Avertir le modérateur

Côtes du Rhône

  • Un barbare pas si étranger

    Là où je suis, en Turquie, on ne disserte pas sur la qualité des verres. On prend ce qu'il y a. Ah, il ne reste plus que des verres dédiés au thé turc ? Bon, ben tant pis.

    IMG_5955.JPG

    Xavier Vignon, dont j'apprends l'existence grâce à cette bouteille, est un consultant (un flaïingouaïnemékeur comme on dit en bon français) travaillant dans les merveilleuses côtes-du-rhône et à l'étranger. Après une rencontre avec un entrepreneur turc, ils décident de faire un bébé. Ils l'appellent Barbare. Non pas parce qu'il est méchant, mais à cause d'une colline située à côté des vignes.

    En biodynamie - moitié syrah, un quart grenache, un autre mourvèdre. Un barbare, étymologiquement, c'est un étranger. Avec ces trois cépages, avec un consultant français, avec un vignoble en Turquie européenne (la Thrace), on n'est pas très loin de la maison et dans le verre, on se situe tout à fait en Méditerranée. Pas si barbare que cela, donc. Mais vous et moi n'avons sans doute pas bu assez de vins turcs pour se dire oui, je reconnais bien ce terroir turc.

    Par contre, vous et moi avons assez bu de vin pour dire que 1/ mes mezze de ce soir n'allaient pas spécialement bien avec le vin (préférez un bon plat d'hiver), 2/ sa force s'était faite soyeuse après une nuit de repos (ou un long passage en carafe).

    Et puisque moi j'en ai bu un peu quand même du vin turc, j'ajoute : 3/ il s'agit sans doute d'un des meilleurs vins rouges du pays. Pour une dizaine d'euros. Allez, un bémol. Je dirais que le soufre ne laisse pas encore le vin évoluer à sa guise. On l'aimerait un peu plus libre. Dommage, car on sent les possibilités d'un jus assez unique. Il me reste quelques semaines pour goûter les autres cuvées.

    ***

    ENGLISH VERSION : A not so stranger wine called "Barbare"

     
    Here in Turkey, nobody focuses on the quality of the glasses. We take what we have. We have only Turkish tea glasses ? Fine.
     
    I hear about Xavier Vignon for the first time here. He is a flying winemaker working in the wonderful Côtes-du-Rhône and abroad. After meeting with a Turkish contractor, they decided to make a baby. They call it Barbare. Not because it is evil but because of a hill next to the vineyards.

    Biodynamic wine - half syrah, grenache a quarter, another mourvèdre. A barbarian, etymologically, is a stranger. With these three varieties, with a French consultant, with a vineyard in European Turkey (Thrace), it is not far from France... And in the glass it's a Mediterranean style. Not so barbaric. But we have probably not had enough of Turkish wines to say : "yes, I recognize this Turkish terroir".

    But we have drunk enough wine to say 
    1 / my mezze tonight are not especially well with wine (please prefer a good winter meal)
    2 / her strength becomes silky overnight (or long decanting).

    But let's be clear : I know some Turkish wines so I can add :
     3 / it is probably one of the best Turkish red wines. For ten euros. A problem all the same ? I would say that sulfites do not let the wine live. We would like it a little more free. Too bad, because we feel the possibilities of a rather unique juice. I have a few weeks to try other Turkish wines.

  • Mon vigneron fait aussi dans l'abricot

    Quand on est vigneron, il n'y a pas que le raisin dans la vie. Prenez tous ceux qui font dans l'huile d'olive et bientôt je parlerai de cerises. Et en ce moment, l'abricot pointe ses petites fesses rondes.

    image.jpg

    Elodie Aubert et Raphaël Gonzales, nous les connaissons mieux pour le merveilleux Petits Sylphes ou pour les rouges sans soufre. Ben pourtant, nos Drômois ramassent aussi des abricots. En version nectar, on le déguste toute l'année ; et croyez-moi, je les ai vus partir comme des petits pains sur les salons (du vin). L'abricot y est au naturel, pas besoin de correcteur d'acidité...

    Et depuis ce mercredi, l'épicerie Terroirs d'Avenir propose les abricots de bouche autour de 5 euros le kilo. Premier croquage, premier craquage. "Ils sont super bons, dis donc. Il faut les manger tel quel !" Bien sûr, mais pour garder un peu d'été lors du prochain hiver, je vais aussi en faire des confitures. Avec de la marjolaine. Et peut-être un coup d'armagnac.

  • Une si rare syrah

    Les Champs Libres, c'est un charmant trio : Les compères Dard et Ribo à qui l'on ajoute Hervé Souhaut. Les deux domaines se sont alliés pour sortir quelques belles bouteilles hautement torchables. On connaissait surtout le Lard des choix (en rouge ou en blanc) mais je n'avais jamais vu ces bouteilles-là : un saint-peray (déniché au Vin en Tête) et un cornas 2004 (aux Crieurs de Vin à Troyes).

    Le saint-péray est assez représentatif de son appellation, un caractère bien trempé à quoi s'ajoute un côté glouglou grâce à une acidité renforcée. Après un nez dévastateur, le cornas s'arrête un peu rapidement mais quel coefficient de torchabilité. On aurait sans doute dû le boire un peu plus jeune.

    A propos de ces deux quilles, j'ai questionné certaines personnes bien au fait des pépites du vin très naturel car j'aimerais des infos quant à ce cornas. Y a-t-il quelques vignes d'Hirotaké Ooka ou de Thierry Allemand dans le tas ? D'où provient ce vin ? En tout cas, ils étaient nombreux les spécialistes, à n'avoir jamais rencontré cette étiquette. Si vous avez des pistes, je suis preneur. 

    DSC02570.JPG

    Une bouteille débouchée pour la 46ème édition des Vendredis du Vin présidée par Aurélien Litron.

