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Bordeaux et associés

  • Où dénicher de bons vins de Bordeaux ?

    Dans Tronches de Vin 2 !

    Pages 14, 18, 58, 102...

    Et bien oui, cela existe encore. Des vignerons valeureux qui, non contents d'offrir des nectars admirables, n'obligent pas le buveur à avoir recours aux services d'un organisme spécialisé dans les prêts à la consommation. 

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    On y trouve aussi des vins naturels à moins de 5 euros.

    Rendez-vous dans toutes les bonnes librairies le 13 mars et sur le site des Editions de l'Epure !

  • Baron de Lestac : ce bordeaux c'est personne

    Au hasard d'une page de pub à la radio, avez-vous prêté l'oreille à ce spot vantant la grandeur d'un bordeaux à petit prix, le Baron de Lestac ? Je ne vais pas détailler ce qui se dit sur sa force, son boisé, son caractère. Si vous avez loupé cette tirade, n'ayez crainte : la campagne continue jusqu'au 13 février. Sur deux semaines, 400 "contacts" sont prévus selon Rayon Boissons. Il se conclut avec le nouveau slogan officiel de ce vin :

    "Baron de Lestac, ce bordeaux c'est quelqu'un". 

    Il faut parfois rappeler la réalité. Aucun noble n'a été fait baron de Lestac et pire, aucun domaine n'est baptisé Baron de Lestac. Donc il est faux de dire que c'est quelqu'un. Le Baron de Lestac, c'est personne. Ce n'est qu'une marque créée par le groupe Castel. Au même titre que les autres marques du groupe : Roche Mazet, Vieux Papes, Sidi Brahim... Tout le monde le sait mais tout le monde l'a-t-il oublié ?

    Castel, Lestac... En français, ce vin porte un nom : c'est un anagramme, tout simplement. 

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    (source : www.barondelestac.com. Vous ne croyez tout de même pas que j'en ai acheté...)

    Et pour ne pas faire de jaloux, tapons aussi sur Pierre Chanau. Chanau, qui lui n'est que l'anagramme de Auchan.

    ***

    Rédigé et publié début février 2012, cet article est toujours d'actualité : comme la pub radio pour ce vin repasse ce mois-ci sur les ondes, je me suis dit que moi aussi j'allais faire dans la rediffusion.

  • Enfin un grand cru bordelais que j'arrive à avaler

    Moins âpre que Mouton-Cadet, plus présent que Baron de Lestac et encore plus sucré que Yquem, voici enfin un grand cru bordelais que j'arrive à avaler. Je parle d'un grand cru classé de Saint-Emilion, château Fombrauge, propriété du "compositeur de vins" Bernard Magrez

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    Ce millésime 2012 se révèle facile d'accès, pas trop boisé et les arômes de ketchup n'ont pas été convoqués, ouf. Cependant, je le trouve trop peu amer, un peu passe-partout, trop facile d'accès. Ce qui signifie qu'il ne laisse pas un souvenir impérissable... Faute de mieux, il fait le job au petit-déjeûner. Heu, oui, on parle de miel en fait. Et avouons-le : apiculteur, c'est un métier. 

    Son prix ? J'ai dépensé 4,5 euros pour 125 grammes dans la boutique parisienne de Bernard Magrez. On est loin du délire des grands crus de raisin, mais on tourne tout de même à 36 euros le kilo. C'est vrai que le miel est quasiment devenu un produit de luxe du fait de la raréfaction des abeilles. Installer des ruches dans le vignoble, sur les toits de Paris ou dans tout autre endroit du monde, c'est connu. Bien sûr, Bernard Magrez n'était pas le premier, il ne sera pas le dernier, mais l'idée est belle. Après, le marketing qui vient bouffer le truc, le parallèle avec les grands crus, le côté passe-partout du produit, c'est autre chose. Mais au moins avec cet article, on arrêtera peut-être de dire que je tape continuellement sur Bordeaux. Ou pas.

    Si vous recherchez un vrai bon miel chez votre vrai bon caviste, essayez La Cave des Papilles ou encore le miel de tilleul de Yannick Navet, disponible aux Gourmands Lisent à Besançon.

  • Cheval-Bla​nc et Yquem, deux mythes à mourir d'ennui

    Je vais dire ici tout le bien que je pensais de la cave du Bon Marché avant le ravalement des dernières semaines. Située dans un arrondissement plus-chic-tu-meurs, elle pratiquait pourtant les prix parmi les plus bas de la capitale sur certaines belles bouteilles. Car en plus des grands crus attendus, la sélection se faisait particulièrement pointue voire déjantée :  les vins d'Elian Da Ros, ceux de Romain Paire et de Prieuré-Roch. Ou encore un Ebrescade à point (2004) de Richaud à moins de 25 euros. Du plus classique aussi, mais du joli comme les bourgognes de De Montille ou l'aligoté de De Villaine. Bref, à chaque passage, on avait envie d'y fureter. Voilà, c'est fait. Les gestionnaires de la cave, les responsables du magasin, les agences de comm' pieds-z-et-poings-liés-à-leurs-clients et les buveurs de bordeaux peuvent stopper la lecture de ce billet.

    Car je vais maintenant dire tout le mal que je pense de la cave du Bon Marché après les travaux. L'espace s'avère désormais assez clinique et l'éclectisme qui tendait vers le naturel a pris la poudre d'escampette. C'est joli les grands bordeaux mais on n'en achète pas. C'est joli les étiquettes prestigieuses des autres régions mais idem. Pire, je vais vous dire : on ne les boit pas, on ne les boit plus. Le plus sidérant fut la soirée d'inauguration de la cave à laquelle on m'avait gentiment invité. photo(2).JPG

    Je plante le décor de cette fin d'après-midi de décembre. Outre ma pomme et des copains blogueurs privilégiés, sont réunis des journalistes, des professionnels du vin habitués de ce genre de sauteries. Il n'y a pas de pointures, il faut l'avouer. Des pique-assiettes alors ? C'est vous qui le pensez, moi je n'ai rien dit. Je dis ça, mais je ne connais pas tout le monde. Et, pourvu d'une bonne dose d'auto-dérision, je m'y inclus, mais pour cette soirée seulement car je fuis ce genre de pince-fesses d'habitude. Mais là, l'apriori était favorable. Tout commence avec un petit speech (plutôt intéressant) du boss de la cave dans le caveau des grands crus, ces fameux vins que plus personne ne peut boire.

