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22 août 2013

L'iconoclaste Michel Couvreur est mort

C'est Whisky Mag qui se fait le messager de la bien triste nouvelle. Depuis la Bourgogne, Michel Couvreur élevait son whisky sur des chemins de traverse. Hors des sentiers battus et rebattus, il prônait l'importance du vieillissement (en Bourgogne) plutôt que l'origine du grain (l'Ecosse). 

Chaque bouteille était admirable, et donnait à boire autre chose qu'un simple alcool. Je ne peux évidemment pas oublier ce clerach vieilli en fin de vin jaune. Et j'ai encore en mémoire ce que j'écrivais ici sur l'une de mes premières dégustations du célèbre Overaged.

"Rien que l'ouverture avec un tire-bouchon et son bouchon en liège, ça te pose le bonhomme. C'est un révolutionnaire : selon lui, le terroir est insignifiant. Ce qui est important, c'est l'élevage. Distillé en Ecosse, le whisky est vieilli dans des fûts sélectionnés à côté de Beaune. Sans doute Michel Couvreur passe-t-il pour un fou auprès des amateurs de whisky... Personnellement, je n'y connais pas grand-chose, lui préférant le whiskey irlandais. Mais cette bouteille est d'une finesse hors norme, d'un volume incroyable et d'une buvabilité extrême. Un genre de vin naturel fait avec des grains... à plus de 40° évidemment".

Il est celui qui m'a fait boire (un peu) de whisky. Et ce n'était pas gagné d'avance.

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14 août 2013

Boire un verre en terrasse à Montmartre ? Heu t'es sûr ?

Encore une adresse que logiquement nous devrions fuir. Un peu comme La Guêpe. Ici, ça s'appelle L'été en pente douce. Plantons le décor : la pente n'est pas douce, je la connais bien, c'est juste à côté de chez moi, ça monte sec. Et c'est ouvert en toute saison... Bref, on s'en fout du nom du resto qui doit faire joliment parisien, car on est en plein hémisphère droit du coeur de Montmartre : on est sur la butte, tout en haut de la rue Muller.

Chez le voisin, les crêpes s'envolent à 6 euros. Qu'on soit d'accord : ce sont des crêpes au sucre, un truc ultra pointu fait à base de farine, de lait, d'oeuf et de sucre. On se comprend...

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Donc, question : qu'est-ce que je fous là ? Réponse : je n'en sais rien. Ah si, je suis faible. Un dimanche soir, je voulais un Perrier en terrasse. Oui, la honte mais j'en avais envie, e basta. Je m'installe ici : terrasse plus que sympathique, mobilier flashy, pas mal de touristes, quelques locaux qui vont au plus proche, comme moi. Bref, je n'étais pas très à l'aise. Et après un premier coup d'oeil sur la carte, premier soulagement : je ne laisserai pas un smic pour deux consos, les prix semblent raisonnables. Euh, on est à Paris, à Montmartre qui plus est, donc quand je dis "raisonnable" il ne faut pas omettre les guillemets. 

Mais surtout que vois-je à la carte, émergeant des cochonneries industrielles, un cidre de Julien Frémont, la cuvée Argile à 11 euros la bouteille sur table Le choix est vite fait. "Bonjour, le cidre et deux verres s'il vous plait".

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Que demande le peuple ? Ah oui, l'adresse exacte. La voici.

L'été en pente douce, 23 rue Muller, 75018 Paris.

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09 août 2013

Mode d'emploi d'une soirée florentine réussie

Tout d'abord, éviter le centre ville de Florence, la rive droite de l'Arno. Trop d'attractions, donc trop de touristes. La rive gauche bien plus appaisée concentre moins de musées, mais n'en est pas moins elle aussi un musée à ciel ouvert. Les itinéraires des groupes s'arrêtent au Palazzo Pitti, aux Jardins Boboli et à la Piazzale Michelangelo - d'où effectivement on a la plus jolie vue sur Florence... et sur le grand parking de voitures atenant.
 
Je propose d'aller plus au sud, dans le quartier Arcetri, à 20 minutes à pied du Ponte Vecchio. Oui, ça monte. Pour l'hébergement, direction Casa di Mina, magnifique villa florentine, qui te ne coûtera pas un rein (70 euros la double). Puis en début de soirée, une petite balade. En sortant de l'endroit, prendre à droite, puis à droite au rond-point et enfin, à gauche. Arrivée dans la Via Di San Leonardo, une rue pavée à l'écart du monde. Elle slalome entre les propriétés majestueuses et les champs. On est toujours au centre de l'une des plus belles villes du monde, mais au calme, et seul. Nous voici devant la petite église San Leonardo in Arcetri.

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Allez, on continue cette petite marche, sur la droite on descend la rue en longeant les majestueux remparts. Tout en bas, tout au pied des murailles, il suffit de ne pas les franchir, de rester en dehors de la ville ancienne et de s'attabler à Enoteca Fuori Porta.

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Auparavant, vous aurez pris le soin d'appeler pour réserver une place en terrasse, l'une de ces quelques tables qui donnent sur la rue descendant de la Piazzale Michelangelo justement. Pour manger avec les Italiens, choisissez un horaire tardif (21h) car si vous arrivez vers 19h, vos compagnons seront Français, Norvégiens, Américains... Bref plutôt que celle du coca-cola et des guides du Routard, nous préférons la compagnie des autochtones venus ici pour s'amuser à cette heure déjà un peu tardive. Deux minutes après la photo précédente, tout était complet.

L'assiette très belle, très fraiche, aiguise l'appétit. On commence par des gnocchis italiens (c'est-à-dire hors du commun), puis on rétrograde vers la charcuterie fine d'un boucher choisi et la petite mozzarella aux légumes grillés. Puis une envie de tagliatelles al ragù, la vraie bolognaise, un plat englouti si vite qu'il a manqué du temps pour dégainer l'appareil photo et immortaliser la chose.

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Et on boit quoi ? Ah, mon pauvre enfant... Que la vie est dure. On se fait plaisir, à petits prix comme toujours en Italie. Comme souvent dans les belles maisons transalpines, on trouve à la fois des choses classiques et du hors norme. Damijan, Gravner, Radikon... Certains choix peuvent s'avérer impossibles.

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 Comment trancher ? En suivant cette intuition : buvons ce que l'on a le moins de chance de retrouver en France. Dans ce cas, c'est facile : le vin de Saša Radikon, le fils de Stanko, grand maître du vin orange. Cette bouteille, un pinot grigio ramato 2010, je ne l'avais jamais bue. On avait bien tâté du fiston Radikon à Venise, mais pas la même cuvée, et la claque c'est maintenant.

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La couleur, tout droit sortie d'une palette d'un peintre italien, laissait déjà présager quelque chose d'exceptionnel. Avons-nous déjà vu telle couleur en France ?

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Le nez rassemble des trésors oxydatifs ; la bouche les oublie, préférant la gourmandise d'un fruit mûr. C'est vraiment une immense bouteille, sans doute la plus exceptionnelle (bis !) bue en 2013... A 36 euros sur table, on demanderait son rond de serviette dans ce petit resto sans prétention.

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Là, je suis sympa, je donne les éléments pratiques (hôtel, itinéraire, resto, bouteille...). Mais le plus extraordinaire réside dans l'atmosphère ravie de ce soir. Et rien évidemment ne peut transcrire cette ambiance. Après un tel coup derrière la tête, une seule possibilité : se résigner à entrer dans la vieille ville car débarrassée de la foule, puis prendre à gauche, puis prendre à droite, puis longer les rives de l'Arno, puis...

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22:48 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : italie, florence, sasa radikon, pinot grigio ramato | | |  Facebook

08 août 2013

Existe-t-il des restaurants identiques en France ?

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Mais regardez-moi le panorama depuis la terrasse de ce restaurant qui domine les collines toscanes... La photo, je l'ai prise à table, de ma chaise, là où j'ai mangé. Et mon appareil ne rend pas hommage à la chose.

Un coup d'oeil maintenant sur cette carte digne des plus grands attrape-touristes connus. Nous sommes toujours à San Gimignano, au coeur de la Toscane, ceci explique donc cela. Le menu en 4 langues, le petit panneau annonçant fièrement que le restaurant est mentionné dans le Guide du routard... Tout aurait dû nous faire fuir. Mais voilà, nous sommes en Italie.

Et tiens, juste un exemple : en Italie, pour indiquer que les plats sortent du congélo, on juxtapose un petit astérisque à leur intitulé. Et on n'a pas attendu tel docu d'Envoyé Spécial pour le faire.

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Comme jaja, cap sur le p'tit bio local. Certes, il ne transpire pas le vin naturel, certes ce n'est pas la plus grande bouteille jamais bue, loin de là même. On se soucie peu du nom d'ailleurs. Attention, ce n'est pas non plus une piquette imbuvable, c'est honnête... surtout à 9 euros sur table ! Non, je n'ai pas oublié de chiffre devant ou derrière le 9, c'est bien un seul et unique 9. C'est-à-dire moins de 10 euros pour un vin bio qu'on irait, le coeur guilleret, jusqu'à qualifier d'agréable. Le tout, je le rappelle, face à l'une des plus belles régions d'Italie.

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Et dans l'assiette ? Les charcuteries exquises proviennent du sanglier et d'une azienda agricola à un kilomètre de là.

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Les pâtes à la truffe faites maison ne sont pas extraordinaires. Rappelons d'ailleurs cette évidence, à l'heure où les restaurants gueulent partout "fait maison, fait maison !" : ce n'est pas parce que c'est fait maison que c'est bon. En tout cas ici, il y a de la bonne volonté. 