  • Revue de quilles au naturel

    Jura, Jurançon, Ardèche, Mâconnais, Provence... On se croirait dans une chanson de Jean Ferrat. C'est mon côté Robespierre sans doute. Les territoires du vin sont multiples et les grandes bouteilles de vin naturel se retrouvent partout. Les suivantes ont été sifflées en 2012 et nous ont procuré un bonheur inégalé.

    En apéro, un truc qui sente bien la ferme et qui ferait sauter au mur les plus "conventionnels". Le trebbiano 2010 de Camillo Donati, très désaltérant et presque rèche car sans sucre (ni ajouté, ni résiduel). C'est ce même vigneron qui nous a gratifié chez RAP d'un véritable lambrusco et pas d'une merde de supermarché, c'est-à-dire sans sucre et avec de vrais tannins. Moi j'adhère, c'est du vin.

    DSC00431.JPG

    Le Canon blanc d'Hirotaké Ooka. Pareil, ça gazouille, c'est troublard, c'est on ne peut plus naturel. Et oui, les palais autour de la table ont bien apprécié, car dans la bouche aucune déviance, juste un beau jus distingué. Et oui, c'est un Japonais qui porte haut les couleurs de l'Ardèche. Un vrai vin de samourai.

    DSC00334.JPG

    L'une des claques de l'année : le chardonnay 2008 d'Emmanuel Houillon (maison Pierre Overnoy). Un très grand vin, rien d'autre à ajouter. Parfois, il faut savoir se taire.

    P1230192.JPG

    Autre très, très belle quille. Bouchat 2009 de Guy Blanchard. Possible même que cette bouteille soit passée dans les mains de David (l'une des têtes du Bicéphale Buveur) qui pense qu'il s'agit là du plus grand vin blanc du monde. Il abuse le coquin ? Non, c'est tout à fait crédible. Puissant et classe, le vin te scotche au verre.

    photo (2.JPG

    Autre vin immensément classe, le jurançon sec 2010 de Camin Larredya. Bien sûr, une ou deux années de plus permettrait de l'assagir et c'est un peu plus "classique" que les autres (et ce n'est pas une critique) mais voici déjà un grand monsieur qui passe à table.

    IMG_8949.JPG

    L'une des claques du moments. Originel 2003 de Julien Courtois (meunier). Grandiose. Comme Overnoy, les vins de toute la famille Courtois sont de ceux qui ne peuvent pas vraiment être expliqués. Et qui doivent garder leur propre mystère.

    Cr.JPG

    Clos Milan 2004 du domaine Milan. Très équilibré et surtout très soyeux. Aucune lourdeur provençale, une envolée vers les épices. C'est très beau.

    DSC00343.JPG

    En ce moment, c'est donc plutôt blanc que rouge.

  • Mon hachis parmentier au Clos des Cimes

    Mardi soir, c'était dégustation des vins du Clos des Cimes. C'était à la maison et Raphaël Gonzales avait apporté toutes ses cuvées et pas mal d'autres quilles. Forcément, le lendemain il me reste sur les bras quelques fonds de bouteilles ; je ne vais tout de même pas tout boire ou les jeter...

    Tiens, j'ai aussi une belle carotte, un oignon charnu, quelques pommes de terre qui trainent et un céleri rave oublié dans le bac à légumes. On va mélanger tout ça. Il suffit simplement de faire un saut chez le boucher à qui il reste une grosse queue de boeuf (à gauche), un morceau de jumeau (en haut) et une joue (en bas).

    DSC00433.JPG

    C'est le théorème d'un pot-au-feu ou d'un hachis parmentier réussi : mariez les morceaux ! Queue pour le gras et donc le goût, joue pour le gras et la viande, jumeau pour la viande. Dans une cocotte avec un peu d'huile d'olive et de beurre, tu fais revenir chaque viande sur chaque face. Puis tu ajoutes les fonds de bouteille de tous les vins de Raphaël qu'il te reste : aujourd'hui j'ai mélangé La Fée des Vignes, La Clef des Champs et le Clos des Cimes.

    DSC00441.JPG

    Je n'avais pas vu qu'il me restait aussi le rosé La Petite Fugue. C'est pur syrah avec aucun sucre donc allons-y.

    DSC00444.JPG

    Et encore un peu d'eau pour que les viandes soient bien mouillées à hauteur. Tu fais bouillir et tu écumes. Tu baisses le feu et tu ajoutes la carotte et l'oignon coupés en dés. Les viandes vont cuire à feu doux durant quatre heures dans cet assemblage improbable des vins du Clos du Cimes.

    A côté de cela, dans un grand volume d'eau bouillante, tu fais cuire céleri et pommes de terre épluchés. Au bout de 30 minutes, tu écrases le tout à la fourchette. Même pas besoin d'ajouter du beurre ou de la crème comme pour une purée à la Robuchon.

    Au bout des quatre heures, tu récupères la viande et elle s'effiloche toute seule. Tu mélanges bien avec carottes et oignons. Vrai sel non raffiné et poivre de malade (ici un tellichery de Gérard Vives).

    DSC00458.JPG

    Dans un plat un peu huilé, tu balances une couche de viande puis une couche de purée. Il ne faut pas oublier de bien presser le tout. Et de laisser reposer à température ambiante. 

    Pendant ce temps, il faut faire réduire le jus de cuisson. A feu vif, fais bouillir le liquide resté dans la cocotte jusqu'à ce qu'il perde beaucoup de volume. Vers la fin, quand il te reste l'équivalent d'une ou de deux louches de bouillon, la liaison se fait automatiquement grâce au gras des viandes qui est naturellement passé dans le bouillon. Donc surtout, ne pas ajouter de farine, de maïzena ou de matière grasse. Tout se fait naturellement. Et la sauce certes grasse est assez sirupeuse.

