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alain castex

  • La soirée aux pinards introuvables

    Chez Olivier, tout commence par du blanc. Celui du Casot du Mailloles, le 2009 laissé à l'abandon toute une saison dans mon appart. Le "No Sulfites" a bien survécu : il est taquin même s'il manque un peu de peps. Dans les bons jours, c'est assurément le meilleur blanc du monde. Ne cherchez pas, cette bouteille n'existe pas (ou alors, prenez votre temps). Celle-là arriva directement de Banyuls l'année dernière.

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    La star de ce soir est une autre bouteille. Un ovni, objet vinicole non identifié. Après l'avoir repéré chez Jérôme Leroy, j'ai dû mener ma propre enquête. Je peux le révéler ce soir, la piste m'a mené au Vin au Vert, à Paris.

    Voici la cuvée Au Hasard et Souvent. Je vais essayer d'expliquer les choses clairement. Le vigneron n'est autre que Jean-Christophe Comor du domaine Les Terres Promises dans le Var. C'est le papa de l'Antidote, d'Analepse ou d'Apostrophe. Bref, un de mes vignerons fétiches. Au Hasard et souvent, c'est un magnum artisanal : le nom de la cuvée est écrit à la main.

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    C'est un objet rare, il n'en pousse que 400 magnums par an. Celui là porte le numéro 358. C'est quoi ? Du rouge. Du gros qui tache ? Non, pas vraiment. C'est comme si le Beaujolais s'était décalé de quelques centaines de kilomètres vers sud. Et pour cause : les plus vieux carignans du domaine travaillés en macération carbonique associés à des mourvèdres élevés de manière plus traditionnelle, dans un foudre de 18 hectolitres. Dit comme ça, ça ne ressemble à rien.

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    Il faut donc le boire pour le croire. C'est un jus exquis. Nous l'avons un peu assomé de fraîcheur à l'ouverture : il faisait si chaud dehors que nous voulions nous désaltérer. Mais au fur et à mesure de la soirée, il se stabilise et acquiert la gueule d'un vin surprenant. Un jus de fruit relevé. Une mâche incroyable, un vrai nectar qui coule rapidement : les termes sont un peu antinomiques, mais ça me fait penser à ça. Autour de la table, un invité s'écrit "quelle belle surprise !". C'est surtout un jus qui soude l'amitié : je ne sais plus qui disait ça des vins de Comor, mais je trouve la phrase fort à propos. C'est exactement le genre de vins que j'aime. De l'entrée au dessert, c'est un régal que l'on sert.

    Le nom de la cuvée est un hommage au journal de Sébastien Lapaque, publié chez Actes Sud l'année dernière. Le jour où on a bu ce vin, il faisait bien trop chaud, je le répète. On va vite le regoûter en scandant quelques phrases de Sébastien. A suivre donc.

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    En "dessert", cette cuvée inconnue des Foulards Rouges. Jean-François Nicq a sorti d'on-ne-sait-où ce 100 % grenache primeur à l'automne 2010 (j'imagine...). C'est désormais assagi même si on devine le côté rugueux derrière. Un style différent du précédent évidemment, mais je trouve que le côté groseille marche bien avec le dessert. C'est Franck Bayard qui m'a donné les infos sur cette cuvée complètement inconnue.

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    Blanc du Casot, Au Hasard et Souvent, 100 % grenache primeur des Foulards Rouges : une chose est sûre, on n'est pas allé les chercher chez Carrefour ni chez Leclerc.
  • Banyuls : Manu, fidèle au poste

    Cette petite escapade à Collioure et Banyuls permet de vérifier que les bonnes adresses sont toujours bien dans leurs baskets. Ainsi El Xadic del Mar tenu comme l'an dernier par Manu Desclaux, un ex du Verre Volé à Paris. Non seulement ses assiettes sont appétissantes mais surtout, elles sont terriblement bonnes.

    Compression de poulpe à la manière d'un saucission (origine Sardaigne). Hélène sera d'accord avec moi, c'est le plat du week-end. Fraîcheur, assaisonnement, iode, texture fondante : tout est dit.

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    Quelques anchois marinés ou crus.

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    Une planche de charcuterie et de fromages du coin. Ah tiens, un peu de lard de Colonnata aussi.

