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Champagne

  • Ulysse Collin égale Jacques Selosse

    Des pépites dorment dans certaines caves. C'est sûr, je ne parle pas de Lafite 61 ni de La Tâche, n'importe quel millésime, bouteilles qui me feraient hypothéquer ma maison. Non, cultivons la simplicité. Il existe des bouteilles achetées il y a deux ou trois ans et oubliées volontairement en cave. Après un certain laps de temps, notre esprit lui aussi les oubliées. On les redécouvre par un heureux hasard. Ah bon, il t'en reste une ?...

    En octobre 2011 chez Augé, la première fois où nous avons rencontré Olivier Collin (champagne Ulysse Collin), le coup de foudre fut immédiat. L'autre Olivier et moi partîmes avec le carton de Blanc de blancs extra-brut 2007. Seulement, si moi j'ai très vite tout bu, Olivier en a laissé à la cave.

    Depuis, la Seine a coulé sous le Pont Mirabeau. Depuis, j'ai brossé le portrait d'Olivier (Collin) dans Tronches de Vin et bu les autres quilles au hasard et souvent : le blanc de blancs devenu Les Perrières, l'introuvable Les Roises (autre parcelle gourmande) et Les Maillons, le blanc de noir magnifiquement épicé. Depuis, j'ai même tenu le stand d'Olivier (Collin) au salon Rue89 un après-midi de 2013.

    Et donc, le 1er janvier, vers 00h15, l'autre Olivier a trifouillé dans sa cave pour récupéré un 2007. Rien n'était prévu et c'était temps mieux.

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    A voir le sourire béat des chanceux qui mirent leur nez au-dessus de leur verre, on se dit que l'affaire était entendue. Que notre intuition était vérifiée : les champagnes Ulysse Collin dépassent ce que la région peut produire de mieux. Dans Tronches de Vin, je lançais l'hypothèse qu'un jour Olivier Collin égalerait le maître Anselme Selosse (domaine Jacques Selosse). Comment ne pas en être convaincu avec le 2007 dans le verre ?

    Des l'ouverture, il respire la classe. La fine bulle laisse la place à quelque chose comme un grand vin de Bourgogne. De toute façon, preuve en est que la tablée réclame un autre verre. Puis un magnum. 

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    Alors, forcément : bonne année !

  • Drappier faisait déjà du champagne rosé en 1964

    Cette année-là, Brejnev remplaçait Khrouchtchev, sur les écrans sortait le Docteur Folamour et Montand chantait La Vie en Rose. Bref, c'était un autre siècle.

    Et on l'a bel et bien enterré ce bon vieux XXe siècle. Pourtant, il faut se rappeler qu'il a été capable de produire des pépites qui ont traversé le changement de millénaire et qui se goûtent avec intérêt 50 ans plus tard. Ainsi ce champagne rosé de chez Drappier vendange 1964 débouché pour entrer de bon pied dans cette année 2013. Dégorgé en 2011, il a conquis les palais chanceux grâce à un nez frais et épicé et surtout grâce à ce joli coté cognac, très plaisant, encore très frais. Le 31 décembre, on ne mange rien pour l'accompagner, on le boit en apéro pour lui seul et sans attendre minuit.

    photo.JPGMais ces notes de dégustation ont relativement peu d'importance. Ce qui nous intéresse, c'est la raison pour laquelle cette bouteille s'est retrouvée sur notre table un demi-siècle après sa production. C'est entendu, aujourd'hui la mode est au champagne rosé ; mais était-ce déjà le cas en 1964 ? N'y a-t-il pas eu une certaine audace de produire ce flacon à l'époque ? Et le champagne rosé n'est-il pas comme le rosé tranquille un vin à boire rapidement ? Nous avons posé la question à Michel Drappier, qui avait 5 ans en 1964 et qui dirige le domaine désormais.

    "J'ai de vagues souvenirs d'une belle vendange ensoleillée en culottes courtes, donc c'est mon père qui m'a donné les éléments de réponse. Il y avait effectivement peu de rosés dans les années 1960 et c'est en 1968 que notre rosé, baptisé Val Demoiselle, est sorti de nos caves. C'est ma mère, Micheline, décédée en 2006 qui a eu l'idée d'un champagne rosé.

    Compte-tenu de la très belle saison végétative de 1964, mon père (86 ans et toujours présent au domaine) a eu l'idée d'essayer ce rosé de saignée, corrigé avec du blanc, le tout en pinot noir. L'état sanitaire des raisins était parfait, une acidité totale assez élevée. Nous avions conservé un millier de bouteilles seulement. Il n'en reste que quelques dizaines dans l'œnothèque. Les bouteilles ont été remuées vers 1968 et conservées sur pointe, ce qui ralentit le vieillissement et dans l'obscurité car le problème numéro un avec une bouteille blanche, c'est l'oxydation lumineuse. La bouteille transparente était l'idée de maman pour une question esthétique et commerciale mais inadaptée à une longue conservation. Nous ne le savions pas à l'époque. La maturation s'est bien déroulée puisque nous n'avons eu aucun goût de lumière. Les vins sont dégorgés au fur et à mesure des sorties et la date figure sur l'étiquette. Ce rosé est donc un coup d'essai dont nous avons voulu étudier le vieillissement."

    Sébastien Lapaque dans son salvateur ouvrage Petit Lapaque des vins de copains insiste sur le fait que la maison Drappier n'en finit pas de nous étonner. Après cette bouteille, le prochain défi s'annonce particulièrement complexe à relever.

