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du morgon dans les veines - Page 4

  • Jérusalem : comment reconnaître une bonne limonade ?

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    Si le houmous est le plat national (mais au fait, de quelle nation parle-t-on ?), la limonade est son équivalent liquide. C'est la boisson que l'on retrouve partout, chez les Israéliens ET chez les Palestiniens, notamment dans les endroits où on ne sert pas d'alcool. Des deux côtés de la ville, des deux côtés du mur de séparation comme en témoignent ces deux photos quasi identiques : la première chez Afteem à Bethléem, la seconde chez Abu Shukri dans la vieille ville de Jérusalem.
     
    Citron, eau, sucre. Et un peu de menthe, d'où cette couleur parfois verte, parfois un peu plus caca d'oie quand la menthe est moins fraîche. On mixe le tout et on le sert très frais. Pour reconnaître l'adresse est honnête, on se fie à l'acidité du jus : les jus maison sont bien citronnés, les industriels tendent plutôt vers le sucre, saveur réputée plus accessible.
     
    Aparté. Comme dans beaucoup d'autres pays, on est sidéré par le nombre de restaurants qui servent une bouffe aseptisée, insipide. Mais ici, c'est un problème assez caractéristique. Alors que les richesses naturelles du pays sont si nombreuses, alors que les cultures culinaires sont si variées, la consommation de bouffe industrielle (et surtout sans âme) tient le haut du pavé. Heureusement, il y a des exceptions magnifiques.

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  • Jérusalem : où manger du houmous ?

    Réponse : partout.

    Ne voulant pas déclencher une troisième Intifada à moi tout seul, je me garderais bien de me prononcer sur l'origine du houmous : est-il libanais ? Ou israélien ? Ou syro-palestinien ? Ce qui est indéniable, c'est que ce mets somme toute un peu bizarre est devenu le symbole culinaire de Jérusalem, comme le Dôme du Rocher en est le symbole architectural. On en mange à l'ouest, on en mange à l'est, on en mange au nord, on en mange au sud, on en mange sur la Ligne verte de 1967, on en mange face au mur de séparation, on en mange près du mur des Lamentations, on en mange près du Saint-Sépulcre... Comme les chats errants la nuit, le houmous ne connait pas les frontières.

    Précisément, de quoi s'agit-il ? Il y a sans doute autant de recettes que de familles, voire d'individus, mais une base est partout respectée : un savant mélange de pois chiche écrasés, de tahiné (pâte de sésame dont le goût peut lui aussi varier à l'infini) et d'huile d'olive. Les dosages diffèrent partout, la qualité des produits aussi. Manger le même houmous dans deux endroits différents relève du coup de chance ou d'une bouffe industrielle (et là, pas de chance).

    Comment faire pour choisir son houmous ? Nous sommes allés à la rencontre de quelques adresses historiques. Réaliser une monographie du houmous à Jérusalem reviendrait à tester presque tous les restaurants de la ville. Déjà, pour en faire sortir certains du lot, notre estomac a été mis à rude épreuve : houmous à midi, houmous le soir. Il y a un moment où tu n'en peux plus et ce moment arrive rapidement. Voici quelques résultats glanés avant d'être devenu moi-même un gros pois chiche. Il n'y a pas de classement ici, c'est idiot les classements.

    Dernière chose : dans chaque restaurant, le houmous est servi avec du pain pita (plus ou moins bien fait) et des pickles (légumes saumurés plus ou moins comestibles). A chaque fois, il en coûte entre 3 et 4 euros l'assiette, ce qui reste raisonnable dans une ville où ces dernières années, ce sont les prix (plutôt que les bombes) ont explosé.

    Lina : soyeux, crémeux, très poischiché. De loin, le meilleur de la ville, à mon avis. A 20 mètres au-dessus de la 8e station du chemin de croix. Oui, à Paris, les bistrots me servent de points de repère ; à Jérusalem, ce sont les stations du chemin de croix ou les édifices religieux. 

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    Abu Shukri : une institution. Une bonne dose de tahiné rend la chose très torréfiée. L'huile d'olive qui l'accompagne est très plaisante. Rue Al Wad, face à la 5e station du Chemin de croix. 

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    Jerusalem Hotel : moins crémeux mais malgré tout plus léger. Une réussite. Sur Nablus Road, à quelques minutes de la porte de Damas. 

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    Al Mihbash : l'assiette la plus "fait maison". Comme pour tout ce qui vient de ce restaurant, le houmous semble extrêmement frais. Un peu plus haut que le Jerusalem Hotel, sur Nablus Road aussi.

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    Rahmo : là aussi, forte dose de tahiné. La texture très fondante s'explique sans doute parce qu'il n'est pas servi à température ambiante mais un peu chaud. Dans la rue Ehskol, à côté du marché Mahane Yahouda, côté Jérusalem-ouest.

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    Versavee : comme l'ensemble des plats servis ici, le houmous ne laisse aucun souvenir. Le passage dans lequel est situé le restaurant, juste à gauche après la porte de Jaffa faisait envie. Mais non. La déception du séjour.

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    Afteem : une belle assiette et un plat très citronné. A Bethléem, en contrebas de la place de la Crèche. Une halte connue des pèlerins depuis que les proprios ont été chassés de Jaffa en 1948.

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    Et on en oublie...

  • Jérusalem : le presse-agrumes hérétique

    Même ceux qui n'ont jamais mis les pieds à Jérusalem voient de quoi je parle. Voici un objet que je trouve délirant, tout droit sorti du cerveau fécond d'un designer foufou. Croisé dans une exposition à la Tour de David, à Jérusalem : un presse-agrumes façon Dôme du Rocher. Quand on sait que ce monument est depuis le VIIe siècle le symbole de la ville, qu'on le voit sur (presque) toutes les cartes postales et sur tous les posters de "martyrs" palestiniens... Ce n'est malheureusement qu'un prototype qui montre une (sacrée) liberté de penser.

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    Les touristes se pressent de plus en plus nombreux à Jérusalem, sur les lieux chargés d'histoire, sur les lieux saints des trois religions monothéistes ou encore sur les lieux du conflit actuel. La preuve, il y a maintenant un Guide du Routard sur Israël et Palestine, c'est dire.

    Tout cela, j'ai eu l'occasion de le vérifier lors de ma quatrième visite là-bas, en septembre dernier. C'est pourtant le premier voyage que je vais chroniquer ici. Dans les jours à venir, nous allons donc parler de Jérusalem, d'Hébron, de Naplouse, de colonies, de zaatar, de vins locaux, de limonade... J'oubliais que j'avais déjà évoqué précédemment les bières locales et du vin de Cremisan - mais on en reparlera aussi.

    A suivre donc un carnet de bonnes adresses si jamais la folle idée vous prend d'aller visiter ce joyeux bordel...

  • Recette enfantine : la tarte au vin

    La cuisine au vin s'avère intéressante lorsqu'on considère le vin comme un véritable ingrédient, pas comme le composant d'une sauce ou un simple exhausteur de goût. D'ailleurs, je considère qu'il se fond mieux dans les desserts que dans les plats salés. Parmi mes desserts stars trône le cake au vin blanc ; voici maintenant la tarte au vin blanc. Encore plus foufou.

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    Certes ma photo n'est pas digne de Elle à Table. Déjà, l'exécution de la recette ne donne pas un résultat parfait - encore heureux, la cuisine sans aspérité ennuie. Le résultat n'est pas non plus photoshopé, ça prouve bien que la photo ne sort pas d'un dossier de presse même si j'ai trouvé cette recette d'origine vaudoise sur le site de l'office du tourisme de Suisse. En gros : c'est un fond de tarte, tu ajoutes du vin dessus et tu laisses cuire. Enfantin. 

    Pour la préparer, on ouvre spécialement un vin alsacien, le sylvaner 2012 (en bouteille d'un litre) de Jean-Pierre Rietsch. J'aimerais bien dire qu'il m'est resté sur les bras un fond de bouteille et que je l'ai utilisé pour la recette. Mais ce serait mentir : lorsqu'on ouvre une bouteille de Jean-Pierre, il n'en reste jamais, c'est bien trop bon. Alors pourquoi l'ouvre-t-on spécialement ? Parce que la cuisine au vin répond à un théorème : on ne cuisine pas avec un vin qu'on ne voudrait pas boire. Logique. Mais ça va mieux en le disant.

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    Pour la pâte : mélanger 200 grammes de farine avec 80 grammes de sucre et une pincée de sel. Ajouter 120 grammes de beurre froid coupé en morceaux et travailler à la main. Ajouter un œuf battu. Beurrer et fariner un moule à tarte avant d'y mettre la pâte. Conserver au froid une demi-heure.

    Pour la garniture : mélanger 30 centilitres de vin naturel (oui ça marche aussi avec un autre vin, c'est fou...), 120 grammes de sucre, 1 belle cuillère à soupe de fécule de maïs (on peut faire le couillon-fainéant comme moi et prendre la marque de supermarché, mais c'est mieux avec de la fécule bio) et une pointe d'épices type cannelle. 

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    Verser le liquide sur la pâte directement. Ajouter quelques noisettes de beurre à la surface et direction le four préchauffé à 200°C pendant 40 minutes. Je la préfère un peu rafraîchie. Ce qui étonne la tablée, c'est que le vin tire désormais vers le miel.

  • Une brasserie à Montmartre ? Heu ? T'es sûr ?

    Les prix sont parisiens, la carte ne change pas tous les jours, le nombre de couverts ne correspond pas à ceux des restaurants que l'on fréquente habituellement. Bref, c'est une brasserie. Je laisse ça à ceux qui aiment ; ils sont nombreux.

    Malgré tout, cette adresse sort du lot. Et même mieux : toute brasserie devrait lui ressembler. Naguère, je louais le meilleur rapport qualité/prix de Paris : c'était la maison-mère. Depuis, je fréquente l'annexe dans le XVe, moins enclavée que la première. Aujourd'hui, je suis aux anges : La Cantine de la Cigale, troisième adresse de Christian Etchebest, est à un battement d'aile de palombe de chez moi.

    On y retrouve les plats désormais classiques, à commencer par cette mythique oreille de cochon grillée.

