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casot des mailloles

  • Casot des Mailloles, Clôt de Taillelauque 2002

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    Les connaisseurs vont saliver dès le titre, car tout est dit. Premier jour d'ouverture : très tannique. Deuxième jour : idem, on sent encore un terrible potentiel de garde. Troisième jour : on s'envoie du fruit et des fleurs, une matière très soyeuse, plus aucune lourdeur en bouche. La bouteille a évolué sur la finesse. Avec Antonin, nous avons goûté les derniers millésimes à la Dive. Il n'y a pas à dire, le Casot des Mailloles, ce sont mes chouchous. Comme je le dis souvent, et à la limite de la mauvaise foi : "tu m'écris Casot des Mailloles sur une bouteille de coca, je suis prêt à aimer ça".

    La petite soeur version 2005, simplement appelée Taillelauque, bue chez Michel, ex-Cave de l'Insolite, nous avait fait grand effet. 

  • Dégustation à l'aveugle

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    Petit jeu. C'est quoi dans ce verre ? Réponse plus bas, le temps de vous laisser réfléchir un peu.

    Et pendant ce temps-là à Vera Cruz.

    Alors une petite idée ? Non, ce n'est pas du vin nord-coréen, quoique la couleur y ressemble. C'est un vin qui, semble-t-il, a un peu vieilli mais qui reste incroyablement tendu, incroyablement équilibré de fait. Au nez, on ressent déjà une finesse et en bouche, on la confirme.

    Il reste du sucre là-dedans ; je peux le dire, on est dans le liquoreux. Mais rien à voir avec de l'explosion de fruits faciles, comme les litchis. C'est un fruit tapé, un peu blet, mais pas trop blet non plus : c'est-à-dire qu'il reste une sensation d'alcool mais elle n'est pas âpre. En tout cas, ce n'est pas du riesling, c'est pas du gewurztraminer : c'est assurément un cépage sudiste.

    Bingo ! Je t'aide : grenache. Alors qui dit grenache avec du sucre en bouche, dit peut-être Roussillon. Oui. Allez, le plus célèbre : Banyuls ? Oui, mais non. Disons que ce n'est absolument pas lourd comme d'habitude dans le coin, on n'a pas ce poids de l'alcool avec lequel on a muté. C'est très fin. Bien sûr, cela existe des nectars extrêmement légers dans le coin, ainsi le Vin de Méditation. Donc c'est à rapprocher de cela, quelque chose d'extrêmement vieilli, voire une solera ?

    On s'éloigne. Mais qu'est-ce que c'est bon... C'est cristallin, c'est lumineux dans le verre au reflet de la bougie. C'est incroyablement long en bouche, c'est pur et pour tout dire c'est la bouteille qui me réconcilie avec le sucre dans le vin.

    Un début de réponse ? C'es un genre de vendanges tardives de grenache d'au moins 10 ans d'âge. Précisément, c'est du 1999. Et on n'avait pas tout à fait tort quand on parlait de Banyuls, car c'est produit dans le coin. Et dernier indice : évidemment c'est du tout naturel.

    A Banyuls, du tout naturel en 1999 ? Le Casot des Mailloles ? Impossible, ils ne laissent pas de sucre dans leurs cuvées : certains béotiens qui tombent par hasard sur leur chai au centre de la rue principale de Banyuls le leur reprochent assez souvent... Qu'est-ce que c'est alors ?

    REPONSE :

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    Vin Antique 1999 du Casot des Mailloles.

    Quoi ? Ils font ça au Casot ? Jamais entendu parler de ce truc. Ils l'ont fait en 1999 en 2002, ça c'est certain. Ensuite, ils semblent l'avoir arrêté. Autant te dire que les heureux détenteurs de telles bouteilles doivent se compter sur les doigts des deux mains. Moi j'ai trouvé la mienne chez VinNouveau et pas sûr qu'il en reste à Franck.

  • Le Jeu de Quilles porte bien son nom

    C'était un rude vendredi de décembre. Jérémy nous avait réuni au Jeu de Quilles, restaurant sis à côté du boucher-star Hugo Desnoyer. La soirée fut digne d'une orgie bruxelloise. Nous étions sept autour du superbe vigneron Jeff Coutelou (nous avions bu une de ses bouteilles chez Michel Guérard notamment). J'ai refait le compte : 19 bouteilles ouvertes ce soir.