    Sauf nous, ce soir-là. Car nous accompagnent un commercial de Cheval-Blanc et la maîtresse de chai d'Yquem. Au sujet du premier, cru d'une immense réputation, tout le monde avait tartiné l'an dernier au sujet de la rénovation de leur chai par un architecte prestigieux. J'aurais préféré qu'on me parle de vin, mais bon... Quant aux liquoreux du château d'Yquem, je le précise pour ceux qui vivent sur la planète des buveurs de Vittel, ces vins sont sans aucun doute les plus célébrés dans le monde. Ce soir, ce n'est pas du lourd, c'est de l'énorme, de l'incommensurable. Du jamais bu pour nos jeunes palais de Français moyens. Enfin, si, on en avait déjà bu. Sans un grand souvenir.

    Pour régaler ou intriguer les amateurs confirmés et les professionnels présents, le Bon Marché aurait mieux fait de nous faire découvrir des "petits" vins "accessibles" que le magasin propose à la vente. On aurait voulu des trucs un peu originaux. Au lieu de cela, on préfère fêter le truc en laissant les gens de Cheval et d'Yquem ouvrir des vins d'exception. Enfin, l'exceptionnel, c'est surtout leur prix : tout cela nécessite un coup de fil à Cetelem avant le passage en caisse. Parait qu'un mythe n'a pas de prix... Ben si, en fait. Et je vais vous les donner pour tenter de démontrer l'incongruité de la chose.photo(1).JPG

    On nous assied en rang d'oignons sous des néons agressifs. On commence avec Y de Yquem 2006, c'est à dire le blanc sec (sans sucre) du château. Perso, je le trouve hyper vert, un peu rude à avaler. Je ne finirai pas la quille à moi tout seul, j'ai déjà du mal avec mon seul verre de dégustation. Prix T.T.C. chez un caviste : autour de 120 euros. Je me marre. Il s'agit bien d'une bouteille de 75 centilitres, pas d'un magnum ni d'un jéroboam, mais une bouteille classique.

    Cap sur les rouges avec le second vin de Cheval-Blanc, le Petit Cheval en 2006 lui aussi. On en avait déjà bu. Âpre et rude à nouveau et surtout, on dirait qu'un cépage supplémentaire entre dans sa composition : le bois. Forcément, il est vinifié dans 100 % de barriques neuves. Chez les naturels, on appelle ça "faire une pipe à Pinocchio" (copyright Vincent). Chez le caviste, on débourse un peu plus de 150 euros pour une simple bouteille. Je me marre (bis).

    Suit le frérot un peu plus vieux, le Petit Cheval 2001. On nous dit qu'il s'agit de "l'archétype de ce qu'on sait faire dans le Bordelais". Ben dis donc, faudrait tout de suite arrêter de faire du vin alors. Parce que c'est pas gégé. En entendant cela, on se demande vraiment où sont les rires enregistrés. Le 2001 est certes plus léger (heureusement, d'ailleurs) mais ennuyeux à mourir. Plus de 200 euros la quille. Je me marre (ter).

    Voici les grands vins. Enfin... les "grands"... Façon de parler.
     
    Il est mignon le Cheval-Blanc 2006 à l'amertume exécrable (et Dieu sait que j'aime l'amertume) qui monte à 620 euros les 75 centilitres (là aussi, on parle toujours du prix d'une bouteille normale). Je me marre, mais là ça tire sur le rire jaune.
     
    Puis, tel un destroyer qui vient tout sauver, voici Cheval-Blanc 2000. Enfin, on le pensait. D'accord, s'il fallait vraiment en sauver un ce soir-là, je veux bien le mettre de côté. Mais franchement, c'est par politesse. Je l'avoue, je trouve que ça se laisse boire, que ça pourrait presque être intéressant à table mais aucun de mes sens n'a été transporté. C'est limite si je ne m'en veux pas à moi-même : "tu dois avoir le palais sacrément déviant pour ne pas apprécier un vin à 1200 euros". Il n'y a pas de faute de frappe, il faut bien lire 1200 euros. 1, 2, 0, 0. Quatre chiffres. Soit un vin qui coûte plus d'un smic net, un vin dont le centilitre coûte plus de 15 euros... En le buvant, je m'ennuie et vu le prix du vin, je ne me marre plus du tout.

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    Pour ajouter à l'absurdité de la soirée, le Bon Marché avait prévu quelques grignotages pour accompagner les bouteilles. Des trucs pas mauvais mais pas transcendants non plus. À ce stade, à celui du Cheval-Blanc 2000 (1200 euros la quille, je le répète), arrive une petite bouchée homard-oursin. Avec ce gros rouge, c'est du grand n'importe quoi. Oui, j'aime bien les accords mets/vin à la con mais là ça dépasse l'entendement. J'aurais préféré rester à jeûn. Ou qu'on reparte sur Y de Yquem. Tu me diras, il y avait déjà eu une bricole sucrée avec un des premiers rouges.

    Du blanc maintenant : le grrrrrand Yquem, le vrai, avec du sucre dedans et tout, et tout. La version 2007 est plutôt jolie, c'est celui-là en fait le vin à sauver ce soir. Mais bon, hein, on n'est pas non plus transporté. Paraît qu'il n'est pas encore en place ; alors pourquoi le proposer à la vente ? Parker lui met 98/100 avec ce mot "magique". A 550 euros la bouteille, c'est une aberration.

