Avertir le modérateur

du morgon dans les veines - Page 4

  • Quelle est la meilleure bière vietnamienne ?

    Le Vietnam n'est pas la Belgique, ni l'Allemagne. Ni même l'Italie, ni la France. Ben oui, le Vietnam, c'est le Vietnam. Ceci étant dit, on est bien avancé. Certes la tradition brassicole vietnamienne n'est pas celle de la Vieille Europe. Mais voilà, on en boit beaucoup et pas mal de marques locales se disputent le marché. L'écrasante majorité est constituée de bières type lager, c'est-à-dire blondes, désaltérantes, sans goût trop prononcé. Après une journée de marche, après une journée à 35°C ou pour éviter de boire de l'eau, ces bières sont les bienvenues. Tour d'horizon.

    Halida. On la trouve surtout à Hanoï. Par rapport à toutes les bières goûtées, on lui reconnait un peu plus de caractère, notamment sur les amers même si ça reste évidemment très accessible. Sans doute la meilleure.

    IMG_4464.jpg

    Larue. Prononcez "Larou". Encore un vestige colonial qui tombe en ruine... Le goût de bière reste deux secondes en bouche avant de se transformer en eau. 

    IMG_4467.jpg

    333. En vietnamien, on dit "ba-ba-ba". Même bu au Métropole, le palace d'Hanoï, c'est la cata. Aucun goût si ce n'est de l'eau. 

    IMG_4498.jpg

    Hanoi Beer. Surtout bue... vers Hanoï ! Ce n'est pas mal du tout, un caractère trempé mais pas trop... C'est ce qu'on demande à une lager. On lui préfère Halida mais ça se joue à un cheveu.

    IMG_4589.jpg

    Bia Saigon. Bu dans le centre du pays et vers... Saïgon (Hô Chi Minh ville) ! S'avère assez fine avec ses petits amers qui disparaissent malheureusement assez vite. En outre, elle est plutôt bon marché. Une bonne lager.

    IMG_5180.jpg

    Quant à la Tiger, pas besoin de mettre une photo. Elle n'a rien dans la canette si ce n'est de la tristesse.

  • Un chef français possède 4 restaurants à Hanoï

    Didier Corlou est la personne incontournable pour qui s'intéresse aux restaurants à Hanoï. Il possède pas moins de 4 adresses : le restaurant gastronomique, un bar à vin, un vietnamien traditionnel et un autre un peu plus dans le vent. Je ne me suis arrêté que dans les deux derniers et c'était un régal. Frais, goûteux, pétillant, surtout en ce qui concerne la Porte d'Annam.

    IMG_4421.jpg

    IMG_4465.jpg

    Mais cette impression qu'il a un peu trop tiré sur la corde m'ennuie. C'était bon certes, mais au Vietnam, en général on mange extrêmement bien partout. Donc ce n'est pas si extraordinaire non plus. 

    Un autre truc m'a mis la puce à l'oreille, me faisant douter de la qualité intrinsèque de la chose. Je m'en suis rendu compte en inspectant le poivre vendu dans la boutique en-dessous de La Verticale. Par exemple, le poivre blanc de Kampot (...venu du Cambodge). Grains de tailles différentes, parfois rachitiques, parfois noirs... Le tri n'est pas aussi contraignant que chez Olivier Roellinger, la qualité est bien moindre. Bref je ne sais plus quoi penser de notre homme.

  • Faut-il aller manger dans un palace à Hanoï ?

    Chaque ville du monde possède son palace mythique. Hanoï ne déroge pas à la règle ; ici, c'est Le Métropole. Le cadre est pas mal, un vieux bâtiment colonial, même s'il n'y a pas de quoi grimper aux rideaux. Au moins, on y trouve le calme. Et un bon restaurant vietnamien aux prix tout ce qu'il y a de parisien. Soit de 20 à 30 euros le plat. C'est énorme pour le Vietnam, c'est le prix du luxe et ça marche. Le resto est fréquenté assidûment. 

    IMG_4499.jpg

    De très jolies grosses crevettes avec une bonne sauce. Le produit s'avère assez extra mais c'était à quoi cette sauce ? Oui, c'est bon. Mais les souvenirs s'émoussent. On doit donc pouvoir s'en passer de ce palace. 

    Le Metropole, 15 Ngo Quyen, Hoàn Kiếm, Hanoi, +84 4 3826 6919.

  • Quelques instantanés sur les marchés de Hanoï

    1.jpg

    2.jpg

    3.jpg

    4.jpg

    5.jpg

    6.jpg

    7.jpg

    8.jpg

    C'est dans toute la ville que les marchés se tiennent quotidiennement. Les touristes vont évidemment au marché central, je lui ai préféré tous ceux qui se trouvent derrière la gare centrale.

  • Hanoï : le classicisme étriqué de la Badiane

    Quelle place pour une adresse gastronomique dans une ville tant marquée par la nourriture de rue ? La strite foude (en bon inegliche) est partout à Hanoï et elle est d'une grande qualité. Il faut donc trouver sa place quand on ouvre un restaurant en dur.

    Benjamin Rascalou, chef français passé par Taillevent avant d'ouvrir en 2008 La Badiane, s'est forgé une identité : une cuisine fusion, mêlant les traditions françaises et les produits vietnamiens. Forcément, cela a un coût bien plus élevé que la nourriture de rue, avec un menu relativement raisonnable à 12 euros le midi. Le soir, les prix s'envolent, avec la dégustation à 55 euros. Une somme faramineuse dans le pays. Le salaire minimum au Vietnam c'est 39 euros, et le salaire moyen c'est 91 euros selon le Moci. Ce n'est pas un resto pour le péquin vietnamien moyen.

    Et cela tombe bien, ce n'est sans doute pas l'idée des patrons. C'est un restaurant qui est souvent salué dans les guides touristiques, sur TripAdvisor (qui a un réel impact dans cette partie de l'Asie) ou par les expatriés. On l'aura compris, c'est un peu aseptisé. 

    Parlons plutôt des assiettes, des très belles entrées. Un genre de rouleau de printemps (ce que l'on appelle "nem frais" au Vietnam) au crabe. C'est beau, c'est bon.

    photo 3.JPG

    Idem pour ces asperges de Dalat, il y a là une vraie recherche du produit local. Oui, on peut râler : les adresses sont un peu trop chiadées, un peu trop tape-à-l’œil, un peu trop "je-suis-un-cuistot-français-et-je-vais-vous-le-montrer"... C'est peu de le dire.

    photo 2.JPG

    Autant les entrées ont convaincu, autant la suite est plus bancale. Ainsi cette brandade de crabe, avec trop de pommes de terre. On se tue à le répéter, il n'y a pas de patate dans la brandade, bordel ! Dans la bouche, pas d'étincelles.

    sfdfd.JPG

    Je passe totalement à côté des desserts. A moins que ce soit la cuisine qui soit totalement passée à côté des desserts... Même pour les glaces maison pourtant bien réussies dans d'autres restaurants de la ville.

    rgfsdfsd.JPG

    Déjà l'intitulé "glace au mojito" aurait dû me faire fuir. Seulement, c'était l'un de mes premiers repas au Vietnam, le décalage horaire m'avait évidemment mis une torgnole... Un dessert affreux.

    gdgs.JPG

    Le lieu est très agréable, car calme. Ici on oublie la folie pétaradante du centre-ville. Cela, couplé avec les bonnes entrées, suffit-il à venir déjeuner ici ? Franchement non. Il y a plein d'autres restaurants en ville.

    photo 1.JPG

    La Badiane, 10 Nam Ngu street, Hoan Kiem, Hanoï, +84 (4) 39 42 45 09.