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    Ou les couteaux avec une divine sauce aux olives. C'est à se demander si on ne ferait pas mieux de prendre seulement des entrées tellement les assiettes sourient.

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    Lors de mes derniers passages, le caviar d'aubergine le disputait au civet de marcassin ou aux saint-jacques purée. Sur le papier, c'est simple voire simpliste. Mais c'est ça la cuisine, bordel !

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    Il me reste à tester le parmentier de boudin d'Eric Ospital que j'imagine grandiose. Comment n'ai-je pas pu commander ce plat-là lors de mes dernières sorties ? C'est honteux.

    J'ai pourtant repéré un bémol, par deux fois. Les frites. À la Cantine du Troquet Dupleix, elles sont généreuses, crousti-fondantes, bien arrosées de poivre. Ici elles font grise mine, manquent d'un bain de friture et attendent l'assaisonnement plus corsé. Oui, elles font la gueule. Et second gratouillage : les desserts bien troussés qui tournent autour de 9 euros, on peut aisément s'en passer.

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    Côté vin, on s'amuse bien aussi. Thierry Chancelle, Marcel Lapierre, Robert Plageoles, Hervé Souhaut... Les superbes noms en côtoient certains moins excitants. Mais il faut de tout pour faire un monde. Voici en détail à quoi ressemble la carte en ce début novembre.
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    Autre marque de fabrique des Cantines, l'accueil toujours engageant. Tout ça pour dire que quand la bise est venue, je ne me suis pas retrouvé dépourvu.

    La Cantine de La Cigale, 124 boulevard de Rochechouart, 75 018 Paris, 01 55 79 10 10.

    Sinon à Montmartre, tout n'est pas définitivement perdu : il nous reste un caviste parfaitun café à la jolie terrasse et même des tapas.

  • Mimi Fifi et Glouglou, c'est moi

    J'avoue avoir été contrarié en lisant les premières pages de Mimi Fifi & Glouglou. J'avais l'idée d'un bon titre pour cet article, d'une référence à Flaubert, et v'là t'y pas qu'elle apparaît texto dans la préface de cette bande dessinée. Tant pis, je la garde quand même ! Car c'est tout moi dans ces pages. Déjà, les trois compères imaginés par Michel Tolmer, je les connais depuis les quelques planches disséminées au gré des humeurs sur le site Glougueule. A force de les lire sur écran, je faisais un transfert. Sous couvert de dégustation, ils caressent le vin naturel comme d'autres leur violon : essayer de comprendre son propre goût c'est un sport, c'est de l'entrainement. Mais lorsqu'on a l'ouvrage entre les mains, c'est encore plus flagrant : ces copains de goulot, ces stakhanovistes du lever de coude, ces arsouilles engoncés dans leurs (fausses) certitudes, c'est moi, c'est toi, c'est nous.

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    Mais on ne s'arrête pas en bon chemin. A mon sens, Mimi Fifi & Glouglou n'est pas une simple B.D. d'introduction au vin, ni une satire de dégustations incontrôlables. Non, c'est avant tout un pamphlet contre la standardisation de toute chose. Ou plutôt un traité sur la complexité de l'univers. Complexité du vin bien sûr et surtout complexité des caractères de chacun des personnages. Amitié, convivialité, éclats de rire, tendresse, mais aussi idées reçues, préjugés et mauvaise foi : le vin n'est que le révélateur de tout cela. Mimi, Fifi & Glouglou ont autant de (prétendues) déviances que les vins qu'ils boivent. Bref c'est une B.D. sur la vie, tout court. Comme Madame Bovary.

    A ce propos : en réalité, Flaubert n'aurait jamais prononcé ce célèbre mot sur son héroïne. Par contre, Eva me l'a clairement dit dans un message la semaine dernière. "Mimi Fifi & Glouglou page 70, c'est toi". Elle n'a pas tort.

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    Mimi Fifi & Glouglou, petit traité de dégustation, Michel Tolmeréditions de l'Epure, 22 euros. Et minute autopromo : Michel Tolmer avait aussi colorié la couv´ de Tronches de Vin.

  • Baron de Lestac : ce bordeaux c'est personne

    Au hasard d'une page de pub à la radio, avez-vous prêté l'oreille à ce spot vantant la grandeur d'un bordeaux à petit prix, le Baron de Lestac ? Je ne vais pas détailler ce qui se dit sur sa force, son boisé, son caractère. Si vous avez loupé cette tirade, n'ayez crainte : la campagne continue jusqu'au 13 février. Sur deux semaines, 400 "contacts" sont prévus selon Rayon Boissons. Il se conclut avec le nouveau slogan officiel de ce vin :

    "Baron de Lestac, ce bordeaux c'est quelqu'un". 

    Il faut parfois rappeler la réalité. Aucun noble n'a été fait baron de Lestac et pire, aucun domaine n'est baptisé Baron de Lestac. Donc il est faux de dire que c'est quelqu'un. Le Baron de Lestac, c'est personne. Ce n'est qu'une marque créée par le groupe Castel. Au même titre que les autres marques du groupe : Roche Mazet, Vieux Papes, Sidi Brahim... Tout le monde le sait mais tout le monde l'a-t-il oublié ?

    Castel, Lestac... En français, ce vin porte un nom : c'est un anagramme, tout simplement. 

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    (source : www.barondelestac.com. Vous ne croyez tout de même pas que j'en ai acheté...)

    Et pour ne pas faire de jaloux, tapons aussi sur Pierre Chanau. Chanau, qui lui n'est que l'anagramme de Auchan.

    ***

    Rédigé et publié début février 2012, cet article est toujours d'actualité : comme la pub radio pour ce vin repasse ce mois-ci sur les ondes, je me suis dit que moi aussi j'allais faire dans la rediffusion.

  • Le vin naturel croate existe, je l'ai rencontré

    Cuvée Sveti Jakov 2010, de Giorgio et Vesna Clai, vignerons dans l'Istrie croate. 

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    Quel vin détonnant ! Voici un blanc macéré à l'oxydation très fine, qui nous laisse un peu désarçonné : à la fois une grande structure et quelque chose d'extrêmement facile à boire. Il y a un mot pour ça : c'est bon ! Regoûté quelques temps plus tard à La Maison du Whisky (qui importe toute la bande Triple''A''), c'était tout aussi saisissant. Un vin rare.

  • La Cave du Miroir, ma nouvelle planque

    Michou n'est pas très loin, seulement quelques mètres plus bas. On pourrait alors s'imaginer La Cave du Miroir semblable aux "restaurants" des alentours : bouffe infâme, pinards exécrables, addition coup de bambou. Montmartre oblige. Sauf que la nourriture est terrible. Sauf que les vins m'inspirent. Sauf qu'on sort pas de là avec un salaire en moins.

    Et sauf que Sonia y bosse. Me voilà donc à nouveau pris en flagrant délit de copinage. D'un côté, faut l'avouer, c'est rare. De l'autre, si tout était pourri, je le dirais. Le souci, c'est qu'il n'y a aucune fausse note. Et même mieux que ça.

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    Un verre de blanc à 3 euros dans un bar à Montmartre ? C'est ici. Une assiette d'huîtres qu'a d'la gueule ? C'est ici. Une terrine de boudin maison ? C'est ici. L'assiette de fromages du merveilleux Stéphane Tabert facturé amicalement ? C'est ici.

    Et dans le verre justement ? Un rouge à 3 euros aussi, c'est le sympathique Romain Paire. A côté, on trouve Claude Courtois au verre aussi, rien que ça. Sinon Prieuré-Roch, Sébastien Brunet, Laurent Combier, Olivier Guyot... Ouais bon, ça manque un peu d'Auvergnats ou d'Ardéchois tout ça. Ben quoi ? Si on ne peut même pas chercher la petite bête.

    En champagne ? Deux de mes chouchous : Olivier Horiot et surtout mon amour Olivier Collin (domaine Ulysse Collin). D'ailleurs, qu'on se le dise, il reste ici quelques quilles de blancs de noirs (Les Maillons) introuvables. Mais laissez m'en une. Toutes les bouteilles sont ouvrables sur zone à prix caviste avec 7 euros de droit de bouchon.

    Ce soir-là, c'était un ravissant Mademoiselle M 2010 de l'excellentissime Alexandre Bain. Un nez plein de miel, une bouche à l'italienne. Lui, c'est vraiment le sorcier de Pouilly : aucun millésime ne se ressemble, un verre en appelle un autre, il y a un truc en plus par rapport à ce qu'on boit d'habitude. Bref, c'est du vin (du vrai).

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    Reste maintenant à aller faire un tour à la maison-mère, le resto d'en face, baptisé depuis quelques temps déjà Miroir tout simplement. D'ailleurs j'annonce dans ces lignes qu'on va bientôt réserver une table avec des cocos que le patron connait aussi, les deux qui ont pondu La Cuisine, des Métiers, une passion. Comme ça, on en reparlera.

    La Cave du Miroir91 rue des Martyrs, 75 018 Paris, 01 46 06 50 73.  

  • Certains cavistes parisiens ont du mal avec le vin naturel (et le chaource)

    Que se rassurent les pourfendeurs du vin dit naturel et de ses prétendues déviances, il subsiste des cavistes parisiens qui ont du mal avec les vins sans (trop de) soufre ajouté.

    Ainsi Le Caviste Bio, cave à manger du centre-nord de la capitale, qui comme son nom l'indique propose du vin 100 % bio. Peut-on saluer un caviste pur bio ? Oui et non. Certes, la bio est le sens de l'histoire. Mais en ce qui concerne le vin (comme le reste d'ailleurs), je pense qu'il ne s'agit là que d'une condition nécessaire mais insuffisante pour faire un vin qui plaise à mon palais. Oui, il y a des naturels pas bios et il y a des brebis galeuses dans tout troupeau. Mais il y a aussi légion de bios pas très naturels... N'oublions pas cette évidence : ce n'est pas parce que bio que c'est bon. Et une autre : ce n'est pas parce qu'il y a zéro soufre que c'est bon. Évidemment, tu me files du raisin à moi, je vinifie sans soufre et ce sera la cata. Tu me diras, si je vinifiais avec du soufre, ce serait la cata également. Bref le souci, c'est que le label bio a une fâcheuse tendance à passer sous les fourches caudines du marketing. Gageons plutôt que notre homme du jour, notre Caviste Bio, est convaincu du bien fondé de la bio dans le vin, ce sera plus simple.