    Un véritable inventaire à la Prévert.

    Je n’ai pas trouvé de nom pour cette cuvée de Pierre Beauger, dans sa version 2009. C'est un ovni, objet vinicole non identifié : un pinot gris d'Auvergne (bon déjà là, on est perdu...) dont les raisins sont vendangés en partie avec de la pourriture noble. Ouais... Puis la macération a donné cette teinte hallucinogène. C'est l'opposé total de l'industriel Mouton-Cadet : seulement 152 bouteilles ont été produites... Pour toutes les explications et pour dénicher ces quilles inconnues, direction Vin Nouveau chez l'ami Franck Bayard. On a l'habitude de sortir des bouteilles insolites, mais là il faut avouer qu'on est totalement dépassé par ce premier verre. Nous aurions dû commencer par quelque chose de plus classique. Au fur et à mesure se dégage pourtant une vraie pureté du raisin. Mais comme dit Jérémy, "le vin n'est pas à son aise et on sait que les vins de Beauger nécessitent souvent une grande patience que nous n’avons pas ce soir". Faute de temps et de concentration, nous sommes passé à côté, j'enrage : Pierre Beauger fait partie de ses vignerons que je ne connais pas assez malheureusement, mais on va y travailler lors du réveillon du Nouvel An. Notons enfin qu'il est l'un des 12 sages dont Pierre Jancou a tiré le portrait. Et cette couleur dans le verre, je n'en reviens toujours pas...

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    Ars Antiqua 2010, le pétillant naturel de La Vigne du Perron (60 % roussette, 40 % chardonnay). Evidemment, c'est plus classique et tout à fait rafraichissant. Un joli vin qui aurait tenu le haut du pavé si on n'avait pas sorti d'autres quilles explosives ce soir. Il faut que je me penche à nouveau sur ce domaine, il semble y avoir de très belles choses. Deux bouteilles ouvertes et déjà, deux noms à retenir.

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    Dans les quilles explosives, on peut citer le Canta Mañana du Casot des Mailloles. Jérémy encore : "La première claque de la soirée, un rosé bien vineux où l’on sentait très bien aussi les fameux arômes du Blanc du Casot. Un superbe rosé de gastronomie, malheureusement pour nous introuvable sauf au domaine". Rien à ajouter sauf : quand est-ce qu'on retourne à Banyuls ?

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    Les Sables 2006 de Philippe Tessier en appellation cour-cheverny (donc 100 % romorantin). Assurément l'une des bouteilles de la soirée : ça claque, ça vibre, c'est extrêmement long... "La deuxième claque de la soirée, j’ai trouvé çà un cran au-dessus des romorantins de Courtois par exemple. C’est ample, riche, parfait à table". Un travail absolument parfait, des vignes de 20 à 40 ans, élevage en barriques et demi-muids. L'étiquette donne un temps de garde de 3 à 6 ans. Au minimum... 

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    Jean-Philippe Padié, Fleur de Caillou 2010. Pas de photo ici mais plutôt car la bouteille fut vite bue. C'est bon signe.  

    A suivre Plume d’Ange 1998 de Claude Courtois. "Un nez dérangeant à l’ouverture, il a gagné en délicatesse et a tout compte fait tenu la route face au suivant, le monstre...". Pas mieux.

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    Le monstre, la bouteille de la soirée, de l'année (de la vie ?) : personne ne viendra me contredire. Le Clos du Giron 1996 d'Eric Callcut. Pour Jérémy, c'est la troisième claque. Extraordinaire opulence avec une incroyable fraîcheur. C'est un véritable monstre d'acidité avec une complexité rarement égalée par les vins que j'ai bu jusqu'ici. La finale est non seulement superbe mais interminable. Bien moins oxydatif que le 1999 bu aussi ce soir, le style est alors complètement différent. J'avoue que cette bouteille de 1996 restera longtemps gravée dans ma mémoire. Rappelons que personne ne sait où est passé Eric Callcut, sans doute quelque part entre la France, Israël et ailleurs... Et que ses bouteilles sont totalement introuvables.