  • Vietnam : on boit quoi quand on mange du chien ?

    Thịt chó. C'est simple : pour savoir où manger du chien au Vietnam, il suffit de scruter les inscriptions des devantures des restaurants ou des stands des bouchers itinérants. Ou, encore plus simple, de jeter un coup d’œil sur les étals. 

    IMG_4486.jpg

    Quelques précisions avant d'aller plus loin.
     
    Trouver du clébard à grailler à Hanoï n'est pas chose aisée. En 5 jours de balade, j'ai compté les points de vente sur les doigts d'une main et demi. Au Vietnam, on ne mange pas de chien à tous les coins de rue. On lui préfère poulets, poissons et surtout légumes.
     
    Le chien, c'est assez cher. Bien plus coûteux que le porc ou le poulet. Donc personne ne t'en glissera subrepticement dans des nems. En France, on ne te fourgue pas en douce du foie gras dans ton sandwich au pâté.
     
    C'est une viande calorique, consommée plutôt l'hiver. Et en général par les hommes. Les Vietnamiennes croisées ne semblent pas goûter ce mets. Soyons précis, ce n'est pas tant le chien qui les rebute que l'odeur de cette terrible sauce à la crevette fermentée accompagnant traditionnellement le chien.
     
    Ici on ne mange ton Médor chéri, ni celui du voisin mais des bêtes destinées à la consommation. A de rares exceptions près, comme toujours ; des cas de transmission de rage après la cuisine de viande de chiens errants existent. Ajoutons qu'il y a beaucoup à redire sur les conditions d'élevage des chiens au Vietnam, au point que des campagnes de boycott surgissent régulièrement. Un peu à l'image de ce qu'il se passe avec la viande de poulet ou de bœuf dans notre beau pays... 
     
    Cependant, manger du chien appartient à la culture de cette partie de l'Asie. A la fin de chaque mois lunaire, cela permettrait de chasser les mauvais esprits. Certains trouvent ces pratiques culinaires ignobles mais franchement, qui sommes-nous pour juger ?

    photo (6).JPG

    Revenons à nos toutous. La scène se passe dans une maison d'hôtes derrière la gare d’Hanoï. La cuisinière vietnamienne esquisse un sourire et s'interroge. "Ah bon ? Vous voulez goûter du chien ? D'habitude les étrangers n'aiment pas ça du tout..." 
     
    Une voyageuse française en face de moi me prend carrément à partie. "Vous allez manger du chien ??? Bon, je ne vais plus vous adresser la parole... Vous vous rendez compte, le meilleur ami de l'homme !". Et le cheval, cette fameuse "plus noble conquête de l'homme", on en mange bien ? J'ai toujours pensé que la curiosité n'était pas un vilain défaut.  
     
    Quelques minutes plus tard, l'hôte arrive dans sa cuisine, un sac plastique bien rempli sous le bras. Une bonne dizaine d'euros pour 500 grammes de viande grillée. Pas donné pour un budget vietnamien.

    IMG_4618.jpg

    Vendue avec la viande, la sauce à la crevette fermentée emporte tout sur son passage. Voilà une des choses les plus épouvantables qu'il m'ait été donné de respirer dans ma vie. On goûte, ça picote, on la mange pour faire comme les locaux mais le cœur n'y est pas. Et là, je parle bien de la sauce, pas de la viande.

    IMG_4629.jpg

    Et la viande donc ? Voici quelques bouts de cuisse de chien.

    IMG_4616.jpg

    Ensuite, quelques morceaux de poitrine de chien (assez carbonisée en vérité). Et sur la droite de l'assiette, du boudin de sang de chien mélangé à des haricots.

    IMG_4612.jpg

    Verdict ? Franchement, c'est plutôt bon. L'odeur n'est pas trop forte, le goût navigue quelque part entre le bœuf et l'agneau, en plus tenace peut-être. La sauce à la crevette fermentée dénature la chose, on l'écarte rapidement. La cuisinière dit de croquer en même temps dans le blanc de la citronnelle pour accompagner la viande. Mais on aurait bien vu une salade verte à la place. 

    Le souci fondamental de cette expérience, c'est la cuisson. Grillée, la viande possède une mâche coriace. La cuisse, le meilleur morceau, aurait gagné à être braisée. Une bonne daube de chien, ça ne vous dit pas ? Le boudin s'avale sans souci même si le haricot est trop présent. Encore une fois, on mélange cette viande noble à un ingrédient qui l'est moins pour gagner en poids. 
     
    Et on boit quoi avec ça ? On aurait pu penser à un vin rouge avec du répondant. Un genre de rottweiler imposant sur ses quatre pattes. Un truc du Languedoc ou du Roussillon, bien élevé, sans macération carbonique. Allez, nous sommes à plus de 9000 kilomètres de ces régions, buvons local plutôt. Faisons comme les Vietnamiens qui aiment manger cette viande avec de l'alcool fort. 

    IMG_4674.jpg

    On sert ce Rượu Táo Mèo, un "calvados vietnamien". Une aberration sémantique pour les Normands et les autres, d'où les guillemets. Littéralement, on parle de "vin de pomme-chat". Ces fruits, une variété de pommes sauvages provenant de la région de Sapa dans le nord montagneux, macèrent dans de l'alcool.

    A l'instar de la viande de chien, c'est, disons, agréable. Soyons honnêtes : on n'y reviendrait pas tous les jours non plus.

  • Bientôt, on va parler Vietnam et Chine

    A suivre, quelques pistes pour explorer le Vietnam...

    photo (2).JPG

    ...ainsi que pas mal de restos à Canton et Hong Kong.

    photo (3).JPG

    Encore un peu de patience.

  • Échapper à la médiocrité

    "Lui avait la modestie de ne pas rêver d'un destin grandiose tout en sachant qu'il s'efforcerait d'échapper à la médiocrité, au morne défilé des jours qui se ressemblent dans leur grisaille peuplée de vaines habitudes".

    Christian Authier, Soldats d'Allah, Stock.

    photo (5).JPG

    Ça vient de sortir. Moi, si j'étais vous, j'irais faire un tour chez mon libraire.

    Lien permanent Imprimer Catégories : Bibinographie 0 commentaire
  • Un lubrifiant naturel

    Certains jus te font oublier la fatigue. De retour d'un voyage en Asie (on en reparlera bientôt), on fait une petite halte chez En Vrac, au marché de l'Olive. Victime d'un décalage horaire de 7 heures... Le hasard nous fait découvrir ce Jus Brifiant, un pétillant naturel à base de gamay fait du côté de Montlouis par Julien Prével. Le verre pue amoureusement le coing - qu'on ne se méprenne pas, c'est un compliment chez moi. C'est frais, un peu citronné aussi. D'ailleurs le niveau de liquide dans la bouteille descend aussi vite que la cote de popularité de François Hollande. On est bien. Et c'est 13 euros à emporter.

    photo (1).JPG

    On est bien malgré l'amateurisme qui règne ce dimanche chez En Vrac. Autant le choix des bouteilles nous ravit, autant les rayons du soleil qui fouettent les quilles naturelles c'est moyen. Autant les prix ne nous semblent pas excessifs, autant l'assiette fait grise mine. Autant le service semble cool, autant il est à côté de la plaque, n'ayant pas grand-chose au frais alors que la météo est au rosé, ou ne sachant pas nous renseigner sur ce qu'il y a en stock. Autant les conserves sont d'exception, autant le lait utilisé provient du hard-discounter Dia. Autant le café est servi dans des tasses L'Arbre à Café, autant le serveur recharge la machine avec du Lomi (ce qui est très bien aussi, mais ce n'est pas L'Arbre à Café). Bref difficile d'y voir clair et le décalage horaire n'y est pour rien.

