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12 juillet 2011

Quand Antonin casse certains de nos rêves...

Notre cher Guide nous a convié chez lui un soir de juillet. Dans le XIIe arrondissement de Paris dorment de belles quilles chouchoutées par Antonin. A la fin de la lecture de l'article, certains penseront peut-être à aller y faire un fric-frac : je donne l'adresse, le code et l'étage au plus offrant...

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Thème de la soirée, le rouge. Avec plein de rouges. Sept bouteilles patientent sagement devant les yeux impatients d'Emilie, Eva, Samia, Stéphanie, Frédéric, Laurent et moi.

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Première bouteille. Nez et bouche très légers : une macération carbonique ? Un beaujolais ? Non, plus lourd, plus d'alcool. Pas un pinot non plus. Léger, poivré et plus généralement épicé, j'ai même noté "cacao". Puisqu'Antonin nous demande de mettre des notes, allons-y : 15/20 soit un vin particulièrement bon et savoureux selon la typologie Vindicateur. C'est quoi, c'est quoi ? Premier cri d'orfraie de la soirée : j'ai été incapable de reconnaître un domaine que je connais pourtant très bien, Les Foulards Rouges de Jean-François Nicq. Cuvée Glaneuses, 70 % grenache, 30 % syrah. Voilà que ça commence bien cette dégustation... Prix caviste : 13 euros.

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Deuxième bouteille. Là, j'en suis sûr, le nez est caractéristique d'un vin naturel. En bouche, quelques tannins adoucis et une première impression : "c'est super bon !" On n'est pas plus avancé... Je crois deviner un Languedoc. En tout cas, il vaut bien ses 16,5. Entre le très bon vin et le vin délicieux. Alors ? C'est un corbières naturel, l'Alternapif 2008 du domaine Les Sabots d'Hélène (Alban Michel). Antonin adore et il a raison. Prix caviste : une dizaine d'euros.

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Ouh là, là, tout ce vin naturel ce soir... Troisième bouteille. Oui, j'ai entraperçu l'étiquette au moment du service. Mais pour moi, ça se devine très fortement au nez et à la bouche : c'est un pinot noir bourguignon. C'est trop léger, ça s'arrête net mais j'adore ça. Alors zou, 16. Regoûté une heure après, il a perdu de son intérêt, une partie de son fruit s'est évaporé. Allez, 15. Vin particulièrement bon. Là, je me dis aïe, car j'ai vu l'étiquette et c'est Henri Gouges aux commandes. Tu me diras, 15/20 pour un bourgogne générique c'est pas si mal. Quoi ? Comment ça c'est pas un générique ? C'est un nuits-saint-georges ? Ah ben merde alors... Quoi ? C'est un Premier cru ? Tu déconnes ? Quoi ? C'est le Premier cru les Saint-Georges 2004 ? Ah ben merde de chez merde, parce que franchement c'est beaucoup trop court pour une appellation aussi prestigieuse. Parfois la dégustation à l'aveugle, ça ne pardonne pas. Parfois... Prix caviste, aïe : 80 euros.

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Quatrième bouteille. Whaou... Fin, long et de très beaux amers. On est encore en Bourgogne mais c'est clairement quelques crans au-dessus. On dirait bien que ça vaut 17 (vin délicieux, complexe et très charmeur à la fois), voire 18 (grand vin, excellent et mémorable) une heure plus tard tellement on gagne en complexité. Allez dis Antonin, c'est quoi ? Rien de moins que le latricières-chambertin du domaine Trapet, version 2006. Alors là, merci... Mais fallait nous dire qu'on allait boire des trucs comme ça ce soir : on se serait lavé, on aurait repassé nos chemises ou mis un tailleur. Trève de plaisanterie, c'est exquis. Prix caviste : 80 euros, rien à voir avec le précédent.

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Cinquième bouteille. Et ouais, après le Trapet, on n'en est qu'à la cinquième bouteille, ça promet. Alors là, c'est boum-boum : un nez absolument hallucinant, je ne sais pas si j'en ai déjà rencontré de tels. C'est un nez à la Usain Bolt : on n'arrive pas à le suivre. Et ça part dans tous les sens, ça évoque plein de choses, de parfums, d'arbres... La bouche a donc du mal à suivre : ce qui est sûr, c'est que le goût est plus rude (élevage) que précédemment. Va pour 16,5. Regoûté une heure plus tard, il a terriblement grandi : la bouche est incroyablement longue, mais aussi massive. Se révèle un très, très grand vin, de ceux qu'on ne boit pas tous les jours évidemment. Avec la complexité folle du nez, je l'avoue, j'ai mis 19 (vin exceptionnel, expression rare et géniale de son appellation). La Grande Rue 2002 du domaine Lamarche, un des grands noms de Bourgogne. Nouveau cri à l'évocation de ce climat aussi mythique... Prix caviste : un peu plus de 150 euros.

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Qu'il est bien situé ce climat La Grande Rue : on ne le voit pas bien sur la photo, mais c'est entre La Tâche et La Romanée-Conti. Sympas les voisins...
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Sixième bouteille. Urgh... C'est quoi ça ? Antonin, t'es pas cool : tu nous excites avec des bouteilles incroyables et là, tu nous fais dégringoler de plusieurs étages. Les palabres commencent : bouchon défectueux ? Amertume classique ? Problème de conservation ? Pourtant, on sent qu'il pourrait y avoir un truc pas mal dans le verre. Ah non, c'est la sève... C'est âpre au possible. Après le précédent, il rame sévère. Je relis mes notes : j'ai mis 14 (vin tout juste bon) avec cette phrase "ça vaut 10 euros". Petit problème : c'est le château Haut-Brion 2002. Des cris effarouchés dans l'assistance, des injures, des poings levés, des "mais-c'est-quoi-ce-cirque", des "mais-tu-t'es-fait-refiler-une-bouteille-contrefaite", on commence à fomenter des révolutions, on en vient à se poser des questions sur l'avenir de nos blogs ou le sens de la vie plus généralement... Cette bouteille sans intérêt relève du mythe que nous voulions tous goûter, au moins une fois dans notre vie : tout de même, Haut-Brion, ça fait rêver un minimum. On aurait aimé adorer, dire que c'est génial, que c'est une apparition divine... Mais on ne va pas faire semblant. Et même, on a l'impression d'avoir été dépossédé d'un joli rêve. Ah bien sûr, on sait que ces grands crus ne valent pas forcément les euros nécessaires à leur achat ; mais qu'un grand vin puisse être aussi petit... On le savait déjà, on en est désormais sûr grâce à l'observation empirique : mieux vaut se concentrer sur les "petits" vins qui, eux, ont vraiment le potentiel des grands. Et comme quoi, il n'y a pas que le vin naturel qui puisse tourner au pré-vinaigre. Prix caviste : autour de 350 euros. Si, si...

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Septième et dernière bouteille. Forcément, on a un peu peur. Tiens, ça aussi c'est Bordeaux. Oui mais lequel ? Antonin ne nous ayant pas servi de pipi de chat pour finir, c'est forcément Laffite, Mouton ou Petrus. C'est assez bon, mais d'un classicisme extrême : 15,5 et je vais même monter jusqu'à 16 (très bon vin). Gagné ! C'est Mouton-Rothschild 2002 ! Franchement ça va, mais ce n'est ni à la hauteur de la réputation de Mouton, ni à la hauteur de son prix (400-500 euros). Pareil, on ne va pas faire semblant. Déception moindre que pour la bouteille précédente, mais déception là aussi.

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On est totalement désarçonné par la différence abyssale entre la réputation des domaines et la réalité des breuvages. Nous faisons les comptes. Le gagnant de la soirée est bourguignon : La Grande Rue 2002 de Lamarche avec 16,75/20 de note moyenne (sans doute grâce à mon 19). Il bat d'une courte tête le latricières-chambertin de Trapet (16,62). Sur le podium, un vin naturel ! L'Alternapif arrive troisième et décroche 15,96 pas très loin des Foulards Rouges ex-aequo avec Mouton-Rothschild 2002 (15,92). Le résultat est à peine croyable... Le nuits-saint-georges Premier cru d'Henri Gouges arrive péniblement à 15... Et la surprise de la soirée n'est en fait qu'une confirmation : Haut-Brion 2002 ferme la marche avec 14,63...

Conclusion. Ils n'ont pas l'air cons les grands crus avec leurs notes pourries et leurs prix qui correspondent au loyer mensuel d'un studio parisien. Bien évidemment, tout cela n'est que subjectif, notamment le système des notes. Mais on ne peut pas nier le fait qu'il se dégage quelque chose de cette dégustation. A l'aveugle, les grands crus se font exploser par des vins à 10 euros. Le plaisir (quand il y en a) n'est certes pas le même, les consommateurs non plus et je ne plaide pas pour que les vignerons fassent exclusivement des vins à 10 euros. Par contre, certains devraient se poser des questions.

Même si je suis persuadé de la justesse de cette dégustation, je sens que les critiques ne vont pas tarder à fleurir. Je les devance :

- "Qui sont ces jeunes cons à qui on a servi du caviar à la louche ?" Nous étions sept : des filles, des hommes, des mecs en chemises, d'autres en ticheurte, des filles en tailleur, des brunes, une blonde, des types pas rasés, des vingtenaires, des trentenaires... Et tous, nous sommes d'accord avec le verdict final. Personne ne s'est écrié "Haut-Brion, c'est du génie en bouteille !"

- "Vos palais sont trop jeunes, vous n'avez pas compris ces vins !" Jeunes ou expérimentés, les palais n'aiment pas le vin qui sent la sève ou la rafle à plein nez. Pour le vinaigre, voyez du côté de Banyuls, pas de Bordeaux.

- "Il aurait encore fallu attendre ces vins !" Et puis quoi encore ? Y en a marre de cette rengaine... Un bon vin, c'est bon jeune, c'est bon vieux. Il y a des primeurs de bordeaux qui sont exceptionnels quand on les goûte au fût. Alors si 9 ans après le pinard n'est pas près, ne comptez pas sur moi pour poireauter.

