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du morgon dans les veines - Page 12

  • Des vins vivants chez Vivant (logique...)

    Retour chez Pierre Jancou (Vivant) avec Guillaume. Tout au long de cette belle soirée, les quilles s'entrechoquent. Commençons par l'ancêtre, Ancestral 2003 de'Julien Courtois. Une très belle cuvée sur laquelle on a peu d'informations. Cabernet ? Gamay ? Dans le verre, ça ressemble à un gamay. Il lui faut une bonne heure pour s'ouvrir. Avec la mozzarela fumée tiède, il était un peu fermé. En fin de repas, il avait quelque chose de vieux monsieur encore fringant, comme si sous la cravate en tricot et la chemise en tweed, battait un coeur d'anarchiste. Bref, très complexe.

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    Au milieu des agapes, nous avons fait une infidélité à l'Ancestral. Direction Gilles Azzoni et Fable 2010 (70 % syrah et 30 % grenache). Vin un peu plus canaille, sur le fruit, gouleyant, pour se rincer la bouche. Qu'est-ce que c'est bon... Pierre en parle pas mal dans son guide des vins à lui.

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    C'était pour accompagner l'andouillette de Daniel Thierry, à Sainte-Savine à côté de Troyes. Ici pochée et snackée. Chez Racines, on s'en souvient, c'était tout juste pochée. C'est un produit toujours aussi parfait, quelle que soit la cuisson.

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    Autre curiosité. Nous avons goûté le champagne blanc de blancs d'Ulysse Collin extra brut. Un jus superbe, complexe, à goûter à nouveau. En tout cas, une belle découverte.

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  • Le Réveil du Xe, pour commencer la journée du bon pied

    Le samedi midi, on a parfois besoin de quelque chose qui tient au corps. Pas forcément la superbe adresse à la cuisine très fine sur laquelle se pament tous les guides et critiques. Juste un bon petit bistro de quartier, tourné vers le Cantal. Sans trop de prétention, qui ne se la raconte pas, qui ne se monte pas du col. 

    C'est ma deuxième visite en 2 ans et je trouve que le Réveil du Xe a de jolis produits. Ce jambonneau froid a une belle gueule, la truffade assez grasse et la planche de fromage sur la table d'à-côté me paraissait bien sous tous rapports.

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    Côté vin, on a connu bien mieux il faut le dire. Il y a beaucoup de références au verre mais on ne consulte que des A.O.C. sur la carte. Ce qui laisse présager quelque chose d'assez nul. Je choisis un verre de morgon. Résultat : pas si mauvais, mais bon y a pas de quoi se relever la nuit. Je m'attendais vraiment à pire, c'est une adresse tout à fait honnête.

    Le Réveil du Xe, 35 rue du Château d'eau, 75 010 Paris, 01 42 41 77 59.

  • L'autre petit secret de la rue des Quatre-Vents

    Je me souviens de ce pub canadien à l'époque où j'étais étudiant dans la rue derrière. C'était il y a à peu près 7 ans et nous y mangions des poutines, ce terrible plat canadien, amalgame de frites, de fromage et de sauce régressive.

    Plus tard, on est revenu y boire de bonnes bières. En juin 2010 précisément, on arrive ici et on trouve quelques vins au comptoir. Dard et Ribo, Foillard, Villemade... Tiens, du vin naturel dans un pub ? Assez marrant. Bien sûr, la sélection n'est pas aussi pointue qu'à La Crémerie juste en face mais ce n'est pas le but non plus.

    Ce mercredi, retour au Moose. J'y apprends que celui qui a soufflé au patron du lieu la bonne idée de mettre à disposition des clients quelques quilles buvables n'est autre que Sébastien Lapaque. Ce jour-là, ce magnum de bourgueil 2006 Les Perrières de Catherine et Pierre Breton me fait un effet boeuf !  

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    The Moose, 16 rue des Quatre-Vents, 75 006 Paris, 01 46 33 77 00.

  • Les jolis vins de la Crémerie

    Mon amour pour cette adresse ne se dément pas, surtout que cela faisait bien un an que je n'y avais pas foutu les pieds. 

    Serge commence à nous ouvrir un truc super pâle et qui pétille. C'est quoi ? Le 2010 des Foulards Rouges, cuvée La Soif du Mal. C'est incroyablement fin, rafraichissant car ça cisaille le palais. Qui aurait pu croire à l'aveugle que ce genre de jus poussait dans le Roussillon, au pied du massif des Albères ?

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    Suit la syrah d'Hervé Souhaut (Romaneaux-Destezet), la syrah pure et digeste telle que je me la figure et que je ne la trouve que très rarement.

     

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    Bref, un retour gagnant.

  • Et les Foires aux Vins ?

    Ce modeste espace de liberté est garanti sans OGM, sans pesticide, sans levure industrielle, sans gomme arabique, sans copeau de bois. Parfois, j'ajoute une petite dose de soufre... Mais juste comme ça. Notez aussi que ce blog est plutôt brut nature, qu'il ne s'intéresse pas aux marronniers de la presse viticole. Ici, c'est du 0 % Vinexpo et du 0 % Foires aux Vins.

    Ce qui représente un petit souci en ce moment car on est en pleine saison des FAV. Et on se pose des questions sur ceci, sur cela... Allez faire un tour ici, chez Antonin. Il répond à plein d'interrogations et nous évite bien d'autres lectures sans intérêt. 

    Tout ça pour dire que je préfère les poires au vin !

    Et sinon, juste une info, mais une béton. Chez un caviste dont la boutique compte pas mal de mètres carrés et dont je n'ai pas besoin de citer le nom, on trouve cette jolie bouteille de calvados réserve de Julien Frémont à 19 euros. Ici, le calva devient digeste et pur. Absolument superbe !

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  • Je te tague, tu me tagues...

    En cette rentrée morose, Eva a décidé de faire jouer les blogueurs du vin dans la bonne humeur (si possible). Tout est expliqué ici : il suffit de répondre à 7 questions puis renvoyer le bébé à des collègues sympathiques. J'ai choisi Stéphanie, Iris, Antonin, Christian et David. Voici les questions et mes réponses.

    L’avarice : Quelle bouteille avez-vous trouvé outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas?

    J’ai honte, mais c’était au tout début de mon intérêt pour le vin. Autant dire que je n'y connaissais strictement rien. C’était à Toulouse, un 1er ou un 2 janvier. Je devais avoir 20 ans pile et nous sommes descendus au Géant-Casino de la place Roquelaine faire provision de jurançon moelleux. Aucun souvenir du « domaine ». Nous avons sifflé le stock en jouant aux cartes. Evidemment aujourd’hui, rien que la vue de l’étiquette me ferait partir en courant…

    La paresse : Quel vin n’avez-vous jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver ?

    Je crois que ce sont les vins de Pierre Beauger. Car déjà, on n’en trouve pas partout. Et à chaque fois que je vais à la Cave des Papilles (75 014) pour en acheter, je me fais attraper par d’autres bouteilles encore plus éphémères. Promis, je vais les boire et je suis sûr que ça va me plaire.

    La luxure : Dans quel vin aimeriez-vous prendre un bain et faire des bisous (oui, il y a des enfants dans l’assemblée, on fait soft) avec votre moitié ?

    Le saint-romain Combe Bazin 2005 de Fréd Cossard. Mais faudra y entrer tout propre et pas faire trop de bêtises dans la baignoire car je voudrais le boire aussi.

    L’envie : Quel vin dégusté sans vous par l’un de vos amis ou connaissances vous a fait le plus envie (et enragé) ?

    C’est pas un vin, c’est une dégustation. L’autre jour, mon copain Olivier m’appelle et me dit qu’il est avec Thierry Puzelat et qu’il goûte tout. Je l’ai maudit.

    La gourmandise : Quelle bouteille pourriez-vous siffler tout seul d’une seule traite ou presque ?

    Y en a énormément et je ne voudrais pas faire de jaloux… Allez, puisqu’il faut choisir c’est le blanc du domaine U Stiliccionu de Sébastien Poly-Casabianca.

    La colère : Quel vin vous a tellement déçu que vous l’avez jeté de colère après l’avoir dégusté ?

    Tout comme Eva, c’est le Haut-Brion 2002 que nous a ouvert Antonin l’autre soir. Beurk...

    L’orgueil : Quelle bouteille pensez-vous être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur ?

    Je pense que ce sont les vins du Casot des Mailloles, à Banyuls. Mon domaine fétiche. Bon, il faut retrouver un peu de modestie : il y a plein de gens qui les adorent ces vins. Mais il est vrai qu'on me dit souvent que ce n’est pas facile d’accès… Moi tu m’écris Casot des Mailloles sur de la Badoit, je me mets à la Badoit !

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  • Repas du soir, espoir...

    On n'est pas là pour se baffrer. Un morceau de jambon, s'il est bien fait, suffit à nous donner le sourire et à prolonger la vie de quelques minutes. C'était l'idée des petits luxes anti-crise qu'au fur et à mesure j'ai abandonné et j'ai bien tort. Mais je vais m'y remettre.

    Lors de ce repas de fin de semaine, une tranche d'andouille de Vire et un petit pâté de veau à la sauge de chez Gilles Vérot, immense charcutier des beaux quartiers parisiens. Cette belle andouille me rappelle une autre andouillette, toute aussi charmante. Et un éclair au chocolat de Jacques Génin, à côté de chez moi. Alors, d'accord y a pas le 5 fruits et légumes mais on s'amuse... A-t-on besoin d'autre chose, sinon un bon petit vin ? Ce fut un fond de 7, rue de la Pompe de Jeff Coutelou, parfait sur le salé et le chocolaté.

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  • La Compagnie de Bretagne : la crêpe cher payée

    C'est une adresse prestigieuse, dans une perpendiculaire au boulevard Saint-Michel. On retrouve pas mal de touches Roellinger dans les assiettes (et ça j'aaaaaime), de superbes produits bretons, du beurre de Pascal Beillevaire aux cidres et vinaigres de la Ferme des Landres. Ce sont sans doute les meilleurs produits de Bretagne. J'ajoute encore que les assiettes sont bien troussées et que cet enchevêtrement de mets fins donne un résultat incomparable. Ici la complète et celle au pralin. C'est vraiment bon...

