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  • Aujourd'hui, le mur de séparation israélien empêcherait la naissance de Jésus à Bethléem

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    En ce 25 décembre 2013, Marie accoucherait sans doute au checkpoint de Gilo300, entre Jérusalem et Bethléem.

    Venue de Nazareth (dans le nord d'Israël) avec Joseph, la Vierge se verrait aujourd'hui arrêtée par le mur qui sépare Israël de la Palestine. L'artiste britannique Banksy a affolé les réseaux sociaux avec sa carte de vœux qui illustre bien l'affaire.

    Plus réelle est cette crèche en bois d'olivier imaginée par la famille Anastas qu'elle vend dans son magasin de souvenirs, à Bethléem. L'image s'avère forcément traditionnelle mais l'idée géniale, c'est d'ajouter un mur de séparation amovible qui sépare (ou non) le petit Jésus des Rois Mages. 

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    Il faut dire que Johnny et Claire Anastas vivent dans une maison entourée des trois côtés par le mur de séparation. Forcément, ça donne des idées.

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    Israël désire ardemment "protéger" la Tombe de Rachel. D'où ce dédale. Chez les Anastas, l'accueil est souriant malgré tout. Quel meilleur endroit pour parler des conséquences de l'occupation sur le quotidien des Palestiniens ? Ici, on fait aussi chambres d'hôtes. Pour y accéder, c'est toujours tout droit par rapport à la sortie "piétons" du checkpoint.

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    Joyeux Noël quand même.

  • Naplouse : une pizza dans un camp de réfugiés palestiniens

    Après la guerre qui fit suite à la création de l'Etat d'Israël en 1948, des milliers de Palestiniens ont fui les villes et les villages de l'ouest du pays. Pour les pays limitrophes notamment mais aussi pour ce qui allait devenir la Cisjordanie. Pour les accueillir, on construisit des camps de réfugiés, forcément temporaires. Le camp que nous visitons aujourd'hui, celui de Balata, a été établi en 1950. Le temporaire dure, c'est un peu un leitmotiv dans le coin. D'abord situé en lointaine périphérie de Naplouse, il a depuis été rattrapé par l'urbanisation galopante.

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    Aujourd'hui, c'est un quartier de la ville comme un autre, à ceci près que les habitants n'en sortent que très peu. Et que la densité de population est l'une des plus élevée au monde : sur un quart de kilomètre carré, se concentrent près de 25 000 habitants. Foin des quelques tentes bien alignées, on a construit en dur. Et génération après génération, on ajoute un étage à des bâtiments déjà extrêmement précaires. 

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    Libération ouvrait ainsi son article en 2008. "Balata est l'un des rares endroits en Cisjordanie, où l'on peut croire que la deuxième Intifada bat encore son plein". Même lorsqu'elle est terminée depuis longtemps partout ailleurs. Pendant plus d'une heure et demi, le directeur du centre social du camp témoigne auprès de nous dans son bureau. Rien n'est facile à entendre. Son désarroi, son abandon, son impression de se battre contre des moulins à vent, son pessimisme sur la question de l'impossible droit des réfugiés au retour. "Ce qui se passe de mauvais en Cisjordanie, se passe d'abord à Balata." Aucune parole, aucun article, aucun documentaire ne pourra rendre compte de la tristesse de ce témoignage. Ni de l'effroi qui nous saisit lorsque nous visitons le camp. Deux rues principales puis rien que des murs.

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    C'est l'ONU (via l'UNRWA, l'agence spécialement dédiée aux réfugiés palestiniens) qui gère le camp, l'approvisionnement en eau, les écoles... La mairie de Naplouse aide aussi autant qu'elle peut. Mais comme partout les budgets baissent.

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    Même si Naplouse est autour et qu'il n'y a pas de barrière physique pour s'y rendre, il s'agit en réalité de deux mondes bien distincts. Une sorte de ghetto dans une ville déjà peu épargnée par l'histoire récente. Il est rare qu'un habitant quitte le camp pour un autre lieu, même si tout est possible. On naît réfugié, on se marie réfugié, on a des enfants réfugié, on vieillit réfugié. Au quotidien, on subit un chômage chronique sans commune mesure avec ce que l'on connait en Europe.

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    En conséquence, la population soufre de beaucoup de problèmes psychiques voire psychiatriques. La violence domestique, la prostitution (texto : "on n'avait jamais vu une fille de 13 ans sucer des bites pour de l'argent dans notre région très conservatrice..."), les trafics en tout genre polluent les rues.

    Et pourtant, à la sortie de l'école, les enfants baragouinent deux mots d'anglais ou de français, demandent ce que nous faisons là, tiennent à saluer les étrangers. Comme pour dire qu'on est vivant. 

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    Je pensais auparavant qu'Hébron était l'enfer sur terre. Maintenant, je miserais sans mal sur Balata en premier lieu. Et puis, au milieu de la misère, surgit un four à pizza. Un semblant de vie normale, comme partout dans le monde.

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    Certes, elles auraient du mal à gagner un prix du Fooding. Mais comme le vin des Samaritains, comme le vin des moines de Crémisan, comme la bière de Taybeh, comme l'arak de Bethléem, l'important c'est surtout que cette pizza existe.

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    Pas de tomate du Vésuve, ni de mozza di bufala. Juste une jolie pâte, une belle cuisson.

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    ...et un résultat final qui ferait frémir plus d'un pizzaiolo parisien qui n'a pas honte de vendre des cochonneries surgelées à 10 euros pièce. Ici le mélange zaatar-fromage est un délice. Un euro pièce.

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    Assis, mastiquant son bout de pizza, on se demande si on n'a pas mieux à faire que tenir un blog qui parle de choses aussi futiles que le vin naturel ou le dernier resto à la mode. 

  • Naplouse : la recette du knaffeh expliquée pas à pas

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    Qu'on l'appelle kenafeh, kanafe, kneffeh, künefe... Qu'on y mette des "a", des "e", un seul ou plusieurs "f"... Qu'on le mange au Liban, en Syrie, en Palestine... On parle à chaque fois du même dessert. Un genre de mozzarella chaude avec de la semoule par-dessus, le tout sucré. C'est la grande douceur de Naplouse qui en est la capitale palestinienne. Dans la vieille ville, ce sont les hommes de la famille Shantir (pâtisserie Al-Aqsa, près de la mosquée An-Nasir) qui sont considérés comme les Pierre Hermé du knaffeh. Ils nous expliquent la recette.

    D'abord, on beurre une grande plaque qui va sur le feu. 

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    On étend une belle couche de semoule.

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    On ajoute le fromage. Ici c'est de du chèvre préalablement dessalé. Il donne un goût très caractéristique, bien plus prononcé qu'un "vulgaire" fromage de vache.

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    On le chauffe sur le gaz à feu vif.

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    Au cour de la la cuisson, on le badigeonne de sirop ce qui évite d'obtenir une consistance trop sèche.

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    C'est prêt.

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    La petite assiette ne vaut même pas un euro.

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    Les magnifiques couleurs tendant sur le jaune-orangé, son goût fort, son sucre envoûtant tranchent avec tout ce qu'on a goûté dans la région, notamment avec le knaffeh pourtant réputé que l'on trouve dans la vieille ville de Jérusalem (Jaffar's Pastry, Rue Khan el Zeit près de la porte de Damas).

    Dans la capitale palestinienne, les couleurs font moins envie, l'ensemble est bien plus fade, ça sent le chimique. Mais cela reste un pis aller : on ne peut pas faire le chemin à Naplouse tous les jours.

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  • Naplouse : le célèbre magasin d'épices survit

    On se faufile dans les ruelles de la vieille ville de Naplouse pour tomber sur cette caverne d'Ali Baba. Le cliché littéraire correspond totalement à la réalité. Rappelons-nous qu'on a découvert l'Inde pour ses épices, que le poivre était synonyme de très grande richesse, que Venise en a bien profité... Cette boutique devrait faire la fortune de la famille Braik installée ici depuis 1936.

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    Et à Jérusalem ou à Bethléem, ce magasin croulerait sous les groupes de visiteurs. A Naplouse, l'affaire n'est évidemment pas gagnée d'avance, les touristes n'étant pas légion.

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    Pourtant, les épices y sont à proprement parler extraordinaires quand on les compare avec celles des échoppes de Jérusalem ou de Bethléem justement. Comme toute maison qui se respecte, le zaatar est mélangé (thym, sumac, sésame) selon une recette familiale. Le sumac est incroyablement odorant... Toutes viennent de Cisjordanie, pas de Chine ni de Turquie.

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  • Cisjordanie : aujourd'hui, le Bon Samaritain fait du vin sans soufre

    Les Samaritains produisent du vin rouge. "The best arak in the world" nous lance même Husney Kahen, le directeur du Musée Samaritain posant fièrement devant les attributs de sa charge religieuse. Oups, il confond vite arak et vin mais il faut comprendre que même lui n'en boit que très peu, tant la production est minime. Et pour cause, plutôt réservé aux fêtes religieuses, ce vin reste difficile à se procurer.

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    Les Samaritains, combien de divisions ? Beaucoup de gens pensent qu'ils n'existent que dans la célèbre parabole de l'évangile selon Saint-Luc. C'est en réalité la plus petite communauté religieuse au monde, seulement 700 âmes. Depuis le premier millénaire avant Jésus-Christ, les Samaritains prient sur le mont Garizim (au-dessus de Naplouse) qui est un peu leur Jérusalem. Considéré par Israël comme les premiers israélites, ils ont un statut envié (passeport israélien, cartes d'identité palestinienne et jordanienne) mais reconnaissent souffrir quotidiennement de la colonisation israélienne qui grignote la Samarie, la région entre la Judée et la Galilée. Il faut dire que Naplouse est un foyer traditionnel du terrorisme palestinien, même si aujourd'hui la ville est calme.

    Là-haut, sur le mont Garizim s'est développé un village où les traditions, notamment religieuses, persistent. Certes on vit entre soi mais c'est un village semblable à ceux des alentours : des maisons on ne peut plus classiques, des magasins et un soldat israélien qui garde la route qui monte au village... Sans oublier ce musée qui expose le quotidien des Samaritains aux rares touristes et une épicerie qui vend de l'alcool. Les jeunes de Naplouse viennent d'ailleurs ici pour s'approvisionner : la ville grande palestinienne en contrebas est très conservatrice, la vente d'alcool y est interdite. Les soiffards viennent donc faire leur course au plus proche, chez les Samaritains. 

    Et ce vin alors ?

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    Je t'entends rire sous cape, te foutre un peu de la figure des Samaritains. Ce n'est pas très gentil. Bien sûr on s'attend à une immonde piquette. Et bien, ce n'est pas le cas. Bu sur plusieurs jours, le vin gagne à être aéré. Il est extrêmement fruité (arômes de fruits noirs), possède une belle acidité volatile (moi je trouve ça beau !) et s'avère très digeste. Je suis prêt à parier qu'il y a très peu, voire pas de soufre ; on retrouve assez la patte connue des vins naturels. C'est normal, c'est un vin qui n'a pas vocation à être conservé mais bu sur le fruit chaque année lors du sacrifice rituel. Bon, après... Je ne te cache pas qu'il manque un vrai vigneron derrière tout cela.

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    Cépages ? Conduite des les vignes ? Type de vinification ? Vous n'avez peut-être pas bien lu : le patron du musée confondait déjà arak et vin, ce n'est pas auprès de lui que j'ai pu trouvé des infos. Une fois rentré en France mes tentatives n'ont pas plus abouti. Si un lecteur peut aider...

  • Hébron : un repas dans une famille palestinienne vivant sous la menace des colons

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    Hébron, 400 colons israéliens protégés par près de 2 000 militaires israéliens pourrissent la vie de 180 000 habitants palestiniens. C'est la seule ville de Cisjordanie à voir coexister colons et Palestiniens en son centre ville. C'est ce qui fait d'Hébron une situation tout à fait particulière et un baril de poudre qui explose régulièrement.

    La présence juive ici est multiséculaire. Mais deux événements ont marqué l'histoire récente. D'abord le massacre de juifs par des Arabes en 1929. Chassés d'Hébron, ils reviennent après la guerre de 1967. Puis en 1994, un fanatique religieux, Baruch Goldstein, ouvre le feu à la mosquée et tue 29 personnes. Sur sa tombe est écrit "ci-gît un saint, le Dr. Baruch Kappel Goldstein. Bénie soit la mémoire d'un homme juste et saint, que Dieu venge son sang, à celui qui dévoua son âme aux Juifs, au judaïsme et au pays juif." Ambiance.

    Désormais la colonisation s'étend. La tension est quotidienne. Et là, on ne rigole plus. De plus, depuis près de 15 ans, la vieille ville d'Hébron est coupée en deux parties : la majorité sous contrôle palestinien ("zone H1" là où vit l'essentiel de la population arabe) et le centre ville sous contrôle israélien ("zone H2", où vivent les colons avec les Palestiniens comme voisins immédiats - en mauve sur la carte). Voies de circulation séparées, boutiques palestiniennes fermées par mesures de sécurité, incursions récurrentes de l'armée, ripostes palestiniennes souvent graves... on appelle ça de l'apartheid. Ou la guerre. 

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    (source B'Tselem - cliquer pour agrandir)

    On aura beau montrer toutes les cartes que l'on veut, il n'y a qu'une visite sur place qui fera comprendre les choses. La partie la plus sensible est donc la "zone H2". La rue Al-Shuhada, ancien marché aux fruits et légumes de la ville, est aujourd'hui fermée au commerce et à la circulation pour la Palestiniens. Il faut bien que les colons rentrent chez eux. C'est un centre-ville fantôme.

    Partout ailleurs, les colons se sont installés sur les hauteurs. Soit à l'étage des habitations et ils lancent tous les détritus imaginables sur la rue palestinienne...

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    ...soit il s'agit de colonies sauvages (interdites par le gouvernement mais régulièrement régularisées) construites sur les collines. Ainsi la maison de Hashem Azzeh se tient juste en-dessous des caravanes des colons extrémistes de Tel Rumeida. Qu'ils viennent des Etats-Unis ou d'autres pays comme la France, les colons juifs nationalistes d'Hébron n'ont rien de commun avec les habitants d'Israël, juifs ou non. Le problème, c'est l'impunité que leur accorde le gouvernement et la protection que l'armée leur apporte. Bref, un quasi soutien étatique.

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    Il pose devant l'entrée "traditionnelle" de sa maison aujourd'hui bouchée par des hautes herbes, des détritus, des barbelés. Depuis quelques années, il est assigné à résidence parce qu'il parle à des journalistes ou à des groupes qui se frottent à une visite alternative d'Hébron. La conversation enchaîne sur le quotidien. Impossibilité de sortir de chez soi, agressions quotidiennes des autres membres de la famille par les colons (sa femme a perdu un enfant), difficultés pour entrer et sortir de la "zone H2", pour circuler en Palestine, l'importance des observateurs internationaux présents "temporairement" à Hébron...depuis les années 1990, et j'en passe.

    Le harcèlement de la part des colons en "zone H2" a été révélé à Israël et au monde à travers notamment deux vidéos filmées par les victimes elles-mêmes. Des O.N.G. israéliennes ont maintenant l'habitude de fournir des caméras aux Palestiniens pour filmer leur quotidien. Sur la première, des volontaires internationaux accompagnent des jeunes Palestiniennes à l'école sous les cailloux et les coups des colons.


    Sur la seconde, un femme colon traite de "pute" (charmouta en arabe) une Palestinienne après s'être introduit dans sa maison.

    Ce n'est pas ici que j'exposerais toutes les facettes du conflit. Il y a des reportages, des documentaires et donc des O.N.G. israéliennes pour se documenter. Pour comprendre, il n'y a pas 36 possibilités : il faut aller sur place.

    Retour aux choses simples, chez Hashem Azzeh pour manger un maqloba préparé par sa femme.

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    C'est un genre de plat de viande avec oignons, tomates compotées et du du riz.

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    Une fois encore, on est scié par la qualité des légumes palestiniens, souvent cultivés sans produit chimique. 

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    Une courte pause bienvenue dans ce merdier inextricable qu'est devenu Hébron.

  • Hébron : où manger du chameau ?

    Nous nous trouvons juste en face de la dernière usine de céramique artisanale d'Hébron appartenant à la famille Natsheh. Ici notre boucher ne fait que dans le chameau, la "vitrine" en témoigne.

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    C'est la seule adresse de Cisjordanie où on pourra en déguster. Malheureusement, il m'a manqué du temps et un appareil de cuisson.

  • Hébron : avant, c'était le marché aux fruits et légumes

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    Mais ça, c'était avant.

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    Non, ce n'est pas un jour férié. C'est ainsi tous les jours.

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    Tout est fermé sur ordre des autorités israéliennes. Et pourquoi ?

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    Pour que les colons puissent rentrer chez eux en sécurité (colonies de Beit Hadassah, Beit Romano ou Avraham Avinu).

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    (source B'Tselem - cliquer pour agrandir)

    Les photos ont été prises rue Al-Shuhada en septembre 2013. Ce sont les Champs-Elysées d'Hébron aujourd'hui fermées à tout commerce ainsi qu'au simple passage des Palestiniens (sauf s'ils sont résidents directs).

  • Bethléem : le vin des moines menacé par le mur de séparation israélien

    Les moines salésiens font du vin dans la vallée de Crémisan, juste au nord de Bethléem, depuis plus d'un siècle. Nous sommes à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem, dans un coin entouré de colonies israéliennes. Aujourd'hui, la quiétude des lieux est remise en cause par le tracé du mur de séparation israélien qui isole la Cisjordanie.

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    Déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice de La Haye, le mur grignote le territoire palestinien, il ne respecte pas les frontières d'avant 1967, reconnues par l'ONU. Dans la région, vouloir faire respecter le droit international c'est déjà s'engager.

    Les chiffres donnent le tournis. Une hauteur de 8 mètres, un coût de construction estimé à 2,5 millions d'euros le kilomètre pour une longueur totale de 700 kilomètres (pour l'instant il n'est construit qu'à 60 %), 12 % de la Cisjordanie grignotée, 500 000 colons résidant à l'est du mur... Et 500 000 Palestiniens ont vu leur quotidien changer. Mais plutôt que des chiffres, ce sont les histoires personnelles qui illustrent le mieux cette hérésie. On le sait, le sens de l'Histoire est de faire tomber les murs. Mais pour l'instant, il est là.

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    Voulu ainsi par Israël, le tracé du mur couperait la vallée de Crémisan en deux. Une vallée verte, fertile où poussent oliviers, pêchers, amandiers et de la vigne...

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    (source Google Earth)

    Le mur, frontière franchissable seulement par quelques checkpoints disséminés sur son tracé, séparerait aussi les nonnes (qui se retrouveraient côté palestinien) des moines (qui seraient côté israélien, avec les vignes).

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    (source BBC)

    La justice israélienne saisie par les moines et les propriétaires du terrain a donné raison en début d'année au gouvernement qui décide du tracé. La plainte datait de 2006, on attend donc de voir les réalisations concrètes sur le terain. Quelles seront les conséquences pratiques ? Sur l'organisation du couvent ? Sur la vie quotidienne des Palestiniens ? Sur la production du vin ?

    Et ce vin justement ? 

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    Les moines produisent 180 000 bouteilles par an. Oui, on n'est pas chez le tout petit artisan non plus. Mais à ma connaissance, c'est le seul vin produit en Palestine (hors ceux des colons). Ce blanc est réalisé à partir de dabouki, un cépage originaire de Syrie et aujourd'hui en voie de disparition car très sensible aux maladies.

    Dans le verre, le vin s'avère un peu lourd, tabassé par le soufre. Souci fondamental, il manque d'un vigneron consciencieux derrière. Mais on perçoit une certaine trame, une envie de bien faire, un terreau favorable. Mais l'important n'est-il pas que cette bouteille existe, tout simplement ?

    MISE A JOUR 2015 : la Cour Suprême vient de donner raison aux moines après dix ans de combat. Mais y aura-t-il un nouveau tracé... Explications en détail. 

  • Bethléem : la maison du pain

    Au détour d'une rue du souk de Bethélem, une boulangerie vend des galettes de pain semi complet pour quelques centimes d'euros. Béthléem, بيت لحم, la maison du pain en arabe. Les chrétiens ajoutent que ce n'est pas un hasard si Jésus (étant lui-même le pain) est né ici.

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  • Mer morte : le bar le plus bas du monde ne sert pas de vin naturel

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    Nous sommes dans une colonie israélienne, tout au nord de la Mer morte, à Kalya Beach précisément. Selon les accords d'Oslo, nous sommes en "zone C", tout comme 61 % de la superficie de la Cisjordanie, c'est-à-dire sous contrôle total d'Israël. Pourtant, nous sommes bien à l'est de la ligne verte de 1967 et du mur de séparation, à seulement quelques kilomètres au sud de Jéricho. Malgré tout, il est intéressant de venir ici et ce, à plus d'un titre. Bien sûr, c'est l'endroit le plus proche de Jérusalem pour se baigner dans la Mer morte, ce qui est une sensation unique au monde dans un paysage unique au monde. C'est aussi le point le plus bas du globe.

    C'est aussi l'occasion de se rendre compte de l'avancée de la colonisation économique de la Cisjordanie par Israël. La plage privée avec ses deux cahutes a fait place à des constructions en dur, faites pour durer justement. À coté, d'autres plages publiques ont poussé ces dernières années. La cantine du nouveau bâtiment s'avère nullissime, hormis la terrasse qui permet de jouir d'un panorama merveilleux sur... la Jordanie. On n'imagine pas l'occupant laisser cette manne financière à d'autres.

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    Autre curiosité : en bas, sur la plage, le bar le plus bas du monde. 418 mètres sous le niveau de la mer. On n'y sert que du Coca-Cola et autres boissons dans le genre.

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