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du morgon dans les veines - Page 12

  • Te fiche pas de moi, je cuisine !

    te fiche pas de moi,je cuisine

    À l’heure des produits surgelés sans âme, des sandwichs sous vide sans goût ou des plats à emporter sans éclat, il est plus que jamais nécessaire de retourner derrière les fourneaux. Et ça n’a rien d’une corvée ! Franckie pour les dessins et ma pomme pour les textes, nous avons pas mal réfléchi. Le résultat est beau comme un camion : ça s'appelle Te fiche pas de moi je cuisine ! et on le trouvera dès mercredi 12 dans toutes les bonnes librairies. Allez, un peu d'autopromo !

    De quoi s'agit-il ? D'un coffret de 60 fiches illustrées (50 recettes, 10 fiches de conseils) à destination des étudiants et de tous les curieux en général. On a essayé de faire un objet à la fois pratique dans la forme et aussi intelligent que possible dans le fond.

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    Pratique, déjà. Nous avons délimité 6 thèmes, chacun avec sa couleur appropriée, pour coller à tous les moments de la vie quotidienne. A chaque fois, 8 recettes : 

    Pour un quotidien qui bouge : le club sandwich, l'empanada, un taboulé, une salade niçoise, un gâteau au sirop, un far breton, un brownie et des sablés.

    Pour un moment convivial : un cake salé, une tortilla, une quiche lorraine, une pizza, des lasagnes à la bolognaise, un chili con carne, un riz au lait et une mousse au chocolat.

    Pour une bouffe rapide : du guacamole, des crêpes, un cordon-bleu, un hamburger, un croque-monsieur, du pain perdu, un gâteau au vin blanc et des cookies.

    Pour un plat qui impressionne : des chips maison, un tartare de la mer, des champignons à la grecque, un risotto, un osso bucco, un bifteck à la cambodgienne, une panna cotta et un cheesecake.

    Pour un repas copieux : des croquettes au jambon, des galettes de pommes de terre, des gnocchis au pesto, des pâtes carbonara, du hachis parmentier, une tartiflette, une tarte à la confiture et des muffins.

    Pour un menu léger : un gaspacho, une soupe de légumes, une moussaka légère, un poisson en papillote, des tomates farcies végétariennes, une compote de pommes, un crumble et un smoothie.

    Ajoutons à cela deux fiches cocktails (avec ou sans alcool) pour pimenter un peu les moments conviviaux. Et vu qu'il s'agit de plaquettes plastifiées, cuisiner devient bien plus simple : plus besoin d'ouvrir un gros livre qui craint les taches de gras ! 

    te fiche pas de moi,je cuisine

    Aussi intelligent que possible, ensuite. Ici, pas de recettes à base de cordon-bleu sous vide, de Nutella ou de pâtes feuilletées pleines de je-sais-pas-quoi. Tant qu'à retourner en cuisine, on fait tout maison, de la pâte à pizza à la purée de pommes de terre ! On cuisine responsable, voire tout simplement logique, en suivant un principe de base : les saisons ! C'est meilleur pour la planète, pour le goût des fruits et des légumes et pour le portefeuille.

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    Et tout comme un bon repas va souvent de pair avec le vin, on donne aussi quelques conseils dans ce domaine.

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    Volontairement, ce coffret de fiches-cuisine qui s'adresse aux étudiants comme à tous les curieux se veut un peu exigeant parce qu'on ne réchauffe pas de produits tout préparés et qu'on n'utilise pas de micro-ondes. Mais au final, faire la cuisine soi-même c'est plus économique, bien meilleur, en réalité assez simple et assez marrant !

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    Finissons sur le plus important : se faire plaisir et faire plaisir. Car, qu'il s'agisse d'une pizza ou d'un homard, la cuisine est avant tout l'occasion d'un moment de plaisir partagé. D'ailleurs, quelle plus grande preuve d'amour que de cuisiner pour quelqu'un ? Alain Chapel, un des plus grands cuisiniers du siècle passé écrivait que "la cuisine, c'est beaucoup plus que des recettes. Des produits d'abord et avant tout, et des émotions sans doute, qui s'enracinent dans des paysages, des visages, un quotidien familier, un bonheur plus ample que la table". C'est tout cela qu'on a essayé de faire passer.

    Te fiche pas de moi, je cuisine ! de Franckie Alarcon et Guillaume Nicolas-Brion, aux éditions Milan, 10,90 euros. Dans toutes les bonnes librairies à partir du 12 octobre. Pour les infos, c'est ici et pour tout contact c'est

  • Gaya Rive Gauche et les crevettes du Mozambique

    Je vous ai donc épargné le titre "la mer de Pierre Gagnaire" qui, il faut le reconnaître, ne veut rien dire. Commençons tout de suite avec ces huîtres de David Hervé au wasabi et kombu. Là oui, on peut dire que c'est marin cette gelée !

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    En plat, les fameuses crevettes du Mozambique, les Black Qwehli ! Charnues, fondantes, torrides : le top, tout simplement. Et certifiées AB pour couronner le tout. Pour les accompagner un velouté de poivron rouge et un sorbet pastèque. Marrant. Là j'ai tout mélangé et déjà mangé, il y en a bien plus dans l'assiette à l'origine. Mais tu m'aurais fait une plancha de crevettes, avec cette cuisson-là, sans le tralala, j'aurais été le plus heureux des hommes...

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    En face un très bon turbotin et surtout des tempuras de haricots à tremper dans une pâte de sésame, vraiment merveilleux.

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    Très jolis desserts à suivre. Lait de coco, aloé vera, tapioca, purée de potimarron à la canelle, le tout remonté d'un citron vert... Long à énumérer, long à déguster : c'est fichtrement bien foutu !

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    ...et une tarte aux quetsches très légère et plus classique.

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    Côté vins, on est clairement à la traîne : on s'ennuie. Bouteilles pas données et une teinte un peu sudiste alors que j'aurais voulu un bon coup de muscadet avec tout ça. Côté addition, forcément un "unétoilemichelin" qui plus est annexe de Gagnaire, c'est quelque chose comme 75 euros à la carte.

    Gaya Rive Gauche par Pierre Gagnaire, 44 rue du Bac, 75 007 Paris, 01 45 44 73 73.

  • Le magret de canard tombé du ciel

    Avec le Beurre Noisette et l'Os à Moëlle, Afaria hisse haut les couleurs de la belle gastronomie dans ce sud du XVe arrondissement où on s'aventure rarement, à moins d'habiter ou de travailler à côté. Dans cette auberge basque qui s'échappe un peu en Asie (pourquoi ?), les entrées et les plats sont joliment troussés. Magnifique saumon en entrée mais surtout incroyable magret de canard à se partager (18 euros par tête). Je m'explique.

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    Déjà, on lui laisse son os. On le fait revenir à la poêle puis il cuit au four sur des sarments de vigne. Pour les plus farfelus, la recette se trouve ici. Le petit truc du jour, c'est une sauce badigeonnée sur le dessus du magret, à base de vinaigre balsamique et de pâte de coings. Je parie que les végétariens deviendraient viandards. Et je ne veux aucun commentaire du style "dis donc, c'est rosé !" car ça se mange comme ça, point.

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    Et pour pousser tout ça dans le gosier, on ouvre un vin fort mais qui coule. La Griffe 2009 du domaine de Villeneuve de Stanislas Wallut. Riche mais incroyablement buvable, notamment grâce à un léger reste de gaz carbonique qui m'enchante, un vin du sud bien naturel.

