26 février 2012
Petit luxe anti-crise #24 : les panforte de R.A.P.
Les petits luxes anti-crise ! C'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.
C'est un pain traditionnel de Noël dont l'origine se trouve en Toscane, à Sienne plus précisément. "Si vous aimez le nougat, vous aimerez le panforte" me glisse Alessandra, la patronne de R.A.P. le restaurant où l'on boit si bien. Juste en face, c'est R.A.P. l'Epicerie et j'y passe une fois par semaine me gaver de nougats divins.
Il en existe deux versions : le premier, photo ci-dessus, plus noir, contient beaucoup d'épices, d'amandes et quelques fruits confits. C'est vraiment Noël dans la bouche. Il est réalisé à la main par un boulanger en Italie (26 euros le kilo).
Le second, photo ci-dessous, est plus blanc : moins d'épices mais bien plus de zestes d'agrumes et notamment du cédrat. Sa fraîcheur explose. Celui-ci n'est pas réalisé à la main (5,5 euros). Je suis devenu accro aux deux. Evidemment avec l'un ou l'autre, on boit le recioto d'Angiolino Maule.
Et je ne vous parle pas des nougats piémontais ; y a de quoi écrire une encyclopédie.
Pour les chanceux qui, à l'inverse de ma pomme, ne seront pas à Istanbul à ce moment-là, R.A.P. accueille Don Pasta le mardi 28 février. Don Pasta ? Mais oui, l'homme que voudrait épouser Lolita !
12:52 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
24 février 2012
Mon hachis parmentier au Clos des Cimes
Mardi soir, c'était dégustation des vins du Clos des Cimes. C'était à la maison et Raphaël Gonzales avait apporté toutes ses cuvées et pas mal d'autres quilles. Forcément, le lendemain il me reste sur les bras quelques fonds de bouteilles ; je ne vais tout de même pas tout boire ou les jeter...
Tiens, j'ai aussi une belle carotte, un oignon charnu, quelques pommes de terre qui trainent et un céleri rave oublié dans le bac à légumes. On va mélanger tout ça. Il suffit simplement de faire un saut chez le boucher à qui il reste une grosse queue de boeuf (à gauche), un morceau de jumeau (en haut) et une joue (en bas).
C'est le théorème d'un pot-au-feu ou d'un hachis parmentier réussi : mariez les morceaux ! Queue pour le gras et donc le goût, joue pour le gras et la viande, jumeau pour la viande. Dans une cocotte avec un peu d'huile d'olive et de beurre, tu fais revenir chaque viande sur chaque face. Puis tu ajoutes les fonds de bouteille de tous les vins de Raphaël qu'il te reste : aujourd'hui j'ai mélangé La Fée des Vignes, La Clef des Champs et le Clos des Cimes.
Je n'avais pas vu qu'il me restait aussi le rosé La Petite Fugue. C'est pur syrah avec aucun sucre donc allons-y.
Et encore un peu d'eau pour que les viandes soient bien mouillées à hauteur. Tu fais bouillir et tu écumes. Tu baisses le feu et tu ajoutes la carotte et l'oignon coupés en dés. Les viandes vont cuire à feu doux durant quatre heures dans cet assemblage improbable des vins du Clos du Cimes.
A côté de cela, dans un grand volume d'eau bouillante, tu fais cuire céleri et pommes de terre épluchés. Au bout de 30 minutes, tu écrases le tout à la fourchette. Même pas besoin d'ajouter du beurre ou de la crème comme pour une purée à la Robuchon.
Au bout des quatre heures, tu récupères la viande et elle s'effiloche toute seule. Tu mélanges bien avec carottes et oignons. Vrai sel non raffiné et poivre de malade (ici un tellichery de Gérard Vives).
Dans un plat un peu huilé, tu balances une couche de viande puis une couche de purée. Il ne faut pas oublier de bien presser le tout. Et de laisser reposer à température ambiante.
Pendant ce temps, il faut faire réduire le jus de cuisson. A feu vif, fais bouillir le liquide resté dans la cocotte jusqu'à ce qu'il perde beaucoup de volume. Vers la fin, quand il te reste l'équivalent d'une ou de deux louches de bouillon, la liaison se fait automatiquement grâce au gras des viandes qui est naturellement passé dans le bouillon. Donc surtout, ne pas ajouter de farine, de maïzena ou de matière grasse. Tout se fait naturellement. Et la sauce certes grasse est assez sirupeuse.
Avant le service, mets le plat au four à 200°C pendant au moins 15 minutes. Et sers moi ça sur une belle assiette avec le jus par-dessus.
A boire avec... un Clos des Cimes 2007 je dirais. Mais arrêtons de faire de la pub à Raphaël Gonzales et ouvrons un Rivaton vieilles vignes 2006. C'est à la fois complexe et très glouglou. Une très, très belle bouteille dénichée pour 13 euros à la Cave des Papilles, mais il n'y en a plus.
N.B. pour la sauce : si tu préfères la dégraisser, il faut la mettre une nuit au frais. Le lendemain, il est très facile d'enlever la graisse en suspension. Comme tous les plats mijotés, le hachis parmentier gagne à se reposer. Enfin, dernière possibilité pour avoir une sauce plus dense et sans rien ajouter : mixer quelques morceaux de carottes cuits avec le bouillon. Et la première idée peut tout à fait se combiner avec la seconde. Pour plus de détails sur ce chapitre passionnant que sont les sauces, il faut lire les livres de Michel Guérard.
11:46 Publié dans Côtes du Rhône, Recettes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : raphaël gonzales, clos des cimes, drôme, côtes-du-rhône |
|
|
Facebook
Avec Comor et Lapaque, le vin plutôt que le vain
Désormais, la politique, je la laisse à ceux qui aiment ça et ils sont nombreux. C'est à cause d'Antonin le Vindicateur que je dis ça, il nous a trouvé ce thème pour les 43èmes vendredis du vin.
"Si chaque vin était un candidat, pour lequel voteriez-vous ? Derrière chaque bouteille, il y a en effet un homme, une femme, des idées : retraite ou pas, William Fèvre milite activement pour le F.N., Eva Joly visite des caves, Hollande boit ceci, Sarkozy trempe ses lèvres dans cela, le Front de Gauche se paye une cuvée de vin de pays bio, le vin naturel serait d'ailleurs de gauche… à de notables exceptions près ! Il y en a pour toutes les couleurs ! Elisez donc votre vin présidentiel, qui guidera le vignoble – et le monde entier – vers un avenir radieux !"
J'aurais pu sortir la cuvée Fucks@rkozy de l'ami Pierre Pitiot ou un vin sarkozyste (si ça existe) pour faire le pendant, j'aurais pu dénicher quelque vin hollandais (c'est-à-dire produit en Hollande, l'une des provinces des Pays-Bas), j'aurais pu trouver le vin du Front de Gauche, j'aurais pu convoquer un vigneron qui vote Marine (pas très difficile), j'aurais pu vous sortir le beaune 1er cru les Grèves du domaine Besancenot. Si, si, ça existe. Je l'ai justement ouverte l'autre jour, qui plus est : millésime 1981 s'il-vous-plaît. Dans le verre, ce n'est pas si mythique ça ; le jus rouge est devenu rose fané.
Alors, convoquons les valeurs sûres. Depuis que la politique ne m'intéresse plus du tout, j'ai les idées heureuses. En bouteille aussi, j'ai Les Idées Heureuses. Et c'est Jean-Christophe Comor qui la fait. D'ailleurs, notre homme n'a-t-il pas quitté le monde politique pour le vin ? "J'ai quitté le vain pour le vin" disait-il sur le Vin de mes Amis.
C'est vrai que l'autre soir, la bouteille n'était pas en forme. Mais vous, vous êtes en forme tous les soirs ? Moi je l'aime beaucoup ce vin et pas que pour son étiquette. C'est un rosé avec pour composants cinsault, carignan et grenache. Pour dire la vérité, c'est le titre d'un roman de Sébastien Lapaque que Comor a choisi pour baptiser sa cuvée. Sorti en 1999, Les Idées Heureuses prend pour socle le début de la romance entre Clara et Philoctète. Philoctète ? Oui et malgré ce que l'on pourrait croire, l'intrigue ne se déroule pas sous l'Antiquité mais de nos jours entre Paris et Rennes. Le héros est un jeune homme d'une trentaine d'années, passionné par l'histoire, la Grèce et la littérature. Son regard sur la société contemporaine est tranchant.
"Il observait les individus autour de lui. Les aires d'autoroute l'avaient toujours fasciné. Ces lieux où se croisaient des êtres qui ne se connaissaient pas, qui se parlaient à peine, qui ne se reverraient jamais. C'était une préfiguration de la société à venir. Une société anonyme éclairée par une lumière artificielle dans laquelle les individus ne feraient que passer. Un monde où personne ne pourrait se sentir chez lui. Déjà, les centres-villes ressemblaient à des stations-services. On y arrivait, on en repartait. L'envie d'y vivre s'amenuisait jour après jour."
Heureusement, il y a des idées heureuses que l'on déniche dans les vieux livres, les musées peu fréquentés ou les belles bouteilles. Et il y a Clara. Alors, forcément, la politique est reléguée loin, loin, loin. Il y a tant de choses plus importantes auxquelles penser.
09:04 Publié dans Clin d'oeil, Provence aussi | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
23 février 2012
Raphaël, l'Elfe Doré
Quatre consonnes et trois voyelles, c'est le prénom de Raphaël (Gonzales). Et il a l'air d'un ange. Non, d'un elfe doré plutôt. L'autre soir, le vigneron du Clos des Cimes était à Paris, à la maison. Et avec les copains, on a tout goûté. Le vignoble est situé dans la Drôme, à Mérindol. Les rouges sont en A.O.C. côtes-du-rhône, les blancs et le rosé ailleurs. Tant mieux.
Avec sa femme Elodie, ils ont repris le vignoble familial qui avant 2007 vendait la totalité de ses raisins. Pour les passionnés de la chose, j'ajoute : sol argilo-calcaire très caillouteux, moyenne d'âge des vignes de 40 ans, exposition sud/sud-est avec surtout une altitude marquée (entre 500 et 600 mètres) ce qui fait beaucoup de bien à la vigne. Côté vinif, c'est soit de la cuve béton ou des barriques ouvertes pour les rouquins.
Un moyen mnémotechnique pour retenir le nom des cuvées ? La Fée des Vignes (elle) et l'Elfe Doré (lui) ont fait une Petite Fugue (en Suisse, si j'ai bien compris). Ils découvrirent la Clef des Champs pour ouvrir la porte du Clos des Cimes. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de Petits Sylphes. D'accord, mais dans le verre, ça dit quoi ?
Les Petits Sylphes. Le vin par qui j'ai rencontré Raphaël, c'était chez Sébastien P. et j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais. Un tiers grenache blanc, un tiers ugni blanc, un tiers chasselas. Le 2011 me va à ravir, sans doute à cause d'une oxydation plus prononcée que le 2010.
