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corbières

  • Quand la Bourgogne s'amuse dans les Corbières (version 2008)

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    J'avais déjà parlé des infidélités que fait Frédéric Cossard à la Bourgogne. Je récidive avec le Bedeau du Sud 2008 (grenache de l'Aude) bu le même soir que le pommard 2007. Sur le papier et sur l'addition, il n'y a pas photo. La première bouteille apparaît goûteuse, joyeuse, nerveuse ; la seconde plate. Je sais pas ce que j'ai avec les rouges bourguignons de Cossard depuis quelques temps, je n'y arrive plus et ça m'embête.

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    Il faut toujours dénoncer ses dealers : pour le Bedeau du Sud, le mien s'appelle Franck, une fois de plus.

  • Quand la Bourgogne s'amuse dans les Corbières

    Frédéric Cossard ne s'occupe pas que des vignes du Chassorney, à Saint-Romain, ni que de ses pommard et puligny de compét'. Quand il a soif de raisin sudiste, il s'en va chercher du raisin dans les Corbières et nous rapporte La Boîte du Gros Siam, comme ici en 2007. Un pur grenache vinifié à la Cossard... ça donne quoi ?

    Une bouteille d'exception ! Le 2007 a une couleur déjà assez évoluée, sombre au centre et avec des reflets presque œil-de-perdrix. Un nez dévastateur, sur le fruit, une bouche classe avec une finale amère, presque torréfiée. On n'est pas sur la même griotte (caractéristique du grenache) qu'à Banyuls par exemple : on sent le sol pauvre, mais les tanins doux et en somme de la retenue. Au fur et à mesure on gagne en amertume (en fait, c'est à cause de la nourriture assez grasse avec laquelle on l'accompagne) et en groseille aussi, on dirait : oserais-je dire que ça pinote ? A l'aveugle, on serait évidemment complètement paumé. C'est surtout incroyablement léger et digeste pour un "Gros".

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    Le seul problème de cette bouteille, c'est qu'il faut mettre la main dessus. Allez, je suis sympa, je dis où j'ai trouvé la mienne : chez VinNouveau et pour 10 euros, une paille pour un tel mastodonte !

  • Champagne et rosé

    Un soir d'août, deux bouteilles insolites. Le champagne Drappier 1995, dégorgé en 2010. Terriblement beurré, incroyablement fin, encore tout plein de vie. Bien meilleur que lors du premier débouchage l'an dernier.

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    Pomponette, le rosé d'Anthony Tortul (La Sorga). Vin un peu léger ce jour-là : manque de fruit et de complexité en général. On le goûtera à nouveau parce que c'est un domaine que j'affectionne particulièrement.

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  • Quand Antonin casse certains de nos rêves...

    Notre cher Guide nous a convié chez lui un soir de juillet. Dans le XIIe arrondissement de Paris dorment de belles quilles chouchoutées par Antonin. A la fin de la lecture de l'article, certains penseront peut-être à aller y faire un fric-frac : je donne l'adresse, le code et l'étage au plus offrant...

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    Thème de la soirée, le rouge. Avec plein de rouges. Sept bouteilles patientent sagement devant les yeux impatients d'Emilie, Eva, Samia, Stéphanie, Frédéric, Laurent et moi.

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    Première bouteille. Nez et bouche très légers : une macération carbonique ? Un beaujolais ? Non, plus lourd, plus d'alcool. Pas un pinot non plus. Léger, poivré et plus généralement épicé, j'ai même noté "cacao". Puisqu'Antonin nous demande de mettre des notes, allons-y : 15/20 soit un vin particulièrement bon et savoureux selon la typologie Vindicateur. C'est quoi, c'est quoi ? Premier cri d'orfraie de la soirée : j'ai été incapable de reconnaître un domaine que je connais pourtant très bien, Les Foulards Rouges de Jean-François Nicq. Cuvée Glaneuses, 70 % grenache, 30 % syrah. Voilà que ça commence bien cette dégustation... Prix caviste : 13 euros.

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    Deuxième bouteille. Là, j'en suis sûr, le nez est caractéristique d'un vin naturel. En bouche, quelques tannins adoucis et une première impression : "c'est super bon !" On n'est pas plus avancé... Je crois deviner un Languedoc. En tout cas, il vaut bien ses 16,5. Entre le très bon vin et le vin délicieux. Alors ? C'est un corbières naturel, l'Alternapif 2008 du domaine Les Sabots d'Hélène (Alban Michel). Antonin adore et il a raison. Prix caviste : une dizaine d'euros.

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    Ouh là, là, tout ce vin naturel ce soir... Troisième bouteille. Oui, j'ai entraperçu l'étiquette au moment du service. Mais pour moi, ça se devine très fortement au nez et à la bouche : c'est un pinot noir bourguignon. C'est trop léger, ça s'arrête net mais j'adore ça. Alors zou, 16. Regoûté une heure après, il a perdu de son intérêt, une partie de son fruit s'est évaporé. Allez, 15. Vin particulièrement bon. Là, je me dis aïe, car j'ai vu l'étiquette et c'est Henri Gouges aux commandes. Tu me diras, 15/20 pour un bourgogne générique c'est pas si mal. Quoi ? Comment ça c'est pas un générique ? C'est un nuits-saint-georges ? Ah ben merde alors... Quoi ? C'est un Premier cru ? Tu déconnes ? Quoi ? C'est le Premier cru les Saint-Georges 2004 ? Ah ben merde de chez merde, parce que franchement c'est beaucoup trop court pour une appellation aussi prestigieuse. Parfois la dégustation à l'aveugle, ça ne pardonne pas. Parfois... Prix caviste, aïe : 80 euros.

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    Quatrième bouteille. Whaou... Fin, long et de très beaux amers. On est encore en Bourgogne mais c'est clairement quelques crans au-dessus. On dirait bien que ça vaut 17 (vin délicieux, complexe et très charmeur à la fois), voire 18 (grand vin, excellent et mémorable) une heure plus tard tellement on gagne en complexité. Allez dis Antonin, c'est quoi ? Rien de moins que le latricières-chambertin du domaine Trapet, version 2006. Alors là, merci... Mais fallait nous dire qu'on allait boire des trucs comme ça ce soir : on se serait lavé, on aurait repassé nos chemises ou mis un tailleur. Trève de plaisanterie, c'est exquis. Prix caviste : 80 euros, rien à voir avec le précédent.

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    Cinquième bouteille. Et ouais, après le Trapet, on n'en est qu'à la cinquième bouteille, ça promet. Alors là, c'est boum-boum : un nez absolument hallucinant, je ne sais pas si j'en ai déjà rencontré de tels. C'est un nez à la Usain Bolt : on n'arrive pas à le suivre. Et ça part dans tous les sens, ça évoque plein de choses, de parfums, d'arbres... La bouche a donc du mal à suivre : ce qui est sûr, c'est que le goût est plus rude (élevage) que précédemment. Va pour 16,5. Regoûté une heure plus tard, il a terriblement grandi : la bouche est incroyablement longue, mais aussi massive. Se révèle un très, très grand vin, de ceux qu'on ne boit pas tous les jours évidemment. Avec la complexité folle du nez, je l'avoue, j'ai mis 19 (vin exceptionnel, expression rare et géniale de son appellation). La Grande Rue 2002 du domaine Lamarche, un des grands noms de Bourgogne. Nouveau cri à l'évocation de ce climat aussi mythique... Prix caviste : un peu plus de 150 euros.

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    Qu'il est bien situé ce climat La Grande Rue : on ne le voit pas bien sur la photo, mais c'est entre La Tâche et La Romanée-Conti. Sympas les voisins...
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    Sixième bouteille. Urgh... C'est quoi ça ? Antonin, t'es pas cool : tu nous excites avec des bouteilles incroyables et là, tu nous fais dégringoler de plusieurs étages. Les palabres commencent : bouchon défectueux ? Amertume classique ? Problème de conservation ? Pourtant, on sent qu'il pourrait y avoir un truc pas mal dans le verre. Ah non, c'est la sève... C'est âpre au possible. Après le précédent, il rame sévère. Je relis mes notes : j'ai mis 14 (vin tout juste bon) avec cette phrase "ça vaut 10 euros". Petit problème : c'est le château Haut-Brion 2002. Des cris effarouchés dans l'assistance, des injures, des poings levés, des "mais-c'est-quoi-ce-cirque", des "mais-tu-t'es-fait-refiler-une-bouteille-contrefaite", on commence à fomenter des révolutions, on en vient à se poser des questions sur l'avenir de nos blogs ou le sens de la vie plus généralement... Cette bouteille sans intérêt relève du mythe que nous voulions tous goûter, au moins une fois dans notre vie : tout de même, Haut-Brion, ça fait rêver un minimum. On aurait aimé adorer, dire que c'est génial, que c'est une apparition divine... Mais on ne va pas faire semblant. Et même, on a l'impression d'avoir été dépossédé d'un joli rêve. Ah bien sûr, on sait que ces grands crus ne valent pas forcément les euros nécessaires à leur achat ; mais qu'un grand vin puisse être aussi petit... On le savait déjà, on en est désormais sûr grâce à l'observation empirique : mieux vaut se concentrer sur les "petits" vins qui, eux, ont vraiment le potentiel des grands. Et comme quoi, il n'y a pas que le vin naturel qui puisse tourner au pré-vinaigre. Prix caviste : autour de 350 euros. Si, si...

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    Septième et dernière bouteille. Forcément, on a un peu peur. Tiens, ça aussi c'est Bordeaux. Oui mais lequel ? Antonin ne nous ayant pas servi de pipi de chat pour finir, c'est forcément Laffite, Mouton ou Petrus. C'est assez bon, mais d'un classicisme extrême : 15,5 et je vais même monter jusqu'à 16 (très bon vin). Gagné ! C'est Mouton-Rothschild 2002 ! Franchement ça va, mais ce n'est ni à la hauteur de la réputation de Mouton, ni à la hauteur de son prix (400-500 euros). Pareil, on ne va pas faire semblant. Déception moindre que pour la bouteille précédente, mais déception là aussi.

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    On est totalement désarçonné par la différence abyssale entre la réputation des domaines et la réalité des breuvages. Nous faisons les comptes. Le gagnant de la soirée est bourguignon : La Grande Rue 2002 de Lamarche avec 16,75/20 de note moyenne (sans doute grâce à mon 19). Il bat d'une courte tête le latricières-chambertin de Trapet (16,62). Sur le podium, un vin naturel ! L'Alternapif arrive troisième et décroche 15,96 pas très loin des Foulards Rouges ex-aequo avec Mouton-Rothschild 2002 (15,92). Le résultat est à peine croyable... Le nuits-saint-georges Premier cru d'Henri Gouges arrive péniblement à 15... Et la surprise de la soirée n'est en fait qu'une confirmation : Haut-Brion 2002 ferme la marche avec 14,63...

    Conclusion. Ils n'ont pas l'air cons les grands crus avec leurs notes pourries et leurs prix qui correspondent au loyer mensuel d'un studio parisien. Bien évidemment, tout cela n'est que subjectif, notamment le système des notes. Mais on ne peut pas nier le fait qu'il se dégage quelque chose de cette dégustation. A l'aveugle, les grands crus se font exploser par des vins à 10 euros. Le plaisir (quand il y en a) n'est certes pas le même, les consommateurs non plus et je ne plaide pas pour que les vignerons fassent exclusivement des vins à 10 euros. Par contre, certains devraient se poser des questions.

    Même si je suis persuadé de la justesse de cette dégustation, je sens que les critiques ne vont pas tarder à fleurir. Je les devance :

    - "Qui sont ces jeunes cons à qui on a servi du caviar à la louche ?" Nous étions sept : des filles, des hommes, des mecs en chemises, d'autres en ticheurte, des filles en tailleur, des brunes, une blonde, des types pas rasés, des vingtenaires, des trentenaires... Et tous, nous sommes d'accord avec le verdict final. Personne ne s'est écrié "Haut-Brion, c'est du génie en bouteille !"

    - "Vos palais sont trop jeunes, vous n'avez pas compris ces vins !" Jeunes ou expérimentés, les palais n'aiment pas le vin qui sent la sève ou la rafle à plein nez. Pour le vinaigre, voyez du côté de Banyuls, pas de Bordeaux.

    - "Il aurait encore fallu attendre ces vins !" Et puis quoi encore ? Y en a marre de cette rengaine... Un bon vin, c'est bon jeune, c'est bon vieux. Il y a des primeurs de bordeaux qui sont exceptionnels quand on les goûte au fût. Alors si 9 ans après le pinard n'est pas près, ne comptez pas sur moi pour poireauter.

    - "Vous êtes tombés sur un Haut-Brion défectueux". Peut-être. Ce qui voudrait dire que pour Mouton ou Gouges, c'est pareil ? Et que les deux vins naturels (notés à leur juste niveau) étaient normaux ? Les bouteilles ont été bien conservées et bien ouvertes, on n'a pas fait n'importe quoi non plus.

    - "De toute façon, vous préférez la Bourgogne !" Réponse personnelle : oui ! Et de loin ! On trouve encore des nuances et une complexité qui n'existent pas (plus ?) vraiment à Bordeaux.

    - "Et puis vous êtes de jeunes bobos parisiens... C'est normal, vous préférez le vin naturel". Oui, sans doute. Mais j'aime aussi la Romanée-Conti ou La Grande Rue de Lamarche, surtout dans un millésime comme ça. N'oublions pas que le vin, c'est aussi du plaisir.

    - ... si vous avez d'autres critiques, je suis tout ouï.

    Dernière chose : on n'a pas condamné définitivement ces grands crus inabordables. Un jour ou l'autre, on les goûtera à nouveau. Mais ça fait un peu mal au postérieur... Reste à remercier Antonin pour nous avoir ouvert sa cave personnelle et pour avoir contribué à la formation de nos goûts. Promis, on t'en veut pas d'avoir casser un ou deux de nos rêves viniques...

  • Carte des vins de Noël 2009

    Au glouglou du 24, un corbières blanc 2008 de la Treille Muscate (déjà un peu plus ouvert), le jurançon sec cuvée Marie 2007 de Charles Hours (génial sur un foie gras, bien mieux qu'un liquoreux), un minervois 2008 La Nine de Jean-Baptiste Sénat, une eau-de-vie de lie-de-vin sélection de grains nobles 1998 de Binner...

    Vu la qualité et la finesse des vins cités ci-dessus, l'Hermitage 1988 de la Cave de Tain a énormément déçu la tablée. On ne fait pas d'un âne un cheval de course.

  • Noël le 18 décembre

    On fête la fête une semaine avant l'heure. L'occasion de s'échanger quelques cadeaux, de manger de bons petits trucs et d'en boire de tout aussi bons.

    T'as eu quoi pour Noël ? Une superbe étiquette de bouteille de vin, fin XIXe, représentant "Le Vin de Monsieur" et spécifiant bien la teneur en alcool : "XI°". Comme l'arrondissement. Ma boule à thé, même un peu design, faisait pâle figure.

    Puis on a enchaîné sur les huîtres Gillardeau. Avec le Corbières blanc de la Treille Muscate (11 euros). Le vin a mis du temps à s'ouvrir. C'était un 2008, il n'avait pas les attributs du millésime qui me reste encore en bouche, mais dont j'ai oublié la date. Le 2006 je crois. Le 2007 étant lui un poil trop visqueux. Le 2008 me paraît déjà un peu oxydé. Il me reste trois autres quilles pour m'en convaincre. En tout cas l'alliance avec les huîtres était parfaite. Le seul souci (mais en est-ce un ?) c'est que les Gillardeau étaient vraiment au top. Le vin semble fade à côté. Alors que seul il en impose bien.

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    Suivent foie gras, époisses et fourme d'Ambert. Bref parfait avec un petit liquoreux me direz-vous. Mais tout le monde sait que je ne porte pas dans mon coeur le monbazillac ou le sauternes. Mais je sauve le jurançon. Là j'avais opté pour un ovni en demi-bouteille (11 euros au producteur). Une tuerie qui s'accorde avec tout et mieux, qui sublime tout.

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    Il s'agit d'un Blanc de Noir 2001 de chez Binner, Cuvée Excellence. Là il faut s'expliquer.
    - Vin d'Alsace
    - Cépage pinot noir, le cépage des grands bourgognes et des quelques alsaces rouges
    - Sauf que celui-là était vignifié en blanc, sans les peaux de raisins en quelque sorte
    - Et en surmaturité
    = un pinot noir blanc moelleux.

    Bref un vin hors du commun. Par sa rareté, par son originalité, par la mentalité du vigneron qui ose. Et par son goût indéfinissable, à s'enfiler à la petite cuillère.

    Avec le foie gras et ma petite confiture mangue-vanille (recette de Christine Ferber, Alsacienne elle-aussi), ce fut un mélange évident. Mais encore plus sublimant avec le coulant de l'époisses. Un véritable accord de maître. De ceux que doivent rechercher les grands chefs.

    Encore une chose. La couleur de ce vin. Je l'ai mis sur la page d'un livre pour faire ressortir la couleur de l'ambre. J'aurais même dit orange, le vin du Modem, le vin de Bayrou.

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    Le livre en question a le tort d'être le dernier opus de Tariq Ramadan. En pleine discussion sur l'identité nationale, je me suis dit qu'associer ce livre à ce vin ne pouvait qu'élever le débat. Sans doute respecte-t-il son identité alsacienne (pinot noir, surmaturité) mais son côté déviant le rend un peu à part. Une jolie voix dissonante.

    Qui allait parfaitement aussi avec le dessert, un Ispahan de Pierre Hermé. Le meilleur dessert du monde sans chocolat.

  • Chez mon dealer, c'est lugubre

    Pour les trois Martiens qui ne seraient pas au courant (parce qu'ils habitent sur une autre planète), il neige aujourd'hui. Même à Paris.

    Quelques rares jours par an, l'atmosphère change. Les gens sont au courant et beaucoup prennent leur voiture. Mais roulent plus doucement. Les gens sont au courant et beaucoup, comme moi, prennent le métro. Mais marchent plus doucement. Bref il y a foule. Et la ville s'écoule plus doucement. C'est pas du genre "whaouahouah c'est magique, c'est Noël, ressers-moi du vin chaud !". Avant la tombée de la nuit, l'atmosphère est plutôt satinée.

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    Une journée pas trop ordinaire donc, faite pour se balader un peu si on a de bonnes chaussures. En arrivant (comme souvent) dans le 3e arrondissement, au nord du Marais, je me dégèle les arpions dans le marché des Enfants Rouges près du square du Temple. Peut-être le lieu le plus accueillant de Paris, l'un des plus cachés et malgré cela l'un des plus branchés. Ce qui explique le prix du kilo de tomate.

    Mais on préfère s'en tenir à L'Estaminet des Enfants Rouges, au petit Coréen Taeko ou aux Enfants Rouges, rue de Beauce. Et au milieu coule Versant Vins, petit caviste bien meilleur que Julien, pas loin d'ici, rue Charlot.

    Jeanne tient son petit stand avec beaucoup de délicatesse. Même quand il fait trois degrés comme aujourd'hui. Pas de chauffage d'appoint, des mitaines pour tapoter sur son Mac. C'est avant tout l'un des rares cavistes chez qui je suis à peu près sûr de trouver les vins de Catherine Marin-Pestel, alias la Grande Catherine comme l'a surnommé un blog sympa.

    Cette ancienne cadre du Louvre, docteur en littérature, a tout quitté pour les Corbières. Mon rêve ? Sans doute. En tout cas, pourquoi pas faire un jour un vin blanc aussi exceptionnel que le sien ? Non, en réalité c'est trop dur. Je préfère boire le sien. Sa cuvée La Vagabonde, AOC Corbières, est une alliance hors du commun entre macabeu et marsanne. Sec, fruité, aérien. Une bouteille ne suffit jamais. Il y a quelques années il était déjà sublime à quelques euros de moins. Aujourd'hui, même à ce prix (11 euros), La Vagabonde reste le plus grand vin blanc de France. J'assume.

    Revenons-en à Versant Vins. Je prends quatre Vagabondes. Pour demain, pour samedi, pour Noël. Le lieu accueillant comme toujours. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'endroit. Qui se retrouve la tête à l'envers. Le marché des Enfants Rouges n'est que l'ombre de lui-même. D'ailleurs il n'est qu'ombres. Surtout quand on connaît les couleurs de l'endroit dès qu'un rayon de soleil se pointe. Ou dès qu'il fait cinq degrés. Mais là il fait trois degrés et les Enfants sont gris. Rassurons-nous car on le goûtera ce week-end : le vin sera sans doute aussi bon.

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  • Mélac, fidèle au poste, mais pas les assiettes

    Quelqu'un disait qu'il était aussi saoulant que ses vins. C'est vrai, ça s'est encore vérifié ce samedi. Cela faisait bien trois ans que je n'y avais plus mis les pieds, chez Mélac. Rien n'a changé sauf les prix qui ont subi un légère inflation (normale)... et les assiettes. C'est là où ça fait mal. Olivier pense un peu la même chose : ce n'est plus aussi bon qu'avant, plus aussi généreux dans les portions. Ah, souvenez-vous de cette entrecôte de porc (si, si, entrecôte de porc). Hormis les assiettes de fromages et de charcuterie qui sont encore irrésistibles. Question vin, le Domaine des Trois Filles, celui que produit le patron dans les Corbières, dans sa version 2005 est bien moins à la hauteur que ne l'était le 2002, nectar irrésistible qui soulevait les tablées au resto comme à la maison.

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    La carte des vins a d'ailleurs bizarrement subi un nivellement par le bas, supprimant de belles références difficiles à trouver, comme les vins de Michel Gendrier. Malgré tout, malgré la vie qui passe, on y retournera gaiement car on y est déjà tellement allé.

    Mélac, 42 rue Léon Frot, 75 011, 01 43 70 59 27. Au métro Charonne, où j'ai habité un an.

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