    Malgré tout, le vin, superbe, fluidifie le retour à Paris.

  • Le vin naturel géorgien existe, je l'ai rencontré

    La Kakhétie, tu ne connais pas ? Les Français sont décidément nuls en géo. Imagine : au nord la Tchétchénie, à l'est l'Azerbaïdjan, au sud l'Arménie. Bref le coeur du Caucase, berceau de la civilisation du vin.

    Continuons notre exploration du vin naturel des pays un peu oubliés. Après l'Espagne (pays pas trop oublié, je l'admets), la Croatie, l'Afrique du Sud, le Liban ou la Slovénie, voici donc la Géorgie

    photo.JPG

    C'est la cuvée 2010 du collectif Our Wine (ex Cheveni Gvino) mené par Soliko Tsaishvili. Ce vin qui se veut blanc mais s'avère en réalité orange-marron est issu d'un cépage du coin au nom imprononçable : rkatsiteli. A vos souhaits. J'aurais dû l'écrire phonétiquement. Si un géorgeophone peut m'aider d'ailleurs...

    Orange-marron donc. Un autre truc attire l'oeil : cette incroyable couche de levure blanche en bas de la quille. Si on secoue la bouteille, si on tente par exemple de l'ouvrir avec une chaussure, le vin devient bien troublard. Après cela, bon courage pour tenter de comprendre quoi que ce soit. A l'aveugle, évidemment tout le monde parierait sur un rouge tant les tanins semblent présents. J'oubliais une donnée ma foi fondamentale : la macération sur peaux a pris... 6 mois ! Et en amphores s'il vous plait. Mais sa suavité fait prendre ce blanc-orange-marron pour un rouge fin et de jolie extraction. Car le jus coule extrêmement facilement et ce, sans forcément une grande oxydation. Un vin qui ne ressemble à rien et Dieu sait que c'est un compliment.

    D'aucuns diront que les vins géorgiens, c'est devenu hyper hype à Paris. Mouais. On va se calmer tout de suite. Déjà, cette phrase ne veut rien dire. Ensuite, si on est quelques-uns à s'y intéresser, je vous rassure : la majorité des buveurs préfère encore acheter son Baron de Lestac au supermarché du coin. Ouf. Il est vrai que Paris est de moins en moins raciste, qu'elle s'ouvre aux vins étrangers. Evidemment, direction les bons cavistes pour s'en procurer comme Le CaveLa Cave des Papilles ou le site Vinisat. Notons au passage que Thierry Puzelat a fait beaucoup pour l'importation de ses vins.

    Enfin et surtout, il serait bien dommage d'oublier le rôle prépondérant de La Maison du Whisky qui avait une longueur d'avance sur beaucoup de boutiques. C'est là où j'ai dégoté cette bouteille pour la première fois. D'ailleurs, cet article du jour a plus d'un an de maturité lui aussi. Alors la mode, quand elle dure plus d'un an, ce n'est plus la mode, c'est devenu le quotidien. Et question vins comme on les aime, le repaire de l'Odéon se pose là avec sa belle panoplie de bouteilles estampillées TripleA, ce groupement de vignerons (aussi agriculteurs, artisans, artistes) parti du nord de l'Italie avant de rayonner dans la région.

  • De la gélatine à plus de 100 euros le kilo !

    On oublie toujours de regarder le prix des ingrédients au kilo. A ce niveau-là, on pourrait s'acheter une tranche du plus noble des jambons. Ou un produit de la mer qui nous éblouira. Ou des chocolats d'un grand maître.

    Ici on parle de gélatine alimentaire, la cochonnerie qu'on met dans les gâteaux, crèmes, entremets... Cochonnerie je disais, ça tombe bien, elle est d'origine porcine. Et on ne la prépare évidemment pas avec de l'échine de porc Ibaiona, mais plutôt avec les résidus de la carcasse : les os, les cartilages, peut-être un peu de gras. 

    Dans le supermarché d'en-bas de chez moi, celui qui vend déjà le basilic à près de 150 euros le kilo, on trouve donc cette gélatine marque Vahiné à 107,65 euros le kilo. Il n'y a pas de fautes de frappe, la photo n'a pas été retouchée.

    photo.JPG

    On peut me rétorquer qu'il en faut des opérations complexes pour transformer la carcasse en gélatine, qu'on n'achète jamais un kilo entier de gélatine, qu'on peut lui préférer des gélifiants d'origine végétale... Certes, mais ce produit et son prix ne sont pas inventés. Une nouvelle fois, un tel prix pour un ingrédient aussi bas de gamme ne semble pas gêner la grande distribution ; Vahiné semble détenir un quasi monopole sur ces ingrédients de pâtisserie un peu pointus. Et il n'y a pas de raison que ce soit moins cher dans un autre magasin Carrefour.

    Alors oui, Vahiné c'est gonflé... Surtout, au niveau du prix. 

    Lien permanent Imprimer Catégories : Beurk ! 1 commentaire
  • Le vin, c'est meilleur dans une grosse bouteille

    C'est un match poids lourd contre poids plume. Goliath contre David. Sur ma gauche, un jéroboam. Sur ma droite, une bouteille, tout ce qu'il y a de plus classique... 3 litres face à 75 centilitres...

    photo 2.JPG

    Dans chaque quille, le même vin : le morgon 2012 de Mathieu Lapierre, le fils de Marcel

    Petite digression. Ce soir, c'est mon retour à La Cave de l'Insolite. Je n'y étais plus revenu depuis l'époque Michel (la grande époque, quoi) et ce dernier repas en août 2011 où nous avions ouvert un magnum 2001 de Lapierre

    Deux ans et demi plus tard donc, on débouche une bouteille normale et un mastodonte. Résultat, les deux jajas n'ont pas du tout la même gueule... Marrant non ? 

    photo 1.JPG

    La différence est flagrante dans le verre. Dans la bouteille classique, le nez est étriqué, les parfums un peu serrés. Dans le jéroboam, le vin s'avance plus souple, comme content d'être là : il déteint sur les buveurs, il donne le sourire. 

    Explications. Tu l'as d'ailleurs déjà remarqué chez ton caviste préféré : le prix de deux bouteilles de 75 centilitres n'est jamais tout à fait égal au prix du magnum (1,5 litre), ce dernier étant toujours un peu plus cher. Déjà, il y a la théorie des économies d'échelle : une bouteille courante coûte moins cher à produire qu'un gros contenant moins répandu. 

    Mais surtout, plus la bouteille est grosse, mieux le vin se conserve. C'est logique, la surface de vin au contact de l'air est bien moins importante dans un jéroboam que dans une bouteille. Ce soir, on en a fait l'expérience.

    photo 3.JPG

    Bon, soyons juste, cela dépend aussi de chaque bouteille. En réalité, ce test montre surtout que le vin naturel est un produit vivant. Ceci dit, avant je ne buvais qu'en magnum ; maintenant, je ne bois plus qu'en jéroboam !

  • Un chenin sud-africain au naturel et macéré sur peaux pendant... 2 ans !

    Le vin naturel sud-africain existe, je l'ai rencontré. Et c'est un bandit de grand cheNin.

    photo 1.JPG

    Ici orange, le chenin de El Bandito millésime 2010 a cette particularité d'avoir été macéré deux ans sur peaux. Oui, tu l'as lu dans le titre, il n'y a pas de faute de frappe : c'est bien deux ans. Soit 24 mois. Ou 730 jours. Un vin "classique", disons un vin blanc que toi et moi buvons habituellement, un vin blanc quoi, c'est entre 1 et 2 jours à peine, au pire. Tu imagines le décalage, le fossé, l'abîme. 

