tapent dans la baballe, direction le théâtre de l'Atelier. Il reste des places pour Le Square à 19h, et Savannah Bay à 21h.

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  • Comment définir un Parisien ?

    Le poète Léon-Paul Fargue, malheureusement tombé dans l'oubli depuis quelques temps, avait ciselé cette phrase dans son ouvrage, "Le Piéton de Paris", cri d'amour dédié à sa ville.

    "Le Parisien aime les livres, goûte la peinture, connait les restaurants dignes de porter ce nom".

    On était en 1939. Je ne sais pas si c'est toujours le cas pour les livres et la peinture, je m'interroge aussi grandement sur les restaurants.

    En tout cas, on notera la perspicacité du propos, en ce qui concerne la définition d'un bon restaurant. Quant à la définition du Parisien, on espère qu'elle est toujours valable, sans trop y croire.

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    (image extraite d'un bel article sur le blog Paris secret et insolite,
    elle-même récupérée sur un numéro de Marianne Magazine de 1939) 

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  • Échapper à la médiocrité

    "Lui avait la modestie de ne pas rêver d'un destin grandiose tout en sachant qu'il s'efforcerait d'échapper à la médiocrité, au morne défilé des jours qui se ressemblent dans leur grisaille peuplée de vaines habitudes".

    Christian Authier, Soldats d'Allah, Stock.

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    Ça vient de sortir. Moi, si j'étais vous, j'irais faire un tour chez mon libraire.

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  • Mimi Fifi et Glouglou, c'est moi

    J'avoue avoir été contrarié en lisant les premières pages de Mimi Fifi & Glouglou. J'avais l'idée d'un bon titre pour cet article, d'une référence à Flaubert, et v'là t'y pas qu'elle apparaît texto dans la préface de cette bande dessinée. Tant pis, je la garde quand même ! Car c'est tout moi dans ces pages. Déjà, les trois compères imaginés par Michel Tolmer, je les connais depuis les quelques planches disséminées au gré des humeurs sur le site Glougueule. A force de les lire sur écran, je faisais un transfert. Sous couvert de dégustation, ils caressent le vin naturel comme d'autres leur violon : essayer de comprendre son propre goût c'est un sport, c'est de l'entrainement. Mais lorsqu'on a l'ouvrage entre les mains, c'est encore plus flagrant : ces copains de goulot, ces stakhanovistes du lever de coude, ces arsouilles engoncés dans leurs (fausses) certitudes, c'est moi, c'est toi, c'est nous.

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    Mais on ne s'arrête pas en bon chemin. A mon sens, Mimi Fifi & Glouglou n'est pas une simple B.D. d'introduction au vin, ni une satire de dégustations incontrôlables. Non, c'est avant tout un pamphlet contre la standardisation de toute chose. Ou plutôt un traité sur la complexité de l'univers. Complexité du vin bien sûr et surtout complexité des caractères de chacun des personnages. Amitié, convivialité, éclats de rire, tendresse, mais aussi idées reçues, préjugés et mauvaise foi : le vin n'est que le révélateur de tout cela. Mimi, Fifi & Glouglou ont autant de (prétendues) déviances que les vins qu'ils boivent. Bref c'est une B.D. sur la vie, tout court. Comme Madame Bovary.

    A ce propos : en réalité, Flaubert n'aurait jamais prononcé ce célèbre mot sur son héroïne. Par contre, Eva me l'a clairement dit dans un message la semaine dernière. "Mimi Fifi & Glouglou page 70, c'est toi". Elle n'a pas tort.

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    Mimi Fifi & Glouglou, petit traité de dégustation, Michel Tolmeréditions de l'Epure, 22 euros. Et minute autopromo : Michel Tolmer avait aussi colorié la couv´ de Tronches de Vin.

