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Entre copains

  • Le Jeu de Quilles porte bien son nom

    C'était un rude vendredi de décembre. Jérémy nous avait réuni au Jeu de Quilles, restaurant sis à côté du boucher-star Hugo Desnoyer. La soirée fut digne d'une orgie bruxelloise. Nous étions sept autour du superbe vigneron Jeff Coutelou (nous avions bu une de ses bouteilles chez Michel Guérard notamment). J'ai refait le compte : 19 bouteilles ouvertes ce soir.

    Un véritable inventaire à la Prévert.

    Je n’ai pas trouvé de nom pour cette cuvée de Pierre Beauger, dans sa version 2009. C'est un ovni, objet vinicole non identifié : un pinot gris d'Auvergne (bon déjà là, on est perdu...) dont les raisins sont vendangés en partie avec de la pourriture noble. Ouais... Puis la macération a donné cette teinte hallucinogène. C'est l'opposé total de l'industriel Mouton-Cadet : seulement 152 bouteilles ont été produites... Pour toutes les explications et pour dénicher ces quilles inconnues, direction Vin Nouveau chez l'ami Franck Bayard. On a l'habitude de sortir des bouteilles insolites, mais là il faut avouer qu'on est totalement dépassé par ce premier verre. Nous aurions dû commencer par quelque chose de plus classique. Au fur et à mesure se dégage pourtant une vraie pureté du raisin. Mais comme dit Jérémy, "le vin n'est pas à son aise et on sait que les vins de Beauger nécessitent souvent une grande patience que nous n’avons pas ce soir". Faute de temps et de concentration, nous sommes passé à côté, j'enrage : Pierre Beauger fait partie de ses vignerons que je ne connais pas assez malheureusement, mais on va y travailler lors du réveillon du Nouvel An. Notons enfin qu'il est l'un des 12 sages dont Pierre Jancou a tiré le portrait. Et cette couleur dans le verre, je n'en reviens toujours pas...

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    Ars Antiqua 2010, le pétillant naturel de La Vigne du Perron (60 % roussette, 40 % chardonnay). Evidemment, c'est plus classique et tout à fait rafraichissant. Un joli vin qui aurait tenu le haut du pavé si on n'avait pas sorti d'autres quilles explosives ce soir. Il faut que je me penche à nouveau sur ce domaine, il semble y avoir de très belles choses. Deux bouteilles ouvertes et déjà, deux noms à retenir.

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    Dans les quilles explosives, on peut citer le Canta Mañana du Casot des Mailloles. Jérémy encore : "La première claque de la soirée, un rosé bien vineux où l’on sentait très bien aussi les fameux arômes du Blanc du Casot. Un superbe rosé de gastronomie, malheureusement pour nous introuvable sauf au domaine". Rien à ajouter sauf : quand est-ce qu'on retourne à Banyuls ?

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    Les Sables 2006 de Philippe Tessier en appellation cour-cheverny (donc 100 % romorantin). Assurément l'une des bouteilles de la soirée : ça claque, ça vibre, c'est extrêmement long... "La deuxième claque de la soirée, j’ai trouvé çà un cran au-dessus des romorantins de Courtois par exemple. C’est ample, riche, parfait à table". Un travail absolument parfait, des vignes de 20 à 40 ans, élevage en barriques et demi-muids. L'étiquette donne un temps de garde de 3 à 6 ans. Au minimum... 

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    Jean-Philippe Padié, Fleur de Caillou 2010. Pas de photo ici mais plutôt car la bouteille fut vite bue. C'est bon signe.  

    A suivre Plume d’Ange 1998 de Claude Courtois. "Un nez dérangeant à l’ouverture, il a gagné en délicatesse et a tout compte fait tenu la route face au suivant, le monstre...". Pas mieux.

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    Le monstre, la bouteille de la soirée, de l'année (de la vie ?) : personne ne viendra me contredire. Le Clos du Giron 1996 d'Eric Callcut. Pour Jérémy, c'est la troisième claque. Extraordinaire opulence avec une incroyable fraîcheur. C'est un véritable monstre d'acidité avec une complexité rarement égalée par les vins que j'ai bu jusqu'ici. La finale est non seulement superbe mais interminable. Bien moins oxydatif que le 1999 bu aussi ce soir, le style est alors complètement différent. J'avoue que cette bouteille de 1996 restera longtemps gravée dans ma mémoire. Rappelons que personne ne sait où est passé Eric Callcut, sans doute quelque part entre la France, Israël et ailleurs... Et que ses bouteilles sont totalement introuvables.

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    Puis le riesling Schoenenbourg 1997 de Bott-Geyl. Désolé, pour ma part je suis complètement passé à côté ; ce n'était pas du tout mon truc. Plus précisément ? Trop strict, trop alsacien dit Jeff. Pour Jérémy, "une bouteille vraiment en deçà de nos attentes. Peut-être à ouvrir 24 heures à l’avance".

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    Chambolle Musigny 2008 de Frédéric Cossard. Aïe. Avec Cossard en rouge, je n'y arrive pas. Autant ses blancs, je les porte aux nues, autant les rouges ne me convainquent pas... et ça m'emmerde. Jérémy me suit : "c'est très en-dessous du niveau habituel de Cossard. Cependant, la fin de bouteille carafée deux jours redevenait respectable. Mais on reconnaît difficilement la pâte du domaine".

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    Alors là, je suis vert. Depuis le temps que j'attends de goûter le Clos Rougeard, fameux superbe saumur champigny. Ici, le 2002. Ben rien, mon coeur n'a pas fait boum-boum. Je suis très mécontent. Jérémy ? "Mouais… sans plus" Au moins, nos avis vont dans le même sens.

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    Et là, voici, la cinquième claque : Fonsalette 1993. Je n'en attendais pas autant, j'ai été très agréablement surpris. C'est encore vif et plein d'amour. "Le must de la finesse et de l’élégance dans les rouges de la soirée !"

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    Madiran prestige 1990 de Pichard a certes un bel apomb avec la palombe. Mais franchement, après Fonsalette 1993, qui arriverait à soutenir la comparaison ?

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    A partir de là, les souvenirs sont forcément plus flous. Jérémy : "je me souviens juste de ma réflexion quand cette bouteille est arrivée sur la table : «merde on est déjà au fromage !»" Celle-là aussi ça fait au moins six ans que je l'ai dans le viseur : le pouilly-fuissé clos de Monsieur Noly de Valette dans sa version 1999. Un brin oxydé, il semble encore plus naturel que les autres cuvées du vigneron.  C'est un superbe vin avec le fromage, mais les souvenirs sont forcément plus flous (bis). Là encore, on est gâté question couleur dans le verre ou la carafe.

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    Jeff Coutelou nous fait la gentillesse d'ouvrir son vin Les Copains 2003 (100 % cinsault) et en magnum s'il vous plait. A mon avis, c'est l'un des missiles de la soirée. C'est d'une fraîcheur exceptionnel ; coefficient de torchabilité 200 %. Ce qu'il y a d'extraordinaire avec les vins de Jeff, c'est leur côté épicé, picotant dans la bouche et ce n'est pas lié au CO2 mais bien aux arômes : j'avoue en être fanatique. "C'est la quatrième claque de la soirée et il doit encore être meilleur en jéroboam" me glisse encore Jérémy. Tu m'étonnes...

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    Tiens, on avait oublié de servir la Guerrerie 1996 de Thierry Puzelat. Il commence à se faire tard... Quel dommage, je la regoûterais volontiers.

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    Et pim, pam, poum, une bombe atomique ! Jeff a apporté un vin de 1978 pour Jérémy et tout le monde en a profité de ce vieux grenache. Malgré le sucre résiduel qui d'habitude fait que je me renferme, le vin est (une nouvelle fois chez Jeff) d'une fraîcheur peu commune. "C’était la claque finale de cette superbe soirée".

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    A noter aussi que nous avons fait un acte criminel : vider un Taillelauque 2002 du Casot des Mailloles dans l'évier. Cela dit, le liquide était complètement bouchonné, proprement imbuvable.

    Intermède. Soufflons un peu. Un peu d'air...

     

     

    Et avec tout cela, on mange quoi ? Nous avons négocié un menu dégustation à 65 euros et sans droit de bouchon pour tout ce qui est au-dessus. Rendons maintenant hommage à Benoit Reix qui nous a ravi. 

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    Ses assiettes sont incroyablement convaincantes, alliant bonne humeur et grand professionnalisme. C'est une adresse où il nous faudra revenir rapidement, dans une configuration plus classique.

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    Une fois exiltrés du Jeu de Quilles où nous aurions bien passé la nuit, Jeff a extirpé une Bibonade de son cabas. Le pétillant demi-sec à la myriade de cépages est bienvenu pour clore la soirée : un sucre très fin et des notes florales de fruits blancs et d'agrumes, enfin il parait... Nous l'avons bu sur ce trottoir de ce XIVe arrondissement gourmand et c'était absolument superbe, je vous l'assure.

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    Quoi vous trouvez mon compte-rendu léger ? Ou pas assez clair ? Pas assez fouillé ? Ou plutôt pas assez "cuir-de-Russie-après-la-pluie-dans-un-sous-bois-au-printemps-lui-même-avec-des-arômes-de-ketchup-musqué-et-de-truffe-du-périgord-râpée-sur-un-big-mac" ? Désolé. Vous n'aviez qu'à être là, je me tue à vous le dire.

    Le Jeu de Quilles, 45 rue Boulard  75014 Paris, 01 53 90 76 22. 

  • Le beaujolais écrase Lynch-Bages

    Un dimanche midi de décembre chez Eva, il y eut de très belles bouteilles.