    Yquem 2005 s'avère crémeux avec pas mal de sucre : bref, tout ce que je déteste. Il laisse d'ailleurs un sale petit goût en bouche assez inexplicable . L'accord avec le pata negra pourrait me faire exploser de rire. Entre 600 et 700 euros la quille, je ne rigole plus, mais alors plus du tout.

    Enfin un Yquem un peu plus vieux, le 1996 qui se montre champignonné, donc je dirais joli mais là encore assez ennuyeux. A 300 euros, on casse les prix, c'est presque abordable... Non évidemment, je déconne.

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    Conclusion. On pourra dire que mon palais est déviant à force de boire du vin naturel et que je ne suis pas habitué aux grands vins. Mais après en avoir goûté quelques-uns aujourd'hui (ou d'autres à d'autres moments), Cheval-Blanc et Yquem ne sont pas pour moi des "grands" vins.

    Oui, j'ai un vrai problème avec eux ; je n'ai pas envie de me resservir un verre. A cause de leur goût intrinsèque et de leur prix totalement délirant. On pourra me taxer à chaque fois de mauvaise foi. Ma foi, je m'en fous. S'il y en a certains que ça fait vibrer, tant mieux, je les laisse acheter ces bouteilles. Si des Chinois, des Indiens ou des Brésiliens le font, on ne peut pas leur en vouloir, on a fait pareil à une époque. Et ça leur passera avant que ça me reprenne.

    Le vin est une boisson, et par cette nature, il est fait pour être bu, avalé et donner les idées heureuses. Ici, je me sens loin de tout ça. Une armée des ombres faite de buveurs, de néophytes, d'amateurs, de connaisseurs, de professionnels en a conscience, elle est justement en train de sortir de l'ombre. En tant qu'amateurs-blogueurs, nous avons aussi une responsabilité. J'irais même jusqu'à paraphraser un vieux barbu : les blogueurs n'ont fait qu'interpréter diversement le monde du vin, il s'agit maintenant de le transformer. Quitte à être les idiots utiles du système qui en accouchera.

    Aparté. Pour se rincer la bouche, on est allé faire un tour dans une maison choisie, le Coinstot Vino. Le talentueux Guillaume Dupré nous a dégoté le Bibonade de Jeff Coutelou, un vin louche par rapport aux canons de l'orthodoxie vinicole. Un compliment, donc. Vendange en sûrmaturité d’une parcelle complantée avec 20 cépages différents et vinifiée sans aucun intrant chimique, il fout une claque à Yquem pour une raison particulière : il donne le sourire. A moins de 20 euros sur table. De plus, il nous a fait parler pendant une bonne demi-heure, à peine le temps mis pour siffler la bouteille. On le sait d'ailleurs, c'est le test ultime : le meilleur des vins est vidé avant les autres. Ce soir, il n'y avait pas photo. Et c'est un vin qu'a d'la gueule !

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    C'est mon opinion et je la partage.

  • Pique-nique en forêt, barbecue et Brane-Cantenac 1981

    Quand les anniversaires de certains tombent fin janvier et début février et qu'on désire ardemment faire un pique-nique en forêt en Lorraine, ben il faut le dire crûment : on n'est pas dans la merde. C'était il y a deux semaines, on imagine donc bien la température extérieure... Oh ça va, il suffit de mettre double couche de manteau et de pantalon !

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    L'année dernière pour les 30 ans des uns et des autres, j'avais acheté tout un stock de quilles de 1981 que je n'ai pas fini. Il est temps de le liquider, d'ailleurs on aurait mieux fait de boire ces bouteilles il y a quelques années déjà. 

    Pour les saucisses sur le mini-barbecue, j'ai convoqué Brane-Cantenac 1981. Evidemment, le vin a presque gelé, les gobelets en plastique ne lui ont pas rendu hommage mais de toute façon, un peu à l'image des Ormes de Pez du même millésime, le vin était fané. C'était d'ailleurs le cas avec beaucoup de 1981 ouverts depuis un an. Il faut dire que 1981 est vraiment une année pourrie (et là on ne fait pas de politique) car un bon coup de flotte avant les vendanges, y a pas pire. Les deux seuls qui m'ont un peu transporté furent Cos d'Estournel bu l'année dernière et le pommard du Château de Pommard bu la veille de ce pique-nique et dont je ne retrouve plus la photo.

    Oui, un margaux en forêt avec des saucisses, c'est d'un snob... Je vois plutôt cela comme un genre d'accords mets-vins à la con ou la possibilité de sortir les grands bordeaux de leurs oripeaux habituels. Qu'on se rassure et malgré la photo un peu provocante, on n'a tout de même pas fait chips-paprika-margaux... L'Ebrescade 2008 de Richaud tenait évidemment plus la route, mais cela n'a rien à voir.

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  • L'âme de Rabelais protège la cave d'Yves Camdeborde

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    Dans Room Service, Sébastien Lapaque avait vendu la mèche. Si toutes les chambres de l'hôtel qui surplombe le Comptoir du Relais d'Yves Camdeborde sont baptisées du nom d'un grand écrivain, la cave, elle, est gardée par Rabelais. Il suffit de descendre aux toilettes et de jeter un oeil sur la porte de droite.

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    Et il y a quoi dans cette cave ? Le grand Eric Callcut est là. Qu'on se le dise ! Car à part chez Pierre Jancou, il est bien difficile au Parisien de trouver une quille de l'ancien et très mystérieux vigneron ligérien.

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    Autre quille intéressante : la cuvée du patron. Le Château Le Puy 2006, avec étiquette maison. Joli vin de déjeuner (10 euros le pichet de 50 cl).