- "Vous êtes tombés sur un Haut-Brion défectueux". Peut-être. Ce qui voudrait dire que pour Mouton ou Gouges, c'est pareil ? Et que les deux vins naturels (notés à leur juste niveau) étaient normaux ? Les bouteilles ont été bien conservées et bien ouvertes, on n'a pas fait n'importe quoi non plus.

- "De toute façon, vous préférez la Bourgogne !" Réponse personnelle : oui ! Et de loin ! On trouve encore des nuances et une complexité qui n'existent pas (plus ?) vraiment à Bordeaux.

- "Et puis vous êtes de jeunes bobos parisiens... C'est normal, vous préférez le vin naturel". Oui, sans doute. Mais j'aime aussi la Romanée-Conti ou La Grande Rue de Lamarche, surtout dans un millésime comme ça. N'oublions pas que le vin, c'est aussi du plaisir.

- ... si vous avez d'autres critiques, je suis tout ouï.

Dernière chose : on n'a pas condamné définitivement ces grands crus inabordables. Un jour ou l'autre, on les goûtera à nouveau. Mais ça fait un peu mal au postérieur... Reste à remercier Antonin pour nous avoir ouvert sa cave personnelle et pour avoir contribué à la formation de nos goûts. Promis, on t'en veut pas d'avoir casser un ou deux de nos rêves viniques...

09 juillet 2011

Avec ces alcools, la fête est plus folle !

Pour une grosse teuf à la maison avec une quinzaine de personnes, on n'est pas obligé de sortir le Dourthe, ni les petites récoltes de Nicolas ni d'autres vins de supermarchés. On peut aussi bien faire les choses, choisir des vins "dont les raisins sont issus de l'agriculture biologique" ou tout simplement quelques vins dits naturels qui ont la particularité d'être délicieux... Et puisqu'il y a ici moins de soufre que chez Carrefour, Auchan ou Franprix, on va limiter le mal de crâne le lendemain. Encore une chose, le prix : on va sortir quelques bouteilles bien sympathiques mais on ne va pas non plus tabler sur Selosse pour toute l'assemblée... Il y a donc un petit secret pour ne pas se ruiner.

Pour s'exciter les papilles, plutôt qu'un champagne bas de gamme qui me bouffe l'oesophage, misons sur Atmosphères, le muscadet pétillant de Jo Landron. C'est parfumé, la bouteille a de la gueule et les bulles ça en jette.

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Le rosé 2010 d'Hervé Villemade, très léger, n'a pas remporté les suffrages que j'espérais. Je suis un peu déçu donc. On le goûtera à nouveau et plus au calme.

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Autre perle, le rosé de Gaillac de Phillipe Maffre (Bois Moisset). Joli bonbon bien sec mais plein d'amour. Une belle bouteille, y a pas à dire.

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Transition avant les rouges. Un magnum de Boire Tue de Pascal Simonutti. Evidemment l'étiquette interpelle (le vigneron est le roi de la provoc) mais le contenant aussi. Le pineau d'aunis à son paroxysme : léger, fruité, gouleyant, vif, dégraissant, digeste, rafraichissant... Le vin parfait pour les grandes fêtes. Sauf que le magnum se vide trop vite.

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L'une des bouteilles de la soirée, le Château Falfas 2006 en Côtes de Bourg. Mais oui, il ne faut pas hésiter à sortir le bordeaux quand on y croit : ici, c'est du biodynamique tout de même. J'avoue que, même si j'y croyais, mes idées reçues étaient assez fortes et j'ai mis un peu de temps avant d'y glisser le nez. C'est un vin extrêmement classe, très pointu, pas lourd du tout et bien piquant. Je peux même avouer que je l'ai acheté au Repaire de Bacchus et que j'irai en acheter à nouveau.

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Enfin, un petit secret pour étancher la soif des convives à moindre prix. Ce n'est pas très compliqué, il suffit de suivre les recettes éculées. A savoir un petit cubi de blanc égayer toute la soirée. Oui, oui, du cubi et pas du tord-boyaux... ça existe ! Il suffit d'aller chez un caviste de très grande qualité (Les Papilles, rue Daguerre, dans le XIVe) et de dégoter 5 litres du sauvignon 2009 d'Hervé Villemade pour une trentaine d'euros (6 euros le litron donc, aussi cher que le pinard dégueu de la supérette). Sauvignon pur, un vin plus classique que les autres cuvées du maître et sans doute un peu plus de soufre pour la conservation. C'est assurément excellent : si tous les bistros nous servaient ça au lieu d'un improbable sauvignon de comptoir, Paris aurait un peu plus le moral. Par contre, les préjugés ont la vie dure : les gens autour de moi rechignent à goûter à ce vin sorti d'un carton dans le frigo. Et puis une fois dans la bouche, tout le monde veut être reservi. La preuve que le vin en cubi, ça peut être terrible...

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Les Deux Amis : ça swingue dans l'assiette

Retour aux Deux Amis neuf mois après mon premier repas. Je n'ai aucune excuse, c'est en bas de chez moi, je devrais donc y aller plus souvent : mais voilà, le côté hyper branché m'en éloigne un peu. Il y a neuf mois c'était l'automne, aujourd'hui c'est l'été et ça se sent dans l'assiette. Le samedi midi, il n'y a désormais plus de plat, seulement des tapas (de 3 à 8 euros). Gazpacho de betteraves gouleyant.

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Burrata bien crémeuse avec un petit poisson fumé. Assemblage incongru.

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Saumon mariné (dans un mélange de sel et de sucre pour qu'il rende son eau) sur un risotto aux oignons exigeant. Et bluffant.

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Et avec ça ? Un coup de blanc ? J'aurais dit oui, mais là je penche plutôt pour un rouge léger. Le P'tit Rouquin d'Olivier Lemasson (Vins Contés). C'est le gamay issu de vignes d'une quarantaine d'années : ferme et fondant, terriblement parfumé, il me fait vraiment une grosse impression. A 7 euros la bouteille chez le caviste, c'est vraiment une affaire.

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En dessert ? Ricotta, abricot, framboises. Vu comme ça, on s'était dit que c'était juste pour finir sur une note sucrée. Après la première bouchée, on se prend une belle claque. Le dessert part dans tous les sens : abricot assez mûr, framboises acidulées et ricotta travaillée à la vanille avec un peu de croquant sur le dessus. Et on a fait mariner le tout dans quelques gouttes d'huile d'olive... C'est absolument terrible, l'un des meilleurs desserts de l'année.

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Aux Deux Amis45 rue Oberkampf, 75 011 Paris, 01 58 30 38 13.

08 juillet 2011

Saint-Bojo, priez pour nous

Le beaujolais-villages 2009 du vinificateur itinérant Cyril Alonso (P-U-R), je l'ai bu deux fois en quelques jours. La première, à la maison : il lui a fallu une journée pour retrouver ses arômes. Il était un peu assoupi ou bien ne voulait-il pas se livrer tout de suite, à la manière d'autres beaujolais 2009 qu'il faut savoir appréhender... Après une petite journée d'ouverture, ouf, on retrouve le raisin caractéristique. La seconde fois, à la Cave de l'Insolite (quelques semaines avant sa fermeture), il m'a tout de suite explosé à la face. Fruit, buvabilité, classe. "Au nom du vice, du verre et du vin d'esprit". Oh oui, amène !

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Bien sûr que ça n'intéresse qu'elle, mais j'annonce que ma mère devrait récupérer quelques quilles de Osez, osez Rosé Fine... Et oui, les vins de P-U-R voyagent jusqu'à Metz. La mission civilisatrice continue !

11:49 Publié dans Beaujolais joli | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cyril alonso, p-u-r, beaujolais, cave de l'insolite | | |  Facebook

07 juillet 2011

Deux superbes rouges

J'ai du mal à suivre les saisons du vin. Alors que le bon goût classique exigerait le contraire, il faut dire qu'en hiver je suis plutôt petits blancs et grands rouges en été. Ce soir, chez Vindicateur, deux très très belles bouteilles. J'ai enfin goûté au Trévallon 2005. Un nez transcendantal. Forcément, il fallait des couilles à la bouche pour que les papilles soient au niveau : un poil moins réussie, cette bouche. Peut-être ai-je vraiment un souci avec le cabernet-sauvignon ? (cette grande cuvée rouge étant mi-cabernet, mi-syrah). Mais c'est vraiment une très belle bouteille. Incroyable jeunesse, elle est d'une fraîcheur incroyable et peut sans doute patienter quinze ans sans souci. Un grand vin et une première très belle rencontre avec ce domaine.

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Autre bouteille remarquable, le Clos Syrah Léone 2002 du domaine Peyre Rose en Languedoc. Une force formidable, un joli velouté. Grande classe bio.

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06 juillet 2011

Les Fines gueules un mercredi

A quatre jours d'intervalle, retour aux Fines Gueules avec Olivier cette fois. On va y passer un peu plus de temps. Ouvrons le bal avec le bourgogne aligoté des De Moor. Mais pas n'importe quelle cuvée : une bouteille que je ne connaissais pas du tout, la Plantation 1902. J'ai trouvé que c'était plus dur, moins cajoleur que les autres cuvées du couple. Mais plus classe. Oui, classe et aligoté dans la même phrase, c'est possible. Une découverte en tout cas.

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Planche de charcuterie bien enveloppée. Il y a du répondant jusque dans la moutarde. Mention spéciale aux tranches de magret fumé.

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Avec le temps, va tout s'en va. Même les plus chouettes souvenirs, ça t'as une de ces gueules... Certes, mais quand Edouard Laffitte est aux commandes, on boit pour se souvenir justement. Je n'ouvre pas assez de quilles du domaine du Bout du Monde, comme si c'était déjà devenu un "classique". Ce 2007 (du carignan en macération carbonique si j'ai bien suivi) prouve que les jolis vins naturels peuvent se garder une paire d'années (et bien plus). Edouard Laffitte fait partie de ces vignerons qui redonnent ses lettres de noblesse au Roussillon souvent mal aimé.

