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cornas

  • Il existe encore des restaurants qui prennent des risques

    Et si c'était par la fin que tout commençait ? C'est-à-dire le dessert. 

    Ce n'est pas de ma faute si cet accord mets/vin m'a littéralement laissé sur les fesses à la fin du repas. A ma décharge, je ne suis pas le seul à avoir ressenti cette extase gastronomique. Olivier m'accompagnait, il pense pareil.

    "Vous boirez quoi avec votre dessert ?
    - Bah, je ne sais pas, quelque chose de léger, de pétillant avec un poil de sucre...
    - Vous me laissez faire ?"

    A-t-on eu tort d'écouter notre hôte ? D'ailleurs, qu'est-ce qui se cache sur cette photo ? Un dessert oui, mais encore ?

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    Procédons point par point.

    Premier indice : on est à La Robe et Le Palais, c'est écrit sur le verre. Pour les chanceux qui connaissent, je m'arrête là. Pour les chanceux qui ne connaissent pas, je les envie : car la découverte de cette adresse moitié caviste, moitié cave à manger, moitié restaurant (3 moitiés donc) va les enchanter. C'est beau de pouvoir encore s'enchanter.

    Et dans l'assiette donc ? On aperçoit un dessert, on devine un paris-brest. Fait maison, pas sorti d'un catalogue de Brake. L'un des plus appétissants de la ville, même si on ne peut pas oublier de mentionner celui de Chez Michel. Ce paris-brest apparaît particulièrement gourmand, le côté torréfié cassant agréablement le gras de la crème. Et quelle gueule franchement...

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    Mais dans le verre ? Un liquoreux de Loire ? Un sauternes ? Un hongrois ? Un vin demi-sec polonais élevé en peau de vache retournée et qui macère sur peaux depuis l'arrivée au pouvoir de Jaruzelski ?

    Non.

    Un whisky. Enfin, un truc approchant.

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    Un alcool titrant à 44,4 degrés, mélange de 60 % de gnôle de bière et de 40 % de gnôle de malt. A la façon d'un whisky, même s'il est sans doute élevé moins longtemps. C'est la brasserie alsacienne Uberach qui produit cette friandise. On les connaissait pour leurs bières et leurs spiritueux déjà, mais jamais nous n'avions goûté telle folie. L'année dernière, 13 magnums ont été produits. Ce soir, nous avons torché le 9ème.

    La force de l'alcool, elle aussi, aide à casser le gras de la crème, c'est ça la trouvaille. Vu que ni le dessert ni le spiritueux ne comptent trop de sucre, ça se renvoie la balle style Nadal-Djokovic. Un grand moment. Le truc un peu saugrenu devient évident. Ils sont peu nombreux les restaurants où on vous fait sortir des clous.

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    Remontons le repas dans le sens antichronologique. Le magret de canard si bien cuit...

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    ...accompagne parfaitement une autre trouvaille liquide, le cornas de Mickaël Bourg. Je vois déjà les tenants du vin de grand-papa hurler : "mais boire un cornas dès sa mise sur le marché, c'est une hérésie !" Il en faudra plus pour nous décontenancer ; un bon vin, c'est bon jeune, c'est bon vieux. Et là, on est servi. Aucune lourdeur, belle buvabilité. Attention, je n'ai pas dit que c'était glouglou non plus. C'est jeune, fringant, élégant, limite dandy.

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    En début de repas, nous avons commencé avec la bouteille qui sonne le début de l'été. Quelque chose de furtif, le rosé de Noëlla Morantin. Du cabernet-sauvignon. Oui, sauvignon. Pas franc. Un bonbon.

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    En entrée, la stracciatella. Non ce n'est pas une glace mais un fromage di bufala (de bufflonne) venant des Pouilles. Comme la burrata. D'ailleurs, ça tombe bien, il s'agit de la crème contenue dans le cœur de la fameuse burrata. On la relève avec une bonne huile d'olive et quelques zestes de citron, c'est le paradis. Le repas peut commencer.

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    La Robe et le Palais, 13 rue des Lavandières Sainte-Opportune, 75 001 Paris, 01 45 08 07 41. En plus, le portefeuille ne fait pas la gueule en sortant, on se cantonne aux prix parisiens avec, cerise sur le gâteau, des bouteilles très accessibles.

  • Une si rare syrah

    Les Champs Libres, c'est un charmant trio : Les compères Dard et Ribo à qui l'on ajoute Hervé Souhaut. Les deux domaines se sont alliés pour sortir quelques belles bouteilles hautement torchables. On connaissait surtout le Lard des choix (en rouge ou en blanc) mais je n'avais jamais vu ces bouteilles-là : un saint-peray (déniché au Vin en Tête) et un cornas 2004 (aux Crieurs de Vin à Troyes).

    Le saint-péray est assez représentatif de son appellation, un caractère bien trempé à quoi s'ajoute un côté glouglou grâce à une acidité renforcée. Après un nez dévastateur, le cornas s'arrête un peu rapidement mais quel coefficient de torchabilité. On aurait sans doute dû le boire un peu plus jeune.

    A propos de ces deux quilles, j'ai questionné certaines personnes bien au fait des pépites du vin très naturel car j'aimerais des infos quant à ce cornas. Y a-t-il quelques vignes d'Hirotaké Ooka ou de Thierry Allemand dans le tas ? D'où provient ce vin ? En tout cas, ils étaient nombreux les spécialistes, à n'avoir jamais rencontré cette étiquette. Si vous avez des pistes, je suis preneur. 

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    Une bouteille débouchée pour la 46ème édition des Vendredis du Vin présidée par Aurélien Litron.

  • Les Enfants Rouges : la plus belle carte des vins de tout Paris ?