    Avant le service, mets le plat au four à 200°C pendant au moins 15 minutes. Et sers moi ça sur une belle assiette avec le jus par-dessus.

    DSC00483.JPG

    A boire avec... un Clos des Cimes 2007 je dirais. Mais arrêtons de faire de la pub à Raphaël Gonzales et ouvrons un Rivaton vieilles vignes 2006. C'est à la fois complexe et très glouglou. Une très, très belle bouteille dénichée pour 13 euros à la Cave des Papilles, mais il n'y en a plus.

    photo (26).JPG

    N.B. pour la sauce : si tu préfères la dégraisser, il faut la mettre une nuit au frais. Le lendemain, il est très facile d'enlever la graisse en suspension. Comme tous les plats mijotés, le hachis parmentier gagne à se reposer. Enfin, dernière possibilité pour avoir une sauce plus dense et sans rien ajouter : mixer quelques morceaux de carottes cuits avec le bouillon. Et la première idée peut tout à fait se combiner avec la seconde. Pour plus de détails sur ce chapitre passionnant que sont les sauces, il faut lire les livres de Michel Guérard. 

  • Raphaël, l'Elfe Doré

    DSC00385.JPG

    Quatre consonnes et trois voyelles, c'est le prénom de Raphaël (Gonzales). Et il a l'air d'un ange. Non, d'un elfe doré plutôt. L'autre soir, le vigneron du Clos des Cimes était à Paris, à la maison. Et avec les copains, on a tout goûté. Le vignoble est situé dans la Drôme, à Mérindol. Les rouges sont en A.O.C. côtes-du-rhône, les blancs et le rosé ailleurs. Tant mieux.

    Avec sa femme Elodie, ils ont repris le vignoble familial qui avant 2007 vendait la totalité de ses raisins. Pour les passionnés de la chose, j'ajoute : sol argilo-calcaire très caillouteux, moyenne d'âge des vignes de 40 ans, exposition sud/sud-est avec surtout une altitude marquée (entre 500 et 600 mètres) ce qui fait beaucoup de bien à la vigne. Côté vinif, c'est soit de la cuve béton ou des barriques ouvertes pour les rouquins.

    Un moyen mnémotechnique pour retenir le nom des cuvées ? La Fée des Vignes (elle) et l'Elfe Doré (lui) ont fait une Petite Fugue (en Suisse, si j'ai bien compris). Ils découvrirent la Clef des Champs pour ouvrir la porte du Clos des Cimes. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de Petits Sylphes. D'accord, mais dans le verre, ça dit quoi ?

    1.JPG

    Les Petits Sylphes. Le vin par qui j'ai rencontré Raphaël, c'était chez Sébastien P. et j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais. Un tiers grenache blanc, un tiers ugni blanc, un tiers chasselas. Le 2011 me va à ravir, sans doute à cause d'une oxydation plus prononcée que le 2010.

    2.JPG

    La Petite Fugue, c'est le rosé de syrah (pressurage direct). A la couleur, je m'attendais à une sacrée dose de sucre, je ne sais pas pourquoi. Et pourtant, je le connais bien, on l'avait bu avec Eva sous une chaleur d'enfer. Aujourd'hui, j'accroche totalement. J'ai vraiment l'impression que l'été s'avère trop chaud et trop tôt pour les rosés. Mieux vaut s'en servir en hiver. Ici, une sensation chocolatée nous rappelle bien qu'on est sur de la très belle syrah. Et quelle couleur ! C'est vrai qu'on sent bien la fraise, moi je l'y mettrais bien sur un dessert. Normal, je ne goûte guère le sucre sur le sucre.

    3.JPG

    Passons aux rouges. Rendons à César ce qui lui appartient, c'est Elodie, la femme de Raphaël qui s'en occupe (Raphaël s'occupe donc des blancs, CQFD). Et elle s'en occupe bien puisque, nous dit-on, c'est garanti sans aucun intrant chimique et les vins ne sont pas filtrés. Soulignons cette caractéristique des vins du Clos des Cimes : ils sont incroyablement "propres", pas de prétendue déviance, pas de gaz carbonique qui gazouille... Les empêcheurs-de-boire-en-rond-sans-avoir-trop-mal-au-crâne devraient aller jeter un coup d'oeil du côté de Mérindol.

    Première quille : La Fée des Vignes 2009 (grenache, cinsault, syrah). Je devrais un jour crier mon amour pour le cinsault, cépage tellement négligé. Il faut l'avouer La Fée n'est pas dans un bon soir, à cause du transport, du froid, du chaud... J'en ai une encore en stock, on va la laisser se reposer. Mais sous la bouteille en méforme pointe tout de même un très joli jus.

    5.JPG

    La Clef des Champs 2008. On prend presque les mêmes (grenache, syrah) et à la place du cinsault, on met du carignan. C'est vraiment très joli, un vin plus sudiste. Après deux heures d'ouverture, il donne le meilleur de lui même, sur des notes très épicées.

    4.JPG

    Enfin la star, le Clos des Cimes 2007 et à côté, un 2008. Evidemment, il aurait aussi nécessité quelques heures d'ouverture. Raphaël nous confie qu'en réalité ce vin en réclamerait deux jours avant de le boire sur les trois suivants. C'est riche mais vraiment buvable. Le 2008, année plus que difficile, est encore à suivre mais le 2007 présente déjà toutes les qualités d'un très beau côtes-du-rhône. Et on peut encore l'attendre. L'élevage est deux à trois fois plus long que les rouges précédents, c'est-à-dire 36 mois.

