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  • Un resto exceptionnel en Palestine : Hosh Jasmin

    La Palestine n'est pas forcément le pays où on mange le mieux sur Terre. D'ailleurs, ce n'est même pas un pays. Et Dieu, s'il existe, sait combien j'y ai fait de restos. Ici plus qu'ailleurs, il faut choisir ses adresses. Aucune n'égale Hosh Jasmin, à côté de Bethléem (mais bien planqué).

    Houmous, taboulé, salade.

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    Boulettes de viande au tahiné chaud.

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    Msakhan : plat traditionnel palestinien (pain au four, oignons au sumac, poulet mariné).

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     Toutes les descriptions du monde ne valent pas un voyage sur place.

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    Hosh Jasmin, Beit Jala. Pas facile de trouver la première fois : en venant d'Hébron, prendre la direction Gilo. En haut de la côte, le centre de Beit Jala se trouve à droite mais prenez à gauche vers Jérusalem. C'est dans la rue qui descend face au supermarché Ricardo. Vu la proximité de la colonie de Gilo, le lieu se trouve en zone C, sous total contrôle israélien. Ce qui explique que Hosh Jasmin se fait régulièrement raser... Encore une fois, pour comprendre la chose, rien ne vaut un voyage sur place.

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    *** 

    ENGLISH VERSION A amazing restaurant in West Bank : Hosh Jasmin

    West Bank is not the best country for food. Actually it's not even a country... And God, if he exists, knows how many restaurants I have tried. Here more than elsewhere, you have to choose the places. Nothing better than Hosh Jasmin next to Bethlehem (but really hidden).

    Humus, tabuleh, salad. 

    Meatballs in hot tahini.

    Traditionnal Palestinian Msakhan : bread, onions wwith sumac, chicken. 

    All notes are not worth a trip there.

    Hosh Jasmin, Beit Jala. Not easy to find : coming from Hebron, take the Gilo direction. At top of the road, see Beit Jala downtown to the right but turn left towards Jerusalem. You'll find the place in the street that goes down from Ricardo supermarket. Given the proximity of the Gilo settlement, the place is in Area C, under full Israeli control. This explains why Hosh Jasmin is regularly destroyed... One more time nothing beats a trip there to understand the situation.

  • La Cisjordanie, terre de bières et de vins : la réussite de Taybeh

    “Nous n’avons peut-être pas de pays mais nous avons notre propre bière”. Nadim Khoury, avec son frère David, est à l’origine du plus beau succès culinaire de Cisjordanie : la bière Taybeh.

    Tout commence dans une période d'euphorie, du genre "on est tous frères", "la paix ne va pas tarder"... En 1993, après les accords d’Oslo, les investissements affluent au profit des arabes palestiniens. La famille Khoury, exilée depuis 30 ans aux Etats-Unis, décide de revenir à Taybeh (qui signifie “délicieux” en arabe), un des derniers villages chrétiens de Cisjordanie, à 30 kilomètres au nord de Jérusalem.

    Sur la terre de leurs ancêtres, ils montent une brasserie et se mettent à produire une blonde non pasteurisée, sans cochonnerie ajoutée et qui dépasse en termes de goût toutes les pisses d’âne des pays environnants. Aujourd’hui, c’est Madees, la fille de Nadim, qui oeuvre. Elle est la seule femme brasseur de tout le Moyen-Orient...

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    Taybeh produit chaque année 6 000 hectolitres de bière quand une usine alsacienne de Kronenbourg en sort 30 000... par jour ! La production est bio sans être certifiée, houblons et céréales viennent en majorité de l'étranger. Madees explique ensuite un processus ultra simple : "21 jours de de fermentation, pas de conservateurs... Et on boit". 

    L'unité de production tient sous un petit hangar. Taybeh répond surtout à la demande : la bière arrive très souvent dans le verre du consommateur alors qu'elle vient d'être brassée.  

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    La Taybeh blonde donc, le premier carton culinaire palestinien, est désormais disponible dans pas mal d'endroits de Ramallah et de Jérusalem. Madees explique que le logo représente les deux cuves de la brasserie... et le soleil leur fait espérer un avenir meilleur sur les collines de Cisjordanie.

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    Chaque année, la gamme s’étoffe : on peut désormais dégoupiller des bières de type porter, ambrée, light... Mon désir se porte surtout sur cette blanche extra, faite à partir de blé palestinien, d’épices (coriandre) et de zestes d’orange. C'est la première fois que les ingrédients sont presque exclusivement palestiniens.

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    A noter aussi, une réjouissante bière sans alcool qui a demandé beaucoup de travail. Taybeh voulait être sûr qu'elle titre bien 0.0 % d'alcool. La Cisjordanie est dans une écrasante majorité musulmane, il fallait que la boisson halal soit sans reproche. C'est vrai, la famille Khoury ne pouvait pas se couper des gros marchés que représentent des villes conservatrices comme Hébron et Naplouse, où la vente d'alcool est interdite. Mais Madees tempère. "La bière sans alcool, c'est pour les musulmans mais aussi pour les femmes enceintes, les conducteurs ou les enfants ! C'est une boisson rafraîchissante bien meilleure que le Coca-Cola".

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    Les chantiers en cours ? Peut-être une IPA à venir (amis de l'amer, réjouissez-vous !) et des bières de saison. A suivre.

    Plus haut dans le village, la famille Khoury a fait des investissements pour se lancer dans le vin.  

    “Il y a encore des moines qui font du vin en Palestine, à Crémisan près de Bethléem. Mais la guerre de 1967 et la construction du mur de séparation les a quasi intégrés du côté israélien” explique-t-on à Taybeh. “On fait donc du vin en Palestine parce qu’il n’y avait plus de vin en Palestine”.

    Canaan Khoury, le frère de Madees, diplômé d'Harvard, s'occupe de la Taybeh Winery. Le premier millésime (2013) a vu s'écouler 25 000 bouteilles. Aidée par un œnologue italien qui a mis en place un chai tout neuf, à la limite du clinique, l'entreprise part sur de bons rails. Lors de notre visite au début de l'été, les caves en inox et quelques fûts de chêne français attendaient le raisin encore sur ceps.

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    Les 6 cuvées mono-cépages portent le nom de Nadim, le père. Mais Nadim signifie aussi en arabe "le copain avec qui l'on boit". Se déclinent syrah, cabernet-sauvignon, merlot pour les rouges et sauvignon, zeini pour les blancs.

    Taybeh possède ses propres vignes et achète du raisin, notamment du côté d'Hébron pour les blancs. Travailler un cépage autochtone blanc, le zeini, s'avère forcément très intéressant. Le souci, c'est que les paysans palestiniens veillent encore sur le raisin comme s'il était destiné à la table. Résultat, il est souvent cueilli trop vert. Normal. Le vin n'est pas du tout leur culture. Mais tout se met en place progressivement.

    La dégustation des différents "Nadim" nous remplit d'aise. Bien entendu, il ne s'agit pas (pour l'instant) de grands crus. Mais par rapport à l'autre vin de Palestine, celui des moines de Crémisan, dont le vignoble est disputé entre Israël et Palestine, il ne joue pas dans la même catégorie.

    Le seul vin indiscutablement 100 % palestinien transforme ses premiers essais. Les rouges câlinent bien plus qu'ils ne dessoudent l’œsophage (comme trop souvent à Crémisan). La cuvée "réserve" de cabernet-sauvignon mérite une mention particulière tant elle évoque de jolis vins méditerranéens. A plus forte raison pour un cépage qui ne fait pas partie de nos favoris. Plus généralement, le cab'-sauv' du domaine est une vraie réussite : pour en avoir débouché une petite dizaine durant quelques semaines auprès d'amateurs ou de néophytes, j'ai remarqué que tout le monde adhère. Les blancs sont plus passe-partout mais encore une fois, ce n'est que le début.

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    Soyons francs, un point négatif. J'ai ressenti, sans que la chose soit clairement énoncée, qu'on veut tout de suite faire trop bien. Ni Rome, ni les climats de Bourgogne salués par l'Unesco, ne se sont faits en un jour. A Taybeh, on veut axer sur la qualité avant tout et je le comprends. Alors on reste un peu sage lors de la vinification. Mais le goûteur que je suis voudrait aussi savoir ce que la Cisjordanie viticole a dans le ventre, ce qu'elle a à exprimer. Pour ce faire, on aimerait parfois que le raisin soit un peu plus libre, c'est-à-dire que des doses de soufre sans doute trop élevées arrêtent de l'emprisonner - notamment en ce qui concerne les blancs. Le temps fera son affaire, j'en suis convaincu.

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    On peut raconter ce qu'on veut, la bière, le vin, le soufre, tout ça... L'important, c'est que ce soit bon et que ce soit un prétexte pour parler d'autre chose. On l'a souligné ailleurs, la bière est un révélateur du conflit israélo-palestinien à Jérusalem. Pis, et on l'a déjà dit aussi, boire une bière en Israël ou en Palestine est un choix politique. Taybeh raconte l'itinéraire d'une famille, une réussite palestinienne et sur le terrain, un quotidien extraordinairement complexe. Peut-être malgré elle, la marque Taybeh est devenue le symbole d'une forme de résistance politique, chrétienne, populaire, pinardière (rayez la mention inutile).

    Les problèmes auxquels fait face Taybeh sont innombrables. Il y a ceux que l'on retrouve chez tout artisan : les certifications, l'inertie des services publics, les taxes... On les connait en France, imaginons-les en Cisjordanie. L'acheminement des matières premières importées se fait depuis les ports israéliens : au passage du mur entre Israël et Cisjordanie, les Israéliens mettent la pression sur le conducteur, car ils sont palestiniens. La bière n’est pas destinée qu’aux seuls chrétiens. En consomment aussi des musulmans peu pratiquants, ou des Israéliens festoyant à Tel-Aviv. Aujourd'hui la bière Taybeh est synonyme de réussite en Israël et en Palestine. Mais certains distributeurs israéliens ne veulent pas en entendre parler parce qu'il s'agit d'un produit palestinien.

    La problématique de l'eau mériterait une étude approfondie. L'eau, c'est l'ingrédient principal de la bière et elle demeure forcément une ressource rare dans une région désertique. “Mais elle est aussi contrôlée par les Israéliens qui n’en donnent que 20 % aux Palestiniens et se gardent le reste. Alors que les colons de Cisjordanie disposent de l’eau courante tout le temps, les Palestiniens, connaissent des pénuries d’eau. Alors, nous récupérons notre eau dans une source baptisée Samia, à 3 kilomètres”.

    La communication a aussi constitué un écueil. Alors que la France triture la loi Evin pour savoir dans quel sens la prendre, la loi jordanienne qui a toujours cours en Cisjordanie interdit carrément de faire de la publicité pour l'alcool. Okay... "Tout passe par le bouche à oreille". Pour faire connaitre leurs produits sur une plus large échelle, les Khoury ont copié l’Oktoberfest allemande et rassemblent 15 000 personnes lors d'une simple fête communale... quand les touristes n’ont pas peur de venir. Et ça marche ! Taybeh est désormais connue jusqu’au Japon, aux Etats-Unis ou en Suède mais ce n’est pas chose aisée.

    L’exportation n’est pas impossible, mais elle est difficile" conclut Madees. "Comme nous n’avons pas de réelles frontières avec d’autres pays, nous sommes obligés de passer par Israël, par les ports d’Ashdod ou de Haïfa. Et transporter nos bières là-bas, à une centaine de kilomètres, revient à exporter dans un autre pays puisque nos frontières commerciales sont contrôlées à 100 % par les Israéliens. Sans compter que le trajet Taybeh-Ashdod coûte deux fois plus cher que Ashdod-Göteborg !P5154938.JPG

    C'est toujours quand la résignation semble l'emporter qu'un sentiment plus fort prend le dessus. "On pourrait écrire un livre rien que sur nos problèmes. Ce n'est pas facile de vivre ici, de travailler ici, encore moins de faire de la bière... mais ce n'est pas impossible". La vie avant tout, même sur les terres arides.

    Taybeh compagny, district de Ramallah District, Cisjordanie, + 972 2 289 8868. Et retrouvez Madees dans l'ouvrage Tronches de Vin 2 (éditions de l'Epure).

    *** 

    ENGLISH VERSION Beers and wines in West Bank : a success story in Taybeh

    "We have no country but we have our own beer." Nadim Khoury, with his brother David, is the founder of the West Bank finest culinary success : Taybeh beer.

    Everything started in a period of euphoria. In 1993, after the Oslo agreements, investment flowed to the benefit of the Palestinian Arabs. The Khoury family, exiled for 30 years in the US, decided to return to Taybeh (which means "delicious" in Arabic), one of the last Christian villages in the West Bank (territory occupied by Israel since 1967 according to the UN), 30 kilometers north of Jerusalem.

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  • Jérusalem : des pois chiches au cumin... sucrés !

    Laissons tremper les pois chiches une nuit. Puis dans l'eau frémissante autour d'une heure, tout dépend de la variété. Gardons les encore un peu croquants. Laissons la peau, ajoutons  du cumin et du sucre. C'est la friandise d'un de nos cuisiniers palestiniens pour le goûter.

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    ENGLISH VERSION Sweet chickpeas with cumin in Jerusalem

    Let soak the chickpeas overnight. Cook them around an hour in large amount of water, time depending on chickpeas variety. Keep them still a bit crunchy. Don't remove the skins, add cumin and salt. This is the magic treat of one of our Palestinian chefs.

  • Aujourd'hui, le mur de séparation israélien empêcherait la naissance de Jésus à Bethléem

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    En ce 25 décembre 2013, Marie accoucherait sans doute au checkpoint de Gilo300, entre Jérusalem et Bethléem.

    Venue de Nazareth (dans le nord d'Israël) avec Joseph, la Vierge se verrait aujourd'hui arrêtée par le mur qui sépare Israël de la Palestine. L'artiste britannique Banksy a affolé les réseaux sociaux avec sa carte de vœux qui illustre bien l'affaire.

    Plus réelle est cette crèche en bois d'olivier imaginée par la famille Anastas qu'elle vend dans son magasin de souvenirs, à Bethléem. L'image s'avère forcément traditionnelle mais l'idée géniale, c'est d'ajouter un mur de séparation amovible qui sépare (ou non) le petit Jésus des Rois Mages. 

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    Il faut dire que Johnny et Claire Anastas vivent dans une maison entourée des trois côtés par le mur de séparation. Forcément, ça donne des idées.

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    Israël désire ardemment "protéger" la Tombe de Rachel. D'où ce dédale. Chez les Anastas, l'accueil est souriant malgré tout. Quel meilleur endroit pour parler des conséquences de l'occupation sur le quotidien des Palestiniens ? Ici, on fait aussi chambres d'hôtes. Pour y accéder, c'est toujours tout droit par rapport à la sortie "piétons" du checkpoint.

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    Joyeux Noël quand même.

  • Naplouse : une pizza dans un camp de réfugiés palestiniens

    Après la guerre qui fit suite à la création de l'Etat d'Israël en 1948, des milliers de Palestiniens ont fui les villes et les villages de l'ouest du pays. Pour les pays limitrophes notamment mais aussi pour ce qui allait devenir la Cisjordanie. Pour les accueillir, on construisit des camps de réfugiés, forcément temporaires. Le camp que nous visitons aujourd'hui, celui de Balata, a été établi en 1950. Le temporaire dure, c'est un peu un leitmotiv dans le coin. D'abord situé en lointaine périphérie de Naplouse, il a depuis été rattrapé par l'urbanisation galopante.

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    Aujourd'hui, c'est un quartier de la ville comme un autre, à ceci près que les habitants n'en sortent que très peu. Et que la densité de population est l'une des plus élevée au monde : sur un quart de kilomètre carré, se concentrent près de 25 000 habitants. Foin des quelques tentes bien alignées, on a construit en dur. Et génération après génération, on ajoute un étage à des bâtiments déjà extrêmement précaires. 

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    Libération ouvrait ainsi son article en 2008. "Balata est l'un des rares endroits en Cisjordanie, où l'on peut croire que la deuxième Intifada bat encore son plein". Même lorsqu'elle est terminée depuis longtemps partout ailleurs. Pendant plus d'une heure et demi, le directeur du centre social du camp témoigne auprès de nous dans son bureau. Rien n'est facile à entendre. Son désarroi, son abandon, son impression de se battre contre des moulins à vent, son pessimisme sur la question de l'impossible droit des réfugiés au retour. "Ce qui se passe de mauvais en Cisjordanie, se passe d'abord à Balata." Aucune parole, aucun article, aucun documentaire ne pourra rendre compte de la tristesse de ce témoignage. Ni de l'effroi qui nous saisit lorsque nous visitons le camp. Deux rues principales puis rien que des murs.

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    C'est l'ONU (via l'UNRWA, l'agence spécialement dédiée aux réfugiés palestiniens) qui gère le camp, l'approvisionnement en eau, les écoles... La mairie de Naplouse aide aussi autant qu'elle peut. Mais comme partout les budgets baissent.

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    Même si Naplouse est autour et qu'il n'y a pas de barrière physique pour s'y rendre, il s'agit en réalité de deux mondes bien distincts. Une sorte de ghetto dans une ville déjà peu épargnée par l'histoire récente. Il est rare qu'un habitant quitte le camp pour un autre lieu, même si tout est possible. On naît réfugié, on se marie réfugié, on a des enfants réfugié, on vieillit réfugié. Au quotidien, on subit un chômage chronique sans commune mesure avec ce que l'on connait en Europe.

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    En conséquence, la population soufre de beaucoup de problèmes psychiques voire psychiatriques. La violence domestique, la prostitution (texto : "on n'avait jamais vu une fille de 13 ans sucer des bites pour de l'argent dans notre région très conservatrice..."), les trafics en tout genre polluent les rues.

    Et pourtant, à la sortie de l'école, les enfants baragouinent deux mots d'anglais ou de français, demandent ce que nous faisons là, tiennent à saluer les étrangers. Comme pour dire qu'on est vivant. 

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    Je pensais auparavant qu'Hébron était l'enfer sur terre. Maintenant, je miserais sans mal sur Balata en premier lieu. Et puis, au milieu de la misère, surgit un four à pizza. Un semblant de vie normale, comme partout dans le monde.

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    Certes, elles auraient du mal à gagner un prix du Fooding. Mais comme le vin des Samaritains, comme le vin des moines de Crémisan, comme la bière de Taybeh, comme l'arak de Bethléem, l'important c'est surtout que cette pizza existe.

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    Pas de tomate du Vésuve, ni de mozza di bufala. Juste une jolie pâte, une belle cuisson.

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    ...et un résultat final qui ferait frémir plus d'un pizzaiolo parisien qui n'a pas honte de vendre des cochonneries surgelées à 10 euros pièce. Ici le mélange zaatar-fromage est un délice. Un euro pièce.

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    Assis, mastiquant son bout de pizza, on se demande si on n'a pas mieux à faire que tenir un blog qui parle de choses aussi futiles que le vin naturel ou le dernier resto à la mode. 

  • Naplouse : la recette du knaffeh expliquée pas à pas

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    Qu'on l'appelle kenafeh, kanafe, kneffeh, künefe... Qu'on y mette des "a", des "e", un seul ou plusieurs "f"... Qu'on le mange au Liban, en Syrie, en Palestine... On parle à chaque fois du même dessert. Un genre de mozzarella chaude avec de la semoule par-dessus, le tout sucré. C'est la grande douceur de Naplouse qui en est la capitale palestinienne. Dans la vieille ville, ce sont les hommes de la famille Shantir (pâtisserie Al-Aqsa, près de la mosquée An-Nasir) qui sont considérés comme les Pierre Hermé du knaffeh. Ils nous expliquent la recette.

    D'abord, on beurre une grande plaque qui va sur le feu. 

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    On étend une belle couche de semoule.

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    On ajoute le fromage. Ici c'est de du chèvre préalablement dessalé. Il donne un goût très caractéristique, bien plus prononcé qu'un "vulgaire" fromage de vache.

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    On le chauffe sur le gaz à feu vif.

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    Au cour de la la cuisson, on le badigeonne de sirop ce qui évite d'obtenir une consistance trop sèche.

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    C'est prêt.

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    La petite assiette ne vaut même pas un euro.

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    Les magnifiques couleurs tendant sur le jaune-orangé, son goût fort, son sucre envoûtant tranchent avec tout ce qu'on a goûté dans la région, notamment avec le knaffeh pourtant réputé que l'on trouve dans la vieille ville de Jérusalem (Jaffar's Pastry, Rue Khan el Zeit près de la porte de Damas).

    Dans la capitale palestinienne, les couleurs font moins envie, l'ensemble est bien plus fade, ça sent le chimique. Mais cela reste un pis aller : on ne peut pas faire le chemin à Naplouse tous les jours.

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  • Naplouse : le célèbre magasin d'épices survit

    On se faufile dans les ruelles de la vieille ville de Naplouse pour tomber sur cette caverne d'Ali Baba. Le cliché littéraire correspond totalement à la réalité. Rappelons-nous qu'on a découvert l'Inde pour ses épices, que le poivre était synonyme de très grande richesse, que Venise en a bien profité... Cette boutique devrait faire la fortune de la famille Braik installée ici depuis 1936.

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    Et à Jérusalem ou à Bethléem, ce magasin croulerait sous les groupes de visiteurs. A Naplouse, l'affaire n'est évidemment pas gagnée d'avance, les touristes n'étant pas légion.

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    Pourtant, les épices y sont à proprement parler extraordinaires quand on les compare avec celles des échoppes de Jérusalem ou de Bethléem justement. Comme toute maison qui se respecte, le zaatar est mélangé (thym, sumac, sésame) selon une recette familiale. Le sumac est incroyablement odorant... Toutes viennent de Cisjordanie, pas de Chine ni de Turquie.

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  • Hébron : un repas dans une famille palestinienne vivant sous la menace des colons

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    Hébron, 400 colons israéliens protégés par près de 2 000 militaires israéliens pourrissent la vie de 180 000 habitants palestiniens. C'est la seule ville de Cisjordanie à voir coexister colons et Palestiniens en son centre ville. C'est ce qui fait d'Hébron une situation tout à fait particulière et un baril de poudre qui explose régulièrement.

    La présence juive ici est multiséculaire. Mais deux événements ont marqué l'histoire récente. D'abord le massacre de juifs par des Arabes en 1929. Chassés d'Hébron, ils reviennent après la guerre de 1967. Puis en 1994, un fanatique religieux, Baruch Goldstein, ouvre le feu à la mosquée et tue 29 personnes. Sur sa tombe est écrit "ci-gît un saint, le Dr. Baruch Kappel Goldstein. Bénie soit la mémoire d'un homme juste et saint, que Dieu venge son sang, à celui qui dévoua son âme aux Juifs, au judaïsme et au pays juif." Ambiance.

    Désormais la colonisation s'étend. La tension est quotidienne. Et là, on ne rigole plus. De plus, depuis près de 15 ans, la vieille ville d'Hébron est coupée en deux parties : la majorité sous contrôle palestinien ("zone H1" là où vit l'essentiel de la population arabe) et le centre ville sous contrôle israélien ("zone H2", où vivent les colons avec les Palestiniens comme voisins immédiats - en mauve sur la carte). Voies de circulation séparées, boutiques palestiniennes fermées par mesures de sécurité, incursions récurrentes de l'armée, ripostes palestiniennes souvent graves... on appelle ça de l'apartheid. Ou la guerre. 

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    (source B'Tselem - cliquer pour agrandir)

    On aura beau montrer toutes les cartes que l'on veut, il n'y a qu'une visite sur place qui fera comprendre les choses. La partie la plus sensible est donc la "zone H2". La rue Al-Shuhada, ancien marché aux fruits et légumes de la ville, est aujourd'hui fermée au commerce et à la circulation pour la Palestiniens. Il faut bien que les colons rentrent chez eux. C'est un centre-ville fantôme.

    Partout ailleurs, les colons se sont installés sur les hauteurs. Soit à l'étage des habitations et ils lancent tous les détritus imaginables sur la rue palestinienne...

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    ...soit il s'agit de colonies sauvages (interdites par le gouvernement mais régulièrement régularisées) construites sur les collines. Ainsi la maison de Hashem Azzeh se tient juste en-dessous des caravanes des colons extrémistes de Tel Rumeida. Qu'ils viennent des Etats-Unis ou d'autres pays comme la France, les colons juifs nationalistes d'Hébron n'ont rien de commun avec les habitants d'Israël, juifs ou non. Le problème, c'est l'impunité que leur accorde le gouvernement et la protection que l'armée leur apporte. Bref, un quasi soutien étatique.

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    Il pose devant l'entrée "traditionnelle" de sa maison aujourd'hui bouchée par des hautes herbes, des détritus, des barbelés. Depuis quelques années, il est assigné à résidence parce qu'il parle à des journalistes ou à des groupes qui se frottent à une visite alternative d'Hébron. La conversation enchaîne sur le quotidien. Impossibilité de sortir de chez soi, agressions quotidiennes des autres membres de la famille par les colons (sa femme a perdu un enfant), difficultés pour entrer et sortir de la "zone H2", pour circuler en Palestine, l'importance des observateurs internationaux présents "temporairement" à Hébron...depuis les années 1990, et j'en passe.

    Le harcèlement de la part des colons en "zone H2" a été révélé à Israël et au monde à travers notamment deux vidéos filmées par les victimes elles-mêmes. Des O.N.G. israéliennes ont maintenant l'habitude de fournir des caméras aux Palestiniens pour filmer leur quotidien. Sur la première, des volontaires internationaux accompagnent des jeunes Palestiniennes à l'école sous les cailloux et les coups des colons.


    Sur la seconde, un femme colon traite de "pute" (charmouta en arabe) une Palestinienne après s'être introduit dans sa maison.

    Ce n'est pas ici que j'exposerais toutes les facettes du conflit. Il y a des reportages, des documentaires et donc des O.N.G. israéliennes pour se documenter. Pour comprendre, il n'y a pas 36 possibilités : il faut aller sur place.

    Retour aux choses simples, chez Hashem Azzeh pour manger un maqloba préparé par sa femme.

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    C'est un genre de plat de viande avec oignons, tomates compotées et du du riz.

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    Une fois encore, on est scié par la qualité des légumes palestiniens, souvent cultivés sans produit chimique. 

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    Une courte pause bienvenue dans ce merdier inextricable qu'est devenu Hébron.

  • Hébron : où manger du chameau ?

    Nous nous trouvons juste en face de la dernière usine de céramique artisanale d'Hébron appartenant à la famille Natsheh. Ici notre boucher ne fait que dans le chameau, la "vitrine" en témoigne.

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    C'est la seule adresse de Cisjordanie où on pourra en déguster. Malheureusement, il m'a manqué du temps et un appareil de cuisson.

  • Hébron : avant, c'était le marché aux fruits et légumes

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    Mais ça, c'était avant.

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    Non, ce n'est pas un jour férié. C'est ainsi tous les jours.

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    Tout est fermé sur ordre des autorités israéliennes. Et pourquoi ?

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    Pour que les colons puissent rentrer chez eux en sécurité (colonies de Beit Hadassah, Beit Romano ou Avraham Avinu).

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    (source B'Tselem - cliquer pour agrandir)

    Les photos ont été prises rue Al-Shuhada en septembre 2013. Ce sont les Champs-Elysées d'Hébron aujourd'hui fermées à tout commerce ainsi qu'au simple passage des Palestiniens (sauf s'ils sont résidents directs).

  • Bethléem : le vin des moines menacé par le mur de séparation israélien

    Les moines salésiens font du vin dans la vallée de Crémisan, juste au nord de Bethléem, depuis plus d'un siècle. Nous sommes à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem, dans un coin entouré de colonies israéliennes. Aujourd'hui, la quiétude des lieux est remise en cause par le tracé du mur de séparation israélien qui isole la Cisjordanie.

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    Déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice de La Haye, le mur grignote le territoire palestinien, il ne respecte pas les frontières d'avant 1967, reconnues par l'ONU. Dans la région, vouloir faire respecter le droit international c'est déjà s'engager.

    Les chiffres donnent le tournis. Une hauteur de 8 mètres, un coût de construction estimé à 2,5 millions d'euros le kilomètre pour une longueur totale de 700 kilomètres (pour l'instant il n'est construit qu'à 60 %), 12 % de la Cisjordanie grignotée, 500 000 colons résidant à l'est du mur... Et 500 000 Palestiniens ont vu leur quotidien changer. Mais plutôt que des chiffres, ce sont les histoires personnelles qui illustrent le mieux cette hérésie. On le sait, le sens de l'Histoire est de faire tomber les murs. Mais pour l'instant, il est là.

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    Voulu ainsi par Israël, le tracé du mur couperait la vallée de Crémisan en deux. Une vallée verte, fertile où poussent oliviers, pêchers, amandiers et de la vigne...

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    (source Google Earth)

    Le mur, frontière franchissable seulement par quelques checkpoints disséminés sur son tracé, séparerait aussi les nonnes (qui se retrouveraient côté palestinien) des moines (qui seraient côté israélien, avec les vignes).

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    (source BBC)

    La justice israélienne saisie par les moines et les propriétaires du terrain a donné raison en début d'année au gouvernement qui décide du tracé. La plainte datait de 2006, on attend donc de voir les réalisations concrètes sur le terain. Quelles seront les conséquences pratiques ? Sur l'organisation du couvent ? Sur la vie quotidienne des Palestiniens ? Sur la production du vin ?

    Et ce vin justement ? 

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    Les moines produisent 180 000 bouteilles par an. Oui, on n'est pas chez le tout petit artisan non plus. Mais à ma connaissance, c'est le seul vin produit en Palestine (hors ceux des colons). Ce blanc est réalisé à partir de dabouki, un cépage originaire de Syrie et aujourd'hui en voie de disparition car très sensible aux maladies.

    Dans le verre, le vin s'avère un peu lourd, tabassé par le soufre. Souci fondamental, il manque d'un vigneron consciencieux derrière. Mais on perçoit une certaine trame, une envie de bien faire, un terreau favorable. Mais l'important n'est-il pas que cette bouteille existe, tout simplement ?

    MISE A JOUR 2015 : la Cour Suprême vient de donner raison aux moines après dix ans de combat. Mais y aura-t-il un nouveau tracé... Explications en détail. 

  • Jérusalem : boire une bière contre l'occupation israélienne

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    A Paris, on se repère grâce aux stations de métro. A Jérusalem, on se repère grâce aux stations du chemin de croix. 

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    Ce café arménien se situe juste entre les IIIe et IVe station du chemin de croix. Devant l'entrée, Jésus est tombé pour la première fois. Puis, dans ces hauts murs se cache l'humble chapelle commémorant la rencontre avec sa mère. 

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    Bien à l'écart du tumulte de la rue Al Wad qui descend de la Porte de Damas au mur des Lamentations, ce petit café est le lieu parfait pour une pause, un biscuit, une bière palestinienne Taybeh.

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    Cette bière est produite à Taybeh dans un village chrétien de Cisjordanie, à quelques kilomètres de Ramallah, un village que Jésus a aussi visité selon Saint-Jean. Sa saveur incomparable alterne les amers et les acides. C'est évidemment à la pression qu'elle donne le meilleur d'elle-même (au Jerusalem Hotel, à l'American Colony, chez Al Mihbash...). Elle surpasse de très loin les infâmes pisses israéliennes, danoises, néerlandaises dont le pays est abreuvé. Son slogan "The finest beer in the Middle East" n'est pas usurpé. 

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    Chaque année, la brasserie s'amuse à faire sa propre Oktoberfest qui attire des soiffards venus du monde entier. Et forcément ça ne plait pas des masses à une Cisjordanie assez rigoriste même si la teuf a bien eu lieu en 2013.

    La Taybeh sort des frontières de Cisjordanie pour être vendue en Israël, mais on ne la trouve pas partout - c'est-à-dire qu'il faut viser les cafés chrétiens. Ailleurs, elle est disponible en Belgique ou en Allemagne, mais c'est une licence concédée par la brasserie palestinienne. Elle n'est donc pas brassée en Cisjordanie, elle n'a pas tout à fait la même saveur. 

    De manière plus générale et tout à fait sérieuse, la bière peut à elle seule illustrer la complexité de Jérusalem. J'avais déjà consacré un article à cette "géopolitique de la bière".

  • La bière, un des révélateurs de la complexité du conflit israélo-palestinien

    Ce qu'il y a d'intéressant dans le vin et les alcools en général, c'est qu'ils racontent autre chose que des beuveries sous la lune. Je pense sincèrement que les boissons fermentées ou distillées témoignent de l'histoire, de la géographie, de la géologie, de la climatologie ou des traditions d'un lieu ; et c'est en ça que leur étude et leur dégustation sont passionnantes. Elles peuvent aussi raconter la guerre et la complexité d'une situation géopolitique.

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    A chacun de mes voyages à Jérusalem (comme partout dans le monde d'ailleurs, mais peut-être un peu plus ici), les journées s'avèrent physiquement harassantes et intellectuellement exigeantes. Réflexe relaxant chaque soir : s'ouvrir une bonne bière sur la terrasse de notre hôtel. On jouit d'une vue imprenable sur les soubresauts de l'actualité lorsqu'on surplombe le quartier musulman et tout le centre historique de la ville dite "trois fois sainte" : à ma gauche, le Dôme du Rocher et dans la crevasse, au centre, l'esplanade du mur des Lamentations...

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    ...et sur la droite, les bulbes sombres du Saint-Sépulcre.

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    Mais où la boire ou l'acheter cette bière ? A Jérusalem-Ouest, hors les murs, à l'ouest de la Ligne verte de 1967, c'est-à-dire côté israélien, on se procure facilement les israéliennes Maccabee, Goldstar, Nesher ou Salomon. Assez industrielles, je les trouve ennuyeuses mais pas chères ; bref, on ne s'y attarde pas.

    Pour s'amuser un peu question bière, il faut passer de l'autre côté, côté palestinien. Dans les restos pas donnés de Jérusalem-Est, repaires des responsables d'O.N.G. ou des journalistes étrangers, on croise la palestinienne Taybeh. Combien ai-je vu de soirées finir à coups de Taybeh pression au Jerusalem Hotel, le Café de Flore local ? Plus la nuit avance, plus tu crois pouvoir résoudre le conflit à toi tout seul, juste en buvant des pintes...

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    Ironie du sort à Jérusalem-Est, quand on n'a plus de récipients neutres et propres pour servir la bière palestienne, on utilise des verres à l'effigie de la cousine israélienne. S'ils font exprès de nous perdre en changeant le contenant, on n'est pas rendu.

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    Je m'arrête un peu sur la Taybeh, du fait de son caractère plus artisanal que les autres. Elle est produite en Cisjordanie, dans le village chrétien de Taybeh, au nord de la capitale Ramallah. Son goût est infiniement plus noble que les autres bières disponibles dans le coin : épicé, acide, rafraichissant, digeste. Son gros problème réside dans le fait qu'elle est produite de l'autre côté du mur de séparation, ce qui rend toute exportation à l'étranger périlleuse alors que les israéliennes se trouvent sans trop de souci à Paris. Aberration supplémentaire : elle est exportée plus ou moins aisément en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni et même aux Usa. En France ? Nada ! Et après on nous dit que nous sommes un pays pro-palestinien ? Si un importateur aux reins solides m'entend, j'ai tous les contacts à disposition.

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    Retour dans la vieille ville de Jérusalem. Dans les quelques échoppes du quartier juif ouvertes le soir et qui vendent de l'alcool, on ne trouve que les bières israéliennes et les étrangères que tout le monde connait. Dans les quartiers chrétien et arménien, on achète une israélienne à six shekels (un peu plus d'un euros) et de la Taybeh deux fois plus chère : et oui, il faut lui faire passer le mur et les quantités produites ne sont pas les mêmes... Quand les rayons sont bien achalandés, on trouve parfois l'américaine Budweiser ou la danoise Carlsberg. Plus on se rapproche du quartier musulman, plus la boisson devient rare. Rue Al-Wad, une des grandes artères du souk, on peut encore trouver une jordanienne sans alcool hyper maltée. Inutile de retenir son nom, elle est infâme. Avant de rentrer à la maison pour boire un coup à la face du monde, il faut avoir dégoté les bonnes adresses et se faufiler dans ce labyrinthe qu'est Jérusalem.

    Nul besoin de s'intéresser aux grandes théories pour comprendre la complexité de l'actualité, la vie quotidienne l'illustre à merveille. Pour les curieux, Julien Boudisseau et moi avons tenté de raconter précisément tous ces "détails qui piquent la curiosité" (pour reprendre le mot de Chateaubriand) dans un ouvrage intitulé Ici à Jérusalem publié il y a deux ans.

    Les photos ont été prises par Julien ou moi en 2008, 2009 et 2010.

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