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    ... mais c'est vraiment très cher ! C'est une de ces adresses dont on dit "faut pas déconner !" 11,50 euros la complète. Et le pralin, 6 ou 8 euros, je ne sais plus. Pourquoi est-ce si cher ? Le Fooding nous donne un élément de réponse : on paie le décor ("les rideaux" dirait Curnonsky) imaginé par un "architecte de renommée internationale". C'est cela qu'on nous facture :

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    Alors non. A la limite pour une beurre salé puis une beurre sucré (4 euros chacune), pour s'exclamer sur le sublime beurre de Pascal Beillevaire, je le répète. C'est bien con, j'étais parti avec pas mal d'a priori favorables.

    La Crêperie de Bretagne, 9 rue de l'Ecole de Médecine, 75006 Paris. 

  • Le dessert incontournable du Siffleur de Ballons

    Retour au Siffleur de Ballons pour grignoter un petit morceau. Notamment cet exceptionnel gâteau de riz "façon grand-mère". Cinq euros seulement pour un dessert authentique loin des cochonneries habituelles dont le prix au kilo avoisine celui du caviar. Evidemment, il est déjà entamé au moment de la photo...

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    Sur la photo c'est un montlouis de Xavier Weisskopf un peu frais. Sinon avec le plat, ce fut Grand Largue 2009 de Philippe Wies, vigneron à Maury. Malheureusement un peu fermé ce soir-là mais chaleureux : c'est dommage, ses vins sont souvent assez bluffants. On y reviendra vite !

  • 7, rue de la Pompe (à Puimisson)

    Ce n'est pas une adresse des quartiers chics de la capitale mais bien le nom d'une "petite" cuvée de Jeff Coutelou, vigneron à Puimisson dans l'Hérault. Fruits rouge, épices, poivre et immense fraîcheur. Le 7, rue de la Pompe est l'un des meilleurs rapports qualité/prix que j'ai bu récemment. Six euros et des brouettes à la Cave des Papilles, rue Daguerre. Enfin, quand il y en a... Il faut vraiment cultiver l'amour de son prochain pour ne pas rafler tout le stock. Buvez les vins de Jeff et vivez heureux ! 

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  • Gers : quatre vins qu'on a terrrrriblement aimés

    Durant cette petite escapade dans le Gers, on a bu quoi ?

    Du local, déjà. Dominique Andiran du domaine Haut-Campagnau, à Montréal (pas au Canada, mais bien dans le Gers) fait des vins qu'on aime. Bien travaillés, gouleyants et qui ne se poussent pas du col. Le Vain de Rû (cette fois un peu beurré et un filament de sucre résiduel) commence à faire un carton, son rouge Magnus (cette fois assez chocolaté et fruité à la fois) est tout aussi superbe.

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    De l'Aveyron où nous avions déjà goûté les blancs, Thomas a apporté un carton des Anciens 2009 de Patrick Rols. Un superbe travail à Conques, qui nous happe tout autant qu'en blanc. A mon avis, c'est l'un des grands vignerons méconnus sur un terroir méconnu. Pourtant que c'est bon ! Il faudrait tirer profit de la masse de gens qui passent sur les chemins de Compostelle pour faire la promotion de ces superbes vins. Je sais que le domaine s'en charge, notamment sur des marchés nocturnes. Mais on ne peut légitimement pas laisser les gens passer dans le coin sans découvrir ces vins !

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    Enfin, de Paris, j'avais apporté toute autre chose. Un bon petit Boulard Les Murgiers (brut nature, 70 % pinot meunier, 30 % pinot noir avec du 2007 surtout et 30 % de 2005 et 2006). Nous aurions dû le laisser patienter quelques semaines, tant le voyage l'avait secoué. Oui mais voilà, nous ne sommes restés que 5 jours. Bouchon qui a sauté sur le toit de la maison, bulles bien excitées au début... Mais il a fini par se calmer et reprendre ses aises. Un très joli champagne, décontracté, pas bégueule, dans son élément. Le Boulard est dans le pré, comme on dit ici.

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  • Gers : un cours magistral sur l'armagnac chez Dartigalongue

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    Cet après-midi, la place du Four porte bien son nom. Dans ce coin paumé de Nogaro, au fin fond du Gers, le soleil écrase nos têtes et nous sommes bien heureux d'aller nous réfugier dans une cave. On passait dans le coin, alors pourquoi ne pas acheter une ou deux bouteilles d'armagnac Dartigalongue ? Par exemple, le hors d'âge qui nous avait subjugué au restaurant L'Art de Vivre, à Nérac.

    On se faufile dans le premier entrepôt de Dartigalongue. Et personne... Ils vendent de l'armagnac au moins ici ? Il y a de jolies choses pour sûr, de grosses bonbonnes millésimées. Mais nous voulons simplement deux petites bouteilles, on ne va pas y passer la nuit. Et au pire, on ira chez le caviste d'à côté. Toujours personne...

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    En fait, il faut aller dans l'autre chai, tout au fond. "Bonjour, vous vendez votre armagnac ici ?"

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    "Mais bien sûr ! nous répond le maitre de chai, Ghislain Laffargue. Vous goûterez bien quelque chose ?" A partir de là, nous sommes restés une heure et demi à discuter avec cet homme généreux, valeureux et passionné. A lui poser des questions bêtes ou intelligentes ; lui nous répond avec cette incroyable envie de faire découvrir les coulisses de sa maison. Nous ne sommes que des acheteurs lambdas, en quête de leur digestif favori mais loin d'être des spécialistes : ce fut pour nous un grand moment de dégustation et un grand moment tout court. Ghislain est un sacré monsieur, je vais essayer d'expliquer tout cela dans l'ordre.

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    Pour ceux qui ne seraient pas familiers de la chose (les pauvres !), l'armagnac est une eau-de-vie de vin (cépages les plus courants : baco, ugni-blanc, colombard, folle blanche). On met le raisin à fermenter et on distille dans de somptueux alambics. Puis on fait vieillir en fût de bois : c'est cette longue étape qui donne à l'alcool sa superbe couleur fauve.

    Dartigalongue est la plus vieille maison du Bas-Armagnac (une zone qui va de Nérac et de Condom à Villeneuve-de-Marsan et à Nogaro justement) : cette distillerie a été fondée en 1833. C'est une entreprise dont on n'entend pas trop parler. Ghislain : "Je préfère le bouche à oreille que la comm' à tout-va. Vous me dites que vous avez goûté l'armagnac dans un restaurant, que vous l'avez apprécié et maintenant vous êtes là. Je préfère ça plutôt que de voir défiler les touristes". Le décor est planté.

    D'un autre côté, il n'y a pas non plus un stock énorme à écouler, 60 000 bouteilles par an. Je renchéris : "Vous êtes en train de nous dire qu'on n'est pas chez les grands noms de l'armagnac qui font du volume, qu'on n'est pas chez Darroze non plus..." Sourire en coin, Ghislain explique que l'entreprise a gardé ce côté artisanal de l'élaboration de l'alcool à l'étiquette : d'ailleurs, c'est une employée qui habille les bouteilles à la main. Et ce n'est pas fait pour attirer les touristes, car les touristes il n'y en a pas des masses !

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    Evidemment, on repère tout de suite les millésimés. Ghislain attaque  : "Il faut arrêter avec les millésimés. Les millésimés en Armagnac, c'est bon pour les cadeaux d'anniversaire. Alors oui, y en a de très bons. Mais notre valeur ajoutée, c'est d'essayer de vous proposer un superbe produit. Donc il faut faire des mélanges". D'où les 15 ans, les 20 ans jusqu'aux 30 ans d'âge et sans compter les cuvées spéciales. 

    Commence la dégustation de ces perles. De la gamme de base aux plus belles pièces, Ghislain ne laisse rien filer. A raison d'une bonne dizaine de cuvées et de godets fort remplis, la tête commence vite à tourner. A chaque fois, le maître nous sort une bouteille différente, encore plus spéciale, encore plus secrète, encore plus complexe. Ainsi toutes les années en 8, ils font la cuvée anniversaire de la maison. Celle du 170e anniversaire (cuvée Louis-Philippe) est une réussite, mais celle du 160e est une pure merveille à rendre accro à l'armagnac. Malheureusement, elle n'est plus en vente et nous n'avons eu droit qu'à un fond de verre.

    Un mot revient toujours pour les alcools de la maison : ils sont classes. On est dans une finesse du terroir que nous n'avons pas connue dans les millésimés de Darroze par exemple. Est-ce là notre véritable dépucelage en armagnac ? Deux bouteilles nous ont particulièrement tapé dans l'oeil. Le 25 ans d'âge qui contient du 1981 et du 1979. Vu que ce sont nos années, je le boirai donc avec Marilyne. Mais comme ce n'est pas son truc, je le sifflerai seul.. Léger et fruité, on est totalement sur le pruneau. Ah bon, vous n'en avez pas fait macérer dans la cuve ?

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    Autre très, très belle bouteille : le 100 % folle blanche 1990. Ce cépage est bien plus fragile, bien plus sensible aux maladies que le baco. Le travailler réclame un soin de tous les instants dans la vigne puis au chai. Mais quel résultat ! J'ai noté pêle-mêle, sur mon petit calepin : "légèreté, tenue, un côté fleurs, on croirait qu'il s'agit d'un parfum, il n'a pas la lourdeur du baco".

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    Autre curiosité, Ghislain fait lui-même ses pruneaux à l'armagnac. On peut le dire, tout le monde a sauté au plafond en les dégustant. Un sirop léger au vrai goût de pruneaux. On les croquerait comme des madeleines de Proust. J'en ai deux bocaux à la maison désormais.

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    Autre cuvée que j'ai achetée et dont on reparlera, l'eau-de-vie blanche d'Armagnac, c'est-à-dire avant vieillissement. Ghislain"Sur un saumon fumé, des oeufs de poisson, des sushis... un peu froid  comme la vodka, c'est un régal. Mais je n'ai pas demandé l'A.O.C. c'est trop compliqué !"

    Nous faisons nos emplettes, réglons les factures et emportons les cartons vers la voiture. Au moment de nous saluer, Ghislain nous interpelle : "Vous voulez visiter le chai ?" Ben tiens... C'est pas tous les jours qu'un maître de chai passionnant va nous raconter la belle histoire de l'armagnac.

    Au départ, le jeune armagnac arrive dans "le Chai des Moules". Entre le sol et le grenier, c'est irrespirable. Au mois d'août, encore plus que dehors, il fait une chaleur à crever. "Justement, tout cela participe à l'élaboration de l'armagnac. Ce n'est pas comme le vin où il faut que la température reste stable. L'hiver, le froid accélère le vieillissement et l'été, la chaleur nous enlève un peu la force de l'alcool." Ghislain s'occupe aussi régulièrement de mélanger les différents fûts d'un même millésime, pour que celui-ci soit homogène. Un travail et une organisation de titan.