  • J'ai lu le supplément Vins de L'Express, j'aurais mieux fait de m'abstenir

    Je me propose aujourd'hui de vous faire économiser temps et argent, en donnant mon avis - qui ne vaut pas grand-chose - sur le supplément Vins et champagnes 2013 de L'Express. Vous le trouverez dans les kiosques cette semaine.

    Convenu. C'est convenu. Voilà le mot que je cherchais pour qualifier le magazine sur lequel ont bossé la rédaction de L'Express et l'équipe de Bettane et Desseauve. Oh là, attention, on se calme : je n'aurais pas fait mieux, j'aurais fait différent.

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    Tout commence par un édito de Philippe Bidalon, le monsieur vins de L'Express. Petit texte qui touille un peu tout : le rachat d'un château de Gevrey par les Chinois, les jeunes qui ne boivent pas de vin, le vin qui s'exporte bien, l'impossible délocalisation de la production... Bel esprit de synthèse, je remarque. Quoique les textes journalistiques qui terminent par une question ("exception ou mal français ?" en parlant du fait qu'on couvre souvent ce secteur commercial d'opprobre), je n'en suis pas franchement partisan.

    Michel Bettane passe en revue les primeurs bordelais : pour lui, 2012 ne ressemble à aucun autre - ce qui est le propre du climat, de la nature, non ? Malgré tout, la détermination des experts à porter sur les vins "un jugement assuré, immédiat et le plus souvent établi à partir de la dégustation d'un seul échantillon" n'a pas fléchi. Et pourtant, juste au-dessus, le critique respecté avouait que les échantillons dégustés ont été variables d'un jour à l'autre, voire d'une bouteille à l'autre... Bonne nouvelle en tout cas, Bordeaux découvre le vin vivant. Mais dans ce cas-là, faut-il continuer à croire les experts si le vin est à ce point changeant et qu'ils n'ont goûté qu'une fois ? Suivent notes et commentaires de dégustation qui eux ressemblent à ce qui existait déjà l'an dernier. Convenu, disais-je. Je remarque par contre qu'on s'intéresse moins aux grands crus que plus personne ne peut plus se payer, mais on tape dans la catégorie en-dessous où il y a forcément de belles affaires.

    Je n'ai pas compris pourquoi, quelques pages plus loin, on n'échappe pas à l'interview de Bernard Magrez. Peut-être qu'on a considéré à L'Express qu'on l'entendait rarement et que son point de vue manquait dans la presse du vin. Le titre de l'interview ? "Le négoce est essentiel aux vins de Bordeaux". Je veux bien le croire. Je préfère m'amuser de l'empathie du journaliste envers son sujet d'étude. Philippe Bidalon présente Magrez comme le "plus fin observateur - et acteur important - du marché bordelais", "un diable d'homme", "un inclassable entrepreneur", vantant "sa débordante énergie". Jusqu'à cette question : "qu'est-ce qui fait courir Bernard Magrez ?". On y apprend que chaque matin il se lève "très tôt" pour faire "de la gym". Et le vrai vin dans tout ça ?

    Suit un papier sur la fin du mythe Parker. Soit. Un autre sur le vin de Chambertin, dont on apprend qu'il était le préféré de Napoléon. Soit. C'est pas un peu convenu tout ça ?

    Direction le Liban maintenant, pour un tour d'horizon du vignoble. Très intéressant. Mais pourquoi là, pourquoi maintenant ? Peut-être que cela fait suite à la dégustation des vins du Liban le 14 mai dernier à Paris, grand raout organisé par une agence de relations publiques ? Surtout, surtout on oublie la locomotive du vin libanais, le merveilleux Musar. C'est comme si je faisais un dossier sauternes et que j'oubliais Yquem (quoique venant de moi, ça serait normal). 