    6.JPG

    J'avoue que ma grosse surprise de la soirée fut avec L'Elfe Doré et sa vingtaine de grammes de sucres résiduels que l'on sent vraiment très peu. Le sucre dans le vin je veux bien, mais quand c'est discret et très contrebalancé par l'acidité. Là, c'est vraiment très fin. J'attendais une tarte aux agrumes voir un flan, une corbeille de fruit pour l'accompagner. C'est vraiment une réussite.
    7.JPG

    Sous le bras, Raphaël avait aussi les vins de ses copains, c'est-à-dire des vignerons qu'il a regroupés autour de l'association Jeunes Vignerons d'Europe. C'est quoi cette association en devenir ? "Bah, des potes !" Certes, mais pas que. Trente domaines, dont 18 français.

    DSC00417.JPG

    Parmi eux, on connait bien Mathias Marquet du château Lestignac. Aujourd'hui, j'ai enfin pu goûter les vins du domaine des Béliers d'Eve Maurice. Alors que tout me rattache à Metz, je n'ai pas encore mis les pieds au domaine, à Ancy, à quelques kilomètres de là. Rubis, le pinot noir, m'a fait grosse impression avec sa belle torchabilité. 

    DSC00402.JPG

    Belle claque aussi : le muscadet sèvre-et-maine (cuvée Révélation) de Bernard et Benoît Landron. Dès la première gorgée, tout le monde s'écrie "où sont les huîtres ?". Car si le nez est superbe, la finale très longue et très intense sent l'huître et sa coquille. La bouteille qui donne faim.

    DSC00406.JPG

  • Vin d'IveRhô(g)ne : le côtes-du-rhône toulousain

    A l'honneur aujourd'hui, un petit canon qui n'a rien d'un boulet. Ce jus s'appelle Vin d'IveRhô(g)ne et ne le cherchez pas chez votre caviste à moins d'habiter Toulouse.

    photo (22)a.JPG

    Oui, ce Vin d'Ive Rhô(g)ne est né à Toulouse. C'est une idée de copains cavistes-intelligents.

    Laurent Navarro et Jérôme Rey (Vinéa), Philippe Lagarde (Tire-Bouchon) et Franck Bayard (Vinnouveau) connaissaient bien les Vignerons d'Estézargues. Cette jolie coopérative située à 15 kilomètres à l'ouest d'Avignon travaille extrêmement bien depuis sa reprise par Jean-François Nicq. Elle a bâti sa réputation sur des jus bien foutus et très bon marché. De plus, pour les pros, il y avait la possibilité de personnaliser la chose. Ainsi, la cuvée Pape Noir produite pour certains cavistes dont le Verre Volé à Paris. En 2005, à l'époque où j'étais étudiant, j'ai démarré dans le naturel avec ces "petites" bouteilles. Tu apportes ça en soirée et au milieu des merdes ambiantes, t'es le roi du monde.

    A leur tour, nos amis toulousains ont décidé de faire leur propre cuvée. Depuis 2008, ils décident de l'assemblage tous ensemble et vendent leur pif dans leurs boutiques. 

    Résultat ? C'est à la fois soyeux et plein de fruits. Le vin de copains par excellence. Evidémment, c'est bien fait et ça se sent (c'est-à-dire soufre mini). Moi je l'achète chez Franck et ça me coûte 4,5 euros. Si, si. Tiens, on dirait que le vin naturel n'est pas qu'un truc de Parisiens...

  • Le magret de canard tombé du ciel

    Avec le Beurre Noisette et l'Os à Moëlle, Afaria hisse haut les couleurs de la belle gastronomie dans ce sud du XVe arrondissement où on s'aventure rarement, à moins d'habiter ou de travailler à côté. Dans cette auberge basque qui s'échappe un peu en Asie (pourquoi ?), les entrées et les plats sont joliment troussés. Magnifique saumon en entrée mais surtout incroyable magret de canard à se partager (18 euros par tête). Je m'explique.

    IMG_3049.JPG

    Déjà, on lui laisse son os. On le fait revenir à la poêle puis il cuit au four sur des sarments de vigne. Pour les plus farfelus, la recette se trouve ici. Le petit truc du jour, c'est une sauce badigeonnée sur le dessus du magret, à base de vinaigre balsamique et de pâte de coings. Je parie que les végétariens deviendraient viandards. Et je ne veux aucun commentaire du style "dis donc, c'est rosé !" car ça se mange comme ça, point.

    IMG_3053.JPG

    Et pour pousser tout ça dans le gosier, on ouvre un vin fort mais qui coule. La Griffe 2009 du domaine de Villeneuve de Stanislas Wallut. Riche mais incroyablement buvable, notamment grâce à un léger reste de gaz carbonique qui m'enchante, un vin du sud bien naturel.

    IMG_3054.JPG

  • De la vie dans la bouteille

    On n'en finira pas de le répéter : le vrai vin, celui sans artifice, vit dans la bouteille. Comme le conventionnel, il évolue mais sans doute de manière plus complexe. Ainsi, on me disait de cette bouteille goûtée en début d'année, que ça partait dans tous les sens, que ça ne ressemblait à rien. Aujourd'hui, elle est riche, évoluée, parfumée et toujours un peu grenadinée. A même pas 8 euros à la Cave des Papilles, c'est le jackpot. Bran 2005 (syrah) de Gilles Azzoni. Des fruits, des fleurs et du raisin surtout.

    P1200190.JPG

  • Je me suis fait Viret

    Après le déjeuner et l'apéro à la Cave de l'Insolite (15 euros mais il n'y en a plus), je rapporte à la maison un 100 % Pur Jus du domaine Viret. C'est la petite cuvée de ce domaine connu travailler en cosmoculture. Encore un peu flou pour moi, une biodynamie reposant pas mal sur l'eau... Mais dans la bouteille, c'est du jus, du raisin, ça tire sur un beaujolais bien relevé. J'ai trouvé ça bien excitant même sur une pizza.

