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  • La Grande Crémerie : mange-t-on les rideaux au restaurant ?

    On prend les mêmes et on recommence. On prend les mêmes produits et les mêmes bouteilles. Et on recommence ailleurs, c'est-à-dire à quelques dizaines de mètres de La Crémerie canal historique, une de mes adresses préférées à Paris. Cette fois, on se trouve bien plus proche de la peu ragoûtante rue de Buci. Forcément, quand une adresse adorée ouvre une "annexe", on s'y rend en trainant les pieds, de peur que ça ne soit pas tout à fait la même chose. Sauf que.
     
    Ouverte depuis quelques semaines, La Grande Crémerie n'a évidemment pas le cachet de la première adresse, dénichée à l'époque par Pierre Jancou. Malgré les murs bruts, les matières rassurantes ou la lumière tamisée. Une chose est sûre au moins, on a plus de place (on ne mange pas dans l'assiette de son voisin) et il y a plus de places (c'est moins la guerre pour réserver). Et dans l'assiette et dans le verre, peu de choses changent.

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    On commence par ce qui fait mal : la burrata s'élève à 29 euros. Oui c'est cher. Pourtant, elle mériterait sa place dans les cent choses à faire une fois dans sa vie à Paris, listées récemment par Le Figaro. Ainsi, c'est à La Crémerie canal historique et donc grâce à Serge, qu'on a goûté notre première burrata il y a déjà pas mal d'années : elle est toujours insurpassable. Dégustée 30 minutes après son arrivée sur table, elle a eu le temps de reposer. Le couteau ouvre un fromage à la fois ferme et laiteux. La texture semble tricotée.

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    Même chose pour les taramas (nature, au piment d'espelette et au crabe) présents eux aussi à l'adresse mère : on se fait à chaque fois la promesse de ne plus jamais en manger d'autres. Et on la tient le plus souvent possible.

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    Question quilles, les prix serrés sont toujours de mise puisqu'on est ici dans une cave à manger - au lieu d'un coefficient multiplicateur, on met quelques euros de plus que pour une bouteille à emporter. Et quelle merveille ce jour-là pour seulement 24 euros sur table... Le vouvray 2009 du duo Puzelat-Bonhomme. C'est le négoce de Thierry Puzelat, mais a-t-on encore le droit d'appeler cela négoce ? Franchement ? Non, il faut inventer un autre terme, car le négoce dont on a l'habitude n'a rien à voir avec un travail qui respecte vignerons et raisins. Dans le verre, la pointe oxydative de ce chenin merveilleux achève de faire de ce repas l'un de nos meilleurs depuis un certain temps.

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    En résumé : les produits sont les mêmes, je n'ai vu aucun assouplissement de la ligne alors que le nombre de couverts est plus important. Forcément, je continue à préférer le romantique décor de la première Crémerie. C'est bien connu, Curnonsky disait qu'au resto, on ne mange pas les rideaux. Eternel débat. Il n'avait pas tort, je le pense souvent, mais tout de même... La première adresse reste chère à mon coeur. Or, la petite soeur a l'immense mérite d'ouvrir tard le soir, notamment le dimanche.
     
    La Grande Crémerie, 8 rue Grégoire-de-Tours, 75 006 Paris, 01 43 26 09 09.
  • La Crémerie : deux vins étincelants

    J'ai l'impression de mieux goûter les vins à la Crémerie plutôt que chez moi. Si j'achète une bouteille et que je la ramène à la maison, la dégustation ne sera pas aussi réussie. C'était le cas pour la Chute Derain, le pétillant naturel des Derain en Bourgogne : une fois à la maison, d'accord il est très bon. Mais mon souvenir du même vin bu à la Crémerie est plus vivace.

    J'ai un peu peur qu'il m'arrive un jour la même chose avec les deux bouteilles de ce soir. Thomas a eu beaucoup de chance : lui qui vient régulièrement à Paris (mais pas tout le temps non plus) est tombé sur un jour béni à la Crémerie.

    Un premier vin extra (une trentaine d'euros) : le savagnin 2000 d'Emmanuel Houillon-Pierre Overnoy. La bouteille avec le bouchon de cire jaune, puisque la cire beige c'est du chardonnay. Selon les infos, les dates diffèrent : quand Houillon a-t-il pris la suite d'Overnoy ? 1999 ? 2001 ? Bref... Ce vin est une vraie bombe. Puissante, indéfiniment longue : je l'avoue, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour une complexité sans pareil. Elles sont vraiment rares les quilles comme ça. J'ai été subjugué, j'en viens même à me dire que jamais je n'avais goûté un vin blanc de cette classe.

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    Il faut dire que j'adore le cépage savagnin. Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde : ce côté oxydé ou passé déroute beaucoup. Peut-être aussi parce qu'il n'est pas réalisé avec tant de classe que cette bouteille-là. La particularité ? La technique de l'ouillage. J'avoue que je m'y perds un peu : une âme charitable saura sans doute m'aider. Ici, vu sa complexité et son goût surnaturel, je pense qu'il s'agit du savagnin non ouillé. Mais j'ai peut-être totalement tort... Je m'explique.

    Houillon-Overnoy font-ils des vins ouillés ou non ouillés ? Ou les deux ? Selon les infos que je recueille, Overnoy dit que pour lui, le chardonnay c'est forcément ouillé. Soit. Mais rien n'est précisé sur la bouteille. Peut-être que certaines années on fait du "ouillé" et d'autres du "non ouillé" ? Et le savagnin, on en trouverait des "non ouillés" mais aussi des "ouillés" durant plusieurs années. Ça se complique encore. Et surtout comment les reconnaître sur l'étiquette qui ne donne que peu d'indications ? Il y a bien un bon connaisseur du Jura qui pourra m'expliquer la chose...

    S'il est très important de savoir ce que l'on boit, il est aussi très important de le boire tout simplement. Et bien, ce savagnin avec la burrata et un morceau de comté, c'est le paradis.

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    Thomas a eu beaucoup de chance avec le premier vin et pourtant il n'est pas comme moi, partisan absolu du savagnin. Il leur préfère les rouges de Bourgogne, on ne peut pas non plus lui donner tort. Et là, on a été servi. Je ne connaissais pas les vins de Catherine et Claude Maréchal, je m'en mords les doigts de ne pas en avoir bu avant. Même après le savagnin, le volnay a terrassé nos palais (une trentaine d'euros aussi, y a pas de surprise). Le parfum de la Bourgogne et l'aristocratie de Volnay dans la bouche. Un délice. A goûter absolument les autres cuvées moins célèbres, comme les chorey, savigny ou bourgogne générique.

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    Pour l'accompagner, le seul plat chaud de la Crémerie, le tian de légumes. Préparé du jour avec les légumes du marché Saint-Germain tout proche, avant de confire plusieurs heures au four.

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    Cette soirée-là, nous avions commencé avec le morgon 2009 de Lapierre puis un verre à l'Avant-Comptoir de Camdeborde avant d'atterrir à la Crémerie. Nous sommes rentrés à la maison en vélib, en sillonnant le centre de Paris. Sains et saufs.

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    La Crémerie, ma planque.
  • La Crémerie, comme toujours

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    Il est où le soleil ? Ben, il est de ce côté-ci de la vitre, à l'intérieur de la Crémerie. Tout de même, ce n'est pas très compliqué. Et ce n'est pas faute d'en avoir parlé souvent. Comme toujours, la fameuse burrata.

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    Et comme toujours le superbe blanc de Frédéric Cossard du domaine de Chassorney. Le St-Romain Combe Bazin, un des derniers 2005 de dispo chez Serge à La Crémerie.

    Ici mention spéciale au trois taramas. Un classique, un au crabe et un troisième au piment d'Espelette (15 euros). Un vrai délice ! C'est fini, je ne mange plus d'autre tarama...

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    Cette fois, petit changement. Avec la sublime prune d'Ente (la phase avant le pruneau) marinée dans je ne sais plus quel alcool, rien de mieux que la chute de reins. Ou La Chute Derain (16 euros) plutôt, pétillant de bourgogne d'une finesse si exceptionnelle qu'on se croirait face à un champagne.

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  • Il faut (malheureusement) de tout pour faire un monde

    On ne peut pas être abonné quotidiennement à l'enchantement, au savoir-faire ou à la qualité. Il faut parfois redescendre des nuages. Se remettre à manger des plats cuisinés pour comprendre qu'ils sont flasques, trop salés et parfois très sucrés. Manger de la mauvaise conserve, de la boîte sans attrait. Pour encore savoir mesurer l'exceptionnel. Comme hier soir à la Crémerie (lire ci-dessous).

    Si on était tous les jours à manger des merveilles, on s'y habituerait et on trouverait le truc normal. Alors au boulot, mal manger est plus facile. Pas le temps de cuisiner, on s'approche du distributeur. Presque pour se punir d'avoir si bien mangé hier soir.

    Au menu choisi par nos soins en toute connaissance de cause, pour voir à quoi ça ressemble : sandwich poulet je-sais-pas-quoi de Sodebo (on se souvient surtout du dégoût), flan mastoc et soda aux agrumes. Soda évidemment trop sucré, mais ça allait...

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    Lien permanent Imprimer Catégories : Beurk ! 2 commentaires
  • Be Crémerie, be happy

    Les lecteurs vont sans doute être saoulés sans avoir bu. Je repasse souvent les mêmes plats dans les mêmes crémeries. Et bien oui, quand l'adresse est bonne, peut-être que j'en tente d'autre, mais cela n'empêche pas de retourner dans les premières. Comme à la Crémerie. Ah ça change...

    Le paradis dans l'assiette. Une burrata à l'huile parfumée, une tranche de salaisons espagnoles, un camembert et des babas au rhum. Là dessus, un énième Saint-Romain Combe Bazin 2005 du domaine de Chassorney. Le paradis dans le verre. Vraiment. Fait partie de ses vins pour lesquels on n'a pas assez de mots (30 euros). Ajoutez à celle une cuvée Griottes du domaine des Griottes, à base de cabernet-franc et sauvignon (15 euros). Miaaam, glouuu... Il ne reste plus rien dans l'assiette du coq.

    En parlant avec Serge, le patron, Olivier et moi apprenons qu'un très célèbre chef français était là, à notre place, il y a deux jours. Pas franchement le genre de mecs qu'on affectionne, mais un phare il faut le reconnaître. Il a goûté la burrata. "Addictive" selon lui. Oui, c'est exactement cela. Addictive, la Crémerie...

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    La Crémerie, ma planque.

  • Là, je vous livre (presque) ma planque

    Parfois, je suis sympa. Comme ici : le plus joli resto de Paris, La Crémerie. Avec Olivier, c'est devenu notre cantine. Maintenant, la burrata, on la réserve, sinon on est trop déçu (22 euros pour deux). Ce jour-là, on a abandonné les assiettes de charcuterie (18 euros) pour ce sublime thon de l'île d'Yeu (15 euros).

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    Olivier a bien tenté de demander au gentil patron d'où venaient le frometon et la poiscaille. "De chez des gens qui n'ont pas pignon sur rue". Pas de dessert, on a été sage.

    Sau f sur le vin. Re-Combe Bazin, re-Frédéric Cossard, re-Domaine de Chassorney, re-bourgogne blanc. Comme dimanche dernier (28 euros + 8 de droit de bouchon). Servi un peu froid, mais ça se réchauffe. Parfait avec tout. Le mec ou la nana qui boit ça comprend que le vin est fait avec du raisin. On l'a presque oublié.

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    La Crémerie... Euh non, je donne pas l'adresse. Je la garde.
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