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Et on mange quoi ? Olivier opte pour du veau dans un jus aux truffes, avatar de mon plat de samedi dernier.

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Cap sur le fameux tartare et ses pommes grenailles (17 euros, le plat le moins cher de la carte). Pour un bon tartare, il faut évidemment de la viande de premère qualité (ici de chez Hugo Desnoyer) et un bel assaisonnement. Le plus, c'est de glisser des copeaux de parmesan entre les morceaux de viande. Sans contestation possible, c'est le meilleur tartare dégusté à Paris.

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Petite assiette de fromages. C'est toujours très, très cher une assiette de fromages dans les restos. Chez les bons fromagers aussi d'ailleurs. Le fromage est le nouveau produit de luxe. 10 euros, il faut vraiment que ça dépote. Le reblochon joue ce rôle : on dirait qu'il a été oublié dans la cave. Terrible longueur en bouche. N'espérez pas aller draguer après.

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Les Fines Gueules, 3 rue Croix des Petits Champs, 75 001 Paris, 01 42 61 35 41.

Putain, ça fait chier !

Le thème des Vendredis du Vin de ce mois de juillet ("cet été n'abandonnez pas votre caviste") prend une tournure toute particulière pour moi. L'affaire couvait depuis quelques mois et on peut désormais en parler librement.

Michel Moulherat va fermer sa Cave de l'Insolite, rue de la Folie-Méricourt, à Paris. Voilà, c'est dit. Comme un sparadrap qu'on retire d'un coup sec, le dire sans trop de précaution me semble plus facile. Je ne vais pas faire ici faire de longues tirades. Mais Michel, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est l'honnête caviste, comme jadis il y avait l'honnête homme. Le site Vendredi Matin en fait d'ailleurs une belle présentation en vidéos. Bien sûr, j'en ai déjà moi-même pas mal parlé : un repas ici ou un repas mon trentième anniversaire, une "rencontre orgasmique" avec les copains-bloggeurs... Et des bouteilles achetées au hasard et souvent avant d'en rendre compte sur ce blog.

Les raisons de cette fermeture ? Il y en a plein, mais retenons celle qui a aussi entrainé la fermeture de la cave de Sébastien à Moulins-les-Metz : nous vivons dans un système avide d'argent et de nourritures standardisées (le premier entraîne le second). Même les meilleurs ne peuvent pas résister. Mais Michel n'est pas triste, attention : une nouvelle page va s'écrire. Ailleurs. Dans la bouche des habitués ou des récents convertis revient pourtant une expression peu amène : "Putain, ça fait chier !" Bonheur dans notre malheur, on ne va pas voir une énième boutique de fringues s'implanter dans le quartier : Armand et Axel, deux frangins passés par les bonnes maisons du XVe arrondissement de la capitale (L'Os à Moëlle, Le Beurre Noisette) vont reprendre la baraque et évidemment, on leur souhaite bon vent. Quant à Michel, rendez-vous pour la der des der, le 30 juillet, pour un "Salut Légionnaire !" Punto e basta.

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08:00 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : cave de l'insolite | | |  Facebook

05 juillet 2011

Mais d'où leur vient cette infinie douceur...

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Nicholas Sikorski parle autant de langues qu'il existe de cuvées de Nikka. Français, anglais, japonais, coréen... Ce spécialiste du whisky japonais travaille à La Maison du WhiskyStéphanie et moi avons eu droit à un cours privé à l'étage de la boutique du carrefour de l'Odéon. Un moment rare.

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Stéphanie a déjà raconté la petite histoire de NikkaMasataka Taketsuru est envoyé en Ecosse en 1919 pour étudier la chimie. Les atomes crochus, ce sera surtout avec une prénommée Jessie (surnommée Rita) qu'il les travaillera avant de prêter main forte à une distillerie de whisky. A son retour au Japon, il crée successivement plusieurs distilleries dont celle de Yoichi en 1934. Aujourd'hui, Nikka est la marque emblématique du whisky japonais. Autour de moi, j'ai l'impression qu'on est passé du "si, si, ça existe..." au "ah oui, je connais, c'est bon d'ailleurs". Pour Nicholas, ce n'est ni la mode ni le film Lost in Translation qui ont fait la réputation de ce breuvage et de Nikka en particulier : ça commence à prendre parce que ce sont avant tout de très bons whiskies. Bien sûr, la production est plus confidentielle que les grandes marques écossaises ou irlandaises.

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Il y a aujourd'hui deux distilleries Nikka : celle de Yoichi, sur l'île de Hokkaido au nord de l'archipel et celle de Miyagikyo. Cette dernière se situe dans la région de Sendai frappée par le tremblement de terre puis le tsunami en mars dernier. Sur le coup, il n'y a eu quelques dégâts minimes. Quant aux conséquences de Fukushima, Nicholas se veut aussi très rassurant. En parcourant l'histoire ancienne et plus récente de Nikka, il nous sert quelques centilitres des 6 cuvées à goûter aujourd'hui.

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Commençons par la gamme pure malt Taketsuru, qui porte le nom du fondateur de Nikka. Ils proviennent chacun d'un assemblage (blend) des deux distilleries Nikka. Le 12 ans (40°) me semble particulièrement fruité et léger, à l'image de certains whiskeys irlandais que j'affectionne. Il est très, très facile d'accès.

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Le pure malt Taketsuru 17 ans (43°) est vieilli en fût de sherry d'où sa robe plus foncée. Plus classique et toujours aussi peu agressif. Revient alors le couplet qu'on entend parfois : "vraiment, le whisky Nikka, c'est un whisky pour les femmes". Je ne suis absolument pas d'accord : ce n'est pas parce que je suis un homme que je ne recherche pas des choses légères et fruitées, à plus forte raison quand on dépasse 40°. Il y a un imaginaire yankee qui nous fait croire que le bourbon bien corsé c'est pour les vrais mecs. C'est aussi idiot que de dire que les femmes préfèrent le vin blanc : autour de moi, elles préfèrent le rouge à 80 %.

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Le pure malt Taketsuru 21 ans (43°) possède une complexité exceptionnelle. J'y trouve les arômes de vin jaune (à la Michel Couvreur) et des senteurs plus asiatiques (encens, bois précieux...) mais le tout sur une très grande finesse. Là encore, on n'est pas du tout dans le démonstratif : le nez d'ailleurs, très ample, parle tout seul. Elu plusieurs fois meilleur pure malt au monde.

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Voyons maintenant le travail de chacune des distilleries. La première : Miyagikyo, celle qui n'est pas très éloignée de Sendai. Son single malt 10 ans (45°, en échantillon ou en bouteille) est très charmeur, très simple sans être simpliste. Sa finesse va être explosée par le suivant.

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Place à la star, le single malt 10 ans (45°) de la distillerie Yoichi. Celui que j'ai rapporté de Tokyo puis de Séoul il y a quelques années. C'est terriblement plus rustique, plus fort que le précédent. Le feu de l'alcool est bien plus présent mais après la seconde gorgée (ben quoi ? on profite...) l'incendie se calme et la bouteille gagne en noblesse. C'est le whisky Nikka auquel je suis le plus habitué mais après avoir goûté les autres, j'avoue ma préférence pour plus de légèreté. Tout change et c'est heureux. Attention, je dis "fort" mais on n'est pas non plus dans le distillat intorchable : c'est une puissance noble.

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Enfin, dernière quille ouverte, le Nikka from the Barrel. Une sacrée réussite et peut-être ma cuvée préférée aujourd'hui. Voici un blend affiné en fût de bourbon à partir des deux single malts de chaque distillerie et d'un whisky de grain qui adoucit les précédents. Immensément long en bouche, un côté fruité qui n'enlève pas la marque de l'élevage : tout s'équilibre malgré 51,4° au compteur. Et on ne devrait pas dire ça car il n'y a aucune influence sur le goût, mais le design de la bouteille est particulièrement élégant.

 

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En réalité, des cuvées Nikka, il en existe une multitude. Il suffit de descendre au rez-de-chaussée et de baver sur la masse de bouteilles. Des opérations spéciales, des millésimées, des spéciales millésimées... La liste est assez longue.

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Au sous-sol, nous jettons un coup d'oeil sur les autres spiritueux (arak, calvados, vodka, gin, saké...) à chaque fois choisis pour leurs qualités gustatives. Ces bouteilles sont souvent introuvables ailleurs, LMDW en étant parfois l'importateur exclusif. Revenus à l'étage, nous poursuivons la discussion sur les méthodes de travail de Nikka : dans la distillerie Yoichi, on continue à chauffer les alambics au charbon lors de la première distillation. N'ayant pas l'uniformité d'un autre mode de chauffe, la flamme modèle le distillat et exalte les parfums. Un peu comme une pizza au feu de bois... Nicholas nous glisse aussi le nom de Ichiro Akuto qui essaie de lancer son whisky 100 % japonais (des céréales au chêne pour les fûts de vieillissement) alors que souvent, rien que la matière première arrive de l'étranger. Question accords mets-whisky, nous réfléchissons aux crevettes sur les bouteilles les plus fines ou au whisky vieilli en fût de sherry sur une viande rouge...

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On mesure la chance qui est la nôtre à deviser des mérites au demeurant assez peu connus du Japon en matière de whisky. Jusqu'au moment où Nicholas reprend les choses en main : "ici c'est La Maison du Whisky, mais on veut se démarquer de cet esprit whisky et montrer qu'il existe d'autres spiritueux. C'est pourquoi cette boutique à Odéon s'appelle LMDW Fine Spirits... Et tant qu'on est là, vous voudriez goûter quelque chose d'autre que du whisky ?" Ben tiens...

Première (nouvelle) étape. L'alcool blanc dans le verre me parle. En bon Lorrain qui n'y faisait pas trop attention, j'ai toujours mis un signe d'égalité entre kirsch et tord-boyaux. Ici, rien de tout ça. Cet alcool de cerises sauvages (ciliegie selvatiche) est gigantesque. Une fraîcheur, une ouverture, un fruit mais de l'amer aussi. Epoustouflant. C'est italien, ça vient de la région de Venise et notre homme s'appelle Vittorio Gianni Capovilla. LMDW dit qu'il s'agit de la meilleure eau-de-vie de cerise au monde : c'est certain.