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    Sur les étagères, pas mal de choses, du bon et du moins bon, des choses que je connais, d'autres moins. Ce soir, budget serré : le regard se porte sur Trinch des Breton (10 euros + 8 de droit de bouchon) pour réessayer. Le caviste nous met en garde : "Je ne peux pas vous le servir, ce n'est pas bon. Ça fait partie de ces vins naturels compliqués". J'évite de dire que le vin déviant, j'en fais mon ordinaire. Idem pour le Château Lamery (dont Jacques Broustet m'a récemment envoyé une bouteille, il faut que je la goûte à la maison celle-là). "Je ne devrais plus les vendre" renchérit notre homme qui n'a rien d'un débutant. Logiquement, il faudrait les enlever des étagères. "Je préfère les vendre à emporter car je ne vois pas la tête du client quand il l'ouvre". Joli professionnalisme. Et ce blanc Masieri 2010 de chez Maule ? Le caviste regarde, tourne la bouteille, fait la moue. Et préfère nous proposer autre chose. Décidément il propose beaucoup de "déchets" dans sa cave... Mieux vaut ne pas les vendre, tout simplement.

    En lorgnant sur les bouteilles, je retrouve le couple Delesvaux. J'ai pris plaisir à déguster leurs vins au salon In Vin Bio Veritas en AuvergneEn plus de cette quille-là, j'en vois des très sympathiques produites par Sylvie SpielmannThierry Michon... Bon, on n'est pas dans le côté fou fou des vignerons naturels qui me bottent, mais il y a franchement de quoi s'amuser. Après un petit rafraîchissement, La Montée de l'Epine (contrepèterie ?) 2011 s'avère très jolie.

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    Et pourtant c'est un peu dense, c'est du cabernet sauvignon, c'est-à-dire que ce n'est pas spécialement mon style. Mais c'est hautement recommandable et plus que ça même. A 21 euros sur table, il n'y a vraiment rien à redire. Sauf qu'elle accompagne parfaitement le boudin maison.

    D'ailleurs, on s'enquiert du pourquoi, du comment. Faire son boudin maison à Paris, c'est plutôt rare, surtout quand on connaît la qualité de certains boudins de (vrai) charcutier ou de conserverie. La seule explication supplémentaire qu'on nous donne est qu'elle est préparée en terrine et servie en tranche. Ça, on le devine en jetant un œil à l'assiette. Mais on aurait aimé en savoir plus. En tout cas, le test est réussi. C'est bon mais il n'y a pas non plus de quoi se relever la nuit.

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    Les fromages viennent de chez Madame Hisada, fromagère japonaise bien connue du Ier arrondissement : 5 (petits) morceaux pour 14 euros... Le fromage est définitivement un luxe. Et malgré le fait qu'ils ne soient que 5, le patron écorche le nom de l'un. Pire, il oublie carrément le nom d'un autre car en réalité il ne le connait pas. Avant de s'éclipser en cuisine pour qu'on lui dise que c'est du chaource. "Chaousse" revient-il nous dire en réalité. Presque. En fait, la cuisinière est japonaise (c'est à la mode) : Junko Kawasaki s'occupe de tout et a même son nom sur l'ardoise, devant le magasin (une nouvelle mode ?). Elle gère aussi la sélection des fromages. Seulement pour le serveur chevronné (patron ?), ne pas reconnaître un chaource est ici à la limite de la faute professionnelle. Encore une fois, soit on se renseigne avant, soit on propose quelque chose de connu.

    67 euros à deux pour deux plats, une quille et une assiette de fromages. D'aucuns diront que c'est un prix parisien, et ils n'auront sans doute pas tort. Mais pour Paris, on trouve que ça va encore...

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    Bref, le service en pointillé éclipse une jolie cuisine et un vin gourmand. Le genre d'endroits dont on aimerait faire une cantine (pas de coup de fusil sur le vin, cuisine maison, produits choisis) mais on ne peut pas : seuls certains vins nous semblent appétissants. Le problème de l'endroit, c'est qu'il manque de folie et de connaissance de ce qui est servi.

    Le Caviste Bio, 50 rue de Maubeuge, 75 009 Paris, 01 48 78 30 03.

  • Comme si j´avais comparé du pommard avec du chiroubles...

    D'habitude, je suis pas trop enclin à fêter les anniversaires des disparitions, surtout des vieilles chanteuses, car y a des trucs plus gais dans la vie. Mais bon, là c'est Sergio qui s'y colle.

    Cela ne dépend pas de moi
    Tu chantes de la même voix
    Que tu as gravée dans la cire
    La chose est arrivée depuis
    Chez les vivants qui t´ont conduite
    Où l´on éclate plus de rire...
    En quoi cet instant de salut
    A deux refrains qui m´avaient plu
    Peut-il jeter en moi ce trouble
    Qui me laisse désemparé
    Comme si j´avais comparé
    Du pommard avec du chiroubles...

  • Mets et vin qui se ressemblent, s'assemblent

    Les accords mets/vins, c'est un peu une discussion politique un dimanche midi, un quizz digne du jeu des 1000 francs et en réalité l'extension du domaine de la turlutte... Chacun ramène sa science, enchaîne des vérités que l'on croit aussi bien établies que la ligne Maginot, couvre d'opprobre celui qui ose le pas de côté. Il y a les "mariages" qui fonctionnent "à merveille" d'une part et de l'autre ceux qui frôlent l'hérésie. Admettre rien qu'une touche de folie s'avère inenvisageable. Bref, tout cela nous fait croire que les accords mets/vin, on s'en fout comme de l'an 40.

    A moins de pouvoir se marrer un peu, comme ça va être le cas ici. Coluche nous susurre d'ailleurs que "l'irrespect se perd, heureusement je suis là pour le rétablir". En effet, moi les accords mets/vins, je les imagine "à la con" quémandant mon verre de bojo avec un foie gras bien apprêté. Réfléchissons, c'est pas si con.

    Tout ça, c'était un peu pour me moquer car j'applaudis en réalité lorsque le mets respecte l'essence du vin. Foin d'acidité, de gras, de sucré ou d'autres saveurs que le vin DOIT accompagner, compléter, exalter. Moi je recherche l'émotion, j'aime lorsque le mets répond au vin. Réfléchissons, c'est pas si con.

    Les Champagnes de Vigneron m'ont entraîné dans un petit jeu qui m'a bien plu. Je te file un champ' brut et tu me fais une recette correspondante. Bon, moi, j'aurais voulu utiliser le jaja comme un ingrédient à part entière, pour ne pas faire comme tout le monde, mais on m'a dit non. Dont acte.

    On m'a mis entre les mains ce jus-là.

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    Bon, ça ne me disait trop rien cette étiquette un peu old school. Il faut avouer qu'en Champagne, je suis amoureux d'Olivier Collin (domaine Ulysse Collin). Voilà, c'est dit, mais lui le sait déjà ! Donc les bruts, je ne leur cours pas après : trop de susucre dans les bubulles. Ma préférence va aux versions extra-brutes mais ce n'est pas le sujet. En le versant dans mon verre à vin (désolé, mais je me refuse de traiter le champ' à part, de l'enfermer dans une flûte ou de le faire s'évanouir dans une coupe), c'est une jolie surprise. C'est d'ailleurs pour cela que j'en parle maintenant, sinon j'aurais refusé le jeu.

    Avant tout, c'est quoi ? La cuvée Grande Réserve de Cuillier Père et Fils. Sur 6,5 ha, le vigneron produit notamment 18 000 bouteilles (16 euros départ propriété) de ce joli mix : un tiers chardo, un tiers pinot noir et un tiers pinot meunier. Dont 10 % de vins de réserve. Je ne vais pas me lancer dans une dégustation style sommelier, ça n'intéresse personne, surtout pas moi. Mais j'ai tout de même deux-trois trucs à raconter. Le susucre dont j'avais peur plus haut est assez fondu (oui, on n'est tout de même qu'à 8,50 g/l), le nez mûr, la bouche ronde et corsée et il se dégage une forte impression de classe avant une belle fraîcheur. Bon, de tout ça, il faut le dire : on s'en fout. L'important c'est que les 3 autres personnes qui l'ont bu ce soir-là avec moi ont rendu à l'unisson ce jugement sans appel : un verre en appelle un autre. On peut palabrer longtemps sur les commentaires de dégustation mais franchement, vouloir en boire un autre verre, n'est-ce pas la meilleure définition d'un bon vin ? C'était le cas ce soir-là.

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    Tout cela ne nous dit pas ce qu'on mange...

    Un tartarki de vitello moulato, poire, mimolette vieille, romarin.

    Hein ? Ouais, ben un genre de vitello tonnato mais avec des moules. Et cuit comme un tataki puis découpé comme un tartare. Un "tartarki", quoi... L'idée est d'assembler un plat pour qu'il réponde "comme un frère" au vin. Pour respecter l'essence du vin, j'ai donc besoin d'un plat en équilibre.

    Aux trois cépages entrant dans le champagne à parts égales, je réponds terre-mer-fruit.
    Au champagne brut tradition (une cuvée classique), je réponds par un plat classique (d'Italie) associant viande et poisson. Je n'invente rien (si ce n'est le nom) et ne vais chercher ni McDo ni caviar pour confectionner un plat courant.
    A la touche de folie du vigneron (qu'un vigneron produise du champagne, loin des jus de chaussettes sans âme des grandes marques, c'est une touche de folie, de courage... c'est le fameux pas de côté dont je parlais plus haut), je réponds par un petit clin d'oeil en remplaçant le thon par les moules.
    Au côté léger de ce vin blanc, je réponds que je veux un plat léger, d'où la cuisson du veau en tataki (qui lui permet de rester un peu cru) et une mayonnaise allégée pour la sauce à la moule.
    Au champagne brut qui comporte donc - en tout cas pour mon palais - une petite touche de sucrosité, je réponds poire.
    Aux vins de réserve qui entrent dans l'assemblage, je réponds mimolette vieille qui va éduquer le plat, tels les vieux vins éduquent les jeunes selon le principe de la solera.