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    Puis le riesling Schoenenbourg 1997 de Bott-Geyl. Désolé, pour ma part je suis complètement passé à côté ; ce n'était pas du tout mon truc. Plus précisément ? Trop strict, trop alsacien dit Jeff. Pour Jérémy, "une bouteille vraiment en deçà de nos attentes. Peut-être à ouvrir 24 heures à l’avance".

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    Chambolle Musigny 2008 de Frédéric Cossard. Aïe. Avec Cossard en rouge, je n'y arrive pas. Autant ses blancs, je les porte aux nues, autant les rouges ne me convainquent pas... et ça m'emmerde. Jérémy me suit : "c'est très en-dessous du niveau habituel de Cossard. Cependant, la fin de bouteille carafée deux jours redevenait respectable. Mais on reconnaît difficilement la pâte du domaine".

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    Alors là, je suis vert. Depuis le temps que j'attends de goûter le Clos Rougeard, fameux superbe saumur champigny. Ici, le 2002. Ben rien, mon coeur n'a pas fait boum-boum. Je suis très mécontent. Jérémy ? "Mouais… sans plus" Au moins, nos avis vont dans le même sens.

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    Et là, voici, la cinquième claque : Fonsalette 1993. Je n'en attendais pas autant, j'ai été très agréablement surpris. C'est encore vif et plein d'amour. "Le must de la finesse et de l’élégance dans les rouges de la soirée !"

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    Madiran prestige 1990 de Pichard a certes un bel apomb avec la palombe. Mais franchement, après Fonsalette 1993, qui arriverait à soutenir la comparaison ?

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    A partir de là, les souvenirs sont forcément plus flous. Jérémy : "je me souviens juste de ma réflexion quand cette bouteille est arrivée sur la table : «merde on est déjà au fromage !»" Celle-là aussi ça fait au moins six ans que je l'ai dans le viseur : le pouilly-fuissé clos de Monsieur Noly de Valette dans sa version 1999. Un brin oxydé, il semble encore plus naturel que les autres cuvées du vigneron.  C'est un superbe vin avec le fromage, mais les souvenirs sont forcément plus flous (bis). Là encore, on est gâté question couleur dans le verre ou la carafe.

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    Jeff Coutelou nous fait la gentillesse d'ouvrir son vin Les Copains 2003 (100 % cinsault) et en magnum s'il vous plait. A mon avis, c'est l'un des missiles de la soirée. C'est d'une fraîcheur exceptionnel ; coefficient de torchabilité 200 %. Ce qu'il y a d'extraordinaire avec les vins de Jeff, c'est leur côté épicé, picotant dans la bouche et ce n'est pas lié au CO2 mais bien aux arômes : j'avoue en être fanatique. "C'est la quatrième claque de la soirée et il doit encore être meilleur en jéroboam" me glisse encore Jérémy. Tu m'étonnes...

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    Tiens, on avait oublié de servir la Guerrerie 1996 de Thierry Puzelat. Il commence à se faire tard... Quel dommage, je la regoûterais volontiers.

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    Et pim, pam, poum, une bombe atomique ! Jeff a apporté un vin de 1978 pour Jérémy et tout le monde en a profité de ce vieux grenache. Malgré le sucre résiduel qui d'habitude fait que je me renferme, le vin est (une nouvelle fois chez Jeff) d'une fraîcheur peu commune. "C’était la claque finale de cette superbe soirée".

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    A noter aussi que nous avons fait un acte criminel : vider un Taillelauque 2002 du Casot des Mailloles dans l'évier. Cela dit, le liquide était complètement bouchonné, proprement imbuvable.

    Intermède. Soufflons un peu. Un peu d'air...

     

     

    Et avec tout cela, on mange quoi ? Nous avons négocié un menu dégustation à 65 euros et sans droit de bouchon pour tout ce qui est au-dessus. Rendons maintenant hommage à Benoit Reix qui nous a ravi. 

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    Ses assiettes sont incroyablement convaincantes, alliant bonne humeur et grand professionnalisme. C'est une adresse où il nous faudra revenir rapidement, dans une configuration plus classique.

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    Une fois exiltrés du Jeu de Quilles où nous aurions bien passé la nuit, Jeff a extirpé une Bibonade de son cabas. Le pétillant demi-sec à la myriade de cépages est bienvenu pour clore la soirée : un sucre très fin et des notes florales de fruits blancs et d'agrumes, enfin il parait... Nous l'avons bu sur ce trottoir de ce XIVe arrondissement gourmand et c'était absolument superbe, je vous l'assure.