    Autant dire qu'on est sur un autre continent du vin. Bonjour la planète Mars. Dès l'ouverture, on comprend que l'on a affaire à une bouteille qui va marquer. Il pourrait paraître rugueux au début,  mais les tanins disparaissent très vite. Ils laissent la place à une délicatesse sans fin, avec une toute petite pointe oxydative vraiment pas prenante. C'est fou cette impression de croquer dans la peau brute du raisin. Un verre en appelle un autre, aucun écœurement comme parfois avec ces vins dits oranges. 

    photo 3.JPG

    Le vigneron, Craig Hawkins, semble déjà être notre ami. "On travaille dur pour essayer de démontrer que quelque chose d'autre est possible en Afrique du sud. Ce chenin 2010 est une première étape".
     
    Le domaine Lammershoek est situé à une heure de voiture du Cap, un peu dans les terres. Là-bas, le climat très sec et chaud, un peu comme la Sicile ou le sud de la France. Pour ceux qu'intéressent les considérations géologiques, les vignes ont 46 ans et repose sur un terrain en pente : c'est du granite décomposé recouvert d'une couche sableuse. Les sols sont particulièrement vieux, peut-être les plus vieux au monde en ce qui concerne la vigne. Dans cet environnement très sec, où aucune irrigation ne vient perturber le travail de la nature, on vendange tôt pour garder l'acidité dans le raisin.
     
    Pourquoi cette macération de deux ans ? C'est sans doute l'un des vins blancs où le processus est le plus long. Un record du monde ? Craig ne sait pas précisément. "J'aime les vins blancs de longue macération, pourtant, curieusement, c'est la première fois que j'en fait. Je faisais ces vins pour moi, pour voir jusqu'où ça va en terme d'extraction et de potentiel de garde". Et ce 2010 ? Il peut durer "forever".

    photo 2.JPG

    Et grain de raisin sur le gâteau, lors de la mise, Craig a même laissé traîner quelques fruits dans quelques bouteilles. Sur la photo, le grain bien sombre récupéré au fond de la quille provient du fameux chenin macéré deux ans. Les chanceux auront donc la fève. 

    lammershoek,craig hawkins,afrique du sud

    Ce trésor se trouve au paradis des vins naturels d'ailleurs, Le Cave, pour 44 euros tout de même. Le temps a un prix.

  • Ulysse Collin égale Jacques Selosse

    Des pépites dorment dans certaines caves. C'est sûr, je ne parle pas de Lafite 61 ni de La Tâche, n'importe quel millésime, bouteilles qui me feraient hypothéquer ma maison. Non, cultivons la simplicité. Il existe des bouteilles achetées il y a deux ou trois ans et oubliées volontairement en cave. Après un certain laps de temps, notre esprit lui aussi les oubliées. On les redécouvre par un heureux hasard. Ah bon, il t'en reste une ?...

    En octobre 2011 chez Augé, la première fois où nous avons rencontré Olivier Collin (champagne Ulysse Collin), le coup de foudre fut immédiat. L'autre Olivier et moi partîmes avec le carton de Blanc de blancs extra-brut 2007. Seulement, si moi j'ai très vite tout bu, Olivier en a laissé à la cave.

    Depuis, la Seine a coulé sous le Pont Mirabeau. Depuis, j'ai brossé le portrait d'Olivier (Collin) dans Tronches de Vin et bu les autres quilles au hasard et souvent : le blanc de blancs devenu Les Perrières, l'introuvable Les Roises (autre parcelle gourmande) et Les Maillons, le blanc de noir magnifiquement épicé. Depuis, j'ai même tenu le stand d'Olivier (Collin) au salon Rue89 un après-midi de 2013.

    Et donc, le 1er janvier, vers 00h15, l'autre Olivier a trifouillé dans sa cave pour récupéré un 2007. Rien n'était prévu et c'était temps mieux.

    collin1.JPG

    A voir le sourire béat des chanceux qui mirent leur nez au-dessus de leur verre, on se dit que l'affaire était entendue. Que notre intuition était vérifiée : les champagnes Ulysse Collin dépassent ce que la région peut produire de mieux. Dans Tronches de Vin, je lançais l'hypothèse qu'un jour Olivier Collin égalerait le maître Anselme Selosse (domaine Jacques Selosse). Comment ne pas en être convaincu avec le 2007 dans le verre ?

    Des l'ouverture, il respire la classe. La fine bulle laisse la place à quelque chose comme un grand vin de Bourgogne. De toute façon, preuve en est que la tablée réclame un autre verre. Puis un magnum. 

    collin2.JPG

    Alors, forcément : bonne année !

  • Plutôt que de faire des quenelles, mangez-en !

    Nouvelle image.JPG

    Personne ne viendra taxer cette quenelle-là d'antisémite. Les Romains en faisaient déjà et on l'appréciait aussi à la table du Roi-Soleil. C'est Charles Morateur, un pâtissier vivant au XIXe siècle près de Lyon, qui instaura la quenelle moderne. Eau/lait, farine, beurre, oeufs, brochet... Les recettes et les accompagnements varient selon l'histoire et les envies.

    Plus jeunes, nous nous sommes tous régalés de quenelles en boîte, en réalité absolument détestables : mouillées, pâteuse, fadasses... Quelques années plus tard, nous restons sur un apriori négatif. Et à Paris, on l'avait un peu oubliée la quenelle, il faut bien l'avouer. Pourtant, quand c'est bien fait, on s'écarte vite de l'image du plat de mamie. 

    J'ai misé sur les Giraudet, dont le patron ne goûte guère la fameuse actualité de la quenelle et on le comprend. J'ai acheté les traditionnelles, au brochet, dans la boutique parisienne face au marché Saint-Germain. Avec une béchamel maison additionnée d'eau et d'huile d'olive grecque (pour donner une sauce plutôt liquide) et quelques champignons taillés finement, c'est un régal après 20 minutes à four chaud.

    Et finalement, si c'était cette quenelle-là qui était anti-système ? Qu'y a-t-il de plus révolutionnaire que le retour à l'ancien ?

  • Aujourd'hui, le mur de séparation israélien empêcherait la naissance de Jésus à Bethléem

    photo 2.JPG

    En ce 25 décembre 2013, Marie accoucherait sans doute au checkpoint de Gilo300, entre Jérusalem et Bethléem.

    Venue de Nazareth (dans le nord d'Israël) avec Joseph, la Vierge se verrait aujourd'hui arrêtée par le mur qui sépare Israël de la Palestine. L'artiste britannique Banksy a affolé les réseaux sociaux avec sa carte de vœux qui illustre bien l'affaire.

    Plus réelle est cette crèche en bois d'olivier imaginée par la famille Anastas qu'elle vend dans son magasin de souvenirs, à Bethléem. L'image s'avère forcément traditionnelle mais l'idée géniale, c'est d'ajouter un mur de séparation amovible qui sépare (ou non) le petit Jésus des Rois Mages. 

    photo 3.JPG

    Il faut dire que Johnny et Claire Anastas vivent dans une maison entourée des trois côtés par le mur de séparation. Forcément, ça donne des idées.

    cisjotour,jérutour,cisjordanie,palestine,israël,jérusalem

    Israël désire ardemment "protéger" la Tombe de Rachel. D'où ce dédale. Chez les Anastas, l'accueil est souriant malgré tout. Quel meilleur endroit pour parler des conséquences de l'occupation sur le quotidien des Palestiniens ? Ici, on fait aussi chambres d'hôtes. Pour y accéder, c'est toujours tout droit par rapport à la sortie "piétons" du checkpoint.

    photo 1.JPG

    Joyeux Noël quand même.