    Viennent ensuite des papiers orientés business : le patron français de la Bourse de Londres qui "est en train d'écrire une page des vins du Rhône", rien que ça. Un autre sur les banques qui investissent dans le vin ("les nouveaux seigneurs du vignoble") pour faire du pognon (euh pardon, "pour diversifier leurs investissements"). Avec un petit encadré qui explique comment miser sur la continuelle progression des prix des grands crus, en résumant bien le quotidien des gestionnaires de patrimoine : composer pour les clients une cave de domaines renommés et attendre que la cave prenne de la valeur avant de revendre "afin d'engranger une plus-value". Une vision ultra-capitaliste qui va sans doute plaire à tous les amoureux du vin... 

    Convenu, je me répête. Et je ne vais pas vous balancer tout le chemin de fer non plus. Je vais juste m'attarder sur un problème que je considère comme fondamental pour ce genre de supplément, un problème là aussi très classique. Je ne parle pas du fait que l'édito voudrait que les jeunes boivent plus de vin et que le contenu du hors-série ne leur donne pas envie. Non, je suis plus terre-à-terre, limite parano : moi, ça m'embête qu'on parle d'un vin et qu'il y ait un encart publicitaire pour ce même vin quelques pages plus loin. Mais je suis peut-être le seul...

    Des exemples ? Le Château Gloria a payé pour deux belles publicités (pages 9 et 65) et s'est vu octroyé une critique (note de 15,5/20). Roederer (un champagne qui "brille par son raffinement aérien") se montre sur une page entière (p. 4). On voit aussi un encart (p. 63) pour le Château Sainte-Roseline dont la directrice est interviewée page 72 : la cuvée mise en avant quelques pages auparavant est décrite par le journaliste comme "exceptionnelle"... Pour Pavie qui sort aussi le chéquier, on fait une longue interview du patron du domaine 20 pages plus loin. 3.JPG

    Mieux : pour Château Latour-Martillac, il suffit de tourner la page où s'affiche la pub (p. 15) pour voir apparaître les commentaires élogieux : "16,5/20", "très grande finesse", "très bien fait". Reste encore que certains annonceurs n'ont pas eu droit à leur commentaire ; ils seraient en droit de gueuler non ?

    Il y a aussi l'article consacré au rhum Diplomatico en fin de cahier. Pourquoi ce papier ici ? Je n'ai pas la réponse. Par contre, il faut vraiment que je fasse soigner ma parano, car juste après l'article du journaliste j'ai remarqué une pleine page de pub pour... le rhum Diplomatico !

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    Allez, je m'arrête là. Je n'ai pas dû me faire que des amis. Quand je pense que je n'ai même pas reproché à ce magazine d'oublier vins bios et naturels...

    Juste une dernière info pour les lecteurs attentifs des divers blogs sur le vin. L'ours nous apprend que c'est Nicolas qui est en charge de la coordination de ce supplément, c'est sans doute lui qui a écrit les meilleurs articles, c'est dire.

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  • Tronches de Vin : 117 bonnes raisons de lever le coude

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    envie

    tronchable

    polyvalent

    ...

    Voilà ce qui sort de la bouche de ceux qui ont feuilleté Tronches de Vin, le guide des Vins qu'ont d'la gueule en avant-première. Mon mot préféré m'a été soufflé par une jeune femme qui a tout résumé avec coup. Avant d'expliquer : le coup peut être de chance (d'avoir un livre pour découvrir le vin naturel), de coeur (pour un ou plusieurs vins), de foudre (pour un ou plusieurs vignerons), de gueule (contre ceux qui se font encore une idée trop certaine du vin), de folie (pour tous ces fous-fous de vin) ou encore, de grâce. 

    J'aurais dû finir mon billet là-dessus, ça aurait eu d'la gueule. Mais il faut que je précise quelque chose. Déjà, Tronches de Vins, c'est notre bébé à EvaAntoninOlivierPhilippe et moi ; il consiste en une galerie de portraits de 117 vignerons et accessoirement de leurs vins. Soit 117 bonnes raisons de lever le coude. Que cela soit clair entre nous, ce n'est pas un énième guide qui viendrait alourdir votre étagère ou caler l'armoire de mamie. Ici, on ne parle pas de nez rappelant le cuir de Russie, ni d'arômes de sous-bois après la pluie, ni d'Yquem, ni de Mouton-Cadet, encore moins du Baron de Lestac : nous, nous préférons parler de vin. Et de la femme ou de l'homme qui lui a donné naissance.