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Commence la série des mezcal Del Maguey. Des quoi ? Un cousin de la téquila obtenu par distillation d'un type d'agave, le maguey, qui diffère des agaves à téquila. On est au Mexique, au sud du pays, dans la région d'Oaxaca. Ce qui signifie que ce n'est pas du tout ma culture de spiritueux. On est loin du whisky, du kirsch ou de l'armagnac. Quoique...

Le mezcal, comment ça marche ? On coupe les agaves, on les cuit, on presse pour obtenir du jus qui va fermenter et on distille au feu de bois. Tout est fait de manière artisanale par des familles qui respectent des traditions plusieurs fois centenaires ; de plus, aujourd'hui beaucoup de mezcal sont certifiés bios. Arrive sur la table la crema de mezcal (40°) : certains vont être tentés par l'analogie avec la crème de whisky mais je les stoppe tout de suite, car la crème de mezcal c'est tout à fait buvable. En ajoutant du sirop d'agave au mezcal, on obtient un liquide qui tire sur le jambon fumé... sucré ! C'est complètement délirant sur mon palais de néophyte. Je suis tellement déconcerté que je n'ai absolument pas le droit de dire que ce n'est pas bon. Bien sûr, de prime abord, je pourrais le rejeter en disant que tout de même, le jambon fumé sucré c'est rude. Mais non, il y a une mâche particulière, une sentation de bien-être qui m'interpelle. Ce n'est pas parce que je ne connais pas et que ça ne ressemble pas aux canons de beauté qui sont les miens que ce n'est pas bon. Suis-je assez clair ?

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La révélation arrive avec la version sans sucre dont je n'ai pas de photos. C'est le mezcal classique, ici 100 % Tobala (45°) : intense, profond, long et pointu. Le côté fumé rappelle de vieux pinots noirs, le Clos des Corvées 1999 de Prieuré-Roch pour ne citer que lui. Nicholas dit qu'il recherche de plus en plus cette cinquième saveur appelée umami au Japon : ni salé, ni sucré, ni amer, ni acide, c'est la sensation de ce qui est délicieux. A le voir servir et goûter le mezcal suivant, on se dit qu'il l'a trouvée au Mexique. Le mezcal Pechuga (49°) est un truc hors norme, difficile à raconter et à appréhender. Sans doute faudrait-il aller faire un tour sur place pour comprendre quelque chose : lors de la troisième distillation, on ajoute dans l'alambic du riz, des fruits et du blanc de poulet (pechuga). Les arômes sont d'une infinie complexité, ça part dans tous les sens : on est là encore désemparé. Fruits frais, moins de sensation de fumé, plantes vertes... Une longueur intermintable, une vraie suavité. Le résultat là aussi est immense. A la heuteur de sa rareté : 650 bouteilles par an.

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Manquent à l'appel les photos du rhum de mélasse de l'archipel d'Okinawa (assez rustique) et du shochu Nakanaka (trrrèèès subtil). On savait bien que les spiritueux ne s'arrêtent pas au rayon d'un supermarché. Mais ici, on est ébloui par la classe de chaque bouteille que l'on soit familier du whisky ou novice en matière de mezcal. A l'étage nous dégustons le Japon, le Mexique, l'Italie, et au sous-sol nous lorgnons sur la vodka de Pologne, l'arak du Liban (dont un qui m'a particulièrement tapé dans l'oeil : l'arak El Massaya vieilli en amphore), le whisky d'Australie, la cachaca du Brésil, la liqueur de café du Venezuela, le rhum du Nicaragua... Aucune bouteille n'est choisie par hasard : chacune correspond à la volonté de mettre en avant un travail artisanal et la sauvegarde d'un patrimoine local. C'est un nouveau planisphère qui se dessine, à l'image d'une Carte du Tendre des spiritueux.

Ce petit tour du monde me fait penser aux voyageurs du (bon) goût qu'ils soient dénicheurs de cafés rares ou de vins inconnus Ou de musiques. Cette dégustation terminant sur l'Amérique centrale m'a fait penser à Bernard Lavilliers. Et à cette chanson sur (et avec) Cesaria Evora. Comme si, sous l'aspect brut de ces alcools, il n'y avait en réalité que de la finesse. Chacun titre à plus de 40° voire plus de 50° mais jamais l'oesophage ne plie, jamais l'estomac ne se recroqueville : c'est l'apanage des grands spiritueux que de procurer une puissante et noble caresse. Mais d'où leur vient cette infinie douceur... Reste à trouver un rhum du Cap-Vert pour accompagner la chanson.

Dernière chose. Cette dégustation a été organisée par l'attachée de presse des whiskies Nikka en France, je l'avoue. Pour moi, c'est assez rare : ce dot être la seconde fois en près de deux ans après La Bonne Franquette. Lorsque je suis sûr du produit, je n'ai pas de scrupules. Je n'ai jamais défendu les "petits" vins de Bordeaux qui veulent faire "djeun's" avec leurs apéros, ni une coopérative qui travaille mal ou un mastodonte de l'empaquetage de tomates sans goût. Et j'ai encore moins de scrupules quand cela permet de faire de belles rencontres.

22:23 Publié dans Salons et autres dégustations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : whisky, nikka, japon, italie, mexique, mezcal, kirsch, eau-de-vie | | |  Facebook

J'ai mal, c'est bon...

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Plutôt que le hors-série Vins de l'Express qui a déchaîné les passions il y a quelques semaines, je préfère me vautrer dans la lecture de Fluide Glacial "spécial pinard". C'est du lourd, du gras et surtout du décomplexé.

Jacques avait déjà cité plusieurs exemples dont le "vin d'occasion" absolument mythique. La partie qui m'a fait le plus rire est une succession de sketchs par Fabcaro et Patrice Cablat sur les différents types de buveurs de vin : le frimeur, le candide, le jouisseur, le "bioman" jusqu'au sado-maso. Où on voit deux jolis hommes bedonnants s'infliger des sévices, dirons-nous, classiques (pinçage de tétons, martinet sur les fesses, coups de pied dans les côtes) jusqu'au châtiment ultime...

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Je n'y connais que peu de choses en dessin, hormis un dessinateur, mais ces deux-là aussi ont un sacré talent.

18:41 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fluide glacial spécial pinard, villageoise | | |  Facebook

Champagne pour Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier !

Jeudi dernier, sur le tarmac de Villacoublay, Hervé Ghesquière, enfin libre, racontait ses conditions de détention avec Stéphane Taponier en Afghanistan. Il avait eu cette phrase qui "parait bête" sur la nourriture, dont la mauvaise qualité ne l'a pas aidé à tenir : "une nourriture non pas 'spécial otages' mais 'spécial montagnes afghanes', donc pas grand-chose, et toujours la même chose. Ça parait bête, la nourriture, mais c’est vital. Et là, on ne pouvait pas s’accrocher à ça." Après mon petit article qui a relevé cette phrase, la personne qui anime le blog Sommelier.fr m'a demandé quel vin les ex otages avaient ouvert pour fêter leur libération.

Selon mes infos, ce fut évidemment du champagne et plus précisément le Cristal de Roederer dans sa version 2000. "D'autant plus sublime que bu avec joie" selon un des heureux participants. Et s'ajoute à cette cuvée, un magnum de champagne que le couple Gonet-Medeville a envoyé au Comité de Soutien dès l'annonce de leur libération. Il devrait être bu demain lors d'une petite teuf chez Reporters sans frontières.

Santé !

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Crédits photo : Comité de Soutien.

13:55 Publié dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook

Radiographie personnelle des vins du mariage princier

Pour faire rêver madame Michu, l'AFP nous a sorti le menu du mariage princier. Au moins ils jouent la transparence : je n'ai pas vu de telle liste pour Kate et William. Pour Charlene et Albert, le repas a été concocté par Alain Ducasse : tiens, il est revenu en cuisine ? Cerise sur le rocher, on a même eu droit au pedigree des vins dégustés ce soir-là. En faisant quelques recherches, notamment sur Vindicateur, le site qui offre une synthèse pondérée de différentes sources (avis de professionnels et d'amateurs), on va voir ce que valent les quilles ouvertes samedi dernier. Attention, c'est totalement subjectif (voire de mauvaise foi) car je n'ai pas goûté ces vins. D'un autre côté, si je les avais goûté, mon propos aurait été tout autant subjectif...

1 / Pour les beaux yeux de Charlene, on commence avec un blanc d'Afrique du sud sur la petite entrée composée de légumes, tomatolive et mulet mariné. La cuvée Anaïs 2009 de Vins d'Orrance. C'est un genre de label, marque, négoce... dirigée par un Français, Christophe Durand qui a déménagé au Cap en 1995. Ici le chardonnay provient de deux vignobles, l'un de Constantia, l'autre de Franschhoek. C'est un "vin classique" : c'est pas moi qui le dit, c'est le communiqué de presse. Cela doit valoir une vingtaine d'euros la quille. Quoi ? Vindicateur n'en parle pas ? Ben nous non plus, alors. Dommage.

2 / Avec le petit épeautre et ses légumes primeur au pistou, on sort un vin de Bellet. La cuvée Le Clos 2009 du Clos Saint Vincent est un 100 % rolle. Le domaine est cultivé en biodynamie : a-t-on choisi ce vin pour montrer qu'on est dans le vent ? Pas sûr, car cette cuvée dans différents millésimes est notée autour de 15 sur Vindicateur ("vin particulièrement bon, savoureux") : on l'a choisi parce que c'est bon. Une vingtaine d'euros la bouteille.

3 / Avec la marmite de poissons locaux dans leur bouillon safrané... un vin rouge ! Un pari assez osé car relativement peu classique ; mais le vin en question est assez léger, parait-il. La cuvée Baron G du Château de Bellet en version 2008 (40% folle noire, 40% braquet, 20% grenache). Noté autour de 16 sur Vindicateur ("très bon vin, immédiatement remarquable"). Une vingtaine d'euros la boutanche. En fait, j'aurais bien aimé y participer à ce mariage, ça devait être pas mal du tout...