  • Naplouse : une pizza dans un camp de réfugiés palestiniens

    Après la guerre qui fit suite à la création de l'Etat d'Israël en 1948, des milliers de Palestiniens ont fui les villes et les villages de l'ouest du pays. Pour les pays limitrophes notamment mais aussi pour ce qui allait devenir la Cisjordanie. Pour les accueillir, on construisit des camps de réfugiés, forcément temporaires. Le camp que nous visitons aujourd'hui, celui de Balata, a été établi en 1950. Le temporaire dure, c'est un peu un leitmotiv dans le coin. D'abord situé en lointaine périphérie de Naplouse, il a depuis été rattrapé par l'urbanisation galopante.

    1.JPG

    Aujourd'hui, c'est un quartier de la ville comme un autre, à ceci près que les habitants n'en sortent que très peu. Et que la densité de population est l'une des plus élevée au monde : sur un quart de kilomètre carré, se concentrent près de 25 000 habitants. Foin des quelques tentes bien alignées, on a construit en dur. Et génération après génération, on ajoute un étage à des bâtiments déjà extrêmement précaires. 

    2.JPG

    Libération ouvrait ainsi son article en 2008. "Balata est l'un des rares endroits en Cisjordanie, où l'on peut croire que la deuxième Intifada bat encore son plein". Même lorsqu'elle est terminée depuis longtemps partout ailleurs. Pendant plus d'une heure et demi, le directeur du centre social du camp témoigne auprès de nous dans son bureau. Rien n'est facile à entendre. Son désarroi, son abandon, son impression de se battre contre des moulins à vent, son pessimisme sur la question de l'impossible droit des réfugiés au retour. "Ce qui se passe de mauvais en Cisjordanie, se passe d'abord à Balata." Aucune parole, aucun article, aucun documentaire ne pourra rendre compte de la tristesse de ce témoignage. Ni de l'effroi qui nous saisit lorsque nous visitons le camp. Deux rues principales puis rien que des murs.

    3.JPG

    C'est l'ONU (via l'UNRWA, l'agence spécialement dédiée aux réfugiés palestiniens) qui gère le camp, l'approvisionnement en eau, les écoles... La mairie de Naplouse aide aussi autant qu'elle peut. Mais comme partout les budgets baissent.

    4.JPG

    Même si Naplouse est autour et qu'il n'y a pas de barrière physique pour s'y rendre, il s'agit en réalité de deux mondes bien distincts. Une sorte de ghetto dans une ville déjà peu épargnée par l'histoire récente. Il est rare qu'un habitant quitte le camp pour un autre lieu, même si tout est possible. On naît réfugié, on se marie réfugié, on a des enfants réfugié, on vieillit réfugié. Au quotidien, on subit un chômage chronique sans commune mesure avec ce que l'on connait en Europe.

    5.JPG

    En conséquence, la population soufre de beaucoup de problèmes psychiques voire psychiatriques. La violence domestique, la prostitution (texto : "on n'avait jamais vu une fille de 13 ans sucer des bites pour de l'argent dans notre région très conservatrice..."), les trafics en tout genre polluent les rues.

    Et pourtant, à la sortie de l'école, les enfants baragouinent deux mots d'anglais ou de français, demandent ce que nous faisons là, tiennent à saluer les étrangers. Comme pour dire qu'on est vivant. 

    6.JPG

    Je pensais auparavant qu'Hébron était l'enfer sur terre. Maintenant, je miserais sans mal sur Balata en premier lieu. Et puis, au milieu de la misère, surgit un four à pizza. Un semblant de vie normale, comme partout dans le monde.

    7.JPG

    Certes, elles auraient du mal à gagner un prix du Fooding. Mais comme le vin des Samaritains, comme le vin des moines de Crémisan, comme la bière de Taybeh, comme l'arak de Bethléem, l'important c'est surtout que cette pizza existe.

    8.JPG

    Pas de tomate du Vésuve, ni de mozza di bufala. Juste une jolie pâte, une belle cuisson.

    9.JPG

    ...et un résultat final qui ferait frémir plus d'un pizzaiolo parisien qui n'a pas honte de vendre des cochonneries surgelées à 10 euros pièce. Ici le mélange zaatar-fromage est un délice. Un euro pièce.

    10.JPG

    Assis, mastiquant son bout de pizza, on se demande si on n'a pas mieux à faire que tenir un blog qui parle de choses aussi futiles que le vin naturel ou le dernier resto à la mode. 

  • Naplouse : la recette du knaffeh expliquée pas à pas

    k4.JPG

    Qu'on l'appelle kenafeh, kanafe, kneffeh, künefe... Qu'on y mette des "a", des "e", un seul ou plusieurs "f"... Qu'on le mange au Liban, en Syrie, en Palestine... On parle à chaque fois du même dessert. Un genre de mozzarella chaude avec de la semoule par-dessus, le tout sucré. C'est la grande douceur de Naplouse qui en est la capitale palestinienne. Dans la vieille ville, ce sont les hommes de la famille Shantir (pâtisserie Al-Aqsa, près de la mosquée An-Nasir) qui sont considérés comme les Pierre Hermé du knaffeh. Ils nous expliquent la recette.

    D'abord, on beurre une grande plaque qui va sur le feu. 

    naplouse,cisjordanie,israël,jerusalemtour

    On étend une belle couche de semoule.

    k1.JPG

    On ajoute le fromage. Ici c'est de du chèvre préalablement dessalé. Il donne un goût très caractéristique, bien plus prononcé qu'un "vulgaire" fromage de vache.

    k2.JPG

    On le chauffe sur le gaz à feu vif.

    naplouse,cisjordanie,israël,jerusalemtour

    Au cour de la la cuisson, on le badigeonne de sirop ce qui évite d'obtenir une consistance trop sèche.

    naplouse,cisjordanie,israël,jerusalemtour

    C'est prêt.

    k3.JPG

    La petite assiette ne vaut même pas un euro.

     K5.JPG

    Les magnifiques couleurs tendant sur le jaune-orangé, son goût fort, son sucre envoûtant tranchent avec tout ce qu'on a goûté dans la région, notamment avec le knaffeh pourtant réputé que l'on trouve dans la vieille ville de Jérusalem (Jaffar's Pastry, Rue Khan el Zeit près de la porte de Damas).

    Dans la capitale palestinienne, les couleurs font moins envie, l'ensemble est bien plus fade, ça sent le chimique. Mais cela reste un pis aller : on ne peut pas faire le chemin à Naplouse tous les jours.

    K6.JPG

    k7.JPG

  • Naplouse : le célèbre magasin d'épices survit

    On se faufile dans les ruelles de la vieille ville de Naplouse pour tomber sur cette caverne d'Ali Baba. Le cliché littéraire correspond totalement à la réalité. Rappelons-nous qu'on a découvert l'Inde pour ses épices, que le poivre était synonyme de très grande richesse, que Venise en a bien profité... Cette boutique devrait faire la fortune de la famille Braik installée ici depuis 1936.

    epice1.JPG

    Et à Jérusalem ou à Bethléem, ce magasin croulerait sous les groupes de visiteurs. A Naplouse, l'affaire n'est évidemment pas gagnée d'avance, les touristes n'étant pas légion.

    epice2.JPG

    Pourtant, les épices y sont à proprement parler extraordinaires quand on les compare avec celles des échoppes de Jérusalem ou de Bethléem justement. Comme toute maison qui se respecte, le zaatar est mélangé (thym, sumac, sésame) selon une recette familiale. Le sumac est incroyablement odorant... Toutes viennent de Cisjordanie, pas de Chine ni de Turquie.