    Et puis, abolissons les privilèges ! Car un autre monde du vin est possible en rendant Tronches de Vin accessible au plus grand nombre. Et ça tombe bien, voici l'information fondamentale : en ce matin ensoleillé du vendredi 15 mars, notre livre est en vente dans toutes les bonnes crémeries librairies. Sans oublier les cavistes et restaurants qui le proposent à la vente. Il suffit de détecter la tronche de Michel Tolmer, née grâce aux éditions de l'Epure et à Marie Rocher.

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    Je n'ai pas trop besoin de refaire l'historique, car Philippe et Eva ont déjà expliqué tout le cheminement. Antonin lui, donne le programme des jours à venir, c'est par ici. Et d'ailleurs, le prochain rendez-vous, c'est demain à Besançon avec Olif et tous les autres.

    Et on n'est pas les seuls à en parler. Après des mentions sur RTL, Europe1, Le Mouv, Le Parisien, Terres de Vins, et j'en oublie, il est grand temps de laisser Tronches de Vin vivre sa vie entre les mains de chacun. Et moi, c'est vraiment ce qui m'intéresse. Vous tous, qu'en pensez-vous ?

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  • René Fallet contre les vins "trafiqués"

    Tout le monde a visionné La Soupe aux Choux, oubliant que ce mauvais film était une adaptation d'un roman éponyme de René Fallet. Tout le monde n'est pas sérieux, c'est entendu. Vraiment, il aurait mieux valu s'en tenir au livre - qui ne commence pas comme le film et ne se termine pas non plus de la même façon.

    Nous sommes ici vers la fin de l'histoire. L'extraterrestre baptisé La Denrée vient de multiplier les louis d'or du Glaude Ratinier. Fort de cette manne, le paysan bourbonnais en dépense une bonne part en vins d'exception ("des bordeaux, des bourgognes et même du champagne"). Faut dire que ça le changera du petit bleu. Une fois à la maison, il goûte ses acahts avec son compère le Bombé.

    On avait sauté sur le tire-bouchon. On avait goûté une bouteille, puis deux, puis trois. Chérasse avait repoussé l'offre de "casser la gueule" à une quatrième.

    - Ca vaut pas le coup, le Glaude.
    - Pourquoi ? C'est du supérieur, non ?
    - Je dis pas, mais ça me barbouille. J'aime autant mon petit pinard qui vient de l'Hérault.  Pas toi ? Il est plus gouleyant, plus fruité.
    - J'étais en train de me dire la même chose. Ca me tape derrière la tête, alors que ça m'y fait jamais avec mon douze degrés du Var.
    - On doit rien y connaître, mais j'y connais quand ça me dévore.
    - Moi aussi. Je me demande ce qu'y foutent là-dedans pour valoir des deux mille balles et plus.
    - C'est sûrement trafiqué si tu veux mon idée. [...]

    A son âge du moins, l'argent, non content de ne pas faire le bonheur, ne servait pas à grand-chose. Il en avait toujours eu assez pour s'offrir un litre, et même deux, et du bon qu'on n'avait pas à s'envoyer de l'aspirine après l'avoir sifflé !

  • La cuisine : des métiers, une passion (teasing)

    Après avoir travaillé sur le cinéma, Marilyne et Franckie ont mis le cap sur le miam et le glou. A la rentrée, va cartonner leur nouveau livre baptisé La Cuisine : des métiers, une passion (éditions Milan). L'idée, c'est de présenter aux jeunes gens avides de connaissance (et d'orientation) tous les métiers qui se rapportent à la gastronomie : du chef au designer culinaire, du maître d'hôtel au poissonnier, du pâtissier au vigneron. Et j'en passe.