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    Quoi vous trouvez mon compte-rendu léger ? Ou pas assez clair ? Pas assez fouillé ? Ou plutôt pas assez "cuir-de-Russie-après-la-pluie-dans-un-sous-bois-au-printemps-lui-même-avec-des-arômes-de-ketchup-musqué-et-de-truffe-du-périgord-râpée-sur-un-big-mac" ? Désolé. Vous n'aviez qu'à être là, je me tue à vous le dire.

    Le Jeu de Quilles, 45 rue Boulard  75014 Paris, 01 53 90 76 22. 

  • La soirée aux pinards introuvables

    Chez Olivier, tout commence par du blanc. Celui du Casot du Mailloles, le 2009 laissé à l'abandon toute une saison dans mon appart. Le "No Sulfites" a bien survécu : il est taquin même s'il manque un peu de peps. Dans les bons jours, c'est assurément le meilleur blanc du monde. Ne cherchez pas, cette bouteille n'existe pas (ou alors, prenez votre temps). Celle-là arriva directement de Banyuls l'année dernière.

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    La star de ce soir est une autre bouteille. Un ovni, objet vinicole non identifié. Après l'avoir repéré chez Jérôme Leroy, j'ai dû mener ma propre enquête. Je peux le révéler ce soir, la piste m'a mené au Vin au Vert, à Paris.

    Voici la cuvée Au Hasard et Souvent. Je vais essayer d'expliquer les choses clairement. Le vigneron n'est autre que Jean-Christophe Comor du domaine Les Terres Promises dans le Var. C'est le papa de l'Antidote, d'Analepse ou d'Apostrophe. Bref, un de mes vignerons fétiches. Au Hasard et souvent, c'est un magnum artisanal : le nom de la cuvée est écrit à la main.

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    C'est un objet rare, il n'en pousse que 400 magnums par an. Celui là porte le numéro 358. C'est quoi ? Du rouge. Du gros qui tache ? Non, pas vraiment. C'est comme si le Beaujolais s'était décalé de quelques centaines de kilomètres vers sud. Et pour cause : les plus vieux carignans du domaine travaillés en macération carbonique associés à des mourvèdres élevés de manière plus traditionnelle, dans un foudre de 18 hectolitres. Dit comme ça, ça ne ressemble à rien.

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    Il faut donc le boire pour le croire. C'est un jus exquis. Nous l'avons un peu assomé de fraîcheur à l'ouverture : il faisait si chaud dehors que nous voulions nous désaltérer. Mais au fur et à mesure de la soirée, il se stabilise et acquiert la gueule d'un vin surprenant. Un jus de fruit relevé. Une mâche incroyable, un vrai nectar qui coule rapidement : les termes sont un peu antinomiques, mais ça me fait penser à ça. Autour de la table, un invité s'écrit "quelle belle surprise !". C'est surtout un jus qui soude l'amitié : je ne sais plus qui disait ça des vins de Comor, mais je trouve la phrase fort à propos. C'est exactement le genre de vins que j'aime. De l'entrée au dessert, c'est un régal que l'on sert.

    Le nom de la cuvée est un hommage au journal de Sébastien Lapaque, publié chez Actes Sud l'année dernière. Le jour où on a bu ce vin, il faisait bien trop chaud, je le répète. On va vite le regoûter en scandant quelques phrases de Sébastien. A suivre donc.

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    En "dessert", cette cuvée inconnue des Foulards Rouges. Jean-François Nicq a sorti d'on-ne-sait-où ce 100 % grenache primeur à l'automne 2010 (j'imagine...). C'est désormais assagi même si on devine le côté rugueux derrière. Un style différent du précédent évidemment, mais je trouve que le côté groseille marche bien avec le dessert. C'est Franck Bayard qui m'a donné les infos sur cette cuvée complètement inconnue.

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    Blanc du Casot, Au Hasard et Souvent, 100 % grenache primeur des Foulards Rouges : une chose est sûre, on n'est pas allé les chercher chez Carrefour ni chez Leclerc.
  • Yo ! Yo !

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    Le domaine s'appelle Yoyo, mais on ne joue pas avec. La vigneronne s'appelle Laurence Manya et avec sa Tranchée, le grenache souple et gouleyant prend l'allure d'un beaujolais corsé. A Banyuls, Manu nous avait recommandé cette bouteille pour l'apéro. En suivant la voie tracée par le Casot des Mailloles, les quilles deviennent de plus en plus excitantes dans ce finistère.

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  • Banyuls : Manu, fidèle au poste

    Cette petite escapade à Collioure et Banyuls permet de vérifier que les bonnes adresses sont toujours bien dans leurs baskets. Ainsi El Xadic del Mar tenu comme l'an dernier par Manu Desclaux, un ex du Verre Volé à Paris. Non seulement ses assiettes sont appétissantes mais surtout, elles sont terriblement bonnes.

    Compression de poulpe à la manière d'un saucission (origine Sardaigne). Hélène sera d'accord avec moi, c'est le plat du week-end. Fraîcheur, assaisonnement, iode, texture fondante : tout est dit.

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    Quelques anchois marinés ou crus.

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    Une planche de charcuterie et de fromages du coin. Ah tiens, un peu de lard de Colonnata aussi.

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    Mozzarella aux figues de vigne encore un peu vertes.

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    Pour accompagner les victuailles, direction le Casot des Mailloles. Faute de voir Ghislaine et Alain en chair et en os, on va les rencontrer en liquide. El Nino 2010, leur vin de raisin griottes (22 euros). Il s'ouvre très rapidement, les tannins fondent pour laisser place à un jus vif. Au fur et à mesure, la bouteille continue à se révêler. C'est pur, fringant, complexe. Un jouet pour adultes.

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    Ce n'est pas parce qu'on est rassasié qu'il ne faut pas commander de dessert.

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    Ouh là, mais on ne voit rien ! C'est quoi ça ?

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    C'est une série de petits suisses bretons, distribués par Jean-Yves Bordier. Bien blancs, crémeux, rassurants. Dans le petit pot vert, c'est une confiture liquide (ou un sirop) à la rose produite à Banyuls. C'est absolument divin, comme un morceau de ciel qui te tomberait sur la tête. Et oui, il y avait un verre de rouge sur la photo d'avant... C'est un banyuls cette fois, le fameux vin "sucré", le fameux vin "cuit" (qui n'a jamais vu une casserole ni un four de sa vie). C'est un vin qui transperce : droit comme un i, alcooleux juste sur les bords, le sucre n'est que résiduel. C'est admirable de précision pour les gens qui, comme moi, ne courent pas après le sucre dans le vin. Cuvée Pineil 2008 du domaine de la Casa Blanca à Banyuls.

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    El Xadic Del Mar, 11 avenue du Puig del Mas, 66 650 Banyuls, 04 68 88 89 20.

  • Banyuls : le Casot des Mailloles, artisans vignerons

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    Ghislaine Magnier et Alain Castex sont partis en week-end, la porte est close. Dommage pour Thomas et Hélène qui n'auront pas la chance, à l'inverse de ma pomme l'année dernière, de rencontrer ces véritables stars.

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  • Grignotage insolite

    A la Cave de l'Insolite, petit grignotage avant d'entamer la soirée. Sur ma gauche, pour s'ouvrir le gosier, le remarquable Les Années Folles de Jean-Pierre Robinot. Moins docile que le Boisson Rouge d'Emile Hérédia, c'est un vrai pineau d'aunis (avec un peu de chenin, ce qui donne se côté un peu plus tendu) qui respire l'été. Très agréable, pas si sucré, plus sur la groseille amère que sur la rose, et ça... A noter, l'étiquette sublime : Tokyo by night...

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    Sur ma droite, on change de catégorie. Vinisum du Casot des Mailloles (2006) à base de grenache évidemment, mais avec aussi pas mal de syrah cette fois. C'est franc, droit, ça s'ouvre timidement au bout de 30 minutes. C'est assurément une réussite à qui on n'a pas laissé le temps de tout nous donner. Le dernier verre nous a ravi. Evidemment, on regoûtera plus intelligemment.

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  • Vendredis du Vin n°34 : un VINstantané

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    Un été à Banyuls, au Casot des Mailloles : du bric-à-brac d'Alain et Ghislaine ont surgi ces "vins fermiers" qui ont éclipsé tous les autres jus de raisins fermentés goûtés jusqu'alors. Ceux qui connaissent me comprendront. Ceux qui ne connaissent pas doivent s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre, ces purs grenaches changent leur vie.