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Les desserts eux s'avèrent joliment troussés. Surtout le tiramisu, plutôt que le panforte local. Bref, c'est pas mal du tout ce resto à touristes, même si on est loin d'un gastro - ça tome bien, ce n'est justement pas le sujet. La cuisine, comme le vin, est plutôt agréable.

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Facture ? 55 euros à deux, vin compris. Franchement ? Que demande le peuple ?

Ben justement, le peuple demande la même chose dans l'Hexagone ! Le peuple réclame l'égalité entre l'Italie et la France. Pourquoi cantonner ce genre d'adresses à la Botte ? Le peuple veut pouvoir faire pareil chez nous ! Le peuple veut se restaurer dans des endroits merveilleux (San Gimigano, la Carcassonne toscane). Le peuple veut profiter d'un décor qui ne soit pas indirectement facturé comme dans les additions françaises (la vue). Le peuple veut savoir d'où viennent les produits (du coin ou de loin, surgelés ou pas). Le peuple veut des produits du coin, justement (ces charcuteries). Le peuple veut des assiettes aguichantes (le tiramisu). Le peuple veut du vin agréable, on se répête (cette vernaccia bio). Enfin, pour se payer tout ça, le peuple ne veut pas hypothéquer son petit appart ou vendre son rein gauche (je le rappelle, on a payé 55 euros à 2). Le peuple demande, le beurre, l'argent du beurre, la crémière, la vue sur les maisons aux alentours et un p'tit coup de blanc bien frais pour faire passer le tout.

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Bien sûr, mon titre est volontairement provocateur. Je sais bien qu'il existe des restaurants identiques chez nous ; par exemple La Tour Cassée à Valvignières. Mais franchement, combien sont-ils dans les lieux sacrifiés sur l'autel du tourisme de masse ?

La Vecchia Mura, Via Piandornella 15, 53 037 San Gimignano, 00 39 0577 940270. Vous n'allez pas faire le resto de votre vie mais pensez quand même à demander la terrasse.

09:53 Publié dans Ailleurs dans le monde, Italie jolie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : italie, vernaccia, san gimignano, la vecchia mura | | |  Facebook

06 août 2013

Le grand p'tit blanc de San Gimignano (au naturel)

Cette quille n'a rien à voir avec les bouteilles ultra-soufrées et un peu strictes que le touriste pressé achète trop rapidement dans les innombrables wine shops de San Gimignano. Quand toutes les bouteilles se ressemblent, c'est qu'il n'y a plus grand-chose d'intéressant à boire. Notons juste en passant : j'ai été sidéré par le nombre de cavistes, ici. A croire que les touristes et les locaux ont la descente pentue.

Ce qui m'a mis sur la trace de Canneta, ce sont leurs importateurs US, Jenny Lefcourt et François Ecot. Nouvelle parenthèse à propos de ce dernier : il y a quelques semaines, Jeanne la boss de Versant Vins m'a fait boire un sublime magnum de bourgogne... On en reparlera. Revenons en Toscane. A voir les références de Jenny et François (Meylet, Binner, Claude Courtois, Anglore...), on se dit qu'on peut leur faire confiance.

Une fois à San Gimignano, bon courage pour mettre la main sur Canneta. Encore une fois, il faut se rendre soit chez les vignerons, soit dans la seule épicerie digne de ce nom Antica Latteria (Via San Matteo 19, enoantlat@libero.it). On trouve ce p'tit blanc à 7 euros. Enfin "petit"... Un bijou, oui.

Une fois débouchée dans la campagne toscane, face aux tours de la célèbre cité, le jus est ébouriffant de plaisir. Glouglou comme on l'aime, certes sans grande prétention mais idéal pour tout : les apéros, les sorties au grand air, les repas qui demandent des bouteilles plus prestigieuses. Car avec 90 % de vernaccia et 10 % d'autres cépages (malvaisie, riesling, sauvignon), le vin se fait caméléon, à la fois citronné, frizzante, porté par de jolis amers. Du vrai vin, quoi. Du vin, quoi. 

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N'ayons pas peur de parler sous. C'est le genre de vin au prix pas exorbitant que la France a un peu de mal à faire, même si ça existe aussi évidemment. Notre couple de vignerons, Valeria et Stefano ont quitté les lumières de la ville, répondant à leurs idéaux "un peu hippies" (ils le disent) du retour à la terre. Labellisés bio depuis 1988, il n'y a pas de secret. A voir la bubulle et le côté troublard dans le verre, on se dit que les doses de soufre doivent être minimales.

On sent que cuvée "d'au-dessus" est élevée plus longtemps, c'est un style que certains aiment. Ce n'est pas trop mon cas, même si on a là aussi (et pour 9 euros) une bien belle bouteille. La quille s'appelle La Lune et Les Tours, ça tombe bien : ce soir là, il y avait les tours de San Gimignano et la lune à portée de main.

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Alors, youpi tralala, c'est mignon, tu vas en Italie, tu trouves une belle bouteille, youpi tralala. Et tu rentres à la maison, parce que bon, faut bien rentrer. Et tu tombes sur un os : où vais-je dégoter à nouveau ma petite quille de blanc ? Ma mère en raffolerait, je suis sûr. Or, si nos vignerons participent au salon Millésimes Bio, à Montpellier, je n'ai pas l'impression que leurs vins soient distribués dans l'Hexagone. Et ça, c'est moche. Avis aux amateurs professionnels. Tout est .

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05 août 2013

Ce saucisson ne passe pas à la machine à laver !

Comme le Port Salut, c'est écrit dessus : il ne faut pas laver ce saucisson à l'eau ! Ne pas utiliser de fer à repasser non plus ! Par contre, utiliser des couteaux fourchettes. Et c'est produit avec du cochon...

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L'entreprise sise à Poggibonsi, la ville un peu moche à côté de San Gimignano, s'amuse sur l'étiquette. Mais en bouche, cette finocchiona, saucisson toscan aux graines de fenouil, cloue le bec. Viandard mais parfumé, encore mou mais peu gras (enfin, j'me comprends...), il possède un certain pouvoir addictif.  

Comme beaucoup de produits dénichés dans cette adresse de San Gimignano : D! Vineria. Bon, le catalogue des vins ne présente pas la fine fleur du naturel mais les produits à becqueter (charcuteries, légumes en bocaux, pecorinos...) sont tous locaux et bios. Et très, très bons. Sans doute les meilleurs trouvés dans cette ville bien touristique. En plus, le midi, le proprio propose quelques tartines alléchantes. 

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D! Vineria, Piazza dell' Erbe 1, +39 0577 943041, San Gimignano, Toscane.

11:34 Publié dans Ailleurs dans le monde, Italie jolie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : italie, toscane, san gimignano, saucisson | | |  Facebook

01 août 2013

Arabica ou orge ?

Le caffè italiano tel qu'on le connait se fait un peu de mouron, sa suprématie est remise en cause par le café d'orge. C'est identique au café classique... mais avec de l'orge !

Ici à Florence, le cappuccino d'orge revigore le gourmet de passage. Son bon goût de céréales, son lait aérien (comme partout en Italie) et son prix dérisoire (2 euros) nous rappellent que le cappuccino qu'on boit en France devrait être considéré comme un crime contre l'entente franco-italienne.

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Souvent bio, l'orge est un dérivatif intéressant, plus local que le café classique (forcément). Mais surtout un goût différent. Alors, pourquoi pas les deux ? Pas sûr d'en trouver par chez nous par contre. Sauf chez RAP évidemment, qui propose la version soluble et parfois moulue ou en dosettes.

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31 juillet 2013

L'Italie, mère patrie des vins oranges

Notez déjà que pour un accord vin/coucher de soleil, on ne fait guère mieux...

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Oui, c'est désormais un clicheton que de vanter la qualité des vins naturels de notre voisin transalpin... N'ayons pas peur du blasphème : oui, ils surpassent quantité de vins naturels d'chez nous. C'est du moins une idée répandue dans mon cercle de francs buveurs. 

Et il faut bien avouer que s'il y a un domaine dans lequel l'Italie se surpasse elle-même, c'est bien celui des vins oranges, ces vins "blancs typés" produits grâce à une longue macération des peaux de raisin au contact du moût. On sait bien que cette technique permet d'enrichir la palette d'arômes pour l'heureux homme qui tient le verre. Notamment les amers. En passant, sachez que je vous épargne mes comptes-rendus de dégoupillages réguliers, sinon ce lieu de beuverie deviendrait ''du vin orange dans les veines''.

Or l'amer nous renvoie irrémédiablement en Italie. CQFD. Bien sûr, en France aussi, le vignoble prend ce chemin avec quelques tentatives : il suffit d'un tour à la Cave des Papilles pour s'en convaincre (Prieuré-Roch, Riffault...) ou d'un coup d'oeil sur mes étagères (domaines La Boria, de l'Escarpolette...). Mais la majorité se déniche encore pour l'heure dans la Botte. Et s'il fallait un précurseur, un maître vénéré, un soldat reconnu passé général, c'est bien Josko Gravner. Autour de 30 000 bouteilles par an, parmi lesquelles des merveilles. 