La Petite Fugue, c'est le rosé de syrah (pressurage direct). A la couleur, je m'attendais à une sacrée dose de sucre, je ne sais pas pourquoi. Et pourtant, je le connais bien, on l'avait bu avec Eva sous une chaleur d'enfer. Aujourd'hui, j'accroche totalement. J'ai vraiment l'impression que l'été s'avère trop chaud et trop tôt pour les rosés. Mieux vaut s'en servir en hiver. Ici, une sensation chocolatée nous rappelle bien qu'on est sur de la très belle syrah. Et quelle couleur ! C'est vrai qu'on sent bien la fraise, moi je l'y mettrais bien sur un dessert. Normal, je ne goûte guère le sucre sur le sucre.
Passons aux rouges. Rendons à César ce qui lui appartient, c'est Elodie, la femme de Raphaël qui s'en occupe (Raphaël s'occupe donc des blancs, CQFD). Et elle s'en occupe bien puisque, nous dit-on, c'est garanti sans aucun intrant chimique et les vins ne sont pas filtrés. Soulignons cette caractéristique des vins du Clos des Cimes : ils sont incroyablement "propres", pas de prétendue déviance, pas de gaz carbonique qui gazouille... Les empêcheurs-de-boire-en-rond-sans-avoir-trop-mal-au-crâne devraient aller jeter un coup d'oeil du côté de Mérindol.
Première quille : La Fée des Vignes 2009 (grenache, cinsault, syrah). Je devrais un jour crier mon amour pour le cinsault, cépage tellement négligé. Il faut l'avouer La Fée n'est pas dans un bon soir, à cause du transport, du froid, du chaud... J'en ai une encore en stock, on va la laisser se reposer. Mais sous la bouteille en méforme pointe tout de même un très joli jus.
La Clef des Champs 2008. On prend presque les mêmes (grenache, syrah) et à la place du cinsault, on met du carignan. C'est vraiment très joli, un vin plus sudiste. Après deux heures d'ouverture, il donne le meilleur de lui même, sur des notes très épicées.
Enfin la star, le Clos des Cimes 2007 et à côté, un 2008. Evidemment, il aurait aussi nécessité quelques heures d'ouverture. Raphaël nous confie qu'en réalité ce vin en réclamerait deux jours avant de le boire sur les trois suivants. C'est riche mais vraiment buvable. Le 2008, année plus que difficile, est encore à suivre mais le 2007 présente déjà toutes les qualités d'un très beau côtes-du-rhône. Et on peut encore l'attendre. L'élevage est deux à trois fois plus long que les rouges précédents, c'est-à-dire 36 mois.
J'avoue que ma grosse surprise de la soirée fut avec L'Elfe Doré et sa vingtaine de grammes de sucres résiduels que l'on sent vraiment très peu. Le sucre dans le vin je veux bien, mais quand c'est discret et très contrebalancé par l'acidité. Là, c'est vraiment très fin. J'attendais une tarte aux agrumes voir un flan, une corbeille de fruit pour l'accompagner. C'est vraiment une réussite.
Sous le bras, Raphaël avait aussi les vins de ses copains, c'est-à-dire des vignerons qu'il a regroupés autour de l'association Jeunes Vignerons d'Europe. C'est quoi cette association en devenir ? "Bah, des potes !" Certes, mais pas que. Trente domaines, dont 18 français.
Parmi eux, on connait bien Mathias Marquet du château Lestignac. Aujourd'hui, j'ai enfin pu goûter les vins du domaine des Béliers d'Eve Maurice. Alors que tout me rattache à Metz, je n'ai pas encore mis les pieds au domaine, à Ancy, à quelques kilomètres de là. Rubis, le pinot noir, m'a fait grosse impression avec sa belle torchabilité.
Belle claque aussi : le muscadet sèvre-et-maine (cuvée Révélation) de Bernard et Benoît Landron. Dès la première gorgée, tout le monde s'écrie "où sont les huîtres ?". Car si le nez est superbe, la finale très longue et très intense sent l'huître et sa coquille. La bouteille qui donne faim.
13:37 Publié dans Côtes du Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : côtes-du-rhône, raphaël gonzales |
|
|
Facebook
A La Crémerie, entre un bourgogne et un jura
Dans cette adresse où j'aime revenir régulièrement, les bons vins vont par deux. Avec Thomas l'autre fois, avec Olivier aujourd'hui. Le premier (avec le thon de l'île d'Yeu) est une vieille connaissance : saint-aubin 1er cru En Remilly de Dominique Derain. Dégusté souvent avec Olivier, ce vin, on l'a rarement mis à table. La version 2008, extrêmement fringante, on peut la boire maintenant, on peut aussi l'attendre des années.
Le second (avec un maaaaagnifique pâté de tête) est un vin jamais bu dans ce millésime. Une vraie grenadine mais hyper classe. On sent que se cache la profondeur d'un terroir et une patte d'honnête vigneron. De quoi s'agit-il ?
Et quelle couleur...
C'est le ploussard 2010 tout frais sorti du chai de la maison Overnoy-Houillon. cette bouteille a dépucelé Olivier en Overnoy et depuis, il ne parle plus que de ça. C'est l'archétype du grand vin : pas besoin d'attendre qu'il soit vieux pour qu'il soit bon.
09:29 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : la crémerie, dominique derain, saint-aubin, en remilly, pierre overnoy, emmanuel houillon, ploussard, jura, bourgogne |
|
|
Facebook
Vin d'IveRhô(g)ne : le côtes-du-rhône toulousain
A l'honneur aujourd'hui, un petit canon qui n'a rien d'un boulet. Ce jus s'appelle Vin d'IveRhô(g)ne et ne le cherchez pas chez votre caviste à moins d'habiter Toulouse.
Oui, ce Vin d'Ive Rhô(g)ne est né à Toulouse. C'est une idée de copains cavistes-intelligents.
Laurent Navarro et Jérôme Rey (Vinéa), Philippe Lagarde (Tire-Bouchon) et Franck Bayard (Vinnouveau) connaissaient bien les Vignerons d'Estézargues. Cette jolie coopérative située à 15 kilomètres à l'ouest d'Avignon travaille extrêmement bien depuis sa reprise par Jean-François Nicq. Elle a bâti sa réputation sur des jus bien foutus et très bon marché. De plus, pour les pros, il y avait la possibilité de personnaliser la chose. Ainsi, la cuvée Pape Noir produite pour certains cavistes dont le Verre Volé à Paris. En 2005, à l'époque où j'étais étudiant, j'ai démarré dans le naturel avec ces "petites" bouteilles. Tu apportes ça en soirée et au milieu des merdes ambiantes, t'es le roi du monde.
A leur tour, nos amis toulousains ont décidé de faire leur propre cuvée. Depuis 2008, ils décident de l'assemblage tous ensemble et vendent leur pif dans leurs boutiques.
Résultat ? C'est à la fois soyeux et plein de fruits. Le vin de copains par excellence. Evidémment, c'est bien fait et ça se sent (c'est-à-dire soufre mini). Moi je l'achète chez Franck et ça me coûte 4,5 euros. Si, si. Tiens, on dirait que le vin naturel n'est pas qu'un truc de Parisiens...
08:44 Publié dans Côtes du Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : côtes-du-rhône, vin d'iverhô(g)ne, franck bayard, vinnouveau |
|
|
Facebook
18 février 2012
Est-il bon au moins le vin élevé au fil des pages des Ignorants ?
Je ne vais pas à nouveau résumer la célèbre bande dessinée Les Ignorants, car mes copains (Stéphanie, Eva, Olif et Philippe) le font très bien. Intéressons-nous au vin que le vigneron Richard Leroy élève tout au long de l'année passée avec le dessinateur Etienne Davodeau à ses côtés.
L'action du livre commence à l'hiver 2009. C'est donc ce millésime particulier qui va grandir au fil des pages. A deux, Richard et Etienne l'observent, le goûtent, le mettent en bouteille.
Puisque j'avais déjà une première expérience avec les Noëls de Montbenault il y a un ou deux ans, j'ai choisi de goûter (enfin) la "petite" cuvée Les Rouliers. Millésime 2009 donc. Ouverte avec plein d'amis à l'occasion d'une soirée riche en quilles, elle a fait strike. Sa finesse et sa précision ont tout balayé, laissant les palais médusés. Parfaitement équilibrée avec une très grande classe. Je pense que c'est une bouteille d'amoureux, rappelant le yin et le yang en ce qui concerne cet équilibre parfait. A n'en pas douter, c'est cette cuvée que je préfère. Pourquoi ? Et pourquoi vouloir toujours tout expliquer ?
Souvent les lecteurs de bandes dessinées veulent passer aux exercices pratiques ; là, il s'agit de boire un coup. Trois d'entre eux m'ont récemment demander où trouver les bouteilles de Richard Leroy à Paris. Je peux donner deux adresses (Lavinia et la Cave du Panthéon) et sans doute y en a-t-il d'autres. Permettez-moi d'ajouter qu'avant Les Ignorants, les bouteilles de ce génial vigneron étaient déjà peu commodes à dénicher puisque très rares. Sans compter le prix, entre la vingtaine et la trentaine d'euros. Espérons que cela ne soit pas encore plus difficile désormais.
19:36 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
14 février 2012
Chez RAP, un vin italien hors du commun
Soyons grossier, c'était une véritable baffe dans la gueule. Les produits et la cuisine d'Alessandra Pierini alliés aux conseils du virevoltant sommelier Giovanni Napolitano font de RAP (Ristorante Alessandra Pierini) la plus belle expérience italienne de la capitale.
C'était vendredi soir, à table avec Olivier et Manu, c'est-à-dire des copains inconditionnels de la Botte et des amoureux du vin bien fait. Je n'ai pas encore récupéré les photos des plats, je ferai un long article plus long dès que ce sera le cas. Mais je peux déjà tuer le suspens : mes tagliatelles de maïs, haché de veau au thym et trévise étaient sensationnelles.
Question vins, ce fut l'emballement complet. A Giovanni, nous avouons notre réelle inculture en vins italiens hormis quelques standards naturels (Occhipinti, Maule, Radikon...). Et là, l'affaire devient très intéressante, car la maison pense comme nous. Il faut dire que nous choisissons bien nos adresses. Avant chaque plat, le sommelier nous lance : "attendez, je sais ce que vous allez boire". Et il traverse la rue pour descendre à la cave trouver une pépite. Nous lui avons fait confiance du début à la fin du repas.
Avec les fameuses tagliatelles, ce fut un régal hors norme. Notre homme nous sert le vin comme on ne le fait plus : dans d'immenses verres, il fait tournoyer quelques centilitres autour des parois. Le but ? Evidemment, c'est décupler les arômes au nez. Festival de notes de fruits rouges et incroyable profondeur qui nous fait totalement changer de dimension. La tablée est médusée. Après en avoir versé un peu plus dans le verre, on est surpris par une incroyable acidité. C'est un millésime 2004, on l'aurait dit bien plus jeune. Huit ans après, il conserve une âme de bébé.
