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catherine marin-pestel

  • Noël le 18 décembre

    On fête la fête une semaine avant l'heure. L'occasion de s'échanger quelques cadeaux, de manger de bons petits trucs et d'en boire de tout aussi bons.

    T'as eu quoi pour Noël ? Une superbe étiquette de bouteille de vin, fin XIXe, représentant "Le Vin de Monsieur" et spécifiant bien la teneur en alcool : "XI°". Comme l'arrondissement. Ma boule à thé, même un peu design, faisait pâle figure.

    Puis on a enchaîné sur les huîtres Gillardeau. Avec le Corbières blanc de la Treille Muscate (11 euros). Le vin a mis du temps à s'ouvrir. C'était un 2008, il n'avait pas les attributs du millésime qui me reste encore en bouche, mais dont j'ai oublié la date. Le 2006 je crois. Le 2007 étant lui un poil trop visqueux. Le 2008 me paraît déjà un peu oxydé. Il me reste trois autres quilles pour m'en convaincre. En tout cas l'alliance avec les huîtres était parfaite. Le seul souci (mais en est-ce un ?) c'est que les Gillardeau étaient vraiment au top. Le vin semble fade à côté. Alors que seul il en impose bien.

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    Suivent foie gras, époisses et fourme d'Ambert. Bref parfait avec un petit liquoreux me direz-vous. Mais tout le monde sait que je ne porte pas dans mon coeur le monbazillac ou le sauternes. Mais je sauve le jurançon. Là j'avais opté pour un ovni en demi-bouteille (11 euros au producteur). Une tuerie qui s'accorde avec tout et mieux, qui sublime tout.

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    Il s'agit d'un Blanc de Noir 2001 de chez Binner, Cuvée Excellence. Là il faut s'expliquer.
    - Vin d'Alsace
    - Cépage pinot noir, le cépage des grands bourgognes et des quelques alsaces rouges
    - Sauf que celui-là était vignifié en blanc, sans les peaux de raisins en quelque sorte
    - Et en surmaturité
    = un pinot noir blanc moelleux.

    Bref un vin hors du commun. Par sa rareté, par son originalité, par la mentalité du vigneron qui ose. Et par son goût indéfinissable, à s'enfiler à la petite cuillère.

    Avec le foie gras et ma petite confiture mangue-vanille (recette de Christine Ferber, Alsacienne elle-aussi), ce fut un mélange évident. Mais encore plus sublimant avec le coulant de l'époisses. Un véritable accord de maître. De ceux que doivent rechercher les grands chefs.

    Encore une chose. La couleur de ce vin. Je l'ai mis sur la page d'un livre pour faire ressortir la couleur de l'ambre. J'aurais même dit orange, le vin du Modem, le vin de Bayrou.

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    Le livre en question a le tort d'être le dernier opus de Tariq Ramadan. En pleine discussion sur l'identité nationale, je me suis dit qu'associer ce livre à ce vin ne pouvait qu'élever le débat. Sans doute respecte-t-il son identité alsacienne (pinot noir, surmaturité) mais son côté déviant le rend un peu à part. Une jolie voix dissonante.

    Qui allait parfaitement aussi avec le dessert, un Ispahan de Pierre Hermé. Le meilleur dessert du monde sans chocolat.

  • Chez mon dealer, c'est lugubre

    Pour les trois Martiens qui ne seraient pas au courant (parce qu'ils habitent sur une autre planète), il neige aujourd'hui. Même à Paris.

    Quelques rares jours par an, l'atmosphère change. Les gens sont au courant et beaucoup prennent leur voiture. Mais roulent plus doucement. Les gens sont au courant et beaucoup, comme moi, prennent le métro. Mais marchent plus doucement. Bref il y a foule. Et la ville s'écoule plus doucement. C'est pas du genre "whaouahouah c'est magique, c'est Noël, ressers-moi du vin chaud !". Avant la tombée de la nuit, l'atmosphère est plutôt satinée.

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    Une journée pas trop ordinaire donc, faite pour se balader un peu si on a de bonnes chaussures. En arrivant (comme souvent) dans le 3e arrondissement, au nord du Marais, je me dégèle les arpions dans le marché des Enfants Rouges près du square du Temple. Peut-être le lieu le plus accueillant de Paris, l'un des plus cachés et malgré cela l'un des plus branchés. Ce qui explique le prix du kilo de tomate.

    Mais on préfère s'en tenir à L'Estaminet des Enfants Rouges, au petit Coréen Taeko ou aux Enfants Rouges, rue de Beauce. Et au milieu coule Versant Vins, petit caviste bien meilleur que Julien, pas loin d'ici, rue Charlot.

    Jeanne tient son petit stand avec beaucoup de délicatesse. Même quand il fait trois degrés comme aujourd'hui. Pas de chauffage d'appoint, des mitaines pour tapoter sur son Mac. C'est avant tout l'un des rares cavistes chez qui je suis à peu près sûr de trouver les vins de Catherine Marin-Pestel, alias la Grande Catherine comme l'a surnommé un blog sympa.

    Cette ancienne cadre du Louvre, docteur en littérature, a tout quitté pour les Corbières. Mon rêve ? Sans doute. En tout cas, pourquoi pas faire un jour un vin blanc aussi exceptionnel que le sien ? Non, en réalité c'est trop dur. Je préfère boire le sien. Sa cuvée La Vagabonde, AOC Corbières, est une alliance hors du commun entre macabeu et marsanne. Sec, fruité, aérien. Une bouteille ne suffit jamais. Il y a quelques années il était déjà sublime à quelques euros de moins. Aujourd'hui, même à ce prix (11 euros), La Vagabonde reste le plus grand vin blanc de France. J'assume.

    Revenons-en à Versant Vins. Je prends quatre Vagabondes. Pour demain, pour samedi, pour Noël. Le lieu accueillant comme toujours. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'endroit. Qui se retrouve la tête à l'envers. Le marché des Enfants Rouges n'est que l'ombre de lui-même. D'ailleurs il n'est qu'ombres. Surtout quand on connaît les couleurs de l'endroit dès qu'un rayon de soleil se pointe. Ou dès qu'il fait cinq degrés. Mais là il fait trois degrés et les Enfants sont gris. Rassurons-nous car on le goûtera ce week-end : le vin sera sans doute aussi bon.

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