    Question pinard justement, plutôt qu'une longue bibliographie en fin de volume, ils ont inséré au milieu du chapitre consacré au vin quelques renvois vers des blogs appréciables et appréciés comme ceux d'Eva, Stéphanie, Aurélia, François, Olivier, JacquesAntonin, David, Philippe... Et là encore, j'en passe. 

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    Première photo en exclu. Pour la suite, il faut être patient et lorgner par ici. Evidemment, on en reparlera.

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  • Les idées biscornues

    - Vous pensez trop, dit Montag, mal à l'aise.
    - Je regarde rarement les murs-écrans et je ne vais guère aux courses ou dans les Parcs d'Attraction. Alors j'ai beaucoup de temps à consacrer aux idées biscornues, je crois.

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    (Extrait d'un des plus ardents brûlots jamais écrits, à la page 31 de la présente édition).

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  • Quelques mots d'argot vinique pour fleurir son vocabulaire

    En visitant la Biturie, j'ai mis pas mal de soviétiques à l'abri de la pluie et j'ai pris une ronflée. Le lendemain, c'était le casque avec la pointe à l'envers. Faut bien avouer qu'à force de m'arsouiller, je vais finir par être de la tétine. 

    C'est tout de même plus joliment dit que "je me suis rendu dans plusieurs débits de boissons où j'ai bu pas mal de verres de vin rouge et j'ai fini ivre. Le lendemain, j'ai eu une forte migraine. A force de débauche, je vais finir alcoolique".

    L'argot, c'est de la poésie mais pas que. C'est un patrimoine qu'on utilise pour sortir de la grisaille. Le formidable travail de Martine Courtois est d'avoir compilé tout cela dans un petit ouvrage intitulé Les Mots du vin et de l'ivresse (éditions Belin). Le livre a été publié en 1984 et en poche il y a deux ans.

    les mots du vin et de l'ivresse,martine courtois,belin

    Aux buveurs curieux, ce vade-mecum permet de fleurir son vocabulaire. Petit florilège. 

    D'abord, le vin. Le lait de l'automne, la purée septembrale, la tisane de vigne, la décoction de vendange, la tisane à Richelieu (qui lança la mode du bordeaux à la cour de Louis XV), la vierge qui vous pisse dans le gosier ou encore un tumec (un alcool fort, dérivé de tue-mec). Chez le rogomiste (le marchand de vin chez Flaubert, notamment), on peut acheter une roteuse (une bouteille de champagne, à cause du bruit qu'elle fait quand on la débouche et de ses effets sur le buveur). Un soviétique, c'est un verre de vin rouge. 

    A force de parler de vin, j'ai les oreilles qui fanent : j'ai soif. 

    Buvons donc un verre de vin. Asphyxier une négresse ou un pierrot (boire une bouteille de rouge ou une de blanc), en mettre un à l'abri de la pluie, travailler dans un fabrique de buvards (sous-entendu, tellement il pompe), faire carousse, tirer au chevrotin (boire à l'outre), s'arroser la meule (c'est-à-dire la langue), relever une sentinelle (aller au bistrot), visiter la Biturie (faire la tournée des bistrots)... 

    Forcément, on finit ivre ; c'est là que le vocabulaire est le plus fourni. Prendre un bain, battre les murailles (marcher en zigzag dans la rue), tenir une bonne bersillée (dérivé de Bercy, le quartier de Paris où arrivait les tonneaux de vin), avoir un coup dans les carreaux, charmer les puces (le soir, pour éviter de les sentir nous mordre), avoir un coup de chasselas (sans doute dérivé de schlass), être gris comme un cordelier (ce moine à l'habit gris a la réputation de boire beaucoup), prendre une maculature (comme souvent, c'est un jargon d'imprimerie : une feuille qui a pris un excès d'encre), prendre une ribote ou chicorée (ivresse), être de corvée de cirage, être noir, être kanak ou sénégalais, être encoqué, prendre un coup de soleil à l'ombre, avoir la crête rouge, prendre une ronflée, être rond comme une balle, une bille, un boudin, une boule, une barrique, une bûche, un cul de bol, une citrouille, un disque, une futaille, un oeuf, un petit pois, une queue de pelle, une soucoupe...  