Ainsi ce Bianco Breg 2004, qui plus est, élevé en amphore. D'ailleurs, l'amphore est-elle une mode ? Ici, on est convaincu qu'il s'agit bien plus que d'une tendance (on y reviendra). Porte-étendard des vins oranges, il sera bien difficile à surpasser à l'avenir. Un vin puissant mais pas lourd, amer mais qui ne fait pas grimacer, relevé en fin de bouche par une pointe d'acidité salvatrice. Le genre de vin qui te transporte du début à la fin de la soirée, qui se suffit à lui-même. Même ces ballons pourris ne l'ont pas banalisé.

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Le soufre n'arrive qu'à la mise, c'est tant mieux. Toutes les considérations techniques ou gastronomiques sont expliquées avec talent ici. Moi je me suis contenté de trouver la bouteille (Antica Latteria, Via San Matteo 19, San Gimignano, enoantlat@libero.it). Et de boire ce vin du Frioul dans les collines toscanes. Comme dit plus haut, et même si les photos n'en témoignent pas, il épousait très bien la fin de journée .

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09:26 Publié dans Ailleurs dans le monde, Italie jolie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : italie, frioul, josko gravner, bianco bref, anfora, amphore | | |  Facebook

24 juillet 2013

Pour les grosses chaleurs, pensez à la glace au vin blanc

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D'ordinaire, on fuirait la boutique de Sergio Dondoli. La file d'attente, les calicots grossiers qui vantent les productions maison, les photos avec les stars européennes de la bouffe (Pierre Gagnaire, Pierre Hermé...) ou avec Miss Italia 1996... On frise le ridicule ici à San Gimignano, magnifique Carcassonne toscane.

Pourtant, tout laisse à penser que le produit est exceptionnel. Déjà, des amis plus que crédibles nous avaient lâché le tuyau. Ensuite, les renseignements pris sur notre homme plaident en sa faveur. Certes, son site internet le présente comme le meilleur glacier d'Italie, donc du monde (mais soyons chauvins, n'oublions pas Terre Adélice ou Pierre Geronimi entre autres). Cependant, l'Italien est multiple champion du monde et surtout l'un des rares Master Gelato Maker, genre d'association des tout meilleurs glaciers de la planète. Bref, malgré le décor, on entre là dedans le sourire au gosier.

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Et on a raison. Surtout qu'en plus des parfums communs ou des créations propres, Dondoli s'active autour du vin blanc local, la vernaccia di San Gimignano. Le cépage est connu pour produire des vins bien acides, on en reparlera (dans une version naturelle). 

On le devine presque sur la première photo, la texture s'avère terriblement aérienne : au vu des 35°C extérieurs, on se verrait bien fondre nous aussi dans une baignoire bien remplie. Belle surprise, la bouche n'est pas écrasée par trop de sucre. Le goût du cépage correspond bien à ce qu'on a pu boire dans un verre : le raisin est là.

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Avec quel vin est-il fait ? Sans doute pas avec la vernaccia la plus naturelle au monde, vu que cela ne court pas les rues par ici. Il existe pourtant un producteur plus qu'honnête, on en reparlera (bis). Dans les bacs, le vin est bien plus classique. N'oublions pas que nous sommes dans un endroit éminement touristique et que le vin qu'on aime n'est pas forcément compatible avec la chose... Mais un jour, pourquoi pas ?

Juste en face, sur la même Piazza della Cisterna, la Gelataria dell'Olmo profite de la célébrité de la rivale pour se proclamer "meilleure glace du monde". On ne sait pas trop d'où ça sort, mais c'est de bonne guerre. Comme beaucoup de touristes, on a goûté.

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Et donc ? Mieux vaut éviter de se tromper d'adresse. 

Sergio Dondoli - Gelateria della Plazza, Piazza della Cisterna 4, 53037 San Gimignano, Toscane, Italie, 0039 0577 942244.

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Mon vigneron fait aussi dans l'abricot

Quand on est vigneron, il n'y a pas que le raisin dans la vie. Prenez tous ceux qui font dans l'huile d'olive et bientôt je parlerai de cerises. Et en ce moment, l'abricot pointe ses petites fesses rondes.

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Elodie Aubert et Raphaël Gonzales, nous les connaissons mieux pour le merveilleux Petits Sylphes ou pour les rouges sans soufre. Ben pourtant, nos Drômois ramassent aussi des abricots. En version nectar, on le déguste toute l'année ; et croyez-moi, je les ai vus partir comme des petits pains sur les salons (du vin). L'abricot y est au naturel, pas besoin de correcteur d'acidité...

Et depuis ce mercredi, l'épicerie Terroirs d'Avenir propose les abricots de bouche autour de 5 euros le kilo. Premier croquage, premier craquage. "Ils sont super bons, dis donc. Il faut les manger tel quel !" Bien sûr, mais pour garder un peu d'été lors du prochain hiver, je vais aussi en faire des confitures. Avec de la marjolaine. Et peut-être un coup d'armagnac.

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14 juillet 2013

Un spritz à l'artichaut et au crémant de Bourgogne

A l'instar des tubes musicaux de l'été, il est des boissons qui résument bien un moment. On les boit au hasard et souvent. Au hasard des jours et souvent au même endroit. Cet endroit, c'est L'Entrée des Artistes, bar à manger plutôt sombre, adossé au Cirque d'Hiver. Et cette boisson, c'est un spritz un peu inhabituel.

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Ce soir-là, en entrant dans le bar, j'ai tout de suite eu l'oeil attiré par une bouteille. Foin des spritz à l'Aperol (sucré) ou au Campari (amer)... Place au spritz al Cynar, une liqueur d'herbes dominée par l'artichaut, ce que l'amer a de meilleur (avec un peu de sucre tout de même). De ce côté-ci des Alpes, c'est extrêmement rare dans les bistros. Au barman japonais qui officie ce soir, on demande donc s'il est possible de nous faire ce fameux cocktail.

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Après quelques minutes, le maestro sert une boisson des dieux. Mais comment fait-il ? Impossible que ce soit du Cynar, du prosecco et de l'eau pétillante comme pour tout spritz classique... Bien sûr, la patte du pro sait fatiguer les glaçons ou mettre en valeur une rondelle de citron. Mais il n'y a pas que ça.

La solution la plus simple consiste à poser la question à notre homme. La réponse est claire. Cynar, vin pétillant et juste un trait d'eau pétillante. Donc on n'est pas dans le traditionnel un tiers/un tiers/un tiers. Mais quand même, l'ensemble n'est absolument pas lourd... Reste à savoir quel vin est utilisé. La solution la plus simple consiste à poser la question à notre homme. La réponse est claire. Et là, on est un peu sur les fesses... Crémant de Bourgogne rosé Brut de Julien Guillot (Vignes du Maynes), une sacrée tronche ! Ouais, c'est facile en fait la cocktailogie avec de tels ingrédients...

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Evidemment que cette science n'est pas facilement accessible. Mais le point central, comme pour toute recette de cuisine d'ailleurs, c'est de mixer avec les meilleurs produits. La gamme de L'Entrée des Artistes fait saliver, les plus excitants m'ont paru sortir du catalogue de la branche spiritueux de La Maison du Whisky.

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L'Entrée des Artistes, 8 rue de Crussol, 75 011 Paris, 09 50 99 67 11.

10 juillet 2013

Versant Vins menacé de fermeture le soir

Depuis que Versant Vins s'est mué en Versant Faim, c'est-à-dire depuis qu'on peut aussi manger chez Jeanne-la-caviste-qu'aime-bien-la-Loire-mais-pas-que, le lieu était autorisé à ouvrir le jeudi soir. Comme tous les autres commerçants d'à côté d'ailleurs. Ah oui, au fait : Versant Faim est situé dans un marché, le marché des Enfants Rouges qui accessoirement détient le dimanche le record parisien du nombre de jolies filles au mètre carré, ai-je déjà écrit. Et qui dit marché, dit horaires de marché. Fermé le lundi, mais fermé le soir aussi. Seule exception, le jeudi : ouverture jusqu'à 23h.

La semaine dernière au menu, c'était le chèvre du beau-frère de la patronne avec un coup de chinon blanc 2002 d'Alain et Jérôme Lenoir. Rien que ça.

versant vins,versain faim

Le 20 juin dernier, c'était burger.

versant vins,versain faim

Donc tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf qu'à cause d'un voisin indélicat, cette ouverture est désormais remise en cause par la mairie. Pourtant si une brebis est galeuse, on n'abat pas tout le troupeau pour autant ! Alors que l'été arrive, que tous les commerçants du marché le demandent, que les emplois des uns le nécessitent, que la bonne humeur des autres le commande, il ne faut pas mettre en péril une affaire qui roule.

Pour le prouver à tout le monde, le mieux est encore de se pointer demain soir, jeudi 11 juillet, chez Versant Faim pour boire le canon. On ne devrait pas repartir le gosier à sec. 

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Versant Vins/Versant Faim, dans le marché des Enfants-Rouges, 39 rue de Bretagne, 75 003 Paris, 01 42 72 34 85.

04 juillet 2013

Ma liste de courses chez Terroirs d'Avenir

Tout a déjà été dit sur Terroirs d'Avenir, je ne vais donc pas en rajouter une couche. Oui, c'est la meilleure épicerie de Paris. Oui, c'est le terroir francilien mais pas que. Oui, les produits sont irréprochables. Oui, la découpe du poisson est magistrale - et tu n'as jamais rien vu de semblable dans une poissonnerie hormis à Tokyo. Oui, la sélection de vins est top - normal, c'est mon Michel qui s'en occupe. Oui, c'est aussi cher que dans une grande surface classique. Oui, tout ce qu'on dit est vrai, je ne vois pas pourquoi j'en rajouterai. Ah si, un truc : tout semble y avoir un truc qu'on croyait disparu, la longueur en bouche. On goûte et on se dit "putain, c'est bon !"

