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anjou

  • Certains cavistes parisiens ont du mal avec le vin naturel (et le chaource)

    Que se rassurent les pourfendeurs du vin dit naturel et de ses prétendues déviances, il subsiste des cavistes parisiens qui ont du mal avec les vins sans (trop de) soufre ajouté.

    Ainsi Le Caviste Bio, cave à manger du centre-nord de la capitale, qui comme son nom l'indique propose du vin 100 % bio. Peut-on saluer un caviste pur bio ? Oui et non. Certes, la bio est le sens de l'histoire. Mais en ce qui concerne le vin (comme le reste d'ailleurs), je pense qu'il ne s'agit là que d'une condition nécessaire mais insuffisante pour faire un vin qui plaise à mon palais. Oui, il y a des naturels pas bios et il y a des brebis galeuses dans tout troupeau. Mais il y a aussi légion de bios pas très naturels... N'oublions pas cette évidence : ce n'est pas parce que bio que c'est bon. Et une autre : ce n'est pas parce qu'il y a zéro soufre que c'est bon. Évidemment, tu me files du raisin à moi, je vinifie sans soufre et ce sera la cata. Tu me diras, si je vinifiais avec du soufre, ce serait la cata également. Bref le souci, c'est que le label bio a une fâcheuse tendance à passer sous les fourches caudines du marketing. Gageons plutôt que notre homme du jour, notre Caviste Bio, est convaincu du bien fondé de la bio dans le vin, ce sera plus simple.

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    Sur les étagères, pas mal de choses, du bon et du moins bon, des choses que je connais, d'autres moins. Ce soir, budget serré : le regard se porte sur Trinch des Breton (10 euros + 8 de droit de bouchon) pour réessayer. Le caviste nous met en garde : "Je ne peux pas vous le servir, ce n'est pas bon. Ça fait partie de ces vins naturels compliqués". J'évite de dire que le vin déviant, j'en fais mon ordinaire. Idem pour le Château Lamery (dont Jacques Broustet m'a récemment envoyé une bouteille, il faut que je la goûte à la maison celle-là). "Je ne devrais plus les vendre" renchérit notre homme qui n'a rien d'un débutant. Logiquement, il faudrait les enlever des étagères. "Je préfère les vendre à emporter car je ne vois pas la tête du client quand il l'ouvre". Joli professionnalisme. Et ce blanc Masieri 2010 de chez Maule ? Le caviste regarde, tourne la bouteille, fait la moue. Et préfère nous proposer autre chose. Décidément il propose beaucoup de "déchets" dans sa cave... Mieux vaut ne pas les vendre, tout simplement.

    En lorgnant sur les bouteilles, je retrouve le couple Delesvaux. J'ai pris plaisir à déguster leurs vins au salon In Vin Bio Veritas en AuvergneEn plus de cette quille-là, j'en vois des très sympathiques produites par Sylvie SpielmannThierry Michon... Bon, on n'est pas dans le côté fou fou des vignerons naturels qui me bottent, mais il y a franchement de quoi s'amuser. Après un petit rafraîchissement, La Montée de l'Epine (contrepèterie ?) 2011 s'avère très jolie.

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    Et pourtant c'est un peu dense, c'est du cabernet sauvignon, c'est-à-dire que ce n'est pas spécialement mon style. Mais c'est hautement recommandable et plus que ça même. A 21 euros sur table, il n'y a vraiment rien à redire. Sauf qu'elle accompagne parfaitement le boudin maison.

    D'ailleurs, on s'enquiert du pourquoi, du comment. Faire son boudin maison à Paris, c'est plutôt rare, surtout quand on connaît la qualité de certains boudins de (vrai) charcutier ou de conserverie. La seule explication supplémentaire qu'on nous donne est qu'elle est préparée en terrine et servie en tranche. Ça, on le devine en jetant un œil à l'assiette. Mais on aurait aimé en savoir plus. En tout cas, le test est réussi. C'est bon mais il n'y a pas non plus de quoi se relever la nuit.

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    Les fromages viennent de chez Madame Hisada, fromagère japonaise bien connue du Ier arrondissement : 5 (petits) morceaux pour 14 euros... Le fromage est définitivement un luxe. Et malgré le fait qu'ils ne soient que 5, le patron écorche le nom de l'un. Pire, il oublie carrément le nom d'un autre car en réalité il ne le connait pas. Avant de s'éclipser en cuisine pour qu'on lui dise que c'est du chaource. "Chaousse" revient-il nous dire en réalité. Presque. En fait, la cuisinière est japonaise (c'est à la mode) : Junko Kawasaki s'occupe de tout et a même son nom sur l'ardoise, devant le magasin (une nouvelle mode ?). Elle gère aussi la sélection des fromages. Seulement pour le serveur chevronné (patron ?), ne pas reconnaître un chaource est ici à la limite de la faute professionnelle. Encore une fois, soit on se renseigne avant, soit on propose quelque chose de connu.

    67 euros à deux pour deux plats, une quille et une assiette de fromages. D'aucuns diront que c'est un prix parisien, et ils n'auront sans doute pas tort. Mais pour Paris, on trouve que ça va encore...

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    Bref, le service en pointillé éclipse une jolie cuisine et un vin gourmand. Le genre d'endroits dont on aimerait faire une cantine (pas de coup de fusil sur le vin, cuisine maison, produits choisis) mais on ne peut pas : seuls certains vins nous semblent appétissants. Le problème de l'endroit, c'est qu'il manque de folie et de connaissance de ce qui est servi.

    Le Caviste Bio, 50 rue de Maubeuge, 75 009 Paris, 01 48 78 30 03.

  • Mon voisin sur la Lune est revenu sur Terre

    Il y a parfois des chansons qui font autant d'effet qu'une bouteille bien mûrie. On sous-estime le côté politique chez Adamo, il suffit pourtant d'écouter les paroles avec un verre de La Lune de Mark Angeli à portée de main.

    ''Tu ne me remets pas / Je vois que je t'importune / Tu étais bien crois-moi / Mon voisin sur la lune.

    T'es vraiment élégant / Dans ton beau costume / Et tellement différent / Des rêveurs que nous fûmes.

    Du temps aux cheveux longs / Nous voulions changer d'air / Du temps où nous avions / Tout un monde à refaire.

    Mon voisin sur la lune / Est revenu sur terre / Pour gagner de la thune / Et pour faire des affaires

    Il a vendu la lune / Et son père et sa mère / Mon voisin sur la lune / A vraiment su y faire.

    Tu crachais sur l'argent / Et l'usine de ton père / La vie apparemment / T'a fait faire marche arrière.

    Funambule, coeur vaillant, / Allumé, visionnaire / Défenseur des perdants / Des révolutionnaires

    Alors, t'en as eu marre / De lutter pour des prunes / Ramasser sans espoir / Des cailloux sur la lune.
    [...]

    Te voilà président / Tu es dans la finance / T'es pressé, on t'attend / Je te retiens pas, et bonne chance.

    J'avais tant de choses à te dire / Mais ton temps c'est de l'argent / Et à part des souvenirs / J'ai rien d'intéressant [...]"

    Lien permanent Imprimer Catégories : Clin d'oeil 0 commentaire
  • Le 26 à midi

    C'est l'un de mes succès de cette fin d'année, le genre de bouteille qui met tout le monde d'accord. Pour en avoir ouvert un certain nombre (trop ?) en décembre, j'ai eu droit à des "Encore ?" M'en fous... A moi l'anjou blanc 2007 de chez Montgilet ! Attrapé au vol à la Vigne d'Adam à Metz et re-bu dès le lendemain soir. Une bouteille qui s'unie parfaitement avec le traditionnel parmentier de canard à la patate douce du 26 décembre.

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  • Metz : le menu bistrot de la Vigne d'Adam

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    Un an presque jour pour jour après notre première visite, nous sommes retournés chez François Adam patron de la Vigne du même nom. Quand il neige à gros flocons, le menu bistro est tout indiqué pour tous les 5. J'annonce : crème de potiron aux châtaignes + pintadeau à la crème et aux champignons + superbe plateau de fromages + ganache à l'orange.

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    Tout est vraiment bien troussé comme l'année dernière, rien à ajouter (certains ont trouvé la ganache un peu lourde... c'est du détail). Ah si, autre chose : le vin est bien plus craquant que l'autre fois. Nous avons fait tout le repas avec le domaine de Montgilet sis à Juigné-sur-Loire, aux portes d'Angers. Avec les entrées, le chenin 2007 extrêmement pur est si bon que j'en ai pris un carton pour Noël. Puis le rouge anjou-villages Brissac 2001 (en magnum) qui s'est finalement ouvert sur les notes poivrées du cabernet-franc. C'est tout à fait le genre de vins qui me transporte...

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    Encore une chose : l'année dernière dans ce restaurant, notre voisin de table s'appelait Marcel Lapierre.

    La Vigne d'Adam, 50 rue Général de Gaulle, 57050 Plappeville, 03 87 30 36 68.

  • L'Anjou pur jus

    Après Les Copains d'Abord et Les Copines Aussi, le domaine des Sablonnettes produit un P'tit Blanc (cépage chenin) qui ma foi remplit tout à fait sa fonction. Christine et Joël Ménard, à Rablay-sur-Layon, font dans l'Anjou pur jus de soif tel qu'on voudrait en boire plus souvent. Fruité sans être envahissant, tendu sans pour autant être vert.

    Celui-là, c'était descendu avant de partir à Châtillon. Et pour une fois, c'est aussi l'étiquette qui m'a tapé dans l'oeil : renseignements pris, il s'agirait de dessins de Denis Huneau.

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  • Et plus que l'air marin, la douceur angevine

    Aparté.

    J'avoue ne pas y avoir vraiment cru en la dégoupillant. Et bam ! Comme une bonne farce qui saute au visage. Avec Olivier, nous l'avions ouverte comme ça, cette bouteille, presque sans y penser mais pour fêter l'achat de billets d'avion pour Jérusalem en mai prochain. Emportés ailleurs par cette perspective, oubliant presque le vin. Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage. Nous ne l'avons pas encore fait ce beau voyage, mais c'est plein d'usage et raison que nous avons bu ce litron. D'ailleurs fermenté quelque part dans le "Loir gaulois" .

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    Nous avons retrouvé notre chenin (ah, ah) grâce à elle. Grâce à Navine. Je ne sais pas qui c'est ou ce que c'est. C'est juste une quille du domaine des Griottes de Patrick Desplats et Sébastien Dervieux, à Saint-Rambert-du-Lattay dans le 49. Olivier et moi sommes tombés à genoux devant du chenin si bien mis (en bouteille). Un parfum d'une pureté perdue à cause des années qui passent et celui de l'innocence regagnée par les papilles. "Un cataclysme" selon ma pomme. "Divin" selon Olivier. L'un n'empêche pas l'autre. Ces choses-là n'ont pas de prix. Le sien est dérisoire pour un si grand moment : 20 euros aux Caves de l'Insolite. Il a ouvert la soirée ; elle ne pouvait que bien se dérouler.

    Voici le post sur le reste de la soirée, une fois l'aparté terminé et Navine malheureusement vidée. Revenons à des choses plus terre à terre. Quoique.

    Après le repas de midi, il fallait faire léger. Beaujolais donc. Puis pizzas croquantes et jolis gâteaux. Aïe. D'accord le régime sera pour demain. Mais qui a eu cette idée folle de la pizza pomme de terre-truffe ? La réponse se situe en bas de la maison : la superbe pizzeria Al Taglio. Où Olivier Papillon vend des pizzas de poids et au poids. La pomme de terre-truffe représente un peu un idéal entre la rusticité et le raffinement, les pauvres et les riches. Alliance contre-nature mais naturelle en bouche. Je vous invite tous à y goûter. Quand en plus la pâte est d'une telle qualité, on oublie le prix au kilo de ladite pizza (plus de 30 euros).

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    Pour le dessert, c'est Philippe Conticini qui a officié. L'inventeur de la verrine aujourd'hui tant copiée est-il à son apogée ? Sa Pâtisserie des Rêves rassemble tout ce que tout le monde aime : des classiques revisités devenus si gourmands. Ici la tarte tatin. Ah désolé, il n'en reste presque plus.

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    Et selon la saison, selon le mois plus précisément, Conticini s'attaque à la tarte aux fruits et au fraisier. En février, le fruit à l'honneur : l'ananas. Un délice un peu vanillé englouti trop rapidement. Quant au fraisier, notre génie a substitué le pomelo rose aux fraises pas du tout de saison. Avec une petite coque de chocolat blanc. Un nuage. Un vrai nuage.

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    François-Régis Gaudry, de L'Express, a tourné deux vidéos d'anthologie avec Philippe Conticini. La première présente quelques-uns de ses chefs-d'oeuvre. La seconde est une digression sur la tarte tatin elle seule. A voir et à saliver sur ce site.

    Le Domaine des Griottes, pour la belle Navine

    Pizzeria Al Taglio, 2bis Rue Neuve Popincourt, 75 011 Paris, 01 43 38 12 00.

    Philippe Conticini et la Pâtisserie des Rêves

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