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    Juste en-dessous, au niveau de la rue, le "chai du Jardin". C'est à ce moment que l'armagnac prend son goût. "Mais vous le sentez bien maintenant, la température est descendue, il fait même relativement frais par rapport à la chaleur du dehors".

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    "Chose très importante, les sables fauves. Ce n'est pas qu'à la vigne qu'il est important. Ce sol-là donne aussi du goût à l'alcool. C'est ça aussi le terroir."

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    Enfin, montons au "Chai de Vieillissement", aménagé à l'étage. Il est immense, c'est souvent par là que commencent les visites. Bonbonnes, fûts marqués à la craie. Certains directement avec un millésime, d'autres avec des codes que seul Ghislain comprend.

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    Les murs sont recouverts de moisissure ("l'or de l'armagnac"), éléments essentiels du vieillissement. "Si demain on rase tout et on construit un chai dans une usine toute neuve, on perd tout le goût". Et l'histoire...

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    Ici s'achève la visite. Mais Ghislain qui nous en donne toujours plus pour le même prix nous extrait du chai pour nous faire traverser la rue. "Je vais vous montrer le Paradis", c'est-à-dire le petit musée que la maison a dédié à l'armagnac.

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    Là aussi, où patientent les plus vieilles quilles. Ainsi, il en reste six de 1829. Mais la patronne en interdit la vente. 

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    En face, quelques bonbonnes auraient besoin d'être réveillées. Ghislain débouche le 1893, la fait tourner et nous oblige à y coller le nez. "D'accord mais je peux avoir une paille aussi ?". Rien qu'au nez, c'est un incroyable jus de pruneaux, un sirop d'une complexité hors norme, tirant sur les fruits secs. A 4 000 euros la boutanche, je ne comprends pas pourquoi on n'a pas le droit de goûter...

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    En face, l'autre partie du musée rassemble lithographies, vieux outils, almanachs et les livres de comptes depuis le début de la création de Dartigalongue. C'est la mémoire de la maison. S'il y avait la volonté de présenter tout cela au public, cet endroit pourrait devenir l'une des attractions majeures de tout le Bas-Armagnac. Ce n'est plus de l'alcool, c'est de l'Histoire.

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    Dartigalongue, BP 9, 32 11 Nogaro, 05 62 09 03 01.

  • Gers : Les conserves de de Bernard Ospital

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    L'arrivée à la ferme est digne du "Bonheur est dans le Pré".

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    La grande maison de la famille Bernard Ospital, en retrait du village de Margouet-Meymes, dans le Gers, est asez accueillante, mais encore faut-il la trouver. L'adresse nous avait été donnée par une femme de bon conseil à Barbotan. On s'est alors dit : plutôt que d'acheter sur les marchés des conserves majorées de quelques euros, mieux vaut prendre sa voiture, voir à quoi ressemble l'endroit et rencontrer les gens.

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    La dame qui nous reçoit dans sa salle à manger ouvre ses placards. A l'intérieur, confits, rillettes, fritons, garbures, foie gras... On se sent bien.

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    Nous ne sommes pas en terre inconnue, nous avons déjà goûté d'excellentes rillettes de canard de la maison. Nous opérons donc une razzia sur les conserves dans le but de rapporter tout cela vers le nord. Tout est fait maison, pas de colorants, pas de conservateurs. Juste la viande, les condiments, du sel et du poivre. Punto e basta.

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    On ne n'est pas fait piéger par une dégustation sympa dans un joli cadre. C'est-à-dire que sur zone, dans le Gers, tout nous semblait très bon. Et de retour à Paris, le sentiment est le même. Ouf tu me diras ! Certes, mais combien de fois avons-nous été émerveillés par un produit parce qu'on le goûtait en vacances, dans un environnement agréable. Puis dans un autre contexte, la chose s'était révêlée très décevante... Ici, pas de souci. Mention spéciale pour les migrelines ! Il s'agit de rillettes de canard cuites non pas dans la graisse mais dans un jus de légumes cuisinés. Ce qui fait donne un résultat bien moins gras et plus parfumé. 

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    Enfin, puisqu'on va sans doute me poser la question sur le lien avec la famille Ospital de Hasparren (d'extraordinaires éleveurs de jambons), je tente d'y répondre. Il existe peut-être mais si c'est le cas, il remonte à pas mal de générations, m'a-t-on dit. Une chose est sûre, il n'est pas direct.

    Bernard Ospital, Laterrade, 32 290 Margouet-Meymes, 05 62 09 27 21. 

  • Michel Guérard, ou le réenchantement du monde

    Petite scène bucolique, dans un pré du Gers, un midi du mois d'août.

    "Tiens, allez, ce midi, on va faire un bon pique-nique !
    - Ouais ! Passe-moi encore le saucisson, faut qu’on se cale le bide !
    - Tu m'étonnes... Vu qu’on va manger des salsifis vapeur ce soir !" .

    J’ai supporté les moqueries de mes deux acolytes toute la journée du grand soir. De longue date, nous avions réservé une table le soir même vers 20 heures, chez Michel Guérard, à Eugénie-les-Bains, dans les Landes, à 40 km de notre petite piaule du Gers. Les amoureux des cochonnailles balisent un peu. Comme si manger dans un resto de ce type signifiait avoir faim en sortant. Cerise sur le gâteau l'assiette, Michel Guérard, le père de la "Grande cuisine minceur" : ça semble être synonyme de cure détox. Je suis sympa avec mes potes : je n'ai rien dit, hormis un "Oui c'est ça..." par ci, par là.

    Je paierai cher pour revoir la tronche de ces deux-là au moment où la voiture a franchi la grille des Prés d'Eugénie. Cinq minutes auparavant, nous roulions encore à travers les champs de maïs, du côté d'Aire-sur-l’Adour et ils me disaient : "Mais, c'est où ton truc ? On va manger dans une étable ?" Arrivés sur place, ils ont la gorge un peu nouée et ne font pas les fiers. "Tu savais que ça allait être comme ça ? Ca va être guindé, tu crois ?"

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    Répondons à cette question intéressante. Alors, justement, point du tout : l'ambiance n'est pas guindée pour un sou. Bien sûr, on a quelques cravatés qui se paient du bon temps après leur boulot sans intérêt, des familles venues fêter l'anniversaire de mamie (dis donc, au prix du menu, elle dilapide l'héritage là ?) et des fous de bouffe comme dans tout grand restaurant. Mais l'ambiance est plutôt normale, détendue. Et pour un tel restaurant, ça aide.

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    En entrant ici, mes accompagnateurs ont redressé le col de leur chemise, réajusté leur robe ou se sont dits qu’ils auraient quand même mieux fait de cirer leurs pompes. Car si l’ambiance est détendue, c’est pas non plus le lieu où tu pètes à table. Normal, Michel Guérard, c’est un troizétoiles au guide Michelin. Et, respect, il les a depuis 1977 : ce qui en fait l'un des plus anciens troizétoilés du pays. D'un autre côté, imagine-t-on un instant que le petit livre rouge enlève la récompense suprême à un chef aussi mythique ? Je n'ai pas peur des mots. Justement, après n'avoir presque rien dit de la journée, je tente d'expliquer aux deux comiques que nous allons manger un morceau de l'histoire de France et un morceau d'Histoire, tout simplement. 

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    Oui, malheureusement, il faut expliquer qui est Michel Guérard.

    Car la modestie naturelle de celui qui est (avec Alain Chapel) le plus grand chef français du XXe siècle empêche une médiatisation semblable à celles de Robuchon, de Ducasse ou de Bocuse. De plus, il est loin de Paris, on aurait presque tendance à l'oublier. Mais d'un autre côté, pour vivre heureux, vivons planqués. Pourtant les trois cuistots précédemment cités reconnaissent en Guérard le maître. Car l'homme d'Eugénie est tout simplement celui qui a lancé la "nouvelle cuisine" et sans doute celui qui l’a le mieux accomplie. Ajoutons à cela la version régime de son art, la fameuse "Grande cuisine minceur", énorme succès dans l'assiette et dans les librairies depuis 35 ans : la grande bouffe peut se mettre à portée de qui surveille son poids. Pour ne plus être condamné à becqueter des cochonneries à la vapeur comme un vulgaire curiste raplapla.

    On pourrait dire que Michel Guérard a inventé la cuisine que nous mangeons aujourd'hui, contrastant avec la lourdeur des plats de nos grands-parents. Marinades, temps de cuissons longs qui écrasent les textures, sauces horriblement épaisses… au revoir ! Concentrons-nous sur le produit et respectons-le. Et tout le reste n’est que (mauvaise) littérature. Question livres justement, il est le premier à avoir mis ses ouvrages à la portée de tous grâce à une remarquable pédagogie alors que les recueil de recettes étaient auparavant réservés aux professionnels. C’était dans les années 1970 et Michel Guérard était tout simplement un révolutionnaire. Voilà, c’est dit. Pour le reste, il faut ouvrir ses livres.

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    Revenons à notre dimanche soir. Lorsqu’on nous propose un apéro, j’en entends un derrière moi, les yeux encore équarquillés : "Ah ben oui !" Oh le coquin... Bon d'un autre côté, moi aussi j'avais peur que le repas soit vite expédié. Mais chez Guérard, on peut terrrrriblement prendre son temps, en fait. On file donc au salon pour les cocktails de la maison.  

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    Je ne peux parler que du mien, Dona Eugénia, constitué d’une liqueur de verveine du jardin et de champagne. On imagine une puissance alcooleuse, un sucre omniprésent et une couleur vert pomme… Evidemment, c'est tout l'inverse. Comme si on avait vinifié un champagne tout en douceur avec quelques brins de verveine dans la cuve, comme une infusion. Une boisson aérienne. Bien sûr, je demande tout de suite qu’on me mette de côté une bouteille de cette mixture. "Vous n’êtes pas le premier à nous le demander, mais nous ne vendons pas cette liqueur. On devrait y penser." Ah ça… 

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    A côté de moi, bizarrement ça ne jacte plus. Comme si je leur avais donné un médoc (pas le vin, le truc du pharmacien) pour arrêter de raconter des sottises. Engocés dans les fauteuils, nous regardons autour : c'est sûr, on n’est pas prêt de les quitter de sitôt nos planques. Je pense que la descente de cette coupe a duré une heure. Elle a eu le temps de réchauffer un peu certes, mais elle a gagné en arômes.