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  • "Nul n'est censé ignorer la Loire"

    "Les vins se moquent bien de ces méandres administratifs. Ils expriment leur terroir et leurs producteurs voient dans les refus d'agrément en appellation d'une commission-couperet la reconnaissance de leur singularité. Ce sont des vins de paysan, au sens le plus noble du terme."

    Il est sûr que ces quelques lignes écrites sur Olivier Cousin par Pierre Jancou dans Vin Vivant (éditions Alternatives) prennent aujourd'hui un goût amer. Certes le vigneron ligérien a désormais l'habitude d'auto-(dé)classer ses jus en vin-de-table-vin-de-france mais là, c'est une véritable mascarade.

    Je m'explique : pour avoir écrit "Anjou Olivier Cousin" sur ses cartons de quilles déclassées, notre ami se voit demander 30 000 euros par la Répression des fraudes car il aurait "fait du tort à son appellation". C'est bon ? On peut rigoler ? Non mais franchement... Tout est expliqué dans le détail ici par Sylvie Augereau.

    Du coup, on se mobilise pour signer une petite bafouille à destination du procureur. A ce stade, 73 personnes l'ont déjà fait sur Glougueule : il faut continuer, ça sert à ça la bloglouglou ! On pourrait titrer la lettre avec le bon mot de Sylvie justement, "nul n'est censé ignorer la Loire !"

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    Malheureusement, ce genre problème dépasse Olivier Cousin ; il n'est pas le seul vigneron à être dans le pétrin. J'ai en tête le témoignage d'une star du vin naturel qui racontait être harcelée par les commissions d'agrément et tout le Politburo du pinard-bien-dans-les-clous à partir du moment où on ne vinifiait pas comme tout le monde. Contrôles multiples sur toutes les cuvées, pressions diverses, menaces, déclassement, amendes...

    On ne le répètera jamais assez, le véritable moyen d'assurer son soutien à un vigneron, à l'image de ce qu'on a fait pour Olivier B. est d'apprendre le geste qui le sauve : lever le coude plutôt que de baisser les bras, selon le mot d'Iris. Oui, buvons les vins d'Olivier Cousin ce "Gaulois qui fait du vin qui conserve et réjouit le corps et le coeur de l'homme" (selon le mot de Jancou, encore), buvons les vins des vignerons frondeurs, buvons ces vins singuliers en voie de disparition.

    Boire un verre de vin sera bientôt un acte politique similaire (voire supérieur) au fait de glisser un bulletin dans l'urne pour une élection primaire ou secondaire. Comment ?... C'est déjà le cas ?

  • Quand le vin naturel est le fil rouge d'un roman

    L'écrivain Jérôme Leroy publie demain un polar dont on n'a sans doute pas fini de parler. Le Bloc (éd. Gallimard) raconte l'arrivée au pouvoir d'un parti d'extrême-droite. Evidemment, on l'attend et certes, l'idée de départ n'est pas gaie. Mais dans cette atmosphère d'agonie propre aux livres de Jérôme Leroy, il y a toujours quelque chose à quoi se raccrocher.

    Dans un précédent roman La Minute prescrite pour l'assaut (éd. Mille et une nuit, 2008), c'est le vin qui permet de rester en vie. Et pas n'importe lequel... Le personnage principal rencontre sa nouvelle amie grâce au Brut Nature zéro dosage de Drappier et ils font l'amour sur une plage en compagnie du chablis des De Moor. Quelqu'un autre passe en contrebande le cheverny rouge de Villemade qu'il a acheté chez mon ancien caviste, Michel, rue de la Folie-Méricourt aujourd'hui fermé, chez qui on goûte le morgon de Marcel Lapierre. On se soigne au pouilly-fumé de Didier Dagueneau et on arrose ses repas avec le mâcon de chez Valette, les Glaneurs des Foulards rouges et un irouléguy et d'une poire Williams de chez Brana. Le départ vers le sud ne se fait pas seul : on emporte à nouveau le cheverny de Villemade et les blancs de Dagueneau.

    Lorsqu'on referme La Minute, on se dit que c'est marrant d'être à ce point en terrain connu, en ce qui concerne le vin et en ce qui concerne le reste.

  • Quand la Bourgogne s'amuse dans les Corbières

    Frédéric Cossard ne s'occupe pas que des vignes du Chassorney, à Saint-Romain, ni que de ses pommard et puligny de compét'. Quand il a soif de raisin sudiste, il s'en va chercher du raisin dans les Corbières et nous rapporte La Boîte du Gros Siam, comme ici en 2007. Un pur grenache vinifié à la Cossard... ça donne quoi ?

    Une bouteille d'exception ! Le 2007 a une couleur déjà assez évoluée, sombre au centre et avec des reflets presque œil-de-perdrix. Un nez dévastateur, sur le fruit, une bouche classe avec une finale amère, presque torréfiée. On n'est pas sur la même griotte (caractéristique du grenache) qu'à Banyuls par exemple : on sent le sol pauvre, mais les tanins doux et en somme de la retenue. Au fur et à mesure on gagne en amertume (en fait, c'est à cause de la nourriture assez grasse avec laquelle on l'accompagne) et en groseille aussi, on dirait : oserais-je dire que ça pinote ? A l'aveugle, on serait évidemment complètement paumé. C'est surtout incroyablement léger et digeste pour un "Gros".

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    Le seul problème de cette bouteille, c'est qu'il faut mettre la main dessus. Allez, je suis sympa, je dis où j'ai trouvé la mienne : chez VinNouveau et pour 10 euros, une paille pour un tel mastodonte !

  • De l'utilité des blogs indépendants sur le vin

    A cette interrogation légitime, voici une réponse quelque peu anachronique par Alain Braik. On est en 1983 et celui que Marcel Lapierre surnomme "L'Ingénieur Liberté" écrit à Jacques Néauport :

    "Et je trouverais d'un cynisme misérable de déguster un bon vin inconnu sans lui faire la réputation qu'il mérite, condamnant ainsi le vigneron à subir une injustice terrible. Il faut au contraire avoir le panache et la fierté de faire à un vin la réputation qu'il mérite."

    Ce paragraphe est extrait de l'ouvrage Les Raisins de la Raison (éditions Jean-Paul Rocher, 1998) dans lequel on suit le cheminement de l'éditeur Braik à qui Néauport a confié le texte de Réflexions d'un amateur de vins. Braik refuse les logiques commerciales et les circuits traditionnels de distribution ; il tente l'invention d'un nouveau modèle. L'édition artisanale, en quelque sorte. 

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  • Petit luxe anti-crise #19 : la générosité de la charcuterie Ronceret

    Oui, oui d'accord... Chaque lundi, je reprends les petits luxes anti-crise ! C'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.

    C'est une adresse que les gourmands se refilent sous le manteau, comme si on était honteux ou comme si des puissances extérieures au bon goût nous occupaient. Souvent le passant qui n'est pas dans la confidence passe devant Ronceret en regardant à peine la vitrine. Faut dire que ce coin de la place Voltaire est bien achalandé question barbacque avec pas moins de 4 boucheries-charcuteries sur quelques dizaines de mètres (dont une chevaline de l'autre côté de la place). 