    Et le romarin dans tout ça ? C'est ma concession aux accords mets/vin classiques : je voulais qu'il  réponde au milieu de bouche mentholée de ce champagne qui appelle un plat sur la fraîcheur, sur les herbes. Et puis j'en avais un plein pot et ça faisait joli sur la photo...

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    Pour 2 personnes.

    150 grammes de filet de veau
    Quelques poignées de moule (125 grammes de chair)
    Un joli vin blanc naturel
    Le jus d'un demi citron
    2 cuillères à soupe de persil haché
    3 cuillères à café de câpres
    130 grammes de fromage blanc allégé
    1 jaune d'oeuf
    1 poire
    1 cuillère à café de moutarde
    1 cuillère à soupe de vinaigre de vin
    10 centilitres d'huile d'olive
    Quelques copeaux de vieille mimolette
    Une branche de romarin

    Faire s'ouvrir les moules dans un bouillon bouillant réalisé avec un fond de vin blanc et un peu d'eau. Détacher les moules et réserver.

    Ajouter de l'eau à l'eau de cuisson des moules, porter à ébullition et y plonger le veau durant une minute. Stopper la cuisson en plongeant maintenant le veau dans un bain d'eau glacée. Sécher la viande et réserver au frais.

    Mélanger la moutarde, le jaune d'œuf et assaisonner. Ajouter le vinaigre puis l'huile en petit filet, comme pour une mayonnaise, sans cesser de battre au fouet. Ajouter enfin le fromage blanc.

    Couper les moules en petits morceaux, mixer avec le jus de citron, le persil, les câpres et mélanger avec la mayonnaise légère. Réserver au frais.

    Dresser la viande découpée en petits cubes, la sauce, la poire taillée en bâtonnets. Parsemer de copeaux de vieille mimolette et ajouter une branche de romarin fraîchement cueilli.

    ***

    Si ce n'est pas déjà fait, éteignez la télé puis servez avec le sourire à la personne pour qui vous avez cuisiné. C'est quand même pas compliqué, merde.

    Et si vous voulez gagner une bouteille de Champagne de Vigneron, il suffit de me dire dans les commentaires pourquoi vous préférez un champagne produit par une femme, un homme ou une famille plutôt que par le service marketing d'une grande marque... Une bouteille pour le meilleur commentaire, fin du jeu le 15 novembre. Les copains, pas besoin de tenter votre chance.

  • A Paris, la boutique où trouver les vins de Gérard Depardieu s'appelle... "Vin et Luxe" !

    Artère large, grise et bruyante, la rue Réaumur n'avait sans doute pas besoin de cela. Pourtant, c'est toujours bien de pouvoir saluer l'ouverture d'une nouvelle enseigne et qui plus est, un caviste-bar à vin.

    Premier hic : celui-ci est bizarrement baptisé Vin et Luxe. Pardon ? Si, si, tu as bien lu. D'où sort ce nom ? Et pourquoi ces caractères chinois sur la devanture ? Sous le numéro de téléphone, on voit bien l'inscription "vin de Gérard Depardieu". Pas de pluriel, juste le singulier. Allez, j'entre.

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    Tel Big Brother, le visage de Gérard Depardieu est partout. En vitrine, dans les cadres, sur les bouteilles. Ce visage n'est pas celui de "l'acteur" des merveilleuses Valseuses. Non, c'est un Depardieu qui joue au vigneron. En listant les quilles exposées, c'est l'évidence : ce lieu ne vend que les vins de notre Gégé national russe. C'est-à-dire les vins des domaines dans lesquels l'acteur a investi. En plus de la Loire (château de Tigné, autour de 13 euros) ou de diverses cuvées classées en pays d'oc, je retrouve des bouteilles bues en Algérie, comme la cuvée Monica. Seules exceptions : quelques quilles de supermarché, Smith Haut Lafitte et autres joyeusetés.

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    Pendant que mon oeil s'égare, le gérant agence le lieu aseptisé, en disposant des bouquets de fleurs, chacun orné d'une étiquette en chinois. A quoi rime ce mélange des genres ? Est-ce la boutique de l'exportateur asiatique des vins de Depardieu ? Le décor, l'ambiance de bar à cravatés et les bouteilles présentées m'entraînent à la paresse intellectuelle. Après tout, moi je m'en fous un peu ; je le trouve sympathique Depardieu, notamment quand il parle au FigMag. Alors je laisse à d'autres le soin de chroniquer Vin et Luxe.

  • Restaurant Encore : ce Paris-là est une fête

    Je te fiche mon billet que cette rentrée verra fleurir pas mal de jeux de mots à la con dans la presse spécialisée ou sur les blogs bouffe*, à propos d'Encore. "J'en veux Encore"," Encore et encore", "j'y suis Encore allé"... J'arrête là, concentrons-nous sur l'essentiel.

    Encore, restaurant parisien ouvert début août, est parti pour cartonner. En cuisine, le jeune chef japonais, Yoshi Morie, faisait auparavant tourner les fourneaux du Petit Verdot. L'une des plus grandes qualités de ce chef, c'est sa discrétion. Sa cuisine étant transférée du strict VIe arrondissement à ce coin de Paris renaissant - le bas du IXe et l'est du Xe accueillent de plus en plus de bonnes adresses : Vivant, Daily Syrien, Kiku... -, l'adresse va sans doute gagner en visibilité. 

    Ce soir, chacun pioche dans le menu à 40 euros (légume, entrée, plat, dessert). Un petit bonheur, surtout quand on mesure l'inflation des factures le soir dans d'autres restos de la capitale pour une qualité, disons, plus "approximative"... Même si, évidemment, 40 euros, ça commence à chiffrer. Parlons clair : il sera difficile d'en faire une cantine quotidienne mais que dire des brasseries dégueus qui se trouvent à chaque angle de rue pour une addition quasi équivalente... Comme cette adresse, on se répète, va cartonner, j'aimerais trouver quelque chose à redire. Pour la forme. Mais je ne trouve rien, si ce n'est l'intitulé des plats.

    Aubergines, brie, oyster leaves (les feuilles sont appelées ainsi car elles rappellent le goût de l'huître).  

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    Veau cru, coquillages, courgettes zéphir.

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    Bavette de l'Aubrac, betteraves cuites/crues, jus à la livèche.

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    Moelleux au chocolat, glace, sabayon. 

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    Et en face de moi, ça commençait par un gaspacho de légumes d'été, fèves de cacao.

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    Thon blanc, pavot, sumac, papaye verte.

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    Lieu jaune, tomates rôties, algues, crevettes, agrumes.

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    Mousse coco, meringue, sirop fenouil-tagète.

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    Les mentions spéciales s'accumulent. On en décerne une à cette improbable alliance aubergine-brie (à voir si ça marche aussi à la maison). Une deuxième au veau cru avec les coques et la mini courgette jaune, formidable accord terre-mer-légumes. Une autre pour le gaspacho estival aux multiples textures (liquide, croquant, fondant...) et saveurs (sucré, salé, amer...). Enfin, une dernière au dessert à base de mousse coco d'une légèreté aérienne et un subtil équilibre en bouche. C'est le leitmotiv ici : équilibre.

    Le matin même, nous avions fait quelques emplettes chez Terroirs d'Avenir et nous y avions repéré quelques produits mis ici en valeur, dans l'assiette. Ainsi les courgettes zéphir (qu'on ne trouve pas à tous les coins de rue), les mini betteraves chioggia, les framboises... Tu prends la rue Richer, à droite tu descends la rue du faubourg Poissonnière, puis tout droit la rue Poissonnière avant de déboucher rue du Nil. Ce qui nous fait 1,1 kilomètre et 14 minutes à pied selon Google Maps entre les deux lieux. Bref, ça m'étonnerait pas que la maison se fournisse là-bas. Si c'est vraiment le cas, on ne peut qu'applaudir.

    Parlons pif maintenant et voyons voir si quelque chose cloche. La carte est clairement axée vin naturel à un prix pas délirant (sauf au verre, évidemment : 6,5 euros le verre de Clos Fantine). Bien sûr, on trouve les Villemade, Binner, Plageoles mais aussi le sublime "beaujolais argentin" Quatro Manos, une cuvée du domaine de la Tournelle en 2007 ou notre choix : Les Alpes 2011 de Belluard, cuvée 100 % cépage du coin, le gringet. Allez, le reproche, il est là, on l'a trouvé : le vin est servi trop froid, beaucoup trop froid. Faut dire qu'avec cette tendance de conserver le vin dans un réfrigérateur plutôt qu'une cave... Bref, trop de temps s'écoule avant que le vin s'ouvre. 

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    Je pourrais aussi râler sur cette mode des fleurs dans l'assiette. Bien sûr, c'est mignon mais je n'y trouve pas toujours un réel intérêt gustatif. Mais là, c'est vraiment pour dire quelque chose.

    Et comme j'ai décidé d'imiter Le Fooding et de montrer les additions (tentant ainsi de prouver qu'on paie ce qu'on mange et ce qu'on boit), la voici. Par contre, je ne sais pas pourquoi on m'a appelé "Lunettes", sans doute parce que ma nouvelle paire me fait un visage à la Harry Potter. Ou à la Trotski, au choix.

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    Encore,  43 rue Richer 75009 Paris, 01 72 60 97 72. Et les photos sur le blog de Yawye font encore plus envie que les miennes.

    *Mise à jour : et voilà Le Fooding qui nous fait "encore et encore" deux jours après l'avoir prédit.

  • Daily Syrien, ou la difficulté de trouver un bon falafel à Paris

    En ces temps troublés, il est bon de se souvenir que la Syrie est le berceau de toutes les cuisines du Proche-Orient, Alep en étant le point stratégique. Cette région du globe a connu plusieurs conflits militaires ou religieux... mais aussi des conflits plus culturels, ainsi cette guerre du falafel : tous les pays du Proche-Orient se disputent la paternité de ces boulettes de pois chiche souvent fourrées dans un sandwich. Et à Paris, les quelques restaurants syriens, libanais, palestiniens ou israéliens ne brillent pas autant que la coupole du Dôme du Rocher... Comme beaucoup de Parisiens ou de touristes, j'ai longtemps erré rue des Rosiers où L'As du Fallafel est devenu, bon an mal an, la référence parisienne. Va savoir pourquoi.

