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  • Bethléem : le vin des moines menacé par le mur de séparation israélien

    Les moines salésiens font du vin dans la vallée de Crémisan, juste au nord de Bethléem, depuis plus d'un siècle. Nous sommes à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem, dans un coin entouré de colonies israéliennes. Aujourd'hui, la quiétude des lieux est remise en cause par le tracé du mur de séparation israélien qui isole la Cisjordanie.

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    Déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice de La Haye, le mur grignote le territoire palestinien, il ne respecte pas les frontières d'avant 1967, reconnues par l'ONU. Dans la région, vouloir faire respecter le droit international c'est déjà s'engager.

    Les chiffres donnent le tournis. Une hauteur de 8 mètres, un coût de construction estimé à 2,5 millions d'euros le kilomètre pour une longueur totale de 700 kilomètres (pour l'instant il n'est construit qu'à 60 %), 12 % de la Cisjordanie grignotée, 500 000 colons résidant à l'est du mur... Et 500 000 Palestiniens ont vu leur quotidien changer. Mais plutôt que des chiffres, ce sont les histoires personnelles qui illustrent le mieux cette hérésie. On le sait, le sens de l'Histoire est de faire tomber les murs. Mais pour l'instant, il est là.

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    Voulu ainsi par Israël, le tracé du mur couperait la vallée de Crémisan en deux. Une vallée verte, fertile où poussent oliviers, pêchers, amandiers et de la vigne...

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    (source Google Earth)

    Le mur, frontière franchissable seulement par quelques checkpoints disséminés sur son tracé, séparerait aussi les nonnes (qui se retrouveraient côté palestinien) des moines (qui seraient côté israélien, avec les vignes).

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    (source BBC)

    La justice israélienne saisie par les moines et les propriétaires du terrain a donné raison en début d'année au gouvernement qui décide du tracé. La plainte datait de 2006, on attend donc de voir les réalisations concrètes sur le terain. Quelles seront les conséquences pratiques ? Sur l'organisation du couvent ? Sur la vie quotidienne des Palestiniens ? Sur la production du vin ?

    Et ce vin justement ? 

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    Les moines produisent 180 000 bouteilles par an. Oui, on n'est pas chez le tout petit artisan non plus. Mais à ma connaissance, c'est le seul vin produit en Palestine (hors ceux des colons). Ce blanc est réalisé à partir de dabouki, un cépage originaire de Syrie et aujourd'hui en voie de disparition car très sensible aux maladies.

    Dans le verre, le vin s'avère un peu lourd, tabassé par le soufre. Souci fondamental, il manque d'un vigneron consciencieux derrière. Mais on perçoit une certaine trame, une envie de bien faire, un terreau favorable. Mais l'important n'est-il pas que cette bouteille existe, tout simplement ?

    MISE A JOUR 2015 : la Cour Suprême vient de donner raison aux moines après dix ans de combat. Mais y aura-t-il un nouveau tracé... Explications en détail. 

  • Bethléem : la maison du pain

    Au détour d'une rue du souk de Bethélem, une boulangerie vend des galettes de pain semi complet pour quelques centimes d'euros. Béthléem, بيت لحم, la maison du pain en arabe. Les chrétiens ajoutent que ce n'est pas un hasard si Jésus (étant lui-même le pain) est né ici.

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  • Jérusalem : où manger du houmous ?

    Réponse : partout.

    Ne voulant pas déclencher une troisième Intifada à moi tout seul, je me garderais bien de me prononcer sur l'origine du houmous : est-il libanais ? Ou israélien ? Ou syro-palestinien ? Ce qui est indéniable, c'est que ce mets somme toute un peu bizarre est devenu le symbole culinaire de Jérusalem, comme le Dôme du Rocher en est le symbole architectural. On en mange à l'ouest, on en mange à l'est, on en mange au nord, on en mange au sud, on en mange sur la Ligne verte de 1967, on en mange face au mur de séparation, on en mange près du mur des Lamentations, on en mange près du Saint-Sépulcre... Comme les chats errants la nuit, le houmous ne connait pas les frontières.

    Précisément, de quoi s'agit-il ? Il y a sans doute autant de recettes que de familles, voire d'individus, mais une base est partout respectée : un savant mélange de pois chiche écrasés, de tahiné (pâte de sésame dont le goût peut lui aussi varier à l'infini) et d'huile d'olive. Les dosages diffèrent partout, la qualité des produits aussi. Manger le même houmous dans deux endroits différents relève du coup de chance ou d'une bouffe industrielle (et là, pas de chance).

    Comment faire pour choisir son houmous ? Nous sommes allés à la rencontre de quelques adresses historiques. Réaliser une monographie du houmous à Jérusalem reviendrait à tester presque tous les restaurants de la ville. Déjà, pour en faire sortir certains du lot, notre estomac a été mis à rude épreuve : houmous à midi, houmous le soir. Il y a un moment où tu n'en peux plus et ce moment arrive rapidement. Voici quelques résultats glanés avant d'être devenu moi-même un gros pois chiche. Il n'y a pas de classement ici, c'est idiot les classements.

    Dernière chose : dans chaque restaurant, le houmous est servi avec du pain pita (plus ou moins bien fait) et des pickles (légumes saumurés plus ou moins comestibles). A chaque fois, il en coûte entre 3 et 4 euros l'assiette, ce qui reste raisonnable dans une ville où ces dernières années, ce sont les prix (plutôt que les bombes) ont explosé.

    Lina : soyeux, crémeux, très poischiché. De loin, le meilleur de la ville, à mon avis. A 20 mètres au-dessus de la 8e station du chemin de croix. Oui, à Paris, les bistrots me servent de points de repère ; à Jérusalem, ce sont les stations du chemin de croix ou les édifices religieux. 

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    Abu Shukri : une institution. Une bonne dose de tahiné rend la chose très torréfiée. L'huile d'olive qui l'accompagne est très plaisante. Rue Al Wad, face à la 5e station du Chemin de croix. 

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    Jerusalem Hotel : moins crémeux mais malgré tout plus léger. Une réussite. Sur Nablus Road, à quelques minutes de la porte de Damas. 

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    Al Mihbash : l'assiette la plus "fait maison". Comme pour tout ce qui vient de ce restaurant, le houmous semble extrêmement frais. Un peu plus haut que le Jerusalem Hotel, sur Nablus Road aussi.

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    Rahmo : là aussi, forte dose de tahiné. La texture très fondante s'explique sans doute parce qu'il n'est pas servi à température ambiante mais un peu chaud. Dans la rue Ehskol, à côté du marché Mahane Yahouda, côté Jérusalem-ouest.

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    Versavee : comme l'ensemble des plats servis ici, le houmous ne laisse aucun souvenir. Le passage dans lequel est situé le restaurant, juste à gauche après la porte de Jaffa faisait envie. Mais non. La déception du séjour.

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    Afteem : une belle assiette et un plat très citronné. A Bethléem, en contrebas de la place de la Crèche. Une halte connue des pèlerins depuis que les proprios ont été chassés de Jaffa en 1948.

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    Et on en oublie...

  • Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée

    Dans la Bible, quelle est la seule phrase que prononce Marie ? Une seule de ses interventions est rapportée au style direct...

    C'est une saine lecture, celle des romans de Jérôme Leroy, qui m'a mis la puce à l'oreille. En ce week-end pascal, je laisse chacun disserter sur le sens de la chose. Voici ce que dit Marie, voici les seuls mots sortis de sa bouche dans les Ecritures, ouvrez les guillemets : "ils n'ont pas de vin" (Jean 2 : 3).

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    Pâques, c'est surtout Jérusalem, où j'ai pris cette photo avec ma bande d'alcooliques de copains un vendredi de mai 2010. En plein sur la ligne verte, à la terrasse du Centre Notre-Dame, face à la Porte Neuve. Il nous fallait bien un petit blanc local pour fêter le week-end. Produit en Cisjordanie, à Bethléem, il semble avoir passé le mur de séparation sans trop d'encombres. C'est un truc introuvable dans nos contrées, je pense : le Cremisan 2008 "vieux hock" (hock est un terme anglo-saxon pour parler des vins du Rhin, allez comprendre... si quelqu'un a des infos...). Ce n'est pas un grand cru mais un vin sympathique bien sec et plutôt fruité, si j'ai bonne mémoire. Léger et rafraichissant : la Ville a bien besoin de ça.
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