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    Et au déjeuner justement ? Pêle-mêle, lors de mes deux derniers passages : le faux-filet d'Hugo Desnoyer, un parmentier de lièvre, une poularde façon poule au pot roulée, un pied de porc désossé et pané... 

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    Et à chaque fois, bien troussé.

  • Le beaujolais écrase Lynch-Bages

    Un dimanche midi de décembre chez Eva, il y eut de très belles bouteilles.

    Question bubulles, c'est par Cantillon qu'on s'ouvre le palais : le 100 % Lambic bio et le Rosé de Gambrinus (kriek acide et fruitée et sans sucre). 

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    L'Effraie (domaine de Bellivière, Eric Nicolas), rondouillard mais bien présent avec les foies gras.

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    Continuons avec O7 d'Alexandre Jouveaux. Malheureusement, un peu en retrait aujourd'hui. C'est plutôt dommage, je misais pas mal dessus.

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    Mais pas aussi en retrait que Lynch-Bages 1995. 

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    Par contre, la bouteille qui a fait l'unanimité est ce chef-d'oeuvre d'Isabelle et Bruno Perraud, intitulé Côte de la Molière, dans sa version 2009. Les chiffres donnent le tournis pour du gamay : 12 hectolitres à l'hectare et élevage de 8 mois en fûts de chêne sans aucun produit malveillant. Du pur bonheur !

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    Fin du repas de midi : 18 heures.

  • Le Grunge Tasting avec Mathias Marquet, l'utopiste de Bergerac

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    A Sigoulès en Dordogne, Mathias Marquet produit les vins du Château Lestignac : des blancs secs et des blancs moelleux, un bonbon de rosé et évidemment des rouges, le tout réparti sur une quinzaine d'hectares de vignes en conversion bio. Il est aussi un des vignerons-blogueurs les plus en vue de la toile.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ? 

    L'idée est assez simple finalement : faire du bon vin issu de raisins. Cela peut même paraitre simpliste et les moyens pour y arriver sont finalement assez réduits : il faut une terre saine, le travail en biodynamie est là pour y aider. Dans cette philosophie, on pioche les outils pour retrouver nos sens que l'on a laissés entre les mains des manufactures d'engrais ou de produits phytosanitaires et des ingénieurs agronomes.

    La biodynamie, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est d'abord une philosophie qu'il faut s'approprier sans dogmatisme. On ne va pas récupérer nos oreilles attentives qu'on a confiées aux chimistes pour les confier à d'autres gourous dogmatiques aussi biodynamiques soient-ils. C'est donc une observation issue d'expériences diverses et variées. Qu'est-ce qui pousse sur ma parcelle hormis la vigne ? Quand est-ce que cela pousse ? Ma terre est-elle compacte et pourquoi ? Pourquoi est-elle élastique ici et pas ailleurs ? Comment mon sol réagit-il aux pluies ? Comment la matière végétale réagit-elle ? Quel est le temps d'humification du broyat de sarment ? Etc.

    Vient ensuite la période des solutions. L'idée est alors d'essayer beaucoup de techniques et d'outils pour qu'ils puissent aller dans le sens d'une complète autonomie des sols. La préférence va toujours à la facilité : on préfère le fumier des vaches qui gambadent le long de nos parcelles, on préfere des semis de plantes qui se resèment. On préfère faire le boulot à la main plutôt que de passer trois plombes à chercher chez X fournisseurs l'outil qui va bien aller. Ainsi, on va vers des sols qui s'autofertilisent. Le broyat de sarment permet de fournir 50 à 70 % des besoins nutritifs de la plante. Pour les 50 à 30 % restants, on essaie de faire bosser les vers de terre, grâce à des solutions comme la bouse de corne qu'ils apprécient beaucoup. Donc plus ça va, plus on se dirige vers une grosse fainéantise sur le travail, une non-intervention que l'on pousse le plus possible. Moins on intervient, mieux on se porte. On ne coupe pas l'herbe hormis en fin de saison. on travaille deux fois les sols dans l'année. Pour moi la biodynamie, c'est demander à la plante de se démerder toute seule, en lui envoyant seulement des messages au bon moment.

    Et le terroir ? Pour moi, c'est une photo prise à un instant t. C'est l'image d'une année pour le vin, l'image d'une vie de cochon pour un saussisson, d'une vie de poulet, d'une vie de canard, etc. Il peut y avoir de belles photos retouchées grâce à Photoshop : on va apprécier les couleurs, la mise en scène mais personnellement j'ai toujours aimé les photos volées, aussi floues soient-elles car elles expriment à la fois un moment et un regard. Pour moi, si le terroir doit être mis en bouteille, c'est dans son entité entière. Je suis prêt à boire des vins plus durs ou des vins plus acides si je ressens le terroir. Je me fous completement des arômes : les "petits fruits rouges" ou les "agrumes", on s'en contrebalance ici. Ce qui nous intéresse, c'est que le vin ait une personnalité.