    Puis mes séjours à Jérusalem ont changé la donne. A Bethléem plus précisément, où, face à la basilique de la Nativité, Afteem (Manger Square, 00 972 2 2747940) sert le nec plus ultra du falafel avec le pain cuit chez le boulanger... Evidemment, chaque retour en France se fait dans la tristesse de ne pas retrouver l'équivalent. J'en suis venu à bouder L'As qui en définitive se révèle plus que banal quand on a eu la chance de goûter ce mets de choix dans sa région d'origine. Bref, je ne mangeais plus que des falafels maison, confectionnés avec la poudre bio de Naturalia, additionnée d'eau et frite. Faute d'être l'éclate, c'était un bon succédané, moins onéreux que dans le Marais. Enfin ça, c'était avant. Avant l'arrivée de cette échoppe : le Daily Syrien, curieux mélange de maison de la presse et d'ambassade gastronomique du Proche-Orient. 

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    Le patron viendrait du sud de la Syrie, juste à côté de la frontière israélienne. N'ayez pas peur, on n'est pas dans Hatufim. Ici, on ne parle que de bouffe : c'est frais et c'est extrêmement bon. 

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    A emporter ou à table (ici l'assiette des mezze).

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    Labneh, le fromage frais un peu aigre, sommet insurpassable de la gastronomie du Croissant fertile. 

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    Même le houmous n'est pas lourd, pas saturé de tahiné, pas suitant d'huile. C'est dire...

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    Tiens, je n'ai pas goûté ce taboulé. Au fait : le taboulé proche-oriental n'a rien à voir avec notre semoule indigeste. Là-bas, la base est constituée d'herbes fraîches, d'où cet alléchant vert.

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    J'allais oublier la douceur. Le mouhalabieh, cet entremets pour lequel on dénombre sans doute 50 orthographes et 50 recettes différentes. Léger, sans forcer sur l'eau de fleur d'oranger, il appelle son petit frère même si la cuisine qui a précédé tient au corps.

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    Question boisson ? C'est un peu le désert de Judée... Alors un thé à la menthe.

    Daily Syrien, 55 rue du Faubourg-Saint-Denis, 75 010 Paris, 09 54 11 75 35.

  • Frenchie To Go et la street food hors de prix

    Je n'aime pas payer un sandwich 12 euros. Même s'il s'agit du Reuben's de Frenchie To Go, avatar street-food d'une maison réputée ou du moins, dirons-nous, tendance. Je ne sais d'ailleurs pas ce que vaut la maison-mère, je n'y ai pas (encore) mangé. A vue de nez, ça me fait pourtant très envie. Bon, ce sera pour une autre fois.

    Venons-en à ce samedi de juin où vers 14h le ventre se mit à gargouiller. Me trouvant à quelques pas de la rue du Nil, j'en profite pour tester l'annexe de la fameuse adresse. La salle comble ne laisse plus guère le choix : il faut se poser sur le banc de la petite place voisine, au croisement de la rue d'Aboukir et de celle du Caire. Pas de problème, au contraire ; j'aime bien le calme du coeur du Sentier le week-end. Et dans le sachet ? Ce Reuben's semble appétissant.

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    L'origine de se sandwich se trouve aux Etats-Unis, sans doute dans les delicatessen new-yorkais mais les recettes changent au gré des traditions. Ici pastrami, cheddar, coleslaw : rien à dire question produits, c'est bon voire succulent. Je m'en prends par contre à la cuisson du pain qui rend la chose luisante de gras, même si ça ne se voit pas trop ci-dessus. C'est fait pour tenir au corps ? C'est l'importation d'une street-food U.S. ? En tout cas, en bouche, c'est assez malvenu.

    Quant au jus de fruits, on nous a vendu un procédé révolutionnaire que l'on ne trouve que chez Frenchie. Ouais, ok, ça me plait bien. À 4 euros, c'est joliment gingembré.

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    Mais tout de même... L'addition se monte 32 euros à deux, la preuve en photos. On peut cliquer dessus pour zoomer. On se croirait dans cet extrait de La Vérité si je mens où José Garcia se fout de la gueule d'un sandwich acheté rue Richer où tu te bouffes les doigts en deux bouchées. C'est pareil, c'est hors de prix et même si c'est bon. Et même si le produit est choisi. Et même si le chef est vertueux. Et même si c'est Paris. Et même si... On m'objectera qu'un kebab pourri vendu dans la rue voisine se révèle tout autant, voire plus cher (au poids) étant donné la piètre qualité de la matière première. Pas faux. Mais à 12 euros le sandwich, convenez que ça fait cher.

    Dieu sait, s'il existe et s'il lit mes articles, que ça ne me gène en aucune façon de dépenser mon salaire dans les restaurants ou le vin. Mais là, ça m'embête vraiment. Voici donc à quoi ressemble la street food parisienne haut de gamme (ce qui m'apparait antinomique) copiée sur New York ou Londres. Moi, je n'en ai guère envie. Pour avoir les autres prix, là aussi on peut cliquer.

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    Ah oui, autre chose : c'est le genre d'adresse que les blogueurs bouffe encensent. On les lit "séduits" par cette "adresse déjà culte" où "il m’a fallu du temps pour me remettre de mes émotions" ! Allez, les filles et les mecs, avoir lu une note dissonante ne vous a pas fait de mal, hein ?

     Frenchie To Go, 5-6 Rue du Nil, 75002 Paris, 01 40 39 96 19.

  • L'iconoclaste Michel Couvreur est mort

    C'est Whisky Mag qui se fait le messager de la bien triste nouvelle. Depuis la Bourgogne, Michel Couvreur élevait son whisky sur des chemins de traverse. Hors des sentiers battus et rebattus, il prônait l'importance du vieillissement (en Bourgogne) plutôt que l'origine du grain (l'Ecosse). 

    Chaque bouteille était admirable, et donnait à boire autre chose qu'un simple alcool. Je ne peux évidemment pas oublier ce clerach vieilli en fin de vin jaune. Et j'ai encore en mémoire ce que j'écrivais ici sur l'une de mes premières dégustations du célèbre Overaged.

    "Rien que l'ouverture avec un tire-bouchon et son bouchon en liège, ça te pose le bonhomme. C'est un révolutionnaire : selon lui, le terroir est insignifiant. Ce qui est important, c'est l'élevage. Distillé en Ecosse, le whisky est vieilli dans des fûts sélectionnés à côté de Beaune. Sans doute Michel Couvreur passe-t-il pour un fou auprès des amateurs de whisky... Personnellement, je n'y connais pas grand-chose, lui préférant le whiskey irlandais. Mais cette bouteille est d'une finesse hors norme, d'un volume incroyable et d'une buvabilité extrême. Un genre de vin naturel fait avec des grains... à plus de 40° évidemment".

    Il est celui qui m'a fait boire (un peu) de whisky. Et ce n'était pas gagné d'avance.

  • Boire un verre en terrasse à Montmartre ? Heu t'es sûr ?

    Encore une adresse que logiquement nous devrions fuir. Un peu comme La Guêpe. Ici, ça s'appelle L'été en pente douce. Plantons le décor : la pente n'est pas douce, je la connais bien, c'est juste à côté de chez moi, ça monte sec. Et c'est ouvert en toute saison... Bref, on s'en fout du nom du resto qui doit faire joliment parisien, car on est en plein hémisphère droit du coeur de Montmartre : on est sur la butte, tout en haut de la rue Muller.

    Chez le voisin, les crêpes s'envolent à 6 euros. Qu'on soit d'accord : ce sont des crêpes au sucre, un truc ultra pointu fait à base de farine, de lait, d'oeuf et de sucre. On se comprend...

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    Donc, question : qu'est-ce que je fous là ? Réponse : je n'en sais rien. Ah si, je suis faible. Un dimanche soir, je voulais un Perrier en terrasse. Oui, la honte mais j'en avais envie, e basta. Je m'installe ici : terrasse plus que sympathique, mobilier flashy, pas mal de touristes, quelques locaux qui vont au plus proche, comme moi. Bref, je n'étais pas très à l'aise. Et après un premier coup d'oeil sur la carte, premier soulagement : je ne laisserai pas un smic pour deux consos, les prix semblent raisonnables. Euh, on est à Paris, à Montmartre qui plus est, donc quand je dis "raisonnable" il ne faut pas omettre les guillemets. 

    Mais surtout que vois-je à la carte, émergeant des cochonneries industrielles, un cidre de Julien Frémont, la cuvée Argile à 11 euros la bouteille sur table Le choix est vite fait. "Bonjour, le cidre et deux verres s'il vous plait".

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    Que demande le peuple ? Ah oui, l'adresse exacte. La voici.

    L'été en pente douce, 23 rue Muller, 75018 Paris.

  • Mode d'emploi d'une soirée florentine réussie

    Tout d'abord, éviter le centre ville de Florence, la rive droite de l'Arno. Trop d'attractions, donc trop de touristes. La rive gauche bien plus appaisée concentre moins de musées, mais n'en est pas moins elle aussi un musée à ciel ouvert. Les itinéraires des groupes s'arrêtent au Palazzo Pitti, aux Jardins Boboli et à la Piazzale Michelangelo - d'où effectivement on a la plus jolie vue sur Florence... et sur le grand parking de voitures atenant.
     
    Je propose d'aller plus au sud, dans le quartier Arcetri, à 20 minutes à pied du Ponte Vecchio. Oui, ça monte. Pour l'hébergement, direction Casa di Mina, magnifique villa florentine, qui te ne coûtera pas un rein (70 euros la double). Puis en début de soirée, une petite balade. En sortant de l'endroit, prendre à droite, puis à droite au rond-point et enfin, à gauche. Arrivée dans la Via Di San Leonardo, une rue pavée à l'écart du monde. Elle slalome entre les propriétés majestueuses et les champs. On est toujours au centre de l'une des plus belles villes du monde, mais au calme, et seul. Nous voici devant la petite église San Leonardo in Arcetri.