    Entretemps, un serveur vient nous apporter une petite planche de charcut. Jambon de Noir de Bigorre, petit croquant à la sardine et une bouchée absolument extraordinaire : une huître Gillardeau n° 5 à peine panée, avec une béarnaise-ravigote sans doute à la betterave. On ne sait plus vraiment ce qu'on mange, on commence à être perdu. Les intitulés des plats sont faciles, efficaces, on n'est pas dans la lourdeur, dans le bling-bling ou le tape-à-l'oeil ; mais on est tellement renversé par cet apéro qu'on ne retient rien. Et donc cette huître ? A la table, j'ai un spécimen qui n'en mange jamais mais qui finit tout de même par ce compliment : "Ouais, mais ça, c’est pas de l’huître. C’est autre chose…"

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    Le maître d’hôtel nous apporte la carte. Signalons juste ici qu'on ne va pas tester la Grande cuisine minceur ce soir : nous optons pour la carte classique, celle qui fait grossir... Cap sur le menu dit "repas gastronomique des Français" inventé par Guérard pour d'abord, démocratiser sa cuisine et ensuite, fêter le classement du repas français au patrimoine immatériel de l’Unesco. Mauvaise nouvelle, il n’est pas servi ce soir, veille de fête. Aïe… Bon, ben on ne va pas se barrer pour autant. On mangera des pâtes tout le mois, tant pis ! Changement de cap sur celui qui fait quelques dizaines d'euros de plus. Des trucs sympas, assurément, façon bistrot super chic. 

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    Lorsque le maître d’hôtel passe une nouvelle fois nous demander si nous avons des questions, nous lui répondons que nous en avons effectivement une bonne dizaine. Mais sur le menu "Jour de Fête", celui qui est encore à quelques euros de plus. Comment ça je ne donne pas les prix ? D'un autre côté, on ne va pas regarder sur 20 euros de plus quand on voit la poésie du grand menu... Le maître d'hôtel trouve qu'il est plus aisé de nous détailler tout le menu que de répondre à chacune de nos questions. Il a bien raison. Sans nous parler les uns les autres, nous nous accordons sur ce menu de fête. Alors, on commence par... 

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    Ah non, pardon, on a oublié de choisir le vin. Evidemment, la carte en impose, c’est un vrai jouet de gosse. Yquem, Petrus et tous les attendus. A des prix pas forcément astronomiques, au contraire : au hasard, 880 euros pour ce Petrus 1983. Bref, le buveur conventionnel au portefeuille moins conventionnel a de quoi se faire plaisir. 

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    Et puis, comme par enchantement, surgissent deux pépites que je ne pensais pas croiser ici. Je comptais faire l’un des repas de ma vie ce soir et l’accompagner de vins limite chiants. Alors que badaboum… Le premier s’appelle Coucou Blanc, il a été produit en 2008 par Elian da Ros dans le Marmandais. Le second est une cuvée dont je n’avais jamais entendue parler : Le Clos du Mas Coutelou, de Jeff Coutelou en version 1999. A 60 puis 30 euros la bouteille, le choix est vite fait. Le sommelier semble bien étonné que l'on connaisse ces noms, il est même très surpris. Durant tout le repas, il nous aura à la bonne. Faut dire aussi qu'on parle pinard et qu'on fait drastiquement baisser la moyenne d'âge du lieu. Un des repas de ma vie donc, non pas avec du vin chiant mais avec de jolis canons de copains !

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    A table… Le premier arrivé est le Coucou Blanc (dominante sauvignon et un peu de sémillon). Bien buvable, tendu mais enveloppant, il va être le compagnon des trois entrées qui vont se succéder pendant deux heures. Il fait face avec brio à plusieurs plats mythiques. Comme quoi, pas besoin de s'appeler Château de Truc pour soutenir la comparaison...

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    Le premier à venir nous interpeller est cet "Œuf Poule au Caviar Comme à la Cour de Russie". Petit commentaire de l'un des miens, sorti d'on ne sait où : "Le tsar de Russie mangeait déjà ça". Y en a qu'ont dû abuser de l'apéro dis donc... Et tout au long du repas, les privilégiés que nous sommes ont sorti de tels commentaires, appropriés ou pas du tout : j'en ai notés certains.

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    Allez, je donne la recette. Tu prends un œuf, tu découpes la coquille, tu vides, tu remplaces par un tartare de maquereau et un salpicon d’anguille fumée, tu ajoutes une mousse d’asperges vertes et tu finis avec du caviar d’Aquitaine. Mais oui, c’est simple la cuisine… Et tu balances quelques mouillettes de pain beurré.

    Je paierai cher pour voir à nouveau nos airs hébétés devant un simple œuf de poule. En bouche, c'est fulgurant comme une évidence que tu soupçonnais depuis longtemps. Tu n'arrives pas à l'exprimer et puis tu te dis, bon sang, mais c’est bien sûr… Revers de la médaille, on décide tous autour de la table d'arrêter désormais de faire à bouffer : on n'y arrivera plus, on ne soutiendra plus jamais la comparaison. "J'ai décidé de me retirer de la vie des fourneaux..." Autre commentaire noté au hasard : "Je suis une reine et vous êtes des rois. J'ai presque honte de manger ça".

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    Au milieu de notre première entrée, le pigeonneau vient saluer la tablée. On aurait presque pu lui donner un petit nom : Piaf, Cui-Cui, Médor... Le maître d'hôtel nous fait regarder la bestiole qui se repose sur son lit de légumes, celle-là même qui sera dans l'assiette une heure plus tard. A suivre donc…

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    Pas le choix pour la suite, le chef l’impose. Première réaction : un "Oh mon Dieu !" fuse à ma droite. C’est un des grands classiques du chef : "L’Oreiller Moelleux de Mousserons et de Morilles aux Pointes d’Asperge". Un jus crémeux mais léger, une légèreté absolue, un qualificatif qui va revenir souvent ce soir. Ce plat en bouche me fait penser à un chien truffier qui, au ras du sol, aurait la chance de tout renifler : morilles, mousserons... asperges, crèmes... Pour arrondir puis réveiller les papilles selon le moment.

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    J'ai presque du mal à finir l'assiette. J'aimerais aller en cuisine, qu'on m'explique les subtilités du truc. Je ne comprends pas tout ce que je mange : comment peut-il y avoir autant de parfums dans une assiette sans qu'ils se chevauchent, sans qu'aucun ne prenne le pas sur l'autre ? Je voudrais aussi aller en cuisine pour chopper la recette... "Je n'arrive pas à finir, j'ai envie d'en garder pour demain matin."

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    A suivre, l’un des plats qui a révolutionné la cuisine française, je pèse mes mots une nouvelle fois. Le "Homard Rôti, Légèrement Fumé à la Cheminée". Cette fois on y ajoute "L’Endive Douce-Amère, Confite au Lait de Coco". Oublions donc les sauces lourdes et les cuissons longues qui font que la chair devient plastique. Oublions aussi ce que nous connaissons du homard. Vous le voulez comment votre homard ? A point, saignant, cru ? Evidemment la question n'a pas été posée. Pour respecter le produit, la chair ne peut être servie que translucide : c’est ainsi que ça se mange. Malgré tout, sans doute grâce au fumage, elle se détache comme une joue de boeuf qui aurait mijoté quatre heures... C’est féérique et pour moi, c'est le plat de la soirée ou de la décennie. 

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    "N'hésitez pas à vous servir de vos doigts." C'est bon, on a la permission du maître d'hôtel. T'as vu beaucoup de troizétoiles où ça grignote avec les doigts ? On suce la carapace pour faire ressortir le goût du crustacé, on fait un sort à l’endive. Je n’arriverai jamais à reproduire ce plat à la maison, donc je vais tout simplement piquer cette idée de l’endive braisée au lait de coco : ça au moins j’y arriverai peut-être. L’amertume fond dans le gras du lait, c’est magnifique. "J'ai fini mon plat, je vais pleurer."

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    Petit granité à la verveine, toujours elle… Enchanteur moment de répit. Car il reste un plat et le dessert. Et nous avons déjà l'impression d'avoir mangé comme 4 tellement notre palais est soumis à rude épreuve.

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    Arrive le p’tit rouquin de Jeff : le Clos du Mas Coutelou 1999, pour ceux qui ne suivent pas. C’est tout joli… Droit dans ses bottes, velouté et puissant mais incroyablement digeste. Questionné quelques jours plus tard, Jeff Coutelou explique qu’il ne fait plus depuis 2003 ce genre de vins un peu trop extraits pour lui. 50 % merlot, 35 cabernet, 15 syrah et 24 mois de bois neuf. D’habitude ce n’est pas mon truc non plus mais là, tout a fondu : il est incroyablement digeste (bis), poivré, poivronné. Une fois passés dans les mains des vignerons que j'aime, ces cépages qui ne me font pas vibrer peuvent produire de très bons vins. Aucun défaut, aucun souci dans le vieillissement : il lui reste la force, la lourdeur s'est évaporée.

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    Je scrute, je pose des questions au sommelier, je m’intéresse à l’étiquette, au contenu… Il me demande si je veux conserver la bouteille. La remonter à Paris, ça risque d’être difficile. Et bien, on va vous décoller l’étiquette. Un quart d’heure plus tard, il revient avec un joli petit livret avec l'étiquette plastifiée : un trophée qui désormais trône sur une étagère chez moi.

    Et sinon, qu’est-ce qu’il y a de joli sous la cloche ?

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    C’est "Le Tendre Pigeonneau en Bécasse, Cuit en Cocotte de Fonte Noire, Sous un Edredon d’Oignons de Pays, Ail en Chemise et Poires de Curé". Le petit truc vert, c'est de la sauge en tempura. Bon, là va falloir un peu expliquer…

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    Le pigeonneau est donc cuit avec tous les légumes. Avec la carcasse, on a fait cette jolie sauce. Et comble de l’intelligence, les oignons, l’ail et les poires ont été mixés, parsemés de parmesan puis passés au grill pour donner cette purée insoupçonnable. Du très grand art…

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    « Un peu de fromage 
    - Oh là, là… je n’en peux plus… Mais d’accord ! »

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    Faut dire que ça aurait été con de passer à côté d’un coulommiers truffé (du "Nutella de fromage" dit-on à ma droite, lorsqu'on ne peut pas réprouver ses pulsions de grande distribution) et des spécialités locales. Mais en fait, je me retrouve tout de même comme un con, car je n'ai pas les noms desdites spécialités... Un docteur ès fromages landais pourrait-il m'aider ?

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    Chez tout grand amateur de fromages, une assiette se déguste dans le sens des aiguilles d’une montre, du plus doux au plus fort. C’est-à-dire qu’on commence à midi (par le fromage à droite du roquefort). Et je tiens à dire que le vin de Jeff s’accorde à merveille là-dessus : c'est son côté papa rassurant, gouleyant, digeste (ter), prompt à aider la bouche à se rincer tout en calmant l'ardeur des fromages.