Allezn plutôt que de s'extasier, plutôt que d'en faire un long papier, je préfère la fréquenter assidûment. Voici quelques-unes de mes courses ces dernières semaines.  

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Steak haché Le Téméraire (avec ajout de gras noble de cochon), produits de l'Herbier de Milly, dorade de l'île d'Yeu, groseilles à tomber... Et puis, avec l'été approchant enfin, le rayon fruits et légumes va se gonfler. Avec notamment les abricots d'un vigneron qu'on aime bien.

Terroirs d'Avenirs, 7 rue du Nil, 75 002 Paris.

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31 mai 2013

Les vignerons ouvrent leurs pépites au salon du vin de Rue89 "Sous les pavés, la vigne"

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Au début du XXe siècle, on se pressait à La Bellevilloise pour écouter les discours de Jean Jaurès. Dimanche et lundi, au salon Sous les pavés, la vigne, ce sera presque tout autant politique : on s'y pressera pour boire du vin naturel et rencontrer les femmes et les hommes qui le produisent. Car on ne l'oublie pas : boire du vin naturel est un acte de résistance.

Au fait, on boira quoi précisément ? Comme pour tout salon, les vignerons apportent leurs quilles connues et reconnues. Et parfois, ils font un pas de côté offrant au public leurs essais, leurs trouvailles, leurs trésors. Du jamais bu, on en boira ce week-end.

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Dans le désordre, nous avons... Jean-Christophe Comor (domaine les Terres Promises) ouvre son cinsault 2012 uniquement commercialisé en magnum. Ça s'appelle Autrement et Encore ; c'est la suite de Au Hasard et Souvent. Quant à Mathias Marquet, il s'amuse avec Blast, son liquoreux sans soufre. Hâte de voir à quoi ça ressemble... L'incroyablement talentueux Ivo (L'Escarpolette) a dans ses bagages un pur grenache, qui selon lui fait penser aux vins d'Eric Pfifferling : autant dire qu'il met la barre haut, le coquin... Les De Moor présentent à la dégustation D'autres vallées 2011, issue de vendanges tardives. Jean-Pierre Rietsch aligne ses magnums de crémant extra-brut 2009 et peut-être le sylvaner vieille vigne désormais mythique. 

Chez les moins connus... Le domaine des Bodines a son crémant du Jura rosé 100% pinot noir, le domaine de Rousselin son rosé moelleux (Rosé des Vents). Le domaine de la Pépière vient avec la cuvée 3, une nouveauté 2009. C'est celle qui repose le plus longtemps sur lies, 3 ans comme son nom l'indique. Le domaine de Soleyane va faire exploser mes papilles amoureuses de l'oxydatif avec son jus de cuve oublié depuis 2008. Les 600 bouteilles s'annoncent comme un grand vin du Bugey. Anne Paillet expose (et ouvre) sa cuvée Bob dit l'Anne (ah, ah, ah) à base de cabernet et de cinsault dont elle tire à peine 800 bouteilles. 

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Alors que son moulin-à-vent vient d'être refusé à l'agrément, Isabelle Perraud (Côtes de la Molière) arrive avec un truc chelou comme on les aime : La Molière en Sauvignon 2011. C'est un blanc limité à 100 bouteilles de 50 cl (vente à l'unité ! En fait, il n'y en a plus que 99, j'en ai réservé une, tu te souviens Isa ?) issus de vignes de Vauxrenard avant d'être élevé de 20 mois dans un fût de bière inox de 25 litres ! Bien évidemment, c'est sans soufre ajouté, sans additif, sans filtration, sans cochonnerie.

Il y aura aussi du bordeaux, comme quoi on n'est pas raciste... Olivier Techer (Gombaude-Guillot) ouvre son Pom'n'roll 2011 qui cette fois a eu droit à l'A.O.C. Pomerol ! Dominique Léandre-Chevalier fait boire Le Blanc de Noir, vin blanc realisé à partir de raisins toujours destinés au rouge (cépage cabernet-sauvignon) : du jamais vu à Bordeaux ! Et le 100% ProVocateur, un petit verdot en sélection massale, une rareté. Et Les Trois Petiotes s'amusent avec En Attendant Suzie, cuvée réalisée exclusivement en 2009 (70 % malbec, 20 % merlot, 10 % cabernet-franc, élevée 24 mois en barriques de 3 ans) et réalisée complètement sans électricité... à la main et à la bougie !

Dans la besace d'Antoine Gruner, le Dealer de Vin spécialisé dans le naturel italien, il y a les merveilleux Tenuta Grillo. Nous avions adoré le Prattoasciutto 2004 chez Rap, un vin hors du commun qu'Antoine ouvre dimanche. Il annonce aussi un blanc 2006 de longue macération. De Serbie, les Bongiraud nous font découvrir une cuvée 100% zacinjak, un cépage autochtone, la dernière vigne au monde de ce raisin !

Côté champagne, Francis Boulard est dans la place avec deux quilles qui nous ravissent à chaque fois : Les Rachais Nature 2007 et le Millésime 2006 Vintage. Pierre Charlot fait péter son 100 % pinot meunier millésime 2009, élevé un an en barrique et non dosé. Benoit et Mélanie Tarlant nous gratifient d'une grosse exclu ! Bam ! Si, si, c'est le nom de la cuvée (première fois qu'elle va vraiment être dégustée à Paris) à base de pinot blanc, arbanne, petit meslier. Et la superbe cuvée Louis 1999 à ne pas rater. Enfin, mon chouchou, Olivier Collin (domaine Ulysse Collin) qui fait, à mon avis, les plus grands champagnes jamais goûtés à ce jour qui arrive avec Les Roises (3060 cols) issu d’une vieille vigne de 0,60 ha  en plein cœur de Congy...

Et forcément, j'en oublie ! Pour profiter de tout cela, il faut donc venir dimanche et lundi à La Bellevilloise... Moi, je trépigne.

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Allez, flagrant délit de copinage avec Antonin qui coordonne ce salon ! 

J'ai 5 entrées gratuites à offrir à 5 personnes différentes (prix normal 10 euros pièce). Le règlement du jeu est déposé chez Me Kahusaque, huissier à Genève. Sérieusement, je ne veux pas faire de favoritisme, alors les copains pas besoin de jouer : les places iront aux gens avec qui je n'ai jamais bu un verre. Pour gagner, il suffit de mettre dans les commentaires plus bas, votre nom et celui la cuvée vous fait envie. Puis envoyez-moi un courrier électronique auquel je répondrais si vous faites partie des 5 heureux gagnants. Sinon, toutes les infos pratiques sur le salon, c'est ici.

A noter enfin que 4 des 5 auteurs de Tronches de Vin (dont ma pomme) et les deux éditrices seront dans le coin ! Dédicace prévue vers 15h le dimanche à l'espace livres. Qu'on se le dise !

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Le sylvaner donne de grands vins d'Alsace

Oui, c'est bête à dire, mais ce raisin mal aimé, d'ordinaire bon à cuire la choucroute, peut se révêler extra... il suffit de confier ce cépage à un bon vigneron ! Rien de plus simple. L'homme du jour s'appelle Jean-Pierre Rietsch. Il produit de fantastiques vins naturels d'Alsace qui ne sentent pas le pétrole, qui donnent pas mal au crâne, ni au porte-monnaie. Le crémant à la bulle fine met une claque à de nombreux champagnes, et pas qu'à ceux qu'on achète en supermarché.

Mais le pur moment de folie, de génie, de glouglou c'est ce sylvaner vieille vigne 2011 à la touche oxydative très légère. Quel régal, mais quel régal ! Les vignes ont 30 ans et le vin passe 9 mois d'élevage en foudre. Loin, bien loin du vin à choucroute... On a même droit au taux de SO2 total : 47 mg/l (soit à peine plus que notre référence, la charte de l'AVN). rietsch.JPG

Question sylvaner, il faut se rappeler d'où on part. Se rappeler combien on faisait "pisser" la vigne avec ce cépage, combien on recherchait les rendements élevés, combien les intrants chimiques étaient nombreux, combien le soufre ajouté tabassait nos crânes... Bref, à lui seul, le sylvaner représentait toutes les idées reçues sur le vin blanc d'Alsace. C'est idiot de faire des généralités mais là, franchement, les bons sylvaners n'étaient pas légion, c'est peu dire. Aujourd'hui, ça change ; pas partout évidemment, mais ça change. Le sylvaner n'est désormais plus synonyme de vin infâme, mais bien élevé, il donne de grands vins. En version "vieilles vignes" aussi, Ostertag nous régalait il y a quelques années d'un jus équilibré. Avec Rietsch, on est clairement dans une autre dimension. Et ce soir, même Tir à Blanc du père Castex souffrait de la comparaison, c'est dire.

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30 mai 2013

J'ai lu le supplément Vins de L'Express, j'aurais mieux fait de m'abstenir

Je me propose aujourd'hui de vous faire économiser temps et argent, en donnant mon avis - qui ne vaut pas grand-chose - sur le supplément Vins et champagnes 2013 de L'Express. Vous le trouverez dans les kiosques cette semaine.

Convenu. C'est convenu. Voilà le mot que je cherchais pour qualifier le magazine sur lequel ont bossé la rédaction de L'Express et l'équipe de Bettane et Desseauve. Oh là, attention, on se calme : je n'aurais pas fait mieux, j'aurais fait différent.