    IMG_2394.JPG

    Pas beaucoup d'infos sur le site internet du domaine. On parle simplement d'un "vin d'échanges" : "le principe est simple. Nous mettons en place dès la vendange une cuvée, nous sélectionnons une parcelle en fonction du vin à élaborer, les vendanges sont réalisées ensemble, toujours suivie d'un bon repas et pour la vinification c'est la responsabilité de Philippe Viret. Ensuite l'embouteillage et la création de l'étiquette sont toujours l'initiative de nos amis oenophiles." Certes, certes... Mais dans le détail, c'est assez peu clair.

  • Un peu de Lèches

    Thomas l'avait depuis un an dans son frigo... J'entends déjà les cris d'horreur. Peut-être que mieux vaut ça qu'un appart où il fait chaud comme chez moi. On l'ouvre tous les deux, plein de bubulles en bouche. Une fois le gaz carbonique barré, on a un joli vin droit et fruité. Evidemment, il était un peu froid et il a été bu un peu vite. On aurait dû l'attendre un peu.

    IMG_2290.JPG
  • Mémé mia

    J'ai enfin goûté la Mémé de Gramenon. La 2009, je l'ai clairement ouverte trop tôt. Puissante et fruitée, elle possède un potentiel terrible : il faudrait la regoûter dans 15 ans. Mais c'est quoi la caractéristique principale d'un bon vin ? Hé bien, un bon vin, c'est bon jeune et c'est bon vieux.

    IMG_2077.JPG

    Certains m'ont dit que le 2009 n'était pas spécialement à leur goût par rapport aux autres millésimes. Je n'ai pas eu la chance de goûter les précédents : mais comment nier que cette bouteille a de la gueule ?

  • Le rosé qui annonce le rosé

    IMG_1944.JPG

    A la manière des filles qui criaient Patriiiiiick!!!, Eriiiiiic Pfifferling déchaîne les passions pour son tavel rouge-rosé. Il faut encore attendre quelques semaine avant que la razzia commence. Pire que le premier jour des soldes chez Darty... Pour patienter, prenons le Chemin de la Brune. Un rosé de pressurage direct, classé en vin de france, parfois perlant, parfois pas. Un vin de soif qui se boit sans soif. C'est déjà bien joli mais dans quelques mois le vin sera encore mieux installé dans la bouteille.

    IMG_1945.JPG
  • Bon ben sinon, ça c'est bon

    IMG_1829.JPG

    Mais est-ce original de le dire ? Avec une dominante syrah, c'est bizarrement plus facile à boire que l'Hommage à Robert de la même année. De toute façon, Gilles Azzoni réussit tout.

  • Dard et Ribo macht Kinder froh – und Erwachsene ebenso

    Avant de voir le Rhône arriver à Paris dans deux semaines, je reviens à mes premières amours, Dard et Ribo. Leurs vins avec ceux de Marcel Lapierre sont de ceux qui m'ont éduqué au vin naturel : je leur en serai à jamais reconnaissant. Mais à force de boire autre chose pour découvrir autre chose, on leur tourne un peu le dos. Il faut dire aussi que les prix ont pris quelques euros. Il faut désormais en débourser 25 pour une bouteille de crozes-hermitage blanc 2009 au Verre Volé. C'est vrai qu'il est parfois plus facile de se rabattre sur le Lard des Choix.

    IMG_1713.JPG

    Au début, le nez n'est pas terrible mais la bouche est déjà suprenante, longue, acide, nette, précise, droite... Puis le nez s'ouvre, c'est le festival. On a beau avoir un souvenir des millésimes précédents, on n'a l'impression de ne jamais avoir bu de crozes. Le lendemain, tout ce qui aurait pu gêner les anti-naturels (tout petit picotement et toute légère oxydation) a disparu pour faire place à un grand vin reconnu unanimement.

    Comme Olif m'a piqué le jeu de mots que je voulais faire ("la vie en crozes", "Dard et Ribo c'est beau la vie"), j'ai mis la version allemande du slogan. Ce qui donne quelque chose comme : Haribo rend les enfants heureux et les parents aussi. Bon là, oui c'est un peu moyen, disons que c'est surtout les parents qui sont heureux.

  • Pfifferling dans Libération

    Tavel ou la fraîcheur du nectar du Gard. C'est avec ce titre pas forcément très clair que Libération publie ce matin un joli article sur mon chouchou du Rhône, Eric Pfifferling (domaine de l'Anglore). Déjà qu'on a du mal à trouver ses vins, ça ne va pas aider...

    IMG_1653.JPG

    Olivier Bertrand revient sur les débuts d'Eric Pfifferling dans la mécanique et l’apiculture. « Les abeilles le sensibilisent à la question des traitements, au goût, aux parfums, à la consistance d’un produit ». Avant qu'une tante propose à Eric de reprendre les quatre hectares de vigne qui appartenaient à un arrière-grand-père et qui étaient laissés à l'abandon. Il sort du raisin pour la coopérative, puis à partir de 2002 pour son propre compte. « Il se sent de nouveau éleveur, travaille du vivant. Il laboure ses vignes, limite les traitements au cuivre et au soufre, se prive de ce dernier dès qu’il peut. Il récolte ensuite le raisin avec le souci de garder le fruit intact ».

    Et côté dégustation, ça dit quoi ? « Chez Pfifferling, dans ce pays trop ensoleillé, cela donne des vins digestes, plein de fruits et de fraîcheur. Avec une trame enchanteresse. [...] Ses vins s’arrachent désormais, il semble lui-même épanoui. […] Il entraîne à présent de jeunes comparses, essaime à nouveau ».

    Ouf ça va, l'article n'en fait pas trop sur sa plus grande réussite : le rosé en A.O.C. Tavel. C'est déjà ça... Sur le web, Libé a réservé l'article aux abonnés.

