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domaine de chassorney

  • Soirée vins primeurs

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    Le vin nouveau, on ne le fête pas qu'en novembre. Dimanche soir, c'est par un heureux hasard que nous n'avons débouché que des bouteilles de vin primeur 2010. Un "aligoté nouveau" de Frédéric Cossard encore bien droit malgré un petit côté oxydatif. Acheté aux caves Augé il y a deux mois. Ne cherchez pas, il n'y en a plus, le fût a été vidé le jour même. Suivi du "côtes-du-rhône nouveau" du domaine de l'Anglore (Eric Pfifferling) acheté au même endroit le même jour : celui qui est l'un des plus grands vignerons français livre un vin de grenadine qui se boit parfaitement bien deux mois après la mise en bouteille. Car il faut préciser que ces deux vins ne contiennent pas de soufre puisqu'ils sont censés être bus très rapidement... Il faudrait faire vieillir deux ou trois ans un Anglore nouveau, je suis certain que la surprise serait bonne. Enfin un "muscadet nouveau" de Jo Landron acheté au salon des Vignerons Indépendants et dont j'ai déjà pas mal parlé récemment. Un beau vin dont le côté douceâtre d'il y a quelques semaines (du sucre résiduel ?) s'estompe pour revenir sur quelque chose de bien acide. Très joli tout cela.

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    Ces vins troubles et sans soufre s'apparentent à la véritable définition d'un primeur : un vin nouveau, léger et facile à boire. Ici on est sur le jus de raisin intégral donc forcément un peu désarçonnant. Pas filtré, pas collé, pas sulfité. Résultat trouble avec un peu de dépôt. Mais je rappelle que les marketeurs utilisent désormais ces arguments pour vanter le côté naturel du jus de pomme : trouble avec un peu de dépôt, le jus ne peut être que naturel. Je n'en sais rien concernant le jus de pomme qu'on veut nous faire avaler, mais les vins de ce soir eux étaient vraiment naturels.

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  • La Bourgogne au naturel

    Samedi, les vignerons naturels de Bourgogne et les fanatiques de leurs bouteilles avaient rendez-vous chez Augé. Petit compte-rendu succint.

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    Pour résumer, Olivier et moi avons été subjugués par les blancs plutôt que par les rouges dont les derniers millésimes nécessitent un peu de cave sans doute. Nous avons goûté les 2007, 2008 et 2009. Le chablis d'Alice et Olivier de Moor est vraiment au top en 2008 je trouve (en version "Chitry", "L'Humeur du Temps" très accessible ou "Rosette" meilleur mais plus exigeant). La gamme de Claude Maréchal nous a aussi bien plu : de l'aligoté sublime jusqu'au royal pommard.

    Celui qui a confirmé tout le bien qu'on pensait de lui, c'est le domaine Luc et Lise Pavelot. Chez Olivier, nous avions vidé deux bouteilles de pernand-vergelesses rouge 2008, un bon bourgogne bien taillé. Chez Augé, le PV blanc 2009 est absolument superbe, déjà prêt à boire. Le corton-charlemagne 2007 est une merveille, sans doute l'un de mes blancs préférés, mais si rare. Un vraie réussite ici, profond et buvable ; que de belles qualités. En rouge, je suis passé direct au corton, grand vin lui aussi, à laisser mûrir.

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    Nous avons retrouvé un de nos chouchous, Dominique Derain. On avait bu son gevrey-chambertin ou son saint-aubin Le Ban. Nous les avons goûté à nouveau émerveillés. Et lorsque s'est approché le saint-aubin blanc le 2008 1er Cru En Remilly, nous avons littéralement décollé. Ce n'est pas possible que le même cépage chardonnay puisse à la fois enfanter de vulgaires vins (difficiles même à pisser) et des joyaux comme celui que nous avons entre les mains... Il ne peut y avoir qu'un grand artiste derrière ce vin.

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    Il a ensuite fallu reprendre le travail, il a donc fallu s'arrêter là. Sauf que ni Olivier ni moi ne pouvons passer à côté de Chassorney. Un nom magique pour nous tellement nous en avons descendues de ses bouteilles. Et elle ne sont pas toutes racontées ici... Magistrale finale donc que de conclure avec une petite horizontale de Frédéric Cossard. Grâce à sa femme, nous avons goûté les superbes Bigotes, Bedeau et saint-romains. Olivier et moi sommes les défenseurs (et surtout les buveurs) les plus acharnés du saint-romain combe-bazin blanc ; le 2009 nous a semblé tout à fait à la hauteur du mythique 2005. Avant de prendre rendez-vous pour une visite l'été prochain, nous avons goûté au petit négoce de Cossard. Il faut dire que ce genre de puligny, volnay ou chassagne-montrachet ne ressemble pas à quelque chose de classique. Peut-on même parler de négoce quand les vignes sont suivies voire cultivées depuis de longues années par le vigneron qui achète sur pieds avant de vinifier lui-même ? Olivier et moi gardons un souvenir ému du puligny, un vin immense.

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  • Sibardise = gourmandise

    Ce n'est pas un grand vin, mais un jaja de soif presque noble. Par la Sibardise, ici 2006, Fréd Cossard du domaine de Chassorney étiquette Marc Sibard des caves Augé, lui donne l'immortalité. Une cuvée spéciale pour une cave spéciale.

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    Moi j'aime. C'est du bourgogne passe-tout-grain. Moi j'aime. C'est fait par un tailleur sur mesure. Moi j'aime. C'est même pas 8 euros la bouteille. Moi j'aime. C'est aux caves Augé. Moi j'aime.

    Et comme dit l'étiquette : "Indice de torchabilité 100/100"

  • Be Crémerie, be happy

    Les lecteurs vont sans doute être saoulés sans avoir bu. Je repasse souvent les mêmes plats dans les mêmes crémeries. Et bien oui, quand l'adresse est bonne, peut-être que j'en tente d'autre, mais cela n'empêche pas de retourner dans les premières. Comme à la Crémerie. Ah ça change...

    Le paradis dans l'assiette. Une burrata à l'huile parfumée, une tranche de salaisons espagnoles, un camembert et des babas au rhum. Là dessus, un énième Saint-Romain Combe Bazin 2005 du domaine de Chassorney. Le paradis dans le verre. Vraiment. Fait partie de ses vins pour lesquels on n'a pas assez de mots (30 euros). Ajoutez à celle une cuvée Griottes du domaine des Griottes, à base de cabernet-franc et sauvignon (15 euros). Miaaam, glouuu... Il ne reste plus rien dans l'assiette du coq.

    En parlant avec Serge, le patron, Olivier et moi apprenons qu'un très célèbre chef français était là, à notre place, il y a deux jours. Pas franchement le genre de mecs qu'on affectionne, mais un phare il faut le reconnaître. Il a goûté la burrata. "Addictive" selon lui. Oui, c'est exactement cela. Addictive, la Crémerie...

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    La Crémerie, ma planque.

  • Au métro Guy-Môquet, il y a du poulet

    Juju a décidé de réunir autour de lui des gens qui aiment le vin. Cela nous fait donc six personnes, trois couples. Avec évidemment des camps irréconciliables qui mènent à des guerres de tranchées (moi c'est le rouge, moi c'est le blanc, moi c'est pas d'alcool, moi c'est j'ai mal à ma sciatique...)

    On commence, sans la case apéros superflus, par ce que je connais le mieux. Combe-Bazin 2007, domaine de Chassorney de Frédéric Cossard.
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    Arrivé trop frais, il gagne à se réchauffer. Le problème, c'est qu'il est encore trop en retrait. Un peu jeune. Souvenons-nous, nous en avons parlé ici même et à deux reprises. Bu il y a quelques mois, son grand-père, le 2005, était au top de sa forme. Puis la bête arrive.
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    Avec ce beau poulet dodu, ce sera quoi ? On va rester en Bourgogne, avec le fameux hautes-côtes-de-nuits dont Juju parle et parle et re-parle. Son hautes-côtes. Celui qu'il vendange, pourrait-on croire. J'ai oublié l'année, 2006 je crois.

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    Pour être franc, lorsque je l'ai goûté la toute première fois, je n'ai pas accroché. Le vieux goût du vieux chêne, autant le dire : ça m'emmerde. Je pense que ça tient... Ben je ne sais pas justement. Car là sur la table on a aujourd'hui un rouge bien plus charmeur, assez en phase avec le poulet. Je redis ici toute ma volonté de manger du poulet avec un rouge de Bourgogne. Quel bel accord ! Donc un vin plus qu'agréable.

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    Avec le fromage, le Cornas de chez Delas. Là aussi ma mémoire flanche un peu sur le millésime, 2004 si je ne m'abuse. Jamais goûté de Cornas. Avais testé l'Hermitage récemment et pas convaincu à cause d'un mauvais vigneron. Toutes ces appellations des Côtes-du-Rhône donnent de jolis vins. Ceux-ci sont encore magnifiés lorsqu'un honnête vigneron se penche sur leur berceau.

    Je pense que le Cornas a cette faculté de ravir les amateurs de rouge, même à faible degré alcoolique. On n'est pas aux 16° que peuvent atteindre certains francs-tireurs languedociens. Car c'est avant tout un terroir exceptionnel. Ce qui donne ici un vin soyeux mais trop charpenté pour moi. Qui oblige à trop de vénération, qui appelle un beau gibier ou un plateau de fromages de caractère. A la papa.

    Mon palais du moment est tellement déformé par les petits vins de Loire, des vins de chochottes diront certains, que j'avoue avoir plutôt "la tête aux bêtises", comme dit Sébastien Lapaque. Découvrir des cépages oubliés, boire des AOC inconnues et des vins qui n'ont pas eu droit à ce sésame. Souvent des vins plus légers. Et ma bêtise du mois, déjà bue chez Olivier, j'en ai rapportée une ce soir aussi. Le fameux bonbon du Loir-et-Cher, d'Olivier Lemasson des Vins Contés. Un rosé pétillant naturel, un poil sucré. Parfait avec le parfait clafoutis aux pommes d'Emilie. Un vin de copains.

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