    Notons aussi qu'un ivrogne malade est un fa bémol car il vaut mi (vomit). S'il est près de tomber par terre c'est plutôt un fa dièse (car il est près du sol). Uriner se dit poliment faire place à un verre de vin. Et le lendemain, c'est la migraine : avoir le casque avec la pointe à l'envers. C'est le revers de l'arsouille (mener une vie de débauche).

    Le plus gros risque est de finir alcoolique. Etre baptisé avec une queue de morue (comme tout ce qui est salé, la morue entretient la soif), avoir la maladie de Bercy ou être né sur les coteaux de Bercy, avoir le piment sale (le nez rouge de l'ivrogne), être de la tétine... 

    D'autres exemples ?

  • Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de l'œuf mayonnaise

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    C'est un chef-d'oeuvre en péril. Partout, dans les prétendus bistrots, dans les brasseries dégueulasses, dans les lounges hors de prix, les oeufs ressemblent à des éponges, la mayonnaise sort d'un tube et la feuille de salade provient de chez Tricatel. L'important est d'aller plus vite et de se faire une marge la plus importante possible. Sauf chez certains résistants (sur la photo, c'est Le Comptoir du Relais d'Yves Camdeborde) où on travaille encore ce symbole, ce pilier, cette merveille de la gastronomie française, accessible à tous et tellement vidée de son goût.

    Cet état de fait, indéniable aujourd'hui, est le point de départ d'une merveilleuse fable écrite par Benoit Duteurtre intitulée "Le Retour du Général". Ulcéré par une énième directive européenne sur les sauces émulsifiées, un écrivain lance une pétition dans un grand quotidien demandant la suppression dudit texte et l'interdiction des mayos industrielles en tube. Au même moment, un personnage célèbre intervient sur les écrans. On croit d'abord à un piratage mais au fur et à mesure des apparitions sur les télés, il faut bien se résoudre à l'évidence : c'est le Général de Gaulle et il est bien vivant. A chaque allocution, il prend prétexte de cette histoire de sauvegarde de l'oeuf mayonnaise.

    "Pour dérisoire qu'elle puisse paraître, l'affaire de l'oeuf mayonnaise a montré, parmi tant d'autres exemples, comment l'Europe est devenue l'empire du renoncement, pressé d'en finir avec ses caractères et sa diversité pour se soumettre aux seuls intérêts du capitalisme mondial. [...] On dira que je m'accorche à des combats minuscules, à des enjeux périmés. Mais je réponds au oiseaux de mauvaise augure que, dans ce monde vaste et ouvert qui est le nôtre, le rôle des nations, de leur histoire, de leur langue et de leur culture n'est pas une question subalterne ni périmée. Car leur disparition accélérée engendre une société bien pire encore, où s'intéressent les intérêts financiers, les archaïsmes religieux et toutes les tribus de l'humanité en déroute".

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    Si De Gaulle est resté gaulliste, il est aujourd'hui devenu un peu gauchiste. L'écrivain qui commente notre l'affaire l'a bien noté. "Le mouvement populaire redoubla de vigueur dès la seconde intervention télévisée. Au cours des semaines suivantes, l'enthousiasme ne cessa d'enfler. [...] Au milieu des rues, d'ardents patriotes et de jeunes gauchistes défilaient côte à côté. Les visées n'étaient pas les mêmes, mais tous semblaient persuadés que le moment d'agir était venu." 

