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chenin

  • Une Diablesse bue, rebue, rerebue, rererebue, rerererebue et approuvée

    Depuis quelques semaines revient un leitmotiv, le dégoupillage de Diablesse. Tout a commencé chez Pierre Jancou quand on a demandé quelque chose d'un peu oxydatif. Boum. Puis ce fut au hasard et souvent, avec les unes, les uns et les autres. Dernier sautage de bouchon avec Sonia et François dans un bar à manger où, coïncidence heureuse, ils sifflaient cette jolie bouteille. Vite, vite, versez m'en le fond dans un verre propre. Ce fut la cinquième en deux/trois mois. M'en manque une pour réaliser le carton (plein).

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    Diablesse 2008, domaine de la Grapperie, by Renaud Guettier, installé depuis 2004 à Bueil-en-Touraine, entre Le Mans et Tours. Pur chenin élevé 36 mois en barriques aux acents oxydatifs gourmands. Certifié bio, des rendements plutôt faibles (25 hectos à l'hectare), aucun intrant de synthèse, non filtré, non collés : bref toute la panoplie du comme-on-aime. Je l'aime en apéro, avec de la charcuterie pas trop salée, sur un espadon mi-cuit, avec des huîtres chaudes au comté ou en vin de méditation en fin de repas, s'il en reste. Au Coinstot Vino, ce fut la version pét'nat' enchanteresse, avec elle aussi ce côté oxydatif. Goûté à la maison, l'Adonis la version rouge bien soyeuse (100 % pineau d'Aunis).

    Comme le faisait remarquer un dégustateur, il y a un peu d'Eric Callcut là-dedans. Sauf qu'il va être difficile d'attendre ces bouteilles une quinzaine d'années.

  • Et si moi aussi je n'aimais pas la Coulée de Serrant ?

    C'est avec plaisir que j'ai lu cet article de La Bande des Vins sur les quilles de Nicolas Joly (vignobles de la Coulée de Serrant). En guise d'accroche, une question qui vaut son pesant de chenin (Et si je n'aimais pas les vins de Nicolas Joly ?), puis un beau compte-rendu de dégustation et au final une réponse claire à un titre plus rhétorique que réellement provocateur : en fait oui, après quelques échantillons goûtés, La Bande des Vins aime Nicolas Joly.

    Et moi ? Je ne l'avais jamais goûtée cette Coulée de Serrant, cuvée de chenin bien particulière qui est devenue en quelque sorte la Romanée-Conti de la Loire. Avec Olivier, on en parlait très souvent et l'autre jour devant la boutique d'une excellente épicerie parisienne dont il me faudrait parler dans le détail (Julhès), nous sommes tombés par hasard devant la quille en version 2007 à prix "raisonnable" (63 euros). Raisonnable et 63 euros dans la même phrase peut évidemment faire bondir, mais on le répète, c'est le grand cru de la Loire et surtout, chez la majorité des autres cavistes c'est plus cher pour un millésime plus récent. Olivier et moi avons décidé de faire une folie et de l'ouvrir le soir même.

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    Verdict ? Lourd, alcooleux, plombant. C'est du jaja qui fait ses 15,5° tout de même. Certes on sent une très belle trame, déjà Napoléon perce sous Bonaparte. Mais reconnaissons que c'est encore bien caché. Il faut dire que ça manque de peps. Aucun souci sur la bouteille ou la conservation (Julhès travaille très bien). Aucune déviance non plus. Mon sentiment est mitigé, je suis incapable de dire que j'ai aimé ça. Je suis aussi certain qu'on est ici en présence d'un style de vin qui n'est pas à mon goût. 

    Je n'ai goûté qu'une seule bouteille sur un seul millésime, je ne peux pas dire que je n'aime pas la Coulée de Serrant. Je n'ai goûté que cette parcelle, je ne peux pas dire que je n'aime pas les vins de Nicolas Joly. Je peux simplement dire que j'ai été très déçu et au regard du prix, la déception s'accroît. Donc la question dans le titre reste en suspens. 

    Ah bien sûr, on va me dire qu'il faut l'attendre 15 ans. Mais un bon vin, c'est bon jeune et c'est bon vieux.

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  • Joyeux vinniversaire !

    Lorsqu'un blogueur déboule à la maison pour une dégustation et qu'il fête son anniversaire le jour même, on prend le soin de mettre au frais un champagne Drappier Carte d'Or certes, mais millésimé 1995. Elevage de 15 ans (dégorgé en février 2010) qui n'est pas du tout intrusif, le jus est bien vivace. Les réactions ont été très positives parmi les connaisseurs. Déjà à l'époque...

