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antoine blondin

  • Le Père-Lachaise a oublié Antoine Blondin

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    A voir la file d'attente devant sa tombe au Père-Lachaise ce dimanche, il semble n'y en avoir que pour Annie Girardot. Beaucoup plus grave, le cimetière a complètement oublié un écrivain majeur du XXe siècle, auteur d'Un singe en hiver et des Enfants du Bon Dieu : Antoine Blondin. L'amoureux du vin, du tour de France, du monde d'avant. "Longtemps, j'ai cru que je m'appelais Blondin, mon véritable nom est Jadis".

    Sa tombe située dans la 74e division n'est pas indiquée sur le plan à l'entrée et le promeneur solitaire doit vadrouiller entre les sépultures pour trouver celle qu'il recherche. "Depuis 30 ans, je cache ma renommée dans les bars à vin" s'amusait Blondin. Et depuis 20 ans, il se planque en contrebas du chemin Léger, face au mur d'enceinte, loin des honneurs dus.

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  • Remettez-moi ça !

    Et dans la catégorie "c'était un autre siècle"...

    Lorsqu'un provocateur bien connu rencontre l'un des plus grands écrivains du XXe siècle, cela donne un dialogue surréaliste. Hors de propos pour notre époque trop chaste. Pourtant seuls vingt ans nous séparent de ce dialogue entre Serge Gainsbourg et Antoine Blondin.

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    Pour d'évidentes raisons de droits d'auteurs, je ne peux pas reproduire la vidéo en intégralité. Je participe donc au succès de l'INA en renvoyant sur leur site. Suffit de cliquer sur cette jolie image pour voir la vidéo.

  • Queue de boeuf façon Marcel Proust

    "Le boeuf froid aux carottes fit son apparition, couché par le Michel-Ange de notre cuisine sur d’énormes cristaux de gelée pareils à des blocs de quartz transparent. [...] Et, en effet, Françoise, surexcitée par l’ambition de réussir pour un invité de marque un dîner enfin semé de difficultés dignes d’elle, s’était donné une peine qu’elle ne prenait plus quand nous étions seuls et avait retrouvé sa manière incomparable de Combray. « Voilà ce qu’on ne peut obtenir au cabaret, je dis dans les meilleurs : une daube de boeuf où la gelée ne sente pas la colle, et où le boeuf ait pris parfum des carottes, c’est admirable ! Permettez-moi d’y revenir », ajouta-t-il en faisant signe qu’il voulait encore de la gelée."

    Plutôt que la madeleine d'A la recherche du temps perdu, mon intérêt se porte sur le boeuf en gelée d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

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    Joli plat d'été, je le fais alors que l'hiver arrive. Pas très complexe, un poil long à désosser cette foutue queue de boeuf. Mais c'est autre chose que du paleron. L'idée vient d'un livre de recettes liées aux grands écrivains, Room Service, chez Actes Sud. La partie bouffe étant écrite par Yves Camdeborde et la partie écrivains par Sébastien Lapaque. Recettes un peu abruptes, alors que les textes littéraires sont (presque) plus gourmands. Je veux dire que les descriptions de Lapaque donnent faim. On salive des paupiettes à la Gabriel Fouquet rien qu'en lisant quelques lignes sur Antoine Blondin. On n'a qu'une envie, c'est de descendre à la cave avec Rabelais, même si ici il n'est pas question de nourriture solide.

    Cette gelée là n'était pas aussi bien réussie que chez Proust. Un poil trop liquide. Mais l'alliance des saveurs (carottes, poireaux, queue moutardée, pied de veau) est sensationnelle. Je l'ai goûtée chaude hier soir, c'était parfait. Donc on va oublier la gelée, surtout en hiver. Et on fait pareil mais on mange le tout bien chaud, surtout en hiver.

    Et Rabelais alors ? Avec ça on boit quoi bordel ? Un vin nouveau, cépage pinot noir. Celui de l'excellentissime domaine de Chassorney, de Frédéric Cossard, mon domaine chouchou du sud de la Bourgogne. Je n'ai bu que trois vins de chez eux, mais les ai bus souvent et n'ai jamais été déçu. Plus que ça : toujours été charmé. Voici à quoi devrait ressembler la Bourgogne : un fruit de noble lignée dans lequel on croque.

    On croirait une bouteille de limonade à la grenadine. Presque, mais surtout moins sucré. Un côté acide désagréable sur tout vin nouveau, qui s'estompe dans le verre. Un vin de pique-nique.

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    Enfin pour finir ce post-fleuve, je copie Sébastien Lapaque qui cite un très bel autre extrait du livre de Proust. Qui résume l'importance qu'il faudrait tout le temps donner à la qualité de chaque produit, avant de le cuisiner.

    "Comme elle attachait une importance extrême à la qualité intrinsèque des matériaux qui devaient entrer dans la fabrication de son oeuvre, elle allait elle-même aux Halles se faire donner les plus beaux carrés de rumsteck, de jarret de boeuf, de pied de veau, comme Michel-Ange passant huit mois dans les montagnes de Carrare à choisir les blocs de marbre les plus parfaits pour le monument de Jules II".

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