    Tout ça pour dire qu'on fait du vin en mettant des raisins dans une cuve et après ça fermente. Des fois bien, des fois mal. Puis quand c'est fini, on met en bouteille. Avec un peu de soufre, parfois sans, ça dépend de la gueule du pinard. Voilà : du raisin et que du raisin. Je veux boire du terroir, c'est ce que j'aime. Je ne demande pas que tout le monde aime. Enfin un minimum, c'est mieux quand même pour casser la croûte. Mais j'avoue que ça m'énerve franchement quand j'entends des petits vignerons (petits par la taille de leur structure) parler de terroir et utiliser les mêmes produits que l'industrie du vin. Autant les gros ils font du coca et il en faut malheureusement : ça plait ou pas, chacun son truc, il y aura toujours des péquenots pour aller acheter. Ce n'est pas une critique contre ces gens-là, ni contre les producteurs ni contre les consommateurs : c'est un constat. Mais les petits qui font pareil jettent le doute sur chacun d'entre nous : ils travestissent la notion de terroir. Boire tel ou tel vin avec une belle gomme arabique et une bonne claque de soufre, ça m'énerve d'autant plus si on me l'a vendu, avant de tremper mes lèvres innocentes dans le verre corrompu, comme provenant "d'un petit vigneron". Et je sais qu'on va me resservir le couplet sur la "sécurisation du parcours vinicole", c'est-à-dire qu'il faudrait éviter de "rater sa cuve" déjà que "c'est pas facile, mon pauvre monsieur, il y a déjà suffisamment de risques comme ça pour ne pas en prendre d'autres" afin d'assurer au vigneron sa récolte... Nanana... Toute cette crotte pèse autant que "c'est pas avec le bio qu'on nourrira la planète" : pour moi c'est pareil. On se plaint du désintéressement des gens pour les vins, on se plaint que les Français boivent de moins en moins. Pourtant si on écoute les neuneulogues, le vin n'a jamais été aussi bon qu'aujourd'hui : c'est bizarre quand même ! 

    En disant cela, tu passes vraiment pour l'utopiste de Bergerac ! Le vin c'est donc forcément un truc de rebelles...

    Penser qu'un artisan doit forcément bosser proprement, c'est sûrement utopiste. Pour moi, le vin ce n'est pas grunge même si certains vins le sont. Le vin, c'est même plutôt chiant. Si si... Viens avec moi un week-end sur un salon, tu verras : parler de vin me fatigue... On a vite fait le tour pour moi. D'une part, je n'ai pas les mots pour parler avec un amateur, je ne sais pas "démocratiser" comme on dit. Ensuite, la seule question qui vaille c'est "j'aime ou j'aime pas". Je parle pour moi bien sûr. Il y a des gens qui adorent parler des vins, les décrire... Et je les respecte mais moi ce n'est pas ma came. Enfin quelques minutes, le temps de parler du vin qu'on vient de boire : y passer deux plombes a tendance à me gonfler, surtout quand c'est mon propre vin !

    Ensuite je dirais que je vois le vin naturel comme un concert en live. J'adore aller voir un groupe de musique jouer sur scène : on va à un concert pour une rencontre, sentir une émotion. Le CD peut être génial mais lorsqu'on appuie sur play, c'est la même chanson qui est jouée à chaque fois. J'aime le vin naturel pour le rendez-vous qu'il nous donne à chaque fois, manqué ou réussi... J'aime les vins rebelles, les vins grunges mais j'aime aussi les grands classiques de Bordeaux lorsqu'ils sont bien faits, comme j'aime les Gymnopédies de Satie ou la Septième Symphonie de Beethoven. Mais ça peut être grunge de boire un Lafite à la bouteille sur un skate tout comme écouter la Septième à fond les ballons dans une 205 GT Turbo !

    Peux-tu nous présenter une des cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre

    Solelhas : une belle femelle d'un an à peine. Elle est aimable, vous caresse le bout de la langue avant de partir en tension comme une cordelette aux jarrets de Nafissatou. Elle est ardente, d'où son nom : solelhas signifie "plein soleil" en occitan. Son pays, c'est le silex. La lumière tape dessus et rejaillit par dessous la grappe, ce qui permet aux raisins d'être ramassés en surmaturation, botrytisés à 70 %. Ensuite, on laisse dame nature finir les sucres : ça donne un vin inclassable, un ovni à mes yeux !

  • Le Grunge Tasting, avec Olivier Techer et son "rock and Pomerol"

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    A Pomerol, au sein de la propriété familiale, Olivier Techer cultive une dizaine d'hectares pour élaborer les vins bios du château Gombaude-Guillot.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Gombaude-Guillot est dans la famille depuis 1868. Prenant la suite de son père en 1983, ma mère, ingénieur agronome de formation, a cherché à se rapprocher du magnifique terroir du plateau de Pomerol. Elle a donc peu à peu supprimé les traitements qui lui semblaient superflus, en leur préférant des méthodes plus naturelles, comme l'enherbement. Finalement en 1992, elle s'est rendue compte qu'elle était dans le cahier des charges A.B. et elle a demandé la certification en 1997 : Gombaude-Guillot est donc un des précurseurs de la viticulture biologique dans le Bordelais. De plus, nous travaillons en biodynamie depuis 2005 sans être certifiés ; pour nous, cela reste une démarche personnelle et difficilement certifiable. Les rendements sont relativement faibles (37 hectolitres par hectare en moyenne sur les dernières années). Au chai, le seul intrant est le soufre mais nous l'utilisons le moins possible et la quantité varie en fonction de l'état sanitaire du raisin. Sur 2010 par exemple, nous n'avons pas sulfité la vendange. Nous travaillons uniquement en levures indigènes et nous collons (si nécessaire seulement) au blanc d'oeuf bio. Nos vins entrent-ils dans la catégorie "naturels" ? Je ne sais pas, nous essayons juste de faire parler le terroir, sans mettre dans nos vins toute la panoplie des artifices à la mode. Mais n'oublions pas que sans l'homme, il n'y a pas de vin. Je m'inscris tout à fait dans le prolongement de ce que mes parents ont fait et et continuent de faire. Gombaude-Guillot est un très bel outil et je compte bien continuer dans ce sens !

    Pour le Grunge Tasting, on t'a présenté comme le producteur du "rock and Pomerol"... Tu es un peu le rebelle de Pomerol ?

    Dans ma jeunesse, j'ai chanté dans un groupe de métal et plus jeune encore, j'aimais beaucoup Nirvana, comme tous les gosses de mon âge. Mais j'évite de mettre des poils et des cheveux gras dans mes cuves... Ici à Bordeaux, tout est tellement figé que si vous faites un pas de travers, vous êtes un rebelle. Alors mon père, lui, c'est un guérillero. Moi je me contente de le soutenir, je suis encore un débutant.

    Peux-tu nous présenter une de tes cuvées que tu vas nous faire goûter le 12 décembre ?

    Château Gombaude-Guillot 1998 : un grand bordeaux dans un grand millésime à Pomerol. Puissance, velouté, équilibre, finesse et prêt à boire. C'était l'année de mes 18 ans, de la Coupe du monde de football et j'ai participé aux vendanges.

  • Le Grunge Tasting avec Didier Michaud, l'underground du Médoc

    Cette semaine, nous passons au crible les 6 vignerons rebelles invités au Grunge Tasting le 12 décembre.

    Pour élaborer les vins du Château Planquette, Didier Michaud cultive 1,70 hectare de vignes (principalement du cabernet-sauvignon et du merlot, additionnés de petit verdot) sur les communes de Saint-Yzans-de-Médoc et Couquèques dans le nord du Médoc.

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    Peux-tu nous parler de ton travail dans les vignes ?

    Je veux faire le vin que j'aime : sincère et sans compromis. Les rendements ? Bas, 30 hectolitres par hectare. L'agriculture raisonnée ? Même les bios ne sont pas toujours raisonnables... Le bio justement ? Comme ouvrier agricole, j'ai remué pas mal de bidons à tête de mort dans ma vie. Chez moi, je ne pourrais pas regarder un client dans les yeux si je savais qu'il y a ce genre de truc dans son verre, même en infime quantité. Mais cette mention va perdre en grande partie le peu de sens qui lui restait quand le vin va rentrer dans la réglementation européenne très peu contraignante car elle autorise l'oenologie corrective. Donc pas sûr que je continue à la revendiquer. La biodynamie ? Je ne pratique pas. Le soufre ? C'est un vaste débat. Il y a pas mal de de blabla ; mais pour faire court, je ne me l'interdis pas. J'ai 2 milligrammes par litre de SO2 total sur le 2008 mis en bouteille après pas loin de trois ans d'élevage en barriques. Et je mets toujours mes analyses en ligne. Le vin naturel ? On y a catalogué mes vins à l'insu de mon plein gré !

    Pour toi, l'underground du Médoc, le vin c'est un truc de rebelle ?

    Dans le rebelle il y a souvent un côté provoc', ce n'est pas mon cas. Mais on se retrouve catalogué comme tel quand on veut bosser propre et honnête : je trouve ça étrange.

    Peux-tu nous présenter une des cuvées que tu vas nous faire goûter au Grunge Tasting le 12 décembre ?

    Je n'aime pas parler de mes vins, je trouve ça égocentrique... Il y aura du 2008, le seul millésime que j'ai en ce moment à la vente : il a été mis en bouteille au mois de juillet. Il y aura aussi quelques bouteilles de 2003 classé en vin de table. Ce sont deux années complètement opposées : j'aime bien déstabiliser !

  • Le p'tit ch'val dans le mauvais temps...

    Oui, sale temps pour les chevaux d'Antonin. On ne va pas refaire le coup du Haut-Brion 2002 car les deux bordeaux ouverts ce soir-là avaient quelque chose de grisâtre. Pourtant, il y en avait un comme on aime et dans lequel on continue à croire. C'est L'Homme-Cheval de Dominique Léandre, qui ne se monte pas du col. Mais plouf, fermé et réduit. Quand ça sent la ferme ça ne me dérange pas mais là oui, ce fut un peu dur. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais je l'ai connu plus caressant. Mais bon, c'est un 2010 : moi je lui pardonne. 

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    Le problème vient plutôt de l'autre, une vieille carne de 1988, Le Petit Cheval, un saint-émilion-grand-cru. Le second vin de Cheval-Blanc a triste mine. Je ne sais pas qui a fait les vendanges cette année-là ou si le chai était un peu laissé à l'abandon, mais en tout cas, le canasson est mort malgré un nez superbe.

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    Alors celui-là, j'espère qu'on ne va pas nous reprocher de l'avoir trop attendu. Décidément, ces jeunes cons ne font vraiment pas les choses bien. Par contre, on connait Brassens qui lui connaissait Paul Fort et on sait comment se consoler : en musique.

  • Léoville Poyferré 1957

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    Si, si... ce titre n'est pas une blague. Les buveurs de morgon, habitués aussi à la Loire et au Languedoc, ceux qui cassent du sucre sur le dos des bordeaux, ne sont pas racistes en réalité. C'est Antonin qui nous a fait ce joli cadeau. C'est toujours intéressant de goûter ce genre de bouteilles. Cela nous conforte dans notre palais ou nous ouvre de nouvelles possibilités. Faut dire que je ne suis pas d'accord quand on dit que c'est imbuvable : il restait, au début au moins, un peu de fruit, ce petit truc qui s'est vite évaporé pour ne laisser que quelque chose de flétri puis de vinaigré. A voir nos têtes à Eva et moi à la fin de la vidéo, on peut en conclure qu'effectivement un vieux bordeaux c'est chiant. Ou alors ça devient excitant quand on en fait une belle daube aux joues de boeuf ou un bon vinaigre, justement.

  • Metz : barbecue et canon fronsac

    Le Château Moulin 2006 (canon fronsac) de Bénédicte et Grégoire Hubau (Moulin Pey Labrie) qui accompagne le barbecue. Voici un bordeaux que je peux boire, fruité, fin, élégant (trop sans doute pour un barbecue), pas trop lourd, presque léger sur la fin, pas trop cher non plus quoique ça grimpe (30 euros le magnum prix caviste). Enfin, on commence à s'amuser avec du merlot bordelais, même si on retrouve Michel Rolland comme oenologue de la famille.

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  • Cos d'Estournel 1981 et son darjeeling poivré

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    Continuons dans les vins de saint-estèphe version 1981. C'est marrant d'ailleurs, pour fêter les récents trentenaires, je ne trouve que du saint-estèphe. Souvent, je me dis "tant pis, au moins ça me fera boire un peu de bordeaux cette année, ça changera". Mais ce soir, je peux avoir le sourire : Cos d'Estournel 1981, un vin qui m'a toujours fait de l'oeil avec son côté à la marge qui surclasse les grands noms. Ou alors est-ce l'histoire de ce vin qui s'exportait aux Indes dès le XIXe. Tout cela donne un liquide bien plus intrigant que d'autres noms. Mais on le boit désormais en demi-bouteille, car il faudrait hypothéquer sa maison pour un magnum.

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    Et bien pour une fois, il est bien dommage de ne pas avoir de magnum de ce vin. Car là, j'en suis vraiment à me réconcilier avec le bordeaux, c'est dire. Après avoir ôté le bouchon usé dans sa partie inférieure et après que ce dernier se soit coupé en deux, j'ai versé le vin dans un grand verre à bourgogne. Robe brique encore svelte, comme les trentenaires de 1981. Nez fin bien ouvert après une heure dans le verre. Bouche délirante tirant sur un darjeeling bien poivré. Finale interminable. Une claque en somme. Il sera bien difficile à l'avenir de regoûter un autre bordeaux. Je voulais en reboire une bouteille entière jusqu'au moment où j'ai réalisé le prix d'un millésime récent (entre 150 et 300 euros selon l'année, pour 75 centilitres).

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    Pour l'accompagner, restons simple : bavette d'aloyau aux shiitakés, pour retrouver dans les champignons ce goût de noisette propre à la bavette. Volupté toute en rondeur qui vient accompagner la légèreté de ce Cos d'Estournel et ses tannins fondus.

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  • Je m'emmerde un peu avec les bordeaux, même ceux de mon année de naissance

    C'est un comble tout de même pour moi qui ne bois que quelques centilitres de bordeaux par an : hormis le bas-armagnac de ce week-end, je n'arrive pas à trouver de millésimes 1981 ailleurs que dans le bordelais. Car il me faut l'avouer : avec un bordeaux, je m'emmerde bien souvent.

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    Le Savoyard, petite boutique résistant à la "mono-activité" du quartier Sedaine-Popincourt à Paris, offre quelques vieux millésimes plus ou moins bien conservés. J'ai fait un test avec ce saint-estèphe Château de Pez 1981, c'est-à-dire avant qu'il soit racheté par la maison de champagne Louis Roederer. Bu en deux fois dimanche soir puis lundi midi avec Pauline et Gex. Bouchon complètement effrité, robe rubis superbe, nez plus présent à l'ouverture que le lendemain, bouche soyeuse et goût plus pointu le lendemain que le jour de l'ouverture. C'est plutôt pas mal, assez fin, les tannins ont bien fondu mais y a pas de quoi se relever la nuit. Il faut dire aussi qu'on est bien plus habitué aux vins jeunes et que, soyons honnête, 1981 n'est pas une année hors-du-commun question pinard. Pour en profiter pleinement, il aurait sans doute fallu boire cette bouteille il y a quelques années. Bref pour 28 euros, on s'emmerde un peu.

  • Faut-il être sur une île pour faire un bon bordeaux ?

    C'est la honte : en ce moment, on boit du bordeaux. D'un autre côté, ça change. L'île de Patiras, en pleine flotte entre Pauillac et Blaye, accueille un joli domaine (Thierry et Sylviane Viélet) qui travaille bien mieux que la moyenne dans la famille des bordeaux génériques. Un vin croquant qui a autant la matière recherchée par les amateurs de bordeaux classiques que la buvabilité chérie par les tenants du naturel. Belle surprise en somme pour un 2005 au prix assez dérisoire (entre 6,50 et 8 euros selon les cavistes).

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    Pour tout dire, je l'avoue, j'ai choisi ce vin parce qu'il venait d'un bon caviste certes, mais aussi parce que j'étais dans ce coin du Bordelais au début du mois de septembre. Et je voulais voir ce que ces vins avaient dans le ventre une fois remonté à Paris.

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  • Vendredi du Vin n°31 : un bordeaux frondeur

    Un vin qui dit fuck au système ? Un vin rock'and'roll qui fait un gros doigt aux institutions ? Lorsque la présidente Eva a lancé l'idée, j'ai tout de suite pensé au domaine de la Vrille Têtue qui se situe à Saint-Vincent-de-Paul, juste au sud de Saint-André-de-Cubzac. Du côté de Bordeaux donc, c'est-à-dire dans un des vignobles les plus codifiés, les plus institutionnels, bref un vignoble bourgeois.

    Loin, très loin des fameux grands crus dont tout le monde parle mais que personne ne boit, Jean-Jo et Pascal Brandeau (le père et le fils) s'habillent une année de la pastille verte bordeaux supérieur, une autre année de la bleue vin de table. Une année A.O.C., une année niet : c'est selon les "humeurs" du comité d'agrément. Sans doute n'ont-ils pas utilisé assez de copeaux de bois, sans doute n'ont-ils pas assez micro-oxygéné... Dans notre ère technologique réglée au laser, la déviance est une qualité. Le domaine de la Vrille Têtue l'est (têtu) et continuera de travailler en bio et sans intrants de synthèse, qu'importe les pressions.

    photo volée sur le site du domaine de la Vrille Têtue par ailleurs très drôle et très bien fait

    Prenons le cas du fameux millésime 2006, dont la bouteille a été vite sifflée lors de mon apéro d'anniversaire il y a 6 mois. Qu'y a-t-il de si extravagant dans la bouteille ? Ben du bordeaux classique. Merlot, cabernet-sauvignon, cabernet franc. Mais considéré comme "atypique" par Quali-Bordeaux, organisme qui distribue (ou pas) les A.O.C. Donc couleur bleue, vin de table. Sur l'étiquette, les vignerons poussent une gueulante : "On marche sur la tête. Ce vin, sans doute le meilleur de ces dernières années, a été refusé par le comité d'agrément. Il est donc classé : Vin de table français. A vous de juger". Une amie amatrice de bordeaux en a apprécié le contenu. Moi-même qui ne boit que très rarement du merlot, j'ai vraiment aimé : non seulement il possède une rusticité étonnante, engageante mais surtout il est profond, long, naturel. Aux classiques bordelais morts-nés, on ne peut que préférer ce vin qui a un peu de poil sous les bras.