4 / Sur la coupe de fruits rouge, un Yquem 1996. Là franchement, c'est un peu bof. Même moi, avec mon budget serré, je vais mieux traiter trois de mes potes autour d'un barbecue cet été dans les Vosges : je vais leur ouvrir le 1997 (en demi-bouteille, certes). Et là, franchement, rien à voir. La cote du 1996 sur iDealwine s'élève à 221 pour grimper jusqu'à 291 pour le 1997. Chez Vindicateur, Yquem 1996 atteint évidemment une belle note : 18,8 (à quelques points du "vin exceptionnel, expression rare et géniale de son appellation"). Mais pas autant que mon 1997 qui grimpe lui à 19,7 (à 3 dixièmes de la perfection, du "vin fabuleux, nectar-plus-ultra, quelques gouttes de dieu tombées sur terre"). Et en plus la principauté aurait fait des économies si elle avait consulté Vindicateur : le 1997 est 50 euros moins cher que le 1996. Moralité : Albert devrait parcourir un peu la bloglouglou avant d'acheter son pinard.

5 / Avec le gâteau de mariage, une coupe de champagne Perrier-Jouët, cuvée Belle Epoque 2002. J'ai déjà bu cette cuvée mais pas en 2002 : je n'en garde aucun véritable souvenir. Chez Vindicateur, ça tourne autour de 15. Franchement, pour un mariage princier, on aurait pu s'attendre à autre chose qu'à un 15. Ce n'est pas très excitant tout ça. Et on est à 120 euros la bouteille. Le plus embêtant dans l'afafire, c'est qu'une palette de ce champagne a été dérobée entre Epernay et Monaco dans la nuit du 23 au 24 juin. Souci supplémentaire, elle ne comprenait pas 156 bouteilles comme habituellement, mais 288... Une mini affaire d'Etat.

On récapitule ? Un résultat mi-figue, mi-raisin. Hormis la première bouteille, choix de courtoisie envers la mariée, on ne peut nier le réel effort pour consommer local. D'ailleurs, ça se retrouve aussi dans l'assiette, notamment dans le choix des poissons : pour ceux que ça intéresse, tout le menu est détaillé ici. Saluons aussi la prise de risque avec le bellet rouge, sachant que l'imaginaire collectif a fait sien le théorème "sur le poisson, du blanc !". Et en plus, le vin semble bien bon. Pour le reste... Chassez le bling-bling, il revient au goulot : en plus d'être attendues, les bouteilles accompagnant le dessert me semblent mal choisies : sans doute trop jeunes, trop tape-à-l'oeil par rapport au reste et pas forcément dans le bon millésime. Oui, c'est facile de critiquer. Et s'ils avaient donné dans les grands bordeaux ou les champagnes hors de prix, on leur serait tombé dessus comme la vérole sur le bas clergé.

10:59 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bellet, yquem, sauternes, bordeaux, afrique du sud, chardonnay, alain ducasse | | |  Facebook

04 juillet 2011

Deux fois plus de piments : ce n'est pas de la pub mensongère !

On ne pouvait pas dire qu'on n'était pas prévenu. Rue Saint-Sébastien, se planque Deux fois plus de piments, un petit restaurant chinois dont les horaires d'ouverture peuvent varier.

Première chose, le public est étonnamment jeune et totalement chinois. On est tout de suite rassuré. Deuxième chose, c'est très bon. Et troisième chose, c'est très, très, TRES épicé. Je me souviens d'un restaurant de Pékin, entre la Cité Interdite et le quartier commercial de Wangfujing, qui sert une splendide cuisine du Hunan, la province natale de Mao. Autant le dire, moi je suis plutôt à ranger dans la catégorie chochotte, même si ça progresse. De la soupe de nouilles froides jusqu'au poulet superbement cuit avec quelques légumes. Pas de grand vin avec ça, tout juste de la bière. Et de l'eau, beaucoup d'eau et de la mie de pain !

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La table sur notre droite n'a pas fini ses assiettes et la jolie jeune fille a absorbé plusieurs litres d'eau durant le repas.

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La table sur notre gauche s'est embarquée dans la soupe de boeuf pimenté et n'a mangé que le boeuf. Tu m'étonnes...

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Deux fois plus de piments, 33 rue St-Sébastien, 75011 Paris, 01 58 30 99 35. Une expérience assez incroyable.

21:18 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : deux fois plus de piments, chine | | |  Facebook

02 juillet 2011

Jolies bouteilles, sacrées bouteilles

Sur les bons petits plats de Mari, la dernière version du tavel du grand Eric Pfifferling et le Riberach rouge en 2008. Le premier n'est pas encore tout à fait en place, un peu comme le Chemin de la Brune n'était pas tout à fait dans ses chaussettes il y a quelques mois : à attendre un peu. Et comme tous les ans, il sera l'un des plus grands vins français.

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Que dire du Riberach ? A la Cave de l'Insolite, j'ai eu la chance de rencontrer le vigneron qui m'a fait goûté ses blancs. Je les avais trouvé absolument superbes, une grande, grande réussite. Mais là, il ne vendait que du rouge. Allons-y pour le rouge. Ici aussi, c'est un très beau vin, déjà bien en place lui. Mais je garde encore le souvenir ému des blancs.

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21:26 Publié dans Entre copains | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eric pfifferling, chemin de la brune, tavel, riberach | | |  Facebook

Les Fines Gueules un samedi

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Stéphanie vient d'inciter Eva et Laurent à aller faire un tour aux Fines Gueules. Rien que le mot m'enchante... Souvenirs de deux ou trois repas pris il y a quelques années, avec notamment un beau tartare. Le restaurant ne semble pas avoir trop changé.

On commence avec deux verres de blanc, comme ça pour se rincer la bouche et on n'ira pas plus loin. Le Touche Mitaine 2009 de Xavier Weisskopf (le Rocher des Violettes) et la cuvée vieilles vignes 2005 du domaine Baud dans le Jura. J'ai un petit faible pour le premier.

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Côté bouffe, on a été raisonnable. Quoique... En tout cas, on n'a pris qu'un seul plat. Veau de Corrèze aux truffes (26 euros). Je crois me souvenir que la viande vient de chez Desnoyer. C'est un plat vraiment très bien ficelé. Quand l'assiette est de cette qualité, de quoi d'autre a-t-on besoin ?

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Et toujours ces magnifiques couteaux Perceval 9.47, l'apanage des grandes maisons.

30 juin 2011

Ça parait bête...

"Et une nourriture non pas 'spécial otages' mais 'spécial montagnes afghanes', donc pas grand-chose, et toujours la même chose. Ça parait bête, la nourriture, mais c’est vital. Et là, on ne pouvait pas s’accrocher à ça." Hervé Ghesquière, sur le tarmac de Villacoublay ce jeudi.


14:49 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook

26 juin 2011

Le vin 4x4 s'adapte à tous les terrains

Selves. Voici le chenin de Nicolas Carmarans, l'ancien boss du Café de la Nouvelle Mairie, haut lieu du nature à Paris. Il ne reste pas beaucoup d'un tout petit poil minuscule de sucre résiduel (SR pour les intimes). Allez, à fond dnas le pléonasme. Rien ou presque : tout cela en fait le partenaire particulier des papilles du dimanche midi. On le boit sans soif à l'apéro, on le boit même sur un parmentier de maquereaux comme ce midi. Sa puissance au nez et en bouche est telle qu'elle s'accorde avec tout de l'entrée au poisson jusqu'au dessert. Bon malheureusement, je n'en avais qu'une. Et même un dernier verre sur la pizza du soir colle parfaitement. C'est dire...

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16:00 Publié dans Loire (nul n'est censé l'ignorer) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chenin, nicolas carmarans, selves | | |  Facebook

25 juin 2011

La soirée aux pinards introuvables

Chez Olivier, tout commence par du blanc. Celui du Casot du Mailloles, le 2009 laissé à l'abandon toute une saison dans mon appart. Le "No Sulfites" a bien survécu : il est taquin même s'il manque un peu de peps. Dans les bons jours, c'est assurément le meilleur blanc du monde. Ne cherchez pas, cette bouteille n'existe pas (ou alors, prenez votre temps). Celle-là arriva directement de Banyuls l'année dernière.

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La star de ce soir est une autre bouteille. Un ovni, objet vinicole non identifié. Après l'avoir repéré chez Jérôme Leroy, j'ai dû mener ma propre enquête. Je peux le révéler ce soir, la piste m'a mené au Vin au Vert, à Paris.

Voici la cuvée Au Hasard et Souvent. Je vais essayer d'expliquer les choses clairement. Le vigneron n'est autre que Jean-Christophe Comor du domaine Les Terres Promises dans le Var. C'est le papa de l'Antidote, d'Analepse ou d'Apostrophe. Bref, un de mes vignerons fétiches. Au Hasard et souvent, c'est un magnum artisanal : le nom de la cuvée est écrit à la main.

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C'est un objet rare, il n'en pousse que 400 magnums par an. Celui là porte le numéro 358. C'est quoi ? Du rouge. Du gros qui tache ? Non, pas vraiment. C'est comme si le Beaujolais s'était décalé de quelques centaines de kilomètres vers sud. Et pour cause : les plus vieux carignans du domaine travaillés en macération carbonique associés à des mourvèdres élevés de manière plus traditionnelle, dans un foudre de 18 hectolitres. Dit comme ça, ça ne ressemble à rien.

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Il faut donc le boire pour le croire. C'est un jus exquis. Nous l'avons un peu assomé de fraîcheur à l'ouverture : il faisait si chaud dehors que nous voulions nous désaltérer. Mais au fur et à mesure de la soirée, il se stabilise et acquiert la gueule d'un vin surprenant. Un jus de fruit relevé. Une mâche incroyable, un vrai nectar qui coule rapidement : les termes sont un peu antinomiques, mais ça me fait penser à ça. Autour de la table, un invité s'écrit "quelle belle surprise !". C'est surtout un jus qui soude l'amitié : je ne sais plus qui disait ça des vins de Comor, mais je trouve la phrase fort à propos. C'est exactement le genre de vins que j'aime. De l'entrée au dessert, c'est un régal que l'on sert.