    epice3.JPG

  • Cisjordanie : aujourd'hui, le Bon Samaritain fait du vin sans soufre

    Les Samaritains produisent du vin rouge. "The best arak in the world" nous lance même Husney Kahen, le directeur du Musée Samaritain posant fièrement devant les attributs de sa charge religieuse. Oups, il confond vite arak et vin mais il faut comprendre que même lui n'en boit que très peu, tant la production est minime. Et pour cause, plutôt réservé aux fêtes religieuses, ce vin reste difficile à se procurer.

    vin samar.JPG

    Les Samaritains, combien de divisions ? Beaucoup de gens pensent qu'ils n'existent que dans la célèbre parabole de l'évangile selon Saint-Luc. C'est en réalité la plus petite communauté religieuse au monde, seulement 700 âmes. Depuis le premier millénaire avant Jésus-Christ, les Samaritains prient sur le mont Garizim (au-dessus de Naplouse) qui est un peu leur Jérusalem. Considéré par Israël comme les premiers israélites, ils ont un statut envié (passeport israélien, cartes d'identité palestinienne et jordanienne) mais reconnaissent souffrir quotidiennement de la colonisation israélienne qui grignote la Samarie, la région entre la Judée et la Galilée. Il faut dire que Naplouse est un foyer traditionnel du terrorisme palestinien, même si aujourd'hui la ville est calme.

    Là-haut, sur le mont Garizim s'est développé un village où les traditions, notamment religieuses, persistent. Certes on vit entre soi mais c'est un village semblable à ceux des alentours : des maisons on ne peut plus classiques, des magasins et un soldat israélien qui garde la route qui monte au village... Sans oublier ce musée qui expose le quotidien des Samaritains aux rares touristes et une épicerie qui vend de l'alcool. Les jeunes de Naplouse viennent d'ailleurs ici pour s'approvisionner : la ville grande palestinienne en contrebas est très conservatrice, la vente d'alcool y est interdite. Les soiffards viennent donc faire leur course au plus proche, chez les Samaritains. 

    Et ce vin alors ?

    israël,palestine,naplouse,samaritain

    Je t'entends rire sous cape, te foutre un peu de la figure des Samaritains. Ce n'est pas très gentil. Bien sûr on s'attend à une immonde piquette. Et bien, ce n'est pas le cas. Bu sur plusieurs jours, le vin gagne à être aéré. Il est extrêmement fruité (arômes de fruits noirs), possède une belle acidité volatile (moi je trouve ça beau !) et s'avère très digeste. Je suis prêt à parier qu'il y a très peu, voire pas de soufre ; on retrouve assez la patte connue des vins naturels. C'est normal, c'est un vin qui n'a pas vocation à être conservé mais bu sur le fruit chaque année lors du sacrifice rituel. Bon, après... Je ne te cache pas qu'il manque un vrai vigneron derrière tout cela.

    israël,palestine,naplouse,samaritain

    Cépages ? Conduite des les vignes ? Type de vinification ? Vous n'avez peut-être pas bien lu : le patron du musée confondait déjà arak et vin, ce n'est pas auprès de lui que j'ai pu trouvé des infos. Une fois rentré en France mes tentatives n'ont pas plus abouti. Si un lecteur peut aider...

  • Hébron : un repas dans une famille palestinienne vivant sous la menace des colons

    hébron,israëk,cisjordanie,jerusalemtour

    Hébron, 400 colons israéliens protégés par près de 2 000 militaires israéliens pourrissent la vie de 180 000 habitants palestiniens. C'est la seule ville de Cisjordanie à voir coexister colons et Palestiniens en son centre ville. C'est ce qui fait d'Hébron une situation tout à fait particulière et un baril de poudre qui explose régulièrement.

    La présence juive ici est multiséculaire. Mais deux événements ont marqué l'histoire récente. D'abord le massacre de juifs par des Arabes en 1929. Chassés d'Hébron, ils reviennent après la guerre de 1967. Puis en 1994, un fanatique religieux, Baruch Goldstein, ouvre le feu à la mosquée et tue 29 personnes. Sur sa tombe est écrit "ci-gît un saint, le Dr. Baruch Kappel Goldstein. Bénie soit la mémoire d'un homme juste et saint, que Dieu venge son sang, à celui qui dévoua son âme aux Juifs, au judaïsme et au pays juif." Ambiance.

    Désormais la colonisation s'étend. La tension est quotidienne. Et là, on ne rigole plus. De plus, depuis près de 15 ans, la vieille ville d'Hébron est coupée en deux parties : la majorité sous contrôle palestinien ("zone H1" là où vit l'essentiel de la population arabe) et le centre ville sous contrôle israélien ("zone H2", où vivent les colons avec les Palestiniens comme voisins immédiats - en mauve sur la carte). Voies de circulation séparées, boutiques palestiniennes fermées par mesures de sécurité, incursions récurrentes de l'armée, ripostes palestiniennes souvent graves... on appelle ça de l'apartheid. Ou la guerre. 

    hébron,israëk,cisjordanie,jerusalemtour

    (source B'Tselem - cliquer pour agrandir)

    On aura beau montrer toutes les cartes que l'on veut, il n'y a qu'une visite sur place qui fera comprendre les choses. La partie la plus sensible est donc la "zone H2". La rue Al-Shuhada, ancien marché aux fruits et légumes de la ville, est aujourd'hui fermée au commerce et à la circulation pour la Palestiniens. Il faut bien que les colons rentrent chez eux. C'est un centre-ville fantôme.

    Partout ailleurs, les colons se sont installés sur les hauteurs. Soit à l'étage des habitations et ils lancent tous les détritus imaginables sur la rue palestinienne...

    hébron,israëk,cisjordanie,jerusalemtour

    ...soit il s'agit de colonies sauvages (interdites par le gouvernement mais régulièrement régularisées) construites sur les collines. Ainsi la maison de Hashem Azzeh se tient juste en-dessous des caravanes des colons extrémistes de Tel Rumeida. Qu'ils viennent des Etats-Unis ou d'autres pays comme la France, les colons juifs nationalistes d'Hébron n'ont rien de commun avec les habitants d'Israël, juifs ou non. Le problème, c'est l'impunité que leur accorde le gouvernement et la protection que l'armée leur apporte. Bref, un quasi soutien étatique.

    maq 2.JPG

    Il pose devant l'entrée "traditionnelle" de sa maison aujourd'hui bouchée par des hautes herbes, des détritus, des barbelés. Depuis quelques années, il est assigné à résidence parce qu'il parle à des journalistes ou à des groupes qui se frottent à une visite alternative d'Hébron. La conversation enchaîne sur le quotidien. Impossibilité de sortir de chez soi, agressions quotidiennes des autres membres de la famille par les colons (sa femme a perdu un enfant), difficultés pour entrer et sortir de la "zone H2", pour circuler en Palestine, l'importance des observateurs internationaux présents "temporairement" à Hébron...depuis les années 1990, et j'en passe.

    Le harcèlement de la part des colons en "zone H2" a été révélé à Israël et au monde à travers notamment deux vidéos filmées par les victimes elles-mêmes. Des O.N.G. israéliennes ont maintenant l'habitude de fournir des caméras aux Palestiniens pour filmer leur quotidien. Sur la première, des volontaires internationaux accompagnent des jeunes Palestiniennes à l'école sous les cailloux et les coups des colons.


    Sur la seconde, un femme colon traite de "pute" (charmouta en arabe) une Palestinienne après s'être introduit dans sa maison.

    Ce n'est pas ici que j'exposerais toutes les facettes du conflit. Il y a des reportages, des documentaires et donc des O.N.G. israéliennes pour se documenter. Pour comprendre, il n'y a pas 36 possibilités : il faut aller sur place.