    Question bubulles, c'est par Cantillon qu'on s'ouvre le palais : le 100 % Lambic bio et le Rosé de Gambrinus (kriek acide et fruitée et sans sucre). 

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    L'Effraie (domaine de Bellivière, Eric Nicolas), rondouillard mais bien présent avec les foies gras.

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    Continuons avec O7 d'Alexandre Jouveaux. Malheureusement, un peu en retrait aujourd'hui. C'est plutôt dommage, je misais pas mal dessus.

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    Mais pas aussi en retrait que Lynch-Bages 1995. 

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    Par contre, la bouteille qui a fait l'unanimité est ce chef-d'oeuvre d'Isabelle et Bruno Perraud, intitulé Côte de la Molière, dans sa version 2009. Les chiffres donnent le tournis pour du gamay : 12 hectolitres à l'hectare et élevage de 8 mois en fûts de chêne sans aucun produit malveillant. Du pur bonheur !

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    Fin du repas de midi : 18 heures.

  • Deux repas arrosés ce dimanche

    A midi, un coup de champagne classe. La dernière bouteille de Grande Sendrée 2000, la cuvée qui n'a jamais été aussi fine.

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    Avec l'estomac de cochon farci, le saint-émilion naturel du Château Meylet année 1990. Un peu éteint au début mais qui se revigore par la suite, il devient un vin de grande classe, digeste et dégraissant. Le prototype du "vin fin", vocable qu'utilisaient à l'époque les bonnes épiceries.

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    Question digestifs, on a sorti trois jolies et sacrées bouteilles. La poire de la distillerie Maucourt en Moselle (on en reparlera) et celle de chez Manguin à Avignon. Si désormais je connais bien la première, j'avoue que la seconde est une très belle surprise. Jamais entendu parler de Manguin malgré mes séjours dans ce coin de la France. C'est incroyablement fruité et acéré, sans avoir le feu de l'alcool. A côté, le roi du cognac, celui de la famille Estève toujours aussi caressant. 

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    Le soir même, Thomas apporte un petit bourgogne qui coule vraiment très bien (bourgogne La Taupe 2008 de Hubert Chavy). Un cran au-dessus évidemment (mais pas de photo), ce fut le volnay 2007 de Rebourgeon-Mure qui me semble maintenant bien mûr.

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    En guide de dessert, les pruneaux à l'armagnac de Dartigalongue dont j'ai expliqué ici la prouesse gustative, à base de vrai sirop, de vrai armagnac et de vrais pruneaux. Effectivement, ça change tout. Facilité du sucre, amerture du pruneau gorgé et acidité apportée par l'alcool : c'est incroyable...

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  • Des vins de raclette bien singuliers

    Chez Audrey, un petit coup de chinon 1981 de chez Couly-Dutheil. Bon c'est sûr, avec la raclette on a connu des choses plus ton sur ton, mais on s'amuse un peu. C'est terrrrrrriblement fumé, un peu éteint (logique) mais bon, je pensais que ça allait être bien pire. On ne peut pas dire qu'il s'agisse d'une bonne surprise, on a eu du mal à finir la bouteille mais on va dire que ça allait.

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    Evidemment, le morgon 2008 de Marcel Lapierre à côté de ça ne nécessite aucun commentaire.

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    La bouteille décevante de la soirée, c'est le blanc (auxerrois 2009) de Oury-Schreiber, vigneron phare en Moselle française. J'ai trouvé un gros manque d'acidité. Vu que j'avais le palais bien endolori après tout cela, il faudra le regoûter à jeun.

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  • Première petite fête pour TFPDMJC

    Pour la sortie de notre petit coffret de recettes de cuisine, Franckie et moi avons réuni quelques amis et quelques quilles. Mention spéciale pour trois bouteilles naturelles qui envoient du lourd : Classe 2010 de Jeff Coutelou (en magnum), le Saint-Véran 2009 d'Isa Perraud (en magnum) et Les Joues Rouges 2010 de Jean-François Chéné (en magnum).

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    On a fini au rhum du Nicaragua, le Mombacho vieilli 8 ans. Classe !

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  • Joyeux vinniversaire !

    Lorsqu'un blogueur déboule à la maison pour une dégustation et qu'il fête son anniversaire le jour même, on prend le soin de mettre au frais un champagne Drappier Carte d'Or certes, mais millésimé 1995. Elevage de 15 ans (dégorgé en février 2010) qui n'est pas du tout intrusif, le jus est bien vivace. Les réactions ont été très positives parmi les connaisseurs. Déjà à l'époque...

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    Autre bouteille assez inconnue, ce vin blanc du Portugal Mux Branco 2009 du domaine Muxagat Vinhos do Douro. Elle nous a été offerte par Raphaël Gonzalez (Clos des Cîmes) car le producteur portugais fait partie de sa belle association Jeunes vignerons d'Europe. Raphaël m'avait laissé un moyen mnémotechnique pour retenir le nom du cépage : "il suffit de se souvenir de Rabbi Jacob : le cépage, c'est le rabigato". C'est puissant mais enveloppant, pas du tout sucré. Moi, j'ai beaucoup aimé ce blanc ensoleillé pas putassier ni trop amer. Goûté deux jours plus tard, il est assagi, comme un miel sans sucre selon le mot du Bicéphale Buveur qui l'a déjà goûté.

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    Autre blanc que j'aime particulièrement, Les Moyens du Bord, de La Grange Aux Belles. Autour de la table, le débat s'est enflammé sur ce nez de pomme verte caractéristique de pas mal de vins blancs naturels. Moi, j'avoue que cela ne me dérange pas : c'est vif, propre, parfumé et effectivement assez particulier. A 17 euros le magnum chez Morapio y Papeo, c'est un vin de copain des plus sympathiques. Goûté deux jours plus tard, lui aussi s'est calmé sur sa pomme verte mais subsiste le caractère pointu du chenin. Me reste à ouvrir le petit frère en rouge.

    N'oublions pas un côte-roannaise 2005 d'un de mes chouchous, Lapandéry. Tout à la fois croquant et complexe, il n'a pas convaincu que moi... On est totalement dans le vin anti bling-bling. A quand la verticale 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 ? Et d'ailleurs, j'y ajouterai une surprise !

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    Et sinon, côté dégustation proprement dite, y avait ça...

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  • La soirée aux pinards introuvables (2)

    C'était un peu la soirée de Sébastien Fleuret. Eva nous a sorti deux quilles de son frigo. Déjà, le rosé pétillant Sitting Bulles, le pétnat avec des bulles fines. C'est vineux et engageant : une bouteille ne suffit pas. 

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    Toujours chez Sébastien Fleuret, cet Allez les Verres est en fait un vin rouge (cabernet-franc bien sûr). On n'y retrouve pas les arômes parfois caricaturaux du cabernet (poivron) et ça coule comme un truc rare, comme un supporter de foot qui serait sympathique. Ce que j'adore vraiment, c'est qu'il s'agit là encore d'une cuvée confidentielle mais qui se tient, et même bien plus que ça ! Et évidemment, Eva a tout expliqué ici.

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    Juste avant, un coup de blanc tout de même, le Petits Sylphes 2010 de Raphael Gonzales et Elodie Aubert. J'en avais déjà mis une couche ici, la tablée presque totalement composée de néophytes du Clos des Cîmes est conquise.

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    Quant à la bouteille apportée par Jacques, le 7 sous Riz (syrah) 2007 du domaine des Causse Marines (Patrice Lescarret). C'est extrêmement pointu, à ne pas mettre entre toutes les langues. Très long en bouche, nous aurions sans doute encore gagné des étoiles dans les papilles à le carafer plus longtemps. 

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    En tout cas, on s'amuse comme on s'était amusé lors de cette soirée-là.

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  • Revue de quilles

    Lors de soirées, de fêtes, de repas, d'apéros, d'après-sieste, seul, à 15, au verre ou à la bouteille, en août ou en septembre, on a goûté pas mal de choses ces dernières semaines. Faisons un peu le tri.

    Le Prosecco di Valdobbiadene Animae est en réalité le premier prosecco naturel (sans soufre ajouté). Oui, ça en impose sur la table. Une belle bouteille qui a de la gueule, c'est sûr, mais il reste un fond de sucre trop présent pour moi. Je fais partie de cette secte baptisée Extra-Brut ou Brut Nature selon les cuvées. C'est disponible (quand il n'y a pas de rupture de stock) aux Caves de Lamarck pour 18 euros. 

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    Pour le même prix (au Verre Volé), je lui préfère et de loin cette bouteille-là. Le pétillant Mont-Blanc 2006 du domaine Belluard en Savoie, méthode traditionnelle issu d'un cépage du coin, le gringet. Elevage de 4 ans sur lattes, le côté beurré est présent mais ce n'est pas offensant. C'est extrêmement vif, proche de 12° et très rafraichissant. On pourrait le servir comme un gouleyant champagne low-cost.

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    Le "petit" gamay de Claude Courtois (10 euros aux Papilles) est un régal une fois carafé plusieurs heures et intelligemment. Pur. 

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    Le Petit Jo de la Roche Buissière, ma première bouteille de ce domaine. 60 % syrah, 40 % grenache, vinif et élevage sans soufre, seulement un peu de SO2 à l'assemblage (15 mg/l) : tout est expliqué au verso, bien ! Si on ressent un peu de chocolat au début, cette sensation se fait la malle après un coup de carafe pour en faire un vin de copain qui coule plus que bien. Une des très belles surprises du moment, un rapport qualité-prix franchement sympathique (8 euros au Verre Volé).

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    C'est l'une de mes bouteilles favorites chez Gilles Azzoni, Hommage à Robert 2006. Naturel de chez naturel. On a toujours un peu de grenadine mais un peu plus vieillie que lors des précédentes bouteilles. J'aime beaucoup. Et seulement 8 euros chez une nouvelle petite cave, Morapio y Papeo dont l'adresse m'a été donnée par Jérémy "le dénicheur". On en reparlera.