    Le livre ne s'appelle pas "Le Retour du Général" par hasard. Le mouvement populaire se transforme en Nouvelle révolution française et rappelle le vieux bougre, 120 ans au compteur, à la tête du pays. Au fur et à mesure des pages, la France se remodèle : on renationalise les grandes entreprises, on met le paquet sur le train plutôt que la voiture, on quitte l'Otan, on poursuit en justice les patrons des hypermarchés, on ajoute des fêtes musulmanes et juives au calendrier, on lance un grand débat sur l'euthanasie, on dépénalise le cannabis... Le nouveau Président va même jusqu'à demander la destruction de la Croix de Lorraine qui surplombe Colombey-les-Deux-Eglises, "hideux monument édifié contre ma volonté par ceux qui préfèrent le culte de la personnalité à une véritable politique gaulliste".  Pour connaitre le dénouement, il faut éteindre son ordinateur et tourner les pages du livre.

    Lecture réjouissante, conte philosophique, oeuvre emblématique des années 2010... Benoît Duteurtre signe ici en réalité un pamphlet. Pour organiser la résistance, imitons la fable. Dégotons de bons oeufs mayo et prêchons la bonne parole de l'Asom, association de sauvegarde de l'oeuf mayonnaise, présidée par Claude Lebey. Et ce, le temps qu'un écrivain couillu nous rédige une belle tribune dans un quotidien du matin ou du soir. J'attends.

    "Le Retour du Général", Benoît Duteurtre, éditions Fayard. Et ça vient de sortir en poche chez Folio.

    Et vous, vous en avez des bonnes adresses d'oeuf mayo ?

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  • Quelques mots de Christian Authier

    "Beaucoup boivent pour oublier. Moi je bois pour me souvenir". C'est Christian Authier qui parle. A propos d'Eric Callcut.

    A suivre...

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  • Rien. Du Paul Eluard.

    Mamadou eut un vague sourire et répondit : 
    "De long en large, comme une croix, s'étend ce qui est accepté. Portes-y le feu de ta haine". 
    J'eus presque envie de l'embrasser.
    - Mamadou, change pas ! Pas d'un iota ! Jamais !
    Le capitaine me jeta un regard fou et demanda :
    - Qu'est-ce qu'il a dit ?
    - Rien. Du Paul Eluard.

    Frédéric H. Fajardie, La Théorie du 1 %, éd. Néo puis La Table Ronde, 1981.

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  • Les Foulards rouges, emblèmes de la résistance

    "Ils étaient un peu l'honneur de la Couronne, un peu de la bravoure de la France et beaucoup de notre revanche lorsque de toutes parts, on cherchait à nous humilier. [...] D'autant que, viendraient-ils tous à mourir, l'histoire ne doit rien savoir de leur existence. Le royaume de France n'a pu dépendre d'une poignée de barons et de galériens."

    Quand je voyage à quelques kilomètres de la base, j'aime emporter un classique. Pour les trop longues heures d'avion vers Séoul en novembre dernier, ce fut Les Foulards Rouges de Frédéric H. Fajardie

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    L'action du roman se déroule entre 1648 et 1652 lors de la Fronde, lorsque princes de sang et autres nobles se liguent contre Mazarin alors que Louis XIV s'éduque à la politique en ces temps troublés. Le baron de Nissac est chargé par le cardinal de mettre sur pied une petite armée hétéroclite, composée d'une dizaine d'hommes bien nés et de repris de justice. Cachant leurs visages derrière des foulards rouges, ils espionnent les Frondeurs et font tout pour désorganiser leurs plans. S'ajoute à ces diverses aventures, une enquête policière : la traque de l'Ecorcheur, puissant seigneur qui torture et tue les jeunes filles.

    L'objectif ultime de Nissac et de sa troupe est la défense de la France : à cette époque-là, elle passe par la défense du pouvoir royal et de Mazarin contre les grands seigneurs qui veulent faire replonger le pays dans la féodalité, impensable retour au passé. Car nos héros ne sont pas dupes : si la France retourne au Moyen-Age, leurs véritables aspirations ne sont pas prêtes de se réaliser. 