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    Allez, on continue cette petite marche, sur la droite on descend la rue en longeant les majestueux remparts. Tout en bas, tout au pied des murailles, il suffit de ne pas les franchir, de rester en dehors de la ville ancienne et de s'attabler à Enoteca Fuori Porta.

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    Auparavant, vous aurez pris le soin d'appeler pour réserver une place en terrasse, l'une de ces quelques tables qui donnent sur la rue descendant de la Piazzale Michelangelo justement. Pour manger avec les Italiens, choisissez un horaire tardif (21h) car si vous arrivez vers 19h, vos compagnons seront Français, Norvégiens, Américains... Bref plutôt que celle du coca-cola et des guides du Routard, nous préférons la compagnie des autochtones venus ici pour s'amuser à cette heure déjà un peu tardive. Deux minutes après la photo précédente, tout était complet.

    L'assiette très belle, très fraiche, aiguise l'appétit. On commence par des gnocchis italiens (c'est-à-dire hors du commun), puis on rétrograde vers la charcuterie fine d'un boucher choisi et la petite mozzarella aux légumes grillés. Puis une envie de tagliatelles al ragù, la vraie bolognaise, un plat englouti si vite qu'il a manqué du temps pour dégainer l'appareil photo et immortaliser la chose.

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    Et on boit quoi ? Ah, mon pauvre enfant... Que la vie est dure. On se fait plaisir, à petits prix comme toujours en Italie. Comme souvent dans les belles maisons transalpines, on trouve à la fois des choses classiques et du hors norme. Damijan, Gravner, Radikon... Certains choix peuvent s'avérer impossibles.

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     Comment trancher ? En suivant cette intuition : buvons ce que l'on a le moins de chance de retrouver en France. Dans ce cas, c'est facile : le vin de Saša Radikon, le fils de Stanko, grand maître du vin orange. Cette bouteille, un pinot grigio ramato 2010, je ne l'avais jamais bue. On avait bien tâté du fiston Radikon à Venise, mais pas la même cuvée, et la claque c'est maintenant.

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    La couleur, tout droit sortie d'une palette d'un peintre italien, laissait déjà présager quelque chose d'exceptionnel. Avons-nous déjà vu telle couleur en France ?

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    Le nez rassemble des trésors oxydatifs ; la bouche les oublie, préférant la gourmandise d'un fruit mûr. C'est vraiment une immense bouteille, sans doute la plus exceptionnelle (bis !) bue en 2013... A 36 euros sur table, on demanderait son rond de serviette dans ce petit resto sans prétention.

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    Là, je suis sympa, je donne les éléments pratiques (hôtel, itinéraire, resto, bouteille...). Mais le plus extraordinaire réside dans l'atmosphère ravie de ce soir. Et rien évidemment ne peut transcrire cette ambiance. Après un tel coup derrière la tête, une seule possibilité : se résigner à entrer dans la vieille ville car débarrassée de la foule, puis prendre à gauche, puis prendre à droite, puis longer les rives de l'Arno, puis...

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  • Existe-t-il des restaurants identiques en France ?

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    Mais regardez-moi le panorama depuis la terrasse de ce restaurant qui domine les collines toscanes... La photo, je l'ai prise à table, de ma chaise, là où j'ai mangé. Et mon appareil ne rend pas hommage à la chose.

    Un coup d'oeil maintenant sur cette carte digne des plus grands attrape-touristes connus. Nous sommes toujours à San Gimignano, au coeur de la Toscane, ceci explique donc cela. Le menu en 4 langues, le petit panneau annonçant fièrement que le restaurant est mentionné dans le Guide du routard... Tout aurait dû nous faire fuir. Mais voilà, nous sommes en Italie.

    Et tiens, juste un exemple : en Italie, pour indiquer que les plats sortent du congélo, on juxtapose un petit astérisque à leur intitulé. Et on n'a pas attendu tel docu d'Envoyé Spécial pour le faire.

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    Comme jaja, cap sur le p'tit bio local. Certes, il ne transpire pas le vin naturel, certes ce n'est pas la plus grande bouteille jamais bue, loin de là même. On se soucie peu du nom d'ailleurs. Attention, ce n'est pas non plus une piquette imbuvable, c'est honnête... surtout à 9 euros sur table ! Non, je n'ai pas oublié de chiffre devant ou derrière le 9, c'est bien un seul et unique 9. C'est-à-dire moins de 10 euros pour un vin bio qu'on irait, le coeur guilleret, jusqu'à qualifier d'agréable. Le tout, je le rappelle, face à l'une des plus belles régions d'Italie.

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    Et dans l'assiette ? Les charcuteries exquises proviennent du sanglier et d'une azienda agricola à un kilomètre de là.

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    Les pâtes à la truffe faites maison ne sont pas extraordinaires. Rappelons d'ailleurs cette évidence, à l'heure où les restaurants gueulent partout "fait maison, fait maison !" : ce n'est pas parce que c'est fait maison que c'est bon. En tout cas ici, il y a de la bonne volonté. 

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    Les desserts eux s'avèrent joliment troussés. Surtout le tiramisu, plutôt que le panforte local. Bref, c'est pas mal du tout ce resto à touristes, même si on est loin d'un gastro - ça tome bien, ce n'est justement pas le sujet. La cuisine, comme le vin, est plutôt agréable.

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    Facture ? 55 euros à deux, vin compris. Franchement ? Que demande le peuple ?

    Ben justement, le peuple demande la même chose dans l'Hexagone ! Le peuple réclame l'égalité entre l'Italie et la France. Pourquoi cantonner ce genre d'adresses à la Botte ? Le peuple veut pouvoir faire pareil chez nous ! Le peuple veut se restaurer dans des endroits merveilleux (San Gimigano, la Carcassonne toscane). Le peuple veut profiter d'un décor qui ne soit pas indirectement facturé comme dans les additions françaises (la vue). Le peuple veut savoir d'où viennent les produits (du coin ou de loin, surgelés ou pas). Le peuple veut des produits du coin, justement (ces charcuteries). Le peuple veut des assiettes aguichantes (le tiramisu). Le peuple veut du vin agréable, on se répête (cette vernaccia bio). Enfin, pour se payer tout ça, le peuple ne veut pas hypothéquer son petit appart ou vendre son rein gauche (je le rappelle, on a payé 55 euros à 2). Le peuple demande, le beurre, l'argent du beurre, la crémière, la vue sur les maisons aux alentours et un p'tit coup de blanc bien frais pour faire passer le tout.

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    Bien sûr, mon titre est volontairement provocateur. Je sais bien qu'il existe des restaurants identiques chez nous ; par exemple La Tour Cassée à Valvignières. Mais franchement, combien sont-ils dans les lieux sacrifiés sur l'autel du tourisme de masse ?

    La Vecchia Mura, Via Piandornella 15, 53 037 San Gimignano, 00 39 0577 940270. Vous n'allez pas faire le resto de votre vie mais pensez quand même à demander la terrasse.

  • Le grand p'tit blanc de San Gimignano (au naturel)

    Cette quille n'a rien à voir avec les bouteilles ultra-soufrées et un peu strictes que le touriste pressé achète trop rapidement dans les innombrables wine shops de San Gimignano. Quand toutes les bouteilles se ressemblent, c'est qu'il n'y a plus grand-chose d'intéressant à boire. Notons juste en passant : j'ai été sidéré par le nombre de cavistes, ici. A croire que les touristes et les locaux ont la descente pentue.

    Ce qui m'a mis sur la trace de Canneta, ce sont leurs importateurs US, Jenny Lefcourt et François Ecot. Nouvelle parenthèse à propos de ce dernier : il y a quelques semaines, Jeanne la boss de Versant Vins m'a fait boire un sublime magnum de bourgogne... On en reparlera. Revenons en Toscane. A voir les références de Jenny et François (Meylet, Binner, Claude Courtois, Anglore...), on se dit qu'on peut leur faire confiance.

    Une fois à San Gimignano, bon courage pour mettre la main sur Canneta. Encore une fois, il faut se rendre soit chez les vignerons, soit dans la seule épicerie digne de ce nom Antica Latteria (Via San Matteo 19, enoantlat@libero.it). On trouve ce p'tit blanc à 7 euros. Enfin "petit"... Un bijou, oui.

    Une fois débouchée dans la campagne toscane, face aux tours de la célèbre cité, le jus est ébouriffant de plaisir. Glouglou comme on l'aime, certes sans grande prétention mais idéal pour tout : les apéros, les sorties au grand air, les repas qui demandent des bouteilles plus prestigieuses. Car avec 90 % de vernaccia et 10 % d'autres cépages (malvaisie, riesling, sauvignon), le vin se fait caméléon, à la fois citronné, frizzante, porté par de jolis amers. Du vrai vin, quoi. Du vin, quoi. 

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    N'ayons pas peur de parler sous. C'est le genre de vin au prix pas exorbitant que la France a un peu de mal à faire, même si ça existe aussi évidemment. Notre couple de vignerons, Valeria et Stefano ont quitté les lumières de la ville, répondant à leurs idéaux "un peu hippies" (ils le disent) du retour à la terre. Labellisés bio depuis 1988, il n'y a pas de secret. A voir la bubulle et le côté troublard dans le verre, on se dit que les doses de soufre doivent être minimales.

    On sent que cuvée "d'au-dessus" est élevée plus longtemps, c'est un style que certains aiment. Ce n'est pas trop mon cas, même si on a là aussi (et pour 9 euros) une bien belle bouteille. La quille s'appelle La Lune et Les Tours, ça tombe bien : ce soir là, il y avait les tours de San Gimignano et la lune à portée de main.

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    Alors, youpi tralala, c'est mignon, tu vas en Italie, tu trouves une belle bouteille, youpi tralala. Et tu rentres à la maison, parce que bon, faut bien rentrer. Et tu tombes sur un os : où vais-je dégoter à nouveau ma petite quille de blanc ? Ma mère en raffolerait, je suis sûr. Or, si nos vignerons participent au salon Millésimes Bio, à Montpellier, je n'ai pas l'impression que leurs vins soient distribués dans l'Hexagone. Et ça, c'est moche. Avis aux amateurs professionnels. Tout est .