Le nom de la cuvée est un hommage au journal de Sébastien Lapaque, publié chez Actes Sud l'année dernière. Le jour où on a bu ce vin, il faisait bien trop chaud, je le répète. On va vite le regoûter en scandant quelques phrases de Sébastien. A suivre donc.

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En "dessert", cette cuvée inconnue des Foulards Rouges. Jean-François Nicq a sorti d'on-ne-sait-où ce 100 % grenache primeur à l'automne 2010 (j'imagine...). C'est désormais assagi même si on devine le côté rugueux derrière. Un style différent du précédent évidemment, mais je trouve que le côté groseille marche bien avec le dessert. C'est Franck Bayard qui m'a donné les infos sur cette cuvée complètement inconnue.

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Blanc du Casot, Au Hasard et Souvent, 100 % grenache primeur des Foulards Rouges : une chose est sûre, on n'est pas allé les chercher chez Carrefour ni chez Leclerc.

24 juin 2011

Les coquins d'abord

"Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique". David, alias Bicéphale Buveur nous a gratifié d'une de ses formules tranchantes. Mais en tant que demi-hôte, je me devais de faire le boulot du scribe et de narrer cette soirée par le miam et le glou.

Nous partîmes 5-6 mais par un prompt renfort, nous nous vîmes une quinzaine en arrivant à la Cave de l'Insolite ce vendredi. C'est mon adresse mythique pour ceux qui n'auraient pas suivi, celle qui me fera venir les larmes aux yeux quand mes petits-enfants m'obligeront à leur en parler. Dans l'ordre alphabétique, sont présents : Antonin, David, Emilie, Eva, Franckie, Laurent, Maude, Olivier, Samia, Sébastien, Stéphanie. J'espère n'avoir oublié personne. Puis plein d'autres gens se sont greffés ; d'autres beaux garçons, d'autres jolies filles. Michel a préparé des terrines, des fricassés de coquillages, un porcelet de 7 heures avec des artichauts épineux et de superbes fromages (un salers à tomber). 

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Question quilles, on a fait mentir le joli mot des provinciaux expliquant que si ça bouchonne à Paris, ailleurs ça débouchonne. A Paris aussi, ça débouchonne. Et en plus, on est venu (et on repart) en métro.

Le savigny-les-beaune 2008 de Sarnin-Berrux. Bam ! On part fort. C'est à la fois emmerdant et pas du tout emmerdant de commencer la soirée avec la meilleure bouteille : on l'apprécie vraiment mais on aurait peut-être préféré finir là-dessus. Très légèrement oxydatif, ça n'a dérangé personne et certainement pas moi. C'est une très, très belle bouteille.

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Autre belle découverte de la soirée, même si on descend quelques crans en-dessous question renommée de l'appellation. D'ailleurs ici pas d'appellation, c'est un Vin de France. La Lunotte, cuvée Trio (sauvignon, menu pineau) de Christophe Foucher dans le 41. Cette bouteille en a scotché plus d'un. J'ai entendu des exclamations : "Alors ça... C'est vraiment très bon !". Incisivif mais tout de même puissant.

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Je n'y suis jamais vraiment arrivé avec les quilles de Jean-Paul Brun (Terres Dorées) : ce soir, c'est pareil. Trop tendu.

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En guest, Olivier B. Il y a quelques moi, je trouvais que ça n'avait pas pris toute son aise dans la bouteille : ce soir, c'est rond et frais, presque gras, mais un beau gras. Là aussi, franchement une réussite. Autour de la table on applaudit, même ceux qui ne savent pas encore qui est Olivier B.

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Ah oui, ça c'est le sous-verre d'Eva. J'ai une théorie là-dessus. On nous traite souvent de geeks du vin. Là, on voit pourtant la supériorité que l'on accorde au verre, toute sa prédominance. On s'en contrefout des téléphones smarts, en fait. Comme l'a suggéré le grand vigneron Raphaël sur un rézosocial a posteriori : heureusement qu'il n'était pas en mode vibreur.

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A l'instar des conducteurs ne respectant pas le code de la route, on passe au rouge.

Une très belle bouteille apportée par David, le Noir de Rouge de Boyat. Le gamay du Beaujolais nord ou de Bourgogne sud, au choix : c'est à Leynes, à côté de Mâcon. Fruit, fruit, fruit : ma devise. Peut-être ma bouteille de la soirée avec la Lunotte (Sarnin-Berrux, je savais déjà que c'était top).

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La Lunotte en rouge. Plus rustique, plus chaude aussi lors de la température de service. A goûter à nouveau, il y a un gros potentiel.

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Ajoutons là-dessus le magnum de morgon biotradition 2009 de Michel Guignier (Améthystes). Cuvée insolite de 400 quilles, élevage 14 mois en fût de chêne sur lie fine. J'avoue l'avoir trouvé un peu rêche (sans doute l'élevage) et j'avoue aussi que j'étais le seul dans ce cas : tout le monde a apprécié le côté fruité et la profondeur typique de ce cru. Pour ma part, Je devais être dans un mauvais jour question morgon ; et oui, ça arrive. A regoûter donc, car j'y crois à ce morgon.

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On en était presque à goûter ça... Le pinard de la Légion étrangère. Que Michel connait bien, qu'Omar (absent ce jour-là) connait trop. Je me comprends. Mais de toute façon, Michel ne nous aurait jamais laissé y toucher. Collector.

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C'est à ce moment-là, heureux hasard, que survient Philippe Maffre, vigneron de son état du côté de Gaillac. Je suis vraiment enchanté de le croiser ici car j'ai fêté mes 30 ans avec son rouge. J'ai dû lui répéter cet exploit une quinzaine de fois.

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On ne va pas en rester là et cap sur son Bois-Moisset Rosé. Pas assez froid, il est tout de même présent, bien dans la course. Une très belle apreté, un côté revigorant après tous les liquides ingérés. J'en ai marre des rosés avec une pointe de sucre : ici, je n'ai pas ce souci. Je trouve que c'est un jus de grande classe.

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Bon, je m'arrête là. J'ai dû oublier une ou deux bouteilles au passage. Pour le reste, pour l'ambiance, pour des renseignements plus précis sur la dégustation, pour la recette de la fricassée de palourdes, pour le sourire de Philippe Maffre, pour les pottins, pour savoir qui couche avec qui... vous n'aviez qu'à être là.

Dernière chose. Bizarrement, les photos des quilles et de la bouffe sont nettes et celles des humains plutôt floues. Preuve qu'ils bougent beaucoup, qu'ils sont contents d'être là. J'ai vraiment l'impression que l'endroit leur a plu. Je cite encore David : "une cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne". C'est sûr que des adresses comme ça à Paris ne courent pas les rues. Et qu'en adviendra-t-il dans le futur ? On retient son souffle mais c'est un autre débat. Pour ce qui est des photos de nos tronches, elles se trouvent ici, sur le blog du Bicéphale Buveur. J'en ajoute juste une dernière, pour saluer le patron.

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Le titre du post, c'est une mini référence à Brassens qui picole. Encore une bonne idée d'Antonin.

Vendredis du Vin n°37 : le gâteau au vin blanc

Manger et boire... On est en terrain connu pour ces 37e Vendredis du Vin ! Merci à Nathalie Merceron, blogueuse sur Saveur Passion de nous avoir soufflé ce thème. Le manger, le boire : on va essayer d'associer les deux. Et quoi d'autre que mon gâteau favori pour le petit-déjeuner... D'ailleurs, ce matin encore, il trônait sur la table avant qu'Olive ne s'en saisisse pour rassasier ses collègues.

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Un gâteau certes, une tronche de cake d'ailleurs. Oui mais dans un genre un peu particulier puisque lui-même associe le boire et le manger : c'est un gâteau au vin blanc. Pas de beurre, un peu d'huile, une belle masse de farine, de la levure, des oeufs, du sucre. Et 25 cl de vin blanc (la recette détaillée est ici). Quel vin blanc ? Plutôt sec parce qu'on ajoute beaucoup de sucre par la suite. Je serais assez porté vers le muscadet ou tout simplement des fonds de bouteilles, pour éviter de gaspiller ce qui reste après une soirée avec la bloglouglou. En tout cas, il faut suivre ce théorème de la cuisine au vin qui vaut pour les coqs au gevrey, les poulardes au jaune, les daubes, etc : ne jamais cuisiner avec un vin qu'on ne voudrait pas boire. Bien sûr, je ne vais pas faire mon gâteau au Saint-Romain Combe Bazin 2005 de Frédéric Cossard ; mais à l'inverse, je ne choisis pas un pinard de supermarché à deux balles (de toute façon, je n'en achète pas).

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N'en déplaise à certains, aucune chance de finir bourré après avoir abusé de ce gâteau. Après 40 minutes au four à 180°C, il ne doit pas rester grand-chose des molécules d'alcool. Par contre, la cuisine se remplit d'un parfum d'antan assez sympathique. Comme il faut toujours citer ses sources et puisque je ne suis évidemment pas l'inventeur génial de cette recette, rendons hommage à Bruno Doucet, le chef de la Régalade à Paris. A chaque fois que ce nom me revient à l'esprit, je me dis qu'il faut vraiment que j'y retourne.

Et avec ça on boit quoi ? Si on le mange le matin, ça sera du café. Mais si c'est pour le goûter ? Faut-il boire le même vin qui a servi à faire le gâteau ? Bof... Le ton sur ton, c'est souvent lasssant. Un moelleux ? Un vin doux ? Un liquoreux ? Non, je tenterais bien un vin de copain acide, pour contrebalancer le côté sucré (le ton sur ton, c'est souvent lassant - bis). Le gâteau est humide, grassouillet et un peu sucré. Prenons un muscadet là encore ! Sec, tranchant et minéral. La Bohème (cuvée Equinoxe, sans soufre) de Marc Pesnot par exemple, qui aurait très bien pu servir d'ingrédient pour le gâteau. Mais vu que ce "vin naturel sans intervention vulgaire" est difficile à trouver et très bon, on le boit !

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10:01 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vendredis du vin, muscadet, marc pesnot, la bohème | | |  Facebook

23 juin 2011

Soutenons le Japon avec la Cave de l'Insolite

Les opérations de solidarité avec le Japon ne doivent pas s'arrêter. Dans une grosse semaine, c'est la Cave de l'Insolite qui apporte sa pierre à l'édifice. Le samedi 2 juillet, à partir de midi, sera servi un repas japonais accompagné de vins naturels, la spécialité de la maison, sélectionnés par Michel et Giuseppe. J'ai entendu parler de sushis, de makis et d'autres belles choses. Des petits tracts viennent tout juste d'être imprimés.

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Le déjeuner est réalisé en partenariat avec l'association d'échanges culinaires franco-japonais Enrichir Paris. La recette de la journée sera reversée à Creative Action Links, une association d'artistes de Sendai qui fournit une aide directe aux victimes du séisme et du tsunami. Plus d'infos ici mais c'est en japonais. Pour tout contact, un petit mail. Sinon, rendez-vous directement à la Cave de l'Insolite, 30 rue de la Folie-Méricourt, 75 011 Paris, 01 53 36 08 33.

13:59 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cave de l'insolite, japon, vin naturel | | |  Facebook

22 juin 2011

Des raviolis orange-cannelle chez Fulvio

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Au hasard d'un déjeuner chez Fulvio, une incongruité dans l'assiette, goûtée avec Audrey et Nico : les raviolis orange-cannelle. C'est sucré-salé mais pas non plus très sucré. Le romarin amène son petit côté amer et la crème le doux. C'est déstabilisant mais c'est très bon... mais déstabilisant.

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13:08 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fulvio, italie | | |  Facebook

21 juin 2011

Le Vin au Vert : encore une cave à manger ?

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Rendez-vous ce midi avec Olivier dans une cave à manger ouverte depuis 2 ans et qui, il faut l'avouer, m'avait échappé. C'est en cherchant des renseignements sur la cuvée Au Hasard et Souvent de Jean-Christophe Comor (Les Terres Promises) que le nom est arrivé dans la conversation. "Vas-y, tu vas voir, c'est bien foutu." Ouais, encore une cave à manger de plus...

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Sur place, il faut dire que la sélection de bouteilles est particulièrement excitante. Comor donc, domaine Léonine, Karim Vionnet, des magnums de Villemade, de beaux champagnes, whiskies... C'est une de mes théories (qui un jour sera battue en brèche) : quand on fait autant d'efforts sur le vin à disposition des clients, le resto en fait aussi forcément aussi sur la bouffe. La logique veut qu'on ne peut pas accompagner ces quilles de cochonneries sur la table. Quand on voit ces noms dans un endroit, on est sûr de bien manger. Théorème qui vaut ce qu'il vaut, jusqu'au jour où je tomberai sur un attrape-gogo.

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On va tuer le suspense : Le Vin au Vert vérifie mon théorème. Olivier et moi avons passé un beau moment : un verre de l'Antidote à la main, le moment ne peut être que beau. Qui disait des vins de Comor qu'ils entretiennent l'amitié ? C'est en tout cas, l'Antidote "aux poisons quotidiens" comme précise l'étiquette (10 euros la bouteille, à emporter). Et dans l'assiette alors ? Je ne peux malheureusement pas citer le charcutier qui a exécuté ce morceau de bravoure qu'est la saucisse de campagne... Dommage, il aurait fallu lui rendre hommage. C'est bigrement bien foutu, artisanal, goûteux et beau. Oui, c'est beau. Cette couleur ocre qui se dandine sur la purée maison, je trouve ça digne d'une nature morte avec des pommes à la con. Belle saucisse, purée maison, quelques feuilles de salade : c'est avant tout très bon mais c'est surtout simple et c'est ça que l'on recherche. Pas d'éraflures d'épices sorties de pots de 5 kilos, pas de sauce nimportenaouak, pas de frou-frou sur l'assiette. J'ai commandé une saucisse-purée, j'ai une saucisse purée !

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Pareil pour le fondant au chocolat maison. Pas de sauce anglaise, pas de chantilly, pas de boule de glace vanille qui vient tout casser. J'ai commandé un fondant, on m'apporte un fondant. Point. Certains vont peut-être gueuler de ne pas avoir leur traditionnelle fioriture, mais moi je préfère un produit seul et content d'être là à une assiette moyenne mais remplie à ras-bord. Et puis, il faut dire la vérité... Vous aimez vraiment le côté sirupeux de la crème anglaise, le régressif de la glace vanille ou l'industriel de la chantilly ? Si c'est fait maison d'accord, à la rigueur mais franchement, ça apporte quoi au fondant au chocolat ?

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Alors Le Vin au Vert, une énième cave à manger ? Non, c'est bien plus intelligent que cela.

Le Vin au vert, 70 rue de Dunkerque, 75009 Paris, 01 83 56 46 93.

13:13 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : le vin au vert, jean-christophe comor, antidote | | |  Facebook

19 juin 2011

Yo ! Yo !

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Le domaine s'appelle Yoyo, mais on ne joue pas avec. La vigneronne s'appelle Laurence Manya et avec sa Tranchée, le grenache souple et gouleyant prend l'allure d'un beaujolais corsé. A Banyuls, Manu nous avait recommandé cette bouteille pour l'apéro. En suivant la voie tracée par le Casot des Mailloles, les quilles deviennent de plus en plus excitantes dans ce finistère.

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18 juin 2011

Le rouge naturel de Savoie, ça envoie

La mondeuse 2009 de Jean-Yves Péron (18 euros à la Cave de l'Insolite). Ouvert un jour sans, mais la bouteille en a tout de même à revendre. Un beau fruit, une belle concentration et de beaux amers. Qu'est-ce que ça doit être dans un jour avec... A reboire.

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21:19 Publié dans Savoie ça va | Lien permanent | Commentaires (2) | | |  Facebook

16 juin 2011

Une soirée avec la bloglouglou

Quand on accueille chez soi Eva, Stéphanie, Antonin et Jacques, et tout en connaissant les pinards qui patientent au frais, on ne sert certainement pas des pâtes au beurre. Pour avoir les idées tranquilles le jour J, mieux vaut tout faire la veille. Et décortiquer les pois chiches pour le houmous. Et cuire la macreuse quatre heures durant dans la cocotte avant de la monter en parmentier.

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Vu que la bouffe n'est que subsidiaire ce soir, concentrons-nous sur les bouteilles. Je ne livre ici que mon appréciation et mes souvenirs, forcément un peu flous pour ce qui est la fin de la soirée...

* L'Opéra des Vins de Jean-Pierre Robinot (Vignes de l'Ange Vin) en apéro. On le répète, aucun lien avec Eva. Pineau d'aunis pétillant (un poil de chenin en sus, disent certains). C'est du 2010 mais chut! faut pas le dire. Sec, acide, pétillant, ça tranche. Une bien belle bouteille.

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* Cairanne blanc 2009 de Marcel Richaud. C'était un peu la star de la soirée, celle qui nous a réunie autour de la table. Ce qui n'empêche pas la grosse déception, décidément je ne m'y fais pas aux blancs de Richaud. Lourd, alcooleux, peu vif, peu flatteur. Sentiment personnel : zut...

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* Chemin de la Brune 2010 d'Eric Pfifferling (domaine de l'Anglore), mon vigneron fétiche. Un tavel qui n'en a pas le nom, un rosé de pressurage direct. Goûté il y a quelques semaines, il m'avait paru terne. Là ça y est, il a pris sa place dans la bouteille. Vif, piquant, très accessible. Très joli aussi.

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* 100 % pur jus du domaine Viret. Pas trouvé des masses d'infos là-dessus : c'est pour Antonin que je l'ai dégotée celle-là, à la Cave de l'Insolite. Goûté il y a quelques jours, ça m'avait paru à tomber. Ce soir, ça tombe à plat. Un goût de sardine à l'huile, comme dit Laurent. Zut (bis)...

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Antonin nous a fait un joli cadeau empoisonné en nous ramenant 2 bordeaux 2009. Les deux sont plutôt vanillés mais j'avoue que le Haut-Gay est clairement un niveau au-dessus du Beaulieu. Ce genre de vins n'est pas mon truc, je ne vais pas m'appesantir.

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* Bon, le vrai cadeau pas empoisonné d'Antonin, il est là : Henri Milan cuvée sans soufre 2010, non collé, non filtré, tout le toutim. Depuis le temps que je l'attends... Et bien ? Rien, plat. Goûté à nouveau deux jours après l'ouverture, plat toujours. Mais qu'est-ce qu'il se passe ce soir, bordel ? Sans doute la preuve que ces vins sont vivants. Pourtant, je suis convaincu que c'est un très grand domaine avec de très belles quilles : je ne vais pas m'arrêter à ça.

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* Gaillac Bois Moisset 2009 de Sylvie Ledran et Philippe Maffre. J'aime bien cette bouteille, étincelante certains soirs. Là, c'est bien plus calme. Plat.

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* Jacques Berthomeau a ramené deux nouveaux vins de la caves d'Embre & Castelmaure. Il en a déjà parlé longuement : Faut pas rouler les mécaniques 2010 et Vavavoum, même année. Deux rouges, le goût des Corbières. Comme souvent chez Castelmaure, c'est bien fait pour pas cher, le tout avec une jolie étiquette. Mais ça ne laisse pas un souvenir impérissable ; de toute façon, ce n'est pas le but.

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* Le Feu 2009 de Belluard. Ah enfin ! A mon avis, c'est LA bouteille de la soirée (via Stéphanie). Le cépage gringet en Savoie fait des merveilles quand c'est Belluard qui s'y colle. Même après tous ces rouges, c'est net et surtout très classe. J'en redemande.

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* Voici maintenant l'énigme de la soirée. Le Morillon blanc 2008 de Jeff Carel, apporté par Jacques. Un chardonnay de l'Aude récolté botrytisé. Fort, pas énormément sucré... On est complètement désarçonné. Une puissance qui écrase tout, une vinifation qui ne semble rien laisser au hasard, un verre assez flatteur. Mais je ne saurais pas dire si ça me plait ou non. Le genre de bouteille assez rare qui change de l'ordinaire.

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* C'était mon chouchou, avec le dessert. Hormis le fait que les sucres ont tous été bouffés, que la pression était telle qu'on en a mis la moitié à côté et que la bouche est incroyablement rustique (plutôt un compliment chez moi), faut bien dire qu'il n'en avait plus beaucoup dans la culotte mon poiré. Pas d'étiquette pour un jus qu'on se refile sous le manteau : c'est avec ce poiré et leur cidre que le domaine des Patrets, à Mahéru, au nord d'Alençon réalise un excellent calvados domfrontais. Un jus rafraichissant, mais avec les sucres grignotés, c'est forcément moins facile que prévu.

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* Enfin, tentons à nouveau le Vin de Méditation du domaine de la Tour Vieille. Goûté à Collioure, j'en étais sorti assez déçu avec Hélène et Thomas allant dans mon sens. Avec la bloglouglou à qui, au début, je n'ai pas fait part de ma déception, nous arrivons à la même conclusion : c'est bon, et par rapport à d'autres banyuls c'est même très bon, mais absolument pas sensationnel.

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Mais qu'est-ce qu'ils avaient les vins ce soir ? La météo était-elle trop chaude, le temps à l'orage ? Question biodynamie, nous sommes en "jour feuilles" : voilà, on est tout simplement dans un mauvais jour.

Qu'on se rassure, tout n'a pas été bu. Sinon plus personne n'aurait retrouvé le chemin qui mène à ses pénates. Le reste de rouge va finir dans une daube et le reste de blanc dans un gâteau. Par contre, ce qu'on ne voit pas sur les photos, ce sont les digestifs courageusement testés par Antoninwhisky de Michel Couvreur vieilli en fût de vin jaune, rhum-gingembre maison ou encore pastis palestinien (arack sabat extra de Bethléem). Et soyons exhaustif en disant que me reste sur les bras une bouteille de Piège à Filles (Pascal Potaire du domaine des Capriades), apportée par Eva, qui sera bue bien vite.

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21:00 Publié dans Entre copains | Lien permanent | Commentaires (6) | | |  Facebook

Qui a fumé la mozzarella ?

Avec Omar, pour la fin de ses examens, nous avons poussé la porte de la Cave de l'Insolite pour un bon grignotage. On s'ouvre l'appétit avec la vivacité du chenin pétillant de Jean-Pierre Robinot (Fêtembulles). C'est droit, peu bullé, flamboyant. Il fait lourd, ça rafraîchit.

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Giuseppe, le cuistot de Michel, nous sort de je-ne-sais-où une mozzarella entourée de speck. Jusque-là, on est en terrain connu...

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Et puis quand on soulève le jambon fumé, on s'arrête quelques instants : qu'est-ce que c'est que ce truc ?... Une mozzarella fumée à la paille ! Elle ressemble trait pour trait à celle que nous connaissons mais sa peau est fumée, presque brûlée. Ce n'est pas non plus de la scamorza qui, elle, est séchée puis fumée. Non, c'est autre chose. Dans la bouche, la juxtaposition des goûts est surprenante, du fondant avec un peu de piquant rustique. C'est incroyablement bon, est-il besoin de le préciser ? Pour compléter le côté fumé, on aurait aussi pu penser à ouvrir un vieux pinot noir.

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Allez, je suis sympa, je redonne l'adresse une énième fois : la Cave de l'Insolite30 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris, 01 53 36 08 33.

13 juin 2011

Al Raparou : la belle surprise d'Argelès

On ne va pas jouer les snobs ni faire dans le délit de sale gueule... Oh puis si, tiens. Franchement de l'extérieur, Al Raparou, ça sentait le restaurant pourri, abandonné, kitsch, mal foutu, pas cher mais aussi pas bon.

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Autant le dire tout de suite, on a eu tout faux. Sauf qu'effectivement, ce n'est pas cher : 38 euros à 3 pour bières et picorage. L'endroit est d'une gentillesse désarmante : le patron accueille les touristes de la même manière que les habitués, on croit rêver.

Celui qui va se laver les mains avant de passer à table comprend que, dans l'assiette, la partie va devenir intéressante : la cuisine est au centre du restaurant, avec une immense plancha pour les spécialités locales. Chaque personne qui aperçoit la bête se fend d'un "dis donc, elle est pas mal leur cuisine..." Quand les commandes arrivent, on se dit qu'on a dégoté une belle adresse : les charcuteries ne semblent pas sortir d'une barquette plastifiée (certains morceaux ne sont pas découpés très droit), le patron nous fait goûter à un fromage de tête local et l'aïoli comme la mayonnaise n'ont pas une gueule de sauces en tubes. Preuve que l'endroit se défend très bien : le pain de campagne est superbe.

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Sur les tranches de pain, du fromage "mescla" (ou mezcla) : un genre de manchego assez pâle à contours noirs et à base de chèvre, vache, brebis. Un délice.

Al Raparou, 17 rue Alembert, 66 700 Argelès-sur-Mer, 04 68 81 22 46.

21:09 Publié dans Bonnes adresses en province | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al raparou, argeles-sur-mer | | |  Facebook

Cadaques : un resto choisi au hasard n'est pas forcément un mauvais resto

Dans le paradis de Dali devenu le Saint-Trop' catalan, il faut se mettre au centre du village, face à la mer, au milieu de la zone touristique. Et regarder alentour. Autour de nous, que des restaurants bondés de touristes. Sur la droite, un petit bras de terre accueille quelques tables qui surplombent la mer. Mais si, regardez c'est tout à gauche sur la photo... Il suffit de quelques minutes pour y accéder. Là au moins, on sera un peu plus planqué.

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C'est donc un restaurant choisi au hasard, pour sa situation. Parce qu'il n'est pas totalement dans la zone touristique et que le point de vue y est plus que sympathique. A bien y réfléchir, c'est sans doute la plus belle vue sur le centre de Cadaques.

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La bière est, elle aussi, sympathique. Il s'avère que ce petit restaurant fait attention à ce qu'il sert. Les fromages viennent de Gérone toute proche. Un chèvre frais, un genre de bleu bien fermenté...

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Des petites boulettes de poulpes revenues dans une sauce à la viande.

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Des anchois très marinés (moins frais que chez Manu, à Banyuls) mais ça goûte bien.

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Enfin, un carpaccio de veau (bio) à se damner. Décidément, on est plutôt loin du "spot touristique" tout en étant dans une zone bondée. Ce n'est pas l'extase gastronomique mais ce n'est certainement pas un attrape-gogos. Ce qui prouve que, dans le coin, on n'a pas besoin de s'appeler El Bulli pour faire de bons tapas.

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Es Cau, 16 Riba Pitxot, 691 321 238 / 654 037 707.

14:27 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, cadaques, es cau, bière | | |  Facebook

12 juin 2011

Collioure : les vins du domaine de la Tour Vieille

Le domaine de la Tour Vieille nous a été chaudement recommandé par plusieurs personnes. Arrivés à Collioure, on passe boire un petit coup de blanc sec, les Canadells (grenache gris, grenache blanc, macabeu et vermentino, puis faibles rendements et élevage long). Dur mais, ma foi, bien sympathique.

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Les éloges portaient plutôt sur le Vin de Méditation, un banyuls (VDN, vin doux naturel) réalisé en solera. Chaque année depuis 1952, on ajoute le nouveau millésime au précédent : le vieux vin éduque le plus jeune. Un véritable phénomène culturel. On nous avait sorti les plus grands qualificatifs : "vin fabuleux", "vin anti suicide"... Nous avons monté quelques marches pour prendre un peu de hauteur et surplomber la petite ville.

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On débouche la bouteille et là, grosse déception. Oui, c'est bon, très bon mais on est loin d'être subjugué. Le sucre est fondu pour laisser place à une grande finesse, on est heureux d'être là, le vin aussi. Mais on n'est loin d'être subjugué. Hélène, Thomas et moi sommes d'accord.

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On redescend. Peut-être qu'au niveau de la mer ça sera mieux. Surtout ça nous permettra de mieux voir la couleur du nectar, un joli tabac très classe. Ah, c'est très beau dans le verre. Bon, il y a une forte lumière jaune, faut dire. A la lumière naturelle, c'est plutôt un rouge ocre nuancé. Dans tous les cas, on est bien, on boit un très bon vin. Mais toujours pas subjugué.

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Bouchée puis réouverte et finie à Paris avec des fous de vins. Oui, on est en toujours à dire que c'est bon, très bon. Mais qu'on n'est pas dans le vin "anti suicide". Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Peut-être n'avons nous pas les clés pour l'apprécier à sa juste valeur : mais là, nous sommes 8 à l'avoir goûté... (50 euros les 50 cl, prix domaine).

Collioure : une bière catalane face à la mer

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Au pied de notre hôtel, Le Triton, attablez-vous au bar de la plage, le Saint-Elme. L'occasion de goûter une bière catalane, Cap d'Ona. Il y a la blanche mais surtout, la sidérante Especiale (4 euros les 33 cl en terrasse).

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La brasserie Cap d'Ona est dirigée par Gregor Engler dont la famille, originaire de Moselle (comme moi), a ouvert sa première brasserie en 1838. Gregor l'a transposée à Argelès en 1998. Aux bières typiques (au miel de romarin, au muscat de Rivesaltes, au romarin) succèdent les pures malts bios ou les bières de saison. Nous avons mis le cap sur une spécialité donc, la Especiale, une blonde devenue quelque peu ambrée à cause de l'ajout de vin de Banyuls à 17°. C'est absolument délicieux, rafraîchissant grâce à de très beaux amers sans sucre. Thomas et moi en avons fait la découverte de notre séjour.

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17:44 Publié dans Bière aussi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bière, cap d'ona, catalogne | | |  Facebook

 
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