  • Vendredis du Vin #33 : le côtes-du-rhône qui danse

    A Tain-L'Hermitage, une entreprise s'occupe de concevoir de superbes chocolats pour la dégustation ou la pâtisserie. Son nom fait on ne peut mieux référence à la vallée du Rhône. Et ça tombe plutôt bien : avec leur arôme épicé, les vins des Côtes-du-Rhône se marient parfaitement avec la pâte et la poudre de cacao. Depuis quelque temps pour moi, le chocolat entraîne l'ouverture un côtes-du-rhône. Mais après avoir dit cela, on n'est pas très avancé. Surtout, on peut prouver le contraire à moultes reprises avec moults exemples (et on n'aurait pas complètement tort). Mais là, j'ai un bel exemple sous la main qui va dans mon sens.

    Tout d'abord, retroussons nos manches pour faire un brownie. Ma recette provient des Zétazunis, elle est tout à fait classique. Faites fondre à tout petit feu 100 grammes de beurre avec 125 grammes de chocolat noir (de chez Valrhona, voilà c'est dit). Ajoutez deux oeufs battus au chocolat-beurre et battez bien. Puis 175 grammes de sucre, 70 grammes de farine et 3 cuillères à soupe de cacao en poudre non sucré. Et encore deux grosses poignées d'amandes torréfiées et concassées. Remplissez un moule carré de 20 centimètres de côté et direction le four préchauffé à 180°C pour 30 minutes : c'est cuit quand les bords sont bien croustillants.

    Pour accompagner ce dessert commun, cherchons quelque chose d'hors-du-commun. Et arriver à dénicher le Terre d'Ombres d'Eric Pfifferling (domaine de l'Anglore) est bien plus complexe que de passer une heure en cuisine. J'ai eu la chance de pouvoir me rendre en novembre dernier aux caves Augé pour un tour de France des vins primeurs. Car Terre d'Ombres correspond en fait au "côtes-du-rhône nouveau" (ici le 2010) de l'un des meilleurs vignerons français du moment. Du tout naturel : pas de soufre ajouté, pas de levure ajoutée, pas de sucre ajouté, pas de... RIEN ! De toute façon, c'est fait pour être bu dans la semaine qui suit le 3e jeudi de novembre. Je viens d'en déboucher une il y a trois jours, en février donc : le vin est superbement en place. Un nez explosif de fruits rouges frais à tomber à la renverse, une bouche délicate, un sentiment de reviens-y à chaque gorgée. Fluide, capitoné, épicé, léger, fleuri, poivré, acide... Le vin vient renforcer le chocolat dans son côté sucré, plaisant, régressif qui, lui-même, n'est pas flingué par la force d'un sauternes ou un maury. Alors qu'avec Terre d'Ombres on n'est pas dans la lourdeur, on n'est pas dans le sucre, on n'est pas dans la démonstration bling-bling. Ici, le vin danse.

    IMG_1614.JPG
    IMG_1615.JPG
  • L'A.F.P. s'occupe du cas Olivier B. (court extrait)

    Dans quelques heures, ce sera partout. Levons le voile sur quelques lignes de la dépêche A.F.P. concernant Olivier B ce matin à 7h45.

    Internet et la blogosphère au secours d'un vigneron du Ventoux aux abois

     

    VILLES-SUR-AUZON (Vaucluse), 9 fév 2011 (AFP) - Tout a commencé par un billet sur le blog d'un vigneron annonçant la fin de son activité: un mois plus tard, la blogosphère, Facebook et Twitter se sont emparés de l'information et Olivier B., installé dans le Ventoux, reprend espoir: "c'est peut-être ma dernière chance de continuer". [...]Dès le billet posté, des blogueurs spécialisés (oenos.net, vindicateur) lancent le débat: à quoi servons-nous ? Nous chroniquons des vins, nous aimons et faisons aimer, mais nous ne sommes pas capables d'aider un vigneron à sortir la tête hors de l'eau. […] La machine s'emballe, ça twitte, [...] "Ca devient du délire", rigole Olivier. [...] "L'intégriste anti web que j'étais dans les années 2000 ne peut aujourd'hui que dire un grand merci à la toile !"

    Lien permanent Imprimer Catégories : Côtes du Rhône 0 commentaire
  • Olivier B. est arrivé à bon port

    Grâce à Eva, grâce à Antonin et grâce à L'Hédoniste, je viens de récupérer mes deux cartons d'Olivier B. Ils sont désormais entreposés dans ma cuisine, en attendant la suite de ce qu'il convient désormais d'appeler l'affaire Olivier B.

    IMG_1483.JPG

    La Provence et RTL en ayant déjà fait leurs choux gras, qu'attend l'A.F.P. ?

  • Olivier B. est à Paris ce soir : mobilisez-vous !

    Pour ceux qui prendraient le train en route, pour ceux qui habitent Paris ou qui ont la chance d'y être ce soir, pour ceux qui veulent égayer leur lundi, pour ceux qui aiment le vin, pour ceux qui ne l'aiment pas mais qui vont aimer celui de ce soir c'est sûr, pour ceux qui aiment les femmes et les hommes qui font le vin, pour ceux qui veulent rencontrer les mecs à tomber et les filles canons qui seront présents, pour ceux qui aiment les bonnes actions, pour ceux qui aiment d'autant plus les bonnes actions quand il s'agit de boire un coup... à tous, viendez rencontrer Olivier B. et boire un coup ! Grâce à Eva, c'est ce soir de 18h à 22h à L'Hédoniste, au 14 de la rue Léopold-Bellan du côté de Montorgueil.

    Pour ma part je n'aurais pas la chance d'y être, mais j'ai prévu un tout petit hommage en Lorraine.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Côtes du Rhône 0 commentaire
  • Le syrah 2007 du domaine Haut-Musiel

    Concernant le mercredi 2 février, Olivier a soumis l'intelligente idée de retourner manger un morceau chez Alfred. Si Thomas répondait aux mails, on pourrait valider et réserver. Toute cette agitation (il ne m'en faut pas beaucoup) m'a fait penser à cette bouteille de rouge bue dans le restaurant du Palais-Royal. Le Haut-Musiel 2007 cuvée 100 % syrah. Encore une fois, on est dans les bouteilles bien élevées : concentrées sans être lourdes et au jus bien épicé. Une trouvaille mais aussi une rareté.