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    Cacous 2010 d'Alain Allier dans le Gard. Du jus, du jus, du jus... Une dizaine d'euros au Verre Volé.

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    Je suis tombé sur cette bouteille par hasard chez Nysa. A près de 30 euros, j'aurais mieux fait de m'abstenir. C'est totalement plat et même un peu extrait comme parfois chez les De Montille. Ce bourgogne 1995, l'une des rares bouteilles faites par le père que j'ai eu la chance de boire : j'en attendais un truc démentiel, la déception a été à la hauteur.

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    Eva en a parlé ici avec le fromage. Et comment ! Tu l'ouvres, ça pétille et c'est bien oxydé, parfait avec le fromage donc. Le fruit étant par contre toujours là, c'est extrêmement refraîchissant. Ok, ça ne ressemble à rien. Puis, après 2 heures de carafe, la bulle s'est calmée mais le vin ne ressemble toujours à rien, sinon à du chenin pétillant oxydé fruité et buvable. Les ennemis du vin naturel vont gueuler, autour de la table on a trouvé cela tout simplement divin. Le Panier de Fruits 2008 de la Coulée d'Ambrosia de Jean-François Chené (une bonne quinzaine d'euros au Verre Volé ou aux Papilles).

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  • Gers : quatre vins qu'on a terrrrriblement aimés

    Durant cette petite escapade dans le Gers, on a bu quoi ?

    Du local, déjà. Dominique Andiran du domaine Haut-Campagnau, à Montréal (pas au Canada, mais bien dans le Gers) fait des vins qu'on aime. Bien travaillés, gouleyants et qui ne se poussent pas du col. Le Vain de Rû (cette fois un peu beurré et un filament de sucre résiduel) commence à faire un carton, son rouge Magnus (cette fois assez chocolaté et fruité à la fois) est tout aussi superbe.

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    De l'Aveyron où nous avions déjà goûté les blancs, Thomas a apporté un carton des Anciens 2009 de Patrick Rols. Un superbe travail à Conques, qui nous happe tout autant qu'en blanc. A mon avis, c'est l'un des grands vignerons méconnus sur un terroir méconnu. Pourtant que c'est bon ! Il faudrait tirer profit de la masse de gens qui passent sur les chemins de Compostelle pour faire la promotion de ces superbes vins. Je sais que le domaine s'en charge, notamment sur des marchés nocturnes. Mais on ne peut légitimement pas laisser les gens passer dans le coin sans découvrir ces vins !

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    Enfin, de Paris, j'avais apporté toute autre chose. Un bon petit Boulard Les Murgiers (brut nature, 70 % pinot meunier, 30 % pinot noir avec du 2007 surtout et 30 % de 2005 et 2006). Nous aurions dû le laisser patienter quelques semaines, tant le voyage l'avait secoué. Oui mais voilà, nous ne sommes restés que 5 jours. Bouchon qui a sauté sur le toit de la maison, bulles bien excitées au début... Mais il a fini par se calmer et reprendre ses aises. Un très joli champagne, décontracté, pas bégueule, dans son élément. Le Boulard est dans le pré, comme on dit ici.

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  • Champagne et rosé

    Un soir d'août, deux bouteilles insolites. Le champagne Drappier 1995, dégorgé en 2010. Terriblement beurré, incroyablement fin, encore tout plein de vie. Bien meilleur que lors du premier débouchage l'an dernier.

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    Pomponette, le rosé d'Anthony Tortul (La Sorga). Vin un peu léger ce jour-là : manque de fruit et de complexité en général. On le goûtera à nouveau parce que c'est un domaine que j'affectionne particulièrement.

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  • Deux quilles insolites pour là, tout de suite, maintenant...

    Cet été, démarquons-nous. Non pas par snobisme, mais pour sortir des sentiers (re)battus, pour tenter des trucs. Faisons donc dans les bouteilles (relativement) introuvables. La première est corse et d'une classe folle. Je l'ai ouverte sur des moules de bouchot du Mont-Saint-Michel avec quelques légumes d'été. La bouche est à la fois forte et acide : on aurait pu la siffler sur des fromages aussi. C'est une très, très belle bouteille 100 % vermentinu. C'était 22 euros à la Cave de l'Insolite. Où en trouver désormais ? Domaine U Stiliccionu de Sébastien Poly-Casabianca, un bel artisan vigneron.

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    Le second est un rosé incroyable. Aucun poil de soufre, ça pétille sous la langue, ça part dans tous les sens. Le mec ou la nana qui gueule contre le vin naturel va lui trouver des milliers de défauts. Le mec ou la nana qui adore le vin naturel va en faire son étendard. La personne qui ne fait pas la différence va sans doute aimer : une couleur sauvage (renforcé par le rouge de mon canapé sur la photo), un fruit étincelant, un vin qui rapproche les gens. Et là encore, une classe folle. Il faut le laisser vivre, le carafer si on ne veut pas du côté frizzante et surtout, surtout ne pas le servir trop froid, ni trop frais d'ailleurs. Il faut le laisser s'exprimer. Pourquoi le faire en 75 cl ? le jéroboam lui sied mieux ! A peine une dizaine d'euros à la Cave des Papilles. Le domaine s'appelle La Grande Colline, à Saint-Péray et le vigneron hors-norme est japonais, Hirotaké Ooka. J'en parlais avec Olivier hier : un jour, il faudra faire quelque chose sur ces Japonais qui s'attaquent aux monuments français (vin, pâtisserie, cuisine traditionnelle...) avec une incroyable humilité doublée d'une incroyable réussite.

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  • Soirée Facebulles

    Prof particulière d'une utilisation responsable de Facebook, Eva nous a réuni avec Stéphanie. Les réseaux sociaux d'accord. Mais on boit quoi avec tout ça ? Eva a déjà tout expliqué ici mais j'en remets une couche. 

    Le montlouis Brut Nature des Loges de la Folie. Aucune lourdeur, aucune difficulté... Encore une fois, voici un crémant qui met un coup dans les couilles à tant de champagnes

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    Une quille déjà beaucoup bue. Le vouvray pétillant des Breton, La Dilettante. C'est un peu plus rond et tout aussi fin. Qu'on est bien en chenin...

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    Cuvée sans soufre ajouté du Brut Nature de Drappier. Un coup de carafe et c'est parti. On est sur un joli vin, un poil court dirais-je. Rien à voir avec l'idée qu'on se fait du champagne, c'est bien plus pointu. Et si c'était ça le vrai champagne

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    Rien à voir. Mon premier champagne de Francis Boulard est Petraea 1997-2006, c'est-à-dire vinifié selon le principe de la solera (chaque année, on assemble la nouvelle cuvée avec les millésimes précédents). C'est tout à fait grandiose mais extrêmement beurré : ça peut en refroidir plus d'un. 60 % pinot noir, 20 % pinot meunier et 20 % chardonnay et pas de liqueur d'expédition non plus (Brut Nature). Je suis impatient de goûter le reste de la gamme.

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  • Trente ans et toutes ses quilles

    Pour le trentième anniversaire d'Olivier, c'est durant tout un week-end que nous avons descendu maintes et maintes quilles, au hasard et souvent. Ou comment Vernon a vu arriver une escadrille de vins naturels (on aurait pu ouvrir une cave). Petite revue des troupes.

    Olivier et moi avons fait livrer une vingtaine de quilles de chez Drappier, ça va donc défiler. Normal donc de commencer le défilé ce vendredi soir avec le Général. Si Jules Chauvet lui fournissait son beaujolais ordinaire, c'est Drappier qui l'approvisionnait en bulles. En hommage, une cuvée Charles de Gaulle (80 % pinot noir, 20 % chardonnay, ici en version 2006) qui existe depuis 1990 : j'ai déjà dit que ce n'était pas du tout une cuvée marketing. Par contre, il parait moins citronné que les autres fois, comme s'il venait d'être dégorgé il n'y a pas si longtemps. Il faudra attendre que les autres bouteilles prennent leurs marques.

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    Un magnum de Au Hasard et Souvent, de Jean-Christophe Comor dont j'ai déjà dit beaucoup de bien ici, tout en expliquant ce que c'était. Servi à bonne température, c'est encore plus terrible que la première fois... Comme si la vigne se levait et pressait elle-même son raisin, avec ses petits bras musclés. Quoi ? Je délire ?

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    Le lendemain midi, pour se remettre les papilles en place, on ressort les vieux dossiers. Voici l'une des bouteilles qui m'a irrésistiblement attiré vers le vin naturel. Le bourgogne à Ligoter (tirage de printemps, 2010) des De Moor. On pourrait le croire parent pauvre des autres grands blancs de la région : non, ça m'excite plus que d'autres bouteilles plus chères et déjà mortes. Indice de torchabilité extrême, mais avec une bouteille pour 10 personnes, ça devient tout de suite plus compliqué...

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    Ce samedi midi, on est vraiment gâté. Le morgon 2007 de Marcel Lapierre, en magnum. Unanimité intergénérationnelle autour de la table. Ai-je encore besoin d'ajouter quelque chose ?

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    Du fin fond de la cave du père d'Olivier, nous avons remonté un roussillon rouge, Mas Crémat 1995. Franchement, on s'attendait à un truc mort de chez mort mais non, ça pulse encore. Plus raide évidemment que les bouteilles débouchées depuis le début du séjour, mais franchement, bonne surprise.

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    Vu qu'on est raisonnable, on est parti se balader. Mais bon, voilà, vers 19h il manque un coup de Drappier. Là on est désormais 15 à table, il faut bien deux magnums de Brut Nature tout simple. Je l'avoue : je le bois depuis au moins cinq ans, dans toutes les occasions, par tous les temps, dans toutes les positions... Jamais il ne m'a semblé aussi fin que ce soir là.

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    Arrive l'une des raretés du week-end. L'Anglore aux Foulards rouges 2005, dégoté tout au fond de la cave du Verre Volé (45 euros le magnum). Si j'ai bien compris, c'est le grenache de l'un qui va chez l'autre pour être vinifié. C'est incroyablement épicé, sur le poivre, le poivron. C'est fin et ça coule dans tout le gosier. Une bouteille bue à son apogée sans doute. Par contre, le gecko fait peur aux filles.

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    Côté digestif, nous retrouvons le Golden Arak de Ramallah en Cisjordanie, même si notre coeur penche plutôt pour l'arak Sabat de Bethléem. Mais ce dernier étant encore plus rare de la Romanée-Conti par nos contrées, on a sorti le cousin. On en reparlera.

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    Avec les cigares du Nicaragua (marque Cumpay, module de taille modeste : je ne suis qu'un débutant) trouvés via Guillaume Tesson, sortons un cognac de la famille Estève. Le Très Vieux Cognac de la Propriété, c'est un assemblage de cognacs de 1950, 1968 et 1970. Je tiens tout cela, bouteilles et conseils, de la bouche de Jacques Estève, rencontré à Paris il y a quelques mois. Un cognac hors du temps, rond, apaisant... Un moment d'exception et ce n'est pas Christian Bétourné qui devrait dire le contraire (enfin, j'espère...)

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    La nuit fut douce. Le lendemain midi, réveil au Quattuor de Drappier. Je pourrais faire mon chieur et asséner la même critique que sur le De Gaulle : on aurait dû l'attendre un peu. Mais on est déjà sur un truc grandiose. Pareil, j'en ai déjà beaucoup parlé : pour plus de détails, c'est ici.

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    Arbalète et Coquelicots, le petit dernier de Jean-Baptiste Sénat (le vigneron naturel qui vient de gagner un 94 chez Parker...). 70 % grenache, 30 % cinsault et une mise en bouteilles un jour "fruit" donnent justement un jus de fruit relevé. A près de 15 autour de la table, ça part vite, vite, vite... (le saumur-champigny en arrière-plan, on ne l'a pas ouvert).

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    Voici un des poids lourds de ce week-end. Quelqu'un l'a-t-il reconnu sur la photo ? Une chose est sûre : c'est du vin naturel (vignes conduites en bio, non filtré, non collé, peu de soufre) mais ça, je ne l'ai appris que le mois dernier. Le producteur ne communique pas trop là-dessus, il préfère parler de l'élevage de 7 ans. Cette bouteille, dans un millésime plus ancien (1997) m'a fait comprendre il y a de cela 9 ans que le vin pouvait être terriblement bon. Etudiants à Toulouse avec Thomas et Olivier, nous sifflions très raisonnablement les cochonneries de Nicolas ou de la supérette d'en-bas. Raisonnablement, car ce n'était pas très bon, on en convenait déjà un peu et donc pas besoin d'en boire des litres. Jusqu'à cette bouteille apportée un soir par Olivier. Tous les trois étions sur le cul et, à partir de ce moment, nous n'avons plus regardé le vin de la même façon.

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    Pour nous c'est un mythe mais c'est aussi un mythe pour beaucoup d'autres buveurs. C'est le Château Musar, ici en version 1999. Oui, il y a 9 ans, c'est un vin libanais qui m'a fait comprendre combien le jus de raisin fermenté pouvait être grandiose. Pour rendre la pareille à Olivier, je lui ai retrouvé une bouteille de Musar. C'est d'ailleurs assez difficile à dénicher, si quelqu'un a des pistes pour en acheter d'autres... Le 1999 est incroyablement frais, le bois n'est pas envahissant, les tannins fondus, la bouche ample, même s'il est plutôt court (ce n'est pas forcément un défaut). C'est un domaine rare.

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    Difficile de passer sur autre chose, alors allons faire un tour de vélo. Jusqu'à l'apéro du dimanche soir et le rully 1er Cru les Margotés (domaine de Bussière) dans sa version 1987. Lui aussi est loin d'être mort, il n'a aucun défaut radical même si évidemment, il a pris un coup de vieux. Servi un peu frais aussi au départ pour voir s'il avait du répondant ensuite : réponse positive.

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    Allez, une beauté. Le tavel 2009 d'Eric Pfifferling apportée par Nico. Autant le dire tout de suite, je considère que c'est l'un des meilleurs vins au monde. Est-il vraiment raisonnable de l'ouvrir quand on est autant à table ? Pourquoi ne pas se la garder pour soi ? Comment ça, faut partager ?

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    Enfin, pour clore le week-end et mes parties de ping-pong perdues, retentons le Quattuor de Drappier. Il est bien plus ouvert qu'à midi, on lui a laissé le temps de se reposer après l'ouverture, ça joue beaucoup. L'un des meilleurs champagnes qui existent.

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  • Quand Antonin casse certains de nos rêves...

    Notre cher Guide nous a convié chez lui un soir de juillet. Dans le XIIe arrondissement de Paris dorment de belles quilles chouchoutées par Antonin. A la fin de la lecture de l'article, certains penseront peut-être à aller y faire un fric-frac : je donne l'adresse, le code et l'étage au plus offrant...

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    Thème de la soirée, le rouge. Avec plein de rouges. Sept bouteilles patientent sagement devant les yeux impatients d'Emilie, Eva, Samia, Stéphanie, Frédéric, Laurent et moi.

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    Première bouteille. Nez et bouche très légers : une macération carbonique ? Un beaujolais ? Non, plus lourd, plus d'alcool. Pas un pinot non plus. Léger, poivré et plus généralement épicé, j'ai même noté "cacao". Puisqu'Antonin nous demande de mettre des notes, allons-y : 15/20 soit un vin particulièrement bon et savoureux selon la typologie Vindicateur. C'est quoi, c'est quoi ? Premier cri d'orfraie de la soirée : j'ai été incapable de reconnaître un domaine que je connais pourtant très bien, Les Foulards Rouges de Jean-François Nicq. Cuvée Glaneuses, 70 % grenache, 30 % syrah. Voilà que ça commence bien cette dégustation... Prix caviste : 13 euros.

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    Deuxième bouteille. Là, j'en suis sûr, le nez est caractéristique d'un vin naturel. En bouche, quelques tannins adoucis et une première impression : "c'est super bon !" On n'est pas plus avancé... Je crois deviner un Languedoc. En tout cas, il vaut bien ses 16,5. Entre le très bon vin et le vin délicieux. Alors ? C'est un corbières naturel, l'Alternapif 2008 du domaine Les Sabots d'Hélène (Alban Michel). Antonin adore et il a raison. Prix caviste : une dizaine d'euros.

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    Ouh là, là, tout ce vin naturel ce soir... Troisième bouteille. Oui, j'ai entraperçu l'étiquette au moment du service. Mais pour moi, ça se devine très fortement au nez et à la bouche : c'est un pinot noir bourguignon. C'est trop léger, ça s'arrête net mais j'adore ça. Alors zou, 16. Regoûté une heure après, il a perdu de son intérêt, une partie de son fruit s'est évaporé. Allez, 15. Vin particulièrement bon. Là, je me dis aïe, car j'ai vu l'étiquette et c'est Henri Gouges aux commandes. Tu me diras, 15/20 pour un bourgogne générique c'est pas si mal. Quoi ? Comment ça c'est pas un générique ? C'est un nuits-saint-georges ? Ah ben merde alors... Quoi ? C'est un Premier cru ? Tu déconnes ? Quoi ? C'est le Premier cru les Saint-Georges 2004 ? Ah ben merde de chez merde, parce que franchement c'est beaucoup trop court pour une appellation aussi prestigieuse. Parfois la dégustation à l'aveugle, ça ne pardonne pas. Parfois... Prix caviste, aïe : 80 euros.

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    Quatrième bouteille. Whaou... Fin, long et de très beaux amers. On est encore en Bourgogne mais c'est clairement quelques crans au-dessus. On dirait bien que ça vaut 17 (vin délicieux, complexe et très charmeur à la fois), voire 18 (grand vin, excellent et mémorable) une heure plus tard tellement on gagne en complexité. Allez dis Antonin, c'est quoi ? Rien de moins que le latricières-chambertin du domaine Trapet, version 2006. Alors là, merci... Mais fallait nous dire qu'on allait boire des trucs comme ça ce soir : on se serait lavé, on aurait repassé nos chemises ou mis un tailleur. Trève de plaisanterie, c'est exquis. Prix caviste : 80 euros, rien à voir avec le précédent.

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    Cinquième bouteille. Et ouais, après le Trapet, on n'en est qu'à la cinquième bouteille, ça promet. Alors là, c'est boum-boum : un nez absolument hallucinant, je ne sais pas si j'en ai déjà rencontré de tels. C'est un nez à la Usain Bolt : on n'arrive pas à le suivre. Et ça part dans tous les sens, ça évoque plein de choses, de parfums, d'arbres... La bouche a donc du mal à suivre : ce qui est sûr, c'est que le goût est plus rude (élevage) que précédemment. Va pour 16,5. Regoûté une heure plus tard, il a terriblement grandi : la bouche est incroyablement longue, mais aussi massive. Se révèle un très, très grand vin, de ceux qu'on ne boit pas tous les jours évidemment. Avec la complexité folle du nez, je l'avoue, j'ai mis 19 (vin exceptionnel, expression rare et géniale de son appellation). La Grande Rue 2002 du domaine Lamarche, un des grands noms de Bourgogne. Nouveau cri à l'évocation de ce climat aussi mythique... Prix caviste : un peu plus de 150 euros.