    (Enfin, un grand merci à Olivier qui a cassé sa tirelire pour l'achat de cette sensationnelle bouteille).

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  • Champagne : Les Avizés, le restaurant ouvert par Anselme Selosse

    C'est Sébastien Lapaque qui, le premier, m'a mis la puce à l'oreille il y a presque un an en m'envoyant son article publié dans le journal O Estado de Sao Paolo (traduction ici). J'ai évidemment et tout de suite ressenti une grosse envie de filer vers Avize, au coeur de la Côte des Blancs, à quelques kilomètres d'Epernay. Malheureusement, le voyage ne s'est fait que quelques mois plus tard ; j'arrive donc un peu après la bataille. Mais tout vient à point à qui sait attendre.

    Nous voici donc au domaine Jacques Selosse. On ne présente pas un mythe. Oui, déjà. Et le hasard a failli être bienheureux : la personne que j'ai eue au téléphone a failli me trouver une place pour une visite des vignes et du chai. Mais malheureusement, elle s'est bien vite ravisée : le maître des lieux, le maître tout court, Anselme Selosse, était ce soir-là en partance pour Paris. L'un arrive, l'autre part. La visite du proprio, ce sera pour une autre fois.

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    Avec Thomas, nous avons réservé une table dans l'hôtel-restaurant attenant : Les Avisés. Après trois ans de travaux, Anselme Selosse et sa femme Corine ont décidé d'offrir un écrin à leurs champagnes. La première obsession était d'agrandir la cave pour le stockage des bouteilles. Puis a germé l'idée de récupérer tout cet hôtel particulier pour en faire un lieu de vie(s) et de plaisir(s).

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    En plein milieu de la Côte des Blancs, le blanc domine. Sur les murs et dans le verre.

    Bien sûr, la carte des vins s'avère très fournie, ostensiblement tournée vers le vin naturel. Pour la Champagne, elle ressemble à un bottin gourmand. On vient de loin pour manger ici et il faut le dire, également pour boire les jus maison. La pancarte à l'entrée avait pourtant prévenu le chaland : il n'y plus de champagne Selosse à vendre. Sauf sur table : aux dires de la responsable de salle, les heureux attablés se paient très souvent (au moins) une bouteille de Selosse. Forcément, puisqu'on n'en trouve pas partout...

    Beaucoup a déjà été dit sur les prix pratiqués au restaurant Les Avizés. Prix propriété ou prix caviste ? Aucune marge ou coefficient multiplicateur délirant ? La vérité est un entre-deux. Sur table, le champagne Selosse correspond à 1,5 fois le prix caviste.

    Franchement, le lieu-dit Les Carelles à 153 euros sur table est une affaire. Certes, de tels montants peuvent donner le tournis... Mais la même quille à manier avec précaution, c'est tout de même 106 euros chez un bon caviste parisien. Il ne s'agit pas de prix propriété, mais il n'y a pas culbute non plus.  Pour preuve, voici le détail des prix.

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    A ceux qui ne les ont jamais goûté, comment expliquer ces champagnes ? Ils ne ressemblent à rien d'autre, c'est tout. Sinon à de grands vins de Bourgogne qui bullent sur la terrasse. 

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    Nous sommes donc en présence du lieu-dit Les Carelles, sis au Mesnil-sur-Oger (village mythique s'il en est), grand cru extra-brut et 100 % chardonnay. Cette bouteille fait partie des 6 lieux-dits qu'Anselme Selosse a soigneusement délimités pour faire ressortir tout le panache des terroirs champenois.

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    La bulle gagne en noblesse après seulement dix minutes d'ouverture. Le nez se révèle beurré mais l'élevage n'est absolument pas lourd. Puis, une bouche crème se rehausse et se complexifie grâce des amers interminables. C'est une immense bouteille, qui m'a bien plus tapé dans l'oeil ce soir que lors de la dernière dégustation chez Augé.

    Nous avons bu un verre à l'apéro, puis un sur la première entrée, puis un sur la seconde entrée. A chaque fois, l'impression de voir la bouteille vide était vite et heureusement envolée : il en restait, encore et encore. On a même fini le dessert avec elle, c'est-à-dire que la même bouteille a aussi servi de "digestif". C'est le propre du grand vin : on est tellement subjugué à chaque gorgée que le temps s'arrête.

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    Anselme Selosse a confié la cuisine à Stéphane Roussillon, un ancien second d'Anne-Sophie Pic à Valence. Autant dire qu'il s'agit là de quelqu'un qui connait son métier. Le menu change tous les jours et il faut l'avouer, sonne extrêmement juste.

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    Salade d'asperges, tomates cerise au pesto, haddock fumé et parmesan : bienvenue.

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    Filet de bar cuit en vapeur douce, émincé de chou pointu et salicorne, crème de homard : réjouissant.

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    Magret de canard au tandoori, écrasée de pommes de terre, carottes glacées au satay, jus balsamique et cerises : suave.

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    Quelques fromages Bordier : une belle rampe de lancement pour le dessert.

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    Salade de fraises, rhubarbe et son sorbet : aérien.

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    On récapitule l'addition : 153 euros la quille de champ', une demi-bouteille du très intéressant Château Falfas 2006 (13 euros), deux menus à 55 euros et deux suppléments "fromage" (7 euros). Pour un tel repas, avec une telle bouteille, c'est raisonnable. 

    En plus, on a l'impression que tout le monde est content d'être là : le chef, sa femme en salle, le soleil (ce jour-là), le champagne, le bar (pour l'apéro), le bar (le poisson)... Donc forcément, nous aussi : bref, un endroit rare.