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Tout commence par un édito de Philippe Bidalon, le monsieur vins de L'Express. Petit texte qui touille un peu tout : le rachat d'un château de Gevrey par les Chinois, les jeunes qui ne boivent pas de vin, le vin qui s'exporte bien, l'impossible délocalisation de la production... Bel esprit de synthèse, je remarque. Quoique les textes journalistiques qui terminent par une question ("exception ou mal français ?" en parlant du fait qu'on couvre souvent ce secteur commercial d'opprobre), je n'en suis pas franchement partisan.

Michel Bettane passe en revue les primeurs bordelais : pour lui, 2012 ne ressemble à aucun autre - ce qui est le propre du climat, de la nature, non ? Malgré tout, la détermination des experts à porter sur les vins "un jugement assuré, immédiat et le plus souvent établi à partir de la dégustation d'un seul échantillon" n'a pas fléchi. Et pourtant, juste au-dessus, le critique respecté avouait que les échantillons dégustés ont été variables d'un jour à l'autre, voire d'une bouteille à l'autre... Bonne nouvelle en tout cas, Bordeaux découvre le vin vivant. Mais dans ce cas-là, faut-il continuer à croire les experts si le vin est à ce point changeant et qu'ils n'ont goûté qu'une fois ? Suivent notes et commentaires de dégustation qui eux ressemblent à ce qui existait déjà l'an dernier. Convenu, disais-je. Je remarque par contre qu'on s'intéresse moins aux grands crus que plus personne ne peut plus se payer, mais on tape dans la catégorie en-dessous où il y a forcément de belles affaires.

Je n'ai pas compris pourquoi, quelques pages plus loin, on n'échappe pas à l'interview de Bernard Magrez. Peut-être qu'on a considéré à L'Express qu'on l'entendait rarement et que son point de vue manquait dans la presse du vin. Le titre de l'interview ? "Le négoce est essentiel aux vins de Bordeaux". Je veux bien le croire. Je préfère m'amuser de l'empathie du journaliste envers son sujet d'étude. Philippe Bidalon présente Magrez comme le "plus fin observateur - et acteur important - du marché bordelais", "un diable d'homme", "un inclassable entrepreneur", vantant "sa débordante énergie". Jusqu'à cette question : "qu'est-ce qui fait courir Bernard Magrez ?". On y apprend que chaque matin il se lève "très tôt" pour faire "de la gym". Et le vrai vin dans tout ça ?

Suit un papier sur la fin du mythe Parker. Soit. Un autre sur le vin de Chambertin, dont on apprend qu'il était le préféré de Napoléon. Soit. C'est pas un peu convenu tout ça ?

Direction le Liban maintenant, pour un tour d'horizon du vignoble. Très intéressant. Mais pourquoi là, pourquoi maintenant ? Peut-être que cela fait suite à la dégustation des vins du Liban le 14 mai dernier à Paris, grand raout organisé par une agence de relations publiques ? Surtout, surtout on oublie la locomotive du vin libanais, le merveilleux Musar. C'est comme si je faisais un dossier sauternes et que j'oubliais Yquem (quoique venant de moi, ça serait normal). 

Viennent ensuite des papiers orientés business : le patron français de la Bourse de Londres qui "est en train d'écrire une page des vins du Rhône", rien que ça. Un autre sur les banques qui investissent dans le vin ("les nouveaux seigneurs du vignoble") pour faire du pognon (euh pardon, "pour diversifier leurs investissements"). Avec un petit encadré qui explique comment miser sur la continuelle progression des prix des grands crus, en résumant bien le quotidien des gestionnaires de patrimoine : composer pour les clients une cave de domaines renommés et attendre que la cave prenne de la valeur avant de revendre "afin d'engranger une plus-value". Une vision ultra-capitaliste qui va sans doute plaire à tous les amoureux du vin... 

Convenu, je me répête. Et je ne vais pas vous balancer tout le chemin de fer non plus. Je vais juste m'attarder sur un problème que je considère comme fondamental pour ce genre de supplément, un problème là aussi très classique. Je ne parle pas du fait que l'édito voudrait que les jeunes boivent plus de vin et que le contenu du hors-série ne leur donne pas envie. Non, je suis plus terre-à-terre, limite parano : moi, ça m'embête qu'on parle d'un vin et qu'il y ait un encart publicitaire pour ce même vin quelques pages plus loin. Mais je suis peut-être le seul...

Des exemples ? Le Château Gloria a payé pour deux belles publicités (pages 9 et 65) et s'est vu octroyé une critique (note de 15,5/20). Roederer (un champagne qui "brille par son raffinement aérien") se montre sur une page entière (p. 4). On voit aussi un encart (p. 63) pour le Château Sainte-Roseline dont la directrice est interviewée page 72 : la cuvée mise en avant quelques pages auparavant est décrite par le journaliste comme "exceptionnelle"... Pour Pavie qui sort aussi le chéquier, on fait une longue interview du patron du domaine 20 pages plus loin. 3.JPG

Mieux : pour Château Latour-Martillac, il suffit de tourner la page où s'affiche la pub (p. 15) pour voir apparaître les commentaires élogieux : "16,5/20", "très grande finesse", "très bien fait". Reste encore que certains annonceurs n'ont pas eu droit à leur commentaire ; ils seraient en droit de gueuler non ?

Il y a aussi l'article consacré au rhum Diplomatico en fin de cahier. Pourquoi ce papier ici ? Je n'ai pas la réponse. Par contre, il faut vraiment que je fasse soigner ma parano, car juste après l'article du journaliste j'ai remarqué une pleine page de pub pour... le rhum Diplomatico !

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Allez, je m'arrête là. Je n'ai pas dû me faire que des amis. Quand je pense que je n'ai même pas reproché à ce magazine d'oublier vins bios et naturels...

Juste une dernière info pour les lecteurs attentifs des divers blogs sur le vin. L'ours nous apprend que c'est Nicolas qui est en charge de la coordination de ce supplément, c'est sans doute lui qui a écrit les meilleurs articles, c'est dire.

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29 mai 2013

Retour sur In Vin Bio Veritas, le salon du vin bio en Auvergne

Jenzat, 512 habitants, son église romane Saint-Martin, sa maison du luthier et son premier In Vin Bio Veritas. Si l'on peut désormais placer ce bled sur la carte de France du vin naturel, c'est grâce au salon du vin bio de Jean-Marc Imberdis, ancien libraire à Vichy, aujourd'hui caviste en ligne sur Le Vert et le Vin. C'était samedi dernier, il pleuvait, puis le soleil a pris sa place, tout comme Tronches de Vin qui a écoulé quelques exemplaires. 

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Parmi les vignerons invités, du lourd, voire du très lourd. Par exemple, les magnifiques cornas de Mathieu Barret... 

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... ou Cuatro Manos 2011, le malbec argentin de Vincent Wallard qui te fait perdre les idées reçues sur l'Argentine vu que toi à la base tu détestes ça et que tu adores le beaujolais... (Vincent est aussi passionnant sur le vin argentin que sur les trancheuses Berkel, plus d'infos sur demande).

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...ah le régional de l'étape... Patrick Bouju. On en reparlera tout bientôt, tellement c'est bon...  

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 ...Eva approuve le bojo des Perraud qui a accompagné notre repas de midi...

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...le Mas Coris produit un superbe rosé (La Coulée Douce) et Véronique nous gratifie du plus beau crachoir de toute l'Histoire des salons du vin... 

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...Je n'ai pas de photos de deux très belles découvertes bordelaises : Valérie et Denis Godelu (Domaine des 3 Petiotes, présenté dans Tronches de Vin) ainsi que Pascale Choime et Laurence Alias (Les Closeries des Moussis, on en reparlera aussi très bientôt comme quoi je ne fais pas que c*** sur les bordeaux). 

Le lendemain, profitant de l'hospitalité de Jean-Marc, nous avons pris le petit-déjeûner face à la vallée qui va de Gannat à Saint-Pourçain avec une confiture de raisin. Une confiture de contrebande, à base d'un cépage interdit, le noah. En confiture aussi il goûte bien...

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Bref, le week-end a fait quelques envieux et c'est normal. Alors l'an prochain, vous savez où aller. 

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28 mai 2013

Petit luxe anti-crise #25 : le jus de pomme-verveine bio déniché chez ton caviste-libraire

Les petits luxes anti-crise, c'est quoi ? Des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun pour une poignée d'euros ! Plus d'infos ici.

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Oh, ce n'est pas grand-chose, juste un jus juteux. Un peu rustique et même trouble. Tiens, ça me fait penser à un truc : en grande distribution, ce côté trouble s'est hissé au rang d'argument marketing afin de te refourguer des liquides sans âme. Désormais, pour le jus de pomme, la non-filtration devient synonyme d'artisanal. Alors que pour le vin, le consommateur hésiterait encore à goûter des jajas troublards. Vérité pour la pomme, erreur pour le raisin. Va comprendre...
 
En tout cas, pour ce jus de pomme bio agrémenté de verveine citronelle, on est bien dans l'artisanal. C'est une des branches des Jardins de Cocagne (réseau de maraichers bios, ici celle de Chazeule dans le Doubs) qui produit notre petit luxe de la semaine. Précisons qu'en bouche, on ne peut pas confondre avec la tisane de mamie : ici la verveine et son côté citronné (donc acide) réveillent, fouettent, tonifient. C'est parfait pour le petit-déjeûner. 