  • Retour en terre (in)connue

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    Retour dans le superbe restaurant dont je m'obstine à taire le nom. A force de mettre des photos, certains vont reconnaître tout de même. On fait tout pareil que jeudi dernier mais cette fois avec Olivier et Omar. A nouveau, on s'est vraiment régalé. Et "quels vins !" s'écrit aujourd'hui encore Olivier... A peine assis, nous voyons nos verres se remplir de savagnin du domaine Foret. Avec un reste de pressé de lapin. Je ne te raconte même pas...

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    On fait quelques pas vers l'ouest avec le saint-aubin de Sarnin-Berrux. Hormis le Petit Têtu, je n'avais pas bu grand-chose de ce domaine. Assez percutant, ce joli blanc. C'est vrai qu'Olivier et moi avons habitué notre palais au saint-romain de Cossard, mais franchement ça se biberonne plutôt pas mal. Surtout qu'on avait déjà du champagne dans le cornet, je rappelle.

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    A suivre, un saucisson chaud. C'est pas un Jésus mais franchement on dirait l'Apparition. Les yeux des autres tables dévorent la bête mais ce sont nos palais et nos estomacs qui vont s'en charger pour de vrai. Deux légumes, un bol de choucroute et c'est parti.

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    Un peu de rouge avec ça tout de même ? Et comment ! Une cuvée désormais introuvable. De mon bien-aimé Casot des Mailloles à Banyuls, voici Taillelauque V. C'est-à-dire 2005 mais on est en Vin de Table ici. Grenache, carignan, mourvèdre si je ne m'abuse. C'est l'apothéose : quel nez ! Cyrano fait pâle figure à côté... J'en suis encore amoureux quelques jours après. Un premier côté tannique qui s'efface vite après le passage en carafe pour donner un jus miraculeux, sur l'algue et la groseille, sur le cuir, ou sur je-ne-sais-plus... Les 14,5° filent aussi vite que les Parisiens dans le métro et sur les lèvres, un seul mot : "Encore !" D'ailleurs Olivier qui veille jalousement sur la bouteille n'arrête pas d'en redemander, comme si on allait nous le piquer. Il a raison, on n'est jamais trop prudent. Je connaissais le vin naturel, celui-ci fait partie des vins surnaturels.

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    Et non, pas de chance, même après le fromage, je ne donnerai pas l'adresse...

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  • Grenache blanc, mon amour

    Les Vins de France un peu subversifs cachent leur millésime sur le bouchon. C'était le cas hier pour le Quartz de Claude Courtois, c'est aussi le cas pour le Tir à Blanc (grenache blanc, macabeu) du Casot des Mailloles. On s'arrange comme on peut avec la loi.

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    Ce Tir à Blanc (2009), je l'ai bu plusieurs fois : l'été dernier à Banyuls avec Alain et Ghislaine alors qu'il était tout juste mis en bouteille (il était encore "vert"), une fois rentré à Paris tirant plus sur le grenache et aujourd'hui. Acide mais rond en fin de bouche, en quelque sorte mûr. Evolué, civilisé. Le Casot des Mailloles, c'est sans doute mon domaine préféré. Pas de soufre, des cuvées en blanc parfaites, des rouges explosifs et surtout un couple de vignerons hors du commun.

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    Avec ça, on mange quoi ? On dit toujours qu'il y a certaines règles dans les accords mets-vins : le rouge avec le fromage, le sauternes avec le foie gras et autres conneries dans le genre. On oublie le plus essentiel : merci de ne pas flinguer le bon vin avec un MacDo. Quand le vin est bon, il faut avant tout que le mets le soit aussi, bref qu'on ait envie de manger. C'est la règle n°1 non ? Alors ce soir, comme je n'ai pas envie de cuisiner un bar à la sauge et yuzukosho, on décide d'aller prendre une bonne pizza chez Al Taglio (qui les vend tout de même assez cher alors qu'on n'est tout de même pas chez William Ledeuil non plus). Pas très compliqué, c'est juste en-dessous de chez nous. Pour ceux qui ne suivent pas, c'est une pizzeria qui vend ses focaccie à la coupe.