    En plus, on peut réviser notre géographie champenoise dans les toilettes. Je veux les mêmes.

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    Hôtel Restaurant Les Avizés, 59, rue de Cramant, 51190 Avize, 03 26 57 70 06.

  • Anselme Selosse, "le Picasso du chardonnay"

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    Dans le remarquable film Sideways, le héros attend une grande occasion pour ouvrir son (trop) fameux Cheval-Blanc 1961. "Le jour où tu l'ouvriras, ce sera en soi une très grande occasion" lui rétorque un autre personnage. C'est exactement la même chose avec les champagnes d'Anselme Selosse (maison Jacques Selosse) : chaque bouteille débouchée rend le moment magique.

    Quand Olivier m'a dit qu'il allait en être ainsi le week-end prochain, que nous allions avoir droit à un V.O. (cuvée extra-brut) qu'il a laissé reposer deux ans en cave, j'ai repensé à cette dégustation, à notre première bouteille sifflée et à l'une des dernières dégustations où le 2002 encore au repos nous avait déjà subjugué. Il faut ajouter que patiente quelque part dans nos caves un Substance (champagne produit sur le principe de la solera depuis 1986). Bref, des moments magiques passés et d'autres en perspective.

    Bien sûr, l'artisan-vigneron n'a pas besoin de moi pour lui faire sa pub mais moi, j'ai besoin de ses bouteilles pour comprendre le monde. Ses jus ne ressemblent à aucun autre. On pourrait résumer et simplifier à l'extrême en disant qu'il y a peu de bulles dans ses grands blancs qui tirent vers la Bourgogne. Mais ces quelques bulles résistantes viennent renforcer l'impression de finesse. Selosse définit son champagne comme ayant des "bulles carrées". Mon cher Sébastien Lapaque parle de lui comme du "Picasso du chardonnay". Pour ces Vendredis du Vin, Véronique la vigneronne du Mas Coris nous demande en quoi on peut rapprocher le vin de la sculpture ou de la peinture : pour moi, c'est tout trouvé. Le champagne, c'est de l'art, c'est de la peinture dans le verre et de la sculpture en bouche. Et les finalités de l'art et du vin sont les mêmes. Lapaque précise : "chez Anselme Selosse, la dégustation d’un champagne s’apparente à un askêsis, un exercice spirituel. C’est une promenade dans les hauteurs, une élévation de l’âme." Il ne s'agit pas là d'un des meilleurs vins effervescents du monde : il s'agit là d'un des meilleurs vins du monde, tout court.

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  • Mes plans à Troyes

    Un blog, c'est surtout fait pour partager (ses lieux favoris) et échanger (ses coups de coeur). Après (entre autres) Venise, Istanbul, Metzle Cambodge, Collioure, la Corée, direction l'Aube et sa capitale, Troyes. En un week-end, on glane quelques bonnes adresses. Il y a celles que l'on connaissait de réputation et qui s'avèrent encore plus extraordinaires qu'attendu (Aux Crieurs de Vin, la charcuterie Thierry Daniel) et de très jolis endroits qui mériteraient d'être un peu plus connus.

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    * Aux Crieurs de Vin c'est un coin de paradis dans la ville de Troyes. A la fois restaurant et caviste, il cultive le bon goût et les bouteilles hors du commun. A eux seuls, Aux Crieurs de Vin méritent le voyage : si l'on suit ma typologie, il devrait obtenir les trois étoiles...

    * Aux Crieurs de Vin, l'annexe, qui se situe au coeur du marché des Halles. On boit un coup pour pas cher, on grignote les plateaux de fruits de mer du gentil poissonnier d'à-côté ou on achète de belles quilles.

    * Les belles quilles, ce sont forcément les champagnes de l'Aube. Mais ce court séjour à Troyes m'a surtout permis de découvrir les vignerons que l'on connait à peine. Car si les noms de Drappier, Lassaigne ou Vouette-et-Sorbée nous sont désormais familiers et portent haut les couleurs de leur département, il y a une belle poignée de vignerons moins célèbres qui oeuvrent au bon goût du champagne aubois.

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    * Un restaurant qui, comme moi, adoooore l'andouillette, Au Jardin Gourmand.

    * L'andouillette qui ne peut venir que de la charcuterie de Daniel Thierry, à Sainte-Savine. Pour les sceptiques, oubliez tout ce que vous connaissez de l'andouillette.

    * Et pour finir le séjour, un petit pique-nique avec une belle bouteille, des fromages locaux bien excitants et des douceurs au chocolat.

    Et côté nourriture pour la tête, n'hésitez pas à en passer une au Musée d'Art Moderne pour une collection exceptionnelle, dont ce superbe tableau de Charles Dufresne, version personnelle de L'Enlèvement des Sabines.

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  • Troyes : la merveilleuse cave à manger Aux Crieurs de Vin

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    Aux Crieurs de Vin, c'est l'une des premières caves à vins naturels et caves à manger ouvertes dans notre cher pays. Quelques mois avant le Verre Volé parait-il, donc ça ne rigole pas. Le principe est le même que dans beaucoup d'endroits, d'ailleurs il a souvent été copié : une partie caviste et une partie resto avec des produits bien troussés. Vous pouvez choisir votre bouteille dans la cave et y ajouter seulement 6 euros de droits de bouchon (et pas un coefficient multiplicateur de 2 ou 3 voire plus)...