  • Ce saucisson ne passe pas à la machine à laver !

    Comme le Port Salut, c'est écrit dessus : il ne faut pas laver ce saucisson à l'eau ! Ne pas utiliser de fer à repasser non plus ! Par contre, utiliser des couteaux fourchettes. Et c'est produit avec du cochon...

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    L'entreprise sise à Poggibonsi, la ville un peu moche à côté de San Gimignano, s'amuse sur l'étiquette. Mais en bouche, cette finocchiona, saucisson toscan aux graines de fenouil, cloue le bec. Viandard mais parfumé, encore mou mais peu gras (enfin, j'me comprends...), il possède un certain pouvoir addictif.  

    Comme beaucoup de produits dénichés dans cette adresse de San Gimignano : D! Vineria. Bon, le catalogue des vins ne présente pas la fine fleur du naturel mais les produits à becqueter (charcuteries, légumes en bocaux, pecorinos...) sont tous locaux et bios. Et très, très bons. Sans doute les meilleurs trouvés dans cette ville bien touristique. En plus, le midi, le proprio propose quelques tartines alléchantes. 

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    D! Vineria, Piazza dell' Erbe 1, +39 0577 943041, San Gimignano, Toscane.

  • Arabica ou orge ?

    Le caffè italiano tel qu'on le connait se fait un peu de mouron, sa suprématie est remise en cause par le café d'orge. C'est identique au café classique... mais avec de l'orge !

    Ici à Florence, le cappuccino d'orge revigore le gourmet de passage. Son bon goût de céréales, son lait aérien (comme partout en Italie) et son prix dérisoire (2 euros) nous rappellent que le cappuccino qu'on boit en France devrait être considéré comme un crime contre l'entente franco-italienne.

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    Souvent bio, l'orge est un dérivatif intéressant, plus local que le café classique (forcément). Mais surtout un goût différent. Alors, pourquoi pas les deux ? Pas sûr d'en trouver par chez nous par contre. Sauf chez RAP évidemment, qui propose la version soluble et parfois moulue ou en dosettes.

  • L'Italie, mère patrie des vins oranges

    Notez déjà que pour un accord vin/coucher de soleil, on ne fait guère mieux...

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    Oui, c'est désormais un clicheton que de vanter la qualité des vins naturels de notre voisin transalpin... N'ayons pas peur du blasphème : oui, ils surpassent quantité de vins naturels d'chez nous. C'est du moins une idée répandue dans mon cercle de francs buveurs. 

    Et il faut bien avouer que s'il y a un domaine dans lequel l'Italie se surpasse elle-même, c'est bien celui des vins oranges, ces vins "blancs typés" produits grâce à une longue macération des peaux de raisin au contact du moût. On sait bien que cette technique permet d'enrichir la palette d'arômes pour l'heureux homme qui tient le verre. Notamment les amers. En passant, sachez que je vous épargne mes comptes-rendus de dégoupillages réguliers, sinon ce lieu de beuverie deviendrait ''du vin orange dans les veines''.

    Or l'amer nous renvoie irrémédiablement en Italie. CQFD. Bien sûr, en France aussi, le vignoble prend ce chemin avec quelques tentatives : il suffit d'un tour à la Cave des Papilles pour s'en convaincre (Prieuré-Roch, Riffault...) ou d'un coup d'oeil sur mes étagères (domaines La Boria, de l'Escarpolette...). Mais la majorité se déniche encore pour l'heure dans la Botte. Et s'il fallait un précurseur, un maître vénéré, un soldat reconnu passé général, c'est bien Josko Gravner. Autour de 30 000 bouteilles par an, parmi lesquelles des merveilles. 

    Ainsi ce Bianco Breg 2004, qui plus est, élevé en amphore. D'ailleurs, l'amphore est-elle une mode ? Ici, on est convaincu qu'il s'agit bien plus que d'une tendance (on y reviendra). Porte-étendard des vins oranges, il sera bien difficile à surpasser à l'avenir. Un vin puissant mais pas lourd, amer mais qui ne fait pas grimacer, relevé en fin de bouche par une pointe d'acidité salvatrice. Le genre de vin qui te transporte du début à la fin de la soirée, qui se suffit à lui-même. Même ces ballons pourris ne l'ont pas banalisé.

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    Le soufre n'arrive qu'à la mise, c'est tant mieux. Toutes les considérations techniques ou gastronomiques sont expliquées avec talent ici. Moi je me suis contenté de trouver la bouteille (Antica Latteria, Via San Matteo 19, San Gimignano, enoantlat@libero.it). Et de boire ce vin du Frioul dans les collines toscanes. Comme dit plus haut, et même si les photos n'en témoignent pas, il épousait très bien la fin de journée .

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  • Pour les grosses chaleurs, pensez à la glace au vin blanc

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    D'ordinaire, on fuirait la boutique de Sergio Dondoli. La file d'attente, les calicots grossiers qui vantent les productions maison, les photos avec les stars européennes de la bouffe (Pierre Gagnaire, Pierre Hermé...) ou avec Miss Italia 1996... On frise le ridicule ici à San Gimignano, magnifique Carcassonne toscane.

    Pourtant, tout laisse à penser que le produit est exceptionnel. Déjà, des amis plus que crédibles nous avaient lâché le tuyau. Ensuite, les renseignements pris sur notre homme plaident en sa faveur. Certes, son site internet le présente comme le meilleur glacier d'Italie, donc du monde (mais soyons chauvins, n'oublions pas Terre Adélice ou Pierre Geronimi entre autres). Cependant, l'Italien est multiple champion du monde et surtout l'un des rares Master Gelato Maker, genre d'association des tout meilleurs glaciers de la planète. Bref, malgré le décor, on entre là dedans le sourire au gosier.

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    Et on a raison. Surtout qu'en plus des parfums communs ou des créations propres, Dondoli s'active autour du vin blanc local, la vernaccia di San Gimignano. Le cépage est connu pour produire des vins bien acides, on en reparlera (dans une version naturelle). 

    On le devine presque sur la première photo, la texture s'avère terriblement aérienne : au vu des 35°C extérieurs, on se verrait bien fondre nous aussi dans une baignoire bien remplie. Belle surprise, la bouche n'est pas écrasée par trop de sucre. Le goût du cépage correspond bien à ce qu'on a pu boire dans un verre : le raisin est là.

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    Avec quel vin est-il fait ? Sans doute pas avec la vernaccia la plus naturelle au monde, vu que cela ne court pas les rues par ici. Il existe pourtant un producteur plus qu'honnête, on en reparlera (bis). Dans les bacs, le vin est bien plus classique. N'oublions pas que nous sommes dans un endroit éminement touristique et que le vin qu'on aime n'est pas forcément compatible avec la chose... Mais un jour, pourquoi pas ?

    Juste en face, sur la même Piazza della Cisterna, la Gelataria dell'Olmo profite de la célébrité de la rivale pour se proclamer "meilleure glace du monde". On ne sait pas trop d'où ça sort, mais c'est de bonne guerre. Comme beaucoup de touristes, on a goûté.

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    Et donc ? Mieux vaut éviter de se tromper d'adresse. 

    Sergio Dondoli - Gelateria della Plazza, Piazza della Cisterna 4, 53037 San Gimignano, Toscane, Italie, 0039 0577 942244.

  • Mon vigneron fait aussi dans l'abricot

    Quand on est vigneron, il n'y a pas que le raisin dans la vie. Prenez tous ceux qui font dans l'huile d'olive et bientôt je parlerai de cerises. Et en ce moment, l'abricot pointe ses petites fesses rondes.

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    Elodie Aubert et Raphaël Gonzales, nous les connaissons mieux pour le merveilleux Petits Sylphes ou pour les rouges sans soufre. Ben pourtant, nos Drômois ramassent aussi des abricots. En version nectar, on le déguste toute l'année ; et croyez-moi, je les ai vus partir comme des petits pains sur les salons (du vin). L'abricot y est au naturel, pas besoin de correcteur d'acidité...

    Et depuis ce mercredi, l'épicerie Terroirs d'Avenir propose les abricots de bouche autour de 5 euros le kilo. Premier croquage, premier craquage. "Ils sont super bons, dis donc. Il faut les manger tel quel !" Bien sûr, mais pour garder un peu d'été lors du prochain hiver, je vais aussi en faire des confitures. Avec de la marjolaine. Et peut-être un coup d'armagnac.

  • Un spritz à l'artichaut et au crémant de Bourgogne

    A l'instar des tubes musicaux de l'été, il est des boissons qui résument bien un moment. On les boit au hasard et souvent. Au hasard des jours et souvent au même endroit. Cet endroit, c'est L'Entrée des Artistes, bar à manger plutôt sombre, adossé au Cirque d'Hiver. Et cette boisson, c'est un spritz un peu inhabituel.

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    Ce soir-là, en entrant dans le bar, j'ai tout de suite eu l'oeil attiré par une bouteille. Foin des spritz à l'Aperol (sucré) ou au Campari (amer)... Place au spritz al Cynar, une liqueur d'herbes dominée par l'artichaut, ce que l'amer a de meilleur (avec un peu de sucre tout de même). De ce côté-ci des Alpes, c'est extrêmement rare dans les bistros. Au barman japonais qui officie ce soir, on demande donc s'il est possible de nous faire ce fameux cocktail.

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    Après quelques minutes, le maestro sert une boisson des dieux. Mais comment fait-il ? Impossible que ce soit du Cynar, du prosecco et de l'eau pétillante comme pour tout spritz classique... Bien sûr, la patte du pro sait fatiguer les glaçons ou mettre en valeur une rondelle de citron. Mais il n'y a pas que ça.