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    Mozzarella aux figues de vigne encore un peu vertes.

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    Pour accompagner les victuailles, direction le Casot des Mailloles. Faute de voir Ghislaine et Alain en chair et en os, on va les rencontrer en liquide. El Nino 2010, leur vin de raisin griottes (22 euros). Il s'ouvre très rapidement, les tannins fondent pour laisser place à un jus vif. Au fur et à mesure, la bouteille continue à se révêler. C'est pur, fringant, complexe. Un jouet pour adultes.

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    Ce n'est pas parce qu'on est rassasié qu'il ne faut pas commander de dessert.

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    Ouh là, mais on ne voit rien ! C'est quoi ça ?

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    C'est une série de petits suisses bretons, distribués par Jean-Yves Bordier. Bien blancs, crémeux, rassurants. Dans le petit pot vert, c'est une confiture liquide (ou un sirop) à la rose produite à Banyuls. C'est absolument divin, comme un morceau de ciel qui te tomberait sur la tête. Et oui, il y avait un verre de rouge sur la photo d'avant... C'est un banyuls cette fois, le fameux vin "sucré", le fameux vin "cuit" (qui n'a jamais vu une casserole ni un four de sa vie). C'est un vin qui transperce : droit comme un i, alcooleux juste sur les bords, le sucre n'est que résiduel. C'est admirable de précision pour les gens qui, comme moi, ne courent pas après le sucre dans le vin. Cuvée Pineil 2008 du domaine de la Casa Blanca à Banyuls.

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    El Xadic Del Mar, 11 avenue du Puig del Mas, 66 650 Banyuls, 04 68 88 89 20.

  • Banyuls : le Casot des Mailloles, artisans vignerons

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    Ghislaine Magnier et Alain Castex sont partis en week-end, la porte est close. Dommage pour Thomas et Hélène qui n'auront pas la chance, à l'inverse de ma pomme l'année dernière, de rencontrer ces véritables stars.

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  • Vendredis du Vin n°34 : un VINstantané

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    Un été à Banyuls, au Casot des Mailloles : du bric-à-brac d'Alain et Ghislaine ont surgi ces "vins fermiers" qui ont éclipsé tous les autres jus de raisins fermentés goûtés jusqu'alors. Ceux qui connaissent me comprendront. Ceux qui ne connaissent pas doivent s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre, ces purs grenaches changent leur vie.

  • Grenache blanc, mon amour

    Les Vins de France un peu subversifs cachent leur millésime sur le bouchon. C'était le cas hier pour le Quartz de Claude Courtois, c'est aussi le cas pour le Tir à Blanc (grenache blanc, macabeu) du Casot des Mailloles. On s'arrange comme on peut avec la loi.

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    Ce Tir à Blanc (2009), je l'ai bu plusieurs fois : l'été dernier à Banyuls avec Alain et Ghislaine alors qu'il était tout juste mis en bouteille (il était encore "vert"), une fois rentré à Paris tirant plus sur le grenache et aujourd'hui. Acide mais rond en fin de bouche, en quelque sorte mûr. Evolué, civilisé. Le Casot des Mailloles, c'est sans doute mon domaine préféré. Pas de soufre, des cuvées en blanc parfaites, des rouges explosifs et surtout un couple de vignerons hors du commun.

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    Avec ça, on mange quoi ? On dit toujours qu'il y a certaines règles dans les accords mets-vins : le rouge avec le fromage, le sauternes avec le foie gras et autres conneries dans le genre. On oublie le plus essentiel : merci de ne pas flinguer le bon vin avec un MacDo. Quand le vin est bon, il faut avant tout que le mets le soit aussi, bref qu'on ait envie de manger. C'est la règle n°1 non ? Alors ce soir, comme je n'ai pas envie de cuisiner un bar à la sauge et yuzukosho, on décide d'aller prendre une bonne pizza chez Al Taglio (qui les vend tout de même assez cher alors qu'on n'est tout de même pas chez William Ledeuil non plus). Pas très compliqué, c'est juste en-dessous de chez nous. Pour ceux qui ne suivent pas, c'est une pizzeria qui vend ses focaccie à la coupe.

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    Je m'excite tout de suite sur la pomme de terre-truffes mais il n'y en a plus qu'un seul morceau qu'un gros c*** nous pique. On me sussure : "asperges-truffe". Ouais, balance... Bien plus fin qu'avec la pomme de terre évidemment, mais j'aime ce côté rustique. En tout cas, c'est impecc avec le blanc acide : qui a dit que l'enfer des someliers était pavé d'asperges et de petits pois ?
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    Mention spéciale aussi pour la focaccia crème de potiron, pancetta, scamorza. J'ai faim.

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  • Banyuls : le Casot des Mailloles, étendard des vins naturels

    Une visite à Banyuls est inconcevable sans un petit tour au domaine du Casot des Mailloles (prononcer "cazotte") chez Ghislaine Magnier et Alain Castex. Leurs vins figurent tout en haut de l'affiche depuis pas mal d'années maintenant. En Corbières avant, à Banyuls maintenant.

    Avant de commencer, il faut préciser qu'aucun vin n'est sulfité au Casot. C'est même écrit sur la bouteille. "No sulfites". A ceux qui disent qu'on ne peut pas faire de grand vin sans soufre, je les invite à se rendre à Banyuls.

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    Ce qui frappe dès l'entrée du caveau, au coeur de Banyuls, c'est l'impression de bric-à-brac. Ghislaine certifie que des dégustateurs arrivent ici par hasard dans un joli foutoir qui change de ces caves javellisées si communes. On entre ici dans quelque chose de vivant.

    En réalité ce qui frappe dès l'entrée du caveau, c'est la gentillesse de Ghislaine et d'Alain partageant avec le visiteur le premier verre de la journée. Ça tombe bien : c'est l'un de mes vins préférés, le Blanc du Casot (28 euros) ici goûté dans sa dernière version, le 2009. Ou IX pour être précis car tous leurs grands vins sont classés en vin de table. Interdiction donc d'indiquer le millésime en chiffres. Une fois en bouche, on change de planète. Quel régal ! Encore un peu jeune, presque encore vert, il développe une longueur infinie malgré (où grâce à) un reste de gaz qui vient chatouiller la langue. Le grenache tel qu'il devrait être partout mais tel qu'il n'est qu'ici.

    Cela a un prix : debout tous les jours vers quatre ou cinq heures, Alain part travailler à la piche dans ses vignes avant le soleil de midi et tient le caveau l'après-midi. Sur 5 hectares, les cultures en terrasses surplombant Banyuls rendent le labeur presque insensé. La vigne va chercher loin la complexité qui rend son jus si admirable.

    Très sec aussi, la "petite" cuvée Tir à Blanc (15 euros, provient d'un vignoble à Trouillas face au Canigou) également très verte enchantera dans quelques mois. Tout comme El Nino (21 euros), superbe rouge, à mon sens le meilleur de la région. A nouveau fin et complexe, dense mais sans aucune lourdeur.

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    Qu'il est beau mon carton ! 3 Blanc du Casot, 2 Tir à Blanc, 1 El Nino. En plus, il est bien arrivé à la maison.

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    Même si en chemin, on a ouvert un Blanc du Casot à Avignon. Avec une belle soupe de poisson. Mais le vin jusdefruité se suffit seul, dans un canapé en réfléchissant sur le présent.

    Domaine du Casot des Mailloles, 17 av du Puig del Mas, Banyuls, 04 68 88 59 37.

  • Languedoc et son ami Roussillon chez Augé

    Avec Olivier, le coeur nous en disait ce samedi. On a filé une petite heure aux caves Augé, goûter les mises de 2009 et quelques cuvées antérieures. Grand bien nous en a pris sous le soleil d'avril.

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    Domaine du Possible (Loïc Roure), Le Temps des Cerises (Axel Prüfer), Bruno Duchêne... Les connaisseurs comprendront qu'on s'est bien amusé.

    Mon coup de coeur va aux vins du Casot des Mailloles (Ghislaine Manier et Alain Castex) notamment leur vin blanc de grenache, le Blanc du Casot. A tout de même 35 euros la bouteille. Mais à ce prix-là, c'est du jamais bu pour cette région. Les vignobles sont autant en pente que mon gosier : difficile à travailler, la vigne va chercher loin cette perfection.

    PS : pour les envieux, le calendrier des prochaines dégustations aux caves Augé se trouve ici.

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