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    Je m'excite tout de suite sur la pomme de terre-truffes mais il n'y en a plus qu'un seul morceau qu'un gros c*** nous pique. On me sussure : "asperges-truffe". Ouais, balance... Bien plus fin qu'avec la pomme de terre évidemment, mais j'aime ce côté rustique. En tout cas, c'est impecc avec le blanc acide : qui a dit que l'enfer des someliers était pavé d'asperges et de petits pois ?
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    Mention spéciale aussi pour la focaccia crème de potiron, pancetta, scamorza. J'ai faim.

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  • Banyuls : le Casot des Mailloles, étendard des vins naturels

    Une visite à Banyuls est inconcevable sans un petit tour au domaine du Casot des Mailloles (prononcer "cazotte") chez Ghislaine Magnier et Alain Castex. Leurs vins figurent tout en haut de l'affiche depuis pas mal d'années maintenant. En Corbières avant, à Banyuls maintenant.

    Avant de commencer, il faut préciser qu'aucun vin n'est sulfité au Casot. C'est même écrit sur la bouteille. "No sulfites". A ceux qui disent qu'on ne peut pas faire de grand vin sans soufre, je les invite à se rendre à Banyuls.

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    Ce qui frappe dès l'entrée du caveau, au coeur de Banyuls, c'est l'impression de bric-à-brac. Ghislaine certifie que des dégustateurs arrivent ici par hasard dans un joli foutoir qui change de ces caves javellisées si communes. On entre ici dans quelque chose de vivant.

    En réalité ce qui frappe dès l'entrée du caveau, c'est la gentillesse de Ghislaine et d'Alain partageant avec le visiteur le premier verre de la journée. Ça tombe bien : c'est l'un de mes vins préférés, le Blanc du Casot (28 euros) ici goûté dans sa dernière version, le 2009. Ou IX pour être précis car tous leurs grands vins sont classés en vin de table. Interdiction donc d'indiquer le millésime en chiffres. Une fois en bouche, on change de planète. Quel régal ! Encore un peu jeune, presque encore vert, il développe une longueur infinie malgré (où grâce à) un reste de gaz qui vient chatouiller la langue. Le grenache tel qu'il devrait être partout mais tel qu'il n'est qu'ici.

    Cela a un prix : debout tous les jours vers quatre ou cinq heures, Alain part travailler à la piche dans ses vignes avant le soleil de midi et tient le caveau l'après-midi. Sur 5 hectares, les cultures en terrasses surplombant Banyuls rendent le labeur presque insensé. La vigne va chercher loin la complexité qui rend son jus si admirable.

    Très sec aussi, la "petite" cuvée Tir à Blanc (15 euros, provient d'un vignoble à Trouillas face au Canigou) également très verte enchantera dans quelques mois. Tout comme El Nino (21 euros), superbe rouge, à mon sens le meilleur de la région. A nouveau fin et complexe, dense mais sans aucune lourdeur.

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    Qu'il est beau mon carton ! 3 Blanc du Casot, 2 Tir à Blanc, 1 El Nino. En plus, il est bien arrivé à la maison.

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    Même si en chemin, on a ouvert un Blanc du Casot à Avignon. Avec une belle soupe de poisson. Mais le vin jusdefruité se suffit seul, dans un canapé en réfléchissant sur le présent.

    Domaine du Casot des Mailloles, 17 av du Puig del Mas, Banyuls, 04 68 88 59 37.

  • Languedoc et son ami Roussillon chez Augé

    Avec Olivier, le coeur nous en disait ce samedi. On a filé une petite heure aux caves Augé, goûter les mises de 2009 et quelques cuvées antérieures. Grand bien nous en a pris sous le soleil d'avril.

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    Domaine du Possible (Loïc Roure), Le Temps des Cerises (Axel Prüfer), Bruno Duchêne... Les connaisseurs comprendront qu'on s'est bien amusé.

    Mon coup de coeur va aux vins du Casot des Mailloles (Ghislaine Manier et Alain Castex) notamment leur vin blanc de grenache, le Blanc du Casot. A tout de même 35 euros la bouteille. Mais à ce prix-là, c'est du jamais bu pour cette région. Les vignobles sont autant en pente que mon gosier : difficile à travailler, la vigne va chercher loin cette perfection.

    PS : pour les envieux, le calendrier des prochaines dégustations aux caves Augé se trouve ici.

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