    En ce moment, je solde un peu les fonds de tiroir d'avant l'été. Je récupère quelques photos, quelques restos, et hop on balance tout sur la toile.

    Comme cette sublime carte des vins du restaurant Les Enfants Rouges dans le nord du marais. J'aime beaucoup l'endroit et encore plus son livre de caves qui, question producteurs et millésimes, semble si complet.

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    Autant le dire tout de suite, mon oeil s'est bloqué à la page Cornas, sur les vieux millésimes de Thierry Allemand. Un 1997 ce soir-là, pas le millésime le plus facile, pas la plus grande année. Et un prix risible, même pas 40 euros la bouteille je crois. Oui je peux dire "risible" car aujourd'hui chez le caviste (donc sans coefficient multiplicateur comme au resto, juste une petite marge) la moindre bouteille est à plus de 50 euros. Sur table, on l'attendait à la trouver à une centaine d'euros minimum.

    Dany Bertin-Denis, la patronne des lieux et encyclopédie du vignoble, nous explique qu'elle les a achetés à l'époque où Allemand n'était pas encore l'une des stars de l'appellation et qu'elle n'a pas augmenté ses prix. Je n'ai que trop rarement vu cela à Paris : pratiquer des prix démocratiques pour des bouteilles d'exception. Une sorte de sacerdoce viticole. Chapeau Dany ! Est-ce la plus belle carte des vins de Paris ?

    Quant au vin, il révèle toute sa splendeur. Une légèreté, une minéralité et le fait qu'une gorgée en appelle une autre : bref tout ce qui est plutôt rare pour un cornas. A la fois suave malgré 13 ans passé en bouteille et les tannins fondus. Ceux qui attendent les bombes confiturées dont on a l'habitude dans cette appellation risquent de rester sur leur faim. Thierry Allemand se concentre sur la finesse.

    Et selon tous les amateurs et connaisseurs, il s'agit là d'une petite année, voire d'une année "ratée" par le vigneron. J'ai hâte de goûter les réussies...

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    Mais revenons au restaurant. Le gros souci de la soirée, c'est que la cuisine ne fait pas honneur ni au vin dans le verre ni à tous les beaux vins de la carte. L'assiette est clairement un ton en dessous de ce qu'elle devrait être. Jambon persillé, gigot d'agneau et millefeuille de fraises. Si l'intitulé des plats peut m'enchanter, la cuisine est trop banale pour de si précieux liquides.

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    Les Enfants rouges, 9 Rue de Beauce, 75003 Paris, 01 42 72 28 12.

  • Au métro Guy-Môquet, il y a du poulet

    Juju a décidé de réunir autour de lui des gens qui aiment le vin. Cela nous fait donc six personnes, trois couples. Avec évidemment des camps irréconciliables qui mènent à des guerres de tranchées (moi c'est le rouge, moi c'est le blanc, moi c'est pas d'alcool, moi c'est j'ai mal à ma sciatique...)

    On commence, sans la case apéros superflus, par ce que je connais le mieux. Combe-Bazin 2007, domaine de Chassorney de Frédéric Cossard.
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    Arrivé trop frais, il gagne à se réchauffer. Le problème, c'est qu'il est encore trop en retrait. Un peu jeune. Souvenons-nous, nous en avons parlé ici même et à deux reprises. Bu il y a quelques mois, son grand-père, le 2005, était au top de sa forme. Puis la bête arrive.
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    Avec ce beau poulet dodu, ce sera quoi ? On va rester en Bourgogne, avec le fameux hautes-côtes-de-nuits dont Juju parle et parle et re-parle. Son hautes-côtes. Celui qu'il vendange, pourrait-on croire. J'ai oublié l'année, 2006 je crois.

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    Pour être franc, lorsque je l'ai goûté la toute première fois, je n'ai pas accroché. Le vieux goût du vieux chêne, autant le dire : ça m'emmerde. Je pense que ça tient... Ben je ne sais pas justement. Car là sur la table on a aujourd'hui un rouge bien plus charmeur, assez en phase avec le poulet. Je redis ici toute ma volonté de manger du poulet avec un rouge de Bourgogne. Quel bel accord ! Donc un vin plus qu'agréable.

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    Avec le fromage, le Cornas de chez Delas. Là aussi ma mémoire flanche un peu sur le millésime, 2004 si je ne m'abuse. Jamais goûté de Cornas. Avais testé l'Hermitage récemment et pas convaincu à cause d'un mauvais vigneron. Toutes ces appellations des Côtes-du-Rhône donnent de jolis vins. Ceux-ci sont encore magnifiés lorsqu'un honnête vigneron se penche sur leur berceau.

    Je pense que le Cornas a cette faculté de ravir les amateurs de rouge, même à faible degré alcoolique. On n'est pas aux 16° que peuvent atteindre certains francs-tireurs languedociens. Car c'est avant tout un terroir exceptionnel. Ce qui donne ici un vin soyeux mais trop charpenté pour moi. Qui oblige à trop de vénération, qui appelle un beau gibier ou un plateau de fromages de caractère. A la papa.

    Mon palais du moment est tellement déformé par les petits vins de Loire, des vins de chochottes diront certains, que j'avoue avoir plutôt "la tête aux bêtises", comme dit Sébastien Lapaque. Découvrir des cépages oubliés, boire des AOC inconnues et des vins qui n'ont pas eu droit à ce sésame. Souvent des vins plus légers. Et ma bêtise du mois, déjà bue chez Olivier, j'en ai rapportée une ce soir aussi. Le fameux bonbon du Loir-et-Cher, d'Olivier Lemasson des Vins Contés. Un rosé pétillant naturel, un poil sucré. Parfait avec le parfait clafoutis aux pommes d'Emilie. Un vin de copains.

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