Pour la première fois et toutes proportions gardées, on a l'impression de se transporter en 2003 et de boire l'équivalent d'un vin d'Eric Callcut datant de 96 ou 97. Je ne fais aucune comparaison, il n'y a absolument pas d'oxydation ; je veux simplement dire qu'à l'image des bouteilles du merveilleux vigneron ligérien, ce vin italien (même après 8 ans de bouteille) semble taillé pour les siècles.
C'est le seul dont j'avais l'image sur mon téléphone. Et pour cause... le Monferato de la famille Zampaglione (Tenuta Grillo). La cuvée s'appelle Protoasciutto et son cépage est donc le barbera.
Sur table, le prix est dérisoire par rapport au plaisir procuré : c'est un chef-d'oeuvre accessible (42 euros). Pour preuve, dès le lendemain je retourne à l'épicerie qui fait face au restaurant pour en acheter. Depuis, le vin dort un peu chez moi mais sans doute pas pour longtemps. Dans ladite épicerie, j'y étais déjà entré une ou deux fois : on devient fou, à l'image d'un enfant dans un magasin de jouets. Les trouvailles succèdent aux produits rares, pas forcément très chers. J'y reviendrai là aussi.
Oui, oui, plein de gens ont déjà parlé de RAP, notamment mon camarade Jacques Berthomeau. Mais comme souvent, je prends un peu de temps pour savourer les excellentes adresses. Alors promis, dès que je récupère les photos des plats et des autres bouteilles, l'article sera bien plus long et tout aussi élogieux.
RAP, 24 rue Rodier, 75 009 Paris, 01 45 26 86 26.
08:18 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : rap, italie, pratoasciutto, monferato, tenuta grillo, zampaglione |
|
|
Facebook
13 février 2012
Petit luxe anti-crise #23 : quand un vigneron ne fait pas fermenter son raisin
Les petits luxes anti-crise ! C'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.
"Discret mais efficace." La RVF n'a pas tort en ce qui concerne Pascal Pibaleau, vigneron du côté d'Azay-le-Rideau. On le connait pour ses remarquables chenins, jeunes, en cubi, vieux, en moëlleux, etc. Il fait partie de ces vignerons dont on a déjà souvent bu les vins mais dont on ne parle pas assez souvent.
C'est chez Versant Vins que j'ai découvert son grolleau non fermenté. Kézako ? Ben, du jus de raisin monocépage grolleau tout simplement. Pour ceux qui n'ont toujours pas compris, c'est sans alcool. L'occasion de se familiariser avec ce goût bien particulier. Et cela vous en coûtera 3,90 euros.
C'est rudement joli : on croirait presque voir un gamay bien naturel, sentir des arômes de fraises assez soutenus mais équilibrés par un sucre qui en réalité fond très vite. L'étiquette propose aussi de l'associer avec 2/3 de crémant rosé pour "déguster un apéritif à 8°, de quoi passer un bon moment tout en gardant ses esprits". La belle idée...
Dans la catégorie jus de raisin, je garde aussi un souvenir ému des bouteilles du domaine de Mazel. Très difficile à trouver à Paris (il y en avait parfois au Vin se Livre, mais cette belle boutique a fermé).
07:19 Publié dans Loire (nul n'est censé l'ignorer), Petits luxes anti-crise | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : pascal pibaleau, jus de fruits, loire, grolleau, petits luxes anti-crise |
|
|
Facebook
10 février 2012
Rien. Du Paul Eluard.
Mamadou eut un vague sourire et répondit :
"De long en large, comme une croix, s'étend ce qui est accepté. Portes-y le feu de ta haine".
J'eus presque envie de l'embrasser.
- Mamadou, change pas ! Pas d'un iota ! Jamais !
Le capitaine me jeta un regard fou et demanda :
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Rien. Du Paul Eluard.
Frédéric H. Fajardie, La Théorie du 1 %, éd. Néo puis La Table Ronde, 1981.

09:44 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
Pique-nique en forêt, barbecue et Brane-Cantenac 1981
Quand les anniversaires de certains tombent fin janvier et début février et qu'on désire ardemment faire un pique-nique en forêt en Lorraine, ben il faut le dire crûment : on n'est pas dans la merde. C'était il y a deux semaines, on imagine donc bien la température extérieure... Oh ça va, il suffit de mettre double couche de manteau et de pantalon !
L'année dernière pour les 30 ans des uns et des autres, j'avais acheté tout un stock de quilles de 1981 que je n'ai pas fini. Il est temps de le liquider, d'ailleurs on aurait mieux fait de boire ces bouteilles il y a quelques années déjà.
Pour les saucisses sur le mini-barbecue, j'ai convoqué Brane-Cantenac 1981. Evidemment, le vin a presque gelé, les gobelets en plastique ne lui ont pas rendu hommage mais de toute façon, un peu à l'image des Ormes de Pez du même millésime, le vin était fané. C'était d'ailleurs le cas avec beaucoup de 1981 ouverts depuis un an. Il faut dire que 1981 est vraiment une année pourrie (et là on ne fait pas de politique) car un bon coup de flotte avant les vendanges, y a pas pire. Les deux seuls qui m'ont un peu transporté furent Cos d'Estournel bu l'année dernière et le pommard du Château de Pommard bu la veille de ce pique-nique et dont je ne retrouve plus la photo.
Oui, un margaux en forêt avec des saucisses, c'est d'un snob... Je vois plutôt cela comme un genre d'accords mets-vins à la con ou la possibilité de sortir les grands bordeaux de leurs oripeaux habituels. Qu'on se rassure et malgré la photo un peu provocante, on n'a tout de même pas fait chips-paprika-margaux... L'Ebrescade 2008 de Richaud tenait évidemment plus la route, mais cela n'a rien à voir.
09:10 Publié dans Bordeaux et associés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : margaux, brane-cantenac, marcel richaud, ebrescade, 1981 |
|
|
Facebook
09 février 2012
"La farine dans les gâteaux, c'est comme le soufre dans le vin : il vaut mieux éviter"
Quand tu t'ennuies, que l'après-midi te semble longue et que tu n'as aucune envie de faire quoi que ce soit, direction la cuisine avec un truc qui change : le gâteau de Zoé, le fameux dessert du non moins fameux Pierre Jancou. Il le préparait à la Crémerie, il le préparait chez Racines, il le prépare encore chez Vivant. J'ai dégoté la recette dans un magazine féminin et dans une vidéo (ici).
C'est d'ailleurs là que Pierre prononce cette phrase qui vaut son pesant de cacahuètes : "La farine dans les gâteaux, c'est comme le soufre dans le vin : il vaut mieux éviter". En cela qu'elle joue le rôle d'une éponge à (bons) goûts, qu'elle altère les (bons) parfums, qu'elle pompe la complexité du (bon) chocolat. Et quand je lui parle de ça, il m'explique que "souvent la farine a été génétiquement modifiée et contient beaucoup de gluten. Raffinée et reraffinée, elle est morte. Je m'intéresse à des farines telles l'épautre ou le kamut qui sont des farines pures et saines, mais pour le pain, les tourtes, etc." Dans les gâteaux, il suffit de ne pas en mettre.
On l'aura compris, le gâteau de Zoé (du nom de sa fille), c'est un genre de fondant au chocolat sans farine. Mais question texture, c'est bien plus que cela... A suivre. Et pour que ce soit bon, il faut que les ingrédients soient bien choisis : c'est l'évidence, mais ça va encore mieux en le disant.
Pour un moule à manqué d'une vingtaine de centimètres, il nous faut :
- 200 grammes de chocolat noir à 75% de caco minimum
- 120 grammes de bon beurre doux (moi le cru de chez Pascal Beillevaire)
- 8 centilitres d'expresso bien tassé (qui va ajouter une belle amertume)
- 80 grammes de sucre non raffiné
- 6 œufs bio.
Allez, un tablier et zou ! Four à 200°C. Au bain-marie ou à feu très-très-très doux, tu me fais fondre le chocolat taillé en copeaux et le beurre coupé en morceaux avec l'expresso, avant de laisser tiédir. Dans un saladier, réunis sucre et jaunes d'oeufs et fouette-moi le tout jusqu'à une consistance pâle et bien crémeuse. Mélange avec le choco. A côté, au tour des blancs d'être battus en neige ferme... Ferme ! C'est ferme lorsqu'en retournant le saladier, les blancs y restent cramponnés. Puis tu les intégres très délicatement à l'appareil au chocolat à l'aide d'une maryse. Mets tout cela dans le moule beurré et direction le four pendant 8 à 12 minutes selon sa puissance. Le gâteau monte mais va retomber une fois sorti du four. C'est cuit quand les bords "semblent cuits" et que le coeur semble encore coulant.
En tiédissant, tout va raffermir. Enfin, presque tout... Le gâteau doit garder une texture aérienne de mousse au chocolat cuite. Oui c'est un peu difficile à imaginer. Mon four étant tout pourri, je le fais toujours trop cuire. Mais quelle texture et quelle légèreté...
Et on boit quoi avec ça ? Ben, le soufre dans le vin, c'est comme la farine dans les gâteaux : il vaut mieux éviter. Donc je pencherais pour un vin blanc du Puy-de-Dôme avec un tout petit fond de sucre résiduel. Pardon ? Qu'est-ce que c'est encore que ces bêtises ? Si, si. Vous avez bien lu.
Le vigneron s'appelle Pierre Beauger ; j'ai déjà parlé de la teinte hallucinogène de son pinot gris. Ce "vendangeur en tongues" nous offre cette fois un chardonnay du Puy-de-Dôme dont une partie des raisins a été botrytisée. Là aussi, c'est un peu l'hallu, alors ça s'appelle Champignon Magique, un vin incroyablement complexe : au nez du whisky, de la noix et une sensation de sucre qui nous semble énorme. En début de bouche idem, puis ce sucre s'estompe complètement laissant place à des arômes de champagne blanc de blancs bien mûr (l'effet chardonnay). Et on finit sur un genre de whisky mûr. Un vin qui ne ressemble à rien et Dieu, s'il existe, sait que c'est un compliment.
08:51 Publié dans Recettes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : pierre jancou, vivant, gâteau de zoé, pierre beauger, champignon magique, auvergne, puy-de-dôme |
|
|
Facebook
07 février 2012
Le carpaccio de tête de veau de La Régalade canal historique
Je n'avais pas mis les pieds à La Régalade depuis... Pffffiou... Oui, au moins ça. C'était déjà Bruno Doucet, celui qui nous ravit avec sa tartiflette du dimanche soir : d'ailleurs c'est un joli plat de saison. Depuis ma première visite à la Régalade, le chef a ouvert une annexe rue Saint-Honoré dont on dit aussi beaucoup de bien. Mais revenons ce soir aux fondamentaux.
Le plat le plus exceptionnel de la soirée, une sorte de porte-étendard de la smala Camdeborde (boss du lieu avant Doucet), c'est le carpaccio de tête de veau sauce ravigote. Une pure merveille. Camdebordela sert tiède-chaude, ici elle est un peu plus froide et superbement relevée. Et je suis désolé, c'est peu gras.