    Retour aux choses simples, chez Hashem Azzeh pour manger un maqloba préparé par sa femme.

    photo 1.JPG

    C'est un genre de plat de viande avec oignons, tomates compotées et du du riz.

    photo 2.JPG

    Une fois encore, on est scié par la qualité des légumes palestiniens, souvent cultivés sans produit chimique. 

    photo 3.JPG

    Une courte pause bienvenue dans ce merdier inextricable qu'est devenu Hébron.

  • Hébron : où manger du chameau ?

    Nous nous trouvons juste en face de la dernière usine de céramique artisanale d'Hébron appartenant à la famille Natsheh. Ici notre boucher ne fait que dans le chameau, la "vitrine" en témoigne.

    photo.JPG

    C'est la seule adresse de Cisjordanie où on pourra en déguster. Malheureusement, il m'a manqué du temps et un appareil de cuisson.

  • Hébron : avant, c'était le marché aux fruits et légumes

    hébron,cisjordanie,jerusalemtour

    Mais ça, c'était avant.

    hébron,cisjordanie,jerusalemtour

    Non, ce n'est pas un jour férié. C'est ainsi tous les jours.

    hébron,cisjordanie,jerusalemtour

    Tout est fermé sur ordre des autorités israéliennes. Et pourquoi ?

    hébron,cisjordanie,jerusalemtour

    Pour que les colons puissent rentrer chez eux en sécurité (colonies de Beit Hadassah, Beit Romano ou Avraham Avinu).

    hébron,israëk,cisjordanie,jerusalemtour

    (source B'Tselem - cliquer pour agrandir)

    Les photos ont été prises rue Al-Shuhada en septembre 2013. Ce sont les Champs-Elysées d'Hébron aujourd'hui fermées à tout commerce ainsi qu'au simple passage des Palestiniens (sauf s'ils sont résidents directs).

  • Bethléem : le vin des moines menacé par le mur de séparation israélien

    Les moines salésiens font du vin dans la vallée de Crémisan, juste au nord de Bethléem, depuis plus d'un siècle. Nous sommes à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem, dans un coin entouré de colonies israéliennes. Aujourd'hui, la quiétude des lieux est remise en cause par le tracé du mur de séparation israélien qui isole la Cisjordanie.

    a_monastery1.jpg

    Déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice de La Haye, le mur grignote le territoire palestinien, il ne respecte pas les frontières d'avant 1967, reconnues par l'ONU. Dans la région, vouloir faire respecter le droit international c'est déjà s'engager.

    Les chiffres donnent le tournis. Une hauteur de 8 mètres, un coût de construction estimé à 2,5 millions d'euros le kilomètre pour une longueur totale de 700 kilomètres (pour l'instant il n'est construit qu'à 60 %), 12 % de la Cisjordanie grignotée, 500 000 colons résidant à l'est du mur... Et 500 000 Palestiniens ont vu leur quotidien changer. Mais plutôt que des chiffres, ce sont les histoires personnelles qui illustrent le mieux cette hérésie. On le sait, le sens de l'Histoire est de faire tomber les murs. Mais pour l'instant, il est là.

    bethléem,cisjordanie,israël,cremisan

    Voulu ainsi par Israël, le tracé du mur couperait la vallée de Crémisan en deux. Une vallée verte, fertile où poussent oliviers, pêchers, amandiers et de la vigne...

    Sans titre.JPG

    (source Google Earth)

    Le mur, frontière franchissable seulement par quelques checkpoints disséminés sur son tracé, séparerait aussi les nonnes (qui se retrouveraient côté palestinien) des moines (qui seraient côté israélien, avec les vignes).

    Sans titre2.JPG

    (source BBC)

    La justice israélienne saisie par les moines et les propriétaires du terrain a donné raison en début d'année au gouvernement qui décide du tracé. La plainte datait de 2006, on attend donc de voir les réalisations concrètes sur le terain. Quelles seront les conséquences pratiques ? Sur l'organisation du couvent ? Sur la vie quotidienne des Palestiniens ? Sur la production du vin ?

    Et ce vin justement ? 

    photo (8).JPG

    Les moines produisent 180 000 bouteilles par an. Oui, on n'est pas chez le tout petit artisan non plus. Mais à ma connaissance, c'est le seul vin produit en Palestine (hors ceux des colons). Ce blanc est réalisé à partir de dabouki, un cépage originaire de Syrie et aujourd'hui en voie de disparition car très sensible aux maladies.

    Dans le verre, le vin s'avère un peu lourd, tabassé par le soufre. Souci fondamental, il manque d'un vigneron consciencieux derrière. Mais on perçoit une certaine trame, une envie de bien faire, un terreau favorable. Mais l'important n'est-il pas que cette bouteille existe, tout simplement ?

    MISE A JOUR 2015 : la Cour Suprême vient de donner raison aux moines après dix ans de combat. Mais y aura-t-il un nouveau tracé... Explications en détail. 

  • Bethléem : la maison du pain

    Au détour d'une rue du souk de Bethélem, une boulangerie vend des galettes de pain semi complet pour quelques centimes d'euros. Béthléem, بيت لحم, la maison du pain en arabe. Les chrétiens ajoutent que ce n'est pas un hasard si Jésus (étant lui-même le pain) est né ici.

    israel,palestine,bethléem

  • Mer morte : le bar le plus bas du monde ne sert pas de vin naturel

    israël,palestine,jerusalemtour

    Nous sommes dans une colonie israélienne, tout au nord de la Mer morte, à Kalya Beach précisément. Selon les accords d'Oslo, nous sommes en "zone C", tout comme 61 % de la superficie de la Cisjordanie, c'est-à-dire sous contrôle total d'Israël. Pourtant, nous sommes bien à l'est de la ligne verte de 1967 et du mur de séparation, à seulement quelques kilomètres au sud de Jéricho. Malgré tout, il est intéressant de venir ici et ce, à plus d'un titre. Bien sûr, c'est l'endroit le plus proche de Jérusalem pour se baigner dans la Mer morte, ce qui est une sensation unique au monde dans un paysage unique au monde. C'est aussi le point le plus bas du globe.

    C'est aussi l'occasion de se rendre compte de l'avancée de la colonisation économique de la Cisjordanie par Israël. La plage privée avec ses deux cahutes a fait place à des constructions en dur, faites pour durer justement. À coté, d'autres plages publiques ont poussé ces dernières années. La cantine du nouveau bâtiment s'avère nullissime, hormis la terrasse qui permet de jouir d'un panorama merveilleux sur... la Jordanie. On n'imagine pas l'occupant laisser cette manne financière à d'autres.

    photo.JPG

    Autre curiosité : en bas, sur la plage, le bar le plus bas du monde. 418 mètres sous le niveau de la mer. On n'y sert que du Coca-Cola et autres boissons dans le genre.

  • Jérusalem : Ezra Kedem, le Passard israélien

    Ezra Kadem cultive son jardin. Comme Voltaire, comme Alain Passard. Des monts de Judée provient plus de la moitié des légumes (cultivés en biodynamie) servis dans son restaurant Arcadia, dans le centre-ville de Jérusalem-Ouest. Le reste, il l'achète à des paysans avec qui il entretient une relation on ne peut plus régulière. Alors qu'Israël, malgré ses richesses naturelles, subit de plein fouet la malbouffe, ici les légumes ont un goût de reviens-y. Pour preuve ce carpaccio d'aubergine, plat désormais mythique de mon Panthéon culinaire.

