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bourgogne

  • Bourgogne grand ordinaire 2009 (magnum) de Vini Viti Vinci

    Nicolas Vauthier a créé un sacré monument du vin naturel, Les Crieurs de Vins à Troyes, magnifique bar-resto où les vins sont servis à point. Tous les cavistes ne peuvent pas en dire autant, eux dont le métier devrait être de conserver le vin et de le vendre au moment idoine.

    Nicolas Vauthier est désormais négociant et vinificateur sous la dénomination Vini Viti Vinci. Son bourgogne grand ordinaire 2009 (pinot noir) en magnum s'il vous plait a recueilli l'unanimité des présents ce soir-là. Quelques lésés qui n'avaient pu que boire un verre ou deux râlaient même que la bouteille d'un litre et demi était bien trop petite. Sans compter l'étiquette, qui forcément fait parler.

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  • Racines : un dessert et une bouteille tous deux formidables

    Le retour à Paris se fait dans la grisaille. Pour la chasser, rien de tel que de repenser à un repas du tout début de l'été.

    Quoi de plus simple qu'une quenelle de ganache ? Je dis ça, je ne suis pas pâtissier. Là, en plus, on y a ajouté les addictives amandes des Pouilles que l'ami Giuseppe Manzaro ramène en France et dont certains chefs se disputent le stock. Le tout associé à un caramel parfait, voici enfin un magnifique dessert de bistro.

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    Les plats sympathiques n'ont pas su rivaliser avec cette fin de repas. Ou alors c'est moi qui devient plus dessert qu'auparavant. Pour accompagner le tout, un magnifique bourgogne, le saint-romain 2012 de Sarnin-Berrux. Archétype du vin classe, sans concession mais taquin aussi un peu. Un bourgogne quoi. 

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    Racines, 8 Passage des Panoramas, 75002 Paris, 01 40 13 06 41. On en avait déjà parlé : ce n'est pas l'adresse la moins chère de la ville (euphémisme), mais c'est un endroit plein de trouvailles.
  • Un spritz à l'artichaut et au crémant de Bourgogne

    A l'instar des tubes musicaux de l'été, il est des boissons qui résument bien un moment. On les boit au hasard et souvent. Au hasard des jours et souvent au même endroit. Cet endroit, c'est L'Entrée des Artistes, bar à manger plutôt sombre, adossé au Cirque d'Hiver. Et cette boisson, c'est un spritz un peu inhabituel.

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    Ce soir-là, en entrant dans le bar, j'ai tout de suite eu l'oeil attiré par une bouteille. Foin des spritz à l'Aperol (sucré) ou au Campari (amer)... Place au spritz al Cynar, une liqueur d'herbes dominée par l'artichaut, ce que l'amer a de meilleur (avec un peu de sucre tout de même). De ce côté-ci des Alpes, c'est extrêmement rare dans les bistros. Au barman japonais qui officie ce soir, on demande donc s'il est possible de nous faire ce fameux cocktail.

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    Après quelques minutes, le maestro sert une boisson des dieux. Mais comment fait-il ? Impossible que ce soit du Cynar, du prosecco et de l'eau pétillante comme pour tout spritz classique... Bien sûr, la patte du pro sait fatiguer les glaçons ou mettre en valeur une rondelle de citron. Mais il n'y a pas que ça.

    La solution la plus simple consiste à poser la question à notre homme. La réponse est claire. Cynar, vin pétillant et juste un trait d'eau pétillante. Donc on n'est pas dans le traditionnel un tiers/un tiers/un tiers. Mais quand même, l'ensemble n'est absolument pas lourd... Reste à savoir quel vin est utilisé. La solution la plus simple consiste à poser la question à notre homme. La réponse est claire. Et là, on est un peu sur les fesses... Crémant de Bourgogne rosé Brut de Julien Guillot (Vignes du Maynes), une sacrée tronche ! Ouais, c'est facile en fait la cocktailogie avec de tels ingrédients...

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    Evidemment que cette science n'est pas facilement accessible. Mais le point central, comme pour toute recette de cuisine d'ailleurs, c'est de mixer avec les meilleurs produits. La gamme de L'Entrée des Artistes fait saliver, les plus excitants m'ont paru sortir du catalogue de la branche spiritueux de La Maison du Whisky.

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    L'Entrée des Artistes, 8 rue de Crussol, 75 011 Paris, 09 50 99 67 11.

  • Les jolis blancs d'Alice et Olivier de Moor

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    Je connais bien le domaine Alice et Olivier de Moor. C'est avec leur aligoté A Ligoter que j'ai compris le concept de torchabilité.

    Ce soir-là, le grand Jacques avait apporté quelques bouteilles de 2009. L'aligoté Plantation 1902, le saint-bris à la superbe étiquette, le chablis Humeur du Temps, le chablis Bel-Air et Clardy. Les "petites" cuvées sont extrêmement bien en place et très gourmandes, notamment le saint-bris. Les chablis ont vraiment de la gueule. Les vins de ce coin n'ont que rarement mes faveurs, sauf quand c'est le couple De Moor en fait. A noter qu'il existe aussi le merveilleux chablis Rosette.

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  • A La Crémerie, entre un bourgogne et un jura

    Dans cette adresse où j'aime revenir régulièrement, les bons vins vont par deux. Avec Thomas l'autre fois, avec Olivier aujourd'hui. Le premier (avec le thon de l'île d'Yeu) est une vieille connaissance : saint-aubin 1er cru En Remilly de Dominique Derain. Dégusté souvent avec Olivier, ce vin, on l'a rarement mis à table. La version 2008, extrêmement fringante, on peut la boire maintenant, on peut aussi l'attendre des années.

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    Le second (avec un maaaaagnifique pâté de tête) est un vin jamais bu dans ce millésime. Une vraie grenadine mais hyper classe. On sent que se cache la profondeur d'un terroir et une patte d'honnête vigneron. De quoi s'agit-il ?

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    Et quelle couleur...

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    C'est le ploussard 2010 tout frais sorti du chai de la maison Overnoy-Houillon. cette bouteille a dépucelé Olivier en Overnoy et depuis, il ne parle plus que de ça. C'est l'archétype du grand vin : pas besoin d'attendre qu'il soit vieux pour qu'il soit bon.

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  • Accord mets/vins "à la con" n°5 : que boire avec les desserts ?

    Jouons avec les accords mets/vin "à la con" !

    En ce qui concerne les desserts, je simplifie pour ne pas avoir à entrer dans les détails. Je considère qu'il y a trois catégories : le chocolat, les fruits blancs (ou jaunes, ou oranges...) et les fruits rouges. On peut même y faire entrer les sans-fruits : ainsi le saint-honoré, je le rangerais bien dans "fruits blancs" alors que le paris-brest et son pralin, je le mettrais bien dans "le chocolat". Oui, c'est totalement subjectif et tarabiscoté. Et alors ?

    Notons encore, que "sucre sur sucre", c'est niet pour moi. Au contraire, avec le dessert il me faut des vins secs. Je viens de faire un repas que j'espère équilibré, je ne vais pas me flinguer le foie avec une double ration de sucre, même si la bouteille est bien réussie. Si c'est le cas, comme la Quintessecence de Juchepie ou une vendange tardive d'Ostertag, seul un verre suffira à mon dessert.

    Avec les fruits blancs, je bois du blanc. Un truc au nez et à la bouche de fruits éclatants qui d'ailleurs va me faire un peu voyager. J'oublie les alsaces, les sauternes, les jurançons saturés de sucre. Encore une fois, je le répète, je m'attèle à du blanc sec. Avec une charlotte aux poires, un pernand-vergelesses 2009 du domaine Pavelot. Jeune, il va m'apporter un nez d'ananas et une bouche de noix de coco garantis sans saccharose. Le chardonnay n'est ici ni trop gras, ni trop fort, ni pas assez acide. 

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    Et les fruits rouges, c'est quoi ? Cassis, framboise, cerise... En gros, ce que l'on retrouve dans un pinot noir bourguignon. Alors pourquoi pas un Ispahan accompagné d'un tout jeune Rouge 09 de Prieuré-Roch ?

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  • Corée : la question du vin (de raisin)

    A en croire les étiquettes ou les menus, on fait du vin avec un peu n'importe quoi en Corée : du vin de ginseng, du vin de riz, du vin de myrtille, du vin de framboise... Si j'ai une tendresse particulière pour celui de framboise et celui de ginseng, on reste vraiment sur des produits très standardisés et assez sucrés.

    Concernant le vin obtenu par fermentation du jus de raisin, on peut siffler du Majuang rouge ou blanc. Autant le dire tout de suite, il s'agirait de vins californiens mis en bouteille par le distributeur. donc en fait, on oublie.

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    Reste le seul vin produit en Corée, le Château Mani. A suivre... Tout cela pour dire que le marché n'est absolument pas saturé. Il n'y a que dans les magasins haut de gamme où on peut s'amuser (un peu).
     
    Et petit clin d'oeil : la Romanée-Conti aurait ouvert un bistro en plein coeur de Séoul (quartier traditionnel de Bukchon) sans nous le dire. Une petite D.R.C. avec de la "pasta" ou un "steak", je dis youpi... Y aurait pas détournement de marque là ?

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  • Deux repas arrosés ce dimanche

    A midi, un coup de champagne classe. La dernière bouteille de Grande Sendrée 2000, la cuvée qui n'a jamais été aussi fine.

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    Avec l'estomac de cochon farci, le saint-émilion naturel du Château Meylet année 1990. Un peu éteint au début mais qui se revigore par la suite, il devient un vin de grande classe, digeste et dégraissant. Le prototype du "vin fin", vocable qu'utilisaient à l'époque les bonnes épiceries.

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    Question digestifs, on a sorti trois jolies et sacrées bouteilles. La poire de la distillerie Maucourt en Moselle (on en reparlera) et celle de chez Manguin à Avignon. Si désormais je connais bien la première, j'avoue que la seconde est une très belle surprise. Jamais entendu parler de Manguin malgré mes séjours dans ce coin de la France. C'est incroyablement fruité et acéré, sans avoir le feu de l'alcool. A côté, le roi du cognac, celui de la famille Estève toujours aussi caressant. 

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    Le soir même, Thomas apporte un petit bourgogne qui coule vraiment très bien (bourgogne La Taupe 2008 de Hubert Chavy). Un cran au-dessus évidemment (mais pas de photo), ce fut le volnay 2007 de Rebourgeon-Mure qui me semble maintenant bien mûr.

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    En guide de dessert, les pruneaux à l'armagnac de Dartigalongue dont j'ai expliqué ici la prouesse gustative, à base de vrai sirop, de vrai armagnac et de vrais pruneaux. Effectivement, ça change tout. Facilité du sucre, amerture du pruneau gorgé et acidité apportée par l'alcool : c'est incroyable...

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  • Quand la Bourgogne s'amuse dans les Corbières

    Frédéric Cossard ne s'occupe pas que des vignes du Chassorney, à Saint-Romain, ni que de ses pommard et puligny de compét'. Quand il a soif de raisin sudiste, il s'en va chercher du raisin dans les Corbières et nous rapporte La Boîte du Gros Siam, comme ici en 2007. Un pur grenache vinifié à la Cossard... ça donne quoi ?

    Une bouteille d'exception ! Le 2007 a une couleur déjà assez évoluée, sombre au centre et avec des reflets presque œil-de-perdrix. Un nez dévastateur, sur le fruit, une bouche classe avec une finale amère, presque torréfiée. On n'est pas sur la même griotte (caractéristique du grenache) qu'à Banyuls par exemple : on sent le sol pauvre, mais les tanins doux et en somme de la retenue. Au fur et à mesure on gagne en amertume (en fait, c'est à cause de la nourriture assez grasse avec laquelle on l'accompagne) et en groseille aussi, on dirait : oserais-je dire que ça pinote ? A l'aveugle, on serait évidemment complètement paumé. C'est surtout incroyablement léger et digeste pour un "Gros".

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    Le seul problème de cette bouteille, c'est qu'il faut mettre la main dessus. Allez, je suis sympa, je dis où j'ai trouvé la mienne : chez VinNouveau et pour 10 euros, une paille pour un tel mastodonte !

  • La Bourgogne raisonnée

    J'avais croisé ce domaine chez Versant Vins, dans le IIIe arrondissement, sans acheter la bouteille. Hautes-côtes-de-nuits 2007 de Naudin-Ferrand. Coincidence, quelqu'un me l'a offerte récemment. Allez, on l'ouvre. Quelques recherches avant sur le site internet du domaine qui explique dans le détail son travail et sa philosophie : le respect du raisin fait les belles bouteilles. Oui, on n'est pas raciste : pas forcément besoin d'être en bio, ou biodynamie pour arriver à un beau résultat. 

    bourgogne,hautes-côtes de nuits,domaine naudin-ferrand

    Et dans le verre ? C'est pur, droit, ça se tient plus que bien. Après l'avoir un peu laissé respirer, on en tire de splendides arômes, bien plus complexes qu'un "simple" hautes-côtes. Bien sûr, on va me dire que c'est plus classique que Prieuré-Roch...

  • Rouen : l'hôtel de Dieppe sans son canard

    Même Walt Disney est venu ici. En témoigne ce Donald pestant contre le fait qu'on sert ici un plat mythique, le canard à la rouennaise (c'est-à-dire à la presse, c'est-à-dire au sang, à l'image de celui de La Tour d'Argent).

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    Trente-neuf euros par convive, à condition de le commander : le canard à la rouennaise, ce ne sera pas pour aujourd'hui. A n'en pas douter, on passe à côté de quelque chose. Mais on y reviendra un beau jour. Ce midi, "petit" menu à 33 euros. EPD comme on dit dans le métier. D'abord, le traditionnel amuse-bouche, un gazpacho de betterave et sa mousse de chaipakoi. Très bien foutu.

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    En entrée, avec le fameux chablis de la coopérative La Chablisienne (en demi-bouteille, totalement passe-partout, malgré la bonne réputation de cette cave), un foie gras maison tout à fait appréciable en ce 14 juillet automnal.

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    Sandre en papillote aux artichauts, encore une fois bien réalisé. Avec une jolie idée : utiliser un papier transparent. Avant, après.

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    En vin, comme tous les autres avaient de la viande, on est parti sur un rouge. Léger, pour qu'il aille avec mes légumes. Le chinon de Couly-Dutheil. Pas mauvais, mais très classique.

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    Un très joli dessert, vraiment bien foutu : tarte rhubarbe-fraises. Rien de très original mais assez bon. Un peu à l'image du restaurant en fait.

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    Reste le fait qu'il faudra revenir pour tester le matos spécial coin-coin.

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    Hôtel de Dieppe, Restaurant les 4 SaisonsPlace Bernard Tissot, 76 000 Rouen, face à la gare, 02 35 71 96 00.

  • Quand Antonin casse certains de nos rêves...

    Notre cher Guide nous a convié chez lui un soir de juillet. Dans le XIIe arrondissement de Paris dorment de belles quilles chouchoutées par Antonin. A la fin de la lecture de l'article, certains penseront peut-être à aller y faire un fric-frac : je donne l'adresse, le code et l'étage au plus offrant...

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    Thème de la soirée, le rouge. Avec plein de rouges. Sept bouteilles patientent sagement devant les yeux impatients d'Emilie, Eva, Samia, Stéphanie, Frédéric, Laurent et moi.

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    Première bouteille. Nez et bouche très légers : une macération carbonique ? Un beaujolais ? Non, plus lourd, plus d'alcool. Pas un pinot non plus. Léger, poivré et plus généralement épicé, j'ai même noté "cacao". Puisqu'Antonin nous demande de mettre des notes, allons-y : 15/20 soit un vin particulièrement bon et savoureux selon la typologie Vindicateur. C'est quoi, c'est quoi ? Premier cri d'orfraie de la soirée : j'ai été incapable de reconnaître un domaine que je connais pourtant très bien, Les Foulards Rouges de Jean-François Nicq. Cuvée Glaneuses, 70 % grenache, 30 % syrah. Voilà que ça commence bien cette dégustation... Prix caviste : 13 euros.

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    Deuxième bouteille. Là, j'en suis sûr, le nez est caractéristique d'un vin naturel. En bouche, quelques tannins adoucis et une première impression : "c'est super bon !" On n'est pas plus avancé... Je crois deviner un Languedoc. En tout cas, il vaut bien ses 16,5. Entre le très bon vin et le vin délicieux. Alors ? C'est un corbières naturel, l'Alternapif 2008 du domaine Les Sabots d'Hélène (Alban Michel). Antonin adore et il a raison. Prix caviste : une dizaine d'euros.

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    Ouh là, là, tout ce vin naturel ce soir... Troisième bouteille. Oui, j'ai entraperçu l'étiquette au moment du service. Mais pour moi, ça se devine très fortement au nez et à la bouche : c'est un pinot noir bourguignon. C'est trop léger, ça s'arrête net mais j'adore ça. Alors zou, 16. Regoûté une heure après, il a perdu de son intérêt, une partie de son fruit s'est évaporé. Allez, 15. Vin particulièrement bon. Là, je me dis aïe, car j'ai vu l'étiquette et c'est Henri Gouges aux commandes. Tu me diras, 15/20 pour un bourgogne générique c'est pas si mal. Quoi ? Comment ça c'est pas un générique ? C'est un nuits-saint-georges ? Ah ben merde alors... Quoi ? C'est un Premier cru ? Tu déconnes ? Quoi ? C'est le Premier cru les Saint-Georges 2004 ? Ah ben merde de chez merde, parce que franchement c'est beaucoup trop court pour une appellation aussi prestigieuse. Parfois la dégustation à l'aveugle, ça ne pardonne pas. Parfois... Prix caviste, aïe : 80 euros.

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    Quatrième bouteille. Whaou... Fin, long et de très beaux amers. On est encore en Bourgogne mais c'est clairement quelques crans au-dessus. On dirait bien que ça vaut 17 (vin délicieux, complexe et très charmeur à la fois), voire 18 (grand vin, excellent et mémorable) une heure plus tard tellement on gagne en complexité. Allez dis Antonin, c'est quoi ? Rien de moins que le latricières-chambertin du domaine Trapet, version 2006. Alors là, merci... Mais fallait nous dire qu'on allait boire des trucs comme ça ce soir : on se serait lavé, on aurait repassé nos chemises ou mis un tailleur. Trève de plaisanterie, c'est exquis. Prix caviste : 80 euros, rien à voir avec le précédent.

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    Cinquième bouteille. Et ouais, après le Trapet, on n'en est qu'à la cinquième bouteille, ça promet. Alors là, c'est boum-boum : un nez absolument hallucinant, je ne sais pas si j'en ai déjà rencontré de tels. C'est un nez à la Usain Bolt : on n'arrive pas à le suivre. Et ça part dans tous les sens, ça évoque plein de choses, de parfums, d'arbres... La bouche a donc du mal à suivre : ce qui est sûr, c'est que le goût est plus rude (élevage) que précédemment. Va pour 16,5. Regoûté une heure plus tard, il a terriblement grandi : la bouche est incroyablement longue, mais aussi massive. Se révèle un très, très grand vin, de ceux qu'on ne boit pas tous les jours évidemment. Avec la complexité folle du nez, je l'avoue, j'ai mis 19 (vin exceptionnel, expression rare et géniale de son appellation). La Grande Rue 2002 du domaine Lamarche, un des grands noms de Bourgogne. Nouveau cri à l'évocation de ce climat aussi mythique... Prix caviste : un peu plus de 150 euros.

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    Qu'il est bien situé ce climat La Grande Rue : on ne le voit pas bien sur la photo, mais c'est entre La Tâche et La Romanée-Conti. Sympas les voisins...
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    Sixième bouteille. Urgh... C'est quoi ça ? Antonin, t'es pas cool : tu nous excites avec des bouteilles incroyables et là, tu nous fais dégringoler de plusieurs étages. Les palabres commencent : bouchon défectueux ? Amertume classique ? Problème de conservation ? Pourtant, on sent qu'il pourrait y avoir un truc pas mal dans le verre. Ah non, c'est la sève... C'est âpre au possible. Après le précédent, il rame sévère. Je relis mes notes : j'ai mis 14 (vin tout juste bon) avec cette phrase "ça vaut 10 euros". Petit problème : c'est le château Haut-Brion 2002. Des cris effarouchés dans l'assistance, des injures, des poings levés, des "mais-c'est-quoi-ce-cirque", des "mais-tu-t'es-fait-refiler-une-bouteille-contrefaite", on commence à fomenter des révolutions, on en vient à se poser des questions sur l'avenir de nos blogs ou le sens de la vie plus généralement... Cette bouteille sans intérêt relève du mythe que nous voulions tous goûter, au moins une fois dans notre vie : tout de même, Haut-Brion, ça fait rêver un minimum. On aurait aimé adorer, dire que c'est génial, que c'est une apparition divine... Mais on ne va pas faire semblant. Et même, on a l'impression d'avoir été dépossédé d'un joli rêve. Ah bien sûr, on sait que ces grands crus ne valent pas forcément les euros nécessaires à leur achat ; mais qu'un grand vin puisse être aussi petit... On le savait déjà, on en est désormais sûr grâce à l'observation empirique : mieux vaut se concentrer sur les "petits" vins qui, eux, ont vraiment le potentiel des grands. Et comme quoi, il n'y a pas que le vin naturel qui puisse tourner au pré-vinaigre. Prix caviste : autour de 350 euros. Si, si...

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    Septième et dernière bouteille. Forcément, on a un peu peur. Tiens, ça aussi c'est Bordeaux. Oui mais lequel ? Antonin ne nous ayant pas servi de pipi de chat pour finir, c'est forcément Laffite, Mouton ou Petrus. C'est assez bon, mais d'un classicisme extrême : 15,5 et je vais même monter jusqu'à 16 (très bon vin). Gagné ! C'est Mouton-Rothschild 2002 ! Franchement ça va, mais ce n'est ni à la hauteur de la réputation de Mouton, ni à la hauteur de son prix (400-500 euros). Pareil, on ne va pas faire semblant. Déception moindre que pour la bouteille précédente, mais déception là aussi.

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    On est totalement désarçonné par la différence abyssale entre la réputation des domaines et la réalité des breuvages. Nous faisons les comptes. Le gagnant de la soirée est bourguignon : La Grande Rue 2002 de Lamarche avec 16,75/20 de note moyenne (sans doute grâce à mon 19). Il bat d'une courte tête le latricières-chambertin de Trapet (16,62). Sur le podium, un vin naturel ! L'Alternapif arrive troisième et décroche 15,96 pas très loin des Foulards Rouges ex-aequo avec Mouton-Rothschild 2002 (15,92). Le résultat est à peine croyable... Le nuits-saint-georges Premier cru d'Henri Gouges arrive péniblement à 15... Et la surprise de la soirée n'est en fait qu'une confirmation : Haut-Brion 2002 ferme la marche avec 14,63...

    Conclusion. Ils n'ont pas l'air cons les grands crus avec leurs notes pourries et leurs prix qui correspondent au loyer mensuel d'un studio parisien. Bien évidemment, tout cela n'est que subjectif, notamment le système des notes. Mais on ne peut pas nier le fait qu'il se dégage quelque chose de cette dégustation. A l'aveugle, les grands crus se font exploser par des vins à 10 euros. Le plaisir (quand il y en a) n'est certes pas le même, les consommateurs non plus et je ne plaide pas pour que les vignerons fassent exclusivement des vins à 10 euros. Par contre, certains devraient se poser des questions.

    Même si je suis persuadé de la justesse de cette dégustation, je sens que les critiques ne vont pas tarder à fleurir. Je les devance :

    - "Qui sont ces jeunes cons à qui on a servi du caviar à la louche ?" Nous étions sept : des filles, des hommes, des mecs en chemises, d'autres en ticheurte, des filles en tailleur, des brunes, une blonde, des types pas rasés, des vingtenaires, des trentenaires... Et tous, nous sommes d'accord avec le verdict final. Personne ne s'est écrié "Haut-Brion, c'est du génie en bouteille !"

    - "Vos palais sont trop jeunes, vous n'avez pas compris ces vins !" Jeunes ou expérimentés, les palais n'aiment pas le vin qui sent la sève ou la rafle à plein nez. Pour le vinaigre, voyez du côté de Banyuls, pas de Bordeaux.

    - "Il aurait encore fallu attendre ces vins !" Et puis quoi encore ? Y en a marre de cette rengaine... Un bon vin, c'est bon jeune, c'est bon vieux. Il y a des primeurs de bordeaux qui sont exceptionnels quand on les goûte au fût. Alors si 9 ans après le pinard n'est pas près, ne comptez pas sur moi pour poireauter.

    - "Vous êtes tombés sur un Haut-Brion défectueux". Peut-être. Ce qui voudrait dire que pour Mouton ou Gouges, c'est pareil ? Et que les deux vins naturels (notés à leur juste niveau) étaient normaux ? Les bouteilles ont été bien conservées et bien ouvertes, on n'a pas fait n'importe quoi non plus.

    - "De toute façon, vous préférez la Bourgogne !" Réponse personnelle : oui ! Et de loin ! On trouve encore des nuances et une complexité qui n'existent pas (plus ?) vraiment à Bordeaux.

    - "Et puis vous êtes de jeunes bobos parisiens... C'est normal, vous préférez le vin naturel". Oui, sans doute. Mais j'aime aussi la Romanée-Conti ou La Grande Rue de Lamarche, surtout dans un millésime comme ça. N'oublions pas que le vin, c'est aussi du plaisir.

    - ... si vous avez d'autres critiques, je suis tout ouï.

    Dernière chose : on n'a pas condamné définitivement ces grands crus inabordables. Un jour ou l'autre, on les goûtera à nouveau. Mais ça fait un peu mal au postérieur... Reste à remercier Antonin pour nous avoir ouvert sa cave personnelle et pour avoir contribué à la formation de nos goûts. Promis, on t'en veut pas d'avoir casser un ou deux de nos rêves viniques...

  • Les Fines gueules un mercredi

    A quatre jours d'intervalle, retour aux Fines Gueules avec Olivier cette fois. On va y passer un peu plus de temps. Ouvrons le bal avec le bourgogne aligoté des De Moor. Mais pas n'importe quelle cuvée : une bouteille que je ne connaissais pas du tout, la Plantation 1902. J'ai trouvé que c'était plus dur, moins cajoleur que les autres cuvées du couple. Mais plus classe. Oui, classe et aligoté dans la même phrase, c'est possible. Une découverte en tout cas.

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    Planche de charcuterie bien enveloppée. Il y a du répondant jusque dans la moutarde. Mention spéciale aux tranches de magret fumé.

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    Avec le temps, va tout s'en va. Même les plus chouettes souvenirs, ça t'as une de ces gueules... Certes, mais quand Edouard Laffitte est aux commandes, on boit pour se souvenir justement. Je n'ouvre pas assez de quilles du domaine du Bout du Monde, comme si c'était déjà devenu un "classique". Ce 2007 (du carignan en macération carbonique si j'ai bien suivi) prouve que les jolis vins naturels peuvent se garder une paire d'années (et bien plus). Edouard Laffitte fait partie de ces vignerons qui redonnent ses lettres de noblesse au Roussillon souvent mal aimé.

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    Et on mange quoi ? Olivier opte pour du veau dans un jus aux truffes, avatar de mon plat de samedi dernier.

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    Cap sur le fameux tartare et ses pommes grenailles (17 euros, le plat le moins cher de la carte). Pour un bon tartare, il faut évidemment de la viande de premère qualité (ici de chez Hugo Desnoyer) et un bel assaisonnement. Le plus, c'est de glisser des copeaux de parmesan entre les morceaux de viande. Sans contestation possible, c'est le meilleur tartare dégusté à Paris.

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    Petite assiette de fromages. C'est toujours très, très cher une assiette de fromages dans les restos. Chez les bons fromagers aussi d'ailleurs. Le fromage est le nouveau produit de luxe. 10 euros, il faut vraiment que ça dépote. Le reblochon joue ce rôle : on dirait qu'il a été oublié dans la cave. Terrible longueur en bouche. N'espérez pas aller draguer après.

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    Les Fines Gueules, 3 rue Croix des Petits Champs, 75 001 Paris, 01 42 61 35 41.

  • Le whisky made in Ecosse-Jura-Bourgogne

    Avec Stéphanie, nous venons d'échanger pas mal de mails sur le whisky japonais Nikka. Sa dégustation d'hier soir m'a grandement fait saliver et m'a rappelé que question whisky ma cave était vide depuis quelques semaines. Seulement voilà, celui sur lequel je lorgne depuis plusieurs semaines est en rupture chez les cavistes. Ce n'est pas du Nikka cette fois, rien à voir, même s'il me faudrait crier mon amour pour le Yoichi 10 ans (oui, pas très original). Non, c'est le clerach single malt (distillat brut du whisky) de Michel Couvreur élevé 3 ans en fût de vin jaune. L'idée de Michel Couvreur c'est que l'origine du whisky compte très peu dans le résultat final, l'important c'est le vieillissement. Donc ici on est en présence d'un truc de malade, à cheval entre l'Ecosse (pour la distillation), le Jura (pour les fûts de vin jaune) et la Bourgogne (Bouze-les-Beaune) où a eu lieu le vieillissement dans ces fûts.

    J'avais une dernière chance d'en trouver : il a suffi de quelques stations de métro (merci Paris) et me voilà aux Caves du Roy. Joli endroit au-dessus de Barbès, avec de belles quilles et tenu par un homme qui m'a l'air de bien connaître le produit. "Ah tiens, ça tombe bien, j'ai eu Michel Couvreur au téléphone hier, il m'a dit qu'il allait embouteiller fin juin. Ah vous en voulez tout de suite ? Ah ben il ne me reste que du 50 cl et avec boîte en bois..." Tant pis je ne suis pas très caisse en bois et tant mieux j'en ai trouvé ! On dirait un peu cadeau pour la fête des pères sauf que c'est pour moi et que je n'ai pas d'enfant.

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    On ne va pas lancer le débat mais ce côté non filtré me plait bien... Qui a dit whisky naturel ? Bref, maintenant c'est bien au chaud à la maison. Et on va bientôt voir ce que ça dit.
  • Le dimanche, c'est PF

    Dimanche, c'est souvent poulet-frites. Pourquoi ça ne deviendrait pas le jour du pouilly-fuissé ? Et ok, on vire le poulet-frites. Le lundi peut arriver, on l'attend, on a moins les boules. Celui du domaine des Côtes de la Molière est particulièrement vivifiant. Nature, ça gazouille à l'ouverture mais après quelques minutes, c'est évaporé. Droit, franc, le pouilly est toujours un peu aristo pour moi, mais là il se détend du string. Un vin fin et un de mes terroirs préférés.

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  • Le dimanche, c'est maki-jaja

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    Quelques makis pour faire passer le blues du dimanche soir. Et quelques quilles pour les accompagner. Le Brut Nature de Drappier : valeur sûre, l'un des meilleurs accords possibles avec les sushis même sans poisson. Le mâcon-cruzille 2009 de Guillot-Broux : un domaine que je connaissais sur le bout des doigts il y a quelques années et qui fait toujours de belles bouteilles. Le Vin est une Fête 2009 d'Elian Da Ros : jolie petite bouteille, pleine, présente, cacaotée.

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  • Retour en terre (in)connue

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    Retour dans le superbe restaurant dont je m'obstine à taire le nom. A force de mettre des photos, certains vont reconnaître tout de même. On fait tout pareil que jeudi dernier mais cette fois avec Olivier et Omar. A nouveau, on s'est vraiment régalé. Et "quels vins !" s'écrit aujourd'hui encore Olivier... A peine assis, nous voyons nos verres se remplir de savagnin du domaine Foret. Avec un reste de pressé de lapin. Je ne te raconte même pas...

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    On fait quelques pas vers l'ouest avec le saint-aubin de Sarnin-Berrux. Hormis le Petit Têtu, je n'avais pas bu grand-chose de ce domaine. Assez percutant, ce joli blanc. C'est vrai qu'Olivier et moi avons habitué notre palais au saint-romain de Cossard, mais franchement ça se biberonne plutôt pas mal. Surtout qu'on avait déjà du champagne dans le cornet, je rappelle.

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    A suivre, un saucisson chaud. C'est pas un Jésus mais franchement on dirait l'Apparition. Les yeux des autres tables dévorent la bête mais ce sont nos palais et nos estomacs qui vont s'en charger pour de vrai. Deux légumes, un bol de choucroute et c'est parti.

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    Un peu de rouge avec ça tout de même ? Et comment ! Une cuvée désormais introuvable. De mon bien-aimé Casot des Mailloles à Banyuls, voici Taillelauque V. C'est-à-dire 2005 mais on est en Vin de Table ici. Grenache, carignan, mourvèdre si je ne m'abuse. C'est l'apothéose : quel nez ! Cyrano fait pâle figure à côté... J'en suis encore amoureux quelques jours après. Un premier côté tannique qui s'efface vite après le passage en carafe pour donner un jus miraculeux, sur l'algue et la groseille, sur le cuir, ou sur je-ne-sais-plus... Les 14,5° filent aussi vite que les Parisiens dans le métro et sur les lèvres, un seul mot : "Encore !" D'ailleurs Olivier qui veille jalousement sur la bouteille n'arrête pas d'en redemander, comme si on allait nous le piquer. Il a raison, on n'est jamais trop prudent. Je connaissais le vin naturel, celui-ci fait partie des vins surnaturels.

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    Et non, pas de chance, même après le fromage, je ne donnerai pas l'adresse...

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  • 1981...

    Bon la grande affaire du moment pour les futurs trentenaires dont les anniversaires jalonneront 2011, c'est de trouver des petits pinards de l'année de notre naissance. Des vins qui, comme nous on l'espère, ont plutôt bien tenu le coup, ont plutôt bien résisté aux trois dernières décennies. Alors je cherche, je cherche. Et je commence à trouver des choses raisonnables c'est-à-dire pas trop chères. Pas question de Lafite, de Mouton, de Margaux : on va jouer quelques crans en-dessous sans faire non plus dans le château vinasse. Je ne suis pas grand partisan des vieux millésimes, mais là c'est juste affaire de rigolade. Mon problème, c'est que j'arrive surtout à rassembler des bordeaux (ainsi qu'un armagnac et un superbe bourgogne), un comble pour moi qui n'en bois presque jamais. D'ailleurs si quelqu'un a des pistes, je suis preneur. Et j'en profite aussi pour m'excuser par avance auprès de ceux avec qui j'ouvrirai ces bouteilles : en réalité, elles n'auront sans doute pas passé les années avec autant de facilité que nous. Vins morts, vinaigre et gros dépôt seront sans doute au rendez-vous. Au pire, on fera une belle daube de boeuf millésime 1981.

  • Metz : le Pampre d'Or répond toujours présent

    J'y étais l'été dernier, j'y retourne avec Thomas et Olivier. Rien n'a changé ; seul le menu du midi a pris deux euros de plus. La cuisine de marché, c'est comme la vie : irrégulier. Y a des hauts, y a des milieux et y a des bas. J'avoue que le menu de l'été dernier m'avait plus impressionné. Ceci dit, c'est toujours bien bon. Petites entrées de saison (crème de potiron, mousse de chevreuil, bouchée aux fines herbes) puis paleron de boeuf vraiment bien troussé.

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    Question vin, on n'a pas fait de folie. Le givry de Remoissenet cuvée Le Préféré du Roi Henri IV. 35 euros sur table tout de même. Chose intéressante, un 2004. Je fais d'habitude peu de cas des vins de négociants : celui-ci ne déroge pas à la règle. Agréable, sans plus. Je ne m'en souviens plus en fait et ce n'est évidemment pas un compliment.

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    Pour finir, une tarte aux pommes : jolie mais relativement anodine. J'avoue que je suis vraiment dur avec les desserts dans les restos...

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    Le Pampre d'Or, 31 place de Chambre, 57000 Metz, 03 87 74 12 46.

  • Comment se réconcilier avec le chablis ?

    Je n'ai jamais été un ardent défenseur du chablis. Et pour cause, je n'en avais jamais bu d'exceptionnel. C'était jusqu'à ma rencontre avec les vins d'Alice et Olivier De Moor il y a quelques années. Les amateurs de grands blancs s'extasiaient sur le "petit" chitry comme on se retourne sur une fille dans la rue. Aujourd'hui Rosette 2008 est sublime mais moins facile d'accès que L'Humeur du Temps dans le même millésime : frais, puissant et cristallin tel que devraient l'être les vins de Chablis. Faire (re)décoller une appellation endormie, la vinification naturelle semble être là pour ça.

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    Tout se trouve aux caves Augé, au Verre Volé...
  • Boire le Clos des Corvées n'a rien d'une corvée

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    Avec Olivier, on a fait sa fête au canard sauvage à l'orange. Cuit trop longtemps, il n'était plus très rosé et évidemment sec. Mais passons. Il vaut mieux se focaliser sur les vins de la soirée. Le pernand-vergelesses 2009 du domaine Pavelot dont j'ai déjà dit beaucoup de bien. Le 2009 est incroyablement buvable, il m'aurait fallu en acheter plein d'autres et les faire vieillir. Un parfum entêtant, j'y retrouve de la noix de coco, comme quoi ces histoires de dégustateurs c'est un peu de la connerie...

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    La star de la soirée, c'est ce Clos des Corvées 1999 monopole de Prieuré-Roch (accessoirement co-gérant de la Romanée Conti). Un nuits-saint-georges 1er cru (prix ? heu ? c'est Olivier qui a ramené ce bijou... Sans doute 75 euros). Un nez sublime de fruits rouge, tirant sur la cerise. Ce qui nous a frappé, c'est la fraîcheur extrême de ce pif : il a la couleur d'un vin nouveau vinifié tout naturellement comme de la grenadine. Et en bouche, ses parfums de fruits rouges bien mûrs laissent croire que le vin vient d'être tiré du fût. Fraîcheur extrême, bis. Aucune lourdeur, pas de concentration, il a défié les 10 dernières années avec une sacré facilité. Il semble être taillé pour plusieurs années encore. Un vrai bourgogne tel qu'on en rencontre peu. Le côté légèrement fumé des bons pinots noirs peut par contre en rebuter certains mais il se mariait magistralement avec le coin-coin.

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    Bon après, ce fut difficile de continuer. Option bubulles avec la cuvée Atmosphères de Jo Landron, un genre de muscadet pétillant et bien brut. Je suis séduit depuis deux semaines, Olivier ne me contredit pas. Logique en somme.

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    Et puis bon allez, un dernier petit verre. Un muscat-du-Cap-corse 2006 du domaine Leccia, une des premières cuvées réalisées après le départ du grand Yves. J'aime beaucoup ce genre de vinification sur les muscats car on n'est pas sur le tout sucre comme habituellement ; ici on sent le raisin. C'est tout de même ce qu'on demande à un vin. Lors de la cuisson de mon prochain foie gras maison, j'arroserai l'organe du volatile de quelques gouttes d'or corse.

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  • Une daurade façon osso-buco

    Cette recette, je l'ai honteusement volée à Pascale Weeks. J'avais l'habitude de suivre son blog dans ma cuisine il y a quelques années, puis j'ai abandonné et maintenant j'y reviens timidement : j'aime bien sa simplicité tout de même assez exigeante. J'y trouvais de bonnes recettes mais aujourd'hui il y a trop de communiqués de presse ou de billets sponsorisés.

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    Cette recette de daurade au four est d'une simplicité presque enfantine. Il suffit de faire une gremolata, le condiment traditionnel de l'osso-bucco en hachant persil et zestes d'agrumes, en ajoutant de l'huile d'olive et en assaisonnant. On badigeonne les filets de poisson  avec ce mélange et on enfourne 20 minutes à 200 degrés. Tout est expliqué dans le détail ici. Je me suis un peu compliqué la tâche en achetant chez un bon poissonnier une vraie daurade grise pêchée en Bretagne (9 euros le kilo) et en levant moi-même les filets. Avec l'arête centrale, la tête et un peu de vin blanc, on prépare un joli fumet pour un futur risotto piscicole.

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    Et on boit quoi ? Je ne suis pas un fanatique des vins gras avec le poisson, surtout avec la tonne d'huile d'olive que j'ai mise dans le plat. Donc un blanc bien acide, un bourgogne aligoté nouveau (2010 donc) mis en bouteille par le grand Frédéric Cossard et acheté la veille aux caves Augé.

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  • La Cantine du Troquet toujours au rendez-vous

    L'été dernier, Olivier et moi avions pas mal apprécié la totale, le menu dégustation à 30 euros ; c'est sans doute le meilleur rapport qualité-prix de Paris. Cette fois, nos estomacs étaient moins avides de sensation fortes. En un mot : raisonnables.

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    Tout commence avec un superbe vin, l'aligoté des Maréchal, vignerons à Bligny. Servi trop froid, il n'a pas exprimé tout de suite son potentiel. Comme pour le domaine Chanzy, cette bouteille est la preuve de la vivacité de ce cépage réservé aux pisse-kirs. Il souffre d'un certain mépris. L'aligoté ça peut être bon ! Encore faut-il trouver les bons vignerons et accepter de mettre quelques euros de plus que pour les plus classiques...

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    Ne les laissez pas passer ces grands aligotés, il y aura toujours plus de splendeur dans ces bouteilles-là que dans les Premiers crus des négociants, j'en suis vraiment persuadé. Le prix joue aussi (22 euros sur table) : à combien serait monté un chassagne ?

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    A suivre : un espadon à la plancha pour Olivier, des saucisses confites lentilles et un salmis de palombes pour moi. Etant donné que je crie toujours "Au diable, les accords mets-vins !" je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Car la sauce au vin rouge et au sang de la palombe aurait vraiment préféré un bon rouge du sud. J'avais trop envie de blanc, tant pis pour ma gueule.

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    En dessert, figues rôties et sa quenelle de chocolat pour la fille.

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    Et frometon pour les garçons. Une tome des Pyrénées et une confiture de cerises noires bien accrocheuse : je ne sais pas d'où elle vient, mais n'oublions pas que le patron, Christian Etchebest, est basque donc ceci explique cela. L'accompagnent deux verres de bandol blanc, domaine de la Ray-Jane, la petite découverte de la soirée. J'avais déjà entendu parler de ce domaine, je vais mener l'enquête... En sortant, Olivier et moi nous sommes mutuellement avoués qu'on aurait dû commander la bouteille entière.
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    La Cantine du Troquet, 101 Rue de l'Ouest, 75014 Paris, 01 45 40 04 98. Pas de résa.

  • Des joues de porc au rully

    La dégustation de joues de porc à L'Ami Tripier m'a donné envie de m'y lancer dans ma cuisine. Pas compliqué, mon boucher en bas de la rue a ce qu'il faut. Avec un clou de girofle, du laurier, une rasade de cidre et de l'eau à hauteur, j'ai lancé le mijotage durant quatre heures, le temps d'une longue sieste. Un coing coupé en quartier et les jolies carottes-betteraves de Joël Thiébault lancés dans la bassine une heure avant la fin pour accompagner.

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    Le résultat donne à peu près ça, un joli plat automnal. Bon d'accord, les carottes trop cuites avaient perdu leur beau violet (de quelle réaction chimique s'agit-il ? La prochaine fois on les râpera). La viande est extrêmement fondante, les coings n'apportent pas trop de sucré. Quand on pense plat mijoté, on imagine souvent quelque chose de bourratif : ici il s'avère plutôt léger.

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    J'ai cherché un accompagnateur à ce plat, je l'ai trouvé en Bourgogne : un rully du domaine Chanzy. Pour avoir bu leur aligoté de Bouzeron, je savais que les vins de Chanzy très acides étaient aptes au vieillissement, même sur des "petits" terroirs. Il me fallait quelque chose d'un peu piquant mais avec aussi un peu de gras. Le 2003, puissant, ample et encore acide, m'a semblé pas mal convenir. Mais rien n'est plus subjectif qu'un accord met-vin. Ce qui est sûr, c'est que le rully (une des mes appellations préférées) de Chanzy est une très belle bouteille (une bonne dizaine d'euros chez un caviste dijonnais).

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  • Le navarin d'agneau automnal et son chassagne-montrachet adéquat

    De noble extraction, le chassagne-montrachet m'a toujours paru être un vin de mi-saison, c'est-à-dire de printemps ou d'automne. Ni d'été, ni d'hiver : un vin du temps qui se met à changer. Passionné par la Bourgogne et par ses blancs, c'est évidemment une des mes appellations favorites : quand la Bourgogne virevolte pour produire les meilleurs blancs du monde. C'est le cas de Morey-Coffinet par exemple, pour ne citer qu'un des vignerons rencontrés cet été.

    En mars-avril, la belle acidité du chassagne tout jeune (de l'année précédente... même si d'aucuns diront qu'il est trop vert) se marie avec un navarin d'agneau et ses légumes nouveaux croquants.

    Mais pourquoi pas la version automnale ? Ca tombe bien, c'est de saison. Avec les bas morceaux goûteux (collier, selle), quelques dés de céleri et une crème aux noisettes avec de vraies noisettes. Un filet d'huile de noisette par-dessus. Et des pâtes semi-complètes. Un plat réconfortant.

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    Dans ce cas, le chassagne-montrachet aura besoin de quelques années de maturité. Pas besoin d'en prendre un vieux, juste un moins jeune qui commence à s'ouvrir : ici le 2006 de Jean-Marc Boillot emballe bien la bête et le palais (45 euros - 40 % chez Lavinia, c'était les soldes).

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  • Sucre contre acidité

    Mes différents voyages en Asie m'ont fait comprendre une chose : nos sociétés dites occidentales reposent sur une civilisation du sucré. Voyez par exemple l'importance du dessert dans un menu (une notion assez absente en Extrême-Orient). L'industrie s’immisçant dans la brèche, les enfants (et une majorité d'adultes) préfèrent le Nutella au jus de citron, le sucré plutôt que l'acide. La facilité avant tout. C'est pareil pour le vin : Jonathan Nossiter parle de vin "confiturés" pour définir les bordeaux technologiques, ces vins vanillés souvent lourds, peu digestes. Influences de Robert Parker et de Michel Rolland ? Sans doute.

    A l'inverse, mon goût se porte plutôt vers l'acide. Et n'oublions pas que c'est l'acidité qui permet le vieillissement des vins. Un exemple récent : cette bouteille de bouzeron du domaine Chanzy, bue dans le millésime 2008. Bouzeron est la seule A.O.C. bourguignonne qui ne plante pas de chardonnay. Ici règne l'aligoté. Bien sûr ce cépage n'est pas voué à être conservé des années. Mais il n'est pas voué non plus à pisser de l'eau comme c'est le cas trop souvent ; tout comme le fameux kir peut être très bon. Le secret ? Prendre une crème de cassis extra et un bon aligoté.

    Sauf que celui du domaine Chanzy me parle tellement avec sa "belle acidité", que je bois la bouteille sans rien d'autre.

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  • Les jolis nuits-saint-georges

    Chose promise, chose bue : on a ouvert récemment deux bouteilles de Bertrand Machard de Gramont. Je l'ai déjà dit ici lors de notre visite au domaine, leurs vins rouges m'enchantent. Ces nuits-saint-georges sont puissants, terroiristes sans être lourd. C'était à nouveau le cas pour Les Vallerots 2007. J'attends impatiemment le salon des vignerons Indépendants pour quelques caisses de bourgogne régional.

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    L'aligoté m'a paru un peu sur la défensive, pas aussi acide qu'au domaine. Les autres bouteilles sont à Metz, j'en ouvrirai d'autres pour en avoir le coeur net.

  • Dijon : un lundi soir chez David Zuddas

    Sur David Zuddas, on a entendu tout et son contraire. Cuisine moléculaire, cuisine simple, cuisine michelinée, cuisine plaisir, ouais vous verrez le lundi le chef n'est pas là... et j'en passe. Le plus simple est encore d'aller y faire un tour. Tout se passe face aux Halles de Dijon dans son restaurant DZ'Envies. Ce lundi soir justement, un regard vers le fond de la pièce suffit pour voir que le chef est bien là.

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    Après le vélo et le pique-nique sans vin, il nous fallait un beau remontant. A la carte nous attend un truc extra (36 euros) : le Saint-Aubin Le Ban 2008 des Derain. Vérification faite chez Augé, on le trouve aussi à Paris, ouf (une vingtaine d'euros à prix caviste : donc Zuddas ne fait pas dans l'excès). Rien à voir avec un bourgogne classique insipide : le parfum saute aux yeux, au nez, à la gueule... Un terroir un peu oublié vaut amplement les plus célèbres quand un parfait vigneron fait le travail.

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    Dans les faits, ça diffère peu de L'Auberge bourguignonne hier. Sauf que dans la bouche, c'est plus fin, plus goûtu. En un mot, meilleur. Hier c'était bon, là c'est vraiment très bon. J'annonce : jambon persillé sans gras et une sauce persillée presque crémeuse, boeuf bourguignon de noix de joue de boeuf troooop boooon (viande fondante, sauce concentrée) et panna cotta elle aussi extra crémeuse, aux fruits rouges (28 euros en tout, à la carte en plus).

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    Voulant savoir ce que le chef avait dans le ventre, je commande pour ma part la "formule 5 envies" (35 euros).

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    On commence avec le foie gras. Encore du foie gras, toujours du foie gras. En septembre à Dijon, je m'attendais à autre chose. En plus à la mangue, moi qui ne suis pas partisan du condiment sucré avec le foie gras. Sauf que le foie est tip top et, prise indépendamment, la pâte de mangue est une petite merveille fruitée. J'ai demandé au serveur où se trouvait mon bien aimé savagnin dans le plat, il n'a pas su me le dire, je n'ai pas su le deviner.

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    Arrive le siphon de fèves. Encore un argument pour les détracteurs de Zuddas qui voient ici une cuisine branchouille voire moléculaire. Que je sache, le bourguignon n'a rien de moléculaire... Passons. La fève, c'est difficile surtout ici en réduction, en purée. Zuddas l'a réussie crémeuse (troisième fois) et légère. Un vrai régal.

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    L'oeuf parfait est effectivement parfait. Le bouillon de légumes est sympa mais ce sont les bourgeons de cassis et les petites girolles qui font tout. J'ai levé la tête et dit qu'il s'agissait du meilleur oeuf que j'avais jamais mangé. Un plat presque bête mais qui restera gravé dans ma mémoire.

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    Le porc fermier avec son chorizo exaltant et ses dés de seiches excitants. J'avais déjà dit à Collioure combien ces accords terre-mer étaient risqués. Zuddas l'a réussi : l'encre de seiche (travaillée avec une sauce soja ?) qui vient caresser le porc rosé avec la pointe de mon couteau me rend fou.

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    En voyant arriver le dessert, on pense à une énième version de l'Ispahan de Pierre Hermé. Visuellement à la rigueur, mais en fait non. Pas de litchi, des fraises à la place des framboises et surtout une glace splendide au poivre de Sichuan, épice désormais célèbre aux grains plutôt doux. C'est crémeux (quatrième...) et épicé. Certains vont faire la grimace, moi je me régale.

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    David Zuddas réussit le tour de force de faire une bonne bouffe du terroir avec des plats emblématiques et, en parallèle, il laisse libre cours à ses envies et exprime son talent. Le grand écart n'est pas si grand en fait.

    DZ'Envies, 12 Rue Odebert (face aux Halles), 21000 Dijon, 03 80 50 09 26

  • Dijon : une caviste vraiment naturelle

    Amis Dijonnais, courez chez Audrey Kocévar !

    Caviste naturelle (n'ayons pas peur des mots), elle a ouvert sa boutique depuis à peine un mois. Sa sélection est pointue ; on ne retrouve pas ici les choses insipides que j'ai eu l'occasion de voir chez d'autres cavistes dijonnais ou beaunois. D'ailleurs, c'est une sacrée plaie : dans les régions viticoles, les cavistes sont souvent assez inintéressants. Il faut s'éloigner de la vigne pour trouver de belles bouteilles. Normal en quelque sorte, car quand on habite dans le coin, il suffit de prendre sa voiture ou d'avoir une remorque à son vélo et d'aller faire le tour du vignoble... Mais bon.

    Ici on dépasse évidemment la Bourgogne : Sébastien Riffault à Sancerre, Château-Meylet à Bordeaux, je me souviens avoir vu du Richaud à Cairanne. Et surtout mon amour du moment Pierre Overnoy-Emmanuel Houillon à des prix tout doux : 13 euros le chardonnay, 20 le savagnin et 24 le macvin assez rare. J'en ai acheté : la honte ! Venir en Bourgogne pour acheter du vin du Jura...

    J'allais presque oublier de préciser que sa superbe cave voûtée méritait à elle seule le déplacement...

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    Du Vin au Vert, 6 boulevard de la Trémouille, 21000 Dijon, 03 80 72 52 27.

    A signaler aussi l'autre caviste naturel de Dijon, Au Gré du Vin, 106 rue Monge, 21000 Dijon, 03 80 65 90 62. Bien entendu (et comme à chaque fois), nous y sommes allés sans parler du Morgon ou sans dire quoique ce soit, et l'accueil fut excellent.

  • Beaune : comment réussir un pique-nique ?

    Partez un lundi ensoleillé de septembre : un moment parfait. Tout le monde bosse sauf vous, les touristes ne sont pas légion et tout (ou presque) est ouvert. Faites un détour par le fromager Alain Hess.

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    Léchez-vous les babines devant les vitrines.

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    Choisissez sans crainte un délice de pommard, triple crème au lait de vache pasteurisé. Il a d'ailleurs été inventé ici par Alain Hess lui-même. Rappelez-vous, c'est ce que nous avions mangé la veille à l'Auberge bourguignonne ; il fallait absolument le goûter à nouveau. C'est celui à droite, avec le son de moutarde qui l'enveloppe. Un régal pour quelques euros. Demandez où acheter un bon pain dans le coin, la vendeuse vous l'indiquera.

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    Louez un vélo chez l'un des deux loueurs de la ville : ils sont situés avenue du 8 septembre, vers la gare. Enfourchez la bête et direction la véloroute à travers le vignoble. Quelle belle idée que ces petits chemins balisés et sans voiture à travers les vignobles entre Beaune et Santenay...

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    Cette géographie donne soif : Beaune, Pommard, Volnay, Meursault, Puligny, Chassagne. 35 kilomètres aller-retour. Bon, nous nous sommes arrêtés à Chassagne mais on peut continuer jusqu'à Santenay comme promis sur la brochure.

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    Pédalez jusqu'au premier village : Pommard.

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    Jetez un coup d'oeil à droite, vous venez de passer le Premier cru Les Epenots. Recueillez-vous un instant et pensez aux belles bouteilles qui vont sortir d'ici.

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    Pédalez encore. Dépassez le village de Pommard. Là sur la route qui mène à Volnay, il faut bien l'avouer, ça monte un peu. Accrochez-vous. Pédalez toujours, on n'a rien sans rien. Et puis à un moment donné, mettons au faîte de la côte, arrêtez vous. Et retournez-vous de 90°. Logiquement, vous devriez découvrir un paysage qui ressemble à cela. C'est encore Pommard.

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    Posez votre vélo sur le bas-côté. Ouvrez grand les yeux. Respirez. Envoyez rapidement quelques textos aux copains pour les faire saliver. Puis passez aux choses sérieuses. Déballez le casse-croûte. Posez le délice de pommard face au village de Pommard.

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    Prenez un brin d'herbe et tendez-le bien : il va servir de couteau pour couper le fromage. Dégustez avec les doigts puisque vous avez oublié les couverts, toujours les yeux tournés vers Pommard. D'accord, vous avez aussi le droit de regarder Volnay sur votre droite.

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    Dernier conseil. Surtout, ne faites pas comme nous : n'oubliez pas de ramener du vin. Même si on se dit : "ouais, on va être bourré sur le vélo, c'est dangereux et idiot". Pas faux. N'empêche que sans un pommard ou un volnay dans le verre, c'est ce pique-nique qui est un peu idiot.

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