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    La sélection de vins au verre est très pointue. Du P'tit Jo de la Roche Buissière à un joli collioure de Bruno Duchêne. De 2 à 6 euros, oui vous avez bien lu, on est loin de certains prix parisiens.

    Vu qu'on est dans la zone, on fait aussi du champagne de l'Aube au verre. Ce qui nous permet de goûter les nouveaux venus qui vont sans doute cartonner. A ma gauche, Marie Courtin avec sa cuvée Résonance (un 100 % pinot noir non dosé avec un léger gût de noisette, enivrant et très classe) et à ma droite Sève, le rosé de saignée d'Olivier Horiot (un nez de fraise mais en bouche des fruits rouges et mûrs, légèrement oxydés ou en tout cas un goût de noix qui serait top avec du fromage et une finale sur grenadine amère, très amère). La découverte de ce séjour troyen !

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    En entrée, un beau bloc de terrine maison. 

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    Et un tartare de boeuf de Pâques de l'Aubrac. C'est une tradition du plateau, où on élève des boeufs spécialement pour Pâques. Ils se mangent 15 jours avant les fêtes ou dans le mois qui suit. Tradionnellement, on ne mangeait du boeuf qu'à Pâques, fin de Carême oblige. Et il faut dire qu'on ne pouvait pas se permettre de la viande toute l'année. Alors, on le choyait, on préparait la bête pour la mi-avril. L'appellation semble bien contrôlée, il s'agit de boeuf (et pas de vache) fermier voire bio, de race Aubrac, élevé 3 ans. Autant dire que dans l'assiette comme en bouche, ça fond et on fond... Magnifique sauce à l'estragon pour accompagner.

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    Rebelote avec le plat, un pavé de boeuf de Pâques. 

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    Et on boit quoi ? 

    * Le Glou 2009 de Jean Delobre (ferme des Sept-Lunes). Je vous présente la syrah glouglou d'Ardèche, c'est magnifique.

    * Les Racines 2008 de Claude Courtois. Pas de mots pour qualifier ce vin magique. Si complexe qu'on a du mal à retrouver les parfums contenus dans le verre.

    * Bien Luné 2009 de Terre des Chardons, un peu en retrait.

    Plateau de fromages du roi troyen de la chose, Ozérée. Très joli époisses qui voulait se barrer de la planche.

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    Avec le fromage, on s'enfile le collioure blanc baptisé Vall Pompo. C'est du 2010 et c'est du Bruno Duchêne (on a tout bu au verre ce soir). C'est bien tendu, même s'il s'avère moins acide que le Blanc du Casot. Il est parfait avec le fromage de chèvre et s'avère plus que parfait avec la tome de Savoie. Quant à l'époisses, il faut avoir fini son verre avant que de croquer dedans, on n'en doute pas.

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    Faut bien un peu de sucre avant de rentrer se coucher, alors tarte au chocolat qui se tient très bien. 

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    On s'est lâché sur les plats, on s'est lâché sur les vins au verre (avec notamment deux coupes de champ'). L'addition est montée, mais c'est péniblement qu'elle a atteint 70 euros... Un cadeau. 

    Si certaines caves à manger ou autres restaurants ont copié le concept, ils devraient maintenant copié la qualité et les prix. C'est l'endroit qu'il me faut en bas de chez moi.

    Aux Crieurs de Vin, resaurant-caviste, 4 place Jean-Jaurès, 10 000 Troyes, 03 25 40 01 01.

     

  • Troyes : Aux Crieurs de Vin, côté marché

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    On connait maintenant le restaurant-caviste Aux Crieurs de Vin. Mais les tenanciers ont eu la bonne idée d'ouvrir une annexe dans le ventre de Troyes, c'est-à-dire le marché des Halles. 

    En quoi ça consiste ? Un caviste avec de très belles bouteilles (j'y ai trouvé un cornas 2004 des Champs-Libres ou ce beau rouquin de Philippe Jambon) et surtout, surtout, le paradis sur Terre : quelques tables et quelques chaises où tu peux boire un coup avec un droit de bouchon dérisoire (4 euros).

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    Ce qui nous fait la bouteille de champagne Pierre Gerbais à 24 euros. Ou à 5 euros le verre. Oui, vous avez bien lu... Je le répète, on est loin des prix parisiens du vin au verre. Ce Pierre Gerbais-là est vinifié spécialement pour Aux Crieurs et franchement, c'est tip-top. Champagne léger, rafraichissant mais néanmoins avec une sacrée gueule.

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    Cerise sur le gâteau, notre caviste chéri s'est acoquiné avec le poissonnier d'en face et ils sont nombreux les Troyens chanceux à s'enfiler des huîtres avec un coup de blanco le samedi ou le dimanche matin.

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    Aux Crieurs de Vin au Marché des Halles, rue Claude-Huez, 10 000 Troyes, 03 25 43 20 20. 

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  • Troyes : demain, dans l'Aube, à l'heure où revit la Champagne

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    Voici les valeurs montantes du champagne. Elles se situent toutes dans l'Aube et n'ont pas grand-chose à voir avec les (trop) grandes maisons de la Marne que l'on connait (trop) bien. Non pas qu'il n'y ait pas de belles choses au nord du vignoble champenois, mais ma passion pour le pinot noir vinifié en blanc avec des bubulles me ramène toujours à l'Aube.

