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champagne

  • Ulysse Collin égale Jacques Selosse

    Des pépites dorment dans certaines caves. C'est sûr, je ne parle pas de Lafite 61 ni de La Tâche, n'importe quel millésime, bouteilles qui me feraient hypothéquer ma maison. Non, cultivons la simplicité. Il existe des bouteilles achetées il y a deux ou trois ans et oubliées volontairement en cave. Après un certain laps de temps, notre esprit lui aussi les oubliées. On les redécouvre par un heureux hasard. Ah bon, il t'en reste une ?...

    En octobre 2011 chez Augé, la première fois où nous avons rencontré Olivier Collin (champagne Ulysse Collin), le coup de foudre fut immédiat. L'autre Olivier et moi partîmes avec le carton de Blanc de blancs extra-brut 2007. Seulement, si moi j'ai très vite tout bu, Olivier en a laissé à la cave.

    Depuis, la Seine a coulé sous le Pont Mirabeau. Depuis, j'ai brossé le portrait d'Olivier (Collin) dans Tronches de Vin et bu les autres quilles au hasard et souvent : le blanc de blancs devenu Les Perrières, l'introuvable Les Roises (autre parcelle gourmande) et Les Maillons, le blanc de noir magnifiquement épicé. Depuis, j'ai même tenu le stand d'Olivier (Collin) au salon Rue89 un après-midi de 2013.

    Et donc, le 1er janvier, vers 00h15, l'autre Olivier a trifouillé dans sa cave pour récupéré un 2007. Rien n'était prévu et c'était temps mieux.

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    A voir le sourire béat des chanceux qui mirent leur nez au-dessus de leur verre, on se dit que l'affaire était entendue. Que notre intuition était vérifiée : les champagnes Ulysse Collin dépassent ce que la région peut produire de mieux. Dans Tronches de Vin, je lançais l'hypothèse qu'un jour Olivier Collin égalerait le maître Anselme Selosse (domaine Jacques Selosse). Comment ne pas en être convaincu avec le 2007 dans le verre ?

    Des l'ouverture, il respire la classe. La fine bulle laisse la place à quelque chose comme un grand vin de Bourgogne. De toute façon, preuve en est que la tablée réclame un autre verre. Puis un magnum. 

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    Alors, forcément : bonne année !

  • Drappier faisait déjà du champagne rosé en 1964

    Cette année-là, Brejnev remplaçait Khrouchtchev, sur les écrans sortait le Docteur Folamour et Montand chantait La Vie en Rose. Bref, c'était un autre siècle.

    Et on l'a bel et bien enterré ce bon vieux XXe siècle. Pourtant, il faut se rappeler qu'il a été capable de produire des pépites qui ont traversé le changement de millénaire et qui se goûtent avec intérêt 50 ans plus tard. Ainsi ce champagne rosé de chez Drappier vendange 1964 débouché pour entrer de bon pied dans cette année 2013. Dégorgé en 2011, il a conquis les palais chanceux grâce à un nez frais et épicé et surtout grâce à ce joli coté cognac, très plaisant, encore très frais. Le 31 décembre, on ne mange rien pour l'accompagner, on le boit en apéro pour lui seul et sans attendre minuit.

    photo.JPGMais ces notes de dégustation ont relativement peu d'importance. Ce qui nous intéresse, c'est la raison pour laquelle cette bouteille s'est retrouvée sur notre table un demi-siècle après sa production. C'est entendu, aujourd'hui la mode est au champagne rosé ; mais était-ce déjà le cas en 1964 ? N'y a-t-il pas eu une certaine audace de produire ce flacon à l'époque ? Et le champagne rosé n'est-il pas comme le rosé tranquille un vin à boire rapidement ? Nous avons posé la question à Michel Drappier, qui avait 5 ans en 1964 et qui dirige le domaine désormais.

    "J'ai de vagues souvenirs d'une belle vendange ensoleillée en culottes courtes, donc c'est mon père qui m'a donné les éléments de réponse. Il y avait effectivement peu de rosés dans les années 1960 et c'est en 1968 que notre rosé, baptisé Val Demoiselle, est sorti de nos caves. C'est ma mère, Micheline, décédée en 2006 qui a eu l'idée d'un champagne rosé.

    Compte-tenu de la très belle saison végétative de 1964, mon père (86 ans et toujours présent au domaine) a eu l'idée d'essayer ce rosé de saignée, corrigé avec du blanc, le tout en pinot noir. L'état sanitaire des raisins était parfait, une acidité totale assez élevée. Nous avions conservé un millier de bouteilles seulement. Il n'en reste que quelques dizaines dans l'œnothèque. Les bouteilles ont été remuées vers 1968 et conservées sur pointe, ce qui ralentit le vieillissement et dans l'obscurité car le problème numéro un avec une bouteille blanche, c'est l'oxydation lumineuse. La bouteille transparente était l'idée de maman pour une question esthétique et commerciale mais inadaptée à une longue conservation. Nous ne le savions pas à l'époque. La maturation s'est bien déroulée puisque nous n'avons eu aucun goût de lumière. Les vins sont dégorgés au fur et à mesure des sorties et la date figure sur l'étiquette. Ce rosé est donc un coup d'essai dont nous avons voulu étudier le vieillissement."

    Sébastien Lapaque dans son salvateur ouvrage Petit Lapaque des vins de copains insiste sur le fait que la maison Drappier n'en finit pas de nous étonner. Après cette bouteille, le prochain défi s'annonce particulièrement complexe à relever.

    (Enfin, un grand merci à Olivier qui a cassé sa tirelire pour l'achat de cette sensationnelle bouteille).

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  • Champagne : Les Avizés, le restaurant ouvert par Anselme Selosse

    C'est Sébastien Lapaque qui, le premier, m'a mis la puce à l'oreille il y a presque un an en m'envoyant son article publié dans le journal O Estado de Sao Paolo (traduction ici). J'ai évidemment et tout de suite ressenti une grosse envie de filer vers Avize, au coeur de la Côte des Blancs, à quelques kilomètres d'Epernay. Malheureusement, le voyage ne s'est fait que quelques mois plus tard ; j'arrive donc un peu après la bataille. Mais tout vient à point à qui sait attendre.

    Nous voici donc au domaine Jacques Selosse. On ne présente pas un mythe. Oui, déjà. Et le hasard a failli être bienheureux : la personne que j'ai eue au téléphone a failli me trouver une place pour une visite des vignes et du chai. Mais malheureusement, elle s'est bien vite ravisée : le maître des lieux, le maître tout court, Anselme Selosse, était ce soir-là en partance pour Paris. L'un arrive, l'autre part. La visite du proprio, ce sera pour une autre fois.

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    Avec Thomas, nous avons réservé une table dans l'hôtel-restaurant attenant : Les Avisés. Après trois ans de travaux, Anselme Selosse et sa femme Corine ont décidé d'offrir un écrin à leurs champagnes. La première obsession était d'agrandir la cave pour le stockage des bouteilles. Puis a germé l'idée de récupérer tout cet hôtel particulier pour en faire un lieu de vie(s) et de plaisir(s).

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    En plein milieu de la Côte des Blancs, le blanc domine. Sur les murs et dans le verre.