Le meilleur des tests au restaurant est de comparer les assiettes avant et après. Là, y a pas photo. Bon si, en fait, il y a deux photos. Mais bon, y a pas photo.
Et oui, je suis certain que certains fulminent déjà parce que je n'ai pas commencé mon article comme tout le monde. Car qui dit Régalade, dit avant tout terrine maison ! La célèbre, la servie à discrétion, la gourmandise qu'il faut manger modérement si tu veux garder de la place pour la suite. Evidemment, elle était encore là ce soir.
A suivre, après la terrine, après la tête de veau, un incroyable chou farci de joue et queue de boeuf et ses légumes. Le plat génial qu'on veut tout de suite recréer à la maison. Un fond de raifort était caché dans le bouillon style pot-au-feu.
Et avec cela, la moutarde au grenache faite en Seine-et-Marne par Patrice Boudignat, un producteur dont on a déjà parlé en bien.
Et on boit quoi ? La carte des vins est plus classique, c'est-à-dire moins nature qu'un Vivant, mais elle a une sacrée gueule dans le verre. La cuvée Les Chèvrefeuilles de La Réméjeanne (grenache, mourvèdre, syrah, carignan et marselan) se siffle à 24 euros sur table, une aubaine avec ce qu'on mange.
La Régalade, 49 avenue Jean Moulin, 75014 Paris, 01 45 45 68 58. C'était le menu entrée, plat, dessert à 34 euros, avec le dessert peut-être un ton en dessous. Sauf les madeleines ! Et ça fera plaisir à Stéphanie.
19:49 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : la régalade, la rémejeanne |
|
|
Facebook
05 février 2012
Drappier vieillit admirablement bien
1988, 1992, 1993. La maison de champagne Drappier ressort régulièrement des vieux millésimes récemment dégorgés. Au domaine, le prix est ridicule (à peine une trentaine d'euros) pour des jus conservés 20 ou 30 ans. Et les marques célèbres, ça coûte combien ? Récemment et en plus des bubulles pour ma consommation personnelle, j'ai passé commande de ces trois millésimes qui fleurent bon le siècle passé et ça s'est très bien passé.
Le blanc de blancs grand cru 1988 tranche avec le monocépage pinot noir qui fait la renommée de Drappier. Il a conservé toute sa verdeur et parait bien jeune, sans oublier une finesse qui perce. Il faudrait encore l'attendre.
Le Carte d'Or 1992, c'est la bouteille que j'ai ouverte lors du passage à 2012 c'est-à-dire, à quelques mois près, 20 ans après les vendanges. Arômes un peu incongrus de fenouil et élevage présent mais classe.
Incroyablement élégant fut le Carte d'Or 1993 : il tirait totalement sur la truffe blanche. Comme à chaque fois, on reconnait la belle mousse qui laisse place à de très fines bulles venant simplement chatouiller les papilles. Franchement, c'est du grand art.
Et on le répète, les champagnes de supermarché que tout le monde connait, qui (on le croit) font forte impression sur la table mais se révèlent passe-partout dans le verre, ceux-là on les paie bien plus cher.
20:14 Publié dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
04 février 2012
Kenji Kobayashi et le pain au whisky Nikka
Il m'aurait été déraisonnable de ne pas partager cette photo et ce véritable ouvrage d'art : le pain au whisky Nikka, sompteuse gourmandise réalisée en édition plus que limitée par Kenji Kobayashi qui travaille avec Christophe Vasseur chez du Pain et des Idées.
Toute l'histoire de ce maître du pain en devenir est contée sur ce fabuleux blog, Painrisien. On y apprend comment il est venu au pain et de quelles tracasseries administratives il fait l'objet ; il nous en avait parlé à Stéphanie et moi. C'est la boulangerie de demain qu'on assassine.
17:55 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : pain, whisky, nikka, kenji kobayashi, du pain et des idées, christophe vasseur |
|
|
Facebook
Quand la Bourgogne s'amuse dans les Corbières (version 2008)
J'avais déjà parlé des infidélités que fait Frédéric Cossard à la Bourgogne. Je récidive avec le Bedeau du Sud 2008 (grenache de l'Aude) bu le même soir que le pommard 2007. Sur le papier et sur l'addition, il n'y a pas photo. La première bouteille apparaît goûteuse, joyeuse, nerveuse ; la seconde plate. Je sais pas ce que j'ai avec les rouges bourguignons de Cossard depuis quelques temps, je n'y arrive plus et ça m'embête.
Il faut toujours dénoncer ses dealers : pour le Bedeau du Sud, le mien s'appelle Franck, une fois de plus.
17:31 Publié dans Bourgogne ça cogne, Sud-Ouest sympa (pléonasme) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : frédéric cossard, chassorney, corbières, aude |
|
|
Facebook
03 février 2012
Baron de Lestac : ce bordeaux c'est personne
Au hasard d'une page de pub à la radio, avez-vous prêté l'oreille à ce spot vantant la grandeur d'un bordeaux à petit prix, le Baron de Lestac ? Je ne vais pas détailler ce qui se dit sur sa force, son boisé, son caractère. Si vous avez loupé cette tirade, n'ayez crainte : la campagne continue jusqu'au 13 février. Sur deux semaines, 400 "contacts" sont prévus selon Rayon Boissons. Il se conclut avec le nouveau slogan officiel de ce vin :
"Baron de Lestac, ce bordeaux c'est quelqu'un".
Il faut parfois rappeler la réalité. Aucun noble n'a été fait baron de Lestac et pire, aucun domaine n'est baptisé Baron de Lestac. Donc il est faux de dire que c'est quelqu'un. Le Baron de Lestac, c'est personne. Ce n'est qu'une marque créée par le groupe Castel. Au même titre que les autres marques du groupe : Roche Mazet, Vieux Papes, Sidi Brahim... Tout le monde le sait mais tout le monde l'a-t-il oublié ?
Castel, Lestac... En français, ce vin porte un nom : c'est un anagramme, tout simplement.

(source : www.barondelestac.com. Vous ne croyez tout de même pas que j'en ai acheté...)
Et pour ne pas faire de jaloux, tapons aussi sur Pierre Chanau. Chanau, qui lui n'est que l'anagramme de Auchan.
18:14 Publié dans Bordeaux et associés | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
| Tags : bordeaux, baron de lestac |
|
|
Facebook
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (suite et fin)
Après avoir fait le tour de France et de l'Europe pour la 42ème édition des Vendredis du vin, mettons le cap sur le reste du monde.

Le reste du monde, le centre du monde... Pour beaucoup de gens sur la planète, tout tourne autour de Jérusalem. D'ailleurs, la ville que l'on nomme (un peu facilement) trois fois sainte est incroyablement chère à mon coeur aussi. Et pour plein de raisons.
(vidéos tournées en 2008 par Julien B. lors de notre premier voyage)
Quelle place pour le vin là-bas, à Jérusalem ? On trouve bien celui de Cremisan, produit du côté de Bethléem. Sinon il y a de la bière, la Taybeh faite elle dans un village chrétien près de Ramallah. C'est un prisme très intéressant pour comprendre le conflit israélo-palestinien. Mais surtout, c'est sur les chemins de Jérusalem que l'on trouve du vin. Cette longue introduction avait pour seul but de parler du post du Passionné de la Rive Droite qui m'a fait un immense plaisir en mettant à l'honneur du vin libanais et du vin syrien. Parler de cette région pour le vin et pas pour autre chose, cela mérite un grand merci.
Allez, rétropédalage. Retour en France, comme on dit au journal télévisé. Mais la France ultra-marine. A la Réunion, on n'a peut-être rien décidé mais on a bu un sacré canon. "Tu as toujours une bouteille du vin de Cilaos dans la cave ? Et la lumière fut. Tu veux du lourd, monsieur le morgonneux président Guillaume. Là, c'est du très, très lourd. Cilaos est l'un des trois cirques de la Réunion." Le Bicéphale Buveur nous a sorti un truc impensable le "Vin de Cilaos rouge demi-doux" classé en "vin du pays". Et dans la bouche ? "Aucune sensation alcooleuse, très peu de fruit, quelques notes de vanille, un fond de canelle et du sucre. C'est lourd. Mais, bizarrement, en le buvant avec Sophie, nous nous attendions à pire. Il y a même des bons souvenirs de l'île de la Réunion qui remontent tout en douceur". La copie de David est parfaite, il y a même quelques photos.

(jolie photo volée sur le blog du Bicéphale Buveur)
Autre île française et ultramarine : Tahiti. Et oui, on fait du vin dans les Tuamotu, précisément dans le vignoble de Rangiroa. Du fait de deux hommes : Dominique Auroy, chef d'entreprise amoureux du vin installé en Polynésie depuis trente cinq ans et Bernard Hudelot, viticulteur en Bourgogne. On y trouve même du carignan, ça fera plaisir à Michel Smith. Pour aller plus loin, Olivier Zavattin (Caveau du Sommelier) nous explique tout dans une petite note publiée sur les rézosocio.
Dans les îles de dimension plus importante, ne faisons pas l'impasse sur l'Australie. Julien Weber ne l'a pas oubliée en nous présentant le Jacob’s Creek Shiraz Reserve 2006. C'est pas un peu industriel ça comme pinard ? En tout cas, selon Julien, c'est "plutôt fun".
Juste à côté, la Nouvelle-Zélande. Laurent Baraou a mis le doigt sur ce bel article concernant les vins de Central Otago, au sud du pays. Les températures plus fraîches qu'ailleurs permettent de cultiver du pinot noir. L'ami Patrick lui aussi a sorti une quille néo-zélandaise, un chenin blanc 2008 de chez Millton Vineyard, à Gisborne. Mais non, Patrick n'a pas bu que ça... La suite, c'est plus bas. Dans le Nouveau-Monde, place maintenant aux Etats-Unis. Vinovelo nous emmène dans l'Etat de New York et précisément dans la Finger Lakes Wine Region. C'est-à-dire qu'à vélo, il parcourt les vignobles autour des Grands Lacs.
Aaah, on se sent partir...
Mais bon, c'est bien joli tout ça. Maintenant, permettez-moi de pousser un coup de gueule.

(sanctuaire de Fushimi Inari, à Kyoto en 2009)
Comment ça je n'ai droit qu'à un seul vin asiatique ?! Non mais oh ? Alors qu'il existe du sud-coréen, du nord-coréen, du cambodgien... Et même du birman : si tout va bien, je vous en rapporterai à la fin de l'année.
En tout cas, merci Stéphanie d'être la seule à m'avoir débouché un vin d'Asie et plus précisément de Bali : produit par Hatten Wines et avec l'alphonse-lavallée pour cépage. Oui, tu as raison Stéph', le vin est vraiment l'élixir universel. Car ça se fait aussi ailleurs. Pourquoi la Chine n'aurait-elle pas de grands terroirs à vin ? Evidemment pour l'instant, il manque quelques siècles de pratiques viticoles. Mais n'ayons pas peur de regarder ailleurs, comme on l'a fait à l'occasion de ces Vendredis du Vin : c'est ça, la leçon principale du vin et des voyages.