    P1160878.JPG

    Dieu que c'est bon ! Olivier confirme, Mathilde aussi. Jean-Marie Popelin que j'ai contacté pour savoir où m'en procurer à nouveau m'a répondu nulle part, hormis à la propriété à Domazan dans le Gard (juste à côté d'Avignon). Quand j'en ai trouvé deux chez O Gré du Vin, un caviste dijonnais (14 euros l'une), je me suis précipité.

    P.S. : le grenache blanc du Haut-Musiel est formidable !

  • Rendez-vous est pris avec Olivier B. à Paris

    P1170198.JPG

    Après les mots, passons à l'acte. Eva d'Oenos nous a organisé une chouette soirée autour des vins d'Olivier B. et surtout autour d'Olivier B. himself. Malheureusement, je ne pourrai pas être dans le coin à ce moment-là et c'est bien con... J'espère que quelqu'un pourra me mettre de côté deux cartons.

    Pour les Parisiens chanceux, rendez-vous est pris le 31 janvier de 18h à 22h à L'Hédoniste, sis au 14 de la rue Léopold-Bellan du côté de Montorgueil. Prenez et buvez-en tous...

    Lien permanent Imprimer Catégories : Côtes du Rhône 2 commentaires
  • Apprenez le geste qui sauve les vignerons

    P1170179.JPG

    Accrochée dans mon couloir, cette affiche vantant les vins de Loire de Catherine et Pierre Breton date d'il y a quelques années maintenant ; elle a toujours été un cri de ralliement des adorateurs du dieu sobrement appelé Vin Naturel. Aujourd'hui encore, elle continue à prendre tout son sens. Ainsi l'histoire d'Olivier B. qui a enflammé la blogosphère du vin moins sobrement appelée "bloglouglou".

    Il faut avouer ici qu'avant cette affaire, je n'avais jamais entendu parler de ce vigneron travaillant dans ce coin du Vaucluse. Jamais non plus je n'avais croisé les bouteilles d'Olivier B. chez un caviste, parisien ou non. J'essaye de récapituler la chronologie pour moi-même. Premier acte : Olivier B. annonce la fin de son activité pour diverses raisons, mais surtout pour une : il est aujourd'hui difficile de vendre du vin. Deuxième acte : il lance un appel à la bloglouglou traversée par des débats existentiels pour l'aider à faire connaitre ses vins. 3ème acte : poussé par la bloglouglou, Olivier B. envisage tout un scénario et pleins de possibilités pour retrouver un peu de souffle. Reste à savoir si le quatrième acte va se traduire en actes et avoir une vraie influence sur la (bonne ?) marche de l'entreprise d'Olivier B. Et si oui, on aura notre réponse : oui, la bloglouglou sert à quelque chose.

    Commençons par suivre les dernières consignes d'Olivier B. Direction la rue Saint-Martin près du centre Pompidou et le caviste La Note Rouge que je ne connaissais pas non plus. Décidément... Tiens un Quattuor à 43 euros ? Sans doute le meilleur prix de Paris. Les autres bouteilles tendance nature me parlent assez mais on n'est pas là pour ça, on est là pour les Amidyves, le domaine d'Olivier B. Même pas besoin du mot de passe "bloglouglou" comme mentionné sur les posts du vigneron... Le caviste : "Olivier B. m'a appelé et m'a dit que si des gens venaient et s'intéressaient à ses bouteilles, il fallait que je leur fasse goûter ses vins..." Mon attention se porte tout de suite vers le blanc 2009 (grenache et roussanne). Nez explosif et bouche ronde où on sent bien le grenache. J'en suis baba de ce genre de vins : le grenache blanc peut parfois être bien supérieur à certains chardonnays. Côté rouge, ouverture du 2007 qui titre à 15° mais on lui en donnerait deux de moins tant il coule gaiement, toujours avec ce côté "concentré sans être lourd'' des vins sans chimie. Prenons un blanc et un rouge (autour de 15 euros pièce), on va les boire à la maison, à gorge reposée.

    P1170198.JPG

    A ce moment précis, à l'instant où je paye le caviste, je reçois un mail d'Olivier B. qui m'annonce qu'une commande groupée est en train de s'organiser sur Paris. En voilà une idée qu'elle est bonne... A suivre. Et l'autre bonne idée du soir, c'est d'associer le blanc 2009 des Amidyves avec mes lasagnes maison (bon sauf la pâte, j'avoue j'ai pris des De Cecco). Et là on passe un bon moment. Mission remplie pour Olivier B. qui écrit sur la bouteille : "Trinquez, buvez, échangez, rigolez et mon but sera pleinement atteint !"

    P1170182.JPG
    P1170193.JPG
  • Ardèche, terre de grands vins

    Et pourquoi pas ? Quand on voit les quilles de chez Mazel... D'ailleurs un enfant tchèque des Oustric nous régale ce soir d'une quille trop vite avalée (un joli compliment donc) qui s'appelle Babiole (2009) et se fonde sur les jolis cépages que sont carignan et syrah. Très parfumé, pas d'extraction à la con : bref encore un joli vin naturel buvable. Et sans doute un nom à suivre.