    On connait Drappier, Lassaigne et Vouette-et-Sorbée. il va falloir se familiariser avec les noms de Pierre GerbaisDe Marne-FrisonMarie Courtin, Charles Dufour et Olivier Horiot

    J'en ai bu deux d'entre eux chez Aux Crieurs de Vin, à Troyes. C'est d'ailleurs là où j'ai récupéré ces six bouteilles. Les autres, je vais donc les ouvrir au compte-gouttes et on en reparlera. D'ici là, quelques lignes sur chaque domaine.

    D'abord, Pierre Gerbais. A Celles-sur-Ource, une maison fondée en 1930. Ils produisent une gamme large et notamment des bouteilles dédiées pour Aux Crieurs de Vins ou VinNouveau. Les prix sont aussi ciselés que les cuvées. La preuve, la cuvée pour Aux Crieurs de Vin est à 24 euros sur table : fraîche et rafraichissante.

    Je n'ai pas beaucoup d'infos, donc je convoque à nouveau VinNouveau pour parler de Valérie et Thierry de Marne (qui travaillent bien dans l'Aube malgré leur patronyme). Franck les décrit comme "jeunes et très talentueux. Le succès qu'ont eu leurs vins avant même leur disponibilité est impressionnant... Cette cuvée Goustan est un assemblage à parts égales de chardonnay et pinot noir. Non dosé. Très belle bulle, vineux, pour l'apéritif ou la table. Bio". Moi j'ai hâte de goûter.

    La grand-mère de Dominique Moreau s'appelait Marie Courtin. Depuis 1999, cette vigneronne s'occupe de 2,5 hectares en biodynamie sur une surface d’un seul tenant. J'ai goûté la cuvée Résonnance (100 % pinot noir non dosé, élevé en barrique). On verra bientôt ce que donne Efflorescence (100 % pinot noir non dosé, vinifié en fûts de chênes et élevé en barriques).

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    On m'a dit beaucoup de bien de ce jeune vigneron de 26 ans : Charles Dufour qui a repris le domaine familial. Il n'a fait que trois millésimes mais au naturel, le vignoble est en reconversion bo/biodynamie depuis 2007. Je l'attends aussi... 

    Quant à Olivier Horiot, c'est mon coup de coeur de ce week-end troyen avec le champagne Sève, un rosé de saignée millésime 2006 qui "contient des sulfites... mais pas trop". Olivier Horiot a pris la succession de son père en 1999. Il fait aussi un A.O.C. Rosé des Riceys (un vin tranquille 100 % pinot noir), millésime 2006 aussi lieu-dit En Barmont. Oui, vraiment j'ai hâte de les ouvrir ces six bouteilles. 

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  • Troyes : les bons ingrédients d'un pique-nique

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    Pour réussir un pique-nique à Troyes, direction le marché des Halles. On y trouve tout. Chez le spécialiste de la chose (Ozérée), voici deux beaux fromages du coin : un champ-sur-barse (un genre de petit chaource, au lait cru, moulé à la louche et non pasteurisé)...

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    ...et un Pierre-qui-Vire (chèvre bio fabriqué dans le monastère éponyme dans le Morvan).

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    Ajoutons à cela les pains du Fournil d'Isaline, à l'autre bout du marché.

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    Et des chocolats d'un très bel artisan (un M.O.F. d'ailleurs), Pascal Caffet. Avec de belles choses, notamment aux agrumes ou aux fruits de la passion...

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    ... et un splendide "troyen" (ganache au champagne, c'est le rectangulaire au lait)

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    Et une quille incroyable, évidemment dégotée chez Aux Crieurs de Vin, au coeur du marché. Un délicieux Roche Noire 2005 de Philippe Jambon (un vin introuvable). C'est puissant et gouleyant à la fois, dense et digeste, un vin de contrastes. C'est tout simplement délicieux, je me répète. Pour paraphraser Christian Authier qui parlait des vins d'Eric Callcut, les gobelets en plastique n'ont pas réussi à éteindre le feu des vins de Jambon.

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  • Drappier vieillit admirablement bien

    1988, 1992, 1993. La maison de champagne Drappier ressort régulièrement des vieux millésimes récemment dégorgés. Au domaine, le prix est ridicule (à peine une trentaine d'euros) pour des jus conservés 20 ou 30 ans. Et les marques célèbres, ça coûte combien ? Récemment et en plus des bubulles pour ma consommation personnelle, j'ai passé commande de ces trois millésimes qui fleurent bon le siècle passé et ça s'est très bien passé.

    Le blanc de blancs grand cru 1988 tranche avec le monocépage pinot noir qui fait la renommée de Drappier. Il a conservé toute sa verdeur et parait bien jeune, sans oublier une finesse qui perce. Il faudrait encore l'attendre.

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    Le Carte d'Or 1992, c'est la bouteille que j'ai ouverte lors du passage à 2012 c'est-à-dire, à quelques mois près, 20 ans après les vendanges. Arômes un peu incongrus de fenouil et élevage présent mais classe.

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    Incroyablement élégant fut le Carte d'Or 1993 : il tirait totalement sur la truffe blanche. Comme à chaque fois, on reconnait la belle mousse qui laisse place à de très fines bulles venant simplement chatouiller les papilles. Franchement, c'est du grand art.

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    Et on le répète, les champagnes de supermarché que tout le monde connait, qui (on le croit) font forte impression sur la table mais se révèlent passe-partout dans le verre, ceux-là on les paie bien plus cher.

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  • Selosse millésime 2002 : déjà Napoléon perce sous Bonaparte

    Cette année, Augé a avancé sa traditionnelle dégustation des champagnes de vignerons à la mi-octobre. J'ai l'impression qu'il y avait un peu moins foule cette année.