    Bien sûr, la carte des vins s'avère très fournie, ostensiblement tournée vers le vin naturel. Pour la Champagne, elle ressemble à un bottin gourmand. On vient de loin pour manger ici et il faut le dire, également pour boire les jus maison. La pancarte à l'entrée avait pourtant prévenu le chaland : il n'y plus de champagne Selosse à vendre. Sauf sur table : aux dires de la responsable de salle, les heureux attablés se paient très souvent (au moins) une bouteille de Selosse. Forcément, puisqu'on n'en trouve pas partout...

    Beaucoup a déjà été dit sur les prix pratiqués au restaurant Les Avizés. Prix propriété ou prix caviste ? Aucune marge ou coefficient multiplicateur délirant ? La vérité est un entre-deux. Sur table, le champagne Selosse correspond à 1,5 fois le prix caviste.

    Franchement, le lieu-dit Les Carelles à 153 euros sur table est une affaire. Certes, de tels montants peuvent donner le tournis... Mais la même quille à manier avec précaution, c'est tout de même 106 euros chez un bon caviste parisien. Il ne s'agit pas de prix propriété, mais il n'y a pas culbute non plus.  Pour preuve, voici le détail des prix.

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    A ceux qui ne les ont jamais goûté, comment expliquer ces champagnes ? Ils ne ressemblent à rien d'autre, c'est tout. Sinon à de grands vins de Bourgogne qui bullent sur la terrasse. 

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    Nous sommes donc en présence du lieu-dit Les Carelles, sis au Mesnil-sur-Oger (village mythique s'il en est), grand cru extra-brut et 100 % chardonnay. Cette bouteille fait partie des 6 lieux-dits qu'Anselme Selosse a soigneusement délimités pour faire ressortir tout le panache des terroirs champenois.

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    La bulle gagne en noblesse après seulement dix minutes d'ouverture. Le nez se révèle beurré mais l'élevage n'est absolument pas lourd. Puis, une bouche crème se rehausse et se complexifie grâce des amers interminables. C'est une immense bouteille, qui m'a bien plus tapé dans l'oeil ce soir que lors de la dernière dégustation chez Augé.

    Nous avons bu un verre à l'apéro, puis un sur la première entrée, puis un sur la seconde entrée. A chaque fois, l'impression de voir la bouteille vide était vite et heureusement envolée : il en restait, encore et encore. On a même fini le dessert avec elle, c'est-à-dire que la même bouteille a aussi servi de "digestif". C'est le propre du grand vin : on est tellement subjugué à chaque gorgée que le temps s'arrête.

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    Anselme Selosse a confié la cuisine à Stéphane Roussillon, un ancien second d'Anne-Sophie Pic à Valence. Autant dire qu'il s'agit là de quelqu'un qui connait son métier. Le menu change tous les jours et il faut l'avouer, sonne extrêmement juste.

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    Salade d'asperges, tomates cerise au pesto, haddock fumé et parmesan : bienvenue.

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    Filet de bar cuit en vapeur douce, émincé de chou pointu et salicorne, crème de homard : réjouissant.

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    Magret de canard au tandoori, écrasée de pommes de terre, carottes glacées au satay, jus balsamique et cerises : suave.

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    Quelques fromages Bordier : une belle rampe de lancement pour le dessert.

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    Salade de fraises, rhubarbe et son sorbet : aérien.

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    On récapitule l'addition : 153 euros la quille de champ', une demi-bouteille du très intéressant Château Falfas 2006 (13 euros), deux menus à 55 euros et deux suppléments "fromage" (7 euros). Pour un tel repas, avec une telle bouteille, c'est raisonnable. 

    En plus, on a l'impression que tout le monde est content d'être là : le chef, sa femme en salle, le soleil (ce jour-là), le champagne, le bar (pour l'apéro), le bar (le poisson)... Donc forcément, nous aussi : bref, un endroit rare.

    En plus, on peut réviser notre géographie champenoise dans les toilettes. Je veux les mêmes.

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    Hôtel Restaurant Les Avizés, 59, rue de Cramant, 51190 Avize, 03 26 57 70 06.

  • Anselme Selosse, "le Picasso du chardonnay"

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    Dans le remarquable film Sideways, le héros attend une grande occasion pour ouvrir son (trop) fameux Cheval-Blanc 1961. "Le jour où tu l'ouvriras, ce sera en soi une très grande occasion" lui rétorque un autre personnage. C'est exactement la même chose avec les champagnes d'Anselme Selosse (maison Jacques Selosse) : chaque bouteille débouchée rend le moment magique.

    Quand Olivier m'a dit qu'il allait en être ainsi le week-end prochain, que nous allions avoir droit à un V.O. (cuvée extra-brut) qu'il a laissé reposer deux ans en cave, j'ai repensé à cette dégustation, à notre première bouteille sifflée et à l'une des dernières dégustations où le 2002 encore au repos nous avait déjà subjugué. Il faut ajouter que patiente quelque part dans nos caves un Substance (champagne produit sur le principe de la solera depuis 1986). Bref, des moments magiques passés et d'autres en perspective.

    Bien sûr, l'artisan-vigneron n'a pas besoin de moi pour lui faire sa pub mais moi, j'ai besoin de ses bouteilles pour comprendre le monde. Ses jus ne ressemblent à aucun autre. On pourrait résumer et simplifier à l'extrême en disant qu'il y a peu de bulles dans ses grands blancs qui tirent vers la Bourgogne. Mais ces quelques bulles résistantes viennent renforcer l'impression de finesse. Selosse définit son champagne comme ayant des "bulles carrées". Mon cher Sébastien Lapaque parle de lui comme du "Picasso du chardonnay". Pour ces Vendredis du Vin, Véronique la vigneronne du Mas Coris nous demande en quoi on peut rapprocher le vin de la sculpture ou de la peinture : pour moi, c'est tout trouvé. Le champagne, c'est de l'art, c'est de la peinture dans le verre et de la sculpture en bouche. Et les finalités de l'art et du vin sont les mêmes. Lapaque précise : "chez Anselme Selosse, la dégustation d’un champagne s’apparente à un askêsis, un exercice spirituel. C’est une promenade dans les hauteurs, une élévation de l’âme." Il ne s'agit pas là d'un des meilleurs vins effervescents du monde : il s'agit là d'un des meilleurs vins du monde, tout court.

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  • Troyes : Aux Crieurs de Vin, côté marché

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    On connait maintenant le restaurant-caviste Aux Crieurs de Vin. Mais les tenanciers ont eu la bonne idée d'ouvrir une annexe dans le ventre de Troyes, c'est-à-dire le marché des Halles. 

    En quoi ça consiste ? Un caviste avec de très belles bouteilles (j'y ai trouvé un cornas 2004 des Champs-Libres ou ce beau rouquin de Philippe Jambon) et surtout, surtout, le paradis sur Terre : quelques tables et quelques chaises où tu peux boire un coup avec un droit de bouchon dérisoire (4 euros).

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    Ce qui nous fait la bouteille de champagne Pierre Gerbais à 24 euros. Ou à 5 euros le verre. Oui, vous avez bien lu... Je le répète, on est loin des prix parisiens du vin au verre. Ce Pierre Gerbais-là est vinifié spécialement pour Aux Crieurs et franchement, c'est tip-top. Champagne léger, rafraichissant mais néanmoins avec une sacrée gueule.