    On peut rigoler de tout cela, mais c'est grave. C'est à chaque fois un pas vers une standardisation du goût qui remet en cause le travail des vignerons artisans. Voici comment les Brandeau résument tout cela sur leur site internet : "L'AOC, Appellation d'Origine Controlée, est de moins en moins le signe d'une appartenance à un terroir, mais bien plutôt l’assujettissement servile à des études de marché, il faut le dire, au service d'un petit nombre de <<gros>> et de négociants... Pour être <<bon>>, il faudrait abdiquer toute personnalité et se couler dans le moule... ne pas faire de vagues, et surtout, se taire..."

    Des buveurs de bordeaux de supermarché à 4 euros se plaignent aussi de son prix trop élevé. Forcément, il faut 1) avoir le réflexe d'aller chez un bon caviste (ici la superbe cave-libraire Le Vin se Livre à Paris), 2) ne pas avoir peur de la mention vin de table et 3) mettre près un peu plus que le prix habituel (7,5 euros chez le caviste mais seulement 5 ou 6 si on commande directement à la propriété). Boire un vin qui a une véritable personnalité et défendre la diversité du monde est à ce prix. Et malgré tout, si les Brandeau ont vendu toutes les bouteilles de 2006, c'est qu'il doit bien y avoir une raison...

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    PS : promis, pour le prochain Vendredi du Vin, je ne parlerai pas de bordeaux !
  • Vendredi du vin #30 : un bordeaux en pole position, le château La Levrette

    Quel meilleur thème que "le vin... et le SEXE" pour entrer dans la boucle des Vendredis du Vin ?

    Pour l'illustrer, j'ai choisi (une fois n'est pas coutume) un vin des côtes de Blaye qui m'a pas mal séduit dernièrement. Quand on sait qu'il est produit par les héritiers de François Mauriac, on comprend bien qu'on ne va pas faire dans le graveleux.

    Le bordeaux rouge de Laetitia et Arthur Mauriac repose sur un savant dosage de merlot et de cabernet-sauvignon bien mûrs qui donnent un jus vif et bien noir. Bien sûr, pour un amoureux de la Bourgogne comme moi, il parait au début trop dense et trop concentré. Mais à bien y regoûter, ce souci s'estompe. Il n'est pas aussi lourd ni vanillé que d'autres bordeaux surextraits : après quelques minutes, le vin s'ouvre et une jolie acidité vient renforcer sa buvabilité. Ce qui laisse à penser qu'on est en présence d'un vignoble bien travaillé et d'un raisin respecté. Ce que vient confirmé le serveur du BoBar, l'un des seuls bars à vins naturels de Bordeaux, où j'ai découvert ce vin. Il confirme : dans les vignes, pas de désherbant chimique et des vendanges manuelles. S'il ne s'agit pas d'un pur jus naturel à la Overnoy ou à la Schueller, on est assez loin de ce qui se fait communément dans le Bordelais.

    Ah oui, dernière chose, j'allais oublier le nom du domaine. Choisi pour rappeler des valeurs comme l'élégance, la finesse et même la féminité, loin des autres bourrins bordelais : c'est le château La Levrette. La levrette étant bien entendu la femelle du lévrier : élégante, fine, racée... Ben quoi ? Vous pensiez à autre chose ?

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  • Jonc-Blanc pommes de terre

    Le bergerac, logiquement ça me fait plutôt fuir. Je n'aime pas trop cette région où souvent encore on fait pisser la vigne pour du vin qui n'en mérite pas le nom. Je n'ai jamais rien goûté de très spécial. Le pire étant le liquoreux qui donne mal au crâne dès le premier verre.

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    Mais beaucoup disent du bien de ce montravel, une A.O.C. un peu dans l'ombre. Château Jonc-Blanc (15 euros chez Versant Vins). Un vin blanc ouvert une heure, tenté sur un petit pot-au-feu. De l'ampleur et bien sec, sans souci avec le boeuf moutardé. Un vin suave. Un joli mot pour une jolie sensation.

    En fait, mon problème est d'être peu sensible aux cépages sémillon et sauvignon quand ils sont cultivés en Bordelais. Car le sauvignon, je le préfère en Loire. C'est à toute cette région de Bordeaux que je suis peu sensible en fait. Et effectivement, les goûts et les couleurs...

  • Du Médoc mais pas de photo

    Nous avons débouché le médoc acheté au Bon Marché. J'en avais déjà parlé dans cette note. Je rafraîchis les mémoires. Il s'agit d'un Château Tour-Haut-Cassancru bourgeois, 2003 (17 euros). Sur le romazava, ce superbe pot-au-feu malgache aux feuilles et fleurs de brèdes mafane, il est totalement flingué. Mais tout vin serait flingué par un tel plat. Non pas que l'assiette soit épicée, mais un picotement caractéristique des papilles (qui vient des brèdes) empêche de se concentrer sur tout liquide qui l'accompagnerait. A Madagascar on se fait pas chier, on le mange avec de la bière.

    Sur le plateau de fromages, le médoc peut enfin se révéler. Il est extra, concentré mais digeste. En tout cas pour les amateurs. Mais voilà, c'est pas pour moi. Le bordeaux, je n'y arrive pas. Hormis un ou deux (autres) producteurs. C'est plus fort que moi. Désolé.

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