    Mais les vignerons sont là et avant tout Anselme Selosse qui nous enchante avec l'Initial et son rosé (j'avoue être moins partisan des lieux-dits). C'est un monde à part, cinq coudées au-dessus de tout le monde. Ce n'est pas une nouveauté. Par contre, ce qui est une nouveauté c'est son millésimé 2002 qui attend encore et ne sera mis en vente que l'année prochaine. Bon, il a tout de même apporté quelques bouteilles, pour faire goûter. Et déjà Napoléon perce sous Bonaparte, tel un grand bourgogne pétillant. Bien sûr, il n'est pas à son apogée. Mais celui-là, on l'attend de pied ferme.

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    Juste à côté, Olivier Collin de la maison Ulysse Collin. Marc Sibard nous avait mis l'eau à la bouche à coup de magnum de Blanc de blancs base 2005. Le base 2007 se révèle presque aussi superbe, j'en ai désormais six à la maison.

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  • Champagne pour Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier !

    Jeudi dernier, sur le tarmac de Villacoublay, Hervé Ghesquière, enfin libre, racontait ses conditions de détention avec Stéphane Taponier en Afghanistan. Il avait eu cette phrase qui "parait bête" sur la nourriture, dont la mauvaise qualité ne l'a pas aidé à tenir : "une nourriture non pas 'spécial otages' mais 'spécial montagnes afghanes', donc pas grand-chose, et toujours la même chose. Ça parait bête, la nourriture, mais c’est vital. Et là, on ne pouvait pas s’accrocher à ça." Après mon petit article qui a relevé cette phrase, la personne qui anime le blog Sommelier.fr m'a demandé quel vin les ex otages avaient ouvert pour fêter leur libération.

    Selon mes infos, ce fut évidemment du champagne et plus précisément le Cristal de Roederer dans sa version 2000. "D'autant plus sublime que bu avec joie" selon un des heureux participants. Et s'ajoute à cette cuvée, un magnum de champagne que le couple Gonet-Medeville a envoyé au Comité de Soutien dès l'annonce de leur libération. Il devrait être bu demain lors d'une petite teuf chez Reporters sans frontières.

    Santé !

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    Crédits photo : Comité de Soutien.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Champagne 2 commentaires
  • Le champagne des hommes et des dieux

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    J'avais mis une grosse chaussette à ski sur la bouteille pour tenter de piéger Olivier : "D'accord, c'est du champagne. Bon déjà une chose est sûre, ce n'est pas du Drappier car on connaît tout chez eux..." Perdu. C'est la Cuvée de Clairvaux élaborée par Drappier avec, comme toujours, une majorité de pinot noir. J'avoue l'avoir trouvé moins brut que d'autres champagnes de la maison mais j'ai réfléchi deux minutes : question bulles, mon palais est tellement habitué au Brut Nature Zéro Dosage donc tout autre me parait "sucré".

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    Fanatiques de cette maison de champagne, nous n'avions jamais entendu parler de cette cuvée, pas même lors de nos visites à Urville. J'ai mené ma petite enquête, voici l'histoire.

    Drappier possède un superbe réseau de caves très anciennes dont une partie a été construite au XIIe siècle par les moines cisterciens de Clairvaux à 10 kilomètres d'Urville. Aujourd'hui, c'est l'Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux qui s'occupe de restaurer l'abbaye de Saint-Bernard et d'y animer la vie culturelle. L'Etat et les collectivités territoriales ont traîné les pieds mais elles commencent à jouer leur rôle. Cependant, il est toujours nécessaire de trouver un peu d'argent. Michel Drappier a accepté de produire une cuvée dédiée pour aider l'association à financer ses projets tout en rendant hommage à l'histoire, aux hommes et aux dieux. Pour les chercheurs d'insolite et les amoureux des abbayes, nulle autre solution que de se déplacer dans l'Aube et de visiter les lieux pour pouvoir acheter cette cuvée. Mais allez, je donne notre bon plan, car heureusement pour notre quotidien il faut dire que Paris est magique et le Comptoir des Abbayes bien achalandé... J'y suis passé par hasard l'autre jour et bingo !

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    Le Comptoir des Abbayes, 4 rue Fléchier, 75 009 Paris, 01 48 78 49 25. Et une boutique à Strasbourg.
  • Urville : le melchisedech chez Drappier, un champagne XXXXXXXL

    Lors de notre visite chez Drappier à Urville, chacun remarque ces immenses caisses de bois à côté des cartons de 6, des caisses de jéroboams ou nabuchodonosors... C'est quoi ? Des cercueils ?

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    Remontés dans la salle de dégustation de Drappier, la réponse trône contre un pan de mur. Devant nous 30 litres et 58 kilos accueillent l'équivalent de 40 bouteilles de champagne. Son nom : melchisedech ("roi de justice") du nom d'un pesonnage de la Bible. Cet énorme contenant, le plus gros de la Champagne, est uniquement produit par Drappier.

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    Le vigneron ne travaille pas ce contenant de manière classique. Déjà, la prise de mousse se fait directement dans la bouteille qui est ensuite remuée et dégorgée à la main. Ou avec une grue ?

    Un autre souci maintenant : le prix. Sachant que cet obus n'est évidemment pas produit en série comme les 75 cl. Que sa forme et l'épaisseur du verre sont évidemment étudiées pour résister à la pression du champagne (forcément plus importante que dans une bouteille classique). Prix départ cave : autour de 3 000 euros, avec l'entrée de gamme (Carte d'Or) inside. Facture déjà grevée par le coût de production de la bouteille qui s'élève à elle seule à 1 500 euros.