    4.JPG
     
    Ezra Kadem est avant tout un homme facile d'accès. Comme sa cuisine pourrait-on dire. D'ordinaire, en septembre et en octobre, le restaurant est fermé. Mais c'est vrai que j'ai un peu insisté et surtout, j'ai eu de la chance : il ouvrait pour un dîner privé, un anniversaire pour une tablée d'une demi-douzaine de personnes. Il a accepté ce jour-là que nous venions à deux manger au restaurant, nous aussi. Moment magique s'il en est : le fleuron de la gastronomie israélienne (quasi) privatisée. Une soirée au calme et comme serveur, le chef lui-même. Il vient s'enquérir de notre avis sur le vin, sur chaque plat avant d'apporter là une assiette supplémentaire, là un entremets en plus. Dès la fin de l'entrée, l'estomac crie assez.
     
    Mais revenons au début. À côté de l'aubergine, quelques coupelles avec une huile d'olive de belle naissance, quelques épices et surtout ce houmous sur la gauche, la deuxième claque de la soirée. Le chef nous livre son secret : en fait ce n'est pas du houmous, car il n'y a pas de pois chiche. Certes le goût prononcé du tahiné nous a induit en erreur ; l'ingrédient principal, c'est du fromage blanc battu. Additionné d'un peu d'huile de curcuma, il donne un antipasto de haut vol. Avec un pain maison à se damner... ce qui à Jérusalem est un comble. 
     
    3.JPG
     
    A côté, les gnocchis aux crevettes et différents tartares de poisson (mérou, bar...).
    5.JPG

    2.JPG6.JPG

    7.JPG

    La viande du moment, c'était l'agneau. En côtes ou en selle cuite amoureusement en cocotte, c'est déjà beaucoup trop pour nos deux estomacs. Bien sûr, c'est parfaitement cuit mais surtout la petite salade chaude de pois chiche/féculents/légumes verts confine au merveilleux.

    8.JPG

    9.JPG

    En dessert aussi, nous avons eu droit à du rab. 

    10.JPG

    11.JPG

    12.JPG

     Pour couronner le repas, une infusion du jardin à tomber à la renverse de fraîcheur et d'équilibre.

    dernière.JPG

    J'allais en oublier le vin. C'était aussi une belle surprise même si évidemment on reste dans le classique. La carte de vins israéliens est somme toute longue même si on reste très souvent sur un travail avec des levures exogènes et une belle tripotée de soufre. La Sea Horse Winery produit un très joli chenin (cuvée James) qui scintille parfaitement avec tout le repas. Aucune lourdeur, une sacrée classe.
     israël,palestine,jérusalem,jerusalemtour

    israël,palestine,jérusalem,jerusalemtour

    Arcadia, Agripas 10, Jérusalem-Ouest. Les photos sombres ne rendent pas hommage au travail du chef. Encore une fois, pour se faire une idée, il faudra venir sur place...
  • Un dîner à l'American Colony Hotel, le palace de Jérusalem-Est

    Peut-on vraiment utiliser le mot de palace, ici à Jérusalem-Est ? Avec la chambre qui commence à 300 dollars, on répond oui. Le lieu est en tout cas un havre de paix (au sens propre comme au figuré, ce qui est rare dans le coin) que les hautes sociétés palestinienne, israélienne, étrangère fréquentent régulièrement. La presse internationale, les responsables d'O.N.G. et les experts de tout poil ont fait du petit patio leur QG officieux. Voire officiel tel Tony Blair qui, lorsqu'il était médiateur pour le conflit, avait loué tout un étage. Plus poétiquement, Chagall, Le Carré, Mandela avaient leurs habitudes ici. C'est tout de même plus joli que le massif King David Hotel, son homologue à Jérusalem-Ouest.
    1.JPG
    La cuisine palestinienne est remarquable. Les assiettes commencent à 20 euros tout de même, mais rappelons que partout en ville, les prix n'ont rien à envier à ceux de Paris. Depuis quelques années, plutôt que les bombes, ce sont les tarifs des restaurants qui ont explosé.

    On rigole moins quand on a ces légumes fourrés au riz dans l'assiette. C'est l'un des plats palestiniens les plus répandus, le premier qui m'ait été donné de manger dans une famille de Jérusalem il y a plusieurs années. Ici il est magnifié. Les légumes (courgettes, aubergines, feuille de vignes - nous sommes mi-septembre) ont le goût de légumes, la sauce tomate apporte une remarquable acidité.

    2.JPG

    En dessert, une tarte aux pommes bien troussée pour le prix d'un mauvais dessert à Paris (7 euros). 
    3.JPG
    Le havre de paix est aussi culinaire : enfin, une adresse paradoxalement assez simple et loin de la malbouffe. Et comme la Taybeh à la pression n'est pas plus chère qu'ailleurs...

    Arabesque, restaurant de l'American Colony Hotel, 1 Louis Vincent Street, Jérusalem-Est.

  • Jérusalem : la cuisine des femmes palestiniennes

    Le centre Melia aide les femmes palestiniennes depuis 1926. En haut du quartier chrétien, dans Frères Street, une boutique propose des broderies réalisées dans les villages de Cisjordanie. A côté, l'association gère aussi le restaurant Bint-al-Balad ("la fille du pays"). Chaque matin, des femmes cuisinent pour le repas du midi, l'endroit étant fermé le soir comme beaucoup d'autres dans la vieille ville.

    bint2.JPG

    Kubbeh (fameuses croquettes à la viande), feuilles de vigne farcies au riz, plats du jour... Tout est réalisé à la main, puis congelé quand il y a du surplus. Bref, on est à la maison et ici à Jérusalem, ça n'a pas de prix. Loin des fast-foods débitant de la bouffe industrielle à la tonne, c'est l'un des restaurants-révélation du séjour.

    bint3.JPG

    L'addition ? Encore une fois, ce n'est pas donné mais à part une assiette de houmous, rien n'est donné dans cette ville. Seulement, on se répète, ici la bouffe ne sort pas du Métro israélien et l'argent n'est pas dépensé en vain.
     
    bint1.JPG
    Bint al Balad, Frères Street, quartier chrétien, vers la Porte Neuve.
  • Jérusalem : un apéro avec la jeunesse palestinienne

    En remontant de la porte de Damas, tout le monde s'arrête au Jerusalem Hotel. C'est normal : il est dans tous les guides, le patio est agréable, la bière palestinienne Taybeh à la pression et la nourriture correcte. C'est l'endroit parfait pour rencontrer des membres d'ONG ou les journalistes que l'on ne croise pas à l'American Colony. C'est-à-dire qu'on n'y rencontre pas les chefs, mais les sous-chefs. Le problème, c'est que pour un papotage avec l'autochtone, on fait mieux. Et mieux, c'est un tout petit peu plus loin dans Nablus Road, à l'étage d'une vieille maison ottomane datant de 1905. 

    israel,palestine,jerusalem,jerusalemtour

    Ancien siège du Parti communiste local, Al-Mihbash a perdu cette vocation politique pour devenir un hôtel-restaurant. Ici, très peu voire pas du tout d'étrangers. Seule la jeunesse palestinienne aussi dorée que le Dôme du Rocher se paie du bon temps. Déjà, elle a la chance d'habiter à Jérusalem, ce qui est bien plus simple pour trouver du travail. Ensuite, à voir les consommation et les narguilés se succéder, on soupçonne qu'elle n'est pas à plaindre.
     
    La carte brasserie fait la part belle à la cuisine palestinienne. Et c'est étonnement frais, notamment ce taboulé à la libanaise ou les pizzas au zaatar. Dans le verre, Taybeh à la pression aussi (on ne redira jamais assez que c'est là qu'elle est la meilleure) ou le vin des moines de Crémisan, à côté de Bethléem.

    israel,palestine,jerusalem,jerusalemtour

    israel,palestine,jerusalem,jerusalemtour

    Al Mihbash, 1 Nablus Road, Jérusalem-Est.
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu