21 mai 2011
Ars-sur-Moselle : une visite chez Daniel Stapurewicz
Pour fêter à notre façon la toute nouvelle AOC Moselle, un petit tour chez le pionnier du bio en Moselle française : Daniel Stapurewicz. Nous sommes accueillis par sa femme. Alors que les gros domaines de la région commencent à y réfléchir ou à se convertir, ce jeune retraité de l'électro-mécanique s'active sur un hectare et demi d'auxerrois, de pinot gris et de pinot noir pour sortir quelques milliers de bouteilles chaque année. Du blanc bien sûr, un peu de rosé qui part vite et surtout le pinot noir qui cartonne. Etonnés d'un tel engouement, Thomas et moi pensions encore que Moselle signifiait blanc et que le consommateur en était resté là. Mais non, le goût évolue et pour s'y conformer, le seul cépage que l'on plante désormais, c'est du pinot noir.
Les vignes sont éparpillées entre Ars, Ancy et Dornot mais le carrefour principal se trouve près de la source dite de la Joyeuse, un coin où j'ai passé une bonne partie de mon enfance. Chez Daniel Stapurewicz, la vinification me semble tout à fait bien tenue, certifiée Ecocert depuis 2002, enherbement maîtrisé, pas d'intrant ni de levure dans la cuve et un minimum de sulfitage. "Ah oui, je peste toujours contre mon mari qui ne veut pas mettre de soufre dans ses bouteilles" en rit sa femme. "Car vous savez, lui est dans le bio depuis bien longtemps, avant que ce soit la mode : déjà son petit potager était bio. Alors quand il s'est agit de faire du vin, il ne pouvait pas en être autrement".
Toutes mes photos de la cave étant floues, on ne va pas aller bien loin. Le fameux pinot noir n'était pas encore prêt, la bouteille qui nous a bien excité, c'est l'auxerrois (6 euros), un cépage du coin que l'on faisait pisser de partout et qui donnait des vins même pas bons à mettre dans la choucroute. Ici on le découvre léger, fruité, presque long, pas emmerdant, pas hautain : bien sûr ce n'est pas un grand cru non plus. Mais il fait son job et bien plus : on ne devrait pas trop avoir mal au crâne le lendemain. Grâce à lui, nous allons enfin pouvoir commencer à boire l'AOC Moselle (sur les étiquettes à partir de 2011).
Dégusté aussi un autre soir avec la bande parfois sévère du Vindicateur : personne n'a fait la moue et a salué le travail du vigneron.
Domaine La Joyeuse, Daniel Stapurewicz, 3 rue Jeanne-d'Arc, 57 130 Ars-sur-Moselle, 03 87 60 69 48.
11:58 Publié dans Moselle éternelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : daniel stapurewicz, domaine la joyeuse, auxerrois, pinot noir, moselle |
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02 janvier 2010
La future locomotive de l'AOC Moselle
De prime abord, ça peut ne pas faire rêver si on a en tête Condrieu, Mersault ou Vouvray. Mais si on pense un peu aux rieslings allemands, on comprend bien qu'il y a du potentiel le long de la Moselle française. Dans un à deux ans, le savoir-faire d'une pincée de vignerons, je n'ose dire une poignée tant ils sont peu nombreux, sera reconnue par l'INAO. On ne rigole pas, c'est important, ça aide toujours. Au moins au début.
Le nom choisi devrait être celui d'AOC Moselle, alors qu'on tergiverse encore car certains préfèrent AOC Côtes-de-Moselle. Le problème vient aussi d'Allemagne et puisque la même Moselle y coule, il faut négocier.
Ce samedi, tout cela nous a été expliqué nonchalamment par le responsable du Château de Vaux, sans doute les vins les plus représentatifs de ce qui peut se faire dans ce coin de Lorraine.
Je ne vais pas faire de compte-rendu exhaustif de la dégustation. Seulement dresser quelques tendances puisque des débouchages de quilles de ce domaine égaieront 2010 et j'en ferai part ici.
Avant-tout se pose un gros problème. Ni à la cave, ni sur le site internet, on ne parle de la "philosophie" de la maison. On ne sait pas comment la maison travaille, si c'est sans soufre, si c'est à coups d'engrais, si c'est à coups de soupe d'orties, si c'est à coups de pesticides...
En gros, je pense que les rouges (exclusivement du pinot noir) ne sont pas à la hauteur. Même la plus grande cuvée tarifée 23 euros départ cave est une aberration par rapport à ce qui se fait en Bourgogne - et je ne parle même pas de la Loire.
La force du Château de Vaux réside dans la palette de ses blancs. A bulles (sec, extra-sec), d'entrée de gamme (les fameuses Gryphées 7 euros, blanc bien sec qui devrait être le fleuron de l'AOC Moselle), des cuvées plus soignées (vieillies en fût de chêne - sur le papier ça donne pas envie mais dans la bouche, Septentrion est LA réussite du domaine), demi-sec (le fruité est vraiment très agréable) et carrément liquoreux (sucre trop agressif pour des sans-sucre comme moi).
C'est déjà un vignoble reconnu dans la région, c'est l'un des seuls, ça aide. Il va sans doute l'être encore plus. Alors si vous avez envie de spéculer en achetant les dernières bouteilles classés VDQS, libre à vous. Mais dites surtout au patron de sourire aux gens.
Château de Vaux, 4 place Saint-Rémy, 57130 Vaux. www.chateaudevaux.com
16:53 Publié dans Moselle éternelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : metz, moselle, aoc, inao, chateau de vaux, gryphées, septentrion |
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12 décembre 2009
Un après-midi dans les vignes et les gaufres
De Trêves on oublie que Karl Marx y est né et de Cologne on ne connaît que l'eau. Marrant donc qu'entre ces deux grandes villes allemandes, le long de la Moselle, s'étende le plus beau vignoble du pays. On y trouve les meilleurs rieslings d'Allemagne, donc du monde diront certains.
On essaye le Bernskasteler Lay du Dr. Loosen, sa belle cuvée trocken (sec). Joli nez, bouche parfumée, pas assez froid, pas très long en bouche malheureusement. A re-boire, en plus froid. Et il faudra manger quelque chose en accompagnement. Le caviste trop heureux de tomber sur des Franzosen nous saoule autant que ses vins. On était là pour ça, on achète quelques bouteilles ; on rajoute du demi-sec, des vendanges tardives et des sélections de grains nobles. Je ne vais pas vous sortir les noms allemands. Retenons juste qu'en Moselle les vins sont classés selon la teneur en sucre des cuvées. Et on ne redira jamais assez notre préférence pour les vins secs. Mais il faut goûter à tout.
Dans les rues, c'était le marché de Noël, la fête à l'allemande, bon enfant. Un mélange retrouvé de simplicité et de générosité.
Une petite bière avant tout. Normal, on est en Allemagne. "Bitte ein Bit" comme dit le slogan publicitaire élevé au grade de devise nationale. Quant à la currywurst, je crois me souvenir que notre homme n'avait que ça à la carte. On prend la spezial, avec les frites. Normal aussi.
Et il y a les irréductibles estomacs qui ne sont jamais contentés. "Non, moi je me réserve pour la raclette de Manu ce soir..." Encore perdu une occasion de me taire. A voir les gamins croquer dans les gaufres on comprend combien ils ont eu raison de se payer cette bonne tranche de pâte et de vie.
Conclusion de cette virée : peut-être est-ce gras, peut-être est-ce sucré, sans doute n'est-ce pas très évolué... mais trouvez-moi tout de même le consulat d'Allemagne le plus proche que je demande l'asile gastronomique !
15:49 Publié dans Moselle éternelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : allemagne, riesling, bernkastel kues, robert parker, bernskasteler lay, dr loosen, vendanges tardives, bière, currywurst |
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