    Pourtant, notre charcutier-traiteur est assez réputé, mais pas très médiatique. Médailles pas en toc et diplômes obtenus à la force des bras ornent les murs. A l'intérieur, on quitte Paris pour une auberge de province rassurante. Je n'ai pas encore goûté les plats cuisinés ; dans une telle boutique, je m'intéresse plus à la charcuterie qu'au traiteur. Jambon à l'os, jambon fumé, andouille, andouillette... Et surtout les pâtés et le fromage de tête maison (moins de 20 euros le kilo, soit quelques euros la belle tranche). On voit d'ailleurs que toute la tête est là, avec la belle ligne blanche formée par l'oreille.

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    Voici une belle maison qui prépare elle-même ses terrines. On ne se contente pas de prendre le camion frigorifique direction Rungis et une fois revenu à la maison, d'ouvrir le plastique. Il y a un vrai travail d'artisan, voire d'artiste. Une adresse rare.

    Ronceret, 138 rue de la Roquette, 75 011 Paris, 01 43 79 71 19.

  • Vendredi du Vin n°39 : le vin qui aimait les femmes

    Le vin qui aimait les femmes... Le thème lancé par Jacques me fait de suite réfléchir à un beau repas à préparer amoureusement pour deux personnes. Question plat, peu de réflexion : un risotto aux truffes. Si ce n'est pas la saison de ce champignon, l'assiette vaut surtout par un superbe riz, le carnaroli de chez Acquerello, affiné un an. Ferme, délicat et incroyablement léger : aucune sensation de trop plein, même avec 100 grammes par tête.

    Pour fleurir la soirée, et c'est là que réside l'intérêt de ce Vendredi du Vin, il faut un vin qui va la séduire. Pour le choix du domaine, ce n'est pas trop compliqué. Par contre, il faut choisir une cuvée qui accroche, quelque chose de pas courant. Rustique et envoûtant, le Soula 2001 du Casot des Mailloles d'Alain Castex et Ghislaine Magnier. Trouvé chez Franck. Bien sûr, c'est plus accessible après 2 heures de carafe. Avec cette note caractéristique de griotte liée au grenache, le fruit à peine émoussé par les 10 ans d'âge. C'est incroyablement digeste et pur pour 14,8°. Fort, avec de la matière, mais pas lourd : un véritable nuage. C'est tout à fait son type de vin.

    Si facile à boire qu'il n'aurait pas dépareillé avec un dessert aux fruits rouges. Le lendemain midi, après 20 heures de carafe, il restait deux verres d'un très grand vin.
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    Je finirai en citant Antonin : "Le Casot quand y en a plus, y en a plus. Et on se dit merde... Y en a plus !"

  • Le supplément vin de L'Aberration

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    Il y a quelques jours, je gueulais contre Libération coupable à mes yeux de s'être vendu à la RVF pour faire son supplément vin se voulant dans l'air du temps. Raisin sur le gâteau, il est intitulé "le vin grandeur nature". Donc, on se dit que ça cause de vin naturel, ça tombe bien c'est tendance, c'est "bobo" parait-il. Alors bien sûr, la RVF évolue grâce à Sylvie Augereau mais l'alliance RVF-Libé continue à me faire sourire.

    J'ai mis un peu de temps à commencer à le feuilleter. Il faut dire qu'il y a de belles choses (Sylvie Augereau explique bien les différences entre bio/biody/naturels, des articles sur le domaine Lapierre, Zind-Humbrecht, Elodie Balme, sur Jeanne la caviste de Versant Vins...) ou des trucs déjà plus attendus (oui, certains grands bordeaux aussi sont en bio et encore un papier sur Chapoutier). Bef pour les néophytes de belles choses, pour les amateurs rien de très neuf.

    A côté de cela, on signale les dates des foires aux vins de la grande distribution. Mais pourquoi une telle différence entre le vin vanté dans les articles et ceux de la GD ? On avait presque oublié que ce supplément arrivait pile au moment des foires aux vins. Et ça ne loupe pas : la RVF y va de ses bons conseils. Au moins, ça change un peu ; on ne classe plus les vins par enseigne mais par région. Tout de même, c'est un peu fourre-tout. Sans compter les pages de pub pour les interprofessionnelles, puisqu'il faut bien vivre.

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    Et juste en face, je vois quoi ? Du morgon dans les veines cité dans la partie "les sites d'informations et les blogs". Ici même, Camilo m'en avait parlé. Bon, voilà j'ai pas l'air con : gueuler dessus et être cité dedans. Evidemment, c'est plutôt sympathique. Merci Libé-RVF. Ce qui me flatte vraiment, c'est d'être là en très bonne compagnie. A côté d'autres blogs bien sympathiques (dont celui de Jean-Charles Huon), de Sébastien Lapaque pour son livre sur Marcel Lapierre, ou de Jacques Néauport pour un superbe Petit traité de dégustation (dont on reparlera plus tard). 

    Mais cela ne me rend pas aveugle : il manque une nouvelle fois Olif dans cette revue de blogs. Je ne veux pas être le censeur de service, je ne veux pas être celui qui dit qu'il manque tel ou tel, ou que tel ou tel n'y a pas sa place. Mais franchement, dans un supplément axé sur le vin naturel, faire une revue de blogs  sans Olif, c'est comme faire du vin sans raisin... Que le Bettane et Desseauve ne le cite pas, tout le monde comprend. Mais qu'il ne soit pas ici, je ne le comprends pas.

    Dans sa revue de presse, Coluche s'intéressait à France-Soir (le fameux journal "à grand tirage, parfait pour allumer le feu") mais citait aussi les articles du "Bigarreau" et de "L'Aberration" : la critique n'a pas vieilli.

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    P.S. : Sur la critique de l'édito de DemorandJacques a déjà tout dit.

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  • Le Zerda, le meilleur couscous de Paris ?

    Présenté par la presse parisienne du miam-miam comme l'adresse incontournable du couscous à Paris, le Zerda répond présent. Semoule fine, bouillon bien sympathique, viande assurément moelleuse et très parfumée. On y a très bien mangé : interdit de faire la fine bouche, on est obligé de faire les fines gueules. Le tout accompagné d'une bière marocaine un peu amère, la Casablanca, qui vole un peu les codes du film mythique.

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    Est-ce vaiment le meilleur couscous de Paris ? Je n'en sais rien. Et les journalistes qui l'ont écrit, qu'en savent-il ? Il nous aurait fallu tous les goûter (ceux des rades, ceux des brasseries, ceux des restos spécialisés) à un instant t puis comparer, puis donner des notes, puis faire des classements... A la rigueur, je veux bien me rappeler de quelques couscous mangés à Paris ; alors là, oui, c'est le meilleur. Mais le meilleur de ceux que j'ai mangés et selon mes souvenirs. 

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    Ce qui est sûr, c'est que le couscous, un des plats préférés des Français, est plus que malmené à Paris. Il y a quelques années, on se pressait Chez Omar rue de Bretagne, pour "le meilleur couscous de Paris". Hormis des merguez d'exception, on avait été fichtrement déçu. Moralité : arrêtons de faire des classements, ce n'est pas ça la cuisine. L'assiette dépend avant tout du professionnalisme et de l'humeur du cuisinier, sans compter de la disposition du client à recevoir une telle assiette, faut bien l'avouer. Meilleur couscous, faut bien avouer que ça ne veut rien dire.

    Ce soir, c'est simplement (et c'est déjà beaucoup) un très bon couscous. Ajoutons que ce n'est pas donné (19 euros mon Zerda). Hormis la bière intéressante, il y a une belle carte de vins algériens, tunisiens et marocains : si on reste dans le conventionnel, ce sont tout de même des cuvées qu'on ne voit pas partout. A tous ces vins forts, moi j'aurais besoin de quelque chose de plus léger, de la bière ou un cabernet-franc.