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    Qu'il est bien situé ce climat La Grande Rue : on ne le voit pas bien sur la photo, mais c'est entre La Tâche et La Romanée-Conti. Sympas les voisins...
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    Sixième bouteille. Urgh... C'est quoi ça ? Antonin, t'es pas cool : tu nous excites avec des bouteilles incroyables et là, tu nous fais dégringoler de plusieurs étages. Les palabres commencent : bouchon défectueux ? Amertume classique ? Problème de conservation ? Pourtant, on sent qu'il pourrait y avoir un truc pas mal dans le verre. Ah non, c'est la sève... C'est âpre au possible. Après le précédent, il rame sévère. Je relis mes notes : j'ai mis 14 (vin tout juste bon) avec cette phrase "ça vaut 10 euros". Petit problème : c'est le château Haut-Brion 2002. Des cris effarouchés dans l'assistance, des injures, des poings levés, des "mais-c'est-quoi-ce-cirque", des "mais-tu-t'es-fait-refiler-une-bouteille-contrefaite", on commence à fomenter des révolutions, on en vient à se poser des questions sur l'avenir de nos blogs ou le sens de la vie plus généralement... Cette bouteille sans intérêt relève du mythe que nous voulions tous goûter, au moins une fois dans notre vie : tout de même, Haut-Brion, ça fait rêver un minimum. On aurait aimé adorer, dire que c'est génial, que c'est une apparition divine... Mais on ne va pas faire semblant. Et même, on a l'impression d'avoir été dépossédé d'un joli rêve. Ah bien sûr, on sait que ces grands crus ne valent pas forcément les euros nécessaires à leur achat ; mais qu'un grand vin puisse être aussi petit... On le savait déjà, on en est désormais sûr grâce à l'observation empirique : mieux vaut se concentrer sur les "petits" vins qui, eux, ont vraiment le potentiel des grands. Et comme quoi, il n'y a pas que le vin naturel qui puisse tourner au pré-vinaigre. Prix caviste : autour de 350 euros. Si, si...

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    Septième et dernière bouteille. Forcément, on a un peu peur. Tiens, ça aussi c'est Bordeaux. Oui mais lequel ? Antonin ne nous ayant pas servi de pipi de chat pour finir, c'est forcément Laffite, Mouton ou Petrus. C'est assez bon, mais d'un classicisme extrême : 15,5 et je vais même monter jusqu'à 16 (très bon vin). Gagné ! C'est Mouton-Rothschild 2002 ! Franchement ça va, mais ce n'est ni à la hauteur de la réputation de Mouton, ni à la hauteur de son prix (400-500 euros). Pareil, on ne va pas faire semblant. Déception moindre que pour la bouteille précédente, mais déception là aussi.

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    On est totalement désarçonné par la différence abyssale entre la réputation des domaines et la réalité des breuvages. Nous faisons les comptes. Le gagnant de la soirée est bourguignon : La Grande Rue 2002 de Lamarche avec 16,75/20 de note moyenne (sans doute grâce à mon 19). Il bat d'une courte tête le latricières-chambertin de Trapet (16,62). Sur le podium, un vin naturel ! L'Alternapif arrive troisième et décroche 15,96 pas très loin des Foulards Rouges ex-aequo avec Mouton-Rothschild 2002 (15,92). Le résultat est à peine croyable... Le nuits-saint-georges Premier cru d'Henri Gouges arrive péniblement à 15... Et la surprise de la soirée n'est en fait qu'une confirmation : Haut-Brion 2002 ferme la marche avec 14,63...

    Conclusion. Ils n'ont pas l'air cons les grands crus avec leurs notes pourries et leurs prix qui correspondent au loyer mensuel d'un studio parisien. Bien évidemment, tout cela n'est que subjectif, notamment le système des notes. Mais on ne peut pas nier le fait qu'il se dégage quelque chose de cette dégustation. A l'aveugle, les grands crus se font exploser par des vins à 10 euros. Le plaisir (quand il y en a) n'est certes pas le même, les consommateurs non plus et je ne plaide pas pour que les vignerons fassent exclusivement des vins à 10 euros. Par contre, certains devraient se poser des questions.

    Même si je suis persuadé de la justesse de cette dégustation, je sens que les critiques ne vont pas tarder à fleurir. Je les devance :

    - "Qui sont ces jeunes cons à qui on a servi du caviar à la louche ?" Nous étions sept : des filles, des hommes, des mecs en chemises, d'autres en ticheurte, des filles en tailleur, des brunes, une blonde, des types pas rasés, des vingtenaires, des trentenaires... Et tous, nous sommes d'accord avec le verdict final. Personne ne s'est écrié "Haut-Brion, c'est du génie en bouteille !"

    - "Vos palais sont trop jeunes, vous n'avez pas compris ces vins !" Jeunes ou expérimentés, les palais n'aiment pas le vin qui sent la sève ou la rafle à plein nez. Pour le vinaigre, voyez du côté de Banyuls, pas de Bordeaux.

    - "Il aurait encore fallu attendre ces vins !" Et puis quoi encore ? Y en a marre de cette rengaine... Un bon vin, c'est bon jeune, c'est bon vieux. Il y a des primeurs de bordeaux qui sont exceptionnels quand on les goûte au fût. Alors si 9 ans après le pinard n'est pas près, ne comptez pas sur moi pour poireauter.

    - "Vous êtes tombés sur un Haut-Brion défectueux". Peut-être. Ce qui voudrait dire que pour Mouton ou Gouges, c'est pareil ? Et que les deux vins naturels (notés à leur juste niveau) étaient normaux ? Les bouteilles ont été bien conservées et bien ouvertes, on n'a pas fait n'importe quoi non plus.

    - "De toute façon, vous préférez la Bourgogne !" Réponse personnelle : oui ! Et de loin ! On trouve encore des nuances et une complexité qui n'existent pas (plus ?) vraiment à Bordeaux.

    - "Et puis vous êtes de jeunes bobos parisiens... C'est normal, vous préférez le vin naturel". Oui, sans doute. Mais j'aime aussi la Romanée-Conti ou La Grande Rue de Lamarche, surtout dans un millésime comme ça. N'oublions pas que le vin, c'est aussi du plaisir.

    - ... si vous avez d'autres critiques, je suis tout ouï.

    Dernière chose : on n'a pas condamné définitivement ces grands crus inabordables. Un jour ou l'autre, on les goûtera à nouveau. Mais ça fait un peu mal au postérieur... Reste à remercier Antonin pour nous avoir ouvert sa cave personnelle et pour avoir contribué à la formation de nos goûts. Promis, on t'en veut pas d'avoir casser un ou deux de nos rêves viniques...

  • Avec ces alcools, la fête est plus folle !

    Pour une grosse teuf à la maison avec une quinzaine de personnes, on n'est pas obligé de sortir le Dourthe, ni les petites récoltes de Nicolas ni d'autres vins de supermarchés. On peut aussi bien faire les choses, choisir des vins "dont les raisins sont issus de l'agriculture biologique" ou tout simplement quelques vins dits naturels qui ont la particularité d'être délicieux... Et puisqu'il y a ici moins de soufre que chez Carrefour, Auchan ou Franprix, on va limiter le mal de crâne le lendemain. Encore une chose, le prix : on va sortir quelques bouteilles bien sympathiques mais on ne va pas non plus tabler sur Selosse pour toute l'assemblée... Il y a donc un petit secret pour ne pas se ruiner.

    Pour s'exciter les papilles, plutôt qu'un champagne bas de gamme qui me bouffe l'oesophage, misons sur Atmosphères, le muscadet pétillant de Jo Landron. C'est parfumé, la bouteille a de la gueule et les bulles ça en jette.

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    Le rosé 2010 d'Hervé Villemade, très léger, n'a pas remporté les suffrages que j'espérais. Je suis un peu déçu donc. On le goûtera à nouveau et plus au calme.

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    Autre perle, le rosé de Gaillac de Phillipe Maffre (Bois Moisset). Joli bonbon bien sec mais plein d'amour. Une belle bouteille, y a pas à dire.

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    Transition avant les rouges. Un magnum de Boire Tue de Pascal Simonutti. Evidemment l'étiquette interpelle (le vigneron est le roi de la provoc) mais le contenant aussi. Le pineau d'aunis à son paroxysme : léger, fruité, gouleyant, vif, dégraissant, digeste, rafraichissant... Le vin parfait pour les grandes fêtes. Sauf que le magnum se vide trop vite.

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    L'une des bouteilles de la soirée, le Château Falfas 2006 en Côtes de Bourg. Mais oui, il ne faut pas hésiter à sortir le bordeaux quand on y croit : ici, c'est du biodynamique tout de même. J'avoue que, même si j'y croyais, mes idées reçues étaient assez fortes et j'ai mis un peu de temps avant d'y glisser le nez. C'est un vin extrêmement classe, très pointu, pas lourd du tout et bien piquant. Je peux même avouer que je l'ai acheté au Repaire de Bacchus et que j'irai en acheter à nouveau.

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    Enfin, un petit secret pour étancher la soif des convives à moindre prix. Ce n'est pas très compliqué, il suffit de suivre les recettes éculées. A savoir un petit cubi de blanc égayer toute la soirée. Oui, oui, du cubi et pas du tord-boyaux... ça existe ! Il suffit d'aller chez un caviste de très grande qualité (Les Papilles, rue Daguerre, dans le XIVe) et de dégoter 5 litres du sauvignon 2009 d'Hervé Villemade pour une trentaine d'euros (6 euros le litron donc, aussi cher que le pinard dégueu de la supérette). Sauvignon pur, un vin plus classique que les autres cuvées du maître et sans doute un peu plus de soufre pour la conservation. C'est assurément excellent : si tous les bistros nous servaient ça au lieu d'un improbable sauvignon de comptoir, Paris aurait un peu plus le moral. Par contre, les préjugés ont la vie dure : les gens autour de moi rechignent à goûter à ce vin sorti d'un carton dans le frigo. Et puis une fois dans la bouche, tout le monde veut être reservi. La preuve que le vin en cubi, ça peut être terrible...

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  • Jolies bouteilles, sacrées bouteilles

    Sur les bons petits plats de Mari, la dernière version du tavel du grand Eric Pfifferling et le Riberach rouge en 2008. Le premier n'est pas encore tout à fait en place, un peu comme le Chemin de la Brune n'était pas tout à fait dans ses chaussettes il y a quelques mois : à attendre un peu. Et comme tous les ans, il sera l'un des plus grands vins français.

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    Que dire du Riberach ? A la Cave de l'Insolite, j'ai eu la chance de rencontrer le vigneron qui m'a fait goûté ses blancs. Je les avais trouvé absolument superbes, une grande, grande réussite. Mais là, il ne vendait que du rouge. Allons-y pour le rouge. Ici aussi, c'est un très beau vin, déjà bien en place lui. Mais je garde encore le souvenir ému des blancs.

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  • La soirée aux pinards introuvables

    Chez Olivier, tout commence par du blanc. Celui du Casot du Mailloles, le 2009 laissé à l'abandon toute une saison dans mon appart. Le "No Sulfites" a bien survécu : il est taquin même s'il manque un peu de peps. Dans les bons jours, c'est assurément le meilleur blanc du monde. Ne cherchez pas, cette bouteille n'existe pas (ou alors, prenez votre temps). Celle-là arriva directement de Banyuls l'année dernière.

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    La star de ce soir est une autre bouteille. Un ovni, objet vinicole non identifié. Après l'avoir repéré chez Jérôme Leroy, j'ai dû mener ma propre enquête. Je peux le révéler ce soir, la piste m'a mené au Vin au Vert, à Paris.

    Voici la cuvée Au Hasard et Souvent. Je vais essayer d'expliquer les choses clairement. Le vigneron n'est autre que Jean-Christophe Comor du domaine Les Terres Promises dans le Var. C'est le papa de l'Antidote, d'Analepse ou d'Apostrophe. Bref, un de mes vignerons fétiches. Au Hasard et souvent, c'est un magnum artisanal : le nom de la cuvée est écrit à la main.

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    C'est un objet rare, il n'en pousse que 400 magnums par an. Celui là porte le numéro 358. C'est quoi ? Du rouge. Du gros qui tache ? Non, pas vraiment. C'est comme si le Beaujolais s'était décalé de quelques centaines de kilomètres vers sud. Et pour cause : les plus vieux carignans du domaine travaillés en macération carbonique associés à des mourvèdres élevés de manière plus traditionnelle, dans un foudre de 18 hectolitres. Dit comme ça, ça ne ressemble à rien.

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    Il faut donc le boire pour le croire. C'est un jus exquis. Nous l'avons un peu assomé de fraîcheur à l'ouverture : il faisait si chaud dehors que nous voulions nous désaltérer. Mais au fur et à mesure de la soirée, il se stabilise et acquiert la gueule d'un vin surprenant. Un jus de fruit relevé. Une mâche incroyable, un vrai nectar qui coule rapidement : les termes sont un peu antinomiques, mais ça me fait penser à ça. Autour de la table, un invité s'écrit "quelle belle surprise !". C'est surtout un jus qui soude l'amitié : je ne sais plus qui disait ça des vins de Comor, mais je trouve la phrase fort à propos. C'est exactement le genre de vins que j'aime. De l'entrée au dessert, c'est un régal que l'on sert.

    Le nom de la cuvée est un hommage au journal de Sébastien Lapaque, publié chez Actes Sud l'année dernière. Le jour où on a bu ce vin, il faisait bien trop chaud, je le répète. On va vite le regoûter en scandant quelques phrases de Sébastien. A suivre donc.

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    En "dessert", cette cuvée inconnue des Foulards Rouges. Jean-François Nicq a sorti d'on-ne-sait-où ce 100 % grenache primeur à l'automne 2010 (j'imagine...). C'est désormais assagi même si on devine le côté rugueux derrière. Un style différent du précédent évidemment, mais je trouve que le côté groseille marche bien avec le dessert. C'est Franck Bayard qui m'a donné les infos sur cette cuvée complètement inconnue.

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    Blanc du Casot, Au Hasard et Souvent, 100 % grenache primeur des Foulards Rouges : une chose est sûre, on n'est pas allé les chercher chez Carrefour ni chez Leclerc.
  • Les coquins d'abord

    "Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique". David, alias Bicéphale Buveur nous a gratifié d'une de ses formules tranchantes. Mais en tant que demi-hôte, je me devais de faire le boulot du scribe et de narrer cette soirée par le miam et le glou.

    Nous partîmes 5-6 mais par un prompt renfort, nous nous vîmes une quinzaine en arrivant à la Cave de l'Insolite ce vendredi. C'est mon adresse mythique pour ceux qui n'auraient pas suivi, celle qui me fera venir les larmes aux yeux quand mes petits-enfants m'obligeront à leur en parler. Dans l'ordre alphabétique, sont présents : Antonin, David, Emilie, Eva, Franckie, Laurent, Maude, Olivier, Samia, Sébastien, Stéphanie. J'espère n'avoir oublié personne. Puis plein d'autres gens se sont greffés ; d'autres beaux garçons, d'autres jolies filles. Michel a préparé des terrines, des fricassés de coquillages, un porcelet de 7 heures avec des artichauts épineux et de superbes fromages (un salers à tomber). 

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    Question quilles, on a fait mentir le joli mot des provinciaux expliquant que si ça bouchonne à Paris, ailleurs ça débouchonne. A Paris aussi, ça débouchonne. Et en plus, on est venu (et on repart) en métro.

    Le savigny-les-beaune 2008 de Sarnin-Berrux. Bam ! On part fort. C'est à la fois emmerdant et pas du tout emmerdant de commencer la soirée avec la meilleure bouteille : on l'apprécie vraiment mais on aurait peut-être préféré finir là-dessus. Très légèrement oxydatif, ça n'a dérangé personne et certainement pas moi. C'est une très, très belle bouteille.

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    Autre belle découverte de la soirée, même si on descend quelques crans en-dessous question renommée de l'appellation. D'ailleurs ici pas d'appellation, c'est un Vin de France. La Lunotte, cuvée Trio (sauvignon, menu pineau) de Christophe Foucher dans le 41. Cette bouteille en a scotché plus d'un. J'ai entendu des exclamations : "Alors ça... C'est vraiment très bon !". Incisivif mais tout de même puissant.

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    Je n'y suis jamais vraiment arrivé avec les quilles de Jean-Paul Brun (Terres Dorées) : ce soir, c'est pareil. Trop tendu.

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    En guest, Olivier B. Il y a quelques moi, je trouvais que ça n'avait pas pris toute son aise dans la bouteille : ce soir, c'est rond et frais, presque gras, mais un beau gras. Là aussi, franchement une réussite. Autour de la table on applaudit, même ceux qui ne savent pas encore qui est Olivier B.

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    Ah oui, ça c'est le sous-verre d'Eva. J'ai une théorie là-dessus. On nous traite souvent de geeks du vin. Là, on voit pourtant la supériorité que l'on accorde au verre, toute sa prédominance. On s'en contrefout des téléphones smarts, en fait. Comme l'a suggéré le grand vigneron Raphaël sur un rézosocial a posteriori : heureusement qu'il n'était pas en mode vibreur.

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    A l'instar des conducteurs ne respectant pas le code de la route, on passe au rouge.

    Une très belle bouteille apportée par David, le Noir de Rouge de Boyat. Le gamay du Beaujolais nord ou de Bourgogne sud, au choix : c'est à Leynes, à côté de Mâcon. Fruit, fruit, fruit : ma devise. Peut-être ma bouteille de la soirée avec la Lunotte (Sarnin-Berrux, je savais déjà que c'était top).

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    La Lunotte en rouge. Plus rustique, plus chaude aussi lors de la température de service. A goûter à nouveau, il y a un gros potentiel.

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    Ajoutons là-dessus le magnum de morgon biotradition 2009 de Michel Guignier (Améthystes). Cuvée insolite de 400 quilles, élevage 14 mois en fût de chêne sur lie fine. J'avoue l'avoir trouvé un peu rêche (sans doute l'élevage) et j'avoue aussi que j'étais le seul dans ce cas : tout le monde a apprécié le côté fruité et la profondeur typique de ce cru. Pour ma part, Je devais être dans un mauvais jour question morgon ; et oui, ça arrive. A regoûter donc, car j'y crois à ce morgon.

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    On en était presque à goûter ça... Le pinard de la Légion étrangère. Que Michel connait bien, qu'Omar (absent ce jour-là) connait trop. Je me comprends. Mais de toute façon, Michel ne nous aurait jamais laissé y toucher. Collector.

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    C'est à ce moment-là, heureux hasard, que survient Philippe Maffre, vigneron de son état du côté de Gaillac. Je suis vraiment enchanté de le croiser ici car j'ai fêté mes 30 ans avec son rouge. J'ai dû lui répéter cet exploit une quinzaine de fois.

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    On ne va pas en rester là et cap sur son Bois-Moisset Rosé. Pas assez froid, il est tout de même présent, bien dans la course. Une très belle apreté, un côté revigorant après tous les liquides ingérés. J'en ai marre des rosés avec une pointe de sucre : ici, je n'ai pas ce souci. Je trouve que c'est un jus de grande classe.

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    Bon, je m'arrête là. J'ai dû oublier une ou deux bouteilles au passage. Pour le reste, pour l'ambiance, pour des renseignements plus précis sur la dégustation, pour la recette de la fricassée de palourdes, pour le sourire de Philippe Maffre, pour les pottins, pour savoir qui couche avec qui... vous n'aviez qu'à être là.

    Dernière chose. Bizarrement, les photos des quilles et de la bouffe sont nettes et celles des humains plutôt floues. Preuve qu'ils bougent beaucoup, qu'ils sont contents d'être là. J'ai vraiment l'impression que l'endroit leur a plu. Je cite encore David : "une cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne". C'est sûr que des adresses comme ça à Paris ne courent pas les rues. Et qu'en adviendra-t-il dans le futur ? On retient son souffle mais c'est un autre débat. Pour ce qui est des photos de nos tronches, elles se trouvent ici, sur le blog du Bicéphale Buveur. J'en ajoute juste une dernière, pour saluer le patron.

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    Le titre du post, c'est une mini référence à Brassens qui picole. Encore une bonne idée d'Antonin.
  • Une soirée avec la bloglouglou

    Quand on accueille chez soi Eva, Stéphanie, Antonin et Jacques, et tout en connaissant les pinards qui patientent au frais, on ne sert certainement pas des pâtes au beurre. Pour avoir les idées tranquilles le jour J, mieux vaut tout faire la veille. Et décortiquer les pois chiches pour le houmous. Et cuire la macreuse quatre heures durant dans la cocotte avant de la monter en parmentier.

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    Vu que la bouffe n'est que subsidiaire ce soir, concentrons-nous sur les bouteilles. Je ne livre ici que mon appréciation et mes souvenirs, forcément un peu flous pour ce qui est la fin de la soirée...

    * L'Opéra des Vins de Jean-Pierre Robinot (Vignes de l'Ange Vin) en apéro. On le répète, aucun lien avec Eva. Pineau d'aunis pétillant (un poil de chenin en sus, disent certains). C'est du 2010 mais chut! faut pas le dire. Sec, acide, pétillant, ça tranche. Une bien belle bouteille.

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    * Cairanne blanc 2009 de Marcel Richaud. C'était un peu la star de la soirée, celle qui nous a réunie autour de la table. Ce qui n'empêche pas la grosse déception, décidément je ne m'y fais pas aux blancs de Richaud. Lourd, alcooleux, peu vif, peu flatteur. Sentiment personnel : zut...

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    * Chemin de la Brune 2010 d'Eric Pfifferling (domaine de l'Anglore), mon vigneron fétiche. Un tavel qui n'en a pas le nom, un rosé de pressurage direct. Goûté il y a quelques semaines, il m'avait paru terne. Là ça y est, il a pris sa place dans la bouteille. Vif, piquant, très accessible. Très joli aussi.

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    * 100 % pur jus du domaine Viret. Pas trouvé des masses d'infos là-dessus : c'est pour Antonin que je l'ai dégotée celle-là, à la Cave de l'Insolite. Goûté il y a quelques jours, ça m'avait paru à tomber. Ce soir, ça tombe à plat. Un goût de sardine à l'huile, comme dit Laurent. Zut (bis)...

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    Antonin nous a fait un joli cadeau empoisonné en nous ramenant 2 bordeaux 2009. Les deux sont plutôt vanillés mais j'avoue que le Haut-Gay est clairement un niveau au-dessus du Beaulieu. Ce genre de vins n'est pas mon truc, je ne vais pas m'appesantir.

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    * Bon, le vrai cadeau pas empoisonné d'Antonin, il est là : Henri Milan cuvée sans soufre 2010, non collé, non filtré, tout le toutim. Depuis le temps que je l'attends... Et bien ? Rien, plat. Goûté à nouveau deux jours après l'ouverture, plat toujours. Mais qu'est-ce qu'il se passe ce soir, bordel ? Sans doute la preuve que ces vins sont vivants. Pourtant, je suis convaincu que c'est un très grand domaine avec de très belles quilles : je ne vais pas m'arrêter à ça.

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    * Gaillac Bois Moisset 2009 de Sylvie Ledran et Philippe Maffre. J'aime bien cette bouteille, étincelante certains soirs. Là, c'est bien plus calme. Plat.

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    * Jacques Berthomeau a ramené deux nouveaux vins de la caves d'Embre & Castelmaure. Il en a déjà parlé longuement : Faut pas rouler les mécaniques 2010 et Vavavoum, même année. Deux rouges, le goût des Corbières. Comme souvent chez Castelmaure, c'est bien fait pour pas cher, le tout avec une jolie étiquette. Mais ça ne laisse pas un souvenir impérissable ; de toute façon, ce n'est pas le but.

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    * Le Feu 2009 de Belluard. Ah enfin ! A mon avis, c'est LA bouteille de la soirée (via Stéphanie). Le cépage gringet en Savoie fait des merveilles quand c'est Belluard qui s'y colle. Même après tous ces rouges, c'est net et surtout très classe. J'en redemande.

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    * Voici maintenant l'énigme de la soirée. Le Morillon blanc 2008 de Jeff Carel, apporté par Jacques. Un chardonnay de l'Aude récolté botrytisé. Fort, pas énormément sucré... On est complètement désarçonné. Une puissance qui écrase tout, une vinifation qui ne semble rien laisser au hasard, un verre assez flatteur. Mais je ne saurais pas dire si ça me plait ou non. Le genre de bouteille assez rare qui change de l'ordinaire.

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    * C'était mon chouchou, avec le dessert. Hormis le fait que les sucres ont tous été bouffés, que la pression était telle qu'on en a mis la moitié à côté et que la bouche est incroyablement rustique (plutôt un compliment chez moi), faut bien dire qu'il n'en avait plus beaucoup dans la culotte mon poiré. Pas d'étiquette pour un jus qu'on se refile sous le manteau : c'est avec ce poiré et leur cidre que le domaine des Patrets, à Mahéru, au nord d'Alençon réalise un excellent calvados domfrontais. Un jus rafraichissant, mais avec les sucres grignotés, c'est forcément moins facile que prévu.

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    * Enfin, tentons à nouveau le Vin de Méditation du domaine de la Tour Vieille. Goûté à Collioure, j'en étais sorti assez déçu avec Hélène et Thomas allant dans mon sens. Avec la bloglouglou à qui, au début, je n'ai pas fait part de ma déception, nous arrivons à la même conclusion : c'est bon, et par rapport à d'autres banyuls c'est même très bon, mais absolument pas sensationnel.

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    Mais qu'est-ce qu'ils avaient les vins ce soir ? La météo était-elle trop chaude, le temps à l'orage ? Question biodynamie, nous sommes en "jour feuilles" : voilà, on est tout simplement dans un mauvais jour.

    Qu'on se rassure, tout n'a pas été bu. Sinon plus personne n'aurait retrouvé le chemin qui mène à ses pénates. Le reste de rouge va finir dans une daube et le reste de blanc dans un gâteau. Par contre, ce qu'on ne voit pas sur les photos, ce sont les digestifs courageusement testés par Antoninwhisky de Michel Couvreur vieilli en fût de vin jaune, rhum-gingembre maison ou encore pastis palestinien (arack sabat extra de Bethléem). Et soyons exhaustif en disant que me reste sur les bras une bouteille de Piège à Filles (Pascal Potaire du domaine des Capriades), apportée par Eva, qui sera bue bien vite.

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    Lien permanent Imprimer Catégories : Entre copains 6 commentaires
  • Le dimanche, c'est maki-jaja

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    Quelques makis pour faire passer le blues du dimanche soir. Et quelques quilles pour les accompagner. Le Brut Nature de Drappier : valeur sûre, l'un des meilleurs accords possibles avec les sushis même sans poisson. Le mâcon-cruzille 2009 de Guillot-Broux : un domaine que je connaissais sur le bout des doigts il y a quelques années et qui fait toujours de belles bouteilles. Le Vin est une Fête 2009 d'Elian Da Ros : jolie petite bouteille, pleine, présente, cacaotée.

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  • La recette pour bien commencer le week-end

    Réunissez 5 amis autour de la table (même une table basse pourrie de chez Casto qui n'a jamais vu un arbre de sa vie). Apportez quelques flûtes et quelques verres Inao tout simples (on ne va pas trop se la raconter non plus). Deux burratas de la coopé italienne du coin, quelques cochonnailles et quelques desserts signé Conticini (amenés en vélib, donc un peu en purée). Et on envoie la cavalerie.

    Tarlant Zéro. Fin, beurré, brioché. Très, très belle bouteille à 25 euros prix caviste. Evidemment, la tablée connaissant mieux Drappier, elle a plus l'habitude de s'exciter sur les 100 % pinot noir (prix propriété) que sur les "un tiers/un tiers/un tiers" (les deux pinots et le chardonnay).

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    La Bohème "équinoxe" de Marc Pesnot. Déjà bu l'autre jour, ce muscadet est vidé à une vitesse sidérante.

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    La vedette de la soirée, sans contestation possible. Le gamay 2007 (classé en bourgogne-grand-ordinaire) du domaine Prieuré-Roch. Dénichée chez Vivant et emportée à la maison. Pour dire la vérité, j'aurais mieux fait de jouer à l'égoïste et de la garder pour moi mais d'un autre côté, les bouteilles comme ça faut les partager ! Le gamay pinote comme une star, on retrouve le côté fumé du Clos des Corvées 1999, en moins complexe. Quoique... Cette bouteille met une claque à beaucoup de volnays ou de pommards de supermarchés ou de mauvais cavistes. Même si ce n'est pas le même cépage que les villages célèbres, la Bourgogne est là et bien là.