***
Tour de France, tour d'Europe, tour du monde. Et puis, il y a évidemment les inclassables. Et Dieu, s'il existe, sait que c'est un compliment.
A tout seigneur, tout honneur. Commençons avec ceux par qui on rêve d'être adopté, ceux qui nous font rêver d'asile gastronomique en Belgique : le clan des Bruxellois réunis autour de Patrick. Jef nous dit même que "c'est le genre de voyage duquel nous ne revenons pas entiers". J'en conviens. Le compte-rendu des Vendredis du vin Brusseleirs, c'est ici. Mention spéciale au saint-véran de Cyril Alonso (P-U-R), je l'aurais vraiment bien goûté. Patrick a aussi une belle idée pour les mois à venir : vivement les Vendredis du vin n°47 !
Président de la prochaine édition, celle de février, Antonin n'a pas voyagé très loin : dans le huitième arrondissement de Paris. Les anti-parigots vont encore gueuler, comme quoi on ne passe pas le périphérique. Il a rencontré Judith et ses vins vivants au Bar de l'Hôtel du Ministère. Judith en a profité pour participer à son tour en nous contant ses voyages dans le vignobles ou du voyage des vignerons à Paris. Elle met son (joli) doigt sur le domaine Belmont dans le Quercy.
Notre chère Isa nous incite à partir "au pays des merveilles" en ouvrant "un bon beaujolais le plus nature possible, un morgon". Là, évidemment, je ne vais pas dire le contraire.
Et j'aime bien aussi l'idée du Mas Coris, lorsqu'un vin choisi nous suit en voyage. Je l'ai fait à Jérusalem notamment : ouvrir un crémant d'Alsace 2005 de Binner sur une terrasse face aux trois lieux saints, c'est un souvenir plus que sympathique. Alors quand le Mas Coris déguste son propre vin dans les Caraïbes, c'est "une joie sans nom".
Enfin, je ne crache jamais sur les digestifs, alors voici un truc assez insolite (j'adore). C'est le Gin Saffron ; comme son nom l'indique, c'est un gin mais produit à Dijon (par la distillerie Gabriel Boudier) et additionné de safran.
***
Voyage pour les yeux : Arnaud Daphy nous offre ses belles photos de vignobles à travers le monde. Voyage pour les neurones : le sommelier belge Gérard Garroy nous offre une petite digression à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Si les voyages forment la jeunesse, la dégustation de vin fait de même.
Et puisque tout devrait toujours finir avec de la poésie, laissons la parole à Sébastien Fleuret. Notre micro-vigneron a la plume déliée. "C'était il y a quelque temps, au bal de la Nuits-Saint-Georges que j'ai rencontré la petite Julie (énas) , une fille drôlement Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée, avec de la cuisse et des seins Nicolas de Bourgueuil et sous sa robe vermillon, un grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraises des bois. Tout sauf une barrique ! Le coup de foudre." La suite du poème, c'est ici.
Il me reste à remercier la blogosphère du vin pour sa participation, j'espère n'avoir oublié personne. Le mot de la fin sera pour vous souhaiter à tous de bons voyages à venir. Moi, ce sera Istanbul à la fin du mois de février. L'une des plus belles villes du monde à n'en pas douter, où j'ai déjà eu la chance de mettre le pied deux fois. Si vous avez de bonnes adresses, n'hésitez pas ! Ben quoi, j'en profite...

(photo : office du tourisme d'Istanbul)
10:13 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis du vin |
|
|
Facebook
02 février 2012
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage
Ou comme cestuy là qui conquit la toison, et puis est retourné, plein d'usage et raison, vivre entre ses parents le reste de son âge, avec une bonne bouteille dans le sac. Oui, c'était le sujet sur lequel j'avais demandé à la bloglouglou de plancher avec remise des copies le 27 janvier dernier. Cette 42ème édition des Vendredis du Vin était placée sous le signe des voyages. : quel vin aviez-vous envie de rapporter chez vous lorsque vous étiez en voyage ? Pour schématiser, ça balaie le monde entier, avec une grosse concentration en Europe.

Certains sont restés en France et ont surtout voyagé dans le verre. Je vais commencer par ce Clos du Chêne Vert 1991 du domaine Charles Joguet que nous a débouché Philippe Rapiteau alias la Pipette. Pourquoi ? De tous les vins que la blogosphère du pif a mis en avant vendredi dernier, c'est peut-être celui que j'aurais vraiment aimé goûter. Charles Joguet, c'est tout de même quelque chose... Quoi ? J'ai le droit d'avoir des chouchous !
Toujours en France, toujours en voyage autour de la chambre, on me sort un "vin cristallin" qui "vibre sous le nez, comme un mirage libyen". C'est le meursault Casse-Têtes 2006 d'Hubert Chavy mis à l'honneur par Christian sur Littinéraires viniques. Stella de la Rhune s'intéresse elle à un sauvignon qui soutient ses 10 grammes de sucre résiduels : le Pech Badin 2005 du domaine de Pech. "Un voyage à lui tout seul sur la planète des vins naturels & d'une nouvelle approche du vin." Et ce n'est pas moi qui le dit. Notre amie a bu ce vin à l'Auberge de Bardigues qui elle aussi a participé à l'événement en choisissant L’Equilibriste de La Grange Tiphaine à Montlouis et en expliquant que l'accord est parfait avec un foie gras ''aux parfums d'Asie". Première participation aussi pour Anne Graindorge qui s'envoie un joli ligérien qui nous donne envie de relire Nabokov : le Sweet Lolita du domaine PZ.
L'aventure est parfois au coin de la parcelle, certains ont enfourché leur monture et se sont baladés à quelques lieues de leur domicile. Bel exemple avec l'ami Michel Smith du côté de Fitou, qui nous présente le domaine des Enfants Sauvages. Olif, qui décidément aime bien les montagnes nous envoie de l'autre côté de la douce France, en Savoie, ce qui n'est pas trop loin du Jura. Il nous fait envie avec son gringet de Belluard dans sa version 2005. Le gringet ? Ben oui, un cousin du savagnin : la boucle est bouclée.
S'il y a une jeune fille qui a voyagé loin de ses bases angevine et parisienne, c'est bien Eva. Elle est allée faire un petit tour du côté du pays basque, avec ses blases imprononçables. Voici le blanc Hegoxuri 2004 du domaine Arretxea. Un vin "complètement déroutant. A tel point que j’ai du mal à trouver mes mots et à qualifier ce vin [NDLR : et à le prononcer], pourtant exceptionnel. Rien à voir avec ce que l’on connait déjà. Notre palais est ailleurs. Whaaaaaa…" Sinon, elle me connait bien, elle sait comment me prendre : elle parle de bouffe dans l'article. Bref, j'ai faim.
Clôturons ce carré français avec un truc bien original : le vin made in Normandie.
Si, si. Du vin normand. Et en plus c'est passionnant : c'est VinPlaisir qui nous raconte la genèse de ce projet. "Ici on ne vend rien, pas d’étiquettes, pas d’esthétisme, pas de m’as tu vu… juste un peu de vie, d’amitiés, de nature et de partage. Tout ca pour rappeler que la vigne pousse partout et que l’ami vin pourra donc vous accompagner partout."
Une belle ribambelle de cocos est allée se balader de l'autre côté des Alpes. Pour eux aussi, une musique pourrie de circonstance, y a pas de raison.
Saluons la première participation du Bon Vivant qui nous dégote un barolo 2001 de Clerico. Julien Marchand remet le couvert avec le Fossatti 2005 d'Enzo Boglietti. Idem encore pour Nina de Lost in Wine qui nous apporte un Nizza de la Cantine Cavallotti classé en Barbera d'Asti Superiore.
Oui je cite tout cela un peu vite mais il me faut avouer ici ma totale inculture en vin italien, hormis quelques spécimens qui ne sentent pas le soufre. Bon, je dis ça mais je me contredis tout de suite et d'ailleurs c'est le moment de faire mon autopromo : moi aussi j'ai choisi un vin italien, un vin de paille de Vénétie, c'est le Recioto d'Angiolino Maule. Mais bon, il m'en reste beaucoup à apprendre de ce côté-ci des Alpes.
En Italie encore, on voyage à travers le verre. Exemple : ce vin italien vinifié par un Belge : le Roero Arneis 2010 du domaine le Cecche. Une sacrée trouvaille signée Steven Dufour... Et puis il y a ceux qui n'ont pas pu choisir. France ? Italie ? Ou même Espagne ? Hé bien, allons-y pour les trois et c'est sur un blog que j'affectionne tout particulièrement, celui des Cousins.
D'ailleurs, je me disais que ça manquait un peu l'Espagne. Heureusement il y a Vincent qui nous fait voyager à Barcelone et à velo (ça grimpe dur parfois) pour faire le tour des cavistes. Que des bonnes adresses testées, et approuvées, et re-testées, et re-approuvées... J'aime bien le cyclisme, mais ce que je préfère dans le vélo comme dans le vin, c'est la descente. Jérémy de World Wild Wine s'intéresse quant à lui aux blancs oxydatifs de la Rioja, chez Lopez de Heredia. Pour avoir sifflé du 1988 il y a quelques Noëls de cela, je ne peux que lui donner raison.
Bon, qui dit Espagne dit Portugal. Ah en voilà un grand pays. Qui a légué d'immenses cerveaux à l'humanité. Et même dans ses anciennes colonies.
Question vins par contre, je serais plus modéré. Mais là encore, je reviens sur ce que j'ai dit : j'ai l'eau à la bouche devant le porto 1984 que nous a trouvé Caroline Henry. Les pasteis de Belem dont elle parle, je m'en suis empifré il y a quelques années dans cette boutique et ce, avant la visite du cloître des Hiéronymites, l'un des plus beaux endroits de la planète. Je voudrais aussi goûter à ce vin de l'Alentejo trouvé par Susanne Werth-Rosarius dans cette région à la gastronomie la plus rayonnante du pays. Et surtout, surtout : cette perle des Açores dont parle Alain Fourgeot qui frappe très fort pour son premier Vendredi du Vin. Un Vin de l'île de Terceira et là franchement, chapeau.
Et puis il y a les pays d'Europe qu'on n'attendait pas forcément. Ah bien sûr, ce sont (parfois) de grands terroirs de vin, mais on les oublie trop souvent. Marie-France du blog Une Cuillérée pour Papa nous emmène en Hongrie, pays cher à celui-dont-on-ne-dit-pas-le-nom-mais-on-s'en-fout-car-il-ne-boit-pas-de-vin-et-il-ne-devrait-de-toute-façon-plus-nous-embêter-très-longtemps. Bref un tokaj et une recette sublime à la clé.