    Alors attribut bling-bling ou véritable oeuvre d'art ? Peut-être un peu des deux. Une vingtaine est vendue chaque année. Pour mariages, anniversaires, événements d'entreprises ou des baptêmes de bateaux.

  • Urville : une visite chez Drappier

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    Drappier, c'est la marque de champagne qui monte. Le Figaroscope l'avait décrétée "nouveau snobisme" il y a un an. Facile à dire. Ce qui est vrai c'est qu'à Paris (en province ça commence aussi) tout caviste sérieux en propose une ou deux quilles. Nous en buvons depuis pas mal de temps maintenant et ce samedi d'août fut notre seconde visite dans cette maison, à Urville.

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    Pas besoin d'expliquer qu'ici, à quelques kilomètres de Bar-sur-Aube, on est dans la côte des... Bar. Y règne le pinot noir qui rend les champagnes vineux. Ce qui n'empêche pas de trouver quelques perles sans pinot noir, nous y reviendrons. Les grandes maisons de champagne viennent ici chercher de beaux raisins qui maquillent leurs cuvées. Ou pire encore, qui font office de médicaments pour les grains sabotés plus au nord. Ici le raisin est souvent mieux travaillé et aussi moins cher. Car ce terroir est moins connu et par là, le champagne plus accessible.

    Chez Drappier, on reste dans une petite maison qui se transmet de génération en génération. Un million et demi de bouteilles par an. Sept fois plus pour Veuve Cliquot. A mon sens, le champagne est mieux construit qu'ailleurs, la gamme plus diversifiée peut encore nous surprendre.

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    Les prix commencent à 20 euros l'entrée de gamme (Carte d'Or) et ne montent pas très vite. Les plus grosses cuvées (hors bouteilles vieillies) doivent se chiffrer à 35-40 euros.

    Les cavistes proposent souvent le Brut Nature (100 % pinot noir) : extra-brut, sans cette liqueur d'expédition qui adoucit le champagne.

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    Le seul souci, c'est qu'il faut venir ici à Urville (ou aux caves Augé à Paris) pour se procurer des bouteilles inédites. Le régal du Brut Nature Sans ajout de soufre, la cuvée Quattuor (blanc de blancs, avec chardonnay et cépages originaux : petit meslier, arbane, pinot gris), le blanc de blancs millésimé, les gros contenants à petits prix (110 euros le jéroboam de millésime 2000)...

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    Je ne vais pas revenir ici sur chaque bouteille goûtée ni sur chaque bouteille achetée. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler souvent et nous en reparlerons à chaque fois qu'un bouchon sautera. Le mieux est de suivre le tag pour se donner une idée de la gamme de Drappier dans le verre.

  • Beaufort, j'adore

    Non je ne parle pas du fromage des alpages. Mais du champagne André Beaufort, à Ambonnay. Je porte haut les couleurs de Drappier comme on l'aura compris, mais c'est Beaufort qui me tape dans l'oeil à chaque bouchon qui saute.

    J'en avais acheté 3 bouteilles à la dégustation champagne aux caves Augé l'hiver dernier. Vingt-trois euros la quille, j'en ris encore. Quand on connaît le prix du Moët et Glandon ou de la Veuve Poignet (pardon, Cliquot)... J'en ai ouverte une à Metz, on m'a demandé si je n'avais pas coupé mon champagne à la truffe. Si, si ai-je répondu. C'est vrai que le côté champignoné de ce champagne (allitération ?) m'excite beaucoup : dit comme cela, les buveurs pourraient être rebutés. Mais vous testerez, vous m'approuverez. Ce goût est plutôt synonyme d'une certaine finesse.

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    A chaque fois il s'agissait de la cuvée "élaborée par Saint-Jean Baptiste", section "réserve", maternité Polisy. Ce qui ne veut sans doute pas dire grand-chose. Une fois dans le verre, on se rend bien compte qu'il ne faut pas s'en servir pour baptiser qui que ce soit. Simplement le boire, retrouver le goût d'un champagne qui envoie, qui balance. Et à un prix ridicule (bis).

    En Champagne, les Beaufort sont les pionniers d'une viticulture saine. Depuis 1971, oui 1971, vous avez bien lu, ils font l'impasse sur les produits de synthèse. Avec tout ce que cela implique comme réflexion sur les méthodes de culture et de vinification. Evidemment ce surplus de travail à la vigne se ressent dans le verre.

    PS : je reviendrai plus tard sur le côtes-du-rhône Haut-Musiel Tralamont. A goûter une nouvelle fois.

  • Le champagne du général

    Le grand Charles avait du goût pour les vins de l'Est. Le beaujolais de Jules Chauvet, j'en ferais bien mon ordinaire. C'était un autre siècle. Question champagne, la Boisserie se fournissait chez Drappier, une maison que connaissait bien son aide de camp, le colonel De Bonneval.

    Petit hommage donc que ces rares bouteilles de Drappier pour un vin baptisé simplement Cuvée Charles de Gaulle. Je crois que c'est à Colombey-les-Deux-Eglises qu'il s'en vend le plus, tellement elle est introuvable ailleurs. Sauf à Urville.

    Aussi incroyable que ça puisse paraître, c'est bon, c'est très bon. Drappier n'est pas là pour amuser la galerie ou surfer sur une vague. Assemblage de pinot noir et chardonnay, c'est un vin fin et élégant. On n'est peut-être pas dans la Grande Sendrée, mais c'est une des meilleures cuvées de la maison.

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    Pour l'accompagner, on a sorti un joli jeu : un bon pain de campagne, du caviar d'oursin Kaspia assez extra et un pâté aux truffes Maison de la Truffe bien moins excitant.

    Avec un before comme ça, on pouvait gaiement finir la soirée chez Alfred. Ce sera à lire juste au-dessus.

  • Bonne nouvelle, Grande Sendrée

    Manu a fêté son diplôme à verres de Grande Sendrée 2004 de chez Drappier. S'il n'y avait pas assez de lumière pour prendre les photos, il y en avait bien assez pour admirer la couleur du champagne et le boire.

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    La cuvée tient son nom d'une parcelle recouverte de cendres après un incendie qui ravagea le bon village d'Urville en 1838. Une faute d'orthographe sur le cadastre plus tard, elle nacquit Sendrée. Cuvée supérieure de Drappier à base de pinot noir et de chardonnay (un poil plus du premier que du second), elle est surtout confidentielle. Ce qui explique son prix (autour de 45 euros chez Lavinia) mais surtout sa finesse. Le vin parfait pour les grandes occasions : on en reparlera en juillet et décembre prochains, mois d'anniversaires tout ronds.

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  • Avec Aurélia, on déguste sur le web

    Aurélia aime bien le vin naturel. Comme le Morgon aime bien Aurélia et les vins naturels, nous lui faisons un peu de pub avec un petit extrait made in Drappier, notre champagne star ! Le reste, c'est sur Bu sur le Web.

    Juste une petite critique. Quand on s'appelle Bu sur le Web et que le vin est bon, le mieux encore, c'est de boire non ?

  • Selosse, c'est le boss

    La journée a extraordinairement bien continué. Olivier est arrivé à la maison, Jacques Selosse sous le bras. On l'avait acheté après la dégustation de champagne aux Caves Augé et la rencontre avec Anselme Selosse, aujourd'hui aux commandes du domaine.

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    C'était l'apéro d'avant-Comptoir du Relais. Le before. En réalité, le pré-before car on est allé boire un petit blanc au vrai Avant-Comptoir. A lire dans la note juste au-dessus.

    Anselme Selosse est le boss du chardonnay, dans la côte des Blancs, juste en-dessous de Reims. La figure devenue incontournable. Rien qu'au nez on comprend pourquoi. On dirait un Puligny-Montrachet, un grand vin de Bourgogne. Ce n'est plus du champagne, c'est un grand cru bourguignon.

    Aux Caves Augé, nous avons opté pour l'extra-brut, la cuvée V.O. pour version originale (plus de 70 euros). Une bulle tellement fine qu'elle semble s'évaporer dans ses grands verres. Verres à bourgogne d'ailleurs, on en est si proche des grands blancs.

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    Drappier garde évidemment nos faveurs pour ses fantastiques jus de pinot noir ; c'est vraiment ce que nous aimons. Mais après Selosse, on rend les armes. On ne boit plus de champagne. Peut-être qu'on ne boit plus rien du tout d'ailleurs. C'est hors catégorie, du genre à ne faire ça qu'une fois par an, et encore. Pour garder ce côté rare. Sinon le reste parait trop fade. Un moment d'exception qui doit le rester.

  • Selosse, le boss et Drappier, mon préféré

    Bien sûr, on avait les pieds gelés.

    Bien sûr, le champagne était trop frais.

    Bien sûr, on s'est (re)tapé la verticale Drappier. Avec Charline, aussi pétillante que les vins de de son papa.

    Bien sûr, on s'est tapé la verticale Vouette et Sorbée. Avec Bertrand Gautherot qui racontait son percheron qu'il a choisi polonais.

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    Bien sûr, on s'est tapé la verticale Selosse. Enfin, ce qui était dispo. Anselme Selosse a sorti le VO, l'Initial, le millésimé 1999 et l'extraordinaire liqueur de champagne qu'il ne vend pas aux particuliers.

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    Bien sûr, c'était aux caves Augé.

    Euh... ah oui, on a aussi goûté le champagne Beaufort. Mieux vaut attendre un peu avant de le boire pour le 2005. Et un vrai régal en réserve 2006. C'est d'ailleurs lui que j'ai choisi. Déjà pour son rapport qualité/prix inégalable (23 euros). Et pour son caractère inédit, tellement loin des pétillants à la "Moët-et-Glandon", comme dirait Gautherot. J'en ai pris trois et n'attends que de le regoûter.

    Euh... en fait, Olivier sera d'accord j'en suis sûr, je crois qu'il y a aussi tous les Selosse que je rêve de regoûter.

  • Le test du champagne de caviste

    Les cavistes franchisés ont parfois la taille suffisante pour vendre leur propre cuvée de champagne. La maison-mère demande à un négociant ou à un vigneron, souvent dans la Marne, de leur créer leur bouteille sur laquelle on retrouvera le logo de la chaîne de cavistes. Je prends ici l'exemple du Repaire de Bacchus, groupement bien connu de caves parisiennes. La boutique en bas de chez moi ne m'a vu qu'une fois en plus de deux ans.

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    "Cuvée Evénement", ça ne veut rien dire, c'est du marketing. La base du vin est tout à fait intéressante, rafraichissant. Mais la bulle est trop présente. Un mauvais champagne se reconnaît quand on a l'impression de boire du Perrier, lisais-je ces jours-ci. C'est un peu le souci. La bouteille est à 21 euros : trop cher si on compare aux domaines qui travaillent mieux et au même prix.

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