    Enfin et pour être franc, la cuisine du Maghreb n'est pas celle à laquelle j'attache la plus grande importance. Sans doute ai-je tort, mais je lui préfère et de loin celle du Machrek : Liban, Syrie ou Palestine. Cela joue aussi sans doute dans le fait que couscous et tajines me font moins vibrer qu'un houmous réussi.

    Le Zerda, 15 Rue René Boulanger, 75 010 Paris, 01 42 00 25 15.

  • Joyeux vinniversaire !

    Lorsqu'un blogueur déboule à la maison pour une dégustation et qu'il fête son anniversaire le jour même, on prend le soin de mettre au frais un champagne Drappier Carte d'Or certes, mais millésimé 1995. Elevage de 15 ans (dégorgé en février 2010) qui n'est pas du tout intrusif, le jus est bien vivace. Les réactions ont été très positives parmi les connaisseurs. Déjà à l'époque...

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    Autre bouteille assez inconnue, ce vin blanc du Portugal Mux Branco 2009 du domaine Muxagat Vinhos do Douro. Elle nous a été offerte par Raphaël Gonzalez (Clos des Cîmes) car le producteur portugais fait partie de sa belle association Jeunes vignerons d'Europe. Raphaël m'avait laissé un moyen mnémotechnique pour retenir le nom du cépage : "il suffit de se souvenir de Rabbi Jacob : le cépage, c'est le rabigato". C'est puissant mais enveloppant, pas du tout sucré. Moi, j'ai beaucoup aimé ce blanc ensoleillé pas putassier ni trop amer. Goûté deux jours plus tard, il est assagi, comme un miel sans sucre selon le mot du Bicéphale Buveur qui l'a déjà goûté.

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    Autre blanc que j'aime particulièrement, Les Moyens du Bord, de La Grange Aux Belles. Autour de la table, le débat s'est enflammé sur ce nez de pomme verte caractéristique de pas mal de vins blancs naturels. Moi, j'avoue que cela ne me dérange pas : c'est vif, propre, parfumé et effectivement assez particulier. A 17 euros le magnum chez Morapio y Papeo, c'est un vin de copain des plus sympathiques. Goûté deux jours plus tard, lui aussi s'est calmé sur sa pomme verte mais subsiste le caractère pointu du chenin. Me reste à ouvrir le petit frère en rouge.

    N'oublions pas un côte-roannaise 2005 d'un de mes chouchous, Lapandéry. Tout à la fois croquant et complexe, il n'a pas convaincu que moi... On est totalement dans le vin anti bling-bling. A quand la verticale 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 ? Et d'ailleurs, j'y ajouterai une surprise !

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    Et sinon, côté dégustation proprement dite, y avait ça...

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  • Morapio y Papeo : la nouvelle perle naturelle du XIXe arrondissement

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    Si on m'avait dit que c'était brésilien ou latino-américain, je l'aurais cru volontiers. Seulement, Jérémy alias "le dénicheur" m'avait mis la puce à l'oreille. "Je te conseille vivement les sardines Ramon Peña ! Et ses sauces japonaises (de chez Workshop Issé). J'ai passé une très bonne soirée dans cette belle cave à manger."

    Premier petit tour un après-midi pour voir à quoi à ressemble. Sur les étagères, Hommage à Robert 06 de Gilles Azzoni, huile de tournesol de Laurent Cazottes (peut-être le seul à en avoir à Paris), jolies boîtes de sardines effectivement... Bref, y a moyen de s'amuser ici. 

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    Ce fut donc un rapide retour avec Olivier ce soir. En plus, on y croise des connaissances du Verre Volé ou de Lavinia, venues voir comment on boit dans le XIXe. Ce qui fait que les bouteilles s'enchaînent. Un verre de Bois Sans Soif d'Olivier Lemasson (menu pineau et romorantin) et on enquille avec une quille du grand Jean-Christophe Comor. Et oui, on découvre qu'il y a encore des cuvées de chez lui qu'on n'a jamais goûtées. Même si on a déjà sifflé (et plusieurs fois) la rareté Au Hasard et Souvent, on est passé à côté de l'Amourvèdre 2010. On se rattrape ce soir : c'est engageant, parfumé, délirant de fruit, tout le contraire d'un jus fermé. On a adoré, à 13 euros la bouteille (plus un petit droit de bouchon : 5 euros je crois, soit bien moins que dans d'autres bars à vins). 

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    Vu qu'on est parti pour faire n'importe quoi, on continue dans les inconnues de Comor : son blanc A Bouche Que Veux-Tu. Cette vieille expression qu'on retrouve chez Brassens ("Je suis un voyou") signifie "abondamment" : c'est ainsi qu'il faut la boire cette cuvée... Mi rolle, mi ugni-blanc, un sacré caractère. Gras, profond, tendu, nerveux. C'est un vrai régal qui me frappe plus qu'Analespse : j'ai l'impression que c'est plus onctueux, plus caressant sans oublier d'être vivifiant. C'est bon maintenant ? On a enfin bu toute la gamme ? 

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    Puis une quille du domaine Picatier, l'Intro c'est-à-dire leur "petit" gamay. C'est tout à fait fringant et comme toutes les bouteilles de rouge de ce soir, c'est descendu à une vitesse sidérante. Idem pour l'avant-dernière Hommage à Robert 06 (peut-être l'avant-dernière de toute la France).

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    Dans l'assiette un sacré travail sur les salaisons et un très bel artichaut mariné. Mention aussi pour les sardines Bordier au chili, travaillées en rillettes. 

    Morapio y Papeo, 5/7 rue de Chaumont, 75 019 Paris, 01 53 19 63 34.

  • De la vie dans la bouteille

    On n'en finira pas de le répéter : le vrai vin, celui sans artifice, vit dans la bouteille. Comme le conventionnel, il évolue mais sans doute de manière plus complexe. Ainsi, on me disait de cette bouteille goûtée en début d'année, que ça partait dans tous les sens, que ça ne ressemblait à rien. Aujourd'hui, elle est riche, évoluée, parfumée et toujours un peu grenadinée. A même pas 8 euros à la Cave des Papilles, c'est le jackpot. Bran 2005 (syrah) de Gilles Azzoni. Des fruits, des fleurs et du raisin surtout.

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  • La Bourgogne raisonnée

    J'avais croisé ce domaine chez Versant Vins, dans le IIIe arrondissement, sans acheter la bouteille. Hautes-côtes-de-nuits 2007 de Naudin-Ferrand. Coincidence, quelqu'un me l'a offerte récemment. Allez, on l'ouvre. Quelques recherches avant sur le site internet du domaine qui explique dans le détail son travail et sa philosophie : le respect du raisin fait les belles bouteilles. Oui, on n'est pas raciste : pas forcément besoin d'être en bio, ou biodynamie pour arriver à un beau résultat. 

    bourgogne,hautes-côtes de nuits,domaine naudin-ferrand

    Et dans le verre ? C'est pur, droit, ça se tient plus que bien. Après l'avoir un peu laissé respirer, on en tire de splendides arômes, bien plus complexes qu'un "simple" hautes-côtes. Bien sûr, on va me dire que c'est plus classique que Prieuré-Roch...

  • La bière, un des révélateurs de la complexité du conflit israélo-palestinien

    Ce qu'il y a d'intéressant dans le vin et les alcools en général, c'est qu'ils racontent autre chose que des beuveries sous la lune. Je pense sincèrement que les boissons fermentées ou distillées témoignent de l'histoire, de la géographie, de la géologie, de la climatologie ou des traditions d'un lieu ; et c'est en ça que leur étude et leur dégustation sont passionnantes. Elles peuvent aussi raconter la guerre et la complexité d'une situation géopolitique.

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    A chacun de mes voyages à Jérusalem (comme partout dans le monde d'ailleurs, mais peut-être un peu plus ici), les journées s'avèrent physiquement harassantes et intellectuellement exigeantes. Réflexe relaxant chaque soir : s'ouvrir une bonne bière sur la terrasse de notre hôtel. On jouit d'une vue imprenable sur les soubresauts de l'actualité lorsqu'on surplombe le quartier musulman et tout le centre historique de la ville dite "trois fois sainte" : à ma gauche, le Dôme du Rocher et dans la crevasse, au centre, l'esplanade du mur des Lamentations...

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    ...et sur la droite, les bulbes sombres du Saint-Sépulcre.

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    Mais où la boire ou l'acheter cette bière ? A Jérusalem-Ouest, hors les murs, à l'ouest de la Ligne verte de 1967, c'est-à-dire côté israélien, on se procure facilement les israéliennes Maccabee, Goldstar, Nesher ou Salomon. Assez industrielles, je les trouve ennuyeuses mais pas chères ; bref, on ne s'y attarde pas.

    Pour s'amuser un peu question bière, il faut passer de l'autre côté, côté palestinien. Dans les restos pas donnés de Jérusalem-Est, repaires des responsables d'O.N.G. ou des journalistes étrangers, on croise la palestinienne Taybeh. Combien ai-je vu de soirées finir à coups de Taybeh pression au Jerusalem Hotel, le Café de Flore local ? Plus la nuit avance, plus tu crois pouvoir résoudre le conflit à toi tout seul, juste en buvant des pintes...

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    Ironie du sort à Jérusalem-Est, quand on n'a plus de récipients neutres et propres pour servir la bière palestienne, on utilise des verres à l'effigie de la cousine israélienne. S'ils font exprès de nous perdre en changeant le contenant, on n'est pas rendu.

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    Je m'arrête un peu sur la Taybeh, du fait de son caractère plus artisanal que les autres. Elle est produite en Cisjordanie, dans le village chrétien de Taybeh, au nord de la capitale Ramallah. Son goût est infiniement plus noble que les autres bières disponibles dans le coin : épicé, acide, rafraichissant, digeste. Son gros problème réside dans le fait qu'elle est produite de l'autre côté du mur de séparation, ce qui rend toute exportation à l'étranger périlleuse alors que les israéliennes se trouvent sans trop de souci à Paris. Aberration supplémentaire : elle est exportée plus ou moins aisément en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et même aux Usa. En France ? Nada ! Et après on nous dit que nous sommes un pays pro-palestinien ? Si un importateur aux reins solides m'entend, j'ai tous les contacts à disposition.

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    Retour dans la vieille ville de Jérusalem. Dans les quelques échoppes du quartier juif ouvertes le soir et qui vendent de l'alcool, on ne trouve que les bières israéliennes et les étrangères que tout le monde connait. Dans les quartiers chrétien et arménien, on achète une israélienne à six shekels (un peu plus d'un euros) et de la Taybeh deux fois plus chère : et oui, il faut lui faire passer le mur et les quantités produites ne sont pas les mêmes... Quand les rayons sont bien achalandés, on trouve parfois l'américaine Budweiser ou la danoise Carlsberg. Plus on se rapproche du quartier musulman, plus la boisson devient rare. Rue Al-Wad, une des grandes artères du souk, on peut encore trouver une jordanienne sans alcool hyper maltée. Inutile de retenir son nom, elle est infâme. Avant de rentrer à la maison pour boire un coup à la face du monde, il faut avoir dégoté les bonnes adresses et se faufiler dans ce labyrinthe qu'est Jérusalem.

    Nul besoin de s'intéresser aux grandes théories pour comprendre la complexité de l'actualité, la vie quotidienne l'illustre à merveille. Pour les curieux, Julien Boudisseau et moi avons tenté de raconter précisément tous ces "détails qui piquent la curiosité" (pour reprendre le mot de Chateaubriand) dans un ouvrage intitulé Ici à Jérusalem publié il y a deux ans.

    Les photos ont été prises par Julien ou moi en 2008, 2009 et 2010.

  • La soirée aux pinards introuvables (2)

    C'était un peu la soirée de Sébastien Fleuret. Eva nous a sorti deux quilles de son frigo. Déjà, le rosé pétillant Sitting Bulles, le pétnat avec des bulles fines. C'est vineux et engageant : une bouteille ne suffit pas. 

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    Toujours chez Sébastien Fleuret, cet Allez les Verres est en fait un vin rouge (cabernet-franc bien sûr). On n'y retrouve pas les arômes parfois caricaturaux du cabernet (poivron) et ça coule comme un truc rare, comme un supporter de foot qui serait sympathique. Ce que j'adore vraiment, c'est qu'il s'agit là encore d'une cuvée confidentielle mais qui se tient, et même bien plus que ça ! Et évidemment, Eva a tout expliqué ici.

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    Juste avant, un coup de blanc tout de même, le Petits Sylphes 2010 de Raphael Gonzales et Elodie Aubert. J'en avais déjà mis une couche ici, la tablée presque totalement composée de néophytes du Clos des Cîmes est conquise.

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    Quant à la bouteille apportée par Jacques, le 7 sous Riz (syrah) 2007 du domaine des Causse Marines (Patrice Lescarret). C'est extrêmement pointu, à ne pas mettre entre toutes les langues. Très long en bouche, nous aurions sans doute encore gagné des étoiles dans les papilles à le carafer plus longtemps. 

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    En tout cas, on s'amuse comme on s'était amusé lors de cette soirée-là.

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  • Toulouse : Emile, le classicisme du Sud-Ouest

    Dans ma bouche, ce n'est pas forcément une insulte. Au contraire, quand c'est aussi bien exécuté. Quelques heures seulement après un grignotage au Bibent, cap encore sur le sud-ouest. Normal... Je me souviens du cassoulet d'Emile englouti lorsque j'étais encore étudiant, au début de mon intérêt pour le miam-miam. J'en garde un souvenir ému. Verdict ? Oui, très bon. On saute au plafond ? Pas forcément, mais c'est très bon.

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    Pour ma part, une pomme de ris de veau cuit en cocotte, un plat rassurant. Au moment de la photo, il en reste encore deux fois pareil dans ladite cocotte.

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    On avait guère le temps, donc point de dessert et seulement une demi-bouteille. C'est vrai qu'Emile ne brille pas par sa carte des vins, même s'il y a de sacrés progrès comme les gaillacs de Causse Marines (Patrice Lescarret) ou évidemment le madiran 2006 de Montus (Alain Brumont). Ce n'est pas forcément mon style de vin, ce n'est pas du morgon c'est sûr. Ce qui ne m'empêche pas de reconnaître que c'est bien bon. J'imaginais quelque chose d'un peu plus lourd ; non c'est assez fin. Il faut dire qu'en choisissant cette demi-bouteille, je savais où je mettais les pieds. 

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    Emile, 13 place St-Georges, 31 000 Toulouse, 05 61 21 05 56.

  • Toulouse : Le Bibent, by Monsieur Christian Constant

    Un très court séjour (et au pas de course) à Toulouse m'a tout de même permis de faire une halte dans cette mythique brasserie toulousaine reprise par Christian Constant à la tête d'une belle adresse parisienne ici et d'une autre tout aussi charmante juste à côté. En réalité, il faut ajouter le Violon d'Ingres, encore à Paris. Ce chef ancien troizétoiles au Crillon a formé toute la génération montante, qui d'ailleurs est montée peut-on dire. Bien montée d'ailleurs, rien qu'à en juger les noms : Yves Camdeborde, Thierry Faucher, Thierry Breton, Eric Frechon...

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    En plus de ses adresses à Paris, le maître a repris les jolis lambris du Bibent et lui a donné un coup de jeune. Ce samedi midi, il est là à régler et peaufiner les détails. La petite tête posée sur la chemise rose, c'est lui, un genre de Chri-Chri d'amour.

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    Bon d'accord, je ne peux qu'aimer sa cuisine. Mais dans l'assiette, ça dit quoi ? Sur la place du Capitole, dans un décor de théâtre, la salade du jour (12 euros) est sublime : mesclun, foie gras, cèpes frais le tout excité par de l'huile de truffe. Juju m'a dit qu'il n'avait jamais mangé pareille salade.

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    Le fromage vient de chez Xavier, le meilleur fromager toulousain et sans doute, l'un des meilleurs de France. Sa boutique à quelques pas de là regorge de véritables merveilles. Xavier écrase nombre de faux fromagers parisiens.

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    En face, la puissante tarte au chocolat, mais si je ne m'abuse on la trouve aussi à Paris dans les 3 adresses du chef. A noter, une jolie boule de crème-mascarpone imitation glace.

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    A cette envolée d'amour, je dois mettre tout de même un sérieux bémol. Bibent en occitan signifie "bien boire" et certes, il y a de belles bouteilles. Mais on aurait pu imaginer des choses un peu plus pointues que mon jurançon Geyser 2009 du domaine Cauhapé (5 euros le verre) et surtout des prix à la bouteille bien plus bas (le morgon 2010 de Lapierre à plus de 50 euros).

    Le Bibent, 5 place du Capitole, 31 000 Toulouse, 05 61 23 89 03.

  • Le p'tit ch'val dans le mauvais temps...

    Oui, sale temps pour les chevaux d'Antonin. On ne va pas refaire le coup du Haut-Brion 2002 car les deux bordeaux ouverts ce soir-là avaient quelque chose de grisâtre. Pourtant, il y en avait un comme on aime et dans lequel on continue à croire. C'est L'Homme-Cheval de Dominique Léandre, qui ne se monte pas du col. Mais plouf, fermé et réduit. Quand ça sent la ferme ça ne me dérange pas mais là oui, ce fut un peu dur. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais je l'ai connu plus caressant. Mais bon, c'est un 2010 : moi je lui pardonne. 

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    Le problème vient plutôt de l'autre, une vieille carne de 1988, Le Petit Cheval, un saint-émilion-grand-cru. Le second vin de Cheval-Blanc a triste mine. Je ne sais pas qui a fait les vendanges cette année-là ou si le chai était un peu laissé à l'abandon, mais en tout cas, le canasson est mort malgré un nez superbe.

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    Alors celui-là, j'espère qu'on ne va pas nous reprocher de l'avoir trop attendu. Décidément, ces jeunes cons ne font vraiment pas les choses bien. Par contre, on connait Brassens qui lui connaissait Paul Fort et on sait comment se consoler : en musique.

  • Revue de quilles

    Lors de soirées, de fêtes, de repas, d'apéros, d'après-sieste, seul, à 15, au verre ou à la bouteille, en août ou en septembre, on a goûté pas mal de choses ces dernières semaines. Faisons un peu le tri.

    Le Prosecco di Valdobbiadene Animae est en réalité le premier prosecco naturel (sans soufre ajouté). Oui, ça en impose sur la table. Une belle bouteille qui a de la gueule, c'est sûr, mais il reste un fond de sucre trop présent pour moi. Je fais partie de cette secte baptisée Extra-Brut ou Brut Nature selon les cuvées. C'est disponible (quand il n'y a pas de rupture de stock) aux Caves de Lamarck pour 18 euros. 

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    Pour le même prix (au Verre Volé), je lui préfère et de loin cette bouteille-là. Le pétillant Mont-Blanc 2006 du domaine Belluard en Savoie, méthode traditionnelle issu d'un cépage du coin, le gringet. Elevage de 4 ans sur lattes, le côté beurré est présent mais ce n'est pas offensant. C'est extrêmement vif, proche de 12° et très rafraichissant. On pourrait le servir comme un gouleyant champagne low-cost.

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    Le "petit" gamay de Claude Courtois (10 euros aux Papilles) est un régal une fois carafé plusieurs heures et intelligemment. Pur. 

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    Le Petit Jo de la Roche Buissière, ma première bouteille de ce domaine. 60 % syrah, 40 % grenache, vinif et élevage sans soufre, seulement un peu de SO2 à l'assemblage (15 mg/l) : tout est expliqué au verso, bien ! Si on ressent un peu de chocolat au début, cette sensation se fait la malle après un coup de carafe pour en faire un vin de copain qui coule plus que bien. Une des très belles surprises du moment, un rapport qualité-prix franchement sympathique (8 euros au Verre Volé).

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    C'est l'une de mes bouteilles favorites chez Gilles Azzoni, Hommage à Robert 2006. Naturel de chez naturel. On a toujours un peu de grenadine mais un peu plus vieillie que lors des précédentes bouteilles. J'aime beaucoup. Et seulement 8 euros chez une nouvelle petite cave, Morapio y Papeo dont l'adresse m'a été donnée par Jérémy "le dénicheur". On en reparlera.

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    Cacous 2010 d'Alain Allier dans le Gard. Du jus, du jus, du jus... Une dizaine d'euros au Verre Volé.

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    Je suis tombé sur cette bouteille par hasard chez Nysa. A près de 30 euros, j'aurais mieux fait de m'abstenir. C'est totalement plat et même un peu extrait comme parfois chez les De Montille. Ce bourgogne 1995, l'une des rares bouteilles faites par le père que j'ai eu la chance de boire : j'en attendais un truc démentiel, la déception a été à la hauteur.

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    Eva en a parlé ici avec le fromage. Et comment ! Tu l'ouvres, ça pétille et c'est bien oxydé, parfait avec le fromage donc. Le fruit étant par contre toujours là, c'est extrêmement refraîchissant. Ok, ça ne ressemble à rien. Puis, après 2 heures de carafe, la bulle s'est calmée mais le vin ne ressemble toujours à rien, sinon à du chenin pétillant oxydé fruité et buvable. Les ennemis du vin naturel vont gueuler, autour de la table on a trouvé cela tout simplement divin. Le Panier de Fruits 2008 de la Coulée d'Ambrosia de Jean-François Chené (une bonne quinzaine d'euros au Verre Volé ou aux Papilles).

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  • La bière, ça se fait aussi avec du merlot

    Sous ce titre un rien provocateur, se cache une superbe bouteille un peu cachée chez les très bons cavistes spécialisés dans la bière : le mien s'appelle La Cave à Bulles, à côté du Centre Pompidou. L'autre jour, la discussion portait sur les liens entre vin et bière et forcément la conversation dévia vite vers la superbe brasserie bruxelloise Cantillon

    Si je suis un piètre buveur de bière hormis quelques Orval, j'ai décidé de m'y atteler en fréquentant assidûment les bons lieux. Autre exception, Cantillon trouve grâce à mes yeux depuis fort longtemps, mais surtout pour son 100 % lambic bio (bière de fermentation spontané au goût très paticulier, entre le cidre et le xérès). Je me marre souvent devant les yeux écarquillées et les papilles désorientées de ceux qui y goûtent pour la première fois. Sucre totalement absent et amerture vraiment marquée, contrebalancée avec une acidité pas écoeurante du tout. On considère souvent Cantillon comme la Romanée-Conti des bières belges. Et souvent, je m'arrêtais là.

    Il faut préciser que Cantillon a de bonnes relations avec certains vignerons français, ce qui permet de récupérer un peu de raisin pour faire des trucs qui sortent de la norme. Ainsi, du moût de merlot bordelais macère en barrique avec du lambic pendant 2 à 3 ans. Un coup de liqueur d'expédition pour assurer les bubulles et ça donne la Saint Lamvinus (13 euros les 75 cl chez le caviste français). 

    A l'aveugle, Saint Lamvinus, c'est un blanc pétillant avec une sacré rondeur. On peut dire que c'est léger (forcément 5°, c'est de la bière tout de même). L'amerture est moins présente que dans le 100 % lambic bio mais l'acidité se renforce. C'est-à-dire qu'on peut l'imaginer à l'apéro pour s'exciter les papilles ou sur une entrée. Ce serait surtout excellent avec les fromages ! Et pourquoi pas une viande rouge ? En la buvant en apéro comme une bière classique, c'est tout un repas à la Saint Lamvinus qui me vient en tête. Bref, je débute ma réconciliation avec le merlot... 

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    La même chose existe avec du muscat, toujours en laissant le sucre de côté. Et on va m'en vouloir de vendre la mèche, mais le ligérien Olivier Lemasson a participé à la cuvée Zwanze 2010 en offrant du moût de pineau d'Aunis.

    L'histoire de cette cuvée est intéressante. Cantillon la sortait d'habitude en bouteilles et la vendait 6 euros à Bruxelles dans sa boutique. Mais comme pour le marché immobilier ou la dette grecque, la spéculation jouait à fond : ces bulles encore plus rares se retrouvaient sur internet à 80 euros la quille. La bonne décision de la brasserie fut de stopper carrément la vente en bouteilles et de ne l'offrir qu'à la tireuse dans de (trop) rares débits de boisson, surtout en Belgique. En France, c'est introuvable. Sauf à aller faire un tour à La Cave à Bulles en cette fin de semaine... Non, je n'ai rien dit.

  • Beaune : le Comptoir des Tontons travaille les produits bourguignons

    Un trop petit séjour en Bourgogne m'a enfin permis de découvrir THE adresse de Beaune pour les amateurs de miam-miam. Le Comptoir des Tontons est à la fois un sympathique caviste et un vrai restaurant où les bons produits de la région sont mis en avant. On se croirait presque à Paris tant la carte fait dans le nème-droppingue sur la provenance des escargots, des légumes, du fromage : moi ça ne me dérange pas du tout, au contraire. Pourquoi gueuler alors qu'il est élémentaire de nous expliquer d'où provient ce que l'on va manger ?

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    Pour cela, cap sur le menu "Escapade en Bourgogne" à 30 euros. Cinq plats en "petite" portion, comme écrit sur la feuille du jour. Soufflé à l'ami du chambertin, bien foutu même si pour moi le fromage c'est brut. Le petit pot d'à-côté est fulgurant : escargots au jus d'herbe très peu gras, presque croquants, bien assaisonnés. Débarassés de leur habituel beurre, les escargots prennent un parfum champêtre.

    Pour accompagner l'entrée, un verre de chablis Rosette 2009 des De Moor. Tenace, sur l'acide plutôt que le gras trop souvent rencontré dans cette appellation que je ne porte pas spécialement dans mon coeur (oui, on a tous des idées reçues). Mais à sept euros le verre, c'est un peu dommage de charger à ce point la mûle l'addition. Sinon, l'adresse a quelques très belles références naturelles, notamment le gamay de Prieuré-Roch (et moins chères à la bouteille : à 18 euros contre 25 à Paris).

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    Le boeuf bourguignon en "petite" portion est bien présent dans l'assiette. Viande fondante, sauce nappante, légumes frais et croquants : c'est simple, on se régale. Ce plat est-il vraiment préparé avec du vin de Bourgogne ? Difficile à dire après cuisson...

    Dans le verre en tout cas, c'est bien un beaune rouge 2009 de la maison Camille Giroud qui travaille surtout avec le négoce (7 euros là encore). C'est assez charmeur dès la première gorgée, dès le nez même. C'est plutôt classique et j'ai le sentiment d'une extraction un poil poussée. Mais ce que j'ai goûté ne m'a pas laissé indifférent. J'ai d'ailleurs acheté une bouteille de premier cru pour voir ce que ça peut donner. A suivre...

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    Belle tranche de chaource sur du pain d'épeautre, le tout passé au four. On l'imagine mollasson, c'est en fait bien croquant. 

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    Glace vanille avec sirop de cassis surmonté d'un superbe pain d'épice moelleux et corsé. Ce qui parait simple, voire simpliste, est en réalité un dessert plutôt casse-gueule si tu n'as pas les bons ingrédients et la bonne humeur à portée de main.

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    Le Comptoir des Tontons, 22 rue du faubourg Madeleine, 21 200 Beaune, 03 80 24 19 64. 

  • Des vins vivants chez Vivant (logique...)

    Retour chez Pierre Jancou (Vivant) avec Guillaume. Tout au long de cette belle soirée, les quilles s'entrechoquent. Commençons par l'ancêtre, Ancestral 2003 de'Julien Courtois. Une très belle cuvée sur laquelle on a peu d'informations. Cabernet ? Gamay ? Dans le verre, ça ressemble à un gamay. Il lui faut une bonne heure pour s'ouvrir. Avec la mozzarela fumée tiède, il était un peu fermé. En fin de repas, il avait quelque chose de vieux monsieur encore fringant, comme si sous la cravate en tricot et la chemise en tweed, battait un coeur d'anarchiste. Bref, très complexe.

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    Au milieu des agapes, nous avons fait une infidélité à l'Ancestral. Direction Gilles Azzoni et Fable 2010 (70 % syrah et 30 % grenache). Vin un peu plus canaille, sur le fruit, gouleyant, pour se rincer la bouche. Qu'est-ce que c'est bon... Pierre en parle pas mal dans son guide des vins à lui.

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    C'était pour accompagner l'andouillette de Daniel Thierry, à Sainte-Savine à côté de Troyes. Ici pochée et snackée. Chez Racines, on s'en souvient, c'était tout juste pochée. C'est un produit toujours aussi parfait, quelle que soit la cuisson.

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    Autre curiosité. Nous avons goûté le champagne blanc de blancs d'Ulysse Collin extra brut. Un jus superbe, complexe, à goûter à nouveau. En tout cas, une belle découverte.

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  • Le Réveil du Xe, pour commencer la journée du bon pied

    Le samedi midi, on a parfois besoin de quelque chose qui tient au corps. Pas forcément la superbe adresse à la cuisine très fine sur laquelle se pament tous les guides et critiques. Juste un bon petit bistro de quartier, tourné vers le Cantal. Sans trop de prétention, qui ne se la raconte pas, qui ne se monte pas du col. 

    C'est ma deuxième visite en 2 ans et je trouve que le Réveil du Xe a de jolis produits. Ce jambonneau froid a une belle gueule, la truffade assez grasse et la planche de fromage sur la table d'à-côté me paraissait bien sous tous rapports.

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    Côté vin, on a connu bien mieux il faut le dire. Il y a beaucoup de références au verre mais on ne consulte que des A.O.C. sur la carte. Ce qui laisse présager quelque chose d'assez nul. Je choisis un verre de morgon. Résultat : pas si mauvais, mais bon y a pas de quoi se relever la nuit. Je m'attendais vraiment à pire, c'est une adresse tout à fait honnête.

    Le Réveil du Xe, 35 rue du Château d'eau, 75 010 Paris, 01 42 41 77 59.

  • L'autre petit secret de la rue des Quatre-Vents

    Je me souviens de ce pub canadien à l'époque où j'étais étudiant dans la rue derrière. C'était il y a à peu près 7 ans et nous y mangions des poutines, ce terrible plat canadien, amalgame de frites, de fromage et de sauce régressive.

    Plus tard, on est revenu y boire de bonnes bières. En juin 2010 précisément, on arrive ici et on trouve quelques vins au comptoir. Dard et Ribo, Foillard, Villemade... Tiens, du vin naturel dans un pub ? Assez marrant. Bien sûr, la sélection n'est pas aussi pointue qu'à La Crémerie juste en face mais ce n'est pas le but non plus.

    Ce mercredi, retour au Moose. J'y apprends que celui qui a soufflé au patron du lieu la bonne idée de mettre à disposition des clients quelques quilles buvables n'est autre que Sébastien Lapaque. Ce jour-là, ce magnum de bourgueil 2006 Les Perrières de Catherine et Pierre Breton me fait un effet boeuf !  

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    The Moose, 16 rue des Quatre-Vents, 75 006 Paris, 01 46 33 77 00.

  • Les jolis vins de la Crémerie

    Mon amour pour cette adresse ne se dément pas, surtout que cela faisait bien un an que je n'y avais pas foutu les pieds. 

    Serge commence à nous ouvrir un truc super pâle et qui pétille. C'est quoi ? Le 2010 des Foulards Rouges, cuvée La Soif du Mal. C'est incroyablement fin, rafraichissant car ça cisaille le palais. Qui aurait pu croire à l'aveugle que ce genre de jus poussait dans le Roussillon, au pied du massif des Albères ?

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    Suit la syrah d'Hervé Souhaut (Romaneaux-Destezet), la syrah pure et digeste telle que je me la figure et que je ne la trouve que très rarement.

     

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    Bref, un retour gagnant.

  • Et les Foires aux Vins ?

    Ce modeste espace de liberté est garanti sans OGM, sans pesticide, sans levure industrielle, sans gomme arabique, sans copeau de bois. Parfois, j'ajoute une petite dose de soufre... Mais juste comme ça. Notez aussi que ce blog est plutôt brut nature, qu'il ne s'intéresse pas aux marronniers de la presse viticole. Ici, c'est du 0 % Vinexpo et du 0 % Foires aux Vins.

    Ce qui représente un petit souci en ce moment car on est en pleine saison des FAV. Et on se pose des questions sur ceci, sur cela... Allez faire un tour ici, chez Antonin. Il répond à plein d'interrogations et nous évite bien d'autres lectures sans intérêt. 

    Tout ça pour dire que je préfère les poires au vin !

    Et sinon, juste une info, mais une béton. Chez un caviste dont la boutique compte pas mal de mètres carrés et dont je n'ai pas besoin de citer le nom, on trouve cette jolie bouteille de calvados réserve de Julien Frémont à 19 euros. Ici, le calva devient digeste et pur. Absolument superbe !

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  • Je te tague, tu me tagues...

    En cette rentrée morose, Eva a décidé de faire jouer les blogueurs du vin dans la bonne humeur (si possible). Tout est expliqué ici : il suffit de répondre à 7 questions puis renvoyer le bébé à des collègues sympathiques. J'ai choisi Stéphanie, Iris, Antonin, Christian et David. Voici les questions et mes réponses.

    L’avarice : Quelle bouteille avez-vous trouvé outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas?

    J’ai honte, mais c’était au tout début de mon intérêt pour le vin. Autant dire que je n'y connaissais strictement rien. C’était à Toulouse, un 1er ou un 2 janvier. Je devais avoir 20 ans pile et nous sommes descendus au Géant-Casino de la place Roquelaine faire provision de jurançon moelleux. Aucun souvenir du « domaine ». Nous avons sifflé le stock en jouant aux cartes. Evidemment aujourd’hui, rien que la vue de l’étiquette me ferait partir en courant…

    La paresse : Quel vin n’avez-vous jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver ?

    Je crois que ce sont les vins de Pierre Beauger. Car déjà, on n’en trouve pas partout. Et à chaque fois que je vais à la Cave des Papilles (75 014) pour en acheter, je me fais attraper par d’autres bouteilles encore plus éphémères. Promis, je vais les boire et je suis sûr que ça va me plaire.

    La luxure : Dans quel vin aimeriez-vous prendre un bain et faire des bisous (oui, il y a des enfants dans l’assemblée, on fait soft) avec votre moitié ?

    Le saint-romain Combe Bazin 2005 de Fréd Cossard. Mais faudra y entrer tout propre et pas faire trop de bêtises dans la baignoire car je voudrais le boire aussi.

    L’envie : Quel vin dégusté sans vous par l’un de vos amis ou connaissances vous a fait le plus envie (et enragé) ?

    C’est pas un vin, c’est une dégustation. L’autre jour, mon copain Olivier m’appelle et me dit qu’il est avec Thierry Puzelat et qu’il goûte tout. Je l’ai maudit.

    La gourmandise : Quelle bouteille pourriez-vous siffler tout seul d’une seule traite ou presque ?

    Y en a énormément et je ne voudrais pas faire de jaloux… Allez, puisqu’il faut choisir c’est le blanc du domaine U Stiliccionu de Sébastien Poly-Casabianca.

    La colère : Quel vin vous a tellement déçu que vous l’avez jeté de colère après l’avoir dégusté ?

    Tout comme Eva, c’est le Haut-Brion 2002 que nous a ouvert Antonin l’autre soir. Beurk...

    L’orgueil : Quelle bouteille pensez-vous être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur ?

    Je pense que ce sont les vins du Casot des Mailloles, à Banyuls. Mon domaine fétiche. Bon, il faut retrouver un peu de modestie : il y a plein de gens qui les adorent ces vins. Mais il est vrai qu'on me dit souvent que ce n’est pas facile d’accès… Moi tu m’écris Casot des Mailloles sur de la Badoit, je me mets à la Badoit !

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 3 commentaires
  • Repas du soir, espoir...

    On n'est pas là pour se baffrer. Un morceau de jambon, s'il est bien fait, suffit à nous donner le sourire et à prolonger la vie de quelques minutes. C'était l'idée des petits luxes anti-crise qu'au fur et à mesure j'ai abandonné et j'ai bien tort. Mais je vais m'y remettre.

    Lors de ce repas de fin de semaine, une tranche d'andouille de Vire et un petit pâté de veau à la sauge de chez Gilles Vérot, immense charcutier des beaux quartiers parisiens. Cette belle andouille me rappelle une autre andouillette, toute aussi charmante. Et un éclair au chocolat de Jacques Génin, à côté de chez moi. Alors, d'accord y a pas le 5 fruits et légumes mais on s'amuse... A-t-on besoin d'autre chose, sinon un bon petit vin ? Ce fut un fond de 7, rue de la Pompe de Jeff Coutelou, parfait sur le salé et le chocolaté.

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