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Et ça se vent où ? Bon courage pour en trouver, pourtant une poignée d'euros suffit. Celui-là je l'ai dégoté dans un endroit chaudement recommandable : Les Gourmands Lisent, à Besançon, près du lieu de production donc. C'était à l'occasion de la sortie de Tronches de Vin. Depuis quelques années, Julie et Jérôme animent avec beaucoup d'entrain cette cave-librairie qui, comme son nom l'indique, allie litres et ratures. Assurément un endroit à découvrir d'urgence, et pas que pour le jus de pomme-verveine.

Les Gourmands Lisent, 12 rue Bersot, 25 000 Besançon, 03 81 65 45 08.

24 mai 2013

Tronches de Vin passe le week-end en Auvergne

C'est la valse des salons du pif en ce moment. Tiens, par exemple demain à Jenzat, entre Vichy et Moulins, c'est In Vio Bio Veritas, organisé par le très sérieux caviste en ligne Le Vert et le Vin. Y aura qui ? Y aura qui ? Patrick Bouju, Clusel-Roch, Le Picatier, Gombaude-Guillaud, Isabelle Perraud, Mas Coris... Les copains, quoi ! Et pas mal de choses qu'on ne connait pas, dont un domaine bio de l'Allier que j'ai hâte de découvrir : Terres de Roa.

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Ah oui, Eva et ma pomme y serons pour présenter Tronches de Vin ! Si j'étais vous et que j'étais dans le coin, je passerais ! Si j'étais vous et que je n'étais pas dans le coin, je ferais un détour !!!

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23 mai 2013

Au supermarché, du basilic à 150 euros le kilo !

Ce n'est pas la crise pour tout le monde : certains en profitent pour vendre le tout-venant au prix du caviar. Il y a moins d'un an, je m'insurgeais contre le prix au kilo du persil et de la ciboulette (marque "Cueillettes et Cuisine") dans un supermarché du XIe arrondissement de Paris : 75 euros le kilo. Oui, déjà à l'époque, tu avais bien lu, il n'y avait aucune faute de frappe dans mon texte.

Aujourd'hui, j'ai croisé du basilic sous vide dans une autre enseigne de grande distribution dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Bien sûr, ici, au pied du sacré-Coeur, le prix du loyer est plus élevé. Bien sûr, on est dans une enseigne de proximité, citadine, éloignée des grands centres commerciaux de banlieue ou de province. Bien sûr, je fais face à une marque connue de tous, gage de qualité pour certains (Florette, pour ne pas la citer). Bien sûr, le basilic est cette fois prêt à l'emploi, c'est-à-dire déjà lavé, c'est-à-dire qu'on a ajouté une étape dans le processus industriel. On comprend mieux pourquoi c'est devenu un produit de luxe... On a le droit de rire ? Ah oui, au fait, pour ceux qui pensent encore que le bio est tout le temps plus cher : ce basilic n'est pas bio pour un sou. Enfin, quand je dis "un sou"...

Allez, levons le voile. Le basilic chez Carrefour Market rue de Clignancourt se monte à 1 euro et 65 centimes. Pour une barquette de... 11 grammes ! Faisons vite le calcul, ou plutôt non, ne le faisons pas, lisons l'étiquette : 150 euros le kilo. Attends, c'est un canular ? Je me frotte les yeux et je regarde à nouveau. Non, c'est bien cela, 150 euros. A côté, la ciboulette est au même prix. Seule la menthe se monte à 165 euros le kilo. Une preuve ? La voici.

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A ce prix-là, le supermarché a été dévalisé. A ce prix-là, il faut utiliser tout, même les tiges. A ce prix-là, un tel mets ne se cuisine pas, il se suffit à lui-même, on croque dedans, brut, pour se régaler de son parfum inégalable. A ce prix-là, et si tu as vraiment besoin de basilic, il vaut mieux récupérer l'or vert dans des produits moins chers, comme les chocolats au basilic de Patrick Roger (un tiers moins cher, donc autour de 100 euros le kilo) : tu casses le chocolat et récupères un peu de ganache au basilic pour en mettre dans ta sauce tomate, résultat garanti.

Bon, on arrête les conneries ? En tout cas, ça fait longtemps que la grande distrib' m'a fait passer l'envie de rire...

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22 mai 2013

Record du monde de torchage de boutanche ?

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Le bouchon a sauté un dimanche soir à 19h22. Météo à DVD, ménage à faire, travail le lendemain... Bref, un dimanche soir. Parti comme c'était parti, cela n'allait pas ressembler à une soirée d'arsouillage, même à deux. Circonstances aggravantes. Pourtant, un petit tour en cuisine chasse le blues. Et cette bouteille aussi. Mais, paix à son aîme, elle n'aura jamais connu ma jolie entrée faite de noix de saint-jacques fraîches relevées d'une sauce savagnin-échalotes (la recette se trouve là-dedans) et ça tombe bien, l'accord n'aurait pas été parfait. De toute façon, du fait de sa grrrrrande torchabilité, la bouteille n'a pas dû connaître 19h48 non plus. Elle était vide en moins d'une demi-heure. Qu'on ne se méprenne pas, l'idée n'était absolument pas de boire vite. Mais, sans avoir soif, sans se poser de questions, la quille s'est descendue naturellement, à notre plus grand étonnement, sans y avoir réfléchi. Je suis sûr que ça vous est déjà arrivé : bim, d'un seul coup on se rend compte que la bouteille est vide. Chemin de la Brune 2011, le "petit" rosé (parfois avec des bulles, parfois pas) d'Eric Pfifferling, domaine de l'Anglore. 15 euros chez le caviste, quand on en trouve.

20 mai 2013

Le cornichon made in France contre la "mondiabanalisation"

Le made in France est à la mode et c'est idiot. Parce qu'un bidule serait produit en France, il serait de meilleure qualité ? Qui peut croire à cet évangile ? Economiquement et politiquement, le ressort est utile mais en ce qui concerne la qualité intrinsèque du produit, aucune vérité n'est absolue.

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Aujourd'hui, je me penche sur la microéconomie du cornichon. Comme à chaque fois dans les rayons de ton hypermarché préféré, l'objectif est de proposer le produit au moindre coût. Ce qui fait que toutes les grandes marques (que tu connais très bien, donc pas besoin de les citer) vont se fournir en Inde et en Chine. Si, si. Ton cornichon, il n'est pas très vert en fait. Et quand il vient de France, ne t'en fais pas, c'est indiqué sur l'emballage. Or il faut reconnaitre que les cornichons que nous servent ces grands groupes sont plus que médiocres. Tu veux du cornichon qui te laisse un souvenir ? Alors teste plutôt ceux de chez Martin Pouret, une maison historique, dernière survivante des 200 à 300 vinaigriers qui occupaient les bords de Loire à la fin du XVIIIe siècle. Ici oui, le made in France veut dire quelque chose.

Aujourd'hui, sur son site internet, cette entreprise dénonce la "mondiabanalisation", terme fort heureux que je me réapproprie. Et elle met la contre-offensive en pratique avec ses cornichons. 

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Ils sont cultivés en France, en Bourgogne et conditionnés avec du sel de Guérande, des épices et un petit secret, le fameux vinaigre d'Orléans qui sublime les condiments. Martin Pouret est la dernière maison à en produire de la sorte. "La transformation du vin en vinaigre se fait par une fermentation naturelle de surface sans aucun brassage du vin, ni ajout de ferments ou autres accélérateurs d’oxydation. Le vin à l’abri de la lumière dans des vaisseaux en chêne d’une capacité de 240 litres, se transforme en vinaigre en 3 semaines à une température constante de 30°C. Rien à voir avec la fabrication industrielle en acétator qui peut produire plusieurs dizaines de milliers de litres de vinaigre en vingt-quatre heures. Ensuite, notre vinaigre vieillit pendant au moins 1 an dans des foudres de chêne en cave". Forcément, le cornichon s'y plait plus que dans un vinaigre blanc austère.

Bon, et en bouche ? Les cornichons de petit calibre n'ont rien à voir avec les cousins industriels. Ce qui saute aux papilles, c'est, outre la longueur en bouche, ce côté croquant tout à fait irrésistible. D'ailleurs, comme pour le vin, chaque récolte est millésimée : afin de garder son croquant, le cornichon doit se consommer dans l'année. Tout ça pour dire que ce soir, on va se taper une jolie ravigote. Ou quelques ornithogales sur un lit d'épinard avec quelques rondelles de lingot vert.

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J'ai décidé de reprendre mes chroniques du lundi, sur les petits luxes anti-crise ! Les quoi ? Les petits luxes anti-crise, ce sont des produits d'exception ou des bouteilles hors du commun qui, pour moins de 10 euros, mettent tout le monde d'accord. Ici les cornichons Martin Pouret sont conditionnés en bocal de 670 grammes que La Grande Epicerie du Bon Marché vend 7,30 euros. Je suis tombé dessus par hasard l'autre jour. Tous les petits luxes anti-crise sont à retrouver ici

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19 mai 2013

Du vin naturel dans ta saucisse !

D'ordinaire, la cuisine au vin se cantonne à des plats de grand-mère qu'il faut prendre le temps de laisser mijoter. Notons que le vin n'est alors qu'un élément de la marinade ou de la la sauce. Je ne le cache pas, j'adore cette cuisine : daube, pot-au-feu, bourguignon... Bien sûr, je fais quelques racourcis, car certains cuisiniers-écrivains savent transcender les recettes.
 