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    Il faut l’avouer, le ventre est lourd. On a déjà beaucoup trop mangé. Comme quoi les salsifis vapeur, ça cale son homme… Finissons tout de même par un vrai dessert léger, un soufflé. Pas n'importe lequel... "Le Soufflé Mousseux Acidulé au Citron Confit et Gingembre. Pour l’Accompagner, la Petite Crêpe Faveur de Madame Aimé".

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    Je ne mens pas, c'est là encore d'une incroyable légereté. Un truc suspendu en l'air, ça a un nom : un nuage... Un nuage d'agrumes et d'épices... Sinon, la crêpe a ceci de particulier qu'elle n'est cuite que d'un seul côté avant d'être roulée. Ainsi, elle conserve tout son moelleux. Un dessert de roi.

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    Un tel repas à la française, à l'image du fameux classé à l'Unesco (même si je ne suis pas partisan d'enfermer la cuisine au musée) ne peut que se finir sur un digestif. Passons au salon. Tiens, ils se sont tous envolés... Ils ne font pas dans l'after ici.

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    Repus mais sur un nuage, nous n'avons plus toute notre tête. Et on ne peut pas dire qu'on ait beaucoup bu tous les trois. A Eugénie-les-Bains, à quelques kilomètres du Bas-Armagnac, il ne peut y avoir de digestif que d'armagnac. Parmi la chaleur de tous ces millésimes ce soir-là, on ne conçoit que du 1981, notre année. Domaine de Jouanda (Poyferré) : c'est une grosse maison, ce qui ne l'empêche pas d'être bon.

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    On n'a pas envie de clore le repas. Tout devient un peu brouillard autour de nous. On ne parle plus du tout, on dormirait bien sur un canapé, là, les pieds dans le fauteuil d'en face. Je vais demander l'asile gastronomique à Eugénie.  

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    Hé papy, t'as pas pris ta tisane ? Ouais, mais là, franchement je ne peux plus. Bon d'accord, on va faire un effort pour la verveine. Changement de décor à nouveau, translation de quelques mètres sur la droite pour le jardin. On n'arrive toujours pas à partir.

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    Décidément, je vais aller en piquer dans le jardin de cette verveine, c'est pas possible... Juste finir sur de l'eau chaude et une plante. On aurait des tas de choses à dire, sur plein de sujets, comme dans un de ces moments où tu te sens invincible. On pense surtout aux absents. Dieu qu'on aimerait faire partager tout cela avec ceux qui ne sont pas là...

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    C'est sûr que le retour à la réalité va être dur, là au bout du jardin. On oublie les problèmes quotidiens (factures à payer, bêtise environnante, photos de cette soirée qui seront floues, immense travail nécessaire à la rédaction de ce post...). On ne pense même pas aux euros qu'on a déboursés pour une telle soirée. On est serein. Plus que cela, on est tombé sur une de ces "petites étoiles" qui évitent de nous faire "désespérer" de notre présent, selon les mots de Pierre Jancou.  Le bonheur est dans les Prés d'Eugénie.

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    Ah encore quelque chose à dire ? Oui, un dernier commentaire de celui qui avait peur de manger des salsifis à la vapeur : "Ici, tu oublies tout. Tu sais aussi que tu ne revivras plus cet instant, même si tu y reviens. Et tu y penseras jusqu'à ta mort." Sur ce, bonne nuit.

    Les Prés d'Eugénie, Michel Guérard, 40 320 Eugénie-les-Bains, 05 58 05 05 05 / 06 07. 

  • Nérac : L'Art de Vivre porte bien son nom

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    Dans cette jolie sous-préfecture du Lot-et-Garonne, un restaurant détrône tous les autres. Adossé au château, c'est L'Art de Vivre.

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    Un joli menu à 29 euros, avec entrée-plat-dessert très bien troussés. Première quille locale, un vin du Gers : la Côte d'Heux 2010 du domaine Chiroulet. C'est sympathique, mais malheureusement ça ne va pas beaucoup plus loin. Avec surtout un fond de bois qui m'embête, faut dire.

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    A ma gauche, des coquilles saint-jacques superbement cuites à la plancha. Y a pas à dire, on est dans une belle adresse. Par contre, le morceau de melon là, dans la brochette, je suis assez sceptique. Mais ceux qui mangent le plat ne tiquent pas.

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    Pour ma part, un foie gras maison de belle facture. Mais surtout, la brioche... Non, ça il faut arrêter. Quoi de meilleur qu'un pain de campagne ? En fait, cette assiette m'apparait un peu précieuse.

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    Il fallait rentrer tôt et ne pas faire de folie. D'où cette demi-bouteille du Pech Abusé 2004 du domaine du Pech (1/3 merlot, puis pareil pour cabernet-franc et cabernet-sauvignon). c'est vraiment très beau, évolué mais tout puissant encore.

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    Sans doute le plat de la soirée dans l'assiette de Thomas. Encore une fois, la cuisson est vraiment parfaite. On a enlevé le gras du magret pour y mettre les pruneaux, on a tout ficelé et il suffit de découper le cylindre. Une très bonne idée à piquer...

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    Mon pigeonneau badigeonné à la vanille est très plaisant. Certains pourraient en avoir peur : normal, dans notre idée, vanille = sucre. Evidemment, ce n'est pas le cas. Et encore une fois, je n'ai pas peur de me répéter : la cuisson est parfaite. Et c'est tout à fait percutant.

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    Mon joli dessert : un soufflé aux pruneaux et à l'armagnac. Ce plat, c'est avant tout une amertume bienvenue à la fin du repas, comme rafraichissante. Le digestif version dessert. J'aime beaucoup.

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    Finissons tout de même sur une note alcoolisée locale : un armagnac hors d'âge de chez Dartigalongue. Whaouh le nez... On est totalement sur l'alcool, on en éternue presque. Bref, on a peur. En bouche, c'est tout le contraire : un coté molletonné, facile et même excitant. Autour de la table, nous avons rarement bu un alcool de cette classe, une fois le nez passé. On est totalement subjugué. Tant et si bien qu'on décide d'aller faire un petit tour dans les chais de Dartigalongue, à Nogaro (Gers) dans les jours suivants. A suivre donc.

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    L'Art de Vivre, 7 rue du Château, 47 600 Nérac, 05 53 65 69 43.

  • Cahors : comment réussir un pique-nique ?

    J'avais déjà donné l'idée d'un superbe pique-nique à Beaune et à Dijon. Cap un peu plus au sud. Si vous passez du côté de Cahors, il suffit de faire un saut chez un charcutier-traiteur totalement perdu dans les faubourgs du chef-lieu du Lot. On n'a pas cherché, on est tombé dessus par hasard.

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    Comme quoi le hasard fait bien les choses. Il s'agit de la maison Pegourie. On fait alors des emplettes. Rien que la saucisse sèche est à se damner...

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    Quelques rocamadours fermiers (au lait cru) de la Ferme du Mas de Raounel à Vaylats (dans le Lot toujours), disponibles dans la boutique Pegourie. Alors, ça vraiment, c'est très, très bon !

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    On a aussi dégotée la bière artisanale du coin, la Ratz. Nous avons opté pour l'ambrée qui était au frais et qui accompagne merveilleusement bien le pique-nique et les produits du coin. Sa jolie amerture la rend bien rafraichissante.

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    Enfin, avec tout son cabas bien rempli, il suffit de se diriger vers le pont Valentré. Mais attention, pas du côté "gare" par lequel l'empruntent les touristes. Il faut remonter vers le nord, prendre à gauche par le Pont des Remparts, redescendre vers le sud et garer sa voiture au pied du pont. De ce coté, il y a une petite berge aménagée devant une écluse, juste au pied du pont.

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    Maison Jean Pegourie, 1309 route de Villefranche, Cahors, 05 65 22 11 94.

  • Un petit tour dans le Gers-Landes-Lot et Garonne...

    A suivre, une petite parenthèse enchantée dans le joli sud-ouest où on mange aussi bien que l'on boit. Avec de jolies quilles, les secrets de l'armagnac percés et une restaurant mythique. Mais la rédaction de tout cela prend un peu de temps...

  • Deux vins de l'Aveyron dégustés sur zone

    Retrouvant quelques proches du côté de Livinhac-le-Haut, dans l'Aveyron, j'ai débouché deux quilles naturelles du coin.

    A ma gauche, Selves de Nicolas Carmarans, déjà bue ici. Envoûtante, légère comme une feuille, alanguie sur l'herbe. Un chenin de l'Aveyron... Si, si, ça existe. Qu'en adviendra-t-il dans quelques mois ou années quand la minime sucrosité aura fondue ? Un délice hors norme, pour sûr.

    A madroite, L'Amusette 2009 de Patrick Rols. La claque du soir, selon l'avis de tout le monde. C'est du chardonnay cette fois, avec un belle oxydation qui fait inévitablement penser aux vins du Jura. Malgré ce qui pourrait être considérer comme un défaut par les (n)oenologues (ils pourraient parler de lourdeur en bouche pour du chardonnay), ici les dégustateurs, pas habitués pour un sou au vin dit naturel, trouvent bien dommage que la petite soeur ne soit pas du voyage. Car c'est absolument superbe.

    Ces deux vins ne ressemblent à rien de connu, c'est aussi pour cela que les dix personnes qui ont partagé de petits verres ont adoré.

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  • L'armée des douze sages, par Pierre Jancou

    S'il y avait un tiercé du pinard, Pierre Jancou miserait sur 12 chevaux, pas moins. Et dans le désordre : du Roussillon à la Loire en passant par le Beaujolais, le Gard ou Saint-Péray, son nouveau livre "Vin Vivant" est une promenade viticole et surtout amicale dans la France du vin de raisin. Amicale, car pour parler des choses avec autant d'amour, il faut connaitre et apprécier chaque vigneron-artisan. Et c'est aussi amical envers le lecteur ; car voici un livre qui nous veut du bien. 

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    Ceux qui savent qui est Pierre Jancou savent bien de quoi je parle. Les autres aussi ont de la chance car il leur reste pas mal de choses à découvrir... Le patron du restaurant Vivant, à Paris, fait la cuisine que j'aime, celle qui ne se la raconte pas et dont le seul objectif est de sublimer un produit déjà bien né. Alors quand il écrit un livre où il dresse le portrait de douze hommes du vin, il s'agit de vignerons d'élite (mais pas pour une élite). Ces artisans qui travaillent hors des sentiers battus, rebattus et abattus par la grande distribution élaborent ce vin qualifié de naturel lorsque l'homme refuse toute chimie à la vigne et au chai. Pour résumer, Pierre Jancou parle du vin que j'aime et dont je parle ici à longueur de pages.