    La solution la plus simple consiste à poser la question à notre homme. La réponse est claire. Cynar, vin pétillant et juste un trait d'eau pétillante. Donc on n'est pas dans le traditionnel un tiers/un tiers/un tiers. Mais quand même, l'ensemble n'est absolument pas lourd... Reste à savoir quel vin est utilisé. La solution la plus simple consiste à poser la question à notre homme. La réponse est claire. Et là, on est un peu sur les fesses... Crémant de Bourgogne rosé Brut de Julien Guillot (Vignes du Maynes), une sacrée tronche ! Ouais, c'est facile en fait la cocktailogie avec de tels ingrédients...

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    Evidemment que cette science n'est pas facilement accessible. Mais le point central, comme pour toute recette de cuisine d'ailleurs, c'est de mixer avec les meilleurs produits. La gamme de L'Entrée des Artistes fait saliver, les plus excitants m'ont paru sortir du catalogue de la branche spiritueux de La Maison du Whisky.

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    L'Entrée des Artistes, 8 rue de Crussol, 75 011 Paris, 09 50 99 67 11.

  • Versant Vins menacé de fermeture le soir

    Depuis que Versant Vins s'est mué en Versant Faim, c'est-à-dire depuis qu'on peut aussi manger chez Jeanne-la-caviste-qu'aime-bien-la-Loire-mais-pas-que, le lieu était autorisé à ouvrir le jeudi soir. Comme tous les autres commerçants d'à côté d'ailleurs. Ah oui, au fait : Versant Faim est situé dans un marché, le marché des Enfants Rouges qui accessoirement détient le dimanche le record parisien du nombre de jolies filles au mètre carré, ai-je déjà écrit. Et qui dit marché, dit horaires de marché. Fermé le lundi, mais fermé le soir aussi. Seule exception, le jeudi : ouverture jusqu'à 23h.

    La semaine dernière au menu, c'était le chèvre du beau-frère de la patronne avec un coup de chinon blanc 2002 d'Alain et Jérôme Lenoir. Rien que ça.

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    Le 20 juin dernier, c'était burger.

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    Donc tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf qu'à cause d'un voisin indélicat, cette ouverture est désormais remise en cause par la mairie. Pourtant si une brebis est galeuse, on n'abat pas tout le troupeau pour autant ! Alors que l'été arrive, que tous les commerçants du marché le demandent, que les emplois des uns le nécessitent, que la bonne humeur des autres le commande, il ne faut pas mettre en péril une affaire qui roule.

    Pour le prouver à tout le monde, le mieux est encore de se pointer demain soir, jeudi 11 juillet, chez Versant Faim pour boire le canon. On ne devrait pas repartir le gosier à sec. 

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    Versant Vins/Versant Faim, dans le marché des Enfants-Rouges, 39 rue de Bretagne, 75 003 Paris, 01 42 72 34 85.

  • Ma liste de courses chez Terroirs d'Avenir

    Tout a déjà été dit sur Terroirs d'Avenir, je ne vais donc pas en rajouter une couche. Oui, c'est la meilleure épicerie de Paris. Oui, c'est le terroir francilien mais pas que. Oui, les produits sont irréprochables. Oui, la découpe du poisson est magistrale - et tu n'as jamais rien vu de semblable dans une poissonnerie hormis à Tokyo. Oui, la sélection de vins est top - normal, c'est mon Michel qui s'en occupe. Oui, c'est aussi cher que dans une grande surface classique. Oui, tout ce qu'on dit est vrai, je ne vois pas pourquoi j'en rajouterai. Ah si, un truc : tout semble y avoir un truc qu'on croyait disparu, la longueur en bouche. On goûte et on se dit "putain, c'est bon !"

    Allezn plutôt que de s'extasier, plutôt que d'en faire un long papier, je préfère la fréquenter assidûment. Voici quelques-unes de mes courses ces dernières semaines.  

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    Steak haché Le Téméraire (avec ajout de gras noble de cochon), produits de l'Herbier de Milly, dorade de l'île d'Yeu, groseilles à tomber... Et puis, avec l'été approchant enfin, le rayon fruits et légumes va se gonfler. Avec notamment les abricots d'un vigneron qu'on aime bien.

    Terroirs d'Avenirs, 7 rue du Nil, 75 002 Paris.

  • Les vignerons ouvrent leurs pépites au salon du vin de Rue89 "Sous les pavés, la vigne"

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    Au début du XXe siècle, on se pressait à La Bellevilloise pour écouter les discours de Jean Jaurès. Dimanche et lundi, au salon Sous les pavés, la vigne, ce sera presque tout autant politique : on s'y pressera pour boire du vin naturel et rencontrer les femmes et les hommes qui le produisent. Car on ne l'oublie pas : boire du vin naturel est un acte de résistance.

    Au fait, on boira quoi précisément ? Comme pour tout salon, les vignerons apportent leurs quilles connues et reconnues. Et parfois, ils font un pas de côté offrant au public leurs essais, leurs trouvailles, leurs trésors. Du jamais bu, on en boira ce week-end.

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    Dans le désordre, nous avons... Jean-Christophe Comor (domaine les Terres Promises) ouvre son cinsault 2012 uniquement commercialisé en magnum. Ça s'appelle Autrement et Encore ; c'est la suite de Au Hasard et Souvent. Quant à Mathias Marquet, il s'amuse avec Blast, son liquoreux sans soufre. Hâte de voir à quoi ça ressemble... L'incroyablement talentueux Ivo (L'Escarpolette) a dans ses bagages un pur grenache, qui selon lui fait penser aux vins d'Eric Pfifferling : autant dire qu'il met la barre haut, le coquin... Les De Moor présentent à la dégustation D'autres vallées 2011, issue de vendanges tardives. Jean-Pierre Rietsch aligne ses magnums de crémant extra-brut 2009 et peut-être le sylvaner vieille vigne désormais mythique. 

    Chez les moins connus... Le domaine des Bodines a son crémant du Jura rosé 100% pinot noir, le domaine de Rousselin son rosé moelleux (Rosé des Vents). Le domaine de la Pépière vient avec la cuvée 3, une nouveauté 2009. C'est celle qui repose le plus longtemps sur lies, 3 ans comme son nom l'indique. Le domaine de Soleyane va faire exploser mes papilles amoureuses de l'oxydatif avec son jus de cuve oublié depuis 2008. Les 600 bouteilles s'annoncent comme un grand vin du Bugey. Anne Paillet expose (et ouvre) sa cuvée Bob dit l'Anne (ah, ah, ah) à base de cabernet et de cinsault dont elle tire à peine 800 bouteilles. 

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    Alors que son moulin-à-vent vient d'être refusé à l'agrément, Isabelle Perraud (Côtes de la Molière) arrive avec un truc chelou comme on les aime : La Molière en Sauvignon 2011. C'est un blanc limité à 100 bouteilles de 50 cl (vente à l'unité ! En fait, il n'y en a plus que 99, j'en ai réservé une, tu te souviens Isa ?) issus de vignes de Vauxrenard avant d'être élevé de 20 mois dans un fût de bière inox de 25 litres ! Bien évidemment, c'est sans soufre ajouté, sans additif, sans filtration, sans cochonnerie.

    Il y aura aussi du bordeaux, comme quoi on n'est pas raciste... Olivier Techer (Gombaude-Guillot) ouvre son Pom'n'roll 2011 qui cette fois a eu droit à l'A.O.C. Pomerol ! Dominique Léandre-Chevalier fait boire Le Blanc de Noir, vin blanc realisé à partir de raisins toujours destinés au rouge (cépage cabernet-sauvignon) : du jamais vu à Bordeaux ! Et le 100% ProVocateur, un petit verdot en sélection massale, une rareté. Et Les Trois Petiotes s'amusent avec En Attendant Suzie, cuvée réalisée exclusivement en 2009 (70 % malbec, 20 % merlot, 10 % cabernet-franc, élevée 24 mois en barriques de 3 ans) et réalisée complètement sans électricité... à la main et à la bougie !

    Dans la besace d'Antoine Gruner, le Dealer de Vin spécialisé dans le naturel italien, il y a les merveilleux Tenuta Grillo. Nous avions adoré le Prattoasciutto 2004 chez Rap, un vin hors du commun qu'Antoine ouvre dimanche. Il annonce aussi un blanc 2006 de longue macération. De Serbie, les Bongiraud nous font découvrir une cuvée 100% zacinjak, un cépage autochtone, la dernière vigne au monde de ce raisin !

    Côté champagne, Francis Boulard est dans la place avec deux quilles qui nous ravissent à chaque fois : Les Rachais Nature 2007 et le Millésime 2006 Vintage. Pierre Charlot fait péter son 100 % pinot meunier millésime 2009, élevé un an en barrique et non dosé. Benoit et Mélanie Tarlant nous gratifient d'une grosse exclu ! Bam ! Si, si, c'est le nom de la cuvée (première fois qu'elle va vraiment être dégustée à Paris) à base de pinot blanc, arbanne, petit meslier. Et la superbe cuvée Louis 1999 à ne pas rater. Enfin, mon chouchou, Olivier Collin (domaine Ulysse Collin) qui fait, à mon avis, les plus grands champagnes jamais goûtés à ce jour qui arrive avec Les Roises (3060 cols) issu d’une vieille vigne de 0,60 ha  en plein cœur de Congy...

    Et forcément, j'en oublie ! Pour profiter de tout cela, il faut donc venir dimanche et lundi à La Bellevilloise... Moi, je trépigne.

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    Allez, flagrant délit de copinage avec Antonin qui coordonne ce salon ! 

    J'ai 5 entrées gratuites à offrir à 5 personnes différentes (prix normal 10 euros pièce). Le règlement du jeu est déposé chez Me Kahusaque, huissier à Genève. Sérieusement, je ne veux pas faire de favoritisme, alors les copains pas besoin de jouer : les places iront aux gens avec qui je n'ai jamais bu un verre. Pour gagner, il suffit de mettre dans les commentaires plus bas, votre nom et celui la cuvée vous fait envie. Puis envoyez-moi un courrier électronique auquel je répondrais si vous faites partie des 5 heureux gagnants. Sinon, toutes les infos pratiques sur le salon, c'est ici.

    A noter enfin que 4 des 5 auteurs de Tronches de Vin (dont ma pomme) et les deux éditrices seront dans le coin ! Dédicace prévue vers 15h le dimanche à l'espace livres. Qu'on se le dise !

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