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    Cerise sur le gâteau, notre caviste chéri s'est acoquiné avec le poissonnier d'en face et ils sont nombreux les Troyens chanceux à s'enfiler des huîtres avec un coup de blanco le samedi ou le dimanche matin.

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    Aux Crieurs de Vin au Marché des Halles, rue Claude-Huez, 10 000 Troyes, 03 25 43 20 20. 

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  • Troyes : demain, dans l'Aube, à l'heure où revit la Champagne

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    Voici les valeurs montantes du champagne. Elles se situent toutes dans l'Aube et n'ont pas grand-chose à voir avec les (trop) grandes maisons de la Marne que l'on connait (trop) bien. Non pas qu'il n'y ait pas de belles choses au nord du vignoble champenois, mais ma passion pour le pinot noir vinifié en blanc avec des bubulles me ramène toujours à l'Aube.

    On connait Drappier, Lassaigne et Vouette-et-Sorbée. il va falloir se familiariser avec les noms de Pierre GerbaisDe Marne-FrisonMarie Courtin, Charles Dufour et Olivier Horiot

    J'en ai bu deux d'entre eux chez Aux Crieurs de Vin, à Troyes. C'est d'ailleurs là où j'ai récupéré ces six bouteilles. Les autres, je vais donc les ouvrir au compte-gouttes et on en reparlera. D'ici là, quelques lignes sur chaque domaine.

    D'abord, Pierre Gerbais. A Celles-sur-Ource, une maison fondée en 1930. Ils produisent une gamme large et notamment des bouteilles dédiées pour Aux Crieurs de Vins ou VinNouveau. Les prix sont aussi ciselés que les cuvées. La preuve, la cuvée pour Aux Crieurs de Vin est à 24 euros sur table : fraîche et rafraichissante.

    Je n'ai pas beaucoup d'infos, donc je convoque à nouveau VinNouveau pour parler de Valérie et Thierry de Marne (qui travaillent bien dans l'Aube malgré leur patronyme). Franck les décrit comme "jeunes et très talentueux. Le succès qu'ont eu leurs vins avant même leur disponibilité est impressionnant... Cette cuvée Goustan est un assemblage à parts égales de chardonnay et pinot noir. Non dosé. Très belle bulle, vineux, pour l'apéritif ou la table. Bio". Moi j'ai hâte de goûter.

    La grand-mère de Dominique Moreau s'appelait Marie Courtin. Depuis 1999, cette vigneronne s'occupe de 2,5 hectares en biodynamie sur une surface d’un seul tenant. J'ai goûté la cuvée Résonnance (100 % pinot noir non dosé, élevé en barrique). On verra bientôt ce que donne Efflorescence (100 % pinot noir non dosé, vinifié en fûts de chênes et élevé en barriques).

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    On m'a dit beaucoup de bien de ce jeune vigneron de 26 ans : Charles Dufour qui a repris le domaine familial. Il n'a fait que trois millésimes mais au naturel, le vignoble est en reconversion bo/biodynamie depuis 2007. Je l'attends aussi... 

    Quant à Olivier Horiot, c'est mon coup de coeur de ce week-end troyen avec le champagne Sève, un rosé de saignée millésime 2006 qui "contient des sulfites... mais pas trop". Olivier Horiot a pris la succession de son père en 1999. Il fait aussi un A.O.C. Rosé des Riceys (un vin tranquille 100 % pinot noir), millésime 2006 aussi lieu-dit En Barmont. Oui, vraiment j'ai hâte de les ouvrir ces six bouteilles. 

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  • Joyeux vinniversaire !

    Lorsqu'un blogueur déboule à la maison pour une dégustation et qu'il fête son anniversaire le jour même, on prend le soin de mettre au frais un champagne Drappier Carte d'Or certes, mais millésimé 1995. Elevage de 15 ans (dégorgé en février 2010) qui n'est pas du tout intrusif, le jus est bien vivace. Les réactions ont été très positives parmi les connaisseurs. Déjà à l'époque...

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    Autre bouteille assez inconnue, ce vin blanc du Portugal Mux Branco 2009 du domaine Muxagat Vinhos do Douro. Elle nous a été offerte par Raphaël Gonzalez (Clos des Cîmes) car le producteur portugais fait partie de sa belle association Jeunes vignerons d'Europe. Raphaël m'avait laissé un moyen mnémotechnique pour retenir le nom du cépage : "il suffit de se souvenir de Rabbi Jacob : le cépage, c'est le rabigato". C'est puissant mais enveloppant, pas du tout sucré. Moi, j'ai beaucoup aimé ce blanc ensoleillé pas putassier ni trop amer. Goûté deux jours plus tard, il est assagi, comme un miel sans sucre selon le mot du Bicéphale Buveur qui l'a déjà goûté.

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    Autre blanc que j'aime particulièrement, Les Moyens du Bord, de La Grange Aux Belles. Autour de la table, le débat s'est enflammé sur ce nez de pomme verte caractéristique de pas mal de vins blancs naturels. Moi, j'avoue que cela ne me dérange pas : c'est vif, propre, parfumé et effectivement assez particulier. A 17 euros le magnum chez Morapio y Papeo, c'est un vin de copain des plus sympathiques. Goûté deux jours plus tard, lui aussi s'est calmé sur sa pomme verte mais subsiste le caractère pointu du chenin. Me reste à ouvrir le petit frère en rouge.

    N'oublions pas un côte-roannaise 2005 d'un de mes chouchous, Lapandéry. Tout à la fois croquant et complexe, il n'a pas convaincu que moi... On est totalement dans le vin anti bling-bling. A quand la verticale 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 ? Et d'ailleurs, j'y ajouterai une surprise !

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    Et sinon, côté dégustation proprement dite, y avait ça...

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  • Gers : quatre vins qu'on a terrrrriblement aimés

    Durant cette petite escapade dans le Gers, on a bu quoi ?

    Du local, déjà. Dominique Andiran du domaine Haut-Campagnau, à Montréal (pas au Canada, mais bien dans le Gers) fait des vins qu'on aime. Bien travaillés, gouleyants et qui ne se poussent pas du col. Le Vain de Rû (cette fois un peu beurré et un filament de sucre résiduel) commence à faire un carton, son rouge Magnus (cette fois assez chocolaté et fruité à la fois) est tout aussi superbe.

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    De l'Aveyron où nous avions déjà goûté les blancs, Thomas a apporté un carton des Anciens 2009 de Patrick Rols. Un superbe travail à Conques, qui nous happe tout autant qu'en blanc. A mon avis, c'est l'un des grands vignerons méconnus sur un terroir méconnu. Pourtant que c'est bon ! Il faudrait tirer profit de la masse de gens qui passent sur les chemins de Compostelle pour faire la promotion de ces superbes vins. Je sais que le domaine s'en charge, notamment sur des marchés nocturnes. Mais on ne peut légitimement pas laisser les gens passer dans le coin sans découvrir ces vins !