    A qui s'adresse le livre ? Aux néophytes comme aux connaisseurs ? A ce niveau-là, ça ne veut plus dire grand-chose. Les défenseurs du "vin classique" (celui dans lequel on ajoute des levures en sachet, de la gomme arabique, de l'acide ascorbique, des bactéries lactiques...) qui veulent rester enfermés ne l'ouvriront pas. Par contre, tous les autres curieux, experts en pinard ou glouglouteurs récemment convertis, pourront y trouver quelque chose. Au départ, je me suis demandé si ce livre était vraiment fait pour le grand public, celui qui ne réfléchit pas au vin qu'il boit, s'il en boit. Première réponse, non, ça ne va pas les intéresser de savoir reconnaître un vin bio d'un vin naturel (et d'ailleurs, ce n'est pas toujours facile) et surtout, aucune des bouteilles présentées ici ne se trouve facilement, dans ta supérette-d'en-bas-de-chez-toi. Mais je suis revenu sur ma première idée : Pierre Jancou ne nous bassine pas avec les arômes de cuir de Russie après la pluie d'automne dans un sous-bois de pierre à fusil aux notes de ketchup d'aubépine. On n'est pas la pour déguster, encore moins pour mettre des notes : ici, le boss de Vivant raconte des histoires. Il dresse le portraits d'hommes attachants (ah oui, tiens, aucune femme dans les douze hormis Ghislaine, la compagne d'Alain Castex...), des gens qu'on a envie de rencontrer, avec qui on a envie de boire un coup ou de devenir potes. 

    Et la question-fil-conducteur de ce petit livre est la suivante : comment en arrive-t-on au vin naturel ? Souvent, c'est au hasard d'une rencontre déterminante (Max Léglise pour Alain Castex, Gérald Oustric pour Gilles Azzoni), ou autour d'un p'tit canon bu dans un bistro (pour Loïc Roure), ou à la suite d'une histoire familiale malheureuse (pour Olivier Cousin), ou encore en écoutant France-Inter (pour Christian Ducroux). Il suffit de lire le livre pour se plonger dans ses parcours d'hommes, parfois tortueux, parfois évidents.

    Pourquoi ne parler que de douze vignerons ? Déjà, il faut dire qu'on aurait du mal à en trouver 5 000. Certes les vignerons respectueux (du vin, donc d'eux-mêmes et du consommateur) ne se comptent pas sur les doigts de la main, mais tout de même, à l'échelle de l'industrie pinardière, ils ne sont pas très nombreux. Sébastien Lapaque parle d'un petit pourcent de la production totale, une théorie que l'on peut d'ailleurs appliquer à bien des choses. Ces vignerons-artisans sont des artistes : d'ailleurs ce dessin de Michel Tolmer où le vigneron marche sur les mains entre les bouteilles résume la situation. Limiter les intrants puis faire n'importe quoi est à la portée de beaucoup. Faire un vin délicieux et humble sur un terroir exigeant et sans, ou sans trop, de soufre ajouté est un travail d'artiste. A l'image d'un sculpteur ou d'un peintre qui mettrait une année entière à créer son oeuvre. Ce talent n'est pas donné à tout le monde. Jancou nous livre donc ici la vie de douze virtuoses, c'est déjà énorme. 

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    Parlons peu, mais parlons tout de même : y a qui dans ce bouquin ? J'en ai déjà cité quelques uns. Ce qui est rassurant pour ma pomme, c'est que j'en connais un bon paquet. Ouf, j'aurais pas eu l'air con, si je n'en avais connu aucun. Il aurait été beau le mec qui consacre son blog en grande partie au vin naturel... Tout d'abord, mon chouchou, Alain Castex (Le Casot des Mailloles) qui nous offre peut-être les jus les plus aboutis. Andrea Calek, bu à Noël ou chez Jancou justement. Gilles Azzoni.... C'est dire si je connais ses quilles, j'ai fêté mes 30 ans avec elles. Et bu pas mal d'autres ici ou . Suit Hirotaké Ooka, l'homme de Saint-Péray dont j'affectionne énormément ses Canons. Stéphanie aussi apprécie beaucoup. Ah Loïc Roure... Je me suis d'une première claque chez Quedubon au tout début, avec son blanc. Alexandre Bain, découvert avec la bande à L'Hédoniste : quelle couleur ! Jean-Yves Péron, l'homme qui me fait aimer la Savoie à laquelle je ne connais rien... Superbe en mondeuse comme en cidre sans soufre ajouté. Philippe Jambon : tiens je n'en ai pas encore parlé ici mais David s'en charge pour moi. Et pourtant, j'en ai bu des Tranches de Jambon. Il y a aussi ceux dont les noms me sont très familiers et dont je n'ai pas encore goûté le vin : ainsi, Pierre Beauger dont les cuvées m'intriguent depuis des années (Champignon Magique, Vitriol ou Saint-Nectar... et je sais que je vais adorer) ou Alain Allier (ça y est, je viens de me procurer Cacous et Pitchounet). Restent deux autres noms inconnus, et je m'en excuse : d'abord, Olivier Cousin dans la Loire. A ce propos, Philippe de la Pipette me donne très soif. Enfin, Christian Ducroux, et là honte à moi, car il se trouve dans le Beaujolais. Promis, promis, je vais me rattraper. Pour ceux à qui ces douze ne suffisent pas, à la fin du livre l'auteur cite une liste de 150 vignerons de confiance. 

    "Ces vignerons font du vin à l'image du travail des moines et des paysans qui ont construit la réputation du vin français et la notion même de terroir". On pourrait dire qu'ici, nous avons douze apôtres. Mais ne manque-t-il pas le Père, celui qui a ouvert la voie à ces vignerons talentueux ? Jancou n'en parle pas, pourtant il le connait très bien, ainsi que toute sa famille. Cet homme, le "meilleur d'entre nous" du vin naturel, c'est Claude Courtois. Faut dire qu'il lui avait déjà consacré ce petit livre, que je retrouve dans ma bibliothèque, Le Vin des Poètes tome 1. Pourquoi ne pas l'évoquer ? Par respect pour le maître qui goûte peu aux hommages ? Pour mettre en avant la nouvelle génération ? Parce qu'il mérite un livre à lui tout seul ? Et pas qu'un livre de poésie, même si la poésie est peut être ce qui nous manque le plus aujourd'hui.

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    "Dans l'univers mercantile, déshumanisé où nous vivons, il ne faut pas désespérer, de petites étoiles demeurent et scintillent ça et là : l'herbe repousse dans les vignes, des chevaux et des mulets disparus depuis les années 1970 font leur réapparition pour les labours... Exemple vivants qui témoignent que l'on peut faire autrement". Dans ce petit paragraphe écrit pour Alain Castex, Jancou veut témoigner qu'il existe autre chose. Il suffit de pousser la porte d'un des cavistes dont les bonnes adresses sont mentionnées en fin d'ouvrage avant de découvrir l'extraordinaire au sens propre : le vin et l'homme qui sortent de l'ordinaire. Plutôt que de se concentrer continuellement sur ce qui ne va pas, essayons de ne regarder que le beau et de ne boire que le bon. Sinon, comme dirait Coluche, ce serait "utiliser son intelligence à ses dépens".

  • Le Siffleur de Ballons, ou comment bien faire passer le mois d'août

    Puisqu'il faut que je me trouve une nouvelle "seconde maison", je profite de l'été pour visiter d'autres résidences viniques potentielles. Avec Jacques et Antonin, Eva m'a amené au Siffleur de Ballons, du côté de Faidherbe-Chaligny. Joli lieu ouvert sur l'extérieur, de (très) belles bouteilles, de superbes assiettes (lard de Colonata, hareng, burrata...) des prix pas trop élevés, un accueil sympathique qui s'y connait en quilles. Bref, y a tout pour s'amuser.

    Ce soir, ça commence par l'Apostrophe 2010 de Jean-Christophe Comor. Il faiit chaud et la bouteille était un peu froide : on s'est précipité, on n'a pas ressenti toute sa complexité. Malgré ces conditions, la tablée est conquise. 

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    La claque de la soirée, le champagne Fidèle de Bertrand Gautherot (Vouette et Sorbée). Goûté déjà, il y  a un an et demi chez Augé, il m'a fait le même effet : un superbe pinot noir, à la bulle fine et langoureuse, une bulle qui t'attrape et ne te lâche plus. Sans oublier la vivacité qui fait le lit à la suite des hositilités. Une superbe bouteille.

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    Autre vin délicieux, le saumur blanc 2008 du domaine du Collier, celui d'Antoine Foucault, le fiston et neveu des proprios du Clos Rougeard. Une folle complexité, un tout petit poil d'oxydation absolument pas dérangeant : une bouteille qu'on a bue à la fin de la soirée, qu'on a dégustée dans la lenteur comme on l'aurait fait d'un vieil armagnac.

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    J'ai complètement oublié de photographier les plats et le Bourgogne Grand Ordinaire 2010 de Prieuré-Roch. Ce qui était un vin superbe il y a quelques mois (millésime 2007 acheté chez Pierre Jancou, faut dire) n'était que l'ombre de lui-même, caricature du vin naturel avec son nez et sa bouche de basse-cour. Ce n'est pas cela qui me fera changer d'avis : Prieuré-Roch est l'un des plus grands domaines de France et cette quille, il faudrait l'attendre. 

    Prix ? Deux bonnes assiettes et une bouteille par tête en ne se limitant pas aux quilles les moins chères, pour une petite cinquantaine d'euros.

    Le Siffleur de Ballons, 34 rue de Citeaux 75012 Paris 01 58 51 14 04.

  • Le dernier repas à la Cave de l'Insolite

    "Alors ce dernier repas chez Michel ? Vous avez bu de jolis vins ?" Combien de fois ai-je entendu ces questions depuis quelques jours... Considérant que cela ne se raconte pas mais que cela se vit, je ne voyais pas trop l'intérêt d'en remettre une couche sur la fermeture de la Cave de l'Insolite. Mais beaucoup insistent pour connaitre les quilles qui ont été sifflées ce soir-là. Déjà, la majorité d'entre elles provienait de ce que les clients ont ramené : Michel n'avait heureusement plus trop de stock. L'ambiance était différente de l'avant-dernier repas qui a vu défiler les quilles comme dans un bowling : un dernier repas, c'est forcément plus triste.