Pourtant, on commence vraiment à s'amuser lorsque le vin devient un ingrédient à part entière de la recette. Par exemple, dans ce cake parfait pour le petit-déjeuner, j'agglomère farine, oeufs... et un gros coup de blanc (25 centilitres !)Mais j'aime surtout quand le vin devient  un ingrédient à part entière de la recette.. Pour confectionner sa saucisse au couteau, Emmanuel Chavassieux fait pareil : porc, épices... et vin naturel !

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D'ailleurs quand on se penche sur l'étiquette, le vin naturel arrive en deuxième position, juste après la viande. En quelle proportion ? Interrogeons le producteur. " J'utilise pas mal de vin naturel, je ne dirai pas la proportion exacte car c'est une partie précise et importante de la recette.". Pour parfumer, donner du corps à la viande et évidemment mariner. La question qui me brûle le clavier c'est le nom du producteur et de la cuvée utilisée. Réponse d'Emmanuel Chavassieux : "en ce moment, j'utilise du vin de chez Jérome Saurigny 100% cabernet franc 2009. J'ai également utilisé les vins de Gérald Oustric, Jean Maupertuis et Patrick Bouju". Rien que ça...

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Je peux me targuer d'avoir fait découvrir cette saucisse à Jacques, qui en donne une recette alléchante. Mais pour ce petit article, j'avais dans l'idée une forme un peu différente : moi je l'aime en parmentier. Soyons précis : ce parmentier n'est pas vraiment un parmentier puisque je n'utilise que du céleri et pas de pomme de terre.

La recette est à la portée du premier mangeur de plats surgelés venu. Commence par dégoter un couteau qui coupe afin d'enlever le boyau d'environ 500 grammes de saucisse pour en récupérer la farce.

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Malaxe, malaxe et fais cuire sans matière grasse mais avec une lichette d'eau (ou de vin naturel, idéalement celui de Jérôme Saurigny) dans une casserole à couvert en remuant régulièrement, le tout à feu modéré pendant une bonne dizaine de minutes. Une fois la farce cuite, on peut récupérer le jus pour commencer un bouillon.

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Parallèlement, détaille un beau céleri rave bio et cuis-le à la vapeur avant de le transformer en purée à coups de fourchette. Ou au blender avec un peu d'eau de cuisson, pour plus d'onctuosité. Attention : pas besoin d'huile, ni de beurre, ni de lait. Au pire, un peu de jus de cuisson de la saucisse mais le céleri seul ne manque pas de tenue.

Pour le dressage, un emporte-pièce te permet d'alterner une couche de saucisse et une couche de céleri. Ou une demi-couche de céleri, une couche de saucisse, une demi-couche de céleri. Enfin, j'aime bien parsemer le tout d'un peu de poivre blanc de Kampot.

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Pour cette recette, j'ai utilisé la version pimentée de la saucisse joliment baptisée "chipolata des oiseaux".

Enfin, quelques éléments biographiques et pratiques. Emmanuel Chavassieux est un ancien légionnaire qui, dans cette grande famille, s'est pris d'amour pour les couteaux d'où son job d'après, à l'Atelier Perceval. Aujourd'hui, il fait donc dans la saucisse : à la fois fraîche mais aussi sèche. Ah sa saucisse sèche... Nous avons un souvenir ému de rondelles dégustées il y a quelques semaines sur une aire d'autoroute en Allemagne avec un Antidote de Jean-Christophe Comor. Les Chavassieux, fraîches et sèches, je les achète régulèrement à l'Epicerie du Verre Volé ou chez Causses... quand ces échoppes sont approvisionnées.

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29 avril 2013

La Guêpe : des tapas à Montmartre ? Euh, t'es sûr ?

Voici l'endroit qu'un gourmand endurci se devrait de fuir. On est au pied du Sacré-Coeur, la carte postale la plus vendue de France ; autant dire que les touristes et que les restos à touristes pullulent. Est-ce qu'il est encore possible de manger quelque chose d'un peu normal entre potes dans le quartier ? A l'époque, j'avais répondu oui à propos d'une adresse intéressante, mais franchement ça se cantonnait au classique de chez classique. 

Donc forcément, dans un bar à tapas rue des Trois-Frères à un jet de caillou de la butte, j'y vais à reculons... Et pourquoi cette mode des tapas au fait ? Qui plus est, elles n'ont souvent rien d'espagnol. Il faudrait que quelqu'un s'y penche sérieusement. Bien sûr, on fait que d'ouvrir des boîtes et on peut marger de manière bien plus conséquente. Mais la main-d'oeuvre coûte plus cher non ? Il est bien plus difficile de faire beaucoup de petits que beaucoup d'un plat unique... C'est sur ces considérations, et un peu en trainant les pieds donc, qu'on se résout à rejoindre La Guêpe.

Et bam, une jolie surprise.

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L'assiette tient vraiment la route, rien à redire : la charcuterie de qualité monte à une quinzaine d'euros la planche. Avec quelques rillettes de maquereaux, on note la jolie attention : un peu de citron vert. Entre deux discussions avec le patron sur ses tests de mojitos, on sent qu'on est dans un lieu où on connait quelque chose à la bouffe. Oh attention, ce ne sera pas le meilleur repas de notre vie, on en convient mais franchement, on s'amuse ! Encore une fois, rappelons-nous du quartier dans lequel nous sommes. Et puis, il y a ce joli bar en faïence, un peu portugais.

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Et dans le verre ? Les vins ne sont pas très sales, on ne fait pas dans le naturel fou-fou mais j'ai tout de même extrait cet enthousiasmant saumur-champigny Amatéüs Bobi de Sébastien Bobinet (36 euros). Je redis donc à nouveau qu'il n'y a rien à redire, sinon que je n'ai plus trop de soucis si on me dit d'aller manger des tapas à Montmartre.

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La Guêpe, 14 rue des Trois-Frères, 75018 Paris, 01 42 64 98 32. Ah oui, une précision : on était deux et on a payé l'addition, comme à chaque fois.

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Deux magnums qui mettent tout le monde d'accord

Voici deux bouteilles, deux tronches, contre les idées reçues : le rosé ça se conserve pas, les filles ne boivent pas de rouge, c'est la crise, les vins du sud c'est pas glou-glou...

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A ma gauche, Marie-Rose de Noëlla Morentin. Composé de cabernet-sauvignon, le cépage pourri des rouges qui tachent et que je déteste, mais ici travaillé dans la Loire et en rosé avant d'être amoureusement conservé chez un bon caviste. Car la vendange a été faite en 2010. C'est incroyablement aromatique, même servi trop froid, c'est dire...

A ma droite, Sauvé de la Citerne de Jeff Coutelou, au-dessus de Béziers. C'est beaucoup de mourvèdre et un peu de grenache et ça date de 2011. Là aussi, coefficient torchabilité de 100 % : le jus coule dans la gorge et, seule définition du vrai vin : un verre en appelle un autre.

C'est du vécu : tu rassembles quinze personnes dans une pièce, tu ouvres (parmi d'autres) ces deux bouteilles (en magnum, c'est plus simple). Et tu regardes ce qui descend le plus vite. Chacun en redemande, même celles/ceux qui sont en froid avec le rosé, même celles/ceux qui sont en froid avec les vins du sud. Il y a des bouteilles de 75 cl qui ne sont toujours pas terminées, alors qu'on râcle la dernière goutte de ces deux-là. Bref, unanimité.

Ah oui, le prix. 22 euros à la Cave des Papilles pour le rosé et 17 euros pour le rouge au Vin au Vert. Le problème c'est que parfois, un magnum ça ne suffit pas. 

27 mars 2013

Le Pain Par Nature, sans cochonnerie ajoutée

Je n'ai pas (encore) le plaisir de connaitre Rémi Héluin, on ne peut donc pas m'accuser de copinage. J'avoue que son blog Painrisien s'avère le plus savoureux, le plus précis, le plus complet, bref le plus intéressant "guide du pain à Paris" qui existe sur la toile.

C'est là que j'ai pêché cette adresse, Le Pain Par Nature, près de la place de Clichy. Elle devrait devenir ma boulangerie favorite malgré le petit quart d'heure de marche à pied entre cette boutique et mon domicile. Le pain au chocolat est vraiment au chocolat, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de deux barres surgelées qu'on ajoute à une pâte surgelée. Non, c'est à la fois feuilleté et moelleux avec une imposante ration de chocolat. 

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Ici tout semble fait maison. Pas de pâtisserie qui sorte de chez Métro, pas de ces immondes tartes au citron où le mot "citron" a été inscrit au chocolat. J'en veux pour preuve que les flans, tartes, choux ne ressemblent à aucun autre. Les deux salades du jour montrent une sacrée fraîcheur. Mention spéciale aux chaussons fourrés à la compote maison de fruits bio. Comme il n'y a pas que les pommes dans la vie, et qu'on respecte les saisons, en ce moment le chausson au citron cartonne. Bref, que du bon, du bio et du non chimique... Le vin naturel appliqué au pain ?...

Content d'être là lui aussi, le sandwich jambon emmental est tout bio : le pain a le goût de pain, le jambon a le goût de jambon et l'emmental n'est pas en reste.1.jpg

C'est sûr, le pain aussi est évidemment très alléchant. Mais le mieux placé pour en parler, c'est Rémi : l'article complet sur Painrisien est ici. Notons encore que l'humilité règne tant au niveau de l'espace que des produits : on ne se la raconte pas comme chez les boulangers médiatiques qui fleurissent dans le XVIIIe.

Le Pain Par Nature, 12 rue Cavallotti, 75 018 Paris, 01 42 93 54 96.