Nathalie Merceron du très fouillé blog Saveur Passion nous fait partir en Grèce avec un vin du nord et un second du sud. Et en plus, on apprend à dire "santé !" en grec. Et par les temps qui courent... Le vin, c'est un voyage mais ce sont aussi des souvenirs. De voyage, de musique pourrie ou de grands romans (comme avec Nabokov) qui ont aussi parfois donné de grands films. Les parfums de retsina m'évoque par exemple cette scène mythique.
Notre chère Iris remonte un peu dans le froid et nous présente ses découvertes autrichiennes goûtées à Millésime Bio. L'Autriche, l'Autriche... Sans doute le grand pays européen du vin le plus passé sous silence, c'est bien triste.
Et la Croatie ? Elle est bien représentée par ce vin produit sur la presqu'île de Pelješac avec le cépage Plavac Mali : "Un vin relativement agréable au global, qui donne envie de se pencher sur une région au passé viticole riche, varié, aux efforts qualitatifs soutenus."
Et ma chère Russie ? Pauline de Eyes Wine Open nous a trouvé un vin qui s'est malheureusement révélé sans intérêt. Idem pour Antoon Laurent à qui on a rapporté un champagne russe. "Le moment passé autour de cette bouteille fût plus mémorable que le contenu."
Terminons ce tour d'Europe par le grand Jacques qui fait dans l'insolite avec sa quête du graal suédois à travers les rues de Paris. Il ne part pas à la recherche d'Anita Ekberg (comme on pourrait le croire en lisant son article) mais d'un vin du Gotland, la plus grande île suédoise. Trouvera-t-il la bouteille tant désirée ? La remplacera-t-il par une autre ? Pour connaitre la fin de cette dolce vita à la suédoise, c'est ici. Pour les plus jeunes ou ceux qui vivraient sur une autre planète, Anita c'est elle.

Finissons la première partie de ce compte-rendu sur cette note lascive... Après ce tour de France et d'Europe, il va falloir patienter pour le reste du monde et les articles insolites.
Pour patienter, réfléchissez déjà au thème très politique d'Antonin pour février !
16:29 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis du vin |
|
|
Facebook
27 janvier 2012
Recioto di Angiolino Maule : il vino "stratosferico"
Laisse les gondoles à certains quartiers touristiques de Venise et prends ma main, je t'emmène dans la meilleure épicerie de la cité des Doges. Elle est baptisée Pantagruelica et se trouve derrière le Ca' Rezzonico, le musée consacré au XVIIIe siècle vénitien. Précisément, c'est au numéro 2844 du quartier Dorsoduro, sur le campo San Barnaba.
C'était il y un an à peu près. On entre dans le magasin et comme tous les clients précédents, on salive direct. Le boss sait tout sur tout, du gorgonzola aux vins naturels. Ah ça, ce n'est pas donné. Oui d'accord c'est Venise mais je le répète : ce n'est pas donné. Il me dit qu'il faut absolument tester les vins d'Angiolino Maule. Il s'extasie notamment sur une bouteille de 50 centilitres dont le mot recioto orne l'étiquette. Prononcez ré-tchioooo-to. Quoi ça ? Il faut s'imaginer à Venise, avec un accent caractéristique. "C'est un vin extraordinaire ! Lorsque je veux me faire plaisir chez moi, je me prépare un repas simple mais goûteux et à la fin j'ouvre cette bouteille et je reste des heures en tête à tête avec elle !" Il s'écrit à maintes reprises "stratosferico !". Pour les synonymes, voir altissimo ou eccezionale.
Mais je n'en ai pas acheté : je ne connaissais absolument pas ce genre de vin et il y restait pas mal de sucre, m'a-t-il dit. Très peu pour moi pour ce soir-là : j'avais envie de moult charcuteries et de gorgonzola bien piquant : j'ai préféré un vin plus sec. Le soir même sur le balcon de notre modeste hôtel du quartier San Polo, ce fut l'orgie. D'Angiolino Maule, nous avons pris le sublime Pico 2004. Malgré tout, malgré cette ville si belle quand on sort des autoroutes place St-Marc/Rialto et place St-Marc/Gare, je n'arrêtais pas de penser au fameux Recioto : j'aurais vraiment aimé rapporter cette mini quille dans mes valises. Impossible. Dans l'avion du retour, nous n'avions pas pris le supplément bagage en soute. En ajouter un sur cette compagnie low-cost aurait fait drastiquement grimper le prix de ma bouteille.
Mais j'en ai retrouvé à Paris !
C'était chez RAP et nous avons bu le masieri d'Angiolino Maule chez Arthur, à L'Hédoniste. Ce soir-là, la quille était un peu dans les choux.
Et puis l'autre soir au Vin en Tête, je tombe sur MA bouteille, mon fameux recioto, version 2004. Il était même moins cher qu'en Italie : c'est dire la marge que se faisait notre gugusse.
Bon d'accord, mais c'est quoi ? Pour simplifier à l'extrême, disons que c'est le vin passerillé de la Vénétie. Le cépage s'appelle garganega, celui qui fait (parfois) des merveilles dans le soave. Chez Maule, tout est cultivé en biodynamie. Mais surtout, et c'est là que ça devient marrant, les raisins sont accrochés à des fils et séchés jusqu'au mois de février, c'est-à-dire pendant 5 mois. J'ai trouvé cette vidéo : c'est plus facile pour comprendre le truc.
La fermentation se fait ensuite pendant 15 jours en cuve ouverte pour accentuer le brassage avec la flore naturelle. Bien évidemment, aucune levure exogène n'est ajoutée. Après la presse, le vin part vieillir dans des fûts pendant 8 à 9 mois jusqu'à un degré alcoolique compris entre 14 et 16. Non filtré, il est mis en bouteille 3 ans après la vendange.
Et dans le verre, ça donne quoi ? On voit bien qu'il est troublard, non filtré, qu'il a une couleur de jus de chaussette. Au nez, du cassis pour l'acidité mais très vite arrive le côté poire au vin, puis la vanille. En bouche, on a des pruneaux très amers, puis un goût de whisky léger. En finale, l'acidité remonte, ce qui a pour avantage de faire disparaitre le sucré. On y trouve même quelque chose de piquant, limite pimenté. C'est un vin qui réveille ; au fur et à mesure de la dégustation, il devient droit et incisif. C'est assurément une très belle réussite.
Ce petit texte, c'est ma participation à la 42ème édition des Vendredis du Vin. Si vous voulez participer, c'est ici et là !
07:09 Publié dans Ailleurs dans le monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis du vin, recioto, angiolino maule, venise, italie |
|
|
Facebook
26 janvier 2012
Vendredi, c'est demain
Demain, nous serons le vingt-septième jour de l'année et fêterons les Angèle. Je m'en voudrais de ne pas rappeler que Sainte-Angèle est née à Desenzano en Italie en 1474. Elle fonda les Ursulines, la première congrégation séculière d'Europe avant de mourir du côté de Brescia en 1540. Il se raconte que les Angèle sont intelligentes et ont du charme. A vrai dire, je n'en sais rien : je n'en connais pas.
Les 27 janvier, on hurle de joie ou de tristesse. En 1756, on a fêté la naissance de Mozart. Mais en 1901, on a pleuré Verdi.
Demain, pour votre gouverne : le soleil se lèvera une minute plus tôt (08h30) et se couchera une minute plus tard (17h37).
Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour participer à la 42ème édition des Vendredis du Vin. Quoi ? Vous voulez encore que je résume le tout ? D'accord...
Je vous ai choisi un thème bien alambiqué : vous avez fait un voyage à l'autre bout de la planète ou à l'autre bout de la France et vous avez rapporté (ou vous auriez aimé rapporter) une bouteille. Parlez-nous de tout cela en publiant demain un article sur votre blog. Ou bien racontez-moi votre histoire dans les commentaires de cet article, par courrier électronique ou bien encore sur les réseaux sociaux. Si vous êtes un fanatique des gazouillis, n'oubliez pas le mot-clé, ou mot-clic, ou hashtag (dans la langue de Shakespeare) : #vendredisduvin
Je serai tout à fait complet en disant que demain il devrait pleuvoir sur la façade est de la France et sur les Pyrénées. Dans le reste du monde, il fera 5 degrés à Séoul, 17 à Alger, 30 à Maule, 8 à Vicenza, 11 à Téhéran, 4 à Titisee, 8 à Medana, 0 à Pyongyang, 9 à Ramallah, 28 à Antananarivo, 11 à Bethléem et 32 à Battambang...
A demain !
12:48 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis du vin |
|
|
Facebook
24 janvier 2012
Dégustation à l'aveugle
Petit jeu. C'est quoi dans ce verre ? Réponse plus bas, le temps de vous laisser réfléchir un peu.
Et pendant ce temps-là à Vera Cruz.
Alors une petite idée ? Non, ce n'est pas du vin nord-coréen, quoique la couleur y ressemble. C'est un vin qui, semble-t-il, a un peu vieilli mais qui reste incroyablement tendu, incroyablement équilibré de fait. Au nez, on ressent déjà une finesse et en bouche, on la confirme.
Il reste du sucre là-dedans ; je peux le dire, on est dans le liquoreux. Mais rien à voir avec de l'explosion de fruits faciles, comme les litchis. C'est un fruit tapé, un peu blet, mais pas trop blet non plus : c'est-à-dire qu'il reste une sensation d'alcool mais elle n'est pas âpre. En tout cas, ce n'est pas du riesling, c'est pas du gewurztraminer : c'est assurément un cépage sudiste.
Bingo ! Je t'aide : grenache. Alors qui dit grenache avec du sucre en bouche, dit peut-être Roussillon. Oui. Allez, le plus célèbre : Banyuls ? Oui, mais non. Disons que ce n'est absolument pas lourd comme d'habitude dans le coin, on n'a pas ce poids de l'alcool avec lequel on a muté. C'est très fin. Bien sûr, cela existe des nectars extrêmement légers dans le coin, ainsi le Vin de Méditation. Donc c'est à rapprocher de cela, quelque chose d'extrêmement vieilli, voire une solera ?
On s'éloigne. Mais qu'est-ce que c'est bon... C'est cristallin, c'est lumineux dans le verre au reflet de la bougie. C'est incroyablement long en bouche, c'est pur et pour tout dire c'est la bouteille qui me réconcilie avec le sucre dans le vin.
Un début de réponse ? C'es un genre de vendanges tardives de grenache d'au moins 10 ans d'âge. Précisément, c'est du 1999. Et on n'avait pas tout à fait tort quand on parlait de Banyuls, car c'est produit dans le coin. Et dernier indice : évidemment c'est du tout naturel.
A Banyuls, du tout naturel en 1999 ? Le Casot des Mailloles ? Impossible, ils ne laissent pas de sucre dans leurs cuvées : certains béotiens qui tombent par hasard sur leur chai au centre de la rue principale de Banyuls le leur reprochent assez souvent... Qu'est-ce que c'est alors ?
REPONSE :
Vin Antique 1999 du Casot des Mailloles.
Quoi ? Ils font ça au Casot ? Jamais entendu parler de ce truc. Ils l'ont fait en 1999 en 2002, ça c'est certain. Ensuite, ils semblent l'avoir arrêté. Autant te dire que les heureux détenteurs de telles bouteilles doivent se compter sur les doigts des deux mains. Moi j'ai trouvé la mienne chez VinNouveau et pas sûr qu'il en reste à Franck.
09:06 Publié dans Languedoc et son ami Roussillon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : casot des mailloles, vin antique, banyuls, roussillon |
|
|
Facebook
23 janvier 2012
Petit luxe anti-crise #22 : le miel qu'on achète chez le caviste
Les petits luxes anti-crise ! C'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.
Pourquoi mon miel est-il millésimé ? Parce que je l'ai acheté chez mon caviste, tout simplement.
Passant l'autre samedi à la Cave des Papilles, alors que je cherchais des quilles de Hirotaké Ooka, je tombe dessus par hasard. L'apiculteur s'appelle Michel Aubertin et bosse à Saint-Herblain. A voir les mines réjouis des tauliers quand je leur apporte ce pot de miel pour le payer, j'imagine que c'est un bon copain.
Sirupeux et pas trop liquide, il est très fort en goût, ce qui se voit déjà à sa couleur. Tout en étant vraiment... fruité, ce qui n'est pas un qualificatif ordinaire du miel.
08:10 Publié dans Bons produits à Paris, Petits luxes anti-crise | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : petits luxes anti-crise, miel, cave des papilles |
|
|
Facebook
22 janvier 2012
Retour à la boucherie d'Hugo Desnoyer
Le boucher Hugo Desnoyer, on peut critiquer tant qu'on veut : c'est plus cher qu'ailleurs, c'est devenu une star, certains l'ont pris en grippe... Mais quel spectacle et surtout, quel savoir-faire ! Le faux-filet, on le propose à différents niveaux de persillé, c'est-à-dire qu'on laisse la viande maturer. Quel bel ouvrage... 35 euros le kilo, soit 14 euros le très beau morceau pour deux.
Après, ce n'est que du classique. Avant de la cuisiner, je sors la viande du frais au moins une heure à l'avance. L'une la voulant bien cuite et l'autre bleue, je suis obligé de la couper en deux. Dans le premier cas, poêle chaude mais pas trop et avec couvercle. Certes, ce n'est pas ainsi que ça se mange. Cette viande merveilleuse, ça se mange bleu donc cuite dans une poêle plus chaude (mais pas trop non plus). C'est un aller-retour, un bonjour-au-revoir et hop dans l'assiette. Et on laisse un peu reposer avant de taper dedans. Du beurre.
Et cette douceur-là alors ? C'était pour l'apéro, pendant que la viande revenait à température. C'est un saucisson de pata negra qui existe aussi en version lomo (filet mignon fumé)... 46 euros le kilo, c'est-à-dire 2 ou 3 euros pour une dizaine de tranches à tomber ! Une de mes découvertes de ce début d'année.
Boucherie Hugo Desnoyer, 45 rue Boulard, 75 014 Paris, 01 45 40 76 67.
18:33 Publié dans Bons produits à Paris | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : boucherie, hugo desnoyer, saucisson de pata negra |
|
|
Facebook
Et la fromagerie Sanders ?
A ma gauche, une rouelle du Tarn. Fromage au lait de chèvre, un peu affiné mais pas trop, un peu cendré mais pas trop. C'est très fondant et très doux, ce qui permet à ceux qui ne courent pas après le chèvre d'y aller à fond.
A ma droite, une tome de Provence. Fromage au lait cru et entier de chèvre. Cela ne ressemble absolument pas à une tome classique... C'est limite si on ne s'est pas trompé. Epicé et fondant en diable.
C'était samedi, lors d'une balade vers St-Germain-des-Prés. J'ai trouvé ces deux perles chez Sanders, fromagerie plus qu'intéressante du marché Saint-Germain. Les prix ne m'ont pas semblé aussi fous que dans d'autres fromageries parisiennes très célèbres. C'est Sanders qui fournit désormais les plateaux du Comptoir du Relais d'Yves Camdeborde. Auparavant, c'était chez Boursault, dans le XIVe non loin de sa très chère Régalade. C'est ça aussi, le consommer local.
18:11 Publié dans Bons produits à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : fromagerie, fromages, sanders, yves camdeborde, comptoir du relais |
|
|
Facebook
20 janvier 2012
Les Vendredis du Vin, c'est vendredi prochain
Comme Ulysse, tu as fait un beau voyage. Qui t'a rendu heureux puisque, lors de ce voyage, tu as déniché une quille terrible. Alors au moment de retourner (plein d'usage et raison) vivre entre tes parents le reste de ton âge, tu n'as pas oublié de glisser cette bouteille dans tes valises. Ou bien peut-être n'y es-tu pas parvenu pour diverses raisons. Et tu es dépité : tu aurais tellement aimé emporter cette bouteille avec toi à la maison, pour la partager avec les copains...
Voilà, ce n'est pas très compliqué. C'est ce genre de conte pour adultes que j'aimerais que tu me racontes vendredi prochain à l'occasion de la 42ème édition des Vendredis du Vin. Tu l'auras compris : elle est placée sous le thème du vin et des voyages. Certes le vin peut faire voyager, mais moi je veux vous voir voyager dans la réalité et en profiter pour nous parler de vin.
Alors, d'ici vendredi prochain, c'est-à-dire d'ici le 27 janvier, rassemble tes souvenirs... Le jour J, il suffit de prendre ta plume puis ton clavier et de raconter cela sur ton blog. Si, à ce texte s'ajoute une photo du voyage et/ou de la bouteille, j'en serais très heureux. Peut-être encore plus heureux qu'Ulysse. Attention, on ne fait pas de discrimination avec Iris : si tu n'as pas de blog, il est possible d'en parler sur Facebook, dans les commentaires sur mon petit blog voire directement par email.
Heureux qui comme Ulysse... Bien sûr, il y a le poème paraphrasé plus haut. Mais il y a aussi un film et surtout la chanson d'un moustachu qui commence à faire son trou. Donc, pour patienter un peu, musique Georges !
12:40 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis du vin |
|
|
Facebook
19 janvier 2012
La Corée du Nord peut-elle s'ouvrir grâce au vin ?
En novembre dernier lors d'un périple en Corée du Sud, j'ai fait un petit tour sur la DMZ (la fameuse zone démilitarisée, frontière entre les deux Corées). Je ne vais pas vous barber avec de l'histoire scolaire ou de la géopolitique bas-de-gamme ; je voudrais seulement rappeler qu'il s'agit là de la zone la plus militarisée au monde. Un million de soldats et un sacré système défensif veillent sur 238 kilomètres de frontière.
Une précision : si tu veux aller faire du shopping underground à Pyongyang, il faut obligatoirement passer par Pékin, car franchir la fameuse frontière est tout bonnement interdit. Même si Séoul se trouve à seulement à 250 bornes de son homologue du nord.
En Corée du Sud, on ne peut pas aller plus loin que le village de Panmunjom qui n'est en réalité constitué que de ces quelques baraques bleu Onu. C'est ici que les gens du Nord et que les gens du Sud, tous surveillés par une tripotée d'intermédiaires et d'ONG, viennent négocier tout ce qui est négociable. Ces bicoques se trouvent à mi-chemin sur la frontière matérialisée par une simple dalle (1) : les touristes peuvent y entrer, marcher jusqu'au fond de la salle et de fait entrer officiellement en Corée du Nord sans quitter le cabanon. La porte côté Nord est certes fermée, mais rien n'empêche de demander l'asile politique au soldat qui la garde... La visite de cet endroit incongru nous ramène 50 ans en arrière. Le dernier véritable vestige de la guerre froide.

On nous répète inlassablement moultes "consignes de sécurité" : ne pas porter de jean troués ("Les Nord-Coréens vous prennent en photo et les utilisent pour la propagande en disant que les Occidentaux n'ont pas d'argent pour se payer des pantalons"), ne pas photographier les installations côté sud-coréen, ne pas faire de geste équivoque envers le Nord... Après quelques minutes de déambulation, le jovial sergent Blood, un militaire américain qui sert ici sous mandat de l'Onu et qui nous accompagne "toujours pour des raisons de sécurité", nous enjoint de quitter rapidement les lieux.
Retour à la base, le Camp Bonifas où sont stationnés les bidasses de l'Occident libre. Comme les Américains qui sont ici les plus nombreux font bien les choses et veulent profiter de nous les curieux, ils ont créé un visitor center au milieu de leur garnison. On y trouve une grande salle de projection où on est briefé sur l'histoire et l'actualité des deux pays voisins. Et ils ont aménagé un véritable magasin de souvenirs. Et oui. On y vend des t-shirts à la con, genre I love DMZ. Mais surtout, c'est le seul endroit où sont disponibles à la vente quelques produits nord-coréens. Pour dire les choses sans mentir, il s'agit de gnôle et de gnôle seulement. C'est l'alcool de myrtille made in DPRKorea, la République démocratique et populaire de Corée, véritable nom de la Corée du Nord. Ce tord-boyaux trop vite appelé vin de myrtille (et là c'est précisé clairement blueberry wine) cotoie sur les étagères le fameux cognac nord-coréen. Les deux Kim qui ont trépassé en buvaient pas mal, mais au fur et à mesure que les années passaient et que leur fortune grandissait, ils se sont bizarrement mis à préférer le vrai cognac, le français. Kim Jong-Il dépensait près de 700 000 euros par an chez Henessy, alors que le salaire moyen serait 1 000 fois moins important. C'est CNN qui le dit.
Juste à côté, une autre bouteille de "vin nord-coréen". Si, si, le vrai vin. Fait avec du raisin dont le jus est mis à fermenter. Enfin... C'est ce que je croyais... Monsieur Septime explique dans les commentaires juste en-dessous que ça serait aussi de la myrtille en fait. Pourtant une étiquette m'avait bien expliqué "grapes wine" et je m'étais basé sur ce que j'ai pris comme une faute sur la bouteille : wied wine... Wied ? Souvent en Corée, au nord comme au sud, il arrive que le vin soit fait à partir de raisins sauvages (Vitis vinifera sylvestris). J'en conclus qu'il doit y avoir ici une faute sur l'étiquette, qu'il aurait fallu écrire wild plutôt que wied ; mais ce n'est que spéculation. Car, vu que la personne qui me le vend est un bidasse américain et pas un sommelier diplômé, je n'ai que très, très peu d'informations précises.
Ce qui est sûr, c'est que ce vin nord-coréen provient de la ville de Kanggye, tout au nord de la Corée du Nord, c'est-à-dire proche de la frontière avec la Chine. Le vin est produit dans la plus vieille et la plus grande entreprise viticole du pays (sans doute l'une des seules). Construite en 1956, elle a plusieurs eu fois les honneurs de Kim Jong-Il ; la dernière fois se fut le 10 décembre 2009 et il semble avoir apprécié la chose. Plus de détails ? Le vin se vend 8 euros pour 36 centilitres (ce qui n'est vraiment pas donné) et il monte à 16°. La méthode de vinification ? Le millésime ? Bonnes questions... Je suis incapable d'y répondre.