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    Enfin, de Paris, j'avais apporté toute autre chose. Un bon petit Boulard Les Murgiers (brut nature, 70 % pinot meunier, 30 % pinot noir avec du 2007 surtout et 30 % de 2005 et 2006). Nous aurions dû le laisser patienter quelques semaines, tant le voyage l'avait secoué. Oui mais voilà, nous ne sommes restés que 5 jours. Bouchon qui a sauté sur le toit de la maison, bulles bien excitées au début... Mais il a fini par se calmer et reprendre ses aises. Un très joli champagne, décontracté, pas bégueule, dans son élément. Le Boulard est dans le pré, comme on dit ici.

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  • Le Siffleur de Ballons, ou comment bien faire passer le mois d'août

    Puisqu'il faut que je me trouve une nouvelle "seconde maison", je profite de l'été pour visiter d'autres résidences viniques potentielles. Avec Jacques et Antonin, Eva m'a amené au Siffleur de Ballons, du côté de Faidherbe-Chaligny. Joli lieu ouvert sur l'extérieur, de (très) belles bouteilles, de superbes assiettes (lard de Colonata, hareng, burrata...) des prix pas trop élevés, un accueil sympathique qui s'y connait en quilles. Bref, y a tout pour s'amuser.

    Ce soir, ça commence par l'Apostrophe 2010 de Jean-Christophe Comor. Il faiit chaud et la bouteille était un peu froide : on s'est précipité, on n'a pas ressenti toute sa complexité. Malgré ces conditions, la tablée est conquise. 

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    La claque de la soirée, le champagne Fidèle de Bertrand Gautherot (Vouette et Sorbée). Goûté déjà, il y  a un an et demi chez Augé, il m'a fait le même effet : un superbe pinot noir, à la bulle fine et langoureuse, une bulle qui t'attrape et ne te lâche plus. Sans oublier la vivacité qui fait le lit à la suite des hositilités. Une superbe bouteille.

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    Autre vin délicieux, le saumur blanc 2008 du domaine du Collier, celui d'Antoine Foucault, le fiston et neveu des proprios du Clos Rougeard. Une folle complexité, un tout petit poil d'oxydation absolument pas dérangeant : une bouteille qu'on a bue à la fin de la soirée, qu'on a dégustée dans la lenteur comme on l'aurait fait d'un vieil armagnac.

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    J'ai complètement oublié de photographier les plats et le Bourgogne Grand Ordinaire 2010 de Prieuré-Roch. Ce qui était un vin superbe il y a quelques mois (millésime 2007 acheté chez Pierre Jancou, faut dire) n'était que l'ombre de lui-même, caricature du vin naturel avec son nez et sa bouche de basse-cour. Ce n'est pas cela qui me fera changer d'avis : Prieuré-Roch est l'un des plus grands domaines de France et cette quille, il faudrait l'attendre. 

    Prix ? Deux bonnes assiettes et une bouteille par tête en ne se limitant pas aux quilles les moins chères, pour une petite cinquantaine d'euros.

    Le Siffleur de Ballons, 34 rue de Citeaux 75012 Paris 01 58 51 14 04.

  • Champagne et rosé

    Un soir d'août, deux bouteilles insolites. Le champagne Drappier 1995, dégorgé en 2010. Terriblement beurré, incroyablement fin, encore tout plein de vie. Bien meilleur que lors du premier débouchage l'an dernier.

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    Pomponette, le rosé d'Anthony Tortul (La Sorga). Vin un peu léger ce jour-là : manque de fruit et de complexité en général. On le goûtera à nouveau parce que c'est un domaine que j'affectionne particulièrement.

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  • Hélène, les garçons et l'andouillette

    Pour le 31ème anniversaire d'Hélène, rendez-vous est pris avec Olivier et Thomas chez Racines. Depuis le temps qu'il fallait le faire ce resto... Niché dans le passage des Panoramas, l'ancien repaire de Pierre Jancou, avant qu'il ne parte ouvrir Vivant, n'a rien perdu de ses vins naturels. Pour commencer, champagne ! Agrapart, cuvée Les 7 crus. Le chardonnay rend évidemment la chose très classe et le dosage de 7 grammes n'est pas du tout embêtant, même si on est désormais habitué à l'extra-brut. C'est droit, plein, le champagne de fête. Unanimité...

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    Pour l'accompagner, burrata ou soupe verte au tourteau. C'est frais, les morceaux de carapace dans la soupe le prouvent, et bien bon mais il n'y a tout de même pas de quoi se pâmer.

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    Là où il y a de quoi se pâmer, c'est quand on passe à l'andouillette servie par la maison. Elle arrive de Sainte-Savine, à côté de Troyes. L'immense artisan qui est derrière s'appelle Daniel Thierry. Première chose, aucune odeur désagréable caractéristique de l'andouillette. C'est presque décevant mais cela permet de plonger dedans sans le sourire narquois des autres convives. Deuxième chose, elle est pochée et non pas grillée : quelle douceur, quelle cuisson ! Mention supplémentaire pour l'écrasé de pommes de terre absolument sublime... C'est le plat le moins cher de la carte, 17 euros : ruons-nous dessus ! Enfin, dernière chose : elle est belle ! Oui, cette andouillette m'a tapé dans l'oeil. Au lieu de nous bourrer le mou avec ses poires ou ses pommes, Cézanne aurait mieux fait de peindre une andouillette. Quel philosophe génial osera nous gratifier d'une "Esthétique de l'andouillette" en trois tomes ?

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    De son côté, Hélène préfère s'exciter (à raison) sur la poularde et les légumes d'Annie Bertin.

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    Pour accompagner le plat, le pinot noir de Loire La Pierre aux Chiens 2010 de Christian Venier est un poil trop léger et trop jeune ce soir, dans la chaleur ambiante.

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    Fromage, maestro !

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    On cherchait enfin un rouge pour finir sur une note puissante mais pas trop rude non plus. J'ai vu une étiquette et j'ai fait le test : j'ai dit "Occhipinti !" et Olivier a tout de suite réagi à la manière d'un vieux slogan publicitaire : "Occhipinti ! Oh oui !" Un genre de réflexe pavlovien quand il entend ce nom de domaine sicilien. Du rouge, du rouge, du rouge, mais pas du trop lourd. Siccagno 2007 à base du capage sicilien, le nero d'avola : ou comment le vin devient sexy... Arianna Occhipinti y est pour beaucoup.

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    Racines8 passage des Panoramas, 75002 Paris, 01 40 13 06 41. A peu près 60 euros par tête, mais on n'a pas pris les pinards les moins chers.

  • Collioure : sur la plage abandonnée

    A partir de 23 heures, il suffit de dépasser un restaurant haut perché, Le Neptune, et d'aller se planquer dans une petite crique. Il n'y a plus personne, il fait nuit noire. Héléne a fait les yeux doux à Cocoliberis pour qu'ils nous prêtent un seau avec des glaçons. Laissons quelques minutes au Quattuor de Drappier (quatre cépages blancs dont trois oubliés) pour se refroidir et on embraye.

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    Jamais cette bouteille ne nous a fait tant d'effet. Face à nous, Collioure a entendu des refrains d'Adamo expliquant que la neige qui tombe est synonyme de tragédie ou des couplets d'Eddy Mitchell vantant les grandes prairies. Ne comprenant pas le sens caché des choses, quelques voisins ont gueulé.

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  • Le dimanche, c'est maki-jaja

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    Quelques makis pour faire passer le blues du dimanche soir. Et quelques quilles pour les accompagner. Le Brut Nature de Drappier : valeur sûre, l'un des meilleurs accords possibles avec les sushis même sans poisson. Le mâcon-cruzille 2009 de Guillot-Broux : un domaine que je connaissais sur le bout des doigts il y a quelques années et qui fait toujours de belles bouteilles. Le Vin est une Fête 2009 d'Elian Da Ros : jolie petite bouteille, pleine, présente, cacaotée.

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  • La recette pour bien commencer le week-end

    Réunissez 5 amis autour de la table (même une table basse pourrie de chez Casto qui n'a jamais vu un arbre de sa vie). Apportez quelques flûtes et quelques verres Inao tout simples (on ne va pas trop se la raconter non plus). Deux burratas de la coopé italienne du coin, quelques cochonnailles et quelques desserts signé Conticini (amenés en vélib, donc un peu en purée). Et on envoie la cavalerie.

    Tarlant Zéro. Fin, beurré, brioché. Très, très belle bouteille à 25 euros prix caviste. Evidemment, la tablée connaissant mieux Drappier, elle a plus l'habitude de s'exciter sur les 100 % pinot noir (prix propriété) que sur les "un tiers/un tiers/un tiers" (les deux pinots et le chardonnay).

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    La Bohème "équinoxe" de Marc Pesnot. Déjà bu l'autre jour, ce muscadet est vidé à une vitesse sidérante.

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    La vedette de la soirée, sans contestation possible. Le gamay 2007 (classé en bourgogne-grand-ordinaire) du domaine Prieuré-Roch. Dénichée chez Vivant et emportée à la maison. Pour dire la vérité, j'aurais mieux fait de jouer à l'égoïste et de la garder pour moi mais d'un autre côté, les bouteilles comme ça faut les partager ! Le gamay pinote comme une star, on retrouve le côté fumé du Clos des Corvées 1999, en moins complexe. Quoique... Cette bouteille met une claque à beaucoup de volnays ou de pommards de supermarchés ou de mauvais cavistes. Même si ce n'est pas le même cépage que les villages célèbres, la Bourgogne est là et bien là.

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    Belle bouteille aussi, découverte par Thomas. Jours de vigne du domaine de Cabazan en Côtes de Lastours. Par rapport au précédent, on aurait pu croire à un vin lourd, charpenté, vanillé : on est plutôt sur le fruit, sur une matière pas trop envahissante. Bien !

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    Pour conclure, pour accompagner le dessert, voici un grand vin d'Alsace. Gewurztraminer Kaefferkopf Vendanges tardives 2003 de chez Binner. Autant le dire tout de suite, nous détestons d'habitude les VT. Et nous pesons nos mots : c'est lourd, sucré, pâteux, sucré, sans goût, sucré, on vomit tout le lendemain etc. Et c'est sucré aussi. Mais rien de tout ça ici. Comme le modère Thomas, on s'y attendait, on connait Binner, on sait que c'est bon. Hé ouais... Au nez et en bouche, c'est un vin de litchi bien tendu, pas trop sur le sucre. Car on a quoi ? Un millésime de canicule, un immense terroir de granite et grès carbonatés (aujourd'hui classé en Grand Cru), un vignoble avec de l'herbe et sans engrais, une vendange manuelle en octobre, des raisins confits par le soleil, une fermentation en foudres de chêne centenaires sans levure ni chaptalisation et enfin, très peu de filtration. C'est la recette d'une bonne VT.

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  • Le champagne des hommes et des dieux

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    J'avais mis une grosse chaussette à ski sur la bouteille pour tenter de piéger Olivier : "D'accord, c'est du champagne. Bon déjà une chose est sûre, ce n'est pas du Drappier car on connaît tout chez eux..." Perdu. C'est la Cuvée de Clairvaux élaborée par Drappier avec, comme toujours, une majorité de pinot noir. J'avoue l'avoir trouvé moins brut que d'autres champagnes de la maison mais j'ai réfléchi deux minutes : question bulles, mon palais est tellement habitué au Brut Nature Zéro Dosage donc tout autre me parait "sucré".

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    Fanatiques de cette maison de champagne, nous n'avions jamais entendu parler de cette cuvée, pas même lors de nos visites à Urville. J'ai mené ma petite enquête, voici l'histoire.

    Drappier possède un superbe réseau de caves très anciennes dont une partie a été construite au XIIe siècle par les moines cisterciens de Clairvaux à 10 kilomètres d'Urville. Aujourd'hui, c'est l'Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux qui s'occupe de restaurer l'abbaye de Saint-Bernard et d'y animer la vie culturelle. L'Etat et les collectivités territoriales ont traîné les pieds mais elles commencent à jouer leur rôle. Cependant, il est toujours nécessaire de trouver un peu d'argent. Michel Drappier a accepté de produire une cuvée dédiée pour aider l'association à financer ses projets tout en rendant hommage à l'histoire, aux hommes et aux dieux. Pour les chercheurs d'insolite et les amoureux des abbayes, nulle autre solution que de se déplacer dans l'Aube et de visiter les lieux pour pouvoir acheter cette cuvée. Mais allez, je donne notre bon plan, car heureusement pour notre quotidien il faut dire que Paris est magique et le Comptoir des Abbayes bien achalandé... J'y suis passé par hasard l'autre jour et bingo !

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    Le Comptoir des Abbayes, 4 rue Fléchier, 75 009 Paris, 01 48 78 49 25. Et une boutique à Strasbourg.
  • Un peu de champagne tout de même pour le réveillon

    Pour ce réveillon du 31, si nous avons choisi de boire de la bière à table, c'est parce que nous avions dans nos valises quelques bouteilles de champagne pour l'after.

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    * Ultra Brut du Comte Hugues de La Bourdonnaye dégoté chez Michel aux Caves de l'Insolite. Une belle bouteille florale (23 euros) qui envoie.

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    * Brut Nature de Drappier, la fameuse cuvée 100 % pinot noir et sans liqueur d'expédition ajoutée. Devenu un peu le mètre-étalon de nos champagnes.

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    * Grande Sendrée 2004 de Drappier encore. Et toujours aussi envoûtant, même si on l'a déjà bue et rebue. Mais tout le monde m'a semblé d'accord désormais pour lui préférer la cuvée Quattuor.

    * Pas de photos du pétillant de Loire de Jean-Pierre Robinot, cuvée L'opéra des Vins en 2009 si je ne m'abuse (Coteaux-du-Loir). Difficile de passer après de si gros champagnes mais il n'a pas eu peur et a offert sa grande buvabilité à tous. Un peu comme une tisane avant de se coucher : il était 4 heures du matin et jamais nous n'avions été si frais un 1er janvier.

  • Un feu d'anniversaire

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    Bien sûr on n'a pas le droit de faire du feu en forêt, même en décembre. Même si tout est mouillé, même si la neige s'étend au loin, vers Courcelles. Mais personne ne nous a arrêté et surtout personne râlé. On l'a enfin mangé ce lard grillé. Du feu, des piques en bois glanés dans la forêt, du lard et du pain. Et du vin.

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    Auparavant et toujours lors de cette réunion en forêt pour l'anniversaire de Gex, j'ai sorti deux quilles assez insolites. Tout d'abord un banyuls 1950 du domaine Laetitia à Collioure. Plein de finesse, tanins envolées, sucre pas trop présent : tout le monde en redemandait. A coups de 2 cl par 2 cl, les verres des 20 personnes présentes se remplissent assez régulièrement.

    Je ne suis pas un fana des vieux vins et je ne connaissais pas ce domaine, mais il fallait marquer le coup. Un vin doux naturel se conserve bien mieux, il y a peu de surprise. Jamais je n'aurais pris un vieux bordeaux ou un bourgogne : trop peur qu'il soit devenu vinaigre. Avec le banyuls aucun souci. Pour le trouver (et pour la première fois), j'ai fait confiance à Idealwine et je n'ai pas été déçu : le vin est en parfaite santé.

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    Autre bouteille de choix : le jéroboam de champagne Drappier Millésime Exception 2000. J'avais demandé à Michel Drappier s'il y avait une technique particulière pour l'ouvrir et ne pas en mettre partout. Pour ne pas copier les pilotes de Formule1. Il m'a répondu qu'un jéroboam s'ouvre comme une bouteille classique mais qu'il faut une sacrée poigne. Le vigneron a d'ailleurs ajouté : "la seule précaution est de ne pas avoir trop soif car le flacon est vite vide". On ne peut pas dire qu'il ait tort.

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  • Un repas d'anniversaire

    Pour Gex, on n'avait pas lésiné. Déjà mon petit foie gras maison. Comme toujours, pas assez salé. Mais sa légèreté (par rapport à ceux du commerce) lui a valu un franc succès.

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    Et avec ça, un joli Quattuor de Drappier, la fameuse cuvée blanc de blancs (avec chardonnay et des cépages oubliés en Champagne : petit meslier, arbane, pinot gris). Un must acheté l'été dernier chez Drappier à Urville. Une bouche d'une finesse incroyable, tout comme les bulles. Un vin de très très grande classe qui surpasse nombre de champagnes plus chers.

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    On continue avec la superbe tourte lorraine de Eric Humbert, charcutier de génie à Metz. J'en reparlerai vite. Toute la tablée a été soufflée par la qualité du plat. Jamais nous n'avions mangé une tourte aussi extraordinaire (18 euros le kilo). Juste à réchauffer au four. Ce qui est génial, ce qui montre bien que la tourte est fraîche, c'est que sa farce n'est pas amalgamée : on pourrait tout décortiquer (morceaux de viande, le liant crème-oeuf...)

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    Et avec ça le faugères cuvée Valinière de Léon Barral version 2007.  A 80 % mourvèdre et 20 % syrah (et non 100 % syrah) à carafer une heure. Un nez très pur, sur le fruit. Une bouche pas du tout tendue, les tannins semblent déjà fondus. Le vin est assez dense et éclate tout de suite en bouche. Mais il m'a semblé manquer de longueur (40 euros chez un caviste messin). Surtout ses 14° nous ont vraiment foutu un coup à tous. Assurément un grand vin, mais je pense que nous n'avons pas su le prendre aujourd'hui ; un joli gibier lui irait mieux.

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    Un munster-géromé bien puant affiné par Schuster à Obey (68) et déniché chez ConradMetz, 8 euros le demi). Sensationnel, encore une fois jamais nous n'avions mangé un munster comme celui-ci. Et petite info : le munster s'appelle géromé côté lorrain, on peut donc dire munster ou munster-géromé. Car en utilisant seulement géromé, personne ne comprendrait...

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    Le dessert tout chocolat guanaja de Franck Fresson est un cran au-dessus de ce que j'ai pu goûter de ce pâtissier. Le laquage chocolaté est réussi mais l'ensemble est un peu trop uniforme (30 euros pour 6).

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  • La bande des Quatre ne boit que du Drappier

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août...

    La Grande Sendrée de Drappier est un peu le leitmotiv des douze derniers mois. On en a bu pas mal, des 2004 comme ici pour le diplôme de Manu ou des 2002, des 2000. Ici on reste à nouveau sur 2000, une année assez extra. Un champagne très fin, très vineux mais encore accessible : pour ceux qui n'aime pas le blanc de noirs (cuvée Brut Nature), on n'est pas encore dans le tout vineux.

    Evidemment le 2000 plus reposé que le 2004 s'ouvre plus facilement. Malheureusement, il faut absolument les acheter directement à Urville car une telle bouteille atteint désormais presque 50 euros chez Lavinia.

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    D'ailleurs, la visite chez Drappier, à Urville était programmée pour cet été... Et nous y sommes bien allés le 13 août dernier : nous en reparlerons bientôt dans le détail.
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    Verdict de la bande des Quatre, conquise avant même d'ouvrir la bouteille : encore !

  • Pour changer, la bande des Quatre boit du Drappier

    Les dégustations de la bande des Quatre correspondent aux débouchonnages et décapsulages effectués durant le week-end du 15 août... Et avec ce petit post, on arrive à la fin du catalogue.

    Notre petite virée chez Drappier s'est terminée par plein d'achats, dont deux bouteilles pour notre week-end. Deux cuvées peu courantes, il faut savoir les débusquer chez cette maison de champagne de l'Aube.

    Le Brut Nature (que l'on commence à trouver partout à Paris) est pourtant une cuvée assez restreinte ; sa version Sans ajout de soufre est totalement marginale. 100 % pinot noir comme sa grande soeur, il faut s'entourer de précaution pour la conserver (30 euros chez les cavistes, 10 de moins à Urville). Quel délice ! la bulle nette s'efface relativement vite. Aucune odeur désagréable d'oxydation, de réduction comme sur certains vins sans soufre. Le jus de la champagne à l'état pur. Nous nous sommes tous forcés à ne pas le boire trop vite.

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    Seconde micro-cuvée bue en apéritif, le Carte d'Or millésime 1995, récemment dégorgé. Carte d'Or correspond à l'entrée de gamme de Drappier et cette cuvée était millésimée dans les années 1990. Aujourd'hui, avec la Grande Sendrée, Charles de Gaulle, Millésime Exception, la panoplie s'est enrichie et Carte d'Or est devenue exclusivement BSA comme disent les puristes (brut sans année).

    Le jus est frais puisqu'il vient d'être dégorgé en 2010. Il n'a donc pas été embouteillé puis dégorgé en 1995, comme un vin qu'on aurait simplement laissé vieillir sans plus du tout y toucher. Une belle vivacité, un régal de complexité pour une "petite" bouteille vieillie et travaillée (aux alentours de 30 euros, départ cave).

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  • Urville : le melchisedech chez Drappier, un champagne XXXXXXXL

    Lors de notre visite chez Drappier à Urville, chacun remarque ces immenses caisses de bois à côté des cartons de 6, des caisses de jéroboams ou nabuchodonosors... C'est quoi ? Des cercueils ?

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    Remontés dans la salle de dégustation de Drappier, la réponse trône contre un pan de mur. Devant nous 30 litres et 58 kilos accueillent l'équivalent de 40 bouteilles de champagne. Son nom : melchisedech ("roi de justice") du nom d'un pesonnage de la Bible. Cet énorme contenant, le plus gros de la Champagne, est uniquement produit par Drappier.

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    Le vigneron ne travaille pas ce contenant de manière classique. Déjà, la prise de mousse se fait directement dans la bouteille qui est ensuite remuée et dégorgée à la main. Ou avec une grue ?

    Un autre souci maintenant : le prix. Sachant que cet obus n'est évidemment pas produit en série comme les 75 cl. Que sa forme et l'épaisseur du verre sont évidemment étudiées pour résister à la pression du champagne (forcément plus importante que dans une bouteille classique). Prix départ cave : autour de 3 000 euros, avec l'entrée de gamme (Carte d'Or) inside. Facture déjà grevée par le coût de production de la bouteille qui s'élève à elle seule à 1 500 euros.

    Alors attribut bling-bling ou véritable oeuvre d'art ? Peut-être un peu des deux. Une vingtaine est vendue chaque année. Pour mariages, anniversaires, événements d'entreprises ou des baptêmes de bateaux.

  • Urville : une visite chez Drappier

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    Drappier, c'est la marque de champagne qui monte. Le Figaroscope l'avait décrétée "nouveau snobisme" il y a un an. Facile à dire. Ce qui est vrai c'est qu'à Paris (en province ça commence aussi) tout caviste sérieux en propose une ou deux quilles. Nous en buvons depuis pas mal de temps maintenant et ce samedi d'août fut notre seconde visite dans cette maison, à Urville.

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    Pas besoin d'expliquer qu'ici, à quelques kilomètres de Bar-sur-Aube, on est dans la côte des... Bar. Y règne le pinot noir qui rend les champagnes vineux. Ce qui n'empêche pas de trouver quelques perles sans pinot noir, nous y reviendrons. Les grandes maisons de champagne viennent ici chercher de beaux raisins qui maquillent leurs cuvées. Ou pire encore, qui font office de médicaments pour les grains sabotés plus au nord. Ici le raisin est souvent mieux travaillé et aussi moins cher. Car ce terroir est moins connu et par là, le champagne plus accessible.

    Chez Drappier, on reste dans une petite maison qui se transmet de génération en génération. Un million et demi de bouteilles par an. Sept fois plus pour Veuve Cliquot. A mon sens, le champagne est mieux construit qu'ailleurs, la gamme plus diversifiée peut encore nous surprendre.

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    Les prix commencent à 20 euros l'entrée de gamme (Carte d'Or) et ne montent pas très vite. Les plus grosses cuvées (hors bouteilles vieillies) doivent se chiffrer à 35-40 euros.

    Les cavistes proposent souvent le Brut Nature (100 % pinot noir) : extra-brut, sans cette liqueur d'expédition qui adoucit le champagne.

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    Le seul souci, c'est qu'il faut venir ici à Urville (ou aux caves Augé à Paris) pour se procurer des bouteilles inédites. Le régal du Brut Nature Sans ajout de soufre, la cuvée Quattuor (blanc de blancs, avec chardonnay et cépages originaux : petit meslier, arbane, pinot gris), le blanc de blancs millésimé, les gros contenants à petits prix (110 euros le jéroboam de millésime 2000)...

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    Je ne vais pas revenir ici sur chaque bouteille goûtée ni sur chaque bouteille achetée. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler souvent et nous en reparlerons à chaque fois qu'un bouchon sautera. Le mieux est de suivre le tag pour se donner une idée de la gamme de Drappier dans le verre.

  • Bon anniversaire Olivier !

    Qu'il fut bon le week-end dernier ! En énumérant les quilles, tout le monde va pouvoir s'en rendre compte. Et évidemment, tout n'a pas été bu dans cet ordre ni au cours du même repas.

    - Domaine Tempier, bandol blanc 2007. Un peu sur sa réserve, normal pour un vin du sud dégusté en Normandie. Il ne se sentait pas chez lui. Nous aurions dû l'ouvrir un poil avant.

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    - Hubert de Montille, bourgogne générique, 2001. Soit l'un des derniers millésimes où le père regardait la chose, si mes renseignements sont bons. La grande classe pour un simple bourgogne, dans la force de l'âge.

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    - Champagne Jacques Lassaigne, les Vignes de Montgueux, blanc de blancs. Pas assez ouvert lui non plus, pas carafé comme le dos de la bouteille y incitait. Trop pétillant aussi. Dommage, je suis certain que c'est un grand vigneron. Sans doute le gâteau choco-coco l'a-t-il refroidi.

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    - Un Rully 1er cru 1996 sorti de la cave du père d'Olivier. Une superbe couleur or et un goût fin, pas trop oxydé, m'a fait oublié de noter le nom du domaine.

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    - Bedeau, version magnum 2008, de Frédéric Cossard, domaine de Chassorney. Le "début de gamme" du Chassorney, à tout de même 50 euros le magnum. Encore une fois, ouvert et bu trop tôt. En fin de repas, sur une andouillette, il se révélait un sacré pinot.

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  • Beaufort, j'adore

    Non je ne parle pas du fromage des alpages. Mais du champagne André Beaufort, à Ambonnay. Je porte haut les couleurs de Drappier comme on l'aura compris, mais c'est Beaufort qui me tape dans l'oeil à chaque bouchon qui saute.

    J'en avais acheté 3 bouteilles à la dégustation champagne aux caves Augé l'hiver dernier. Vingt-trois euros la quille, j'en ris encore. Quand on connaît le prix du Moët et Glandon ou de la Veuve Poignet (pardon, Cliquot)... J'en ai ouverte une à Metz, on m'a demandé si je n'avais pas coupé mon champagne à la truffe. Si, si ai-je répondu. C'est vrai que le côté champignoné de ce champagne (allitération ?) m'excite beaucoup : dit comme cela, les buveurs pourraient être rebutés. Mais vous testerez, vous m'approuverez. Ce goût est plutôt synonyme d'une certaine finesse.

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    A chaque fois il s'agissait de la cuvée "élaborée par Saint-Jean Baptiste", section "réserve", maternité Polisy. Ce qui ne veut sans doute pas dire grand-chose. Une fois dans le verre, on se rend bien compte qu'il ne faut pas s'en servir pour baptiser qui que ce soit. Simplement le boire, retrouver le goût d'un champagne qui envoie, qui balance. Et à un prix ridicule (bis).

    En Champagne, les Beaufort sont les pionniers d'une viticulture saine. Depuis 1971, oui 1971, vous avez bien lu, ils font l'impasse sur les produits de synthèse. Avec tout ce que cela implique comme réflexion sur les méthodes de culture et de vinification. Evidemment ce surplus de travail à la vigne se ressent dans le verre.

    PS : je reviendrai plus tard sur le côtes-du-rhône Haut-Musiel Tralamont. A goûter une nouvelle fois.

  • Le champagne du général

    Le grand Charles avait du goût pour les vins de l'Est. Le beaujolais de Jules Chauvet, j'en ferais bien mon ordinaire. C'était un autre siècle. Question champagne, la Boisserie se fournissait chez Drappier, une maison que connaissait bien son aide de camp, le colonel De Bonneval.

    Petit hommage donc que ces rares bouteilles de Drappier pour un vin baptisé simplement Cuvée Charles de Gaulle. Je crois que c'est à Colombey-les-Deux-Eglises qu'il s'en vend le plus, tellement elle est introuvable ailleurs. Sauf à Urville.

    Aussi incroyable que ça puisse paraître, c'est bon, c'est très bon. Drappier n'est pas là pour amuser la galerie ou surfer sur une vague. Assemblage de pinot noir et chardonnay, c'est un vin fin et élégant. On n'est peut-être pas dans la Grande Sendrée, mais c'est une des meilleures cuvées de la maison.

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    Pour l'accompagner, on a sorti un joli jeu : un bon pain de campagne, du caviar d'oursin Kaspia assez extra et un pâté aux truffes Maison de la Truffe bien moins excitant.

    Avec un before comme ça, on pouvait gaiement finir la soirée chez Alfred. Ce sera à lire juste au-dessus.

  • Dimanche midi liquide

    Lors d'un petit repas du dimanche en famille, lorsqu'on n'a pas trouvé de champagne de vigneron, un ami conseillait de se rabattre sur Bollinger. Et puis quoi ? Un petit test ne fait pas de mal, je n'y avais jamais goûté (34 euros chez Vénus Vins à Metz, une grosse poignée d'euros de plus à Paris). Encore une fois, il faut attendre quelques minutes que les bulles aient fini de s'exciter pour laisser entrevoir un joli vin au caractère assez fin. Dommage qu'il soit presque deux fois plus cher qu'un extraordinaire André Beaufort (dont on devrait reparler d'ici peu) mais qu'on ne trouve pas partout.

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    Pour doper le gigot, je me suis dit qu'il fallait inaugurer la saison du rosé. Désirant me retaper toute la gamme de Jean-Christophe Comor que j'ai tant aimé à la Crémerie il y a de cela quelques années, j'ai dégoté une bouteille de sa cuvée L'Apostrophe (9 euros aux Caves de l'Insolite). Très pâle, j'adore. Même si j'adore aussi les très rouges comme ceux de Pfifferling. Donc très pâle là, un poil encore sur la réserve normal pour un 2009 dégusté en mars - mais un beau vin prometteur pour cet été, à un prix dérisoire pour un si beau travail de vigneron (et d'intello). La preuve, il a vite été vidé.

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    Enfin, une note absolue. Pas de la vodka, merci. Non, de l'eau-de-vie de lie-de-vin (SGN 1998) de chez Binner. Une folie quand on y réfléchit vraiment. Le paradis des eaux de vie quand on l'a eu une fois en bouche. Le genre de choses qui nous fait dire "après ça, je ne boirai plus d'eau-de-vie", comme on dit "je ne boirai plus de champagne après Selosse". Un alcool à 40° fruité comme un raisin de grand cru. J'en avais déjà bu une rasade à Noël, après un plus gros repas, ce qui ne m'avait pas mis dans les meilleures dispositions. Ce dimanche par contre, cette bouteille était fulgurante. J'en ai abusé sans doute, mais que celui qui n'a jamais abusé de Binner me jette la première bouteille...

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  • Bonne nouvelle, Grande Sendrée

    Manu a fêté son diplôme à verres de Grande Sendrée 2004 de chez Drappier. S'il n'y avait pas assez de lumière pour prendre les photos, il y en avait bien assez pour admirer la couleur du champagne et le boire.

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    La cuvée tient son nom d'une parcelle recouverte de cendres après un incendie qui ravagea le bon village d'Urville en 1838. Une faute d'orthographe sur le cadastre plus tard, elle nacquit Sendrée. Cuvée supérieure de Drappier à base de pinot noir et de chardonnay (un poil plus du premier que du second), elle est surtout confidentielle. Ce qui explique son prix (autour de 45 euros chez Lavinia) mais surtout sa finesse. Le vin parfait pour les grandes occasions : on en reparlera en juillet et décembre prochains, mois d'anniversaires tout ronds.

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  • Au Cambodge, du champagne Drappier à 10 000 km d'Urville

    Après un petit mois d'absence du à un beau voyage au Cambodge, c'est enfin le retour du Morgon. On va d'ailleurs parler un peu de ce pays ces jours-ci...

    ***

    Le Cambodge recèle de surprises gastronomiques. Ainsi cette bouteille de mon bien-aimé Drappier à la carte d'un restaurant de Siem Reap, la grande ville à côté des temples d'Angkor. Un Carte d'Or à 68 dollars, un Rosé à 85. Bien sûr il y a l'export, la douane, l'inflation... mais cela reste peu excessif. Sauf à considérer que c'est un smic de Cambodgien...

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    Au vu de son nom qui trône partout, ce restaurant L'Escale des Arts et des Sens semble tenu par un chef français Didier Corlou. Une petite recherche en aval montre qu'il en est simplement le "consultant" car il possède un restaurant à Hanoi, au Vietnam, à près de 1 000 kilomètres. Passons.

    Hormis Drappier, la carte des vins fait pâle figure. Aucun pinard ne semble buvable et d'ailleurs je n'ai retenu aucun nom. Cap sur la bière, le bilan carbone sera moins lourd et le porte-monnaie encore fourni.

    Côté carte, c'est bien mieux. En apparence. Le boeuf cuisiné de sept façons différentes, à la manière de ce qui se faisait pour le tigre, est tout à fait appréciable et peu commun. Goûtu et coloré.

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    Le dessert est déjà plus sur la réserve. Pourtant l'intitulé me parlait. Glace au sésame et mousse de thé. Si, si, c'est le genre de choses que j'apprécie. Mais pourquoi encore et encore (et Angkor) des verrines ? Ici gelée d'orange, de coco, de passion. Stop. Entre le plat compartimenté et le dessert je n'en peux plus, j'ai l'impression d'avoir les doigts qui rétrécissent.

    C'est bizarre ces "grands" restaurants d'un pays étranger chez qui on réserve une table. Entre la volonté de se croire riche, de revenir à une nourriture un peu connnue ou tout simplement d'éviter les microbes, on en arrive à ingurgiter une nourriture snob et bling-bling donc sans rapport avec la réalité du pays. L'étape en trop.

  • Avec Aurélia, on déguste sur le web

    Aurélia aime bien le vin naturel. Comme le Morgon aime bien Aurélia et les vins naturels, nous lui faisons un peu de pub avec un petit extrait made in Drappier, notre champagne star ! Le reste, c'est sur Bu sur le Web.

    Juste une petite critique. Quand on s'appelle Bu sur le Web et que le vin est bon, le mieux encore, c'est de boire non ?

  • Un peu de pub...

    Ce soir, apéro entre amis pour la sortie d'un bouquin. Comme je n'ai pris aucune photo, ni du champagne du Verre Volé, ni du terrible pétillant de Robinot (à retrouver, on en parlera un de ces jours) je suis bien embêté. Donc pour mettre quelques couleurs ici, je me contente de faire le blog-sandwich pour Franckie et sa nouvelle BD.

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    "On estime à 150 000 le nombre de personnes qui ont participé de près ou de loin à "l'aventure" de la bombe atomique française. Mais, ce n'est que depuis peu que la parole des vétérans se libère. Face au silence de l'État, les hommes sortent les photos des placards. Les documents secret-défense reprennent la lumière... Fondé sur leurs témoignages, cet ouvrage constitue un véritable objet de mémoire".

    Et c'est pas Maryline, son attachée de presse qui m'a dit d'en parler.

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