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    Belle bouteille aussi, découverte par Thomas. Jours de vigne du domaine de Cabazan en Côtes de Lastours. Par rapport au précédent, on aurait pu croire à un vin lourd, charpenté, vanillé : on est plutôt sur le fruit, sur une matière pas trop envahissante. Bien !

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    Pour conclure, pour accompagner le dessert, voici un grand vin d'Alsace. Gewurztraminer Kaefferkopf Vendanges tardives 2003 de chez Binner. Autant le dire tout de suite, nous détestons d'habitude les VT. Et nous pesons nos mots : c'est lourd, sucré, pâteux, sucré, sans goût, sucré, on vomit tout le lendemain etc. Et c'est sucré aussi. Mais rien de tout ça ici. Comme le modère Thomas, on s'y attendait, on connait Binner, on sait que c'est bon. Hé ouais... Au nez et en bouche, c'est un vin de litchi bien tendu, pas trop sur le sucre. Car on a quoi ? Un millésime de canicule, un immense terroir de granite et grès carbonatés (aujourd'hui classé en Grand Cru), un vignoble avec de l'herbe et sans engrais, une vendange manuelle en octobre, des raisins confits par le soleil, une fermentation en foudres de chêne centenaires sans levure ni chaptalisation et enfin, très peu de filtration. C'est la recette d'une bonne VT.

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  • Un anniversaire

    Alors, si je me souviens bien : des bubulles de Jean-Pierre Robinot, du Gilles Azzoni (Nedjma 2010 et Fable 2010), un gaillac sensationnel (Bois Moisset 2009 de Sylvie Ledran et Philippe Maffre, on en reparlera), du whisky de Michel Couvreur. Etc, etc etc.

  • Whisky-chenin

    Le soir de ce déjeuner d'anthologie, il faut bien manger et boire un coup car ce n'est pas tous les jours qu'Omar est de la partie. Après un petit détour chez Augé, notre choix s'est porté sur le Chinon plein de chenin (2005) du domaine Les Roches de Alain et Jérôme Lenoir (22 euros). Un beau vin bien sec, une toute autre approche du chenin que celles des Noëls. C'est ô combien agréable de voir qu'un même raisin bien travaillé entraîne des résultats différents, loin des vins de cépages aseptisés, standardisés, trafiqués que veut nous faire avaler l'industrie du pinard. En fait, la première chose qui arrive en tête après la première gorgée, c'est qu'avec une telle acidité le chinon semble taillé pour la garde : la bouteille a été ouverte bien trop tôt. Les commentaires de dégustations vont s'arrêter là malheureusement, mon palais en ayant vu de belles depuis ce midi. Dernière chose : Omar a tout compris, il cherche l'indication "Contient des sulfites" et ne la trouve pas. Et sourit.

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    Après le repas, un petit Michel Couvreur ne fait jamais de mal. J'ai enfin imité Olivier et acheté le Overaged. Cire noire et bouchon en liège, forcément y a du dégât sur la table. Mais dans le gosier... Cette bouteille, on devrait l'exhiber aux passants que l'on croise au hasard dans les rues pour leur expliquer que le whisky ne brûle pas forcément l'oesophage. D'ailleurs, comme pour le champagne, je n'ai jamais compris le goût de certains à s'enfiler des boissons qui font mal aux tuyaux avant de grignoter le bide : les whiskies de Michel Couvreur comme les champagnes de Drappier, ça ne fait pas mal à la gorge...

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  • Noëls en mars

    Avec un petit tartare de saumon du poissonier star de la rue, Charly pour ne pas le nommer, on ouvre avec Omar ce Noëls de Montbenault 2009 de Richard Leroy. Fort, très fort, 14°. Encore un peu solaire, sans doute aurait-on dû le garder quelques années encore. Là ça déconstruit le palais et entraîne tout sur son passage. On croyait boire un vin de Loire pourtant. Une terrible force, du volume, de la matière mais quel équilibre...

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    Et on a fait n'importe quoi car deux heures après ce fut au tour du sylvaner Rosenberg 2008 de Barmès-Buecher. J'avais peur qu'il soit transparent après les Noëls mais il nous a fait très, très belle figure.
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  • L'osso bucco du dimanche

    Cette recette d'osso buco est toujours un franc succès. Pour lui faire honneur, le Carabas 2008, L'Uva 2009 et L'Amidyves 2007. Un bon repas, c'est assez facile en fait.

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  • 30 ans, une paëlla, un bas-armagnac

    Manu connaît une bonne adresse de poissonnier à Hagondange qui lui fait une choutte paëlla. Le menu était tout trouvé pour son petit repas de 30 piges.

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    Et après ça, on a fini ce qu'il restait encore dans la bouteille de bas-armagnac 1981 domaine du Miquer. Et on était sobre, c'est dire.

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  • Comment je convertis (facilement) la Lorraine à Olivier B.

    Au moment où toute la bloglouglou picole du ventoux à Paris, je me suis retiré en Lorraine pour fêter les 30 ans de ce coquin de Manu qui n'a rien trouvé de mieux que naître un 1er février. Qu'importe... Laissons les buveurs de la capitale à leurs mondanités et prenons notre bâton de pèlerin. Oui, j'ai décidé de convertir la Lorraine à Olivier B.

    Manu nous convie à un before chez lui, à la veille du grand repas de mardi soir. Et vlam ! sur la table je pose mon Olivier B. à 20h04 pile. Les Amidyves rouge 2007. Je raconte un peu l'affaire et on goûte. Réaction unanime, tout le monde adhère. "Ah ouais c'est vraiment bon". Au moment où Paris boit, Metz trinque aussi.

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  • Les mecs de 1981 ont 30 ans, la la la la, la la la la

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    Il devait être quelque chose comme minuit ou une heure du matin quand on a décidé d'ouvrir cette bouteille de bas-armagnac 1981. Ce fut sans doute le plus froid moment de ce week-end au pied du rocher de Dabo, en Moselle. La terre du grand écrivain Gérard Oberlé. Tous réunis ici par Thomas et Manu pour fêter leurs anniversaires.

    Donc après la raclette, ni une ni deux, on se lève de table. De notre refuge perdu dans la forêt, on marche dix petites minutes en pleine neige et on dégoupille. Evidemment par - 5°C, les conditions de dégustations ne sont pas optimales, mais je pense avoir réconcilié pas mal de personnes avec le bas-armagnac (domaine du Miquer 1981, chez Lavinia). Une bonne surprise, pointu, bien buvable et surtout pas trop lourd ni trop fort. Enfin de ce que je me souviens ; mais ce n'est pas le plus important. Car entre deux batailles nocturnes de boules de neige, ce fut un moment parfait avec tous les copains soudés contre le froid et contre tout le reste.

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  • 1981...

    Bon la grande affaire du moment pour les futurs trentenaires dont les anniversaires jalonneront 2011, c'est de trouver des petits pinards de l'année de notre naissance. Des vins qui, comme nous on l'espère, ont plutôt bien tenu le coup, ont plutôt bien résisté aux trois dernières décennies. Alors je cherche, je cherche. Et je commence à trouver des choses raisonnables c'est-à-dire pas trop chères. Pas question de Lafite, de Mouton, de Margaux : on va jouer quelques crans en-dessous sans faire non plus dans le château vinasse. Je ne suis pas grand partisan des vieux millésimes, mais là c'est juste affaire de rigolade. Mon problème, c'est que j'arrive surtout à rassembler des bordeaux (ainsi qu'un armagnac et un superbe bourgogne), un comble pour moi qui n'en bois presque jamais. D'ailleurs si quelqu'un a des pistes, je suis preneur. Et j'en profite aussi pour m'excuser par avance auprès de ceux avec qui j'ouvrirai ces bouteilles : en réalité, elles n'auront sans doute pas passé les années avec autant de facilité que nous. Vins morts, vinaigre et gros dépôt seront sans doute au rendez-vous. Au pire, on fera une belle daube de boeuf millésime 1981.

  • Soirée vins primeurs

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    Le vin nouveau, on ne le fête pas qu'en novembre. Dimanche soir, c'est par un heureux hasard que nous n'avons débouché que des bouteilles de vin primeur 2010. Un "aligoté nouveau" de Frédéric Cossard encore bien droit malgré un petit côté oxydatif. Acheté aux caves Augé il y a deux mois. Ne cherchez pas, il n'y en a plus, le fût a été vidé le jour même. Suivi du "côtes-du-rhône nouveau" du domaine de l'Anglore (Eric Pfifferling) acheté au même endroit le même jour : celui qui est l'un des plus grands vignerons français livre un vin de grenadine qui se boit parfaitement bien deux mois après la mise en bouteille. Car il faut préciser que ces deux vins ne contiennent pas de soufre puisqu'ils sont censés être bus très rapidement... Il faudrait faire vieillir deux ou trois ans un Anglore nouveau, je suis certain que la surprise serait bonne. Enfin un "muscadet nouveau" de Jo Landron acheté au salon des Vignerons Indépendants et dont j'ai déjà pas mal parlé récemment. Un beau vin dont le côté douceâtre d'il y a quelques semaines (du sucre résiduel ?) s'estompe pour revenir sur quelque chose de bien acide. Très joli tout cela.

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    Ces vins troubles et sans soufre s'apparentent à la véritable définition d'un primeur : un vin nouveau, léger et facile à boire. Ici on est sur le jus de raisin intégral donc forcément un peu désarçonnant. Pas filtré, pas collé, pas sulfité. Résultat trouble avec un peu de dépôt. Mais je rappelle que les marketeurs utilisent désormais ces arguments pour vanter le côté naturel du jus de pomme : trouble avec un peu de dépôt, le jus ne peut être que naturel. Je n'en sais rien concernant le jus de pomme qu'on veut nous faire avaler, mais les vins de ce soir eux étaient vraiment naturels.

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