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    Autre bouteille assez inconnue, ce vin blanc du Portugal Mux Branco 2009 du domaine Muxagat Vinhos do Douro. Elle nous a été offerte par Raphaël Gonzalez (Clos des Cîmes) car le producteur portugais fait partie de sa belle association Jeunes vignerons d'Europe. Raphaël m'avait laissé un moyen mnémotechnique pour retenir le nom du cépage : "il suffit de se souvenir de Rabbi Jacob : le cépage, c'est le rabigato". C'est puissant mais enveloppant, pas du tout sucré. Moi, j'ai beaucoup aimé ce blanc ensoleillé pas putassier ni trop amer. Goûté deux jours plus tard, il est assagi, comme un miel sans sucre selon le mot du Bicéphale Buveur qui l'a déjà goûté.

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    Autre blanc que j'aime particulièrement, Les Moyens du Bord, de La Grange Aux Belles. Autour de la table, le débat s'est enflammé sur ce nez de pomme verte caractéristique de pas mal de vins blancs naturels. Moi, j'avoue que cela ne me dérange pas : c'est vif, propre, parfumé et effectivement assez particulier. A 17 euros le magnum chez Morapio y Papeo, c'est un vin de copain des plus sympathiques. Goûté deux jours plus tard, lui aussi s'est calmé sur sa pomme verte mais subsiste le caractère pointu du chenin. Me reste à ouvrir le petit frère en rouge.

    N'oublions pas un côte-roannaise 2005 d'un de mes chouchous, Lapandéry. Tout à la fois croquant et complexe, il n'a pas convaincu que moi... On est totalement dans le vin anti bling-bling. A quand la verticale 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 ? Et d'ailleurs, j'y ajouterai une surprise !

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    Et sinon, côté dégustation proprement dite, y avait ça...

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  • Deux vins de l'Aveyron dégustés sur zone

    Retrouvant quelques proches du côté de Livinhac-le-Haut, dans l'Aveyron, j'ai débouché deux quilles naturelles du coin.

    A ma gauche, Selves de Nicolas Carmarans, déjà bue ici. Envoûtante, légère comme une feuille, alanguie sur l'herbe. Un chenin de l'Aveyron... Si, si, ça existe. Qu'en adviendra-t-il dans quelques mois ou années quand la minime sucrosité aura fondue ? Un délice hors norme, pour sûr.

    A madroite, L'Amusette 2009 de Patrick Rols. La claque du soir, selon l'avis de tout le monde. C'est du chardonnay cette fois, avec un belle oxydation qui fait inévitablement penser aux vins du Jura. Malgré ce qui pourrait être considérer comme un défaut par les (n)oenologues (ils pourraient parler de lourdeur en bouche pour du chardonnay), ici les dégustateurs, pas habitués pour un sou au vin dit naturel, trouvent bien dommage que la petite soeur ne soit pas du voyage. Car c'est absolument superbe.

    Ces deux vins ne ressemblent à rien de connu, c'est aussi pour cela que les dix personnes qui ont partagé de petits verres ont adoré.

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  • Le vin 4x4 s'adapte à tous les terrains

    Selves. Voici le chenin de Nicolas Carmarans, l'ancien boss du Café de la Nouvelle Mairie, haut lieu du nature à Paris. Il ne reste pas beaucoup d'un tout petit poil minuscule de sucre résiduel (SR pour les intimes). Allez, à fond dnas le pléonasme. Rien ou presque : tout cela en fait le partenaire particulier des papilles du dimanche midi. On le boit sans soif à l'apéro, on le boit même sur un parmentier de maquereaux comme ce midi. Sa puissance au nez et en bouche est telle qu'elle s'accorde avec tout de l'entrée au poisson jusqu'au dessert. Bon malheureusement, je n'en avais qu'une. Et même un dernier verre sur la pizza du soir colle parfaitement. C'est dire...

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  • Qui a fumé la mozzarella ?

    Avec Omar, pour la fin de ses examens, nous avons poussé la porte de la Cave de l'Insolite pour un bon grignotage. On s'ouvre l'appétit avec la vivacité du chenin pétillant de Jean-Pierre Robinot (Fêtembulles). C'est droit, peu bullé, flamboyant. Il fait lourd, ça rafraîchit.

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    Giuseppe, le cuistot de Michel, nous sort de je-ne-sais-où une mozzarella entourée de speck. Jusque-là, on est en terrain connu...

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    Et puis quand on soulève le jambon fumé, on s'arrête quelques instants : qu'est-ce que c'est que ce truc ?... Une mozzarella fumée à la paille ! Elle ressemble trait pour trait à celle que nous connaissons mais sa peau est fumée, presque brûlée. Ce n'est pas non plus de la scamorza qui, elle, est séchée puis fumée. Non, c'est autre chose. Dans la bouche, la juxtaposition des goûts est surprenante, du fondant avec un peu de piquant rustique. C'est incroyablement bon, est-il besoin de le préciser ? Pour compléter le côté fumé, on aurait aussi pu penser à ouvrir un vieux pinot noir.

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    Allez, je suis sympa, je redonne l'adresse une énième fois : la Cave de l'Insolite30 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris, 01 53 36 08 33.

  • Le chenin haute couture

    Un dimanche midi avec bien trop de soleil, Les Sables de Stéphane Bernaudeau aident à mieux passer la journée sans penser au lendemain. Achetée la veille chez Augé, c'est une bien belle bouteille, pas encore tout à fait en place mais elle me faisait trop envie. Signe particulier donc : rafraichissante et incroyablement fine. C'est ciselé, du chenin haute couture.

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    Pour être aussi plein et pour l'être déjà, le vin a dû faire sa malo (fermentation malolactique) mais ce n'est pas gênant du tout : une belle part d'acidité résiste, profonde et presque aristocratique. Evidemment, c'est le vin naturel à 200 %...

  • Whisky-chenin

    Le soir de ce déjeuner d'anthologie, il faut bien manger et boire un coup car ce n'est pas tous les jours qu'Omar est de la partie. Après un petit détour chez Augé, notre choix s'est porté sur le Chinon plein de chenin (2005) du domaine Les Roches de Alain et Jérôme Lenoir (22 euros). Un beau vin bien sec, une toute autre approche du chenin que celles des Noëls. C'est ô combien agréable de voir qu'un même raisin bien travaillé entraîne des résultats différents, loin des vins de cépages aseptisés, standardisés, trafiqués que veut nous faire avaler l'industrie du pinard. En fait, la première chose qui arrive en tête après la première gorgée, c'est qu'avec une telle acidité le chinon semble taillé pour la garde : la bouteille a été ouverte bien trop tôt. Les commentaires de dégustations vont s'arrêter là malheureusement, mon palais en ayant vu de belles depuis ce midi. Dernière chose : Omar a tout compris, il cherche l'indication "Contient des sulfites" et ne la trouve pas. Et sourit.

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    Après le repas, un petit Michel Couvreur ne fait jamais de mal. J'ai enfin imité Olivier et acheté le Overaged. Cire noire et bouchon en liège, forcément y a du dégât sur la table. Mais dans le gosier... Cette bouteille, on devrait l'exhiber aux passants que l'on croise au hasard dans les rues pour leur expliquer que le whisky ne brûle pas forcément l'oesophage. D'ailleurs, comme pour le champagne, je n'ai jamais compris le goût de certains à s'enfiler des boissons qui font mal aux tuyaux avant de grignoter le bide : les whiskies de Michel Couvreur comme les champagnes de Drappier, ça ne fait pas mal à la gorge...

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  • Noëls en mars

    Avec un petit tartare de saumon du poissonier star de la rue, Charly pour ne pas le nommer, on ouvre avec Omar ce Noëls de Montbenault 2009 de Richard Leroy. Fort, très fort, 14°. Encore un peu solaire, sans doute aurait-on dû le garder quelques années encore. Là ça déconstruit le palais et entraîne tout sur son passage. On croyait boire un vin de Loire pourtant. Une terrible force, du volume, de la matière mais quel équilibre...

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    Et on a fait n'importe quoi car deux heures après ce fut au tour du sylvaner Rosenberg 2008 de Barmès-Buecher. J'avais peur qu'il soit transparent après les Noëls mais il nous a fait très, très belle figure.
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  • Navine aux maquereaux

    Juste avant de partir au Cambodge, un petit plat. Des maquereaux aux poireaux. Avec un petit coup de Navine, du domaine des Griottes dont j'ai déjà parlé ici, c'est-à-dire il y a quelques notes.

    Le plus rigolo dans le maquereau, c'est de le vider soi-même. Puis on peut en faire une nature morte. Vraiment morte.

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    Oui c'est beurk. Mais c'est moins cher que ces énormes filets sortis de je ne sais où, le goût de la poiscaille y est plus présent et pour finir, vider un poisson n'est pas compliqué. Et le meilleur du maquereau on le retrouve dans l'assiette. Avec un bon coup de moutarde, un mini-zeste de citron, du gros sel, un coup de vinaigre balsamique blanc. Et au four. A table. Avec Navine par-dessus, un régal.

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    Domaine des Griottes, de Patrick Desplats et Sébastien Dervieux http://griottes.over-blog.com/

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