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chinon

  • Versant Vins menacé de fermeture le soir

    Depuis que Versant Vins s'est mué en Versant Faim, c'est-à-dire depuis qu'on peut aussi manger chez Jeanne-la-caviste-qu'aime-bien-la-Loire-mais-pas-que, le lieu était autorisé à ouvrir le jeudi soir. Comme tous les autres commerçants d'à côté d'ailleurs. Ah oui, au fait : Versant Faim est situé dans un marché, le marché des Enfants Rouges qui accessoirement détient le dimanche le record parisien du nombre de jolies filles au mètre carré, ai-je déjà écrit. Et qui dit marché, dit horaires de marché. Fermé le lundi, mais fermé le soir aussi. Seule exception, le jeudi : ouverture jusqu'à 23h.

    La semaine dernière au menu, c'était le chèvre du beau-frère de la patronne avec un coup de chinon blanc 2002 d'Alain et Jérôme Lenoir. Rien que ça.

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    Le 20 juin dernier, c'était burger.

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    Donc tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf qu'à cause d'un voisin indélicat, cette ouverture est désormais remise en cause par la mairie. Pourtant si une brebis est galeuse, on n'abat pas tout le troupeau pour autant ! Alors que l'été arrive, que tous les commerçants du marché le demandent, que les emplois des uns le nécessitent, que la bonne humeur des autres le commande, il ne faut pas mettre en péril une affaire qui roule.

    Pour le prouver à tout le monde, le mieux est encore de se pointer demain soir, jeudi 11 juillet, chez Versant Faim pour boire le canon. On ne devrait pas repartir le gosier à sec. 

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    Versant Vins/Versant Faim, dans le marché des Enfants-Rouges, 39 rue de Bretagne, 75 003 Paris, 01 42 72 34 85.

  • L'Auberge Flora, un peu décevante

    Pas trop loin de ma casa, Flora Mikula (ex-Les Saveurs de Flora) a ouvert son hôtel-restaurant-auberge. L'Auberge Flora donc. Pour faire complètement provincial, manque le côté bar-tabac-pompe-à-essence-dépôt-de-pain. Tiens, c'est une idée. J'y ai donc mis les pieds l'autre samedi midi, chez cette chef assez médiatique, un peu lorraine, un peu polonaise, sympathique donc.

    A deux, on a mangé comme quatre. Notons qu'officiellement, le week-end, c'est brunch. Dans les faits, c'est un vrai menu (28 euros) avec plein de trucs à grignoter, un poulet rôti décevant et des desserts bien vus. Résultat ? Forcément un peu mitigé. 

    On commence par un verre de cidre Ecusson Rosé, un truc de supermarché (compris dans le prix). J'ai bien tenté de le faire remplacer par un verre de bière industrielle, mais non. Il faut dire que ce jour-là c'était début de canicule, alors je l'ai bu. Et ça m'a un peu changé. Mais franchement, c'est à l'image d'une carte des vins (et des bières, et des cidres) qui ne casse pas trois pattes à un canard, hormis un joli chinon de Nicolas Réau. Bref, ami buveur de vins comme on les aime, passe ton chemin.

    Arrive un peu de charcuterie fort bonne (finocchio et mortadelle), un peu superflue par rapport à ce qui va suivre.

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    Voici l'immense plateau de tapas maison. Il se monte à trois étages auxquels on ajoute quelques mini-assiettes autour. Je sais bien que c'est la mode des tapas dans le quartier mais ceux-là ne partent pas en quenouille et tout est fait maison. Rillettes de lapin aux fleurs de câpres et citron confit, houmous, tarama, terrine de queue de boeuf au foie gras, gaspacho, légumes à la grecque...

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    Faut avouer que ça part dans tous les sens et qu'il y en a bien trop (on ne va pas s'en plaindre, tant les portions deviennent de plus en plus chiches ailleurs). Faut aussi avouer que c'est assez réussi mais on est un peu perdu ; où le chef veut-il en venir ? Un midi d'automne avec des degrés en moins et des potes en plus, là je dis pas.

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    Question plat, le poulet rôti au thym est un peu aux abonnés absents et les pommes de terre, pas mieux. Sec, bizarrement grillé, pas forcément heureux d'être là parmi nous. Un peu à l'image de mon estomac, car à force d'être gavé d'entrées, il a du mal à suivre.

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    Et j'en remets une couche sur la chaleur qui incite plus à la vulgaire tomate-mozza, magnifique quand elle est bien réussie. Bref, ce poulet, non.

    Reste toujours une place pour les desserts, surtout quand ils sont joliment troussés. Je vais chipoter, dire qu'ils s'avèrent un poil trop régressif. Mais les fruits avaient le goût de fruits et désaltéraient bien l'homme. A nouveau, parions que la crème chocolat-violette fera un tabac... en automne !

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    Je suis donc plutôt mitigé sur notre affaire du jour. On n'est pas trop bê-bête, on sait bien qu'il faut laisser à une adresse le temps de s'installer et au soleil celui d'abandonner ses rayons trop puissants. Et revenir hors week-end. Mais cela n'aura sans doute pas d'effet sur la carte des boissons, c'est vraiment dommage.

    L'Auberge Flora, 44 boulevard Richard-Lenoir, 75 011 Paris, 01 47 00 52 77.

  • Rouen : l'hôtel de Dieppe sans son canard

    Même Walt Disney est venu ici. En témoigne ce Donald pestant contre le fait qu'on sert ici un plat mythique, le canard à la rouennaise (c'est-à-dire à la presse, c'est-à-dire au sang, à l'image de celui de La Tour d'Argent).

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    Trente-neuf euros par convive, à condition de le commander : le canard à la rouennaise, ce ne sera pas pour aujourd'hui. A n'en pas douter, on passe à côté de quelque chose. Mais on y reviendra un beau jour. Ce midi, "petit" menu à 33 euros. EPD comme on dit dans le métier. D'abord, le traditionnel amuse-bouche, un gazpacho de betterave et sa mousse de chaipakoi. Très bien foutu.

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    En entrée, avec le fameux chablis de la coopérative La Chablisienne (en demi-bouteille, totalement passe-partout, malgré la bonne réputation de cette cave), un foie gras maison tout à fait appréciable en ce 14 juillet automnal.

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    Sandre en papillote aux artichauts, encore une fois bien réalisé. Avec une jolie idée : utiliser un papier transparent. Avant, après.

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    En vin, comme tous les autres avaient de la viande, on est parti sur un rouge. Léger, pour qu'il aille avec mes légumes. Le chinon de Couly-Dutheil. Pas mauvais, mais très classique.

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    Un très joli dessert, vraiment bien foutu : tarte rhubarbe-fraises. Rien de très original mais assez bon. Un peu à l'image du restaurant en fait.

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    Reste le fait qu'il faudra revenir pour tester le matos spécial coin-coin.

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    Hôtel de Dieppe, Restaurant les 4 SaisonsPlace Bernard Tissot, 76 000 Rouen, face à la gare, 02 35 71 96 00.

  • Whisky-chenin

    Le soir de ce déjeuner d'anthologie, il faut bien manger et boire un coup car ce n'est pas tous les jours qu'Omar est de la partie. Après un petit détour chez Augé, notre choix s'est porté sur le Chinon plein de chenin (2005) du domaine Les Roches de Alain et Jérôme Lenoir (22 euros). Un beau vin bien sec, une toute autre approche du chenin que celles des Noëls. C'est ô combien agréable de voir qu'un même raisin bien travaillé entraîne des résultats différents, loin des vins de cépages aseptisés, standardisés, trafiqués que veut nous faire avaler l'industrie du pinard. En fait, la première chose qui arrive en tête après la première gorgée, c'est qu'avec une telle acidité le chinon semble taillé pour la garde : la bouteille a été ouverte bien trop tôt. Les commentaires de dégustations vont s'arrêter là malheureusement, mon palais en ayant vu de belles depuis ce midi. Dernière chose : Omar a tout compris, il cherche l'indication "Contient des sulfites" et ne la trouve pas. Et sourit.

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    Après le repas, un petit Michel Couvreur ne fait jamais de mal. J'ai enfin imité Olivier et acheté le Overaged. Cire noire et bouchon en liège, forcément y a du dégât sur la table. Mais dans le gosier... Cette bouteille, on devrait l'exhiber aux passants que l'on croise au hasard dans les rues pour leur expliquer que le whisky ne brûle pas forcément l'oesophage. D'ailleurs, comme pour le champagne, je n'ai jamais compris le goût de certains à s'enfiler des boissons qui font mal aux tuyaux avant de grignoter le bide : les whiskies de Michel Couvreur comme les champagnes de Drappier, ça ne fait pas mal à la gorge...

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  • Vous n'aurez pas l'Alsace et la Loire

    Olivier arrive avec du bellota, une mixture tomate-huile d'olive et d'autres cochonailles. J'ai sorti les plus belles quilles de Loire. Plutôt celles qu'on voulait goûter depuis quelques semaines.

    Un Vouvray à bulles, méthode traditionnelle , du Clos Naudin de Philippe Foreau. Notre Bible commune à Olivier et moi, à savoir le supplément Vins de l'hebdomadaire Marianne, disait qu'il est le vrai rival des vins de Champagne. Et effectivement, à l'aveugle je défie quiconque de dire qu'un Mercier, un Nicolas Feuillatte ou un autre de ces champagnes bas de gamme est meilleur que ces bulles là. A 14 euros chez Lavinia, la vie est parfois si évidente.

    Et chez le même dealer, une éclaircie dans le ciel de l'hiver eut lieu récemment : l'arrivée d'une cargaison de chinons du domaine des Roches, le fameux vin des Lenoir. Avec des millésimes assez vieux. J'ai vu des 1989 et 1990. Là j'ai pris un 1992, à 17 euros. Prix risible. Le chinon de garde existe, nous l'avons rencontré. Parfumé, bourgognisé et encore très tendu. Un vin qui me fait désormais saliver. Ce qu'on appelle un grand cru.

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    Pour taper dans mon gâteau pommes-poires "à l'ancienne" volé à Bruno Doucet de La Régalade, j'ai sorti un blanc de noirs 2001 de chez Binner que l'on a bu trop vite. Un nectar de la treille dont j'ai déjà parlé ici. Plus jamais en fin de repas, on ne le savoure pas. Pas non plus en début de repas, ses sucres résiduels écraseraient trop la bouche pour la suite. Une seule solution : boire ses arômes de fruits blancs pour lui-même.

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  • L'importance d'aller chez Constant

    Christian Constant est le vrai pape de la gastronomie française. On en entend relativement peu parler. Pourtant c'est le parrain de tous, de Camdeborde, de Faucher, de Jégo. Près du Champ-de-Mars et de la Tour Eiffel, il a acheté tout un bout de trottoir, dans le fond de la rue Saint-Dominique. Se succèdent son étoilé Le Violon d'Ingres, Les Cocottes (qui a donné lieu a l'un des premiers billets de ce blog) et ce qui nous intéresse aujourd'hui, le Café Constant, son bistro.

    Pas de surprise en fait, sauf que le patron était là pour superviser les choses et pour casser la graine ensuite. Sympathique un dimanche juste avant les fêtes, il aurait pu se la couler douce en attendant que la caisse se remplisse.

    Pas de surprise donc. Les oeufs mimosa sont mythiques (11 euros), la caille au foie gras appropriée (16) et les profiteroles grandioses (7). Avec là dessus, un chinon 1997 du domaine Lenoir. J'en avais aussi parlé dans un post disant que ça ne m'avait pas fait forte impression. Ici ce fut terrible, sans doute parce qu'on avait laissé au vin le temps de prendre de la bouteille avant de le mettre dedans. Un glouglou génial. Comment peut-on produire ce gens de trucs à Chinon ? Je n'ai pas la culture des vins de Loire mais commence à tourner casaque au fur à mesure des boutanches dégoupillées.

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    On pourra faire deux objections assez recevables : la cuisine est ce qu'il y a de plus soignée mais un peu grasse et le prix notamment des entrées un chouia élevé. Je répondrai oui tout à fait. C'est une cuisine du Sud-Ouest, on n'est pas là pour manger de la salade. Et allez grignoter deux tapas dans n'importe quelle brasserie merdique de ce quartier de Rachida et regardez l'addition. A ce niveau de prix et de cuisine, c'est une affaire.

    Café Constant, 139 Rue Saint-Dominique, 75 007 Paris, 09 75 82 08 07.

     

  • Deux autres tests, mais pas dans le coup

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    Avant de partir une semaine en Algérie, j'ai fait des réserves. Une cuvée "Glaneurs" 2008 des Foulards Rouges, alors que je cherchais le "Glaneuses". Et le Chinon rouge 2007, un peu jeune, des Lenoir, dont on me parle tellement. Dans les deux cas, je n'ai pas été subjugué sur le moment. Pensais-je trop à la ville blanche pour boire du rouge ? La vie est dure, mais il va falloir essayer à nouveau.

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