    Alors pour ceux que ça intéresse, voici les bouteilles bues le 29 juillet dernier, rue de la Folie-Méricourt, qui vient par ailleurs de perdre une part de sa folie. Promis, après cet article, j'arrête d'embêter tout le monde avec ce lieu. Par contre, on ne va pas s'apesantir sur les notes de dégustation, ça m'ennuie ce soir. En résumé, c'était une soirée particulière où on a particulièrement bien bu, surtout grâce à Jérémy qui avait apporté une partie de sa cave perso. Commençons par Les Chamois du Paradis 2004 de Jean-François (Fanfan) Ganevat. Une claque.

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    Nedjma 2008 de Gilles Azzoni. Assagi et bien coulant. J'ai fêté mes 30 avec ses 2010, c'est une bouteille qui me tient à coeur.

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    Les Hauts de Gramenon 1999 : il met du temps à s'ouvrir, mais au fur et à mesure de la soirée et au fur et à mesure que l'on y revient, il se démarque comme l'une des quilles du jour.

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    Le clou de la soirée : le morgon 2001 de Marcel Lapierre, en magnum s'il vous plait. Encore un cadeau de Jérémy. Quel doux bruit...


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    Grande classe, Jérémy a même le tire-bouchon adéquat.

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    Bilan du Lapierre 2001 : un peu sur sa réserve, dommage. Il devait être un peu triste, lui aussi, ce soir-là. A côté, le beaujolais 2010 de Métras, bu juste avant, semble être un gamin, un p'tit mec, un peu chien fou.

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    On a grignoté un peu : toujours cette superbe ravigote avec les foies de volailles ou un dernier coup de mozza. Tout en oubliant de photographier mon vin de voile 1999 du domaine Plageoles. Zut, car c'était une bien belle bouteille, mais elle aussi était un peu en retrait ce soir.

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    Il a bien fallu digérer la fermeture de l'Insolite. Quel autre digestif que l'absinthe de la Muse Verte ? La bouteille s'endormait sur l'étagère, elle a connu une belle fin. Nous aussi : c'est étourdissant de bonheur (dans notre malheur). Comment ça, on n'a pas de glaçons ? Attends, y a le bac à glace... Mode d'emploi.

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    Evidemment, je ne peux pas m'empêcher de finir sur une note triste. Evidemment aussi, la chanson de Brel est infiniment plus triste que notre réalité. Il n'y a pas mort d'homme, ce qui n'empêche pas de se sentir un peu orphelin.

  • Champagne et rosé

    Un soir d'août, deux bouteilles insolites. Le champagne Drappier 1995, dégorgé en 2010. Terriblement beurré, incroyablement fin, encore tout plein de vie. Bien meilleur que lors du premier débouchage l'an dernier.

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    Pomponette, le rosé d'Anthony Tortul (La Sorga). Vin un peu léger ce jour-là : manque de fruit et de complexité en général. On le goûtera à nouveau parce que c'est un domaine que j'affectionne particulièrement.

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  • Deux quilles insolites pour là, tout de suite, maintenant...

    Cet été, démarquons-nous. Non pas par snobisme, mais pour sortir des sentiers (re)battus, pour tenter des trucs. Faisons donc dans les bouteilles (relativement) introuvables. La première est corse et d'une classe folle. Je l'ai ouverte sur des moules de bouchot du Mont-Saint-Michel avec quelques légumes d'été. La bouche est à la fois forte et acide : on aurait pu la siffler sur des fromages aussi. C'est une très, très belle bouteille 100 % vermentinu. C'était 22 euros à la Cave de l'Insolite. Où en trouver désormais ? Domaine U Stiliccionu de Sébastien Poly-Casabianca, un bel artisan vigneron.

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    Le second est un rosé incroyable. Aucun poil de soufre, ça pétille sous la langue, ça part dans tous les sens. Le mec ou la nana qui gueule contre le vin naturel va lui trouver des milliers de défauts. Le mec ou la nana qui adore le vin naturel va en faire son étendard. La personne qui ne fait pas la différence va sans doute aimer : une couleur sauvage (renforcé par le rouge de mon canapé sur la photo), un fruit étincelant, un vin qui rapproche les gens. Et là encore, une classe folle. Il faut le laisser vivre, le carafer si on ne veut pas du côté frizzante et surtout, surtout ne pas le servir trop froid, ni trop frais d'ailleurs. Il faut le laisser s'exprimer. Pourquoi le faire en 75 cl ? le jéroboam lui sied mieux ! A peine une dizaine d'euros à la Cave des Papilles. Le domaine s'appelle La Grande Colline, à Saint-Péray et le vigneron hors-norme est japonais, Hirotaké Ooka. J'en parlais avec Olivier hier : un jour, il faudra faire quelque chose sur ces Japonais qui s'attaquent aux monuments français (vin, pâtisserie, cuisine traditionnelle...) avec une incroyable humilité doublée d'une incroyable réussite.

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    Lien permanent Imprimer Catégories : Entre copains 0 commentaire
  • Cancale, 1ère étape du Roellinger Tour : dormir face à la baie

    Quelques explications sur le Roellinger Tour, c'est par ici.
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    A quoi reconnait-on qu'on est chez Olivier Roellinger ? Même les places de parking portent le nom d'épices...

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    Le cottage Les Rimains est suspendu au-dessus du sentier des Douaniers (GR 34) dans un coin plutôt sauvage. Le bâtiment renferme 4 chambres mais il y a aussi possibilité de louer des gîtes autour mais ça semble un peu moins classe.

     

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    L'endroit s'avère très calme, juste le cri de quelques mouettes et le bruit de quelques bateaux. Pas de réception à proprement parler, plutôt un comptoir et une armoire qui renferme quelques épices et tisanes maison.
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    La chambre "muscade" au rez-de-chaussée.

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    Lieu parfait pour se planquer.

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    Avec vue sur toute la baie du Mont-Saint-Michel.

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    Deux petites fraises bretonnes et un sachet d'épices.

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    Mais surtout, surtout : une petite fiole de sherry (xérès). Vous en connaissez beaucoup des hôtels qui vous accueillent comme ça ? Bu le soir même. C'est un poil oxydé, très long en bouche, vraiment sur des fruits blets.

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    Cottage Les Rimains, 62 rue des Rimains, 35260 Cancale.
  • Beaucoup plus que des recettes

    Après la lecture d'un petit article sur Facebook de Pierre Jancou (Vivant) qui disait qu'Alain Chapel "devait se retourner dans sa tombe de voir que son combat contre la 'nouvelle cuisine' des années 70 revient au galop", m'est revenu en tête cette phrase du grand cuisinier extraite de son livre La cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes : "Des produits d’abord et avant tout, et des émotions sans doute qui s’enracinent dans des paysages, des visages, un quotidien familier, un bonheur plus ample que la table". Elle me semble tout à fait coller aux problèmes actuels de la restauration et de la viticulture.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Le son du Marcel un soir de juillet

    Certains dégustateurs cherchent le cuir de Russie dans un sous-bois après la pluie sans oublier de s'exciter sur des arômes de ketchup. Ou quelque connerie du même genre. D'autres nous apportent un magnum de morgon 2001 de Marcel Lapierre : merci Jérémy, pour la bouteille et pour t'être prêté à cet exercice à haut risque.

    Pour être franc, Jérémy m'a dit que ce n'était pas le meilleur magnum de Marcel qu'il ait débouché. Pour être franc, il a sans doute raison. Pour être franc, tout de même quelle tranche d'histoire, quels privilégiés nous fûmes ce soir-là à la Cave de l'Insolite ! Pour être franc, nous l'avons bu trop frais. Pour être franc, une fois consumé, c'était assez terrible.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Beaujolais joli 1 commentaire
  • Son auberge était ouverte aux gens sans feu ni lieu

    Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, je rappelle que depuis hier soir, Michel Moulherat et Giuseppe ont définitivement baissé le rideau de la Cave de l'Insolite, à Paris. La rue de la Folie-Méricourt n'aura plus le même parfum.

    Et ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les autres. La preuve...

    * Antonin : « Michel transpire la générosité ; la Cave de l'Insolite avait d'ailleurs ceci d'insolite qu'on s'y sentait comme chez un très bon ami, aussitôt à l'aise. Reste que je n'ai toujours pas compris son histoire de légionnaire ! A bientôt, Michel. » 

    * Bruno« Ma cave référence et pourtant je suis caviste en banlieue, Michel est un exemple, si un vigneron me visite et me dis être chez Michel je ne goute même pas. Tristesse :-( » 

    * Camilo« Au Japon il existe un concept de patrimoine culturel vivant. Si cela avait été le cas chez nous, jamais les tauliers de "l'Insolite" n'auraient pu fermer. C'est, outre la bonne humeur provoquée par la maison, de la culture que l'on perd à travers cette fermeture. »

    * David« Rendez-vous avait été pris pour partager les bouteilles à la Cave de l’Insolite avec la jeune garde des blogs viniques. Ca a dégusté avec une ferveur que seuls les pochtrons ou les passionnés peuvent avoir. Avec une abnégation hors du commun, n'hésitant pas à regoûter, le tout sans filet (les crachoirs, c'est pour les chochottes). Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique. Nous avons bu du très bon, du Bois-Moisset, du Labet, du Boyat, du Blanchard, du Guillot-Broux... Mais aussi du Morgon de Guignier (celui de Villié Morgon), et bien d'autres, dans un enchaînement de malade, le tout avec le gentil brouhaha des amateurs qui trinquent et qui deviennent au fil des heures de moins en moins amateur mais de plus en plus trinqueur. Une adresse de cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne. »  

    * Denis« Je n'ai eu qu'une brève discussion avec lui sur le marché auprès d'un stand de vin. C'est une personne très généreuse et très passionnée qui donne envie tout de suite de se frotter au vin. C'est triste que nous ne puissions pas garder ce genre d'endroit pointu et pas si insolite que ça. Vers quoi allons-nous ? Vers quelle consommation du vin ? Est-ce vraiment ça que nous voulons ? »

    * Eva« Chez Michel, c’est un peu comme chez un bon copain, on s’y sent tout de suite chez soi, on ouvre quille sur quille sans trop réfléchir, on rigole, on parle fort, on rigole encore, on mange une chartreuse monstrueuse, on amène ses propres quilles, on les fait goûter à Michel, on rigole encore, on se ressert… Et on n’arrive jamais à partir. Alors bonne continuation Michel, en espérant que Guillaume trouve vite une autre deuxième maison. »