Et en bouche ?
C'est l'exemple parfait pour les prochains Vendredis du Vin : j'ai croisé ce vin lors d'un voyage et je l'ai rapporté dans mes valises.
Je l'ai servi à l'aveugle et en tant que pirate lors d'une soirée consacrée aux bouteilles insolites de Loire. Heureuse coïncidence pas du tout voulue, c'était le jour même où on a appris la mort du Cher Leader : le 17 décembre dernier. Les convives fines gâchettes (dont Eva et Antonin) m'ont égréné dans le désordre : "vieux maury", "vieux coteaux-du-layon" voire "très vieux vin de chez Claude Courtois". Bref, ce n'est pas si mal pour un vin nord-coréen d'être comparé à ce genre de belles choses. On lui reconnaît relativement peu de sucre, une forte odeur de whisky mais au goût assez neutre et enfin une longueur certes longue mais terne. Ce n'est pas un grand vin, il semble incroyablement vieilli, totalement dépassé par les ans : pas de 10 ans, mais plutôt de 50 ans et ce, pour un terroir qui n'aurait pas mérité qu'on attende aussi longtemps. Evidemment, dès que j'ai dit de quoi il s'agissait vraiment, tout le monde s'est esclaffé et a reconsidéré sa position en disant que vraiment, ce n'est pas top.
C'est sûr, il reste énormément de travail et de progrès à faire. Mais qu'est-ce qui nous empêche de tenter un pari complètement fou ? Pourquoi la Corée du Nord, avec ses montagnes et son influence maritime, serait-elle privée de terroirs à vin ? Pourquoi la Corée du Nord ne se trouverait-elle pas un vigneron étincelant ? Pourquoi la Corée du nord ne pourrait-elle pas s'ouvrir par le vin ?
09:08 Publié dans Ailleurs dans le monde, Alcools cools | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
17 janvier 2012
Les requêtes les plus insolites qui vous ont mené ici
Chers rares lecteurs, comment atterrissez-vous sur ce blog ? Je me suis récemment posé cette question fondamentale et fort heureusement, 20minutes m'aide à y voir plus clair. Et je suis rassuré : l'immense majorité des mots-clé tapés dans les moteurs de recherche concernent le vin naturel et les restaurants qui vont avec.
Cependant, à l'image des requêtes insolites que nous fait partager Olif sur Facebook, certains d'entre vous arrivent (et repartent sans doute aussitôt) via des mots-clés surprenants. Des exemples ? Plein, photte daurttaugraf incluses.
Pour sûr, certains de ces mots-clé concernent le vin. Mais je le prend très mal lorsqu'on tape simplement "bouteille tord boyaux" ou, pire, une interrogation telle "le morgon est il un bourgogne ?". Bon d'accord, tout le monde n'est pas forcément spécialiste.
Quand cela touche à la bouffe, on rigole bien aussi. Les crevettes roses oui je vois ce que c'est, le dosage de soufre dans le vin, oui aussi mais "dosage de soufre dans les creuvettes roses"... ? A d'autres moments, vous vous posez des questions vitales : "le boeuf froid aux carottes veut dire quoi ?". Ou on frôle l'indigestion avec "escargot pistache et chocolat noir".
Et puis à d'autres moments, on parle de religion. "Sainte-Anne" ou "Adam" reviennent régulièrement. Ah oui, le premier est un bandol et le second un restaurateur à Metz...
Parfois, c'est un peu plus coquin. A cause d'un article sur un restaurant japonais qualifié de sexy, je croule sous les "jap sexy", "miki sexy"... A d'autres moments, certains demandent carrément qui couche avec qui dans le vignoble ("les potins à Rivesaltes"). Enfin, catégorie sexy toujours, quelqu'un est arrivé ici en tapant "Nicolas de Rouyn".
Sujet logiquement plus lourd : l'Algérie. D'un voyage à Alger, j'avais rapporté la cuvée Monica, fleuron du vin algérien. Tiens, c'est une bonne idée pour la grosse teuf du 27 janvier ! Et quel succès ! Tous les mois, on vient cliquer sur mon blog via "cuvé de monica", "Algérie" et même "algérienne". Mais aussi, et c'est déjà plus bizarre, "algerie chanson du foot" ou "algérie egypte ça vaut cher". Et je ne parle pas de "bon coin alsaces robe algerienne"...
Enfin, les insolites de chez insolite qui, je crois, ne font référence à aucun article. Ou bien j'ai oublié. Où ai-je parlé d'un "dés à 12 faces en métal" ou d'une "chaussette bougeotte" ? Et "commence a respirer", ça veut dire quoi ? Pour écrire certains trucs dans un moteur de recherche, il faut vraiment être tordu : "le palet de la bouche avvec des veines noir".
Et mon préféré : "exitent pour poisson aquarium".
P.S. : et chez Eva, c'est super gratiné !
18:07 Publié dans Clin d'oeil | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
|
|
|
Facebook
16 janvier 2012
Petit luxe anti-crise #21 : la tablette de chocolat au sésame
Les petits luxes anti-crise ! C'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros. Plus d'infos sur ce lien.
Encore une petite pensée pour l'Asie où le sésame est roi. Cette fois, on le met dans le chocolat de Weiss. Les grains de sésame torréfiés sont superbes et nombreux, ça croustille comme le chocolat au lait d'une grande marque mais avec ce beau côté cacahuètes.
2,80 euros chez G. Detou, rue Tiquetonne. L'autre jour, j'ai fait razzia sur toute la gamme.
18:53 Publié dans Petits luxes anti-crise | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : petit luxe anti-crise, chocolat, weiss |
|
|
Facebook
Kaiseki : un dîner chez Hissa, le chef-peintre
Kaiseki, kezako ? C'est évidemment lors d'un voyage au Japon qu'on se familiarise avec cette notion de kaiseki. Direction Kyoto. Après une petite balade sur le plus bel endroit de la Terre, c'est-à-dire le sanctuaire de Fushimi Inari, redescendons en ville pour choisir un des restaurants où est servi ce repas traditionnel japonais appelé kaiseki. Si on devait simplifier à l'extrême, disons que c'est la version trois étoiles de notre convivial apéro-entrée-plat-fromage-dessert-digestif. Kaiseki, qu'il s'agisse du repas lui-même ou des techniques culinaires qui y mènent, est avant tout synonyme de raffinement, de produits exceptionnels dont le goût est mis en valeur mais respecté, de recherche de la beauté de l'assiette et d'un véritable cérémonial (c'est là que parfois entrent en jeu les geishas).
Le chef japonais Hisayuki Takeuchi (ou tout simplement Hissa) et sa femme Elisabeth Paul-Takeuchi ont essayé de traduire en français ce rapport à l'assiette raffinée. C'est chez Franckie que j'ai fait connaissance avec le chef, du moins avec ses livres. C'était il y a déjà pas mal de temps et j'ai beaucoup attendu avant d'aller faire un tour au fin fond du XVe. Cap sur le menu sashimis-sushis. Arrive la première assiette composition. La tablée est subjuguée par la grâce de ce que l'on a sous les yeux. Ce n'est plus de la nourriture, c'est de l'art contemporain éphémère. Hissa est un peintre du comestible. Et mes photos ne rendent pas assez hommage à ce travail.
Ce petit tas vert, ce n'est pas du wasabi mais du yuzukocho, une spécialité du sud du pays à base de piment, de sel et de yuzu. Ceui-là n'a rien à voir avec le yuzukocho industriel qu'on trouve dans les boutiques japonaises bien achalandées. Hissa le fait préparer au Japon selon ses propres dosages, il est bien plus fort que le wasabi. Riche, strident, presque enivrant. Oui, on est ailleurs.
Côté fruits de mer, la coquille saint-jacques en jus de betteraves et fruits de la passion se révèle un accord très risqué ; je m'en faisais une idée doucereuse mais le côté acide a repris le dessus. C'est tout simplement superbe.
Place aux sushis, avec quelques végétariens très fondants. Encore une fois, les poissons blancs sont au top, les oeufs de saumons incroyablement fins et le pesto d'algues à croquer.
Les california rolls sont enrobés d'une touche "mayonnaise", on dirait. En fait, c'est une crème d'avocat, de mangue et/ou de framboise : tout cela vient colorer et fouetter le maki en lui donnant une rondeur peu commune. Un vrai travail de créateur.
Côté vin, le sancerre 2010 de Maurice Doucet est bien plaisant mais évidemment, il n'est pas le plus excitant de la carte où se cotoient le fameux Petit Têtu de Jean-Marie Berrux ou de splendides Prieuré-Roch.
Olive, un peu réfractaire aux poissons crus, en a choisi un cuit. Sur une pierre chaude, le pavé de saumon est rehaussé du fameux pesto d'algues et couvert d'une algue kombu. Résultat impressionnant.
Le chef maîtrise aussi la pâtisserie, ici l'assiette fourre-tout dont émergent notamment une de ses créations, incroyablement délicieuse : le kabuto, ce gâteau très brun mais qui reste pour moi une véritable énigme. Et cette magnifique madeleine au miso blanc. Et la glace au sésame est virevoltante. J'ai faim.
Autre critique lue sur le ouèb : le prix. Le menu sashimi-suhi est à 70 euros sans le dessert. Je ne vais pas faire l'exalté, répéter qu'à mon sens c'est de l'art contemporain dans l'assiette, qu'il y a un savoir-faire incroyable et que les charges sont lourdes : tout cela on le sait. Ce qu'on a oublié par contre, c'est que le poisson cru est un mets extrêmement fin qui ne doit pas être pris à la légère. Combien de faux restaurants japonais (c'est-à-dire tenus par des Chinois, et s'il y en a un qui ne peut pas être suspecté de racisme anti-chinois, c'est bien moi) ouvrent des "restaurants" à sushis sans âme faits à base de rouleaux industriels ? En bas de chez moi, un homme tout à fait respectable qui oeuvrait dans les arts de la table s'est récemment pris de passion pour le sushi et a fait évoluer son magasin pour surfer sur la vague. Chez Kaiseki, on est loin de cette mode. Trouver un saumon ou un mulet digne de ce nom, extrêmement frais c'est-à-dire capable d'être servi cru, d'être mis en valeur par un chef expérimenté pour qu'il garde son vrai goût de poisson revient énormément cher. A mon retour du Japon, il y a trois ans, je m'étais juré de ne plus manger de sushi en France, étant incroyablement déçu à chaque fois. Il a fallu l'année dernière aller en Corée pour retrouver ce goût du poisson cru qui te fait grimper sur un nuage. Avec Kaiseki, voici enfin en France une adresse qui permet d'économiser le billet d'avion.
Kaiseki, 7 rue André Lefebvre, 75 015 Paris, 01 45 54 48 60.
15:59 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : japon, kaiseki, hissa, hisayuki takeuchi, elisabeth paul-takeuchi, sancerre, maurice doucet |
|
|
Facebook