    IMG_1255.JPG
  • Gilles Azzoni, le vin rock and roll

    P1160842.JPG

    Le compte-rendu de la 31ème édition des Vendredis du Vin par Eva cite un des vins de Gilles Azzoni. Plus précisément, c'est Stéphanie de 1mets10vins qui parle de la cuvée Brân 2007. J'ai repensé à ce vigneron dont j'ai d'ailleurs bu ledit pif en magnum, un samedi de novembre. Mais me revient surtout en mémoire une autre bouteille, la L06 Hommage à Robert, bue elle aussi le mois dernier. 7 euros à la Cave des Papilles si je me souviens bien. Quelques semaines après l'avoir bue, j'en ai encore l'eau à la bouche... ou le diabolo-grenadine à la bouche plutôt. Oui, ce n'est sans doute plus du vin. Enfin, si justement : c'est du vrai vin. Rien à voir avec le genre de choses infâmes sans goût (ou alors bois et vanille) qu'on nomme désormais vin. Le Raisin et l'Ange, l'un de mes vins de l'année : il faudrait que je pense à retrouver un carton pour la mi-décembre.

    Comprenne qui pourra.

    P1160841.JPG
  • Tout est bon dans le cochon, surtout le vin

    Un soir où traînait cette bouteille achetée chez Versant Vins (10 euros), je l'ai ouverte. Pour voir ce qu'elle avait dans le ventre et voir si le mien aimait ça.

    IMG_0274.JPG

    D'aucuns diraient "tiens, encore une cuvée marginale". Oui mais ici façonnée par trois génies : le couple Dard et Ribo (par qui je suis venu au vin naturel, notamment grâce à leur crozes-hermitage blanc) allié à Hervé Souhaut dont je kiffe grave le saint-joseph.

    Ce vin de l'Ardèche, 100 %, devient Lard, des Choix : un jeu de mots qui vaut ce qu'il vaut. Mais le jus qui s'écoule dans la bouteille vaut bien plus. Structuré sans être lourd, suave mais puissant. Un beau vin de raisin. Et ça, j'aime.

    IMG_0298.JPG
    IMG_0297.JPG
  • L'enfer des sommeliers est pavé d'asperges

    Sur un bon risotto aux asperges, on boit quoi ? Du blanc ? de la bière ? Les sommeliers, parait-il, détestent l'asperge parce qu'elle ne se marierait avec rien. Tout comme les petits pois.

    Personnellement, je n'y crois guère. Un blanc franc du Roussillon ferait bien l'affaire.

    P13-06-10_20.33.JPG

    Mais ce jour-là, on s'en est tenu au rouge. Un fruité mais présent, pour répondre à la bonne dose de parmesan : ce n'est pas complètement idiot. La petite cuvée Poignée de raisin de Gramenon fait parfaitement l'affaire.

    P13-06-10_20.33[01].JPG
  • Ardèche, à r'boire

    Bu comme ça sur un coup de tête. Descendu très vite cette cuvée Larmande du domaine de Mazel (une dizaine d'euros au Vin se Livre). Des vins de table originaire d'Ardèche, donc pas vraiment en Cotes du Rhône... Un plaisir intact, car très peu (sinon pas du tout) de soufre. Un autre jus de fruit. Son blanc Les Lèches m'avait laissé un souvenir encore plus extra. A reboire pour mieux le commenter.

    P22-04-10_08.40[01].JPG
  • Ebrescade 2004 - partie 2

    Ce midi, il faut finir les restes. On repart avec une petite portion de hachis porc-mentier et le fond de l'Ebrescade 2004 de Richaud.

    Richaud 2.JPG

    De la première, j'en attendais tellement peu que je l'ai faite réchauffer au micro-onde ; en plus, ça lui évite de s'encrasser à celui-là. C'était bon, et moins liquide qu'hier.

    Quant au reste de la bouteille, il était enfin à son top niveau. Sans doute pas équivalent au 2005 bu à Châtillon, mais bien présent, fruité et soyeux, comme tous les vins de Richaud. Le degré alcoolique s'était estompé. Le servir à température ambiante (une toute petite vingtaine de degrés) a beaucoup aidé. La nuit fait plus que porter conseil, elle apporte plus de goût.

  • Ebrescade 2004 - partie 1

    Ce samedi soir, j'ai voulu faire les choses simples mais un peu originales. Un hachis porc-mentier© (copyright sur le jeu de mots, merci) à base de palette de porc et de vraie purée. Pour exciter un peu le cochon, une star. Marcel Richaud, Cairanne rouge 2004, lieu-dit l'Ebrescade (au Bon Marché, 26 euros). En gros, la meilleure cuvée d'une star des Côtes-du-Rhône.

    Cairanne blanc à midi, Cairanne rouge le soir, merci à ceux qui suivent.

    Degré alcoolique bien élevé (15,5°). Il fut meilleur une fois passé en carafe. Mais pas carafé assez longtemps et servi trop froid. Bam ! Les deux erreurs qui font plonger le sommelier. Le vin était sympa. Mais à voir avec l'un de ces moments de pur extase, de ceux qui m'ont incité à ouvrir ce blog.

    C'était il y a quelques semaines, à Châtillon-sur-Saône, avec Thomas et Olivier. Il faut dire qu'on n'en était pas à la première quille, qu'on avait déjà salué le Beaujolais blanc de Valette et le Tavel de Pfifferling, le meilleur vin du monde. Le Richaud de ce soir-là, c'était un Ebrescade aussi, mais un 2005 (au Verre volé, 26,5O euros). Voilà peut-être aussi pourquoi. Il était extraordinaire. On ne réfléchissait plus au parfum de cuir de Russie ou au sous-bois après la pluie. D'ailleurs, on n'y a jamais réfléchi à ces conneries. On buvait du bonheur partagé. A rivaliser avec ce que l'on peut imaginer des meilleurs vins rouges.

    Pour revenir à mon hachis de samedi soir, c'était de la bouillie. Purée trop liquide. J'ai eu la main trop lourde sur la crème, le beurre, le lait tiède. Le passage au four lui a fait perdre les eaux.

    richaud 1.JPG

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu