06 mai 2011
Saint-Malo : La Duchesse Anne, le conservatoire de la sole meunière
Voici un restaurant en voie de disparition. C'est le maître d'hôtel, des sanglots dans la voix, qui nous raconte toute l'affaire à la fin du repas. Il venait de l'expliquer à un habitué, nous avons prêté l'oreille puis avons demandé des détails. Les proprios veulent passer la main : le fils ne voulant pas reprendre l'affaire, il ne s'agirait pas de se vendre au plus offrant. "On ne voudrait pas d'une brasserie comme en face..." Le grand restaurant de Saint-Malo est donc à la recherche d'un "patron" pour faire tourner la boutique. Ce qui est sûr pour l'instant, c'est que le resto va finir la saison. Après, c'est l'inconnu.
C'était donc le moment idoine pour aller faire un tour dans ce conservatoire de la cuisine française, sacrément orienté poissons. C'est terriblement classique, du costume du maître d'hôtel à la carte des vins : on n'est pas chez Vivant, on n'est pas chez Ze Kitchen Galerie, pas même chez Olivier Roellinger : ici pas de burrata, pas de yuzu, pas de Frédéric Cossard, pas d'Axel Prüfer...
A la place : une raie au beurre blanc, un homard à l'armoricaine facturé au poids ou les vins de Hugel. Comme ce riesling 2005 cuvée Jubilée, la cuvée haut de gamme en sec (34 la demi bouteille sur table). A l'ouverture, il manque de pep's, d'acidité et surtout de fraîcheur. Une fois rafraichi, on est sur un bel objet mais habitué aux pinards qui partent dans tous les sens, je m'ennuie un peu. C'est classique, vraiment très classique.
En entrée, une bisque d'étrilles impecc (12 euros).
Commence le récital de la sole meunière.
Je vois deux avantages au fait de lever les filets juste avant de servir : la bête tient bien à la cuisson et tous les parfums de la carcasse ont le temps de s'allier au beurre. Vous en connaissez beaucoup des restaurants qui servent encore la sole meunière ainsi ? Avec le cérémonial et la qualité du poisson, c'est sans doute un plat en voie de disparition, lui aussi. Sous la dent, c'est la classe.
25 euros pour un plat d'anthologie, franchement on ne peut pas dire qu'ils abusent, surtout quand ça ne déraille pas sous la fourchette. Olive a choisi la sole façon Duchesse Anne, des filets sous un lit de champignons. C'est exquis aussi.
La Duchesse Anne, 5 place Guy Lachambre, Saint-Malo, 02 99 40 85 33.
21:51 Publié dans Bonnes adresses en province | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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12 mars 2011
Alsace-Jura-Savoie chez Augé
Petit tour rapide cet après-midi à la dégustation "Gla, Gla" aux Caves Augé. Tout le monde est là : Binner, Dupasquier, Schueller... J'ai un peu palabré au sujet des rieslings d'André Ostertag (le cru Fronholz assez terrible et la vendange tardive gewurtztraminer Fronholz à se réconcilier avec les VT) et de la gamme de Ganevat que je n'avais bue (chardonnays époustouflants, savagnin 2005 encore un peu lourd, vin jaune extrêmement fin). Mon état physique ne m'a pas permis plus. Prochain rendez-vous dans deux semaines avec le Rhône.
15:30 Publié dans Salons et autres dégustations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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26 juin 2010
Le blanc coule dans les rues d'Eguisheim
S'il y a bien deux cépages auxquels l'Alsace doit rendre hommage, ce sont bien muscat et riesling. Et c'est tout de même un peu plus poétique que "place de la Gare" ou "rue Machin"...
18:34 Publié dans Alsace bien-aimée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : eguisheim, muscat, riesling, alsace |
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27 mars 2010
Marcel et Jean-Louis Deiss, l'Alsace en force
Pour commencer la dégustation des vins alsaciens du domaine Marcel Deiss (ce qui pourrait vite m'amener à la ruine), j'ai préféré la base à l'exceptionnel. Mais ce qui est génial avec les vins que produit aujourd'hui son fils Jean-Michel, c'est que la base est déjà exceptionnelle.
Le riesling 2008 est un pur joyau de complexité, celle qui fait les grands vins. Bu en apéro avant un dîner classique, il écrase tout. Le bourgogne blanc avalé pourtant plusieurs heures après, un saint-romain de belle facture, était atomisé.
La famille Deiss devrait ajouter cette mention sur ses bouteilles : "Nuit gravement aux autres vins, tellement c'est bon"
23:16 Publié dans Alsace bien-aimée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : marcel deiss, jean-louis deiss, riesling, alsace, bourgogne, saint-romain |
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15 janvier 2010
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Loire
Olivier arrive avec du bellota, une mixture tomate-huile d'olive et d'autres cochonailles. J'ai sorti les plus belles quilles de Loire. Plutôt celles qu'on voulait goûter depuis quelques semaines.
Un Vouvray à bulles, méthode traditionnelle , du Clos Naudin de Philippe Foreau. Notre Bible commune à Olivier et moi, à savoir le supplément Vins de l'hebdomadaire Marianne, disait qu'il est le vrai rival des vins de Champagne. Et effectivement, à l'aveugle je défie quiconque de dire qu'un Mercier, un Nicolas Feuillatte ou un autre de ces champagnes bas de gamme est meilleur que ces bulles là. A 14 euros chez Lavinia, la vie est parfois si évidente.
Et chez le même dealer, une éclaircie dans le ciel de l'hiver eut lieu récemment : l'arrivée d'une cargaison de chinons du domaine des Roches, le fameux vin des Lenoir. Avec des millésimes assez vieux. J'ai vu des 1989 et 1990. Là j'ai pris un 1992, à 17 euros. Prix risible. Le chinon de garde existe, nous l'avons rencontré. Parfumé, bourgognisé et encore très tendu. Un vin qui me fait désormais saliver. Ce qu'on appelle un grand cru.
Pour taper dans mon gâteau pommes-poires "à l'ancienne" volé à Bruno Doucet de La Régalade, j'ai sorti un blanc de noirs 2001 de chez Binner que l'on a bu trop vite. Un nectar de la treille dont j'ai déjà parlé ici. Plus jamais en fin de repas, on ne le savoure pas. Pas non plus en début de repas, ses sucres résiduels écraseraient trop la bouche pour la suite. Une seule solution : boire ses arômes de fruits blancs pour lui-même.
22:21 Publié dans Entre copains | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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18 décembre 2009
Noël le 18 décembre
Avec Olive, on fête la fête une semaine avant l'heure. L'occasion de s'échanger quelques cadeaux, de manger de bons petits trucs et d'en boire de tout aussi bons.
T'as eu quoi pour Noël ? Une superbe étiquette de bouteille de vin, fin XIXe, représentant "Le Vin de Monsieur" et spécifiant bien la teneur en alcool : "XI°". Comme l'arrondissement. Ma boule à thé, même un peu design, faisait pâle figure.
Puis on a enchaîné sur les huîtres Gillardeau. Avec le Corbières blanc de la Treille Muscate (11 euros). Le vin a mis du temps à s'ouvrir. C'était un 2008, il n'avait pas les attributs du millésime qui me reste encore en bouche, mais dont j'ai oublié la date. Le 2006 je crois. Le 2007 étant lui un poil trop visqueux. Le 2008 me paraît déjà un peu oxydé. Il me reste trois autres quilles pour m'en convaincre. En tout cas l'alliance avec les huîtres était parfaite. Le seul souci (mais en est-ce un ?) c'est que les Gillardeau étaient vraiment au top. Le vin semble fade à côté. Alors que seul il en impose bien.
Suivent foie gras, époisses et fourme d'Ambert. Bref parfait avec un petit liquoreux me direz-vous. Mais tout le monde sait que je ne porte pas dans mon coeur le monbazillac ou le sauternes. Mais je sauve le jurançon. Là j'avais opté pour un ovni en demi-bouteille (11 euros au producteur). Une tuerie qui s'accorde avec tout et mieux, qui sublime tout.
Il s'agit d'un Blanc de Noir 2001 de chez Binner, Cuvée Excellence. Là il faut s'expliquer.
- Vin d'Alsace
- Cépage pinot noir, le cépage des grands bourgognes et des quelques alsaces rouges
- Sauf que celui-là était vignifié en blanc, sans les peaux de raisins en quelque sorte
- Et en surmaturité
= un pinot noir blanc moelleux.
Bref un vin hors du commun. Par sa rareté, par son originalité, par la mentalité du vigneron qui ose. Et par son goût indéfinissable, à s'enfiler à la petite cuillère.
Avec le foie gras et ma petite confiture mangue-vanille (recette de Christine Ferber, Alsacienne elle-aussi), ce fut un mélange évident. Mais encore plus sublimant avec le coulant de l'époisses. Un véritable accord de maître. De ceux que doivent rechercher les grands chefs.
Encore une chose. La couleur de ce vin. Je l'ai mis sur la page d'un livre pour faire ressortir la couleur de l'ambre. J'aurais même dit orange, le vin du Modem, le vin de Bayrou.
Le livre en question a le tort d'être le dernier opus de Tariq Ramadan. En pleine discussion sur l'identité nationale, je me suis dit qu'associer ce livre à ce vin ne pouvait qu'élever le débat. Sans doute respecte-t-il son identité alsacienne (pinot noir, surmaturité) mais son côté déviant le rend un peu à part. Une jolie voix dissonante.
Qui allait parfaitement aussi avec le dessert, un Ispahan de Pierre Hermé. Le meilleur dessert du monde sans chocolat.
23:24 Publié dans Entre copains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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26 novembre 2009
Ma Mecque à moi
Alors qu'il pleut en Arabie Saoudite et qu'on n'entend plus parler de Patricia Kaas, à Paris comme tous les six mois, c'est la fête au pinard de péquenot. Et c'est pas une injure. Un compliment par rapport aux grands châteaux détenus par de grandes familles, de grands groupes, degrands financiers...
C'est le salon des Vignerons Indépendants, porte de Versailles, à côté de mon boulot. Plus facile que le salon de mars, porte de Champerret, à l'autre bout de Paris.
Cette jolie association fédère près de 10 000 vignerons. Or course, y a du bon et du mauvais. C'est pas parce qu'il n'est pas coté au CAC 40 que le pinard est forcément bon. C'est plus compliqué. En tout cas, il y a une belle brochette de mecs qui présentent certaines de leurs cuvées que l'on ne trouve pas partout.
Petit aparté : un membre de ce groupement m'a récemment expliqué qu'un petit stand sous l'immense hall coûte au vigneron 1 500 euros HT. Je rajoute le voyage, cinq nuits d'hôtels, le convoyage du pif... Bref il faudrait vendre près de 600 bouteilles pour rentrer dans les frais.
Audrey, Christian et Jo Binner n'ont pas ce genre de problèmes. Je leur ai laissé 150 euros. Le client d'avant en a fait autant. Et on est que jeudi.
Pêle-mêle, j'ai dégoté des magnums de riesling (à 14,5°... comme quoi il fait chaud dans l'Est), des demi-bouteilles de blanc de noirs moelleux, des vendanges tardives d'un bel été 2003, une eau-de-vie de lie-de-vin... Je donne pas de prix, parce que de ce stock je vais tirer des cadeaux. De Noël, de pendaison de crémaillère, de paëlla. Et puis ce sont les prix producteur, ça ne voudrait rien dire.
PS 1 : Les photos du salon, c'est pas maintenant, mais bientôt.
PS 2 : Vous avez remarqué combien le titre est drôle ? Copyright, merci.
18:40 Publié dans Salons et autres dégustations | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : arabie saoudite, patricia kaas, vignerons indépendants, binner, alsace, riesling, blanc de noirs, vendanges tardives |
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18 novembre 2009
Devant Algérie-Egypte
Un match de foot pour moi, c'est pas avec la bière ni de la pizza. A la rigueur je pourrais, parce que j'en regarde un tous les dix ans. Là c'est Algérie-Egypte. On en est à la 80ème minute, ça sent bon pour les Fennecs. Mais samedi ils ont perdu à la dernière seconde.
Pour fêter ce match de foot, j'ai cherché du blanc. L'Edelzwicker de Bruno Schueller m'a redonné envie de tester une autre bouteille. Que bizarrement j'ai trouvée au Verre Volé, en bas de la maison (8,9 euros pour un litre). Tant mieux, c'est le 2008 du Domaine Barmes Buecher. Tout le monde en parle. On dirait presque que ce sont les successeurs des Binner. A goûter donc.
Mais voilà, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. A ce domaine qui semblait prometteur, je préfère le côté root de Schueller, sans aucun doute. Son côté trouble, fruité, en gestation, qui ne respecte rien sauf le goût. Le Barmes Buecher est clair, très aromatique, semble très digeste... bref un bon vin d'Alsace. Mais il n'a pas ce côté "vin paysan" que j'aime tant. Ce genre de vin qu'on a honte de servir. "Dites donc mon bon monsieur, il est opaque votre jaja". Et alors ?
Barmes Buecher travaille bien, en biodynamie. Et ne se prive pas de le dire. Il faudra goûter les autres cuvées pour se faire une vraie idée. Mais, côté Edelzwicker, je crois vraiment que ça ne vaut pas Schueller, deux euros moins cher.
20:32 Publié dans Alsace bien-aimée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : algérie, bière, pizza, edelzwicker, bruno schueller, verre volé, barmes buecher, alsace |
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16 octobre 2009
Le pot aux roses de feu le cochon
C'est le plat vedette du bistro (et c'est pas péjoratif, au contraire) de Christophe Beaufront, L'Avant-Goût, sous la place d'Italie, dans le XIIIe. La vraie recette est même cadeau ici. Goûté une fois sur place, c'est divin. Plus ou moins facile à refaire. C'est pas la première fois que ma cuisine s'enivre d'épices, de cochon, de fenouil. Mais là, avec de la viande demi-sel, et j'insiste, c'est tout de même meilleur. Suffit de suivre la recette qui dit bien "porc demi-sel". Bon, on a allégé le truc, pour le rendre mangeable à deux. Des travers de porc parce que c'est marrant, et un kakos (demi-sel lui aussi) déniché ce matin au marché. Un kakos, c'est le jarreton du porc. Avec ça un riesling, même un gewurztraminer sec. Là, je m'imagine la cuvée Béatrice du Kaefferkopf de Binner... Ah... Ah oui, car je l'ai pas dit clairement, mais c'est un grouik aux épices tirant un peu sur l'Asie (cannelle, gingembre, badiane, etc). Parfait donc avec l'Alsace. Sauf que pas de vin non plus ce midi, faut aller bosser. Bref, on en fera trois assiettes, avec ce qui reste dans la cocotte. A manger séparément, la faute aux horaires décalés. Sinon dimanche soir dans une grosse semaine, on en fera une autre tournée. Avec un coup de blanc cette fois.
L'Avant-Goût, Christophe Beaufront, 26 rue Bobillot, 75013 Paris, 01 53 80 24 00. La formule du midi à 14 euros (samedi inclus !) est bigrement sympa : soupe, plat, un verre de vin intelligent et un café. Mais il ne faut pas mentir : la carte est clairement un niveau au-dessus.
11:35 Publié dans Recettes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : christophe beaufront, l'avant-goût, cochon, fenouil, épices, porc demi-sel, riesling, gewurztraminer, alsace, binner |
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