09:20 Publié dans Bonnes adresses parisiennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le pain par nature, boulangerie | | |  Facebook

18 mars 2013

Enfin un grand cru bordelais que j'arrive à avaler

Moins âpre que Mouton-Cadet, plus présent que Baron de Lestac et encore plus sucré que Yquem, voici enfin un grand cru bordelais que j'arrive à avaler. Je parle d'un grand cru classé de Saint-Emilion, château Fombrauge, propriété du "compositeur de vins" Bernard Magrez

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Ce millésime 2012 se révèle facile d'accès, pas trop boisé et les arômes de ketchup n'ont pas été convoqués, ouf. Cependant, je le trouve trop peu amer, un peu passe-partout, trop facile d'accès. Ce qui signifie qu'il ne laisse pas un souvenir impérissable... Faute de mieux, il fait le job au petit-déjeûner. Heu, oui, on parle de miel en fait. Et avouons-le : apiculteur, c'est un métier. 

Son prix ? J'ai dépensé 4,5 euros pour 125 grammes dans la boutique parisienne de Bernard Magrez. On est loin du délire des grands crus de raisin, mais on tourne tout de même à 36 euros le kilo. C'est vrai que le miel est quasiment devenu un produit de luxe du fait de la raréfaction des abeilles. Installer des ruches dans le vignoble, sur les toits de Paris ou dans tout autre endroit du monde, c'est connu. Bien sûr, Bernard Magrez n'était pas le premier, il ne sera pas le dernier, mais l'idée est belle. Après, le marketing qui vient bouffer le truc, le parallèle avec les grands crus, le côté passe-partout du produit, c'est autre chose. Mais au moins avec cet article, on arrêtera peut-être de dire que je tape continuellement sur Bordeaux. Ou pas.

Si vous recherchez un vrai bon miel chez votre vrai bon caviste, essayez La Cave des Papilles ou encore le miel de tilleul de Yannick Navet, disponible aux Gourmands Lisent à Besançon.

15 mars 2013

Tronches de Vin : 117 bonnes raisons de lever le coude

découvertes

enivrant

humain

jaja

utile

envie

tronchable

polyvalent

...

Voilà ce qui sort de la bouche de ceux qui ont feuilleté Tronches de Vin, le guide des Vins qu'ont d'la gueule en avant-première. Mon mot préféré m'a été soufflé par une jeune femme qui a tout résumé avec coup. Avant d'expliquer : le coup peut être de chance (d'avoir un livre pour découvrir le vin naturel), de coeur (pour un ou plusieurs vins), de foudre (pour un ou plusieurs vignerons), de gueule (contre ceux qui se font encore une idée trop certaine du vin), de folie (pour tous ces fous-fous de vin) ou encore, de grâce. 

J'aurais dû finir mon billet là-dessus, ça aurait eu d'la gueule. Mais il faut que je précise quelque chose. Déjà, Tronches de Vins, c'est notre bébé à EvaAntoninOlivierPhilippe et moi ; il consiste en une galerie de portraits de 117 vignerons et accessoirement de leurs vins. Soit 117 bonnes raisons de lever le coude. Que cela soit clair entre nous, ce n'est pas un énième guide qui viendrait alourdir votre étagère ou caler l'armoire de mamie. Ici, on ne parle pas de nez rappelant le cuir de Russie, ni d'arômes de sous-bois après la pluie, ni d'Yquem, ni de Mouton-Cadet, encore moins du Baron de Lestac : nous, nous préférons parler de vin. Et de la femme ou de l'homme qui lui a donné naissance.

Et puis, abolissons les privilèges ! Car un autre monde du vin est possible en rendant Tronches de Vin accessible au plus grand nombre. Et ça tombe bien, voici l'information fondamentale : en ce matin ensoleillé du vendredi 15 mars, notre livre est en vente dans toutes les bonnes crémeries librairies. Sans oublier les cavistes et restaurants qui le proposent à la vente. Il suffit de détecter la tronche de Michel Tolmer, née grâce aux éditions de l'Epure et à Marie Rocher.

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Je n'ai pas trop besoin de refaire l'historique, car Philippe et Eva ont déjà expliqué tout le cheminement. Antonin lui, donne le programme des jours à venir, c'est par ici. Et d'ailleurs, le prochain rendez-vous, c'est demain à Besançon avec Olif et tous les autres.

Et on n'est pas les seuls à en parler. Après des mentions sur RTL, Europe1, Le Mouv, Le Parisien, Terres de Vins, et j'en oublie, il est grand temps de laisser Tronches de Vin vivre sa vie entre les mains de chacun. Et moi, c'est vraiment ce qui m'intéresse. Vous tous, qu'en pensez-vous ?

10:48 Publié dans Bibinographie | Lien permanent | Commentaires (1) | | |  Facebook

14 mars 2013

La Grande Crémerie : mange-t-on les rideaux au restaurant ?

On prend les mêmes et on recommence. On prend les mêmes produits et les mêmes bouteilles. Et on recommence ailleurs, c'est-à-dire à quelques dizaines de mètres de La Crémerie canal historique, une de mes adresses préférées à Paris. Cette fois, on se trouve bien plus proche de la peu ragoûtante rue de Buci. Forcément, quand une adresse adorée ouvre une "annexe", on s'y rend en trainant les pieds, de peur que ça ne soit pas tout à fait la même chose. Sauf que.
 
Ouverte depuis quelques semaines, La Grande Crémerie n'a évidemment pas le cachet de la première adresse, dénichée à l'époque par Pierre Jancou. Malgré les murs bruts, les matières rassurantes ou la lumière tamisée. Une chose est sûre au moins, on a plus de place (on ne mange pas dans l'assiette de son voisin) et il y a plus de places (c'est moins la guerre pour réserver). Et dans l'assiette et dans le verre, peu de choses changent.

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On commence par ce qui fait mal : la burrata s'élève à 29 euros. Oui c'est cher. Pourtant, elle mériterait sa place dans les cent choses à faire une fois dans sa vie à Paris, listées récemment par Le Figaro. Ainsi, c'est à La Crémerie canal historique et donc grâce à Serge, qu'on a goûté notre première burrata il y a déjà pas mal d'années : elle est toujours insurpassable. Dégustée 30 minutes après son arrivée sur table, elle a eu le temps de reposer. Le couteau ouvre un fromage à la fois ferme et laiteux. La texture semble tricotée.

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Même chose pour les taramas (nature, au piment d'espelette et au crabe) présents eux aussi à l'adresse mère : on se fait à chaque fois la promesse de ne plus jamais en manger d'autres. Et on la tient le plus souvent possible.

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Question quilles, les prix serrés sont toujours de mise puisqu'on est ici dans une cave à manger - au lieu d'un coefficient multiplicateur, on met quelques euros de plus que pour une bouteille à emporter. Et quelle merveille ce jour-là pour seulement 24 euros sur table... Le vouvray 2009 du duo Puzelat-Bonhomme. C'est le négoce de Thierry Puzelat, mais a-t-on encore le droit d'appeler cela négoce ? Franchement ? Non, il faut inventer un autre terme, car le négoce dont on a l'habitude n'a rien à voir avec un travail qui respecte vignerons et raisins. Dans le verre, la pointe oxydative de ce chenin merveilleux achève de faire de ce repas l'un de nos meilleurs depuis un certain temps.

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En résumé : les produits sont les mêmes, je n'ai vu aucun assouplissement de la ligne alors que le nombre de couverts est plus important. Forcément, je continue à préférer le romantique décor de la première Crémerie. C'est bien connu, Curnonsky disait qu'au resto, on ne mange pas les rideaux. Eternel débat. Il n'avait pas tort, je le pense souvent, mais tout de même... La première adresse reste chère à mon coeur. Or, la petite soeur a l'immense mérite d'ouvrir tard le soir, notamment le dimanche.
 
La Grande Crémerie, 8 rue Grégoire-de-Tours, 75 006 Paris, 01 43 26 09 09.

13 mars 2013

Une Diablesse bue, rebue, rerebue, rererebue, rerererebue et approuvée

Depuis quelques semaines revient un leitmotiv, le dégoupillage de Diablesse. Tout a commencé chez Pierre Jancou quand on a demandé quelque chose d'un peu oxydatif. Boum. Puis ce fut au hasard et souvent, avec les unes, les uns et les autres. Dernier sautage de bouchon avec Sonia et François dans un bar à manger où, coïncidence heureuse, ils sifflaient cette jolie bouteille. Vite, vite, versez m'en le fond dans un verre propre. Ce fut la cinquième en deux/trois mois. M'en manque une pour réaliser le carton (plein).

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Diablesse 2008, domaine de la Grapperie, by Renaud Guettier, installé depuis 2004 à Bueil-en-Touraine, entre Le Mans et Tours. Pur chenin élevé 36 mois en barriques aux acents oxydatifs gourmands. Certifié bio, des rendements plutôt faibles (25 hectos à l'hectare), aucun intrant de synthèse, non filtré, non collés : bref toute la panoplie du comme-on-aime. Je l'aime en apéro, avec de la charcuterie pas trop salée, sur un espadon mi-cuit, avec des huîtres chaudes au comté ou en vin de méditation en fin de repas, s'il en reste. Au Coinstot Vino, ce fut la version pét'nat' enchanteresse, avec elle aussi ce côté oxydatif. Goûté à la maison, l'Adonis la version rouge bien soyeuse (100 % pineau d'Aunis).

Comme le faisait remarquer un dégustateur, il y a un peu d'Eric Callcut là-dedans. Sauf qu'il va être difficile d'attendre ces bouteilles une quinzaine d'années.

 
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