    * Franckie : « Moi je suis juste resté scotché sur les bouteilles de légionnaire à chaque fois que je suis venu ! Moi je trouvais ça important, je les ai jamais vu ailleurs, et je me suis dit que ça reflétait bien Michel ces bouteilles. »

    * Frédéric : « Merci à Michel pour son sens de l’accueil, sa gouaille et sa grande sympathie. Dommage que le lieu ferme, on se vraiment comme chez soi là-bas. Bon courage au bonhomme pour la suite. »

    * Hélène : « Un lieu magique qui nous a fait voyager jusque dans les racines des vignes provinciales. Un endroit où le temps s arrete et où Paris reverdit ! Merci Mitch. »

    * Henri : « Un endroit hors du temps, comme à la maison. Une cuisine avec des produits simples mais travaillé avec une grande complexité. Un personnage. »

    Hubert : « J'en retiendrai le côté intelligemment improvisé et sympa tant par l'accueil que le cadre ; l'ambiance "grande table paysanne au coeur de Paris nous a séduits. » 

    * Jeff « Moi qui ai été le premier vigneron a faire une livraison chez Michel avant l'ouverture, ça me faitvraiment un vide.... mais Michel va rebondir, il y a toujours de la place pour les personnes généreuses comme lui.... quant à Giuseppe, il m'a promis de venir presser quelques olives avec moi cet automne.... encore du bonheur à partager... »

    * Jérémy : « Michel et la fermeture de l'Insolite c'est comme le meilleur jouet du monde qu'on offre à un enfant et qu'on lui retire du jour au lendemain. Michel, c'est le génie et la folie réunis. Et cette cave est d'une convivialité avec son ilot central lieu d'échange et de partage. Bref, on aura du mal à trouver aussi bien. Et espérons que ne pullulent pas les tables à manger dans cette merveilleuse cave prochainement. Vivement aussi que nous connaissions la nouvelle adresse ou le nouveau repère de Michel ! »

    Ju : « Généreux, humainement et culinairement. »

    Juju : « Son accueil, pas de sectarisme, l'huile d'olive de Giuseppe, sa grosse voix, sa phrase : "tiens, goûte ça, c'est super !'' »

    Maréva : « Tellement sympathique une fois la glace brisée - venu faire la fête avec nous. Et si c’était ça, savoir recevoir : que les gens se sentent chez eux ? »

    * Mathilde et Olivier : « Ce samedi-là, nous avons rejoint Guillaume à la Cave de l'Insolite. Le ciel de ce mois de juin était bas et lourd et nous y avons trouvé un havre de paix. Michel, celui dont on nous avait dit le plus grand bien n'était pas là et c'est Giuseppe qui nous a accueilli à bras ouverts : il a cet accent méditerranéen capable réchauffer tous les cœurs. Et c'est avec une parfaite générosité qu'il nous a fait partager sa connaissance de produits rares parce qu'exigeants, ceux qui forment le goût et qui élèvent l'âme. Je ne me souviens pas de ce que nous bu ce jour-là, mais une chose est sûre, après 15 heures nous n'avions aucune envie de repartir. »

    * Omar-Régis : « La chute du dernier dinosaure, ce grand et exceptionnel Monsieur qu'est Michel. J’apprends avec tristesse la fermeture de chez Michel, même si c’était inévitable. La résistance prend un grand coup sur la tête. Le moral doit rester au beau fixe car ce n’est pas la fin mais reculer pour mieux sauter. A un de ces quatre chez le nouveau Michel pour déguster les meilleurs vins de France et parler de la bataille de Diên Biên Phu en chantant "c’est pour la France, pour notre vieille Légion, nous défendrons la France même si nous tombons.’’ »

    * Samia : « Cette soirée à l'Insolite a été une découverte pour moi, j'ai passé un très bon moment et bien que je n'aie pas eu l'occasion d'avoir une grande conversation avec Michel, le peu que nous avons échangé m'a permis d'apprécier sa générosité et sa convivialité. Le naturel qui le caractérise m'a mise très à l'aise... moi si réservée ! J'espère avoir très vite des nouvelles sur les suites de son aventure et le retrouver pour le meilleur. » 

    * Slybud« Wahou la claque, j'aurais du y aller plus souvent ! Découvert par hasard en poussant la poussette de mon fils au hasard d'une garde partagé temporaire à deux numéros, j'ai vite franchi le pas de la porte. Les rares fois où ce fut l'occasion, je suis reparti de là avec des vins et des cépages dont je ne soupçonnais même pas l'existence avant, formaté que j'étais à lire la RVF et Michel et Thierry. Bref, c'est vraiment dommage que des lieux comme ça n'arrivent pas à exister. M... à Michel pour la suite ! »

    Stéphanie : « Des hommes au coeur gros comme ça, il n'y en a plus beaucoup, et que je lui dois pour l'instant parmi mes meilleurs souvenirs viniques et amicaux de cette moitié d'année 2011. Michel, c'est ça pour moi : un fabricant d'émotions. »

    * Thomas : « Le soir des 30 ans de Guillaume, à propos de la saucisse à tartiner allemande (schmirrwurst), j'ai dit : ''quand c'est gras et salé, c'est forcément bon''. Main sur le coeur, dans son t-shirt troué, Michel a répondu : '''c'est tellement vrai !'' avant de me faire un gros bécot. »

    * ...

    Poux ceux qui veulent témoigner, n'hésitez pas ! Envoyez-moi un mot, une phrase, un roman et cela viendra rejoindre les autres. Une dernière fois et à ceux qui n'y sont jamais allés, je voudrais leur faire comprendre ce qu'était la Cave de l'Insolite. Pour cela, j'ai convoqué un moustachu qui joue de la guitare et qui semble avoir connu quelque chose de similaire.

  • Le vin naturel espagnol existe, je l'ai rencontré

    Apporté de Banyuls via El Xadic del Mar, je l'ai ouvert avec des amateurs de rouges puissants. Je ne sais trop que dire... C'est assurément intéressant mais nous l'avons sans doute bu trop chaud. Et surtout, ce n'est pas vraiment mon goût cette extraction. Cependant, ça n'a rien à voir avec des vins espagnols classiques, qui sont eux SUR-extraits, maquillés comme une voiture volée... J'ai deux autres bouteilles de vins naturels espagnols de deux autres vignerons, nous verrons bien.

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    La Llopetera 2007, un Conca de Barbera en Catalogne. C'est du pinot noir parait-il, mais j'avoue avoir du mal à le retrouver.

  • Cet été, c'est mon caviste qui m'abandonne...

    Ces Vendredis du Vin tombent relativement mal pour moi : je n'ai pas le coeur à rire aujourd'hui, ni à partager les superbes découvertes d'un caviste extraordinaire. Car les superbes découvertes, pfffuit, et le caviste extraordinaire, pfffuit aussi : ils s'envolent. J'en ai déjà pas mal parlé : mon caviste, ma cantine, mon repaire, ma deuxième maison ferme. Et pas que pour l'été. Michel Moulherat ferme définitivement sa Cave de l'Insolite. De caviste, il avait fait évoluer un peu la chose en faisant des trucs incroyables à grignoter pour accompagner ses vins. Il y a eu mes 30 ans, un repas orgasmique avec les copains blogueurs, tant d'apéros, tant de quilles, tant de repas en petits comité...

    Je suis un peu orphelin. Alors, ces jours-ci j'en profite. Dîner hier avec Stéphanie et Eva. Et en compagnie de Mathias Marquet, vigneron du Château Lestignac. Superbe pâté de tête, chartreuse énorme (saucisse de Montbéliard, chair à saucisse, le tout recouvert de chou), bouteilles terribles : j'entrerai dans le détail de tout cela un peu plus tard, je n'en ai aujourd'hui ni le temps, ni l'envie. Ni l'envie tant ma gorge est serrée. Ni le temps, car ce soir nouveau repas de prévu chez Michel avec Jérémy qui nous a mis de côté un magnum de morgon de Lapierre 2001. C'est pour faire passer la pilule.

    Pour faire saliver les absents et ceux qui ne connaitront jamais l'endroit, voyez juste en-dessous quelques photos d'hier soir.

  • A la Cave de l'Insolite : l'avant-dernière soirée

    Ce jeudi chez Michel à la Cave de l'Insolite avant changement de gérant. Comme il n'a plus beaucoup de bouteilles, on en a nous-mêmes apportées quelques-unes. Stéphanie nous a sortir le nouveau Drappier Brut Nature rosé. Ce qui permet de convertir à ce champagne à la mode les plus récalcitrants dont je suis.

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    Invité de marque, Mathias Marquet le vigneron du Château Lestignac (Bergerac) qui nous a ouvert son blanc, les abeilles des collinettes. Pur sauvignon corsé, il n'a pas fait long feu.

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    Fromage de tête.

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    Laurent Herlin, cuvée Tsoin-tsoin, le bourgueil en macération carbonique. C'est un peu âpre bizarrement ce soir, mais ça file droit avec la charcuterie. Je ne connais pas le reste, je ne demande qu'à connaître.

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    Mention spéciale pour la ravigote du chef. Avec ses petits grains de coriandre fraiche... Ce sont ces genres de trucs, de petits détails qui font que Michel et l'Insolite surpassaient tous les autres endroits.

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    Je l'ai dit à la tablée, je ne suis pas objectif avec ce domaine. Soula IX du Casot des Mailloles. Surprenant, car après un coup de carafe ça goûte déjà super bien. Hormis un nez d'ammoniac qui s'évapore, la bouche est terriblement envoûtante.

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    Monstrueuse chartreuse, je reprends le qualificatif d'Eva. De la chair à saucisse, de la Montbéliard, le tout recouverte d'un superbe chou vinaigré.

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    Deux quilles maison de Jean-Philippe Padié dans le Roussillon. A choisir entre les deux, le blanc : à l'aveugle, on l'aurait pris pour un très grand vin. Les gens autour de la table étaient médusés par sa complexité. "Alors ça, c'est vraiment très bon..." Quelle belle phrase.

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    Quelqu'un a ouvert ça... Calvados Réserve de Julien Frémont. Je ne l'ai jamais bu et pourtant on m'en dit beaucoup de bien. Grand mal me fait de ne pas en avoir ouvert plus tôt, car c'est tout bonnement extraordinaire. Après une soirée comme ça, les papilles ne sont plus vraiment là mais il m'a cru n'y déceler aucun sucre, une folle longueur et un goût de reviens-y qui n'est que trop rarement l'apanage du calva.

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    C'était chez Michel, à la Cave de l'Insolite.

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