    "Nissac, en un geste totalement inattendu de sa part, passa son bras autour des épaules du policier et l'entraîna à marcher. 
    - Le gouvernement des hommes par les hommes, le droit contre la force, la justice contre l'arbitraire, la liberté contre la servitude...
    - La république contre la monarchie, les idées nouvelles contre le féodalisme. il faudra bien un jour s'organiser en société secrète, nous reconnaître à certains signes, dépasser nos frontières car l'homme est partout semblable en tous les pays du monde..."

    Certes, le héros protège un système qui ne lui convient pas mais il sait pertinemment que la victoire de la Fronde replongerait la France dans le chaos. Ce qui est encore plus remarquable dans le combat de Nissac, c'est que ce dernier sait pertinemment qu'il ne verra pas l'avènement de la république de son vivant. Il travaille pour l'avenir.

    Ecrit en 2001, la lecture de ce roman a particulièrement marqué un vigneron talentueux, Jean-François Nicq. Au début des années 2000, après avoir quitté la cave d'Estézargues qu'il a fait évoluer dans le bon sens, Nicq reprend le nom du roman pour baptiser son domaine dans le Roussillon. Personne mieux que Fajardie n'a défini (sans trop le savoir peut-être) le vin naturel : une poignée de barons et de galériens qui nous offrent des revanches.

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    Si vous n'avez pas lu le roman, précipitez-vous. Vu que ça existe en livre de poche, vous n'avez aucune excuse. Pour l'accompagner évidemment, une bouteille du domaine éponyme.

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  • De Corée, un message pour la naissance du petit Jésus des vins

    En Corée, à Busan précisément (la Marseille coréenne), on retrouve quelques pages de René Fallet. On le sait, ça s'appelle Le Beaujolais nouveau est arrivé et ça se trouve même en livre de poche : aucune excuse pour ne pas lire un peu.

    Et le Beaujolais nouveau arriva. Et du Nord au Midi, comme tous les 15 novembre, un printemps d'affichettes bleues et rouges, oranges, vertes, fleurit aux vitrines des débits de boissons pour annoncer aux passants mornes que le petit Jésus des vins était né. Et les passants mornes s'éclairaient à la vue de ces papillons. [...] Ce Te Deum éclatait sur Paris, sur toutes les grandes villes, roulait dans leurs artères, chantait Montmartre et Contrescarpe, défilait dans la rue Saint-Denis, tintait louis d'or sur tous les zincs où se pressait le peuple pour voir et toucher le divin enfant de l'année. [...] La fête est revenue pour quelques jours, fête tuée par l'armée des pisse-vinaigre mais ressuscitée en cachette par les chante-la-joie increvables comme elle. [...] Le beaujolais nouveau est arrivé ! Coquinet de la cuisse, un poil canaille, sans soutien-gorge, il était arrivé dans les arrière-gorges, un rien pute, léger et court vêtu, un brin muguet, un brin de fille, un doigt de Dieu, un doigt de cour. Il coulait source dans les hommes, il ne repartirait qu'en leur laissant au coeur le plus clair de la vie, la vertu d'un sourire. [...] Les députés quittaient la Chambre en volée de moineaux, les flics jaillissaient des cars de police, les prisonniers s'évadaient, suivis de leurs gardiens assoiffés et braillant "Le beaujolais nouveau est arrivé !" [...] On perçait les tonneaux en une émouvante défloraison. Quel goût aurait-IL ? Serait-IL fruité ? Souple ? N'aurait-IL pas perdu son grain ? Après le dépucelage venait la première communion entre LUI et son copain l'homme.

    Promis, on va maintenant chercher un coup de bojo buvable sur ce coin-ci du globe. Sinon, on attendra le retour à Paris.

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